L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 24)
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nec mortui moriuntur. Timeamus dum vacat, nec timeamus ubi non vacat. Timeamus gehennam, quas est in asternum malum : cum Deo vivamus, quod est in aeternum bonum per Christum Dominum nostrum.
ne meurent pas ! Craignons quand il en est temps, ne remettons pas à craindre .-i cette heure où il ne sera plus temps. Craignons l'enfer qui est le mal éternel ; vivons avec Dieu qui est le bien sans fin, par Jésus-Christ notre Seigneur
|ans les années où le nombre des Dimanches après la Pentecôte est de vingt-trois seulement, on prend pour aujourd'hui la Messe du vingt-quatrième et dernier Dimanche, et la Messe marquée pour le vingt-troisième se dit au samedi de la semaine "précédente ou le jour le plus rapproché, qui ne se trouve pas empêché par quelque fête double ou semidouble.
Quoi qu'il en soit, et en tout état de cause, l'Antiphonaire se termine aujourd'hui ; l'Introït, le Graduel, l'Oflertoire et la Communion ci-après, devront être repris en chacun des Dimanches qui peuvent se succéder encore plus ou moins nombreux, suivant les années, jusqu'à r.\vent. On se rappelle qu'au temps de saint Grégoire, l'Avent étant plus long que de nos jours ', ses semaines avançaient dans
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la partie du Cycle occupée maintenant par les derniers Dimanches après la Pentecôte. C'est une des raisons qui expliquent la pénurie de composition des Messes dominicales après la vingt-troisième.
En celle-ci même autrefois, l'Eglise, sans perdre de vue le dénouement final de l'histoire du monde, tournait déjà sa pensée vers l'approche du temps consacré à préparer pour ses enfants la grande fête de Noël. On lisait pour Epître le passage suivant de Jérémie, qui servit plus tard, en divers lieux, à la Messe du premier Dimanche de l'Avent : « Voici que le jour arrive, dit le Seigneur, « et je susciterai à David une race juste. Un « roi régnera, qui sera sage et qui accom<r plira la justice et le jugement sur la terre. « En ces jours-là Juda sera sauvé, et Israël « habitera dans la paix ; et voici le nom qu'ils « donneront à ce roi : Le Seigneur notre juste! « C'est pourquoi le temps vient, dit le Sei« gneur, où l'on ne dira plus : Vive le Sei« gneur qui a tiré les enfants d'Israël de la « terre d Egypte ! mais : Vive le Seigneur « quia tiré et ramené la postérité de la mai« son d Israël de la terre d'aquilon et de tous « les pays dans lesquels je les avais dispersés et a chassés! Et ils habiteront dans leur terre '. >•
Comme on le voit, ce passage s'applique également très bien à la conversion des Juifs et à la restauration d'Israël annoncée pour les derniers temps. C'est le point de vue auquel se sont placés les plus illustres Hturgistes du moyen âge, pour expliquer toute la
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Messe du vingt-troisième Dimanche après la Pentecôte. Mais pour bien les comprendre, il faut observer aussi que. primitivement, l'Evangile du vingt-troisième Dimanche était l'Evangile de la multiplication des cina pains. "Cédons la parole au pieux et profond Abbé Rupertqui, mieux que personne, nous apprendra le mystèrede ce jour où prennent fin les accents, si variés jusqu'ici, des mélodies grégoriennes.
« La sainte Eglise, dit-il, met tant de zèle à s'acquitter des supplications, des prières et des actions de grâces pour tous les hommes demandées par l'Apotre *, qu'on la voit rendre grâces aussi pour le salut à venir des fils d'Israël, qu'elle sait devoir être un jour unis à son corps. Comme, en effet, à la fin du monde leurs restes seront sauvés ^, dans ce dernier Office de l'année elle se félicite en eux comme en ses futurs membres. Dans l'Introït, elle chante tous les ans, rappelant ainsi sans fin les prophéties qui les concernent : Le Seigneur dit : Mes pensées sont des pensées de paix et non d'affliction. Ses pensées sont toutes de paix en effet, puisqu'il promet d'admettre au banquet de sa grâce les Juifs SCS frères selon la chair, réalisant ce qui avait été figuré dans l'histoire du patriarche Joseph. Les frères de ce dernier, qui l'avaient vendu, vinrent à lui poussés par la faim, lorsqu'il étendait sa domination sur toute la terre d'Eg}-pte ; ils furent reconnus, reçus par lui, et lui-même fit avec eux un grand festin : ainsi notre Seigneur, régnant sur tout le
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monde et nourrissant abondamment du pain de vie les Egyptiens, c'est-à-dire les Gentils, verra revenir à lui les restes des fils d'Israël ; reçus en la grâce de celui qu'ils ont renié et mis à mort, il leur donnera place à sa table, et le vrai Joseph s'abreuvera délicieusement avec ses frères.
« Le bienfait de cette table divine est signifié, dans l'Office du Dimanche, par l'Evangile, où l'on raconte du Seigneur qu'il nourrit avec cinq pains la multitude. Alors, en effet, Jésus ouvrira pour les Juifs les cinq livres de Moïse, portés maintenant comme des pains entiers et non rompus encore, par un enfant, à savoir ce même peuple resté jusqu'ici dans l'étroitessé d'esprit de l'enfance.
« Alors sera accompli l'oracle de Jérémie, si bien placé avant cet Evangile ; on ne dira plus : Vive le Seigneur qui a tiré les eyifants d Israël de la terre d'Egypte! mais: Vive le Seigneur qui les a ramenés de la terre d'aquilon et de toutes celles oii ils étaient dispersés!
« Délivrés donc de la captivité spirituelle qui les retient maintenant, ils chanteront du fond de l'âme l'action de grâces indiquée au Graduel : Vous nous ave^ délivrés. Seigneur, de ceux qui nous persécutaient.
n La supplication par laquelle nous disons, dans l'Offertoire : Du fond deVabîme fat crié vers vous, Seigneur, répond manifestement, elle aussi, aux mêmes circonstances. Car en ce jour-là, ses frères diront au grand et véritable Joseph : « Nous vous conjurons d'oublier « le crime de vos frères '. »
A la ^ fesse.
« La Communion : En vérité, je vous le dis, tout ce que vous deviandere^ dans vos prières, et le reste, est la réponse de ce même Joseph disant, comme autrefois le premier • : » Ne « craignez point. Vous aviez formé contre " moi un dessein mauvais; mais Dieu l'a tf fait tourner au bien, afin de m'élever comme u vous voyez maintenant et de sauver beau(I coup de peuples. Ne craignez donc point : « je vous nourrirai, vous et vos enfants -'. »
L r.\bbé Rupert. Il est tiré de Jerémie ^ comme l'ancienne Epître de ce Dimanche.
LE Seigneur dit ; Mes pensées sont des pensées de paix et non d fflicsion; vous m'invoquerez, et je vous exaucerai, et je ramènerai vos captifs de tous les lieux.
Ps. Seigneur, vous avez béni la terre qui vous appartient ; vous avez fait cesser la captivité de Jacob. Gloire au Père. Le Seigneur.
DiciT Dominus : Ego cogito cogitationes raci?. et non afflictionis . invocabitis me , et ego exaudiamvos: et reducam captivitatem vestram de cunctis locis.
Ps. Benedixisti. Domine, terram tuam : avertisti captivitatem Jacob. Gloria Patri. Dicit Dominus.
La demande du pardon revient sans cesse dans la bouche du peuple chrétien, parce que la fragiilité de la nature entraîne sans cesse, ici-bas, le juste lui-même *. Dieu sait notre
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misère ; il pardonne sans fin, à la condition de rhumble aveu des fautes et de la confiance dans sa bonté. Tels sont les sentiments qui inspirent à l'Eglise les termes de la Collecte du jour.
ABSOLVE , quaesumus Domine, tuorum delicta populorum : ut a peccatorum nexibus, quae pro nostra fragilitate contraximus, tua beniênitate liberemur. Per lominum.
Nous vous en supplions, Seigneur, absolvez les fautes de votre peuple, afin que nous soyons délivrés par votre bonté des liens des péchés que nous avons commis dans notre fragilité. Par Jésus-Christ.
Les autres Collectes ci-dessus, page lob.
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Philippenses. Cap. m.
FRATRES, Imitatores mei estote, et observate eos, qui ita ambulant, sicut habetis fdrmam nostram. Multi enim ambulant, quos sîepe dicebam vobis (nunc autem et flens dico), inimicos crucis Christi quorum finis intentas quorum Deus venter est et gloria in confusione ipsorum, qui terrena sapiunt. Nostra autem conversatio in coelis est ' unde etiam Salvatorem exspectanjus Dominum
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul. Apôtre, aux Philippiens. Ckap. m.
MES Frères , soyez r-'cs imitateurs, et observez ceux qui se conduisent suivant le modèle que vous avez en nous. Car il y en a plusieurs dont je vous ai parlé souvent, dont je vous parle encore avec larmes, qui sont les ennemis de la croix du Christ. Ils ont pour fin la mort, pour dieu leur ventre : ils placent la gloire pour eux dans leur honte, n'ayant de goût que pour les choses de la terre. Mais pour nou-;, déjà nous vivons dans les cieux ; c'est de là aussi que
nous attenJons pour Sauveur notre Seigneur Jésus-Christ, qui reformera le corps de notre bassesse et le rendra conforme à son corps glorieux, par la puissance qui lui permet de s'assujettir aussi toutes choses. C'est pourquoi , mes frères très chers et très désirés, ma joie et ma couronne , demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, ô mes bien-aimés. Je prie Evodia et je conjure Syntychès de s'unir et d'avoir les mêmes sentiments dans le Seigneur. Je vous prie aussi, vous mon fidèle compagnon, d'aider celles qui ont travaillé avec moi pour l'Evangile, ainsi que Clément et les autres qui ont été mes aides, dont les noms sont au livre de vie.
LE nom de Clément, qui vient d'être pro nonce par l'Apôtre, est celui du second successeur de saint Pierre. Assez souvent, le vingt-troisième Dimanche après la Pentecôte ne précède que de fort peu la solennité de ce grand pontife et martyr du premier siècle. Disciple de Paul, attaché depuis à la personne de Pierre, et désigné par le vicaire de l'Homme-Dieu comme le plus digne de monter après lui sur la chaire apostolique, Clément , nous le verrons au 23 novembre, était l'un des saints de cette époque primitive les plus vénérés des fidèles. La mention faite de lui à l'Office du Temps, dans les jours qui précédaient son apparition directe
noMrum Jesum Christum, qui reforraabit corpus bumilitatis nostra;, configuratumcorpori claritatis sux , secundum operationem, qua etiani possit subjicere sibi omnia. Itaque, fratres mei jarissimi, et desideratissimi. gaudiiim meum et corona mea : sic state in Domino, carissimi. Evodiam rogo et Syntichoa deprecor idipsum sapere in Domino. Etiam rogo et te, germane corapar, adjuva illas, qua; mecum laboraverunl in Evangelio cum Clémente, et casteris adjutoribus meis, quorum nomina sunt in libro vitae.
