L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 25)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

I E royaume des cieux est

^ semblable à du levain

qu'une femme prend et qu'elle cache dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée.

w '^i^^. Dimanche, si la Messe à lal. -V^xS quelle on assiste est paroisJ'^'^^fé'S siale, deux rites solennels, l'AsM'^^^»^! P^^^^o^ ^^ l'Eau bénite, et en '-^j:'r,.4^$m^l beaucoup d'églises la Proces■,^_t%^AMJi:^ sion, devront d'abord intéresser

la piété.

arroserez, Sei- 1 A sperges gneur, avec l'hysope, et | -^ hyssopo, et mundaVous m'arroserez, Sei- 1 A sperges me. Domine, gneur, avec l'hysope, et | -^

2 Le Temps après la Pentecôte.

bor : lavabis me, et super

je serai purifié; vous me lanivein dealbabor.

verez, et je deviendrai plus blanc que la neige.

Ps. 0 Dieu, ayez pitié de

Ps. Miserere mci,

Deus, secundummagnam

moi selon votre grande misémisericordiam tuam.

ricorde. Gloire au Père. Vous

Gloria Pairi. Asperges

m'arroserez.

me.

f. Ostende nobis. Dof. Montrez-nous, Seimine, misericordiam

gneur, votre miséricorde,

tuam,

^. Et Salutare tuum

iî. Et donnez-nous le Salut

da nobis.

que vous nous avez préparé.

f. Domine, exaudi ora^. Seigneur, exaucez ma

tionem meara,

prière ,

i^. Et clamor meus ad

^. Et que mon cri monte

te veniat.

jusqu'à vous.

j>. Dominus vobiscum;

f. Le Seigneur soit avec vous ;

^. Et cum spiritu tuo.

1^. Et avec votre esprit.

ExaudI nos, Domine

Exaucez-nous, Seigneur

sancte , Pater omniposaint. Père tout-puissant.

tens, œterne Deus : et

Dieu éternel ; et daignez enmittere digneris sanctum

voyer du ciel votre saint

Angelum tuum de cœlis,

Ange qui garde, protège, visite et défende tous ceux

qui custodiat, foveat,

'l protegat, visitet, atque : Jefendat omnes habiqui sont rassemblés en ce

lieu. Par Jésus-Christ notre

tantes in hoc iiabitaculo.

Seigneur. Amen.

Fer Christum Dominum

nostrum. Amen.

Ordinaire de la Messe.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Je m'unis ô mon Dieu ! à votre sainte Eglise, qui tressaille de joie à l'approche de Jésus-Christ votre Fils, notre Autel véritable.

GOMME elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.

C'est en vous que j'ai mis mon espérance, et cependant je me sens triste et inquiet à cause des einbûches qui me sont tendues.

Faites-moi donc voir celui qui est la lumière et la vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.

Il est le médiateur, l'autel vivant ; je m'approcherai de lui, et je serai dans la joie.

Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme ! ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.

Espère en lui ; bientôt il va paraître, celui qui est ton Sauveur et ton Dieu.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, maintenant et touIN nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

j^. Introibo ad altare Dei,

^. Ad Deum qui laetificat juventulem meam.

JUDiCAme, Deus, et discerne causam meara de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso erue me.

Quia tu es, Deus. fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo, dum afBigit me inimicus ?

Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.

Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui lœtificat juventutem meam.

Confitebor tibi in cithara. Deus, Deus meus: quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?

Spera in Dec, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei, et Deus meus.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et iu

sœculorum. A- [ntroibo ad altare

sxcula racn.

Dei,

^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

f. Adjutorium nostrum in nomine Domini,

^. Qui fecit cœlum et terram.

jours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Je vais donc ni'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence de celui dont la venue rajeunit mon àme.

Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.

Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans l'âme du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d'une telle grâce. Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour avec contrition

CONFITEOR Deo omnipotenti, beatœ Mariae semper Virgini, beato Michaeli Archangelo, beato Johanni Baptistae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peçcavi nimis cogitaiione, verbo et opère : mea cuipa, mea culpa, mea

maxima culpa. Ideo precor beatam Alariam semper ^''irginem, beatum Michaelem Archangelum, bçatum Johannem Baptistam. sanctos ^Vpostolos Peirum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.

JE confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, i saint Jean-Baptiste, auxApô très saint Pierre et sain Paul, à tous les Saints, et vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

Ordinaire de la Messe.

Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, qu'il vous remette vos péchés et vous conduise à la vie éternelle, ïi). Amen.

Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés.

iîl. Amen.

j^. O Dieu, d'un seul regard vous nous donnerez la vie,

fil. Et votre peuple se réjouira en vous.

j^. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde,

fi). Et donnez-nous le Sauveur, que vous nous avez préparé.

^. Seigneur, exaucez ma prière,

fil. Et que mon cri par\'ienne jusqu'à vous.

j^. Le Seigneur soit avec vous;

Bl. Et avec votre esprit.

Faites disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu ! toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.

Misereatur vestri omnipotens Deus, et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam aeternam. R]. Amen.

Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobisomnipotens et misericors Dominus.

f. Deus, tu conversus vivificabis nos,

R]. Et plebs tua lœtabitur in te.

ji^.Ostende nobis. Domine, misericordiam tuam,

R). Et Salutaretuumda nobis.

f. Domine, exaudî orationem meam,

1^. Et clamor meus ad te veniat.

j^. Doninus vobiscum;

% Et cum spiritu tuo.

Aufer a nobis, qua?sumus Domine, iniquitates nostras, ut ad Sancta Sanctorum puris mereamur mentibus introire. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :

GÉNÉREUX soldats de ^Jésus-Christ, qui avez mêlé votre sang au sien, faites

ORAMUS te. Domine, per mérita Sanctorum tuorum quorum reLe Temps après la Pentecôte.

liqui» hic suot, et omnium Sanctorum, ut indulgere digneris omnia peccata mea. Araen.

instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.

Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel. Il dit ensuite l'Introït, qui est suivi des Kyrie.

'YRIE, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

Au Père :

SEIGNEUR, ayez pitié Seigneur, ayez pil Seigneur, ayez pitié !

Au Fils :

Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison.

Christ, ayez pitié 1 Christ, ayez pitié l Christ, ayez pitié !

Au Saint-Esprit :

Kyrie, eleison. | Seigneur, ayez pitié !

Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

Seigneur, ayez pitié 1 Seigneur, ayez pitié !

GLORIA in excelsis Deo, et in terra pax homiaibus bcnae voluntatis.

Laudamus te : henedictmus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.

Domine Deus, Rex cœ- lesris, Deas Pater omnipotens.

Domine, Fili unigeniîe, Jesu Christe.

GLOIRE à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.

Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.

Seigneur Dieu, Roi céleste. Dieu Père tout-puissant 1

Seigneur Jésus-Christ, Fils unique 1

Ordinait-e de la Messe.

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père 1

Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Vous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.

Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.

Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut,

0 Jésus-Christ ! avec le

Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.

Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.

Qui sedes addexteram Patris, miserere nobis.

Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria I)ei Patris. Amen.

Le Prêtre salue le peuple. Vient ensuite la Collecte ou Oraison, qui se trouve au Propre du Temps ou au Propre des Saints, et à laquelle on doit répondre A men, avec le ministre qui sert la Messe.

On lira ensuite l'Epître, puis le Graduel et le Verset alléluiatique.

Pour préparation à bien entendre l'E- vangile, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :

SEIGNEUR, purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle et que je la conserve dans mon cœur; par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur. Amen.

Donnez à vos ministres k: grâce d'être les fidèles interMUNDA cor meum, ac labia mea, omnipoptens Deus,- qui la'bia Isaiae Prophetœ calcule mundasti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christum Dominum nostrum. Amen. Dominus sit in corde raeo, et in labiis meis :

Le Temps après ia Pentecôte.

ut digne et competenter \ annuntiem Evangeliiim suiim : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

prêtes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous, à jamais.

On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre, ou du Diacre. Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on dira avec lui :

CREDO in unum Deum Patrem omnipotentem, factorem coeli et terras, visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia saîcula. J3eum de Deo. lumen de lumine. Deum verum de Deo vero. Genitum, nonfactum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram salutem, descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : kt homo FACTUS EST. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passas et sepultus e^t. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et as*

JE crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu devrai Dieu ; qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites. Q.ii est descendu des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui s'est FAIT ho?:me. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au

Ordinaire de la Messe.

ciel ; qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura point de fin.

Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

cendit in cœlum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et expecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi sœculi. Amen.

Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation. Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui rOiFertoire, et quand il présente à Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons :

TOUT ce que nous avons, Seigneur, vient de vous et est à vous ; il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps ; recevez, lans une même oblation, nos

SUSCIPE, sancte Pater,' omnipotens, aeterne Deus, hanc immaculatam hostiam, qiiam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis, et pro omnibus circurastantibus, sed et pro

10 Le Temps après la Pentecôte.

omnibus fidelibus christianisvivis atqiie defunctis : ut mihi et illis proficiat ad salutcm in vitam œternam. Amen.

cœurs qui voudraient vivre de vous et non plus d'euxmêmes.

^ Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mtile ensuite un peu d'eau :

DEUS, qui humanœ substantiœ dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti : da nobis per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinilatis esse consortes, quihumanitatis nostrse fieri dignatus est particeps, Jésus Christus, Filius tuus Dominus noster. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sœcula saeculorum. Amen.

Le Prêtre offre ensuite le mélange de v: et d'eau :

SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité figurée ici par celte goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.

OFFERIMUS tibi, Domine, calicem salutaris, tuam deprecantes clementiam : ut in conspectu divinas Majestatis tuae, j3ro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. A- men.

IN sfjiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te, DomiA GRÉEZ ces dons, souverain Créateur de toutes choses; qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrument du salut du monde.

SI nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel, Seigneur, ce n'est pas

Ordinaire de la Messe.

que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faitesnous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.

VENEZ, Esprit divin, féconder cette offrande qui est sur l'autel, et produire, en nos cœurs Celui que nos cœurs attendent.

Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même ; puis il lave ses mains.

ne : et sic fiât sacrificiuni nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi. Domine Deus.

VENI, Sanctificator omnipotcns, aeterne Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sancto Nomini prœparatum.

JE veux laver mes mains. Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés Cantiquiïs, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô Dieu, dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier : ce

L.4VABO inter innoceni tes manus meas : et circumdabo altare tuum. Domine ;

Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.

Domine, dilexi decorem domus tuœ : et locum habitationis gloriœ tuae.

Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam : et cum viris sanguinum vitam.meam.

In quorum manibus iniquitates sunt : dextera eorum repleta est muneribus.

Ego autem in innocentia mea ingressus sum : redime me, et miserere mei.

J2 Le Temps après la Pentecôte.

Pes meus stetit in directe : in ccclesiis benedicam te, Domine.

Gloria, Patri, et Filio, et Spiritui Sancto;

Sicut erat in principio, et nunc et semper, m saecu' Amen.

Le Prêtre, au milieu de respectueusement.

sseculorum.

dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

l'autel, s'incline

SUSCIPE, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi ofFerimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis, et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri. et in honorem beatœ Mariœ semper Virginis, et beati Johannis Baptistre, et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, et istorum, et omnium Sanctorum, ut illis proficiat ad honorem. nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. A- men.

Le Prêtre se tourne une dernière fois vers le peuple et il dit .

kRATE, Fratres : ut) Driez, mes Frères, afin que

meum ac vcstrum * mon Sacrifice, qui est

sacrificium acceptabile | aussi le vôtre, soit acceptable

oTRINITE sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous «et autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent, et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.

Ordinaire de la Messe.

iJ

auprès de Dieu le Père toutpuissant.

^. Que le Seigneur reçoive ce Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise.

fiât apud DeLim Patrem omnipotentem.

^. Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui, ad utilitatem quoque nostram, totiusque Ecclesia? suae sanctas.

Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, qu'il termine à haute voix :

DANS tous les siècles des siècles.

Tf. Amen.

Le Seigneur soit avec vous ;

^. Et avec votre esprit.

Les cœurs en haut !

Ij)!. Nous les avons vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

19. C'est une chose digne et juste.

PER omnia saecula sasculorum. ^. Amen. Dominus vobiscum ;

B?. Et cum spiritu tuo.

Sursum corda 1

J^. Habemus ad Dominum.

Gratias agamus Domino Deo nostro.

^. Dignum et justum est.

OUI, c'est une chose digne et juste, équitable et salutaire de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint. Père toutpuissant. Dieu éternel, qui, avec votre Fils unique et le Saint-Esprit, êtes un seul Dieu, un seul Seigneur : non en ne faisant qu'une seule personne, mais trois en une seule substance. Car, ce que

\T ERE dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens , asterne

Deus ; qui cum unigenito Filio tuo et Spiritu Sancto, unus es Deus, unus es Dominus. Non in unius singularitate personaî. sed in unius

i4 Le Temps après la Pentecôte.

Trinitate substantia?. (^uod enim de tua gloria, révélante te, credimus, hoc de Filio tuo, hoc de Spiritu Sancto, sine differentia discretionis sentimus. Ut in confessione verassempiternœque Deitatis, et in personis proprietas, et in esscntia unitas. et in majestate adoretur œqaalitas.

Quam laudant Angeli atque Archangeli, Cherubim quoque ac Seraphim, qui non cessant clamare quotidie, una voce dicentes : Saiictus ! Sanctus! Sanctus ! etc.

nous croyons, sur ce que vous avez révélé, au sujet de votre gloire, nous le croyons aussi sans aucune différence, de votre Fils et du Saint-Esprit : en sorte que, confessant une véritable et éternelle Divinité, nous adorons la propriété dans les personnes, l'unité dans l'essence et l'égalité dans la majesté. C'est le sujet de la louange éternelle des Anges et des Archanges, des Chérubins et des Séraphins, qui ne cessent de crier d'une voix unanime : Saint! Saint ! Saint ! etc.

Cette Préface est celle des Dimanches dans l'année. Nous plaçons ici la Préface commune, que l'on emploie, pendant la semaine, à toutes les Messes cjui n'en ont pas Je propre à une Fête ou au Temps.

VERE dignum et justum est, a?quuin et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne

Deus; per Christum Dominum nostrum. Per quem majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes. tremunt Potestates ; Cœli cœlorumque \^irtutes. ac beata Seraphira, socia exsultatione concélébrant.

Cum quibus et nostras voces, ut adtnitti jubeas

OUI, c'est une chose digno et juste, équitable et, salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint. Père tout-puissant. Dieu éternel ; par Jésus-Christ notre Seigneur : par qui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adoren:, les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieux et les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unira leurs voix, aiin que nous

Ordinaire de la Messe,

i5

puissions tous dire dans une humble confession :

SAINT, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées !

Les cieux et la terre sont remplis ds sa gloire.

Hosannah au plus haut des cieux !

Béni soitcelui qui vient au nom du Seigneur.

Hosannah soit à lui au plus haut des cieux !

deprecamur, supplici confessione dicentes :

SANCTUS, Sanctus,

- Sanctus Dominus Deus sabaoth 1

Pleni sunt cœli et terra gloria tua.

Hosanna in excelsis I

Benedictusqui venit in nomine j3omini.

Hosanna in excelsis l

ODiEU, qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre SaintPère le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez notre Evêque qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille ; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.

TE igitur, clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas hase dona, hccc munera, hsec sancta sacrificia illibata; in primis quas tibi ofl'erimus pro Ecclesia tua sancta Catholica : quam pacificare, custodire.

adunare, et regere digneris toto orbe terrarum. unacum famulo tuo Papa nostro A', et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis, atque catholicœ et apostolicse fidei cultoribus.

ib Le Temps après la Pentecôte.

Mf.MENTO , Domine, famuloriim famulaj lumque tuarum iV et iV.,

I et omnium circumstaaî tium, quorum tibi iides

\ cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi ot< lerimus, vel qui tibi of■ ferunt hoc sacrificium * laudis, pro se suisque

I omnibus, pro redempI tione animarum suarum, pro spe salutis et incoiumitatis suae ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.

COMMUNICANTES et memoriam vénérantes, in primis gloriosas semper Virginis Mariae, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac iMartyrura tuorum, Pétri et Pauli. Andreae. Jacobi,Johannis,Thom£e, Jacobi, Philippi, Bartholom3ei,Matth3ei, Simonis et Thaddœi : Lini, Cleti, Clementis. Xysti, Cornelii, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joannis et Pauli, Cosmae et Daraiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum raeritis precibusque concédas, ut in omnibus proîectionis tuae muniamur auxilio. Per eumdem Ghristum Dominumnostrum. A:"en.

Dieu, de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éiernelle.

MAIS non seulement, ô mon Dieu, l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagère de l'épreuve : il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur ; des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, atîn qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.

Ordinaire de la Messe.

DAIGNEZ recevoir, ô Dieu, cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez -nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va parai tre.

Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage ; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.

OUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre 1 Sauveur ! Messie tant désiré ! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maitre, de vous offrir mon cœur , comme à son Roi plein de douceur ! Venez donc. Seigneur Jésus ! venez 1

SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendez-moi

H ANC igitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctEc familias tuœ, quffisumus Domine, ut placatus accipias r diesque nostros in tua pace disponas, atque ab aeterna damnatione nos eripi, et in clectorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum.

