L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 50)
44 ^^ Temps après la Pentecôte.
Appropinquet deprecatio mea in conspectu tuo, Domine : * juxta eloquium tuum da mihi intellectum.
Intret postulatio mea in conspectu tuo : * secundum eloquium tuum eripe me.
Eructabunt labia mea hymnum : * cum docueris me justificationes tuas.
Pronuntiabit lingua mea eloquium tuum : * quia omnia mandata tua aequitas.
Fiat manus tua, ut salvet me : * quoniam mandata tua elegi.
Concupivi Sa lu tare tuum, Domine : * et lex tua meditatio mea est.
Vivet anima mea, et laudabit te : * et judicia tua adjuvabunt me.
Erravi sicut ovis quae periit : * quaere servum tuum, quia mandata tua non sum oblitus.
Que ma prière. Seigneur, î monte jusqu'à vous ; donnezmoi l'intelligence, selon votre parole, o Sagesse du Père !
Que mes supplications pénètrent jusqu'en votre présence: délivrez-moi, selon „ vos promesses.
Mes lèvres éclateront en cantiques, lorsque vous m'aurez enseigné vos justices.
Ma langue publiera vos oracles ; car tous vos commandements sont l'équité.
Etendez votre main, et sauvez-moi ; car j'ai choisi vos préceptes pour mon partage.
Seigneur Père Saint ! j'ai désiré avec ardeur votre Salutaire; et votre loi est tout mon entretien.
Maintenant qu'il est venu, mon àme vivra et vous louera ; et vos justices me protégeront.
J'errais comme une brebis perdue ; divin Pasteur, descendii du ciel, daignez chercher votre serviteur ; car je n'ai point oublié vos commandements.
Dieu ! venez à mon aide !
fi|. H à tezvous. Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils. et au Saint-Esprit;
Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
EUS, in adju t or i um meum intende. Rj. Domine , ad adjuvandura me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper. et in saecula saeculorum. A- men. Alléluia.
CELUI giti est le Seigneur a dit à son Fils mon Seigneur : Asseyez-vous à droite et résruer avec
ma moi;
DixiT Dominus Domino meo : * Sede a dextris meis.
46 Le Tempa après Li Pentecôte.
Donec ponam inimicos tuos : * scabellum pedum tuorum.
Virgam virtutis t u ae emittet Dominus ex Sion : * dominare in medio inimicorum tuorum.
Tecum principium in die virtutis tuae in splendoribus Sanctorum : * ex utero ante luciferum L^enui te.
Juravit Dominus, et non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech.
Dominus a dextris tuis : * confregit in die irae sude reges.
Judicabit in nationibus, implebit ruinas : * conquassabit capita in terra multorum.
De torrente in via bibet : * propterea exaltabit caput.
Jusqu'à ce que. an jour Je votre dernier Avènement, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.
O Christ, le Seigneur votre Père fera .sortir de Sion le sceptre de votre force : c'est de là que vous pjrtire^ pour dominer au milieu de vos ennemis.
La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints, car le Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.
Le Seigneur l'a juré ; et sa parole est sans repentir : il a dit en vous parLuit : DieuHomme, vous êtes Prêtre à j.nmais, selon l'ordre de Melchisedech.
O Père ! le Seigneur votre Fils est donc & votre droite . c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.
Il jugera aussi les nations ; il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.
Jl est d'abord venu dans l'humilité ; il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des jj^ictions ; mais c'est pour cela même qu'un jour il élèvera la tête.
«ONIITEBOR tibi, Dd# mine, in toto corde
JK vous louerai. Seigneur, de toute la jilênitude de
De V Office des Vêpres.
mon cœur, dans l'assemblée des justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur; elles ont été concertées dans les desseins de sa Sagesse.
Elles sont dignes de louange et magnifiques ; et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.
Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles : il est le Pain de vie., et il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.
Il se souviendra à jamais de son alliance -ivcc les hommes; il fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.
Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.
Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles; ils sont fondés sur la vérité et la justice.
Il a envoyé à son peuple un Rédempteur ; il rend far là son alliance éternelle.
Son Nom est saint et terrible ; le commencement de la Sagesse est de craindre le Seigneur.
La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.
nieo : * in concilio justorum et congregatione. Magna opéra Domini : * exquisita in omnes voluntates ejus.
Confessio et magnificentia opus ejus : * et justitia ejus manet in sasculum sœculi.
Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus : * escam dédit timentibus se.
Meinor erit in sreculum testamenti sui : * virtutem operum suorum annuntiabit populo suo.
Ut det illis haereditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judicium.
Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in sœculum sasculi : * facta in veritate et aequitate.
Redemptionem misit populo suo : * mandavit in asternum testamentum suum.
Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium Sapientiae timor Domini.
Intellectus bonus omnibus facientibus eum : * laudatio ejus manet ni saeculum sieculi.
48 Le Temps après la Pentecôte.
BEATUS vir qui timet Dominum : * in mandatis ejus volet nimis.
Potens in terra erit semen ejus : * generatio rectorum benedicetur.
Gloiia et divitiae in domo ejus : * et justitia ejus manet in saeculum sjeculi.
Exortum est in tenebris lumen rectis : * misericors, et miserator, et justus.
Jucundus homo, qui miseretur et coinraodat. disponet sermones suos in judicio : * quia in aeternum non commovebitur.
In memoria asterna crit justus : * ab auditione mala non timebit.
Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmntum est cor ejus : * non commovebitur d^- nec despiciat inimicos suos.
Dispersit, dédit pauperibus ; justitia ejus manet in sœcuhim s?eculi : ' cornu ejus exaltabitur in f^loria.
Peccator videbit, et irascetur, dentibus suis
HEUREUX l'homme qui craint le Seigneur, et qui met tout son zèle à lui obéir.
Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.
La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.
Une lumière s'est levée sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux, clément et juste.
Heureux l'homme qui fait miséricorde, qui a prêté r.u pauvre, qui a réglé jusiju\i ses paroles avec justice ; car il ne sera point ébranlé.
La mémoire du juste sera éternelle : s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.
Son coeur est toujours prêt à espérer au Seigneur ; son cœur est en assurance : il ne sera point ému et méprisera la rage de ses ennemis.
Il a répandu l'aumône avec profusion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais ; sa force sera élevée en gloire.
Le pécheur le verra, et il entrera cnfureur: il "rincera
De l'Office des Vêpres.
des dents et séchera de colère ; mais les désirs du pécheur périront.
SERVITEURS du Seigneur, faites entendre ses louanges : célébrez le Nom da Seigneur.
Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd'hui et jusque dans réternité.
De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit ctre à jamais célébré.
Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations; sa gloire est par delà les cieux.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu , dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles dans le ciel et sur la terre.
Il soulève de terre l'indigent, élève le pauvre de dessus le fumier oit il languissait.
Pour Is placer avec les princes , avec les princes mômes ds son peuple.
C'est lui qui fait habiter pleine de joie dans sa maison celle qui auparavant fut stérile, et maintenant est mère de nombreux enfants.
QUAND Israël sortit d'E- gypte, et la maison de Jacob du milieu d'un peuple barbare;
fremet et tabescet : ' desiderium peccatorum peribit.
LAUDATE, pueri, Dominum : * laudate Nomen Domini.
Sit Nomen Domini benedictum : " ex hoc nunc, et usque in s.-eculuni.
A solis oriu usque ad occasum : " laudabile Nomon Domini.
Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.
Quis sicut Dominus Deus noster qui in altis habitat: * et humilia respiciijn cœlo et in terra?
Suscitans a terra inopem : * et de stercore erigens pauperem.
Ut coUocet eum cum principibus : * cum principibus populi sui.
Qui habitare facit sterilem in domo : *matrem filiorum laetantem.
IN exitu Israël de vEgypto : * domus Jacob de populo barbaro :
5o Le Temps après la Pentecôte.
Facta est Judaea sanctificatio cjus : ' Israël potestas ejus.
Mare vidit. et fugit : * Jordanis conversus est retrorsum.
Montes exsultaverunt ut arietes : ' et colles sicut agni ovium.
Quid est tibi mare.
Îuod fugibll : * et tu. ordanis, quia conversus es retrorsum ?
Montes exsultastis sicut arietes : * et colles, sicut agni ovium ?
A facie Domini meta est terra : * a facie Dei Jacob,
Qui convertit petram in stagna aqaarum : et rupem in fontes aquarum.
Non nobis , Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da g'ioriam.
Super misericordia tua, et veritate tua : ' nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum ?
Deus autem noster in cœlo : * omnia quaecumque voluit fecit.
Simulacra g en t i u m argentum et aiiriim : * opéra manuum hominum.
Os habent, et non loquentur: 'oculos habent, et non vidobunt.
Aures habent, et non
La nation juive fut consacrée à Dieu, Israël fut son domaine.
La mer le vit et s'enfuit ; le Jourdain remonta vers sa source.