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au cycle de la sainte Eglise, excitait la joie du peuple chrétien et ranimait sa ferveur, à la pensée de l'approche d'un de ses plus illustres protecteurs et amis.
Au moment où saint Paul écrivait aux Philippiens, Clément, qui devait longtemps encore survivre aux Apôtres, était bien des hommes dont parle notre Epître, imitateurs de ces illustres modèles, appelés à perpétuer dans le troupeau confié a leurs soins * la règle des mœurs, moins encore par la fidélité de l'enseignement que par la force de l'exemple. L'unique Epouse du Verbe divin se reconnaît à l'incommunicable privilège d'avoir en elle, par la sainteté, la vérité toujours vivante et non point seulement lettre morte. L'Esprit-Saint n'a point empêché les livres sacrés des Ecritures de passer aux mains des sectes séparées ; mais il a réservé à l'Eglise le trésor de la tradition qui seule transmet pleinement, d'une génération à l'autre, le Verbe lumière et vie ~, par la vérité et la sainteté de l'Homme-Dieu toujours présentes en ses membres, toujours tangibles et visibles en l'Eglise 3. La sainteté inhérente à l'Eglise est la tradition à sa plus haute expression, parce qu'elle est la vérité non seulement proférée, mais agissante*, comme, elle l'était en Jésus-Christ, comme elle l'est en Dieu ^. C'est là le dépôt « que les disciples des Apôtres recevaient la mission de transmettre à leurs successeurs, comme les Apôtres
I. I PetR V, 3. -^ 2. JOHAN. I, 4. — 3. I JOHAN.
I, I.. — 4. I Thess. n, i3. — 5. Johan. v, ij. — 6. J
A la Messe. 5g i
2ux-mcmes l'avaient reçu du Verbe descendu .Ml terre.
Aussi saint Paul ne se bornait point à confier l'enseignement dogmatique à son disciple Timothée ' ; il lui disait : « Sois l'exemple des fidèles dans la parole et la conduite '-'. » Il redisait à Tite : a Montre-toi un modèle, en fait de doctrine et d'intégrité de vie ^. »
11 répétait à tous : " Soyez mes irnitateurs, comme je le suis de Jésus-Christ *. » Il envoyait aux Corinthiens Timothée, pour leur rappeler, pour leur apprendre au besoin, non les dogmes seulement de son Evangile, mais 5^5 voies eu Jésus-Clirist, sa manière de vivre ; car cette manière de vivre de l'Apôtre était, pour une part, son enseignement même en toutes les Eglises ■"• ; et il louait les fidèles deCorinthedece qu'en eflet ils se souvenaient de lui pour l'imiter en toutes choses, gardant ainsi la tradition de Jésus-Christ "s. Les Thessaloniciens étaient si bien entrés dans cet enseignement tiré de la vie de leur Apôtre, que, devenus ses imitateurs, et par là même ceux de Jésus-Christ, ils étaient, dit saint Paul, la forme de tous les croyants ; cet enseignement muet de la révélation chrétienne, qu'ils donnaient en leurs mœurs, rendait comme inutile la parole même des messagers de PEvangile ".
L'Eglise est un temple admirable qui s'élève à la gloire du Très-Haut par le concours des pierres vivantes appelées à entrer dans
I. II Tim. Il, 2. — 2. I Tim. iv, i2. — 3. Tit. ii, 7.
— 4. I Cor. II, 16. — 5. Jbid. 17. — 6. Ibid. XI, 1-2.
— 7. I Thess. I, 3-8.
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ses murs '. La construction de ces murailles sacrées sur le plan arrêté par l'HommeDieu est l'œuvre de tous. Ce que l'un fait par la parole 2 ^ l'autre le fait par l'exemple ^ ; mais tous deux construisent, tous deux édifient Aa. cité sainte; et, comme au temps des Apôtres, l'édification par l'exemple l'emporte sur l'autre en efficacité, quand la parole n'est pas soutenue de l'autorité d'une vie conforme a l'Evangile.
Mais de même que l'édification de ceux qui l'entourent est, pour le chrétien, une obligation fondée à la fois sur la charité envers le prochain et sur le zèle de la maison de Dieu, il doit, sous peine de présomption , chercher dans autrui cette même édification pour lui-même. La lecture des bons livres, l'étude de la vie des saints, l'observation, selon l'expression de notre Epître, l'observation respectueuse des bons chrétiens qui vivent à ses côtés, lui seront d'un immense secours pour l'œuvre de sa sanctification personnelle et l'accomplissement des vues de Dieu en lui. Cette fréquentation de pensées avec les élus de la terre et du ciel nous éloignera des mauvais, qui repoussent la croix de Jésus-Christ et ne rêvent que les honteuses satisfactions des sens. Elle placera véritablement notre conversation dans les deux. Attendant pour un )our qui n'est plus éloigné l'avènement du Seigneur, nous demeurerons fermes en lui, malgré la défection de tant de malheureux
A la Messe.
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entraînes par le courant qui emporte le monde à sa perte. L'angoisse et les souffrances des derniers temps ne feront qu'accroître en nous la sainte espérance ; car elles exciteront toujours plus notre désir du moment solennel où le Seigneur apparaîtra pour achever l'œuvre du salut des siens, en revêtant notre chair même de l'éclat de son divin corps. Soyons unis, comme le demande l'Apôtre, et, pour le reste : « Réjouissez-vous « toujours dans le Seigneur, r< écrit-il à ses chers Philippiens ; « "je le dis de nouveau, « réjouissez-vous; le Seigneur est proche '. »
VOUS nous avez délivrés. Seigneur, de ceu.x qui nous persécutaient ; vous avez confondu nos ennemis.
"f. Nous nous louerons en Dieu tout le jour, nous confesserons votre Nom à jamais.
Alléluia, alléluia.
f. Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous , Seigneur : Seigneur, exaucez ma prière. Alléluia.
LlBERAsn nos. Domine, ex affligentibus nos : et eos, qui nos oderunt, confudisti.
y. In Deo laudabimur tota die, et in Nomine tuo confitebimur in saecula.
Alléluia, alléluia.
i^. 'De profundis clamavi ad te. Domine : Domine, exaudi orationem meam. Alléluia.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là, comme Jésus parlait au peuple, voici qu'un prince de la synaSequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. ix.
ÎN illo tempore ■ Loquente Jesu ad turbas, ecce princeps unus acI Philip. IV, 4-5.
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cessit. et adorabat eum, dicens : Domine , filia mea modo defuncta est : sed veni, impone manum tuam super eam, et vivet. Et surgens Jésus sequebatur eum, et discipuli ejus. Et ecce mulier, quae sanguinis fluxum patiebatur duodecim ann\e, accessit rétro, et tetigit fimbriam vestimenti ejus. Dicebat enim intra se : Si tetigero tantum vestimentum ejus, salva ero. At Jésus conversus, et videns eam, dixit : Confide, filia, fides tua te salvam fecit. Et salva facta est mulier ex illa hora. Et eum venisset Jésus in domum principis, et vidisset tibicine», et turbam tumultuantem, dicebat: Recedite, non est enim mortua puella, sed dormit. Et deridebant eum. Et cura éjecta esset turba, intravit, et tenuit manum ejus. Et surrcxit puella. Et exiit fama hase in universam terram illam.
gogue s'approcha , et , l'adorant, il lui disait: Seigneur, ma fille vient de mourir; mais venez, imposez votre main sur elle, et elle vivra. Et Jésus, se levant, le suivait avec ses disciples. Or voici qu'une femme qui souffrait d'un flux de sang depuis douze années s'approcha, par derrière, et toucha la frange de son vêtement. Car elle disait en elle-même: Si je louche seulement son vêtement, je serai sauvée. Jésus se retournant alors , et la voyant, lui dît : Aie confiance, ma fille; ta foi t'a sauvée. Et de cette heure même, la femme fut guérie. Jésus venant ensuite à la maison du prince, et voyant les joueurs de flûte et une foule qui faisait grand bruit, leur dit : Retirez-vous , car la jeune fille n'est pas morte, elle n'est qu'endormie. Et ils se moquaient de lui. Mais lorsqu'on eut mis tout ce monde à la porte, il entra, prit la main de la jeune fille, et elle se leva. Et le bruit s'en répandit dans tout le pays.
l»-v uoiQUE le choix de cet Evangile pour auK^ jourd'hui ne remonte pas partout à la plus haute antiquité, il entre bien dans réconomie générale de la sainte Liturgie, et confirme ce que nous avons dit du caractère de cette partie de l'année. Saint
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Jérôme nous apprend, dans l'Homélie du jour, que l'hémorroïsse guérie par le Sauveur hgure la gentilitc, tandis que la nation juive est représentée par la fille du prince de la synagogue '. Celle-ci ne devait retrouver la vie qu'après le rétablissement de la première ; et tel est précisément le mystère que nous célébrons en ces jours, où, la plénitude des nations ayant reconnu le médecin céleste, l'aveuglement dont Israël avait été frappé cesse enfin lui-même -.
•De cette hauteur où nous sommes parvenus, de ce point où k monde, ayant achevé ses destinées, ne va sembler sombrer un instant que pour se dégager des impies et s'épanouir à nouveau, transformé dans la lumière et l'amour : combien mystérieuses et à la fois fortes et suaves nous apparaissent les voies de l'éternelle Sagesse 3 i Le péché, dès le début, avait rompu l'harmonie du monde, en jetant l'homme hors de sa voie. Si, entre toutes, une famille avait attiré sur elle la miséricorde, la lumière, en se levant sur cette privilégiée, n'avait fait que manifester plus profonde la nuit où végétait le genre numam. Les nations, abandonnées à leur misère épuisante, voyaient les attentions divines aller à Israël, et l'oubli s'appesantir sur elles au contraire. Lors même que les temps où la faute première devait être réparée se trouvèrent accomplis, il sembla que la réprobation des gentils dût être consommée du même coup; car on vit le salut, venu du
I. HtËR. in Matth. cap. ix,— 2. Rom. xi, 25. — 3.
Sap. vm, I.
