L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 64)
M s ennemis ne m-j haitent que du mal, i disent : ()uand mourra-t-il ? quand périra son nom ?
Si quelqu'un deux entrait pour me voir, il ne disait que tromperies, tandis qu'il amassait l'iniquité dans SOU cœur.
Une fois sorti, il se concertait avec les autres ;
Et ils chuchottaient contre moi , et tous mes ennemis combinaient contre moi des desseins perfides.
Entre eux sest formé contre moi un complot inique. Mais celui qui dort dans le tombeau ne pourra-t-il ressusciter ?
L'homme de ma paix, de ma confiance, l'homme qui mangeait mon pain m'a odieusement trahi.
Mais vous, Seigneur, ayez pitié de moi, ressuscitez-moi, et je le leur rendrai.
Le signe que vous m'aimez, c'est pour moi que mon ennemi n'aura point à se réjouir à mon sujet.
Vous m'avez pris en votre protection à cause de mon innocence , et vous m'avez établi devant vous pour toujours.
Béni soit le Seigneur, Dieu d'Israël, dans tous les
Les Matines des Morts.
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siècles. Ainsi soit-il, ainsi soit-il.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Que luise pour eux la lumière sans fin.
Ant. Seigneur, guérissez mon âme, car j'ai péché contre vous.
et usque in s-aeculuin : * fiât, fiât.
Requiem oeternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. Sana Domine animam meam, quia peccavi tibi.
« Je ne crois point, dit sainte Catherine de Gênes, qu'il se puisse trouver contentement qui puisse être comparé à celui d'une âme de purgatoire, excepté celui des saints de paradis. Et d'autant croît ce contentement que la rouille du péché consumée par le feu diminue, laissant l'âme exposée d'autant mieux à la réverbération du vrai soleil, qui est Dieu. La peine pourtant ne diminue pas ; ains au contraire, l'amour, qui se trouve retardé, est ce qui fait la peine des âmes, et d'autant la fait-il plus grande que la perfection de l'amour, duquel Dieu les a faites capables, est grande *. » Mais entendons l'âme elle-même exprimer son tourment ; nulle langue mortelle, fût-ce celle de la grande théologienne du purgatoire, ne rendra pareillement ces sublimités. Oh ! comme l'E- glise, avec ses Psaumes et sa Liturgie, surpasse ici encore ses fils les plus saints, les plus doctes.
on âme a soif du | »„„, C itivit aniAnt- O ma mea ad
I* Traité du Purgatoire, traduction des Chartreux de Bourgfontaine, ibgH.
ion La Commémoration des Morts.
Deum vivum : quando veniam, et apparebo ante faciem I)omini ?
quand viendrai-jc et paraîtraije devant la face de I)ieu ?
UEMADMODUM desiV<: d e r a t cervus ad fontes aquarum : * ita desiderat anima mea ad te Deus.
Sitivit anima mea ad Deum fortem vivum : * quando veniam, et apparebo ante faciem Dei ?
Fuerunt mihi lacrymal meae panes die ac nocte : * dum dicitur mihi quotidie : Ubi est Deus tuus ?
Ha?c recordatus sum, et effudi in me animam meam : * quoniam transibo in locum tabernaculi admirabilis, usque ad domum Dei :
In voce exsultationis, et confessionis : * sonus epulantis.
Quare tristis es anima mea ? * et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : * salutore vultus mei, et Deus meus.
Ad meipsum anima mea conturbata est : * propterea memor ero tui de terra Jordanis , et Hermoniim a monte modico.
COMME le cerf aspire après l'eau des fontaines, ainsi mon âme aspire après vous, ô Dieu.
Mon âme a soif du Dieu fort et vivant : quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ?
Mes larmes sont devenues mon pain du jour et de la nuit : on me dit tous les jours : Où est ton Dieu V
J'ai repassé leurs injures, et j'ai répandu mon âme au dedans de moi-même ; mais je passerai jusqu'au lieu du tabernacle admirable, jusqu'à la maison de Dieu.
Voix d'allégresse et de louange ! c'est l'écho du festin.
Pourquoi es- tu triste, mon âme ? pourquoi me troubles-tu?
Espère en Dieu , parce que je le louerai encore : il est le salut que verra mon visage, il est mon Dieu.
Mon âme s'est troublée en moi-même ; c'est pourquoi je me souviendrai de vous dans la terre du Jourdain, sur les montagnes d'Hermon.
Les Matines des Morts.
ibi
L'abîme appelle l'abîme au bruit de vos cataractes.
Tous les torrents des nues, tous les flots de la terre ont passé sur moi.
Le Seigneur a fait éclater sa miséricorde en plein jour, et la nuit je chanterai ses louanges.
Je prierai en mon cœur le Dieu de ma vie ; je dirai à mon Dieu : Vous êtes mon refuge.
Pourquoi m'avez-vous oublié ? pourquoi suis-je réduit à marcher dans la tristesse , sous l'affliction de mon ennemi ?
Mes os en sont brisés ; les ennemis qui me poursuivent m'accablent d'injures.
Ils me disent tous les jours : « Où est ton Dieu ? » Pourquoi cette tristesse, ô mon âme ? pourquoi me troubles-tu ?
Espère en Dieu, car je le louerai encore : il est le salut que verra mon visage, il est mon Dieu.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Que luise pour eux la lumière sans fin.
Ant. Mon âme a soif du Dieu vivant : quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ?
Abyssus abyssum invocat : * in voce cataractarum tuarum.
Omnia excelsa tua, et fluctus tui : * super me transierunt.
In die mandavit Dominus misericordiam suam : * et nocte canticum ejus.
Apud me oratio Deo vitœ mens : * dicam Deo : Susceptor meus es.
Quare oblitus es mei ? * et quare contristatus incedo, dum affligit me inimicus ?
Dum confringunîur ossa mea : * exprobraverunt mihi qui tribulant me inimici mei.
Dum dicunt mihi per singulos dies : Ubi est Deus tuus ? * quare tristis es anima mea ? et quare conturbas me ?
Sperain Deo, quoniam adhuc confitebor illi : * salutare vultus mei et Deus meus.
Requiem aeternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. Sitivît anima mea ad Deum vivum :
rebo ante faciem mini ?
appaDoLa Commémoration des Morts.
. KJ E livrez pas aux louent.
I.. N'oubliez pas à jamais ivres.
' . M E tradas bestiis
^* IN animas conlitentes tibi.
tf. lu animas | rum tuorum ne oblivi caris in finem.
C'est toujours des mûmes pauvres que précède mmentj à savoir les âmes souffrantes,
qu'il est question dans la supplication instante du Verset ',
Après la récitation silencieuse du Pater par le Chœur, la voix de Job retentit à nouveau pour nous redire au nom des trépassés la vanité de cette courte vie, les lugubres réalités de la tombe, mais aussi, par delà cette vie et la tombe , les splendeurs attendues de la résurrection finale où dans sa chair tout homme verra son Dieu.
Ç-piritus meus attenuaO bitur, dies mei breviabuntur, et solum mihi superest scpulchrum. Non peccavi, et in amaritudinibus moratur oculus meus. Libéra me, Domine, et pone me juxta te, et eu jus vis manus pugnet contra me. Dies mei transierunt, cogitationes mère dissipatae s u n t , torquentes cor meum. N o c t e m verterunt in diem, et rursum post tenebras spero lucem. Si
Nï ON souffle s'épuise, mes
1 jours s'abrègent, il ne me reste plus que la tombe. Je n'ai point péché, et mon œil ne voit que persévérantes amertumes. Délivrez-moi , Seigneur . placez-moi près de vous : et que la main de qui que ce soit me combatte. Mais mes jours ont passé , mes espérances se sont dissipées, ne me laissant au cœur que tourments. Elles prétendaient changer la nuit en jour, et me promettent encore qu'après les ténèbres
I. Psalm. lxxiii, 19.
Les Matines des Morts.
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reviendra la lumière. Mais qu'attendre, maintenant que je n'ai plus à compter sur d'autre asile que le séjour des morts ? Déjà j'ai dressé mon lit au pays des ombres. J'ai dit à la pourriture : C'est toi mon père ; aux vers : Vous êtes ma mère et ma sœur ! Où donc est désormais pour moi l'espoir, et qui prend souci de mes maux ?
. pÉCHANTtous les jours, ™" ' et ne faisant point pénitence , je suis troublé par la crainte de la mort ; * Car en enfer, aucune rédemption n'a plus lieu : ayez pitié de moi, ô Dieu, et sauvez-moi.
f. O Dieu, pour la gloire de votre nom, sauvez-moi ; faites éclater votre puissance et délivrez-moi. * Car en enfer.
sustinuero, infernus domus mea est, et in tenebris stravi lectulum meum. Putredini dixi : Pater meus es. ; mater mea, et soror mea, vermibus. Ubi est ergo nunc prsestolatio mea, et paticntiam meam quis considérât ?
^' r quotidie, et non me poenitentem , timor mortis conturbat me : * Quia in inferno nulla est redemptio, miserere mei Deus, et salva me.
f. Deus, in nomine tuo salvum me fac, et in virtute tua libéra me. * Quia.
Mes chairs se sont consumées, mes os sont collés à ma peau, et il ne me reste plus que les lèvres autour des dents. Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis ; car la main du Seigneur m'a touché. Pourquoi me persécuter comme Dieu, et vous rassasier de ma chair ?
pELLi meas, consumpI tis carnibus, adhaesit os meum, et derelicta sunt tantummodo labia circa dentés meos Miseremini mei , miseremini mei , saltem vos amici mei , quia manus Domini tetigit me. Quare persequimini me sicut Deus, et carnibus meis
164 La Commémoration des Morts saturamini ? Quis mihi tribuat ut scribantur sermones mei ? quis mihi det ut exarentur in libro stylo ferreo, et plumbi lamina, vel celte sculpantur in >ilic enim quod Redemptor meus vivit, et in novissimo die de terra surrecturus sum : et rursum circumdabor pelle mea, et in carne mea videbo Deum meum. Quem visurus sum ego ipse, et oculi mei conspecturi sunt, et non alius : reposita est heee spes mea in sinu meo.
secuna c t u m meum noli me judicare : nihil dignum in conspectu tuo egi : ideo deprecor majestatem tuam, * Ut tu, Deus, deleas iniquitatem meam.
f. Amplius lava me, Domine, ab injustitia mea, et a delicto meo munda me. * Ut tu.
I )- qui ol que q D i m e donnera qu'elles soient i^ un livre,
qu'elles soient gravées avec un stylet de fer sur III me de plomb, qu'elles sculptées dans le roc a/ec le ctseaa ? Car ce que je dis, je le sais : mon Rédempteur est vivant, et au dernier jour je ressusciterai de la terre ; et de nouveau je revêtirai cette peau qui est mienne, et dans ma chair je verrai mon Dieu. Je le verrai moi - même, et non un autre, et mes yeux le contempleront. Cette espérance repose en mon sein.
eigneur, ne me jug-'Z pas selon mes actions : je n'ai rien fait devant vous qui soit digne de vous; c'est pourquoi j'implore votre majesté, * Pour que vous daigniez, ô Dieu, effacer mon péché.
p. Seigneu-, lavez - moi toujoursplus de moniniquité, purifiez-moi de mon offense. * Four que.
QUARE de vulva eduxisti me ? qui utinam consumptus essem ne oculus me videret. h'uissem quasi non essem, de utero translatus
POURQUOI m'avez-vous tiré du sein de ma mère ? que n'y suis-je mort sans que personne m'eût jamais vu ? J'aurais été comme n'ayant point été, du sein de
Les Matines des Morts.
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ma mère porté au tombeau. Le petit nombre de mes jours ne doit-il pas au moins finir bientôt ? Laissez-moi donc exhaler un peu ma douleur avant de m'en aller, pour ne plus revenir, à la terre ténébreuse que la mort ensevelit dans ses ombres : terre de misère et de ténèbres où sous la nuit mortelle habite le chaos, l'éternelle horreur.
. P\ ÉLIVREZ - moi, Sei™'*~J gneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable ; * Quand les cieux et la terre seront ébranlés ; * Lorsque vous viendrez juger le siècle par le feu.
f. Je tremble et suis dans l'épouvante, à la pensée de l'examen final, de la colère qui le suivra, * Quand les cieux.
f. Quel jour que ce jour de colère, de malheur et de larmes 1- grand jour plein d'amertume, * Où vous viendrez juger.
f. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; que luise pour eux la lumière sans fin.
