L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 65)
220 Le Temps après Li Peut, in monte demonsl arcam de lignis imputribilibus construeret, et cam auro mundissimo circumdaret, inqua urna aurea 3ianna cœlesti plcna, cumtabulis testament] digito majestatis tuaj conscriptis, in l -nmonium fut mis generationibus servari deberet. (v)uique nostris sasculis eadem sacratius intelligenda manifestasti, duin corpus unici Filii tui, opère Spiritus sancti de incorrupta Virgine conceptum, et anima rationali vivifîcatum, omni plenitudine divinitatis replesti :
Te suppliciter imploramus, omnipotens Deus, Pater Domini nostri Jesu Christi, ex quo omnis paternitas in cœ- lo et in terra nominatur ; ut hœc vascula Sanctorum tuorum pignoribus pra?parata, eisdem Sanctis tuis intercedentibus, cœlesti benedictione perfundere digneris ; quatenus qui horum patrocinia requirunt, ipsis intercedentibus, cuncta sibi adversantia, te adjuvante, superare, et omnia commode profutura, abundantia largitatis tuae mereantur invenire. Et sicut illi, te
montagne une arche de incorruptible, el de l'entourer dut; or très pur. afin qu'elle
gnage poui i nions
futures, et l'urne d'or remplie de la manne des cieux, tables du testament écrites par le doigl mêm
temps, vous avez man le sens de ces augustes mystères, lorsque vous remplîtes de toute la plénitude de la divinité le corps de votre unique, conçu par l'opération du Saint-Esprit d'une Vierge très pure et vivifié par une àme raisonnable.
Nous vous implorons donc et supplions, Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, vous de qui relève au ciel et sur terre toute paternité : daignez, à la prière de vos Saints, répandre la bénédiction du ciel sur ces reliquaires préparés pour leurs restes sacrés ; en sorte que ceux qui recourent à eux méritent, par leur intercession, de surmonter tout mal avec votre aide, de puiser toute aisance et tout bien dans le tl de votre largesse infinie Eux, Seigneur, purent sous votre conduite intérieure éviter les embûches des esprits du mal ; confortés par
Trois. Jour dans l'Oct. de la Toussaint 221
le Seigneur Christ , non seulement les savantes tortures des hommes n'eurent que leur mépris, mais ils en triomphèrent pleinement : qu'ainsi les fidèles honorant les mérites de ces Saints , embrassant leurs Reliques avec humilité, soient protégés contre le diable et ses anges, contre la foudre et les orages, contre la grêle et les fléaux divers, contre l'empoisonnement de l'air et la mortalité des hommes ou des animaux, contre les voleurs, les assassins, les incursions ennemies, contre les animaux nuisibles , les serpents et reptiles aux multiples formes, contre la méchanceté humaine et ses intrigues pires que les autres calamités. Fléchi par les prières de vos bienheureux serviteurs, soyez propice à leurs dévots clients, étendez sur eux, toujours, en tous lieux , la droite de votre invincible puissance pour écarter les maux et répandre les biens.
Par le même Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, Dieu lui-même, en l'unité du même Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.
Amen.
Domine inspirante, spiritualium nequitiarum versutias caverc, et humanitus exquisita tormenta non solum contemnerc, sed etiam penitus evinecre , Christo Domino confortante, potucrunt ; ita ipsorum mérita venerantious, et Reliquias humiliter amplectentibus, contra diabolum, et angelos ejus, contra fulmina et tempestates, contra grandines, et varias pestes, contra corruptum aerem, et mortes hominum, vel animalium, contra fures etlatrones, sive gentium incursiones, contra malas bestias, et serpentium, ac reptantium diversissimas formas, contra malorum hominum adinventiones pessimas, eorumdem ^ Sanctorum tuorum precibus comptacatus, dexteram invictœ potentiae tua? ad depulsionem nocivorum et largitatem profîcuorum semper et ubique propitius extende.
Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate ejusdem Spiritus sancti Deus, per omnia saecula sœculorum.
Amen.
222 Le Temps après la P
Enfin, nous gardant d'oublier nos chers morts aucun des jours de cette Octave, terminons par cette ancienne et toute suave supplication des Eglises de Séez, du Mans, d'Angers, de Rennes, en la Commémoration des défunts.
De profundîs clamantes gemimus Et gemendo p re c c s effundimus : Exaudi nos, Domine. Miserere misertus miseris, Qui Salvator et Salus diceris, Competcnti munere.
Sicut cervus ad fonte6
properat, Sic anima ad Te desiderat, Fons misericordia:. Fontis hujus aquis nos
abluas, Nec secundum culpas
rétribuas, Deus indulgcntia?.