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ciel en la personne de l'Homme-Dieu, se diriger exclusivement vers les Juifs et les brebis perdues de la maison d'Israël '.
Cependant la race gratuitement fortunée, dont les pères et les premiers princes avaient si ardemment sollicité l'arrivée du Messie, ne se trouvait plus à la hauteur où l'avaient placée les patriarches et les saints prophètes. Sa religion si belle, fondée sur le désir et l'espérance, n'était plus qu'une attente stérile qui la tenait dans l'impuissance de faire un pas au-devant du Sauveur; sa loi incomprise, après l'avoir immobilisée, achevait de l'étouffer dans les liens d'un formalisme sectaire. Or, pendant qu'en dépit de ce coupable engourdissement, elle comptait, dans son orgueil jaloux, garder l'apanage exclusif des faveurs d'en haut, la gentilite que son mal, toujours grandissant lui aussi, portait audevant d'un libérateur, la gentilite reconnaissait en Jésus le Sauveur du monde, et sa confiante initiative lui méritait d'être guérie la première. Le dédain apparent du Seigneur n'avait servi qu'à l'affermir dans l'humilité, dont la puissance pénètre les cieux '-.
Israël devait donc attendre à son tour. Selon qu'il le chantait dans le psaume, l'Ethiopie l'avait prévenu en tendant ses mains vers Dieu la première 3. Désormais ce fut à lui de retrouver, dans les souffrances d'un long abandon, l'humilité qui avait valu à ses pères les promesses divines et pouvait seule lui en mériter l'accomplissement.
A la Messe. Sq~
Mais aujourd'hui la parole de salut a retenti dans toutes les nations, sauvant tous ceux qui devaient l'être. Jésus, retardé sur sa route, arrive enfin à la maison vers laquelle se dirigeaient ses pas dès ''abord, à cette maison de Juda où aure tou^jurs l'assoupissement de la fille de Sion. Sa toute-puissance compatissante écarte de la pauvre abandonnée la foule confuse des faux docteurs, et ces prophètes de mensonge qui l'avaient endormie aux accents de leurs paroles vaines; il chasse loin d'elle pour jamais ces insulteurs du Christ, qui prétendaient la garder dans la mort. Prenant la main de la malade, il la rend à la vie dans tout l'éclat de sa première jeunesse ; prouvant bien que sa mort apparente n'ctait qu'un sommeil, et que l'accumulation des siècles ne pouvait prévaloir contre la parole donnée par Dieu à Abraham son serviteur *.
Au monde maintenant de se tenir prêt pour la transformation dernière. Car la nouvelle du rétablissement de la fille de Sion met le dernier sceau à l'accomplissement des prophéties. Il ne reste plus aux tombeaux qu'à rendre leurs morts 2. La vallée de Josaphat se prépare pour le grand rassemblement des nations 3; le mont des Oliviers va de nouveau * porter l'Homme-Dieu, mais cette fois comme Seigneur et comme .luge ■''.
I. Luc. I, 54-55. — 2. Dan. xii. 1-2. — 3. Joël.
m, 2. — 4. Act. I, n. — 3. Zach. xiv, 4.
bg8 Le Temps après la Pentecôte.
DU fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur > Seigneur, exaucez ma prière ; du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur.
DE profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi orationem meam : de profundis clamavi ad te, Domine.
L'acquittement du service que nous devons à Dieu est, de soi, bien au-dessous de la Majesté souveraine ; mais le Sacrifice, qui en fait partie chaque jour, l'ennoblit jusqu'à l'infini et supplée aux mérites qui nous font défaut, ainsi que l'exprime la Secrète de ce Dimanche.
Nous vous offrons , Seigneur, en accroissement de notre service ce Sacrifice de louange ; conduisez .à bonne fin dans votre miséricorde les grâces accordées à notre indignité. Par JésusChrist.
Les autres Secrètes comme ci-dessus, page ii8.
PRO nostrae servitutis augmente sacrificium tibi, Domine, iaudis ofFerimus : ut, quod immeritis contulisti, propitius exsequaris. Per Dominumi
AMEN dico vobis, quidquid orantes petitis, crédite quia accipietis, et fiet vobis.
F vérité, je vous le ,-.s, tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous le recevrez, et il vous sera accordé.
Entrés, dans les Mystères sacrés, en participation de la vie divine, demandons au Seigneur que nous ne soyons plus accessibles aux dangers d'ici-bas. Disons avec l'Eglise :
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NOUS VOUS en supplions, Dieu tout-puissant : ne laissez point en butte aux dangers humains ceux que vous avez admis à l'heureuse participation de votre divinité. Par Jésus-Christ.
Les autres Postcommunions ci-dessus, page 119.
OL'*;suMus omnipotens Deus: ut, guos divina iribuis participatione gaudere, humanis non sinas subjacere periculis. Per Dominum.
I ES Psaumes, les Antiennes, le Capitule,
^ l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pages
ANTIENNE DE Magnifcat.
AT Jésus conversas et videns eam, dixit : Confide, filia. fides tua te salvam fecit. Alléluia.
JÉSUS se retournant et la voyant, lui dit : Aie confiance, ma fille ; ta foi t'a sauvée. Alléluia.
L'Oraison ci-dessus, page 588.
L'approche du jugement inspire cette Hymne des Maronites.
EN ce jour le Seigneur se lèvera ; porté sur un char de feu, le Roi du ciel descendra des divines demeures.
Le Christ Roi s'avancera
Eodieorietur Dominus, igneo curru vectus, exsurgetque rex de alto, et ex œdibus divinis descendet.
Rex Christus ad mon6oo Le Temps après la Pentecôte.
tem .lebusaeorum seu Jérusalem , procedet ; crucem suam in Adami sepulcrum infiget, ubi ipsum Judxi crucifixerunt.
Vocetn mitlet qua petrae scindentur, etmortui de sepulcris suis surgent ; terra in veterein confusionem revertetur sicut fuit a principio.
Judicandi convenient utexplorentur, discutiantur et introspiciantur ; justos ad regnum vocabit, impios vero ad gehennam.
Similes erunt impii, cum facinoribus suis, oculo obtenebrato, lumen non percipienti. Accedentes pulsabunt cum deprecatione et fletu : Domine, Domine, januam tuam aperi nobis.
Ipse autem eis dicet : Ite, maledicti : nescio vos. Tune vero tribus universje misericordiam ab eo implorabunt.
Te ideo, Domine, rogamus, ut super delicta nostra miserationes tuas effundas, Subito mundus iste transiet ; et pulchritudo ejus, cum omnibus quae continet, subvertetur.
Surge, surge, peccator ; expergiscere e somno sceleris et iniquitatis ;
vers Jérusalem et la montagne de Jébus ; il plantera sa croix dans le sépulcre d'A- dam, là où les Juifs l'ont crucifié.
Au son de sa voix les rochers se fendront et les morts sortiront de leurs tombes ; la terre retombera dans le chaos du commencement.
Ceux qui doivent être jugés comparaîtront pour être examinés, discutés, sondés; les justes seront appelés au royaume, les impies rejetés à l'enfer.
Enveloppés de leurs crimes, les impies seront comme un œil obscurci, qui ne perçoit plus la lumière. Ils s'approcheront et frapperont, avec des lamentations et des pleurs: a Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous votre porte ».
Mais il leur dira : « Allez, maudits; je ne vous connais pas ». Alors toutes les tribus imploreront sa miséricorde
Maintenant donc, Seigneur, nous vous en supplions , répandez sur nos crimes vos misérfcordes. Ce monde passera en un moment avec sa beauté, et tout ce qu'il renferme sera détruit.
Debout, debout, pécheur ! réveille-toi du criminel sommeil de ton iniquité ; que les
Le Vingt- Trois. Dim. après la Pentecôte. 60 1
larmes de tes yeux purifient ton âme et lavent ^es souillures, afin que Dieu se réjouisse en toi, qu'il le donne le royaume et la vie qui ne passeront jamais.
Quitte le mal, pendant que tu as la vie ; car lorsque le jour de la mort arrivera, ce sera la sévérité du jugement ; la pénitence ne sera plus reçue.
Donnez, Seigneur, le repos du salut à ceux qui ont mangé votre Corps et bu votre Sang. Qu'ils éprouvent au jugement votre miséricorde et soient placés à votre droite, afin qu'au jour de la résurrection ils viennent à votre rencontre.
Nous célébrons votre illustre mémoire. Vierge très sainte, pour que tous nous obtenions de votre glorieux Fils grâce, pardon et miséricorde. Suppliez-le avec nous, et votre prière sauvera nos âmes de lout dommage.
lacrymis oculorum tuorum animam purga, maculasque dealba, ut Deus super te laetetur, ac tibi tradat regnum et vitam qux nunquam transibunt.
Convertere a malitia, dum vita suppetit ; cum enim dies mortis advenerit, in judiciodistricto, pœnitentia non admittetur.
Fac, Domine, requiem bonam ils qui corpus tuum manducaverunt et sanguinem hauserunt. Videant in judicio misericordiam tuam, et a dextris tuis collocentur, ut in occursum tuum prodeant in die resurrectionis.
Memoriam tuam illustrem extollimus , Virgo sanclissima, ut omnes a speciosa tua proie gratiam, veniam et misericordiam obtineamus. Nobiscum ergo deprecare, ut per orationem tuam ab omni noxa eruantur animas nostrae.
Faisons nôtre la belle formule où le Missel mozarabe, en l'avant-dernier.de ses Dimanches, exprime si bien les pensées que l'Eglise voudrait nous inspirer à cette époque de l'année penchant vers son terme.
