L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 5)
6. Prov. VIII, 18. — 7. Eccli. xxiv, 7.-8. Ibid. 1-4.—
Il peut être bon de le remarquer : s'il résulte de ces pages que l'union divine est l'aspiration de l'humanité, il en résulte aussi que cette aspiration ne relève point de la nature, mais de ce fait que Dieu a élevé l'homme à l'ordre surnaturel et qu'il le lui a dit.
Les Matines. 25 j
L'Office de la nuit emprunte aujourd'hui un intérêt spécial au souvenir de cette nuit précieuse où, comme le chante l'Eglise, la foi nous montre le Seigneur présidant une dernière fois la Pâque figurative, et faisant suivre le banquet de l'Agneau symbolique du festin de son propre corps. Pour les raisons exposées hier, nous donnons cet Office en entier.
Afin d'exciter encore plus le zèle des fidèles pour la prière liturgique de préférence à toute autre, rappelons aussi que les Souverains Pontifes ont solennellement ouvert le trésor de l'Eglise en faveur de ceux qui, vraiment contrits et confessés, assisteraient à quelqu'une des Heures canoniales le jour de la Fête ou dans l'Octave. Martin V, par sa Constitution Ineffabile Sacramentum qui permet de célébrer au son des cloches et avec solennité, dans les lieux mêmes soumis à l'interdit, la Fête et toute l'Octave du Corps du Seigneur, confirma et augmenta les indulgences accordées par Urbain IV en la Bulle Transiturus. Enfin Eugène IV, rappelant les actes des deux Pontifes i, doubla ces indulgences, qui peuvent se résumer aujourd'hui pour les fidèles de la manière suivante. Deux cents jours sont accordés pour le jeûne de la Vigile, ou une œuvre pie remplaçant le jeûne selon l'avis du confesseur; le jour de la Fête, quatre cents jours pour l'assistance
2 58 La Fête du Très Saint Sacrement.
aux premières Vêpres, et autant pour Matines, la Messe, les secondes Vêpres , deux cents jours pour la Communion indépendamment de la sainte Messe, cent soixante pour chacune des Heures de Prime, Tierce, Sexte, None et Complies, deux cents pour la Procession le jour de la Fête ou dans l'Octave; deux cents )ours également pour l'assistance aux Vêpres, Matines et Messes dans l'Octave, et quatrevingts pour chacune des autres Heures.
L'Eglise débute en ses chants par la supplication matutinale accoutumée.
^ rNOMiNE, labia
^* Ly meaaperies;
ijj. Et os meum anauntiabit laudem tuam.
f. Deus, in adjutoriura meum intende.
"Bf. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saîcula saeculorum. Amen. Alléluia.
^ C EIGNEUR, ouvrez mes ■ »-5 lèvres ;
^. Et ma bouche annoncera vos louanges.
f. O Dieu ! venez à mon aide.
^. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
Vient ensuite, avec son glorieux refrain qui annonce le mystère du jour, le Cantique Invitatoire, par lequel, chaque nuit, l'Eglise convie ses enfants à venir adorer le Seigneur. Aujourd'hui, c'est l'Epouse qui, s'adressant à nous comme aux fidèles sujets et courtisans du Roi de gloire, excite nos hommages envers Celui dont la souveraine puissance fait ressortir d'autant plus l'ineffaDle bonté.
Les Matines.
25g
ADORONS le Christ roi Seif:neur des nations, * Engraissant l'àme de qui le prend en nourriture.
HRisTUM regem ado
remus dominantem gentibus : * Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem.
VENEZ, tressaillons dans le Seigneur ; chantons dans la jubilation des hymnes à Dieu notre Sauveur : prévenons sa présence par des chants de louange, et jubilons en son honneur dans la psalmodie.
Adorons le Christ roi Seigneur des nations, * Engraissant l'âme de qui le prend en nourriture.
Car le Seigneur est le grand Dieu, le grand Roi audessus de tous les dieux : il ne repoussera point son peuple. Dans sa main sont toutes les profondeurs de la terre, et son œil domine les sommets des montagnes.
Il engraisse l'âme de qui le prend en nourriture.
La mer est à lui, et il l'a faite, et ses mains ont formé la terre. \'enez, adorons et
ENITE exsultemus omino, jubilemus
Deo Salutari nostro : prœoccupemus faciem ejus in confessione. et in psalmis jubilemus ei.
Christum regem adoremus dominantem gentibus : * Qui se manducantibus dat spiritus pin.o-uedinem.
Quoniam Deus magnus Dominus, et Rex magnus super omnes deos : quoniam non repellet Dominus plebem suam, quia in manu ejus sunt omnes fines terra?, et altitudines montium ipse conspicit.
Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem.
Quoniam ipsius est mare, et ipse fecit illud, et aridam fundaverunt
260 La Fête du Très Saint Sacrement.
tnanus ejus : venite, adoremus, et procidatnus ante Deum : ploreraus coram Domino, qui fecit nos, quia ipse est Dorainus Deus noster : nos autem populus ejus, et oves pascux ejus.
Christum regem adoremus dominantem gentibus : * Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem.
Hodie si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra, sicut in exacerbatione secundum diem tentationis in deserto : ubi tentaverunt me patres vestri, probaverunt, et viderunt opéra mea.
Qui se manducantibus dat spiritus pinguediQuadraginta annis proximus fui génération! huic, et dixi : Semper hi errant corde : ipsi vero non cognoverunt vias meas, quibus juravi in ira mea, si introibunt in requiem meam.
Cliristum regem adoremus dominantem genÈrostcrnons-nous devant ce >ieu ; pleurons devant ce Seigneur qui nous a faits : car il est le Seigneur notre Dieu, et nous son peuple et les brebis de son pâturage.
Adorons le Christ roi Seigneur des nations, * Engraissant l'âme de qui le prend en nourriture.
Si aujourd'hui vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs, comme au jour du murmure et de la tentation dans le désert, où vos pères me tentèrent, moi le Seigneur, où ils me mirent à l'épreuve, et virent mes œuvres.
Il engraisse l'âme de qui le prend en nourriture.
Pendant quarante ans, j'ai couvert de ma protection cette génération, et j'ai dit : « C'est un peuple dont le cœur est égaré ; ils ne connaissent pas mes voies ; c'est poLirquoi j'ai juré dans ma colère qu'ils n'entreraient point dans la terre de mon repos. »
Adorons le Christ roi Seigneur des nations, * EngraisLes Matines.
sant l'âme de qui le prend en nourriture.
tibus : * Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinera.
Gloria Patri, et Filio. et Spiritui Sancto : sicut erat in principio, et nunc et semper, et in s as c u 1 a saeculorum. Amen,
Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem.
Christum regem adoremus dominantem gentibus : * Qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem.
Après rinvitatoire, dans lequel nous avons célébré le règne social du Christ affirmé par cette fête de l'Eucharistie, l'Eglise entonne l'Hymne triomphante où se déroule en noble poésie le récit de la dernière Cène et l'énoncé des grands biens conférés à la terre en cette nuit précieuse.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amen.
Il engraisse 1 ame de qui le prend en nourriture.
Adorons le Christ roi Seigneur des nations, * Engraissant l'âme de qui le prend en nourriture.
MELONS nos joies aux saintes solennités ; que la louange résonne du fond des cœurs ; loin de nous la vétusté, que tout soit nouveau, les cœurs, les voix et les œuvres.
Nous fêtons la mémoire de la cène dernière, en cette
SACRis solemniis juncta sint gaudia, Et ex prœcordiis sonent
praeconia • Recédant vetera, nova sint omnia, Corda, voces, et opéra.
Noctis recolitur cœna novissima,
La Fête du Très Saint Sacrement.
Qua Christus creditur agnum et azyma
Dédisse fratribus, juxta légitima Priscis indulta patribus.
Post agnum typicum, expletis epulis. Corpus Dominicum datum discipulis, Sic totum omnibus, quod totum singulis, Ejus fatemur manibus.
Dédit fragilibus Corporis ferculum, Dédit et tristibus Sanguinis poculum,
Dicens : Accipite quod
trado vasculum,
Omnes ex eo bibite.
Sic sacrificium istud instituit, Cujus officium commitli
voluit Solis Presbyteris, quibus sic congruit Ut sumant, et dent caeteris.
Panis Angelicus fit panis hominum ; Dat panis ccelicus figuris
terminum : O res mirabilis 1 manducat Dominum Pauper, servus, et humilis.
Te , Trina Deitas ,
nuit où le Christ divise à ses frères l'agneau et les azymes, selon la loi donnée aux pères de l'ancien peuple.
Après l'agneau symbolique, le banquet terminé, reconnaissons le Corps du Seigneur donné de ses mains aux disciples, à tous entier comme à chacun d'eux.
Il donne à leur faiblesse sa chair en réconfort, il donne à leur tristesse son sang pour breuvage, disant : « Prenez la coupe que je vous livre, buvez-en tous. »
Ainsi établit-il ce Sacrifice dont il a voulu qu'aux seuls prêtres fût confié le ministère : à eux il appartient de s'en nourrir et de le donner aux autres
Le pain des anges devient le pain des hommes; le pain du ciel met fin aux figures. O prodige admirable! le Seigneur est la nourriture du pauvre, de l'esclave, du dernier des humains.
Déité trine et une, écoutez
Les Matines.
nos prières : visitez-nous dans nos hommages ; par vos sentiers conduisez-nous où nous tendons, à la lumière que vous habitez.
Amen.
Unaque, poscimus. Sic nos tu visita, sicut te
colimus : Per tuas semitas duc nos quo tendimus. Ad lucem quam inhabitas. Amen.
Ces préludes étant accomplis, commence le solennel Office de la nuit, divisé, comme l'on sait, en trois Veilles ou Nocturnes.
LE Christ est l'homme juste par excellence; il est Varbre qui donne son fruit en son temps, le fruit de salut que le Seigneur nous donne à goûter au temps de sa mort. Le premier Psaume rappelle ce beau symbolisme exalté par les Pères.
Ant.
Au temps de sa mort, le Seigneur nous a donné à goûter un fruit de salut.
C RUCTUM salu
' ■ 1 tiferum gustandum dédit Dominus mortis suae tempore.
HEUREUX l'homme qui ne s'est pas laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est pas arrêté dans la voie des pécheurs, et ne s'est pas assis dans la chaire de pestilence.
Mais sa volonté s'est tenue constamment à la loi du Seigneur; et cette loi, il l'a méditée le jour et la nuit.
Et il sera comme l'arbre planté sur le cours des eaux,
BEATUS vir, qui non abiit in consilio impiorum, et in via peccatorum non stetit = ' et in cathedra pestilentiœ non sedit :
Sed in lege Dominî voluntas ejus : * et in lege ejus meditabitur die ac nocte.
Et erit tamquam lignum, quod plantttom
2 04 La Fête du Très Saint Sacrement.
est secus decursus aquarum : * quod fructum suum dabit in terapore suo.
Et folium ejus non defluet : * et omnia quaecumque faciet prosperabuntur.
Non sic impii, non sic : * sed tamquam pulvis, quem projicit ventus a facie terrae.
Ideo non résurgent impii in judicio : * neque peccatores in concilio justorum.
Quoniam novit Dominus viam justorum : * et iter impiorum peribit.
Ant. Fructum salutiferum gustandum dédit Dominus mortis suae tempore.
qui donne son fruit en sa sai son;
Et dont le feuillage ne tombe jamais : et toutes ses œuvres viendront a maturité.
Il n'en sera pas ainsi des impies; mais ils seront comme la poussière que le vent enlève de dessus la terre.
Les impies n'auront pas de place parmi ceux qui jugeront; les pécheurs ne paraîtront pas dans le conseil des justes ;
Car le Seigneur connaît le sentier des justes; et la voie des impies périra.
Ant. Au temps de sa mort, le Seigneur nous a donné à goîiter un fruit de salut.
Le deuxième Psaume célèbre la paix et l'abondance de l'homme qui a mis sa confiance dans le Dieu de justice. Le froment, le vin et l'huile sont les richesses de la maison du Seigneur : c'est par ces trois éléments surtout qu"e l'Eglise confère une sainteté toujours croissante aux hommes devenus ses enfants par l'eau du baptême. Mais qu'a-t-elle de meilleur, qu'a-t-elle de plus beau que le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges i ?
Ant.
TjNRiCHis par r
bondance du froment et du vin, les fidèles se reposent dans la paix du Christ.
A »-r ^ FRUCTU fru^^^- r\ menti et vini multiplicati fidèles in
pace Christi requiescunt.
AU milieu de ma prière, le Dieu de ma justice m'a exaucé; vous m'avez mis au Jarge, quand j'étais dans l'affliction,
Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.
Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-vous la vanité, et chercherez-vous le mensonge ?
Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré : le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.
Si vous vous irritez, faitesle sans pécher; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos cœurs.
Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. Il en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?
La lumière de votre visage. Seigneur, se réfléchit sur nous; c'est vous qui donnez Ja joie à mon cœur.
Par l'abondance du vin, de l'huile et du froment, vos enfants se sont multipliés.
CUM invocarem exaudivit me Deus justitiae meas : * in tribulatione dilatasti mihi.
Miserere mei : * et exaudi orationem meam.
Filii hominum, usquequo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?
Et scitote quoniam mirificavit Dominus sanctum suum : * Dominus exaudiet me, cum clamavero ad eum.
Irascimini, et oolite peccare : * quae dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.
Sacrificate sacrificium justitias, et sperate in Domino : * multi dicunt. Quis ostendit nobis bona ?
Signatum est super nos lumen vultus tui. Domine : * dedisti laetitiam in corde meo.
A fructu frumenti, vini et olei sui : * multiplicati sunt.
2 06 La Fête du Très Saint Sacrement.
In pace in idipsum : * dormiam et requiescam.
Quoniam tu, Domine, singulariter in spe : constituisti me.
Ant. a fructu frumenti et vini multiplicati fidèles in pace Christi requiescunt.
