L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 60)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

I. Act. XXVII. — 2. II Tim.

de la fcto.

IV, II. — 3. Collecte

Saint Luc, Evangéliste. 533

nos corps ; mais cette mort sans tin manifeste aussi la vie du Seigneur en notre chair mortelle ^ Ce tils de rhomme que votre plume inspirée nous fit aimer dans son Evangile, que votre pinceau nous montra dans les bras de sa Mère vous le révélez une troisième fois au monde par la reproduction en vousmême de sa propre sainteté.

Gardez en nous le fruit de vos multiples enseignements. Si les peintres chrétiens vous honorent à bon droit spécialement, s'il est bon qu'ils apprennent de vous que l'idéal de toute beauté réside dans le Fils et la Mère, il est un art pourtant autrement sublime que celui des lignes et des couleurs : l'art de produire en nous la divine ressemblance. C'est en ce dernier que nous voulons exceller à votre école ; car nous savons de saint Paul, votre maître, que la conformité d'image avec le Fils de Dieu est le titre unique de la prédestination des élus ^.

Protégez les médecins fidèles ; ils s'honorent de marcher à votre suite ; ils s'appuient, dans leur ministère de dévouement et de charité, sur le crédit dont vous jouissez près de l'auteur de la vie. Aidez leurs soins pour guérir ou soulager la souffrance ; inspirez leur zèle, quand s'annonce le moment du redoutable passage.

Hélas ! aujourd'hui, le m.onde lui-même réclame pour sa sénile débilité les soins de quiconque est en mesure par la prière ou l'action de conjurer ses crises. Quand le fils de f homme reviendra, pensez-vous qu'il trouve

534 J-c Temps après la Pentecôte. ' encore de la foi sur la terre * ? C'était la j parole du Seigneur en votre Evangile. Mais il disait encore qu'il faut prier toujours et ne se jamais lasser 2 ; ajoutant pour l'Eglise de nos jours et de tous les temps, cette parabole de la veuve dont les inaportunités finissent par l'emporter sur le mauvais vouloir du juge inique entre les mains duquel est sa cause Et Dieu ne fera pas justice à ses élus, s'ils crient vers lui jour et nuit ? et il tolérera qu'on les opprime sans fin ? Je vous le dis : il les vengera bientôt ^ I

I. Luc. xviii. 8. — 2. IhU. I . — "3. IhiJ. 2-iS.

lENHEUREusE pénitencc, qui m'a mérité une telle gloire ! » C'était la parole du Saint de ce jour, en abordant les cieux ; tandis que Thérèse de Jésus s"écriait sur la terre: « Ah ! quel parfait imitateur de Jésus-Christ Dieu vient de nous ravir, en appelant à la gloire ce religieux béni, Frère Pierre d'Alcantara ! Le monde, dit-on, n'est plus capable dune perfection si haute ; les santés sont plus faibles, j et nous ne sommes plus aux temps passés, j Ce saint était de ce temps, sa mâle ferveur | égalait néanmoins celle des siècles passés, | et il avait en souverain mépris toutes les ! choses de la terre. Mais sans aller nu-pieds | comme lui. sans faire une aussi âpre péni- f tance, il est une foule d'actes par lesquels ] nous pouvons pratiquer le mépris du monde, ' et que notre Seigneur nous fait connaître dès î qu'il voit en nous du courage. Qu'il dut être | grand celui que reçut de D'^ieu le saint dont je parle, pour soutenir pendant quarante-sept ans cette pénitence si austère que tous connaissent aujourd'hui !

« De toutes ses mortifications, celle qui lui j avait le plus coûté dans les commencements, ' c'était de vaincre le sommeil : dans ce des536 Le Temps après la Pentecôte.

sein, il se tenait toujours à genoux ou debout. Le peu de repos qu'il accordait à la nature, il le prenait assis, la tête appuyée contre un morceau de bois fixé dans le mur ; eût-il voulu se coucher, il ne l'aurait pu, parce que sa cellule n'avait que quatre pieds et demi de long. Durant le cours de toutes ces années, jamais il ne se couvrit de son capuce, quelque ardent que fût le soleil, quelque forte que tût la pluie. Jamais il ne se servit d'aucune chaussure. Il ne portait qu'un habit de grosse bure, sans autre chose sur la chair ; j'ai appris toutefois qu'il avait porté pendant vingt années un cilice en lames de fer-blanc, sans jamais le quitter. Son habit était aussi étroit que possible; par-dessus il mettait un petit manteau de même étoffe ; dans les grands froids il le quittait, et laissait quelque temps ouvertes la porte et la petite fenêtre de sa cellule ; il les fermait ensuite, il reprenait son mantelet, et c'était là, nous disait-il.sa manière de se chauffer et de faire sentir à son corps une meilleure température. Il lui était fort ordinaire de ne manger que de trpis en trois jours ; et comme j'en paraissais surprise, il me dit que c'était très facile à quiconque en avait pris la coutume. Sa pauvreté était extrême, et sa mortification telle qu'il m'a avoué qu'en sa jeunesse il avait passé trois ans dans une maison de son Ordre sans connaître aucun des Relis;ieux, si ce n'est au son de la voix, parce qu'il ne levait jamais les yeux, de sorte qu'il n'aurait pu se rendre aux endroits où l'appelait la règle, s'il n'avait suivi les autres. Il gardait cette même modestie par les chemins. Quand je vins à le

Saint Pierre d'Alcantara, Confessetir. 53 y

connaître, son corps était tellement exténué, qu'il semblait n'être formé que de racines d'arbres i. »

Au portrait du réformateur franciscain par la réformatrice du Carmel, l'Eglise ajoutera l'histoire de sa vie. On sait que'trois familles illustres et méritantes composent aujourd'hui le premier Ordre de saint François; le peuple chrétien les connaît sous le nom de Conventuels, Observantins et Capucins. Une pieuse émulation de réforme toujours plus étroite avait amené, dans VObservance même, la distinction des Observants proprement ou primitivement dits, des Réformés, des Déchaussés ou Alcantarins, et des Récollets ; d"ordre plus historique que constitutionnel, si l'on peut ainsi parler, cette distinction n'existe plus depuis que, le 4 octobre 1897, en la fête du patriarche d'Assise, le Souverain Pontife Léon XIII a cru l'heure venue de ramener à l'unité la grande famille de l'Observance, sous le seul nom d'Ordre des Frères Mineurs qu'elle devra porter désormais 2.

J-^IERRE naquit à Alcantara, • en Espagne, de nobles parents. Il fit présager dès ses plus tendres années sa sainteté future. Entré à seize ans dans l'Ordre des Mineurs, il s'y montra un modèle de toutes les vertus. Chargé par Tobéissance de

Detrus, Alcantarœ in ^ Hispania nobilibus parentibus natus, a teneris annis futurs sanctitatis indicia prasbuit. Decimo sexto œtatis anno ordinem Minorum ingressus, se omnium virtutumexemplar exhibuit.'

53 s Le Temps après la Pentecôte.

Tum munus concionatoris ex obcdientia exerçons, innumeros a vitiis ad veram pœnite.itiam traduxit. P r i m œ v u m sancti Francisci institutum exactissime reparare cupiens, upe divina fretus, et apostolica munilus auctoritate, angustissimum et pauperrimum cœnobium )uxta Pedrosum fundavit : quod vitae genus asperrimum, ibi féliciter cœptum, per diversas Hispaniae provincias, usque ad Indias mirificepropagaium fuit. Sanctae Teresiae, cujus probaverat spiritum, in promovenda Carmelitarum reformatione adjutor fuit. Ipsaautema Deo edocta, quod Petri nomine nihil quisquam peteret, quin protinus exaudiretur, ejus precibus .ic commendare, et ipsum adhuc viventem Sanctum appellare consuevit.

f3RIN'ClPl"M obsequia, qui ipsum velui oraculum consulebant, summa humilitate declinans, Carolo Quinto imperatori a confessionibus esse recusavit. Paupertatis rigidissimus custos. una tunica, qua nulla deierior esset, contentus erat.Puritatem ita celui t,

I rofïice de prédicateur, innombrables furent les pécheurs qu'il amena à sincère pénitence. Mais son désir était de ramener la vie franciscaine à la rigueur primitive ; soutenu donc par Dieu et l'autorité apostolique, il fonda heureusement le très étroit et très pauvre couvent du Pedroso, premier de la très stricte observance qui se répandit merveilleusement par la suite dans les diverses provinces de l'Espagne et jusqu'aux Indes. Sainte Thérèse, dont il avait approuvé l'esprit, fut aidée par lui dans son œuvre de la réforme du Carmel. Elle avait appris de Dieu que toute demande faite au nom de Pierre était sûre d'être aussitôt exaucée ; aussi pritelle la coutume de se recommander à ses prières, et de l'appeler Saint de son vivant.

I ES princes le consultaient

1' comme un oracle; mais sa grande humilité lui faisait décliner leurs hommages, et il refusa d'être le confesseur de l'empereur CharlesQuint. Rigide observateur de la pauvreté, il ne portait qu'une tunique, et la plus mauvaise qui se pût trouver. Tel était son délicat amour

Saint Pierre d'AIcantara, Confesseur. 53g

de la pureté, qu'il ne souffrit pas même d'être touché légèrement dans sa dernière maladie par le Frère qui le servait. Convenu avec son corps de ne lui accorder aucun repos dans cette vie. il l'avait réduit en servitude, n'ayant pour lui que veilles, jeûnes, flagellations, froid, nudité, duretés de toutes sortes. L'amour de Dieu et du prochain qui remplissait son cœur, y allumait parfois un tel incendie, qu'on le voyait contraint de s'élancer de sa pauvre cellule en plein air. pour tempérer ainsi les ardeurs qui le consumaient.

CoN don de contemplation ^ était admirable ; l'esprit sans cesse rassasié du céleste aliment, il lui arrivait de passer plusieurs jours sans boire ni manger. Souvent élevé au-dessus du sol, il rayonnait de merveilleuses splendeurs. Il passa à pied sec des fleuves impétueux. Dans une disette extrême, il nourrit ses Frères d'aliments procurés par le ciel Enfonçant son bâton en terre, il en fit soudain un figuier verdovant. Une nuit que, vovageant sous une neige épaisse, il était entré dans une masure où le toit n'existait plus, la neige, susut a fratre, in extremo morbo sibi inserviente, nec Icviter quidem tangi passus sit. Corpus suum perpetuis vigiîiis. jejuniis, flagellis, frigore. nuditate , atque omni génère asperitatum in servitutem redegit. cum quo pactum inierat, ne ullam in hoc sseculo ei requiem prœberet. Caritas Dei et proximi in ejus corde diffusa tantum quandoque excitabat incendium, ut e cellae angustiis in apertum campum prosilire, aerisque refrigerio conceptum ardorem temperare cogeretur.