6o:
DGNUM salis vere est : et omni dignitate conspicuum : tibi dare gloriam et honorem, omnipotens Deus Pater : qui cum Filio tuo et cura Spiritu amborum unus in Trinitate aequalis Deuscreasti non stantem hominem : et in assumptione carnis unius personac redimisti perditum hominem : reparator occurrens in ejus occasum : qui bonas conditionis perdiderat statum. Proinde in hac tantumdem victima salutari confidentiam habentes : obsecramus et petimus : ut quia dies temporalis déclinât ad vesperum :et status mundi properat ad occasum : et vivere corruptibiliter nostrum tendit ad terminum : repares nos in tempore. Veniant dies ad laudem tu^m : sustentes et defectum mundi per spem beatitudinis repromissam : concédas et in diem extremura vitas prassentis pervenire ad indulgéhtiara consequendam. Ut quia et diei et mundi et vitae nostrse finis proximo venit : in cunctis hoc sacrificium singulare
al, certes ; il est bien digne et plus que digne de vous rendre gloire et honneur, ô Dieu Père tout-puissant, qui avec votre Fils et l'Esprit des deux êtes un seul et égal Dieu dans la Tr>inité. Vous avez créé l'homme qui n'existait pas ; et prenant chair dans l'une de vos personnes, vous avez rétabli l'homme perdu ; vous êtes venu au-devant de sa chute pour le relever, lui qui n'avait pas su se maintenir dans l'heureux état de sa condition première. C'est pourquoi, mettant notre confiance uniquement dans la victime du salut, nous vous adressons nos supplications et prières. Le jour décline vers son couchant, la ruine du monde se précipite, et notre vie mortelle tend vers son terme : secourez-nous en ce temps. Qu'ils se levé d'autres jours à votre gloire ; soutenez le déclin du monde par l'espoir de la béatitude promise ; accordez-nous aussi d'obtenir miséricorde au dernier jour de la vie présente. Puisqu'approche la fin et du jour et du monde et de notre vie, qu'en tout cet unique Sacrifice daigne s'opposer pour nous incessamment à tous maux : en sorte que ni
Le Vingt- Trois. Dim. après la Pentecôte. 60 3
la chute du jour et les ténèbres qu'elle amène ne nous puissent souiller ou troubler, ni la lin prochaine du monde ne nous entraîne avec lui à la perte, ni la brièveté de notre vie ne nous fasse garder jusqu'au bout nos souillures. Mais plutôt , que le retour de la lumière vienne rallumer pour notre consolation le
Jour qui disparaît ; que, sous a décadence du inonde, l'espoir du royaume futur nous réconforte ; que, si notre vie doit payer sa dette à la mort, celle-ci ne soit qu'un passage paisible et joyeux à l'éternelle béatitude. Qu'ainsi tout ce qui pour nous tend à la ruine soi' ramené par cette victime du salut dans l'ordre du salut éternel , devienne pour nous un instrument de notre rédemption, et fasse de nous le temple de votre eloire sans fin.
nobis ad remedium se indesinenter dignetur opponere : ut nec occasus diei praesuccessione tenebrarum nos vel polluât, vel anxios reddat : vcl proximus finis mundi reos secum ad interitum ducat : nec brevitas vitae nostra; immundos usquequaque detineat : sed quod déficit dies, in consolationein nostram renovata lux reparet : et quod mundus tendit ad finem, spes futur! regni confoveat. Ut quod vivere nostrum resolutio'nis suae sustinet debitum : iransitus pacis et laetitia consequatur œternas beatitudinis. Ut quicquid in occasu nostro est, hxc salutaris victima in xternae salutis statum reducat et in nos redemptionis nostras ministerium fiât, et nos tibi domus perennis gloria-.
F, nombre des Dimanches après la Pentecôte peut dépasser vingt-quatre et s'élever jusqu'à vingt-huit, selon que la Pâque s'es't rapprochée plus ou moins, dans les diverses années, de l'équinoxe du printemps. Mais la Messe qui suit est toujours réservée pour la dernière ; on remplit l'intervalle avec celles, plus ou moins nombreuses, des Dimanches après l'Epiphanie, qui, dans ce cas, n'ont point eu leur emploi au commencement de l'année '.
I. On trouvera ci-après ces Dimanches, qui sont les
III«, IV", V' et VI' après l'Epiphanie. Dans les années où l'on compte vingt-cinq Dimanches après la Pentecôte, c'est ce dernier qui prend place après le vingttroisième ; si le nombre de ces Dimanches est de vingtsix, le cinquième après l'Epiphanie devient le vingtquatrième après la Pentecôte ; si ce nombre atteint le chiflFre de vingt-sept, on commence à suppléer par le quatrième après l'Epiphanie; s'il s'élève à vingt-huit, par le troisième.
Le Dernier Dimanche après la Pentecôte. 6 o 5
Ceci toutefois do"ît s'entendre, exclusivement des Oraisons, Epîtres et Evangiles; car, ainsi que nous l'avons dit, les Introït, Graduel, Offertoire et Communion restent jusqu'à la fin les mêmes qu'au vingt-troisième Dimanche.
On a vu que cette Messe du vingt-troisième Dimanche était véritablement considérée par nos pères comme la dernière du Cycle. L'Abbé Rupert nous a révélé i-e sens profond de ses diverses parties. Selon la doctrine que nous avions eu l'occasion de méditer précédemment ', la réconciliation de Juda nous y est apparue comme le terme, dans le temps, des intentions divines ; les dernières notes de la sainte Liturgie sont venues s'y confondre avec le dernier mot pour Dieu de l'histoire du monde. Le but cherché dans la création par l'éternelle Sagesse, et miséricordieusement poursuivi dans la rédemption après la chute, est en effet pleinement atteint désormais ; car ce but n'était autre que l'union divine avec l'humanité rassemblée dans l'unité d'un seul corps 2. Maintenant que les deux peuples ennemis, gentil et juif, sont réunis en im seul homme nouveau dans Jésus-Christ leur chef s, les deux Testaments, qui marquèrent si profondément au milieu des siècles la distinction des temps an^.ens et nouveaux, s'effacent d'eux-mêmes pour faire place aux splendeurs de l'alliance éternelle.
L'Eglise arrêtait donc ici, autrefois, la marche de sa Liturgie. Elle était satisfaite d'avoir
I. XIII' Dim. ap. la Pentec. — 2. Eph. 11, 16. —
6o6 Le Dernier Dimanche après la Pentecôte.
amené ses fils, non seulement à pénétrer en cette manière le développement complet de la pensée divine, mais encore et surtout à s'unir ainsi d'une union véritable au Seigneur, paf une communauté réelle de vues, d'intérêts et d'amour. Aussi ne revenait-elle même pas sur l'annonce du second avènement de l'Homme-Dieu et du jugement final, qui avait fait, au temps de l'Avent, l'objet de leurs méditations dans les débuts de la vie purgative. C'est depuis (quelques siècles seulement que, dans la pensée de donner au Cycle une conclusion plus précise et plus appréhensible aux chrétiens de nos jours, elle le termine par le récit prophétique de la redoutable arrivée du Seigneur, qui clôt les temps et inaugure l'éternité. Saint Luc se trouvant de temps immémorial chargé d'annoncer dans les jours de l'Avent cet avènement terrible i, l'Evangile de saint Matthieu fut choisi pour le décrire de nouveau, et plus longuement, au dernier Dimanche après la Pentecôte.
T 'Introït comme ci-dessus page 587.
L'exercice des bonnes œuvres avec l'aide de la grâce nous fait obtenir une grâce plus grande. Demandons avec l'Eglise, dans la Collecte, une action efficace de ce moteur divin sur nos volontés.
I. 1"' Dim. de l'Av.
A la Messe.
NOUS vous en supplions Seigneur, animez les volontés de vos fidèles, afin que, produisant avec plus d'ardeur les fruits des œuvres célestes, ils reçoivent par votre bonté des secours plus grands. Par Jésus-Christ.
EXCITA. qua»suinus Domine, tuorum fidelium voluntates, utdivini operis fructum propensius exsequentes, pietatis tua remédia majora percipiant. Per Dominum.
Les autres Collectes ci-dessus, page 106.
Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Colossiens Chap. i.
MES Frères, nous ne cessons point de prier pour vous et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de la volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelle, afin que vous marchiez d'une manière digne de Dieu, lui plaisant en toutes choses , portant des fruits en toute sorte de bonnes œuvres, et croissant dans la sdence Je Dieu, remplis de force en tout par la puissance de sa gloire, patients en toutes rencontres et d'une longanimité accompagnée de joie, rendant grâces à Dieu le Père qui nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints en nous éclairant de sa lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Colossenses. CXp. I.
FRATRES, Non cessamus pro vobis orantes et postulantes, ut impleaminiagnitione voluntatis Dei in omni sapientia, et intellectu spiritali : ut ambuletis digne Deo per omnia placentes : in omni opère bono fructificantes, et crescentes in scientia Dei : in omni virtute confortati secundum potentiara clarit.ntis ejus. in omni patientia, et longanimitate cum gaudio. gratias agentes Deo Patri, qui dignes nos fecit in partem sortis sancîorum in lumine : qui eripuit nos de potestate tenebrarum , et transtulit in regnum Filii dilectionis sua; ; in
6o8 Le Dernier Dimanche après la Pentecôte.
quo habemus redemptionem per sanguinem ejus, remissionem peccatorum.
transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé par le sang duquel nous avons reçu la rédemption et la rémission des péchés.
ACTION de grâces et prière : c'est le résumé de notre Epître et la digne conclusion des instructions de l'Apôtre, comme du Cycle entier de la sainte Liturgie. Le Docteur des nations n'a point défailli dans la tâche que lui avait confiée la Mère commune; il ne tient pas à lui que les âmes dont il avait pris la conduite au lendemain de la descente de l'Esprit d'amour, ne soient toutes parvenues aux sommets de perfection qu'il rêvait pour elles toutes. Et de fait, les chrétiens fidèles à marcher sans faiblir dans la voie ouverte, il y a un an, devant eux par la sainte Eglise, savent maintenant, pour en avoir acquis la bienheureuse expérience, que cette carrière de salut aboutissait sûrement à la vie d'union où règne en souveraine la divine charité ! En quel homme, du reste, pour peu que cet homme ait laissé prendre son intelligence et son cœur à l'intérêt que présente le développement des saisons liturgiques, en quel homme ne s'est pas développée du même coup la lumière ? Or la lumière est l'indispensable élément qui nous arrache à Vempire des ténèbres et nous transfère, par le secours du Dieu très-haut, dans le royaume de son Fils bienaimé. L'œuvre de la rédemption que ce Fils de son amour est venu accomplir ici-bas à sa gloire, n'a donc pu qu'avancer dans tous ceux qui se sont associes d'une façon quelconque aux pensées de l'Eglise, depuis les seA la Mess3.
bog
maines de l'Avent jusqu'en ces derniers jours du Cycle. Tous dès îors.'qui que nous soyons, nous devons rendre grâces à ce Père des lumières 2, qui nous a rendus dignes d'avoir une part, si minime soit-elle, à l héritage des saints.
