L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 21)
454 I^ Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.
temps et comme homme sortir de David, était Dieu et Fils de Dieu dès avant tous les temps, selon la parole dû même psaume: Je vous ai engendré de mon sein avant Vaiirore '. Cette réponse qiii les eût condamnés, l«s Pharisiens ne la donnèrent pas, mais leur silence était un aveu, en attendant que la vengeance du Père contre ces vils ennemis de son Christ accomplît la prophétie, et fît d'eux Vescabeau de ses pieds dans le sang et la honte, au jour terrible des justices de Jéhovah sur la ville déicide.
Nous, chrétiens, pour la plus grande honte de l'enfer qui suscita contre le Fils de Dieu les embûches de la synagogue expirante, sachons tirer de ces efforts de la haine une instruction c^ui profite à l'amour. Les Juifs, en rejetant Jesus-Christ, manquèrent à la fois aux deux préceptes qui constituent la charité et résument toute la loi; si nous aimons Jésus-Christ au contraire, pour la même raison toute la loi se trouve accomplie.
Splendeur de la gloire éternelle -, un par nature avec le Père et l'Esprit-Saint, il est le Dieu que nous prescrit d'aimer le premier commandement; et le second, d'autre part, ne trouve qu'en lui d'application possible. Car non seulement il est homme aussi véritablement qu'il est Dieu; mais encore il est Vhomme par excellence ^ : l'homme parfait, sur le type duquel et pour qui furent formés tous les autres * ; leur modèle et leur frère à
I. Psalm. Cix, 3. — 2. Heb. I, 3. — 3. JoHAN. xix,
A la Messe. ^55
tous ' ; le chef en même temps qui les régit comme roi 2, qui les offre à Dieu comme pontife"^; la tcte qui communique à tous les membres de l'humanité beauté et vie, mouvement et lumière; le rédempteur de cette humanité tombée, et doublement dès lors la source de tout droit, la dernière et la plus haute raison, sinon l'objet direct, de tout amour légitime ici-bas. Rien ne compte qu'en lui devant Dieu. Dieu n'aime les nommes, dit saint Augustin ^, que parce qu'ils sont les membres de son Fils ou qu'ils peuvent le devenir; c'est son Fils qu'il aime en eux tous: il aime ainsi d'un même amour, quoique non également, et son Verbe, et la chair de son Verbe, et les membres de son Verbe fait chair. Or la charité, c'est l'amour tel qu'il est en Dieu, communiqué par l'Esprit-Saint aux créatures. Ce que nous devons donc aimer par la charité en nous et dans autrui, c'est le Verbe divin comme étant dans les autres et en nous-mêmes, ou pour qu'il y soit, d'après une autre expression de l'évêque d'Hippone s.
Mais par suite, en dehors des damnés bannis pour jamais du corps de l'Homme-Dieu, gardons-nous d'exclure personne de l'amour. Qui peut se vanter d'avoir la charité du Christ, s'il n'embrasse pas son unité, dit encore saint Augustin 6 ? qui peut l'aimer, sans aimer avec lui l'Eglise qui est son corps, sans aimer tous ses membres ? Ce que l'on
14. — 4. AuG. in Joh. Tract ex. — 5 Serm. cclv, in dieb. pasch. — 6. Epist. LXi.
4-^6 Le Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.
fait à l'un des plus petits comme aux plus dignes, en bien comme en mal, c'est à lui qu'on le fait, déclare-t-il '. Aimons donc le prochain comme nous-mêmes à cause du Christ qui est en chacun de nous, et qui donne à tous union et croissance dans la charité 2.
Le même Apôtre qui disait : La fin de la loi, c'est la charité ^, a dit aussi : La fin de la loi, c'est le Christ'*; et nous voyons maintenant l'harmonie de ces deux propositions. Nous comprenons également la connexité de la parole de notre Evangile : Dans ces deux commandements sont renfermés toute la loi et ' les prophètes, et de cette autre parole du Seigneur: Scrute^ les Ecritures, car elles rendent témoignage de moi ■'. La plénitude de la loi qui règle les mœurs est dans la charité 6, dont le Christ est le but; comme l'objet des Ecritures révélées n'est autre encore aue l'Homme-Dieu résumant dans son adorable unité, pour les siens, la morale et le dogme. Il est leur foi et leur amour, « la fin de toutes nos résolutions, dit saint Augustin; car tous nos efforts ne tendent qu'à nous parfaire en lui, et c'est là notre perfection, d'arriver jusqu'à lui ; parvenu donc à lui, ne cherche pas au delà: il est ta fin "J. » Et le saint docteur nous donne, arrivés à ce point, la meilleure formule de l'union divine : « Adhérons à lui seul, jouissons de lui seul, soyons
3. I Tim. I, 5. — 4. Rom. x, 4. — 5. Johan. v, Bq
— f>. Rom. xui, 10. — 7. AuG. Enarr. in Ps.
A la Messe.
tous un en lui • hcvreamiis uni. fruamur uiio, permaneamus iitiitm '. «
La belle Antienne de l'Offertoire de ce jour, séparée des Versets qui l'accompagnaient autrefois, ne laisse plus deviner la raison pour laquelle cette place lui fut assignée dès les temps les plus reculés. Nous donnons ici ces Versets à la suite de FAniienne conservée l.e dernier se termine par la nouvelle de l'arrivée du prince des armées célestes au secours du peuple de Dieu. C'est l'explication désirée, quand on sait, d'autre part, que ce Dimanche ouvre la semaine de la fête du grand Archange sur VAntiphonaire publié par le Bienheureux Tommasi d'après les manuscrits les plus anciens, et que le Dimanche suivant s'y trouve désigné sous le nom de premier Dimanche après la SaintMichel ipost Sancti Angeli).
JAl prié mon Dieu, moi Daniel, disant ■ Seigneur, exaucez les prières de votre serviteur : faites briller votre face sur votre sanctuaire, et regardez miséricordieusement ce peuple sur lequel votre Nom a été invoqué, ô Dieu 1
f. I. Comme je parlais en~ core et f riais, et disais mes flèches et les fautes d'Israël mon feu/rie.
Sur lequel.
RAVI Deum meum ego Daniel, dicens : Exaudi, Domine, preces servi tui illumina faciem tuam super sanctiiarium tuum • et propitius intende populum istum. super quem invocatum est Nomen tuum, Deus.
Tf. I. Adhuc me loquei$- te et crante, et narrante peccata mea, et delicta poputi met Israël.
Super quem.
458 Le Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.
f. II. Audivi vocem dicentem mihi ; Daniel, iniellige verba guse loquor tibi ; quia ego missus sum ad te ; nam et Michael venit in adjutorium meum.
Et propitius intende.
f. II. J'entendis une voix qui me disait : Daniel, comprends les paroles que je t'adresse, parce que je suis envoyé vers toi, et voici que Michel même est arrivé à mon secours.
Et regarde:^ miséricordieusement.
Délivrance p:!ur le passé et sécurité pour l'avenir, tels sont les effets qui dépendent du
frand Sacrifice. Demandons-les , dans la ecrète, avec l'Eglise.
MAJESTATEM tuam, Dominé, suppliciter
deprecamur - ut h sancta, quse gerimus, et a praeteritis nos delictis exuant, et futuris. Per Dominum.
SEIGNEUR, nous implorons votre Majesté en suppliants : faites que le Sacrifice saint accompli par nous, nous délivre des fautes présentes et futures. Par JésusChrist.
Les autres Secrètes comme ci-dessus, page 1 18.
Le moment des Mystères est celui où l'âme chrétienne présente au Seigneur, dans l'enthousiasme de l'amour, ses promesses et ses vœux. Qu'elle se livre sans réserve au Dieu caché qui la comble; mais néanmoins qu'elle n'oublie pas, dans la si juste expansion de son cœur, que celui qui se dérobe ainsi miséricordieusement sous les voiles eucharistiques est le Très-Haut, terrible aux rois, et châtiant les parjures.
WovETE, et reddite Do- I Caites des voeux au Seimino Deo vestro | ^ gneur votre Dieu, et acA Vêpres.
quittez-vous envers lui, vous to.us qui l'environnez, apportant vos présents. C'est le Dieu terrible, qui ôte la vie aux princes, le Dieu terrible à tous les rois de la terre.
omaes, qui in circuitu ejus affertis munera : terribili et ei qui aufert spiritum principum : terribili apud omnes reges terrœ.
C'est la sainteté môme de Dieu qui vient, au divin Sacrement, guérir nos vices et fortifier nos pas dans la foute de l'éternité. Offrons nos âmes à son action salutaire par la prière de la Postcommunion.
DIEU tout-puissant, que par votre opération sanctifiante soient guéris nos vices et nous soient octroyés les remèdes éternels. Par notre Seigneur.
tuis , omnipotens Deus, et vitia nostra curentur, et remédia nobis asterna proveniant. Per Dominum.
Les autres page iiQ.
Postcommunions ci-dessus,
LES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pages
ANTIENNE DE Magtlificat.
OUE vous semble du Christ ? de qui est-il fils ? Ils lui disent fous : De David. Jésus leur dit : Comment David l'appelle-t-il dans l'Esprit Seigneur, en disant : Le Seigneur a dit à
OUID vobis videtur de Christo ? cujus filius est ? Dicunt ei omnes : David. Dicit eis Jésus ■ Quomodo David in Spiritu vocat eum Dominum, dicens ■ Dixit Do4^0 Le Temps après la Pentecôte.
minus Domino meo : 1 mon Seigneur : Asseyez-vous Sede a dextris meis ? | à ma droite ?