Les montagnes sautèrent comme des béliers , et les collines comme des agneaux.
O mer. pourquoi fuyais-tu ? Et toi . Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?
Montagnes , pourquoi sautiez-vous comme des béliers ? Et vous , collines, comme des agneaux?
A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,
Qui changea la pierre en torrents, et la roche en fontaines.
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire.
A cause de votre miséricorde et de votre vérité : de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?
Notre Dieu est au ciel : il a fait tout ce qu'il a voulu.
Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes.
Elles ont une bouche, et ne parlent point ; des yeux, et ne voient point.
Elles ont des oreilles, et
De V Office des Vêpres.
5i
n'entendent point ; des narines, et ne sentent point.
Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point ; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.
Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.
La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur protecteur.
Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.
Il a béni la maison d'Israël : il a béni la maison d'Aaron.
Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.
Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.
Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre !
Au Seigneur les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.
Ce ne sont pas les morts
audient : * nares habent, et non odorabunt.
Manus habent, et non palpabunt ; pedes habent et non ambulabunt : * non clamabuntin gutture suo.
Similes ilHs fiant qui faciunt ea : * et omnes qui confidunt in eis.
Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum. et protector eorum est.
Domus Aàron speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Qui timent Dominum, speraverunt in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Dominus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.
Benedixit domui Israël : * benedixit domui Aaron.
Benedixit omnibus'qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.
Adjiciat Dominus super vos : ' super vos, et super filios vestros.
Benedicti vos a Domino : * qui fecit cœlum et terram.
Cœlum cœli Domino " " terram autem dédit filiis hominum.
Non mortui laudabunt
te, Domine : * neque omnes qui descendunt in infernum.
Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino : * ex hoc nunc et iisque in sfficulum.
qui vous loueront, ô Seigneur! ni tous ceux qui descendent dans la demeure souterraine des limbes.
Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur aujourd'hui et à jamais.
BENEDICTUS Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi. Pater misericordiarum et Deus totius consolationis , qui consolatur nos in omni tribulatione nostra. J^. Dco î^ratias.
j )ÉNi soit Dieu et le Père de I^ notre Seigneur JésusChrist, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations.
B? Rendons grâces à Dieu.
Lucis Creator optime, Lucem dierum proferens : Primordiis lucis novae, Mundi parans originem.
Qui mane junctumvesperi, Diem vocari pra?cipis: Illabitur tetrum chaos, Audi preces cum fletibus.
Ne mens gravala crimine, Vitae sit cxsul munere :
DIEU bon, créateur de la lumière, qui avez produit le flambeau des jours, vous avez préludé à l'origine de ce monde, en produisant, au premier jour, cette lumière qui jusqu'alors n'avait pas brillé.
O vous, qui nous apprenez à donner le nom de jour à l'espace qui s'étend du matin jusqu'au soir, un noir chaos menace encore de nous envelopper : écoutez nos prières, et voyez nos larmes.
Que notre âme appesantie par le péché ne demeure pas exilée de cette vie immortelle
De V Office des Vêpres.
que vous lui avez préparée, cette âme si lâche quand il faut penser à l'éternité, si prompte à tomber dans les liens du péché.
Qu'elle frappe enfin aux portes des cieux ; qu'elle enlève le prix de la vie ; qu'elle évite tout ce qui peut lui nuire ; qu'elle se purifie de toute iniquité.
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.
"j^. Que ma prière s'élève vers vous, Seigneur !
"Ef. Comme l'encens monte en votre présence.
Dum nil perenne cogitât, Seseque culpis illigat.
Cœleste pulset ostium, Vitale tollat praemium : Vitemus omne noxium, Purgemus omne pessimum.
Praesîa, Paterpiissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne saeculum.
Amen.
f. Dirigatur, Domine, oratio mea,
^ Sicut incensum in conspectu tuo.
jkM ON àme glorifie le SeiIV! gneur ;
Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur:
Car il a regardé la bassesse de sa servante ; et pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.
Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant et de qui le Nom est saint ;
Et sa miséricorde s'étend de génération en génération, sur ceux qui le craignent.
' AGNIFICAT : anima mea Dominum ;
Et exsultavit spiritus meus : * in Deo Salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancillae suse : *ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.
Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum Nomen ejus.
Et misericordia ejus a progenie in progenies : * timentibus eum.
54 Le Temps après la Pentecôte.
Fecit potentiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.
Depoèuit potentes de sede : * et exaltavit humiles.
Esurientes i m p I e v i t bonis : * et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerum suum : * recordatus misericordiie su3e.
Sicut locutus est ad patres nostros : * Abraham et semini ejus in sœcula.
Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.
Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.
11 a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse
Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.
L'Oraison se trouve en son lieu, aux Dimanches et aux diverses Fêtes.
Domino. Deo gratias.
f. FideliumanimsE per misericordiam Dei requiescant in pace.
â. Amen.
fgneur.
grâces
le Sei'Bf. Rendons Dieu.
"f. Que les âmes des fidèles, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.
Vf. Amen.
ON Père, veuillez me bénir.
Que le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse.
ne, benedicere.
BenedicTio. Noctem quietam, et finem
perfectum concédât nobis
Dominus omnipotens.
^. Amen.
MES Frères, soyez sobres et vigilants ; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer ; résistez-lui, étant forts dans la foi. Mais vous. Seigneur, ayez pitié de nous .'
I?. Rendons grâces à Dieu.
f. Tout notre secours est dans le Nom du Seigneur ;
T^ RATRES : Sobriiestote, i et vigilate : quia adversarius vester diabolus, tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret : cui resistite fortes in fide. Tu autem. Domine, miserere nobis.
^. Deo gratias. f. Adjutorium nostrum in Nomine Domini ;
56 Le Temp}! après la Pentecôte.
^. Qui tecit coelum et 1 fi|. C'est lui qui terram. I ciel et la terre.
fait
On recite ensuite l'Oraison Dominicale en silence; puis le Prêtre dit le Confiteor, et le Chœur le répète après lui.
'^' V-# Deus, Salutî
nos. taris noster.
i^. Et averte iram tuam a nobis.
f. Deus, in adjutorium meum intende.
^. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri. etc.
^' v_^ o Dieu,
notre Sauveur :
'Bf. Et détournez votre colère de dessus nous.
f. O Dieu ! venez à mon aide.
Rj. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Gloire au Père, etc.
CU.M invocareni exaudivit me Deus juslitiae meae : * in tribulatione dilatasti mihi.
Miserere mei : ' et exaudi oraiionem meain.
Filii hominum, usquei]uo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?
El scitote quoniam m i r i fi c a V i t Dominas sanctum suum : * Dominus exaudiet me. cum clamavero ad eum.
Irascimini. et nolite peccare : * quae dicitis in c jfdibus vestris, in cubilibiis vestris compungin:ir>i.
A u milieu de ma prière, le t\ Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au large, quand J'étais dans l'affliction.
Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.
Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-yous la vanité, et chercherez-vous le mensonge ?
Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré ; le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.
Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction, dans le rep(>^ de votre couche, les pensées de vos cœurs.
A VOffice de Compiles.
Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. Il en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?
La Lumière de votre visage, votre Verhc, Seigneur, a daigné luire sur nous : c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.
Pour eux. leur richesse est dans l'abondance du vin, de l'huile et du froment :
Mais moi je dormirai et me reposerai dans la paix ;
Parce que vous seul. Seigneur, m'avez affermi dans l'espérance.
Sacrificaie sacrificium justitiae, et sperate in Domino ; * multi dicunt : Quis ostendit nobis bona ?
Signature c3t super nos lumen vultus tui, Domine : * dedisti Ijetitiam in corde meo.
A fructu frumenti, vini et olei sui : * multiplicati sunt.
In pace in idipsum : * dormiam et requiescam.
Quoniam tu. Domine, singulariter in spe : * constituisti me.
EN vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance ; que je ne sois pas confondu : sauvezmoi dans votre justice.
Inclinez votre oreille vers moi, hâtez-vous de me délivrer.
Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.
Car vous êtes ma force et mon refuge, et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.
Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.
Je remets mon esprit entre
IN te, Domine, speravi ; non confundar in sternum : ' in justitia tua libéra me.
Inclina ad me aurera tuam : * accéléra ut cruas me.
Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : * ut salvum me facias
Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enutries me.
Educes me de laqueo hoc quem absconderunt mihi : * quoniam tu es protector meus.
In manus tuas com58 Le Temps après la Pentecôte.
mendo spiritum meum : * redemisti me, Domine, Deus veritatis.
vos mains : c est vous qui m'avez racheté, Seigneur, Dieu de vérité !
OUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor meus es tu, et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.
Quoniam ipse iiberavit me de laqueo venantium : * et a verbo aspero.
Scapu lis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te Veritas ejus : * non timebis a timoré nocturno.
A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et daemonio meridiano.
Cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : * ad te autem non appropinquabit.