"■ RATIA contemplatioî nis admirabilis in eo fuit, qua cum assidue spiritus reficeretur, interdum accidit, ut ab omni cibo et potu pluribus diebus abstinuerit. In aéra fréquenter sublatus. miro fulgore coruscare visus est. Rapides fluvios sicco pede trajecit. Fratres in extrema pénurie, cœlitus delata alimonia cibavit. Baculus ab ipso terrae defixus. mox in viridem ficulneam excrevit. Cum noctu iter ageret. densa nive cadente, dirutam domum sinetecto ingres540 Le Temps après la Pentecôte.

pendue en l'air, 6î l'office de toit pour éviter qu'il n'en fût étouffé. Sainte Thérèse rend témoignage au don de prophétie et de discernement des esprits qui brillait en lui. Enfin, dans sa sois mtetroisième année, à l'heure qu'il avait prédite, il passa au Seigneur, conforté par une vision merveilleuse et la présence des Saints. Sainte Thérèse, qui était loin de là, le vit au même moment porté au ciel ; et, dans une apparition qui suivit, elle l'entendit lui dire : O heureuse pénitence, qui m'a valu si grande gloire! Beaucoup de miracles suivirent sa mort, et Clément IX le mit au nombre des Saints.

sus est, eique nix m aère pendula pro tecto fuit, ne illius copia suffocaretur. Dono prophétie ac discretionis spirituum imbutum fuisse sancta Teresia testatur. Denique annum agens sexagesimum tertium , hora qua prjedixerat, raigravit ad Dominum, mirabili visione, Sanctorumque prassentia confortatus. Quera eodem momento in cœlum ferri beata Teresia procul distans vidit ; cui postea apparens dixit : O felix pœnitentia, quae tantam mihi promeruit ^loriam 1 Post mortem vero plurimis miraculis claruit, et a Clémente Nono Sanctorum numéro adscriptus est.

I E voilà donc le terme de cette vie si aus*-- tère, une éternité de gloire * ! » Combien furent suaves ces derniers mots de vos lèvres expirantes : Je me suis réjoui de ce qui m'a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur 2. L"heure de la rétribution n'était pas venue pour ce corps auquel vous étiez convenu de ne donner nulle trêve en cette vie, lui réservant l'autre ; mais déjà la lumière et les parfums d'outre-tombe, dont l'âme en le quittant le laissait investi, signifiaient à tous que le contrat, tidèlement tenu

I. Sainte Thérèse, Vie, xxvii. — 2. Psalm. cxxi, 1.

Saint Pierre d^Alcantara , Confesseur. 541

dans sa première partie, le serait aussi dans la seconde. Tandis que, vouée pour de fausses délices à d'effroyables tourments, la chair du pécheur rugira sans fin contre Tâme qui l'aura perdue ; vos membres, entrés dans la félicité de l'âme bienheureuse et complétant sa gloire de leur splendeur, rediront dans les siècles éternels à quel point votre apparente dureté d"un moment fut pour eux sagesse et amour.

Et faut il donc attendre la résurrection pour reconnaître que, dès ce monde, la part de votre choix fut sans conteste la meilleure? Qui oserait comparer, non seulement les plaisirs illicites, mais les jouissances permises de la terre, aux délices saintes que la divine contemplation tient en réserve dès ce nionde pour quiconque se met en mesure de les goûter ? Si elles demeurent au prix de la m'ortification de la chair, c'est qu'en ce monde la chair et l'esprit sont en lutte pour l'empire * ; mais la lutte a ses attraits pour une àme généreuse, et la chair même, honorée par elle, échappe aussi par elle à mille dangers.

Vous qu'on ne saurait invoquer en vain selon la parole du Seigneur, si vous daignez vous-même lui présenter nos prières, obteneznous ce rassasiement du ciel qui dégoûte des mets dici-bas. C'est la demande qu'en votre nom nous adressons, avec l'Eglise, au Dieu qui rendit admirable votre pénitence et sublime votre contemplation -. La grande famille des Frères Mineurs garde chèrement

i. Gai. V, 17. — 2. Collecte de la fête.

5-^2 Le Temps après la Pentecôte.

le trésor de vos exemples et de vos enseignements ; pour l'honneur de votre Père saint François et le bien de l'Eglise, maintenez-la dans l'amour de ses austères traditions. Continuez au Carmel de Thérèse de Jésus votre protection précieuse ; étendez-la, dans les épreuves du temps présent, sur tout l'état religieux. Puissiez-vous enfin ramener l'Espagne, votre patrie, à ces glorieux sommets d'où jadis la sainteté coulait par elle à flots pressés sur le monde ; c'est la condition des peuples ennoblis par une vocation plus élevée, qu'ils ne peuvent déchoir sans s'exposer à descendre au-dessous du niveau même où se maintiennent les nations moins favorisées du Très-Haut.

►enty, l'humble village de Silésie qui r^^ donna naissance au Saint de ce jour, lui doit d'être connu en tous lieux pour jamais. Retardée par mille obstacles, la canonisation du bienheureux prêtre dont la science et les vertus avaient, au xv« siècle, illustré l'université de Cracovie, fut la dernière joie, le dernier espoir de la Pologne expirante. Elle eut lieu en l'année 1767. Déjà deux ans plus tôt, c'était sur les instances de l'héroïque nation que Clément XIII avait rendu le premier décret sanctionnant la célébration de la fête du Sacré-Cœur. En inscrivant Jean de Kenty parmi les Saints, le magnanime Pontife exprimait en termes émus la reconnaissance de l'Eglise pour l'infortuné peuple, et lui rendait devant l'Europe odieusement oublieuse un hommage suprême '. Cinq ans après, la Pologne était démembrée.

Lisons le récit liturgiq

j E nom de Kenty vint à 1' Jean du lieu de sa naissance, au diocèse de Cracoue de la fcte.

I. Bulla canonizationis.

54-1 Le Temps après la Pentecôte.

cognomen duxit, Stanislao et Anna piis et honestis parentibus natus, morum suavitate, innocentia, gravitate ab ipsa infantia spem fecit maximae virtutis. In universitate Cracoviensi philo sophias ac theologias primum auditor, tum per omnes academiœ gradus ascendendo professer ac doctor, sacra, quam annis multis tradidit, doctrina mentes audientium non illustrabat modo, sed et ad omnem pietatem inflammabat, simul docens scilicet et faciens. Sacerdos factus, nihil de litterarum studio remittens, studium auxit christianas perfectionis. Utque passim ofFendi Deum maxime dolebat. sic eum sibi et populo placare oblato quotidie non sine multis lacrymis incruento sacrificio satagebat . Ilkusienscm parochiam annis aliquot egregie administravit ; sed animarum periculo commotus poste.i dimisit, ac postulante academia ad pristinum docendi oflicium rcdiit.

t iDQfiD tcmporis ab studio supererat,

vie. Stanislas et Anne, ses parents, étaient pieux et de condition honorable. La douceur, l'innocence, le sérieux de l'enfant donnèrent dès l'abord l'espérance pour lui des plus grandes vertus. Etudiant de philosophie et de théologie en l'université de Cracovie, il parcourut tous les grades académiques, et, devenu professeur et docteur à son tour, enseigna longtemps la science sacrée; son enseignement n'éclairait pas seulement les âmes, mais les portait à toute piété; car il enseignait à la fois de parole et d'exemple. Devenu prêtre, sans rien relâcher de son zèle pour l'étude, il s'attacha plus encore que par le passé aux pratiques de la perfection chrétienne. L'offense de Dieu, qu'il rencontrait partout, le transperçait de douleur; tous les jours, pour apaiser le Seigneur et se le rendre propice à luimême ainsi qu'au peuplé fidèle, il offrait le sacrifice non sanglant avec beaucoup de larmes. Il administra exemplairement quelques années la paroisse dllkusi ; mais effrayé du péril de la charge des âmes, il s'en démit et, sur la demande de l'université, reprit sa chaire.

Tour ce qui lui restait de tempsi sur l'étude était

Saint Jean de Kenty; Confesseur. 54b

consacré soit au salut du prochain, principalement dans le ministère de la prédication, soit à l'oraison, où l'on dit qu'il était quelquefois favorisé de visions et d'entretiens célestes. La passion de Jésus-Christ s'emparait à tel point de son âme, qu'il passait à la contempler des nuits entières; il fit, pour s'en mieux pénétrer, le pèlerinage de Jérusalem, ne craignant pas, dans son désir brûlant du martyre, de prêcher aux Turcs eux-mêmes le Christ crucifié. Il fit aussi quatre fois le voyage de Rome, marchant à pied et portant son bagage, pour visiter les tombeaux des Apôtres, où l'attiraient son dévouement, sa vénération pour le Siège apostolique, et aussi, disait-il, son désir de se libérer du purgatoire par la facilité qu'on y trouve à toute heure de racheter ses péchés. Ce fut dans un de ces voyages que, dépouillé par les brigands et leur ayant sur in:erpellation déclaré qu'il n'avait plus rien, il se ressouvint de quelques pièces d'or cousues dans son manteau, et rappela en criant les voleurs qui fuyaient, pour les leur donner ; mais ceux-ci, admirant la candeur du Saint et sa générosité, lui rendirent d'eux-mêmes tout ce qu'ils avaient pris. Il voulut,

partim saluti proximorum. sacris prœsertim concionibus curandse, partim orationi dabat, in qua cœlestibus quandoque visionibus et colloquiis dignatus fertur. Christi vero passione sic afficiebatur, ut in ea contemplanda totas interdum noctes duceret insomnes, eju;que causa mclius recolendœ Hierosolymam percgrinatus sit : ubi et martyrii desiderio flagrans, Turcis ipsis Christum crucifixum praedicare non dubitavit. Quater etiam ad Apostolorum limina pedes, atque viaria onustus sarcina Romam venit, tum ut Sedem apostolicam, cui maxime addictus fuit, honoraret, tum ut sui (sic enim aiebat) purgatorii pœnas exposita illic quotidie peccatorum venia redimeret. Quo in itinere a latronibus olim spoliatus, et numquid haberet prseterea interrogatus, cum negasset, aureos deinde aliquot suo insutos pallio recordatus, fugientibus hos etiam clamans obtulit latronibus : qui viri sancti candorem simul, et largitatem admirati, etiam ablatos ultro reddidere. Alîenœ famœ

'■•4G ^^ Temps après la Pentecôte.

ne quis detraheret, descriptis beati Augustini exemple, in pariete versiculis, se atque alios perpétue voluit admonitos. Famelicos de suo etirtm obsonio satiabat : nudos autem non emptis modo, sed detractis quoque sibi vestibus et calceis opcriebat, demisso ipse intérim usque ad terram pallie, ne domum nudipes redire videretur.