L'Oraison ci-dessus, page 444.
L'approche de la fin des temps se dessine dans la sainte Liturgie. Saluons l'arrivée du chef des armées célestes au secours du peuple de Dieu, selon ce que nous annonçait rOnertoire ; et empruntons dans ce but au Bréviaire mozarabe (29 septembre) les formules suivantes, qui traduisent bien la situation figurée par cette époque du Cycle sacré.
VDI Angelum volantem per médium cœlum, habentem Evangelium îeternum, et dicentem •
IjT. Timete Dominum Deum nostrum, et date illi glori.Liri et honorem.
f. Qui statis in domo Domini, in atriis domus Dei nostri,
^. Timete Dominum
j^. Gloria et honor
Patri, et Filio, et Spiritui Sancto in saec'ula saeculorum. Amen.
Vf. Timete Dominum.
J'ai vu un Ange volant par le milieu du ciel; il portait l'Evangile éternel, et il disait :
^. Craignez le Seigneur notre Dieu, et rendez-lui honneur et gloire.
j^. Vous qui vous tenez dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu.
n|. Craignez le Seigneur.
f. Gloire et honneur au Père, et au Fils, et au SaintEsprit dans les siècles des siècles. Amen.
Vf. Craignez le Seigneur.
o
MiCHAEL
e.xercitus
princeps 1 •"N Michel, prince de l'arAngelo- I kJ mée des Anges, nous
Le Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte. 461
vous en supplions, venez délivrer les âmes des peuples fidèles : que continuent de porter de bons fruits ceux qui gardent la justice ; que les injustes, venant à pénitence, ne désespèrent point du pardon. Que r»us nous excitions mutuellement au mieux, de telle sorte que nous méritions d'obtenir la récompense éternelle. ïf. Amen.
Par votre miséricorde, ô notre Dieu, qui êtes béni, et vivez, et gouvernez tout dans les siècles des siècles.
9. Amen.
ruro, veni qussumus, ad liberandas animas fidelium populorum ; ut et justitiam obtinendo in bonis semper fructificent, et injusti ad poenitentiam conversi veniam non desperent accipere. Sicque nos invicem provocemus in melius. ui praemium coDsequi mereamur aeternum. ^. A- men.
Per m i se r i cordiam tuam, Deus noster, qui es benedictus, et vivis, et omnia régis in saecula sœculorum. ^. Amen.
C'est moi Jésus qui envoie mor. Ange rendre aux hommes témoignage.
9. Voici que je viendrai bientôt, et j'ai avec moi ma récompense ; je relèverai mon peuple de son abattement.
f. Ecoutez ceci, toutes les nations ; prêtez l'oreille, habitants de l'univars.
^. Voici que je viendrai bientôt.
f. Gloire et honneur au Père.
f^. Voici que je viendrai bientôt.
EGO Jésus mitto Angelum meum, testificari hominihus.
^. Ecce venio cito, et merces mea mecum est, sanare languores populi mei.
j^. Audite haec, omnes gentes : auribus percipite, qui habitatis orbcm.
^. Ecce venio cito.
y. Gloria, et honor Patri. ^. Ecce venio cito.
clément, envoyeznous Michel le prince des célestes milices, qui nous
TTE nobis, Deus lemens. Michaelem cœlestis militiae princiM'j;
462 Le Temps après la Pentecôte.
pem, ut nos de manu inimicorum nostrorura liberet, et tibi Domino Deo nostro illœsos prsesentet:et ipsum semper in adjutorium habeatnus, quem in tuo munere sublimatum agnoscimus : ut ejus sufifragio resisstendo vitiis, floreamus virtutibus, et deposito piaculorum elogio conscriptos nos in perpetuiim liber vitae xternas contineat. ^. Amen.
Per misericordiam
tuam, Deus noster.
délivrera des mains de nos ennemis et nous présentera sains et saufs à vous, Seigneur notre Dieu. Que toujours il soit notre aide, celui que nous savons revêtu par vous des fonctions les plus hautes; par son secours nous combattrons les vices, nous produirons les fleurs des vertus, nous écarterons la sentence méritée par nos crimes, et le livre de l'éternelle vie gardera nos noms inscrits pour toujours. ^. Amen.
Par votre miséricorde, ô notre Dieu.
PosiTl sunt throni, et antiquus dierum sedebit vestitum ejus
sublime.
^. Et thronus ejus flamma ignis : millia millium serviebant ei, et decies centena millia assistebant ei.
f. Omnes gentes, plaudite manibus : jubilate Deo in voce exsuitationis.
^. Et thronus ejus.
f. Gloria, et honor Patri.
B?. Et thronus ejus.
LES trônes furent placés, et l'Ancien des jours s'assit ; son vêtement était incomparable.
^. Une flamme ardente était son trône; un million d'Anges le servaient, et un million .se tenaient devant lui.
f. Toutes les nations, frappez des mains; jubilez à Dieu dans des chants d'allégresse.
J^. Une flamme ardente.
f. Gloire et honneur au Père.
^. Une flamme ardente.
DOMINE Deus omnipotens, qui Angelos tuos spiritus facis ; et
SEIGNEUR Uieu tout-puissant qui faites vos Anges pareils aux vents, et vos
Le Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte. 463
ministres ardents comme la flamme : nous vous prions d'allumer en nous ce feu de votre charité dont une parole de vos lèvres sacrées daigna nous promettre l'envoi ; . qu'elle brûle de telle sorte en nous par la foi et les œuvres, que nos vices en soient consumés et nous-mêmes associés aux citoyens des cieux. ^. Amen.
Par votre miséricorde.
ministros tuos fiammam ignis : accende in nobis, quxsumus , ignem illum charitatis tux, quem sacri oris alloquio mittendum dignatus es polliceri : et sic in nos ardeat fide et opère ; ut desectis vitiis, polorum civibus faciat sociari. f^. Amen.
Per misericordiam.
L Sina ; il descendra sur la montagne de Pharan, ei paraîtra de l'Orient. Seule devant lui marche l'armée des Anges, et des milliers de Saints l'accompagnent.
tf. En sa droite il porte la Loi; son enseignement s'offre à tous. 11 s'avance comme l'Epoux de sa chambre nuptiale ; sa bénédiction féconde toute la terre.
f. Du haut des deux il a bondi comme un géant dans la carrière.
ff. En sa droite.
f. Gloire et honneur au Père.
^. En sa droite.
|.^OMlNUS de Sina veD niet ; descendet super montera Pharan, et apparebit ab Oriente : solus ante illum vadit Angelorum exercitus, et cum eo Sanctorum millia.
^. Legera in dextera portans , ut accipiant oranesde doctrina ipsius : ipse thalamo suo, ut sponsus procedens, cujus benedictione omnis terra fructificat.
f. Exsultavit ut gigas ad currendam viam, a summo cœlo.
^. Legem in dextera.
f. Gloria, et honor Patri.
^. Legem in dextera.
ouR la quatrième fois cette année, la sainte Eglise vient réclamer de ses tîls le tribut de pénitence destiné dès l'origine du christianisme à consacrer les saisons. On trouvera aux mercredis de la troisième semaine de l'A vent et de la première du Carême, les données historiques qui concernent l'institution des Quatre-Temps ; nous avons rappelé dans ces mêmes jours les intentions qui doivent présider, chez les chrétiens, à l'accomplissement de cette tâche de leur service annuel.
L'hiver, le printemps et l'été, marqués à leur début par l'abstinence et le jeûne, onl \"u. tour à tour la bénédiction du ciel descendre sur les mois dont ils se composent ; l'automne recueille les fruits que la miséricorde divine, apaisée par les satisfactions des hommes pécheurs, a daigné faire germer du sein de la terre maudite '. La semence précieuse confiée au sol dans le temps des frimas, a
Les Quatre-Temps de Septembre. 465
perce la glèbe dès les premiers beaux jours ; quand Paque s'est annoncé, elle a donné aux champs la gracieuse parure d'émeraude qui leur convenait pour s'associer au triompne du Seigneur; bientôt, image tidèle de ce qu'au même'tcmps devaient être nos âmes sous les feux de l'Lsprit-Saint, sa tige a grandi sous l'action de l'ardent soleil , l'épi jaunissant a promis cent pour un au laboureur , la moisson s'est accomplie dans la joie ; et maintenant les gerbes entassées dans les greniers du père de famille invitent l'homime à faire monter sa pensée vers le Dieu de qui lui sont venus tous ces biens. Qu'il ne se dise pas, comme fit ce riche de l'Evangile après une récolte abondante ■ a Mon âme, te voilà beaucoup de biens en réserve pour
filusieurs années ; repose-toi, mange, bois, ais bonne chère! » Et Dieu lui dit, ajoute l'Evangile : « Insensé 1 cette nuit on va te redemander ton âme ; ce que tu as amassé, pour qui sera-ce ' ? « Pour nous, si nous voulons être véritablement riches selon Dieu et mériter son aide dans la conservation, non moins que dans la production des fruits de la terre, employons, au commencement de cette nouvelle saison, les mêmes moyens de pénitence qui nous ont été par trois fois déjà si utiles, C est au reste un commandement formel de l'Eglise, obligeant, sous peine de péché grave, quiconque n'est pas dispensé légitimement de l'abstinence et du jeûne en ces trois jours.