Je m'endormirai donc, et me reposerai dans la paix ;
Parce que vous m'avez, Seigneur, atfermi dans l'espérance.
Ant. Enrichis par l'abondance du froment et du vin, les fidèles se reposent dans la paix du Christ.
Nous avons vu comment la très sainte Eucharistie était le lien des fidèles entre eux, le centre de la communion catholique. Ce qu'est l'immortel Sacrifice pour les chrétiens au point de vue social, les sacrifices mosaïques le furent autrefois pour les Juifs, quoique d'une façon tout extérieure et figurative. L'Antienne qui suit nous indique que l'Eglise a fait choix du troisième Psaume, pour rappeler sa supériorité sous ce rapport en face de la synagogue répudiée. Le Seigneur luimême est la part glorieuse de son héritage, et le calice de sa joie.
Ami- /^ommunione
^^^- K^ calicis quo
Deus ipse sumitur, non
vitulorum sanguine, congregavit nos Dominus.
VxT T ^ Seigneur nous a
■'^ ' ■ L rassemblés, non
par le sang des veaux, mais
dans la communion du calice
où l'on boit Dieu lui-même.
n
CNSERVA me, Domi\^ ne, quoniam speravi in te : * dixi Domino : Deus meus es tu, quoniam bonorum meorum non eges,
Sanctis, qui sunt in
CONSERVEZ-MOI. Seigneur ; car j'ai mis en vous mon espérance. J'ai dit au Seigneur : Vous êtes mon Dieu, et vous n'avez pas besoin de mes biens.
Mais ils peuvent servir aux
Les Matines.
saints qui sont sur la terre. et en faveur desquels le Seigneur a manifesté mon affection.
Que d'autres multiplient leurs infirmités, et qu'ils se hâtent de courir après la vanité ;
Pour moi, je ne prendrai point part aux assemblées de leurs sacrifices sanglants ; et mes lèvres ne prononceront pas même leurs noms.
Le Seigneur est mon partage et mon calice ; c'est vous-même, ô Dieu, qui me rendrez mon héritage.
La part qui m'est échue est excellente ; et mon héritage m'est glorieux.
Je bénirai le Seigneur qui m'a donné l'intelligence; et jusque dans la nuit, les mouvements de mon cœur m'ont agité.
J'avais toujours le Seigneur présent à ma pensée ', car il est à ma droite, de peur que je ne sois ébranlé.
C'est pour cela que mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l'allégresse ; c'est pour cela que ma chair reposera dans l'espérance.
Car vous ne laisserez pas mon âme dans les lieux bas delà terre; et vous ne permettrez pas que votre Saint éprouve la corruption du tombeau.
Vous me découvrirez les
terra ejus : * mirificavit omnes voluntates meas in eis.
Multiplicataï sunt infirmitates eorum : * postea acceleraverunt.
Non congregabo conventicula eorum de sanguinibus : * nec memor ero nominum eorum per labia mea.
Dominus pars hrereditatis mese, et calicis mei : * tu es qui restitues haereditatem meam mihi.
Funes ceciderunt mihi in praeclaris : * etenira hœreditas mea praeclara est mihi.
Benedicam Dominum, qui tribuit mihi intellectum : * insuper et usque ad noctem increpuerunt me renés mei.
Providebam Dominura in conspectu meo semper : ' quoniam a dextris est mihi, ne commovear.
Propter hoc laetatura est cor meum, et exsultavit lingua mea : * insuper et caro mea requiescet in spe.
Quoniam non derelînques animam meam in infarno : * nec dabis Sanctum tuum videre corruptionem.
Notas mihi fecisti
208 La Fête du Très Saint Sacrement.
vias vitaî, adimplebis me Isetitia cum vultu tuo : • delectationes in dextera tua usque in fînem.
Ant. Communione calicis quo Deus ipse sumitur, non vitulorum sanguine, congregavit nos Dominus.
■A p ANEM cœli dédit
1 eis. AUeluia.
>î. Panem angelorum manducavit homo. Alléluia.
sentiers de la vie ; vous me comblerez de joie par votre présence : et vous me ferez goûter à votre droite des délices éternelles.
Ant. Le Seigneur nous a rassemblés, non par le sang des veau.x, mais dans la communion du calice où l'on boit Dieu lui-même.
^ T L leur a donné le pain
■ 1 du ciel. AUeluia. I?. L'homme a mangé le pain des Anges. AUeluia.
Celui qui préside commence l'Oraison Dominicale :
lATER noster.
Le reste se continue dans le silence, jusqu'à ce que le Célébrant, pour conclure, élève la voix sur les dernières paroles :
f. Et ne nos inducas I f. Et ne nous laissez pas in tentationem. succomber à la tentation.
Le Chœur répond tout d'une voix :
. ISIais délivrez-nous du
^. Sed libéra nos a malo.
mal.
Puis, le Célébrant
T--- XAUDI, Domine Jesu n Christe, preces servorum tuorum. et miserere nobis, qui cum Pâtre
EXAUCEZ, Seigneur JésusChrist, les prières de vos serviteurs, et ayez pitié de nous, vous qui vivez et régnez
Les Matines. 26g
avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.
et Spiritu Sancto vivis et régnas in f aecula saeculorum.
On répond : Amen.
Alors un Lecteur se lève,et s'inclinant vers celui qui préside, il dit :
Mon Père, veuillez me bé- I Jubé, Domne, benedinir. I cere.
Alors, le Célébrant :
QUE le Père éternel nous bénisse d'une éternelle bénédiction. A. Amen.
BENEDiCTioNE perpétua benedicat nos
Pater aeternus.
Les Leçons du premier Nocturne sont empruntées à saint Paul. Après avoir repris les fidèles de Corinthe des abus qui s'étaient introduits dans leurs assemblées, il raconte l'institution de la sainte Eucharistie ; il explique les dispositions avec lesquelles on doit se présenter à la table sainte, et nous montre la grandeur du crime que commet celui qui s'en approche indignement.
On remarquera l'habile contexture des Répons, composés de passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, ihis en présence pour faire ressortir l'accord de la Loi et des Prophètes avec l'Evangile au sujet de l'Eucharistie. L'Office du Saint Sacrement se trouve ainsi enrichi des principales prophéties et figures qui l'avaient annoncé, tenant en éveil les justes de l'ancienne alliance.
270 La Fête du Très Saint Sacrement,
De Epistola prima beati Pauli Apostoli ad Corinthios. Cap. xi.
CONVENIENTIBUS vobi* in unum, jam non est Dominicam cœnam manducare. Unusquisque enim suam cœnam prresumit ad manducandum. Et alius quidem esurit, alius autem ebrius est. Numquid domos non habetis ad manducandum et bibendum ? aut Ecclesiam Dei contemnitis, et confunditis eos, qui non ha*^ ent ? Quid dicam vobis ? Laudo vos ? In hoc non laudo.
a tmmolabit hœ-
^" 1 dum multitude
filiorum Israël ad vesperam Paschae : * Et edent
carnes, et azymos panes.
j^. Pascha nostrum immolatus est Christus : Itaque epulemur in azymis sinceritatis et ventatis, * Et edent.
Benedictio. U^Jfil"
TUS Dei Filius nos benedicere et adjuvare dignetur.
^. Amen.
De la première Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. Chap. xi.
Vos réunions ne sont plus dignes de la Cène du Seigneur. Car chacun se hâte de manger son souper à part, en sorte que l'un n'a rien à manger, tandis que l'autre fait des excès. N'avezvous pas vos maisons pour y manger e.lj boire ? Méprisez-vous l'Eglise de Dieu ? Voulez-vous faire honte à ceux qui sont pauvres ? Que vous dirai-je ? Faut-il vous louer? Non, certes, je ne vous louerai pas.
A T A multitude des enL fants d'Israël immolera un chevreau au soir de la Pàque : * Et ils en mangeront les chairs avec des pams azvmes.
j^. Le Christ notre Pâque a été immolé : mangeons-le donc avec les azymes de la sincérité et de la vérité. * Et
Fils de
Dieu nous daigne aider et secourir !
^. Amen.
Les Matines.
C'est du Seigneur luimême que j'ai appris ce que je vous ai enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, dans la nuit même où il fut livré, prit du pain, et ayant rendu grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même le calice, après avoir soupe, en disant : Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous le boirez ; car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
'"OUS mangerez de la chair, et vous rassasierez de pains : * Voici le pain que le Seigneur vous donne à manger.
j^. Moïse ne vous a point donné le pain du ciel, mais c'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel. * Voici le paiii.
Bénédiction.
grâce
EGO enim accepi a Domino, quod et tradidi vobis, quoniam Dominus Jésus in qua nocte tradebatur, accepit panem, et gratias agens fregit, et dixit : Accipite et manducate : hoc est corpus meum, quod pro vobis tradetur : hoc facite in meam commemorationem. Similiter et calicem, postquam cœnavit, dicens : Hic calix novum testamentum est in meo sanguine. Hoc facite, quotiescumque bibetis, in meam commemorationem. Quotiescumque enim manducabitis panem hune, et calicem bibetis, mortem Domini annuntiabitis donec veniat.
a /'^OMEDETis car^' V> nés, et saturabimini panibus : * Iste est panis, quem dédit vobis Dominus ad vescendum.
f. Non Moyses dédit vobis panem de cœlo, sed Pater meus dat vobis
fanem de cœlo verum. * ste est panis.
Benedictio. S^'tVs
Sancti gratia illuminet sensus et corda nostra, Vf. Amen.
du Saint-Esprit illumine nos esprits et nos coeurs. ^. Amen.
I T AQU E quicumque
' manducaverit panem hune, vel hiberit calicem Domini indigne , reus erit corporis et sanguinis Domini. Probet autem seipsum homo : et sic de pane illo edat, et de calice hibat. Qui enim manducat et bibit indigne, judicium sibi manducat et bibit, non dijudicans corpus Domini. Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles, et dormiunt multi. Quod si nosmetipsos judicaremus, non utique judicaremur. Dum judicaraur autem, a Domino corripimur, ut non cum hoc mundo damnemur.
ad caput suum subcinericium panem ; qui surgens comedit et bibit : * Et ambulavit in fortitudine cibi illius usque ad montem Dei.
j^. Si quis manducaverit e.\ hoc pane, vivet in aeternum. * Et ambuAINSI donc, celui qui mangera ce pain, ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que l'homme donc s'éprouve soimême, et qu'il mange ainsi de ce pain et boive de ce calice; car celui qui mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement, ne faisant pas le discernement qu'il doit faire du corps du Seigneur. C'est pour cela que parmi vous beaucoup sont malades et languissants, et que beaucoup même sont morts. Que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais lorsque nous sommes jugés de la sorte, c'est le Seigneur luimême qui nous châtie; afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.
s r LIE vit à sa tète un *■ t pain cuit sous la cendre ; se levant, il mangea et but : * Et il marcha dans la force de cette nourriture jusqu'à la montagne de Dieu.
f. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. * Et il marcha. GloiLes Matines.
2y3
re au Père. * Et il marcha.
lavit. Gloria Palri. * Et ambulavit.
LE quatrième Psaume des Matines célèbre l'efficacité toute-puissante du Sacrifice chrétien. La protection du Seigneur, son secours dans les combats de la vie, la joie. la gloire et l'abondance demeurent assurés à qui sait y recourir. Car le Christ en est l'hostie, victime grasse entre toutes, holocauste dont la suave odeur monte de l'autel terrestre au sanctuaire des cieux, pour en faire descendre le salut de la droite du Très-Haut. C'est au Christ lui-même que le Psalmiste adresse ici ses vœux de victoire.
Ant. O ""^ ^' Seigneur
V^ se souvienne de
notre Sacrifice, et que notre
holocauste lui soit agréable.
EMORsit Dominus sanostri, et holocrificii
caustum nostrum pingue
fiât.
QUE le Seigneur vous exauce au jour de la tribulation ; que le Nom du Dieu de Jacob vous protège.
Qu'il vous envoie le secours de son sanctuaire; que de Sion il vous défende.
Qu'il se souvienne de tous vos sacrifices ; et que votre holocauste lui soit agréable.
Qu'il vous accorde selon vos désirs ; qu'il affermisse tous vos desseins.
Le salut conquis par vous sera notre joie ; le Nom de notre Dieu sera notre gloire.
E.CAUDIAT te Dominus in die tribulationis : * protegat te Nomen Dei Jacob.
Mittat tibi auxilium de sancto : * et de Sion tueatur te.
Memor sit omnis sacrificii tui : * et holocaustum tuum pingue fiât.
Tribuat tibi secundum cor tuum : * et omne consilium tuum confirmet.
Laetabimur in salutari tuo : * et in Nomine Del nostri magnificabimur.
2j4 ^^ f^^tc ^" Très Saint Sacrement.
Impleat Dominus omnes petitiones tuas : * nunc cognovi quoniam salvum fccit Dominus Christum suum.
Exaudiet illum de cœlo sancto suo : * in potentatibus salus dexterx ejus.
Hi in curribus, et hi in equis : * nos autem in Nomine Domini Dei nostri invocabimus.
Ipsi obligati sunt, et ceciderunt : * nos autem surreximus et erecti sumus.
Domine, salvum fac regem : * et exaudi nos in die qua invocaverimus te.
Ant. Memor sit Dominus sacrificii nostri, et holocaustum nostrum pingue fiât.
Que le Seigneur accomplisse toutes vos demandes. Je sais maintenant que le Seigneur a sauvé son Christ.
Il l'exaucera de son sanctuaire des cieux; le salut de sa droite éclatera dans la puissance.
Ceux-ci mettent leur confiance dans leurs chevaux et ceux-là dans leurs chars; pour nous, nous invoquerons le Nom du Seigneur notre Dieu.
Ils ont été entravés et sont tombés; nous nous sommes levés pleins de force.
Seigneur, sauvez le Christ roi, exaucez-nous au jour de notre prière.