On reprend Délivrez-moi jusqu'au premier f.
ad tumulum. Numquid non paucitas dierum meorum finietur brevi ? dimitte ergo me, ut plangam paululum dolorem meum : antequam vadam, et non revertar, ad terram tenebrosam , et opertam mortis caligine ; terram miserias et tenebrarum, ubi umbra mortis, et nullus ordo, sed sempiternus horror inhabitat.
^ 1 ibera me, Do"'•L mine, de morte â;terna, in die illa tremenda : * Quando cœ- li movendi sunt et terra : * Dum veneris judicare saeculum per ignem. f. T remens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit, aique ventura ira. *' Quando.
f. Dies illa, dies irœ, calamitatis et miseriae-, dies magna et amara valde. * Dum veneris.
f. Requiem œternam dona eis, Domine : et lux perpétua luceat eis.
rç1. Libéra me, usque ad primwn f.
i66 La Commémoration des Morts.
; es Laudes des morts débutent, comme celles de l'Office férial au cours de Tannée, par le Psaume l, que David composa après son péché, et dans lequel il épanche d'une manière si vive et si humble les sentiments de sa pénitence. L'Eglise l'emploie toutes les fois qu'elle veut implorer la miséricorde de Dieu; et de tous les Cantiques du Roi-Prophète il n'en est aucun qui soit plus familier aux chrétiens. C'est comme naturellement qu'il revient sur leurs lèvres, au lieu d'expiation.
à„_ \/[ ES os humilies tressailliront
Axt
Uxs
omino ossa
humiliata.
| d'allégresse.
Miserere mei Deus :* secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudincm miserationum luarum : * dele iniquitatem meam.
Amplius lava me ab iniquitate mea : * et a peccato meo munda me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognosco : * et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccavi, et malum coram te feci : * ut justificeris in sermo" yez pitié de moi, Sei** gneur, selon votre grande miséricorde.
Et dans l'immensité de votre clémence, daignez effacer mon péché.
Lavez-moi de plus en plus de mon iniquité, et purifiezmoi de mon offense.
Car je reconnais mon iniquité ; et mon péché est toujours devant moi.
C'est contre vous seul que j'ai péché, et j'ai fait le mal en votre présence. Je le conLes Landes des Morts.
fesse ; daigne^ me pardonner, afin que vous soyez reconnu juste dans vos paroles, et que vous demeuriez victorieux dans les jugements qu'on fera de vous.
J'ai été conçu dans l'iniquité ; ma mère m'a conçu dans le péché.
Vous aimez la vérité, vous m'avez découvert ce qu'il y a de plus mystérieux et de plus caché dans votre sagesse.
Vous m'arroserez d'eau avec l'hysope, comme le lépreux, et je serai purifié ; vous me laverez,et je deviendrai plus blanc que la neige.
Vous me ferez entendre des paroles de joie et de consolation ; et mes os humiliés tressailliront d'allégresse.
Détournez votre face de mes péchés, et effacez toutes mes offenses.
O Dieu, créez en moi un cœur pur, et renouvelez l'esprit droit dans mes entrailles.
Ne me rejetez pas de votre face, et ne retirez pas de moi votre Esprit-Saint.
Rendez-moi la joie en celui par qui vous voulez me sauver, et confirmez-moi par l'Esprit de force.
J'enseignerai vos voies aux méchants, et les impies se convertiront à vous.
Délivrez-moi du sang que
nibus tuis, et vincas cum judicaris.
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum : * et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti : * incerta et occulta sapientiae tuce manifestasti mihi.
Asperges me hyssopo, et mundabor : * lavabis me, et super nivem dealbabor.
Auditui meo dabis gaudium et lastitiam : * et exsultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a peccatis meis : * et omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum créa in me Deus : * et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Ne projicias me a facie tua : * et Spiritum Sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi lœtitiam salutaris tui : * et Spiritu principali confirma me .
Docebo iniquos vias tuas : * et impii ad ta convertentur.
Libéra me de sanguit68 La Commémoration des Morts.
nibus Deus, I teus salutis meae : * et exsultabit lingua mea justitiam tuam.
I domine , labia mca aperiea : * et os meum a n ii u n t i a b i t Laudem tuam.
Quoniam >i voluisses s a c r ifi c i u m, dedissem utique : * holocaustis non dclcctaberis.
Sacrificium Dco spiritus contribulatus : * cor contritumet humiliatum, Deus non despicies.
Bénigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : * ut aedificentur mûri Jérusalem.
Tune acceptabis sacrificium justitiae, oblationes, et holocausta : * tune imponent super altarc tuum vitulos.
Requiem œternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
j'ai rené, ô Dieu, t mon Sauveur ! et ma lai publiera avec joie voti
icur, ouvrez m vres ; et ma bouche chantera VOB louanges.
Si vous aimiez les sacrifices matériels, je vous en offrirais ; mais les holocaustes ne sont pas ce qui vous est agréable.
Une âme brisée de r est le sacrifice que Dieu demande ; 6 Dieu, vous ne mépriserez pas un cœur contrit et humilié.
Seigneur, traitez Sion selon votre miséricorde, et bâtissez les murs de Jérusalem.
Vous agréerez alors le sacrifice de justice, les offrandes et les holocaustes ; et on vous offrira des génisses sur votre autel.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel :
Que luise pour eux la lumière sans fin.
An r. Exsultabunt Do- Ant. Mes os humiliés tresmino ossa humiliata. I sailliront d'allégresse.
L'effet de la prière prolongée des fidèles unis à TEglise, leur Mère, se fait sentir aux trépassés. Les temps s'abrègent, les distances se rapprochent ; voici qu'apparaissent enfin les horizons de la terre promise, En marche déjà pour quitter Babylone, les tribus capLes Laudes des Morts.
i 6g
tives célèbrent cette vision si douce ; elles chantent la patrie aux fraîches eaux, aux collines bénies, aux vallons fertiles , Sion où réside le bonheur, Jérusalem où Dieu est loué comme il doit Vêtre.
seigneur, exaucez ma prière; à vous viendra toute chair.
Ant. g*
mine orationem meam : ad te oranis caro veniet.
JL convient qu'on vous loue dans Sion, ô Dieu ; à vous l'on doit rendre ses vœux dans Jérusalem.
Exaucez ma prière ; à vous viendra toute chair.
Les méchants avaient prévalu contre nous ; mais nos {)échés vont recevoir de vous e pardon.
Heureux l'élu de votre grâce : il habitera vos parvis.
Nous aurons dans votre maison L'abondance de tous biens. Saint est votre temple ; admirable s'y révèle votre équité.
Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur, vous l'espérance de toute nation jusqu'aux plus lointains rivages ;
Vous qui, vous ceignant de force, affermissez les monts
Î>ar votre puissance, qui souevez la mer en ses profondeurs et faites mugir ses flots.
Te decet hymnus Deus in Sion : * et tibi reddetur votum in Jérusalem.
Exaudi orationem meam : * ad te omnis caro veniet.
Verba iniquorum praevaluerunt super nos : * etimpietatibus nostristu propitiaberis.
Beatus, quem elegisti, et assumpsisti : * inhabitabit in atriis tuis.
Replebimur in bonis domus tuœ : * sanctum est templum tuum, mirabile in sequitate.
Exaudi nos Deus salutaris noster : * spes omnium finium terrœ, et in mari longe.
Praeparans montes in virtute tua , accinctus potentia : * qui conturbas profundurn maris, sonum fluctuum ejus.
i-jo La Commémoration des Morts.
Turbabuntur fi et timebunt qui habitant terminos a signis tuis : * exitus matutini et vespere delectabis.
\r isi tasti terrain, et inebriasti eam : * multiplicàstî locuplctare eam.
Flumcn Dei rcpletum est aquis, parasti cibum illorum : * quoniam ita est prœparatio ejus.
Rivos ejus inebria,multiplica genimina ejus : * in stiilicidiis ejus laetabitur germinans.
Benedices coronae anni benignitatis tuae : * et campi tui rcplebuntur ubertate.
Pinguescent speciosa desserti : * et exsultatione colles accingentur.
Induti sunt arietes
ovium, et valles abun| dabunt frumento : * claI mabunt , etenim hymnum dicent.
Requiem œternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. Exaudi Domine orationem meam : ad te omnis caro veniet.
Jusqu'aux extrémités de la terre, le», aatiom sont troublées, les peuples tremblent, à la vue de vos prodiges. El c'esl vous qui, h ienl ;i I Occident, répandez la lé li
Vous visitez la terre et l'arrosez ; vous multipliez ses trésors.
Le fleuve de Dieu coule à pleins bords; cest l'abondance pour les humains : ainsi préparez -vous leur nourriture.
Enivrez les sillons, fécondez les germes ; le sol, fertilisé par la rosée des cieux, sera dans la joie.
Tout le cours de l'année, béni par vous, ressentira votre bonté : on verra les moissons déborder des champs,
Et s'engraisser les oasis du désert ; les collines se revêtiront d'allégrese.
Les béliers au milieu des brebis seront fiers de leurs opulentes toisons ; le froment regorgera dans les vallées : tout retentira de cris joyeux, tout chantera vos louanges.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Que luise pour eux la lumière sans fin.
Ant. Seigneur, exaucez ma prière ; à vous viendra toute chair.
Les Laudes des Morts,
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L'aurore s'est donc montrée, au purgatoire. Aussi l'Eglise se garde-t-elle de remplacer letroisième Psaume qui revient chaque jour, sur la terre, à l'Office des Laudes. C'est le cri du chrétien qui élève son cœur vers Dieu à l'apparition de la lumière, et lui témoigne son amour et sa confiance. Ce Psaume est, comme toujours, accompagné du lxvf, dans lequel le Psalmiste, au lever du soleil matériel, implore sur le monde le regard de la miséricorde divine.
Ant.
gncur !
otre droite m'a soutenu, ô Sei. ,„ ï\/l E suscepit Ant. M dextera£a
Domine.
Dieu, ô mon Dieu, je ' veille vers vous dès le point du jour.
Mon âme a soif de vous, et ma chair se consume pour vous,
Dans cette terre déserte, sans route et sans eau. Je me présente devant vous, dans votre sanctuaire, pour contempler' votre puissance et votre gloire.
Votre miséricorde est pour moi plus douce que la vie ; mes lèvres ne cesseront de faire entendre vos louanlant que je vivrai , je vous bénirai ; pour invoquer votre nom, j'élèverai mes mains.
Mon âme s'engraissera de vos faveurs, et ma bouche
eus Deus meus : * ad te de luce vigilo.
Sitivit in te anima mea : * quam multipliciter tibi caro mea.
In terra déserta, et invia, et inaquosa : * sic in sancto apparui tibi, ut viderem virtutem tuam, et gloriam tuam.
Quoniam melior est misericordia tua super vitas : * labia mea laudabunt te.
Sic benedicam te in vita mea : * et in nomine tuo levabo manus meas.
Sicut adipe et pinguedine repleatur anima
i-j2 La Commémoration des Morts.
mca : * et labiis exsultationis taudabil os meum.
Si memor fui tui super stratum meum, in matutinis meditabor in te : * quia fuisti adiutor meus.
Et in velamcnto alarum tuarum exsultabo, adhaesit anima mca post te : * me suscepit dextera tua.
Ipsi vero in vanum quœsierunt animam meam, introibunt in inferiora terras : * tradentur in manus gladii, partes vulpium erunt.
Rex vero lœtabitur in Deo , laudabuntur omnes qui jurant in eo : * quia obstructum est os loquentium iniqua.
k eus miscreatur nostri, et benedicat nobis : * illuminet vultum suum super nos, et miscreatur nostri.
Ut cognoscamus in terra viam tu a m : * in omnibus gentibus salutare tuum.
Coniïteantur tibi populi Deus : * confiteanîur tibi populi omnes.
Lœtentur et cxsultent
s'oini
i ;ssc. Je me Bouviendi
sur ma couche : des le matin je pens< : . parce
.')uru.
Je tressaillirai de joie à l'ombre de vos ailes ; mon âme s'est attachée à votre droite m'a soutenu.
