L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 23)
3. Matth. XXII, i3. — 4. Heb. XII, i3.
.4 la Messe.
l'officier de Capharnaum. Nous savons qu'il n'a nul besoin de descendre du ciel en terre, pour donner leur efficacité aux ordres émanés de sa volonté miséricordieuse. S'il daigne multiplier autour de nous les miracles et les prodiges, nous lui serons reconnaissants pour nos frères plus faibles dans la foi, nous prendrons de là occasion d'exalter sa gloire, mais en protestant que notre âme n'avait plus besoin, pour croire à lui, des manifestations nouvelles de sa puissance.
L'ancien peuple, promenant son mfortune méritée sur toutes les rives lointaines, revient, dans l'Offertoire, aux accents de la pénitence, et chante, cette fois avec l'Eglise, son admirable psaume cxxxvi qu'aucun chant d'exil n'égala jamais dans aucune langue.
SUR la rive des fleuves de Babylone nous nous sommes assis, et nous avons pleuré, en nous souvenant de vous. Sion.
SUPER flumina Babylonis illic sedimus, et flevimus, dum recordaremur tui, Sion.
Toute la puissance du Dieu qui guérit d'une parole les âmes et les corps, réside dans les Mystères préparés sur l'autel. Demandons, dans la Secrète, que leur vertu s'exerce en nos cœurs.
Noi's vous prions, Seigneur, de faire que ces Mystères nous soient un remède du ciel, et purifient notre cœur des vices. Par Jésus-Christ.
CŒLESTEM nobis praebeant haec rr.ysteria, quaesumus Domine, medicinam : et vitia nostri cordis expurgent. Per Dominum.
532 Le Vingt. Dimanche après la Pentecôte.
agréable *. » Mais c'est à la condition d'être inspirée par une foi entière et que rien ne puisse ébranler. Si c'est notre foi qui nous donne la victoire sur le monde 2, c'est elle aussi qui triomphe de Dieu dans les cas les plus extrêmes. Songeons, comme notre mère l'Eglise, au péril imminent de tant , de malheureux qui dansent follement sur l'abîme, où demain va s'engloutir en rugissant leur désespoir. Sans doute, ils sont inexcusables; Dimanche encore, on les avertissait des pleurs et des grincements de dents réservés, sous les ténèbres extérieures, aux contempteurs des noces sacrées ^. Mais ils sont nos frères, et nous ne devons pas nous résigner si facilement au deuil de leur perte. Espérons contre toute espérance. L'Homme-Dieu, qui connaissait de science certaine l'inévitable damnation des pécheurs obstinés, en a-t-il moins versé pour eux tout son sang? Nous voulons mériter de nous unir à lui
fiar une pleine ressemblance; ayons donc a résolution de l'imiter en cela même, dans la mesure qui peut être la nôtre : prions sans repos ni trêve pour les ennemis de l'Eglise et nos ennemis, tant que leur damnation n'est pas consommée Dans cet ordre, rien n'est inutile, rien ne se perd. Quoi qu'il arrive, le Seigneur sera grandement glorifié de notre foi et de l'ardeur de notre charité.
Mettons seulement tous nos soins à ne pas mériter les reproches qu'il adressait à la foi boiteuse * de la génération dont faisait partie
3. Matth. XXII, i3. — 4. Heb. XII, i3.
A la Messe. 533
l'officier de Capharnaûm. Nous savons qu'il n'a nul besoin de descendre du ciel en terre, pour donner leur efficacité aux ordres émanés de sa volonté miséricordieuse. S'il daigne multiplier autour de nous les miracles et les prodiges, nous lui serons reconnaissants pour nos frères plus faibles dans la foi, nous prendrons de là occasion d'exalter sa gloire, mais en protestant que notre âme n'avait plus besoin, pour croire à lui, des manifestations nouvelles de sa puissance.
L'ancien peuple, promenant son mfortune méritée sur toutes les rives lointaines, revient, dans l'Offertoire, aux accents de la pénitence, et chante, cette fois avec l'Eglise, son admirable psaume cxxxvi qu'aucun chant d'exil n'égala jamais dans aucune langue.
SUR la rive des fleuves de Babylone nous nous sommes assis, et nous avons pleuré, en nous souvenant de vous, Sion.
SUPER flumina Babylonis illic sedimus, et flevimus, dum recordaretnur tui, Sion.
• Toute la puissance du Dieu qui guérit d'une parole les âmes et les corps, réside dans les Mystères préparés sur l'autel. Demandons, dans la Secrète, que leur vertu s'exerce en nos cœurs.
Nous vous prions. Seigneur, de faire que ces Mystères nous soient un remède du ciel, et purifient notre cœur des vices. Par Jésus-Christ.
CŒLESTEM nobis praîbeant hxc mysteria, quaesumus Domine, medicinam : et vitia nostri cordis expurgent. Per Dominum.
jugiter relaxare, qui nobis adversantur, offensas, ut in eorum non incidamus insidias ; sic dissiniulare culpas, ut, sub specie gratiœ nocere cupientium, declinemus, in qua student perseverare, malitiam. Tu, etenim, Domine, mittens in médium nos luporum, manere vis simplices similitudine columbarum, et astutos fieri more serpentum : non utique, ut cuiquam noxii simus, sed ut solicite doios caveamus alienos. Ita mites ad omnes esse nos jubés, ut pariter corripere praecipias inquietos. Longe aliud quippe est contumeliam prseterire, aliud, ne per improvidam benignitatem capiamur, intendere . quoniam et tua clementia ea lege nostros resolvit errores, ut nos denuo, ne détériora subeamus , errare prohibeat, nec sibi quisquam aut non cessum judicet fuisse delictum, aut lassum se fortassis existiraet, si facultas eidera potius subtrahatur subsiciva lœdendi, quura hoc ipso magnum beneficium talibus conferatur, ut mali esse dediscant, vel impossibilitate peccandi.
âmes, nous enseignez a remettre sans fin les offenses de nos ennemis, en sorte pourtant que nous évitions leurs embûches; à oublier les fautes, sans toutefois nous laisser atteindre par la malice persévérante de ceux qui cherchent à nuire sous une fausse apparence de grâce. Car en nous envoyant au milieu des loups, vous voulez. Seigneur, que nous demeurions simples comme les colombes et devenions rusés comme des serpents : non certes que nous devions nuire à personne, mais p.our nous garder soigneusement de la fourberie d'autrui. Ainsi vous nous recommandez d'être doux ejivers tous, et en même temps nous ordonnez de reprendre ceux qui troublent la paix. Car bien autre chose est de laisser passer l'injure, et bien autre chose de veiller à ne pas être victime d'une bonté imprévoyante. Ainsi votre clémence elle-même a-t-elle pour loi de ne remettre nos fautes qu'en nous signifiant de n'y point retomber, crainte de pire châtiment. Personne ne doit conclore que sa faute ne lui a point été pardonnée, ni se regarder aucunement comme lésé, si on lui enlève la facilité qui pourrait lui rester à lui-même de léser autrui ; c'est conférer un grand bienLe Vingt. Dimanche après la Pentecôte. 53 j
fait à ces sortes de gens que de faire en sorte qu'ils désapprennent d'être mauvais, par l'impossibilité même de pécher.
L'avertissement que voici, revient plus d'une fois au Missel ambrosien dans les derniers Dimanches.
V OICI que déclinent vers leur fin nos années et nos jours. Il est temps : réformons-nous, à la gloire du Christ. Que les lampes soient allumées; car le Juge souverain vient juger les nations. Alléluia, alléluia.
r'\ECLlNANT anni nos*-^ tri, et dies ad finem. Quia tempus est ; corrigamus nos ad laudem Christi. Lampades sint accensx; quia excelsus Judex venit judicare gentes. Alléluia, alléluia.
La belle formule qui suit, et dont nous empruntons le texte au Sacramentaire gallican, nous donnera de faire écho à la supplication d'Israël préparant son retour définitif au Seigneur. Elle a depuis été placée par Urbain'VIII au nombre des prières après la Messe et la Communion qui sont au Missel.
Nous comparons devant vos yeux. Seigneur, les fautes que nous avons commises et les châtiments qu'elles nous ont attirés. Moindre est la peine subie, bien pire ce que nous méritons. Nous portons l'expiation du péché, et ne cessons de pécher opiniâtrement. Notre faiblesse. Seigneur, succombe sous vos coups, et notre iniquité n'est
ANTE oculos tuos. Domine, culpas quas fecimus, et plagas quas excepimus conferimus. Minus est quod patimur, majus est quod meremur. Peccati pœnam sentimus, et peccati pertinaciam non vitamus. In flagellis tuis, Domine, fragililas nostra vincitur, et iniquitas non mutatur.