Mais tous aussi, quelle qu'en soit la mesure, nous avons à prier pour que le don excellent - déposé dans nos cœurs, se prête au développement que doit lui apporter le nouveau Cycle à la veille de s'ouvrir. Le juste ne peut rester stationnaire ici-bas; il faut qu'il descende ou qu'il monte ; et quelle que soit la hauteur où Ta déjà porté la grâce, il doit toujours, tant qu'il est en cette vie, monter davantage 3. Les Colossiens, auxquels s'adressait l'Apôtre, avaient pleinement reçu l'Evangile; la parole de vérité semée en eux y fructifiait merveilleusement dans la foi, l'espérance et l'amour * : or, loin d'en prendre occasion de relâcher sa sollicitude à leur égard, leurs progrès sont précisément la raison pour laquelle •' saint Paul, qui priait déjà, ne cesse plus de le faire. Prions donc nous aussi. Demandons à Dieu qu'il nous remplisse encore et toujours de sa divine .Sagesse et de V Esprit d'intelligence. Nous en avons besoin pour répondre à ses intentions miséricordieuses. L'année qui va commencer réserve à notre fidélité des ascensions nouvelles, laborieuses peut-être; mais elles seront récompensées par des aspects nouveaux dans les jardins de l'Epoux, et la produc1. Jac. I, 17. — 2. Ibid. — 3.
6 10 Le Dernier Dimanche après la Pentecôte.
tion de fruits plus nombreux et plus suaves. Marchons donc d'une façon digne de Dieu, joyeux et forts sous le regard de son amour, dans la voie montante qui nous conduit au repos sans fin de la vision bienheureuse.
Le Graduel comme ci-dessus, page SgS.
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthxum. Cap. xxiv.
IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Cum videritis abominationem desolationis, quœ dicta est a Daniele propheta. stantem in loco sancto, qui legit intelli»»at : tune qui in Judœa sàni, fugiant ad montes : et qui in tecto, non descendat tollere aliquid de domo sua : et qui in agro non revertatur tôlière tunicam suam. Vas autem prxgnantibus, et nutrientibus in illis diebus. Orate autem ut non fiât fuga vestra in hieme, vel Sabbato. Erit enira tune tribulatio magna, qualis non fuit ab initio mundi usgue modo, neque fiet. Et nisi breviati fuissent dies illi, non fieret salva omnis caro : sed propter electos breviabuntur dies illi. Tune
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. xxiv.
EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Lorsque vous verrez l'abomination de la désolation prédite par le prophète Daniel établie dans le lieu saint (que celui qui lit comprenne) ; alors que ceux qui sont dans la Judée fuient aux montagnes; que celui qui sera sur le toit n'en descende point pour prendre quelque chose en sa maison ; que celui qui sera dans le champ ne retourne point prendre sa tunique. Mais malheur aux femmes qui seront enceintes ou allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que votre fuite n'arrive point en hiver ou le jour du Sabbat. Car la tribulation d'alors sera si grande, qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde, et qu'il n'y en aura point. Et si ces jours n'étaient pas abrégés, aucune chair ne seA la Messe.
6ii
■ rait sauvée ; mais ces jours seront abrégés à cause des élus. Si alors quelqu'un vous dit : X'oici que le Christ est ici, ou il est là, ne le croyez point. Car il s'élèvera beaucoup de faux christs et de faux prophètes, et ils feront des cnoses étonnantes et de grands prodiges, au point de tromper, s'il était possible, les élus eux-mêmes. Je vous en préviens. Si donc ils vous di.sent : Le voici dans le désert, ne sortez point ; Le voici dans le lieu le plus retiré de la maison, ne le croyez point. Comme l'éclair en effet sort de l'Orient et parait ;usqu'eD Occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. Partout où sera le corps, les aigles s'y rassembleront. Mais aussitôt après ces jours de tribulation, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, les vertus des cieux seront ébranlées. Et alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme, et alors se lamenteront toutes les tribus de la terre, et elles verront le Fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. Il enverra ses anges avec la trompette, et d'une voix éclatante ils rassembleront ses élus des quatre vents, d'une extrémité à l'ausi quis vobis dixerit : Ecce hic est Christus, aut illic : nolite credere. Surgènt enim pseudochristi, et pseudoprophetae : et dabunt signa magna et prodigia, ita ut in errorem inducantur (si fieri potest) etiam electi. Ecce prsedixi vobis. Si ergo dixerint vobis : Ecce in deserlo est, nolite exire : Ecce in penetralibus, nolite credere. Sicut enim fulgur exit ab Oriente, et paret usque in Occidentem: ita erit et adventus Filii hominis. TJbicumque fuerit corpus, illic congregabuntur et aquilae. Statim autem post tribulationem dierum illorum sol obscurabitur, et luna non dabit lucem suam, et stellae cadent de coelo, et virtutes coelorum cornmovebuntur : et tune parebit signum Filii hominis in cœlo : et tune plangent omnes tribus terra; : et videbunt Filium hominis venientem in nubibus cœli cum virtute multa et majestate. Et mittet Angeles suos cum tuba, et voce magna : et congregabunt electos ejus a quatuor ventis, a summis cœlorum usque ad terminos eorum. Ab arbore autera
6 12 Le Dernier Dimanche après la Pentecôte.
fici discite parabolam : cum jam ramus ejus tener fuerit, et folia nata, scitis quia prope est aestas ; ita et vos, cum videritis haec omnia, scitote quia prope est in januis. Amen dico vobis, quia non prasteribit generatio hase, donec omnia hsec fiant. Cœlum et terra transibunt, verba autem mea non praeteribunt.
tre du ciel. Prenez une corn-. paraison du figuier : quand ses branches sont déjà tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l'été est proche ; de même donc, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est tout près et à la porte. En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que toutes ces choses ne s'accomplissent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
BIEN des fois, dans les semaines de l'Avent, les circonstances qui accompagneront le dernier avènement du Seigneur ont fait l'objet de nos méditations ; sous peu de jours, les mêmes enseignements vont revenir pénétrer nos âmes d'une terreur salutaire. Qu'il nous soit permis aujourd'hui de nous retourner, dans le désir et la louange, vers le Chef adoré dont l'heure solennelle du jugement doit consommer l'œuvre et marquer le triomphe.
O Jésus, qui viendrez alors délivrer votre Eglise et venger Dieu d'insultes prolongées si longtemps, elle sera en effet terrible au pécheur cette heure de votre arrivée ! Il comprendra clairement alors que le Seigneur a tout fait pour lui-même, tout jusqu'à l'impie, réservé pour glorifier sa justice au jour mauvais 1. L'univers, conjuré pour la perte des
A la Messe. 6i3
méchants ', se dédommagera enfin de la servitude de péché «qui lui fut imposée -. Vainement les insensés crieront aux montagnes de les écraser, afin d'échapper au regard de celui qui siégera sur le trône ^ : l'abîme refusera de le^s engloutir ; obéissant à celui qui tient les clefs de la mort et de l'enfer *, il vomira jusqu'au dernier ses tristes habitants au pied du redoutable tribunal.
O Jésus, ô Fils de Ihomme, combien grande apparaîtra votre puissance, entouré que vous serez d'autre part des célestes phalanges ' formant votre cour brillante, et rassemblant vos élus des quatre coins de l'univers ! Car nous aussi, nous vos rachetés, devenus vos membres en devenant ceux de votre Eglise bien-aimée, nous serons là en ce jour ; et notre place, ineffable mystère ! sera celle que l'Epoux réserve à l'Epouse: votre trône ^, où. siégeant avec vous, nous jugerons les anges mêmes ". Dès maintenant tous les bénis du Père s, ces élus dont la jeunesse s'est tant de fois renouvelée comme celle de l'aigle au contact de votre sang précieux ', n'ont-ils pas leurs yeux préparés pour fixer sans faiblir, quand il se montrera au ciel, le Soleil de justice ? Dans leur faim accrue des lenteurs de l'exil, qui donc pourrait arrêter leur vol, quand paraîtra la proie sacrée de votre divin corps ? quelle force romprait l'impétuosité de l'amour 'Oqui les rassemblera
I. Sap. V, 2 1. — 2. Rom. vui, 21. — 3. Apoc. vi, i6.
— 4. Ibid. I, 18. — 3. Ibid. xix, 14. — 6. Ibid III, 21.
— 7.1 Cor. VI, 3. — 8. Matth. xxv, 3. — 9. Psalm. Cil, 3. — 10. Cant. VIII, 6.
6 14 -^^ Dernier Dimanche après la Pentecôte.
au banquet de la Pâque éternelle ? Car c'est la vie et non la mort, la destruction de l'antique ennemie ', la rédemption s'étendant jusqu'aux corps 2, le p\eix\ passage à la vraie terre promise, la Pdqiie en un mot, cette fois réelle pour tous et sans couchant, que proclamera la trompette de l'Ange sur les tombeaux des justes. Quelle ne sera pas l'allégresse de ce vrai jour du Seigneur ^, pour tous ceux qui par la foi ont vécu du Christ, qui l'ont aimé sans le voir ^ ! S'identifiant à vous, ô Jésus, malgré l'infirmité de leur chair fragile, ils ont continué ici-bas votre vie de souffrances et d'humiliations ; queJ triomphe, quand, délivrés à jamais du péché, revêtus de leurs corps immortels, ils seront transportés au-devant de vous pour être avec vous toujours ^ !
Mais leur joie immense sera surtout d'assister, en ce grand jour, à la glorification de leur Chef bien-aimé par la manifestation de la puissance qui lui fut donnée sur toute chair '>, C'est alors, ô notre Emmanuel, que, brisant la tête des rois et réduisant vos ennemis à vous servir de marchepied ^, vous apparaîtrez comme le seul prince des nations ">. C'est alors que le ciel, la terre et l'enfer réunis, fléchiront les genoux ^ devant ce Fils de l'homme venu autrefois dans la forme d'esclave, jugé, condamné, mis à mort entre des scélérats ; alors vous jugerez, ô Jésus, les
9. Philip. II, 10.
A la Messe. 6i5
juges iniques auxquels vous annonciez, du sem de vos humiliations, cette venue sur les nuées du ciel '. Et lorsque, la redoutable sentence une fois prononcée, les réprouvés irjont au supplice éternel et les justes à la vie sans fin -, votre Apôtre nous apprend que, pleinement vainqueur de vos ennemis, roi sans conteste, vous remettrez au Père souverain ce royaume conquis sur la mort, comme l'hommage parfait du Chef et des membres ^. Dieu sera tout en tous. Ce sera l'accomplissement de la prière sublime que vous apprîtes aux hommes *, et qui s'élève plus fervente chaque jour du cœur de vos fidèles, lorsque, s'adressant à leur Père qui est auxcieux, ils lui demandent sans se lasser, au milieu de la défection générale, que son Nom soit sanctifié, que son règne arrive, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Incomparable sérénité de ce jour où cessera le blasphème ; où, purifiée par le feu de la fange du péché, la terre sera un nouveau paradis ! Quel chrétien donc ne tressaillirait, dans l'attente de ce dernier des jours qui ouvrira l'éternité ? qui ne compterait pour bien peu les angoisses de la dernière heure, à la pensée que ces souffrances ne signifient rien autre chose sinon, comme le dit l'Evangile, que le Fils de l'homme est tout près et à la porte ?