M s ennemis ont en vain cherché ma ruine : les voilà précipités dans les abîmes de la terre; ils seront livrés au glaive, et deviendront la proie des bêles dévorantes.
Le juste délivré, semblable à un roi, se réjouira en Dieu : tous ceux qui jurent par son nom recevront des louanges, parce que la bouche de l'iniquité est fermée à jamais.
E Dieu ait pitié de nous et qu'il nous bénisse ; qu'il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et qu'il nous envoie sa miséricorde ;
Afin que nous connaissions sur la terre votre voie, et dans toutes les nations le salut que vous nous avez donné.
Que les peuples vous louent, ô Dieu 1 que tous les peuples vous rendent hommage.
Que les nations soient
v< n
Les Lande? des Morts.
dans la joie et l'allégresse ; car vous jugez les peuples dans l'équité, et vous dirigez les nations sur la terre.
Q u e les peuples vous louent, ô Dieu 1 que tous les peuples vous rendent hommage ; la terre a porté son fruit.
Que Dieu, que notre Dieu nous bénisse ; que Dieu nous comble de ses bénédictions, et qu'il soit craint jusqu'aux confins de la terre.
Donnez-leur , Seigneur , le repos éternel :
Que luise pour eux la lumière sans fin.
gentes:* quoniam judicas populos in aequitate et gentes in terra dirigis.
Confiteantur tibi populi Deus, confiteantur tibi populi omnes : * terra dédit fructum suum.
Benedicat nos Deus, Deus noster, benedicat nos Deus : * et metuant eum omnes fines terrœ.
Requiem aeternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant, Votre droite m'a Ant. Me suscepit soutenu, ô Seigneur l dextera tua Domine.
Le Samedi saint , qui vit l'Homme-Dieu habiter les demeures souterraines , est le grand jour des trépassés. C'est pourquoi l'Eglise , ayant à faire choix du Cantique qu'elle a coutume de chanter à cet endroit des Laudes matutinales, met en la bouche de ses défunts celui d'Ezéchias qui fut pour elle, en cette solennelle journée, le type du Christ implorant sa prochaine délivrance. La même Antienne qu'au Samedi saint l'accompagne.
a «» P\ E la porte de A Tr7, A porta infeANT' U l'enfer, Seigneur, délivrez mon âme.
Ant. j\
ri erue Domine animam meam.
T 'ai dit : A la moitié de «J ma vie, je vais donc voir les portes de la mort.
P* GO dixi : In dimidio
C dierum meorum : * vadam ad portas inferi.
i~4 La Commémoration des Morts.
Quœsivi residttum annoi uœ meorura : * dixi : Non videbo Dominun Deum in terra vivcnt i u m .
Non aspiciam hominera ultra : * et habitalo rem quietis.
Generatio mea ablata est. et convoiuta est a me : * quasi tabernaculum pastorum.
Praecisa est velut a texente vita mca : dum adhuc ordirer, succidit me : * de mane usque ad vesperam finies me.
Sperabam usque ad mane : * quasi leo sic contrivit omnia ossa inea.
De mane usque ad vesperam finies me ; * sicut pullus hirundinis sic clamabo, meditabor ut columba.
Attenuati sunt oculi mei : * suspicientes in excelsum.
Domine vim patior , responde pro me : * quid dicam, aut quid re&pondebit mihi cum ipse fecerit ?
Rccogitabo tibi omnes annos meos : * in amaritudine animœ meae.
Domine si sic vivitur, et in tolibus vita spiritus mei, corripies me, et vivificabis me : * ecce in
.lai cherche en vain le j'ai dit : .le ne I plus i mon Dieu
•^ur la terre des vi \
Je ne terrai plus les hommonde dans la paix.
I tissu de ma \ !
enlevé et replié, comme la tente d'un b(
La trame en est coupée
comme par le tisserand ; il vient de la couper pendant qu'on l'ourdissait encore ; du matin au soir vous aurez achevé ma vie.
J'espérais encore vivre jusqu'au matin ; mais le mal comme un lion a broyé tous mes os.
Du matin au soir vous aurez achevé ma vie ; mes cris sont semblables à ceux du petit de l'hirondelle ; je gémis comme la colombe.
A force de regarder en haut, mes yeux se sont épuisés.
Seigneur, je souffre violence : soyez ma caution. Mais que dirai-je et que me répondra-t-il , quand c'est lui-même qui m'a frappé ?
Je repasserai devant vous toutes mes années dans l'amertume de mon âme.
Seigneur, si j'ai vécu ainsi, si mon âme s'est ainsi rendue coupable, châtiez-moi . mais ensuite rendez-moi la
Les Laudes des Morts.
z7S
vie. Déjà je sens la paix qui vient succéder aux plus amères douleurs.
VoUs retirez ma vie du tombeau ; vous jetez derrière vous tous mes péchés.
Le tombeau, en effet, ne vous rendrait plus d'actions de grâces ; la mort ne saurait vous louer; et ceux qui descendent dans le sépulcre n'attendent plus la vérité de vos promesses.
Ce sont les vivants qui vous louent, comme je fais aujourd'hui ; le père racontera à ses enfants combien vous êtes fidèle à vos promesses.
Conservez-moi la vie, Seigneur, et nous chanterons dans votre maison des cantiques à votre gloire, tous les jours de notre vie.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Que luise pour eux la lumière .sans fin.
Ant. De la porte de l'enfer, Seigneur, délivrez mon âme.
p a c e amaritudo mea amarissima.
Tu autem eruisti animam meam ut non periret : * projecisti post tergum tuum omnia peccata mea.
Quia non infernus confitebitur tibi, neque mors laudabit te : * non exspectabunt qui descendunt in lacum veritatem tuam.
Vivens vivens ipse confitebitur tibi , sicut et ego hodie : * pater fîliis notam faciet veritatem tuam.
Domine salvum me fac : * et psalmos nostros cantabimus cunctis diebus vitae nostrœ in domo Domini.
Requiem a?ternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. A porta inferi crue Domine animam meam.
Soit loué le Seigneur par tout ce qui respire ! L'amour déborde au purgatoire; la louange y devient tout ; le ciel est proche. L'oubli de soi absolu marque la fin des purifications douloureuses. Dût l'âme rester encore dans le feu de l'expiation, qu'elle
iyG La (Commémoration des Morts.
gloi
Ant.O"
Dominum.
NFS spiritus laudct
n'en serait point éprouvée, n'ayant plus tache ni rouille qui puisse tomber BOUS la
prise des rlammes, pleine de Dieu, imj santé à tout autre sentiment que celui de sa ' Dire.
on loué I
gneur par tout ce qui respire.
LAUDATE Dorninum de t our:z le Seigneur du haut cœlis * laudate eum L des cieux ; louez-le dans les hauteurs célestes.
Vous tous, ses Anges, louez-le ; vous tous qui formez ses armées, louez-le.
Soleil et lune, louez-le ; étoiles et lumière , louez-le.
in excelMs.
Laudate eum omnes Angcli ejus : * laudate eum omnes virtutes ejus.
Laudate eum sol et luna : * laudate eum omnes stellae, et lumen.
Laudate eum cœli coelorum : * et aquae omnes, quae super cœlos sunt, laudent nomen Domini.
Quia ipse dixit, et facta sunt : * ipse mandavit, et creata sunt.
Statuitea in aeternum, et in saeculum saeculi : * praeceptum posuit , et non praeteribit.
Laudate Dominum de terra : * dracones, et omnes abyssi.
I g n is , grando, nix, glacies, spiritus procellarum : * qux faciunt verbum ejus.
Montes, et omnes colles : * ligna fructifera, et omnes cedri.
Cieux des cieux, louez-le ; eaux qui êtes par delà les airs, louez le nom du Seigneur.
Car il a dit, et tout a été fait ; il a commandé, et tout a été créé.
Il a établi ses créatures à jamais , et pour les siècles des siècles : il en a porté le décret, et sa parole ne passera pas.
Louez le Seigneur, vous qui êtes sur la terre ; dragons, abîmes des eaux ;
Feux, grêle, neige, glaces, souffles des tempêtes , qui obéissez à sa parole ;
Montagnes et collines , arbres fruitiers et cèdres ;
Les Laudes des Morts.
i77
Bêtes et troupeaux ; serpents et volatiles empennés ;
'Rois de la terre, et tous les peuples ; princes et juges de la terre ;
Jeunes hommes et vierges, vieillards et enfants, louez le nom du Seigneur ; car son nom seul est grand.
Sa gloire éclate au ciel et sur la terre ; et il a relevé la puissance de son peuple.
Que sa louange soit dans la bouche de tous ses saints, des fils d'Israël, du peuple qu'il daigne réunir autour de lui.
Bestial . et universa pecora : * serpentes, et volucres pennatae.
Reges terrœ, et omnes populi : * principes, et omnes judices terrse.
Juvenes et virgines , senes cum junioribus laudent nomen Domini : " quia exaltatum est nomen ejus solius.
Confessio ejus super cœlum et terram : * et exaltavit cornu populi sui.
Hymnus omnibus sanctis ejus : * filiis Israël, populo appropinquanti sibi.
Chantez au Seigneur un cantique nouveau ; que sa louange retentisse dans l'assemblée des saints.
Qu'Israël se réjouisse en celui qui l'a fait ; que les hls de Sion tressaillent d'ullégresse en leur roi.
^Qu'ils' louent son nom dans les chœurs ; qu'ils lui chantent des psaumes au son du tambour et de la harpe.
Car le Seigneur aime son peuple avec tendresse ; il
glorifiera , il sauvera 1 e s umbles.
Les saints tressailliront
d'allégresse dans leur gloire;
ils seront comblés de joie
sur leurs couches d'honneur.
La louange de Dieu sera
f* ANTATE Domino canv-* ticum novum : * laus ejus in Ecclesia sanctorum.
Laetetur Israël in eo, qui fecit eum : * et filii Sion exsultent in rege suo.
Laudent nomen ejus in choro * in tympano et psalterio psallant ei.
Quia ueneplacitum est Domino in populo suo : * et exaltabit mansuetos in salutcm.
Exsultabunt sancti in gloria : * lœtabuntur in cubilibus suis.
Exaltationes Dei in
jyS La Commémoration des Morte
gutturc eorum : et gladil ancipites in maniBus eorum.
Ad faciendam vindictam in nationibus : * increpationes in populis.
Ad alligandoa eorum in compedibus : ' et nobiles eorum in raanicis ferreis.
Ut faciant in eis judicium conscriptum : * gloria hase est omnibus sanctis ejus.
dan- leur bouche, et le glaive
à dcu\ tranchants dans leurs m ains, Pour tii er v sngean
nations , pour peuples rebell ss ;
Pour enchaîner les rois superbes , et contenii
puissants par des liens de 1er ;
Pour exercer sur eux le jugement rendu par le Seigneur ; telle est la gloire qu'il a réservée à tous ses saints.
LAUDATE Dominum in sanctis ejus : * laudate eum in firmamento virtutis ejus.
Laudate eum in virtutibus ejus ; * laudate eum secundum multitudinem magnitudinis ejus.
Laudate eum in sono tuba; : * laudate eum in psalterio et cithara.
Laudate eum in tympano et choro : * laudate eum in chordis et organo.
Laudate eum in cvmbalis benesonantibus, laudate eum in cymbalis jubilationis : * omnis spiritus laudet Dominum.
Requiem aeternam * dona eis Domine.
Louez le Seigneurdans son sanctuaire ; louez-le au firmament où éclate sa puissance.
Louez-le dans ses merveilles ; louez-le à cause de sa grandeur sans bornes.
Louez-le au son de la trompette, louez-le sur le psaltérion et la harpe.
Louez-le sur les tambours et dans les chœurs ; louez-le sur les instruments à cordes et dans les concerts.
Louez-le sur les cymbales harmonieuses, louez-le sur les cymbales de l'allégresse ; que tout ce qui respire loue le Seigneur.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Les Landes des Morts.
i7g
Que luise pour eux la lumière sans fin.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. Soit loué le Seigneur Ant. Omnis spiritus par tout ce qui respire. laudet Dominum.
Comme à la fin déjà des Vêpres des morts, c'est en effet du ciel lui-même que descend jusqu'à nous le cri d'allégresse contenu au Verset.