Mens a-grota torquetur, et cervix dura non flectitur. Vita in dolore suspirat, et in opère non inmendat. Si exspectas. Domine non corrigimus : si vindicas, non duramus. Confitemur in confractione quod laesimus. Si oppresseris manum, facienda promittimus : si suspenderis gladium, promissa non facimus. Si ferias, clamamus ut parcas : si iterum peperceris, te provocamus ut ferias. Si angustia venerit, tempus petimus pœnitendi : si misericordia venerit, abutimur pœnitentia ab misericordia. Te volumus observare quod jusseris : te nolumus obaudire quod feceris. Habes, Domine, confitentes reos. Parce, quia pius es, quia tibi multa miseratio perabundat. Praesta, Domine, sine merito quod rogamus, qui fecisti ex nihilo qui rogarent : quia justis praemia tribues, et peccatoribus veniam non negasti.
pas changée. L'âme malade est dans les tourments, et la tête dure ne fléchit pas. Notre vie gémit sous la douleur, et n'amende pas ses œuvres. Si voos attendez. Seigneur, nous ne nous corrigeons point; si vous sévissez, nous ne persévérons pas. Broyés, nous confessons nos crimes ; si votre main s'appesantit, nous promettons de bien faire : si vous laissez votre glaive en suspens, nous ne faisons rien de ce que nous avons promis. Si vous frappez, nous crions : Pardonnez ; si vous nous épargnez de nouveau, nous provoquons vos coups. Quand l'antioisse apparaît, nous implorons le temps du repentir ; quand la miséricorde se présente, nous nous rions de la pénitence à cause de la miséricorde. Nous voulons que vous observiez vos promesses ; nous ne voulons pas, nous, tenir compte de vos ordres. Vous avez. Seigneur, à vos pieds des coupables qui avouent. Pardonnez, pour votre bonté, parce que votre miséricorde est infinie. Accordez sans mérite la prière qui vous est présentée, vous qui de rien fîtes les suppliants; ainsi aux justes vous donnerez la récompense, et aux pécheurs vous ne refuserez pas le pardon.
|es Dimanches qui vont suivre sont les derniers du Cycle , mais le degré de proximité qui les met en rapport avec son dernier terme, varie chaque année selon le mouvement de la Pâque (^ette mobilité rend impossible ia recnerche d'un accord précis entre la composition de leurs Messes et les lectures de l'Office de la nuit, qui se font à terme fixe depuis le mois d'août en la manière que nous avons dite '. Cependant l'instruction que les fidèles doivent tirer de la sainte Liturgie serait incomplète, la préoccupation de l'Église dans ces dernières semaines ne leur apparaîtrait pas aussi claire qu'il convient pour les dominer pleinement, s'ils ne se rappelaient que les mois d'octobre et de novembre sont remplis, le premier par la lecture des Machabées qui nous animent pour
540 Vingt et unième Dim. après la Pentec.
les derniers combats, le second par celle des Prophètes annonçant les jugements de Dieu 1.
URAND de Mende, dans son Ralional, s'applique à montrer que ce Dimanche et ceux qui le suivent relèvent toujours de l'Evangile des noces divines, et n'en sont que le développement. « Parce que, dit-il pour aujourd'hui, ces noces n'ont point de plus grand ennemi que la jalousie de Satan contre l'homme, l'Eglise traite, en ce Dimanche, de la guerre contre Satan et de l'armure qu'il nous faut revêtir pour soutenir cette guerre, comme on le verra dans l'E- pître. Et parce que le cilice et la cendre sont les armes de la pénitence, l'Eglise emprunte, dans l'Introït, la voix de Mardochée qui priait Dieu sous le cilice et la cendre ~. »
Les réflexions de l'évêque de Mende sont fondées. Mais, si la pensée de l'union divine qui se consommera bientôt ne quitte pas l'Eglise, c'est surtout néanmoins en s'oubliant elle-même, pour ne songer c^u'aux hommes dont le salut lui a été confie par l'Epoux, qu'elle se montrera véritablement Epouse dans les malheurs des derniers temps. Nous l'avons dit : l'approche du jugement tînal, l'état lamentable du monde dans les années qui précéderont immédiatement ce dénoueI. Myst. du Temps ap. la Pent. tome I. — 2. Dur. Ration. VI, i38.
A la Messe.
ment de l'histoire humaine, inspire et remplit maintenant la Liturgie Aujourd'hui, la partie de la Messe qui frappait surtout nos pères était l'Otlertoire tiré de Job, avec ses Versets aux exclamations si expressives, aux répétitions si instantes , et l'on peut dire, en effet, que cet Offertoire donne bien le vrai sens qu'il convient d'attribuer au vingt et unième Dimanche après la Pentecôte.
Le monde, réduit, comme Job sur son fumier, à la misère la plus extrême, n'a plus rien à espérer que de Dieu seul. Les saints qu'il renferme encore, entrant pour lui dans les dispositions du juste de l'Idumée, honorent le Seigneur par une patience et une résignation qui n'enlèvent rien à la puissance et à l'ardeur de leurs supplications. C'est le sentiment qui met tout d'abord en leur bouche la prière sublime que Mardochée formulait pour son peuple condamné à une extermination absolue, figure de celle qui attend le genre humain i."
SEIGNEUR , toutes choses sont soumises à votre volonté, et il n'est personne qui puisse résister à votr» volonté ; car vous avez fait toutes choses, le ciel et la terre, et tout ce qui est sous le ciel : vous êtes le Seigneur de toutes choses.
Ps. Heureux ceux qui restent sans tache dans le- che1N voluntate tua, Domine, universa sunt posita, et non est qui possit resistere voluntati tuae . tu enim fecisti omnia, coelum et terram, et universa quae coeli ambitu continentur : Dominas universorum tu es. Ps. Beati immaculati in via : qui ambulant in
5^3 Vingt et unième* Dim. après la Pentec.
lege Domini. Gloria Pa- t min, ceux qui marchent dans tri. In voluntate. la loi du Seigneur. Gloire au
I Père. Seigneur.
L'Eglise, dans la Collecte, montre assez, que si elle est prête à subir les temps mau' vais, elle préfère toutefois la paix, qui lui
Eermet d'otfrir librement au Seigneur le triut de la confession simultanée par les œuvres et la louange. La dernière supplication de Mardochée, dans la prière dont l'Introït nous a donné les premiers mots, était pour cette liberté de la louange divine qui sera le dernier rempart du monde : « Que nous puissions chanter votre Nom, 6 Seigneur ! ne fermez pas les bouches de ceuî qui vous louent ' ».
FAMILIAM tuam, quaesumus Domine, continua pietate custodi : ut a cunctis adversitatibus. te protegente, ,sit libéra ; et in bonis actibus tuo Noftiini sit devota. Pe-- Dominum.
SEIGNEUR, nous vous en supplions, gardez votre famille par l'effet d'une bonté continue, afin que, sous votre protection, elle soit garantie de toute adversité et confesse votre Nom dans les bonnes œuvres. Par Jésus-Christ.
.es autres Collectes ci-dessus, page io6.
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Ephesios. Cap. vi.
FRATRES, Confortamini in Domino, et in poLecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. vl
MES Frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans
1. EsTH. xin, 17.
A la Messe.
sa vertu toute-puissante. Revètez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir tenir contre les embûches du diable ; car nous n'avons point à lutter contre des hommes de chair el de sang, mais contre les princes et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l'air C'est pourquoi prenez l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister, au jour mauvais, et demeurer parfaits en toutes choses. Tenez donc ferme, les reins ceints dans la vérité, revêtus de la cuirasse de justice, les pieds chaussés pour marcher dans la voie de l'Evangile de paix , ayez toujours le bouclier de la foi, sur lequel vous puissiez éteindre tous les traits enflammés de l'esprit mauvais; prenez aussi le casque du salut, et l'épée spirituelle qui est la parole de Dieu.
lentia virtutis ojus. Induite vos armaturam Dei, ut possitis stare adversus insidias diaboli ■ quoniam non est nobis coUuctatio adversus carnem et sanguinem : sed adversus principes et potestates, adversus mundi rectores tenebrarum harum, contra spiritualia nequiti*. in cœ- lestibus. Propterea accipite armaturam Dei, ut possitis resistere in die malo, et in omnibus perfecti stare. State ergo succincti lumbos vestros in veritate, et induti loricam justitiœ, et calceati pedes in pra?paratione Evangelii pacis : in omnibus sument'S scutum fidei, in quo possitis omnia tela nequissimi ignea exstinguere : et galeam salutis assumite : et gladium spiritus, quod est verbu.-n Dei.
LES com.Tiencements de l'union divine sont, d'ordinaire, sous le charme d'une sérénité sans mélange. L'éternelle Sagesse gui, tout d'abord, a conduit l'homme par les épreuves laborieuses de la purification de l'esprit et des sens, le laisse, quand l'alliance est conclue, reposer sur son sein, et achève de se l'attacher par des délices enivrantes oui sont l'avant-goût des joies célestes. Il semble que.
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selon la prescription du Deutéronome i, nulle guerre, nul souci, ne doivent fpoubler les premiers temps de cette union fortunée. Mais une telle exemption des charges publiques ne se prolonge jamais , car la guerre est la condition de tout homme ici-bas 2,
Le Très Haut se complaît dans la lutte , il n'est point de nom qui lui soit plus souvent appliqué par les Prophètes que celui de Dieu des armées Son Fils, qui est l'Epoux, se présente à la terre comme le Seigneur puissant dans les combats s. L'épithalame sacré nous le montre ceignant Tépée *, et se faisant jour par ses flèches aiguës au travers des ennemiis '", pour arriver dans la valeur et la victoire jusqu'à son Epouse ^. Pareille à lui, cette Epouse dont il a convoité la beauté '', qu'il veut associer à toutes ses gloires ^, s'avance au-devant de lui dans l'éclat d'une parure de guerre ^, entourée de chœurs chantant les hauts faits de l'Epoux it», terrible elle-même comme une armée rangée en bataille n. L'armure des forts charge ses bras et sa poitrine , son cou rappelle la tour de David avec ses remparts et ses mille boucliers.
Dans les délices de son union avec l'Epoux, les plus vaillants guerriers l'entourent. Leur titre à cet honneur est la sûreté de leur glaive et leur science des combats , chacun d'eux a r«pée au côté, dans la crainte des
10. Ibid. vii, \. — II. Ibid. VI, 9.
A la Messe 545
surprises de la nuit '. Car d'ici que se lève le jour éternel, et que les ombres de la vie présente s'évanouissent - dans la lumière de l'Ai;neau pleinement vainqueur •', la puissance est aux chefs de ce monde de ténèbres, nous dit saint Paul ; et c'est contre eux qu'il nous faut revêtir l'armure de Dieu dont ii parle, si nous voulons être en mesure de résister, au jour mauvais.
Les jours mauvais, que signalait l'Apôtre Dimanche dernier déjà ^, sont nombreux dans la vie de chaque homme et dans l'histoire du monde Mais, pour chaque homme et pour le monde, il est un jour mauvais entre tous • celui de la fin et du jugement, dont l'Eglise chante que le malheur et la misère en feront un jour grand d'amertume ■' Les années ne sont données à l'homme, les siècles ne se suivent pour le monde, que dans le but de préparer le dernier jour Heureux les combattants du bon combat et les vainqueurs en ce jour terrible s, ceux qui, selon le mot du Docteur des nations, apparaîtront alors debout sur les ruines et parfaits en tout I Ils ne connaîtront point la seconde mort ' ; couronnés du diadème de la justice *, ils régneront avec Dieu ^ sur le t/ône de son Verbe '".