Nec mensuram observes
scelerum, xScc culparum numeres
numerum, Sed da locuni veniœ. Non est opus reis judicio, Sed afflictis detur remissio, Dono Tuœ gratiœ.
DU fond de l'abîme, gémissant non s cri >ns, gémissant nous exhalons prières : Seigneur, exauceznous. Vous la Pitié, prenez en pitié notre sort pitoyabie, vous le Sauveur et le Salut, doux noms si pleinement mérités.
Comme le cerf aspire à la source, ainsi lame vous désire, source de miséricorde. Source, en vos eaux laveznous : Dieu du pardon, n'ayez pas égard aux péchés.
N'observez pas la mesure de nos crimes, ne comptez pas le nombre de nos fautes* qu'à l'indulgence toute latitude soit donnée. Coupables que nous sommes, ce n'est point la justice qu'il nous faut: affligés, par pare grâce, nous implorons de vous la miséricorde.
Trois. Jour dans VOct. de la Toussaint. 2 23
Vous avez dit : Vous qui ployez sous le labeur et les fardeaux, je vous soulagerai. C'est donc à vous qu'épuisés nous avons recours ; c'est de vous seul que nous attendons soulagement par votre clémence.
Nous sommes vos créatures : ne nous dédaignez pas; que nos cris nous attirent un regard de votre bonté : remédiez aux maux mérités par nos crimes. Vous qui devez venir pour juger l'univers, à toute âme croyante donnez les joies éternelles.
Amen
Tu dixisti : Vos qui laboribus
Pressi estis, atque oneribus, Ego vos reficiam.
Ecce ad Te pressi confugimus,
A Te solo refici petimus, Per Tuam démenti ara.
Ne.c facturam Tuam
despicias, Sed clamantem pius respicias, Dans reis remédia. Qui venturus es Judex
omnium, Animabus cunctis fidelium Des asterna gaudia. Amen.
CtlA CT1A <t»A wtiA CV±A CtlA CTiA CTïA *tïA ctlA CTïA ftljl
Joue, désireuse de laisser autant que possible à l'Octave qui se poursuit son caractère d'universalité grandiose, n'accorde qu'une brève mention, dans le Martyrologe de ce jour, à saint Hubert. Il ne sied pas que nous nous départions de sa réserve. Pourtant la dévotion des chasseurs chrétiens, si fidèles toujours à acclamer leur glorieux Patron, ne nous pardonnerait pas de sembler totalement l'oublier. Il convient aussi que satisfaction soit donnée à la piété populaire, non moins qu'à la reconnaissance des innombrables clients, sauvés de la rage, qu'une tradition millénaire ininterrompue ne cesse point de grouper chaque jour aux pieds du bienheureux. Bien peu de mots suffisent du reste à résumer sa vie.
De chasseur de fauves devenu chasseur 3'âmes à l'école du cerf mystérieux qui lui révéla le Christ, il mérita d'être appelé l'Apôtre de TArdenne , dont ses meutes avaient tant de fois parcouru les forêts. Disciple et successeur de saint Lambert, il fonda la grandeur de Liège, alors obscur village, en
Saint Hubert, Évèque et Confesseur. 2 25
y transférant de Macstricht les reliques de l'évêque martyr et le siège épiscopal même. Sa bienheureuse mort, survenue le 3o mai 727, fut suivie, le 3 novembre 743, d'une première élévation de ses restes précieux qui détermina l'anniversaire liturgique du présent jour. Au siècle suivant, l'abbaye d'Andain reçut la garde du saint dépôt; elle prit de lui le nom de Saint-Hubert, comme la ville qui ne tarda pas de s'élever à l'entour, et vers laquelle ne cessèrent plus d'affluer les pèlerins. Deux Ordres de Chevaliers furent établis en l'honneur de saint Hubert : le premier ne survécut pas à la chute des Bourbons, ses derniers chefs ; l'autre subsiste encore sous la grande maîtrise des rois de Bavière.
Salut, honneur des Confesseurs ; salut, concitoyen des Anges : donnez-nous l'allégresse du temps, qu'elle devienne l'allégresse éternelle ; par votre prière bien venue de Dieu, sauvez les sains, guérissez les malades.
f. Le Seigneur a conduit le juste par des voies droites.
if. Et il lui a montré le royaume de Dieu.
Ave, decus Conlessorum, ave, consors angelorum : nobis praesens tripudium da, sit perenne gaudium; prece tua Deo grata sanos salva, œgros sana.
f. Justum deduxit Dominus per vias rectas.
fi|. Et ostendit illi regnum Dei.
