L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 53)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

7 9'^ La Nativité de la très sainte Vierge.

est l'objet des résolutions éternelles, la raison d'être du monde, la conception fondamentale où tout le reste n'apparaît qu'à titre d'accessoires et de dépendances.

O Notre-Dame, qui daignez nous appeler nous aussi vos fils, heureux sommes-nous que la bonté égale en vous la grandeur ! //ez^r^MSf riuimanité qui veillait depuis tant de siècles dans votre attente, et vous trouve enfin ; car avec vous sont le salut et la vie.

C'est toujours la virginale et divine maternité que l'Eglise chante, au Graduel, comme déjàlhonneur de cette journée qui nous donne la Mère de Dieu.

{ ' ENEDICTA et venera- * bilis es, Virgo Maria, quîe sine tactu pudoris, inventa es mater Salvatoris.

f. Virgo Dei Genitrix, quem totus non capit orbis, in tua se clausit viscera factus homo.

Alléluia, alléluia.

^. Félix es, sacra Vir^o Maria, et omni laudc Jignissima : quia ex te ortus est Sol justitiae, Christus Deus noster. Alléluia.

ous êtes bénie et digne de toute vénération, Vierge Marie, qui, sans la moindre souillure, êtes devenue mère du Sauveur.

f. Vierge mère de Dieu, celui que le monde entier ne saurait contenir s'est enfermé dans votre sein, s'y faisant homme.

Alléluia, alléluia.

f. Heureuse étes-vous et digne de toute louange, sainte Vierge Marie ! de vous s'est levé le Soleil de justice, le Christ notre Dieu. Alléluia.

A la Messe.

Le commencement du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. 1.

I E livre de la généalogie

*" de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham. Abraham engendra Isaac. Isaac engendra Jacob. Jacob engendra Juda et ses frères. Juda engendra Phares et Zara de Thamar. Phares engendra Esron. Esron engendra Aram. Aram engendra Aminadab. Aminadab engendra Naasson. Naasson engendra Salmon. Salmon engendra Booz de Rahab. Booz engendra Obed de Ruth. Obed engendra Jessé. Jessé engendra David roi. David roi engendra Salomon de celle qui avait été femme d'Urie. Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abias. Abias engendra Asa. Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Joram. Joram engendra Ozias. Ozias engendra Joatham. Joatham engendra Achaz. Achaz engendra Ezéchias. Ezéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon. Amon engendra Josias. Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la transmigration de Bab.ylone. Et depuis la transInitium sancti Evangelii secundum Matthseum. Cap. I.

I IBER generationis Jesu

*-' Christi, filii David, filii Abraham. Abraham ge.nuit Isaac. Isaac autem genuit Jacob. Jacob autem genuit Judam et fratres ejus. Judas autem genuit Phares, et Zaram de Thamar. Phares autem genuit Esron. Esron autem genuit Aram. Aram autem genuit Aminadab. Aminadab autem genuit Naasson. Naasson autem genuit Salmon. Salmon autem genuit Booz de Rahab. Booz autem genuit Obed ex Ruth. Obed autem genuit Jesse. Jesse autem genuit David regem. David autem rex genuit Salomonem, ex ea quœ fuit Uriœ. Salomon autem genuit Roboam. Roboam autem genuit Abiam. Abias autem genuit Asa. Asa autem genuit Josaphat. Josaphat autem genuit Joram. Joram autem genuit Oziam. Ozias autem genuit Joathana. Joatham autem genuit Achffe. Achaz autem genuit Eze2 00 La Xativité de la très sainte Vierge.

chiam. Ezcchias autem genuit Manassen. Manasses autem genuit Amon. Amon autem genuit Josiam. Josias autem genuit Jechoniam. et fratres ejus intransmigratione Babylonis. Et post transmigrationem Babvlonis : Jechonias genuit Salathiel. Salathiel autem genuit Zorobabel. Zorobabel autem genuit Abiud. Abiud autem genuit Eliacim. Eliamigration de Babylone, Jechonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel. Zorobabel engenJr.i Abiud. Abiud engendra Eliacim. Eliacim engendra Azor. Azor engendra Sadoc. Sadoc engendra Achini. Achim engendra Eliud. Eliud engendra Eléazar. Eléazar engendra Mathan. Mathan engendra Jacob. Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle

arie, de laquelle naquit Jésus, qui est appelé Christ, cim autem genuit Azor. Azor autem genuit Sadoc. Sadoc autem genuit Achim. Achim autem genuit Eliud. Eliud autem genuit Eléazar. Eléazar autem genuit Mathan. Mathan autem genuit Jacob. Jacob autem genuit Joseph, virum Marise, de qua natus est Jésus, qui vocatur Christus.

MARIE, de laquelle naquit Jésus : c'est tout le mystère de Notre-Dame, c'est dès ce jour, nous l'avons vu, le titre constitutif de son être de nature et de grâce : comme Jésus devant naître de Marie, Jîls de la femme ' ei fils de Dieu-, était dès le commencement la raison cachée de toute cette création, dont le mystère ne devait se révéler qu'à la plénitude des temps 3. Œuvre unique, dont le Prophète disait dans l'extase : ]'otre œuvre, à Dieu, vous la fere^ connaître au inilieu des ans; le Saint viendra de la montagne ombragée^: les pôles du monde s'inclinent sous les pas de son éternité^. Cette montagne d'où le Sain , 1 .ternel.

1. Gai IV, 4. — 2. Rom. I. 3-.|. — 3. Eph. in, 0.

— 4. Jii.xtj Lxx. — 5. H.\D.\c. m. 2-6.

A la Messe. 201

le Dominateur du monde doit venir en son temps, est la Bienheureuse Merge * que la vertu du Très-Haut couvrira de son ombre 2, et dont rélévation dépasse déjà à sa naissance toutes les hauteurs du ciel ou de la terre 3.

Les temps donc sont accomplis. Depuis rheure où l'éternelle Trinité sortit de son repos pour créer le ciel et la terre ^, toutes les génératioyis du ciel et de la terre, comme dit l'Ecriture '', étaient en travail du jour qui donne au Fils de Dieu la Mère attendue. Parallèlement à la ligne courant d'Abraham et de David au Messie lui-même, toutes les généalogies humaines préparaient à Marie la génération des fils adoptifs que Jésus, né de Marie, se donnera pour frères.

Avec l'Eglise, félicitons Notre-Dame de cette maternité sublime, qui embrasse dans son éternelle virginité le Créateur et les créatures.

BIENHEUREUSE etas-vous. Vierge Marie, qui avez porté le Créateur de toutes choses ! vous avez engendré celui qui vous a faite, et vous restez vierge éternellement.

p EATA es, Virgo Maria, O quae omnium portasti Creatorem : genuisti qui te fecit, et in leternum permanes virgo.

Que cette maternité, que cette virginité consacrée par elle, nous rapprochent toujours plus du Fils de Marie en même temps Fils de

T. Andr. Cuet. Oratio in Annunt. Deiparœ. —

202 La Xativité de la très sainte Vierge.

Dieu; qu'elles nous unissent dans une pureté plus grande au Sacrifice préparé sur Tautel à l'honneur de ce jour.

L' NIGENITI tui. Domi' ne, nobis succurrat humanitas : ut, qui natus de virgine. matris inteifritatem non minuit, sed sacravit, m JNativitatis ejussoIemniis,nosiris nos piaculis exuens, oblationem nostram tibi faciat acceptam Jésus Christus Dominus noster. Qui tecum.

Permettez, Seigneur, que ' vienne à notre aide l'humanité de votre Fils unique; né d'une viers^e, loin de léser l'intégrité de sa mère, il l'a consacrée : qu'il nous délivre de nos fautes et vous rende ainsi notre offrande acceptable en cette fête de la Nativité. Jésus-Christ notre Seigneur qui, étant Dieu, vit et régne avec vous.

\A UNERIBUS nostris, ^ * qusEsumus Domine, precibusque susceptis ; et cœlestibus nos munda mysteriis, et clementer cxaudi. Per Dominum.

A GRÉEZ nos offrandes et ^* nos vœux, nous vous en supplions. Seigneur ; purifiez-nous par ces Mystère." du ciel, exaucez-nous dans votre clémence. Par JésusChrist.

\7 ERE dignum et justum «•st, xq^uum et salutare. nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens, œterne Deus : Et te in Nativitate beataî Mari^-ç semper virginis collaudarc, benediccre, et pracc'icarc.

c

~" 'est une chose digne et juste, équitable et salutaire. Seigneur saint. Père tout-puissant. Dieu éternel, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux; spécialement de vous louer, de vous bénir, de vous célébrer en la Nativité de la bienheureuse .Marie toujours

.4 la Messe.