Verumtamen oculis tuis considerabis : * et retributionem peccatorum videbis.
Quoniam tu es. Domine, spes mca : * Altissimum posuisti retugium tuum.
Non accédât ad te maELUI qui habite dans l'asiledu Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge 1 II est mon Dieu, j'espérerai en lui.
Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.
Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit.
Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.
Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n'approchera pas de toi.
Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras l** sort de l'impie.
Parce que tu js dit : « Seigneur, vous êtes mon espérance », parce que tu as placé ton refuge dans le Très-Haut .
Le mal n'approchera pas
A V Office de Compiles,
de toi. et les fléaux s'éloigneront de ta tente ,
Car le .Seigneur a com-' mandé à ses iV^ges de te garder en toutes tes voies.
Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
Dieu dira de toi : Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai, parce qu'il a connu mon Nom.
Il criera vers moi, et je l'e.xaucerai : je suis avec lui dans la tribulation ; je l'en retirerai et le glorifierai.
Je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.
lum : * et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.
Quoniam Angelis suis mandavit de te : * ut custodiant te in omnibus viis tuis.
In manibus portabunt te : * ne forte olFendas ad lapidem pedem tuum.
Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonem et draconem.
Quoniam in me speravit, liberabo eum : * protegam eum, quoniam cognovit Nomen meum.
Clamabit ad me, et ego exaudiam eum : * eum ipso sura in tribulatione, eripiam eum, et glorificabo eum.
Longitudine dierum replebo eum : * et ostendam illi Salutare meum.
BENISSEZ maintenant le Seigneur, vous tous qui le servez.
Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu,
Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.
Dites à Israël: Que le Seij CCE nunc benedicite J ' Dominum : * omnes servi Domini.
Qui statis in domo Domini : ' in atriis domus Dei nostri.
In noctibus extollite manus vestras in Sancta : * et benedicite Dominum.
Benedicat te Dominas
6o Le Temps après la Pentecôte.
ex Sion : * qui fecit cœ- lum et terram.
Ant. Miserere mihi. Domine, et exaudi orationem meam.
gneur te bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ant. Ayez pitié de moi, Seigneur, et exaucez ma prière.
TE lucis ante terminum, Rerum Creator, poscimus. Ut pro tua clementia. Sis praîsul et custodia.
Procul recédant somnia.
Et noctium phantasmata :
Hostemque nostrum comprime,
Ne poUuantur corpora.
Prœsta, Pater piissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne saeculum.
Amen.
AVANT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être dans votre clémence notre protecteur et notre gardien.
Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane pas nos corps.
Faites-nous cette grâce,
6 Père très miséricordieux, et vous. 6 Fils unique, égal au Père, vous qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.
CAPITULE. {Jereni. xiv.)
Tu autem in nobis es, Domine, et Nomen sanctum tuum invocatum est super nos : ne derelinquas nos, Domir.e Deus noster.
B(l. In manus tuas. Domine : * Commendo spiritum meum. In manus tuas.
v
ous êtes en nous, Seigneur! et votre saint Nom a été invoqué sur nous: ne nous abandonnez pas, Seigneur notre Dieu !
^ Entre vos mains, Seigneur, * Je remets mon esprit. (<n répète: Entre vos mains. Seigneur, etc.
A VOffice de Compiles.
6i
f. Vous nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité, O/i répète: * Je remets, etc.
Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.
f. Gardez-uous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil.
Bpt. Protégez-nous à l'ombre de vos ailes.
y. Redemisti nos. Demine, Deus veritatis. * Commendo.
Gloria. In manus tuas.
f. Custodi nos. Domine, ut pupillam oculi.
E?. Sub umbra alarum tuarum protège nos.
C'est maintenant. Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;
Parce que mes yeux ont vu le Sauveur,
Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples :
Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre- peuple d'Israël.
Ant. Sauvez-nous, Seigneur, durant la veille ; gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
VTuNC dimittis servum '^ tuum, Domine: * secundum verbum tuum, in pace.
Quia viderunt oculi mei : * Salutare tuum.
Quod parasti : * ante faciem omnium populorum.
Lumen ad revelationem Gentium : * et gloriam plebis tuas fsrael.
Ant. Salva nos. Domine, vigilantes ; custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescami'.s in pace.
VISliEZ, s'il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embiiches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habitent, qu'ils nous y gardent dans
VISITA, quœsumus Domine, habitationera istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeii tui sancti habitent in ea, qui nos
02 Le Temps après la Pentecôte.
in pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jcsum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât inunitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sxculorum. Amen.
f. Dorainusvobiscum;
B?. Et cum spiritu tuo. "p. Benedicamus Domino. iÇï. Deo gratias. Benedicat et custodlat i nos omnipoiens et misej ricors Dominas, Pater, et Fiiius, et Spiritus Sanctus. "Ef. Amen.
la pai.\, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
f. Le Seigneur soit avec vous ;
fil. Et avec votre esprit. f. Bénissons le ^eigneur.
Vf. Rendons grâces à Dieu.
Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, Père, Fils et Saint-Esprit, nous bénisse et nous conserve !
SALVE, Regina, mater misericordia;. Vita, dulcedo et spcs nostra, salve.
Ad te clamamus, exsuies filii Evœ.
Ad te suspiramus, gementes et fientes in hac lacrymarum valle.
Eia ergo, advocata nostra, illos tuos miséricordes oculos ad nos converte ;
Et Jesum, benedictum fructum ventr>s tui, nobis post hoc exsilium ostende :
SALUT, ô Reine, Mère de miséricorde.
Notre vie, nos délices, notre espérance, salut !
Exilés, enfants d'Eve, nous crions vers vous;
Vers vous nous soupirons, gémissants et pleurants au fond de cette vallée, de larmes.
Sus donc, ô notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants;
Et montrez-nous, après cet exil, Jésus, le fruit béni de votre sein :
A VOffice de Compiles.
O clémente,
O miséricordieuse,
O douce Vierge Marie.
"f. Sainte Mère de Dieu priez pour nous ;
B^. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.
O démens,
O pia,
O dulcis Virgo Maria.
f. Ora pro nobis sancta Dei Genitrix ;
Vf. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
DIEU tout-puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint-Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie, afin qu'elle devînt le digne séjour de votre Fils ; daignez, par sa miséricordieuse intercession, nous accorder, à nous qui fêtons joyeusement sa mémoire, d'être affranchis des maux qui nous assiègent et délivrés de la mort éternelle. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
f. Le secours divin demeure toujours sur nous !
Tf. Amen.
, ' ,. MNIPOTENS sempiterv^' ne Deus, qui gloriosae Virginis matris Marias corpus et animam, ut d;- gnura Filii tui habitaculum effici mereretur, Spiritu Sancto coopérante, praeparasti : da ut cujus commemoratione lastamur, ejus pia intercessione ab instantibus maliseta morte perpétua liberemur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
f. Divinum auxilium maneat semper nobiscum.
K. Amen.
otre-Damk rcgiic inaiiilenant dans les cieux. Son triomphe sur la mort a été sans labeur ; comme Jésus pourtant , c'est par la souffrance qu'elle a mérité d'entrer dans sa gloire ^ Nous n'arriverons pas autrement que le Fils et la iMère au bonheur sans fin. Ayons souvenir des joies si douces goûtées durant ces huit jours; mais n'oublions pas que le chemin n'est point achevé pour nous encore. Que reste:{-votis à regarder le ciel ? disaient aux
06 Le Temps après la Pentecôte.
disciples les Anges de rAscension, de la part du Seigneur monté dans la nue * ; car les disciples, devant qui s'étaient révélés un instant les horizons de la patrie, ne se résignaient pas à reporter leurs yeux vers la vallée des larmes. Comme le Seigneur, Marie aujourd'hui nous envoie son message des hauteurs radieuses où nous la suivrons, mais plus tard, où nous Tentourerons, mais après avoir dans les peines de l'exil mérité de former sa cour ; sans distraire d'elle notre âme , l'apôtre de ses douleurs, Philippe Benizi, nous rappelle au vrai sentiment de notre situation d'étrangers et de pèlerins sur la terre ^.
Luttes au dehors, au dedans craintes ^ : pour une large part, ce fut la vie de Philippe, comme l'histoire de sa patrie, Florence, l'histoire de l'Italie et du monde au xiii» siècle. Né à l'heure où une admirable etïlorescence de sainteté conspirait à faire de la cité des fleurs un paradis nouveau ^, il trouvait au même temps sa ville natale en butte aux factions sanglantes, aux assauts de l'hérésie, à tout l'excès des misères qui montrent que Jérusalem et Babylone se pénètrent partout ici-bas. Nulle part l'enfer n'est si près, que là où le ciel se manifeste avec une intensité plus grande ; par l'assistance de Marie, on le vit bien dans ce siècle où se rencontrèrent en voisinage plus immédiat que jamais la tète du serpent et le talon de la femme. L'ancien ennemi, multipliant les sectes, avait ébranlé la foi au centre même des provinces enserrant la Ville cteri. Aci. I, II. — 2. Hob. XI, i3. — 3. II Cor. vu, 5. — 4. Lo Temps après la Pentecôte, T. III, p. 247.