I. Office propre à l'abbaye Sainte-Scholastique de
Juvigny-les-Dames, où se conservait une dent de saint Hubert.
rih Le Temps après la Ptnti
koimtiark, quaesunuis Domine, nobis famulis tuis per sancti Huberti Confessons lui atquc Pontificts mérita gloriosa, ut ejus pia intercessione ah omnibus semper protegamur adversis. Per Dominum.
rriteui ration des glorieux m
,1c v .r • ur et Pontife saint Hubert, obtenir par sa pieuse interce d'être toujours | :
tout mal. Par Jc-sus-Christ.
' umilitas. A sa naissance au château d'Arona, Charles trouvait inscrit en chef de l'écu de famille ce mot couronné d'or *. Parmi les pièces nombreuses du blason des Borromées, on disait de celle-ci qu'ils ne connaissaient l'humilité que dans leurs armes. Le temps était venu où l'énigmatique devise de la noble maison se justifierait dans son membre le plus illustre ; où, au faîte des grandeurs, un Borromée saurait vider de soi son cœur pour le remplir de Dieu : en sorte pourtant que, loin de renier la fierté de sa race, plus intrépide qu'aucun, cet humble éclipserait dans .ses entreprises les hauts faits d'une longue suite d'aïeux. Nouvelle preuve que l'humilité ne déprime jamais.
Charles atteignait à peine sa vingt-deuxième année, quand Pie IV, dont sa mère était la sœur, l'appelait au poste difficile qu'on nomme aujourd'hui la Secrétairerie d'Etat, et
I. Le chef de l'écu d'argent, chargé du mot humilitas, en lettres gothiques de sable, surmonté d'une couronne d'or.
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bientôt le créait cardinal, archevêque de Milan, semblait se complaire \ enta honneurs et responsabilités sur ses jeunes épaules. On était au lendemain du règne de Paul IV, si mal servi par une c pareille, que ses neveux, les CarafFa, y méritèrent le dernier supplice. Mais l'événement devait montrer que son doux successeur recevait en cela ses inspirations de l'Esprit* Saint, non de la chair et du sang.
Soixante ans déjà s'étaient écoulés de ce siècle de Luther qui fut si fatal au monde, et les ruines s'amoncelaient sans tin, tandis que chaque jour menaçait l'Eglise d'un danger nouveau. Les Protestants venaient d'imp aux catholiques d'Allemagne le traité de Passau qui consacrait leur triomphe, et octroyait aux dissidents l'égalité avec la liberté. L'abdication de Charles- Quint découragé donnait l'empire à son frère Ferdinand, tandis que l'Espagne et ses immenses domaines des deux mondes allaient à Philippe II son fils ; or, Ferdinand Ier inaugurait la coutume de se passer de Rome, en ceignant le diadème mis au front de Charlemagne par saint Léon III ; et Philippe, enserrant l'Italie par la possession de Naples au Sud, du Milanais au Nord, semblait à plusieurs une menace pour l'indépendance de Rome elle-même. L'Angleterre, un instant réconciliée sous Marie Tudor, était replongée par Elisabeth dans le schisme où elle demeure jusqu'à nos jours. Des rois enfants se succédaient sur le trône de saint Louis, et la régence de Catherine de Médicis livrait la France aux guerres de religion.
Saint Charles, Évêque et Confesseur. 22g
Telle était la situation politique que le ministre d'Etat de Pie IV avait mission d'enrayer, d'utiliser au mieux des intérêts du Siège apostolique et de l'Eglise. Charles n'hésita pas. Appelant la foi au secours de son inexpérience, il comprit qu'au déluge d'erreurs sous lequel le monde menaçait de périr, Rome se devait avant tout d'opposer comme digue l'intégrale vérité dont elle est la gardienne ; il se dit qu'en face d'une hérésie se parant du grand nom de Réforme et déchaînant toutes les passions, l'Eglise, qui sans cesse renouvelle sa jeunesse * , aurait beau jeu de prendre occasion de l'attaque pour fortifier sa discipline, élever les mœurs de ses fils, manifester à tous les yeux son indéfectible sainteté. C'était la pensée qui déjà, sous Paul III et Jules III, avait amené la convocation du concile de Trente, inspiré ses décrets de définitions dogmatiques et de réformation. Mais le concile, deux fois interrompu, n'avait point achevé son œuvre , qui restait contestée. Depuis huit ans qu'elle demeurait suspendue, les difficultés d'une reprise ne faisaient que s'accroître, en raison des prétentions discordantes qu'affichaient à son sujet les princes.