La guerre est facile avec l'Homme-Dieu pour chef. 11 ne nous demande, par son Apôtre, que de chercher notre force en lui seul et dans la puissance de sa vertu. C'est appuyée
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sur son Bien-Aimé que l'Eglise monte du désert ; soutenue ainsi, elle afflue de dehces dans les plus mauvais jours K L'ame fidèle se sent émue d'amour à la pensée que les arme. qu"elle porte sont celles mêines de l'Epoux, âe n'est^oint en vainque les Prophètes nous ravaient dépeint à l'avance ceignant le prlmier /e b^audrier de la foi \ prenam le cas^œ du salut \ le bouclier, la cuirasse de Sce ^ le glaive de l'esprit qui est la parole S DfeM^ • l'Evangile nous l'a montre descendu dans la lice^our fo'-^f If/^',^",^;^^; son exemple, au maniement de ces armes
^'trm% multiples en raison de leurs rnul^- tiples effets, et qui toutes cependant often sivesou défensives, se résument dans la toi. ? est facile de le voir en lisant notre Epitre etc'es ce que notre chef divin a voulu nous apprendre.^orsqu'à la triple attaque dirigée contre lui sur la montagne de la Quarantaine il se contenta de répondre en inyoqùanl par trois fois l'Ecriture 6 La victoire ^ïi tri^omphe du monde est ce le de notre fbi dit saint Jean T ; c'est dans le combat de a>o/ que Paul, à la fin de sa carrière, résume esMm^es de son existence « et de toute vie chrédenne « C'est la foi qu^ en f^F^ ^e conditions désavantageuses «ignares par l'Apôtre, assure le triomphe aux hommes de bonne volonté. Si l'on devait, dans la lutt^
A San V IQ-20. — 5. Apoc. II, !*>•— "• '"*'"• ;;,t-ll - 7 I JOHAN.V, 4 - 8- " Tim. IV, 7.- g.'l ïim. VI, 12.
A la Messe. 547
engagée, estimer les espérances de succès des parties adverses à la comparaison de leurs forces respectives, la présomption ne serait certes pas en notre faveur. Car ce n'est point à des êtres de chair et de sang comme, nous le sommes, qu'il nous faut tenir tête, mais à des ennemis insaisissables, remplissant l'air et pourtant invisibles, intelligents et forts, connaissant à merveille les tristes secrets de notre pauvre nature déchue, et tournant tous leurs avantages contre l'homme à le tromper, pour le perdre en haine de Dieu. Crées à l'origine pour refléter dans la pureté d'une nature toute spirituelle l'éclat divin de leur auteur, ils montrent, accompli en eux par l'orgueil, ce hideux prodige de pures intelligences dévouées au mal et à la naine de la lumière.
Comment donc nous, qui déjà ne sommes par notre nature qu'obscurité, lutterons-nous avec ces puissances spirituelles mettant leur intelligence au service de la nuit ? « En devenant lumière «, dit saint Jean Chrysostome 1. La face du Père, il est vrai, ne doit point luire directement sur nous avant le grand jour de la révélation des fils de Dieu ; mais d'ici là, pour suppléer à notre cécité, nous avons la parole révélée-. Le baptême a ouvert l'ouïe en nous, quoique non encore les yeux ; Dieu parle par l'Ecriture et son Eglise, et la foi nous donne une certitude aussi grande que si déjà nous voyions.
Par sa docilité d'enfant, le juste marche en
548 Vingt et unième Dim. après la Pentec.
paix dans la simplicité de l'Evangile. Mieux que le bouclier, mieux que le casque et la cuirasse, la foi le couvre contre les dangers; elle émousse les traits des passions, et rend impuissantes les ruses ennemies Point n'est besoin avec elle de subtils raisonnements ni de considérations prolongées: pour découvrir les sophismes de l'enfer ou prendre une décision dans un sens ou dans l'autre, ne suffit-il pas, en toute circonstance, de la parole de Dieu qui ne manque jamais ? Satan craint qui s'en contente. Il redoute plus un tel homme que toutes les académies ; il sait qu'en toute rencontre, il sera broyé sous ses pieds * avec une rapidité plias grande que celle de la foudre *. Ainsi, au jour du grand combat ^, fut-il précipité des cieux par un seul mot de Michel l'Archange, devenu, comme nous l'avons dit, notre modèle et notre défenseur en ces jours.
L'Eglise, dans le Graduel et le Verset, rappelle au Seigneur qu'il n'a jamais cessé d'être le refuge de son peuple ; sa bonté, comme sa puissance, est d'avant tous les âges, parce qu'il est Dieu dès l'éternité. Qu'il protège donc maintenant les siens réduits à préparer dans leur petit nombre, comme autrefois Israël, l'exode final de l'Eglise quittant pour la vraie terre promise ce monde redevenu infidèle.
I, Rom. XVI, 20. — 2 Luc. X, 18 — 3. Apoc. xii, 1.
A la Messe.
SEIGNEUR, VOUS avez ete notre refuge de génération en génération.
f. Avant que ne fussent les montagnes ou que n'eussent été formés la terre et l'univers, de toute éternité vous êtes Dieu.
Alléluia, alléluia.
f. Quand Israël sortit d'Egypte, et la maison de Jacoï) du milieu d'un peuple barbare. Alléluia.
DOMINE, refugium factus es nobis a generatione et progenie
f. Priusquam montes fièrent, aut formaretur terra et orbis : a sa-culo, et usque in sasculum tu es Deus
Alléluia, alléluia.
f. In exitu Israël de jEgypto, domus Jacob de populo barbaro. Alléluia.
La suite saint Evangile
selon saint Matthieu. Chap.
EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : Le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Et ayant commencé à le faire, on lui en présenta un qui lui devait dix mille talent*:. Or. comme il n'avait pas de quoi rendre, son maître ordonna de le vendre avec sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait, pour payer sa dette. Mais ce serviteur, se jetant à ses pieds, le priait disant . Ayez patience à mon endroit, et je vous rendrai tout. Le maître ayant donc pitié de ce serviteur, le renvoya et lui remit
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. xviii.
IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis parabolam hanc : Assimilatum est regnum cœ- lorum homini régi, qui voluii rationem ponere cum servis suis. Et cum ccepisset rationem ponere, oblatus est ei unus, qui debebat ei decem millia talenta. Cum autem non haberet unde redderet, jussit eum dominus ejus venumdari, et uxorem ejus, et filios. et omnia quas habebat, et reddi. Procidens autem servus ille, orabat eum, dicens . Patientiam habe in me, et omnia reddam
55 0 Vingt et unième Dim. après la Pentec.
tibi. Misertus autem dominus servi illius, ditnisit eum, et debitum dimisit ei. Egressus autem servus ille, invenit unum de conservis suis, qui debebat ei centum denarios : et tenens suflFocabat eum, dicens : Redde quod debes. Et procidens conservus ejus , rogabat eum, dicens : Patientiam habe in me, et omnia reddam tibi. lUe autem noluit ; sed abiit, et misit eum in carcerem, donec redderet debitum. Videntes autem conservi ejus quas fiebant, contristati sunt valde : et venerunt , et narraverunt domino suc omnia quae facta fuerant. Tune vocavit illum dominus suus, et ait illi : Serve nequam, omne debitum dimisi tibi quoniam rogasti me : nonne ergo oportuit et te- raisereri conservi tui, sicut et ego tui misertus sum ? Et rratus dominus ejus, tradidit eum tortoribus, quoadusque redderet universum debitum. Sic et Pater meus
sa dette. Mais ce serviteur, étant sorti, trouva un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, et le saisissant il l'étouffait, disant : Rends ce que tu dois. Et son compagnon, se jetant à ses pieds, le suppliait disant : Ayez patience à mon endroit, et |e vous rendrai tout. Mais l'autre ne voulut point l'entendre, et, s'en allant, il le fit mettre en prison jusqu'à ce qu'il payât sa dette. Les serviteurs ses compagnons, voyant ce qui se passait, en furent grandement centristes, et ils vinrent raconter à leur maître tout ce qui était arrivé. Alors son maître, le faisant venir, lui dit : Méchant serviteur, je vous ai remis toute votre dette, parce que vous m'en avez prié ; ne fallait-il donc pas que vous aussi eussiez pitié de votre compagnon, comme moi-même j'ai eu pitié de vous ? Et le maître en colère le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé toute sa dette. Ainsi fera pour vous mon Père céleste, si vous ne pardonnez chacun à votre frère, du fond
de vos coeurs.
ccelestis faciet vobis, si non remiseritis unusquisque fratri suo de cordibus vestris.