2o3

vierge. C'est elle qui a conçu votre Fils unique par l'opération du Saint-Esprit, et qui, sans rien perdre de la gloire de sa virginité, a donné au monde la Lumière éternelle, Jésus-Christ notre Seigneur : par qui les Anges louent votre Majesté, les dominations l'adorent, les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieux et les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions dire dans une humble confession : Saint ! Saint ! Saint !

Quae et Unigenitum tuum Sancti Spiritus obumbratione concepit, et virginitatis gloria permanente, lumen aeternuni mundo effudit, Jesurii Christum Dominum nostrum. Per quem Majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes, tremunt Potcstates ; Cœli, coelorumque Virtutes, ac beata Seraphim, socia exsultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicenles : Sanctus, Sanctus, Sanctus.

En possession du Seigneur, n'oublions pas, dans la Communion, que nous devonssa venue à l'Enfant bénie qui naquit à cette date, il y a dix-neuf siècles, pour le donner à la terre.

trailles

lEUSES les ende la Vierge Marie, qui ont porté le Fils du Père éternel 1

p EATA viscera Mariae ^ ^ Virginis, quae portaverunt œterni Patris Filium.

Puisse le retour de cette bienheureuse fête au Cycle sacré ne rester pas infécond dans nos âmes ; puissent les Mystères adorables auxquels il nous a valu de participer, éloigner de nous le mal du temps et le mal éternel, ainsi que le demande la Postcommunion.

2 04 La Nativité de la très sainte Vierge.

SUMPSIML'S, Domine, celebritatis annuae votiva sacramenta : praesta, quaîsumus ; ut et temporalis Vitœ nobis remédia pr^ebeant et .Tternœ. Per Dominuni.

\'OUS avons, Seigneur, > '*' participé aux Mystères qui consacrent cette tète annuelle ; faites, nous vous en supplions, qu'ils nous soient un remède pour la vie du temps et pour l'éternelle. Par Jésus-Christ.

DA. quœsumus Domine Deus noster : ut, sicut tuorum commemorationc Sanctorum temporali gratulamur oflTicio : ita perpetuo Icctemur aspectu. Per Dominuni.

T ous vous en prions. Seigneur notre Dieu : de même que nous applaudissons à vos Saints en célébrant dans le temps leur mémoire, faites que leur vue nous réjouisse dans l'éternité. Par Jésus-Christ.

'Hymne et les trois Psaumes de l'Office de Sexte se trouvent ci-dessus, page '}^.

\\r R EGALi ex progénie Maria exorta refulget : cujus precibus nos adjuvari mente et spiritu devotissimc poscimus.

Ant

E rovale desccnnaît en ce jour ; de cœur et d'âme nous implorons dévotement le secours de ses prières.

CAPITULE. (^Eccli. XXIV.)

ET sic in Sion firmata 1 Ct c'est ainsi que je me suis sum, ct in civitatc | L. affermie dans Sion. J'ai

donc trouvé mon repos dans la cité sainte, et ma puissance est établie dans Jérusalem. J'ai pris racine dans le peuple honoré du Seigneur, dans le peuple héritage de mon Dieu, et ma demeure est dans la plénitude des Saints.

L la soutiendra *

De son regard divin. Il la soutiendra.

K. hr.

f. Dieu est au milieu d'elle ; elle ne sera point ébranlée. * De son regard divin.

Gloire au Père. Il la soutiendra.

f. Dieu l'a élue et l'a choisie d'avance.

IBf. Il la fait habiter dans son tabernacle.

sanctificata similiter requievi, et in Jérusalem potestas mea. Et radicavi in populo honorificato, et in parte Dei mei haereditas iîlius, et in plenitudine sanctorum detentio mea.

D j u V A B rr eam * Deus vultu suc. Adjuvabit eam.

f. Deus in medio ejus, non commovebitur . * Deus vultu suc.

Gloria Patri. Adjuvabit eam.

f. Elegit eam Deus, et praeelegit eam.

,'Èf. In tabernaculo suo habitare facit eam.

L'Oraison est la Collecte de la Messe, page

1^ "Hymni: et les Psaumes, ci-dessus, /'^g"e 3<).

» ÎJ \ allégresse célé■'■■' brons la naissance de Marie la bienheureuse, pour qu'elle-même intercède en notre faveur près du Seiyfncur Jésus-Christ.

tat

» . . ( ■ i ''i Jucundi^^^''- V^ tate Nativitatem beatœ Marias celebremus, ut ipsa pro nobis intercédât ad Dominum Jesum Ghristum.

2o6 La Nativité de la très sainte Vierge.

CAPITULE. [Eccli. XXIV.)

IN plateis sicut cinnamomum et balsamum aromatizans odorem dedi : quasi myrrha electa, dedi suavitatem odoris.

ir.E

e a m : * Et Elegit

^•*'' t Deus praeelegit eam. eam.

"f. In tabernaculo suo habitare facit eam. * Et pra;elejs:it eam.

Gloria Patri. Elegit eam.

"p. Diffusa est gratia in lahiis tuis.

B?. Propterea benedixit te Deus in aternum.

LR les places, j'ai donné mon parfum comme le cinnamome et le baume odorant ; comme une myrrhe de choix, j'ai donné ma senteur.

r P\ lEU l'a élue, ' Et '^' ^ l'a choisie d'avance. Dieu l'a élue.

]^. Il la fait habiter dans son tabernacle, * Et l'a choisie d'avance.

Gloire au Père. Dieu l'a élue.

"f. La grâce est répandue sur vos lèvres.

^. C'est pourquoi le Seigneur vous a bénie à jamais.

UOT2Àson, page igS.

ES Antiennes, les Psaumes, le Capitule. l'Hymne et le Verset, sont les mêmes qu'aux' premières Vêpres, f^^e 186, à l'exception de l'Antienne de Magnificat.

ANTIENNE DE Magnificat.

^TAT1VITAS tua . Dei < Genitrix Virgo, gaudium annuntiavit uni- | nonce

Vi

\ roTRE naissance, o \ lergc

^ Mère de Dieu, fut l'ande la joie pour le

Mémoire de saint Gorgon, Martyr. 2oy

monde ; car c'est de vous qu'est né le Soleil de justice, le Christ notre Dieu, qui détruisant la malédiction octroya la bénédiction, et confondant la mort nous gratifia de l'éternelle vie.

verso mundo : ex te enim ortus est Sol justitiae, Christus Deus noster : qui solvens maledictionem, dédit henedictionem, et confundens mortem, donavit nobis vitam sempiternam.

A PRÈS rOraison de la fête, on fait mémoire " '^ d'un saint Martyr, que l'Eglise continuera d'associer demain aux honneurs rendus à Notre-Dame en ce deuxième jour de sa vie sur terre. Gorgonius était chambellan de l'empereur Dioclé'tien. Les saints de la maison de César i, dont TApôtre envoyait le salut aux chrétiens de Philippes, n'avaient fait depuis lors que s'accroître en nombre. Eusèbe s'étend sur la faveur spéciale dont les entourait, avant la dernière persécution, la confiance des maîtres du monde ; la préférence dont ils étaient l'objet allait jusqu'à les exempter de toute participation aux rites officiels, pour leur permettre d'accepter le gouvernement des provinces 2. Dans le palais, liberté entière de pratiquer et d'affirmer leur foi était laissée à leurs femmes, enfants, serviteurs ^ : si bien que la cour de Nicomédie formait comme une église autour de l'impératrice Prisca et de sa fille Valéria, chrétiennes elles-mêmes alors, mais qui, hélas! ne persévérèrent pas ^ Il avait fallu toute la fourberie de Galère

3. Ihid. — 4. Lactant. De mort, persjcut. xv.

2oS Le Tenips après la Pentecôte.

pour amener Dioclétien à publier contre la religion de ces hommes dévoués, qu'il aimait comme ses tils, dit Eusèbe *, les sanglants édits de l'année 3o3. Mais l'ère des iMartyrs une fois ouverte, César redevenu Néron, on vit les officiers du palais surpasser en gloire tous les héros du Christ que leur courage avait illustrés jusque-là dans l'empire ou par delà ses frontières 2. Comme princes de ces vaillants, l'historien nomme Pierre, Dorothée, Gorgonius 3. C'est à la translation qui eut lieu plus"" tard des reliques saintes de ce dernier dans Rome, que nous devons de pouvoir le célébrer, au nom de tous ses nobles compagnons, sur notre Cycle d'Occident ; il méritait, comme Adrien, d'y faire cortège à la Mtre de Dieu.