Saint Philippe Beni:{i, Confesseur. 6j
nelle. Tandis qu'en Orient l'Islam refoulait les derniers croisés, en Occident la papauté se débattait contre l'empire, devenu comme un fief de Satan aux mains de Frédéric II. Partout, Jans la chrétienté dont l'unité sociale apparaissait dissoute, se révélait, à l'affaiblissement des croyances, au refroidissement de l'amour, le progrès du poison dont l'humanité doit mourir. Mais le prince du mal allait connaître la vertu des réactifs que le ciel tenait en réserve pour soutenir la sénilité du monde. C'est alors que Notre-Dame présente à son Fils irrité Dominique et François, pour réduire, par l'accord de la science et de tous les renoncements, les ignorances et les cupidités de la terre ; alors aussi que Philippe Benizi, le Servite de la Mère de Dieu, reçoit d'elle la mission de prêcher par l'Italie, la France et la Germanie, les indicibles souffrances qui tirent d'elle la corédemptrice du genre humain.
Déjà les fêtes des Sept saints fondateurs et de Julienne Falconiéri nous ont dit les origines, le but du pieux Ordre des Servîtes, la part prépondérante qu'eurent dans sa propagation les travaux, les épreuves, la foi du Saint de ce jour. La notice où l'Eglise raconte sa vie complétera ces lignes, que le défaut d'espace nous contraint d'abréger grandement.
Dhilippe, né à Florence * de la noble famille des Benizi, donna dès le berceau l'indice de sa future sainteté. Il n'avait pas encore achevé son cinquième mois, qu'en effet sa langue se délia
.) HILIPPUS ex nobilr
' Benitiorum familia Florentiœ natus, futuras sanctitatis jara inde ab incunabulis indicium prœbuit. Vix enim quintum iclatis mcnscm ingressus, linguam invoces mirifice solvit, hortatu^- quc fuit matrem, ut Dciparœ Servis eleemosynam impertiret. Adolescens, dura Parisiis litterarum studia cum pictatis ardore conjungeret, plurimos ad cœlestis patriœ desiderium inflammavit. Reversus in patriain, et singulari visione a beatissima Virgine in Servorum suorum familiam nuper institutam vocatus, in Senarii montisanrrum concessit, ubi asperam quidem jugi corporis castigatione, sedChristi Domini cruciatuum meditatione suavem vitam duxit : indeque per universam pêne Europam. magnamquc Asiœ partem, quam evangelicis prasdicationibus obivit, sodalitia Septem Dolorum Dei Matris instituit, suumque ordinem eximio virtutum exemple propagavit.
DIVIN.E caritatis et catholicœ fidei dilatanda? ardore vehementer accensus, sui ordinis Gène rai is reluctans atque invitus renuntiatus, fratres ad priçdicandumChristi Evangelium in Scythiam misit : ipse vcra phuiinas Italix
miraculeubcinenl pour exhorter sa mère à faire l'aumône aux Serviteurs de la Mère de Dieu. Paris le vit, jeune homme, joindre une piété ardente à l'étude des lettres, et embraser ses compagnons du désir de la céleste patrie. Il fut, de retour dans son pays, favorisé d'une vision merveilleuse où la bienheureuse Vierge l'appelait à entrer dans la famille récemment instituée de ses Serviteurs. Retiré dans une grotte du mont Senario, il y mena une vie dure au corps par ses continuelles macérations, mais que rendait douce la méditation des souffrances de notre Seigneur. Plus tard, dans presque toute lEurope et une grande partie de l'Asie, qu'il parcourut en prêchant, il établit des confréries des Sept Douleurs de la .Mère de Dieu, et propagea son Ordre par l'admirable exemple de ses vertus.
ELU Général de cet Ordre malgré ses refus et résistances, il sentit se développer en lui l'ardeur de la divine charité. Dans son zèle d'étendre la foi catholique, il envoya de ses Frères évangéliser les Tartarcs. Luimême se multipliant dans les viilosd'Italic, scmployail
Saint Philippe Beni:{i, Confesseur. 6g
à apaiser les discordes civiles; plus d'une cité fut ramenée par lui à l'obéissance au Pontife romain; des hommes consommés en scélératesse durent à son zèle universel pour le salut du prochain, de revenir à la pénitence et à l'amour de Jésus-Christ. L'oraison faisait ses délices ; il y parut souvent ravi en extase. La virginité lui fut chère; il sut la garder sans tache jusqu'au dernier soupir, au prix des plus extrêmes rigueurs.
JL se distingua par une miséricorde spéciale envers les pauvres. On cite surtout de lui le trait du lépreux qui lui demandait laumône près du boure de Camiçliano, au territoire de bienne, et qui, ayant reçu du Saint ^on propre vêtement pour couvrir sa nudité, fut aussitôt guéri de sa lèpre qu'il s'en fut revêtu. La renommée de ce miracle s'étant répandue, plusieurs des cardinaux réunis à Viterbe pour l'élection du successeur de Clément IV jetèrent leurs yeux sur Philippe, dont ils connaissaient pnr ailleurs la prudence toute céleste. A cette nouvelle, l'homme de
urbts concursans, gliscentes in eis civium discordias composuit, multasque ad Romani Pontifîcis obedientiam revocavit ; nihilque de studio alienae salutis omittens, perditissimos homines evitiorum cœno ad pœnitentiam ac Jesu Christi amorem perduxit. Orationi summopere addictus, saepe in extasim rapi visus est. Virginitatem vero adeo coluit, ut ad extremum usque spiritum voluntariis ac durissimis suppliciis illibatam custodierit.
1^ FFLORUIT ineo jugiter
L singularis erga pauperes misericordia, sed prcEcipue cum apud Camilianum agri Senensis vicum leproso nudo eleemosyam petenti propriam, qua indutus erat, vestem fuit elargitus : qua illecontectus,statim a lepra mundatus est. Cujus miraculi cum longe lateque fama manasset, nonnuUi ex Cardinalibus, qui Viterbium. Clémente quarto vita functo. pro successore deligendo convenerant, in Philippum, cujus cœlestem etiam prudentiara perspectam
jo Le Temps après la Pentecôte.
habebant, intenderunt. Quo comperto vir Dei, ne forte pastoralis regiminis onussubirecog^-retur, apud Tuniatum montera tamdiu deliluit, donec Gregorius decimus Pontifex Maximus fuerit renuntiatus : ubi balneis, quae etiam hodie sancti Philippi vocantur, virtutem sanand morbos suis precibus impetravit. Denique Tudcrti, anno millesimo ducentesimo oclogesimo quinto in Christi Domini e cruce pendentis amplexu, quem suum appellabat librum, sanctiâsime cx'hac vita migravit. Ad ejustumulum caeci visum, claudi gressum, mortui vilara receperunt. Quibus aliisque plurimis fulgentem signis Clemens decimus Pontifex Maximus Snnctorum numéro adscripsit.
» ppROCHE, Philippe, et monte sur ce char \ ri Vous l'entend îtes, cette parole, dans les jours où le monde souriait à votre jeunesse et vous offrait sa renommée ou ses plaisirs ; c'était l'invitation que vous faisait Marie, alors qu'assise sur le char d'or figurant la vie religieuse à laquelle vous étiez convié, elle était vers
Dieu, fuyant la charge du pastorat suprême, alla se cacher à Montamiata jusqu'à ce que l'on eût appris l'élévation de Grégoire X au souverain pontificat ; là, ses pricres obtinrent la vertu de guérir les maladies aux bains qui portent encore aujourd'hui le nom de s int Philippe. Enfin à Todi, l'an mil deux cent quatre-vingt-cinq, il quitta saintement cette vie dans le baiser du S-igneur Christ en croix, qu'il appelait sjn livre. A son tombeau, les aveugles recouvrèrent la vue, les boiteux marchèrent, les morts revinrent à la vie. En suite de ces miracles et de beaucoup d'autres éclatants prodiges, le Souverain Pontife Clément X 1 inscrivit au nombre des Saints.
I . .\ct. VllI, 2Q.
Saùît Philippe Bcni:{i, Confesseur. 7/
i
vous descendue : un manteau de deuil enve- l
loppait de ses plis la souveraine des cieux ; une | colombe voltigeait autour de sa tête; un lion j^ et une brebistraînaient son char, entre des î précipices d'où montaient les sifflements de ' l'abîme. C'était l'avenir qui se dévoilait : vous deviez parcourir la terre en la compagnie de la Mère des douleurs, et ce monde que déjà l'en- , fer avait miné de toutes parts n'aurait pour vous nul péril; car la douceur et la force y seraient vos guides, la simplicité votre inspiratrice. Heureux les doux, car ils posséderont la terre • !