B REVIS illi somnus, atque humi ; vestis, quae nuditatem, cibus, qui mortem dumtaxat arceret. Virginalem pudicitiam, velut lilium inter spinas , aspero cilicio , flagellis atque jejuniis custodivit Quin et per annos ante obitum triginta circiter et quinque ab esu carnium perpétue absiinuit. Tandem dierum juxta ac meritorum plenus, cum vicina?, quam praesensit, morti se diu diligenterque praeparasset, ne qua re amplius teneretur, si quid demi supererat, id emnino pnuperibus distribuit. 'J"um Ecclesiaî sacranientis rite munitus. dissoivi jam cupiens, et esse cum Christo, pridic

comme saint Augustin, avoir perpétuellement gravé sur la muraille l'avertissement pour lui et les autres de respecter la réputation du prochain. 11 nourrissait de sa table ceux qui avaient faim ; il donnait à ceux qui étaient nus non seulement les habits qu'il achetait dans ce but, mais ses propres vêtements et chaussures, faisant alors en sorte de laisser tomber son manteau jusqu'à terre pour qu'on ne s'aperçût pas qu'il revenait nu-pieds à la maison.

SON sommeil était court, et il le prenait par terre ; il n'avait d'habits qu'assez peur se couvrir ; il ne mangeait que pour ne pas mourir de faim. Un dur cilice, la discipline, les jeûnes étaient ses moyens de garder sa virginale pureté comme le lis entre les épines. Il s'abstint mc-me absolument de chair en ses repas durant environ les trente-cinq années qui précédèrent sa mort. Plein de jours et de mérites, il sentit enfin l'approche de cette mon à laquelle il s'était si longtemps, si diligemment préparé ; et, dans la crainte d'être retenu par quoi que ce fût de la terre, il distribua aux pauvres, sans nulle réserve, tout ce qui pouvait lui rester. Alors, religieusement muni des sacri^nu-nts

Saint Jean de Kent}', Confesseur. 54 j

de /'Eglise, ne désirant plus que de voir se rompre ses liens pour être avec JésusChrist, il s'envola au ciel la veille de Noël. Les miracles qui l'avaient illustré pendant sa vie continuèrent après sa mort. On porta son cojps à Sainte- Anne, l'église de 1 université, voisine du lieu où il avait rendu l'âme, et on l'y ensevelit avec honneur Le temps ne fit qu'accroître la vénération du peuple et le concours à son tombea»; la Pologne et la Lithuanie saluèrent et honorèrent en lui l'un de leurs patrons principaux. De nouveaux miracles éclatant toujours, Clément XIH, Souverain Pontife, l'inscrivit solennellement dans les fastes des Saints, le dix-sept des calendes d'août de l'année mil sept cent soixante-sept.

I 'Eglise ne cesse point de vous dire toujours,

•^ et nous vous disons avec la même indomptable espérance : ce O vous qui jamais ne refusâtes de secourir personne, prenez en mains la cause du royaume où vous naquîtes : c'est la demande de vos concitoyens de Pologne, c'est la prière de ceux-là même qui ne sont pas de leur nombre i. » La trahison dont fut victime votre malheureuse patrie n'a point cessé de peser lourdement sur l'Europe déséquilibrée. Combien, hélas! d'autres poids

Nativitatis ejus, in cœ- lum evolavit, miraculis ante et post mortem clarus. Mortuus ad proximam academiae ecclesiam sanctae Annœ delatus est, ibique honorifice sepultus. Auctaque in dies populi veneratione ac frequentia inter primarios Poloniae ac Lithuanias Patronos religiosissime colitur. Novisque coruscans miraculis, a Clémente Decimotertio Pontifice Maximo decimo septimo calendas augusti, anno millesimo septingentesimo sexagesimo septimo, solemni ritu Sanctorum fastis adscriptus est.

I. Hymne des Matines de la fête.

5-/<*^' ^(-" Temps après la Pentecôte.

écrasants sont venus s'entasser depuis dans la balance des justices du Seigneur ! O Jean, enseignez-nous à l'alléger du moins de nos fautes personnelles ; c'est en marchant à votre suite dans la voie des vertus, que nous mériterons l'indulgence du ciel ' et avancerons l'heure des grandes répajations.

I. Collecte.

l\ 1 un Al?|('>\. MWil.

N ne connaissait pas de moine en Syrie avant saint Hilarion, dit | saint Jérôme, son historien. Il fut en ce pays l'instituteur de la vie rnonastique et le maître de ceux qui l'embrassèrent. Le Seigneur Jésus avait son Antoine en Egypte, en Palestine son hilarion, le premier chargé d'ans, le second jeune encore '. » Or le Seigneur ne tardait pas d'élever à tel point celui-ci en gloire, qu'Antoine disait aux malades qu'attirait de Syrie j la renommée de ses miracles : a Pourquoi I vous fatiguer à venir de si loin, quand vous ! avez près de vous mon fils Hilarion ^ ? » i

Hilarion cependant n'avait passé auprès | d'Antoine que deux mois ; lesquels étant | écoulés, le patriarche lui avait dit : a Persévère jusqu'à la fin, mon fils ; et ton labeur te vaudra les délices du ciel » Après quoi, remettant un cilice et un vêtement de peau à •cet enfant de quinze ans qu'il ne devait plus revoir, il l'avait renvoyé sanctifier les solitudes de sa patrie, pendant que lui-même s'enfonçait plus avant dans le désert 3.

L'ennemi du genre humain, qui pressentait ! un adversaire redoutable dans le nouveau j

III. — 3. Ihid. I, ex grfeca vcrsione .

55o Le Temps après la Pentecôte.

venu de la solitude, engagea contre lui de terribles combats. La clïair même du jeune ascète, malgré ses jeûnes, fut la première complice dç l'enfer. Mais, sans merci pour un corps si délicat et si frêle, au témoignage de l'historien, que tout effort eût paru devoir le réduire à néant, Hilarion s'écriait indigné : « Ane, je saurai faire que tu ne regimbes plus ; je te materai par la famine, je t'écraserai sous les fardeaux, je te ferai marcher par tous les temps ; tu crieras tant la faim, que tu ne songeras pas au plaisir *. »

Vaincu de ce côté, l'ennemi trouva d'autres alliés pour, croyait-il, ramener par la crainte Hilarion vers les lieux habités. Mais aux voleurs se jetant sur sa pauvre cabane de joncs, le Saint disait en souriant : a Celui qui est nu ne craint pas les voleurs. » Et ceux-ci, touchés d'une si grande vertu, ne cachaient pas leur admiration, et promettaient d'amender leur vie ^.

C'était l'heure pour Satan d'entrer luimême en lice, comme il l'avait fait avec Antoine, et sans plus de succès. Nul trouble ne pouvait plus atteindre aux régions sereines où la simplicité de cette âme l'avait portée. Un jour que le démon, entré dans le corps d'un chameau rendu par lui furieux, se précipitait sur le Saint avec d'horribles cris, il s'attirait la réponse : a Tu ne m'effraies pas; renard ou chameau, avec toi c'est tout un. >» Et l'énorme bête tombait, domptée, à ses pieds 3.

T. HiERON. in Vita S. Hilarionis, cap. I. — 2. Ibid.

Saint Hilarion, Abbé. 55 j

L'épreuve fut plus dure, et la ruse plus habile du côté de l'enfer, lorsque, voulant se dérober à l'immense concours qui ne cessait point d'assiéger sa pauvre cellule, Hilarion vit l'ennemi se faire malicieusement le portevoix de sa renommée, et lui ramener sous tous les cieux ces foules qui opprimaient son âme. Vainement quitte-t-il la Syrie, pour parcourir l'Egypte en tous sens ; vainement, traqué de désert en désert, il traverse la mer, espérant se cacher en Sicile, en Dalmatie, en Cnypre. Du navire qui le promène au milieu des Cyclades, il entend dans chaque île les esprits infernaux s'appeler par les villes et les bourgs, et courir aux rivages près desquels il passe. A Paphos où il aborde, c'est le même concours de démons amenant à leur suite des multitudes humaines; jusqu'à ce que Dieu, prenant en pitié son serviteur, lui fait trouver un lieu inaccessible à ses semblables, où il est seul enfin en la compagnie des légions diaboliques qui jour et nuit l'entourent. Loin de trembler, dit son biographe, il prenait plaisir à ce voisinage des habitués bien connus de ses luttes de jadis, et il vécut là en grande paix les cinq années qui précédèrent sa mort '.

Voici le récit, résumé de celui de saint Jérôme, que lui consacre l'Eglise :

NÉ à Tabathe, en Pales- j rj ilarion, ortus Tabatine, de parents infidèles, 11 thœ in Palœstina ex

•Hilarion fut envoyé pour ses | parentibus infidelibus ï. HiEROX. Vila S. Hilarionis, III, I\', V

552 Le Temps après la Pentecôte.

Alexandriam m i s s us studiorum causa, ibi morum et ingenii laude rioruit : ac Jesu Christi suscepta religione , in fide et caritate mirabiliter profecit. Frequens enim erat in ecclesia, assiduus in jejunio et oratione : omnes voluptatum illecebras et terrenarum rerum cupiditates contemnebat. Cum autem Antonii nomen in^Egypto celeberrimum esset, ejus videndi studio in solitudincm contendit: apud quem duobus mensibus omnem ejus vitae rationem didicit. Domum reversus, mortuis parentibus , facultates suas pauperibus dilargitus est . necdum quintum dccimum annum cgressus, rediit in solitudincm, ubi, exstructa exigua casa, qu£e vix ipsum caperet, humi cubabat. Nec vero saccum, quo semel amictus est, umquam aut lavit, aut mutavit, cum supcrvacaneum esse diceret, munditias in cilicio qujcrcrc.

IN sanctarum litterarum lectione et meditatione multus erat Paucas ficus et succum herbarum ad victum adhibcbat ; ncc illis ante

études à Alexandrie ; il y brilla par la pureté de sa vie et par ses talents, que relevèrent encore d'admirables progrès dans la foi et la charité, quand il eut embrasse la religion de Jésus-Christ. Assidu h l'église, persévérant dans le jeune et la prière, il méprisait tous les faux plaisirs et foulait aux pieds les désirs terrestres. Le nom d'Antoine était célèbre alors en toute l'Egypte ; il entreprit pour le voir un voyage au désert ; deux mois qu'il passa près de lui apprirent pleinement à Hilarion sa manièrt de vie. De retour chez lui, ses parents étant morts, il distribua leur héritage aux pauvres, et, non encore sorti de sa quinzième année, reprit le chemin de la solitude L'étroite case qu'il s'y construisit le contenait à peine. Il y couchait parterre. Jamais il ne lava ou changea le sac revêtu alors, disant qu'il était superflu de mettre de la recherche dans un cilice.