Av-r î s''"^ sanctus ^ pro lege Uei sut certavit usque ad mortem, et a verbis impiorum non timuit : fundatus cnini crat supra tirmam petrain.

"f. Gloria et honore coronasti euni, Domine.

^. Et constituisti cum super opcra manuuni tuarum.

a compour la loi de son Dieu jusqu'à la mort, et il n'a pas tremblé devant les paroles des impies ; car il était fonde sur la pierre ferme.

"p. Seigneur, vous l'avc-c couronne de gloire et d'honneur.

K. Et vous l'avez établi sur les teuvres de vos mains.

2 .ANiMXS tuus, Domine. I p\ aione, Seigneur, GorgoGorgonius sua nos 1 1-/ nius votre Saint prier

I. Hist. ceci. \ill, YI.

■i. IhU. — 3. Ibid.

La Nativité de la très sainte Vierge.

2og

pour nous, et nous donner part aux pieuses joies de son jour de fétc. Par JésusChrist.

interccssione laetiticet : et pia faciat solemnitats »audere. Per Dominum.

A l'honneur de la douce naissance qui ravit -^ la terre, chantons les suaves Répons dus à la collaboration de Fulbert de Chartres et de notre Robert le Pieux. La France entière les avait adoptés; l'Europe les répéta après la France.

OVR engendrer le Soleil de justice, monarque suprême : * Etoile de la mer, Marie se lève, et elle naît en ce jour.

"f. Fidèles, réjouissez-vous d'avoir à contempler la lumière de Dieu.

* Etoile de la mer, Marie se lève, et elle naît en ce jour.

39. La tige de Jessé a produit une branche; la branche a produit une fleur: * Et sur cette fleur repose l'EspritSaint.

"f. La Vierge Mère de Dieu est la branche ; la fleur, c'est son Fils.

* Et sur cette fleur repose l'Esprit-Saint.

vu. Par bon plaisir du Seigneur ennoblissant en nous

Q OLE.M JUStltlce

^' O Regemparitura supremum : * Stella Maria maris hodie processit ad ortum.

"ft. Cernere divinum lumen gaudete. fidèles.

* Stella Maria maris hodie processit ad ortum.

içr. Stirps Jesse virgani produxit, virgaque florem : ' Et super nuncflorem requiescit Spiritus almus.

"f. Virgo Dei Geniîrix virga est, flos Filius ejus.

* Et super hune florera requiescit Spiritus almus.

B?. Ad nutum Domini noslrum ditanlis hono2 10 Le Temps après là Pentecôte.

rem : * Sicut spina rosam, genuil Judaea Mariam.

f. Ut viiiuin virtus operiret, gratia culpatn.

* Sicut spina rosam, genuit Judœa Mariam.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.

* Sicut spina rosam, senuit Judaea Mariam.

ses dons : * Comme l'épine la rose, la Judée engendra Marie.

f. Pour que le vice fût surmonté par la vertu, le péché par la grâce.

* Comme l'épine la rose, la Judée engendra Marie.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.

* Comme l'épine la rose, la Judée engendra Marie.

T OTRE monde, ô Marie, vous possède enfin ! Votre naissance lui révèle le secret de sa destinée, le secret d'amour qui l'appela du néant à devenir le palais du Dieu qui résidait au-dessus des cieux. Mais quel est donc ce mystère de la chétive humanité, qu'inférieure aux Anges par sa nature, elle soit appelée à leur donner pourtant leur Roi et leur Reine ? Leur Roi, bientôt ils l'adoreront nouveau-né dans vos bras ; leur Reine, ils la révèrent aujourd'hui, et l'admirent dans son berceau comme admirent les Anges Astres du yyiatin, CCS nt)bles esprits contemplaient au commencement les manifestations de la Toute-Puissance, et ils louaient le Très-Haut i ; jamais néanmoins leur avide regard ne découvrit merveille pareille à celle qui les fait tressaillir à cette heure: Dieu reflété plus purement sous le voile corporel, sous l'enveloppe fragile d'une enfant d'un jour, que dans la force et tout l'éclat des neuf chœurs; Dieu captivé lui-même par tant de faiblesse unie par sa grâce à tant d'amour qu'il en fait le point culI. Job. xxxviii, 7.

La Nativité de la très sainte Vierge. 211

minant de son œuvre, en arrêtant d'y manifester son Fils.

Reine des Anges, vous êtes aussi la nôtre ; recevez-nous à foi et hommage. En cette journée où le premier élan de votre âme très sainte fut pour le Seigneur, le premier sourire de vos yeux pour les fortunés parents qui vousmirent au monde, daigne la bienheureuse Anne nous admettre à baiser à genoux votre main bénie, toute prête déjà aux divines largesses dont elle est la dispensatrice prédestinée. Et maintenant grandissez, douce enfant; que vos pieds s'affermissent pour briser la tête du serpent maudit, que vos bras prennent force pour porter le trésor du monde : l'ange et l'homme, toute la nature. Dieu Père, Fils, Esprit-Saint, sont dans l'attente du moment solennel où Gabriel pourra s'envoler des cieux, vous saluant pleine de grâce et vous apportant le message del'amour.

DANS l'octave DE LA NATIVITE.

f^T^iTTr'^^^ '^ "^'^^ ^^' ^'^ Vierge était " * ' 3/t7r/6' '. Disons aussi queltque

chose de ce nom qui signifie étoile de la mer ; il convient pleinement à la Mère de Dieu. Comme l'astre émet son rayon, ainsi la \'ierge enfanta son rils; ni le rayon n'amoindrit "la clarté de l'étoile, ni l'Enfant la virginité de la Mère. Noble étoile qui sest levée de Jacob, et dont le rayon illumine le monde, resplendissant aux ciéux, pénétrant l'abîme, parcourant toute terre ; il échauffe plus les âmes que les corps, il dessèche le vice et féconde la vertu. Oui,

Le Saint Nom de Marie. 21 3

donc ; Marie est bien Tastre éclatant et sans pareil qu'il fallait au-dessus de la mer immense, etincelante comme elle lestde mérites, nous éclairant des exemples de sa vie.

(' O qui que vous soyez qui, dans le flux et reflux de ce siècle, avez conscience de marcher moins sur la terre ferme qu'au milieu des tempêtes et des tourbillons, ne détachez pas les yeux de l'astre splendide .si vous ne voulez être englouti par l'ouragan. Si s'élève la bourrasque des tentations, si se dressent les ccueils des tribulations, regardez l'étoile, appelez Marie. Si vous êtes ballotté par les flots de la superbe ou de Tambition, si par ceux de la calomnie ou de la jalousie, regardez l'étoile, appelez Marie. Si la colère, ou l'avarice, ou l'attrait de la chair viennent à soulever la nef de l'âme, tournez vers Marie les yeux. Troublé de l'énormité de vos crimes, honteux de vous-même, tremblant à l'approche du terrible jugement, sentez-vous se creuser sous vos pas le goutfre de la tristesse ou l'abîme du désespoir ? pensez à Marie. Dans les dangers, dans l'angoisse et le doute, pensez à Marie, invoquez Marie.

« Qu'elle soit sur vos lèvres sans cesse, quelle soit toujours en votre cœur; iniitezla, pour vous assurer son suffrage. La suivant, vous ne déviez pas ; la priant, vous ne désespérez pas ; pensant à elle, vous ne sauriez vous égarer. Soutenu par elle, vous ne tombez pas ; couvert par elle, vous ne craignez pas ; guidé par elle, nulle lassitude à redouter : celui qu'elle favorise arrive au but sûrement. Et ainsi expérimentez - vous en vous - même le bien fondé de cette parole

2 14 ^c Temps après la Pentecôte.

que le nom de la Vierge était Marie *. » Ainsi s'exprime aujourd'hui pour l'Eglise le dévot saint Bernard. Mais l'explication si pieuse qu'il donne du très saint nom de la Mère de Dieu, n'épuise pas le sens de ce nom béni ; complétant l'abbe de Clairvaux, saint Pierre Chrysologue dit de même dans l'Office de la nuit: a Marie en hébreu signifie Dame ou Souveraine ; en effet, l'autorité de son Fils, Dominateur du monde, la constitue Souveraine, de fait et de nom, dès sa naissance » -. Notre Dame : tel est bien le titre qui lui convient en toutes manières, comme celui de Notre Seigneur à son Fils ; base doctrinale de ce culte d'hyperdulie dont les honneurs sont pour elle "seule, au-dessous de ce Fils qu'elle adore avec nous, au-dessus des serviteurs que l'angélique et l'humaine natures ont pour fin de donner au Dieu dont elle est la Mère. Au nom de Jésus tout genou fléchit 3, au nom de Marie toute tête s'incline ; et bien que le premier soit le seul dans lequel nous puissions être sauvés *, le Fils ne souffrant pas d'aller jamais sans la Mère, ni le ciel ne sépare leurs deux noms dans ses chants, ni la terre en sa confiance, ni l'enfer dans son épouvante et sa haine

Il était donc dans l'ordre de la Providence que le culte spécial de l'adorable nom de Jésus, dont Bernardin de Sienne fut au xv" siècle l'aI. Leçons du deuxième Nocturne de la fête, ex Bernard. Homil. n super Missus est. — 2. Peik. Chrvs. Sermo CXLII , de Annuntiat. Homélio du troisiomc Nocturne. — ?. Philipp. il, lo. — 4. Act.