O Jésus, détachez-nous toujours plus de ce monde dont la figure passe " avec ses vains travaux, ses g/oires contrefaites et ses faux
i. Matth. XXVI, 64. — 2. IbiJ. XXV, 46. — 3. I Cor. XV, 24-28. — 4. Matth. vi, 9. — 5. I Cor. vu, 3i.
6 16 Le Dernier Din.anche après la Pentecôte.
plaisirs. Ainsi que vous nous l'aviez annoncé, comme aux jours de Noé, comme à Sodome, les hommescontinuentde mangeret de boire, de s'absorber dans le trafic etla jouissance ; sans plus songer à la proximité de votre avènement que leurs devanciers ne se préoccupèrent du feu du ciel et du déluge, jusqu'à l'instant qui les perdit tous '. Laissons-les se réjouir et s'envoyer des présents, comme le dit votre Apocalypse, à la pensée que c'en est fait du Christ et de son Eglise 2, Tandis qu'ils oppriment en mille manières votre cité sainte, et lui imposent des épreuves qu'elle n'avait point connues, ils. ne se doutent pas que ce sont les noces de l'éternité qu'ils avancent ; il ne manquait plus à l'Epouse que les joyaux de ces épreuves nouvelles, et la pourpre éclatante dont l'orneront ses derniers martyrs. Pour nous, prêtant l'oreille aux échos de la patrie, nous entendons déjà sortir du trône la voix qui crie, au bruit des tonnerres qu'entendit le prophète de Pathmos : « Louez notre Dieu, vous tous « ses serviteurs, vous tous qui le craignez, « petits et grands. Alléluia ! car il règne notre « Seigneur tout-puissant. Réjouissons-nous « et tressaillons, rendons-lui gloire ; car le « temps des noces de l'Agneau est arrivé, et « son Epouse s'est préparée 3 ! » Encore un peu de temps, afin que se complète le nombre de nos frères ^ ; et, avec l'Esprit et l'Epouse, nous vous dirons dans l'ardeur de nos âmes trop longtemps altérées : « Vene^, ô Jésus •' .'
I. Luc. XVII, 26-3o. — 2. Apoc. XI, 10. — 3. Ibid.
SIX, 5-7. — 4. Ibid. VI, II. — 5. Ibid. xxil, 17.
A la Messe.
venez nous consommer dans l'amour par Punion éternelle, à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans les siècles sans fin ! »
L'Otfertoire comme ci-dessus, page SgS.
Demandons au Seigneur, dans la Secrète, qu'à l'approche du dernier jugement il tourne vers lui tous les cœurs, et qu'il daigne remplacer en nous les appétits de la terre par les désirs et les goûts du ciel.
SOVEZ propice. Seigneur, à nos supplications, et, recevant les dons et les prières de votre peuple, tournez vers vous tous nos coeurs; faites que, délivrés des appétits de la terre, nous passions aux désirs du ciel. Par JésusChrist.
PROPiTius esto, Domine, supplicationibus nostris : et populi tui oblationibus precibusque susceptis, omnium nostrum ad te corda converte; ut a terrenis cupiditatibus liberati, ad cœ- lestia desideria transeamus. Per Dominum.
Les autres Secrètes , comme ci-dessus, page 118. •
La Communion comme ci-dessus, ^<3g"e SgS.
Puisse le divin Sacrement, comme l'Eglise le demande dans la Postcommunion, giiérir pleinement, par sa vertu, ce qu'il peut à la fin de cette année rester encore de vicieux dans nos âmes !
ACCORDEZ-Notis selon notre demande. Seigneur, ;a considération du sacreCONCEDE nobis, quaesumus Domine, ul per haec sacramenta ,
6 1 8 Le Temps après la Pentecôte.
quae sumpsimus, quidquid in nostra mente vitiosum est, ipsorum medicationis dono curetur. Per Dominum.
Les autres .page 11 g.
ment que nous venons de recevoir, que tout ce qui est vicieux dans notre âme soit réformé par sa vertu guérissante. Par Jésus-Christ.
Postcommunions ci-dessus
ES Psaumes, les Antiennes, le ^Capitule, • l'Hymne et le Wersex, ci-dessus, pages b2-h\ .
ANTIENNE DE Magnificat.
AMEN dico vobis, quia non prœteribit generatio haec, donecomnia fiant: cœlum et terra transibunt, verba autem mea non transibunt, dicit Dominus.
EN vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que toutes ces choses ne s'accomplissent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point, dit le Seigneur.
L'Oraison ci-dessus, page 607.
LES considérations que nous a inspirées l'Evangile , trouveront leur expression liturgique dans cette belle Préface du Sacramentaire gallican.
VERE dignum et jus- /'^'est une chose vraiment
tum est, omnipotens v- * digne et juste, Dieu toutDeus, te glorificare, et puissant, de vous glorifier,
tibi cum timoré et tre- de chanter vos louanges qui
more immensas laudes dépassent toute mesure, avec
canere, Deus noster, qui crainte et tremblement, ô
notre Dieu qui avez résolu de juger le genre humain par votre Fils notre Seigneur. O combien grande et profonde est cette disposition de la Sagesse de remettre le jugement à ce même JésusChrist notre Seigneur si grand et si beau, que le très cruel peuple Juif osa percer de blessures ! Celui-là vient juger qui fut condamné, celui-là vient juger qui porta la croix, celui-là vient juger dont le cœur fut blessé par la perfidie des Juifs. Il vient, et les mains qu'il étendra pour !e jugement sont celles où furtnt fi.\és les clous >,t qui en gardent à jamais la marque, ainsi qu'il est écrit : Ils verront celui qu'ils ont transpercé, et toutes les nations de la terre pousseront des lamentations. Jour de tribulation pour les impies qui s'y verront condamnés ; jour de triomphe et d'allégresse pour les justes, en même temps que de honte pour les impies ; les justes y seront inondés de grâces, et le peuple Juif plongé dans la confusion. O combien dur et difficile sera ce jour, combien effrayant et terrible ! jour de colère, de tribulation et d'angoisse, jour de malheur et de misère, jour de ténèbres et de nuit, d'orage et de tourbillons, où sonnera la trompette, où le ciel tremper Filium tuum Dominum nostrum genus humanum judicare disposuisti. O quam magna et alla sapientia factutn est hoc, ut ille Dominus noster Jésus Christus venerabilis statu, et pretiosus forma judicaret, quam crudelissima plebs Judaeorum praesumpsit sauciare. Ille venturus est judicare qui pœnam sustinuit, ille venturus est judicare qui crucem portavit, ille venturus est judicare cujus latus Judaica perfidia vulneravit. Ille venturus manus tendit ad judicandum, ubi clavi confixi sunt, et ipsa signa permanent in aeternum, sicut scriptum est Videbunt quem
transfi.xerunt, etptangent se cunctae tribus terrae. Ibi erit tribulatio, et impiis condemnatio ; ibi erit justis exsultatio, et impiis condemnatio ; ibi erit justis jocunditas et impiis verecundia : ibi erit justis gratia defusa, et plebs Judaeorum erit confusa. O quam gravis et laboriosa est dies illa 1 û quam terribilis et horribilis est dies illa, dies irse, dies tribulationis et angustiae, dies calamitatis et miseriae. dies lenebrarum et caliginis, dies
020 Le Temps après la Pentecôte.
blera comme la terre, où tous les justes eux-mêmes seront dans le trouble et l'effroi ; alors toute cause ser i discutée, et l'on donnera a chacun selon ses œuvres.
nebulse et turbinis, dies tubae et clangoris : ubi cœlura cum terra contremiscit, et omnes justi teruibiliter conturbantur : ubi Q.mnis causa véntilatur, et unicuique secundum opéra sua dispensatur.
Nous ne saurions mieux terminer dans l'esErit de ce jour nos emprunts aux diverses iturgies, qu'en faisant suivre l'Illation donnée l3imanche des deux formules qui lui servent de complément au Missel mozarabe.
VERE bone Dens : vere pie Domine Deus : te solum gloria decat. Qui pro nobis te ipsura a te ipso unb hseredeque Christpante saecula Filio Dei, et in fine saeculorum filio hominis, super aram crucis Deo Patri expiationem peccatorum nostrorura offerri voluisti : docens nos celebritatem sacramenti hujus et pia fide et munda operatione
£ratissima frequentare. argireergo :utquicquid in occasu diei ; quicquid in defectu mundi ; quicquid in resolutionis defectu labimur : ' pietas tua et indesinenti consolatione confoveat : et ad œterna; exsultatioms participationem
DIEU vraiment bon. Seigneur Dieu véritablement miséiicordieux, à vous seul convient la gloire. Pour nous vous avez voulu voiu offrir vous-même à vousmême, lorsque le Christ, l'unique héritier, Fils de Dieu avant les siècles et fils de l'homme sur la fin des siècles, s'est présenté sut l'autel de la croix à Dieu le Père en expiation de nos péchés ; en même temps vous instruisiez notre reconnaissance à célébrer la solennité de ce mystère dans une foi pleine d'amour et la pratique des vertus. Octroyez-nous qu'en cette chute du jour, en ce déclin du monde, ^ en cette dissolution de notre être, votre amour console sans fin nos pertes et nous conduise à la
Le Dernier Dimanche après la Pentecôte. 621
participation de réternellc 1 adducat : Christe Domiallégresse : ô Christ Sel- ne ac Redemptor aeterne. gneur, Rédempteur éternel 1 I
LES mystères de notre rédemption et de votre grâce sont accomplis. Nous vous rendons grâces, nous vous bénissons, Seigneur Jésus-Christ Fils du Dieu vivant : vous qui guérissez les blessures de noe péchés ; vous qui restaurez pour la vie le déclin de nos jours ; vous qui. comme gage consolant du bonheur espéré, nous avez donné l'Esprit- Saint ; vous qui nous donnerez l'éternelle douceur en la terre des vivants. Maintenant donc que l'imminence de la résurrection nous rapproche de cette félicité, daignez nous consoler en ce jour d'ici-bas ; ne nous laissez pas périr à la peine et dans la souillure du péché ; que le passage de cette vie à 1 autre nous introduise en la douceur de votre amour, pour demeurer avec vous sans fin dans la bénédiction et la louange. AmenCMPLETIS nostrje redemptionis et tus gratia: documentis. Referentes tibi gratias : benedicimus te, Domine Jesu Christe Fili Dei vivi : qui sanas vulnera peccatorum nostrprum : qui ad vitam reparas nostrum occasum : qui spem beatitudinis dedisti nobis in consolationis pignore Spiritum Sanctum : qui dabis aeternam mansuetudinem in regione vivorum ; dum ergo illam resurgendi tempus adducit : hic nos dignare in die consolari : laboris immundi non perire pernicie : et in transitu nostro ad te venire in tus dilectionis dulcedine: et in tua laude atque benedictione tecum persistere sine fine.