Amen.

Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, qua?- sumus, benedictam, adscriptam, ratam. rationabilem, acceptabilemqus facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissLmi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.

OUI pridie quam patcretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas ; et elevatis oculis in cœlum, ad te Deum Pattem suum omnipotentem, tibi gratias agens, bonedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et mand'dcate ex boc omnes. Hoc est enim

Simili modo postquam cœnatum est, accipiens et hune praeclarum

i8 Le Temps après la Pcntccôic.

Calicem in sanctas ac venerabiles nianus suas: item tibi gratias agens, benedixit, dcditque discipulis suis dicens : Accipitc et bibite ex eo omnes. Hic est enim

plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.

EFFUNDETUR IN REMISSIONEM PECCATORUM- Hasc quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis.

KDK et memores, Dosed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis offerimus prœclarœ Majestatj tuae de tuis donis ac datis, Hostiam purara

Supra quse propitio ac sereno vultu respicere digneris et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchœ nostri Abrahas. et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech, sanctum sacrificium. immaculatara hostiam.

LA voici donc, ô Père saînt, , l'Hostie si longtemps

attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité. , Hostiam sanctam, Hostiam

immaculatam • Panera sanctum vitae aeternae, et Calicem

salutis perpetuae.

Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit'de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie , enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.

Ordinaire de la Messe^

Mais, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre", ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.

N'excluez personne de votre visite, ô Jésus! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyezleur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.

Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Foyaume, par le mérite de ce Sacrifice que nous vous offrons, et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos

Supplices te rogamus, omnipotens Deus, jubé hœc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinas Majestatis tuœ : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

MEMENTO etiam. Domine , famulorum famularumque tuarum jY. et iV., qui nos praeccsserunt cum signe fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine , et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

NOBis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Johanne, SteDhano, Mathia, Bar2 0 Le Temps après la Pentecôte.

naba, Ignatio, Alexandre, Marcellino, Petro, Felicitate , Perpétua , Agatha, Lucia, Agnete, Cascilia, Anastasia, et omnibus Sanctis tuis; intra quorum nos consortium, non aîstimator meriti. sed veniae, quœsumus, largitor admitte : per Christum Dominuin nostrum. Per quem hœc omnia, Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas, benedicis, et prœstas nobis : per ipsum tibi Deo Patri omnipoten omnis honor et eloria.

saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais ! , et cum ipso et in ipso, est i, in unitate Spiritus Sancti,

PER omnia sascula sœculorum. Bl. Amen.

OREMUS. Praïceptis salutaribus moniti. et divina institutione formati, audemus dicere •

ANS tous les siècles des siècles. % Amen.

PRIONS. Instruits par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :

P.4TER noster, qui es in cœlis : Sanctificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voiuntas tua, sicut in cœlo. et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimittc nobis débita nostra, sicut et «os dimittimas debiNOTRE Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien ; et pardonnez-nous nos oflenses, comme nous pardonnons à cQi'x qui nous ont offensés.

Ordinaire de la Messe.

Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

i^. Mais délivrez-oous du

rROfs sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire le» péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents, c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme. sa faiblesse et les tentations qui lassiègent ; enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer, en notre faveur, l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par .TésusChrist votre Fils, qui vit et règne avec vous.

1.4NS tous les siècles des siècles. h. Amen.

Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ; Ri, Et avec votre esprit.

Le Prêtre divise l'Hostie sainte, et l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice :

toribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.

^. Sed libéra nos a

malo.

LIBERA nos, qucesumus Domine, ab omnibus malis, prœteritis, praesentibus et futuris : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria. cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa, et omnibus Sanctis, da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiœ tuœ adjuti, et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. Qui tecum vivit et régnât in unitatc Spiritus Sancti Deus. .

PER omnia sœcula saeculorum. i^. Amen.

Pax Domini sit semper vobiscura ;

Rj. Et cum spiritu tuo.

2 2 Le Temps après la Pentecôte.

HJE.C commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiât accipientibus nobis in vitam ceternam. Amen.

GLOIRE à vous. Sauveur du monde, qui avez souffert que. dans votre Passion, votre précieux Sang fut séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !

AGNEAU de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donneznous la Paix.

SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres -■ « Je vous laisse ma '( paix, je vous donne ma « paix, » ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.

AGNUS Dei, qui tollis peccata raundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis Pacem.

DOMINE Jesu Christe. qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis ; ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiœ tuje : eamque secundum voluntatem tuam pacificare, et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per otr>- nia saecula saeculorum. Amen.

Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle, donne le baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur.

DO.MINE Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto,

SEIGNEUR Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit,

Ordinaire de la Messe.

avez donné par votre mort la vie au monde: délivrezmoi par ce saint et sacré Corps et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je ms sépare jamais de vous.

Seigneur Jésus-Christ, faites que la réception de votre Corps que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.

per mortem tuam raundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tuura, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis, et fac me tuis semper inhœrere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto, vivis et régnas Deus in saeculasaeculorum. Amen.

Perceptio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem, sed

pro mihi

la pietate prosit ad tutanientcm

mentis et corporis, et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre, in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sœcula sœculorum. Amen.

Le Prêtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier :

Venez, Seigneur Jésus ! 1 Panem cœlcstem accipiam, et Nomen DomiI ni invocabo.

ïl frappe sa poitrine et confesse son indignité, disant trois fois :

SEIGNEUR, je ne suis pas I puOMiNE, non sum didigne que vous entriez ) LJ gnus ut intres sub

Le Temps après la Fentecôlc.

tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.

en moi ; mais dites seulement une parole, et mon

I ame sera guene.

Au moment de consommer la sainte Hostie:

CORPUS Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam œternam. Amen.

I E me donne à vous, ô mon

J Sauveur, pour être votre demeure : faites en moi selon votre bon plaisir.

Le Prêtre prend le Calice avec actions de grâces :

Quid retribuam Doiiino pro omnibus quas retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam. et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum. et ab inimicis meis salvus ero.

SANGUIS Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam œternam. Amen.

Que pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.

JE m unis a vous, o mon Sauveur ! Unissez-vou^. à moi ; que nous ne nous séparions jamais.

La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois :

ous m'avez visité dnns b temps, ô mon Dieu ;

Faites que je garde les fruit: de cette visite pour l'éternité

OUOD ore sumpsimus, Domine, pura mente capiamus ; et de munere temporali fiât nobis remedium sempiternum.

Pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la seconde fois : .;

Corpus tuum, Domine, I Béni soyez-vous, ô mon quod sumpsi, et Sanguis, | Sauveur, qui m'avez initié

Ordinaire de la Messe.

au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.

quem potavi, adhaereat visceribus meis : et prœ- sta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in s aï c u 1 a sœculorum. Amen.

Le Prêtre, ayant lu l'Antienne dite Comviiinion^ se retourne vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion. Puis il dit:

r E Seigneur soit avec vous ; B?. Et avec votre esprit.

RETIREZ-VOUS : la Messe est finie. f\. Grâces soient rendues à

GRACES vous soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi. en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.

Le Prêtre étend ses mains et bénit, en disant :

rxoMiNUS vobiscum ; i^. Et cum spiritu tuo.

TE, Missa est. fi. Beo sratias.

PLACEAT , tibi sancta Trinitas, obsequium servitutis mère, et prassta ut sacrificium, quod ocuHs tuœMajestatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus pro quibus illud obtuli, sit, te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

UE le Dieu tout-puissant I -ry enedicat vos omi ) vous bénisse : le Père, j 13 potens Deus, Pat

26 Le Temps après la Pentecôte.

et Filins, et Spiritus Sanctus.

fi|. Amen.

f. Dominus vobiscum ;

H|. Et cum spiritu tuo.

le Fils, et le Saint-Esprit.

jI). Amen.

,^. Le Seigneur soit avec vous ;

«|. Et avec votre esprit.

Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. i.

IN principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat Iu.k hominum : et lux in tenebris lucet, et tenebroî eam non comprehenderunt. Fuit homo missus a Deo, cui nomon erat Johannes.Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quoe illuminât omnem hominem venientem in huncmundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui cum non receperunt.

Le commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien na été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes : et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il v eut un homme envoyé de ÎDieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témo'n, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a

Ordinaire de la Messe.

donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enifants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.

Quotquot autem receperunt eum, dédit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex volimtaîe carni?, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Veret habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Patte, plénum gratiae et veritatis

adjutor i u m m eu m intende. Ri. Domine, ad adjuTandum me festina,

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecuia sœculorum. A- men. Alléluia.

^. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

NUNC Sancte nobis Spiritus, Unum Patri cum Filio, Dignare promptus ingeri, Nostro refusus pectori.

Esprit-Saint , substance unique avec le Père et le Fils, daignez, à cette heure, descendre en nous et vou-^ répandre dans nos cœurs.

A Tierce.

Que notre bouche, notre langue, notre esprit, nos sens, nos forces, publient vos louanges ; que le feu de la charité s'allume; que son ardeur embrase tous nos frères.

Exaucez-nous, Père très miséricordieux. Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.

Os, lingua, mens, sensus, vigor, Confessionem personent. Flammescat igné charitas, Accendat ardor proximos.

Praesta, Pater piissime,

Patrique compar Unice,

Cum Spiritu Paraclito,

Regnans per omne sa:culum. Amen.

DONNEZ-MOI pour loi, Seigneur, la voie de vos volontés pleines de justice, et je ne cesserai point de la rechercher.

Donnez-moi l'intelligence, et je scruterai votre loi, et je la garderai de tout mon cœur.

Conduisez-moi, o mon Pasteur /dans le sentier de vos préceptes ; c'est lui que je désire.

Inclinez mon cœur vers vos commandements, et éloignezle de la cupidité.

Détournez mes yeux, afin qu'ils ne voient pas la vanité ; vivifiez-moi dans votre voie.

Affermissez votre parole en votre serviteur, par la crainte de vous oiFenser.

Eloignez de moi l'opprobre que j'appréhende ; car vos juLEGEM pone mihi. Domine, viam justificationum tuarum : ' et exquiram eam semper.

Da mihi intellectum, et scrutabor legem tuam : * et custodiam illam in toto corde meo.

Deduc me in semitam mandatorum tuorum : * quia ipsam volui.

Inclina cor meum in testimonia tua : * et non in avaritiam.

Averte oculos meos ne videant vanitatem :* in via tua vivifica me.

Statue servo tuo eloquium tuum : * in timoré tuo.

Amputa opprobrium meum qaod suspicatus

^0 Le Temps après la Pentecôte.

sum : ' quia judicia tua jucunda.

Ecce concupivi mandata tua : ' in œquitate tua viviûca me.

Et veniat super me misericordia tua, Domine : * Salutare tuum, secundura eloquium tuum.

Et respondebo exprobrantibus mihi verbum : *quia speravi in sermonibus tuis.

Et ne auferas de ore meo verbum veritatis usquequaque : ' quia in judiciis tuis supersperavi.

Et custodiam legem tuam semper : ' in saecuiura et in sîeculum saeculi.

Et arabulabam in latitudine : * quia mandata tua e.xquisivi.

Et loquebar de testimoniis tuis in conspectu regum : ' et non confundebar.

Et meditabar in mandatis tuis : * qu3e dilexi.

Et levavi manus meas ad mandata tua, quœ dilexi : ' et exercebar in justificationibus tuis.

Gloria Patri, etc.

MEMOR este verbi tui servo tuo : ' in quo mihi spem dedisti.

gements sont pleins de douceur.

Voilà que j'ai désiré remplir vos commandements ; dans votre justice, donnezmoi la vie;

Et que votre miséricorde vienne sur moi, ce Salut que vous avez promis.

Et je répondrai à ceux qui m'outragent, aux ennemis de mon âme, que j'avais espéré dans votre parole.

Et n'enlevez jamais de ma bouche la parole de votre vérité ; car mon espérance en vos justices a été sans bornes.

Et je garderai votre loi toujours, dans les siècles des siècles.

Et je marcherai dans la vie avec la joie de mon cœur, parce que j'aurai recherché vos commandements.

Et je parlerai de votre loi en présence des rois, et J2 n'en rougirai point.

Et je méditerai survos préceptes, objet de mon amour.

Et je lèverai mes mains vers vos commandements que j'ai aimés, et je m'exercerai dans la pratique de votre justice.

Gloire au Père, etc.

^uvENEZ-vous de votre O parole à votre serviteur, par laquelle vous m'avez donné l'espérance.

A Tierce.

3i

C'est elle qui m'a consolé en mon humiliation; car votre parole m'a donné la vie.

Les esprits de superbe m'ont attaqué de toutes parts avec injustice; mais je ne me suis point détourné de votre loi.

Je me suis souvenu, Seigneur, des jugements que vous avez exercés dès le commencement du monde, et j'ai été consolé.

La défaillance s'est emparée de moi. à la vue des pécheurs qui désertent votre loi.

Votre loi Je justice a été le sujet de mes chants, dans le lieu de mon pèlerinage.

Seigneur, je me suis souvenu de votre Nom durant la nuit, et j'ai gardé votre loi.

Ce bonheur m'est arrivé, parce que j'ai recherché vos justices.

J'ai dit : Mon partage, Seigneur, est de garder votre ioi.

J'ai imploré votre assistance du fond de mon cœur ; selon votre parole, ayez pitié de moi.

J'ai réfléchi sur mes voies, et j'ai ramené mes pas dans le sentier de vos préceptes.

Je suis prêt; et je veux, sans trouble, garder désormais vos commandements.

Les filets des pécheurs

Hœc me consolata est in humilitate mea : * quia eloquium tuum vivificavit me.

Superbi inique agebant usquequaque : * a lege autem tua non declinavi.

Memor fui judiciorum tuorum a saeculo, Domine : * et consolalus sum.

Defectio tenuit me : * pro peccatoribus derelinquentibus legem tuam.

Cantabiles mihi erant justificationes tuœ : * in loco peregriiiationis meas.

Memor fui nocle Nominis tui. Domine : * et custodivi legem tuam.

Haec facta est mihi : * quia justificationes tuas exquisivi.

Portio mea, Domine :

* dixi custodire legem tuam.

Deprecatus sum faciem tuam in toto corde meo :

* miserere mei secundum eloquium tuum.

Cogitavi vias meas : * et converti pedes meos in testimonia tua.

Paratus sum, et non sum turbatus : * ut custodiam mandata tua.

Funes peccatorum ciri^2 Le Temps après la Pentecôte.

cumplexi sunt me : * et legem tuamnonsumoblitus.

Media nocte surgebam ad conHtendum tibi : ' super judicia justiticatioais tuae.

Particeps ego sura omnium timentium le : * et custodienticjm mandata tua.

Misericordia tua, Domine, plena est terra : * justificationes tuas doce me.

Gloria Patri. etc.

BONIT.A.TEM fecisti cum serro tuo. Domine : * secundum verbum tuum.

Bonitatem et disciplinam. et scientiam doce me : * quia mandatis tuis credidi.

Priusquam humiliarer ego deliqui : * propterea eloquium tuum custodivi.

Bonus es tu : ' et in bonitate tua doce me justificationes tuas.

Multiplicata est super me iniquiias superborum : * ego autera in toto corde meo scrutabor mandata tua.

Coagulatum est sicut lac cor eorum : * ego vero legem tuam meditatus sum.

Bonum mihi quia hum ont environne, et je n'ai point oublié votre loi. ^

Je me levais au milieu de la nuit, pour vous rendre gloire sur les jugements de votre justice.

Je suis uni à tous ceux qui vous craignent et qui gardent vos commandements.

Toute la terre est pleine de votre miséricorde, Seigneur : enseignez-moi votre justice.

Gloire au Père, etc.

Vous avez signalé votre» bonté envers votre serviteur, selon votre parole, Seigneur,

Euseignez-moi la miséricorde, la sagesse et la science-, car j'ai cru à vos préceptes.

Avant que vous m'eussiez humilié, j'ai péché : c'est pourquoi, éclairé maintenant, j'observe votre loi.

Vous êtes bon; dans cette bonté, enseignez-moi vos justices, _ \

Mes ennemis superbes ont ' multiplié sur moi leur iniquité ; mais mon cjeur s'attachera tout entier à la recherche de vos commandements.

Leur cœur s'est épaissi comme le lait; pour moi, j'ai médité votre loi.

11 m'a été bon que vous m'ayez humilié, afin que j'apprisse la justice de vos préceptes.

Votre Verbe qui est la Loi sortie de votre bouche, ô Père céleste ! est plus précieux pour moi que les monceaux d'or et d'argent.

Vos mains m'ont fait et m'ont façonné ; donnez-moi l'intelligence, et j'apprendrai vos décrets.

Ceux qui vous craignent me verront, et se réjouiront : car j'ai grandement espéré en vos paroles.

J'ai connu. Seigneur, que vos jugements sont l'équité, et que vous m'avez humilié avec justice.

Que votre miséricorde daif;ne venir me consoler, selon a promesse que vous fîtes à votre serviteur.

Viennent sur moi vos miséricordes, et je vivrai ; car votre loi est l'occupation de ma pensée.