Nous avons démontré précédemment la
466 Le Temps après la Pentecôte.
nécessité de l'initiative privée qui s'impose, sur le terrain de la pénitence, au chrétien désireux d'avancer dans les voies du salut. En cette matière pourtant, comme dans toutes les autres, l'œuvre privée n'atteint jamais au mérite et à l'efficacité de l'action publique ; car l'Eglise revêt de sa dignité même, et de la puissance de propitiation qui s'attache aux démarches de l'Epouse, les actes de pénitence accomplis en son nom dans Tunité du corps social. Saint Léon aime à revenir sur cette donnée fondamentale de l'ascétisme chrétien, dans les discours qu'il adressait au peuple de Rome, à l'occasion de ce jeûne du septième mois. « Bien, dit-il, qu'il soit loisible à chacun de nous d'affliger son corps par des peines volontaires, et de refréner, tantôt plus doucement, tantôt plus sévèrement, les convoitises charnelles qui luttent contre l'esprit : il faut, néanmoins, qu'à certains jours, soit célébré par tous un jeûne général. La dévotion est plus efficace et plus sainte, alors que, dans les œuvres de la piété, l'Eglise entière s'unit d'un seul esprit et d'une seule âme. Tout ce qui revêt le caractère public est en effet préférable au privé, el l'on doit comprendre qu'un plus grand intérêt est en cause là où s'applique le zèle de tous. Que l'observance particulière du chrétien ne relâche donc rien de sa diligence; que chacun, implorant le secours de la protection divine, se munisse, à part soi, de la céleste armure contre les embûches des esprits de malice. Mais le soldat de l'Eglise, bien qu'il puisse se comporter vaillamment dans les combats singuliers, luttera toutefois plus sûrement et
Les Qitatre- Temps de Septembre. 46 7
plus heureusement à son rang officiel dans l'armée du salut ; qu'il soutienne donc, en la compagnie de ses frères, et sous le commandement de l'invincible roi, la guerre universelle *. B
Une autre année, en ces mêmes jours, le saint pape et docteur insistait plus énergiquement encore et plus longuement sur cesconsidérations, qu'on ne saurait trop rappeler aux tendances individualistesde la piété moderne. Nous ne pouvons lui emprunter que quelquesunes de ses pensées, renvoyant le lecteur au recueil de ses admirables discours. € L'observance réglée d'en haut, déclare-t-il, l'emporte toujours sur les pratiques d'initiative privée, quelles qu'elles puissent être ; laloi publique rend l'action plus sacrée que ne peut faire un règlement particulier. L'exercice de mortification que chacun s'impose d'après son F propre arbitre, ne regarde, en effet, que l'uiiité d'une partie et d'un membre ; le jeûne qu'entreprend l'Eglise universelle, au contraire, ne laisse personne à part de la purification générale ; et c'est alors que le peuple de Dieu devient tout-puissant, lorsque les cœurs de tous les fidèles se rassemblent dans l'unité de la sainte obéissance, et que, dans le camp de l'armée chrétienne, les dispositions sont pareilles de tous côtés et la défense la même en tous lieux. Voici donc qu'aujourd'hui, mes bien-aimés, le jeûne solennel du septième mois nous invite à nous ranger sous la puissance de cette invincible unité. Elevons vers Dieu nos cœurs ; dérobons
468 Le Temps après la Pentecôte.
quelque chose de la vie présente pour accroître nos biens éternels. La rémission plénière des péchés s'obtient sans peine, quand toute l'Eglise se réunit dans une seule prière et une seule confession. Si le Seigneur promet d'octroyer toute demande au pieux accord de deux ou trois i, que refusera-t-il à tout un peuple innombrable, poursuivant à la fois une même observance et priant dans l'accord d'un même esprit ? C'est une grande chose devant le Seigneur, un spectacle infiniment précieux, quand tout le peuple de JésusChrist s'applique ensemble aux mêmes offices, et que, sans distinction de sexe et de conditions, tous les ordres agissent d'un même cœur. S'éloigner du mal et faire le bien -^ apparaît comme l'unique pensée de tous également ; Dieu est glorifié dans les œuvres de ses serviteurs ; l'aumône abonde ; personne ne cherche que les intérêts d'autrui, non les siens. Par cette grâce de Dieu qui fait tout en tous ^, le fruit est commun et commun le mérite ; car l'affection de tous peut être la même, malgré la disproportion des facultés, et ceux qui ont moins à donner s'égalent aux plus riches par l'allégresse qu'ils ressentent des largesses d'autrui. Rien de désordonné dans un tel peuple ; aucune dissemblance, là où tous les membres du corps entier ne conspirent qu'à faire preuve d'une même vigueur d'amour. Alors i'excellencedes parties rejaillit sur le tout et fait sa beauté. Embrassons donc, mes bienI. Matth. xviii, 19-20. — 2. Psalm. xxxni, i5. -
3 I Cor. xn, 6.
Les Qitaire- Temps de Septembre. 4^1 g
aimés, cette bienheureuse solidité de l'unité sacrée, et entrons dans ce jeûne solennel avec la ferme résolution d'une volonté concordante '. »
N'oublions point dans nos prières et nos jeûnes, en ces jours, les nouveaux prêtres et les autres ministres de l'Eglise qui vont recevoir samedi l'imposition des mains. L'Ordination de septembre n'est pas généralement la plus nombreuse de celles que le Pontife accomplit dans le cours de l'année. L'auguste fonction à laquelle le peuple chrétien doit ses pères et ses guides dans les sentiers de la vie, offre cependant un intérêt particulier à cette époque de l'année, qui répond mieux qu'aucune autre à l'état présent du monde, incliné comme il l'est vers sa ruine. L'année penche, elle aussi, à son déclin. L'astre vamqueur, que nous avions vu s'élever au temps de Noël comme un géant, pour triompher des frimas et restreindre l'empire des ténèbres, s'abaisse maintenant, comme épuisé, vers l'horizon ; chaque jour le voit s'éloigner du zénith glorieux où nous admirâmes son éclat incomE arable, à l'heure de l'Ascension de notre nimanuel ; ses feux ont perdu leur ardeur, et si le temps pendant lequel il répand sa lumière égale encore la durée des ombres, son disque déjà pâlissant annonce l'arrivée des longues nuits où la nature, dépouillée de ses clcrniers ornements sous l'eftort des tempêtes, paraît s'ensevelir pour jamais dans le linceul'glacé qui l'étreint. Ainsi le monde,
47 0 -^6 Temps après la Pentecôte.
illuminé jadis par l'Homme-Dieu et réchauffe par l'Esprit-Saint, voit en nos temps se refroidir la charité ', diminuer la lumière et les feux du Soleil de justice. Chaque révolution arrache à l'Eglise des joyaux qu'elle ne retrouve plus après l'orage , les bourrasques se multiplient cependant , et la tempête devient l'état normal des sociétés. L'erreur domine, et fait la loi; l'iniquité abonde. Quand viendra le fils de l'homme, disait le Seigneur, pensez-vous qu'il trouve encore de la foi sur la terre - ?
Levez donc vos tètes, enfants de Dieu; car votre rédemption est proche s. Mais d'ici l'heure pourtant où les cieux et la terre, renouvelés pour le règne éternel, s'épanouiront dans l'enivrante lumière de l'Agneau victorieux '% des jours plus mauvais encore doivent s'écouler où les élus eux-mêmes seraient séduits, s'il était possible ^. Combien il importe qu'en ces temps malheureux, les pasteurs du troupeau soient à la hauteur de leur vocation dangereuse et sublime! Jeûnons donc et prions; si multipliées que soient déjà les pertes subies dans les rangs des chrétiens autrefois fidèles aux pratiques de la pénitence, ne défaillons pas. Serrés dans notre petit nombre autour de l'Eglise, implorons l'Epoux; qu'il daigne multiplier ses dons sur ceux qu'il appelle à l'honneur plus redoutable que jamais du sacerdoce ; qu'il leur infuse sa divine prudence pour déjouer les embûches, son zèle indompté à la pourI. Matth. XXIV, 12. — 2. Luc. XVIII, 8. — 3. IbLi. XXI, 28-3 1. — 4. Apoc. XXI. — 5. Marc, xiii, 22.'
Les Qitatre-i emps de Septembre. 4y i
suite des âmes ingrates, sa persévérance jusqu'à la mort à maintenir, sans réticence et sans compromis, la plénitude de la vérité confiée par lui au monde et dont la garde intacte doit être, au dernier jour, le témoignage de la fidélité de l'ïLpousc.
rous trouvons au Sacramentaire gélasicn I la forme en laquelle le jeûne des QuatreTemps était annoncé à nos pères.
FRÈRES très aimés, la purification annuelle du jeûne qui sanctifie le corps et l'âme nous est annoncée par le retour de ce mois salutaire. Donc, aux fériés quatrième et sixième , unissons-nous d'un commun zèle pour offrir à Dieu le jeûne spirituel ; et samedi, cclébrons les saintes veilles de la piété chrétienne en l'Eglise du bienheureu.x Pierre , sur l'intercession duquel notre foi fonde son espérance. Ainsi en ces jours saints, les souillures du péché due» à ta fragilité de la chair seront effacées par le jeûne et l'aumône, avec l'aide de no-' ire Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et l'Esprit-Saint dans les siècles des siècles, nostro Jesu Christo : qui cum vivit et régnât Deus, per omn
/\ très carissimi, jejunii puritatem , qua et corporis adquiritur et animœ sanctitas, nos commonet illius mensis instaurata devotio. Qiiarta igitur et sexta icria solicito convenientes
occursu, offeramus Dec spiritale jejunium : dic vero Sabbati apud Beatum Petrum, cujus nos intercessionibus credimus adjuvandos, sanctas vigilias Christiana pietate celebremus. Ut pet hanc institutionem salutiferam peccatorum sordes, quas corporis fragilitaie contrahimus, jejuniis et eleemosvnis abluamus, auxiliante Domino Pâtre et Spiritu Sancto a saecula saeculorum.