Mais c'est contre le ciel surtout que devait vous servir l'aimable vertu qui a cette promesse d'empire; contre le ciel qui lutte luimême avec les forts, et vous réservait l'épreuve du suprême abandon devant lequel avait tremblé l'Homme-Dieu : après des années de prières, de travaux, d'héroïque dévouement, pour récompense vous connûtes le rejet apparent du Seigneur, le désaveu de son Eglise, l'imminence d'une ruine menaçant par delà votre tête tous ceux que Marie vous avait confiés. Contre l'existence de vos fils les Servites, nonobstant les paroles de la Mère de Dieu, ne se dressait rien moins que l'autorité de deux conciles généraux, dont le Vicaire du Christ avait arrêté de laisser les résolutions suivre leur cours. Notre-Dame vous donnait de puiser au calice de ses souffrances. Vous ne vîtes point le triomphe d'une cause qui était la sienne autant que la vôtre; mais comme les patriarches saluant de loin l'accomplissement des
1 . Matth. V, 4.
promesses, la mort ne put ébranler votre conriance sereine et soumise : vous laissiez à votre tille Julienne Falconiéri le soin d'obtenir, par ses prières devant la face du Seigneur, ce que n'avaient pu gagner vos démarches auprès des puissants.
La puissance suprême ici-bas, un jourl'Esprit-Saint parut la mettre à vos pieds : comme le demanae l'Eglise au souvenir de l'humilité qui vous fit redouter la tiare, obtenez-nous de mépriser les faveurs du temps pour ne rechercher que le ciel i.Les fidèles cependant n'ont point oublié que vous fûtes le médecin des corps, avant d'être celui des âmes; leur confiance est grande dans l'eau et les pains que vos fils bénissent en cette fête, et qui rappellent les faveurs miraculeuses dont fut illustrée la vie de leur père : ayez égard toujours à la foi des peuples; répondez au culte spécial dont les médecins chrétiens vous honorent. Aujourd'hui enfin que le char mystérieux de la première heure est devenu le char de triomphe où Notre-Dame vous associe à la félicité de son entrée dans les cieux, apprenez-nous à compatir comme vous de telle sorte à ses douleurs, gue nous méritions d'être avec vous dans l'éternité participants de sa gloire.
N témoin du Fils de Dieu, un des princes qui annoncèrent sa gloire aux nations, illumine ce jour des incomparables feux de la lumière apostolique. Tandis que ses frères du collège sacré suivaient la race humaine sur toutes les routes où la migration des peuples Tavait portée, c'est au point de départ, sur les monts d'Arménie d'où les fils de Noé remplirent la terre, que Barthélémy parut comme l'envoyé des collines éternelles et le héraut de FEpoûx. Là, s'était arrêtée l'arche figurative; l'humanité, partout ailleurs voyageuse, y restait assise, se souvenant de la colombe au rameau d'olivier, attendant la consommation de l'alliance dont l'arc-en ciel, brillant sur la nue, avait dans ces lieux pour la première fois signifié les splendeurs *. Or, voici qu'une nouvelle bienheureuse a réveillé dans ces hautes vallées les échos des antiques traditions : nouvelle de paix 2, fin du péché dont l'universel déluge recule devant le bois du salut. Combien la sérénité qu'apportait la colombe de jadis est dépassée ! Au châtiment va succéder l'amour. L'ambassadeur du ciel a montré Dieu aux
74 ^^ Temps après la Pentecôte.
fils d'Adam dans le plus beau de leurs frères *. Les nobles sommets d'où coulent les fleuves qui arrosèrent autrefois le jardin de délices, voient renouveler le contrat déchiré en Eden, et célébrer dans Tallégressc de la terre et des cieux les noces divines, attente des siècles, union du \'erbe et de Thumanité régénérée.
Personnellement, que fut l'Apôtre dont le ministère emprunte une telle solennité du lieu où il s'accomplit ? Sous le nom ou le surnom de Barthélémy 2, qui est le seul trait que nous aient conservé de lui les trois premiers Evangiles, devons-nous voir, comme plusieurs l'ont pensé, ce Nathanaël dont la présentation par Philippe à Jésus est l'objet en saint Jean d'une scène si suave ^ ? Personnage tout de droiture, d'innocence, de simplicité, bien digne d'avoir eu la colombe pour précurseur, et pour lequel on sent que l'Homme-Dieu dès l'abord réservait des tendresses et des grâces de choix *.
Quoiqu'il en puisse être, la part échue entre les douze à l'élu de ce jour dit assez la spéciale confiance duCœur divin ; l'héroïsme du redoutable martyre où il scelle son apostolat, nous révèle sa 'fidélité; la dignité qu'a su garder sous toutes les latitudes où elle vit transplantée la nation qu'il greffa sur le Christ, témoigne de l'excellence de la sève infusée originairement dans ses rameaux. Lorsque, deux siècles et demi plus tard, Grégoire l'IUuminateur fit germer par toute l'ArVnénie l'abondance des fleurs et des fruits qui la manifestèrent si belle, il n'eut qu'à réveiller la semence divine
I. Psalm. XLiv. — 2. Fils de Tholmaï. — 3. Johan.
Saint Barthélémy, Apôtre.
déposée par l'Apôtre, et dont les épreuves, qui ne devaient jamais manquer àla généreuse contrée, avaient un temps comprimé l'essor, sans pouvoir l'étouffer. -
Pourquoi faut-il que de déplorables malentendus, nourris dans le trouble d'invasions sans fin, aient maintenu trop longtemps en défiance contre Rome une race que les guerres d'extermination, les supplices, la dispersion, n'ont pu détacher de l'amour du Christ Sauveur ! Grâce à Dieu pourtant, le mouvement de retour, plus d'une fois commencé pour ensuite se ralentir, senible aujourd'hui s'accentuer davantage; l'illustre nation voit l'élite de ses fils travailler avec persévérance au rapprochement si souhaitable, en dissipant les préjugés de leur peuple, en révélant à nos régions les trésors de sa littérature si chrétienne, les magnificences de sa liturgie, en priant surtout et en se dévouant sous l'étendard du père des moines de l'Occident i. Avec ces tenants de la vraie tradition nationale, prions Barthélémy , leur Apôtre, et le disciple Thaddée ^ qui eut \ aussi part à l'évangélisation primitive, et Rip- i] sima, l'héroïque vierge amenant des terres j, romaines ses trente-cinq compagnes à la con- \ quête d'une nouvelle patrie, et tous les martyrs I dont le sang cimenta l'édifice sur le seul fondement posé par le Seigneur. Puisse, comme ces grands prédécesseurs, le chef du second apostolat, Grégoire l'Illuminateur, qui voulut voir Pierre ^ en la personne de Silvestre et \
I. Les Mekhitaristcs, arméniens moines de saint
Benoît. — 2. Un des soixante-douze. — 3. Gai. I,
7^ Le Temps après la Pentecôte.
reçut la bénédiction du Pontife romain; puissent les saints rois, les patriarches et les docteurs de l'Arménie, redevenir pour elle les guides écoutés des beaux temps de son histoire, et ramener tout entière, sans retour enfin, à Tunique bercail *, une Eglise faite pour marcher d'un même pas as'ec l'Eglise maîtresse et mère !
Nous apprenons d'Eusèbc - et de saint Jérôme 3, qu'avant de se rendre dans l'Arménie, but suprême de son apostolat, saint Barthélémy evangélisa les Indes, où Pantène, au siècle suivant, trouva un exemplaire de l'E- vangile de saint Matthieu en lettres hébraïques qu'il y avait laissé. Saint Denys rapporte aussi au glorieux Apôtre une parole profonde, qu'il cite et commente en ces termes : « Le divin Barthélémy, dit de la théologie qu'elle est à la fois abondante et succincte, cie l'Evangile qu'il est de vaste étendue et en même temps concis ; donnant ainsi excellemment à entendre que la bienfaisante cause de tous les êtres s'exprime et en beaucoup et en peu de paroles, ou même sans discours, n'y ayant parole ou pensée qui la puisse rendre. Car elle est au-dessus de tout par son essence supérieure; et ceux-là seuls l'atteignent dans sa vérité, non dans les voiles dont "elle s'entoure, qui dépassant la matière et l'esprit, s'élevant par delà le faîte des plus saints sommets, laissent tous les rayonnements divins, tous les échos de Dieu, tous les discours des cieux, pour entrer dans l'obscurité où habite, comme
3. De Script, eccl. c. xxxvi.
Saint Barthélémy, Apôtre.
dit l'Ecriture ^ celui qui est au delà de toutes choses 2. ))
C'est demain seulement que la ville de Rome célèbre la fête de saint Barthélémy; elle est en cela d'accord avec les Grecs, qui rattachent au 2 5 août le souvenir d'une translation des reliques de l'Apôtre. Les translations diverses en effet du saint corps, jointes à la difficulté de préciser la date du martyre de Barthélémy, expliquent la variété des jours adoptés pour cette fête par les Eglises de l'O- rient comme de l'Occident. La détermination du 24 de ce mois, consacrée par l'usage de la plupart des Eglises latines, remonte aux plus anciens martyrologes, y compris le hiéronymien. Au xiii" siècle, Innocent III, consulté sur la divergence, répondit qu'il fallait maintenir en ce point les coutumes locales 3.