I. Se^ii. Dies ira.
A la Messe. 55 1
C'est le cri qui s'échappe du cœur de l'Eglise en ces jours, lorsqu'elle songe au sort de ses innombrables fils moissonnés chaque année par la mort ; c'est la supplication qui doit s'élever de toute âme vivante, à la lecture de l'Evangile que nous venons d'entendre. La Prose desmorts, d'ouest tirée cette exclamation poignante, n'est point seulement une prière sublime pour les trépassés; elke est également, dans cette partie du Cycle, l'expression de l'attente de nous tous qui vivons encore, qui semblons abandonnés, oubliés sur le soir des siècles, et pourtant ne préviendrons point au pied du redoutable tribunal ceux qui dorment déjà du grand sommeil ^
« Combien grande sera la terreur, dit la
0 sainte Mère Eglise, quand le juge viendra
« pour tout scruter rigoureusement"! La trom« pette éclatante, retentissant par les sépulcres « de l'univers, rassemblera tous les humains « devant le trône. La mort et la nature seront « dans la stupeur, lorsque ressuscitera la « créature pour répondre à son juge. On pro« duira le livre écrit renfermant tout l'oDJet « du jugement du monde. Quand donc s'as« siéra le juge, tout ce qui se cache apparaî« tra, rien ne demeurera sans vengeance. « Que dirai-je alors, malheureux ? quel dé« fenseur implorerai-je, quand à peine rassuré <i sera le juste ? Roi de majesté redoutable, a qui sauvez gratuitement ceux qui doivent n l'être, sauvez-moi, source de miséricorde. « Souvenez-vous, 6 doux Jésus, que je suis
552 Vingt et unième Dim. après la Pentec.
« la cause de votre venue : ne me perdez « pas en ce jour M »
Sans nul doute, une telle prière a toute chance d'être exaucée, lorsqu'elle s'adresse ainsi à celui qui n'a rien plus à cœur que notre salut, et qui, pour l'obtenir, s'est dévoué aux fatigues, aux tourments, à la mort de la croix. Mais nous serions inexcusables et mériterions doublement la condamnation, en ne profitant pas des avis qu'il nous donne luimême, pour parer d'avance aux angoisses de « ce jour de larmes où l'homme coupable se « lèvera de sa cendre pour être jugé - •. Méditons donc la parabole de notre Evangile, qui n'a d'autre but que de nous enseigner un moyen sûr d'apurer dès maintenant nos comptes avec le Roi éternel.
Nous sommes tous, à le bien prendre, ce serviteur négligent, débiteur insolvable, que son maître est en droit de vendre avec tout ce qu'il possède et de livrer aux bourreaux. La dette contractée par nos fautes envers la Majesté souveraine est de telle nature qu'elle requiert, en toute justice, des tourments sans fin, et suppose un enfer éternel où, payant sans cesse, l'homme pourtant ne s'acquitte jamais. Louange donc et reconnaissance infinie au divin créancier ! touché par les prières du malheureux qui le supplie de lui donner le temps de s'acquitter, il va plus loin que sa demande et lui remet dès l'instant toute sa dette. Mais c'est à la condition pour le serviteur, la suite le fait bien voir et la clause est trop juste, d'en user avec ses compagnons
I . Segu. Dies irae. — 2. IbiJ.
A U Messe. 5^?
comme son maître l'a fait avec lui. Exaucé si grandement par son Seigneur et Roi, déliVrc gratuitement d'une dette infinie, .pourrait-il rejeter, venant d'un égal, cette même prière qui l'a sauvé, et se montrer impitoyable au sujet des obligations contractées envers lui ?
« Tout homme sans doute, dit saint Augustin, a son frère pour débiteur; car quel est riiommequi n'ait jamais été offensé par personne rMaisquel est l'homme aussi qui ne soit le débiteur cle Dieu, puisque tous ont péché? L'homme est donc à la fois débiteur de Dieu, créancier de son frère. C'est pourquoi le Dieu juste t'a posé cette règle d'en agir avec ton débiteur comme il le fait avec le sien... i. Tous les jours nous prions, tous les jours nous faisons monter la même supplication aux oreilles divines, tous les jours nous nous prosternons pour dire : Remette:{-uous nos dettes, comme nous les remettons nous-mêmes à nos débiteurs-. De quelles dettes parles-tu ? de toutes tes dettes, ou seulement d'une partie ? Tu vas dire : De toutes. Remets donc tout toi-même à ton débiteur, puisque c'est la règle posée, la condition acceptée ^. »
« Il est plus grand, dit saint Jean Chrysostome, de remettre au prochain ses torts envers nous qu'une dette d'argent; car, en lui remettant ses péchés, nous tmitons Dieu *. » Et qu'est donc, après tout, le tort de l'homme envers l'homme, comparé à l'offense de
554 Vingt et unième Dim. après la Pentec.
l'homme envers Dieu? Cependant, hélas! celle-ci nous est familière : le juste la connaît sept fois le jour i ; plus ou moins donc, elle remplit nos journées. Qu'au moins l'assurance d'iitre pardonnes chaque soir à la ' seule condition du désaveu de nos misères, nous rende accessibles à la miséricorde pour autrui. C'est une sainte habitude que celle de ne regagner sa couche qu'à la condition de pouvoir s'endormir sur le sein de Dieu, comme l'enfant d'un jour; mais si nous éprouvons l'heureux besoin de ne trouver à la fin de nos journées, dans le cœur du Père qui est aux cieux 2, qu'oubli de nos fautes et tendresse infinie, comment prétendre garder en même temps dans notre cœur à nous de fâcheux souvenirs ou des rancunes, petites ou grandes, contre nos frères qui sont aussi ses îîls ? Lors même que nous aurions été de leur part l'objet d'injustes violences ou d'atroces mjures, leurs fautes contre nous égalerontelles jamais nos attentats contre ce fiieu très bon dont nous sommes nés les ennemis, dont nous avons causé la mort ? Il n'est donc point de circonstance où ne s'applique la règle de l'Apôtre : Soye:ç miséricordieux, pardonne:{-vous mutuellement comme Dieu vous a pardonné dans le Christ ; soye^ les imitateurs de Dieu comme sesjîls très chers ^. Tu appelles Dieu ton Père, et tu gardes mémoire d'une injure 1 « Ce n'est pas là le fait « d'un fils de Dieu », dit encore admirablement saint Jean Chrysostome ; « l'œuvre
I. Prov. XXIV, 16. — 2. Matth. vi, 9. — 3. Eph. iv.
A la Messe. 555
« d'un fils de Dieu, c'est de pardonner à ses « ennemis, de prier pour ceux qui le cruci« fient, de répandre son sang pour ceux qui le « haïssent. \oiIà qui est digne d'un fils de « Dieu ; les ennemis, les ingrats, les voleurs, a les impudents, les traîtres, en faire ses « frères et ses cohéritiers i ! »
Nous donnons ici dans son entier le célèbre Offertoire de Job, avec ses Versets. Ce que nous avons dit, au commencement de ce Dimanche, aidera à le faire comprendre. L'Antienne, seuleconservée aujourd'hui, nous représente, dit Amalaire, les paroles de l'historien qui raconte simplement les faits, et elle se poursuit à cause de celadirectement ; tandis que Job lui-même, le corps épuisé, l'âme lemplie d'amertume, est mis en scène dans les Versets : leurs répétitions, leurs suspensions, leurs reprises, leurs phrases inachevées, expriment au vif son souffle haletant et sa douleur -.
VIR erat in terra Hus nomine Job, simplex et reclus ac timens Deum : quem Satan petiit, ut tentaret ; et data est ei potestas a Domino in facultates. et in carnem ejus, perdiditque omnem substantiam ipsius, et filios : carnem quoque ejus gravi ulcère vulneravit.
IL y avait un homme dans la terre de Hus, simple et droit, et craignant Dieu, que Satan demanda de tenter ; et puissance lui fut donnée sur ses biens et sur sa chair; et il fit périr tout ce qui lui appartenait et ses enfants, et il frappa sa chair d'une plaie funeste.
556 Vingt et unième Dim après la Pentec f. I. Utinam appeitderentuy peccjta mea ; utinam jppenderentur pecCJta mea. quibits iram merui, quibus iram menti; et calamitas, et calantitas qujm patior: hxc gravior appareret.
Vir erat.
f. II. Qiix est enim, tjuse est enim, qu3e est enim fortitudo mea ut sustineam? aut quis finis meus ut patienter agam ?
Vir erat.
f III. Numquid fortitudo iapidutn est fortitudo mea f aut caro mea œnea est ? aut caro mea xnea est ?
Vir erat.
f IV. Quoniam, qtioniam, quoniam non revertetur oculus meus ut videat bona , ut videat bona, ut videat bona, ut videat bona , ut videat, bona, ut videat bona. ut videat bona , ut videat bona, ut videat bona.
Vir erat.
^. I. Plût à Dieu que l'on pesât mes péchés, plût à Dieu que l'on pesât mes péchés par lesquels j'ai mérité la colère, par lesquels j'ai mérité la colère, et les maux, et les maux que je souffre: ceux-ci apparaîtraient plus grands f
Il y avait un homme.
f. II. Car quelle est, car quelle est, car quelle est ma force pour les porter ? ou quand sera ma fin, pour agir en patience ?
Il / avait un homme.
f. III. Est-ce que ma force est celle des rochers f ou ma chair est-elle d'airain f ou ma chair est-elle d'airain ?
i
Il y avait un homme,
f. IV. Parce ,que, parce que, parce que mon œil ne se retrouvera plus à voir le bonheur, à voir le bonheur, à voir le bonheur, à voir le bonheur, à voir le bonheur, a voir le bonheur, à voir le bonheur, à voir le bonheur, à voir le bonheur.
Il y avait un homme.
Le salut du monde, comme celui de l'homme, est toujours en puissance dans l'auguste Sacrifice, dont la vertu guérit la terre en apaisant le ciel. Offrons-le, sans nous décourager jamais, comme un recours souverain à la divine miséricorde.
A la Messe.
SusciPE, Domine, propitius hostias, quibus et le placari voluisti, et nobis salutem potenti pielate restitui. Per Dominum.
SEIGNEUR, recevez misericordicusetnent les dons par lesquels vous avez voulu et que votre justice fût apaisée, et que le salut nous fût rendu par une bonté toutepuissante. Par Jésus-Christ.
Les autres Secrètes comme ci-dessus, page 118.
Une espérance indéfectible va de pair, au fond de l'àme de la sainte Eglise, avec son admirable patience. Les persécutions ont beau redoubler contre elle, sa prière ne défaille pas ; car, ainsi que l'exprime la Communion, elle garde fidèle mémoire en son cœur de la parole de salut au- 'ui fut donnée.
MON âme est fixée dans l'attente de votre salut, et j'espère en votre parole : quand ferez-vous justice de ceux qui me persécutent ? Les méchants me poursuivent : aidez -moi, Seigneur mon Dieu !