47 2 Le Temps après la Pentecôte.
L'ancienne Préface du Mercredi des QuatreTemps de septembre était ainsi conçue.
VERE dignura tibi gratias agere , jeterne Deus. Qui nos ideo collectis terras fructibus per abstinentiam tibi gratias referre voluisti, ut ex ipso devotionis génère nosceremus, non haec ad exuberantiam corporalem, sed ad fragilitatis nos sufficientiam percepisse ;etquod ex his parcius sumeremus, egentium proficeret alimente ; ut et salutaris castigatio mortalitatis insolentiam mitigaret, et pietas imitatores nos tuae benignitatis efficeret ; sicque donis temporalibus uteremur , ut disceremus inhiare perpetuis.
IL est vraiment digne de vous rendre grâces, Dieu éternel. Si, en effet, vous avez voulu que, la récolte des fruits de la terre étant accomplie, nous vous rendissions grâces par l'abstinence, c'était afin de nous donner à connaître, par l'expression même de notre culte, que nous avons reçu ces biens pour y puiser de quoi suffire aux besoins de notre faiblesse, non pour favoriser les excès du corps ; afin aussi que le prélèvement de notre sobriété devint l'aliment du pauvre : en sorte qu'à la fois et ce salutaire châtiment rabattît l'orgueil de notre mortalité, et cette piété nous rendit les imitateurs de votre bonté; faisant ainsi que l'usage de vos dons dans le temps nous apprit à désirer avidement les éternels.
On regretterait de ne pas rencontrer dans cette Année liturgique le chant sublime par lequel quatre fois l'année, au commencenyïnt des saisons, l'Eglise glorifie avec les trois enfants de Babylone le Seigneur Dieu de nos pères.
BENEDICTUS es, Domine Deus patrum nostrorum.
■\/OUS êtes béni, Seigneur ' Dieu de nos pères ;
Les Quatre-Temps de Septembre. 4j3
^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
Et béni est votre glorieux, votre saint Nom ;
^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
\'ou5 êtes béni dans le saint temple de votre gloire ;
f^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
\'ous'ètes béni sur le trône jaint d'où vous régnez ;
^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
Vous êtes béni, appuyé sur le sceptre de votre divinité ;
B. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
\'ous êtes béni, assis sur les Chérubins, contemplant les abîmes ;
^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
Vous êtes béni, marchant sur l'aile des vents et sur les ondes de la mer ;
1^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
Que vous bénissent et tous les Anges et tous vos Saints;
h1. Ki qu'ils vous louent, et
^. Et laudabihs, et gloriosus in sxcula.
Et benedictum Nomen gloriae tuae, quod est sanctum.
^. Et laudabile , et gloriosum in saecula.
Benedictus es in templo sancto gloriae tuae.
^. Et laudabilis, et gloriosus in ssecula.
Benedictus es super thronum sanctum regni tui.
If. Et laudabilis, et gloriosus in snecula.
Benedictus es super sceptrura divinitatis turc.
^. Et laudabilis , et gloriosus in sscula.
Benedictus es qui sedes super Cherubim, intuens abyssos.
«. Et laudabilis, et gloriosus in saîcula.
Benedictus es qui ambulas super pennas ventorum, et super undas maris.
^. Et laudabilis, et gloriosus in saecula.
Benedicant te omnes Angeli et Sancti tui. H. Et laudent te, et
474 L,e Temps après la Pentecôte.
glorificent te in ssecula.
Benedicant te cœli , terra, mare, et omnia qus in eis sunt.
B^. Et laudent te, et glorificent in saecula.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
^. Et laudabili , et glorioso in saecula.
Sicut erat in principio et nunc, et semper, et in saecula sïeculorum. Amen.
h). Et laudabili, et glorioso in sœcula.
Benedictus es, Domine Deus patrum nostrorum.
i5|. Et laudabilis, et gloriosus in saecula.
qu'ils vous glorifient dans tous les siècles.
Que volis bénissent les cieux, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment;
^. Et qu'ils vous louent, et qu'ils vous glorifient dans tous les siècles.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
^. Au digne de louange, au plein de gloire dans tous les siècles.
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
iç:. Au digne de louange, au plein de gloire dans tous les siècles.
Vous êtes béni. Seigneur Dieu de nos pères;
^. Et digne de louange, et plein de gloire dans tous les siècles.
•; paralytique portant son lit forme le sujet de l'Evangile du jour, et donne son nom au dixhuitième Dimanche après la Pentecôte. On a pu remarquer que le rang d'inscription de ce Dimanche le place, au Missel, à la suite des Quatro-Tcmps d'automne. Nous ne discuterons pas, avec les liturgistes du moyen âge ', la question de savoir s'il doit être considéré comme ayant pris la place du Dimanche vacant qui suivait toujours autrefois l'Ordination des ministres sacrés 2, en la manière que nous avons dite ailleurs ^. De très anciens manuscrits, Sacramentaires et Lectionnaires, l'appellent de ce nom, sous la formule bien connue : Dominica vacat *.
Il n'est pas non plus sans intérêt d'observer que la Messe de ce jour est la seule où soit
XXIX. — 3. Avent. Samedi des Quatre-Temps. —
4.THOMAS11 0pp. Edit. Vezzosi, t. v, p. 148, 149, 309.
47^ ^6 Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
interverti l'ordre des lectures tirées de saint Paul et formant le sujet des Epîtres, depuis le sixième Dimanche après la Pentecôte : la lettre aux Ephésiens, déjà en cours de lecture et qui sera continuée, s'interrompt aujourd'hui pour donner place au passage de la première Epître aux Corinthiens, "dans lequel l'Apôtre rend grâces à Dieu de l'abondance des dons gratuits accordés à l'Eglise en Jésus-Christ. Or, les pouvoirs conœrés par l'imposition des mains aux ministres de l'Eglise sont le don le plus merveilleux que connaissent la terre et le ciel même, etd un autre côté, les autres parties de cette Messe se rapportent très bien aussi, comme on le verra, aux prérogatives du sacerdoce nouveau.
La liturgie du présent Dimanche offre donc un intérêt spécial, quand il se rencontre au lendemain des Quatre-Temps de septembre. Mais cette rencontre est loin d'être régulière, aujourd'hui du moins; nous ne saurions nous arrêter davantage sur ces considérations, sans entrer trop exclusivement dans le domaine de l'archéologie et dépasser les bornes qui nous sont imposées.
T 'Introït des Messes dominicales, depuis la ^ Pentecôte, avait toujours été tiré des Psaumes. Parcourant le Psautier du xii« au cxvni*, l'Eglise, sans jamais revenir en arrière sur l'ordre d'inscription de ces chants
A la Messe. 4~j
sacrés, avait pu néanmoins choisir en eux l'expression oui convenait davantage aux sentiments qu elle voulait formuler dans sa [.iturt;ie. Désormais, sauf une fois encore où le livre par excellence de la louange divine sera de nouveau misa contribution pour cet objet, c'est à divers autres livres de l'Ancien Testament que les Antiennes d'Introït seront empruntées. Aujourd'hui, Jésus tils de Siracn, l'auteur inspiré de l'Ecclésiastique, demande à Dieu de vérifier, par l'accomplissement de ce qu'ils ont annoncé, la tîdélité des prophètes du Seigneur'. Les interprètes des oracles divins sont maintenant les pasteurs, que l'Eglise envoie prêcher en son nom la parole du salut et de la paix; demandons, nous aussi, que jamais la parole ne soit vaine en leur bouche.
DONNEZ la paix, Seigneur, à ceux qui espèrent en vous, pour que vos Prophètes soient trouvés fidèles ; exaucez les prières de votre serviteur et de votre peuple d'Israël.
Ps. Je me suis réjoui des paroles qui m'ont été dites : nous irons dans la maison du Seigneur. Gloire au Père. Donnez la paix.
DA pacem. Domine, sustinentibus te, ut Prophetaï tui fidèles inveniantur; exaudi preces servi tui et plebis tuae Israël.
Ps. Laetatus sum in his, quae dicta sunt mihi : In domum Domini ibimus. Gloria Patri. Da pacem.
Le plus siàr mo3'en d'obtenir la grâce est toujours l'humble aveu de notre impuissance à plaire par nous-mêmes au Seigneur. L'E-
47^ i-s Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
glise continue de nous en donner d'admirables formules d^ins ses Collectes.
DIRIGAT corda noslra, qujesumus Domine, tuœ miserationis operatio : quia tibi sine te placera non possumus. Par Dominum.
Qu.
votre action miséricordieuse dirige nos coeurs, nous vous en supplions. Seigneur, parce que nous ne pouvons vous plaire sans vous. Par Jésus-Christ.
Les autres Collectes ci-dessus, page 106.
Lactio Epistolse beati Pauli Apostoli ad Corinthios. I, Cap. i.