% j'ai entendu une voix ^'J venant du ciel, qui
me disait :
i^. Bienheureux ceux qui
meurent dans le Seigneur.
v a udivi vocem de ?'a\ cœlo dicentem
mihi.
if . Beati mortui qui in
Domino moriuntu r.
Et dans le Cantique de Zacharie, l'Eglise, avec toutes les âmes délivrées ou soulagées par la vertu des suffrages liturgiques, remercie le Seigneur Dieu d'Israël qui a visité et racheté son peuple. Nous aussi rendons grâces, pour nos morts bien-aimés, à Celui qui est la résurrection et la vie : il n'abandonne, même dans la mort, aucun de ceux qui crurent en lui sur la terre *.
a..„ I £ suis la résurreciVNT- ** tion et la vie : celui qui croit en moi, quand bien même il serait mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas à jamais.
sum resurrectio et vita : qui crédit in me, etiam si mortuus fuerit, vivet : et omnis qui vivit et crédit in me, non morietur in ceternum.
BÉNI soit le Seigneur, le I T^enedictus Dominus Dieu d'Israël ; car il a | -D Deus Israël : * quia
iXo La Commémoration des Morts.
visitavit, et fecif I ptionem piebis -
lu erexit cornu saluti- nobis : * in domo David pueri sui.
Sicut locutus est per os sanctorum : * qui a saeculo sunt, prophetarum ejus.
Salutcm ex inimicis nostris ; * et de manu omnium , qui oderunt nos.
Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris : * et memorari testamenti sui sancti.
Jusjurandum, quod juravit ad Abraham patrem nostrum : * daturum se nobis.
Ut sine timoré, de manu inimicorum nostrorum liberati : * serviamus illi.
In sanctitate, et justitia coram ipso : * omnibus diebus nostris.
Et tu puer, Propheta Altissimi vocaberis : *
Êraeibisenim ante faciem tomini parare viasejus.
Ad dandam scientiam salutis plebi ejus : * in remissionem peccatorum eorum.
Fer viscera misericordiœ Deinostri : * in quivisilé et racheté I
Et il nous a suscite un puissant Sauveur dans la maison de David, tetir ;
orne il l'a va il promis par la bouche de ses saints, de ses Prophètes, qui ont prédit , dans les siècles passés,
Qu'il nous sauverait de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ;
Qu'il ferait la miséricorde promise à nos pères, et se souviendrait de son alliance sainte,
Du serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père, de faire, dans sa bonté,
Que, délivrés de la main de nos ennemis, nous le puissions servir sans crainte,
Dans la sainteté et la justice, marchant devant lui tous les jours de notre vie.
Et vous, petit enfant, vous serez appelé prophète du Très-Haut ; car vous marcherez devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,
Pour donner à son peuple la connaissance du salut, et annoncer la rémission des péchés,
Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu,
Les Laudes des Morts.
ce divin Orient qui s'est levé sur nous du haut du ciel,
Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
Que luise pour eux la lumière sans fin.
Ant. Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, quand bien même il serait mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas à jamais.
bus visitavit nos, oriens ex alto.
Illuminare his, qui in tenebris, et in umbra mortis sedent : * ad dirigendos pedes nostros in viam pacis.
Requiem aeternam * dona eis Domine.
Et lux perpétua * luceat eis.
Ant. Ego su m resurrectio et vita : qui crédit in me, etiam si mortuus fuerit, vivet : et omnis qui vivit et crédit in me, non morietur in œternum.
Le reste se continue dans le silence, jusqu'à cette conclusion que suivent les Versets et l'Oraison terminant l'Office des morts :
f. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
r). Mais délivrez-nous du mal.
f. De la porte de l'enfer,
R). Seigneur, délivrez leurs âmes.
f. Qu'ils reposent en paix.
r). Amen.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
Le Prêtre commence, toute l'assemblée à genoux, l'Oraison Dominicale :
otre Père. I pATER noster.
f. Et ne nos inducas in tentationem.
r1. Sed libéra nos a malo.
f. A porta inferi.
r). Erue Domine animas eorum.
f. Requiescant inpacc.
if. Amen.
f. Domine exaudi orationem meam.
[S j La Commémoration des Morts.
\{. Et clamor meus ad te veniat.
y. 1 tominufl vobiscum.
i{. lu cum spiritu tuo.
i cri parvienne jusqu'à vous.
| . Le S igneur soi: vous.
H. Et a. rit.
FIDELIUM Dcus omnium Conditor et Redemptor , animabus famulorum famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia ssecula sseculorum. rç1. Amen.
f. Requiem œternam dona eis Domine.
Fj>. Et lux perpétua luceat eis.
f. Requiescant inpace
rç1. Amen.
Dieu Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez la remise de tous leurs péchés aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes, afin que soit acquise à leurs pieuses supplications l'indulgence qu'ils ont toujours désirée. Vous qui vivez et régnez avec I)ieu le Père en l'unité du SaintEsprit, I)ieu vous-même, durant tous les siècles des
r\ Amen.
y. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ;
r\ Que luise pour eux la lumière sans fin.
y. Qu'ils reposent en paix.
r\ Amen.
jL'Eglise Romaine double aujourd'hui la
tâche de son service quotidien envers la
Majesté divine. La mémoire des défunts ne
lui fait pas mettre en oubli l'Octave des
La Messe des Morts. i83
Saints. L'Office du deuxième jour de cette Octave a précédé pour elle celui des morts ; Tierce de tous les Saints a été suivie de la Messe correspondante; et c'est après None du même Office qu'elle va offrir le Sacrifice de l'autel pour les trépassés.
Un tel surcroît, le souci de maintenir la proportion harmonieuse établie par elle entre le double objet liturgique de ce jour, ont rendu jusqu'ici Rome peu favorable à l'extension du privilège qui autorise chaque prêtre , en Espagne , à célébrer aujourd'hui trois Messes pour les morts.
Longtemps l'Eglise mère fut presque seule, en la compagnie de ses filles les plus rapf trochées, à ne pas omettre au n Novembre e souvenir des Saints ; la plupart des Eglises d'Occident n'avaient en ce jour d'autre Office que celui des morts. On supprimait aux différentes Heures, aussi bien qu'à Matines et à Laudes, l'Hymne ainsi que le Deus in adjutorium ; les Psaumes ordinaires y étaient suivis du Requiem œternam , et l'on concluait par l'Oraison des défunts, comme il est de nos jours encore en usage chez les Frères Prêcheurs. L'unique Messe solennelle, celle des morts, était après Tierce. On terminait généralement à None cette commémoration des trépassés, bien que Cluny jusqu'au dernier siècle ait gardé la coutume d'en célébrer aussi les secondes Vêpres.
Quant à l'obligation de chômer le jour des âmes, elle n'était que de demi-précepte en Angleterre, où les travaux plus nécessaires demeuraient permis ; le chômage ne dépassait pas le milieu de la journée en plusieurs
T84 La Commémoration des Morts.
lieux ; en d'autres, l'assistance à la Messe était seule prescrite. Paris observa quelque
temps le n Novembre comme une fête de première obligation ; en 1673, l'archevêque François de Harlay maintenait encore jusqu'à midi, dans ses statuts, le commandement de garder ce jour. Même à Rome, aujourd'hui, le précepte n'existe plus.
La remarque d'Amalaire citée plus haut, en ce qui touche l'Office des défunts l, ne s'applique pas moins à la Messe des morts. Sans parler de la suppression du Gloria in exeelsis et de Y Alléluia, le Prêtre y omet au pied de l'autel le Psaume Judica me Deus, comme on le fait dans le Temps de la Passion. Il est revêtu d'ornements noirs comme au jour de la mort du Seigneur ; même suppression qu'au grand Vendredi de la plupart des bénédictions, du baiser de paix, des signes d'honneur rendus au Célébrant ; l'autel n'y est pareillement encensé qu'une fois ; le chant de l'Evangile s'y accomplit suivant le même rit, non seulement sans bénédiction du Diacre par l'Officiant, mais sans cierges, ni encens, ni baiser du texte sacré par le Prêtre. Ainsi toujours, et jusque dans la mort, l'Eglise rapproche en toutes manières ses fils de Celui dont ils sont les membres/
L'Antienne d'Introït n'est autre que la supplication instante qui remplace toute doxologie à l'Office des défunts, et qui s'inspire d'un passage du quatrième Livre d'Esdras 2.
1. Page 128. — 2. IV Es dr. 11, 34-35.
La Messe des Morts.
i85
Le deuxième Psaume des Laudes a fourni le Verset.
DONNEZ-LEUR, Seigneur, le repos éternel ; que luise pour eux la lumière sans fin.
Ps. Il convient qu'on vous loue dans Sion, ô Dieu ; à vous l'on doit rendre ses vœux dans Jérusalem : exaucez ma prière ; à vous viendra toute chair. Donnez-leur.
Requiem œternam dona eis Domine : et lux perpétua luceat eis.
Ps. Te decet hymnus Deus in Sion, et tibi reddetur votum in Jérusalem : exaudi orationem meam, ad te omnis caro veniet. Requiem.
Dans la Collecte, l'Eglise s'approprie maternellement la prière des âmes souffrantes; et c'est à son Epoux, au Dieu fait homme, qu'elle la présente, l'appelant de ses titres de Créateur et de Rédempteur, nui disent tout ce que ces âmes lui ont coûte et l'invitent à parfaire son œuvre.
Dieu Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez la remise de tous leurs péchés aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes, afin que soit acquise à leurs pieuses supplications l'indulgence qu'ils ont toujours désirée. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l'unité du Saint-Esprit, durant tous les siècles des siècles.
P idelium Deus omniI uni Conditor et Redemptor, animabus famulorum famularumque tuarura remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam , quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Q u i vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sœcula saeculorum.
/ S 6 La Commémoration des Morts.
Lectio Epistolre b e a t i Pauli Apostoli ad Corinthios. I, Cap. xv.
FRATRES : Ecce mystcrium vobis dico : Omncs quidem resurgemus , sed non omnes immutabimur. In momento, in ictu oculi, in novissima tuba : canet enim tuba, et mortui résurgent incorrupti : et nos immutabimur. Oportet enim corruptibile hoc induere incorruptioncm : et mortale hoc induere immortalitatem. C u m aulem mortale hoc induerit immortalitatem , tune fiet sermo.qui scriptus est : Absorpta est mors in Victoria. U b i est, mors, victoria tua ? Ubi est, mors, stimulus tuus ? Stimulus autem mortis peccatum est ; virtus vero peccati lex. Deo autem gratias, qui dédit nobis victoriam per Dominum nostrum Jesum Christum
Lecture de l'Epitrc du bienheureux Paul. Apôtre, aux
I Kpitn
Paul, A
Corinthiens. J, Chip. xv.
Mes Frères, écoutez ce mystère : nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. En un moment, en an clin d'œil, au son de la trompette dernière, car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous nous serons changés. Il faut en elïet que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, que ce corps mortel revête l'immortalité. Et quand ce corps mortel aura revêtu l'immortalité , alors sera accomplie la parole de l'Ecriture : La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; comme la force du péché, c'est la loi. Mais grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné de vaincre par notre Seigneur JésusChrist.
htandis qu'au sortir de la vie rame supplée * dans le purgatoire à l'insuffisance de ses expiations, le corps qu'elle a quitté retourne à la terre en exécution de la sentence portée contre Adam et sa race dès l'origine du
La Messe des Morts. i8j
monde !. Mais pour le corps non moins que pour l'âme du fidèle, la justice est aussi amour ; ses reprises au delà du temps sont le prélude de la gloire qui attend l'être humain tout entier. L'humiliation du tombeau est le trop juste châtiment de la faute f>remière ; mais ce renvoi de l'homme au imon d'où il fut tiré, saint Paul nous y fait voir encore l'ensemencement nécessaire à la transformation du grain prédestiné qui doit un jour reprendre vie dans des conditions tout autres 2. C'est qu'en effet, la chair et le sang ne sauraient posséder le royaume de Dieu 3, ni des organes soumis à la dissolution prétendre à l'immortalité. Froment du Christ, selon le mot de saint Ignace d'Antioche 4, le corps du chrétien est jeté dans le sillon de la tombe pour y laisser à la corruption ce qui était d'elle : la forme du premier Adam avec sa pesanteur et son infirmité ; mais par la vertu de l'Adam nouveau le reformant à sa propre image, il en sortira tout céleste et spiritualisé, agile, impassible et glorieux 5. Honneur à Celui qui n'a » voulu mourir comme nous que pour détruire la mort et faire de sa victoire notre victoire.