Ant. Que le Seigneur se souvienne de notre Sacrifice, et que notre holocauste lui
soit agréable.
Rien ne manque à 1 ame qui suit le Seigneur. Heureuse brebis ! la houlette du Pasteur la conduit aux gras pâturages, aux eaux rafraîchissantes. Chantons avec le juste son calice enivrant, et la table préparée pour lui contre tous ceux qui le persécutent : comme un lion respirant la flamme, il sort de cette table en effet devenu terrible au démon K
Ant,
bis mensa
Ant.
table du Seigneur est dresI. Chrys. in Johan.
Les Matines.
see pour nous contre tous ceux qui nous persécutent.
Domini adversus omnes qui tribulant nos.
LE Seigneur me conduit, et rien ne me manquera : il m'a placé dans le lieu du pâturage.
Il m'a élevé près d'une eau nourrissante ; il a converti mon âme.
Il m'a conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son Nom.
Aussi, quand je marcherais au milieu de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal ; car vous êtes avec moi.
Votre verge et votre houlette ont été ma consolation.
Vous avez préparé devant moi une table, contre ceux qui me persécutent.
Vous avez répandu l'huile à flots sur ma tête; et qu'il est beau mon calice enivrant !
Votre miséricorde me suivra tous les jours de ma vie.
J'habiterai la maison du Seigneur durant des jours sans Hn.
Ant. La table du Seigneur est dressée pour nous contre tous ceux qui nous persécutent.
DOMINUS régit me, et nihil mihi deerit : * in loco pascuas ibi me collocavit.
Super aquara refectionis educavit me :* animam meam convertit.
Deduxit me super semitas justitiae : * propter Nomen suum.
Nam et si ambulavero in medio umbrœ mortis, non timebo mala : * quoniam tu mecum es.
Virga tua, et baculus tuus : * ipsa me consolata sunt.
Parasti in conspectu meo mensam : * adversus eos qui tribulant me.
Impinguasti in oleo caput meum : * et calix meus inebrians quam praeclarus est !
Et misericordia tua subsequetur me : * omnibus diebus vitœ meas.
Et ut inhabitem in domo Domini : * in longitudinem dierum.
Ant. Paratur nobis mensa Domini adversus omnes qui tribulant nos.
Le sixième Psaume fut inspiré à David retenu loin du tabernacle et de l'arche sainte,
2-] 6 La Fête du Très Saint Sacrement.
lorsqu'il se dérobait à la colère de Saûl dans les montagnes voisines du Jourdain. C'est ce beau cantique que nous avons cité plus haut, comme exprimant merveilleusement la soif de l'homme vers Dieu dès cette vie mortelle. La seule pensée du banquet divin le réconforte au milieu des angoisses et ranime son espoir. Laissons-nous pénétrer de cette sublime poésie: qu'elle allume ou ranime en nous la flamme de l'amour.
An T.
IN voce tationi:
exsuiis resonent epulantes in mensa Domini.
Ant.
UE les convives du banquet divin fassent retentir un chant d'allégresse.
QUEMADMODUM desiderat cervus ad fontes aquarum : * ita desiderat anima mea ad te, Deus.
Sitivit anima mea ad Deum fortem vivum : * quando veniam et apparebo ante faciem Dei ?
Fuerunt mihi lacrymae meœ panes die ac nocte : * dum dicitur mihi quotidie : Ubi est Deus tuus ?
Hœc recordatus sum, et effudi in me animam meam : * quoniam transibo in locum tabernaculi admirabilis, usque ad domum Dei.
In voce exsultationis, et confessionis : * sonus epulantis.
COMME le cerf aspire après l'eau des fontaines, ainsi mon âme aspire après vous, à Dieu.
Mon âme a soif du Dieu fort et vivant : quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ?
Mes larmes sont devenues mon pain du jour et de la nuit : on me dit tous les jours : « Où est ton Dieu ? »
J'ai repassé leurs injures et j'ai répandu mon àme au dedans de moi-même ; mais je passerai jusqu'au lieu du tabernacle admirable, jusqu'à la maison de Dieu.
Voix d'allégresse et de louange ! c'est l'écho du fesLes Matines.
Pourquoi es-tu triste, mon âme ; pourquoi me troublestu ?
Espère en Dieu, parce que je le louerai encore : il est le salut que verra mon visage, il est mon Dieu.
Mon âme s'est troublée en moi-même ; c'est pourquoi je me souviendrai de vous dans la terre du Jourdain, sur les montagnes d'Hermon.
L'abîme appelle l'abîme au bruit de vos cataractes.
Tous les torrents des nues, tous les flots de la terre ont passé sur moi.
Le Seigneur a fait éclater sa miséricorde en plein jour, et la nuit je chanterai ses louanges.
Je prierai en mon cœur le Dieu de ma vie ; je dirai à mon Dieu : Vous êtes mon refuge.
Pourquoi m'avez-vous oublié ? pourquoi suis-je réduit à marcher dans la tristesse, sous l'affliction de mon ennemi ?
Mes os en sont brisés ; les ennemis qui me poursuivent m'accablent d'injures.
Ils me disent tous les jours : « Où est ton Dieu ? » Pourquoi cette tristesse, ô mon âme ? pourquoi me troublestu ?
Espère en Dieu, car je le louerai encore : il est le salut
Quare tristis es, anima mea : * et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : * salutare vultus mei, et Deus meus.
Ad meipsum anima mea conturbata est : * propterea memor ero tui de terra Jordanis, et Hermoniim a monte modico.
Abyssus abyssum invocat : * in voce cataractarum tuarum.
Omnia excelsa tua, et fluctus tui : * super me transierunt.
In die mandavit Dominus misericordiam suam : * et nocte canticum ejus.
Apud me oratio Deo vitae meae : * dicam Deo : Susceptor meus es.
Quare oblitus es mei ? * et quare contristatus incedo. dum affligit me inimicus ?
Dum confringunlur ossa mea : * exprobraverunt mihi qui tribulant me inimici mei.
Dum dicunt mihi per singulos dies : Ubi est Deus tuus ? * Quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi . *
278 La Fête du Très Saint Sacrement.
salutare vultus mei, et Deus meus.
Ant. In voce exsultationis resonent epulantes in mensa Domini.
IBAVIT eos ex adipe frumenti. Alléluia.
^. Et de petra. melle saturavit eos. Alléluia.
DATER noster.
que verra mon visage, mon Dieu.
il est
Ant. Que les convives du banquet divin fassent retentir un chant d'allégresse.
L les a nourris de la graisse du froment. AHeluia.
^. Et il les a rassasiés du miel de la pierre. Alléluia.
Après le Pater noster, qui se récite comme au premier Nocturne, le Célébrant dit:
IPSius pietas et misericordia nos adjuvet. qui cum Pâtre et Spiritu Sancto vivit et régnât in sa?cula sjEculorum. ^. Amen.
QU IL nous secoure par sa bonté et sa miséricorde, Celui qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. ^. Amen.
Le Docteur angélique intervient lui-même directement, aux Leçons du second Nocturne, pour faire entrer notre foi dans la science du divin Sacrement, c( autant qu'il peut être compris par l'homme encore voyageur, et défini par l'intelligence humaine ». Ce sont les paroles mêmes du Seigneur approuvant la doctrine « de Thomas sur le Sacrement de son Corps. » Trois villes successivement, Paris, Naples et Orvieto, eurent l'honneur de servir de théâtre à ces manifestations si glorieuses du Christ à son Docteur. On vénè're encore à Orvieto, dans l'Eglise de Saint-Dominique, le Crucifix qui
Les Matines.
2jg
prit ainsi la parole pour donner l'approbation divine à l'Oiïice même qui est sous nos yeux. Ecoutons donc avec un pieux respect, et ne nous laissons pas etfrayer par une terminologie scolastique quin'estpas la science, mais le vêtement de combat dont il parut bon de la munir pour les champs clos de la dialectique.
Père tout-puissant soit pour nous propice et plein de clémence. S. Amen.
Benedictio. £) ^p^- ter omnipotens sit nobis propitius et clemens.
iV Amen.
Sermon de saint Thomas d'Aquin.
LES immenses bienfaits de la divine largesse octrovés au peuple chrétien lii confèrent une dignité inestimable. Il n'est point, en effet, comme il ne fut jamais, de notion, si illustre qu'on la suppose, qui ait eu ses dieux approchant d'elle en la mesure où notre Dieu le fait avec nous. Car le Fils unique de Dieu, voulant que nous fussions participants de sa divinité, a pris notre nature, afin que fait homme il fît dieux les hommes. En outre, tout ce qu'il nous avait ainsi emprunté, il l'a livré pour notre salut. Car son corps, il l'a offert pour notre réconciliation comme
Sermo sancti Thomje Aquinatis.
1MMENSA divinae largitatis bénéficia, exhibita populo Christiano, inœstimabilem ei conferunt dignitatem. Neqae enim est, aut fuit aliquando tam grandis natio, quae habcat deos appropinquantes sibi, sicul adest nobis Deus noster. Unigenitus siquidem Dei Filius, suae divinitatis volens nos esse participes, naturam nostram assumpsit, ut homines deos faceret, factus home. Et hoc insuper quod de nostro assumpsit, totum nobis contulit ad salutem. Corpus namque
28o La Fête du Très Saint Sacrement.
suLim pro nostra reconciliatione in ara crucis hostiam obtulit Deo Patri : sanguinem suum fudit in pretium simul et lavacrum : ut redempti a miserabili servitute, a peccatis omnibus mundaremur. Ut autem tanti beneficii jugis in nobis maneret memoria, corpus suum in cibum, et sanguinem suum in potum, sub specie panis et vini sumendum, fideiibus dereliquit.
^' V# lis, accepit Jésus panem, et benedixit, ac fregit, deditque discipulis suis, et ait : * Accipite et comedite : Hoc est corpus meum.
f. Dixerunt viri tabernaculi mei : Quis det de carnibus ejus, ut saturemur ? ' Accipite.
Benedictio. C"ÎÛ's" perpétuas det nobis gaudia vitae.
K. Amen.
victime à Dieu le Père sur l'autel de la croix : son sang, il l'a versé tout à la fois, et comme prix de liberté, et comme onde purifiante, pour que, rachetés d'une misérable servitude, nous fussions lavés de tous nos péchés. Or, afin que demeurât persévérante en nous la mémoire d'un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles, sous les espèces du pain et du vin, son corps en nourriture et son sang en breuvage.
iV
PENDANT qu'ils soupaient, Jésus prit
du pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, disant : * Prenez et mangez, ceci est mon corps.
f. Les hommes de ma tente ont dit : Qui nous donnera de ses chairs, pour nous en rassasier ? * Prenez.
nous octroyer les joies de la vie éternelle !
OPRETIOSUM etadmirandum convivium, salutiferum, et omni suavitace repletum 1 Quid enim hoc convivio preO FESTIN précieux et admirable, salutaire et plein de toute suavité 1 Que peut-il y avoir en effet de plus précieux que ce festin,
Les Matines.
dans lequel on nous offre à manger, non la chair des veaux et des boucs, comme jadis sous la loi, mais le Christ vrai Dieu ? Quoi de plus admirable que ce Sacrement, dans lequel le pain et le vin sont convertis substantiellement au Corps et au Sang du Christ, en sorte que le Christ, Dieu et hommeparfait, est contenu sous l'espèce ou apparence d'un peu de pain et d'un peu de vin ? Il est donc mange par les fidèles, sans être mis en pièces ; bien plus, si l'on divise le Sacrement, il demeure entier sous chaque partie divisée. Les accidents ou modes subsistent ainsi sans leur sujet ou substance, afin que la foi soit exercée recevant invisiblement ce qui est visible en soi, caché sous une espèce étrangère ; et pour que les sens soient préservés d'erreur, lorsqu'ils jugent d'accidents à eux connus.
^ I Ésus prit le calice, ^ J après avoir soupe, disant : Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang : * Faites ceci en mémoire de moi.
j^. J'en garderai fidèle mémoire, et mon âme en sera consumée. * Faites ceci.
tiosius esse potest ? m quo non carnes vitulorum et hircorum, ut olim in lege, sed nobis Christus sumendus proponiiur verus Deus. Quid hoc Sacramento mirabilius ? in ipso namque panis et vinum in Christi Corpus et Sanguinem substantialiter convertuntur, ideoque Christus, Deus et homo perfectus. sub modici panis et vini specie continetur. Manducatur itaque a fidelibus, sed minime laceratur : quinimo, diviso Sacramento, sub qualibet divisionis particula integer persévérât. Accidentia autem sine subjecto in eodem subsistunt ut fides locum habeat, dum visibile invisibiliter sumitur aliéna specie occultatum : et sensus a deceptione reddantur immunes, qui de accidentibus judicant sibi notis.
Jésus
■ A calicem, postquam cœnavit, dicens : Hic calix novum testamentum est in meo sanguine : * Hoc facite in nieam commemorationem.
f. Memoria memor ero, et tabescet in me anima mea. * Hoc facite.
3'?2 La Fête du Très Saint Sacrement.
liENEDlCTlO '^■^'="'î
amoris accendat Deus in cordibus nostris.
lEU daigne allumer dans nos cœurs le feu de son amour ! ^. Amen.