L saintes Lettres prenait une bonne part de sa vie. Quelques figues et le suc des herbes étaient sa nourriture, qu'il ne prenait jamais avant

Saint Hilarion^ Abbc.

le coucher du soleil. Sa mortification, son humilité dépassaient toute croyance ; vertus qui, avec d'autres, le firent triompher d'effrayantes et multiples tentations de l'enfer, comme elles lui donnèrent puissance pour chasser en beaucoup de pays d'innombrables démons des corps qu'ils possédaient. Fondateur de nombreux monastères, illustre par ses miracles, il était dans sa quatre-vingtième année, quand la maladie l'arrêta ; sous la violence du mal, prêt à rendre le dernier souffle, il disait : Sors, que crains-tu ? Sors, mon âme, pourquoi hésiter ? il y a près de soixante-dix ans que tu sers le Christ, et tu crains la mort ? Il expira en prononçant ces mots.

solis occasum vescebatur. Continentia et humilitate fuit incredibili.Quibus aliisque virtutibus varias horribilesque tentationes diaboli superavit , et innumerabiles daemones in multis orbis terras partTbus ex hominum corporibus ejecit. Qui octogesimum annum agens, multis asdificatis monasteriis, et clarus miraculi^, in morbum incidit : cujus vi cum extremo pêne spiritu conflictaretur, dicebat : Egredere, quid times ? egredere, anima mea, quid dubitas ? septuaginta prope annis servisti Christo, et mortem times ? Quibus in verbis spiritum exhalavit

p TRE Hilarion, et redouter de mourir! S'il ^ en est ainsi du bois vert, que sera-ce du bois sec ' 9 Illustre Saint, pénétrez-nous de l'attente des jugements de Dieu. Appreneznous que la crainte chrétienne ne oannit pas l'amour. C'est elle, bien au contraire, qui dégage ses abords et y conduit, pour ensuite l'escorter sur la route de la vie comme une garde attentive et fidèle. Elle fut votre sécurité à l'heure suprême ; puisse-t-elle, après avoir comme les vôtres assuré nos sentiers, nous

554 Le Temps après la Pentecôte.

introduire nous - mêmes directement aux deux !

CAiNT Hilarion fut en Orient Tun des pre•^ miers Confesseurs, sinon le premier d'entre eux, honoré d'un culte public à côté des Martyrs. En Occident, la blanche armée qu'Ursule conduisit à cette date au triomphe, relève de sa gloire l'auréole du saint moine auquel l'Eglise Mère a maintenu les premiers honneurs de cette journée.

On sait comment, au 21 octobre 45 1, Cologne devint l'égale des plus illustres cités pour les siècles éternels. La critique peut discuter, elle ne s'en fait point faute, les circonstances cjui présidèrent au recrutement de la légion virginale; mais le fait même de l'existence des onze mille élues que la flèche des Huns récompensa de leur fidélité par le martyre, n'a plus rien que rejette aujourd'hui la vraie science. La terre qui recouvrait tant de nobles victimes les a plus d'une fois en effet, par multitudes, rendues à la lumière ; et elles étaient accompagnées des signes de la vénération de ceux qui les ensevelirent, en laissant, par une heureuse inspiration, la flèche libératrice fixée comme un joyau de victoire à la poitrine ou au front des élues.

Tandis que la bienheureuse phalange voyait Angèle de Mérici lui confier ses filtes et les nombreuses enfants qu'elles élèveront jusqu'à la fin des temps dans la crainte du Seigneur, la grave Sorbonne lui dédiait son église ainsi qu'à la Mère de Dieu; et, comme il se faisait aussi dans les universités de Coïmbrc et de

Mém. de Ste Ursule et de ses Compagn, 55.5

Vienne , elle prononçait un panégyrique annuel à Ja louange. Le Portugal, enrichi de quelques-unes de ses reliques précieuses, portait son culte aux Indes. Les fidèles s'organisaient en pieuses confréries, pour mériter son assistance à l'heure du dernier combat. Nous-mêmes, avec le Bienheureux Hermann, son dévot client, disons-lui ces strophes du très suave Office qu'il composa en son honneur.

VIERGES glorieuses, exaucez ma prière et, quand viendra l'heure de la mort, ne tardez pas, secourez-moi ; soyez présentes au moment redoutable, défendez-moi de l'assaut des démons.

Qu'aucune de vous n'y fasse défaut ; qu'à votre tète soit tout d'abord la Vierge Mère. Si quelque fange alors laisse en moi sa souillure importune, écartez-la bien loin par votre prière. Que l'ennemi sache votre présence, et qu'il soit confondu.

OPR^CL.4R.EV0S puellae, Nunc impiété meum

velle, Et dum mortis venit

hora, Subvenite sine mora : In tara gravi tempestatc Me praesentes defensate A dsemonum instantia.

Nullavestrumibidcsit, Virgo Mater prima

praesit. Si quas mihi faex inhaesit, Quae me sua labe Isesit, Vestra prece procul fîat. Vos ,pra-sentes hostis

sciât. Et se confusum doleat.

Terminons, avec l'Eglise elle-même, par la prière qui suit.

EIGN'EUR notre Dieu, ac- ! FN a nobis, qujesumus cordez-nous de vénérer lJ Domine Deus nos556 Le Temps après la Pentecôte.

ter : sanctarum Virginum et Martyrum tuarum Ursulœ et Sociarum ejus palmas inccssabili devotione venerari ; ut quas digna mente non possumus celebrare, humilibus saltem frequentemus obscquiis. Per Dominum.

et d'honorer sans fin les palmes de vos saintes Vierges et Martyres Ursule et ses Compagnes ; ne pouvant les célébrer comme elles le méritent , puissions - nous du moins leur faire agréer notre humble empressement. Par Jésus-Christ.

'e voisinage de la grande solennité qui doit bientôt faire converger sur nous les splendeurs du ciel, inspire un recueillement profond à l'Eglise. Sauf l'hommage qu'elle tient à i ndre à leur date aux glorieux Apôtres Simon et Jude. c'est à peine si quelques fêtes clair-semées du rit simple viennent tempérer le silence de ces derniers jours d'octobre. Il convient d'adapter nos âmes aux dispositions de la Mère commune. Mais ce ne sera pas y déroger, que de donner un souvenir rapide à l'Archange célébré par nombre d'églises particulières en ce jour.

Le ministère que remplissent près de nous les esprits célestes, est admirablement exprimé dans les scènes gracieuses qui revêtent d'un charme si pénétrant l'histoire de Tobie. Rappelant les bons offices du guide et de l'ami qu'il appelle encore son frère Azarias. Tobie le jeune dit à son père : « Comment répondre à ses bienfaits ? Il m"a conduit et ramené sain et sauf. Lui-même a recouvré l'argent que nous devait Gabélus. > lui je dois d'avoir rencontré l'épouse qui m'était destinée, tandis qu'il chassait d'elle le démon, et remplissait de joie ses parents. Il m'a moimême délivré du poisson qui allait m'englou558 Le Tevips après la Pentecôte.

tir. Il vous a fait voir enfin la lumière du ciel, et nous avons été remplis par lui de tous biens *. »

Et pèreet fils voulant à la manière deshommes marquerleur gratitude àqui l'avaitsi bien méritée, l'ange se découvre alors pour reporter toute leur reconnaissance au bienfaiteur suprême « Bénissez le Dieu du ciel, et glorifiez-le devant tout ce cjui a vie ; car il a fait éclater sur vous sa miséricorde. Quand vous priiez dans les larmes et ensevelissiez les morts, je présentais votre prière au Seigneur. Et parce que vous étie:{ agréable à Dieu, il était nécessaire que vous fussie:{ éprouvé par la tentation. Et maintenant, le Seigneur m'a envoyé pour vous guérir et délivrer du démon l'épouse de votre fils Car je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui nous tenons devant le Seigneur. Paix à vous; ne craignez pas, et chantez à Dieu -. »

Célébrons nous aussi les bienfaits du ciel. Car aussi sûrement que Tobie voyait de ses yeux l'archange Raphaël, nous savons par la foi que l'ange du Seigneur accompagne nos pas du berceau à la tombe Ayons, pour lui, même confiant abandon : et la route de la vie, plus semée de périls que ne l'était celle du pays des Mèdes. n'aura cependant pour nous que sécurité; et les rencontres y seront heureuses, car elles seront celles que nous préparait le Seigneur ; et, rayonnement anticipé de la patrie, la bénédiction se répandra de nous par notre ange sur tous nos proches.

Saint Raphaël, Archange. 55g

Njous emprunterons au Bréviaire Ambrosien '^ cette Hymne à l'honneur du radieux Archange.

RAPHAËL, divin guide, reçois avec bonté l'hymne sacrée que te dédient nos voix suppliantes et joyeuses.

Dirige pour nous la course du salut, soutiens nos pas ; que nous n"errions jamais à l'aventure, ayant perdu le sentier du ciel.

Regarde-nous des cieux ; remplis nos âmes de la splendeur brillante qui descend du Père saint des lumières.

Rends aux malades la santé, fais cesser la nuit des aveugles ; en guérissant les corps, réconforte les cœurs.

Toi qui te tiens devant le souverain Juge, plaide la cause de nos crimes ; apaise du Tout-Puissant la colère vengeresse, ô toi à qui nous confions nos prières.

r\ iviNEductor, Raphaël,

1 ' Hymnum benignus suscipe, Quem nos canendo supplices, Laetis sacramus vocibus.

Cursum salutis dirige, Gressusque nostros promove : Ne quando aberrent devii, Coeli relicto tramite.

Tu nos ab alto respice : Lucem micantem desuper, A Pâtre sancto luminum, Nostris refundas menti--

bus.

^gris medelam perfice,

Cœcisque noctem discute :

Morbos fugando corporum,

Dona vip^orem cordibus.

Astans superno Judici, Causam pérora criminum ; Iramque mulce vindicem, Fidus rogator Numinis.

56o Le Temps après la Pentecôte.

Magni resumptor praelii, Hostem superbum deprime : Contra rebelles spiritus Da robur, auge gratiam.

Deo Patri sit gloria, Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Et nunc, et in perpetuum.