Le Saint Nom de Marie. 21 5

pôtre, entraînât comme simultanément celui du nom de la Vierge très sainte. En 1 5 1 3, une église d'Espagne, celle de Cuenca, célébrait la première, avec approbation du Siège apostolique, une fête particulière en l'honneur de ce dernier, alors que les instances de l'Ordre de saint François n'avaient point encore obtenu privilège semblable en ce qui concernait le nom du Sauveur: la mémoire de ce nom sacré incluse dans la solennité de la Circoncision, au jour où il fut donné par l'ordre du ciel, semblait suffire à la prudente réserve des Pontifes romains. Ainsi, et pour le même motif, en fut- il de nouveau, lorsque les fêtes spéciales des deux noms augustes passèrent du calendrier des églises particulières à celui de l'Eglise universelle : l'institution définitive de la fête du Très saint Nom de Marie remonte à l'année i683, celle de la solennité du Très saint Nom de Jésus à l'année 172 1.

Or, combien Notre Dame justifie son beau nom en participant à l'empire effectif, à la principauté militante du Roi des rois, c'est ce qui ressort des circonstances auxquelles nous devons l'allégresse de ce jour ; c'est ce qu'attestent et la ville de Vienne sauvée du Croissant contre toute espérance, et le Vénérable Innocent XI faisant de cette fête le monument de la reconnaissance universelle pour la libératrice de l'Occident. Mais il convient de laisser, sinon le récit, du moins une mention plus explicite de la glorieuse délivrance au douze septembre, dont elle fut l'honneur.

2l6

Le Saint Xom de Marie.

Y) ANS l'Introït, avec l'Eglise, saluons la douce enfant dont le nom nous présage aujourd'hui la puissance; tous les grands, rois, pontifes, séraphins, imploreront son sourire ; mais les vierges formeront sa suite bienheureuse ^ chantant le cantique quelles seules peuvent chanter -.

\j LLTLM tuum deprecabuntur omnes divites plebis : adducentur Régi virgincs post eam : proximse ejus adducentur tibi in laelitia et exsultatione.

Ps. Eructavit cor meura verbum bonum : dico egoopera mea Régi. Gloria Patri. Vultum tuum.

I'OUS les puissants de la terre imploreront votre regard. A votre suite viendront les chœurs des vierges, vos compagnes ; elles seront présentées au Roi dans la joie et l'allégresse.

Ps. Mon cœur a proféré une parole excellente ; c'est au Roi que je dédie mes chants. Gloire au Père. Tous les puissants.

Joie des Anges, frayeur des démons, le nom de Marie protège l'homme contre les maux sans nomorc de cette terre et le soutient dans la route qui conduit au ciel. Puisse la prière de lEglise, dans la Collecte, nous obtenir de mettre à profit pleinement un tel secours.

/'" ONCEDE, quaesumus ^' omnipotens Deus : ut fidèles tui, qui sub

ANS la joie que goûtent

vos fidèles sous le Nom

la protection de la très

I. Psalm. XLiv. — 2. Apoc. xiv, 3-4-

.i la Messe.

sainte Vierg:e Marie, accordez-leur, Dieu tout-puissant, d'être délivrés de tous maux sur terre et de mériter de parvenir aux joies éternelles des cieux par son intercession maternelle. Par Jésus-Christ.

sanctissimae V^irginis Mariœ Nomine et protectionc lœtantur ; ejus pia intercessione, a cunctis malis liberentur in terris, et ad gaudia aeterna pervenire mereantui incœlis. Per Dominum,

On fait mémoire du Dimanche correspondant par la Collecte de ce Dimanche.

cture du livre de la Sagesse. ECCLI. XXIV.

J'ai comme la vigne donné des fleurs au parfum suave, et mes fleurs se transforment en fruits d'honneur et de gloire. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science, de la sainte espérance. En moi réside toute grâce de conduite et de vérité, toute espérance de vie et de vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez, et remplissez-vous de mes fruits ; car mon esprit est plus doux que le miel, ma possession l'emporte sur les plus exquises suavités. Ma mémoire vivra dans la suite des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m'écoute ne sera pas confondu, et ceux qui travaillent pour moi ne pécheront pas. Ceux qui me font

Lectio libri Sapientiae.

17 GO quasi vitis fructi'• ficavisuavitatemodoris : et flores mei, fructus honoris et honestatis. Ego mater pulchrae dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctœ spei. In me gratia omnis vise et veritatis, in me omnis spes vitas et virtutis. Transite ad me, omnes qui concupiscitisme, et a generationibus meis implemini : spiritus enim meus super mel dulcis, et hasreditas mea super mel et favum. Memoria mea in generationes sasculorum. Qui edunt me, adhuc esurient, et qui bibunt me, adhuc sitient. Qui audit me, non confundetur : et qui operantur in me, non peccabunt. Qui élucidant me,

21 s

Le Saint Notn de Marie.

vitam bunt.

aeternam habeconnaître auront la vie éternelle.

TOUTES les complaisances du ciel, toutes les espérances de la terre, se fixent sur le berceau où Marie dort, tenant en éveil pour Dieu son cœur ^. La Sagesse s'applaudit '^ : par la bienheureuse enfant d'Anne et de Joachim, les préférences que son amour avouait à l'origine du monde sont déjà justifiées ; à tout jamais ses délices seront d'être avec les enfants des hommes 3. Sa vigne de choix, la vigne du Pacifique, est devant nous *, annonçant par ses Aeurs embaumées la grappe divine dont le suc, exprimé sous le pr'essoir, fécondera toute âme, enivrera la terre et les cieux.

L'Eglise ne se lasse pas de revenir, au Graduel, sur la virginale maternité qui donna Dieu au monde et fit la grandeur de Marie.

BENEDICTA et vener;.- bilis es, Virgo Maria : quaesinetaclu pudoris inventa es mater Salvatoris.

t. Virgo Dei Genitrix, qucm totus noncapit orbis, in tua se clausit viscera, factus homo.

Alléluia, alléluia.

f. Postpartum, Virgo,

ous êtes bénie et digne de toute vénération. Vierge Marie, qui, sans la moindre souillure, êtes devenue mère du Sauveur.

f. Vierge mère de Dieu, celui que le monde entier ne saurait contenir s'est enfermé dans votre sein, s'y faisant homme.

Alléluia, alléluia.

f. Après votre cnfanteI. Gant. v. 2. — 2. Eccli. .\xiv. i 3l. — 4. Gant. vlU, I 1-12.

3. Prov. viii

A la Messe.

2Tn

ment, à Vierge, vous êtes demeurée pure : Mère -de Dieu, intercédez pour nous. Alléluia.

inviolata permansisti : Dei Genitrix, intercède pro nobis. Alléluia.

La suÏTe du saint Evangile selon saint Luc. Chap. i.