Que mes ennemis superbes soient confondus, puisqu'ils m'ont persécuté avec injustice; moi je m'exercerai sur vos préceptes.

Que ceux qui vous craignent et qui entendent vos oracles se tournent vers moi.

Que mon coeur devienne pur par la pratique de vos préceptes , afin que je ne sois pas confondu au jour où vous paraître^ dans votre juslice.

miliasti me : * ut discam justificationes tuas.

Bonum mihi lex oris tui : * super millia auri et argenti.

Manus tuae fecerunt me, et plasmaverunt me : * da mihi intellectum, et discam mandata tua.

Qui timent te, videbunt me et laetabuntur : * quia in verba tua supersperavi.

Cognovi, Domine, quig œquitas judicia tua : ' et in veritate tua humiliasti me.

Fiat misericordia tua ut consoletur me : ' secundum eloquium tuum servo tuo.

Veniant mihi miserationes tuœ, et vivam : * quia lex tua meditatio mea est.

Confundantur superbi.

?[uia injuste iniquitatem ecerunt in me : " ego autem exercebor in mandatis tuis.

Convertantur mihi timentes te : * et qui noverunt testimonia tua.

Fiat cor meum immaculatum in justification!- bus tuis, * ut non confun* dar.

34 Le Temps après la Pentecôte.

L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Tierce, ainsi que les Offices de Sexte et de None, se trouvent ci-après, dans leurs lieux et places, aux Fêtes de plus grande solennité.

DEUS, in adjutorium, etc.

Gloria P

. /^ Dieu ! venez à mon • * >-^ aide, etc. Gloire au Père, etc.

RECTOR potens, vcrax 1 , Deus. Qui temperas rerum vices. Splendore mane illuminas. Et ignibus meridiem.

Extingue flammas litium ; Au fer calorem noxium, Confer salutem corporum, Veramque pacem cordium.

Prssta, Pater piissime. Patrique corapar Unice, Cum Spiritu Paraclito, Regnans per omne saeculum. Amen.

Di

RBITRE tout-puissant , ieu de vérité, qui réglez l'ordre de toutes choses, vous dispensez au matin sa splendeur, et au midi ses feux.

Eteignez la Bamme des discordes, dissipez toute ardeur nuisible; donnez à nos corps la santé, à nos cœurs la paix véritable.

Exaucez-nous, Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous, Espri* consolateur, qui régnez dans tous les siècles.

Amenin Salutare ! » *0N âme a défaill

tuum anima mea

l'attente du

„ dans sauveur

A Sexte.

aite vous avie^ promis : mais )'ai mis toute mon espérance en votre parole.

Mes yeux se sont lassés à relire vos promesses, et je disais : Quand me consolerezvous ?

Je me suis desséché comme la peau exposée à la gelée; mais je n'ai point oublié vos justices.

Je disais : Combien de jours restent encore à votre serviteur ? quand ferez-vous justice de mes persécuteurs ?

Les impies me racontaient leurs fables ; mais ce qu'ils disent n'est pas comme votre loi.

Toutes vos ordonnances sont vérité, ils me poursuivent injustement : aidez-moi.

Ils m'ont presque anéanti sur la terre ; mais je n'ai point abandonné vos commandements.

Vivifiez-moi selon votre miséricorde, et je garderai les oracles de votre bouche.

Votre Parole, Seigneur, demeure à jamais dans le ciel.

Votre Vérité passe de génération en génération. C'est vous qui avez affermi la terre, et elle est stable.

Par votre ordre le jour subsiste ; car tout vous est assujetti.

Si votre loi n'eût été le sujet de mes méditations, j'auet in verbum tuum superpperavi,

Defecerunt oculi mei in eloquium tuum : * dicentes : Quando consolaberis me ?

Quia factus sum sicut uter in pruina : * justificationes tuas non sum oblitus.

Quot sunt dies servi tui : * quando faciès ds persequentibus me judicium ?

Narraverunt mihi iniqui fabulationes : * sed non ut lex tua.

Omnia mandata tua Veritas : * inique persecuti sunt me ; adjuva me.

Paulo minus consummaverunt me in terra : * ego autem non dereliqui mandata tua.

Secundum misericordiam tuam vivifica me : * et custodiam testimonia oris tui.

In œternum. Domine : * verbum tuum permanet in cœlo.

In generationem et g.^- nerationem veritas tua : * fundasti terrara et permanet.

Ordinatione tua persévérât dies : * quoniam omnia serviunt tibi. >

Nisi quod lex tua meditatio mea est : * tanc

3b Le Temps après la Pentecôte.

forte pcriissem in humirais péri dans mon alHiction.

litate mea.

In aeiernum non obliJe n'oublierai jamais vcs

viscar justificationes

justices ; car c'est par elles

tuas : * quia in ipsis vique vous m'avez vivifié.

vificasti me.

Tous sum ego, salvum

Je suis à vous, sauvez-moi ;

me fac : * quoniam juscar j'ai recherché vos préceptificationes tuas exquites.

sivi.

Me exspectaverunt

Les pécheurs m'ont attendu

peccatores ut perderent

pour me perdre; mais j'avais fixé mon attention sur vos

me : * testimonia tua intellexi.

oracles.

Omnis consummatioJ'ai vu venir la fin de tounis vidi finem : * latum

tes choses; votre loi seule est

mandatum tuum nimis.

infinie.

Gloria Patri, etc.

Gloire au Père. etc.

/^ UOMODO dilexi legem ^^ tuam, Domine : *

/^UE j'aime votre loi, Sei^^ gneur'. toute la journée

tota die meditatio mea

elle est le sujet de mes médiest.

tations.

Super inimicos meos

Vous m'avez rendu plus

prudentem me fecisti

sage que mes ennemis par les

mandato luo : ' quia in

préceptes que vous m'avez

aeternum mihi est.

donnés : je les ai embrassés pour jamais.

Super omnes docenJ'ai surpassé en intellites me intellexi : * quia

gence tous mes maîtres, partestimonia tua meditatio

ce que je médite vos oracles.

mea est.

Super senes 'intellexi :

Je suis devenu plus pru• quia mandata tua quaedent que les vieillards, parsivi.

ce que j'ai recherché vos commandements.

Ab omni via mala

J'ai détourné mes pieds de

prohibai pedes meos : *

toute mauvaise voie, pour

ut custodiam verba tua.

garder vos ordonnances.

A judiciis tuis non dcJe ne me suis point écarté de

clinavi : * quia tu legera posuisti mini.

vos règles, car c'est vous-même qui m'avez prescrit la loi.

A Sexte.

Que vos paroles sont douces à ma bouche ! elles sont plus suaves que le miel à mon palais.

Vos préceptes m'ont donné l'intelligence ; c'est pourquoi je hais toute voie d'iniquité.

Votre Parole est la lampe qui éclaire mes pas ; elle est la lumière de mes sentiers.

J'ai juré et j'ai' résolu de garder les décrets de votre justice.

J'ai été réduit, Seigneur, à une extrême humiliation : rendez-moi la vie selon votre parole.

Agréez, Seigneur, le sacrifice volontaire que vous offre ma bouche, et enseignez-moi vos commandements.

Mon âme est toujours entre mes mains, et je n'ai point oublié votre loi.

Les pécheurs m'ort tendu des lacs ; mais je ne me suis point écarté de vos ordonnances.

J'ai pris vos préceptes pour être à jamais mon héritage ; car ils sont la joie de mon cœur.

J'ai incliné mon cœur à l'accomplissement de vos commandements pour jamais, àcau.';e de la récompense.

Gloire au Père, etc.

'ai haï les méchants, et TNIQUOS odio habui : * j'ai aimé votre loi. 1 et legem tuam dilexi.

Quam dulcia faucibus meis eloquia tua : * super mel ori meo.

A mandatis tuis intellexi : * propterea odivi omnemviam iniquitatis.

' Lucerna pedibus meis verbum tuum : * et lumen semitis meis.

Juravi, et statui : * custodire judicia justitise tuas.

Humiliatus sum usquequaque, Domine : * vivitica me secundum verbum tuum.

Voluntaria oris mei beneplacita fac, Domine : * et judicia tua doce me.

Anima mea in m.anibus meis semper : ' et legem tuam non sum oblitus.

Posuerunt peccatores laqueum mihi : * et de mandatis tuis non erravi.

Haereditate acquisivi testimonia tua in seternum : * quia exsultatio cordis mei sunt.

Inclinavi cor meum ad faciendas justificationes tuas in seternum : * propter retributionem.

Gloria Patri, etc.

i^c Temps après la Pentecôte.

Adjiitor et susceptor meus es tu : ' et in verbum tuum supcrsperavi.

Declinate n me, maligni : * et scrutabor mandata Dei mei.

Suscipe me secundum eloquium tuum, et vivam : " et non confundas me ab exspectatione mca.

Adjuva me, et salvus cro : * et meditabor in justificationibus tuis semper.

Sprevisti omnes discedentes a judiciis tuis : * quia injusta cogitatio eorum.

Prœvaricantes reputavi omnes peccatores t^rrœ : * idée dilexi testimonia tua.

Confige timoré tuo carnes meas : * a judiciis enim tuis timui.

Feci judicium et justitiam : ' non tradas me calumniantibus me.

Suscipe servum tuum in bonum : * non calumnientur me superbi.

Oculi mei defecerunt in Salutare tuum : * et in eloquium justiticE tuae.

Faccum servo tuo secundum misericordiam tuam : * et justificationc3 tuas doce me.

Vous êtes mon secours et mon asile ; en votre parole j'ai mis toute mon espérance.

Retirez-vous de moi. méchants, et je rechercherai les préceptes de mon Dieu.

Recevez-moi selon votre parole, et je vivrai ; ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente.

Aidez-moi, et je serai sauvé, et je méditerai continuellement vos ordonnances.

Vous rejetez avec mépris tous ceux qui s'écartent de vos commandements ; car leur pensée est injuste.

J'ai regardé tous les pécheurs de la terre comme des prévaricateurs ; et pour cela j'ai chéri vos oracles.

Transpercez ma chair de votre crainte ; car vos jugements remplissent mon âme de terreur.

J'ai pratiqué l'équité et la justice : ne me livrez pas aux ennemis qui me calomnient.

Recevez votre serviteur et affermissez-le dans le bien ; que les superbes cessent de m'opprimer.

Mes yeux s'étaient épuisés à attendre le Salut que vous m'apportez, et l'effet des oracles de votre justice.

Faites donc maintenant selon votre miséricorde avec votre serviteur, et enseignezmoi vos commandements.

A None.

Je suis votre serviteur : donnez-moi l'intelligence, afin que je connaisse vos préceptes.

Il est temps d'agir, Seigneur ; ils ont dissipé votre loi.

C'est pour cela que j'ai aimé vos commandements plus que l'or et la topaze.

C'est pour cela que je me suis réglé en tout selon vos commandements, et que j'ai haï toute voie injuste.

Servus tuus sum ego :

* da mihi intellectum, ut sciam testimonia tua.

Tempus faciendi, Domine : * dissipaverunt legera tuam.

Ideo dilexi mandata tua : * super aurum et topazion.

Propterea ad omnia mandata tua dirigebar :

* omnem viam iniquam odio habui.

(^ Dieu ! venez à mon aide, ^-^ etc. Gloire au Père, etc.

i. T^ EUS, in adjuto^" *^ rium, etc. Gloria Patri, etc.

ODiEU dont la pui soutient tous les

iissance les êtres, toujours immuable en votre essence, vous partagez le temps par les révolutions de la lumière du jour.

Versez la lumière sur le soir de nos jours ; que notre vie ne s'éloigne jamais d'elle, et qu'une gloire immortelle soit la récompense d'une mort sainte.

Exaucez-nous, Père très miséricordieu.x, Fils unique

RERUM Deus tenax vi■ gor, Lmmotus in te permanens, Lucis diurnaï tempora Successibus determinans.

Largire lumen vespere,

Quo vita nusquam décidât ;

Sed prasmium mortis sacras

Perennis instet gloria.

Prassta, Pater piissime.

40 Le Temps après la Pentecôte.

Patrique compar Unice,

i Cum Spiritu Paraclito, i Regnans per omne sx— j culum. Amen.

égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.

MIRABIMA tesîimonia tua : * ideo scrutata est ea anima mea.

Declaratio sermonum tuorum illuminât : * et intellectum dat parvulis.

Os meum aperui et attraxi spiritum : * quia mandata tua desiderabam.

Aspice in me, et miserere mei : * secundum judicium diligentium nomen tuum.

Gressus meos dirige secundum eloquium tuum : ' et non dominetur mei omnis injustitia.

Redime me a calumniis hominum : ' ut custodiam mandata tua.

Faciem tuam illumina super servum tuum : * et doce me justificationes tuas.

Exitus aquarum deduxerunt oculi mei : * quia non custodierunt legem luam.

Justus es. Domine : * et rectum judicium tuum.

Maadasti justitiam tesVos témoignages sont admirables, ô Dieu 1 c'est pour cela que mon âme les a recherchés avec ardeur.

La révélation de vos promesses a répandu la lumière ; elle donne l'intelligence aux petits.

J'ai ouvert la bouche, et j*ai aspiré le souffle ; car j'ai désiré vos commandements.

Jetez un regard sur moi et ayez pitié de moi, selon votre coutume à l'égard de ceux qui aiment votre loi.

Dirigez mes pas selon votre parole ; que nulle iniquité ne domine en moi.

Délivrez-moi de la calomnie des hommes ; afin que je garde vos commandements.

Faites reluire sur votre serviteur l'éclat de votre visage ; enseignez-moi vos justices.

Mes yeux ont répandu des ruisseaux de larmes, parce que les hommes n'ont pa? gardé votre loi.

Vous êtes juste. Seigneur, et vos jugements sont droits.

Vos commandements prèsA Noue.

cnvent la justice; rien n en peut altérer la vérité.

Mon .^èle m'a desséché dans son ardeur; car mes ennemis ont oublié vos paroles.

Votre Verbe, o Père céleste ! est un feu consumant ; c'est pourquoi votre serviteur l'aime avec ardeur.

Je suis jeune et méprisé ; mais je n'ai point oublié vos préceptes.

Votre justice est justice à jamais, et votre loi vérité.

La tribulation et l'angoisse ont fondu sur moi ; vos oracles ont été tout mon entretien.

Vos jugements sont l'équité éternelle ; donnez-moi l'intelligence, et je vivrai.

Gloire au Père, etc.

J'ai crié du fond de mon cœur : Seigneur, exaucez-moi, et je rechercherai vos justices.

J'ai crié vers vous, sauvezmoi ; et j'accomplirai vos décrets.

J'ai devancé l'aurore, et j'ai poussé des cris; car j'espérais vivement en vos promesses.

Mes yeux se tournaient vers vous dès le point du jour, pour méditer votre loi.

Ecoutez ma voix selon votimonia tua : et veritatem tuam nimis.

Tabescere me fecitzelus meus : * quia obliti sunt verba tua inimici mei,

Ignitum Eloquium tuum vehementer : * et servus tuus dilexit (llud.

Adolescentulus sum ego et contemptus : ' justificationes tuas non sum oblitus.

Justilia tua, justitia in aeternum : * et lex tua Veritas.

Tribulatio et angustia invenerunt me : * mandata tua meditatio mea est.

^quitas testimonia tua in aeternum : ' intellectum da mihi, et vivam.

Gloria Patri, etc.

CLAMAVi in toto corde meo, exaudi me. Domine : * justificationes tuas requiram.

Clamavi ad te, salvum me fac : * ut custodiam mandata tua.

Praeveni in maturitate. et clamavi : * quia in verba tua supersperavi,

Praevenerunt oculi mei ad te diluculo : * ut meditarer eloquia tua.

Vocem meam audi se42 Le Temps après la Pentecôte.

cundum misericordiam tuam, Domine : * et secundum judicium tuum vivifica me.

Ap p rop inquaverunt persequentes me iniquilati : *a lege autem tua longe facti sunt.

Prope es tu, Domine :

* ctTimnes vias tuas Veritas.

Initie cognovi de testimoniis tuis : * quia in œternum fundasli ea.

Vide humilitatem meam. et eripe me : * quia legem tuam non sum oblitus.

Judica judicium meum, et redime me : * propter eloquium tuum vivifica me.

Longe a peccatoribus salus : ' quia justificationes tuas non exquisierunt.

Misericordiœ tuœ multae. Domine : ' secundum judicium tuum vivifica me,

Multi qui persequuntur me, et tribulant me :

* a testimoniis tuis non declinavi.

Vidi praevaricantes, et tabescebam : * quia eloquia tua non custodierunt.

Vide quoniam mandata tua dilexi, Domine : *

tre miséricorde, Seigneur; vivifiez-moi selon votre juslice.

Mes persécuteurs ont embrassé l'iniquité; ils se sont éloignés de votre loi.

Vous êtes près de nous, Seigneur ! et toutes vos voies sont vérité.

Dès le commencement, j'avais reconnu que vous aviez établi vos témoignages pour durer éternellement.

Voyez mon humiliation, et délivrez-moi ; car je n'ai point oublié votre loi.