Tous les efforts du cardinal neveu se tournèrent à vaincre l'obstacle. Il y consacra ses jours et ses nuits, pénétrant de ses vues le Pontife suprême, inspirant son zèle aux nonces accrédités près des cours, rivalisant d'habileté autant que de fermeté avec les
Psalm. cil, 5.
a3o Le Temps après la Pentecôte,
diplomates de carrière pour triompher des préjugés ou du mauvais vouloir des rois. Et quand, après deux ans donnés a ees négociations épineuses, les Pères de Trente se réunirent enfin, Charles apparut comme la providence et l'ange tutélaire de l'auguste assemblée ; elle lui dut son organisation matérielle, sa sécurité politique, la pleine indépendance de ses délibérations, leur continuité désormais ininterrompue. Retenu à Rome, il est l'intermédiaire du Pape et du concile. La confiance des légats présidents lui est vite acquise ; les archives pontificales en gardent la preuve : c'est à lui qu'ils recourent journellement, dans leurs sollicitudes et parfois leurs angoisses, comme au meilleur conseil, à l'appui le plus sûr.
Le Sage disait de la Sagesse : t A cause d'elle, ma jeunesse sera honorée des vieillards ; les princes admireront mes avis : si je me tais, ils attendront que je parle ; quand j'ouvrirai la bouche , ils m'ecouteront attentifs, les mains sur leurs lèvres *. » Ainsi en fut-il de Charles Borromée, à ce moment critique de l'histoire du monde ; et Ton comprend que la Sagesse divine qu'il écoutait si docilement, qui l'inspirait si pleinement, ait rendu son nom immortel dans la mémoire reconnaissante des peuples 2.
C'est de ce concile de Trente dont l'achèvement lui est dû, que Bossuet reconnaît, en sa Défense de la trop fameuse Déelaratio7i, qu'il ramena l'Eglise à la pureté de ses origines autant que le permettait l'iniquité
i. Sap. vm, 10-12. — 2. Ibid. i3.
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des temps *. Ecoutons ce qu'à l'heure où les assises œcuméniques du Vatican venaient de s'ouvrir, l'évêque de Poitiers, le futur Cardinal Pie, disait « de ce concile de Trente, qui, à meilleur titre que celui même de Nicée, a mérité d'être appelé le grand concile ; de ce concile dont il est juste d'affirmer que, depuis la création du monde, aucune assemblée d'hommes n'a réussi à introduire parmi les hommes une aussi grande perfection ; de ce concile dont on a pu dire que, comme un arbre de vie, il a pour toujours rendu à l'Eglise la vigueur de sa jeunesse. Plus de trois siècles se sont écoulés depuis qu'il termina ses travaux, et sa vertu curative et fortifiante n'a point cesséde se faire sentir 2. » « Le concile de Trente est demeuré comme en permanence dans l'Eglise au moyen des congrégations romaines chargées d'en perpétuer l'application, ainsi que de procurer l'obéissance aux constitutions pontificales qui l'ont suivi et complété 3. » Charles inspirales mesures adoptées dans ce but par Pie IV, et au développement desquelles les Pontifes qui suivirent attachèrent leurs noms. La revision des livres liturgiques, la rédaction du Catéchisme romain l'eurent pour promoteur. Avant tout, et sur toutes choses, il fut l'exemplaire vivant de la discipline renouvelée, acquérant ainsi le droit de s'en
I. Gallia orthodoxa, Pars III, Lib. XI, c. i3, vu, c. 40. — 2. Discours prononcé à Rome, dans l'église de Saint-André délia Valle, le 14 janvier 1870. — 3. Instruction pastorale à l'occasion du prochain concile de Bordeaux, 26 juin i85o.
232 Le Temps après la Pentecôte.
montrer envers et contre tous l'infatigable zélateur. Rome, initiée par lui à la réforme salutaire où il convenait qu'elle précédât l'armée entière des chrétiens, se transforma en quelques mois. Les trois églises dédiées à saint Charles en ses murs *, les nombreux autels qui portent son nom dans les autres sanctuaires de la cité reine, témoignent de la gratitude persévérante qu'elle lui a vouée. Son administration cependant et son séjour n'y dépassèrent pas les six années du pontificat de Pie IV. A la mort de celui-ci, malgré les instances de saint Pie V, qu'il contribua plus que personne à lui donner pour successeur, Charles quitta Rome pour Milan où l'appelait son titre d'archevêque de cette ville. Depuis près d'un siècle, la grande cité lombarde ne connaissait guère que de nom ses pasteurs, et cet abandon l'avait, comme tant d'autres en ces temps, livrée au loup qui ravit et disperse le troupeau 2. Notre Saint comprenait autrement le devoir de la charge des âmes. Il s'y donnera tout entier, sans ménagement de lui-même, sans nul souci des jugements humains, sans crainte des puissants. Traiter dans l'esprit de Jésus-Christ les intérêts de Jésus- Christ sera sa maxime 3, son programme les ordonnances édictées à Trente. L'épiscopat de saint Charles fut la mise en action du grand
I. Saint-Charles aux Catinari, l'une des plus belles de Rome; Saint-Charles au Corso, qui garde son cœur ; Saint-Charles aux Quatre-Fontaines. — 2. Johan. x, 12. — ?. Acta Eccl. Mediolanensis, Oratio habita in concil. prov. VI.