EN ce temps-là, l'Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une vierge mariée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Et l'Ange, étant entré où elle était, lui dit : Salut, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes. Elle, l'ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle pensait en elle-même quelle pouvait être cette salutation. Et l'Ange lui dit : Ne craignez point, Marie : car vous avez trouvé grâce devant Dieu : voici que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, , et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera éternellement sur la maison de Jacob ; et son règne n'aura point de fin. Alors

Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. i.

j N illo tempore : Mis1 sus est Angélus Gabriel a Deo in civitatem Galilaea;, cui nomen Nazareth, ad virginem desponsatam viro, cui nomen erat Joseph, de domo David : et nomen virginis, Maria. Et ingressus Angélus ad eani, dixit : Ave, gratia plena ; Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus. Quae cum audissct, turbata est in sermonc ejus : et cogitabat qualis esset ista salutatio. Et ait Angélus ei : Ne timeas. Maria : invenisti enim gratiam apud Deum. Ëcce concipies in utero, et paries filium : et vocabis nomen ejus Jesum. Hic erit magnus: et Filius Altissimi vocabitur. Et dabit illi Dominus Dcus sedem David patris ejus : et regnabit in domo Jacob in reternum ; et regni ejus non erit finis. Dixit autem

2 2 f)

Le Sciiut A^om de Marie.

Maria ad Angelum : Quomodo fiet istud ? quoniam virum non cognosco. Et respondens Angélus, dixit ei : Spiritus Sanctus superveniet in te ; et virtus Allissimi obumbrabit tibi. Ideoque et quod nascetur ex te sanctum, vocabilur Filius Dei. Et cccc Elisabeth cognata tua : et ipsa concepit fîlium in senectute sua. Et hic mensis sextus est illi, quae vocatur sterilis : quia nonerit impossibile apud Deum omne verbum. Dixit autem Maria : Ecce ancilla Domini : fiât mihi secundum verbum tuum.

Marie dit à l'Ange : Comment cela se fera-t-il ? car je ne connais point d'homme. Et l'Ange lui répondit: L'EspritSaint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Et voilà qu'Elisabeth votre parente a conçu, elle aussi, un hls dans sa vieillesse : et ce mois est le sixième de celle qui était appelée stérile : car rien n est impossible à Dieu. Et Marie dit : Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole.

r^ "est ici la plus solennelle ambassade dont ^-^ l'histoire angélique ou humaine ait gardé le souvenir ; elle montre en Marie ce qu'indique son nom, la Maîtresse du monde. Le plus haut intérêt qui puisse concerner l'humanité présente, passée ou future, les célestes hiérarchies. Dieu lui-même, s'agite entre le TrèsHaut et la vierge de Nazareth exclusivement, comme avant seuls titre, d'une part pour proposer, de l'autre pour accepter, des deux pour conclure. L'ange n'est qu'un messager : . l'homme est avec lui dans l'attente : Marie contracte avec le Créateur, au nom de l'homme et de l'ange comme au sien propre, au nom du monde"^ entier qu'elle représente et qu'elle domine de sa suréminente principauté.

A la Messe.

Salut donc à la Reine en son jour natal ! salut à Marie ! Qu'eJle-mème, au Sacrifice, présente pour son peuple à Dieu notre offrande.

JE vous salue, Marie, pleine de grâce^ le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.

t\ ni

Maria, gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.

Obtenons que Tintercession de Notre Dame et la miséricorde divine éloignent de nous tout ce qui ferait obstacle à Tefficacité du Sacrifice préparé sur l'autel.

OLE par votre miséricorde et 1 intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge. Seigneur, cette oblation nous concilie paix et prospérité pour la vie présenteet léternellc. Par JésusChrist.

propibeatnc

T" u.A. Domine, ' tiatione, et Marias semper virginis intercessione, ad perpctuani atque praesentem haec oblatio nobis proficiat prosperitatem, et pacem. Pcr Dominum.

On fait mémoire du Dimanche

La Préface est la même que celle du huitième jour de septembre, si ce n"est qu'au lieu de in Nativitate, en la Nativité, on dit in festivitate, en la fête de la bienheureuse Marie toujours vierge.

Sous l'influence du breuvage des Mystères divins, félicitons la vigne auguste qui nous le promettait tout à l'heure en l'Epître.

Le Saint Nom de Marie.

EATA viscera Mariac Virginis, quae portaverunt îeterni Patris Filium.

> lENHEUREUSES les entrailles de la Vierge Marie, qui ont porté le Fils du Père éternel !

La Postcommunion proclame Tuniversalité du patronage de Marie ; daigne le Seigneur nous accorder de Texpérimenter toujours !

SLMPTis, Domine, salutis nostra; subsidiis : da qu.Tsumus, beataeMariae semper virginis patrociniis nos ubique protegi, in cujus veneratione haîc tuae obtulimus majestati. Per Dominum.

Nous venons. Seigneur, de goûter l'aliment du salut ; c'est en l'honneur de la bienheureuse Marie toujours vierge que nous avons présenté nos dons à votre majesté : accordez à notre prière d'éprouver en tous lieux sa protection sur nous. Par Jésus-Christ.

On ajoute la Postcommunion du Dimanche correspondant, et l'Evangile de ce même Dimanche tient lieu, à la fin de la Messe, de celui de saint Jean.

ES, Vêpres sont celles du (Commun des têtes • de Notre Dame pendant ranncc.

accubitu suo.nardus mca dcdit odorem suavitatis.

\ ,.... D tXDANT que le '• •^^'- 1 Roi étnit sur sa couche, mon partiim a donne son odeur.

A Vêpres.

Psaume cix. Dixit Do minus, page 45.

-> \nt s ^ "^^'^ gauche "■ ^ ■ -^ est sous ma

tête, et sa droite m'embrassera.

o \x.-r. ^VA eus

pite meo, et dextera illius amplexabitur me.

Psaume cxii. Laudate pueri, page 4g.

E SUIS noire, mais belle, filles de Jérusalem ; c'est pourquoi le Roi m'a aimée et ma introduite en sa chambre nuptiale.

3. AM. IN ggj fQj._ mosa, filiae Jérusalem ideo dilexit me Rex, et introduxit me in cubiculum suum.

Psaume cxxi. Laetatus sum, page 186.

4. Ant.

'hiver est enfin passé; les pluies ont cessé et se sont éloignées : levez-vous, ma bien-aimée, et venez.

Ant. J

. AM hiems

imber abiit, et recessit • surge arnica mea, et

Psaume cxxYi. Nisi Doniinus, page 187

■ ous êtes belle et suave en vos délices, sainte Mère de Dieu.

-■^- -^^^; -^ facta es et suavis in deliciis tuis. sancta Dei Genitrix.

Psaume CXI.VU. Lauda Jérusalem, page 188.

Le Capitule et l'Hymne sont les mêmes que page 189.

, r% IGNARE me lau^' xJ dare te, Virgo

sacrata.

B?. Da mihi virtutem

contra hostes tuos.

^ n .AIGXEZ ra'admettre JL/ à vous louer, Vierge sainte.

I?. Donnez-moi force contre vos ennemis.

224 ^^ Temps après la Pentecôte.

ANTIENNE DE Magnificat.

BEATAM me dicent omnes generationes, quia ancillam humilem respexit Deus.

I" DUTES les génération 1 m'appelleront bienheureuse, parce que Dieu a regardé son humble servante.

Le Cantique Magnificat, page 53.

L'Oraison, page 216.

On fait ensuite mémoire du Dimanche.

Ç\ Marie, nous vous dirons avec Anselme de Cantorbéry, votre client fidèle : Par le nom de votre Fils aimé, accordez-nous d'avoir toujours mémoire de votre nom très suave ; qu'il soit le très doux aliment de nos âmes ; qu'il soit avec nous dans le péril, qu'il soit avec nous dans l'angoisse, qu'il soit pour nous le commencement He toute joie ^

I. Anselm. Oratio xlix, al. XLViii.

^rù

n A N S l; o c ta v e de l a n a t [ v i t i ■: .

AisoNs Vhomme à notre image et ressemblance '. « Et Dieu tit l'homme ; il le modela, dit Tertullien, à Timagc de Dieu, à savoir du Christ. La

I s'y absorbe ; il en fait Toeuvre de sa main et de son cœur; conseil, sagesse, providence, amour surtout, en tracent les lignes. Car dans chaque linéament de cette boue qu'il ajuste, il a en pensée le Christ qui doit se faire homme. Revêtu de Timage du Christ à venir, ce limon n'est pas seulement l'œuvre de Dieu, mais encore son gage -. »

Dites du premier Adam formé par Jéhovah de la terre, combien plus véritablement ces paroles ne s'appliquent-elles pas à la Mère de l'Homme-Dieu, en ces jours où Celui qui bientôt naîtra d'elle préside à sa croissance ! Comine Dieu, il met en elle par provision à cette heure ce qu'il veut y prendre. Or, en tant qu'homme, il doit recevoir d'elle, avec son corps sacré, tout ce qu'il est dans la loi de nature que les enfants tiennent de ceux qui leur donnent le jour : dispositions et qualités

1. Gcn. I, 26. — 2. Tertuut.. De icsurrect. cainis,

•jjf) Le Temps après la Pentecôte.

rcsultant de la complexioii physique, traits du visage, manières d'être, haoitudes acquises dimitation enfantine ou d'éducation du premier âge : c'est l'ineffable condescendance de Celui qui, sachant tout de science infuse, veut cependant passer comme nous par l'apprentissage de la vie. Jésus ne doit avoir que Marie pour principe de son être ici-bas ; nul tils ne tiendra de sa mère autant que lui de la sienne '.