FRATRES. Gratias ago Deo meo semper pro vobis in gratia Dei, quoe data est vohis in Christo Jesu . quod in omnibus divites facti estis in illo, in omni verbo, et in omni scientia : sicut testimonium Christi confirmatum est in vobis : ita ut nihil vobis desit in ulla gratia, exspectantibus revelationem Domini nostri Jesu Christi, qui et confirmabit vos usque in iinem sine crimine, in die adventus Domini nostri Jesu Christi.
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. I, Chap. i.
MES Frères, je rends grâces à mon Dieu continuellement pour vous , à cause de la grâce .de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, parce que vous avez été enrichis en lui dans toutes choses, dans la parole et dans la science, le témoignage du Christ ayant été ainsi confirmé en vous : de sorte que rien ne vous manque en aucune grâce dans l'attente de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous gardera encore jusqu'à la fin sans péché pour le jour de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.
n dernier avènement du Fils de Dieu n'est > plus éloigné. L'approche du dénouement
A la Messe. 47 <)
qui doit donner la pleine possession de l'Epoux à l'Eglise redouble ses espérances; mais le jugement final, qui doit consommer en même temps la réprobation d'un grand nombre de ses fils, joint chez elle la crainte au désir, et ces deux sentiments vont se faire jour plus souvent désormais dans la sainte Liturgie.
L'attente sans doute n'a point cessé d'être pour l'Eglise comme le fonds même de son existence. Séparée de l'Epoux quant à la vision de ses charmes divins, elle n'eût fait depuissa naissance que soupirerdans la vallée de l'exil, si l'amour qui* la pousse ne l'eût pressée de se dépenser, sans retour sur ellemême, pour celui à q-ui allait tout son cœur. Sans compter donc, elle s'est donnée par le travail, la souffrance, la prière et les larmes. Mais son dévouement, tout généreux qu'il fût, ne lui a point fait oublier l'espérance. Un amour sans désir n'est point la vertu de l'Eglise; elle le condamne, dans ses fils, comme une injure à l'Epoux.
Si légitimes et si véhémentes à la fois étaient dès l'origine ses aspirations, que l'éternelle Sagesse voulut ménager l'Epouse, en lui cachant la durée de l'exil. L'heure de son retour est le seul point sur lequel Jésus, interrogé par les Apôtres, ait refusé de renseigner son Eglise'. Un tel secret entrait dans les vues générales du gouvernement divin sur le monde; mais c'était aussi, ^e la part de l'Homme-Dieu, compassion et tendresse : l'épreuve eût été trop cruelle; et mieux vaI . Matth. XXIV, 3, 36.
480 Le Dix. -Huit. Dim. après la Pentecôte.
lait laisser l'Eglise à la pensée, véritable d'ailleurs, de la proximité de la fin devant Dieu, pow qui mille ans sont comme un jour '.
C'est ce qui nous explique la complaisance avec laquelle les Apôtres, interprètes des aspirations de la sainte Eglise, reviennent sans cesse, dans leurs paroles, sur l'affirmation de l'avènement prochain du Seigneur. Le chrétien, saint Paul vient de nous le dire jusqu'à deux fois en une même phrase, est celui qui attend la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, au jour qu' il viendra. Appliquant au second avènement, dans sa lettre aux Hébreux, les soupirs enflammés des Prophètes aspirant au premier 2; Encore un peu, un très peu de temps, dit-il, et celui qui doit venir viendra, et il ne tardera point '•. C'est qu'en effet, sous la nouvelle comme dans l'ancienne alliance, l'Homme-Dieu s'appelle, en raison de sa manifestation finale attendue, celui qui vient ^, celui qui doit VENIR ''. Le cri qui terminera l'histoire du monde sera l'annonce de son arrivée : Voici l'époux qui vient 6!
« Ceignant donc spirituellement vos reins, dit saint Pierre à son tour, pensez à la gloire du jour où se révélera le Seigneur; attendezle, espérez-le d'une parfaite espérance. ^ » Le Vicaire de l'Homme-Dieu prévoyait cependant le parti que les docteurs de mensonge allaient tirer d'une attente si longtemps prolongée. « Où donc est la promesse ?
37. 4. Matth. XI, 3. — 5. Apoc. i, 8. — 6. Matth.
XXV, 6. — 7. I Petr. i, 5, 7, i3.
A la Messe. 4S i
t devaient-ils dire; à quand son arrivée? «1 Nos pères se sont endormis du grand « sommeil, et toutes choses demeurent « comme au commencement '. « Or le chef du collège apostolique reprenait par avance, contre eux, la réponse que Paul son trèrc - avait déjà faite ^ : « Ce n'est point, comme « quelques-uns pensent, que le Seigneur « retarde sa promesse; mais il agit ainsi dans « sa patience, à cause de vous, ne voulant « pas, s'il était possible, qu'aucun pérît, « mais que tous revinssent à lui par la pé« nitence. Le jour 4u Seigneur n'en arrivera K pas moins comme un voleur, et alors, dans « une eftVoyable tempête, les cieux pas« seront, les éléments se dissoudront emora« ses, la terre et ses ouvrages seront consu« mes. Puis donc que tout cela doit périr, « quels ne devez-vous pas être par la sain« teté de votre vie et vos œuvres pieuses, « attendant, hâtant de vos désirs l'arrivée de « ce jour du Seigneur où le feu dissoudra les « éléments et les cieux; Car nous attendons, « selon sa promesse, de nouveaux cieux et « une nouvelle terre où habite la justice. « C'est pourquoi, mes bien-aimés, faites en « sorte que le Seigneur, quand il viendra, « vous trouve dans la paix, sans reproche et « sans tache. * .. Instruits ainsi de toutes « choses à l'avance, veillez sur vous, de peur « que, vous laissant emporter aux égare« ments des insensés, vous ne tombiez de « l'état si ferme qui est aujourd'hui le votre s.»
I. II Petr. ni, 3-4. — 2. IbU. i5. — 3. Rom. n, 4.
' — 4. II Petr. m, 9-14. — 5. IbiJ. 17.
4^2 Le Dix- Huit. Dim. après la Pentecôte.
Si, en effet, le péril doit être grand dans ces derniers jours où les vertus cfes cieux seront ébranlées i, le Seigneur, ainsi que le dit notre Epître, a pris soin de confirmer en nous son témoignage, d'affermir notre foi par les multiples manifestations de sa puissance. Et comme pour vérifier cette autre parole de la même Epître, qu'il confirmera de la sorte jusqu'à la fin ceux qui croient en lui, ses prodiges redoublent en nos temps précurseurs de la fin. Partout le miracle s'affirme à la face du monde; les mille voix de la publicité moderne en portent les échos jusqu'aux extrémités de la terre. Au nom de Jésus, au nom de ses Saints, au nom surtout de sa Mère immaculée qui prépare le dernier triomphe de l'Eglise, les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les maux du corps et de l'âme perdent soudain leur empire. La manifestation de la puissance surnaturelle est devenue si intense, que les services publics, hostiles ou non, doivent en tenir compte; le tracé des voies ferrées elles-mêmes se plie à la nécessité de porter les peuples aux lieux bénis où Marie s"est montrée. La terre catholique n'est point la seule où éclate le divin pouvoir. Naguère encore, au cœur de l'infidélité musulmane, n"a-t-on pas vu la ville des sultans tressaillir au bruit des merveilles accomplies par la Reine du ciel en ses murs? l'eau de sa fontaine miraculeuse a pénétré jusqu'en cette cité de la Mecque où est fixé le tombeau du fondateur de l'Islam, et dans laquelle jadis
I. Matth. XXIV, 29.
A la Messe. 483
un chrétien ne pouvait entrer sans mourir. L'impie a beau dire en son cœur: // n'y a point de Dieu ' ! S'il n'entend pas le témoignage divin, c'est que la corruption ou l'orgueil prévaut chez lui sur l'intelligence, comme autrefois sur rintelligencc des ennemis de Jésus durant les jours de sa vie mortelle. Pareil est-il à l'aspic du Psaume -, qui se rend sourd; il se bouche les oreilles, pour ne point ouïr la voix de l'enchanteur divin qui veut nous sauver. Sa conduite n'est que rage 3 et folie*; il aura bien mérité la vengeance.
Ne l'imitons point ; mais, avec l'Apôtre, remercions Dieu pour la profusion miséricordieuse dont il fait preuve envers nous. Jamais ses dons gratuits ne furent plus nécessaires qu'en nos temps misérables. Il ne s'agit plus sans doute, chez nous, de promuljguer l'Evangile; mais les efforts de l'enfer sont devenus tels contre lui, qu'il ne faut rien moins, pour le soutenir, qu'un déploiement de la vertu d'en haut pareil, en quelaue chose, à celui dont l'histoire des origines e l'Eglise nous retrace le tableau. Demandons au Seigneur des hommes puissants en paroles et en œuvres. Obtenons que l'imposition des mains produise plus que jamais, dans les élus du sacerdoce, son plem résultat; qu'elle \es fasse riches en toutes choses, et spécialement dans la parole et dans la science. Que nos jours, où tout s'éteint, voient du moins la lumière du salut briller vive et
484 J^e Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
pure par les soins des guides du troupeau du Christ. Puissent les compromis et les lâchetés de générations où tout s'étiole et s'amoindrit, ne jamais amener ces nouveaux christs à décroître eux-mêmes, ni à laisser tronquer en leurs mains la mesure de l'homme parfait ' qui leur fut confiée pour l'appliquer, jusqu'à la tin, à tout chrétien soucieux d'observer l'Evangile! Puisse leur voix, en dépit des vaines menaces, et dominant toujours le tumulte des passions déchaînées, retentir partout aussi ferme et vibrante qu'il convient à l'écho du Verbe !