Amen.

Toi qui repris le grand combat, confonds notre ennemi superbe ; pour triompher des esprits de révolte, donne-nous force, augmente en nous la grâce.

Soit gloire à Dieu le Père, ainsi qu'à son Fils unique, avec l'Esprit Paraclet, et maintenant et toujours.

Amen.

HRYSANTHE, époux vicrgc dc la vierge rjaria, s'unit dans la confession du Seigneur à celle qu'il a conquise au christianisme et à l'amour de l'angélique vertu. Nos pères entouraient d'une vénération fervente les saints époux qui ne connurent dautre lit nuptial que la carrière de sable où Rome païenne les ensevelit vivants pour venger ses faux dieux i.

La fosse meurtrière, se refermant sur eux, leur avait donné la fécondité du martyre. Au jour anniversaire de leur triomphe, un groupe nombreux de fidèles s'était porté à l'arénaire de la via Salaria pour la synaxe liturgique, quand des païens survenant murèrent l'entrée du souterrain. Bien des années s'écoulèrent. Lorsque l'heure de la victoire eut sonné pour l'Eglise et que les chrétiens retrouvèrent le chemin de la crypte sacrée, un spectacle unique s'offrit à leurs yeux: en face de la tombe où reposaient Chysanthe et Daria, la famille engendrée par eux au martyre était rangée dans l'attitude où l'avait saisie le moment suprême ; près des ministres de

I. Sponsos torus. fossa capit vivos : Sequentia ex

Propric EifTliensi, Munstereifel.

l'autel, qu'entouraient les hommes, les femmes et les enfants formant l'assistance de cette Messe solennelle s'il en fut, se voyaient encore les vases d'argent du Sacrifice auquel l'Agneau vainqueur avait si pleinement associé tant de nobles victimes. Damase orna de monumentales inscriptions ce lieu vénérable. Nul cependant n'osa toucher les corps saints, ni rien changer à la disposition de Tincompa- " rable scène. La crypte fut de nouveau murée ; mais une étroite ouverture permettait au pèlerindeplonger la vue dans l'augustesanctuaire, et de s'antmer pour les luttes de la vie en contemplant ce qu'avaient exigé de nos devanciers dans la foi les siècles du martyre *.

Voici la Légende liturgique consacrée à ce jour.

CHRVSANTHUS et Daria con'uges. nobili génère nati, fide etiam clariores. quam Daria, mariti opéra, cura baptismo susceperat ; Romae innumerabilem hominum mullitudinem, haec mulierum, ille virorum, ad Christum converterunt. Quare Celerinus praefectus comprehensos Iradidit Claudio tribune : qui jussit a militibus ChrysaïUhum vinctum cruciatibus torqueri; sedvincula omnia

CHRVSANTHE ct Daria étaient unis par les liens du mariage. De noble race, la foi que Daria avait reçue par les soins de son époux, en même temps que le baptême, les rendait plus illustres encore. A Rome, ii> convertirent au Christ um multitude sans nombre , rhrvsanthe lui gagnant le-- hommes et Daria les femmes, ("e qu'apprenant, \c préfet Célérinus les tit saisir et les remit au tribun Claudius. Or, celui-ci ayant donne l'ordre aux soldats de lier

I. Grec. Turon. De gloria Martyrum, I, xxxvni.

s. Chrysanthe et Stc Daria , Martyrs. 563

Chrysanthe et de le soumettre à la torture, tous les liens se rompirent, et comme on le mettait dans les entraves, elles furent brisées.

ON l'exposa ensuite, cousu dans la peau d un bœuf, aux rayons d'un soleil brûlant ; puis, les pieds et les mains chargés de chaînes, on le jeta au fond d'un obscur cachot ; mais les chaînes tombèrent, et une lumière éclatante remplit la prison. Pour Daria, enfermée dans un lieu de débauche, elle eut recours à la prière, et fut protégée contre toute injure par un lion divinement envoyé. Tous deux enfin, conduits dans un arénaire de la voie Salaria, y furent précipités dans une fosse que l'on remplit de pierres ; ce fut ainsi qu'ensemble ils gagnèrent la couronne du martyre.

resoluta sunt ; mox compedes, in quos conjectus fuerat, confracti.

DEINDE bovis corio inclusum, in ardentissimo sole constituunt ; tum pedibus ac manibus catenaconstrictis, in obscurum carcerem detrudunt : ubi solutis catenis, clarissima lux locum illustravit. Daria vero in lupanar compulsa, leonis tutela, dum in oratione defixa est, a contumelia divinitus defensa est. Denique in arenariam, quas est via Salaria, uterque ductus, effossa terra, lapidibus obruti, parem martyrii coronam adepti sunt.

E donnerai à mes Saints une place de marque dans le royaume de mon Père, dit le Seigneur '. Ainsi chante l'Epouse, célébrant les xMartyrs. Et voulant elle-même se conformer en ce qui vous concerne à la parole de l'Epoux, elle fait de l'insigne basilique du Latran votre demeure sur terre, et vous assigne comme lit d'honneur et de repos le réduit sacré, la confession même sur laquelle

504 Le Temps après la Pentecôte.

repose l'autel majeur de l'Eglise maîtresse et mère des Eglises *. Digne récompense de vos labeurs et de vos souffrances, en cette Rome où il vous fat donné de participer à la prédication des Apôtres et de sceller comme eux de votre sang la parole sainte Ne cessez pas de justifier la confiance de la Ville éternelle: rendez sans cesse plus féconde sa foi qui fut toujours pure ; jusqu'au moment où sonnera l'heure de chasser l'étranger, maintenez inaltérable son dévouement au Pontiferoi dont le séjour fait d'elle la capitale du monde, le vestibule du ciel. Mais vos reliques saintes ont aussi, par la munificence de Rome, porté au loin leur protection puissante. Daignez appuyer de votre crédit la prière que nous empruntons à vos dévots clients d'Eifflia 2 : « O Dieu qui avez dans vos saints Chrysanthe et Daria relevé l'honneur de la virginité par la consécration du martyre, faites que, soutenus de leur intercession, nous éteignions en nous la flamme des vices et méritions d'être votre tem.ple en la compagnie des cœurs purs. »

I. S. Rit. Congr. 7 Aug. iSSy, ad archiep. Colon.

— 2. Munstereifel, monastère et ville de l'archidiocèse de Cologne, honorant comme patrons saint Chrysanthe et sainte Daria.

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ANDis que Jean le bien-aimé voyait entin venir à lui le Seigneur et quittait pour le ciel son séjour d'Ephèse, Rome, sous Evariste, achevait d'arrêter les dispositions du long pèlerinage qui ne se terminera pour elle qu'au dernier des jours. La période bénie des temps apostoliques est définitivement close ; mais la Ville éternelle accroît sans fin son trésor de gloire. Le pontificat nouveau voit la vierge Domitille cimenter dans le sang des Flavii, par son martyre, les fondations de cette Jérusalem qui remplace la première, détruite par les siens. Puis c'est Ignace d'Antioche, app^ortant « à l'Eglise qui préside dans la charité * » le témoignage suprême ; froment du Christ, la dent des fauves du Colisée donne satisfaction à son désir et fait de lui un pain vraiment pur 2.

EVARISTE, né en Grèce d'un père juif, fut Souverain Pontife au temps de l'empereur Trajan Ce fut lui qui divisa, entre les prêtres romains les titres des églises de la ville, et ordonna que

EVARISTUS Graecus ex Judaeo pâtre. Trajano imperatore, pontificatum çessit. Qui ecclesiarum titulos urbis Romse presbyteris divisit. et ordinavit, ut septem diaconi

566 Le Temps après la Pentecôte.

episcopum custodirent, dura evan^elicae prasdicationis officio fun^eretur. Idem constituit ex traditione apostolica, ut matrimonium publiée ceIcbretur, et sacerdotis benedictio adhibeatur. Prsefuit Ecclesiae annos novem , menses très, presbyteris decem et septem, diaconis duobus, episcopis q u i n d e c i m, quater mense decembri ordinatis. Martyrio coronatus, prope sepulchrum Principis Apostolorum in Vaticano sepultus est, septimo calendas novembris.

les sept diacres assisteraient l'évèque quand il prêcherait. Conformément à la tradition apostolique, il ordonna en outre que le mariage se célébrât publiquement et fût béni par le prêtre. Il gouverna lEglise neuf ans et trois mois; en quatre Ordinations au mois de décembre, 1 ordonna dix-sept prêtres, deux diacres, quinze évéques. Couronné du martyre, on l'ensevelit près du Prince des Apôtres, au Vatican, le sept des calendes de novembre.

\T ous êtes le premier des Pontifes à qui l'E- ' glise se trouva confiée, quand disparurent les derniers de ceux qui avaient vu le Seigneur. Le monde maintenant pouvait dire, sans aucune restriction : Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus désormais de cette sorte ^ L'exil devenait plus obsolu pour l'Epouse; et à cette heure, qui n'était pas sans périls ni angoisses, c'était vous que l'Epoux daignait charger de lui apprendre à poursuivre seule sa route de foi, d'espérance et d'amour. Vous sûtes justifier l'attente de l'Homme-Dieu. Reconnaissance spéciale vous est due de ce chef parla terre, ô Evariste, comme spéciale sans doute est au ssi votre récompense. Veillez toujours

Saint Evariste, Pape et Martyr. ^6j

sur Rome et sur l'Eglise. Enseignez-nous qu'il faut savoir jeûner ici-bas, se résigner à l'absence de l'Epoux * quand il se dérobe, et ne l'en servir pas moins, et ne l'en aimer pas moins de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, de tout notre esprit 2, tant que dure ce monde et qu'il lui plaît de nous y laisser.

.N place de vos pères, des fils vous sont nés ^ Ainsi l'Eglise, reniée par Israël, exalte en ses chants la fécondité apostolique qui réside en elle jusqu'aux derniers jours. Dès hier, prévenant les heures, elle espérait, de cet espoir d'Epouse qui n'est jamais trompé, que les bienheureux Apôtres Simon et Jude devanceraient pour elle en bénédictions la solennité même ^. Telle est en effet la condition de son existence sur terre, qu'elle n'y peut demeurer que si elle donne incessamment des fils au Seigneur. Et c'est pourquoi la Messe du XXVII octobre nous misait lire le texte évangélique où il est dit : « Je suis la vigne, et mon Père est le vigneron ; il retranchera toute branche qui ne porte point de fruit en moi ; et toute branche qui porte du fruit, il la taillera, pour qu'elle en porte davantage ^. » Taille douloureuse, au témoignage encore de cette Messe de Vigile, en son Épître. Au nom des autres sarments qu'honore comme lui le choix divin, l'Apôtre y disait les labeurs,

I. Graduel de la fête, ex Psalm. XLiv, 17. — 2. Collecte de la Vigile. — 3. Evangile de la Vigile, e:c

Saint Simon et Saint Jiide, Apôtres. 56g

les souffrances de toutes sortes, persécutions, malédictions, reniements, au prix desquels s'acquiert le droit d'appeler fils * les hommes engendrés selon l'Evangile dans le Christ Jésus 2. Or en effet, saint Paul y revient plus d'une fois, et spécialement dans l'Epître de la fête, l'objet de cette génération surna turelle des saints n'est autre que la reproduction mystique du Fils de 13ieu, passant à nouveau, chez les prédestinés, de la petite enfance à la mesure de l'homme parfait 3.