En retour, nulle créature ne sera si conforme à Jésus dans l'ordre de la grâce, que celle dont lui-mêm.e aura pris de cette sorte la ressemblance immédiate en celui de nature ; et c'est en raison du degré de conformité avec limage de ce Fils de sa prédilection, dit saint Paul "-, que le Père qui est aux cieux donne son amour à toute créature.

Combien donc, ô Marie, n'ètes-vous pas aimée ! Déjà se trahit en vos traits si doux ki noblesse de cette tille du Roi dont toute la gloire est d'au dedans, sous les franges d'or et la variété des ornements qui l'entourent-' : dons multiples de l'Esprit-Saint, relevant la grâce et la t>eauté qui, de par Dieu, composerit dès le berceau votre diadème. Ainsi s'exprime André de Crète en ce jour ;t avec lui, nous vous disons : « Salut, médiatrice de la loi et de la grâce, sceau de l'ancienne et de la nouvelle alliance, lumineuse plénitude de toute prophétie, sommaire de la vérité révélée, livre vivant et immaculé du Dieu \'erbe, où, sans écriture et sans formules, le Verbe Dieu qui

i. Le Temps ap. la Pentecôte, t. IV. p. 5KS. —

2. Rom. viii, 2q. — 3. Psalm. xnv, 14-1 x

Deux. Jour dans l'Oct. de la Xativitc. 2-2-/

le composa se lit tous les jours. Salut, prémices de notre régénération, fin des promesses et des prédictions divines, sanctuaire promis par Dieu à sa gloire, libératrice annoncée aux nations * ! »

T ES Grecs font aujourd'hui mémoire spéL ciale des bienheureux parents de Marie. Hier déjà, les Menées redisaient en toutes manières la reconnaissance qui leur est due par toute créature en ces jours ; nous leur emprunterons ces quelques traits, cueillis parmi bien dautres.

QUE le ciel tressaille, que la terre soit dans l'allégresse ; car le ciel de Dieu, car son épouse naît aujourd'hui sur la terre. Comme elle en avait eu la promesse, la stérile allaite une enfant ; Marie fait la joie de son père Joachim, qui dit : A moi la branche où fleurit le Christ, fils de David !

Anne maintenant peut dire au Seigneur : Vous avez exaucé mes prières, en me donnant pour fruit dans ce jour celle qui a été prédestinée entre les femmes de toutes les e^énérations pour être votre Nlère sans tache.

EXSULTET cœlum, laetetur terra ; quippe Dei cœlum, sponsa Dei, partu in terra édita est. bterilis infantem Mariam ex repromissione lactat, gaudetque pro partu Joachim : Mihi, inquiens, virga nata est, ex qua germinavit flos Christus ex radice David. Exaudisti , Domine, preces meas, Anna dicat, mihi hodie fructum eam pra?bens, quœ ex cunctis generationibus atque feminis prnefinita est intemerata Mater tua.

I. Andr. Cret. In Nativit. Deiparœ Oratio iv.

l'i'.V Le Temps après la Pentecôte.

Kva hodic damnatione absoluta est, Adam item absolutusab aniiqua maledictione, damans in tua nativitate, imraaculaia: In te sumus a morte redempti.

Audio David tibi concinentem : Adducentur virgines post te, adducentur in templum Régis ; ipseque, conserta cum eo voce. Régis filiam celebro canticis.

Stériles, animce infecundœ, adeste festinanter ; nam Anna multa nunc proie gaudet. Matres, choros ducite cum Matre Dei.

Res stupenda : fons vitae de stcrili nascitur. Gaude, Joachim : non enira tui similis inler patres, perquem data est nobis virgo Deum suscipiens, tabernaculum divinitatis, mons sanctus.

Exsultaie, populi : lucis thalamus e ventre prodiit ; porta orientalis, hodie genita, ingressum magni prsstolatur sacerdotis, ad salutem animarum nostrarum.

Eve aujourd hui voit reviser sa sentence ; Adam est relevé de la malédiction d'autrefois, et il s'écrie h votre naissance, ô immaculée : En vous nous sommes rachetés de la mort.

J entends David chanter qu'à votre suite viendront les vierges, pour être présentées dans le temple du Roi ; et moi aussi, unissant ma voix h la sienne, je célèbre la fille du Roi dans mes chants.

Venez, stériles, âmes infécondes : Anne a maintenant nombreuse descendance. Vous, mères, menez des chœurs avec la Mère de Dieu.

Prodige! de la stérile naît la source de la vie. Réjouistoi, Joachim : tu n'as pas de semblable entre les pères ; par toi nous est donnée la vierge en qui Dieu descend, le tabernacle de la divinité, la montagne sainte.

Tressaillez, peuples : la chambre nuptiale de la lumière est apparue, sortant du sein d'une mère : la porte orientale, aujourd'hui engendrée, attend l'entrée du Grand Prêtre qui vient sauver nos âmes.

ARiE enfant sourit au lis dont fait hommage à son berceau le représentant d'un grand Ordre. Admis dans la famille religieuse des Ermites de Saint-Augustin au moment où elle se groupait et se constituait sous la direction du Vicaire du Christ, Nicolas mérita d'en être le thaumaturge. Quand il mourut, en i3o5,rexil d'Avignon commençait pour les Pontifes romams; sa canonisation, retardée près d'un siècle et demi par les troubles de ces temps, marqua la tin des lamentables dissensions qui suivirent l'exil.

La paix perdue depuis tant d'années, la paix dont desespéraient les plus sages : c'était l'ardente prière, la solennelle adjuration d'Eugène IV, lorsque, au soir d'un laborieux pontificat, il confiait la cause de l'Eglise à l'humble serviteur de Dieu placé par lui sur les autels. Ce fut, au témoignage de SixteQuint 1, le plus grand des miracles de saint Nicolas; miracle qui porta ce dernier Pontife à ordonner la célébration de sa fête sous le rit

23 0 Le Temps après la Pentecôte.

double, eu un temps où pareil honneur était plus rare qu'aujourd'hui sur le Cycle.

Lisons le récit, simple comme sa vie. consacré à la mémoire du fcienheureux.

NICOLAUS, Tolentinas a diuturno illius civitatis domicilioappellatus, in oppido sancti Angeli in Pireno est natus piis parentibus : qui liberorum desiderio Barium voti causa profecti, ibique a sancto Nicolao de futura proie confirmati, quem susceperunt filium de illius nominc appellarunt. Is ab infantia multarum virtutura, scd abstinentias in primis spécimen dédit. >am anno vi\ septimu. beatum ipsum Nicolaum imitatus. complures hebdomadae dies jejunarc cœpit, eamque posiea consuetudinem relinuit, solo pane et aqua contenlus.

ADL'LTA aetate jam clérical! militioe adscriptus, et canonicus factus, cum quodam die concionatorem Ordinis Eremitarum sancti Aut;ustini de inundi contemptu diccntem audisset, eo sermone inflammatus, statim eumdom

ICOLAS deTolentino. ainsi appelé du nom de la ville où il demeura davantage, était né de parents pieux au bourg de SaintAnge dans la Marche d'Ancône. Le désir d avoir des enfants ayant conduit par suite dun vœu à Bari son père et sa mère, ils y reçurent de saint Nicolas l'assurance qu'ils étaient exaucés : d'où le nom qu'ils donnèrent ensuite à leur fils. Parmi les nombreuses vertus dont dès l'enfance il fut le modèle, brilla surtout l'abstinence ; âgé de sept ans à peine, à l'exemple de son bienncurcux patron, il commença de jeûner plusieurs jours de la semaine, coutume qu'il garda depuis, se contentant de pain et d eau.