IN salutari tuo anima mea, et in verbunj tuum speravi : quando faciès de persequentibus me judiciura ? iniqui persecuti sunt me : adjuva me, Domine Deus meus.
En possession de l'aliment d'immortalité, obtenons d'en vivre dans la sincérité d'une âme purifiée.
AYANT obtenu l'aliment d'immortalité, nous vous
.MMORTALITATIS alimoniam consecuti, quae558 Le Temps après la Pentecôte.
sumus Domine : ut quod supplions, Seigneur, de faire ore percepimus , para que nous vivions dans la mente sectemur. Per Do- pureté de l'âme, conforméminum. ment au mets divin reçu dans
notre bouche. Par JésusChrist.
Les autres Postcommunions ci-dessus, page 119.
LES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pages
ANTIENNE DE Magnificat .
SERVE nequam, omne \J^ échant serviteur, je vous debitum dimisi tibi.
quoniara rogasti me : nonne ergo oportuit et te misereri conservi tui, sicut et ego tui misertus sum ? Alléluia.
dette, parce que vous m'en avez prié ; ne fallait-il donc pas que vous aussi eussiez pitié de votre compagnon, comme moi-même j'ai eu pitié de vous ? Alléluia.
L'Oraison ci-dessus, page 04.2.
Nous demanderons à la Liturgie de l'Eglise Mère ces Répons de l'Office du Temps, aui nous reportent historiquement à l'époque es Machabées, et nous annoncent prophétiquement la période de luttes qui précédera les derniers jours.
I inimici nostri os ennemis se sont rassemblés, et ils
Vingt et unième Dim. après la Pentec. 36g
se glorifient dans leur puissance ; brisez leur force, 6 Seiçneur, et dispersez-les : * Atin qu'on sache qu'il n'y a personne à combattre pour nous, si ce n'est vous, notre Dieu.
i^. Dispersez-les dans votre puissance, et détruisez-les, o Dieu notre protecteur. Afin qu'on sache.
B^. Ne craignez point le choc des ennemis ; rappelezvous comment furent sauvés nos pères : ' Et maintenant crions vers le ciel, et notre Dieu aura pitié de nous.
f. Souvenez-vous des merveilles qu'il accomplit contre Pharaon et son armée dans la mer Rouge. ' Et maintenant.
ff. Les nations se sont rassemblées en foule pour combattre contre nous, et nous ignorons ce qu'il faudrait faire : * Seigneur Dieu, nous levons vers vous nos yeux : ne nous laissez pas périr.
t- Vous savez leurs projets contre nous ; comment pourrons-nous subsister devant eux, si vous ne nous aidez ? * Srigneur Dieu.
i^. Judas dit à son frère
et gloriantur in virtute sua : contere fortitudinem illorum, Domine, et disperge illos : * Ut cognoscant quia non est alius qui pugnet pro nobis, nisi tu Deus noster. f. Disperge illos in virtute tua, et destrue . eos, protector noster Domine. * Ut cognoscant.
fi. Impetum inimicorum ne timueritis; memores estote, quomodo salvi facti sunt patres nostri : * Et nunc clamemus in cœlum, et m - serebitur nostri Deus noster.
f. Mementote mirabilium ejus quae fecit Pharaon! et exercitui ejus in mari Rubro. ' Et nunc.
^. Congregatae sunt gentes in multitudine ut dimicent contra nos, et ignoraraus quid agere debeamus : ' Domine Deus, ad te sunt oculi nostri, ne pereamus.
f. Tu scis quaî cogitant in nos : quomodo poterimus subsistere ante faciem illorum, nisi tu adjuves nos? * Domine Deus.
fi. Dixit Judas Simoni
56o Le Temps après la Pentecôte.
Simon ; Prends avec toi des hommes, et va délivrer tes frères en Galilée ; pour moi et ton frère Jonathas, nous irons en Galaad : * Qu'il arrive ce que voudra le ciel.
i^. Ceignez vos reins, fils des forts, et soyez prêts ; car il est mieux pour nous de mourir en combattant, que de voir les épreuves de notre peuple et la destruction des choses saintes. * Qu'il arrive.
fratri suo : Elige tibi viros et vade, libéra fratres tuos in Galilseam ; ego autem et Jonathas frater tuus, ibimus in Galaaditim : * Sicut fuerit voluntas in coelo, sic fiât.
y. Accingimini, filii potentes, et estote parati; quoniam melius est nobis mori inbello quam videre mala gentis nostrœ et sanclorùm. * Sicut fuerit.
Complétons aujourd'hui l'Hymne touchante sur le jugement, dont le XVIIIe Dimanche nous a donné le commencement et la fin.
SUR un trône élevé s'assiéra le Roi de gloire ; les phalanges angéliques l'entoureront tremblantes.
GLORiosus in sublimi Rex sedebit solio, Angelorum tremebunda Circumstabunt agmina,
Hujus omnes ad electi Colligentur dexteram, Pravi pavent a sinistris Haedi velut fœtidi :
Ite, dicit Rex ad dextros, Regnum cœli sumite, Pater vobis quod paravit Ante omne sasculum ;
Caritate qui fraterna Me juvistis pauperem, Caritatis nunc mercedem Reportate divites.
Tous les élus seront rassemblés à sa droite ; à gauche craindront les mauvais, pareils aux boucs fétides.
A ceux de la droite le Roi dira : « Allez, prenez possession du céleste royaume que le Père prépara pour vous avant tous les siècles ;
Vous qui dans votre charité fraternelle m'avez secouru en ma pauvreté, recevez maintenant le trésor récompense de la charité. »
Vingt et unième. Dim. après la Pentec. 56 1
Joyeux ils diront ; " Quand donc, ô Christ, nous \îmesvous dans la pauvreté ? quand donc, grand Roi, notre compassion soulagea-t-elle votre misère ? u
Le grand J'Jge leur dira : « Quand vous avez aidé les pauvres, donnant le pain, l'abri, le vêtement, c'est moi que secourut votre humilité. »
A ceux de la gauche aussi bientôt le juste arbitre s'adressera : <i Maudits, retirezvous au feu de l'enfer;
Mendiant je vous ai supplié, vous avez méprisé ma prière; quand j'étais nu, vous ne m'avez pas donné de vêtement ; vous m'avez négligé quand j'étais malade. »
Les pécheurs diront « Quand donc, ô Christ, ô Roi très grand, avons-nous pu vous repousser avec méjjris pauvre ou malade ? »
Le très haut Juge leur répondra : « Chaque fois que vous avez négligé de secourir un mendiant, votre malice m'a méprisé. »
Laîti dicent : Quando,
Christe, Pauperem te vidimus, Te, Rex magne, vel egentem Miserati juvimus ?
Magnus illis dicet Judex : Cum juvistis pauperes, PaTiem, domum, vestem
dantes, Me juvistis hùmiles.
Nec tardabit et sinistris Loqui justus arbiter : In gehenna;, maledicti, Flammas hinc discedite;
Obsecrantem me audire Despexistis mendicum, Nudo vestem non dedistis, Neglexistis languidum.
Peccatores dicent :
Christe, Quando te vel pauperem. Te Rex magne, vel infirmum Contemnentes sprevimus ?
Quibus contra Judez altus : Mendicanti quamdiu Opem ferre despexistis, Me sprevistis improbi.
Terminons enfin par la Préface qui semble
502 Le Temps après la Pentecôte.
avoir accompagné autrefois l'Evangile du jour.
ERE dignum tibi graY lias agere, aeterne Deus. Qui propterea jure punis errantes, et démériter refoves castigatos, ut nos a malis operibus abstrahas, et ad bona facienda convertas ; quia non vis invenire quod damnes, sed esse potius quod corones. Qui, quum pro nostris meritis )ugiter mereamur affligi, tu tamen judicium ad correctionem temporis non perpetuum exerces ad pœnam. Juste enim corrigis, et clementer ignoscis. In utroque verax, in utroque misericors. Qui nos ea lege disponis, ut coercendo in aeternum perire non sinas, et parcendo spatium tribuas corrigendi. Qui ideo malis praîsentibus nos flagellas, ut ad bona fulura perducas ; ideo bonis temporalibus consolaris, ut de sempiternis facias certiores ; quo te et in prosperis et in adversis pia seraper confessione îaudemus.
'est une chose vraiment Ç^ juste de vous rendre grâce?". Dieu éternel. Vous châtiez comme ils le méritent ceux qui s'écartent de vous, et après le châtiment vous les réconfortez dans votre clémence, afin de nous arracher aux œuvres mauvaises et de nous tourner vers les bonnes ; car vous voudriez ne rien trouver à condamner, mais plutôt à couronner. Si nous méritons d'être affligés sans fin, vous n'exercez ainsi votre justice à cette heure que pour la correction dans le temps, non pour la peine éternelle. Car vous corrigez avec justice, et vous pardonnez avec clémence : fidèle au vrai dans les deux cas, et dans les deux miséricordieux. Dans votre conduite à notre égard, vous avez pour but en nous réprimant de nous sauver de la perte sans fin, et en nous épargnant de nous donner le temps de la pénitence. Vous nous éprouvez par les maux du présent pour nous conduire aux biens de l'avenir ; vous
nous confortez par les biens du temps, pour nous assurer mieux les éternels : en sorte que, et dans la prospérité, et dans les événements contraires, nous ayons toujours à vous louer dans l'amujr.
'\pRÈs Hônorius d'Autun, la Messe du jour se rapporte au temps de l'Antéchrist LL'Eglise jette ses yeux dans l'avenir sur le règne de cet homme de péché 2, et comme déjà sous le coup de la persécution redoutable des derniers jours, elle emprunte l'Introït au psaume cxxix.
Si, concurremment avec le sens prophétique que revêtent aujourd'hui les paroles de ce psaume, nous en voulons une application présente et toujours pratique, étant donnée notre misère, rappelons-nous l'Evangile de la semaine précédente, qui était autrefois celui du présent Dimanche. Chacun de nous se reconnaîtra dans la personne du débiteur insolvable qui n'a d'espoir qu'en la bonté de son maître ; et nous nous écrierons, dans la
504 Le Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte.
confusion de notre âme humiliée : Si vous considère:^ les iniquités, Seigneur, qui subsistera devant vous ' r
SI iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ? quia apud te propitiatio est, Deus Israël.