L'Eglise continue d'implorer, au Graduel, la délivrance des trépassés.
PVONNEZ-leur, Seigneur, I D equiem aeternam do*-' le repos éternel ; que | *■ na eis Domine : et
I. Gen. m, 19. — 2. I Cor. xv, 36. — 3. Ibid. 5o.
— 4. Epist. ad Rom. — 5,1 Cor. xv, 42-49.
i88 La Commémoration des Morts.
lux perpétua lucent eif.
y. In memoria aeterna
erit justus : ah auditionc mala non timebit.
luise pour eux In lumière sans fin.
. La mémoire du sera éternelle ; il ne craindra point les paroles fâcheuses.
bsolve, Domine, animas omnium '. - delium defunctorum ab omni vinculo delictorum. f. Et gratia tua illis succurrente, mereantur evadere judicium ultionis.
y. Et lucis neternœ beatitudine perfrui.
BSOLVEZ, Seigneur, le**■ âmes de tous les fidèles défunts des liens de tous leurs péchés.
y. Que, secourus par votre grâce, ils méritent de sortit des peines portées contre eux par la sentence de votre justice.
y. Qu'ils soient heureux dans l'éternelle lumière.
L'Eglise, nous le verrons, ne répudiait pas autrefois l'Alleluia dans les funérailles de ses fils; il exprimait son allégresse, motivée par l'espoir fondé qu'une mort sainte venait d'assurer au ciel un élu nouveau, dût le chrétien pour lequel prenait fin l'épreuve de la vie voir quelque temps se prolonger son expiation. Mais l'adaptation de la Liturgie des morts aux rites des derniers jours de la Semaine sainte ayant modifié sur ce point les anciennes coutumes, il eût semblé que la Séquence, développement festif, et suite originairement de l'Alleluia, ne devait pas non plus trouver place à la Messe des défunts. Rome cependant, et qui pourrait s'en plaindre ? faisait une exception sur ce point aux règles traditionnelles, en faveur de l'insigne poème de Thomas de Celano, lequel suivi
La Messe des Morts.
18g
bientôt du Stabat mater, œuvre de Frère Jacopone, méritait si belle place à la lyre franciscaine au sommet du Parnasse chrétien. Chanté dès le xive siècle en Italie, le Dies irœ passait plus tard les monts, et ses accents inspirés retentissaient au xvie en toute Eglise.
JOUR de colère que ce jourlà, qui doit réduire le monde en cendres, au témoignage de David comme de la Sibylle * !
Combien la frayeur sera grande, lorsque le Juge se présentera pour tout scruter rigoureusement !
La trompette éclatante, retentissant par les sépulcres de l'univers, rassemblera tous les humains devant le trône.
La mort et la nature seront dans la stupeur, lorsque ressuscitera toute créature pour répondre à son Juge.
Pn IES irae, dies illa, *~* Solvet sœclum in
favilla, Teste David cum Sibylla.
Quantus tremor est futurus, Quando Judex est venturus, Cuncta stricte discussurus.
Tuba mirum spargens
sonum Per sepulchra regionum Coget omnes ante thronum.
Mors stupebit et natura, Cum resurget creatura, Judicanti responsura.
I. Allusion au célèbre oracle de la Sibylle Erythrée sur la fin du monde, cité par saint Augustin en son Livre XVIII (ch. 23) delà Cité de Dieu, et dont les premières lettres de chaque vers réunies donnent en grec la formule : Jésus-Christ , Fils de Dieu, Sau- \ veur.
i()n La Commémoration des Morts.
Liber scriptus profère tur
In quo totum continctur, lHJc mundus judicetur.
Judcx ergo cum sedeQuidquid Iatet, apparebit : Nil inultum remanebit.
Quid sum miser lune
dicturus ? Quem patronum rogaturus, Cum vix justus sit securus ?
Rex tremendae majestatis, Qui salvandos salvas
gratis, Salva me, fons pietatis.
Recordare, Jesu pie,
Quod sum causa tune
viœ :
Ne me perdas illa die.
Quaerens me, sedisti lassus :
Redemisti, crucem passus :
Tantus labor non sit cassus.
Juste judex ultionis, Donum fac remissionis Ante diem rationis.
Ingemisco, tamquam reus :
On produira le livre écrit renfermant tout l'objet du jugement du monde.
Quand donc le Juge
. tout ce qui se cache apparaîtra, rien ne demeurera sans châtiment.
Que dirai— je alors, malheureux ? quel protecteur implorerai-je, quand à peine rassuré sera le juste ?
Roi de majesté redoutable, qui sauvez gratuitement ceux qui doivent se sauver, sauvez-moi, source de miséricorde.
Souvenez-vous , ô doux Jésus, que je suis la cause de votre venue : ne me perdez pas en ce jour I
En me cherchant, vous vous êtes assis de fatigue : vous m'avez racheté en souffrant la croix : que tant de peine ne soit pas inutile.
Juge vengeur et juste , accordez-moi remise avant le jour des comptes.
Je me lamente, comme un coupable que je suis ; la
La Messe des Morts. iqi
confusion de mon péché couvre mon visage : ô Dieu, pardonnez à un suppliant 1
Culpa rubet vultus
meus : Supplicanti parce, Deus.
Vous avez absous Madeleine ; vous avez exaucé le larron : à moi aussi vous avez donné l'espérance.
Q u i Mariam absolvisti, Et latronem exaudisti, Mihi quoque spem dedisti.
Mes prières ne sont pas dignes ; mais vous êtes bon : faites dans votre bonté que j'échappe au feu éternel.
Preces meae non sunt dignœ :
Sed tu bonus fac bénigne
Ne perenni cremer igné.
Donnez-moi place au milieu des brebis, séparez-moi des boucs en me rangeant à votre droite.
I n t e r oves locum proesta,
Et ab haedis me séquestra,
Statuens in parte dextra.
Quand les maudits couverts de honte seront livrés par sentence aux terribles flammes, appelez-moi avec les bénis.
Confutatis maledictis, Flammis acribus addictis : Voca me cum benedictis.
Suppliant, défaillant, le cœur broyé et comme réduit en cendres, je vous en prie, veillez sur mon heure dernière.
Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi
cinis, Gère curam mei finis. r
Jour de larmes que celui où ressuscitera de sa cendre,
Lacrymosa dies il la, Qua resurget ex favilla *
Pour être jugé, l'homme coupable : daignez lui pardonner, ô Dieu"!
Judicandus homo reus : Huic ergo parce, Deus.
TÇ2 La Commémoration des Morts.
l 'i • Jesu Domine,
Dona eis requiem. Amen.
O doux .1 /ncur,
donnez-leur le repos. Amen.
Sequentia sancti Fvangelii secundum Johannem. Cap. y.
IN illo tempore : Dixit Jésus turbis Judxorum : Amen, amen dico vobis, quia venit hora, et nunc est,quando mortui audient voeem Filii Dei : et qui audierint, vivent. Sicut enim Pater habet vitam in semetipso : sic dédit et Filio habere vitam in semetipso : et potestatem dédit ci ]udicium facere, quia Filius hominis est. Nolite mirari hoc, quia venit hora, in qua omnes, qui in monumentis sunt, audient vocem Filii Dei : et procèdent, qui bona fecerunt, in resurrectionem vita? : qui vero mala egerunt, in resurrectionem judicii.
La suite du sainl I selon saint Jean. CUA
EK ce temps-là, Jésus dit à la foule des Juifs : lui vérité, en vérité, je VOUS le dis : l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fila de l)ieu, et l'entendant ils vivront. Car tout ainsi que le Père a la vie en lui-même, il a donné au Fils d'avoir pareillement la vie en luimême ; et parce qu'il est Fils de l'homme, il lui a donné aussi le pouvoir de juge. N'en soyez point étonnés : l'heure vient où tous ceux qui sont dans ies tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui ont accompli le bien ressusciteront à la vie ; mais ceux qui ont fait le mal ressusciteront pour leur condamnation.
e purgatoire n'est pas éternel. Les arrêts du jugement particulier qui suit la mort varient a Finfini sa durée ; il peut se prolonger des siècles entiers pour certaines âmes plus coupables, ou qui, exclues de la communion catholique, demeurent privées des suffrages de l'Eglise, bien que la miséricorde divine
La Messe des Morts. ig3
ait daigne les arracher à l'enfer. Cependant la fin au monde et de tout ce qui est du temps doit fermer le lieu de l'expiation temporaire. Dieu saura concilier sa justice et sa grâce dans la purification des derniers venus delà race humaine, suppléer par l'intensité de la peine expiatrice à ce qui pourrait lui manquer en durée. Mais au lieu qu'en ce qui touche la béatitude, les arrêts du jugement particulier sont le plus souvent suspensifs et dilatoires, qu'ils laissent provisoirement le corps de l'élu comme du réprouvé au sort commun delà tombe : le jugement universel aura ce caractère définitif de n'enregistrer pour le ciel comme pour l'enfer que des sentences absolues, immédiatement et totalement exécutoires. Vivons donc dans l'attente de l'heure solennelle où les morts entendront la voix du Fils de Dieu. Celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas, nous rappelle le Docteur des nations * ; son jour aura la soudaineté de l'arrivée d'un voleur, nous disent comme lui 2 et le Prince des Apôtres 3 et Jean le bien-aimé 4, faisant écho à la parole du Seigneur même 5 : comme l'éclair sort de l'Orient et brille déjà en Occident, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme 6.
Entrons dans les sentiments qui inspirent le sublime Offertoire des défunts. Bien que l'éternelle béatitude demeure finalement asi. Heb. x, 37, ex Habac. II, 3. — 2. I Thcss. v, 2. —
3. II Petr. ni, 10. —4. Apoc. xvi, i5. — 5. Matth.
xxiv, 43. — 6. Ibid. 27.
if)4 Ira Commémoration des Morts.
surée aux pauvres âmes en peine, et qu'elles en aient conscience, la route pins on moins longue qui les conduit au ciel s'ouvre toutefois clans le péril du suprême assaut diabolique et l'angoisse du jugement. L'Eglise donc, étendant sa prière a toutes les étapes de cette voie douloureuse, n'a garde d'en oublier l'entrée; et elle ne craint point de se montrer en cela trop tardive. Pour Dieu qui d'un regard embrasse tous les temps, sa supplication d'aujourd'hui , déjà présente a l'heure du redoutable passage, ménageait aux âmes le secours ici imploré. Cette même supplication les suit du reste au cours des péripéties de leur lutte contre les puissances de l'abîme, quand Dieu permet que cellesci servent elles-mêmes sa justice au lieu d'expiation, en la manière que plus d'une fois l'ont vu les Saints. En ce moment solennel où l'Eglise offre ses dons pour l'auguste et tout-puissant Sacrifice, redoublons "nous aussi nos prières pour les trépassés. Implorons leur délivrance de la gueule du lion infernal. Obtenons du glorieux Archange préposé au Paradis, appui des âmes au sortir de ce monde, leur guide envoyé de Dieu *, qu'il les amène à la lumière, à la vie, à Dieu même, promis comme récompense aux croyants dans la personne d'Abraham leur
omïke Jesu Christe, I ;;• ETGXEun Jésus-Christ, Roi Rcx glorioe, libéra I w de gloire, délivrez les
I. Ant. et Resp. in fest. S. Michaelis. — 2. Gen.
xv, i .
La Messe des Morts.
ig5
âmes de tous les fidèles défunts des peines de lenfer et de l'abîme; délivrez-les de la gueule du lion ; qu'ils ne soient pas la proie du tartare, qu'ils ne tombent pas dans la nuit : mais que saint Michel, porte-étendard, les présente à la sainte lumière * Qu'autrefois vous promites à Abraham et à sa descendance.
f. Seigneur , nous vous offrons nos prières et ces hosties de louange; recevezles pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd'hui : Seigneur, faites qu'elles passent de la mort à la vie * Qu'autrefois.
animas omnium fidelium defunctorum de pœnis inferni, et de profundo lacu : libéra eas de ore leonis, ne absorbeat eas tartarus , ne cadant in obscurum : sed sighifer sanctus Michacl repraer sentet eas in 1 u c e m sanctam : * Quam olim Abrahœ promisisti et semini ejus.
y. Hostias et preces tibi , Domine , laudis offerimus : tu suscipe pro animabus ilîis, quarum hodie memoriam facimus : fac eas, Domine, de morte transire ad
vitam. * Quam olim.