DÉJÀ inscrit dans la milice cléricale et chanoine, il était jeune encore, lorsqu entendant un prédicateur de 1 Ordre des Ermites de SaintAugustin parler sur le mépris du monde, il fut tellement embrasé de son discours qu'il entra aussitôt di\u-< cet Ordre. On l'v vit observer

une forme si parfaite de vie religieuse, qu'il était la lumière de tous en charité, humilité, patience et toutes vertus, ne portant qu'un habit grossier, matant son corps par les disciplines et les chaînes de fer, s'abstenant de chair et de presque tous mets.

MALGRÉ les embûches de Satan qui cherchait à le troubler en diverses manières et parfois l'accablait de coups, il ne relâchait rien de son zèle pour loraison. Enfin, durant les six mois qui précédèrent sa mort, il entendit chaque nuit les concerts des Anges ; c'était l'avant-goùt des joies du paradis, et pénétré de leur douceur, il redisait souvent le mot de l'Apôtre : Je désire de mourir et d'être avec le Christ. Son désir s'accomplit le quatre des ides de septembre, ainsi qu'il lavait annoncé aux frères. Il fut, après comme avant son trépas, illustré par beaucoup de miracles : lesquels ayant été reconnus canoniquement , le Pape Eugène IV le mit au nombre des Saints.

Ordinem est ingressus. In quo tamexactamreligiosœ viiœ rationem coluit, ut aspero vestitu, verberibus et ferrea catena corpus domans, atque a carne et omni fere obsonio abstinens, caritate, humilitate, patientia. caeterisque virtutibus aliis praluceret.

ORANDI assiduum studium, quamvis Satanae insidiis varie vexatus, et flagellis interdum caesus, non intcrmittebat. Demum sex ante obitum mensibus. singulis noctibus angelicum concenlum audivit, cujus suavitate cum jam paradisi gaudia pra?gustaret, crcbro illud Apostoli repetebat : Cupio dissolvi, et esse cum Christo. Denique obitus sui dieni fratribus praedixit, qui fuit quarto idus septembris. Miraculis multis etiam post mortem claruit, quibus rite et ordine cognitis, ab Eugenio Papa Quarto in Sanctorum numerum est. relatus.

Cerviteur bon et tidèle, vous êtes entré dans ^ la joie de votre Seigneur. Il a brisé vos liens ; et du ciel où vous régnez maintenant,

2Ji2 Le Temps après la Pentecôte

vous nous répétez la parole oui fixa la sainteté de votre vie mortelle : Sf'aime^ pas le monde, ni ce qui est dans le monde ; car le monde passe, et sa concupiscence avec lui ^ . Combien est puissant pour autrui l'homme qui semble ainsi oublier la terre, c'est ce que fait assez voir le don qui vous fut départi de soulager toute misère autour de vous, comme au séjour des âmes souffrantes; et le successeur de Pierre ne se trompait pas lorsque, vous décernant les honneurs des Saints, il comptait sur votre crédit au ciel pour ramener dans les voies de la paix la société longtemps troublée. Puisse donc la parole du tiisciplc bien-aimé que vous venez de nous redire, vraie semence de salut, pénétrer dans nos âmes et y produire les fruits qu'elle produisit dans la vôtre ; le détachement de ce qui ne doit pas durer toujours, l'aspiration vers les réalités éternelles, cette humble siniplicité du regard de l'àme qui pacifie l'existence et conduit à Dieu, cette pureté qui fit de vous l'ami des Anges et le privilégié de Marie.

"iMiTTE me, jam enim ascendit aufora; laissez-moi, car déjà l'aurore monte * : » c'est la parole qui mit fin, sur les bords du torrent, au duel de l'Ange et du patriarche. Aurore bénie, qui triomphe de Dieu ! Combien fut longue cette nuit durant laquelle Thumanité, que' figurait Jacob, avait lutté par ses supplications et ses pleurs 2 ! Depuis le péché, l'Ange des justices Fermait l'accès de la vraie terre des promesses ; c'était lui que l'homme, pèlerin d'une patrie perdue, rencontrait partout se dressant sur la route dans l'inexorable résistance de ses revendications. Comment l'inflexible at-il fléchi ? Comment, si supérieur en son être spirituel à notre nature boiteuse, parle-t-il le premier de cesser la lutte et s'avouc-t-il vaincu ?

C'est que, pour l'Ange comme pour Dieu, la force est dans la lumière. C'est que. restée jusqu'ici dans la nuit profonde, la terre a soudain renvoyé aux cieux plus de splendeurs que n'en déversent tous les Chérubins sur les Dominations, les Vertus, les Puissances, les

1. Gen. xxxii, 2Ô. — 2. Ose. xn, 4.

i'.?4 ^-^ Temps après la Pentecôte.

Principautés, près desquelles rhomme était si petit naguère. C'est enfin que dans Taube naissante, qui déjà le subjugue,, l'Anse des justices prévoit le soleil même, le Soleil de justice- qui se levant du sein de Thumanité va répondre pour elle. L'homme n'est plus un paria pour l'Ange ; c'est Israël, le fort contre Vieil *. Traiter avec lui n'est plus déroiger; céder devant lui n'est point une humiliatton : l'aurore monte.

Soyez bénie, 6 vous dont la radieuse innocence relève jusqu'au trône de Dieu notre race proscrite. Alliés des Anges, nos adversaires d'autrefois, nous ne serons plus qu'une armée dont vous serez la Reine.

\vx honneurs rendus à la Reine du monde.

^ l'Eglise en ce jour associe deux frères que la mort pour le Christ éleva sous Valérien de la condition servile aux premiers rangs de hi noblesse des cieux. Du cimetière de SaintHermès où ils furent déposés sous des tissus d'or, Protus était depuis plus de mille ans réméré triomphalement dans les murs de la» Ville éternelle, lorsque, en l'année 1845, la découverte des ossements calcinés d'Hyacinthe en sa tombe primitive vint faire époque dans l'histoire des cimetières souterrains et de l'archéologie chrétienne.

I. G en. xxxil, 28.

Quatr. Jour dayis VOct. de la Nativité. 235

PUISSE, Seigneur, nous exciter au l)ien la précieuse confession de vos bienheureux Martyrs Protus et Hyacinthe ; puisse leur pieuse intercession nous couvrir toujours. Par JésusChrist.

BEATORUM Martyrum tuorum Proti et Hyacinthi nos, Domine, foveat pretiosa confessio, et pia jugiter.intercessio tueatur. Per Dominum.

E xe siècle et Tabbaye de Saint-Gall nous donnent cette Séquence de facture antique pour chanter la naissance de Marie.

CHANTONS la solennité de ce jour Qui vit paraître dans le monde la perle incomparable, la noble jNïarie

Sortie de souche royale, illustre Mère de Dieu.

Les temps anciens avaient prédit qu'elle germerait ,

Îetite branche, de la tige de essé,

Et qu'une fleur éclose de sa racine mettrait fin aux crimes, aux perturbations de la terre.

Ses vieux aïeux, la bouche pleine de prophéties, attestaient au nom du ciel sa venue future : d'augustes oracles à l'avance l'avaient ch*ntce.

ECCE solemnis diei canamus festa,

Qua sn?culo processit gemma potens et nobilis Maria.

Regalibus exorta parentelis theotochos inclita.

Haec egressurade germine Jesse tempore prisco praedicta est virgula.

Et flos ex ejus radice procedens turbida mundi absolveret crimina.

Istam venturam veterum parentum linguae prophetiis plenae testabantur cœlitus ac praecinuerant aima oracula.

Quae virgo manens paritura foret unico more filium spiritualiter conceptum, qui coniraderet mundo remédia.

Quae Davidis genita stirpe clara generosi nominis fert insignia.

Salemonis creditur haec propinqua, sed majore prnedita sapientia.

Hœc de regibus generis clari sumpsit primordia.

Et hœc eadem régis œterni mater castissima,

Ejus qui antc tempora fucrat atque sjecula.

Qui angelos et homines junxerat pacc placida.

Illius nobis adessc cuncti precemur auxilia.

i'er quem tam gravis destructa paci concessit discordia.

lliius hîec nobis acquirat Genitrix sanctam quam sonanl gaudia.

Atque suum nobis placatum faciat natum pcr cuncta saecula.

File nubis cuncta ut dcmittat pleniter delicta.

Et aeternc clemens tribuat ornarier corona.

O nunc ciclorum domina, t'amulurum vocibus muta, qu;v deposcunt

Toujours vierge, exemple unique, elle devait enfanter un fils conçu spirituellement qui guérirait le mal du monde.

C'est un nom glorieux que le sien, issue de l'auguste lignée de David.

Elle est du sang de Salomon, mais sa sagesse est plus grande.

Née d'une race de rois fameux.