Jugez ma cause et rachetez-moi, 6 Sauveur des hommes ! rendez-moi la vie, à cause de votre parole.

Le salut est loin des pécheurs; parce qu'ils n'ont pas recherché vos commandements.

Vos miséricordes sont infinies. Seigneur ; rendez-moi la vie selon vos oracles.

Ils sont nombreux, ceux qui me persécutent et m'affligent ; mais je ne me suis point écarté de vos préceptes.

J'ai vu les prévaricateurs, et j'en ai séché de douleur ; car ils n'ont pas gardé vos ordonnances.

Voyez, Seigneur, que j'ai toujours aimé vos commanA Noue.

déments ; rendez-moi la vie, dans votre miséricorde..

Le principe de vos paroles est la vérité : tous les décrets de votre justice demeurent à jamais.

Gloire au Père, etc.

LES princes m'ont persécuté injustement; mais mon cœur n'a craint que votre parole.

Je me réjouirai dans vos promesses, comme un homme qui a trouvé de riches dépouilles.

J'ai haï l'iniquité et je l'ai eue en horreur, mais j'ai aimé votre loi.

Sept fois le jour, j'ai chanté vos louanges sur les jugements de votre justice.

Paix abondante à ceux qui aiment votre loi ; il n'y a pas pour eux de scandale.

Comme Jacob, j'attendais votre Salut, ô Seigneur ! et dans cette attente, j'ai aimé vos commandements.

Mon âme a gardé vos préceptes ; elle les a aimés d'un amour ardent.

J'ai observé vos lois et vos ordonnances ; car toutes mes voies sont en votre présence.

Que ma prière, Seigneur, monte jusqu'à vo«s ; donnezmoi l'intelligence, selon votre parole, ô Sagesse du Père !

in misericordia tua vivifica me.

Principium verborum tuorum Veritas : * in seternum omnia judicia justitias tuœ.

Gloria Patri, etc.

PRINCIPES persecuti sunt me gratis : * et a verbis tuis formidavit cor meum.

Laetabor ego super eloquia tua : * sicut qui invenit spolia multa.

Iniquitatem odio habui, et abominatus sum : * legem autem tuam dilexi.

Septies in die laudem dixi tibi : * super judicia justitiae tuae.

Pax multa diligentibus legem tuam : * et non est illis scandalum.

Expectabam Salutare tuum. Domine : * et mandata tua dilexi.

Custodivlt anima mea testimonia tua : * et dilexit ea vehementer.

Servavi mandata tua, et testimonia tua : " quia oranes vias meœ in conspectu tue.

Appropinquet deprecatio mea in conspectu tuo. Domine : * juxta eloquium tuum da mihi intellectum.

Le Temps après la t'entecôte.

Intret postulatio mea in conspectu tuo : * secundura cloquium tuum eripe me.

Éructabunt labia mea hymnum : * cum docueris me justificationes tuas.

Pronuntiabit lingua mea efoquium tuum : * quia omnia mandata tua œquiias.

Fiat manus tua, ut salvet me : ' quoniam mandata tua elegi,

Concupivi Salutare tuum, Domine : * et lex tua mcditatio mea est.

Vivet anima mea, et laudabit te : * et judicia tua adjuvabunt me.

Erravi sicut ovis quœ periit : * quasre servum tuum, quia mandata tua non sum obiitus.

Que mes supplications pénètrent jusqu'en votre présence : délivrez-moi, selon vos promesses.

Mes lèvres éclateront en cantiques, lorsque vous m'aurez enseigné vos justices.

Ma langue publiera vos oracles; car tous vos commandements sont l'équité.

Etendez votre main, et sauvez-moi ; car j'ai choisi vos préceptes pour mon partage.

Seigneur, Père saint! j'ai désiré avec ardeur votre Salutaire ; et votre loi est tout mon entrerien.

Maintenant qu'il est venu, mon âme vivra et vous louera ; et vos justices me protégeront.

J'errais comme une brebis perdue ; divin Pasteur descendu du ciel, daignez chercher votre serviteur ; car je n'ai point oublié vos commandements.

Dieu '.venez à mon aide !

il). Hàtez-vous, Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

adjuto(g» r i u m ^1" m e u m intende. Rj. Domine, ad adjuvandum me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula sseculorum. Amen. Alléluia.

CELUI qui est le Seigneur a dit à son Fils, mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite et régne^ avec moi ;

Jusqu'à ce que.

^ de votre dernier Avènement, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.

O Christ, le Seigneur

DixiT Dominus Domino meo : * Sede a dextris meis.

Donec ponam inimicos tuos : ' scabellum pedum tuorum.

Virgam virtutis tuae

46 Le Temps après la Pentecôte.

emittct Dominas ex Sion : * dominare in medio inimicorum tuorum.

Tecum principium in die virtutis tuae insplendoribus Sanctorum : ex utero ante luciferum genui te.

Juravit Dominus. et non pœnitebiteum : * ïu es Sacerdos ia œternum secundum ordinem Melchisedech.

Dominus a dextris tuis : * confregit in die iije suîe reees.

Judicabit in nationibus, implebit ruinas : conquassabit capita in terra multorum.

Detorrentein via bibet : * propterea exaltabit caput.

votre Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force : c'est de là que vous partirez pour dominer au milieu de vos ennemis.

La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints, carie Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.

Le Seigneur l'a juré; et sa parole est sans repentir : il a dit en vous parlant : DieuHomme, vous êtes Prêtre à jamais, selon l'ordre de Mel-- chisédech.

O Père ! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui. au jour de sa colère, viendra juger les rois.

Il jugera a«*5J les nations; il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tète de plusieurs.

Il est d'abord venu dans l'humilité ; il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions ; mais c'est pour cela même qu'un jour il élèvera la lèie.

CNFITEBOR tibi, Domine, in toto corde meo : ' in concilio justorum et congregatione. Magna opéra Domini . * exquisita in omnes voluntates ejus.

JE vous louerai. Seigneur, de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.

Grandes sont les œuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa Sagesse.

De VOffice des Vepre:>.

Elles sont dignes de louange et magnifiques ; et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.

Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles : il est le Pain de vie, et il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.

Il se souviendra à jamais de son alliance avec les hommes ; il fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.

Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.

Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles ; ils sont fondés sur la vérité et la justice.

Il a envoyé à son peuple un Rédempteur ; il rend par là son alliance éternelle.

Son Nom est saint et terrible ; le commencement de la Sagesse est de craindre le Seigneur.

La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.

Confessio et magnificentia opus cjus : * et justifia ejus manet in ssculum sœculi.

Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus : * escam dédit timentibus se.

Memor erit in sa?culum testamenti sui : * virtutem operum suorum annuntiabit populo suo.

Ut det illis hœreditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judicium.

Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in saeculum saeculi : * facta inveritate et œquitate.

Redemptionem misit populo suo : * mandavit in CEternum testamentum suum.

Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium Sapientias timor Domini.

Intellectus bonus omnibus facientibus eum :

laudatio ejus manet in sïçculum sœculi.

HEUREUX rhomme qui craint le Seigneur, et

BEATUS vir qui ti Dominum ; *

48 Le Temps après la Pentecôte.

mandatis ejus volet nimis.

Potens in terra erit seraen ejus : * generatio rectorum benedicetur.

Gloria et divitiae in domo ejus : * et justitia ejus manet in saeculum saeculi.

Exortum est in tenebris lumen rectis: * misericors, et miserator, et justus.

Jucundus homo, qui miseretur et commodat, disponet sermones suos in judicio : " quia in aeternum non commovebitur.

In memoria asterna erit justus : * ab auditione mala non timebit.

Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmitum est cor ejus : * non commovebitur donec despiciat inimicos suos.

Dispersit. dédit pauperibus ; justitia ejus manet in sœculum sœculi : * cornu ejus exaltabitur in gloria.

Peccator videbit, et irascetur, dentibus suis fremet et tatescet : * desiderium peccatorum peribit.

qui met tout son zèle à lui obéir.

Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.

La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

Une lumière s'est levée sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux, clément et juste.

Heureux l'homme qui fait miséricorde, qui a prêté au pauvre, qui a réglé jusqu'à ses paroles avec justice ; car il ne sera point ébranlé.

La mémoire du juste sera éternelle ; s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.

Son cœur est toujours prêt à espérer au Seigneur; son cœur est en assurance : il ne sera point ému et méprisera la rage de ses ennemis.

Il a répandu l'aumône avec profusion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais; sa force sera élevée en gloire.

Le pécheur le verra, et il entrera en fureur : il grincera des dents et séchera de colère ; mais les désirs du pécheur périront.

De V Office des Vêpres.

4g

SERVITEURS du Seigneur, faites entendre ses louanges : célébrez le Nom du Seigneur.

Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd'hui et jusque dans l'éternité.

De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.

Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations ; sa gloire est par delà les cieux.

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles dans le ciel et sur la terre.

II soulève de terre l'indigent, élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait.

Pour le placer avec les princes, avec les princes mêmes de son peuple.

C'est lui qui fait habiter pleine de joie dans sa maison celle qui auparavant fut stérile, et maintenant est mère de nombreux enfants.

LAUDATE. pueri, Dominum : * laudate Nome.i Domini.

Sit Nomen benedictum

Dominî ex hoc nunc, et usque in sasculum.

A solis ortu usque ad occasum : * laudabilc Nomen Domini.

Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super coelos gloria ejus.

Quis sicut Dominuj Deus noster qui in alti-> habitat : * et humilia respicit in cœlo et in terra ?

Suscitans a terra inopem : * et de stercore erigens pauperem.

Ut coUocet eum cum principibus : * cum principibus populi sui.

Qui habitare facit steril'-.m in domo : * matrem filiorum Icetantem.

y-^-v UAND Israël sortit d'E- "V^ gypte, et la maison de

Jacob du milieu d'un peuple

barbare;

Nexitu Israël de

IN exitu Israël de ^gypto : * domus Jacob de populo barbaro :

5o Le Temps après la Pentecôte.

Facta est Judxa sanctificatio ejus : ' Israël potestas ejus.

Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversas est rctrorsum.

Montes exsaltaverunt ut arietes : * et colles sicut agni ovium.

Quid est tibi, mare, quod fugisti : * et tu, Jordanis. quia conversus es retrorsum ?

Mçnte^ cxsultastis .-i:ut arietes : * et colles, sicut agni oviura ?

A facie Domini mota est terra : * a facie Dei Jacob,

Qui convertit petram in stagna aquarum : * et rupem in fontes aquarum.

Non nobis, Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da gloriam.

Super misericordia tua et veritate tua : * neÎuando dicant gentes • 'bi est Deus eorum ? Deus autem noster in cœlo : ' omnia quaecumque voluit fecit.

Simulacra gentiumargentum et aurum : * opéra manuum hominum.

Os habent, et non loquentur : * oculos habent, et non videbunt.

Aures habent, et non

La nation juive fut consa-« crée à Dieu, Israël fut son domaine.

La mer le vit et s'enfuit; le Jourdain remonta vers sa source.

Les montagnes sautèrent comme des béliers, et les collines comme des agneaux.

O mer, pourquoi fuyaistu ? Et toi, Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?

Montagnes, pourquoi sautiez-vous comme des béliers ? Et vous, collines, comme des agneaux ?

A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,

Qui changea la pierre en torrents, et la roche en fontaines.

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire,

A cause de votre miséricorde et de votre vérité : de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

Notre Dieu est au ciel : il a fait tout, ce qu'il a voulu.

Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes.

Elles ont une bouche, et ne parlent point; des yeux, et ne voient point.

Elles ont des oreilles, CE

Da l'Office des Vêpres.

n'entendent point ; des narines, et ne sentent point.

Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point ; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.

Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.

La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.

La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.

Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur protecteur.

Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.

Il a béni la maison d'Israël ; il a béni la maison d'Aaron.

Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.

Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.

Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre !

Au Seigneur les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.

Ce .^e sont pas les morts

audient : * nares habent, et non odorabunt.

Manus habent, et non palpabunt; pedes habent et non ambulabunt : * non clamabunt in gutture suo.

■ Similes illis fiant qui faciunt ea : ' et omnes qui confidunt in eis.

Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum. et protector eorum est.

Domus Aaron speravit in Domino : ' adjutor eorum, et protector eorum est.

Qui timent Dcminum, speraverunt in Domino :

* adjutor eorum, et protector eorum est.

Domir^us memor fuit nostri : ' et benedixit nobis.

Benedixit domuî Israël : * benedixit domui Aaron.

Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.

Adjiciat Dominus super vos ; * super vos et super filios vestros.

Benedicti vos a Domino : * qui fecit cœlum et terram.

Cœlum cœli Domino :

* terram auîem dédit filiis hominum.

Non mortui laudabunt

52 Le Temps après la Pentecôte.

te, Domine : * neque omnes qui descendunt in infernum.

Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in saïculum.

qui vous loueront, ô Seigneur! ni tous ceux qui descendent dans la demeure souterraine des limbes ;

Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur,aujourdhui et à jamais.

BENEDICTUS Deus et Pater Domini nostri JesLi Christi, Pater misericordiarum et Deus totius consolationis, qui consolatur nos in omni tribulatione nostra. 1^. Deo graîias.

BÉNI soit Dieu et le Père de notre Seigneur JésusChrist, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations, iî. Rendons grâces à Dieu.

L, Lucem dierum'proferens • Primordiislucis novas, Mundi parans originem.

Qui mane junctum vesperi Diem vocari praecipis : lUabitur tetrura chaos, Audi preces cum flctibus.

Ne mens gravata crimine, Vitas sit esul munere •

EU bon, créateur de la lumière, qui avez produit le flambeau des jours, vous avez préludé à l'origine de ce. monde, en produisant, au premier jour, cette lumière qui jusqu'alors n'avait pas brillé.

O vous, qui nous apprenez à donner le nom de jour à l'espace qui s'étend du matin jusqu'au soir, un noir chaos menace encore de nous envelopper : écoutez nos prières, et voyez nos larmes.

Que notre âme appesantie par le péché ne demeure pas exilée de cette vie imDe V Office des Vêpres,

mortelle que vous lui avez préparée, cette âme si lâche quand il faut penser â l'éternité, si prompte à tomber dans les liens du péché.

Qu'elle frappe enfin aux portes des cieux ; qu'elle enlève le prix de la vie ; qu'elle évite tout ce qui peut lui nuire ; qu'elle se purifie de toute iniquité.

Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.

f. Que ma prière s'élève vers vous. Seigneur !

R). Comme l'encens monte en votre présence.

perenne cogiDum nil

tat, Seseque culpis illigat.

Cœleste pulset ostium.

Vitale toUat prœmium :

Vitemus omne noxium,

Purgemus omne pessimum.

Praesta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne sasculum. Amen.

f. Dirigatur, Domine, oratio mea,

^. Sicut incensum in conspectu tuo.

MON âme glorifie le Seigneur ; Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur ;

Car il a regardé la bassesse de sa servante ; et, pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.

Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant et de qui le Nom est saint ;

Et sa miséricorde s'étend

MAGNIFICAT : * anima mea Dominum ;

Et exsultavit spiritus meus : * in Deo Salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillae suje : * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum Nomen ejus.

Et misericordia e

progeaie in progenies : timentibus eum.

Fecit potentiam in brachio suo : ' dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentes de sede : ' et exaltavit humilcs.

Esurientes implevit bonis : " et divites dimisit inanes.

Suscepit Israël puerum suum : * recocdatus misericordias suce.

Sicut locutusestad patres nostros : * Abraham et semini ejus in sascula.

de génération en génération, sur ceux qui le craignent.

Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.

Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.

Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.

Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse

Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.

L'Oraison se trouve en son lieu, aux manches et aux diverses Fêtes.

DiBene: Don

)mino. B?. Deo gratias. ^. Fidelium animae per misericordiam Dei requiescant in pace.

â. Amea.

^ TD ÉNISSONS le Sei'■ D gneur.

^. Rendons grâces à Dieu.

f. Que lésâmes des fidèles, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.

^. Amen.

DE l'office de COMPLIES,

ON Père, veuillez me bénir.

le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse, ft. Amen.

ne, benedicere. BeneNoctem quietam, et finem perfectum concédât nobis bominus omnipotens. n). Amen.

MES Frères, soyez sobres et vigilants ; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer ; résistezlui, étant forts dans la foi. Mais vous, Seigneur, ayez pitié de nous !

ift. Rendons grâces à Dieu.

f. Tout notre secours est dans le Nom du Seigneur.

^. C'est lui qui a fait le ciel et la terre.

FRATRES : Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diaholus, tamquam leo rugiens circuit quœ- rcns quem devoret : cui resistite fortes in fide. Tu autem, Domine, miserere nobis.

fil. Deo gratias.

^. Adjutoriûm nostrum inNomine Domini.

fil. Qui fecit cœlum et terram.

56 Le Teynps après la Pentecôte.

On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence ; puis le Prêtre dit le Confiteor, et le Chœur le répète après lui.

^' \^ Deus, Salutaris noster.

^. Et averte iram tuam a nobis.

^. Deus, in adjutorium meum intende.

Rj. Domine, ad adjuvandum me festina.

Gloria Patri, etc.