NULLUM etiam Sacramentum est isto salubrius. quo purgantur peccata, virtutes augentur, et mens omnium spiritualium charismatum abundantia impinguatur. Offertur in Ecciesia pro vivis et mortuis : ut omnibus prosit, quod est pro salute omnium institutum. Suavitatem denique hujus Sacraraenti nullus exprimere sufficit, per quod spiritualis dulcedo in suo fonte gustatur : et recolitur memoria illius, quam in sua passione Christus monst ravit excellentissimre charitatis. Unde ut arctius hujus charitatis immensités fidelium cordibus infigeretur, in ultima cœna, qtiando Pascha cum discipulis celebrato, transiturus erat de hoc mundo ad Patrem, hoc Sacramentum instiluit, tamquam passionis su.-e memoriale perenne, fîgurarum veterum impletivum, miraculorum
IL n'y a point non plus de
Sacrement plus salutaire que celui-ci, par lequel les péchés sont effacés, les vertus s'accroissent, et l'àme est engraissée de l'abondance de tous les dons spirituels. On l'offre dans l'Eglise pour les vivants et pour les morts, afin que serve à tous ce qui a été établi pour le salut de tous. Personne enfin ne saura dire la suavité de ce Sacrement, où l'on goûte à sa source la douceur spirituelle, où l'on renouvelle la mémoire de cette charité merveilleuse que le Christ a manifestée dans sa passion. Aussi, pour que l'immensité de cet amour s'imprimât plus profondément dans le cœur des fidèles, à la dernière cène, lorsqu'ayant célébré la Pàque avec ses disciples, il allait passer de ce monde à son Père, il institua ce v'^acrement comme le mémorial perpétuel de sa passion, l'accomplissement des anciennes figures, la plus grande des merveilles qu'il eût opérées; et il le laissa aux siens attristés comme une sinLes Matines.
gulière consolation de son absence.
^ I E suis le pain de vie : J vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts : * C'est ici le pain qui descend du ciel, afin <}ue si quelqu'un en mange, il ne meure pas.
f. Je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. * C'est ici. Gloire au Père. * C'est ici.
ab ipso factorum maximum, et de sua contristatis absentia solatium singulare reliquit.
GO sum panis VI- tae : patres vestri manducaverunt manna in deserto, et mortui sunt : * Hic est panis de cœlo descendens : ut si quis ex ipso manducet, non moriatur.
j^. Ego sum panis vivus qui de cœlo descendi: si quis manducaverit ex hoc pane, vivet in SEternum. * Hic est. Gloria Patri. ' Hic est.
LE septième Psaume fait suite au précédent dans l'ordre du psautier. Une même situation les inspire, une même pensée domine leur composition, s'exprimant aussi dans les mêmes termes: le cri de l'âme harcelée par l'ennemi, soupirant vers son Dieu, le désir et la confiance de revoir enfin la montagne sainte et cet autel où Dieu se donne en la personne du Verbe incarné, le Christ, qui vient renouveler la jeunesse de ses heureux adorateurs et convives.
*^j_ TE m avancerai jusJ qu'à l'autel de
Dieu : je recevrai le Christ
qui renouvelle ma jeunesse.
Ant.
altare Dei • sumam Christum qui rénovât juventutem meam.
2^4 ^<^ ^^^^ ^" Très Saint Sacrement.
JUDICA me, Deus, et discerne causam meam de gente non sancta : * ab homine iniquo et doloso crue me.
Quia tu es, Deus, fortitudo mea : * quare me repulisti, et quare tristis incedo, dura affligit me inimicus ?
Emitte lucem tuam, et veritatem tuam : * ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montera sanctum tuum, et in tabernacula tua.
Et introibo ad altare Dei : • ad Deum, qui laetificat juventutem meam.
Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus : * quare tristis es, anima mea, et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : * salutare vultus mei, et Deus meus.
Ant. Introibo ad aitare Dei : sumam Christum qui rénovât juventutem meam.
ODiEU, jugez-moi; séparez ma cause de celle d'un peuple impie; délivrezmoi de Ihomme injuste et trompeur.
Car vous êtes ma force, ô Dieu ! Pourquoi donc m'avezvous repoussé ? Pourquoi me laissez-vous dans la tristesse, sous l'oppression de mes ennemis ?
Faites briller sur moi votre lumière et votre vérité; ce sont elles qui me conduiront sur votre montagne sainte, et m'introduiront dans votre sanctuaire.
Et je m'approcherai de l'autel de Dieu, du Dieu qui renouvelle ma joie et ma jeunesse.
Je vous chanterai sur la harpe, ô Dieu, ô mon Dieu! Pourquoi, mon âme, es-tu triste, et pourquoi me troubles-tu ?
Espère en Dieu; car je le louerai encore : il est le salut que verra mon visage, il est mon Dieu.
Ant. Je m'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu : je recevrai le Christ qui renouvelle ma jeunesse.
Le huitième Psaume célèbre avec enthousiasme la souveraine bonté du Dieu de Jacob, Par mille prodiges il a délivré son peuple j
Les Matines.
il lui a dit : « Ouvre ta bouche, et je la rem« plirai »; et malgré les trop nombreuses indocilités de ses fils ingrats, il tient aujourd'hui sa promesse. // les nourrit de la graisse du froment, il les rassasie du miel de la pierre, qui sont les ineffables douceurs du Christ froment des élus et pierre du désert >,
» T ^ Seigneur nous a
1^ nourris de la
graisse du froment ; il nous
a rassasiés du miel de la
pierre.
Akt /^ibavit nos
ANT. ^ Dominas ex
adipe frumenti : et de
petra, melle saturavit
TRESSAILLEZ en Dieu notre protecteur; chantez au Dieu de Jacob.
Entonnez le psaume, faites résonner le tympanon , le psaltérion harmonieux et la cithare.
Sonnez de la trompette des Néoménies, en ce grand jour de votre solennité.
C'est le commandement fait à Israël, c'est l'ordonnance du Dieu de .lacob.
Il a établi cette fête en mémorial, quand Joseph sortait de la terre d'Egypte, où il avait entendu une langue qu'il ne connaissait point.
Ce fut lui qui déchargea ses épaules de leurs fardeaux, et délivra ses mains asservies aux ouvrages de terre.
Tu m'as invoqué dans la triExsULTATE Deoadjutori nostro : * jubilate Deo Jacob.
Sumite psalmum, et date tympanum : * psalterium jucundum cum cithara.
Buccinate inNeomenia tuba : * in insigni die solemnitatis vestrae.
Quia praeceptum in Israël est : * et judicium Deo Jacob.
Testimonium in Joseph posuit illud, cum exiret de terra iEgypti : * linguam quam non noverat, audivit.
Divertit ab oneribus dorsum ejus : * manus ejus in cophino servierunt.
In tribulations invoI. Zach, IX, 17 ; I Cor. x, 4.
2 86 La Fête du Très Saint Sacrement.
casti me, et liberavi te :
* exaudivi te in abscondito tempestatis : probavi te apud aquam contradictionis.
Audi, populus meus, et contestabor te : ' Israël, si audieris me, non erit in te deus recens, neque adorabis deum alienum.
Ego enim sum Dominus Deus tuus, qui eduxi te de terra ^gypti : ' dilata os tuum, et implebo illud.
Et non audivit populus meus vocem meam : ' et Israël non intendit mihi.
Et dimisi eos secundum desideria cordis eorum :
* ibunt in adinventionibus suis.
Si populus meus audissef me : * Israël si in viis meis amhulasset :
Pro nihilo forsitan inimicos eorum humiliassem : * et super tribulantes eos misissem manum meam.
Inimici Domini mentiti sunt ei : * et erit tempus eorum in sa?cula.
Et cibavit eos ex adipe frumenti : * et de petra, melle saturavit eos.
Ant. Cibavit nos Dominus ex adipe frumenti : et de petra, melle saturavit nos.
bulation, et je t'ai délivré î je t'ai exaucé dans le secret de la tempête; je t'ai éprouvé aux eaux de Contradiction.
Ecoute, mon peuple, et je te déclarerai ma volonté : Israël, si tu m'ecoutes, il n'y aura point en toi de dieu nouveau, et tu n'adoreras point un dieu étranger.
Car c'est moi qui suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai tiré de la terre d'Egypte : ouvre, dilate ta bouche, et je la remplirai.
Et mon peuple n'a point écouté ma voix, et Israël n'a pas pris garde à mes paroles.
Et je les ai abandonnés aux désirs de leur cœur; qu'ils aillent à leurs inventions.
Si mon peuple m'eût écouté, si Israël avait marché dans mes voies.
J'aurais pu sans effort humilier leurs ennemis, j'aurais fait sentir ma main à leurs persécuteurs.
Ennemis du Seigneui, ils l'ont trompé : leur châtiment durera dans les siècles.
Il les avait nourris de la graisse du froment, il les avait rassasiés du miel de la pierre.
Ant. Le Seigneur nous a nourris de la graisse du froment , il nous a rassasiés du miel de la pierre.
Les Matines.
2 8j
Le Christ est le Dieu vivant en qui tressaillent notre cœur et notre chair. Chantons, avec le neuvième Psaume, les autels du Dieu des armées, notre Roi et notre Dieu ; ils sont le refuge du passereau, le nid de la tourterelle. Heureux qui habite ces fortunés tabernacles!
Ant,
A VOTRE autel, Seigneur, nous recevons le Christ, en qui tressaillent notre cœur et notre chair.
^^^- C Domine, Christum sumimus, in quem cor et caro nostra exsultant.
Qu'ils sont aimés vos tabernacles, ô Seigneur des armées ! mon âme défaille en ses aspirations vers les parvis du Seigneur.
Mon cœur et ma chair ont tressailli pour le Dieu vivant.
Car le passereau s'est trouvé une demeure, et la tourterelle un nid pour y mettre ses petits :
Vos autels, ô Seigneur des armées, mon Roi et mon Dieu!
Heureux ceux qui habitent votre maison, ô Seigneur 1 ils vous loueront dans les siècles des siècles.
Heureux l'homme dont le secours est en vous : il a disposé des ascensions dans son cœur, de cette vallée des larmes au lieu où il tend.
Il sera béni du législateur suprême, il s'avancera de
/->^UAM dilecta taoernaV^ cula tua, Domine virtutum : * concupiscit et déficit anima mea in atria Domini.
Cor meum et caro mea : * exsultaverunt in Deum vivum.
Etenim passer invenit sibi domum : * et turtur nidum sibi, ubi ponat pullos suos :
Altaria tua. Domine virtutum : * Rex meus, et Deus meus.
Beati qui habitant in domo tua. Domine : * in saecula sasculorum laudabunt te.
Beatus vir, cujus est auxilium abs te : * ascensiones in corde suo disposuit. in valle lacrymarum, in loco quem posuit.
Etenim benedictionem dabit legislator, ibunt de
2 88 La Fête du Très Saint Sacrement.
virtute in virtutem : videbitur Deus deorum in Sion.
Domine, Deus virtutum, exaudi orationem meam : " auribus percipe, Deus Jacob.
Protector noster aspice, Deus : * et respice in faciem Christi tui.
Quia melior est dies una in atriis tuis : * super millia.
Elegi abjectus esse in dorao Dei mei : * magis quam habitare in tabernaculis peccatorum.
Quia misericordiam et veritatem diligit Deus : * gratiara et gloriam dabit Dominus.
Nonprivabit bonis eos qui ambulant in innocentia : * Domine virtulum, beatus homo qui «perat in te.
Ant. Ex altari tuo, Domine. Chris.'um sumiinus, in quem cor et caro nostra exsultant.
^ ■T'DUCAS panem de ^ C terra. Alléluia.
^. Et vinum laetificet coT hominis. Alléluia.
rjATER noster.
vertu en vertu : il verra en Sion le Dieu des dieux.
Seigneur, Dieu des armées, exaucez ma prière; prêtez l'oreille, ô Dieu de Jacob.
Regardez-nous , ô Dieu notre protecteur ; jetez les veux sur la face de votre Christ.
Meilleur est un seul jour dans vos parvis que mille autres.
J'ai préféré d'être le dernier dans la maison de mon Dieu, plutôt que d'habiter les tentes des pécheurs :
Parce que Dieu aime la miséricorde et la vérité; le Seigneur donnera à ses fidèles la grâce et la gloire.
Il ne privera point de ses biens ceux qui marchent dans l'innocence. Seigneur des armées, bienheureux l'homme qui espère en vous !
Ant. a votre autel. Seigneur, nous recevons le Christ, en qui tressaillent notre cœur et notre chair.
VITES sortir le pain de la terre. Alléluia.
^. Et que le vin réjouisse le cœur de l'homme. Alléluia.
Les Matines.
28g
Après le Pater noster, qui se récite comme aux deux premiers Nocturnes, le Célébrant dit:
LE Dieu tout-puissant et miséricordieux daigne nous délivrer des liens de nos péchés I ^. Amen.
AviNCULis peccatorum nostrorum absolvat nos omnipotens et misericors Dominus. ^. Amen.
On lit le commencement de l'Evangile de la Messe, et l'interprétation nous en est donnée par saint Augustin. Il insiste sur l'unité que le Seigneur a en vue d'établir chez les siens par l'auguste Sacrement; il montre la nécessité des dispositions intérieures requises pour y participer avec fruit, et en relève l'etFet qui est de faire vivre l'homme pour le Christ, comme lui-même vit pour son Père.
BÉNÉDICTION. L^j^«<^[yg^f
vangile nous soit salut et protection ! ^. Amen.
Benedictio. r \
CA lectio sit nobis salus et protectio. B. Amen.
Lecture du saint Evangile selon saint Jean. Chap. vi.
EN ce temps-là, Jési's dit à la foule des Juifs : Ma chair est véritablement nourriture, et mon sang véritablement breuvage. Et le resle.
Lectio sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. VI.
IN illo tempore : Dixit Jésus turbis Judaeorum : Caro mea, vere est cibus : et sanguis meus, vere est potus. Et reliqua.
2qo La Fête du Très Sirint Sacrement.
Homilia sancti Âugustini Episcopi.
CUM cibo et potu id appelant homines , ut nec^ue csuriant, neque sitiant, hoc veraciter non prxstat, nisi iste cibus et potus, qui eos, a quibus sumitur, immortales et incorruptibiles facit : id est, societas ipsa sanctorum : ubi pax erit, et unitas plena atqiie perfecta. Propterea quippe, sicut etiam ante nos hoc inteilexerunt homines Dei, Dominus noster Jésus Christus Corpus et Sanguinem suum in eis rébus commendavit, quas ad unum aliq^uid rediguntur ex multis. Namque aliud in unum ex multis granis conficitur : aliud in unum ex multis acinis confluit. Denique jam exponit quomodo id fiât, quod loquitur : et quid sit raanducare Corpus ejus, et Sanguinem bibere.