C'est la foi dont elles firent les œuvres en ce monde, qui garantit aux âmes du purgatoire la récompense dernière, et rend Dieu propice aux dons présentés pour elles, comme l'exprime la Secrète.
Daignez, Seigneur, regarder favorablement ces dons qui vous sont offerts par nous pour les âmes de vos serviteurs et de vos servantes : et les ayant gratifiées du mérite de la foi chrétienne, donnez-leur-en la récompense. Par Jésus-Christ .
Hostias , quaîsumus Domine, quas tibi pro animabus famulorum famularumque tuarum offerimus, propitiatus intende : ut, quibus fidei christianœ meritum contuîisti, dones et praemium. Per Dominum.
A VAgnus Dei, la demande du repos pour les morts remplace celle de la paix pour les vivants.
i ()G La Commémoration des Morts.
Agnus Dei, qui tollia pcccata mundi,dona cis requiem.
Agnus Dci, qui toi 1 i s pcccata mundi, d<>na cis requiem.
Agnus Dci, qui tollis pcccata mundi, dona cis requiem sempiternam.
Af
1 u, (j ni ôtez
; ches du monde, donnez-leur le repos\ Agneau de Die
les pèches du monde, donnez-leur le i
Agneau de l)icu, qui les péchés du monde, donnez-leur le : mais.
Comme descendent les flocons silencieux d'une neige abondante en un jour d'hiver, ainsi montent blanches et douces les âmes délivrées, à cette heure où par le monde entier l'Eglise, achevant ses longues supplications, verse à Mots sur les flammes expiatrices le Sang rédempteur. Forts du crédit que donne à notre prière la participation aux Mystères sacrés, disons avec elle dans la Communion :
LUX a?terna luceat cis, Domine, * Cum Sanctis tuis in aeternum, quia pius es.
f. Requiem œternam dona cis Domine : et lux perpétua luceat eis. * Cum Sanctis.
Oue la lumière éternelle luise pour eux, Seigneur, * En la société de vos Saints h jamais, parce que vous êtes bon.
^.Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; que luise pour eux la lumière sans fin. * En la société.
Tel est cependant, bien au-dessus de nos humaines conceptions, l'impénétrable et adorable mystère de la justice de Dieu, que pour plus d'une âme l'expiation doit se prolonger encore. Aussi l'Eglise, sans se lasser ni cesser d'espérer, prolonge elle aussi dans la Postcommunion sa prière. A toutes les
L'Absoute.
ig7
Heures de l'Office de chaque jour, en toutes les Messes offertes au cours de l'année , quelle qu'en puisse être la solennité, les trépassés auront un souvenir de leur Mère.
r\AlGNEZ faire, Seigneur, *-' que nos prières et nos supplications servent aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes, en vous amenant à les délivrer de tous leurs péchés et à leur donner part à votre rédemption. Vous qui vivez.
Animabus, quœsumus Domine, famulorum famularumque tuarum oratio proficiat supplicantium : ut eas et a peccatis omnibus exuas, et tua? redemptionis facias esse participes. Qui vivis.
Le Bencdicamus Domir.o, qui tient lieu de Vite Missa est dans les Messes où l'on supprime le Gloria in excelsis, est remplacé lui-même à celle des défunts par une invocation pour les morts.
paix. I p equiescant in pace.
I 1^ Rh Amen.
u ils reposent Amen.
j a Messe achevée, les Clercs, précédés de la Croix et suivis du Célébrant, viennent se ranger autour du catafalque élevé dans la nef de l'église pour représenter les morts, à l'endroit même où leur dépouille inanimée reposa devant l'autel du Seigneur. Les Chantres y reprennent le neuvième Répons de l'Office des défunts ; suivent les prières
iqS La Commémoration des Morts.
de conclusion, pendant lesquelles le Prêtre rend aux trépassés l'hommage de l'eau sainte et de l'encens, comme au jour qui fut pour chacun d'eux le dernier des jours. L'Abidute tire son nom de l'Oraison Absolve, ;qui la termine le plus souvent, bien qu'on pu comme aujourd'hui choisir la Collecte de la Messe, ou quelque autre Oraison indiquée par les circonstances.
LIBERA me, Domine , de morte aeterna, in die iila tremenda : * Quando cœli movendi sunt et terra : * Dum veneris judicare sœculum per ignem.
f. Tremens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit , atque ventura ira. * Quando.
f. Dies illa, dies iras, calamitatis et miseriœ, dies magna et amara valde. * Dum veneris.
f. Requiem œternam dona eis, Domine : et lux perpétua luceat eis.
r\ Libéra me, usque ad primum f.
Kyrie, eleison. Christe, eleison. Kyrie, eleison.
PATER noster, quod secreto prosequitur.
Délivrez- moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable ; ' Quand les cicux et la terre seront ébranlés ; * Lorsque vous viendrez juger le siècle par le feu.
y. Je tremble et suis dans l'épouvante , à la pensée de l'examen final, de la colère qui le suivra, * Quand les cieux.
f. Quel jour que ce jour de colère, de malheur et de larmes ! grand jour, plein d'amertume,* Où vous viendrez juger.
y. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; que luise pour eux la lumière sans fin.
On reprend Délivrez-moi jusqu'au premier f.
Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
otre Père, et le reste silence.
L'Absoute. iqg
f. Et ne nous laissez pas
f. Et ne nos inducas
succomber à la tentation.
in tentationem.
tù Mais délivrez-nous du
I}1. Sed libéra nos a
mal.
malo.
f. De la porte de l'enfer,
f. A porta inferi.
i{. Seigneur, délivrez leurs
rç\ Erue Domine aniâmes.
mas eorum.
f. Qu'ils reposent en paix.
f. Requiescant in pace.
pj!. Amen.
Ff. Amen.
f. Seigneur, exaucez ma
f. Domine exaudi oraprière ;
tionem meam.
tf. Et que mon cri parF}1. Et clamor meus
vienne jusqu'à vous.
ad te veniat.
f. Le Seigneur soit avec
f. Dominus vobiscum.
vous.
ïj. Et avec votre esprit.
P^>. Et cum spiritu tuo.
A bsolvez de tout lien de f*- péché, Seigneur, nous
A bsolve , qusesumus i\ Domine, animas favous en supplions, les âmes
mulorum famularumque
de vos serviteurs et de vos
tuarum ab omni vinculo
servantes, pour qu'en la rédelictorum : ut in resursurrection, ressuscites à la
rectionis gloria , inter
gloire, ils vivent parmi vos
Sanctos et electos tuos
Saints et vos élus. Par Jésusresuscitati respirent.
Christ notre Seigneur.
Per Christum Dominum nostrum.
rf. Amen.
r1. Amen.
f. Don.iez-leur, Seigneur,
f. Requiem aeternam
le repos éternel ;
dona eis Domine.
if. Que luise pour eux la
Fj. Et lux perpétua
lumière sans fin.
luceat eis.
f. Qu'ils reposent en paix.
^.Requiescant in pace,
i^. Amen
if. Amen.
200 Le Temps après la Pentecôte.
Pour honorer les Saints, dont l'Octave se célèbre aujourd'hui concurremment avec le souvenir des morts, le Missel de Marmoutier nous donnera cette Séquence.
SÉQl I
Ut sequamur pari zelo Sanctorum restigia, Nobis horum vitam, mores Proponit Ecclesia.
Offert nobis tria : rosam, Violam et lilium,
Ut ostendat nobis viam Ad cœleste bravium.
Rosa signât Martyres Per colorem rubeum ; Confessores viola Per florem purpureum;
Virginalem candidatum Attestatur lilium :
Per hoc ergb sequi Deum, Nos oportet trivium.
Nos mactet ut martyres Vera patientia, Confessores faciat Jugis abstinentia.
Nos conservet virgines Jugis castimonia, Aut lapsos aliquando ' Firma continentia.
Dour nous porter à suivre, * héritiers de leur zèle, les traces des Saints, l'Eglise met B0IM nos yeux leur vie et leurs mœurs.
Elle nous présente la rose, la violette et le lis , nous montrant par les trois le chemin qui conduit à la récompense des cieux.
La rose rouge signifie les Martyrs ; les Confesseurs sont indiqués par la violette en fleur ;
Le lis décèle l'amant de la virginité : par l'une donc de ces trois routes, il nous faut suivre Dieu.
Martyrs et immolés , soyons-le par une^vraie patience ; qu'une retenue persévérante fasse de nous des Confesseurs.
Une pureté vigilante gardera les Vierges ; une courageuse continence sauvera les tombés.
Deux. Jour dans VOct. de la Toussaint. 20 r
Viennent à notre aide les Saints dont nous célébrons la fête ; que leur prière nous fasse atteindre les cieux.
Amen.
Adjuvent nos Sancti quorum Colimus sollemnia, Ut horum precc possimus Àssequi cœlestia. Amen.
i nous avions les yeux des Anges, la terre nous apparaîtrait comme un champ immense, ensemencé pour la résurrection. La mort d'A- bel ouvrit le premier sillon ; depuis, les semailles se poursuivent sans trêve, en tous ! lieux. Quels trésors déjà elle renferme en [ son sein, cette terre du labeur et de l'infirmité ! Quelle moisson elle promet au ciel, i quand le Soleil de justice, dardant sur elle ' soudainement ses feux , fera surgir non moins soudainement de la glèbe les épis du salut, mûrs pour la gloire ! Aussi ne faut-il pas s'étonner que l'Eglise bénisse, et qu'elle dirige elle-même la mise au sillon du précieux froment.
Mais l'Eglise ne se contente pas de semer toujours. Parfois, comme impatiente de l'attente, elle lève de terre le grain d'élite qu'elle-même y avait déposé ; son infaillible discernement la préserve d'erreur, et dégageant du limon le germe immortel, elle prélude pour lui aux magnificences de l'avenir : soit cju'elle le recueille dans l'or et les étoffes précieuses, le porte en triomphe,
Trois. Jour dans VOct. de la Toussaint. 20 3
convoque à l'honorer les foules ; ou qu'appelant de son nom des temples nouveaux , elle lui décerne l'honneur suprême de reposer sous l'autel où s'offre à Dieu le Sacrifice auguste.
«I Veuille, en effet, votre charité le comprendre, explique saint Augustin x : nous n'élevons pas d'autel à Etienne en ce lieu, mais des reliques d'Etienne nous faisons un autel à Dieu. Dieu les aime, ces autels ; et si vous me demandez pourquoi, c'est que la mort des saints est précieuse devant lui 2. » Pour obéir à Dieu, « l'âme invisible a quitté sa maison visible ; mais cette maison, Dieu la garde : et il trouve sa gloire dans les honneurs rendus par nous à cette chair inanimée ; et lui donnant la vertu des miracles, il la revêt de la puissance de sa divinité3. » De là les pèlerinages aux tombeaux des Saints.
« Peuple chrétien, dit saint Grégoire de Nysse, qui donc ici vous rassemble ? Un sépulcre n'attire pas ; la vue de ce qu'il contient n'inspire que répulsion. Et voilà qu'on ambitionne comme une bénédiction d'approcher celui-ci. Objet de convoitise, on estime présent d'un grand prix la poussière même recueillie aux abords de ce tombeau. Car d'atteindre jusqu'aux cendres qu'il garde, bien rare en est la faveur ! mais aussi combien désirable! ils le savent les privilégiés : comme s'il vivait, ce corps, ils l'emI Aug. Sermo cccxvin, de Stephano Mart. v. — 2. Psalm. cxv, i5. — 3. K\G. Sermo cclxxv, de Vincentio Mart. n.