Amen.
i^
APRÈS l'Epiphanie
s ein p i terne Deus, infirtnitatem nostram propitius respice : atque ad protegendum nos, dexteram tuae majestatis extende. Per Dominum.
lEU tout-puissant et éternel, regardez d'un œil favorable notre faiblesse, et étendez, pour nous secourir, le bras de votre majesté. Par JésusChrist.
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Roni?nos. Cap. xh.
FRATRES, Nolite esse prudentes apud vosmetipsos : nulli malum pro malo reddentes : providentes bona non tantum coram Deo, sed etiam coram omnibus hominibus ; si fieri potest, quod ex vobis est, cum
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Romains. Chap. xil
MES Frères, ne soyez point sages à vos propres yeux. Ne rendez à personne le mal pour le mal. Ayez soin de faire le bien, non seulement devant Dieu, mais encore devant tous 1 e s hommes. S'il est possible, et autant qu'il est en vous,
Le Trois. Dimanche après l' Epiphanie. 623
ayez la paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes très chers ; mais laissez s'éloigner la colère. Car il est écrit : A moi \t vengeance ; c'est moi qui la ferai, dit le Seigneur. Mais si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger; s'il a soif, donnez-lui à boire. Car, en agissant de la sorte, vous amasserez des charbons de feu sur sa tète. Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais surmontez le mal par le bien.
omnibus hominibus pacem habentes : non vosraetipsos defendentes, carissimi, sed date locum irse ; scriptum est enini : Mihi vindicta, ego retribuam, dicit Dominus. Sed si esurierit inimicus tuus, ciba illum; si sitit, potum da illi : hoc enim faciens, carbones ignis congères super caput ejus. Noii vinci a malo, sed vince in bono malum.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. vm.
EN ce temps-là, Jésus étant descendu de la montagne, des foules nombreuses le suivirent. Et voici qu'un lépreux, venant à lui, l'adorait en disant : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. Et Jésus, étendant la main, le toucha en disant : Je le veux, sois gnéri. Et aussitôt sa lèpre fut guérie. Et Jésus lui dit : Vois, ne dis cela à personne, mais va, montre-toi au Prêtre, et offre le don prescrit par Moïse, afin que cela leur serve de témoignage. Jésus étant entré dans Capharnaùm- un centurion s'apSequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. viii.
IN illo tempore : Cum descendisset Jésus de monte, secutae sunt eum turbae multae ; et ecce leprosus veniens, adorabat eum dicens : Domine, si vis, potes me mundare. Et exiendens Jésus manum, tetigit eum dicens: Volo, mundare. Et confestim mundata est lepra ejus. Et ait illi Jésus • Vide, nemini dixeris ; sed vade, ostende te Sacerdoti, et offer munus, quod prsecepit Moyses, in testimonium illis Cum autem introisset Capharnaum,
624 Le Temps après la Pentecôte.
accessit ad eum centurio, rogans eum et dicens : Domine, puer meus jacet in domo paralyticus, et maie torquetur. Et ait illi Jésus : Ego veniam et curabo eum. Et respondens centurio, ait : Domine, non sum dignus ut intres sub tectura meum ; sed tantum die verbo, et sanabitur puer meus. Nam et ego homo sum sub potestate constitutus, habens sub me milites, et dico huic : Vade, et vadit ; et alii : Veni, et yenit ; et. servo meo : Fac hoc, et facit. Audiens autem Jésus, miratus est, et sequentibus se dixit : Amen dico vobis, non inveni tantam fidem in Israël. Dico autem vobis, quod multi ab Oriente et Occidente venient, et recumbent eum Abraham et Isaac et Jacob in regno cœlorum ; filii autem regni ejicientur in tenebras exteriores : ibi erit fletus et stridor dentiura. Et dixit Jésus centurioni ; Vade, et sicut credidisti, fiât tib"i. Et sanatus est puer in illa hora.
procha de lui et lui fit cette prière, disant : Seigneur, mon serviteur est chez moi malade au lit d'une paralysie, et il en soufi're beaucoup. Et Jésus lui dit: J'irai e|^ je le guérirai. Et le centurion lui répondant, dit : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. Car quoique je sois un homme soamis à d'autres, j'ai néanmoins des soldats sous moi, et quand je dis à l'un : Va là, il y va ; et à l'autre: Viens ici, il y vient ; et à mon serviteur : Fais cela, il le fait. Or, Jésils, entendant ces paroles, fut dans l'admiration, et il dit à ceux qui le suivaient : En vérité, je vous le dis, je n'ai pas trouvé une si grande foi en Israël. Aussi je vous le déclare, beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux : tandis que les enfants du royaume seront jetés ians les ténèbres extérieures, où il y aura pleur et grincement de dents. Et Jésus dit au centurion : Va, et comme tu as cru, qu'il te soit fait. Et le serviteur fut guéri à l'heure même.
Le Trois. Dimanche après V Epiphanie. 62 5
Y-, AiTES, Seigneur, nous p vous en supplions, que cette hostie efface nos péchés, et qu'elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs, pour célébrer dignement ce Sacrifice. Par Jésus-Christ.
- . X.C hostia, Domine Y\ qussumus, emundet nostra delicta : et ad sacrificium celebrandum subditorum tibi corpora, mentesque sanctihcet. Per Dominum.
_ EIGNEUR, vous qui nous ^ faites la grâce de participer à de si grands Mystères, rendez-nous dignes, s'il vous plait, d'en recevoir les effets avec vérité. Par Jésus-Christ.
uos tantis, Domine: irgiris uti myste qussumus ; effectibus nos eorum veraciier aptare digneris Per Dominum.
ms :
ut
ANTIENNE DE MaglÙficat.
_ EIGNEUR, si vous voulez, ^ vous pouvez me guérir ; et Jésus lui dit : Je le veux, sois guéri.
—^ OMINE, si vis, pote.i Yj me mundare ; et ait Jésus : Volo, mundare.
"EUS, qui nos in tantis periculis constitutos , pro humana sels fragilitate non posse subsistere : da nobis salutera mentis et corporis ; ut ea. quae pro peccalis nostris patimur, te adjuvante, vincamus. Per Dominum.
Dieu, qui savez que, dans notre humaine fragilité, nous ne pourrionssubsister au milieu de tant de périls qui nous environnent ; donneznous la santé de l'âme et du corps, afin que nous surmontions, par votre assistance, les maux que nous endurons pour nos péchés. Par JésusChrist.
Lectio Epistolx beati Pauli Apostoli ad Romanes. Cap. XIII.
FRATRES, Nemini quidquam debeatis , nisi ut invicem diligatis : qui enim diligit proximum, legem implevit.
Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul, Apôtre, aux Romains. Chap. xiii.
MES Frères, ne demeurez redevables à personne, si ce n'est de l'amour que vous vous devez les uns aux autres; car celui qui aime
Le Quatr, Dimanche après l'Epiphanie. 627
son prochain accomplil la loi. En etVet, ces paroles : Tu ne commettras point d'adultère; Tu ne tueras point; Tu ne déroberas point; Tu ne porteras point faux témoignage; Tu ne convoiteras point, et tout autre commandement semblable, sont résumées dans cette autre parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L'amour qu'on a pour le prochain ne souffre point qu'on lui fasse du mal. L'amour est donc la plénitude de la loi.
Nam : Non adulterabis ; Nonoccides; Non furaberis; Non falsura testimonium dices; Non concupisces, et si quod est aliud mandatum, in hoc verbo instauratur : Diliges pro.ximum tuum sicut tei'psum. Dilectio proximi malum non operatur. Plénitude ergo Icgis esc dilectio.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
TJN ce tempe-là, Jésus monta t sur une barque, étant accompagné de ses disciples ; et voici qu'une grande tempête s'éleva sur la mer. au point que la barque était couverte par les flots; et lui cependant dormait. Et ses disciples s'approchèrent de lui, et ils l'éveillèrent, disant : Seigneur, sauveznous, nous périssons. Et Jésus leur dit : Pourquoi êtes-vous ainsi timides, hommes de peu de foi ? Alors se levant, il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. Ceux qui étaient présents furent saisis
Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. viii.
IN illo tempore : Ascendente Jesu in naviculam, secuti sunt eum discipuli ejus : et ecce motus magnus factus est in mari, ita ut navicula operiretur fluctibus, ipse vero dormiebat. Et accesserunt ad eum discipuli ejus, et suscitaverunt eum dicentes : Domine, salva nos. perimus. Et dicit eis Jésus : Quid timidi estis, modicje fidei ? Tune surgens , imperavit ventis et mari; et facta est tranquillitas magna. Porro homines mirati sunt, dicentes •
628 Le Temps après la Pentecôte.
Qualis est hic, quia 1 d'admiration, et ils disaient : venti et mare olsediunt Quel est celui-ci, à qui la ei ? mer et les vents obéissent ?
—, ONCKDE , quassumus (_^ omnipotens Deus, utkujus sacrificii munus oblatum , fragilitatem oostram ab omni malo purget semper, et muniat. Per Dominum.
AIGNEZ faire, ô Dieu toutpuissant, que l'offrande ce Sacrifice délivre notre fragilité de tous maux et la fortifie sans cesse. Par JésusChrist.
MU N E R A tua nos, Deus, a delectationibus terrenis expédiant, et coelestibus semper instaurent alimentis. Per Dominum.
dons, ô Dieu, détachent des
UE vos nous jouissances terrestres, et que ce céleste alimetit répare toujours nos forces. Par Jésus-Christ.
ANTIENNE DE Magnificat.
— ^ OMiNE, salva nos, peYj rimus; impera, et rac, Deus, tranquillitatem.
sauvez-nous,
nous périssons: commandez, ô Dieu, et rendez la tranquillité.
APRÈS l'Epiphanie.
plions. Seigneur, de garder votre famille par une continuelle miséricorde, et de défendre par votre constante protection celle qui se repose sur la seule espérance de votre grâce. Par Jésus-Christ.
AMILIAM tuam, q u X s u m u s Domine. continua pietate custodi : ut qua? in sola spe gratias cœlestis innititur, tua semper protectione muniatur. Per Dominum.