Saint Charles, Evêque et Confesseur. 2 33
concile: il resta comme sa forme vécue, son modèle d'application pratique en toute Eglise, la preuve aussi de son efficacité, la démonstration effective qu'il suffisait à toute réforme, qu'il pouvait sanctifier à lui seul pasteur et troupeau.
Nous eussions voulu donner mieux qu'un souvenir à ces^lcta Ecclesiœ Mediolanensis, pieusement rassemblés par des mains fidèles, et où notre Saint paraît si grand ! C'est là qu'à la suite des six conciles de sa province et des onze synodes diocésains qu'il présida, se déroule l'inépuisable série des mandements généraux ou spéciaux que lui dicta son zèle ; lettres pastorales, où brille le Mémorial sublime qui suivit la peste de Milan , instructions sur la sainte Liturgie, la tenue des églises, la prédication, l'administration des divers Sacrements, et entre lesquelles se détache l'instruction célèbre aux Confesseurs*, ordonnances concernant le for archiépiscopal, la chancellerie, les visites canoniques ; règlements pour la famille domestique de l'archevêque et ses vicaires ou officiers de tous rangs, pour les prêtres des paroisses et leurs reunions dans les conférences dont il introduisit l'usage, pour les Oblats qu'il avait fondés, les séminaires, les écoles, les confréries ; édits et décrets, tableaux enfin et formulaire universels. Véritable encyclopédie pastorale, dont l'ampleur grandiose ne laisse guère soupçonner la brièveté de cette existence terminée à quarante-six ans, ni les épreuves et les combats qui, semble-t-il, auraient dû l'absorber tout entière.
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Mais il est temps d'écouter la sainte isc.
Egl
/^arolus . Mediolani ^— ' nobili Borromaeorum Fa mi lia natus, quanta futurus esset sanctitatc
conspicuus , divina lux super parientis matris cubiculum noctu coruscans praesignavit. A pueiitia clencali militinc adscriptus, abbatia postmodum insignitus , patrem admonuit, ne reditus in rem familiarem converterentur : quorum ipse nactus administrationem , quidquid supercrat, expendebat in pauperes. Adolcscens liberalibus disciplinis Papias operam dedit. Castitatem adeo coluit, ut impudicas etiam mulier e s ad labefactandam ejus pudicitiam pluries immissas invicta constantia fugaverit.Vigesimum tertiura aetatis annum a gens, a Pio Quarto ejus avunculo in sacrum~Cardinalium collegium cooptatus, insigni pi état i s ac virtutum omnium splendore praeluxit. Mox ab eodem Mediolanensis archiepiscopus creatus, in eo plu r imam operam adhibuit, ut juxta sacrosanctum Tridentinum
RLES naquit nu territoire de Kiilan,
noble fnmil ; mées.
Une lumière divine, qui brilla de nuit sur la chambre où sa merc le mettait au monde, fit présager combien éclatante serait sa sainteté. Inscrit dès l'enfance dans les rangs de la milice cléricale, et pourvu bientôt d'une abbaye, il avertit son père qu'on ne devait pas convertir >cs revenus en bien familial, prenant grand soin, dès que i'administration lui en fut remise, de distribuer luimême tout le surplus aux pauvres. Pavie le vit adolescent s'adonner aux études libérales. Son amour de la chasteté lui fit repousser avec une invincible constance des femmes perdues envoyées plus d'une fois pour ébranler sa pureté. Agrégé dans sa vingt - troisième année au sacré collège des Cardinaux par Pie IV, son oncle, il l'illustra par la splendeur d'une piété insigne et de toutes les vertus. Pie IV le créa bientôt archevêque de Milan. On le vit des lors employer tout son zèle pour appliquer dans l'Eglise à lui confiée le saint concile de Trente, dont l'achèvement récent était dû surtout à ses
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soins. Pour réformer les dérèglements de son peuple, il célébra de nombreux synodes , et se montra luimême un modèle achevé de sainteté. Il se donna beaucoup de peine pour chasser l'hérésie de la Suisse et du pays des Grisons ; grand nombre d'habitants de cecontrées furent ainsi ramenés à la foi véritable, dis hcereticis e partibus Rh quorum plurimos ad christ maxime laboravit.