Voici la notice consacrée par l'Eglise à lA- pôtre de l'Arménie.
L'apôtre Barthélémy était de Galilée. L'Inde citérieure lui étant échue dans le partage du monde entre les prédicateurs de 1 Evangile, il s'y rendit, et annonça 1 arrivée du Seigneur Jésus aux peuples qui 1 habitaient, en se servant de l'Evangile de saint Matthieu. Nombreux furent dans cette contrée ceux qu'il amena à Jésustolus, Galilœus, cum in Indiam citeriorem, quas ei in orbis terrarum sortitiune ad prœdicandum Jesu Christi Evangelium obvenerat, progressus esset, adventum Domini Jesu juxta sancti Matthaei Evangelium illis Gentibus praedicavit. Sed cum in ea
1. Psalm. xvn, 12. — 2. Diox. De mystica theol.
c. I. § ?. — 3. Décrétai, l.ib. III, tit. XLVI, c. 2 Consiiiiim.
y s Le Temps apiès la Pentecôte.
provincia plurimos ad Jesum Chrislum convertisset, multos labores calamitatesque perpessus, venil in majorem Armeniam.
1 Bl Polvmium regem et
^ conjugem ejus, ac praeterea duodecim civitates ad christianam fidem perduxiî. Quae res in eum magnam invidiam concitavit illius gentis sacerdotum. Nam usque adeo Astyagem Poîvmii régis fra'rem in Apostolum incenderunt, ut is vivo Bartholomœo pcllem crudeliter detrahi jusserit, ac caput abscindi: quo in martyrio animam Deo reddidit.
EJUS corpus Albani, quae est urbs majoris Armenias, ubi is passus fuerat, sepultum est : quod postea ad Liparam insulam delatum. indc Beneventum translatum est : postremo Romam ab Othone tertio imperalore portatum, inTiberis insula, in ecclesia ejus nominc Deo dicata, collocatum fuit. Agitur autem Romx- dics testus octavo Kalendas ScpChrist, mais grands ^ussises labeurs, et multipliées ses épreuves. Il vint de là dans la grande Arménie.
T L y convertit à la foi chré* tienne le roi Polymius avec son épouse, et douze villes. Mais cet événement porta contre lui jusqu'aux derniers excès l'envie des prêtres du pays. Astyages frère de Polymius, excité par eux contre l'Apôtre, fit écorcher vif et décapiter Barthélémy. Tel fut le cruel martyre dans lequel il rendit à Dieu son àme.
Cox corps, enseveli à AI- ^ ' banopolis . ville de la grande Arménie où il avait souffert, fut par la suite transporté dans l'île Lipari, puis à Bénévent, à Rome enfin où l'empereur Othon III le déposa dansl'iledu Tibre, dans léglise dédiée à Dieu sous son nom. Sa fête s'y célèbre le huit des calendes de septembre, et amené pendant les huit jours qui suivent à
cette basilique un grand concours de peuple.
tcmbris, et per octo conséquentes dics illa basilica
magna populi frequcntia celcbratur.
Saint Barthélémy, Apôtre. 7 g
C N cette fête qui vous est consacrée, ô Apôtre,
■*-' l'Eglise implore la srâce d'aimer ce qui fut l'objet de votre foi, de prêcher ce que vous ave:{ enseigné 1. Non que l'Epouse du Fils de Dieu puisse défaillir jamais dans la croyance ou dans l'amour; mais elle sait trop que si sa tête sera toujours dans la lumière et son cœur toujours à l'Époux dans l'Esprit qui la sanctifie, ses membres isolés, les Eglises particulières qui la composent, peuvent se détacher de leur centre vital et s'égarer dans la nuit. O vous qui choisîtes notre Occident pour le lieu de votre repos, vous dont Rome se glorifie de garder les restes précieux, ramenez à Pierre les nations que vous avez évangélisées; justifiez les espérances d'universelle union qui se ravivent en nos jours; aidez les efforts que tente le Vicaire de THomme-Dieu pour rassembler sous la houlette du pasteur les troupeaux dissidents dont le schisme a desséché les pâturages. Puisse votre Arménie achever la première un retour commencé par elle dès longtemps : qu'elle croie à l'Eglise Mère, et ne se livre plus aux semeurs d'embûches. Tous réunis, puissions-nous jouir en commun des trésors de nos traditions concordantes, aller à Dieu, au prix de tous les dépouillements, par le procédé à la fois si vaste et si simple que nous enseignent votre sublime théologie et vos exemples^
I. Cullcctu dici.
EST la foi du chrétien qui fit en Louis, neuvième du nom, la grandeur du prince. Aye^ du Seigneur des sentiments dignes de lui, vous qui gouvernc-{ la terre, et chercJie^-le dans la simplicité de votre cœur *. Lorsqu'elle donnait ce précepte aux rois, réternelle Sagesse se complaisait dans sa prescience infinie parmi les lis de France, où notre Saint devait briller dun éclat si pur.
Une commune loi rattache à Dieu le sujet et le prince, parce que semblable est leur naissance, et une aussi leur destinée "-. Celui qui crée les petits et les grands nexempte point ces derniers des droits du domaine suprême ^ ; leur puissance, qui les fait ses ministres ^, loin de modifier pour eux la notion du devoir de tous, ne fait qu'accroître du poids de la responsabilité de chacun celui de leur responsatilité privée. Or, le devoir universel où toute obligation morale puise son principe, la loi première du monde, sa raison d'être, est de glorifier Dieu par le retour des créatures à leur auteur, en la manière, en la
1. Sap. I. 1. — 2. IHJ. VII, 5-(). — '.^ //'k/. m, s.
Saint Louis, Roi de France, Conf. Si
mesure qu'il a voulues. Dieu donc ayant voulu élever jusqu'à sl propre vie divine l'homme pour qui la terre i/^^st plus qu'un séjour de passage, la justice naturelle, l'ordre du temps présent, ne suffisent pas au monde : les rois doivent savoir que l'objet de leur civile souveraineté, n'étant pas la fin dernière de toutes choses, reste rangé comme eux-mêmes sous la direction et l'empire absolu de cette fin supérieure en face de laquelle ils ne sont que sujets. Chefs des nations, prête-{ Voreille ; comprenez quel jugement vous est réservé ^. Ainsi, sous l'ancienne alliance, la divine pitié remplissait de ses avertissements miséricordieux la nuit des siècles d'attente.
Mais, non contente de multiplier ses oracles ! aux rois "-, la Sagesse, exauçant la prière du | plus sage des princes de ces temps 3, est un jour descendue de son trône du ciel *. Racheté par elle, le monde, à dater de ce jour, lui appartint à double titre. Au titre de sa divine filiation, dès avant la naissance de l'aurore, | elle exerçait la principauté dans les splendeurs \ des Saints ^'; elle règne maintenant par droit ' de conquête sur la terre délivrée. Avant sa • venue dans la chair, c'était d'elle déjà que ; les princes recevaient, avec leur puissance, \ l'équité qui devait en régler l'usage*' ; par le .' contrat des noces sacrées'qui l'unirent à notre nature, Jésus, le fils de l'homme dont le sang ; paya la rançon du monde, est aujourd'hui lu- '] nique source du pouvoir ", comme de toute
4. //'/.i. 10. — 3. l'salm. r.ix, 3. — 6. IVov. vin, 14-
<V_' Le Temps après la Pentecôte.
vraie justice élevant les nations *. Et maintenant derechef, comprenez, 6 J'ois, dit le Psalmiste; aye:[ Vinteliigencc, vous qui juge:^ la terre ^.
« C'est le Christ qui parle, explique saint Augustin : maintenant que je suis roi de par Dieu mon Père, ne vous attristez pas, comme si vous étiez dépouillés en cela d'un bien qui tut vôtre; mais plutôt, reconnaissant qu'il vous est bon d'être soumis à celui qui vous donne sécurité dans la lumière, serve:{ ce Seigneur de tous avec crainte, et tressaille^ en
La sécurité provenant de la lumière, c est l'Eglise qui continue de la donner aux rois, pour IHomme-Dieu remonté dans les cieux : l'Eglise qui, sans empiéter sur le domaine des princes, leur demeure pourtant supérieure, comme mère des peuples et comme juge des consciences, comme guide unique de l'humanité voyageuse à sa clestinée suprême. Ecoutons, dans la précision et la plénitude qui caractérisent son infaillible enseignement, le Souverain Pontife Léon XIII :
« Comme il y a sur la terre deux grandes sociétés : Tune civile, dont la hn prochaine est de procurer au genre humain le bien temporel et terrestre ; l'autre religieuse, qui a pour objet de conduire les hommes à la félicité céleste pour laquelle ils sont faits : ainsi il y a deux puissances *, entre lesquelles Dieu â divisé le
T. Prov. XIV, 34. — 2. Psalm. 11. 10. — 3. IHJ.
II ; AUG. Enarrat. in Ps. II. — 4. Epist. cncvcl. ad
Episcopos Gallia?, Sobilissima Gallorum sçois, S Fcbr.