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Colossiens. Chap. iii.
^ ES Frères, revêtez-vous, comme il convient à des élus de Dieu, saints et bienaimés, d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de modestie, de patience; vous supportant mutuelleLectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Colossenses. Cap. m.
pRATRES, Induite vos •' sicut electi Dei, sancti, et dilecti, viscera misericordiœ. benignitatem, humilitalem, modestiam, palientiam. supportantes invicem, et
63 0 Le Temps après la Pentecôte.
donantes vobismetipsis, si quis adversus aliquem habet querelam : sicut et Dominus donavit vobis, ita et vos. Super omnia autem hase charitatem habete, quod est vinculum perfectionis : et pax Christi exsultet in cordibus vestris, in qua et vocati estis in uno corpore : et grati estote. Verbum Christi habitet in vobis abundanter, in omni sapientia, docentes, et commonentes vosmetipsos, psalmis, hymnis, et canticis spiritualibus, in gratia cantantes in cordibus vestris Deo. Omne quodcumque facitis in verbo aut in opère, omnia in nomine Domini Jesu Christi, gratias agentes Deo et Patri per Jesum Christuni Dominum nostrum.
ment, vous pardonnant les uns aux autres, si quelqu'un a des sujets de plainte contre son frère. Comme le Seigneur vous a pardonné, ainsi faites vous-mêmes. Mais, sur toutes choses, ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix de Jésus-Christ tressaille dans vos cœurs, cette paix à laquelle vous avez été appelés pour ne former qu'un seul corps, et soyez-en reconnaissants. Que la parole du Christ habite en vous avec plénitude, en toute sagesse. Instruisez-vous et exhortezvous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs avec édification. Quoi que vous fassiez, parole ou action, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces au Dieu et Père, par JésusChrist notre Seigneur.
Sequentia sancti Evangelii secundum Matth«eum Cap. xiii.
IN illo tempore : Dixit Jésus turbis parabolam hanc : Simile factum est regnum cœlorum homini, qui seminavit bonum semen in agro suo. Cum autem
La suite du safnt Evangile selon saint Matthieu. Chap. xiii.
EN ce temps-là, Jésus dit à la foule cette parabole ; Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bon grain dans son champ ; mais pendant que les hommes dormaient,
l'ennemi vint, sema de livraie parmi le froment, et se relira. Quand l'herbe eut poussé et qu'elle fut montée en épi, l'ivraie commença aussi à paraître. Les serviteurs du père de famille vinrent lui dire : Seigneur, n'avez-vous donc pas semé de bon grain dans votre champ ? d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? Et il leur répondit : C'est l'homme ennemi qui a fait cela. Ses serviteurs lui dirent : Voulez-vou5! que nous allions l'orracher? Non, leur répondit-il, de peur qu'en cueillant l'ivraie, vous n'arrachiez en même temps le froment. Laissez-les croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Cueillez premièrement l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler; mais amassez le froment dans mon grenier.
dormirent homines, vcnit inimicus ejus, et superseminavit zizania in medio tritici, et- abiit. Cum autem crevisset herba, et fructum fecisset, tune apparuerunt et zizania. Àccedentes autem servi patris familias, dixerunt ei : Domine, nonne bonum semen seminasti in agro tuo ? Unde ergo habet zizania ? Et ait illis : Inimicus homo hoc fecit. Servi autem dixerunt ei ; Vis, imus, et colligimus ea ? Et ait : Non : ne forte colligentes zizania, eradicetis simul cum eis et triticum. Sinite utraque crescere usque ad messem, et in tempore messis dicam messoribus : Colligite primum zizania, et alligate ea in fasciculos ad comburendum, triticum autem congregate in horreum meum.
Nous vous offrons, Seigneur, ces hosties de protiation, afin que dans votre miséricorde vous pardonniez nos péchés, et que vous conduisiez nos cœurs chancelants. Par Jésus-Christ.
HOSTIAS tibi, Domine, placationis offerimus, ut et delicta nostra miseratus absolvas, et nutantia corda tu dirigas. Per Dominum.
632 Le Temps après la Pentecôte.
OU*;suMUS omnipotens Deus : ut illius salutaris capiamus eflfectum, cujut per haec mysteria pignus accepimus. Per Dominum.
pAITES, ô Dieu tout-puissant, que nous obtenions l'effet du salut dont nous avons déjà reçu le gage dans ces Mystères. Par JésusChrist.
ANTIENNE DE Magnificat.
/~'oLLIGlTE p r i m u m ^^ zizania, et alligate ea in fasciculos ad comburendum : triticum autem congregate in horreum meum, dicit Dominas.
r^UEiLLEZ premièrement l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler ; mais amassez le froment dans mon grenier, dit le Seigneur.
^é^itl^^^^^^S
APRÈS l'Epiphanie.
A'TES , s'il vous
plaît. Dieu toutpuissant , que , sans cesse occupes de pensées raisonnables , nous cherchions constamment à vous plaire dans nos paroles et dans nos actions. Par JésusChrist.
R.€STA, quaesumus omnipotens Deus : ut semper rationabiliamequs tibi sunt placita et dictis exsequamur, et factis. Per Dominum.
ditantes.
Lecture de l'Epitre du bien- | Lectio Epistola; beat» heureux Paul, Apôtre, aux ~ ■• ■ Thessaloniciens. Chap. i.
l^ES Frères, nous rendons * sans cesse grâces à Dieu pour vous tous, et nous faisons continuellement mémoire de vous dans nos prières. Nous nous souvePauli Apostoli ad The ssalonicenses. Cap. i
pRATRES, Gratias agimus Deo semper pro omnibus vobis, memoriam vestri facientes in orationibus nostris sine interraissione, memores
operis fidei vestrse, et laboris et charitatis, et sustinentias spei Domini nostri Jesu Christi, ante Deum et Patrem nostrum : scientes, fratres dilecti a Deo, electionem vestram : quia Evangèlium nostrum non fuit ad vos in sermone tantum, sed et in virtute, et in Spiritu Sancto, et in plenitudine multa, sicut scitis quales fuerinius in vobis propter vos. Et vos imitatores nostri facti estis, et Domini, excipientes verbum in tribulatione multa, cum gaudio Spiritus Sancti : ita ut facti sitis forma omnibus credentibus in Macedonia, et in Achaia. A vobis enim diffamatus est sermo Domini, non solum in Macedonia, et in Achaia, sed et in omni loco fides vestra, qua; est ad Deum, profecta est, ita ut non sit nobis necesse quidquam loqui. Ipsi enim de nobis annuntiant qualem introitum habuerimus ad vos : il quomodo conversi estis ad Deum a simulacris, servire Deo vivo, et vero, et exspectare Filium ejus de ccelis (quem suscitavit ex mortuis) Jesum, qui eripuit nos ab ira ventura.
nons devant notre Dieu et Père, des œuvres de votra foi, de vos travaux, de votre charité, et de la fermeté d'espérance que vous avez en notre Seigneur Je su s - Christ. Nous savons, frères chéris de Dieu, quelle a été votre élection ; car notre Evangile au milieu de vous n'a pas été seulement en paroles, mais accompagné de prodiges, soutenu de l'Esprit-Saint, et favorisé d'une abondante plénitude. Vous savez aussi de quelle manière, étant parmi vous, nous avons été à votre égard. Et vous, vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la parole parmi de grandes tribulations, avec la joie de l'Esprit-Sàint, en sorte que vous êtes devenus l'exemple de tous ceux qui ont embrassé la foi dans la Macédoine et dans l'Achaïe. Et non seulement vous êtes cause que la parole du Seigneur s'est répandue avec éclat dans la Macédoine et dans l'Achaïe ; mais la foi que vous avez en Dieu est devenue si célèbre, qu'il n'est pas même nécessaire que nous en parlions. Eux-mêmes racontent, en parlant de nous, le succès de notre arrivée parmi vous, et comment, a}'^ant quitté les idoles, vous vous êtes convertis à
Le Sixième Dimanche après r Epiphanie. 635
Dieu, pour servir ce Dieu vivant et véritable, et pour attendre du ciel son Fils, qu'il a ressuscité d'entre les morts, et qui nous a délivrés de la colère à venir.
La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.
EN ce temps-là, Jésus dit à la foule celte parabole : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme prend et sème dans son champ : c'est la plus petite de toutes les graines; mais, quand elle a poussé, c'est le plus grand de tous les légumes, et cette plante devient un arbre, en sorte que les oiseaux du ciel viennent se reposer sur ses rameaux. Il leur dit encore cette autre parabole : Le royaume des cieux est semblable à un levain qu'une femme prend et qu'elle cache dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée. Jésus dit toutes ces choses au peuple en paraboles, et il ne leur parlait point sans paraboles, afin que cette parole du Prophète fût accomplie : J'ouvrirai ma bouche pour dire des paraboles ; je publierai des choses qui ont été cachées depuis la création du monde.
Sequentia sancti Evangelii secundum Alatthasum. Cap. xiii.
IN illo tempore : Dixit Jésus turbis parabolam hanc : Simile est regnum cœlorum grano sinapis, quod accipiens homo seminavit in agro suo : quod minimum quidem est omnibus seminibus : cum autem creverit, majus est omnibus oleribus, et fit nrbor, ita ut volucres cœli veniant, et habitent in ramis ejus. Aliam paraholam locutus est eis : Simile est regnum cœlorum fermente, quod acceptum mulier abscondit in farinoe satis tribus, donec fermentatum est totum. HïEC omnia locutus est Jésus in parabolis ad turbas: et sine;parabolis non loquebatur eisut impleretur quod dictum erat per Prophetam, dicentem : Aperiam in parabolis os meum, eructabo abscondita a constitutions mundi.
636 Le Temps après la Pentecôte.
\JjEC nos oblatio,Deus,
* •* mundet, quaesumus, et renovet, gubernet, et protegat. Per Dominum.
Uaites, s'il vous plaît, ô Dieu, que cette oblation nous purifie et nous renouvelle, qu'elle nous régisse et' nous protège. Par JésusChrist.
CŒLESTIBUS, Domine, pasti deliciis, quaesumus, ut semper eadem, per quje veraciter viviraus. appetamus. Per Dominum.
\J ous nous avez nourris, ^ Seigneur, de vos célestes délices ; faites, s'il vous plail, que nous aspirions sans cesse à cette nourriture par laquelle nous obtenons la véritable vie. Par JésusChrist.
CiMILE est regnum cœ- *^ lorum fermento, quod acceptum mulier abscondit in farinas satis tribus, donec fermentatum est totum.
ANTIENNE DE Magnificat.