L'Eglise reprend au Graduel le Verset de l'Introït, pour chanter encore la joie du peuple chrétien à l'annonce de son entrée prochaine dans la maison du Seigneur. Cette maison est le ciel où nous entrerons, au dernier jour, à la suite de Jésus triomphant; c'est aussi le temple où s'offre ici-bas le Sacrifice, et dans lequel nous introduisent les représentants de l'Homme-Dieu, dépositaires de son sacerdoce.
L«TATUS sum in his quae dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.
f. Fiat pax in virtute tua, etabundantia in turribus tuis. Alléluia, alléluia. f. Timebunt gontes
JE me suis réjoui des paroles qui m'ont été dites : nous irons dans la maison du Seigneur.
f. Que la paix soit dans tes murailles, et l'abondance en tes tours.
Alléluia, alléluia.
f. Les nations craindront
A la Mtsse.
votre Nom. Seigneur, et tous les rois de la terre révéreront votre gloire. Alléluia.
Nomen tuum, Domine : et omnes reges terras gloriam tuam. Alléluia.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là, Jésus, montant dans une barque, passa le lac et vint dans sa ville. Et voici qu'on lui présenta un paralytique couché sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Ayez confiance . mon fils ; vos péchés vous sont remis. Alors quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème. Jésus, ayant vu leurs pensées, dit : Pourquoi pensez-vous du mal en vos coeurs ? Quel est le plus facile de dire : Vos péchés vous sont remis ; ou de dire : Levez-vous et marchez ? Or. pour que vous s.ichiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levez-vous, dit-il alors au paralytique, emportez votre lit. étaliez dan» votre maison. Et il se leva, et s'en alla dans sa maison. Le peuple, voyant donc ces choses, fut saisi de crainte, et rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Sequentia sancti Evangelii ,secundum Matthaeum. Cap. ix.
IN illo tempore : Ascendens Jésus in naviculani , transfretavii , et venit in civitatem suam. Et ecce ofiferebant ei paralyticum jacentem in lecto. Et videns Jésus fidem illorum, dixit paralytico : Confide,. fili, remittuntur tihi peccata tua. Et ecce quidam de scribis dixerunt intra se: Hic blasphémât. Et cum vldisset Jésus cogitationes eorum. dixit : Ut quid cogitatis mala in coidibus vestris ? Quid est facilius dicere ; Dimittuntur tibi peccata tua : an dicere : Surge, et ambula ? Ut autem sciatis, quia Filius hominis habet potestatem in terra dimittendi peccata, tune ait paralytico: Surge, toile lectum tuum, et vade in domum tuam. Et surrexit. et abiit in domuin suam. Videntes autem turbx tirauerunt, et glorificaverunt Deum, qui dédit potestatem talem hominibus.
486 Le Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
. u xii° siècle, dans plusieurs Eglises d'Oc/\. cident, on lisait aujourd'hui, comme Evangile, le passage du livre sacré où Jésus parle des Scribes et des Pharisiens assis sur la chaire de Moïse i. L'Abbé Rupert, qui nous fait connaître cette particularité dans son livre Des divins Offices , rapproche heureusement cet ancien Evangile et l'Antienne de l'Offertoire toujours en usage, où il est aussi question de Moïse. « L'Office de ce Dimanche, dit-il, montre éloquemment à celui qui préside dans la maison du Seigneur et qui a reçu la charge des âmes, la manière dont il doit se comporter dans le rang supérieur où l'a placé la vocation divine. Qu'il ne ressemble pas à ces hommes assis indignement sur la chaire de Moïse ; mais qu'il soit comme Moïse lui-même, lequel présente dans l'Offertoire et ses Versets un beau modèle aux chefs de l'Eglise. Les pasteurs des âmes ne doivent pas ignorer, en effet, pour quelle cause ils occupent un lieu plus élevé : à savoir, non tant pour gouverner que pour servir 2. » L'Homme-Dieu disait des docteurs juifs • Ce qu'ils disent, faites-le ; ce qu'ils font, garde:{-vous de le faire ; car ils disent bien ce qu'il faut faire, mais ne font rien de ce qu'ils disent. A. rencontre de ces indignes dépositaires de la Loi, ceux qui sont assis dans la chaire de la doctrine « doivent enseigner et agir conformément à leur enseignement, dit Ruperi ; ou plutôt, qu'ils fassent d'abord ce qu'il convient de faire, afin de l'enseigner ensuite avec autorité ; qu'ils ne recherchent
I. Matth. XXIII, 1-12.— 2. Rup. De div. OfF. xii, 18.
A la Messe. 48 j
pas les honneurs et les titres, mais tendent à cet unique but de porter sur eux-mêmes les péchés du peuple, et de parvenir à détourner de ceux qui leur sont soumis la colère de Dieu, comme lit Moïse, ainsi que le dit l'Offertoire '. »
L'Evangile des Scribes et des Pharisiens établis sur la chaire de Moïse a été réservé, depuis, pour le mardi de la deuxième semaine de Carême. Mais celui qui est maintenant partout en usage, n'éloigne point nos pensées de la considération des pouvoirs suréminents du sacerdoce, qui sont le bien commun de l'humanité régénérée. Les fidèles dont l'attention, en ce jour, était autrefois attirée sur le droit d'enseigner confié aux pasteurs, méditent maintenant sur la prérogative qu'ont ces mêmes hommes de pardonner les péchés et de guérir lésâmes. De même qu'une conduite en contradiction avec leur enseignement n'enlèverait rien à l'autorité de la chaire sacrée, d'où ils dispensent pour l'Eglise et en son nom le pain de la doctrine à ses fils, l'indignité de leur âme sacerdotale ne diminuerait pas non plus, dans leurs mains, la puissance des clefs augustes qui ouvrent le ciel et ferment l'enfer, tar, c'est le Fils de l'homme, c'est Jésus qui par eux, indignes ou non, relève de leurs fautes les hommes ses frères et ses créatures, dont il a pris sur lui les misères et racheté les crimes dans son sang 2.
L'épisode de la guérison du paralytique, qui fut pour Jésus l'occasion d'affirmer son
I. Rup. De div. Off. xn, 18. — 2. Heb. 11, 10-18.
4f^^ Le Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
pouvoir de remettre les péchés en tant que fils de l'homme, a toujours été particulièrement cher à l'Eglise. Outre le récit que nous en fait aujourd'hui saint Matthieu, elle a placé la narration qu'en donne aussi saint Luc 1 au vendredi des Quatre-Temps de la Pentecôte. Les fresques des catacombes, parvenues jusqu'à nous, attestent encore la prédilection qu'elle inspira pour ce sujet aux artistes chrétiens du premier âge. C'est qu'en effet, dès l'origine du christianisme, on vit l'hérésie dénier a l'Eglise le pouvoir de pardonner au nom de Dieu, qu'elle tient de son divin Chef; c'était condamner irrémissiblement à la mort un nombre incalculable de chrétiens, malheureusement tombés après leur baptême, et que guérit le sacrement de Pénitence. Or quel trésor une mère peut-elle défendre avec plus d'énergie, que le remède auquel la vie de ses enfants est attachée ? L'Eglise donc frappa de ses anathèmes et chassa de son sein ces Pharisiens de la loi nouvelle, qui, comme leurs pères du judaïsme, méconnaissaient la miséricorde infinie et l'étendue du grand mystère de la Rédemption.
Elle-même, comme Jésus sous les yeux des scribes ses contradicteurs, avait produit, en garantie de ses affirmations, un miracle visible à la face des sectaires, sans arriver plus que l'Homme-Dieu à les convaincre de la réalité du miracle de grâce opéré invisiblement par ses paroles de rémission et de pardon. La guérison extérieure du paralyA la Messe. 4 V9
tique fut tout ensemble, en effet, l'image et la preuve de la guérison de son âme réduite auparavant à l'impuissance ; mais lui-même représentait un bien autre malade : le genre humain, gisant immobile en son péché depuis des siècles. L'HommeDieu avait déjà quitté la terre, quand la foi des Apôtres opéra ce premier prodige de transporter aux pieds ae l'Eglise le monde vieilli dans son intirmité. L'Eglise donc, voyant le genre humain docile à l'impulsion des messagers du ciel et partageant déjà leur foi, avait retrouvé pour lui dans son cœur de mère la parole de l'Epoux : Mon fils, aie confiance, tes péchés sont remis. Soudain, aux yeux étonnés de la philosophie sceptique, et confondant la rage de l'enfer, le monde s'était levé ostensiblement de sa couche ignominieuse ; montrant bien que ses forces lui étaient rendues, on l'avait vu charger sur ses épaules, par le travail de la pénitence et de la répression des passions, le lit de ses langueurs et de son impuissance, où l'avaient retenu si longtemps l'orgueil, la chair et la cupidité. Depuis lors, fidèle à la parole du Seigneur qui lui a été répétée par l'Eglise, il est en marche pour retourner dayis sa maison, le paradis, où l'attendent les joies fécondes de l'éternité ! Et la multitude des cohortes angéliques, voyant sur la terre un pareil spectacle ae rénovation et de sainteté 1, est saisie de stupeur, et elle glorifie Dieu qui a donné aux nommes une telle puissance. Nous aussi, rendons grâces à l'Epoux dont
4go Le Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte.
la dot merveilleuse, qui est son sang versé pour l'Epouse, suffit jusc^u'à la fin à solder les droits de la justice éternelle. Dans les jours de la Pâque, nous avons contemplé l'Homme-Dieu établissant le sacrement précieux qui rend ainsi, en un instant, vie et forces au pécheur '. Mais combien sa vertu n'apparaît-elle pas plus merveilleuse encore, en nos temps d'affaissement et de ruine universelle ! L'iniquité abonde, les crimes se multiplient ; et toujours la piscine réparatrice, alimentée par les flots qui s'échappent du côté de Jésus entr'ouvert, absorbe et dissout, quand on le veut, sans laisser trace aucune, ces montagnes de péchés, ces hideux trésors de l'enfer entassés durant toute une vie par la complicité du démon, du monde et de l'homme même !