R r^ ^ ' manducat ^' V^ meam carnem et bibit meum sanguinem : * In me manet et ego in eo.
f. Non est alia natio tam grandis, qux habeat
Homélie de saint Augustin, Evêque.
CE que les hommes désirent dans le manger et le boire est d'apaiser leur faim et d'éteindre leur soif. Or, un tel résultat n'est vraiment atteint que par la nourriture et le breuvage qui rendent ceux qui les prennent immortels et incorruptibles, mets et breuvage qui ne sont autres que la société même des Saints, où régnera la paix dans une pleine et parfaite unité. Aussi, comme l'ont compris avant nous les hommes de Dieu, est-ce par cette raison que notre Seigneur Jésus-Christ nous a laissé son Corps et son Sang, sous la figure de substances dont la nature est d'être composées de parties multiples ramenées à l'unité : l'unité du pain suppose la multiplicité des grains dont il est formé ; l'unité du vin, la multiplicité des raisins. Enfin le Seigneur expose comment s'opère ce dont il parle, et ce que c'est que manger son Corps et boire son Sang.
- /^ ELUi qui mange ^ V_> chair et boit
e ma mon
sang . * Demeure en moi et moi en lui.
f. Il n'est point de nation, si illustre qu'elle soit, qui
Les Matines.
ait ses dieux approchant d'elle en la mesure où notre Dieu le fait avec nous. * Demeure.
secours divin demeure toujours sur nous !
Bénédiction. {_^'
^. Amen.
deos appropinquantes sibi, sicut Deus noster adest nobis. ' In me.
Benedictio. f)^;jauxilium maneat semper nobiscum.
CELUI qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Celuilà donc mange cette nourriture et boit ce breuvage, qui demeure dans le Christ ot le possède en soi. Et par suite, celui qui ne demeure pas dans leChrist,ou euquine demeure pas le Christ, celuilà sans nul doute ne mange point sa chair par l'âme ni ne boit son sang, bien que par sa bouche de chair, et aux yeux des hommes, il presse de ses dents le Sacrement du Corps et du Sang du Christ; mais au contraire, c'est pour son jugement qu'il mange et boit un si grand mystère, ayant eu la présomption de s'approcher souillé du Sacrement du Christ, auquel la pureté seule donne un digne accès, selon cette parole : Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.
OUI manducat carnem meam, et bibit meum sanguinem, in me manet, et ego in illo. Hoc est ergo manducare illam e?cam, et illum bibere potum, in Christo manere, et illum manentem in se habere Ac per hoc, qui non manet in Christo, et in quo non manet Christus, procul dubio nec manducat spiritaliter carnem ejus, nec bibit ejus sanguinem, licet carnaliter et visibiliter premat dentibus sacramentum Corporis et Sanguinis Christi : sed magis tantae rei sacramentum ad judicium sibi manducat et bibit, quia immundus praesumpsitad Christi accedere sacramenta, quas aliquis non digne sumit, nisi qui mundus est • de quibus dicitur : Beati mundo corde quo" niam ipsi Deum videbunt.
2g2 La Fête du Très Saint Sacrement.
a \li isiT me vivens
*<• M Pater, et ego
vivo propter Patrem : "
Et qui manducat me vivet propter me.
y. Cibavit illum Dominus pane vitae et intelIcctus. * Et qui manducat. Gloria Patri. * Et qui manducat.
Benedictio. a ^^,t tatem civium supernorum perducat nos Rex Angelorum.
ON Père qui vit m'a envoyé, et je vis pour mon Père : * Et celui qui me mange vivra pour moi.
f. Le Seigneur l'a nourri du pain de vie et d'intelligence. * Et celui qui. Gloire au Père. * Et celui qui.
Seigneur des Anges nous réunir à la société des habitants du ciel! B. Amen.
SICUT inquit, misit me vivens Pater, et ego Tivo propter Patrem : et qui manducat me, et ipse vivet propter me. Ac si diceret : Ut ego vivam propter Patrem, id est, ad illum tamquam ad majorem referam vitam meam, exinanitio mea fecit, in qua me misit. Ut autem quisquam vivat propter me, participatio facit, qua manducat me. Ego itaque humiliatus vivo propter Patrem : ille erectus vivit propter me. Si autem ita dictum est, vivo propter Patrem, quia ipse de illo, non ille de ipso est : sine detrimento xqualitatis
DE même, dit le Seigneur, que mon Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis pour mon Père ; de même celui qui me mange, lui aussi vivra pour moi. Comme s'il disait : L'anéantissement dans lequel il m'a envoyé fait que je vis pour mon Père, lui rapportant ma vie comme à plus grand que moi. Mais que quelqu'un vive pour moi, c'est l'effet de la participation dans laquelle il me mange : je m'abaisse pour vivre pour mon Père; j'élève mon disciple, et il vit pour moi. S'il est dit : Je vis pour mon Père, parce que le Fils est du Père, et non le Père du Fils, on doit l'entendre sans atteinte portée à l'égalité. Il
Les Matines.
2g3
ne faudrait pas en conclure cependant que lorsqu'il dit : Et celui qui me mange vivra pour moi, il insinue cette même égalité de nous à luimême ; mais il manifeste ainsi son caractère de médiateur.
dictum est. Nec tamen dicendo, et qui mandiicat me, et ipse vivat propter me : eamdem suam et nostram œqualitatem significavit, sed gratiam mediatoris ostendit.
ODiEU ! nous vous louons : O Seigneur ! nous vous glorifions.
Père éternel, la terre entière vous révère.
Tous les Anges, les Cieux et toutes les Puissances,
Les Chérubins et les Séraphins redisent éternellement :
Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu des armées I
Les cieux et la terre sont remplis de la majesté de votre gloire.
Le chœur glorieux des Apôtres,
La troupe vénérable des Prophètes,
La blanche armée des Martyrs, chantent vos louanges.
Par toute la terre, la sainte Eglise vous célèbre :
Père d'une infinie majesté ;
Et votre véritable et unique Fils, digne de tous les hommages ;
TE Deum laudamus : * te Dominum confitemur.
Te asternum Patrem : * omnis terra veneratur.
Tibi omnes Angeli : * tibi Cœli,et universze Potestates,
Tibi Cherubim et Ser a p h i m : * incessabili voce proclamant :
Sa ne t us, Sanctus , Sanctus : * Dominus Deus Sabaoth !
Pleni sunt cœli et terra : * majestatis gloriae tuae.
Te gloriosus * Apostolorum chorus.
Te Prophetarum * laudabilis numerus,
Te Martyrum candidatus * laudat exercitus.
Te per orbem terrarum * sancta confitetur Ecclesia :
Patrem * immensas majestatis ,
Venerandum tuum verum, * et unicum Filium ;
2g4 La Fête du Très Saint Sacrement.
Sanctum quoque * Paraclitum Spiritum.
Tu Rex gloriae, * ChrisIc.
Tu Patris " scmpitern us es Filius.
Tu ad liberandum susccpturus hominem, * non horruisti Virginis uterum.
Tu devicto mortis aculeo : * aperuisti credentibus régna cœlorum.
Tu ad dexteram Dei sedes * in gloria Patris.
Judex crederis * esse venturus.
Te ergo quaesumus , tuis famulis subveni, * quos pretioso sanguine redemisti.
^terna fac cum sanctis tuis * in gloria numerari.
Salvum fac populum tuum, Domine, * et benedic haereditati tuœ.
Et rege eos, * et extolle illos usque in aeternum.
Per singulos dies * benedicimus te.
Et laudamus Nomen tuum in saeculum, * et in soeculum sseculi.
Dignare, Domine, die isto * sine peccato nos custodire.
Miserere nostri. Domine: 'miserere nostri.
Fiat misericordia tua.
Et l'Esprit-Saint, le Consolateur.
Vous êtes le Roi de gloire, ô Christ» 1
Vous êtes le Fils éternel du Père.
Prenant la nature de l'homme, pour le délivrer, vous n'avez pas dédaigné le sein de la Vierge.
Brisant l'aiguillon de la mort, vous avez ouvert aux croyants le royaume des deux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu, dans la gloire du Père.
Tous reviendrez comme juge ; nous le croyons.
Daignez donc secourir vos serviteurs que vous avez rachetés de votre précieux sang.
Faites qu'ils soient comptés parmi vos Saints, dans la gloire éternelle.
Sauvez votre peuple. Seigneur, et bénissez votre héritage.
Régissez-les, protégez-les jusque dans l'éternité.
Chaque jour nous vous bénissons.
Et nous louons votre Nom jusque dans les siècles des siècles.
Daignez, Seigneur, en ce jour, nous conserver sans péché.
Ayez pitié de nous. Seigneur! ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde soit
Les Matines.
2g5
sur nous, Seigneur, comme nous avons espéré en vous.
En vous, Seigneur, j'ai espère, je ne serai point confondu éternellement.
Domine, super nos, * quemadmodum speravimus in te.
In te, Domine, speravi : * non confundar in œternum.
LES trois \'eilles de la nuit sont épuisées. L'Eglise a veillé dans l'attente de l'Epoux, chantant ses louanges pour tromper les ennuis de ces heures trop lentes, et hâtant de ses aspirations enflammées l'arrivée du Bien-Aimé. Heureuse est-elle! car heureux les hommes que le Seigneur, au jour des noces, trouve veillants de'la sorte à son arrivée, pour lui ouvrir dès qu'il aura frappé : « En vérité, je vous le dis, s'écrie le Sauveur dans l'Evangile, il se ceindra luimême, les fera prendre place à table, et allant et venant les servira de ses mains ; et s'il vient à la seconde veille, et s'il vient à la troisième veille, et qu'il les trouve ainsi, bienheureux sont-ils M » Les pieux interprètes de la sainte Liturgie ont vu dans ces longues divisions de l'Office appelées Nocturnes, qui se déroulent en dehors des sept Heures canoniques du jour, l'image des longs siècles où le genre humain, plongé dans" l'ombre et sous le coïvp des divines inimitiés, implorait la venue du Médiateur qui devait le justifier dans son sang 2, et ramener la lumière en rétablissant avec le ciel l'harmonie rompue par le péché d'origine. Non moins que les prières des Patriarches et les aspirations des Prophètes, par avance aussi les soupirs de
I. Luc. xu, 36-3S. — 2. Rom. v.
2g6 La Fête du Très Saint Sacrement.
l'Eglise et de tous les justes abrégèrent alors les' temps du Messie, et rapprochèrent du point de départ l'heure du ^rand Sacrifice qui est venu donner fin au penché, manifester au monde la justice éternelle, et confirmer l'alliance avec un grand nombre ^
Mais chaque jour encore l'Eglise attend l'Epoux: s'il n'est venu qu'une fois pour mourir, chaque jour il descend des cieux pour féconder son Epouse dans l'acte du Sacrifice quotidien, où se fait l'incessante application des mérites de celui de la Croix offert une seule fois pour la durée des siècles. Cette venue quotidienne du Seigneur est le point culminant de la journée de l'Eglise, partageant sa vie terrestre entre le désir et l'action de grâces. Sept fois le jour, elle laisse éclater au dehors les sentiments qui débordent en elle, et convie ses fils au sacrifice de louange, épanouissement radieux du Sacrifice eucharistique. Ainsi faisait le royal prophète -. Comme lui, elle établit les chantres en face de l'autel, et met en leurs bouches de douces mélodies 3.
Lorsqu'en effet David eut transporté dans Jérusalem l'arche sainte avec cette pompe qui est racontée dans les saints Livres, après que tous les sacrifices furent accpmplis *, il laissa devant l'arche un chœur de lévites choisis, pour célébrer les merveilles du Seigneur et louer au nom de tous le Dieu d'Israël •'. Plus tard, lorsque, plein de jours, il couronna roi en Sion ce fils qui, plus heuI. Dan. IX, 24, 27. —2. Psalm. cxviii, 164.— 3. Eccli. XLVII, II. — 4. I Parai, xvi, 2. — 5. Ibid. 4, 37, 41.
Les Matines. 2 g y
reux que lui, devait bâtir le temple de Jéhovah ^, David remit à Salomon les plans de l'édifice sacré qui allait remplacer dans sa stabilité la tente du désert, et il voulut aussi fixer lui-même l'organisation définitive du culte divin réclamée par le nouvel ordre de choses 2, Aux vingt-quatre familles sacerdotales désignées pour se relever hebdomadairement dans l'oblation des sacrifices, étaient adjoints comme naturel complément quatre mille chantres ou psalmistesS, répartis euxmômes en vingt-quatre séries pour perpétuer le ministère de la prophétie ou louange, sous la conduite d'Asaph, Héman et Idithun, et recevant les leçons de deux cent quatre-vingthuit de leurs frères, tous savants dans la science du chant sacré et prophétisant sur la cithare, les cymbales et le psaltérion ^. La louange alors était prophétie, comme chez nous elle est confession : ils chantaient dans l'espérance, comme nous chantons dans la foi ; mais l'objet de nos chants est le même, à savoir le Christ Sauveur, et c'est ainsi que le recueil des formules sacrées d'Israël a passé tout entier dans l'Eglise.
Type parfait du Messie, non content de fournir au peuple ancien dans des psaumes inspirés le thème de ses chants, Dr.vid apparaît mêlé aux lévites, vêtu comme eux de la tunic^ue de lin et présidant leurs concerts, au jour solennel de la translation de l'arche en la ville sainte ^. « Chantre illustre, s'écrie le « pieux et profond Abbé Rupert, il conduit
3. Ibid. XXHI, 5. — 4. Ibid. xxv. — 5. Ihid. XV, 27.
2g 8 La Fête du Très Saint Sacrement.