^" V^ NOUS, ô Dieu, notre Sauveur 1

f^. Et détournez votre colère de dessus nous.

j^. O Dieu ! venez à mon aide.

^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire au Père, etc.

CM mvocarem exaudivit me Deus justitise meaî : * in tribulatione dilatasti' mihi.

Miserere mei :*etexaudi orationem meam.

Filii hominum, usquequo gravi corde ? ' ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?

Et scitotequoniam mirificavit Dominas sanctum suum : * Dominus exaudiet me cum clamavero ad eum.

Irascimini, et nolie peccare : * quas dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.

Sacrificate sacrificium justitiaj, et sperate in Domino : * multi dicunt :

AU milieu de ma prière, . le Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au large, quand j'étais dans l'affliction.

Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.

Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerezvous la vanité, et chercherezvous le mensonge ?

Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré ; le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.

Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos cœurs.

Ofîrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. Il en est plusieurs qui disent:

De VOffice de Compiles.

Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?

La Lumière de votre visage, votre Verbe, Seigneur, a daigné luire sur nous : c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.

Pour eux, leur richesse est dans l'abondance du vin, de l'huile et du froment.

Mais moi je dormirai et me reposerai dans la paix ;

Parce que vous seul, Seigneur, m'avez affermi dans l'espérance.

Quis ostendit nobis bo» na ?

Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine * dedisti lœtitiam in corde meo.

A fructu frumenti, vini et olei sui : * multiplicati sunt.

In pace in idipsum : * dormiam et requiescam.

Quoniam tu. Domine, singulariter in spe : * constituisti me.

EN vous. Seigneur, j'ai mis mon espérance ; que je ne sois pas confondu : sauvez-moi dans votre justice.

Inclinez votre oreille vers moi, hàtez-vous de me délivrer.

Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.

Car vous êtes ma force et mon refuge, et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.

Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.

'Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui m'avez racheté, Seigneur, Dieu de vérité 1

IN te. Domine, speravï, non confuudar in aeternum : * in justitia tua libéra me.

Inclina ad me aurem tuam : * accéléra ut eruas me.

Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : * ut salvum me facias.

Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enulries me.

Educes me de laqueo hoc, quem absconderunt mihi : * quoniam tu es protector meus.

In manus tuas commendo spiritum meum : * redemisti me, Domine, Deus veritatis.

58 Le Temps après la Pentecôte.

OUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.

Dicet Domino : Susccptor meus es tu, et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.

Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium : • et a verbo aspero.

Scapulis suis obumbiabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.

Scuto circuradabit te Veritas ejus : ' non timebis a timoré noclurno.

A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et dasmonio meridiano.

Cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : ' ad te autem non appropinquabit.

Verumtamen oculis tais considerabis : ' et retributionem peccatorum videbis.

Quoniam tu es, Domine, spes mea : * Altissinium posuisti refugium tuura.

Non accedet ad te malum : " et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.

Cr.LUi qui habite dansl'asile Ju Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.

Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge 1 II est mon Dieu, j'espérerai en lui.

Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.

Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.

Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,

Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.

Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n'approchera pas de toi.

Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.

Parce que tu as dit •« Seigneur, vous êtes mon espérance M, parce que tu as placé ton refuge dans le TrèsHaut ;

Le mal n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;

De VOffice de Compiles.

bù

Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.

Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.

Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.

Dieu dira de toi : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai, parce qu'il a connu mon ÎMom.

Il criera vers moi, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation ; je l'en retirerai et le glorifierai.

Je le rassasierai de longs l'ours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.

Quoniam Angelis suis mandavit de te : *ut custodiant te in omnibus viis tuis.

In manibus portabunt te : * ne forte ofFendas ad lapidem pedem tuum.

Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonem et draconem.

Quoniam in me speravit, liberabo eum ;* protegam eum , quoniam cognovit Nomen meum.

Clamabit ad me , et ego exaudiam eum : * eum ipso sum in tribulatione, eripiam eum, et glorificabo eum.

Longitudine dierum replèbo eum : * et ostendam illi Salutare meum.

BENISSEZ maintenant

vous tous

le qui

seigneur, le servez.

Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu,

Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.

Dites à Israël : Que le Seigneur te bénisse de Sion. le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

De

CCE nunc benedicite ominum : * omnes servi Domini.

Qui statis in domo Domini : * in atriis domus Dei nostri.

In noctibus extollite manus vestras in Sancta :* et benedicite Dominum.

Benedicat te Dominus ex Sion : * qui fecit cœ- lum et terram.

Go Le Temps après la Pentecôte.

Ant. Miserere mihi , Domine, et exaudi orationera meam.

Ant. Ayez pitié de moi. Seigneur , et exaucez ma prière.

Plucis ante terminum, Rerum Creator, poscimus, Ut pro tua clementia. Sis prassul et custodia.

Procul recédant somnia, Et noctium phantasmata ; Hostemque nostrura

comprime, Ne polluantur corpora.

Prœsta, Pater piissime,

Patrique compar Unice,

Cum Spiritu Paraclito

Regnans per omne sneculum. Amen.

AVANT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être, dans votre clémence, notre protecteur et notre gardien.

Que les songes et le? fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane pas nos corps.

Faites-nous cette grâce, 0 Père très m.iséricordieux, et vous, ô Fils unique, éo;al au Père, vous qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.

CAPITULE. {Jerem. xiv.)

Tu autem in nobis es. Domine, et Nomen sanctum tuum invocatura est super nos : ne derelinquas nos, Domine Deus noster.

Tf. In manus tuas, Domine : * Commendû spiritum meum. In manus tuas.

"f. Redemisti nos, Domine, Deus veritatis. * Commendo.

Vous êtes en nous. Seigneur ! et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas, Seigneur notre Dieu !

^. Entre vos mains. Seigneur," je remets mon esprit. On répète : Entre vos mains, Seigneur, etc.

f. Vous nous avez rachetés. Seigneur, Dieu de vérité. On répète : Je remets, etc.

De rOffice de Compiles.

Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.

j^. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil ;

r|. Protégez-nous à l'ombre de vos ailes.

Gloria. In manus tuas.

j^. Custodi nos. Domine, ut pupillam oculi.

i^. Sub umbra alarum tuarum protège nos.

C'est maintenant. Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;

Parce que mes yeux ont vu le Sauveur,

Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples :

Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.

Ant. Sauvez-nous, Seigneur, durant la veille, gardez-nous durant le sommeil, afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.

VISITEZ, s'il vous plaît. Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habi tent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur , qui , étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit.

NUNC dimittis servum tuum, Domine : *secundum verbum tuum in pace.

Quia viderunt oculi mei : * Salutare tuum,

Quod parasti : * ante faciem omnium populorum.

Lumen ad revelaticnem Gentium : * et gloriam plebis tuae Israël.

Ant. Salva nos, Domine, vigilantes ; custcdi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.

VISITA, quœsLmus Demine, habitationem istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnai

02 Le Temps après la Pentecôte.

In unitate Spiritus Sancti Dcus. per omnia sa—

cula sxculorum. Amen.

f. Domiuus vobiscum ;

\k. Et cum spiritu tuo.

y. Benedicaraus Domino.

Ri. Deo gratias.

Benedicat et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus.

i^. Amen.

dans tous les siècles des siècles. Amen.

i^. Le Seigneur soit avec vous ;

Fil. Et avec votre esprit.

j^. Bénissons le Seigneur.

k!. Rendons grâces à Dieu.

Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, Père, Fils et Saint-Esprit, nous bénisse et nouii conserve !

fi|. Amen.

gALVE,

Regina, Mater misericordiae.

Vita, dulcedo et spes nostra, salve.

Ad te clamamus, exules filii Evaî.

Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo.advocata nostra, illos tuos miséricordes oculos ad nos converte ;

Et Jesum. benedictum fructum ventris tui. nobis post hoc exilium ostende,

O clemens,

Opia,

O dulcis Virgo Moria!

1*^. Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix,

^. Ut digni efficiamur promissionibus Christi .

SALUT, ô Reine. Mère de miséricorde.

Notre vie, nos délices, notre espérance, salut 1

Exilés, enfants d'Eve, nous crions vers vous ;

Vers vous nous soupirons, gémissants et pleurants au fond de cette vallée de larmes.

Sus donc, ô notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants ;

Et montrez-nous, après cet exil, Jésus, le fruit béni de votre sein,

O clémente.

O miséricordieuse,

O douce Vierge Marie!

f. Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Rj. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

De l'Office de Compiles.

Dieu tout-puissant et éternel qui, par la coopération du Saint-Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie, afin qu'elle devînt le digne séjour de votre Fils ; daignez, par sa miséricordieuse intercession, nous accorder, à nous qui fêtons joyeusement sa mémoire, d'être affranchis des maux qui nous assiègent et délivrés de la mort éternelle. Par le même JésusChrist notre Seigneur. Amen.

^.Le secours divin demeure toujours sur nous !

il). Amen.

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosas Virginis matris Mari£e corpus et animam, ut dignum Filii tui habitaculum effici mereretur, Spiritu Sancto coopérante, prœparasti : âa ut eu jus commcmoratione lœtamur, ejus pia intercessione ab instantibus maliset a morte perpétua liberemur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

f. Divinum auxilium mnneat semper nobiscum. lll. Amen .

A gloire du martyre illumine ce jour avec une profusion qui se rencontre rarement sur le Cycle; déjà nous pouvons présager, dans le mois qui commence, celui de la confession glorieuse entre toutes que Pierre et Paul consommeront dans leur sang. Les Gaules et l'Italie, Rome et Lyon son illustre fille, concourent à former pour le ciel une légion de héros. Tout à l'heure nous admirerons Pothin , l'un des chefs de cette phalange illustre , venu d'Asie pour lever sur les rives du Rhône son contingent sacré. Mais les pre66 Le Temps après la Pentecôte.

miers honneurs sont dus à l'Eglise mère. Saluons donc tout d'abord Marcellin, engendrant par son sacerdoce les recrues nombreuses que l'Esprit-Saint rend dignes aussitôt de partager son triomphe ; honorons l'exorciste Pierre, qui amène à la fontaine sacrée tant de païens gagnés au Christ en voyant la faiblesse des démons.

Quand le christianisme parut sur la terre, Satan était bien, et visiblement, le prince du monde. Tous les autels étaient à lui ; la législation et les mœurs subissaient son empire. Du fond de leurs temples fameux, les chefs des démons dirigeaient la politique des cités consultant leurs oracles ; sous divers noms, les plus infimes des anges déchus trouvaient influence et honneur au foyer domestique ; d'autres avaient leurs postes assignés dans les forêts, sur les montagnes . auprès des sources ou sur la mer, occupant contre Dieu ce monde qu'il avait créé pour sa gloire et que Satan, par la complicité de l'homme, avait conquis. Quatre mille ans d'abandon du côté du ciel avaient permis à l'usurpateur d'affermir ainsi sa conquête ; la résistance était savamment préparée pour le jour où 'e roi légitime prétendrait rentrer dans ses î Toits.

j La venue du ^'erbe dans la chair donna le j signal de la grande revendication divine. Le j prince du monde, vaincu en personne par le ; JFils de Dieu, comprit qu'il allait avoir à re\ tourner dans l'abîme. Mais les innombrables j puissances de ténèbres qu'il avait constituées, devaient poursuivre la lutte durant des siècles, et ne lâcher que pied à pied leurs posiSS. Marcellin, Pierre et Erasme, Mart. 6j

tions. Chassées des villes par les adjurations de la sainte Eglise et le triomphe des martyrs, les légions infernales se reformeront dans les solitudes ; les soldats du Christ auront à y soutenir contre elles, sous la conduite d'Antoine et de Pacôme, de terribles combats. En Occident, le patriarche des moines retrouvera, les autels des démons et les démons euxmêmes sur les hauteurs du Cassin, au vi^ siècle. Au vue, ils disputeront à saint Gall les bois, les lacs, les rochers de la Suisse actuelle ; et on les entendra se plaindre qu'après avoir été chassés de la société des hommes, on ne leur laisse même pas ces retraites ignorées. C'est qu'en effet, dans la pensée divine, l'appel des moines au désert aura pour but, non moins que la fuite du monde en ce qui les concerne, la poursuite des démons dans leurs derniers retranchements.

Nous insistons sur les considérations qui précèdent ; car leur importance est extrême, et n'a d'égale que la profondeur de l'ignorance systématique où l'on se tient à leur endroit. Les vrais chrétiens croient fermement, aujourd'hui comme toujours, à la lutte privée, toute spirituelle, que l'âme doit soutenir contre l'enfer dans le secret de la conscience ; mais plusieurs n'hésitent point à rejeter dans le domaine de l'imagination ce qu'on leur raconte de ces autres combats, livrés par nos pères aux démons sur le terrain extérieur et public. Leur excuse sans doute est de vivre en un pays où, depuis des siècles, cette guerre du dehors avait pris fin par la victoire sociale du christianisme. Mais l'Esprit-Saint nous annonce que l'ancien serpent,

inimobilisé durant mille années, doit être à la hn délié de nouveau pour un peu de temps i. Si nous touchions à cette époque fatale, il serait temps d'y songer : nous serions mai préparés à la reprise des anciennes luttes, par l'ignorance ou nous entretient l'habitude d'aban'donner, sous le nom de légende, à la fatuité de la courte science qui domine de nos jours, les faits les mieux attestés de l'histoire de nos devanciers. Qu'est-ce donc que l'histoire après tout, depuis la révolte de Lucifer, sinon le tableau de la lutte engagée entre Dieu et Satan ? Et si, comme nous l'avons dit, Satan , par la permission divine, avait envahi le monde extérieur aussi bien que celui des âmes, n'était-il pas nécessaire, pour le jeter dehors 2, selon l'expression du Sauveur, que la lutte avec lui fût une lutte corps à corps, qu'elle revêtît un caractère extérieur et visible ?

« Le \'erbe. dit saint Justin, s'est fait homme pour deux buts : sauver les croyants, et chasser les démons s. » Aussi l'expulsion des démons de la place qu'ils occupent dans ce monde matériel , et spécialement du corps de l'homme qui en est la plus noble partie, apparaît-elle, dans l'Evangile , comme l'un des principaux taractères àe, la puissance du Sauveur. Quittant la terre et envoyant ses apôtres continuer son œuvre parmi les nations, c'est elle également que lui-même indique comme devant être le premier signe de la mission qu'ils auront à remplir *."Le

1. ApOC. XX, 2-3. — 2. JOHAiN. XU, 3l. — 3. 2' Apoi.

SS. Marcellin^ Pierre et Érasme, Mart. 6g

monde ne s'y méprit pas. Bientôt les païens durent cotistater la cessation partout des anciens oracles ^, et la cause d'un phénomène de cette importance pour l'ancienne religion apparut évidente : les démons eux-mêmes n'hésitèrent point à reconnaître que leur silence forcé venait des chrétiens. Sur cette puissance du christianisme contre l'enfer, les apologistes des ii« et in« siècles en appelaient, sans crainte d'être contredits, au témoignage public. « C'est sous les yeux de tous, disait saint Justin aux empereurs, que les chrétiens, dans Rome et dans tout l'univers, chassent les démons au nom de JésusChrist 2. » Les dieux de l'Olympe se voyaient démasqués honteusement en présence de leurs adorateurs confus, et TertuUien pouvait jeter ce défi aux magistrats de l'empire : « Qu'on amène à vos tribunaux quelqu'un de ces hommes qui se disent sous la puissance des dieux. Sur l'ordre du premier venu d'entre nous, l'esprit qui les possède sera contraint de contesser ce qu'il est; s'il ne s'avoue démon et non pas dieu, n'osant mentir à un chrétien, répandez aussitôt le sang de ce chrétien blasphémateur. Mais non ; là crainte qu'ils ont du Christ fait que l'attouchement, le souffle même de l'un de ses serviteurs suffit à les chasser s. »

Le baptême suffisait donc pour donner à l'homme un tel pouvoir ; et c'était bien en effet le sens de la promesse du Seigneur, lorsque, parlant de ceux qui croiraient en lui, et

I. Plutarch. De oraculor. defectu. — 2. 2" Apol.

7© Le Temps après la Pentecôte.

non pas seulement des chefs de l'Eglise, il avait dit : « En mon nom ils chasseront les démons i ». De bonne heure cependant, l'E- glise, organisant la guerre sainte, constitua parmi ses fils un ordre spécial qui eut pour mission directe la poursuite de Satan sur tous les points de ce monde visible. Les exorcistes se trouvèrent par cette délégation investis d'un empire qui accéléra la défaite du prince du monde, et lui rendit cette défaite d'autant plus odieuse, que l'Eglise, humiliant son orgueil, n'éleva point au-dessus des rangs inférieurs de la cléricature un ordre pourtant si terrible à l'enfer. Lucifer avait prétendu s'égaler au Très-Haut - ; précipité du ciel, il s'était flatté, dans sa folie, de pouvoir du moins supplanter Dieu sur la terre : et voilà que le soin de sa défaite est confié, non plus aux anges ses égaux par nature, mais à des hommes, aux plus petits de cette race si facilement trompée, qu'il avait vue prosternée devant lui durant de longs siècles. Leur main de chair le contraint, lui esprit, à descendre de son trône; à leur parole, il faut qu'il dépose ses vains ornements, qu'il se démasque lui-même; l'eau cju'ils bénissent ravive en lui ses tortures éternelles; du prince du monde et de ses pompes il ne reste plus que Satan, le révolté à la face hideuse, le condamné tremblant dans la poussière aux pieds des fils des hommes, ou fuyant comme la feuille desséchée sous le souffle de leur bouche. L'archange Michel reconnaît dans ces fils

1. Marc, xvi, 17. — 2. Isai. xiv, i2-i5.

SS. Marcellin, Piet re et Erasme, Mart. 7 1

d'Adam les dignes alliés des anges fidèles qu'il conduisit à la victoire. Mais parmi ces continuateurs du grand combat commencé dans les hauteurs des cieux 1, l'exorciste Pierre se présente à nous rayonnant d'un éclat sans pareil. Le triomphe du martyre vient s'ajouter pour lui aux victoires remportées sur les troupes de Satan. Nul mieux que lui n'a fait reculer l'enfer ; car, chassant les démons des corps, il a de plus conquis les âmes. Le prêtre Marcellin, son associé dans la conquête et le martyre, est également Tassocié de sagloire. L'Eglise a voulu que leurs noms, redoutables aux esprits de ténèbres, brillassent d'une commune auréole ici-bas comme au ciel. Chaque jour, elle leur rend le plus solennel hommage qui soit en son pouvoir, en les nommant tous deux au diptyque du Sacrifice avec les saints Apôtres et les premiers de ses fils. Telle fut l'importance de la mission qu'ils remplirent et la renommée de leurs derniers combats, que leurs corps; transportés sur la voie Lavicane, y devinrent le centre d'un illustre cimetière. Les chrétiens de l'âge de la paix, qui suivit de près leur glorieuse confession, se disputèrent l'avantage d'être ensevelis sous la puissante {)rotection des soldats du Christ; Constantin, e vainqueur de l'idolâtrie, déposa près d'eux les restes de sa mère, sainte Hélène, qui avait retrouvé le bois du salut, terreur des démons. Une inscription célèbre fut composée en leur honneur par le pape Damase qui, dans son enfance, avait appris de la bouche

7 2 Le Temps après la Pentecôte.

même du bourreau, converti depuis, les détails de leur martyre ; gravée près de leurs tombeaux, elle compléta les monuments de cette catacombe , où Tart chrétien multipliait ses plus riches enseignements.