Saint Louis, Roi de France, Conf. 83
gouvernement de ce monde. Chacune d'elles en son genre est souveraine; chacune est renfermée dans des limites déterminées et tracées en conformité de sa natuje et de son but spécial *. Le fondateur de l'Eglise, Jésus-Christ, a voulu qu'elles fussent distinctes l'une de l'autre, et que toutes deux fussent libres d'entraves dans l'accomplissement de leur mission propre; avec cette clause toutefois que dans les choses qui ressortissent simultanément à la juridiction et au jugement de l'une et de l'autre, bien qu'à un titre difterent, la puissancechargée desintérètsdu temps dépendrait, comme il convient, de celle qui doit veiller à ceux du ciel -. Soumises au reste toutes deux à la loi éternelle et naturelle, elles doivent s'accorder réciproquement dans les choses qui tiennent à l'ordre et au gouvernement de chacune d'elles 3, réalisant un ensemble de rapports que l'on peut justement comparer à celui qui dans l'homme constitue l'union de l'âme et du corps ^. »
Dans la sphère des intérêts éternels, dont nul ne peut légitimement se désintéresser ici-bas, c'est donc leurs peuples, et non seulement leurs propres personnes individuellement prises, que les princes doivent maintenir en la dépendance de l'Eglise comme en celle de Dieu. Car « les hommes unis par les liens d'une société commune ne relevant pas moins
I. Encycl. Immortale Dei, de civitatum coiistitutione christiana, i Nov. i885. — 2. Encycl. Arcamim divinœ sapientix, de matrimonio christiano, 10 Febr. l88o. —
84 Le Temps après la Pentecôte.
de Dieu que pris isolément, les sociétés politiques aussi bien que les particuliers ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n'existait pas, ou se passer de la religion comme étrangère, ou se dispenser de suivre en cette religion les règles suivant lesquelles Dieu luimême a déclaré vouloir être honoré. En conséquence, les chefs dEtat doivent comme tels tenir pour saint le Nom de Dieu, mettre au nombre de leurs principaux devoirs celui de couvrir la religion de rautorité des lois, ne rien statuer ou^ordonner qui soit contraire à son intégrité ^. »
Nous pouvons maintenant reprendre avec saint Augustin l'explication du texte du psaume, et dire avec lui : « Comment les rois servent-ils le Seigneur dans la crainte, si ce n'est en prohibant et punissant avec une religieuse sévérité les actes contraires aux commandements du Seigneur ? Au double titre, en effet, d'homme et de prince, le roi sert Dieu en une double manière : homme, il le sert par la fidélité de sa vie; roi, par la confection ou le maintien des lois qui ordonnent le bien et proscrivent le mal. Comme fit Ezéchias, et aussi Josias, en détruisant les temples des fausses divinités et ces hauts lieux que Ton avait construits contre l'ordre divin; comme fit le roi de Ninive, en contraignant sa ville d'apaiser le Seigneur; comme fit Darius, livrant l'idole à Daniel pour être brisée, et jetant les ennemis de celui-ci aux lions; comme fit Nabuchodonosor, interdisant le blasphème dans tout son royaume par une loi terrible.
Samt Louis, Roi de France, Couf. S:>
C'est en cela donc que les rois servent le Seigneur en tant qu'ils sont rois, à savoir quand ils font pour le servir ce que peuvent seuls faire les rois i. »
Qu'on ne pense pas qu'en ces développements nous ayons perdu de vue la fête de ce jour. De Louis IX aussi l'on doit dire, résumant sa vie : // fit alliance avec le Seigneur, gardant ses commandements, les faisant observer par tons ^. Dieu comme but, la foi pour guide : c'est tout le secret de sa politique comme de sa sainteté. Comme chrétien, serviteur du Christ; comme prince, son lieutenant : entre les aspirations du chrétien et celles du prince, son âme ne fut pas divisée; cette unité fut sa force, comme elle est aujourd'hui sa gloire. Le Christ, qui régna seul en lui et par lui ici-bas, le fait régner avec lui-même aux cieux. Si vous vous complaise^ dans les sceptres et les trônes, rois de la terre, aime^ la Sagesse pour régner à jamais ^.
Sacré à Reims le premier dimanche de l'A- vent 1226, Louis fit siennes pour la vie les paroles de l'Antienne d'Introït en ce jour : J'ai élevé mon âme vers vous, je nie confie en vous, mon Dieu .' Il n'avait que douze ans; mais le Seigneur avait muni son enfance du plus sûr rempart, en lui donnant pour mère la noble fille des Espagnes dont la venue dans notre France, dit Guillaume de Nangis, y amena tous les biens *. La mort prématurée de Louis Mil, son époux, laissait Blanche de CasI. AuG. ad Bonifac. Ep. l85. — 2. II Paralip. XXXIV, 3 1-33. — 3. Sap. VI, 22. — 4. Gesta S. Ludos 6 Le Temps cipi-i-s la Pentecôte
tille aux prises avec la plus redoutable des conspirations. Amoindris sous les règnes précédents, les grands vassaux s'étaient promisde mettre à profit la minorité du nouveau prince, et de ressaisir les droits que la féodalité ancienne leur reconnaissait au détriment de l'unité du pouvoir. Pour écarter cette mère qui se dressait seule entre la faiblesse de l'héritier du trône et leurs ambitions, les barons, partout révoltés, donnèrent la main à l'hérésie albigeoise renaissant au midi : ils ne rougirent point de faire alliance avec le fils de^Jean Sans-Terre, Henri III, épiant d'au delà de la Manche Toccasion de réparer les pertes territoriales dont Philippe- Auguste avait châtié sur le continent la perfidie du meurtrier d'Arthur de Bretagne. Forte du droit de son fils et de la protection du Pontife romain, Grégoire IX, Blanche ne s'abandonna pas; on Vit cette femme que, pour justifier leur crime de lèscFatrie. tous ces amis de l'Anglais nommaient étrangère, sauver par sa prudence, sa vaillante fermeté, la terre française. Après neuf ans de régence, elle remettait la nation à son roi, plus unie, plus puissante que jamais depuis Charlemagne.
Nous ne'pouvons songer à faire ici l'histoire du règne qui acheva de replacer la France à la tète des peuples ; mais il convenait de rendre à qui de droit aujourd'hui cet hommage : d'autant que pour devenir l'honneur duciel comme de la terre en cette fête, Louis eut seulement à continuer Blanche, le fils à ne point oublier les préceptes de sa mère '.
Saint Louis, Roi de France. C.onf. Sj
De là, sur toute sa vie, le reflet de simplicité gracieuse * qui en relève d'une façon si spéciale l'héroïsme et la grandeur. On dirait que Louis ne connut jamais le labeur nécessaire à tant d'autres, élevés loin du trône, pour adapter leurs âmes à la divine parole iSivotis ne devenez comme de petits enfants, vous yi'entrere:{ pas dans le royaume des deux -. Mais aussi, selon la même parole du Seigneur ■•^, qui fut plus grand que cet humble s'honorant plus du baptême de Poissy que du sacre de Reims, disant ses Heures, jeûnant, se flagellant comme ses amis les Frères Prêcheurs et Mineurs, toujours prêt à s'abaisser devant ceux en qui le sacerdoce, l'état religieux, la souffrance ou la pauvreté lui manifestaient les privilégiés du ciel ? Libre aux grands hommes que nous avons connus dans nos temps de sourire en présence du vaincu de Mansourah, s'aflîigeant plus de la perte de son bréviaire que de la captivité qui le livre aux Sarrasins. On les a trop vus ces hommes en de semblables extrémités ! Si pareille faiblesse d'esprit, cor.ime ils pensent, n'a point chez eux déshonoré la défaite, on n'a point non plus entendu l'ennemi s'écrier d'aucun d'eux : « Vous êtes notre captif, et l'on dirait que c'est nous qui sommes vos prisonniers. » On ne les a pas vus en imposera la cupidité féroce, à l'ivresse de sang des geôliers, dicter la paix aussi fièrement que s'ils eussent été les vainqueurs; le pays, jeté par eux dans les aventures, n'est point, hélas ! sorti plus glorieux de lépreuvc. C'est le propre de cet admirable règne de saint
I. PrOV. I, f). — li. M.VTTH. XVIII, 3. — 3. IHd. 4.
s s Le Temps après la Pentecôte.