« les chœurs sacrés, et danse devant l'arche c de l'alliance du Seigneur. O roi, ô prince c des sacrés rites! Où tend donc l'enthou« siaste transport d'une si noble tête? Voilà « que celui qui n'est point de la race sacer« dotale commande aux prêtres, classe les « lévites, organise les chœurs, choisit les « chantres pour l'arcane, pour l'octave, pour e l'hymne ae la victoire, et détermine qui « sonnera des trompettes, qui frappera les « cymbales, qui touchera la lyre, la guitare a ou la harpe sacrée. En toutes ces (ïémar« ches il voit son fils, il ose remplir un rôle « qu'il savait devoir convenir à ce fils son « Seigneur. Car l'arche sainte désigne Thu<( manité du Christ Sauveur, contenant la « manne du Verbe, les tables du Testa« ment, et la verge de la puissance royale c et sacerdotale. C'est pourquoi notre Da/id, « ayant renversé l'empire de la mort, comme « lé premier celui de Saûl, conduit en Jéru« salem l'arche de l'alliance et la place dans « le tabernacle dressé par lui-même. Ce que « voyant l'Eglise, à l'exemple de l'ancien « peuple, elle s"excite à chanter avec le vrai « David. Toute la multitude des fils de Ja<'. cob chante donc harmonieusement, et (( David lui-même avec eux touche la cithare « en la maison du Seigneur. Car tout ce (I que chante Israël, il l'apprend du maître, « il l'exécute sous la conduite et la mesure « de ce chef du chant sacré, de ce prœcentor « frappant du doigt de Dieu les harpes des « cœurs. Excitée par lui, l'allégresse des <L âmes éclate en sons corporels, en mélo« dieux concert, tantôt grave, tantôt perLes Laudes.
2qq
« çant ou grandiose ; et sous le souffle d'une « même foi, résonnant partout aux mêmes « heures, ce chant un et multiple de l'im« mense corps de l'Eglise répandue dans toutes ft les nations, apporte de toutes parts au « Christ son centre une sua^-e harmonie i. »
Mais déjà l'aurore s'annonce au ciel. Penchée vers l'Orient, l'Eglise a vu dans ces lueurs l'indice de l'arrivée prochaine de l'Epoux. Elle tressaille au moment où va paraître enfin l'astre du jour; et le solennel Office des Laudes, tout d'allégresse et de louange, comme son nom même, invite la terre, la mer et les cieux à célébrer dignement le lever du Christ, soleil véritable, qui s'élance de l'horizon comme un géant vers la montagne du Sacrifice.
^ f\ Dieu ! venez à mon ^- \J aide.
^. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alleiuia.
EUS, in adjutorium meum intende.
i"^. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sanclo ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in s œ c u 1 a saeculorum. Amen. Alléluia.
Le premier Psaume des Laudes nous montre dans sa force et son infinie grandeur le
I. RuPERT. De div. Off. Lib. i, c. 17.
3oo La Fête du Très Saint Sacrement.
Seigneur roi des nations caché dans l'Hostie. Par l'immortel Sacrifice il rafTermit la terre ébranlée. La voix des grandes eaux est imf)osante ; mais plus puissante encore est sur e ciel la voix de l'auguste Victime. La divine Sagesse en rend aujourd'hui témoignage : c'est elle qui a bâti la maison et dressé la table du Sacrifice. Marchons en sa présence dans une sainteté digne de cette maison, dont elle manifeste aujourd'hui au monde l'incomparable trésor.
Ant CAPlENTIAsdi^"^- O ficavit sibi domum, miscuit vinum et posuit mensam. Alléluia.
Ant.
LA Sagesse s'est bâti une maison, elle a mélangé son vin et dressé sa table. Alléluia.
DOMINUS regnavit, decorem indutus est : * indutus est Dominusfortitudinem et praecinxitse. Etenim firmavit orbem terraî : * qui non commovebitur.
Parata sedes tua ex tune : * a saeculo tu es.
Elevaverunt flumina, Domine : * elevaverunt flumina vocem suam.
Elevaverunt flumina fluctus suos : * a vocibus aquarum multarum.
Mirabiles elationes maris : * mirabilis in altis Dominus.
LE Seigneur règne, il s'est revêtu de gloire : le Seigneur s'est revêtu de force, et il s'est armé.
Par son Sacrifce, il affermit la terre : elle ne sera plus ébranlée.
Votre trône, divine Sagesse, est préparé dès l'éternité : vous étiez avant les siècles.
Les fleuves. Seigneur, les fleuves ont élevé la voix.
Les fleuves ont élevé leurs vagues, avec le bruit des grandes eaux.
Les élancements de la mer sont puissants ; le Seigneur dans son sanctuaire est plus puissant et plus admirable encore.
Les LaucCes.
3oi
Vos témoignages, o Sagesse, sont dignes de toute notre foi ; la sainteté doit régner dans votre Maison, durant toute la longueur des jours.
Ant. La Sagesse s'est bâti une maison, elle a mélangé son vin et dressé sa table. Alléluia.
Testimonia tua credibilia facta sunt nimis : ' domum tuam decet sanctitudo. Domine, in longitudinem dierum.
Ant. Sapientia aedificavit sibi domum, miscuit vinum etposuitmensam. Alléluia.
Le Psaume suivant convoque tous les habitants de la terre à entrer dans la maison de la divine Sagesse, pour y célébrer comme il convient la douce présence de celle dont les délices sont d'habiter ainsi parmi les enfants des hommes. Et pourtant elle est le Seigneur de gloire, le Dieu qui nous a créés.Nous sommes son peuple et les brebis de son heureux pâturage : chantons son amour dans l'allégresse et la reconnaissance.
Ant.
'ous avez nourri votre peuple de l'aliment des Anges, vous lui avez donné le pain du ciel. Alléluia.
Ant a ngelorum
^^^- A esca nutrivisti populum tuum, et
panem de cœlo praestitisti eis. Alléluia.
JUBILEZ à Dieu, habitants de la terre : servez le Seigneur dans l'allégresse.
Entrez en sa présence, avec des transports de joie.
Sachez que ce Seigneur, c'est Dieu lui-même : c'est lui qui nous a faits, et non pas nous.
Vous, son peuple, vous, les
JUBiLATE Deo omnis terra : * servite Domino in laetitia.
Introite in conspeçtu ejus : * in exsultatione.
Scitote quoniam Dominus ipse est Deus : * ipse fecit nos, et nonipsi nos.
Populus ejus, et oves
3o2 La Fête du Très Saint Sacrement.
pascuae ejus, introite portas ejus in confessione : * i atria ejus in hymnis, conBtemini illi.
Laudate Nomen ejus. quoniam suavis est Dominus ; in asternum misericordia ejus : * et usque in generationem et generationem veritas ejus.
Ant. Angelorum esca nutrivisti populum tuum, et panem de cœlo prœstitisti eis. Alléluia.
brebis de ses pâturages, entrez sous ses portiques avec des chants de louange, dans son temple avec des hymnes ; rendez-lui des actions de grâces.
Louez son Nom, car il est doux, ce Seigneur ; sa miséricorde est éernelle, et sa vérité demeure de génératioQ en génération.
Ant. Vous avez nourri votre peuple de l'aliment des Anges, vous lui avez donné le pain du ciel. Alléluia.
Les deux Psaumes suivants que l'Eglise réunit en un seul sont le cri de l'âme fidèle au moment où l'aurore paraît enfin. Elle a été réveillée par la soif de son Dieu ; elle se consume dans l'attente du pain de vie qui doit l'engraisser de la substance du Christ et la remplir de royales délices. Aujourd'hui, elle tressaille à la pensée du solennel triomphe qui va produire à la face du monde l'objet de son amour, et faire pour quelques heures un temple auguste de cette terre déserte, aride et sans eau. Partout les peuples vont s'unir dans un sentiment commun d'adoration, d'allégresse et de louange ; les nations reconnaissantes exalteront en ce jour le fruit divin que la terre a produit.
Ant piNGUls est /^^^- 1 panis Christi, et praebebit delicias regibus. Alléluia.
Ant I ^ '^^'" '^^ Christ
L engrais-e l'âme, et il fera les délices des rois. AUeluia.
Les Laudes.
3o3
ODiEU, 6 mon Dieu, je veille vers vous dès le point du jour.
Mon âme a soif de vous, et ma chair se consume pour vous.
Dans cette terre déserte, sans route et sans eau. Je me présente devant vous, dans votre sanctuaire, pour contempler votre puissance et votre gloire.
Votre miséricorde est pour moi plus douce que la vie ; mes lèvres ne cesseront de faire entendre vos louanges.
Tant que je vivrai, je vous bénirai ; pour invoquer votre Nom, j'élèverai mes mains.
Puisse mon âme s'engraisser de votre substance 1 et ma bouche s'ouvrira pour des chants d'allégresse.
Je me souviendrai de vous sur ma couche : dès le matin je penserai à vous, parce que vous m'avez secouru.
Je tressaillirai de joie à l'ombre de vos ailes ; mon âme s'est attachée à vous, votre droite m'a soutenu.
Mes ennemis ont en vain cherché ma ruine ; les voilà précipités dans les abîmes de la terre : ils seront livrés au glaive, et deviendront la proie des bêtes dévorantes.
Le juste délivré, semblable
EUS, Deus meus : * ad te de luce vigile.
Sitivit in te anima mea : * quam multipliciter tibi caro mea.
In terra déserta, et invia, et inaquosa : * sic ia sancto apparui tibi, ut viderem virtutem tuam et gloriam tuam,
Quoniam melior est misericordia tua super vitas : * labiamea laudabunt te.
Sic benedicam te in vita mea : * et in Nomine tuo levabo manus meas.
Sicut adipe et pinguedine repleatur anima mea : * et labiis exsultationis laudabit os meum.
Si memor fui tui super stratum meum, in matutinis meditabor in te : * quia fuisti adjutor meus.
Et in velamento alarum tuarum exsultabo, adhaesit anima mea post te : * me suscepit dextera tua.
Ipsi vero in vanum quœsierunt animam meam, introibunt in inferiora terrae : * tradentur in manus gladii, partes vulpium erunt.
Rex vero laetabitur in
Deo, laudabuntur omnes qui jurant in eo : * quia obstructum est os loquentium iniqua.
à un Roi, se réjouira en Dieu : tous ceux qui jurent par son Nom recevront des louanges, parce que la bouche de l'iniquité est fermée à jamais.
DEUS misereatur nostri, et benedicat nobis : * illuminât vultum suum super nos, et misereatur nostri.
Ut cognoscamus in terra viam tuam : * in omnibus gentibus Salutare tuum.
Confiteantur tibi populi, Deus : * confiteantur tibi populi omnes.
Lastentur et exsultent gentes : * quoniam judicas populos in aequitate, et gentes in terra dirigis.
Confiteantur tibi populi, Deus, confiteantur tibi populi omnes : * terra dédit fructum suum.
Benedicat nos Deus, Deus noster, benedicat nos Deus : * et metuant eum omnes fines terrae.
Ant. Pinguis est panis Christi, et prœbebit delicias regibus. Alléluia.
QUE Dieu ait pitié de nous, et qu'il nous bénisse ; qu'il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et nous envoie sa miséricorde ;
Afin que nous connaissions sur la terre votre voie, o Emmanuel ! et dans toutes les nations le Salut que vous nous apportez.
Que les peuples vous louent, 0 Dieu 1 que tous les peuples vous rendent hommage.
Que les nations soient dans la joie et l'allégresse : car vous jugez les peuples dans l'équité, et vous dirigez les nations sur la terre.
Que les peuples vous louent, ô Dieu ! que tous les peuples vous rendent hommage ; la terre a porté son fruit.
Que Dieu, que notre Dieu nous bénisse ; que Dieu nous comble de ses bénédictions, et qu'il soit craint jusqu'aux confins de la terre.
Ant. Le pain du Christ engraisse l'àme, et il fera les délices des rois. Alléluia.
Le Cantique dans lequel les trois enfants
Les Laudes.
3o5
de la fournaise de Babylone appelaient toutes les créatures de Dieu à bénir son Nom, vient aujourd'hui encore prêter une voix à toute la nature, et convier l'œuvre de Dieu tout entière à louer son auteur. Il est bien juste que les cieux et la terre s'unissent pour rendre hommage à Celui qui, dans le grand Sacrifice renouvelé chaque jour par la main du prêtre, a réuni toutes choses au ciel et sur la terre i.
Ant I ^^ prêtres seront
L saints pour offrir à Dieu l'encens et le pain du Sacrifice. Alléluia.
Ant.
sancti incensum et panes offerunt Deo. Alléluia.
CRÉATURES du Seigneur, louez toutes le Seigneur : louez-le et exaltez-le à jamais.
Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : cieux, bénissez le Seigneur.
Eaux qui êtes par delà les airs, bénissez le Seigneur : Puissances du Seigneur, bénissez le Seigneur.
Soleil et lune, bénissez le Seigneur : étoiles du ciel, bénissez le Seigneur.
Pluies et rosées, bénissez le Seigneur : vents impétueux, bénissez le Seigneur.
Feux et ardeurs, bénissez le Seigneur : froidures et
BENEDICITE omnia opéra Domini Domino : * laudate et superexaltate eum in sœcula.
Benedicite Angeli Domini Domino : * benedicite cœli Domino.
Benedicite aquas omnes, quje super cœlos sunt, Domino : * benedicite omnes virtutes Domini Domino.
Benedicite sol et luna Domino : * benedicite stellae cœli Domino.
Benedicite omnis imber et ros Domino : * benedicite omnes spiritus Dei Domino.
Benedicite ignis et aestus Domino : * bene3o6 La Fête du Très Saint Sacrement.
dicile frigus et aestus Domino.
Benedicite rores et pruina Domino : * benedicite gelu et frigus Domino,
Benedicite glacies et nives Domino : * benedicite noctes et dies Domino.