Elle est la très chaste mère d'un roi qui régnera toujours.

Qui fut avant les temps et les siècles.

II avait uni les Anges et les hommes dans une paix tranquille ;

Implorons tous pour nous laide

De celui par qui a pris lin si terrible discorde.

Qu'elle nous obtienne ce secours désiré la Mère dont l'allégresse de cette journée proclame la sainteté ;

Qu'elle nous rende propice à jamais celui qui naquit d'elle,

Four qu'il nous fasse remise entière.

Pour que nous recevions de sa clémence l'éternelle couronne.

O vous qui êtes maintenant la souveraine des cieux, touchée par la prière de vus

r

Qiiatr. Jour dans l'Cct. de la Xativité. 2.^7

serviteurs, écoutez-les d'une oreille bienveillante ;

Et couvrez-nous de votre protection vigilante, en attendant de nous faire nous aussi monter au céleste royaume.

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beniona.

Et nos tuo muniminc tuearis sedule, donec nosmet régna donesscandere superna.

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DANS I./OCTAVE DE ' x N'ATIVirr

UELLE est celle-ci qui s'avance progressant comme l'aurore, belle comme la lune, éclatante comme le soleil , terrible comme une armée en bataille * ? C'est là votre croisô Marie ! Nulle vie sainte , fût-elle douce de la longévité des patriarches, n'atteindra les progrès accomplis sous lintluence des divines énergies par Tàme de la Vierge très pure, en ces ^quelques jours écoulés depuis sa venue sur terre : progrès d'une intelligence en laquelle le Verbe, trouvant son niiroir de choix, ne souffre point l'obscurité par où débute tout homme venant en ce monde et verse à flots cette lumière qui est aussi la vie 2 ; progrès de l'amour en ce cœur de Vierge et de Mère, dont l'Esprit se complaît à combiner déjà les ineffables harmonies, à creuser l'abîme ; progrès de cette force victorieuse dont Satan a "frémi d'éprouver dès la Conception immaculée la puissance, et qui fait de Mario la Reine incontestée des milices de Dieu.

Deux triomphes éclatants, deux victoires

i. Cjnt. VI, g. — 2. JoHAN. I, 4.

Cinq. Jour dans l'Oct. de la Nativité. 2 3(j

remportées sous l'égide de Notre Dame, illustrent ce présent jour dans les fastes de l'Eglise et de l'humanité.

Le Manichéisme, rajeuni par des sectaires nouveaux, avait fait son repaire du midi de la France. Des places fortes qu'il y détenait pour le prince du mensonge, il aspirait à progager son règne de dissolution éhontée. Mais iominique avait paru, faisant du Rosaire de Marie la sauvegarde des peuples. Le 12 septembre I2i3, dans un combat rappelant les Machabées, Simon de Montfort et les croisés de la foi, un contre quarante, écrasaient à Muret l'armée albigeoise. Innocent III présitlait aux destinées du monde.

Près de cinq siècles plus tard, un autre ennemi, le Turc, qui avait bien des fois déjà fait trembler l'Occident, se ruait à nouveau sur la chrétienté. Trois cent mille infidèles enserraient Vienne épuisée, démantelée, abandonnée par son empereur en fuite. Mais un autre grand Pape, onzième du nom d'Innocent, confiait derechef à Marie la défense des nations baptisées. Sobieski, montant son cheval de guerre au jour de l'Assomption de Notre Dame, accourait de Pologne à marches forcées. Le Dimanche dans l'Octave de la Nativité, 12 septembre iTjSS, la délivrance de Vienne commençait pour les Osmanlis cette série de défaites qui devait aboutir aux traités deCarlowitz etdePassarowitz, point de départ du démembrement de l'empire ottoman. La fête du Très saint Nom de la Mère de Dieu, inscrite au calendrier de l'Eglise universelle, fut le juste hommage rendu par la terre en retour à notre-Dame et Reine Marie.

240 Le Temps après la Pentecôte.

A LA suite de Tantique Séquence donnée hier, nous choisirons aujourd'hui cette Hymne du même temps pour célébrer la bienheureuse Nativité qui fait la paix et l'honneur du monde.

/^ SAN'CTA mundi doV—' mina,

Regina cœli inclyta 1 O Stella maris, Maria, \'irgo mater deifica 1

Emerge, dulcis filia,

Nitesce jam virguncula.

Florem latura nobilem,

Christum Deum et hominem.

Natalis tui annua Kn colimus solemnia. Quo stirpe electissima Mundo fulsisti genita.

Per te sumu^, tcrrigenae Simulque jam cœligcnx, Facati pace nobili More insestimabili.

Hinc Trinitati gloria, Sit semper ac Victoria, In unitate solida Per sa?culoriim sxciila.

Amen.

O SAINTE souveraine du monde, illustre Reine des cieux ! O Marie, étoile de la mer. Vierge Mère digne de Dieu 1

Grandissez, douce enfant ; verdoyez, petite branche qui porterez l'auguste fleur, le Christ Dieu et homme.

Nous célébrons l'annuelle solennité de votre naissance, le jour où d une souche dechoix vous êtes venue au monde en votre splendeur.

Par vous nous avonsj habitants de la terre et citoyens des cieux, scelle la paix en tout honneur, d'inappréciable manière.

Donc que toujours soit à la Trinité gloire et victoire, en sa puissante unité dans les siècles des siècles.

.\mcn.

Ls sont beaux vos premiers pas, 0 tille du prince ! Nos yeux ne se lassent point de contempler en vous cette mer^-eille de Tunion des harmonies les plus suaves et de la puissance d'une armée 1. Enfant bénie, croissez toujours en grâce; e^ue votre marche soit heureuse; que votre royauté s'affermisse et s'affirme. Mais l'Eglise n'attend pas que vous soyez plus grande, pour chanter à votre honneur sa belle Antienne : Réjouisse ^-voit s. Vierge Marie ; vous ave^ seule détruit toute hérésie dans le monde entier -.

L'hérésie, la négation de Satan opposée à l'affirmation de r)ieu dans son Christ, c'est le grand combat, l'unique à vrai dire, où se résume l'histoire. Dieu n'ayant créé le monde que pour s'unir à lui par son \'erbe devenu chair, l'ennemi de Dieu et du monde, pour briser le nœud de ce mystère d'amour, s'en prend tour à tour à la divinité et à l'humanité du Christ médiateur Mais c'est vainement que le prince du mensonge accumule ses ténèbres à rencontre : il es"t homme, ce Jésus que comme chacun de nous une mère a mis

I. Cant. VI. 12: vu, 1-2. — 2. Première Ant. du

III* Nocl. de la fcle.

24- L^ Temps après la Pentecôte.

au monde ; il est Dieu, celui qui seul entre tous naquit d'une vierge. Signe de contradiction pour ceux qui se perdent, selon le mot du vieillard Siméon *. I'Homme-Dieu a luimême comme signe pour les yeux non prévenus la Vierge-Mkre; : Le Seigneur vous donnera lui-même un signe, disait le Prophète ; voici qu'une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel. Dieu avec

Dans la seconde des célèbres conférences qui eurent lieu. Tan 277 de notre ère, entre le saint évèque Archélaus et le père du Manichéisme, celui-ci niant que le Christ fût né de Marie : « S'il en est ainsi, répondait Archélaus, s'il n'est pas né, sans aucun doute il n'a pas non plus souffert; car souffrir est impossible a qui n'est pas né. Que s'il n'a pas souffert, on ne doit plus parler de la Croix ; et la Croix mise de côté, Jésus n'est pas ressuscité des morts. Or, si Jésus n'est pas ressuscité, personne autre ne ressuscitera davantage : la résurrection supprimée, le jugement l'est aussi. Alors, il est bien inutile cl'observcr les commandements de Dieu : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ^ !\'oilà pourtant les corollaires de ton dire. Confesse au contraire que le Seigneur est né de Marie : alors, de là se déduisent et la passion, et la résurrection, et le jugement ; alors toute l'E- criture est sauve. Noîi ; ce n'est point là une question vaine. Car, de même que toute la Loi et les Prophètes sont contenus dans les

Sîx. Jour dans VOct. de la Nativité. j^.V

deux préceptes de Tamour, de même toute notre espérance est suspendue à Tenfantement de la bienheureuse Vierge ^ »

T 'Eglise de Milan, qui célèbre à la date fixe du 1 1 septembre la fête du Très saint Nom de Marie, cnante au dit jour cette belle Préface en parfait accord avec les sentiments que la radieuse Octave nous inspire.

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