Louis, que les desastres y ajoutent à sa taille de héros la hauteur qui sépare la terre du ciel même, que la France y conquiert pour des siècles, en cet Orient où son roi fut chargé
j de chaînes, une renommée dont nulle victoire
I de la grandeur du rôle qu'ils remplissent pour ï Dieu; leur abnégation ne saurait consister dans l'abandon de droits qui sont aussi des
; devoirs; pas plus que la charité ne supprime en eux la justice, l'amour de la paix n'y fait
} tort aux vertus guerrières. Saint Louis sans armée ne laissait pas de traiter de toute la
i hauteur de son baptême avec l'intidèle victo■ rieux ; par ailleurs en notre Occident, on le
: sut de bonne heure, on le sut toujours mieux à mesure qu'avec les années croissait en lui la sainteté : ce roi dont les nuits se passaient à prier Dieu, les journées à servir les pauvres, n'entendait céder à quiconque les prérogatives de la couronne qu'il tenait de ses pères. // n'y a qu'un roi en France, dit un jour le justicier du bois de Vincennes cassant une sentence de son frère, Charles d'Anjou; et les barons au château de Belléme,les Anglais à Taillebourg,
' n'avaient pas attendu jusque-là pour l'apprendre ; non plus que ce Frédéric II, qui menaçait d'écraser l'Eglise, cherchant chez nous des complices, et^dont les hypocrites explications valurent à l'Allemand la réponse : Le roy:iinnc de France n'est tnie encore si affaibli qu'il se
^. laisse mener à vos éperons.
; La mort de Louis fut simple et grande comme sa vie. Dieu l'appela vers lui dans des circonstances douloureuses et critiques, loin
Sa{}jt Louis, Roi de France, Conf. S g
de la patrie, sur ce sol africain où ilavaitunc première fois déjà tant souffert : épines sanctifiantes, qui devaient rappeler au prince croisé son joyau de prédilection, la couronne sacrée acquise par lui au trésor de France. Mû par l'espoir de convertir au christianisme le roi de Tunis, c'était plus en apôtre qu'en soldat qu'il avait abordé le rivage où l'attendait le combat suprême. Je vous dis le ban de notre Seigneur Jésus-Christ et de son sergent Louis, roi de France : sublime provocation jetée à la ville infidèle, bien digne de clore une telle vie. Après six siècles "écoulés, Tunis verra les fils des Francs qui "entourèrent alors donner suite sans le vouloir au défi du plus saint de leurs rois, appelés qu'ils seront, sans le savoir, par tous les bienheureux dont cette terre de Tantique Carthage devenue chrétienne garde la mémoire pour l'éternité.
Cependant l'armée de la Croix, victorieuse en tous les combats, était décimée par un mal terrible. Entouré de morts et de mourants, atteint lui-même par la contagion, Louis manda près de lui son fils aîné et prochain successeur, Philippe, troisième du nom, pour lui donner ses instructions dernières :
« Cher fils, la première chose que je t'enseigne, c'est que tu mettes ton cœur à aimer Dieu; car sans ce, ne peut nul valoir nulle chose. Garde-toi de faire chose qui à Dieu déplaise, c'est à savoir mortel péché; ains plutôt devrais soutîrir toutes manières de tourments Si Dieu t'envoie adversité, reçoisle en patience et en rends grâces à notre Seigneur, et pense que tu l'as desservi. S'il te donne prospérité, l'en remercie humblement,
go Le Temps après la Pentecôte.
et ne sois pas pire ou par orgueil ou par autre manière de ce dont tu dois mieux valoir; car l'on ne doit pas Dieu de ses dons guerroyer. Le cœur aie doux et piteux aux pauvres et aux mésaisiés, et les conforte et aide selon ce que tu pourras. Maintiens les bonnes coutumes de ton rovaume, et les mauvaises abaisse. Aime tout bien, et hais tout mal en quoi que ce soit. Nulle vilenie de Dieu ou de Notre-Dame ou des Saints ne souffre que l'on die devant toi, que tu n"en fasses tantôt vengeance. A justice tenir sois loyal envers tes sujets, sans tourner à dextre nia senestre; mais aide au droit, et soutiens la querelle du pauvre jusques à tant que la vérité soit éclaircie. Honore et aime toutes les personnes de la sainte Eglise, et garde qu'on ne leur soustraie leurs àons et leurs aumônes que tes devanciers leur auront donnés. Cher fils, je t'enseigne que tu sois toujours dévot à l'Eglise de Ro'me et au souverain évêque notre père, c'est le Pape, et lui portes révérence et honneur comme tu dois faire à ton père spirituel. Travaille-toi que tout vilain pécné soit ôté de ta terre ; spécialement vilains serments et hérésie fais abattre à ton pouvoir... Biau cher tils, je te donne toutes les bénédictions que bon père peut donner à fils ; et la benoîte Trinité et tous les Saints te gardent et défendent de tous maux ; et Dieu te donne grâce de faire sa volonté toujours, et qu'il soit honoré par toi, et que toi et moi puissions après cette mortelle vie être ensemble avec lui et le louer sans fin i. »
I. GeOFFROIDE BEAri.IEl':CoNFESSErR DE LA REINE
MARGt'ERrrE; Guii.i.avme de N.wr.is ; .Ioinvii.i.i:.
Saint Louis, Roi de France, Conf. Qi
« Quand le bon roi, poursuit Joinville, eut enseigné son fils monseigneur Philippe, la maladie que il avait commença à croître fortement; et demanda les .sacrements de sainte Eglise, et les reçut en saine pensée et en droit entendement, ainsi comme il apparut; car quand on l'enhuilait ^ et on disait les sept psaumes, il disait les versets d'une part. J'ai ouï conter monseigneur le comte d'Alençon son fils, que quand il approchait de la mort, il appela les Saints pour l'aider et secourir, et mêmement monseigneur saint Jacques, en disant son oraison, qui commence : Esto, Do- J mine; c'est-à-dire : « Dieu, soyez sainteficur - et garde de votre peuple. » Monseigneur saint Denis de France appela lors en s'aide, en disant son oraison qui vaut autant à dire : « Sire Dieu, donne-nous que nous puissions despire ^ la prospérité de ce monde, si que nous ne doutions nulle adversité. )> Et ouï dire lors à monseigneur d'Alençon (que Dieu absolve !) que son père réclamait lors madame sainte (ieneviève. Après se fit le saint roi coucher en un lit couvert de cendre, et mit ses mains sur sa poitrine, et en regardant vers le ciel rendit à notre Créateur son esprit, en celle heure même que le Fils de Dieu mourut pour le ;5alut du monde en la Croix. »
Lisons la brève notice consacrée par l'Eglise à son vaillant fils aîné.
LOUIS IX, roi de France, 1 t udovicus Nonus Galperdit son père à l'âge de \ L, liae rex, duodecim
I. Extrême-Onction. — 2. Sanctificateur. — 3. Mépriser.
Q2 Le Temps après la Pentecôte.
annos natus. patrc amisso, et in Blancha- matris sanctisslma disciplina educatus, ciim jam vigesimum annum in regno ageret, in morbum incidii : quo tempore cogitavit de recuperanda possessione Jerosolymorum. Quamobrem ubi convaluisseï, vexillum ab episcopo Parisiensi accepit : deinde ma e cuva ingenti cxercitu trajiciens, primo prœlio Saracenos fugavit. Sed cumex pestilentia magna militum multitudo periisset, victus ipse captusque est.
PEBUS postea cuva Saracenis compositis, liber rex exercitusque dimitti'ur. Quinquc annis in Oriente commoralus, plurimos christianos a barbarorum servilute redemit, multosetiam infidèles ad Christi fidem convertit ; prœterea aliquot christianorum uroes refecit suis sumpiibus. Intérim mater ejus migr t e vita : quarc domum redire cogitur, u'v \ totum se dédit pietatis oiîiciis.
MULTA aedificavit monasteria, et paupcrum hospitia : bcnelicendouzc ans ; très sainte fut
1 éducation qu'il reçut de
Blanche sa mère. Apres vingt ans de règne, une maladie l'atteignit, qui fut pour lui l'occasion de penser à recouvrer la |x>ssession de Jérusalem. Sa santé raffermie, il reçut de 1 évèque de Paris l'oriflamme, passa la mer avec une grande armée, et mit en fuite au premier choc les Sarrasins. Àlais la peste ayant enlevé un grand nombre de soldats, lui-même fut vaincu cl fait prisonnier.
^^-- N traita avec les SarraV ■ sins; le roi et l'armée redevinrent libres. Louis passa en Orient cinq années, pendant lesquelles il racheta nombre de en étiens, convertit beaucoup d'infidèles, restaura à ses frais plusieurs villes chrétiennes. Mais sa mère ayant quitté cette vie, il dui revenir en ^on royaume, où on le vit se consacrer à toutes les oeuvres de la piété.