A la mémoire des saints Marcellin et Pierre est joint, dans la Liturgie de ce jour, le souvenir d'un saint évèque martyr, bien connu autrefois du peuple fidèle. Si les Actes qui nous sont parvenus de sa vie ne sont pas à l'abri de tout reproche au point de vue de la critique, les faveurs obtenues par l'intercession d'Erasme ou saint Elme portèrent son nom dans toute la chrétienté, comme l'attestent les formes nombreuses que ce nom revêtit au moyen âge dans les différentes contrées d'Occident. Il fait partie du groupe des saints aiixiliateurs ou secourables, dont le culte se répandit surtout en Allemagne et en Italie. Les marins le reconnurent pour patron, en souvenir d'un voyage miraculeux rapporté dans sa vie ; une des tortures nombreuses qu'il eut à subir, l'a fait aussi invoquer contre les douleurs d'entrailles. Nous ne devons pas oublier de mentionner ici que le

Èatriarche des moines d'Occident eut saint rasme en vénération particulière; lorsqu'il quitta pour la Campanie sa solitude des bords de l'Anio, il marqua sa principale étape entre Subiaco et le Mont-Cassin en jetant, à Véroli, les fondements d'une église et d'un monastère sous le vocable du saint martyr; un autre monastère fut également dédié

êar saint Benoît, dans Rome même, à saint rasme.

SS. Marcellin, Pierre et Erasme, M art. j3

Lisons les quelques lignes consacrées par l'Eglise à la mémoire de nos trois saints.

Q lERRE, exorciste, fut emi prisonné à Rome sous l'empire de Dioclétien. par le juge Sérénus, pour avoir professé la foi chrétienne. Il délivra des convulsions que lui donnait le démon, Pauline fille d'Artéraius, geôlier de la prison. Les parents de la jeune fille, la famille tout entière et les voisins qui s'étaient rassemblés sur la nouveauté du fait, ayant embrassé le service de JésusChrist, Pierre les amena au prêtre Marcellin, qui leur donna le baptême à tous. Sérénus en ayant eu connaissance, fît comparaître devant lui Pierre et Marcellin. ( les reprit durement, et, pour j les faire renoncer au Christ, { il joignit à ses reproches la menace des supplices. Marcellin lui répondit avec une liberté chrétienne ; ce qui n'ayant pas convenu au juge, il fut accablé de coups de poings, séparé de Pierre, et enfermé nu, sans nourriture et sans lumière, dans un cachot jonché de fragments de verre. Quant à Pierre, ordre fut donné également de resserrée ses chaînes étroitement. Mais ces tourments ne faisant qu'accroître en tous deux la

PETR u s, exorcista, Diocletiano imperatore. Romaî a Sereno judice propter christianx fidei confessionem missus in carcerem, Paulinam Artemii. qui carceri praeerat, filiam a daîmone agitatam liberavit. Quo facto et parentes pueilae cum tota famitia et vicinos. qui ad rei novitatem concurrerant, Jesu Christo conciliatos ad Marcellinum presbyterum adduxit, a quo omnes baptizati suntQuod ubi rescivit Sere^ nus, Petrum et Marcellinum ad se vocatos asperius objurgat, et ad verborum acerbitatem minas ac terrores adjungit, nisi Christo renuntient. Cui cum Marcellinus christiana libertate responderet, pugnis contusum et a Pelro sejunctum, nudum indudit in carcerem stratum vitri fragmentis, sine cibo ac sine lumine. Petrum item constringi imperat arctissimis vinculis, Sed cum utrique ex tormentis fîdes et animus cresceret, constant! confessione et abscisso

'J4 ^^ Temps après la Pentecôte.

capite, illustre testimonium Jesu Christo dedeERASMUS, episcopus, imperatoribus Diocletiano et Maximiano, in Campania plumbatis

etfustibus caesus, résina quoque, sulphure, pliimbo liquefacto et ferventi pice, cera oleoque pertusus, inde tamen integer et inviolatus evasit. Quo miraculo raulti se ad Christi fidem con-- verterunt. Verum is, iteram detrusus in carcerem, constrictus ferreis gravissimisque vinculis, inde ab angelo mirabiliterereptus est. Deinde Formiis a Maximiano variis afïectus suppliciis, «inicaque œrea candenti iadutus, illa etiam tormenta divina virtute superavit. Denique, plurimis et in fide confirmatis et ad fidem conversis, insignem martyrii palmam adeptus est.

foi et le courage, ils persévérèrent dans leur confession; condamnés à avoir la tête tranchée, ils rendirent ainsi à Jésus-Christ un illustre témoignage.

Sous l'empire de Dioclétien et de Maximien, dans la Campanie, l'évéque Erasme fut battu avec des fouets garnis de plomb et avec des bâtons ; on employa contre lui la résine, le soufre, le plomb fondu, la poix ardente, la cire et Ihuile bouillante ; mais toutes ces tortures n'eurent aucune prise sur lui, au point que beaucoup de gens, témoins du prodige, se convertirent au Christ. On le ramena à la prison, où il fut accablé de lourdes chaînes de fer ; mais ua ange vint le délivrer d'une façon miraculeuse. Transporté àFormies, il fut, par ordre de Maximien, applique à divers tourments nouveaux ; on le revêtit entre autres d'une tunique d'airain rougie au feu ; mais une force divine lui fit surmonter toutes ces épreuvtf. Enfin, après avoir confirmé dans la foi et converti à cette même foi un grand nombre de personnes, il obtint la palme d'un illustre martyre.

VOUS avez tous trois, ô saints martyrs, confessé Jésus-Christ dans la plus effroyable tempête qu'il ait permis au démon de susciSS. Marcellin, Pierre et Érasme, M art. y 5

ter contre son Eglise. A des degrés divers de la hiérarchie, vous avez été les modèles et les guides du peuple chrétien, l'entraînant à votre suite par rangs pressés dans l'arène du martyre, et comblant par des conversions plus nombreuses encore les vides qu'eût laissés sur terre le départ pour le ciel des compagnons de votre victoire. C'est pourquoi, en ce jour, l'Eglise de la terre joint ses hommages reconnaissants aux félicitations de l'Eglise triomphante. Soyez propice toujours aux maux qui accablent !e genre humain dans cette vallée de l'épreuve. "L'excès de sa misère morale fait qu'il en est arrivé jusqu'à oublier, dans le besoin, ses puissants protecteurs. Par des bienfaits nouveaux, ranimez en lui votre souvenir.

Protégé du ciel autrefois, protégez maintenant vous-même, 6 Erasme, ceux qui luttent sur les flots contre les éléments déchaînés. Dans votre force d'âme, à l'heure suprême, vous livrâtes aux bourreaux jusqu'à vos entrailles ; soyez secourable à ceux qui vous invoquent en des souffrances rappelant de loin les tourments que vous avez endurés pour le Christ.

Pierre, Marcellin, unis dans le labeur et dans la gloire, jetez sur nous les yeux : un seul de vos regards fait trembler l'enfer ; il éloignera de nous ses ténébreuses phalanges. Mais combien elle aussi la société civile, combien le monde visible a besoin de votre aide ! L'ennemi que vous aviez si puissamment contribué à faire rentrer dans l'abîme, redevient maître. Sommes-nous au temps où, reprenant la guerre avec les

"^6 Le Temps après la Pentecôte.

saints, il lui sera donné de les vaincre i ? C'est à peine, maintenant, s'il se cache encore. Non seulement il conduit le monde par mille ressorts que les sociétés autrefois secrètes ont ostensiblement remis en ses mains: on l'a vu chercher à s'introduire dans les réunions de toutes sortes, au sein des familles, comme l'hôte de la maison, le compagnon de divertissements ou d'affaires, avec ses tables tournantes et tous les procédés de divination que Tertullien dénonçait de son temps et du vôtre ~. L'expulsion des démons par le christianisme avait été si absolue, qu'il en était résulté chez nous jusqu'à l'oubli le plus complet de ces funestes pratiques. Si pour cette fois, dans les familles chrétiennes, les avertissements des pasteurs l'ont emporté sur l'attrait d'une curiosité malsaine, une secte pourtant s'est formée à la suite, dont Satan est devenu le guide et l'oracle. Les spirites. comme ils "s'appellent, préparent de concert avec la franc-maçonnerie l'invasion dernière du monde extérieur par les bandes infernales ; l'Antéchrist, avec sa puissance usurpée et ses vains prestiges, sera le produit commun des loges politiques et de la secte où l'on se donne à tâche de ramener sous une forme nouvelle les anciens mvstères du paganisme. Vaillants soldats de l'Ëglise, rendez-nous dignes de nos pères. Si l'armée chrétienne doit s'amoindrir en nombre, que la foi grandisse en elle d'autant plus ; que son courage ni ne défaille, ni ne s'égare ; qu'elle soit trouvée faisant toujours

I. Apoc. xui, 7. — 2. Apol. xxui.

SS. Marcellin, Pierre et Erasme, Mart. yj

face à l'ennemi, à l'heure suprême où le Seigneur Jésus tuera d'un souffle de sa bouche l'homme de péché i, et replongera pour jamais les hordes de Satan dans le puits de l'abîme.

LA suite des lignes consacrées dans son Martyrologe au triumvirat glorieux dont nous venons d'honorer la puissance, l'Eglise romaine, mère des Eglises, insère en ses fastes la mention émue des héros que le sol gaulois produisit pour le ciel, dans ce même jour et les suivants. Car il ne s'agit point ici du combat d'un seul jour. Pothin , l'évèque , mourant dans la prison épuisé d'ans et de travaux, marqua cette journée comme devant être celle de la fête qui comprendrait à la fois les soldats et leur chef. Mais si le 2 juin paraît avoir été pour celui-ci la date de la victoire, les quarante-sept martyrs, ses compagnons et ses fils, n'obtinrent que successivement leurs couronnes ; jusqu'à ce qu'enfin Blandine , au mois d'août, fermant la marche triomphale, rejoignît dans les cieux la troupe vaillante au milieu de laquelle elle brille d'un éclat si pur.

Mais avant de rappeler quelques traits de l'immortelle campagne où Satan vit tourner si pleinement à sa confusion les efforts de sa haine, jetons nos yeux sur la terre prédestinée devenue dès lôrs le champ de bataille du

s. Pothin et ses Compagnons, Martyrs. 79

Christ en ses martyrs. Nous ne sommes qu'au second siècle chrétien, et déjà la munificence de Dieu envers cette région du monde révèle ce qu'il attend de la nation dont elle sera l'héritage. Au soin, en effet, avec lequel le laboureur trace les sillons dans le sol dont il a entrepris la culture, à la qualité de la semence qu'il confie à la terre, on peut juger de l'espoir qu'il met en celle-ci. La semence du salut, c'est la parole des messagers de l'Evangile ; le sillon divin, c'est la voïe mystérieuse par où l'Esprit-Saint les conduit. Combien donc la parole ne fut-elle pas abondante et pure en la bouche de ces disciples de Pierre et de Paul, que l'on voit, dès le milieu du premier siècle, parcourir en tous sens les provinces gauloises ! Quel dessein merveilleux amène à ces lointains rivages la famille amie de l'Homme-Dieu : Lazare, dont la mort attira ses pleurs ; Marthe, l'hôtesse fidèle, qui par les soins rendus à sa personne sacrée figurera jusqu'à la fin des temps les travaux du ministère actif ; Madeleine enfin, i'apôtre des apôtres eux-mêmes, la pénitente sublime dont l'amour continue, sur les rochers de Provence, cette vie de divine contemplation qui doit être la meilleure part pour les élus, la seule éternelle ? Encore quelques années, et la terre celtique, formée par les vieux Druides au culte de la Vierge qui devait enfanter, aura vu le sourire de Marie porter la lumière dans ses plus sombres forêts ; la dispensatrice de toute grâce inspire à Clément, successeur de Pierire, l'envoi de Denys à Lutèce : et quel choix de la Reine des Apôtres aurait pu mieux marquer la terre

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de sa prédilection, que celui du sublime Aréopagite apportant à la Gaule le secret des divines hiérarchies et des mystiques faveurs, trésor des parfaits !

Véritablement donc, le premier siècle de l'évangélisation du monde suffit à nous montrer dans la future patrie des Francs le royaume aimé du Christ. Un élément toutefois semble manquer encore à cette plénitude : si les Eglises des Gaules peuvent à bon droit revendiquer pour elles la paternité des deux princes des Apôtres, Jean, le disciple bienaimé, n'a point eu de part à un apostolat trop éloigné de la province d'Asie où son action restait concentrée ; comment cependant le fils adoptif de Marie pourrait-il ne rien transmettre de lui-même aux lieux bénis des complaisances de Notre-Dame ? Aussi, sous l'inriuence de l'apôtre déjà sorti de cette vie et plus éclairé encore sur les desseins de Dieu qu'il ne le fut à Pathmos, voici qu'apparaît sur les rives du Rhône un groupe de nouveaux missionnaires ; formés à l'école de Polycarpe, le plus fidèle disciple du vieillard d'Ephèse, qu'ils ont pu voir lui-même dans leur enfance, ils viennent communiquer à l'Occident ses traditions, son esprit, son amour du Fils de l'homme et de la divine Mère. Pothin leur chef, béni par Rome, s'arrête à Lyon. Au nom de Jean, il complète dans ces contrées l'oeuvre conitmencée au nom de Pierre et de Paul, un siècle plus tôt, par Crcscent de Vienne, Trophime d'Arles et Paul de Narbonne. Pour un seul pays, quel concours de grâces significatives ! Satan luimême comprend enfin les desseins du Christ;

s. Pothin et ses Compagnons, Martyrs. 8i

il va chercher à les arrêter dans le sang. L'espace nous manque pour retracer ici les

f)hases diverses de la persécution qui s'aluma sous le souffle de l'enfer, au printemps de l'année 177. Trois ans auparavant, MarcAurèle, sauvé par les prières des soldats chrétiens dans sa guerre contre les Quades, avait paru vouloir protéger l'Eglise ; mais la contrainte qu'il avait dû s'imposer alors coûtait au meurtrier de sainte Félicité, de saint Justin et de tant d'autres confesseurs immolés dès les premiers jours de son règne. La première occasion qui se présenterait d'ouolier le service rendu par la légion Fulminante, de remettre en vigueur les anciennes lois, cette occasion devait être bienvenue de l'empereur philosophe. Elle lui fut donnée par les soulèvements populaires c|ue la réaction païenne, suffisamment édifiée touchant les dispositions du prince, excita dans les diverses parties de l'empire ; comme l'incendie de Rome l'avait été pour Néron, l'émeute devenait un moyen de gouvernement pour Marc-Aurèle, cet idéal des princes chez nos modernes historiens ! Ce fut de la Gaule que partit le signal de cette persécution doublement odieuse, qui devait s'étendre dans les autres provinces et jusqu'à Rome même, où, un an plus tard, elle couronnait l'immortelle Cécile et son glorieux cortège formé de l'élite de l'ancien pàtriciat ; c'est au préfet de Lyon que fut adressé le rescrit sanguinaire, dont les termes firent loi pour tout ^l'empire et se retrouvent cités dans plusieurs Actes des martyrs de ce temps. Et certes la Gaule, qui jusque-là avait vu

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seulement les exécutions isolées d'un petit nombre de chrétiens, montra suffisamment qu'elle était prête à fournir, elle aussi, ses hécatombes sacrées ; l'Eglise de Lyon, fondée la dernière, puisa dans le sang de ses généreux fils une noblesse qui lui permettait de marcher à tout jamais l'égale des premières. Que ne pouvons-nous citer en entier l'admirable Lettre écrite par les survivants de la persécution à leurs frères d'Asie, pour leur raconter le triomphe des martyrs ! monument sans prix de l'antiquité chrétienne, où semble vivre toujours le bienheureux esprit des athlètes du Christ, et dont l'éloquence, si merveilleuse dans sa simplicité, avait la faculté d'émouvoir encore, au xvi^ siècle, le cœur si refroidi pourtant des sectaires de la prétendue Réforme. Rappelons du moins en peu de mots la succession des événements, qui nous permettra de mieux comprendre tout à l'heure le récit liturgique emprunté à cette Lettre immortelle.