Si sobre de détails que se montre l'histoire à l'égard des glorieux Apôtres honorés en ce jour, nous savons dans quelle plénitude ils contribuèrent à ce grand œuvre de la génération des fils de Dieu, que rappelle leur courte Légende. C'est sans repos et jusqu'au sang que, pour leur part, ils édifièrent le corps dît Christ '*■ ; et l'Eglise reconnaissante dit aujourd'hui au Seigneur: « Dieu qui, par vos bienheureux Apôtres Simon et Jude, nous avez donné de parvenir à la connaissance de votre nom ; accordez-nous de célébrer leur gloire immortelle en progressant dans la grâce, d'y progresser en la célébrant », «

On donne pour attribut à saint Simon la scie, qui rappelle son martyre. L'équerre de saint Jude montre en lui l'architecte de la maison de Dieu : ainsi Paul se nommait-il lui-même ^; et dans la septième des Epîtres

I. Epître de la "Vigile, ex I Cor. iv, 9-14. — 2. Ibid.

l5. — 3. Gai. IV, 19 ; Epître de la fête, ex Eph. IV, 7-14. — 4. Ibid. — 5. Collecte de la fête. — 6. I

5~o Le Temps après la Pentecôte.

catholiques, qui reconnaît Jude pour auteur, lui aussi possède un titre spécial à compter parmi les premiers de la grande famille des maîtres ouvriers du Seigneur. Mais il était encore, pour notre Apôtre, une autre noblesse qui dépassait toutes celles de la terre : neveu de saint Joseph par Cléophas ou Alphée son père ^, cousin légalement de l'Homme-Dieu, Jude était de ceux que ses compatriotes appelaient [qs frères du fils du charpentier 2.

Recueillons de saint Jean un détail précieux. Dans l'admirable entretien qui suivit la Cène, l'Homme-Dieu venait de dire : « Si quelqu'un m'aime, il sera aimé de mon Père, et mol aussi je l'aimerai et je me manifesterai à lui. » Jude alors, prenant la parole, demanda: « Seigneur, pourquoi donc vous manifesterezvous à nous, et non pas au monde ? »> Jésus lui répondit : c( Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure Mais celui qui ne m'aime pas, ne garde point mes paroles ; et cette parole que vous avez entendue n'est pas la mienne, mais celle de celui qui m'a envoyé, de mon

Nous savons par l'histoire ecclésiastique que, sur la rin de son règne, et lorsque sévisI. Hegesipp. ex Euseb. Hist. eccl. IV, xxii, —

2. Avec Jacques le Mineur, aussi Apôtre et premier cvéque de Jérusalem, un Joseph moins connu, et Siméon, deuxième évêque de Jérusalem, tous trois fils comme lui de Cléophas et de la bellc-sreur de Notre-Dame désignée en saint Jean (xix. 23) sous le nom de Marie rfe C/e'o/i/jjs. Matth. xni, 33. — 3. JoSaint Simon et Saint Jiide^ Apôtres. 5y i

sait la persécution qu'il avait décriaînée, Domitien fit amener d'Orient pour comparaître devant lui deux petits-fils de l'Apôtre saint Jude. La politique de César avait pris quelque ombraee au sujet de ces descendants d'une race royale, celle de David, qui représentaient par le sang le Christ lui-même que ses disciples exaltaient comme le suprême roi du monde Domitien fut à même de constater que ces deux humbles juifs ne pouvaient être un péril pour l'Empire, et que s'ils regardaient le Christ comme le dépositaire du pouvoir souverain, il s'agissait d'un pouvoir qui ne devait s'exercer visiblement qu'à la fin des siècles. Le langage simple et courageux de ces deux hommes fit impression sur Domitien, et, au rapport de l'historien Hégésippe, auquel Eusèbe a emprunté les faits que nous venons de raconter, il donna des ordres pour suspendre la persécution *.

Nous aurons tout dit, en ajoutant au si bref récit de l'Eglise concernant les deux Apôtres, que Saint-Pierre de Rome et Saint-Sernin de Toulouse se disputent l'honneur de posséder la plus grande part de leurs augustes restes.

t IMON est surnommé le Cananéen et aussi le Zélé. Thaddée, qui est appelé .Tude frère de Jacques dans lEvangile, écrivit une des Epîtres catholiques et préV IMON Chananseus, qui et Zelotes, et Thaddaeus, qui et Judas Jacobi appellatur in Evangelio, unius ex catholicis Epistolis scriptor, hic

l.DoM GuÉRANGER, Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers siècles, ex EusEB. Hist. eccl.

Le Temps afrcs ia Pentecôte.

Mesopotamiam. i 1 1 e .Egyptum evangelica prjedicatione peragravit. Fostea in Persidem convenientes, cum innumcrabiles filios Jesu Christo peperissent, fidemque in vastissimis illis regionibus et efïeratis gentibu3 disséminassent, doctrina et miraculis, ac denique glorioso martyrio, simul sanctissimum JesuChristi nomen illustrarunt .

cha en Mésopotamie, tandis que Simon évangéllsait 1 E- gvpte. La Perse les réunit ; ils V engendrèrent à JésusChrist des fils sans nombre, et propagèrent la foi chez les nations barbares de cet immense territoire. Aux miracles, aux prédications, par lesquels de concert ils glorifiaient le très saint nom de Jésus-Christ, s'adjoignit enfin pour chacun d'eux la gloire du martyre.

E VOUS ai choisis pour porter wi fruit qui demeure ^. C'était la parole que vous adressait l'Homme-Dieu comme aux douze, celle que l'Eglise rappelait à votre honneur en l'Office de la nuit '-. Que reste-t-il cependant du fruit de votre labeur en Egypte, en Mésopotamie, en Perse ? Serait-ce que le Seigneur ou l'Eglise peuvent se tromper dans leurs paroles ou leurs appréciations ? Non certes ; et c'est la preuve qu'au-dessus de la région des sens et par delà le domaine de l'histoire, la vertu répandue sur les douze ne cesse point de couler à travers les âges, qu'elle a sa part en toute naissance surnaturelle développant le corps mystique du Seigneur, accroissant l'Eglise. Mieux que Tobie, nous sommes les "fils des saints ^ , nous ne sommes plus sans famille, mais bien de la maison de Dieu, portés par les Apôtres

T. JoH.4N. XV, i6. — 2. Homil. III' Noct. ex Al'g. in Juh. Lxxxvii. — ". ToB. II, i8.

Saint Simon et Saint Jiide, Afôtres. 5^3

et les Prophètes, qu'unit Jésus-Christ la pierre d'angle ^. O vous qui nous valûtes un tel bien dans les peines et les pleurs, soyez bénis ; maintenez en nous le titre et les droits d'une filiation si précieuse.

Autour de nous, le mal est grand ; restet-ilquelque espoir à laterre ?Mais la confiance de vos dévots clients nous dit, ô Jude, qu'il n'est pour vous nulle cause désespérée ; et quand donc mieux, ô Simon Je Zélé, pourriez-vous justifier votre glorieux surnom ? Daignez exaucer l'Eglise e't l'aider, de toute votre puissance apostolique, à ranimer la foi, à réchauffer la charité, à sauver le monde.

<TiA «TiA <TiA C^ ftiA <viA ctiA <:tiA CT5A CtîJl CtiA CtiA

i-.\ \iGfLi; m-: i a Toussaint.

RÉPARONS nos âmes aux grâces que le ciel s'apprête à verser sur la terre, en retour des hommages de celle- ; ci Telle sera demain l'allégresse de lEglise, qu'elle semblera déjà se croire en ^ possession de l'éternité. Aujourd'hui pourtant, ' c'est sous les livrées de la pénitence qu'elle se montre à nos yeux, confessant bien qu'elle n'est qu'une exilée <. Avec elle, jeûnons et ^ prions. Nous aussi, que sommes-nous que des f voyageurs, en ce monde où tout passe et se ' hâte de mourir ? D'années en années, la solennité qui va s'ouvrir compte parmà nos . compagnons d'autrefois des élus nouveaux | qui bénissent nos pleurs et sourient à nos ! chants d'espérance D'années en années, le | terme se rapproche où nous-mêmes, admis à j la fête des cieux, recevrons l'hommage de l ceux qui nous suivent, et leur tendrons la \ main pour les aider à nous rejoindre au pays du bonheur sans lin. Sachons, dès cette heure, attVanchir nos âmes; gardons nos cœurs libres, au sein des vaines sollicitudes, des plaisirs faux d'une terre étrangère : il n'est pour l'exilé d'autre souci que celui de son

bannissement, d'autre joie que celle où il trouve l'avant-goût de la patrie.

Dans ces pensées, disons avec l'Eglise en ce jour de Vigile ;

SEIGNEUR notre Dieu, faites couler abondamment sur nous votre grâce ; et, comme nous prévenons la glorieuse solennité de vos Saints, puissions-nous mériter par une sainte vie de les suivre au bonheur. Par Jésus-Christ.

r V OMINE Deus noster, iJ multiplica super nos gratiam tuam : et, quorum praevenimus gloriosa solemnia. tribue subsequi in sancta professione lîetitiam. Per Dominum.

EN la manière que nous l'avons commencé, terminons ce mois par un hommage à Marie, Reine du très saint Rosaire et Reine des Saints. Les anciens Missels dominicains nous en fourniront la formule.

VOICI qu'au jardin virginal bourgeonnent les nou"velles pousses et se forment les fleurs; c'est la fertilité du printemps.

C'est la fin des frimas ; l'hiver s'en est allé, et les pluies et la neige avec lui ; les roses ont apparu sur la terre, semées des cieux.

La rose a produit le lis ; puis du jardin de son fils,

\ /IRGiXALis hortuli

V Verni pubentsurculi

Et efflorent pulluli Fecunda propagine.