Ps. De profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam. Gloria Patri. Si iniquitates.
SI vous considérez les iniquités , Seigneur, Seigneur, qui subsistera devant vous ? Mais la miséricorde est en vous, Dieu d'Israël.
Ps. Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur; Seigneur, écoutez ma voix. Gloire au Père. Si vous considérez.
Nous venons de ranimer notre confiance, en chantant que la miséricorde est en Dieu. C'est lui-même qui donne leur pieux accent aux prières de son Eglise, parce qu'il veut l'exaucer. Mais nous ne serons écoutés avec elle qu'à la condition de prier comme elle selon la foi, c'est-à-dire conformément aux enseignements de l'Evangile. Prier selon la foi, c'est donc aujourd'hui remettre à nos compagnons leurs dettes envers nous, si nous demandons à être absous nous-mêmes par le Maître commun 2.
EUS, refugium no
LJ trum, et virtus : adesto piis Ecclesiae tua; precibus, auctor ipse pietatis, e< praesta : ut quod fideliter petimus,
ODiEU, notre refuge et notre force, soyez propice aux pieuses prières de votre Eglise, vous l'auteur même de la piété, et faites que nous obtenions sûrement
2. Bern. Aug. De
A la Messe.
ce que nous demandons selon I efficaciter consequaraur. la foi. Par Jésus-Christ. | Per Dominum.
Les autres Collectes ci-dessus, page loô.
Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Philippiens. Chap. I.
Wes Frères, nous avons *'* cette conliance dans le Seigneur Jésus que celui qui a commencé le bien en vous le perfectionnera jusqu'au jour du Christ Jésus. Il est juste en effet, que j'aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous ai dans mon cœur comme ayant t'^us part à ma joie, et dans ma captivité, et dans la défense et l'affermissement de l'Evangile. Car Dieu m'est témoin combien je vous aime tous dans les entrailles de Jésus-Christ. Et ma_ prière est que votre charité croisse de plus en plus dans la science et en toute intelligence, afin que vous discerniez ce qui est le meilleur, que vous soyez purs et marchiez sans tomber jusqu'au jour du Christ, étant remplis de fruits de justice par Jésus-Christ pour la gloire et la louange de Dieu.
Lectio EpistolïB beati Pauli Apostoli ad Philippenses. Cap. i.
UfiATRES, Confidimus in Domino Jesu, quia qui cœpit in vobis opus bonum, perficiet usque in diem Christi Jesu. Sicut est mihi justum hoc sentire pro omnibus vobis, eo quod habeam vos in corde , et in vinculis meis, et in defensione, et confirmatione Evangelii. socios gaudii mei omnes vos esse. Testis enim rr.ihi est Deus, quomodo cupiam omnes vos in visceribus Jtsu Christi. Et hoc oro, ut charitas vestra magis ac magis abundet in scientia, et in omni sensu : ut P|robetis potiora, ut sitis sincen, et sine offensa in diem Christi, repleti fructu justitiae per jesum Christum, in gloriam et laudem Dei.
OviNT Paul, au nom de l'Eglise, attire de
»^ nouveau notre attention sur l'approche de
la fin. Mais ce dernier des jours, qu'il nom5^6 Le Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte.
mait Dimanche le jour mauvais, est appelé aujourd'hui par deux fois, dans le court passage de l'Epître aux Philippiens qu'on vient d'entendre, le jour du Christ Jésus. La lettre aux Philippiens est toute à la confiance, l'allégresse y déborde ; et cependant elle nous montre la persécution sévissant sur l'Eglise, et l'ennemi mettant à profit la tempête pour exciter les passions mauvaises au sein même du troupeau du Christ. L'Apôtre est enchaîné; la jalousie et la trahison des faux frères ajoutent à ses maux *. Mais la joie domine sur la souffrance en son cœur, parce qu'il est arrivé à cette plénitude de l'amour où la douleur alimente mieux que toutes délices la divine charité. Pour lui, Jésus-Christ est sa vie, et la mort est un gain 2; entre la mort qui répondrait au plus intime désir de son cœur en le rendant au Christ ^, et la vie qui multipliesesmérites etle fruit deses œuvres*, il ne sait que choisir. Que peuvent, en effet, sur lui les considérations personnelles ? Sa joie présente, sa joie future, est que le Christ soit connu et glorifié, peu lui importe en quelle manière s. Son attente ne sera point confondue, puisq^ue la vie et la mort n'aboutiront qu'à glorifier le Christ en sa chair 6.
De là, dans l'âme de Paul, cette indifférence sublime qui est !e sommet de la vie chrétienne, et n'a rien de commun, on le voit, avec l'engourdissement fatal où les faux mystiques prétendirent, au xvii" siècle, enfermer l'amour. Quelle tendresse prodigue à ses
4. Ibid. 22. — 5. Ibid. 18. — 6. Ibid. 20.
A la Messe. 56-j
frères le converti de Damas, à cette hauteur où il est parvenu dans le chemin de la perfection ! Dieu m'est témoin, dit-il, combien je vous aime et désire tous dans les entrailles de Jésus-Christ ! L'aspiration qui le remplit et l'absorbe ', est que le Dieu qui a commencé en eux l'œuvre bonne par excellence, cette œuvre de la perfection du chrétien arrivée à sa consommation dans l'Apôtre, la poursuive et l'achève en tous pour le jour où le Christ apparaîtra daps sa gloire -. Il prie
Eour que la charité, cette rooe nuptiale des énis du Père qu'il a fiancés à l'unique Epoux ■', les entoure d'un éclat non pareil au grand jour des noces éternelles *.
Or le moyen que la charité se développe en eux sûrement, c'est qu'elle y grandisse dans l'intelligence et la science du. salut, c'està-dire dans la foi. C'est la foi, en effet, qui forme la base de toute justice surnaturelle. Une foi diminuée ne peut, dès lors, porter qu'une charité restreinte. Combien donc ils se trompent, ces hommes pour qui le souci de la vérité révélée ne va pas de pair avec celui de l'amour ! Leur christianisme se résume à ne croire que le moins possible, à prêcher l'inopportunité de nouvelles définitions, à rétrécir savamment et sans fin l'horizon surnaturel par égard pour l'erreur. La charité, disent-ils, est la reine des vertus ; elle leur inspire de ménager même le mensonge ; reconnaître à l'erreur les mêmes droits qu'à la vérité, est pour eux le dernier mot
568 Le Vingt-Deux. Dim . après la Pentecôte, de la civilisation chrétienne établie sur l'amour. Et ils perdent de vue que le premier objet de la charité étant Dieu, qui est la vérité substantielle, n'a pas de pire ennemi que le mensonge ; et ils oublient qu'on ne fait point acte d'amour, en plaçant sur le même pied l'objet aimé et son ennemi mortel. '
Ce n'est point ainsi que l'entendaient les Apôtres : pour faire germer la charité dans le monde, ils y semaient la vérité. Tout rayon nouveau dans l'âme de leurs disciples profitait à l'amour ; et ces disciples, devenus lumière eux-mêmes au saint baptême ', n'avaient rien tant à cœur que de ne pactiser point avec les ténèbres. Renier la vérité était, dans ces temps, le plus grand des crimes; s'exposer par mégarue à diminuer quoi que ce fût d^ ses droits, était la souveraine imprudence ■-. Le christianisme avait trouvé l'erreur maîtresse du monde ; devant la nuit qui retenait la race humaine immobilisée dans la mort ^, il ne connut point d'autre procédé de salut que de faire briller la lumière; il n'eut point d'autre politique que de proclamer la puissance de la seule vérité pour sauver l'homme, et d'affirmer ses droits exclusifs à régner sur le monde. Ce fut le triomphe de l'Evangile, après trois siècles de lutte acharnée et violente du côté des ténèbres, qui se prétendaient souveraines et voulaient rester telles, de lutte sereine et radieuse du côté des chrétiens, dont le sang versé ne faisait qu'augmenter l'allégresse en affermisI. Eph. V, 8. — 2. IbiJ. i5, 17. — 3. Matth. iv, i6.
A la Alesse. .56g
santsur la terre le règne simultané de l'amour et de la vérité.
Aujourd'hui que par la connivence des baptisés l'erreur reprend ses prétendus droits, la charité d'un grand nombre a diminué du même coup ' ; la nuit s'étend de nouveau sur un monde agonisant et glacé. La ligne de conduite des fils de lumière - reste la même qu'aux premiers jours. Sans terreur et sans trouble, fiers de souffrir pour Jésus-Christ, comme leurs devanciers et comme les Apôtres 3, ils gardent chèrement la parole de vie * ; car ils savent que, tant qu'il restera pour le monde une lueur d'espérance, elle sera dans la vérité s. Ne se préoccupant que de marcher d'une manière digne de l'Evangile 8, ils poursuivent, dans la simplicité des enfants de Dieu, leur carrière au milieu d'une génération mauvaise et perverse , comme font les astres au firmament dans la nuit ^. « Les astres brillent dans la nuit, dit saint Jean Chrysoslome, ils éclatent dans les ténèbres ; bien loin de perdre à l'obscurité qui les entoure, ils en apparaissent plus brillants : ainsi en sera-t-il de toi-même, si tu demeures juste au milieu des pervers ; ta lumière en ressortira davantage 8.» — «Comme les étoiles, dit de même saint Augustin, poursuivent leur course dans les sentiers tracés par Dieu, sans se lasser de projeter leur lumière au sein des ténèbres, sans se trouI. Matth. XXIV, 12. — 2. Eph. V, 8. — 3. Philip. I, 28-3o — 4. Ibid. II, 16. — 5. JoHAN. vin, 32. —
6. Philip. I, 27. — ". Ibid. II, i5. — 8. Chrys. in Phil.
Hom. viii, 4.