concilium , quod ejus potissimum sollicitudine jam tum fuerat absolutum, ecclesiam sibi commissam componeret; atque ut depravatos plebis suae mores reformaret , prœter iteratam saîpius synodorum célébrations m , seipsum eximiaj •;, an c t i t a t i s praebuit cxemplar. In profliganaetorum et JHelvetiorum, ianam fidem convertit,
Une des circonstances où la charité du bienheureux se signala davantage, fut lorsqu'en un seul jour il donna aux pauvres tout le prix provenant de la vente de la principauté d'Oria, lequel se montait à quarante mille écus d'or. Une autre fois, c'était vingt autres mille, reçus en legs, qu'il distribuait non moins généreusement. Abondamment pourvu de revenus d'Eglise par son' oncle, il se démit de ses bénéfices, n'en retenant quelques-uns que pour subvenir à ses propres nécessités et aux besoins des malheureux. Au temps où la peste sévissait à Milan, il aliéna en faveur de ceux-ci le mobilier de sa maison, sans se réserver même un lit, et coucha dorénavant sur une planche nue. Les pestiférés
HUJUS viri caritas prœcipue enituit , cum Uritano principatu vendito, pretium universum ad quadraginta aureorum millia,una die in pauperes 'erogavit. Nec minore pietate viginti millia, qurc sibi fuerant legata , distribuit. Ecclesiasticos proventus , quibus ab avunculo copiosc fuerat cumulatus, dimisit, nonnullis retentis, quibus ad proprios usus et egenorum nécessitâtes utebatur. Quo tempore pestis Mediolani grassabatur, domesticam supellectilem, ne relicto sibi lectulo, in eosdem alendos contulit, super nuda in poslerum tabula decumbens ; eoque morbo laborantes sedulo invisens, paterno
)36 Le Temps après la Pentecôte*
reficiebal afteçtu, et Ec« clesiae sacramenta propriis ipse manibus administrans, mirum in modum Bolabatur : humillimis intérim precibus rcconciliator accedcns, publica supplicationc indicta, fune si h i ad col lu m alligato, midis pedibus, etiam offcndiculo cruentatis , cruccm bajulans, semetipsum pro pcccatis populi hostiam offerens, divinam indignationem avertcre satagebat. Ecclesiasticœ libertatis fuit accrrimus propugnator. Disciplina; vero restituendae sollicitus, a seditiosis, dum orationi insistcrct, tormenti bellici laxata rota igneo globulo percussus, divinavirtute .servatur illaesus.
ADSTINENTIA fuit admirabili : jejunabat savpissimc, pane tantum etaqua,solis quandoque lupinis contentus. Nocturnis rigiliis , asperrimo cilicio , assiduis fîagellis corpus domabat. Humilitatis ac mansuctudinis studiosissimus fuit. Orationem ac verbi Dei prœdicatiocurcnt en lui un père dont la test le dévouement leur lurent d'un merveilleux secoun : il les vi-itaii assidûment, leur administrai! kses propres mains , ce pendant que, s 'interposant me médiateur entre eux et le ciel, il s'abîmait dans la prière : on le vit présider des supplications publiques qu'il avait ordonnées, les pieds nus et en snng. la corde au cou, chargé d'une croix, s'offrant comme victime pour les péchés du peuple, s'cvertuanl à détourner la colère de Dieu. I! — montra l'intrépide défenseur de la liberté de l'Eglise. Son zèle pour le rétablissement de la discipline amena des rebelles à tirer sur lui un coup d'arquebuse, pendant qu'il était en prières , mais par la protection divine, la balle, qui l'avait atteint, ne lui fit aucun mal.
Son* abstinence fut admirable : il jeûnait le plus souvent au pain et à l'eau, y ajoutant parfois "quelques légumes. Il domptait son. corps par les veilles, un âpre cilice, des disciplines sans fin. L'humilité et la douceur lui étaient deux vertus très chères. Bien qu'occupé des plus graves soins, il n'omit jamais de prier ni de prêcher.