2 04 I*e Temps après la Penh brassent,}' collent leurs lèvres ci leurs yeux, répandant des larmes de dévotion et d'amour. Quel empereur fut jamais pareillement honoré •
a Les empereurs! reprend saint Jean Chrysostome ; ce que lurent les portiers de leurs palais, eux le sont aujourd'hui pour des pécheurs : le fils du grand Constantin jugea ne pouvoir plus dignement l'honorer, qu'en ménageant une place à son tombeau dans le vestibule du pécheur de Galilée 2. a
Et ailleurs, achevant d'expliquer l'admirable lettre aux Romains du Docteur des nations, la bouche d'or s'écrie : «Qui maintenant me donnera de me prosterner au sépulcre de Paul, de contempler la poussière de ce corps qui complétait, souffrant pour nous, ce qui manquait au Christ en ses souffrances 3 ? la poussière de cette bouche qui parlait devant les rois sans rougir, et nous montrant ce qu'était Paul, nous révélait le Seigneur de Paul ? la poussière aussi de ce cœur, vraiment cœur du monde, plus élevé que les deux, plus vaste que l'univers, cœur du Christ autant que de Paul, où se lisait, gravé par le Saint-Esprit, le livre de la grâce r Je voudrais voir la poussière des mains qui écrivirent ces épitres ; des yeux qui, d'abord aveuglés, recouvrèrent la vue pour notre salut; des pieds qui parcoururent l'a terre. Oui ; je voudrais contempler la tombe où sont couchés ces instruments de la justice, de la lumière, ces membres du Christ,
I. GREG.Nyss.de Theodoro Mart. — 2. Chrys.
in Epist. II ad Cor. Hom. xxvi. — 3. Col. i, 24.
Trois. Jour dans VOct. de la Toussaint. 20 5
ce temple de TEsprit-Saint. Corps vénéré qui, avec celui de Pierre, protège Rome plus sûrement que tous remparts l. »
Ces textes et bien d'autres n'empochèrent
Ï)oint qu'au xvie siècle l'hérésie, profanant es saints tombeaux, ne prétendît en cela nous ramener aux mœurs de nos pères. Mais à l'encontre de ces étranges réformateurs, le Concile de Trente ne taisait qu'exprimer l'unanime témoignage de la Tradition dans la définition suivante, où se trouvent résumées les raisons théologiques du culte rendu par l'Eglise aux reliques des Saints :
« Vénération est due par les fidèles aux corps des Martyrs et des autres Saints qui vivent avec Jésus-Christ. Ils furent en effet ses membres vivants et le temple de l'EspritSaint; il doit les ressusciter pour la vie éternelle et pour la gloire ; Dieu par eux accorde aux nommes beaucoup de bienfaits. Ceux donc qui disent que les reliques des Saints ne- méritent point d'être vénérées, aue c'est inutilement qu'elles sont honorées des fidèles, que c'est en vain qu'on visite les mémoires ou monuments des Saints pour obtenir leur aide : ceux-là sont absolument condamnables ; et en la manière qu'elle les a dès longtemps déjà condamnés 2, l'Eglise maintenant à nouveau les condamne 3. » *
Rome toutefois, considérant l'inégale distribution des reliques saintes par le monde,
2. Conc. Nie. II, c. vu. — 3. Conc. Trid. Sess. XXV.
De invoctionc, veneratioa nect rcliquiis Sanctorum.
2o6 Le Temps après la Pentecôte.
n'a point consacre tic fétc universelle au culte essentiellement local de ces rc
f>récieux. Elle laisse aux Eglises partieniercs de consulter sur ce point leurs propres convenances, se réservant comme Maîtresse et Mère de bénir en les sanctionnant les préférences de chacune.
a fête des saintes Reliques se célébrant en beaucoup de lieux au Dimanche dans l'Octa\e de la Toussaint, nous donnons la Messe et les Vêpres qui lui sont communément consacrées. Mais les formules liturgiques ne varient guère moins ici que la ctate même de la fête.
L'Introït est emprunté au Psaume xxxm. Il chante la sollicitude de Dieu pour les siens dans la mort comme dans la vie. Quel qu'ait été le sort des justes sous l'épreuve ou la persécution, leurs ossements se retrouveront tous à l'appel du Fils de l'homme au dernier jour l.
ui r e tribulationes I KTOMBREUSES furent les trijustorum, et de his | iN bulations des justes, et
le Seigneur les a délivres de toutes ; le Seigneur garde tous leurs os : pas un seul ne sera brisé. ^
Ps. Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera toujours en ma bouche. Gloire au Père. Nombreuses.
omnibus liberavit eos Dominus : Dominus custodit omnia ossa eorum : unum ex his non conteretur.
Ps. Benedicam Dominuminomni temporc : semper laus cjus in ore meo. Gloria Patri. MulLcs miracles qu'opèrent ces ossements desséchés nous révèlent en effet, dit saint Augustin, qu'ils ne sont pas vraiment morts *. Ils doivent augmenter notre^ foi dans la résurrection future, et nous faire demander comme l'Eglise, en la Collecte, de partager nous-mêmes au temps voulu la gloire dont cette vertu qui resplendit en eux déjà est le gage assuré.
<?eigneur qui opérez des O merveilles dans les reliques de vos Saints, augmentez, en nous la foi de la résurrection ; et rendez-nous dans l'éternité participants de la gloire dont nous vénérons ces gages en leurs cendres. Par Jésus-Christ.
A uge in nobis, Domi**• ne, resurrectionis fidem, qui in Sanctorum tuorum reliquiis mirabilia operaris: et fac nos immortalis gloriae participes, cujus in eorum cineribus pignora veneramur. Per Dominum.
On fait mémoire du Dimanche correspondant et de l'Octave de la Toussaint par leurs Collectes respectives.
2 0 S Le Temps après la Pentecôte.
Lectio libri Sapientiae Eccli. xi. iv.
i vi ri misericordiae sunt. quorum pietates non defuerunt : cum semine corum permanent bon a, hsereditas sancta nepotes eorura, et in testamentis stetit semen corum : et filii eorum propter illos usque in acternum manent : semen eorum, et gloria eorum non derelinquetur. Gorpora ipsorum in pace sepulta sunt, et nomen eorum vivit in generationem et generationem. Sapientiam ipsorum narrent populi, et laudem eorum nuntiet Ecclesia.
Lecture du livre de la Sa! . ;cli. xi. iv.
Cirent des hou de miséricorde ; leurs œuvre ne défaillirent pas. Leur race demeure bénie , leur descendance tient d'eux la sainteté pour héritage, leur postérité est iidèle à l'alliance. Aussi leurs fils, à cause d'eux, subsistent pour toujours ; ni leur race, ni leur gloire, ne finiront point. Leurs corps sont ensevelis dans la paix ; leur nom vivra de génération en génération. Que les peuples donc publient leur sagesse , que l'Eglise chante leurs louanges.
es saintes Reliques formaient pour nos aïeux la première richesse, le trésor par excellence des cités. On eût dit que rosée du ciel et graisse de la terre *, bénédictions de ce monde comme de l'autre, émanaient des corps saints. Leur présence imposait le respect aux armées ennemies, non moins qu'aux légions d'enfer ; elle gardai? les mœurs, entretenait la foi, excitait la prière au sein des villes devenues par elles le centre envié vers lequel se portaient les foules, qu'attirent aujourd'hui moins sainement nos
La Messe des Saintes Reliques. 20g
villes de plaisirs. De quelle vigilance on entourait l'auguste dépôt ! Tous les malheurs publics n'eussent pas égalé celui de sa perte. Pourtant « ici, mes Frères, dit le Cardinal Pie, j'ai à vous dévoiler un plan merveilleux du Dieu que l'Ecriture appelle admirable dans ses Saints *. Le Seigneur Jésus, qui a dit à ses disciples : « Allez et enseignez » : Euntes ergo, docete^, se plaît souvent à les mettre encore en mouvement après leur mort, et il se sert de leur apostolat d'outre-tombe pour porter le bienfait de la grâce à d'autres peuples qu'à ceux qu'ils ont évangélisés de leur vivant, « Je vous ai établis, leur a-t-il dit, « afin que vous alliez et que vous portiez « des fruits » : Posui vos ut eatis, et fructum afferatis 3. Conformément à ce mot d'ordre, les Saints, même après qu'ils sont arrivés au terme bienheureux de leur pèlerinage \ mortel, se résignent encore à redevenir voya- | geurs. Si j'avais le loisir de vous raconter les pérégrinations posthumes de nos illustres pontifes et thaumaturges, par exemple, les courses réitérées, les allées et les venues, les marches et les contre-marches de notre \ Hilaire et de notre Martin durant plus de i dix siècles, et les fruits incroyables de ces étranges déplacements, tout en captivant j votre attention par des récits pleins d'intérêt, je risquerais de vous fatiguer par ma longueur 4. »
1. Psalm. lxviî, 36. — 2. MàttH. xxviii, 19. —
3. Johan. xv, 16. — 4. Cardinal Pie, Discours prononcé à la cérémonie de la translation des reliques de saint Latuin, à Séez, le mardi xxn juin mdccclviii.
I2io Le Temps après la Pente* Le Graduel et son Verset, tirés des Psaumes, exaltent la gloire future dont celle qui entoure les bienheureux sur leurs couches • d'honneur ici-bas n'est qu'une faible image.
EXSUL i ABUNT Sancti in gloria : laetabuntur in cubilibus suis.
y. Cantate Domino canticum novum : laus ejus in Ecclcsia Sanctorum.
Alléluia, alléluia.
f. Justi cpulentur , et exsultent in conspectu Dei : et delectcntur in laetitia. Alléluia.
LES saints tressailliront d'allégresse dans leur gloire ; ils seront comblés de joie sur leurs couches d'honneur.
y. Chantez au Seigneur un cantique nouveau ; que sa louange retentisse dans l'assemblée des Saints.
Alléluia, alléluia.
y. Que les justes fassent des festins, qu'ils tressaillent devant Dieu ; qu'ils se laissent aller aux transports de la joie. Alléluia.
Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. vi.
IN illo tempore : Descendens Jésus de monte, stetit in loco campestri, et turba discipulorum ejus, et multitudo copiosa plebis ab omni Judœa, et Jérusalem, et maritima, et Tyri , et Sidonis, qui vénérant, ut audirent eum , et sanarentur a languoribus suis. Et qui vexabantur a spiritibus immundis, curabantur.
La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. VI.
£• N ce temps-là, Jésus, des■C cendant de la montagne, s'arrêta dans la plaine, et il fut entouré de In troupe de ses disciples, et d'une grande multitude de peuple venue de toute la Judée et de Jérusalem, de la région maritime, de Tyr, de Sidon, pour l'entendre et être guéris de leurs maladies. Et ceux que tourmentaient les esprits impurs étaient délivrés. Et toute la foule cherchait à le touLa Messe des Saintes Reliques. 211
cher, parce qu'une vertu sortait de lui qui les guérissait tous. Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : Éienheureux vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous.' Bienheureux vous qui maintenant avez faim, parce que vous serez rassasiés. Bienheureux vous qui maintenant pleurez, parce que vous rirez. Bienheureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront et vous sépareront d'eux, et vous diront des injures et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l'homme. Réjouissezvous en ce jour-là, et tressaillez ; car votre récompense est grande dans le ciel.
En vérité, en vérité je vous le dis : celui qui croit en moi fera lui-môme les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes *. » Cette parole de l'Homme-Dieu s'appliquait aux Saints , aux disciples de Jésus -qui croiraient en lui jusqu'à mettre pour lui leur béatitude de ce monde dans la pauvreté, la faim, les pleurs et la persécution. On devait la voir s'accomplir au temps de leur vie mortelle ; elle se justifierait toujours, et souvent plus, dans la puissance que garderait leur dépouille inanimée pour chasser les démons, guérir tout mal, obtenir toute grâce ; ce n'était pas de l'éEt omnis turba quœrebat eum tangere : quia virtus de illo exirjat, et sanabat omnes. Et ipse, elevatis oculis in discipulos suos, dicebat : Beati pauperes : quia vestrum est regnum Dei. Beati, qui nunc esuritis : quiasaturabimini. Beati, qui nunc fletis : quia ridebitis. Beati eritis cum vos oderint homines, et cum separaverint vos, et exprobraverint, et ejecerint nomen vestrum tamquam malum, propter Filium hominis. Gaudete in illa die, et exsultate : ecce enim merces vestra multaest in cœlo.