5^0 Le Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte.
bler des maux qui arrivent sur la terre : ainsi doivent faire les saints, dont la conversation est vraiment au ciel i, ne se préoccupant pas plus que les astres eux-mêmes de ce qui se dit ou se fait contre eux 2 »
Le Graduel chante la douce et puissante unité maintenue jusqu'à la fin dans l'Eglise par la charité, à l'accroissement de laquelle nous exhorte l'Epître, et que l'ancien Évangile de ce Dimanche recommandait comme l'unique moyen de salut pour le jour du jugement ^
ECCE quam bonum, et quam jucundum habitare fratres in unum !
f. Sicut unguentum in capite quod descendit in barbam, barbam Aaron.
Alléluia, alléluia.
f. Qui timent Dominum, sperent in eo; adjutor et protector eorum est. Alléluia.
Qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères d'être unis ensemble !
f. C'est comme le parfum qui de la tête descend sur toute la barbe d'Aaron.
Alléluia, alléluia.
f. Que ceux qui craignent le Seigneur espèrent en lui ; il est leur aide et leur protecteur. AUeluia.
Sequentia sancti Evangelii secundum Mattha»um. Cap. xxil
IN illo tempore • Abeuntes Pharisasi, consilium inierunt, ut capeLa suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. xxil
EN ce temps-là, les pharisiens s'en allèrent et tinrent conseil pour surprendre
I. Philip, m, 20. — 2. AuG. Enarr. in ps. xciii, 5-6.
A la Messe.
Jésus dans ses discours. Et ils lui envoyèrent leurs disciples avec des Hérodiens, disant : Maître, nous savons que vous êtes véridique et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans avoir souci de qui que ce soit, car vous ne regardez point la qualité des personnes ; dites-nous donc que vous en semble : est-il permis ou non de payer le tribut à César ? Jésus leur dit, connaissant leur malice . Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la monnaie du cens. Ils lui présentèrent un denier ; et Jésus leur dit : De qui est cette image e' cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors il leur dit ; Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Îuia verax es, et >ei in veritate dorent Jesum in sermone. Et mittunt ei discipulos suos cum Herodianis, dicentes : Magister, scimus viam
ces, et non est tibi cura de aliquo : non enim respicis personam hominum : die ergo nobis, quid tibi videtur : licet censum dare Cssari, an non ? Cognita autera Jésus nequitia eorum, ait : Quid me tentatis, hypocritae ? ostendite mini numisma census. At illi obtulerunt ei denarium. Et ait illis Jésus : Cujns est imago haec, et superscriptio ? Dicunt ei : Caesaris. Tune ait illis : Reddite ergo quae sunt Céesaris, Caesari : et quae sunt Dei, Dec.
IL faut bien que la diminution des vérués * doive être le danger tout spécial des derniers temps, puisque l'Eglise, en ces semaines qui ont pour objet de représenter les derniers jours du monde, nous ramène sans cesse à la prudence de l'entendement comme à la grande vertu qui doit alors garder ses fils. Dimanche, elle leur remettait comme arme défensive le bouclier de la foi, comme arme offensive la parole de Dieu - ; huit jours plus tôt, c'était la circonspection de l'intelli5-] 2 Le Vingt-Deux. Dim. après la Fentecôte.
gencc qui leur était recommandée i, pour conserver, dans les jours mauvais, leur sainteté l'ondée sur la vérité 2, leur richesse consistant dans la science 3. Aujourd'hui, dans riCpître, c'était encore l'intelligence et la science qui leur étaient proposées, comme pouvant seules accroître leur amour et parfaire l'œuvre de leur sanctification pour le jour du Christ. L'Evangile vient conclure opportunément ces leçons de l'Apôtre par le récit d un fait tiré de l'histoire du Sauveur, et leur donner l'autorité qu'apporte avec soi tout exemple emprunté à la vie du divin modèle de l'Eglise. Jésus-Christ, en effet, s'y montre à nous comme l'exemple des siens dans les embûches tendues à leur bonne foi par les complots des méchants.
C'était le dernier jour des enseignements publics de l'Homme-Dieu, presque a la veille de sa sortie de ce monde ^ Ses ennemis, tant de fois déjoués dans leurs ruses, essayèrent un suprême effort. Les Pharisiens, qui ne reconnaissaient point la domination de César et son droit au tribut, s'unirent à leurs adversaires, les partisans d'Hérode et de Rome, pour poser à Jésus la question insidieuse : Est-ilpermis ou non depayer letributà César? Si la réponse du Sauveur était négative, il encourait la colère du prince ; s'il se prononçait pour l'affirmative, il perdait tout crédit dans l'esprit du peuple. Avec sa divine prudence, Jésus déconcerta leurs menées. Les deux partis, si étrangement alliés par la
3. Ep. du XVIII» Dim. — 4. Mardi saint.
A la Messe. 5j3
passion, se refusèrent à comprendre l'oracle qui pouvait les unir dans la vérité, et retournèrent bientôt sans doute à leurs querelles. Mais la coalition formée contre le juste était rompue; l'effort de l'erreur, comme toujours, avait tourné contre elle ; et la parole qu'elle avait suscitée, passant des lèvres de l'Epoux à celles de l'Epouse, ne devait plus cesser de retentir en ce monde, où elle forme la base du droit social au sein des nations.
Rende ^ à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, redisaient les Apôtres ; et s'ils proclamaient bien haut qu'il faut obéir à Dieu plutôtqu'aux hommes ', ils ajoutaient : « Que toute âme soit soumise aux puissances « supérieures ; car il n'y a point de puis« sance qui ne procède de Dieu, et celles qui « existent, c'est Dieu qui les a établies. Celui « donc qui résiste à la puissance, résiste à « l'ordre établi de Dieu, et s'attire la dam€ nation. Demeurez donc soumis, parce qu'il « est nécessaire, soumis non seulement par le « sentiment de la crainte, mais aussi par le « devoir de la conscience. C'est pour la « même raison que vous payez des tributs « aux princes, parce qu'ils sont les ministres «I de Dieu -'. »
La volonté de Dieu 3, telle est donc la source comme la vraie grandeur de toute autorité parmi les homnïes. L'homme, par lui-même, n'a aucun droit de commander à son semblable. Le nombre ne change rien à cette impuissance des hommes sur ma cons5 7^ Le Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte^
cience, puisque, nombreux ou non, je -suis l'égal de chacun d'eux par nature, et qu'additionner les droits sur moi de chacun, c'est additionner le néant. Mais Dieu, voulant que les hommes vécussent en société,, a voulupar là même qu'il y eût à leur tête un pouvoir chargé de ramener les volontés multiples à l'unité du but social. Il laisse aux événements conduits par saprovidence, aux hommes euxmêmes à l'origine des sociétés, une grande latitude pour déterminer la forme sous laquelle devra s'exercer le pouvoir civil et son mode de transmission. Mais, une fois régulièrement investis, les dépositaires sou. verains du pouvoir ne relèvent que de Dieu dans la sphère de leurs attributions légitimes, parce que c'est de lui seul que leur vient la puissance, non de leurs peuples qui, n'ayant point cette puissance en eux-mêmes, ne pourraient la donner. Tant qu'ils observent les conditions du pacte social, ou ne tournent pas à la ruine de la société le pouvoir reçu pour son bien, leur droit à l'obéissance est celui de Dieu même : soit qu'ils prélèvent les tributs nécessaires à leur gouvernement ; soit que les lois portées par eux viennent restreindre, dans le commerce ordinaire de la vie, la liberté laissée par le droit naturel, ou que leurs ordres envoient le soldat à une mort certaine pour la défense de la patrie. Dans tous ces cas, c'est I^ieu même qui commande par eux et veut être obéi: dès ce monde, il met le glaive en leurs mains pour la punition des rebelles '; il
A Li Messe. 5/5
châtiera lui-mtinie dans l'autre éternellement ceux qui ne se seront pas amendés.
Combien grande n'est donc pas cette dignité de la loi humaine, qui fait du législateur le vicaire même de Dieu, en mèmetempsqu'elle épargne au sujet l'humiliation de l'abaissement devant un autre homme ! Mais, pour que la loi oblige et soit vraiment loi, il est clair (qu'elle doit avant tout se conformer aux prescriptions et aux défenses de l'Etre souverain dont la volonté seule peut lui donner son caractère auguste, en la faisant entrer dans le domaine de la conscience. C'est pour cela qu'il ne peut y avoir de loi contre Dieu, contre son Christ ou son Eglise. Dès lors que Dieu n'est plus avec l'homme qui commande, la puissance de celui-ci n'est que force brutale. Le prince ou l'assemblée qui prétend réglementer les mœurs d'un pays à rencontre cle Dieu, n'a donc droit qu'à la révolte et au mépris de tous les gens de coeur ; donner le nom sacré de loi à ces tyranniques élucubrations, est une profanation inaigne d'un chrétien comme de tout homme libre.
L'Antienne de l'Offertoire et ses anciens Versets se réfèrent, comme l'Introït, au temps de la dernière persécution. La prière d'Esther au moment de paraître devant Assuérus, pour combattre Aman figure de l'Antéchrist, en fournit les paroles. Èsther est l'image de l'Eglise ; et nous ne pouvons indiquer mieux lessentiments dans lesquels il convient de chanter l'Offertoire du jour, qu'en traduisant ici l'en-tête consacré par l'Ésprit-Saint lui5^6 Le Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte
même, dans l'Ecriture, à cette prière sublime. « La reine Esther eut recours au Seigneur, épouvantée du péril imminent. Déposant ses habits royaux, elle prit des vêtements propres aux pleurs; sur sa tête, les parfums variés furent remplacés par la cendre et l'ordure; son corps s'humilia dans les jeûnes ; tous les lieux, auparavant témoins de sa joie, furent remplis de ses cheveux qu'elle arrachait dans sa douleur. Et elle priait le Seigneur Dieu d'Israël, disant : « Mon Seigneur, qui êtes « seul notre roi, assistez-moi solitaire • ! ■
RECORDARE mei, Domine, omni potentatui dominans : et da sermonem rectum in os œeum, ut placeant verba mea in conspectu principis.
f. Recordare quoJ steterim in conspectu tuo.
f. E verte cor ejiis in odium repu gnantiiim nobis, et in eos qui consentiunt eis : nos autetn libéra in manu tua, Deus noster in sternum.
f. Qui régis Israël, tntende ; qui deducis velut ovem Joseph.