Gelu et hiems transeunt, Nix et imber abeunt, Rosae in terra prodeunî E cœlesti germine.

Rosa, radix lilii. Usée ex horto filii

5j6 Le Temps après la Pentecôte.

Toto cursu exsilii Collegit plantaria.

Justis ad laetitiam, Reis ad justitiatn, Electis ad gloriam, Cunctis salutaria.

Quce de cœlis attulit Et in terris sustulit, Christus mundo contulit Contra mundum praslians.

Nos hic tectus frondibus, Vulneratus sentibus, Redimitus floribus, Vocans, purgans, prremians.

A stirpis rosariae Gemmis, spinis, foliis Affluentis patriae Fruemur deliciis, Ubi satrix residet.

Atque hujus militiae Lœta sodalitiis Triplicis hiérarchise Ter trinis consortiis Imperatrix residet.

Salve nova triumphatrix Et triumphi reparatrix Ahtiqui certaminis.

Rursus minax saevit ultor,

tant qu'a duré leur exil, elle a cueilli et moissonné

Pour les justes la joie , pour les pécheurs une nouvelle innocence, pour les élus la gloire, pour tous le salut :

Dons que le Christ apporta des cieux, qu'il assura par ses souffrances à la terre,' sauvant le monde qu'il était venu vaincre.

Il se repose sous le feuillage du rosier, se blesse à ses épines, se couronne de ses fleurs : et de la sorte nous appelle, nous justifie, nous récompense.

Grâce donc à la tige bénie, à ses feuilles, à ses ronces, à ses roses, la patrie est à nous: ses délices nous attendent là où demeure l'auguste jardinière.

L'impératrice qui se complaît dans les associations de notre milice sainte, comme elle préside à la triple hiérarchie des neuf chœurs.

Triomphatrice nouvelle, qui réparez l'antique désas-' tre, à vous nos chants !

Mais voici qu'à nouvc m l'ennemi menace el rut^it

La Vigile de la Toussaint. 577

si vous ne l'arrêtez, c'en est fait des chrétiens.

Nous vous saluons, ô vous la demeure du Verbe, sanctuaire du Saint-Esprit, fille du Père souverain.

Contre les traits de l'ennemi, dans les dangers multiples de cette vie, que votre s^ûurs soit sur nous toujours.

Qu'après le combat notre couronne soit formée des roses et des lis que produit le parterre des cieux.

Amen.

Ni résistas, périt cultor Christiani nominis.

Ave Verbi domicilium, Sancti Spiritus sacrarium, Summi Patris filia.

Affer nobis juge auxilium, Sub discrimen vitae varium Contra tela hostilia.

Ut coronent nos post prœlium, Quœ fort cceli viridarium Mixta rosis lilia. Amen.

e Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'églises la Procession, devront d'abord intéresser la piété.

OUS m'arroserez, Sei- I . sperges me, Domine, g ieur, avec l'hysoDe, et | /\ hyssopo, et munda3y

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Si ;.:>

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lavabif me, et super nivem dealbabor.

Ps. Miserere mei. De us, secundum magnam misericordiam t u a m. Gloria Patri. Asperges me.

jK Ostende nobis, Domine, misericordiam tu a m :

$. Et Salutare tuum da nobis.

jK Domine, exaudi orationem meam ;

^. Et clamor meus ad te reniât.

f. Dominus vobiscum ;

ni. Et cum spiritu tuo.

:i purifié ; v

. et je deviendrai plus blanc que la neige.

O I)icu, ayez pitié de moi selon votre grande mi~éle. Gloire au Père, m'arroserez.

jK Montrez-nous, gneur, votre miséricorde;

Kj. Et donnez-nous le Salut que vous nous avez préparé.

f. Seigneur, exaucez ma prière ;

^. Et que mon cri monte jusqu'à

f. Le Seigneur soit avec vous ;

avec votre esprit.

EXAUDI nos , Domine -. sancte, Pater omnipotens, aeîerne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custodiat, foveat. protegat, visitet, atque defendat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Exaucez-nous . Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel ; et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui .jarde. protège, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu, Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Ordinale de la Messe.

AU nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Je m'unis, ô mon Dieu ! à votre sainte Eglise, qui tressaille de joie à l'approche de Jésus-Christ votre Fils, notre Autel véritable.

Comme elle je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.

C'est en vous que j'ai mis mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet à cause des embûches qui me sont tendues.

Faites-moi donc voir celui qui est la lumière et la vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.

Il est le médiateur, l'autel vivant • je m'approcherai de lui et je serai dans la joie.

Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme ! ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.

Espère en lui ; bientôt il va paraître, celui qui est ton Sauveur et ton Dieu.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit;

7 N nomine Patris, et

» Filii , et Spiritus Sancti. Amen.

f. Introibo ad altare Dei,

fi). Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

v UDlCAme, Deus, et disJ cerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso erue me.

Quia tu es, Deus, fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo, dum affligit me inimicus ?

Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.

Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laetificat juventutem meam.

Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?

Sperain Deo, quoniam adhuc confitebor illi •' salutare vultus mei, et Deus meus.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut crat in prin

ne et Bempcr, et in saeculoru m. Amen.

jfr. Introibo ad altarc

% Ad Deum qui laHificat juventutem meam.

f. Adjutorium nostrutn in nomine Domini.

p. Qui fecit ccelum et terram.

nent. et mainten

lonc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la nce de celui dont la venue rajeunit mon âme.

Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.

Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans Ame du Prêtre un vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d"une telle grâce Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et taitcs ensuite ^o re confession avec le ministre, disant a votre tour avec contrition :

CONF1TEOR Deo omnipotenti, beat* Maria? semper Virgini, beato Michaeli Archangelo, beato Johanni Baptistae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis. et tibi Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem. beatum Miehaelem Archangelum, beatutn Johannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et

I E confesse à Dieu toutJ puissant, à la bienheureuse Marie toujours \ îerge, • à saint M:chel Archange, a saint Jean- Baptiste , aux Apôtres sa.nt Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et a vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande iaute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et

Ordinaire de la Messe.

vous, mon Père, de prier

euir moi le Seigneur notre ieu.

QUE le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, qu'il vous remette vos péchés, et vous conduise à la vie éternelle.

Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés.

^ f~\ Dieu, d'un seul

^' \mJ regard vous nous donnerez la vie ;

RZ. Et votre peuple se réjouira en vous.

f. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde ;

BZ. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez préparé.

f. Seigneur , exaucez ma prière ;

RZ. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

f. Le Seigneur soit avec vous ;

R). Et avec votre esprit.

JT'àites disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu, toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présenPaulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro ; me ad Dominum Deum nostrum.

Misereatur vestri omnipotens Deus, et dimjssis peccatis vestris, perducat vos ad vitam œternam.

Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus.

eus, tu conversus vivificabis nos ;

R). Et plebs tua lsetabitur in te.

f. Ostende nobis, Domine, m i s e r i c o r d i a ni tua m ;

R). Et Salutare tuum da nobis.

jfr. Domine, exaudiorationem meam ;

R). Et clamor meus ad te veniat.

f. Dominus vobiscum;

R). Et cum spiritu tuo.

A Ufer a nobis, quae**■ sumus Domine, iniquitates nostras, ut ad Sancta Sanctorum puris

mereamur mentibui introire. Per Christian Doininum nostrum. Amen.

iemandons >tre divin ! Seigneur.

Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :

Oramus te, Domine, pur mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiae hic sunt et omnium Sanctorum, ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.

LNLki.tX soldats de Jésus^J Christ, qui avez mêlé votre sang au sien. : instance pour que nus péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.

Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel. Il dit ensuite l'Introït, qui est suivi des Kyrie.

Au Père :

VRIE, eleison. " Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

1 * Seigneur, ayez pitié !

Seigneur, ayez pitié !

Au Fils :

Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison.

Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié I

Au Saint-Esprit :

Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !

(~ LORlAÎnexcelsis Deo, V_I et in terra pax hominibus bonœ voluntaloire à Dieu au plus haut <JJ. des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.

Ordinaire de la Messe.

Nous vous louons , nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions, nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire.

Seigneur Dieu, Roi céleste/Dieu Père tout-puissant !

Seigneur Jésus-Christ, Fils unique"

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père I

Vous qui ôtez les péchés du monde , ayez pitié de nous.

Vous qui ôtez les péchés du monde , recevez notre humble prière.

Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.

Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ ! avec le SaintEsprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Le Prêtre salue le peuple. Vient ensuite la Collecte ou Oraison, qui se trouve au Propre du Temps ou au Propre des Saints, et à laquelle on doit répondre Amen, avec le ministre qui sert la Messe.

On lira ensuite l'Epître, puis le Graduel et le Verset alléluiatique.

Pour préparation à bien entendre l'Evangile, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :

Seigneur, purifiez mes 1 \k UNDA cor meum, oreilles trop longtemps |

Laudamuste: benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter raagnam gloriam tuam.

Domine Deus, Rexcoelestis, Deus Pater omnipotens.

Domine, Fili unigenite, Jesu Christe.

Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.

Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.

Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.

labia mea, omnipoLe Temps après la Pentecôte.

Deus, qui Prophetae calcule mundasti ignito : i tua

dignare mundare . m sanctum Evangelium tuiim digne valeatn nuntinre. Per Christum I)ominum nostrum. Amen. Dominus sit in corde meo, et in labiis meis, ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum : In nomine Patris, et Filii , et Spiritus Sancti. Amen.

remplies des vaines paroles

! j'entende

-ncllc

et que j s i ^nns

mon cœur ; ;

Fils noire Seigneur. Amen.

nez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous, à jamais.

On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre, ou du Diacre. Après l'E- vangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on dira avec lui :

C^redo in unum Deum, * Patrem omnipotentem, factorem cœli et terra?, visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia srecula. Deum de Deo. lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt.

JE crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; qui n'a pas été fait, mais engendré : consubstantiel au Père : par qui toutes choses ont été faites Qui est descendu

des cieux pour nous autres hommes et pour notre salut ; qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui s'est fait homme. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel; qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura point de fin.

Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

Qui propter nos homines et propter nostram salutem, descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : et homo factus est. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus et sepultus est. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et ascendit in cœ- lum, sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni nonerit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum , et vitam venturi saeculi. Amen.

Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Obîation. Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de* plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire, et quand il présente à Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons :

SUSCIPE, sancte Pater, omo eterne

hanc immaculatam hostiam, qu

indignus fnmulus tuus o(Tero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumcrabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis : ut mihi et illjs proficiat ad salutem in vitam œternam. Amen. |

Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d'eau :

TOUT ce que nous a ncur, vient de vous us ; il est donc ju->te que nous vous le rendions. Mais combien êtes admirable dan-> les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous VOUS offrons va bientôt la place à votre sacré Corps; recevez, dans une même oblation, nos cœurs qui draient vivre de vous et non plus d'eux-mêmes.