Saint Charles, Evêque et Confesseur. 23 y
Il bâtit nombre d'églises, de monastères, de maisons d'enseignement. Nombreux furent ses écrits, et précieux, pour l'instruction surtout des évêques ; on doit aussi à son intervention le catéchisme des prêtres à charge d'âmes. Enfin s'étant retiré dans la solitude du mont Varallo, où les mystères de la Passion sont représentés au vif en de pieuses sculptures, il y passa quelques jours moins durs par ses macérations volontaires qu'ils n'étaient doux en la méditation des souffrances du Seigneur. Saisi de la fièvre en ce lieu, il revint à Milan ; mais le mal s'aggravant, on le couvrit du cilice et de la cendre,et les yeux sur le crucifix il passa au ciel. C'était le trois des nones de novembre, en la quarante-septième année de son âge, qui était l'an du Seigneur mil cinq cent quatre-vingt-quatre. Des miracles éclatèrent bientôt à son invocation, et le Souverain Pontife Paul V le mit au nombre des Saints.
nem , gravissimis licet curis occupatus , nuraquam intermisit. Multas ecclesias, monasteria, collcgia œdificavit. Plura scripsit, ad episcoporum prœsertim instructionem utilissima : cujus etiam opéra parochorum catechismus p rod i i t. Demum in solitudinem Varalli m on t i s , ubi sculptis imaginibus Dominicae passionis mysteria ad vivum reprsesentantur, secessit : ibique, diebus aliquot voluntaria castigatione asperam , sed Christi dolorum meditationtbus suavem vitam ducens, in febrim incidit. Mediolanum reversus, ingravescente morbo, cinere ac cilicio coopertus, et oculis in crucifixi imaginem defixis, migravit in cœlum, aetatis anno quadragesimo septimo, Domini vero millesimo quingentesimo octogesimo quarto, tertio nonas novembris. Quem miraculis clarum Paulus Quintus Pontifex Maximus in Sanctorum numerum retulit.
C uccesseur d'Ambroise, vous fûtes l'héritier
- de son zèle pour la maison de Dieu ; votre action fut puissante aussi dans l'Eglise ;
238 Le Temps après la Pentecôte, et vos deux noms, à plus de mille ans d'intervalle, s'unissent dans une commune gloire. Puissent de môme s'unir au pied du trône de Dieu vos prières, en faveur de nos temps amoindris ; puisse votre crédit au ciel i obtenir des chefs dignes de continuer, de reprendre au besoin, votre œuvre sur terre ! Elle éclata de vos jours en pleine évidence, cette parole des saints Livres : Tel le chef de la cité, tels sont les habitants L Et cette autre non moins : J'enivrerai de grâce les âmes sacerdotales, et mon peuple sera rempli de mes biens, dit le Seigneur 2.
Combien justement vous disiez, ô (maries : « Jamais Israël n'entendit pire menace que celle-ci : Lex peribit a sacerdote \ Prêtres, ■ instruments divins, desquels dépend le bon? heur du monde : leur abondance est la richesse de tous ; leur nullité, le malheur des \ nations 4. »
Et lorsque, du milieu de vos prêtres convoqués en synode, vous passiez à l'auguste assemblée des dix-sept pontifes , vos suffragants, réunis en concile, votre voix se faisait, s'il se peut, plus forte encore : « Craignons que le Juge irrité ne nous dise : Si vous étiez les éclaireurs de mon Eglise, pourquoi donc fermiez-vous les yeux ? Si vous vous prétendiez les pasteurs du trou.. Eccli. x, 2. — 2. Jerem. xxxi, i \. — 3. La l'A périra, s'éteindra, sera muette, au cœur du prêtre et sur ses lèvres. Ezech. vil, 26. Acta Eccl. Mediolan. Constitutiones et regulae societatis scholarum doctrinae christianae, Cap. ni. — 4. Concio I ad Clerum, in Synod. diœces. XL
Saint Charles, Evêque et Confesseur. 23 q
peau, pourquoi l'avez-vous laissé s'égarer ? Sel de la terre, vous vous êtes affadis. Lumière du monde, ceux qui étaient assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort n'ont point vu vos rayons. Vous étiez Apôtres ; mais qui donc éprouva votre vigueur apostolique, vous qui jamais n'avez rien fait que pour complaire aux hommes ? Vous étiez la bouche du Seigneur, et l'avez rendue muette. Si votre excuse doit être que le fardeau dépassait vos forces, pourquoi fut-il l'objet de vos brigues ambitieuses 4 ? »
Mais, par la grâce du Seigneur Dieu bénissant votre zèle pour l'amendement des brebis comme des agneaux, vous pouviez ajouter, ô Charles : « Province de Milan, reprends espoir. Voici que, venus à toi, tes pères se sont rassemblés dans le but de guérir tes maux ; ils n'ont plus d'autre souci que de te voir porter des fruits de salut, multipliant à cette fin leurs effors communs 2. »
Mes petits enfants que j'enfante de nouveau, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous 3 ! C'est l'aspiration de l'Epouse, le cri qui ne cessera cju'au ciel: et synodes, visites, réformation, décrets concernant prédication, gouvernement, ministère, ne sont à vos yeux que la manifestation de cet unique désir de l'Eglise, la traduction du cri de la Mère 4 en travail de ses fils 5.