Recordare mei. Domine.
SOUVENEZ-VOUS de moi. Seigneur, qui dominez toute puissance, et mettez en ma bouche le discours convenable, afin que mes paroles soient agréées du prince.
'f. Souvenez-vous que je me suis présentée devant vous.
f. Tournez son cœur à la haine de nos ennemis et de leurs complices; et délivreznous par votre puissante main, o vous qui êtes notre Dieu à jamais.
f. Roi d'Israël, écouteznous, 6 vous qui conduisez Joseph comme une brebis.
Souvenez-vous de moi, Seigneur.
La plus sûre garantie contre l'adversité est l'absence du péché dans les âmes, le péché
A la Messe.
excitant la colère de Dieu et appelant sa vengeance. Disons avec l'Eglise, dans la Secrète :
FAITES, ô Dieu miséricordieux, que cette obiation salutSiire nous délivre sans {in de nos péchés et nous protège contre toute adversité. Par Jésus-Christ.
DA, misericors Deus : ut haec salutaris oblatio, et a propriis nos reatibus indesinenter expédiât, et ab omnibus tueatur adversis. Per Dominum.
Les autres Secrètes comme ci-dessus , page 1 18.
L'Antienne de la Communion nous donne à remarquer, pour nous porter à les imiter, la persévérance et l'instance des supplications de la sainte Eglise.
EGO clamavi quoniam exaudisti me, Deus : inclina aurem tuam, et exaudi verba mea.
AI crie vers vous, parce que vous m'avez déjà exaucé, mon Dieu : inclinez votre oreille, exaucez-moi encore.
En célébrant la mémoire du Sauveur selon sa recommandation, dans les Mystères, nous ne devons point perdre de vue que ces Mystères sacrés sont aussi le refuge de notre misère. Ce serait présomption ou folie que de ne point songer à les utiliser par la prière en ce sens, comme fait l'Eglise dans la Postcommunion.
Nous avons reçu les dons 1 qumpsimus des sacrés Mystères, vous | O
Domine, sacri dona mysterii,
S.-jS Le Temps après la Pentecôte.
humiliter deprecantes : ut quae in tui commemorationem nos facere pr»- cepisti, in nostrse proficiant infirmitatis auxilium. Qui vivis.
suppliant humblement. Seigneur, de faire que ce que vous nous avez ordonné de célébrer en votre mémoire soit aussi le secours de notre faiblesse. Vous qui vivez.
Les autres Postcommunions ci-dessus , page 119.
T ES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, /jag^es 5 2-61.
ANTIENNE DE Magnificat.
Tî EDDITE ergo quae sunt Caesaris Caesari, et quae sunt Dei Deo. Alléluia.
I? ENDEZ donc à César ce
qui est à César, et à Dieu
ce qui est à Dieu. Alléluia.
L'Oraison ci-dessus, page 564.
/^ES Répons de l'Office du Temps nousdon^^ neront la penséede l'Eglise. Ils expriment d'une part son espérance, sa joie de voir bientôt l'Epoux dans sa gloire ; de l'autre, sa compassion pour les convulsions du monde près de finir, la crainte du jugement de Dieu qui sera terrible à un si grand nombre de ses fils.
\A I D ! Doniinum
™' sedentem super
solium excelsum et elevatum : et plena erat omnis
"ai vu le Seigneur assis sur un trùne élevé et sublime : et toute la terre était pleine de sa maLe Vingt-Deux. Dim. après la Pentecôte. 5jg
jesu : * El le bas de ses vêtements remplissait le temple.
f. Les Séraphins se tenaient auprès, ayant six ailes l'un et six ailes l'autre. * Et le bas.
B^. Du trône de votre sainteté regardez, Seigneur, et pensez a nous; inclinez votre oreille, à mon Dieu, écouteznous : * Ouvrez vos yeux et voyez notre tribulatioa.
f. Roi d'Israël, regardez, ô vous qui conduisez Joseph comme Uiie brebis. * Ouvrez vos yeux.
f\. Seigneur , entoureznous de votre mur inexpugnable, et protégez-nous toujours avec les armes de votre puissance : * Délivrez ceux qui crient vers vous. Seigneur Dieu d'Israël.
f. Sauvez-nous par les merveilles que vous savez faire, et donnez gloire à votre Nom. * Délivrez-nous.
1^. Il a racheté son peuple et il l'a délivré ; et ils viendront et ils tressailliront d'allégresse sur la montagne de Sion, et ils se réjouiront aLi milieu des biens qui leur viendront du Seigùeur, dans l'abondance du froment, du vin et de l'huile : ' Et ils n'auront plus faim désormais.
terra majestate ejus : ' Et ea quae sub ipso erant, replebant templum.
y. Seraphim stabant super illud : sex ala; uni, et sex alae alteri. * Et ea.
k|. Aspice, Domine, de sede sancta tua et cogita de nobis : inclina, Deus meus, aurem tuam et audi : * Aperi oculos tuos et vide trrbulationem nostram.
j^: Qui régis Israël, intende, qui deducis velut ovem Joseph. * Aperi.
fi|. Muro tuo inexpuÈnabili circumcinge nos, lomine, et armis tu£ potentiae protège no» semper : * Libéra, Domine Deus Israël, clamantes ad te.
f. Erue nos in mirabilibus tuis, et da gloriam Nomini tuo. ' Libéra.
R). Redemit populum suum et liberavit eum : et venient et exsultabunt in monte Sion. et gaudebunt de bonis Domini super frumento, vino et oleo : * Et ultra non esurient.
58o Le Temps après la Pentecôte.
^. Eritque anima eoriim quasi hortus irriguus. * Et ultra.
^. A facie furoris tui, Deus, conturbata est omnis terra : * Sed miserere. Domine, et ne facias consummationem.
j^. Domine Dominus noster, quam admirabile est Nomen tuum. * Sed miserere.
R|. Genti peccatrici , populo pleno peccatomisereie : * Domine Deus.
j^. Esto placabilis super nequitiam populi tui. * Domine Deus.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. * Domine Deus.
f. Et leur âme sera comme un jardin toujours arrosé. " Et ils n'auront.
fi|. Devant votre fureur, ô Dieu, toute la terre a été troublée : * Mais' ayez pitié. Seigneur ; que ce ne soit pas la fin!
f. Seigneur notre Dieu, que votre Nom est admirable ! * Mais ayez pitié.
fil- Ayez pitié d'une nation pécheresse, d'un peuple plein de péché : * Seigneur Dieu.
f. Laissez-vous apaiser au sujet de la malice de votre peuple. * Seigneur Dieu.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. ' Seigneur Dieu.
Pénétrons-nous aussi de ces magnifiques formules de notre Sacramentaire gallican.
OREMUS Dominum , dilectissimi nobis, quia amara nobis adveniunt tempora et periculosi adpro-ximant anni. Mutantur régna, vocantur gentes : excidit charitas, exsurgit iniquitas : increvit cupiditas, pr*- valuit impietas. Dum ergo tempus est, convertamur ad Dominum , flectamus genua, curveP RIONS le Seigneur, ô nos très chers ; car voici qu'arrivent pour nous les temps d'amertume, voici qu'approchent les années dangereuses. Les royaumes changent, les nations s'ébranlent; la charité dépérit, l'iniquité lève la tête, les passions grandissent, l'impiété règne. Pendant qu'il en est temps, convertissonsnous au Seigneur, fléchissons les genoux, courbons la tête ;
Le Vingt-Deux. Dim . après la Pentecôte. ^8i
prions Dieu le Père tout-puissant, qui exauce dans sa clémence ceijx qui crient vers lui, et n'abandonne point ceux qui mettent en lui leur espoir.
mus cervices, rogemus Deum Patrem omnipotcntem, qui clamantes ad se clementer exaudit, et sperantes in se non derelinquit.
C'est une chose vraiment digne et juste, ô Dieu tout-puissant, de vous prier avec supplications ; car il nous faut maintenant faire pénitence, si nous ne voulons être à la tin reniés par vous. O grande vallée de Josaphat où tous viendront au jugement, où se fera le discernement des justes et des injustes, pour que soient connus en ce jour du jugement les véridiques et les menteurs ! là point d'accusation ni de défense, point de caution donnée ou rejetée ; mais les justes y sont délivrés, les pécheurs chargés de chaînes. O le grand Roi, qui retire les bons de l'abime, et repousse les mauvais 1 Les justes alors seront élus, les pécheurs livrés aux tourments ; les justes iront à la vie, les pécheurs à l'enfer. Le père ne pleurera point son fils, ni le fils son père : chacun pleurera sur soi, personne ne recherchera personne, car tout désir aura pris fin. O grand jour du jugement, où les bourreaux ne se lassent point, où les morts
VERE dignum et justum est. omnipotens Deus, te suppliciter exorare; quia tempus est necesse pœnitendi, ut non egrediamur alieni. O magnam vallem Josaphat, ubi omnes ad judicium venient. ubi erit discussio inter justos et injustes : ut cognoscantur mendaces et veraces in illo die judicii, ubi nuUa est accusatio nec excusatio, ubi nec fides datur, nec fides repellitur; ubi justi solvuntur, et peccatores ferro fixi tenentur O magnum Rei;em, qui de profundo bonos adducit, et malos repellit. Justi eligendi sunt, peccatores torquendi, justi ad vitam, peccatores ad gehennam. Nec pater filium, nec filius patrem lugebit : se unusquisque lugebit, nec ullus uUum requiret, quia omnis cupiditas requiescet. O magnum diem judicii, ubi nec tortores deficiunt,