DEUS, qui humana? substantiae dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti : da nobis per hujus aqune et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fîeri dignatus est particeps, Jésus Christus, Filius tuus Dominus noster. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia snecula sœculorum. Amen.

Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau :

Offerimus tibi. Do- I \ gréez ces dons, souvenance, malice salu- | ** rain Créateur de toutes

V EiGN'EUR, qui êtes Ij vèr'-

^ table Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.

Ordinaire de la Messe.

ii

choses ; qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrument du salut du monde.

Si nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel, Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faitesnous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.

\] enez, Esprit divin, féconder cette offrande qui est sur l'autel et produire en nos cœurs Celui que nos cœurs attendent.

taris, tuam deprecantes clementiam : ut in conspectu divinœ Majestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. Amen.

ÎN spiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te, Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus.

Ueni, Sanctificator ▼ omnipotens, aeterne Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sancto Nomini praeparatum.

Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même; puis il lave ses mains.

| E veux laver mes mains, Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés Cantiques, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne

I avabo inter înnocenL tes manus meas : et circumdabo altare tuum, Domine ;

Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.

Domine, dilexi decorem domus tua? : et locum habitationis gloriœ tuae.

/ 2 Lé Temps api

juin impiis.

eu m v um vilain incam.

In quorum m iniquitates sunt : . eofum repleta esl muneribus.

autem in innocenta mea ingressus sum : redime me, et miserere inei.

Pes meus stetit in directo : in ecclesiis benedicam te, Domine.

Gloria Palri, et Filio. et Spiritui Sanct" ;

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula sasculorum. Amen.

I)icu. ie de

corde m'en a retil

en grâce i niais ayez encore pi i ! mes rai

encore, vous qui avez. votre bout-}. - pas

dans le sentier: ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Le Prêtre, au milieu de l'autel, s'incline

\ respectueusement.

s

USCIPE, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi oiferimus ob memoriam Passionis ,

IResurrectionis, et Aicensionis Jesu Christi

! Domini nostri, et in honorem beatae Marias semper Virginis, et beati Johannis Baptista?, et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, et istorum, et omnium Sanctorum, ut illis proficiat

î ad honorem, nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercedere diTRINITE sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont

Ordinaire de la Messe.

i3

ils jouissent, et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.

gnentur in cœlis, quorum memoriam agimus in terris. Per eurndem Christum Dominum nostrum. Amen.

Le Prêtre se tourne une dernière fois vers le peuple et il dit :

Priez, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père toutpuissant.

Rj. Que le Seigneur reçoive ce Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise.

Amen.

,<-- rate , Fratres : ut \^) meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiât apud Deum Patrem omnipotentem.

R). Suscipiat Domînus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriani Nominis sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiœ suœ sanctac.

Amen.

Le Prêtre récite les Oraisons secrètes, qu'il termine à haute voix :

Dans tous les siècles des siècles,

Le Seigneur soit avec vous ;

fi|. Et avec votre esprit.

Les cœurs en haut !

R). Nous les avons vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

Rj. C'est une chose digne et iuste,

P, er omnia sœcula saeculorum. fi). Amen. Dominus vobiscum ;

fi|. Et cum spiritu tuo.

Sursum corda !

6). Habemus ad Dominum.

Gratias agamus Domino Deo nostro.

R). Dignum et justum est.

OUI, c'est une cho et juste, équitabl

digêt|V

ère dignum et justum est, sequum et

14 Le Temps après la Pente* < salutare, dos tibi -

et ubiq

Domine sancte ,

omnipotens, sterne

Dcus; qui cum unigenito Filio tuo et Snncto, unus es Deus, unus es Dominus. Non in unitis singularitate personne, sed in unius l'rinitate substantif. Quod enim de tua gloria, révélante te, credimus, hoc de Filio tuo, hoc de Spiritu Sancto, sine diflerentia discretionis sentimus. Ut in confessione verae sempiternœque Deitatis, et in personis proprietas. et in essentia unitas, et in rnajestate ndoretur aequalitas. Quam laudant Angeli atque Archangeli, Chérubin: quoque ac Seraphim, qui non cessant clamare quotidie, una voce dicentes : Sanctue ! > anctus ! S.uictns ! etc.

salutaire , de vous rendre en tout temps ci en tous lieux, Seigneur Père tout-puissant .

éternel, qui. avec VOtl e unique et le Saint-Esprit, êtes un seul Dieu, un seul Seigneur : non en ne faisant qu'une seule personne, mais trois en une seule substance. Car, ce que nous croyons, sur ce que vous avez révélé, au sujet de votre gloire, nous le croyons aussi, sans aucune différence, de votre Fils et du Saint-Esprit : en sorte que, confessant une véritable et éternelle Divinité, nous adorons la propriété dans les personnes, 1 unité dans l'essence et l'égalité dans la majesté. C'est le sujet de la louange éternelle des Anges et des Archange^, des Chérubins et des Séraphins, qui ne cessent de crier d'une voix unanime : : tant ! Saint ! Saint ! etc.

Cette Préface est celle des Dimanches dans l'année. A ous plaçons ici la Préface commune, que l'on emploie, pendant la semaine, à tontes les Messes qui n'en ont pas de propre à une Fête ou au Temps.

*. % ère dignum et justum est, a'quum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne

01, c'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu

Ordinaire de la Messe.

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éternel ; par Jésus-Christ notre Seigneur: par qui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances la révèrent en tremblant, 'es Cieux et les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous puissions tous dire dans une humble confession :

Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées!

Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.

Hosannah au plus haut des cieux !

Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosannah soit à lui au plus haut des cieux!

Deus ; per Christum Dominum nostrum. Per quem Majestatem tuam laudant Angeli, adorant Dominationes, tremunt Potestates; Cœli ccelorumque Virtutes, ac beata Seraphim, socia exsultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admitti jubeas deprecamur, supplie! confessione dicentes :

qanctus, S a ne tu s, '! Sanctus Dominus

Deus sabaoth I

Pleni sunt cœli et terra

gloria tua.

Hosanna in excelsis l

Benedictus qui venit in nomine Domini.

Hosanna in excelsis i

ODieu, qui vous manifestez au milieu de nous par le moyen des Mystèras dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à çon pèlerinage en ce monde. Donnez-lui la paix et l'unité ;

nr E igitur, clementisI sime Pater, per Jesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas haec dona, haec mimera, haec sancta sacrificia illibata ; in primis quœ tibi offerimus pro Ecclesia tua

sancta Catholica : quam pacificare, custodire, adunare et repère digneris toto orbe tei

unacum famulo tu nostro A, et An nostro A/., et omnibus orthodoxis. atque catholicrc et apostolicaj iidei cultoribus.

Mémento, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et JV., et omnium circumstantium, quorum tibi fides cognitac.-t, et nota devotio : pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis, pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et veto.

Communicantes et memoriam vénérantes, in primis gloriosre semper Yirginis Maria?, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martvrum tuorum, Pétri et Pauli, Andreae, Jacobi. Johannis, Thoîm, Jacobi, Philippi, Bartholomœi, Matthœi, Simonis et Thaddœi ■

: la terre ; dû notre Evéque qui

le lien sacré de l'u E le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille ; conserver tous les orthc enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.

pERMETTEZ-MOI, Ô mon

1 Dieu, de vous demai de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce; pardonnez leurs péchés; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.

Ng AIS non seulement, ô

1 mon Dieu, l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie vovagère de l'épreuve : il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de !a glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur; des Apôtres*.

Ordinaire de la Messe.

n

des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais comme eux, dans le séjour de votre gloire.

aignez recevoir, ô Dieu, cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par JésusChrist notre Seigneur qui va paraître.

Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage; ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur.

f~\ UE ferai-je en ce moV<f ment, ô Dieu du ciel

et de la terre 1 Sauveur! Messie tant désiré ! si ce n'est de vous adorer en

Lini, Cleti, Clementis, Xysti, Cornelii, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joanniset Pauli, Cosmae et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tuas muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. A- men.

H ANC igitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctae familias tuas, quaesumus Domine, ut piacatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas, at que ab aeterna damnatione noseripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quam oblationem tu, Deus, in omnibus, quaesumus, benedictam, adscriptam, ratam, rationabilem, acceptabilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi.

' ^ui pridie quam pav^f teretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas: et elevatis oculis in cœlum,

/# Le Temps après la Pentecôtend te Deum Pat rem suum omnipotentetn, tibi grattas agens, benedi* xit, fregit, deditque discipulis suis, dicen : A - cipite, et mandicate ex hoc omnes. Ho

enim Corpus meum.

q IMILI modo postquam

O cœnatum est, accipiens et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles mains suas : item tibi gratins agens, benedixit, deditque discipulis suis dicens : Accipite. et bibite ex eo omnes. Hic est enim Calix Sanguinis

silence comme mon souveMaitrc, de vous offrir mon cœur, c-mme à son Roi plein de douceur ! Venez donc, Seigneur Je venez !

Sang divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendez-moi plus blanc que la neige. Agneau sans immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.

sionem PECCATORUM. Hœc quotiescumque feccritis, ia mei memoriam facietis.

nde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatre Passionis. nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosa; Ascensionis : offerimus prceclarae Majestati tuœ de tuis donis ac datis, Hostiam puram. Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam : Panem sanctum vitaalterna?, et Calicem salutis perpétua;.

| A voici donc, 6 Père L, saint, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.

Ordinaire de la Messe.

Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.

^ g Aïs, ô Dieu tout-puisiVi sant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.

N'excluez personne de votre visite, ô Jésus! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez

Supra quœ propitio ac sereno vultu respiccre digneris: et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchœ nostri Abrahse, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech, sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.

Supplices te rogamus, omnipotens Deus, jubé hœcperferri permanus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectu divinse Majestatis tua? : ut quotquot ex hac altaris participatione , sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus , omni benedictione cœ- lesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Mémento etiam, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et JV., qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somnopacis Ipsis, Domine, et om,

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p RIONS. Instruits par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :

/' \ remus. Praeceptis saV^' lutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :

Notre Père qui êtes aux cieux , que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien ; et pardonnez-nous nos offenses , comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

f\. Mais délivrez-nous du mal.

Amen.

Trois sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchan-ts ; les maux présents, c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme, sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de

F ater noster, qui es in * cœlis : Sanctificetur Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua, sicut in cœlo, et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.

R). Sed libéra nos a malo. Amen.

ibera nos, quaesumus

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