Benedicite lux et tenebrae Domino : * benedicite fulgura et nubes Domino.
Benedicat terra Dominum : * laudet et superexaltet eum insaecula.
Benedicite montes et colles Domino :* benedicite universagerminantia in terra Domino.
Benedicite fontes Domino : * benedicite maria et flumina Domino.
Benedicite cete, et omnia quae moventur in aquis, Domino : * benedicite omnes volucres cœli Domino.
Benedicite omnes bestia?, et pecora Domino : * benedicite filii hominum Domino.
Benedicat Israël Dominum : * laudet et superexaltet eum in sœcula.
Benedicite sacerdotes Domini Domino : * benedicite servi Domini Domino.
Benedicite spiritus et animas justorum Domirigueurs de l'hiver, bénisse-^ le Seigneur.
Brouillards et givres, bénissez le Seigneur : gelées et frimas, bénissez le Seigneur.
Glaces et neiges, bénissez le Seigneur : nuits et jours, bénissez le Seigneur.
Lumière et ténèbres, bénissez le Seigneur : éclairs et nuages, bénissez le Seigneur.
La terre bénisse le Seigneur : qu'elle le loue et l'exalte à jamais.
Monts et collines, bénissez le Seigneur : herbesetplantes qui germez de la terre, bénissez le Seigneur.
Fontaines, bénissez le Seigneur : mers et fleuves, bénissez le Seigneur.
Baleines et tous les habitants des eaux, bénissez le Seigneur : volatiles, bénissez tous le Seigneur.
Bétes et troupeaux, bénissez tous le Seigneur : enfants des hommes, bénissez le Seigneur.
Israël bénisse le Seigneur : qu'il le loue et l'exalte à jamais.
Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur : serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur.
Esprits, et âmes des justes, bénissez le Seigneur ; Saints
Les Laudes.
3oj
et humbles de cœur, bénissez le Seigneur.
Ananie, Azarie, Misaël, bénissez le Seigneur : louezle et exaltez-le à jamais.
Bénissons le Père et le Fils avec leSaint-Ksprit : louonsle et exaltons-le à jamais.
Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel : digne de louange, de gloire et d'hontieur à jamais.
Ant. Les prêtres seront saints pour offrir à Dieu l'encens et le pain du Sacrifice. Alléluia.
no : * benedicite Sancti et humiles corde Domino.
Benedicite Anania, Azaria, Misael, Domino : * laudate et superexaltate eum in sœcula.
Benedicamus Patrem et Filium cum Sancto Spiritu : * laudemus, et superexaltemus eum in saecula.
Benedictus es, Domine, in firmamentocœli : * et laudabilis et gloriosus, et super-exaltatus in
Ant. Sacerdotes sancti incensum et panes offerunt Deo. Alléluia.
Ces trois derniers Psaumes que l'Eglise réunit en un seul, sont aussi les derniers du Psautier. Ils renferment la louange du Seigneur, et convoquent toutes les créatures à le célébrer. Le premier offre un grand rapport avec le Cantique des trois enfants ; le deuxième convie les Saints à chanter le Seigneur qui les a glorifiés et associés par l'Hostie sainte à ses félicités comme à sa puissance ; le troisième invite tout ce qui respire à former, en l'honneur du Dieu toujours présent avec nous, le plus brillant et le plus harmonieux concert.
Ant A" ^'^inqueur )e r\. donnerai une manne cachée et un nom nouveau. Alléluia.
A xr^ \7 iNCENTi daA^^- V bo manna
absconditum et nomen novum. Alléluia.
3oS La Fête du Très Saint Sacrement.
LAUDATE Dominum de cœlis : * laudate eum in excelsis.
Laudate eum, omnes AngeFi ejus : * laudate eum, omnes virtutes ejus.
Laudate eum, sol et luna; * laudate eum, omnes stellae et lumen.
Laudate eum, cœli cœ- lorura : * et aquas omnes quas super cœlos sunt, lauJent Nomen Domini.
Quia ipse dixit, et facta sunt: * ipse mandavit. et creata sunt.
Statuit ea in aeternum. et in saeculum saeculi : * prsceptum posuit, et non pra?teribit.
Laudate Dominum de terra : * dracones et omnes abyssi.
Ignis, grando, nix, glacies, spiritus procellarum : * quae faciunt verbum ejus.
Montes et omnes colles : * ligna fructifera, et omnes cedri.
Bestiae et universa pecora : * serpentes et volucres pennatae.
Reges terrae et omnes populi : * principes, et omnes judices terrae.
Juvenes, et virgines, senes eum junioribus,
LOUEZ le Seigneur du haut descieux; louez-le dans les hauteurs célestes.
Vous tous, ses Anges, louez-le ; vous tous qui Formez ses armées, louez-le.
Soleil et lune, louez-le; étoiles et lumière, louez-le.
Cieux des cieux, louez-le; eaux qui êtes par delà les airs, louez le Nom du Seigneur.
Car il a dit, et tout a été fait; il a commandé, et tout a été créé.
Il a établi ses créatures à jamais, et pour les siècles des siècles : il en a porté le décret, et sa parole ne passera pas.
Louez le Seigneur, vous qui êtes sur la terre ; dragons, abîmes des eaux;
Feux, grêle, neige, glaces, souffle des tempêtes, qui obéissez à sa parole ;
Montagnes et collines, arbres fruitiers et cèdres;
Bêtes et troupeaux; serpents et volatiles empennés ;
Rois de la terre et tous les peuples; princes et juges de la terre ;
Jeunes hommes et jeunes filles, vieillards et enfants,
Les Laudes.
3og
louez le Nom du Seigneur : car son Nom seul est grand.
Sa gloire éclate au ciel, et sur la terre; et il a relevé la puissance de son peuple.
Que sa louange soit dans la bouche de tous ses Saints, des fils d'Israël, du peuple qu'il daigne réunir autour de lui.
laudent Xomen Domini : * quia exaltatum est Nomen ejus solius.
Confessio ejus super ccelum et terram : * et exallavit cornu populi sui.
Hymnus omnibus Sanctis ejus: * filiis Israël, populo appropinquanti sibi.
CHANTEZ au Seigneur un cantique nouveau; que sa louange retentisse dans l'Eglise des Saints.
Que le nouvel Israël se réjouisse en celui qui l'a fait ; que les fils de Sion tressaillent d'allégresse en leur Roi.
Qu'ils louent son Nom dans les chœurs; qu'ils lui chantent des psaumes au son des tambours et de la harpe.
Car le Seigneur aime son peuple avec tendresse ; il
florifiera, il sauvera les humles.
Les Saints tressailliront d'allégresse dans leur gloire : ils seront comblés de joie sur leurs couches d"honneur.
La louange de Dieu sera dans leur bouche, et le glaive à deux tranchants dansleurs mains,
Pour tirer vengeance des nations, pour châtier les peuples rebelles;
CANTATE Domino canticum novum : * laus ejus in Ecclesia Sanctorum.
Laetetur Israël in eo qui fecit eum : * et filii Sion e.xsultent in Rege suo.
Laudent Nomen ejus in choro : * in tympano et psalterio psallant ei.
Quia beneplacitum est Domino in populo suo : * et exaltabit mansuetos in salutem.
Exsultabunt Sancti in gloria : * laïtabuntur in cubilibus suis.
Exaltationes Dei in gutture eorum : * et gladii ancipites in manibus eorum.
Ad faciendam vindictam in nationibus : * increpationes in populis.
3io La Fête du Très Saint Sacrement.
Ad alligandos reges eorum in compedibus : * et nobiles eorum in manicis ferreis.
Ut faciant in eis judicium conscriptum : * gloria haec est omnibus Sanctis ejus.
Pour enchaîner les rois superbes, et contenir les puissants par des liens de fer;
Pour exercer sur eux le jugement rendu par le Seigneur : telle est la gloire qu'il a réservée à tous ses Saints.
LAUDATE Dominum in sanctis ejus : * laudate eum in firmaraento virtutis ejus.
Laudate eum in virtutibus ejus: * laudate eum secundum multitudinem magnitudinis ejus.
Laudate eum in sono tubae:* laudate eum i psalterio et cithara.
Laudate eum in tympano et choro : * laudate eum in chordis et organo.
Laudate eum in cymbalis bene sonantitjus, laudate eum in cymbalis jubilationis : * omnis spiritus laudet Dominum.
Ant. Vincenti dabo manna absconditum et nomen novum. Alléluia.
LOUEZ le Seigneur dans son sanctuaire ; louez-le au firmament où éclate sa puissance.
Louez-le dans ses merveilles ; louez-le à cause de sa grandeur sans bornes.
Louez-le au son de la trompette, louez-le sur le psaltérion et la harpe.
Louez-le sur les tambours et dans les chœurs; louez-le sur les instruments à cordes et dans les concerts.
Louez-le sur les cymbales harmonieuses; louez-le sur les cymbales de l'allégresse : que tout ce qui respire loue le Seigneur.
Ant. Au vainqueur je donnerai une manne cachée et un nom nouveau. Alléluia.
Le Capitule qui vient ensuite est tiré de la première Epître de saint Paul aux Corinthiens. Nous avons déjà vu ce passage, accomLes Laudes.
3ii
pagné de ce qui le précède et le suit, dans les Leçons du premier Nocturne.
MES Frères, c'est du Seigneur lui-même que j'ai appris ce que je vous ai enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, dans la nuit même où il fut livré, prit du pain, et ayant rendu grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps qui sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi.
FRATRES, ego enim accepia Domino quod et tradidi vohis, quoniam Dominus Jésus in qua nocte tradebatur, accepit panem. et, gratias agens, fregit, et dixit : Accipite, et manducate; hoc est corpus meum, quod pro vobis tradetur : hoc facite in meam commemorationem.
L'Hymne des Laudes est célèbre par l'admirable strophe, la quatrième, qui résume si complètement dans sa brièveté gracieuse le mystère du Christ Jésus, compagnon, nourriture , rançon et récompense de l'homme. Chantons-la dans la reconnaissance, la confiance et l'amour.
LE Verbe descend des cieux, ■ sans quitter la droite du Père ; sorti pour accomplir son œuvre, il arrive au soir de la vie.
Près d'être livré par un de ses disciples à l'ennemi qui cherche sa mort, il se livre à eux le premier dans le mets de la vie.
Sous une double espèce il
VERBUM supernum prodiens, Nec Patris linquens dexteram. Ad opus suum exiens, Venit ad vitse vesperam.
In mortem a discipulo Suis tradendus asmulis, Prius in vitae ferculo Se tradidit discipulis.
Quibus sub bina specie
3i2 La Fête du Très Saint Sacrement.
Carnem dédit et sanguinem. Ut duplicis substantiae Totum cibaret hominem.
Se nascens dédit socium, Convescens in edulium, Se moriens in pretium, Se regnans dat in prasmium.
O salutaris Hostia, Quae cœli pandis ostium : Bella premunt hostilia, Da robur, fer auxilium.
Uni, trinoque Domino Sit sempiterna gloria : Qui vitam sine termine îsobis donet in patria.
Amen.
^ posuiT fines tuos ^' l pacem. Alléluia.
B Et adipe frumenti satiat te. Alléluia.
leur donne sa chair et son sang, pour nourrir l'homme entier dans sa double substance.
Il s'est donné pour compagnon à sa naissance, pour aliment en son banquet, pour rançon à la mort, pour récompense en son royaume.
O salutaire Hostie, qui ouvrez la porte du ciel, des guerres violentes nous assiègent, rendez-nous forts, secourez-nous.
Au Seigneur un et trois soit gloire éternellement ; qu'il nous donne en la patrie une vie sans fin.
Amen.
^ T L a établi la paix sur
1 vos frontières. Alléluia.
^. Et il vous rassasie de la graisse du froment. AlleOn entonne ensuite le Cantique de Zacharie, par lequel l'Eglise salue, chaque matin, le lever du soleil. Il célèbre la visite du Seigneur, l'accomplissement des promesses de Dieu, l'apparition du divin Orient au milieu de nos ténèbres.
A-. nis vivus qui de coelo descendi , si
4 I E suis le pain viJ vant descendu du ciel; si quelqu'un mange
Les Laudes.
3i3
de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.
quis manducaverit ex hoc pane, vivet in aeternum. Alléluia.
BÉNI soit le Seigneur, le Dieu d'Israël: car il a visité et racheté son peuple.
Et il nous a suscité un puissant Sauveur, dans la maison de David, son serviteur ;
Comme il l'avait promis par la bouche de ses Saints, de ses Prophètes, qui ont prédit dans les siècles passés,
Qu'il nous sauverait de nos ennemis et de la main de tous ceux c^ui nous haïssent;
Qu'il ferait la miséricorde promise à nos pères, et se souviendrait de son alliance sainte,
Du serment par lequel il avait juré à Abraham notre père de faire, dans sa bonté,
Que, délivrés de la main de nos ennemis, nous le puissions servir sans crainte.
Dans la sainteté et la justice, marchant devant lui tous les jours de notre vie.
Et vous, petit enfant. Précurseur de l'Emmanuel, vous serez appelé Prophète du Très-Haut; car vous marcherez devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,
BENEDICTUS Dominus Deus Israël : * quia visitavit, et fecit redemptionem plebis suae.
Et erexit cornu salutis nobis : * in domo David pueri sui.
Sicut locutus est per os Sanctorum : * qui a saïculo sunt Prophetarum ejus.
Salutem ex inimicis nostris : * et de manu omnium qui oderunt nos.
Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris : * et memorari testamenti sui sancti.
Jusjurandum quod juravit ad Abraham patrera nostrum : * daturum se nobis.
Ut sine timoré de manu inimicorum nostrorum liberati :*serviamus illi.
In sanctitate et justitia coram ipso : * omnibus diebus nostris.
Et tu puer, Propheta Altissirai vocaberis : * prasibis enim ante faciem Domini parare vias ejus.