Le représentant de la puissance romaine était absent de Lyon, quand la populace, excitée par les calomnies des meneurs, se jeta sur les maisons des chrétiens. Dans ce premier moment, rien ne fut épargné contre eux de ce que peut une foule en délire ; le tribun militaire, chargé de maintenir l'ordre, n'intervint au milieu' de ces violences que pour traîner ceux qui en étaient la victime devant les magistrats de la cité; après un interrogatoire sommaire, et une première confession de leur foi que ne refoula point le bruit des vociférations de la multitude, ils furent jetés en prison jusqu'au retour du

s. Pothin et ses Compag-nons, Martyrs. 83

gouverneur. On devait être alors au mois de mai ou d'avril. L'arrivée du gouverneur, que plusieurs pensent avoir été Septime-Sévère, le futur empereur, marqua l'ouverture de l'instruction légale de la cause. Vettius Epagathus, jeune homme d'une illustre naissance, se présenta courageusement au pied du tribunal, offrant de dépendre les accusés; mais le juge refusa de l'entendre, et, sur sa déclaration qu'il était chrétien lui-même, il fut mis au nombre des confesseurs. On sait que, par un étrange renversement des notions reçues en matière d'instruction criminelle, la procédure romaine, dans les causes de christianisme, avait pour but d'arracher aux accusés la négation, et non l'aveu de leur prétendu crime. La violence des tortures juridiques employées à cette fin fut telle alors, que plusieurs malheureux y cédèrent ; plus tard, ramenés par les larmes et l'exemple de leurs frères, ils réparèrent noblement le scandale, et conquirent, eux aussi, la palme. En attendant, de plus courageux remplissaient les vides causés par ces défections momentanées; car les arrestations continuaient tous les jours, et aussi la torture. Descendus des chevalets le corps en lambeaux, les saints confesseurs étaient mis aux ceps dans les cachots, en attendant une comparution nouvelle; mais les souffrances de la prison étaient si grandes à elles seules, que beaucoup y moururent, comme le bienheureux Pothin, dont le grand âge et l'épuisement ne purent supporter plus de deux jours les privations de cette demeure affreuse.

D'autres, au contraire, semblaient puiser

84 Le Temps après la Pentecôte.

dans la prison et les tourments une force inconnue. Lorsque, le moment arrivé d'un nouvel interrogatoire, les geôliers croyaient n'avoir à traîner sur la place publique que des mourants incapables de se porter euxmêmes, il se trouvait que les plaies reçues la veille avaient guéri -celles des jours précédents. Les confesseurs s'avançaient rayonnant d'une douce allégresse, étonnant tous les yeux par la majesté et la beauté de leurs traits ; leurs chaînes étaient comme l'ornement de répouse qui resplendit sous l'éclat de ses bracelets d'or; la bonne odeur du Christ s'échappait d'eux en toute vérité, et d'une manière si frappante pour les sens euxmêmes, que plusieurs les croyaient parfumés d'un parfum terrestre. Dans ces préliminaires juridiques de la question préventive, plus terribles que le martyre même, on vit briller entre tous le néophyte Maturus, à peine sorti du bain sacré, et déjà l'égal des athlètes vieillis dans l'arène ; Attale de Pergame, que l'éclat d'une illustre origine n'avait point empêché de quitter son pays pour devenir sur les rives du Rhône la colonne de l'Eglise ; Sanctus enfin, diacre de Vienne, à qui la violence et la variété de ses tourments auraient valu la première palme, si le Dieu des humbles et des petits n'eût exalté au-dessus de toutes ces illustrations de la naissance, de la hiérarchie sacrée, du martyre même, Blandine l'esclave, dominant l'héroïque phalange où elle trône comme une mère au milieu de ses fils. Arrêtée des premières avec sa maîtresse, qui parcourut vaillamment, elle aussi, la carrière des supplices,

s. Pot/lin et ses Compagnons, Martyrs. 85

Blandine, pareille à une plante délicate et fragile, semblait si faible de corps, que tous tremblaient qu'elle ne pût résister au premier effort de l'ennemi. Mais on vit ce que peut sur un corps débile la force d'âme qui vient du Christ. Sur cet être si frêle les bourreaux épuisèrent leur science et leurs forces, se succédant depuis l'aube jusqu'au soir ; et, vaincus, à bout de leurs cruels secrets, ils déclarèrent que c'était merveille si la vie restait dans un corps disloqué à ce point, déchiré, troué de toutes parts, quand un seul des tourments qu'il avait subis aurait dû lui donner la mort. Mais la bienheureuse ranimait dans la confession de la foi ses forces et son courage ; on eût dit qu'elle trouvait nourriture, repos, impassibilité, dans ces mots que la question pouvait seuls obtenir d'elle : c( Je suis chrétienne, et il ne se fait point de mal parmi nous. »

Cependant le gouverneur, jugeant la cause suffisamment irTstruite, se mit en devoir de prononcer la sentence. Il espérait toujours néanmoins que la mort de quelques confesseurs ébranlerait les autres, et commença dans ce but par condamner aux bêtes Maturus, Sanctus, Attale et Blandine. A cette occasion, usant de la haute juridiction que lui donnait son titre de légat impérial, il accorda au peuple un jour de fête dont l'immolation des quatre martyrs devait former le spectacle. Maturus et Sanctus repassèrent, à l'amphithéâtre, par tous les genres de tourments qu'ils avaient subis déjà dans le prétoire; et comme, malgré les fouets, la dent des bêtes, la chaise de fer rougie au feu, ils respiraient

s 6 Le Temps après la Pentecôte.

encore, on les «acheva par l'épée. Durant leurs combats, Blandine, suspendue à un gibet pour y cire dévorée, suppliait Dieu clans une prière instante; la vue de cette admirable sœur donnait l'allégresse aux martyrs; ses bras étendus en forme de croix leur rappelaient le Sauveur. iMais aucune bête féroce, ce jour-là, ne toucha son corps; elle fut ramenée dans son cachot, et réservée pour d'autres combats. Un incident s'était produit, (^ui devait prolonger les souffrances des confesseurs, en retardant la dernière lutte : le gouverneur venait de découvrir qu'xVttale, ce condamné qu'il s'apprêtait à jeter aux bêtes, était citoyen romain ; la sentence, en ce qui le concernait, se trouvait infirmée par là même. On le reconduisit en prison, et un message fut adressé à César, tant au sujet d'Attale que de ses compagnons de captivité. Les prisonniers, durant "ces délais, ne restèrent point inactifs ; du fond de leurs cachots, et attendant la mort, ils montrèrent qu'il n'est point de situation où le chrétien puisse se desintéresser du salut de ses frères et des intérêts de la samte Eglise. Ce fut alors que leur humilité, leur tendresse compatissante, aidées des prières et des larmes qu'ils répandaient jour et nuit devant Dieu, ramenèrent au combat les infortunés qui avaient faibli dans les premières tortures. Un autre souci préoccupait vivement les confesseurs : on avait appris dans les Gaules la naissance de la secte nouvelle que Montan propageait en Phrygie; inquiets pour les Eglises d'Asie, d'où par le bienheureux Pothin leur était venue la lumière, ils écrivirent à ces frères

s. Pothin et ses Compagnons^ Martyrs. 8j

éloignés les craintes qu'ils avaient conçues, et s'adressèrent en même temps au pape Eleuthère, juge souverain de la doctrine. Estimant qu'aucun intérêt ne pouvait l'emporter sur celui de la foi, ils chargèrent de leurs lettres le prêtre Irénée, quoicjue celuici, dont nous aurons en son temps à raconter aussi le triomphe, parût être en ce moment le principal appui de la chrétienté lyonnaise privée de son évêque.

Tandis qu'au fond des cachots qui s'étendaient sous le palais impérial, on s'occupait ainsi des grancls intérêts auxquels le salut et la dignité"" de la race humaine étaient attachés, dans ce palais, dans la ville entière, toutes les pensées étaient à l'approche de la grande fête dont la date, hxée aux calendes (ï'aoùt, attirait chaque année à Lyon un concours immense. Soixante cités, soixante peuples, appartenant aux diverses provinces de la Gaule chevelue, s'étaient réunis pour élever à Auguste et à Rome, du vivant du premier, un temple magnifique : monument d'éternel servilisme, dVessé par les descendants de Brennus pour célébrer la force qui avait réduit à néant l'indépendance du vieux sol gaulois! On en hxa l'emplacement au confluent du Rhône et de la Saône; inauguré, lors de son érection, au commencement du mois d'août consacré à Auguste, c'étaient les pompes de cette dédicace qui se renouvelaient chaque année, depuis deux cents ans, sans pouvoir lasser l'enthousiasme des vaincus. On eut l'idée, pour cette fois, de relever encore la solennité accoutumée par l'exécution des chrétiens qui, depuis la

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mort de Maturus et de Sanctus, remplissaient les prisons, attendant leur tour. La réponse de César au gouverneur venait d'arriver, telle qu'on pouvait l'attendre ; elle portait qu'on devait mettre à mort ceux qui persisteraient dans la confession du christianisme, et renvoyer les autres absous. La sentence fut bientôt rendue : les confesseurs qui étaient citoyens romains furent condamnés à la décapitation, les autres réservés aux bctes ; par une exception glorieuse autant qu'illégale, Attale, malgré son titre, fut lui-même destiné aux jeux de l'amphithéâtre.

Les condamnés, qui attendaient depuis des mois ce grand jour, virent donc enfin sonner l'heure du triomphe ; l'arène s'ouvrait à leurs derniers combats. Au-dessus d'eux, près de la scène, s'élevait l'autel d'Auguste entouré de la représentation des soixante peuples qui avaient contribué à l'érection du monument, et que dominait la statue colossale de la Gaule. Une foule immense, avide de sang non moins que d'esclavage, se pressait au spectacle, ne se doutant pas c^ue du sang de ces condamnés, mêlé à la poussière de la Cjaule asservie, ressusciteraitelle-mêmc bientôt, plus noble, plus complète, plus féconde que jamais, l'indépendance de la patrie terrestre. Quelques siècles seulement ; et de l'autel d'Auguste, il ne restera plus que les quatre colonnes soutenant les voûtes d'un temple chrétien au-dessus d'une crypte appelée du nom de l'humble Blandine.

Nous laissons à la sainte Liturgie le soin

iS. Pothin et ses Compagnons, Martyrs. 8g

de compléter et de terminer, dans les Leçons qui suivent, un récit déjà trop étendu.

DE la Lettre des Eglises de Vienne et de Lyon aux Eglises d'Asie et de Phrygie.

ON traîna devant le tribunal le bienheureux Pothin , évéque de Lyon, personnage plus que nonagénaire, ayant à peine un souffle de vie dans son corps épuisé, mais rempli d'ardeur par le désir du martyre. Il était porté par les soldats, et suivi par les magistrats de la ville et par la population tout entière qui le poursuivaient de leurs cris furieux, comme s'il eût été le Christ lui-même. Pothin rendit dans cette occasion un noble témoignage. Le président lui ayant demandé quel était le Dieu des chrétiens, il répondit- « Si tu en es digne, tu le connaîtras. » On se jeta sur lui avec brutalité, et il ne tarda pas à être couvert de nombreuses plaies, ceux qui étaient près de lui l'ayant maltraité honteusement à coups de pieds et à coups de poings, et ceux qui étaient plus éloignés lui jetant tout ce qui leur tombait sous la main. On eiit dit qu'ils se seraient regardés comme coupables d'un grand crime, si chacun d'eux ne l'avait

Ex Epistola Ecclesiarum Viennensis et Lugdunensis ad Ecclesias Asia; et Phrygiae.

BEATissiMUS Pothinus, EcclesiîsLugdiinensis Episcopus, nonagenario major, ob corporis infirmitatem vix spiritum trahens, sed pras cupiditate martyrii mira alacritate animi firmatus , ad tribunal trahebatur. Quoa militibusperlatus, prosequentibus ipsum magislratibus civitatis , et universa plèbe variis cum clamoribus impetente , tamquam ipse Christus esset, egregium edidit testimonium. Interrogatus a prœside quisnam esset Christianorum Deus , respondit : Si dignus fueris, cognosces. Post hoec inhumane raptatus , et innumeris plagis affectus est, cum ii quidem qui propius astabant , calcibus et pugnis illum contumeliose appâtèrent ; qui vero longius distabant , quidquid ad manum erat, in ipsum conjicerent : omnes denique gravissimi piaculi reos se existimarent, nisi pro sua quisgo Le Temps après la Pentecôte.

que parte ci petulantcr insultarent. Quippe hoc modo injuriam deorum >uorum ulturos se arbitrabantur. Exinde vix adhuc spirans in carcerem projectusest. tandem que post biduum animam exhalavit.

MATURUS vei o neophytus, et Sanctus, Diaconus Ecclcsise Viennensis, cum Blandina ancilla et Attalo ducti sunt ad bestias in amphitheatrum. Et Maturus quidem ac Sanctus consueta illic flagrorum verbera pertulerunt , et bestiarum ipsos trahentium morsus, ipsam postremo ferream cathedram : cui superposita martyrum membra cum torrerentur, illorum nares molestifsimus nidor implebat. Hi ergo maxime certamine perfuncti, tandem jugulati sunt. Blandina autem ad palum suspensa, bestiis objecta est. Qu3E cum in cruels speciem suspensa cerneretur, Deoque intentissime supplicaret , maximamalacritatem addcbat certantibus ; quippe qui sub sororis persona cernèrent illum qui pro ipsis crucifixus est.Cumque nulla tune bestia corpus ejus attigisset, deposita

pas accablé d'outrages autant que faire se pouvait , et ils pensaient venger ainsi l'injure faite à leurs dieux. Il était expirant, lorsqu'on le reporta à la prison , où il rendit l'àme deux jours après.

LE néophyte Maturus, Sanctus diacre de l'Eglise de Vienne, l'esclave Blandine et Attale furent conduits à l'amphithéâtre pour être exposés aux bêtes. Maturus et Sanctus y furent d'abord déchirés par les fouets selon l'usage; on les livra ensuite à la dent des bêtes qui les traînèrent sur le sol ; et enfin on les fit asseoir sur la chaise de fer rougie au feu , d'où leurs membres rôtis répandaient une odeur insupportable. Après avoir souffert ces terribles combats , ils furent enfin égorgés. Quant à Blandine, on l'attacha à un poteau pour l'exposer aux bêtes. Elle semblait alors comme attachée à la croix, et la ferveur des prières qu'elle adressait à Dieu ajoutait encore à l'ardeur des combattants ; car en la personne de leur sœur ils contemplaient celui qui avait été crucifié pour eux. Aucune des bêtes n'ayant osé la toucher, elle fut détachée du poteau et jetée de nouveau en prison,

s. Pothin et ses Compagnons, Martyrs, g i

pour être réservée à un autre combat.

ON fit parcourir l'amphithéâtre à Attale. Un homme marchait devant lui, portant une tablette sur laquelle était écrit : « Celui-ci est Attale le chrétien. » Mais le président, ayant découvert qu'il était citoyen romain, le fit remettre en prison, et écrivit à César sur le sort de ceux

Sui étaient ainsi détenus, fne assemblée solennelle ayant donc lieu dans notre ville, le gouverneur ordonna d'amener les martyrs devant son tribunal, affectant de les mettre sous les yeux du peuple avec toutes les prétentions d'une scène théâtrale. Les ayant interrogés de noui veau, il fit trancher la tète à

I romains, et livra les autres aux béte,s. Ce fut alors une grande gloire pour le Christ, lorsqu'on vit ceux qui avaient d'abord renié la foi la confesser en ce moment avec courage.

PENDANT que durait cette confrontation, un Phrygien, nommé Alexandre, mé-, decin de profession et habitant la Gaule depuis plusieurs années . exhortait par des signes les chrétiens à tenir ferme dans leur confession.

ex stipite rursus m carcerem conjicitur, inaliud certamen reservata.