2/2 Le Temps après la Pentecôte.
troite province de Judée, mais des rivages du monde entier que s ébranleraient les
foules, pour venir écouter les Saints dans L'éloquent silence île leurs tombes, pour éprouver la vertu qui sortirait d'eux.
Aussi, nous dit Paulin de Noie en de poétiques développements, « Dieu secourable ménagea la distribution des Saints parmi les nations, de telle sorte que leur aide ne pût manquer aux infirmes mortels l. S'il donna les principales cités pour séjour aux plus grands 2, la grâce dont ils sont doués pour
. nous ne vit point là seulement où gît leur corps en son intégrité: où que subsiste une parcelle de ce corps, leur main s'y trou sa puissance, Dieu témoignant ' en cette manière de leur crédit au' ciel3. Du pieux dépôt s'envolent, semences de vie. les cen: dres sacrées; une goutte minime fuit de la source : source elle-même pour la grâce et l'amour, elle produit des fleuves 4. »
Célébrons donc le Seigneur en ses Saints ;
' car c'est de lui que leur vient toute vertu, comme dit l'Offertoire.
MIRABILIS Dcus in Sanctis suis : Dcus Israël ipse dabit virtutem et fortitudincmplebi sure, benedictus Dcus. Alléluia.
•a dmirarle est Dieu dans a* ses Saints; c'est lui. le Dieu d'Israël, qui donnera vertu et force à son peuple : béni soit-il 1 Alléluia.
i. Paulin. Poema xix, i ;-5o. — 2. Ibid. 5i-52. —
3. Poema xxvil, 440 - 448. — 4. Poema xix, 358-
La Messe des Saintes Reliques. 21 3
« Qui jamais adora les Martyrs ? qui prit un homme pour Dieu ?» disait saint Jérôme en sa défense des honneurs rendus aux ossements sacrés !. Et en effet, dans la Secrète, l'Eglise professe que de même que le culte de ces cendres vénérées remonte d'elles jusqu'aux Saints eux-mêmes, ainsi la puissance des Saints n'est qu'une puissance d'intercession auprès du Père de l'auguste Victime dont nous vient tout salut.
Nous implorons, Seigneur, votre clémence : faites 3ue, vénérant les Reliques e vos Saints, leurs mérites intercèdent pour nous, et nous obtiennent que cette hostie présentée sur l'autel efface nos péchés. Par JésusChrist.
Mploramus, Domine,
I clcmentiam tuam : ut
Sanctorum tuorum, quorum Reliquias veneramur, suffragantibus mentis, hostia quam offerimus nostrorum sit expiatio delictorum. Per Dominum.
La Secrète est suivie des mêmes mémoires que ci-dessus.
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a dit l'Homme-Dicu, je le ressusciterai au dernier jour 2. » La Communion, qui dépose le germe de l'immortalité glorieuse en nos corps, justifie l'objet de cette fête et en explique la joie.
justes, réjouissez - vous J dans le Seigneur; la louange convient aux cœurs droits.
GAUDete justi in Domino : rectos decet collaudatio.
2i4 Le Temps après la Pentecôte.
Quelle conclusion formuler dans notre prière en ce jour, sinon le vœu de vivre éternellement avec les bienheureux gui nous ont réjouis par la présence de leurs Reliques saintes : C est ce que l'ait l'Eglise en la Postcommunion.
Y\A Il'LICA super nos,
quaesumus Domine, per haec Sancta qua: sumpsimus, misericordiam tuam : ut sicut in t u o r u m solemnitate Sanctorum, quorum Reliquias colimus, pia devotione lauamur, ita corum perpétua societate, te largiente, fruamur. PerDominum.
Daignez, Seigneur, par marc communion à ces sacrés Mystères, multiplier sur nous les effets de votre miséricorde : en la manière que dans cette solennité de vos Saints le culte de leurs Reliques est pour noti votion la cause d'une pieuse allégresse , puissions-nous, par votre grâce, jouir de leur compagnie dans l'éternité. Par Jésus-Christ.
On fait à la suite les mémoires indiquées plus haut, et l'Evangile du dimanche correspondant tient lieu, à la fin de la Messe, de celui de saint Jean.
i es Vêpres sont les mêmes que o
L Commun de plusieurs Martyrs, celles du avec la Collecte de la Messe qui précède pour Oraison.
t \ v-r C* EUX-LA S O H t I.ANT- \^ leg Saintsqui
ont livré leurs corps pour le
s u n t Sancti, qui pro testamento Dei sua
Les Vêpres des Saintes Reliques. 21 5
testament de Dieu et lavé leurs robes dans le sang de l'Agneau.
corpora tradiderunt, et in sanguine Agni laverunt stolas suas.
Psaume cix. Dixit Dominus, page 45.
es Saints ont vaincu les royaumes par la foi, ils ont accompli la justice, ils sont en possession des promesses.
<J fidem vicerunt régna, operati sunt justitiam, adepti sunt repromissiones.
Psaume ex. Confitebor tibi, Domine, page 46.
0. ant. jl saints se re_ nouvellera comme celle de l'aigle ; ils fleuriront comme le lis dans la cité du Seigneur.
w velutaquilae juventus renovabitur:
florebunt sicut lilium in
civitate Domini.
Psaume cxi. Beatus vir, page 48.
. \^^ V\ ieu essuiera 4.Ant.|J toute larmc
des yeux des Saints ; et il n'y aura plus désormais ni gémissements, ni cri, ni douleur d'aucune sorte ; car le passé n'est plus.
4-ANr' Deusomnem lacryraam ab oculis Sanctorum : et jam non erit amplius neque luctus, neque clamor, sed necullus dolor: quoniam priora transierunt.
Psaume cxn. Laudate pueri, page 49.
des cieux ; éternel.
tent le royaume leur repos sera
:œlestibus regnis Sanctorum habitatio est, et in œternum requies eorum.
Psaume cxv. Credidi, page io3.
2i6 Le Tempe après la Pentecôte.
1 manu Dei sunt, et non tanget illos tormentum mortis. Vïsi sunl
oculis insipientium mort : illi autem sunt in pacc.
Canctorii m mer i lis inclvta gaudia
Pangamus socii, gestaque fortia :
Gliscens fert animus promere cantibus Victorum genus optimum.
Illi sunt , quos fatue
mundus abhorruit ; Hune fructu vacuum ,
floribus aridum Contempsere tui nominis asseclœ
Jesu Rex bone ccclitum.
Hi pro te furias, atque
minas truces Galcarunt hominum,
sœvaque verbera : His cessit laccrans fortiter ungula,
Nec carpsit penetralia.
Coeduntur gladiis more
bidentium : Non murmur resonat,
non querimonia ;
des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment de la mort ne les atteindra pas. -Aux yeux de:-, insensés, ils ont paru mourir ; mais eux sont dans la paix.
CÉLÉBRONS da n s chœurs les sublimes recompenses qu'ont méritées les Saints , leurs exploits héroïques : mon âme brûle d'exalter dans ses chants leur triomphe et leur noblesse insigne.
Voilà donc ceux qu'eut en aversion la folie du monde ! monde stérile, monde sans fleurs, méprisé de ces fidèles attachés h ton nom, Jésus, doux Roi des cieux.
Pour toi ils se rirent des fureurs humaines, des farouches menaces , des fouets sanglants ; vaincue, la griiTe de fer qui labourait le corps n'atteignit point leur cœur.
Ils se présentent comme des brebis au glaive : ni plainte aux lèvres, ni murmure ; le cœur tranquille,
Les Vêpres des Saintes Reliques. 21 7
l'âme sûre d'elle reste patiente.
Quelle voix, quelle langue pourra dire les dons eue tu réserves à tes Martyrs r1 Empourprés de leur sang, ils ceignent glorieux le laurier des vainqueurs.
Déité une et souveraine, écoutez nos prières : effacez nos fautes, écartez tout danger ; donnez la paix à vos serviteurs, pour qu'ils chantent votre gloire dans toute la suite des âges.
Amen.
t-V
es Saints tressailliront dans la gloire, ip. Ils seront dans la joie sur leurs couches d'honneur.
S e d corde impavido mens bene conscia Conservât patientiam.
Quœ vox, qu;e poterit lingua retexere,
Quœ tu Martyribus munera praeparas ?
Rubri nam fluido sanguine fui gi dis Cingunt tempora laureis.
summa unaque
o Deitas ,
poscimus ;
Ut culpas abigas, noxia
subtrahas, Des pacem famulis, ut tibi gloriam Annorum in seriem canant. Amen.
^' t- Sancti in gloria. ~Bf. Laetabuntur in cubilibus suis.
antienne de Magnificat.
\ ES âmes des Saints qui
ont suivi les traces d Jésus-Christ se réjouissent aux cieux ; pour son amour ils ont versé leur sang, leur bonheur avec lui n'aura point de terme.
Ç^ A u D e n t in cœlis ^-* animas Sanctorum, qui Christi vestigiasunt secuti : et quia pro ejus amore sanguinemsuum fuderunt, ideo cum Christo exsultant sine fine.
Le Cantique Magnificat, page 53. L'Oraison, page 207.
On fait ensuite mémoire du Dimanche et de TOctave.
2i S Le Temps après la Pentecôte,
Plusieurs Eglises chantent en cette Fête l'Hymne suivante, œuvre de Claude Santeul, qu'il ne faut pas confondre avec le Victorin son frère, et dont les compositions remportent sur celles de Jean-Baptiste Santeul en onction et en simplicité comme par l'orthodoxie.
Ovos, unanimes christiadum chori, Sanctorum tumulos et
cineres Patrum, Charas exuvias, pignora Cœlitum Lœtis dicite cantibus.
Cœlo quando piis aequa laboribus Felices animœ gaudia
possident, Pœnarum sociis débita redditur
Hic laus et decus ossibus.
Passim sparsa Deus, polliciti memor Custos, ne pereant, pignora colligit : Electosque suis pfovidus aggerit Aptandos lapides locis.
Quin et relliquias, et tumulos sibi Aras ipse Deus consecrat hostia :
Chœurs des chrétiens, célébrez par des chants d'allégresse les saints tombeaux, les cendres de nos Pères, chères dépouilles, gages que nous ont lais> habitants des cieux.
Tandis qu'au ciel les âmes bienheureuses jouissent de joies égales à leurs pieux labeurs, honneur et digne louange ici-bas sont rendus au corps qui partagea leurs souffrances.
Ces ossements dispersés en tous lieux, Dieu les garde ; il se souvient de sa promesse qu'ils ne périront pas : pierres de choix, qu'il rassemble avec amour, qu'appareille sa providence.
Suprême honneur : ces restes mortels et ces tombeaux, lui-même le Dieu hostie se les consacre pourautels ; lui,
Trois. Jour dans VOct. de la Toussaint. 21g
la tête, se joint à ses membres ; il les immole avec lui.
Vous, dont les cendres reçoivent l'hommage, les baisers suppliants du peuple pieux qui voit en vous sa sure défense : si ce qui nous touche vous émeut, montrez-vous bons, secourez vos clients.
Exaucez-nous, afin qu'au jour où notre chair ressuscitée s'unira aux chœurs des esprits dans la splendeur de ses attributs nouveaux, l'indivisible Trinité soit pour nous Dieu tout en tous à jamais.
Amen.
Conjungensque suis se caput artubus, Hos secum simul immolât.
Vos, quorum cineres supplicibus pia, Tutum praesidium, plebs
colit osculis, Si vos nostra movent, subsidium boni Vestris ferte clientibus.
Ut cum nostra novis
splêndida dotibus
Surget junctachoris spirituum caro, Indivisa Trias sit Deus omnia
Nobis semper in omnibus. Amen.
Donnons à la suite cette belle formule du Pontifical romain pour la bénédiction des châsses et reliquaires.
C'est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père toutpuissant, Dieu éternel, inestimable, Dieu ineffable, Dieu de miséricorde et de toute consolation. Vous commandâtes h votre serviteur Moïse de faire selon l'exemplaire que vous lui montriez sur la
\j ère dignumetjustum est, aequum et salutare, nos tibi semper, et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens , aeterne Deus inœstimabilis, Deus ineffabilis, Deus misericordiarum, et totius consolationis. Qui Moysi famulo tuo praîcepisti, ut juxta cxemplar quod ei