3i4 La Fête du Très Saint Sacrement.
Ad dandatn scientiam salutis plebi ejus : * in remissionem peccatorum eorum.
Per viscera misericordiae Dei noslri :
in c^ui
bus visitavit nos Oriens ex alto.
Illuminare his, qui in tenebris et in umbra mortis sedent : * ad dirigendos pedes nostros in viam pacis.
Ant. Ego sum panis vivus qui de cœlo descendi ; si quis manducaverit ex hoc pane, vivet in aeternum. Alléluia.
Pour donner à son peuple la connaissance du salut, et annoncer la rémission des péchés,
Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, ce divin Orient qui s'est levé sur nous du haut du ciel,
Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix.
Ant. Je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.
Ç\ Dieu, qui nous avez ^^ laissé sous un Sacrement admirable le mémorial de votre passion, daignez nous accorder la grâce de vénérer comme nous le devons les sacrés Mystères de votre Corps et de votre Sang, afin que nous puissions ressentir en nous constamment le fruit de votre rédemption. Vous qui vivez et régnez. Amen,
F E soleil s'est levé dans sa splendeur, au *~ milieu des harmonies montant du sanctuaire à la rencontre du divin Orient. Pendant que les interprètes de la psalmodie sacrée achèvent d'offrir pour le monde au Dieu Créateur et Sauveur le solennel tribut
P\EUS, qui nobis sub *-^ Sacramento mirabili passionis tuae memoriam reliquisti : tribue quaesumus, ita nos Corporis et Sanguinis tui sacra mysteria venerari, ut redemptionis tuasfructum in nobis jugiter sentiamus. Qui vivis et régnas. Amen.
Les Laudes. 3i5
des Laudes matutinales, les premiers rayons de l'astre du jour éclairent partout, en dehors du temple, le spectacle d'une activité universelle où n'ont de part ni le désir du gain, ni la soif des plaisirs. Une nouvelle de salut s'est fait entendre ; un cri d'allégresse a retenti dans la maison des justes i : « Dieu s'apprête à visiter son peuple. L'Emmanuel
Fresent dans l'Hostie va quitter son temple.
1 doit descendre en vos cités, en vos fertiles campagnes, tenir sa cour aux champs de la forêt 2. Sous le feuillage, dressez son trône; sur son parcours, semez les fleurs et la verdure jusqu'à la corne de l'autel 3. »
A cette annonce, un saint enthousiasme s^est ému dans les âmes. Dès les jours précédents, en plus d'un cœur fidèle s'est renouvelé le vœu de David au Dieu de Jacob : « Non ; je ne veux point remonter sur ma couche, je n'accorderai point de sommeil à mes yeux, jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu convenable pour le Seigneur , dressé une tente au Dieu de Jacob * ! »
Reposoirs sacrés où s'arrêteront les pieds du Roi pacifique '•, délicieuses conceptions, chefs-d'œuvre d'un jour, qui, chaque année, mettez en lumière l'exquise poésie que nourrit l'amour dans le peuple fidèle, vous réunissez à cette heure, dans une même pensée de rivalité sainte, les plus humbles villages et les divers quartiers des cités populeuses. Sur tous les cœurs chrétiens, dans ceux-là même chez qui la grâce depuis longtemps
I. Psalm. cxvii, i5. — 2. Psalm. cxxxi, 6. — 3. Psalm.
cxvii, 27. — 4. Psalm. cxxxi, 3-5. — 5. Ibid. 7.
3j6 La Fête du Très Saint Sacrement.
bannie semblait avoir perdu tout empire, le Mystère de la foi fait sentir sa puissance ; et" la femme chrétienne, la tille, la sœur, dont chaque fête du Cycle augmentait l'angoisse sur l'aveuglement obstiné d'êtres chéris, tressaillent en les voyant s'empresser euxmêmes aux apprêts du prochain triomphe de l'Emmanuel, et se dépenser pour le Dieu de l'Hostie. C'est le réveil de la foi dans les baptisés; c'est la grâce du Sacrement d'amour opérant à distance, grâce de ressouvenir et de conversion pour les âmes assoupies ou endurcies, jusqu'aux contins de la terre et dans toutes les familles des nations •. Les cieux se réjouissent; la terre triomphe; la mer est émue sur tous ses rivages. Les campagnes tressaillent sous l'éclat de leur fraîche parure de printemps; noyées dans les flots d'une lumière embaumée, elles députent en allégresse fleurs et parfums au Roi des cieux traversant leurs sentiers. A la grande nouvelle ont tressailli tous les bois des forêts à leur tour 2 : de chaque colline descendent et montent à la cité leurs verts branchages, sur toutes les routes se hâtent leurs forêts ambulantes; ils arrivent, refoulant devant eux le bruit des chars et le mouvement des atfaires ; ils se rangent, se pressent en allées ombreuses, enlacent leurs rameaux et forment ces berceaux de verdure que daignera visiter bientôt leur Seigneur et le nôtre.
Tenons â honneur d'avoir une part en cet immense concours; sentons le frémissement de la nature entière à l'approche de son Dieu,
I. Psalm. XXI, 28. — 2. Psalm. xcv, ii-l3.
A Tierce.
partageons ses transports ; et durant les heures qui doivent s'écouler encore d'ici l'oblation du grand Sacrifice, gardons-nous de rester indifférents aux préparatifs des solennelles manifestations où l'amour du ChristRoi vient réclamer les hommages qui lui sont dus
LES heures ont fui rapides dans la sainte hâte des derniers préparatifs. Tout est prêt maintenant pour le triomphe de l'Emmanuel ; et les joyeuses volées des cloches du beffroi, convoquant les fidèles au grand Sacrifice, annoncent la fin des pieux travaux. Nous offrirons, en manière de repos, à nos lecteurs, cette page tracée comme essai sur la fête par une main chère à leurs âmes, et
3ue nous avons retrouvée, trop seule, hélas! ans les manuscrits de l'auteur de V Année liturgique. Le respect ému qui s'impose à nous, en présence de ces dernières lignes de notre vénéré Père et Maître, nous fait un devoir de ne modifier que le moins possible le style même de ces notes disputées aux dernières fatigues de sa vie si remplie.
« La grande solennité a lui enfin, et tout l'annonce comme le triomphe de la foi et de l'amour. Nous le disions naguère, aux jours de l'Ascension, interprétant la parole du Christ: « Il vous est expédient que je me re« tire 1 ». La soustraction de la présence vi3 1 s La Fête du Très Saint Sacrement.
sible de l'Homme-Dieu aux regards des mortels devait amener en eux, par l'énergique opération de l'Esprit-Saint, une plénitude de lumière et une ferveur d'amour dont le Sauveur n'avait pas été l'objet dans le cours de sa vie mortelle. Marie seule, illuminée du feu divin, avait pu accomplir envers lui, durant cette période, les devoirs que la sainte Eglise lui rend aujourd'hui.
« Saint Thomas, dans son hymne céleste, chante ainsi : « Sur la croix, la divinité u seule se dérobait aux regards; ici, c'est « l'humanité elle-même qui s'est cachée i. » Et néanmoins, en aucun jour de l'année la sainte Eglise n'est plus triomphante, ni plus démonstrative. Le ciel est radieux; la terre a revêtu sa parure brillante, pour en faire hommage à celui qui dit: (( Je suis la fleur « des champs et le lis des vallons 2. » La sainte Eglise, non contente d'avoir préparé un trône sur lequel la mystérieuse Hostie recevra, durant toute une Octave, les hommages d'une cour empressée, a jugé que la pompe d'un triomphe doit précéder ces solennelles et miséricordieuses assises. Aujourd'hui, elle ne se contentera plus d'élever le Pain sacré, après la prononciation des paroles divines; elle lui fera franchir le seuil du temple, au milieu des flots de l'encens, à travers les fleurs et la feuillée, et le peuple catholique, fléchissant les genoux, adorera de toutes parts sous la voûte du ciel son Roi et son Dieu.
M Elles ne sont donc pas épuisées ces joies que chaque solennité de l'Année liturgique
l. Hymn. Adoro te. — 2. Cant. u.
A Tierce.
était venue successivement nous apporter. Elles revivent toutes dans celle d'aujourd'hui. Le roi-prophète l'avait prédit : u Le Seigneur « a créé un mémorial de toutes ses merveilles : « c'est l'aliment qu'il a préparé à ceux qui « l'honorent '.» La sainte Eglise tressaille d'enthousiasme, tenant entre ses mains l'Epoux divin qui a dit : c( Voici que je demeure avec « vous jusqu'à la consommation du monde ~. j» La promesse était formelle, et elle s'est accomplie. Nous le vîmes s'élever, il est vrai, de la cime du mont des Oliviers et aller s'asseoir à la droite du Père. Mais depuis le jour sacré de la Pentecôte où l'Esprit divin a pris possession de la sainte Eglise, le mystère auguste de la Cène sacrée s'est accompli, en vertu des paroles souveraines : « Faites « ceci en mémoire de moi » ; et dès lors la race humaine n'a plus été veuve de son Chef et de son Sauveur.
« Quoi d'étonnant alors que l'Eglise, en possession du Verbe de Dieu devenu ainsi sa chose, ait avancé tout à coup dans l'intelligence ? Les espèces sacramentelles qui protègent le mystère sont là, mais elles ne restent que pour introduire dans l'invisible.... »
Telles sont les dernières paroles du Maître. Arrêtées par la mort au moment où devait s'épanouir sous sa plume, en de sublimes clartés, l'ineffable mystère des noces divines au banquet sacré, efles sont suivies de l'indication de plusieurs passages de saint Augustin ayant trait à l'union du Verbe et de
32 0 La Fête du Très Saint Sacrement.
l'homme, de la divine Sagesse ei de l'humanilé dans les Mystères. Léguée silencieusement des rives de l'éternité aux continuateurs de son œuvre, cette indication suprême a été notre point de départ et notre loi souveraine en cette Octave. Qu'on pardonne aux fils de n'avoir point hésité pour aller recueillir jusque sur de tels sommets l'héritage de leur Père: ils l'ont fait dans la confiance que la forte éducation reçue de lui jusqu'ici par l'âme chrétienne, lamettrait à même demoins sentir leur propre faiblesse. Cette formation progressive, cjui a conduit le chrétien des clartés tempérées de l'Avent aux radieuses splendeurs de la Pentecôte, doit l'avoir préparé à goûter plus directement désormais la sublimité des Ecritures et des Pères, nos guides fidèles et constants dans ces hauteurs qu'il nous faut maintenant aborder. Tels étaient bien au reste la pensée et l'espoir de l'auteur même de cet ouvrage, quand il écrivait au Temps de Noël :
« Dans le mystère de Noël et des quarante jours de la Naissance, la lumière est encore proportionnée à notre faiblesse. C'est le Verbe divin, sans doute, la Sagesse du Père, qui nous est proposé à connaître et à imiter; mais ce Verbe, cette Sagesse, apparaissent sous les traits de l'enfance... Or, toute âme introduite dans Bethléhem. c'est-à-dire dans la Maison du Pain, unie à Celui qui est la Lumière du monde i, cette âme ne marche plus dans les ténèbres... Sa lumière ne s'éteint plus. Elle doit même croître à mesure
A Tierce.
que le Cycle liturgique va se développer. Puissions-nous réfléchir assez fidèlement dans nos âmes le progrès de cette lumière, et parvenir par son aide au bien de Viinion divine qui couronne à la fois le Cycle et l'âme sanctifiée par le Cycle i ! »
Apres cette digression, qui nous a semblé utile, nous reprenons l'explication des textes liturgiques propres â la fête.
L'Hymne et les trois Psaumes dont se compose 1 Office de Tierce se trouvent ci-dessus, page 87.
» \70us avez nourri
^^^- V votre peuple de
l'aliment des Anges, vous lui
avez donné le pain du ciel.
Alléluia.
Amt a ngelorum
/^^^- J^ esca nutrivisti populum tuum, et
panem de cœlo praestitisti eis. Alléluia.
ES Frères, c'est du Seigneur lui-même que j'ai appris ce que je vous ai enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, dans la nuit même où il fut livré, prit du pain, et, ayant rendu grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.
L leur a donné le pain du ciel. *
FRATRES, ego enim accepi a Domino quod et tradidi vobis, quoniam Dominus Jésus in qua nocte tradebatur. accepit panem, et. gratias agens, fregit et dixit : Àccipite et manducate ; hoc est corpus meum, quod pro vobis tradetur : hoc facite in commemoratiomeam nem.
p ANEM coeli
32 2 La Fête du Très Saint Sacrement.
Alléluia, alléluia. Panem.
t. Panem Angelorum manducavit homo. * Alléluia, alléluia.
Gloria Patri. Panem.
'f. Cibavit illos ex adipe frumenti. Alléluia.
B?:. Et de petra, melle saturavit eos. Alléluia.
L'Oraison est la page 32 3.
Alléluia, alléluia. Il leur a donné
Jt. L'homme a mangé le pain des Anges. * Alléluia, alléluia.
Gloire au Père. Il leur a donné.
f. Il les a nourris de la graisse du froment. Alléluia.
'Ef. Et il les a rassasiés du miel de la pierre. Alléluia.
Collecte de la Messe,
LA Procession , qui suit immédiatement l'Office de Tierce dans les autres fêtes de l'année, n'aura lieu aujourd'hui qu'après l'oblation du Sacrifice. Le Christ lui-même y doit présider en personne ; il faut donc attendre que VAction sacrée ait abaissé jusqu'à nous la hauteur des cieux où il réside i. Bientôt il sera sous la nuée mystérieuse. Il vient nourrir ses élus de la graisse du froment tombé en terre -, et muîtiplié par l'immolation mystique sur tous les autels ; il vient en ce jour triompher parmi les siens, entendre nos cris d'allégresse au Dieu de Jacob. Telles sont les pensées qu'interprète le solennel Introït par lequel l'Église ouvre ses chants. Il est formé de passages du beau