L'Offertoire rappelle l'autel figuratif dressé par Moïse pour recevoir les oblations de la loi d'attente, qui annonçaient le grand Sacrifice préparé en ce moment sous nos yeux. Nous donnons, à la suite de l'Antienne, les Versets autrefois en usage. Moïse y apparaît véritablement comme le type de ces prophètes fidèles que nous saluions dans l'Introït, comme le modèle de ces vrais chefs du peuple de Dieu qui se dévouent pour obtenir à ceux qu'ils conduisent la miséricorde et la paix -. Dieu lutte avec eux, et se laisse vaincre ; en retour de leur fidélité, il les admet aux plus intimes manifestations de sa lumière
2. Rvp. ubi supra.
A la Messe.
4gi
et de son amour. Le premier Verset nous montre le Prêtre dans sa vie publique d'intercession et de dévouement pour les autres ; le second nous révèle sa vie privée, dont la contemplation est l'aliment. On ne s'étonnera pas de la longueur de ces Versets; leur exécution par le chœur des chantres dépasserait de beaucoup aujourd'hui le temps de l'oftVande de l'hostie et du calice , mais il faut se souvenir qu'autrefois toute l'assemblée prenait part à l'oblation du pain et du vin nécessaires au Sacrifice. De même les quelûues lignes auxquelles se réduit maintenant la Communion, n'étaient que l'Antienne d'un psaume désigné pour chaque jour dans les anciens Antiphonaires : c'était celui-là même d'où cette Antienne était tirée, à moins ou'étant prise de quelque autre livre de
1 Ecriture, on ne revînt alors au psaume d'Introït ; on chantait ce psaume en reprenant l'Antienne après chacun des Versets, tout le temps que durait la participation commune au banquet sacré.
MOÏSE consacra un autel au Seigneur, offrant sur lui des holocaustes et immolant des victimes : il accomplit le sacrifice du soir, odeur très suave pour le Seigneur Dieu, en présence des nls d'Israël.
f. I. Le Seigneur parla à Moïse . disant : Monte vers moi sur la montagne de Sina,
SANCTIFICAVIT Moyses altare Domino, offerens super illud holocausta, et iramolans victimas : fecit sacrificium vespertinum in odorem suavitatis Domino Deo in conspectu filiorum Israël.
f. I. Locuius est Dominus ad Movsen dicens : Ascende ad me <n montem
40- ^e Dix- Huit. Dim. après la Pentecôte.
Sinj. etstatis super ccicumeii ejus. Surgens Moyses, ascendit in montem, itbi constituit ei Deus ; et descendit ad eum Doininus in nube, et adstitit ante faciem ejus. Videns Moyses. yrocidens adoravit, dicens : Obsccro. Domine, dimitte peccata populi tui. Et dixit ad eum Dominus : Faciam secundum verbum tuum.
Tune Moyses fecit sacrificiuin vespertinum.
f. II. Oravit Moyses Dominum. et dixit : Si inveni gratiani in conspectu tuo, ostende mihi te ipsum manifeste^ ut videam te. Et locutus est jd eum Dominus. dicens : Non enim videbit me homo. et vivere potest ; sed esta super altitudinem lapidis, et protegat te dextera mea donec pertranseam : dum pertransiero, auferam tnanum meam, et 'une videbis gloriam meam : faciès autem mea non videbitur tibi ; çuij ego sum Deus ostendens mirabilia in terra.
Tune Moyses fecit.
et tu te tiendras debout sur son sommet. Moïse se levant monta sur la montagne oii Dieu lui avait donné rendezvous ; et le Seigneur descendit vers tui dans une nuée, et il se tint devant sa face. Moïse, à sa vue, se prosterna et adora, disant : Je vous en prie. Seigneur, pardonne^ les péchés de votre peuple. Et le Seigneur lui dit : Je ferai selon ta parole.
Alors Moïse accomplit le sacrifice du soir.
f. II. Moïse pria le Seigneur, et dit : Si j'ai trouvé grâce devant vous, montre'^- vous à moi à découvert, pour que je puisse vous contempler. Et le Seigneur lui parla en ces termes : Aucun homme, s'il me voit, ne pourra vivre ; mais tiens-toi sur le haut du rocher : ma main droite le couvrira pendant que je passerai ; et lorsque je serai passé, j'enlèverai ma main, et alors tu verras ma gloire, quoique ma face ne te soit pas montrée ; car je suis le Dieu qui manifeste sur la terre des choses admirables.
Alors Moïse accomplit.
La sublime éloquence de la Secrète dépasse tout commentaire. Pénétrons-nous de la grandeur des enseignements si admirablement
A la Messe.
résumés en quelques mots ; comprenons que notre vie et nos mœurs ne doivent être rien moins que divines, pour répondre aux mystères qui sont révèles à notre intelligence et s'incorporent à nous dans le commerce auguste au Sacrifice.
EUS, qui nos per huius sacrificii veneranda commercia, unius summat divinitatis participes efficis : prsesta quœsumus; ut, sicut tuam cognoscimus veritatem, sic eam dignis moribus assequamur. Per Dominum.
ODiEii, qui par le commerce auguste de ce Sacrifice nous rendez participants de l'unique et souveraine divinité, faites, nous TOUS en supplions, que, connaissant votre vérité, nous y conformions, comme il conTient, nos mœurs. Par JésusChrist.
Les autres Secrètes comme ci-dessus, /'ag'tf
L'Antienne de la Communion s'adresse aux Prêtres, et en même temps à nous tous ; car si le Prêtre offre la victime sainte entre toutes, nous ne devons nous présenter avec lui dans les parvis du Seigneur qu'en apportant, pour la joindre à la divine hostie, cette autre victime qui est nous-mêmes, selon la parole du Seigneur : Vous n'apparaitre:^ point devant moi les mains vides '.
PRENEZ des victimes, et entrez dans ses parvis ; adorez le Seigneur dans son sanctuaire.
TOLLITE hostias, et introite in atria ejus : adorate Dominum in aula sancta ejus.
I. Exod. xxni, i5.
4g4 L.e Temps après la Pentecôte.
En rendant grâces dans la Postcommunion pour le don sans prix des Mystères, obtenons du Seigneur qu'il achève de nous en rendre dignes.
/^RATIAS tibi referi^-* mus, Domine, sacro munere vegetati, tuam misericordiam d e p r ecantes : ut dignos nos ejus participatione perficias. Per Dominum.
Deconfortés par le don sacré, nous vous rendons grâces, Seigneur, en suppliant votre miséricorde de nous rendre pleinement dignes d'y participer. Par Jésus-Christ.
Les autres Postcommunions ci-dessus, pa^e
LES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pages
ANTIENNE DE Magnificat.
TULIT ergo paraiyticus lectum suum in quo iacebat , magnificans Deum ; et omnis piebs, ut vidit, dédit laudem Deo.
LE paralytique, magnifiant Dieu, emporta donc son lit dans lequel il était couché auparavant ; et tout le peuple, voyant cela, rendit gloire à Dieu.
L'Oraison ci-dessus, page 478.
DANS l'esprit des enseignements de ce Dimanche, l'Eglise arménienne nous fera entendre un de ses chants toujours si profonds '.
I. Mekhitaristes, Venise, 1877.
Le Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte. 4()5
O Christ, notre Seigneur, qui par votre sang avez rendu votre Eglise sainte plus lumineuse et plus belle que les cieux ; qui, à l'imitation des chœurs célestes, y avez établi les choeurs des Apôtres, des Prophètes et des saints Docteurs :
Nous tous maintenant rassemblés. Prêtres, Diacres, Lecteurs et Clercs, nous offrons l'encens devant vous, Seigneur, comme autrefois Zacharie.
Montant avec l'encens que le murmure de nos prières vous, soit agréable, comme le sacrifice d'Abel, de Noé et d'Abraham.
Sois dans l'allégresse avec tes fils, fille de la lumière, sainte mère catholique, ô Sion ; revêts ta parure, auguste Epouse, splendide, rayonnant tabernacle, semblable au ciel :
Parce que le Christ, Dieu de Dieu, s'offre sans cesse en toi, sans être consumé, et donne sa chair et son sang très saint pour nous réconcilier avec le Père et expier nos péchés.