ATTALUS quoque cum per amphitheatrum circumduceretur, pra?cedente eum tabella , in qualatino sermonescriptum erat : Hic est Attalus christianus : praeses postquam civem Komanum eum esse comperit, reduci in custodiam ]ubet; litteris ad Casarem datis de his qui inclusi tenebantur. Ineunte igitur solenini apud nos mercatu. prisses adduci jubet martyres ad tribunal, tamquam intheatrali pompa eos populis ostentans. Cumque illos denuo interrogasset, quicumque cives Romani reperti sunt, capite truncavit ; reliquos tradidit bestiis. Cseterum ingens gloria accessit Christo per eos qui prius quidem negaverant , tune vero confitebantur fidem.

OUiBus examini subjectis, Alexandernatione Phn.^x, prcfessione medicus, plures jam annos moratus in Galliis, cum illos ad fidei confessionem nutibus hortaretur, cunctis qui tribunal

circumdabant , tamquam

farturiens videbatur. nstans illico praeses . interrogavit eum quis esset. Qui ciim Christianum se esse dixisset, iratus judex eum ad bestias damnavit. Postridie igitur una eum Attalo ingressus est : namethunc praeses bestiis iterum tradiderat. Ambo itaque eum omnia tormentorura gênera in amphitheatro sustinuissent. gladio percussi sunt. Ultimo tandem spectaculorum die. Blandina rursus illata est una eum Pontico adolescente quindecim circiter annos nato. Et Ponticus quidem cuncta supplicia generose perpessus , emisit spiritum . Beata vero Blandina, post flagra , post bestias , post sartaginem, reticulo inclusa , tauro objecta est : a quo diu in altum jactata, tandem et ipsa victimœ instar jugulata est.

Tous ceux qui entouraient le tribunal l'auraient pris volontiers pour une mère qui enfante, en voyant les efforts auxquels il se livrait. Le président , arrêtant sur lui ses regards, lui demanda qui il était. Alexandre ayant répondu qu'il était chrétien, le juge irrité le condamna aux bêtes. Il entra donc le surlendemain dans l'amphithéâtre avec Attale ; car le président avait renouvelé la sentence qui réservait ce dernier aux bétes. Tous deux donc parcoururent la série des tourments de l'amphithéâtre, et furent enfin frappés du glaive. Au dernier jour des spectacles, Blandine fut de nouveau amenée avec Ponticus, jeune homme âge d'environ quinze ans. Ponticus rendit son âme après avoir souffert courageusement tous les supplices. Quant à la bienheureuse Blandine , après les fouets, après les bêtes, après la chaudière ardente , on l'enferma dans un filet, et on l'exposa à un taureau furieux qui la lança longtemps en l'air; on finit par l'égorger comme une victime.

NOUS VOUS saluons à la tète de votre héroiquc phalange, bienheureux Pothin , illustre pontife chargé de mérites et d'années, émule en tout de Polycarpe votre maître. Comme

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lui, vous sembliez ne prolonger votre vie dans une vieillesse si extrême, que pour fournir au Christ en votre personne l'occasion d'un dernier triomphe. De sa part et de la vôtre, quelle noble simplicité, quelle majesté devant les tyrans ! Vos réponses sont bien l'expression, si Ton peut dire ainsi, d'une même manière d'amour ; elles révèlent l'école du disciple bien-aimé. Par vous, 6 Pothin, la sainte Eglise de Lyon, qui vous doit l'existence, plonge sa racine dans le Cœur de l'Homme-Dieu. C'est dans ce Cœur sacré qu'à la dernière Cène, Jean puisa comme un arbre fécond la sève qui devait couler dans ■ ses rameaux ; mais c'est à vous qu'il doit de pouvoir offrir au Seigneur, jusqu'à nos temps, les fruits bénis de son apostolat. Car, depuis déjà des siècles, par une disposition terrible de la justice souveraine, la sève ne coule plus dans les rameaux privilégiés des sept Eglises que Jean lui-même avait nourries. Pour l'honneur de celui dont vous fûtes le disciple fidèle, maintenez donc toujours dans la grande ville qui a consumé votre vie et vos sueurs l'ardente piété qui la distingue ; que d'elle se répande toujours plus dans la terre des Gaules l'esprit du disciple que Jésus aimait : esprit d'amour sans bornes pour le Fils de l'homme, de tendresse filiale pour Marie la Mère de Dieu devenue celle des hommes au Calvaire, d'ardente charité pour tous, de déférence absolue à l'égard de Pierre, le vicaire de l'Hommie-Dieu, qui rendait à Jean son empressement respectueux en attentions si touchantes. (Johan. xxi.) Illustre Blandine, qui brillez comme une

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perle incomparable au diadème de la noble cité témoin de vos triomphes, nous vous saluons à votre tour. Vous méritez de venir, en nos hommages, après le Pontife, dont la mort vous investit d'une maternité si nouvelle et si grande. Mère des martyrs, vierge sublime dont la faiblesse s'éleva soudain par la vigueur du Christ votre Epoux au-dessus de la force des plus vaillants entre les forts ! la première dans la lutte, présente à tous les combats, vous goûtiez les divers supplices comme fait la mère pour les mets variés qui doivent être otîérts à ses rîls. Puis lorsque tous, sans qu'un seul y manquât, furent rassasiés de la passion du Christ et s'en allèrent dans l'ivresse puisée à son divin calice : on vous vit comme l'épouse vigilante, quand tous les convives ont quitté le lieu du festin dont elle a fait les honneurs, revenir seule encore par les tables diverses, recueillir dans votre sein les moindres restes du repas des héros et les différentes pièces des services nombreux mis à l'usage des invités du père de famille. Joyeuse alors et sans arrièrepensée, comptant sur un bon accueil, vous rejoignîtes l'Epoux en toute hâte; la journée avait été bien remplie. Et après avoir aussi pleinement accompli votre auguste rôle, nous ne nous étonnons pas que plus d'une formule des divins Offices en quelques Eglises se contente aujourd'hui d'invoquer votre nom béni, résumant en lui tous les autres; que les martyrologes d'Adon et de Bède annoncent le 2 juin comme la fête de sainte Blatidine et de ses compagnons martyrs! Avec vous, du plus intime de notre âme,

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nous honorons ces illustres compagnons de votre triomphe : Sanctus, Attale, "Maturus, Epagathus, Alexandre, Ponticus, et les quarante autres dont les multiples supplices formèrent pour le Père souverain comme une couronne de fleurs, où les couleurs les plus variées le disputent aux parfums les plus suaves. Saints martyrs, du sanctuaire éternel dont vous faites l'ornement, jetez sur nous les yeux; que la terre où vous avez vaincu, continue de porter pour le ciel des fleurs et des fruits qui répondent à la fécondité de votre sang généreux.

N cette saison où l'Office du Temps nous amène à considérer les premiers développements de la sainte Eglise , il entrait dans les vues de l'éternelle Sagesse que les fêtes des Saints complétassent, comme toujours, les enseignements du Cycle mobile. Le Paraclet, dont l'avènement est si près de nous, doit remplir la terre i ; l'Homme- Dieu l'envoie conquérir l'espace et assurer les temps à son Eglise. Or, c'est en soumettant les royaumes par la foi, qu'il doit former au Christ son empire ; c'est en faisant que l'Eglise s'assimile les nations, qu'il donne à l'Epouse croissance et durée. Voici donc qu'au temps même où il vient de nouveau s'emparer du monde, les coopérateurs de l'Esprit dans son œuvre de conquête apparaissent de toutes parts au ciel de la sainte Liturgie. Mais l'Occident surtout concourt à former la constellation qui vient mêler ses clartés radieuses aux feux puissants de la Pentecôte. Et, en etîet, l'établissement de la chrétienté latine ne manifestera-t-il pas plus que nulle part ailleurs, dans ces lointaines contrées, la toute-puissance de l'Esprit du Christ ? Aussi voyez comme, partis d'Orient,

Sainte Clotilde, Reine des Francs. 97

les deux astres incomparables des princes des Apôtres se hâtent, sur notre horizon, vers le zénith glorieux qu'ils atteindront en ce mois même fhier Jean, le disciple hien-aimé, projetait sur la Gaule ses derniers, ses plus durables rayons; quelques jours plus tôt, c'était le pape Eleuthère et le moine Augustin joignant leur action à travers les siècles, pour porter la lumière du salut dans l'extrême Occident, chez les Bretons et les Angles ; après-demain, Boniface illuminera la Germanie.

Mais aujourd'hui, quelle autre étoile se lève en nos régions ? Son doux éclat rivalise en vertu avec la lumière des plus puissants flambeaux du Christ. La ville de Lyon, préparée par le sang des martyrs à cette seconde gloire, vit grandir dans son sein l'astre nouveau ; comme d'eux-mêmes , après trois siècles, ses rayons se mêlent à ceux de Blandine. Comme Blandine en effet, Clotilde est mère; et la maternité de l'esclave, engendrant pour le ciel dans sa virginité les martyrs gaulois, préparait la naissance des Francs au Cnrist-Dieu du sein de leur première reine. Clotilde n'eut point comme Blandine à verser son sang; mais d'autres tortures l'atteignirent cruellement toute jeune encore, et mûrirent son âme pour les grandes destinées que Dieu réserve au?, privilégiés de la souffrance. La mort violente de son père Chilpéric détrôné par un usurpateur fratricide, la vue de ses frères massacrés, de sa mère noyée dans le Rhône , sa longue captivité à la cour arienne du meurtrier qui amenait avec lui l'hérésie sur le trône des

g s Le Temps après la Pentecôte.

Burgondes, développèrent en elle le même héroïsme de foi qui soutenait Blandine dans l'enfantement douloureux de l'amphithéâtre, et devait faire également de la nièce de Gondebaud la mère de tout un peuple. Unissons donc leurs noms dans un même hommage ; et, prosternés aux pieds du Père souverain de qui découle toute paternité sur la terre et au ciel i, adorons ses voies remplies pour nous de tendresse et d'amour.

Dieu, qui n'a tiré du néant l'univers visible que pour manifester sa bonté, a voulu que l'homme, sortant de ses mains sans pouvoir encore contempler directement son auteur, rencontrât comme première traduction de l'amour infini la tendresse d'une mère : traduction sublime, irrésistible dans sa douceur, et dont l'exquise pureté donne à la mère cette facilité qui n'appartient qu'à elle seule d'achever par l'éducation, dans l'âme de son enfant, la reproduction complète de l'idéal divin qui doit s'imprimer en lui. Mais la fête d'aujourd'hui nous révèle combien plus sublime encore, plus puissante et plus étendue que dans l'ordre de la nature, est la maternité dans l'ordre supérieur de la grâce. Lorsque Dieu en effet, venant parmi nous, voulut prendre chair au sein d'une fille d'Adam, la n"iaternité s'éleva jusqu'à la limite extrême qui sépare les dons d'une simple créature des attributs divins. En même temps qu'elle s'élevait par delà les cieux, elle embrassait le monde, rapprochant tous les hommes, sans distinction de familles ou de nations, dans

Eph.

Sainte Clotilde, i-eine des Francs, g g

la filiation de la \'ierge-Mère. Car l'Adam nouveau, modèle parfait de la race humaine et notre premier-né i, nous voulait pour frères en toute plénitude, frères en Marie comme en Dieu -. La Mère de Dieu fut donc proclamée celle des hommes au Calvaire ; du haut de sa croix, l'Homme-Dieu replaçait sur la tète de Marie la couronne d'Eve, brisée près de l'arbre fatal. Constituée l'unique mère des vivants par cette auguste investiture 3, Notre-Dame entrait une fois de plus en communication des privilèges du Père qui est aux cieux. Non seulement elle était, par nature comme lui, mère de son Fils éternel ; mais de même que toute paternité découle ici-bas de ce Père souverain, et lui emprunte sa dignité suréminente : toute maternité ne fut plus dès lors, dans un sens très vrai, qu'un écoulement de celle de Marie, une délégation de son amour, et la communication de son auguste privilège d'enfanter à Dieu les hommes qui doivent être ses rils.

Les mères chrétiennes ont bien le droit de s'en glorifier, car c'est là leur grandeur ; leur dignité s'est accrue par Marie jusqu'à un point que n'aurait pu soupçonner la nature. Mais en même temps, sous l'égide de Marie, comme hier en notre Bland^ine, non moins réelle pour Dieu que la leur, apparaîtra maintes fois, désormais, la maternité des vierges ; comme Clotilde aujourd'hui, souvent aussi l'épouse, préparée par l'appel de Dieu et la souffrance, se verra douée d'une

100 Le Temps après la Pentecôte.

fécondité plus grande nnille fois que celle qui lui venait de la terre. Heureux les hommes issus, par la faveur de Marie, de cette fécondité surnaturelle qui réunit toutes les grandeurs ! heureux les peuples auxquels une mère fut donnée par la divine muniticence !

L'histoire nous apprend que les fondateurs des empires ont toujours eu la prérogative redoutable d'imprimer aux nations le caractère, néfaste ou bienfaisant, qui marque leur existence à travers les siècles. Combien parfois on sent, dans l'impulsion qui leur fut donnée pour détruire plutôt que pour édifier, le manque d'un contre poids à la prépondérance d^i pouvoir! C'est que les peuples anciens n'avaient point de mères ; on ne peut donner ce titre aux héroïnes qui n'ont transmis leurs noms à la postérité, que pour avoir rivalisé d'ambition et de faste avec les conquérants. Il était réservé aux temps chrétiens de voir s'introduire dans la vie des nations cet élément de la maternité, plus salutaire, plus efficace en son humble douceur, que celui qui résulte des qualités ou des vices, de la puissance ou du génie de leurs premiers princes.

Dans le christianisme même, la sainteté que demande chez la créature qui en est investie cette maternité sublime, en fait l'apanage exclusif de l'Eglise catholique , seule sainte, et des nations qui sont dans l'Eglise ; les em.pires issus du schisme ou de l'hérésie n'ont point à y prétendre. Rejetés par ce côté au rang des nations païennes, ils pourront exceller comme elles dans la

Sainte Cloiiîde, Reine des Francs. loi

richesse ou la force, être appelés même d'en haut au sinistre honneur d'être les fléaux de Dieu contre des enfants indociles ; mais il restera toujours dans leur formation sociale, dans leur vie entière, un vide immense : sortis de la terre directement, tils de leurs œuvres, comme on dit aujourd'hui, ils n'ont point bénéficié des prières et des larmes d'une mère ; son sourire n'a point éclairé leurs premiers pas, adouci leur enfance. En conséquence, selon le mot du poète latin, ils ne seront point admis à la taole divine, ni aux intimités d'une alliance véritable avec le ciel 1; et jamais la vraie civilisation n'avancera par leurs mains.

Les peuples fidèles, au contraire, sont pour l'Eglise, qui est le royaume de Dieu, comme les familles dont le rapprochement sous une même unité sociale forme la nation ; leur vocation , d'ordre avant tout surnaturel , appelle en eux une plénitude de vie au développement de laquelle s'emploient, dans l'éternelle Trinité, la Toute-Puissance, la Sagesse et l'Amour. Aussi, bien que la nature ait l'honneur de fournir ici les termes du langage et les points de comparaison, ses procédés et sa puissance sont tellement surpassés à ces hauteurs divines, qu'elle n'y apparaît plus que comme une faible image, presque fautive à force d'être incomplè'te. Mais parmi les nations baptisées dans la foi au Christ et la soumission à son vicaire,

Cui non risere parentes,

Nec deus hune mensa, dea nec dignata cubili est.

J02 Le Temps après la Pentecôte.

c'est à la France surtout qu'il appartient de s'écrier avec le Psalmiste : « O Seigneur qui avez prévu mes voies et longtemps a l'avance fixé mes destinées, votre science, dans le travail de ma formation, a été merveilleuse ! Mes reins vous appartiennent ; avec ses aspirations et ses pensées, tout mon être est à vous; car vous m'avez reçu dans vos bras comme votre œuvre, lorsque je sortais du sein même de ma mère. Aucun de mes os qui vous soit caché, à vous qui l'avez façonné dans le secret des entrailles maternelles et qui connaissez l'imperfection de mes premières origines i. »

Il fallut du temps pour dompter les instincts farouches des guerriers de Clovis, et préparer leur épée à la noble mission dont elle était appelée à devenir, dans la main de Charlemagne et de saint Louis, l'instrument glorieux. On a dit avec, raison que ce travail ï'ut l'honneur des évèques et des moines. Mais, pour être complet et faire preuve d'une science plus approfondie des voies de la Providence, il eût convenu d'oublier moins la part que devait avoir la femme, et qu'elle eut en etlet, dans l'œuvre de la conversion et de l'éducation qui firent du peuple franc le premier-né de l'Eglise. C'est Clotilde qui conduit les Francs au baptistère de Reims, et présente à Rémi le fier Sicambre transformé beaucoup moins par les exhortations du saint évêque, que par la vertu des prières de la femme forte élue de Dieu pour enlever cette riche dépouille à l'enfer. Quelle virile

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