La sainte Eglise reconnaît et confesse la très pure Vierge
TU qui cœlo clariorem ac lucidiorem Ecclesiam tuam sanctam efFecisti sanguine tuo, Christe, Dominus noster ; et Apostolorum , Prophetarum, sanctoruraque Doctorum choros in ea, ad coelestium similitudinem, instituisti :
Nos omnes nunc congregati, Sacerdotes, Diaconi, Lectores et Clerici, offerimus ante conspectum tuum, Domine, ut quoodam Zacharias, incensum.
Jucunde ad te resonent orationes nostrge, cum i n c e n s o ascendentes, sicut sacrificium Abelis, Noe tt AbrahcB.
Laetare valde, filia luminis, mater sancta catholica, cum fïliis tuis, o Sion ; exornare, aima Sponsa, splendidum lucis tabernaculum, coelo consimile :
Quoniam Christus. ex Deo Deus, incessanter ofFertur in te, nec consumitur, et dat carnem et sanguinem suum sanctissimum, ad reronciliandum nos Patri, ac propter expiationem nostram.
Agnoscit et profitetur Ecclesia sancta illibatam
4g6 Le Temps après la Pentecôte.
Virginem Mariam, Dei Genitricem, per quam panis itnmortalitatis et calix exsultationis nobis sunt communicati. Ipsi date in cantico spiritual! benedictionem.
Marie comme Mère de Dieu, comme étant celle par qui nous sont communiqués le pain d'immortalité et K calice d'allégresse. Bénissezla dans un cantique spirituel.
Egalement dans l'ordre de pensées que nous rappelait l'Epître du jour, nous donnerons ici le commencement et la fin d'une Hymne alphabétique, pleine de foi et de touchante simplicité, que signalait déjà de son temps le Vénérable Bède.
APPAREBIT repentina Dies magna Domini, Fur obscura velut nocte Improvises occupans.
Brevis totus tum parebit Prisci luxus saeculi, Totum simul cum clarebit Prœterisse saeculum.
Clangor tubae per quaternas Terras plagas concinens, Vivos una mortuosque Christo ciet obviam.
De coelesti Judex arce, Majestate fulgidus, Claris Angelorum choris Comitatus aderit.
Erubescet orbis lunse,
LE grand jour du Seigneur apparaîtra soudain, comme le Toleur à l'improviste dans la nuit sombre.
Bien court alors malgré les siècles qu'il aura duré paraîtra tout le faste du monde, lorsque l'on verra finir à la fois tout ce qu'il fut.
Des quatre vents l'éclat de la trompette retentissante convoquera au-devant du Christ les vivants et les morts.
Des célestes sommets descendra le Juge, brillant de majesté, dans la compagnie des resplendissants chœurs des Anges.
La lune sera couleur de
Le Dix-Huit. Dim. après la Pentecôte. 4g j
sang, le soleil s'obscurcira, les étoiles tomberont pâlissantes, et l'on verra trembler l'orbe du monde.
Devant la face du juste Juge un feu brûlant dévorera les cieux, la terre et les. flots de la mer profonde.
En arrière alors seront précipités les injustes dans la flamme éternelle, où leur ver ne meurt pas, ni le feu ne s'éteint :
Noire prison des ministres de Satan et de leur prince, séjour des mugissements et des pleurs où tous grincent des dents.
Alors élevés vers la céleste patrie, les fidèles, au milieu des chœurs angéliques, gagneront les joies du royaume qui leur fut préparé.
Us entreront dans la gloire de Jérusalem, cité souveraine où resplendit la véritable vision de lumière et de paix ;
Où la noble assemblée des Bienheureux contemple le Christ roi rayonnant désormais de l'éclat du Père.
Garde-toi donc des artiSol et obscurabitur, StellsEcadent pallescentes, Mundi tremet ambitus.
Flamma ignis anteibit Justi vultum Judicis. Coelos, terras et profundi Fluctus ponti devorans.
Rétro ruent tum injusti Ignés in perpétues, Vermis quorum non moritur, Flamma nec restinguitur ;
Satan atro cum ministris Quo tenetur carcere : Fletus ubi mugitusque. Strident omnes deniibus.
Tune fidèles ad cœlestem Sustollentur patriam, Choros inter Angeiorum Regni pètent gaudia ;
Urbis summae Hierusalem Introibunt gloriam, Vera lucis atque pacis In qua fulget visio ;
Xristum regem jam paterna Claritate splendidum Ubi celsa beatorum Contemplantur agmina.
Ydri fraudes ergo cave,
'il
4q8 Le Temps après la Pentecôte.
Infirmantes subleva, Aurum temne, fuge luxus. Si vis astra petere.
Zona clara castitatis Lumbos nunc praecingere. In occursum raagai Régis Fer ardentes lampades.
fices de l'hydre funeste, secours les faibles, méprise l'or et fuis la volupté, si tu veux gagner les cieux.
Dès maintenant ceins tes reins de la belle ceinture de chasteté ; que ta lampe soit ardente au-devant du grand Roi.
Terminons par cette prière du Sacramentaire léonien.
DEUS, cujus arbitrio omnium ssculorum ordo decurrit : respice propitius ad nostrae tempus îetatis ; et ut tifci servitus nostra complaceat, tua in nobis dona conserva. Per Dominum.
V-/ préside au cours de tous les siècles, ayez un regard de miséricorde pour celui-ci ou nous avons à vivre ; et afin que notre service vous soit agréable, gardez en nous vos dons. Par Jésus-Christ.
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'auguste chef du peuple de Dieu est le salut des siens dans tous leurs maux. Ne l'a-t-il pas montré, Dimanche dernier, d'une façon éclatante, en restaurant à la fois le corps et l'àme du
Êauvre paralytique qui nous figurait tous ? coûtons sa voix, dans l'Introït, avec reconnaissance et amour ; promettons-lui la fidélité Qu'il demande : sa loi, observée, nous gardera de la rechute.
LWntieiine qui suit est inspirée de divers passages de l'Ecriture, sans se trouver dans aucun. Le Verset est tiré du psaume lxxvii.
JE suis le salut du peuple, dit le Seigneur . de quelque tribulation qu'ils crient vers moi, je les exaucerai ; et
SALUS populi ego sum, dicit Dominus : de quacumque tribuiatione clamaTerint ad me, exau5oo Le Dix-Neuv. Dim. après la Pentecôte.
diarn eos : et ero illorum Dominus in perpetuum. Pi-. Attendite, popule meus, legem meam : inclinate aurem vestram in verba oris niei. Gloria Patri. Salus.
je serai leui^Seigaeut à jamais.
Pi. Ecoutez ma loi, 'ô mon peuple ; rendez votre oreille attentive aux paroles de ma bouche. Gloire au Père. Je suis.
Pour bien comprendre la pensée qui domine les Collectes et plusieurs autres parties des Messes du Temps après la Pentecôte, il est bon, comme on le sait, de ne point perdre de vue l'Evangile du Dimanche précédent. C'est ainsi que l'Eglise s'inspire encore ciaprès de l'épisode du paralytique que le Fils de l'homme, il y a huit jours, guérit doublement sous nos yeux en figure d'un plus grand mystère. Dégagé dans le corps et dans rdme par la parole toute-puissante du Sauveur, le genre humain peut maintenant d'un cœur libre et dispos vaquer à Dieu. Obtenons du Très-Haut,-en nous unissant à l'Eglise dans la Collecte, que jamais le fatal engourdissement qui nous fut si contraire ne ressaisisse nos facultés.
OMNIPOTENS et misericors Deus, universa nobis adversantia propitiatus exclude : ut mente et corpore pariter e.xpediti, quœ tua sunt, liberis mentibus exsequamur. Per Dorainum.
pviEU tout-puissant et misé*-' ricordieux, éloignez de nous dans votre bonté tout ce qui nous serait contraire, afin que, dégagés en même temps dans le corps et dans l'âme, nous puissions vaquer d'un cœur dispos à votre service. Par Jésus-Christ.
Les autres Collectes ci-dessus, page loô.
A la Messe.
Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. iv.
MES Frères, renouvelezvous selon l'esprit, dans votre âme, et revêtez l'homme nouveau qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité. Pour cela, déposant le mensonge, que chacun parle à son prochain dans la vérité, puisque nous sommes membres les uns des autres. Mettez-vous en colère, et ne péchez pas ; que le soleil ne se couche point sur votre colère. Ne donnez point place au diable. Que celui qui volait ne vole plus, mais qu'il travaille plutôt, employant ses mains à quelque occupation honnête, pour avoir de quoi donner à celui qui souffre l'indigence.
Lectio Epistolae beat! Pauli Apostoli ad Ephesios. Cap. iv.
FRATRES, Renovamiiii spiritu mentis vestr.T, et induite novum hominem, qui secundum Deun» creatus est in justitia, et sanctitate veritatis. Propterquod déponent es mendacium, loquimini veritatem unusquisque cum proximo suo : quoniam sumus invicem memhra. Irascimini, et nolite peccare : sol non occidat super iracundiam vestram. Nolite locum dare diabolo : qui furabatur, jam non furetur : magis autem laboret , opérande manibus suis quod bonum est, ut habeat unde tribuat necessitatem patienti.
j A lecture de l'Epître aux Ephésiens, susL pendue Dimanche en la manière que nous avons rapportée, est reprise aujourd'hui par la sainte Eglise. L'Apôtre a posé précédemment les principes dogmatiques de la vraie sainteté ; il déduit maintenant les conséquences morales de ces principes.
Rappelons-nous que la sainteté en Dieu est sa vérité même, la vérité vivante et harmonieuse, qui n'est autre que le concert admirable des trois divines personnes unies dans