Daignez, bienheureux Pontife, ranimer en
t. Oratio habita in Concil. prov. II. — 2. Oratio habita in Concii. prov. VI. — 3. Gai. iv,i(). — 4. Àpoc. XII, 2. — 5. Concio 1 ad Clerum, in Synod. dioeces.
240 Le Temps après la Pentecôte.
tous lieux l'amour tic cette discipline sainte, OÙ la sollicitude pastorale qui vous rendit glorieux l trouva le secret de sa fécondité merveilleuse. 11 peut suffire aux simples fidèles de n'ignorer point cjiie parmi les tic de l'Eglise leur Mère existe, à côté de la doctrine et tics sacrements, un corps de Droit incomparable, œuvre des siècles, objet de légitime fierté pour tous ses fils dont il protège les privilèges divins ; mais le clerc, qui se voue à l'Eglise, ne saurait la servir utilement sans l'étude approfondie, persévérante, qui lui donnera l'intelligence du détail de ses lois ; mais fidèles et clercs doivent supplier Dieu que le malheur des temps ne mette plus obstacle à la tenue par nos chefs vénérés de ces assemblées conciliaires et synodales prescrites à Trente 2, magnifiquement observées par vous, ô Charles, qui fîtes l'expérience de leur vertu pour sauver la terre. Veuille le ciel exaucer en votre considération notre prière, et nous pourrons redire avec vous 3 à l'Eglise : « O bénigne Mère, ne pleurez plus ; vos peines seront récompensées, vos fils vous reviendront de la contrée ennemie. Et moi, dit le Seigneur, j'enivrerai de grâce les âmes sacerdotales^ et mon peuple sera rempli de mes biens 4.
Offrons notre hommage aux deux Martyrs dont la mémoire précéda celle de Charles
I. Collecte de la fête. — 2. Sessio XXIV, de Reformatione cap. n. — 3. Concio I ad Clerum, in Synod.
XI. — 4. Jerem. xxxi, 16, 14.
Mémoire des SS. Vital et Agricola. 241
Borromée sur le Cycle en ce jour. Vital et Agricola, l'esclave et le maître, montrèrent,
f>arleur rencontre dans l'arène glorieuse, que a vraie noblesse se rit des inégalités sociales. Saint Ambroise, séjournant à Bologne où ils avaient souffert, retrouva leurs corps et célébra leur commun triomphe l. L'Eglise, à la suite de l'abeille de Milan, n'a point cessé de les associer dans une commune gloire.
Accordez, Dieu tout-puissant, à nous qui célébrons la solennité de vos saints Martyrs Vital et Agricola, la grâce d'être aidés près de vous par leurs prières. Par Jésus-Christ.
Pr je s t a, qti omnipotens
uœsumus ipotens Deus, ut, qui sanctorum Martyrum tuorum Vitalis et Agricolœ solemnia colimus, eorum apud te intercessionibus adjuvemur. Per Dominum.
n evenons à l'Octave des Saints par cette ^ Séquence de Notker, que l'Allemagne chantait jadis au jour de la fête.
ous les saints Séraphins, Chérubins, Et Trônes et Dominations,
Principautés, Puissances, Vertus,
Archanges, Anges, à vous louange, honneurs I
Omnes sancti Seraphim , Cherubim , Throni quoque Dominationesque,
Principatus, Potestates, Virtutes,
Archangeli, Angeli, vos decet laus et honores.
1. Ambr. Lib. de Exhortât. Virginit. I.
i>^2 Le Temps après la Penh
Ordincs novem spirituuin beatorum,
Qu<>s in l)ei laudibus firniavit caritas,
Nos fragiles bomines firmate precibus :
Ut spiritales pravitates vestro juvamine vincentes fortiter,
X u n c et in xvum vestris simus digni sollemniis intéresse sacris.
Vos quos Dei gratia vincere terrea,
Et angelis socios feeil esse polo :
Vos patriarche, prophetae, apostoli, confessores, martyres, monachi, virgines,
Et viduarum sanctarum omniumque placentium populus supremo Domino,
Nos adjutorium nunc et perenniter foveat, protegat, ut vestrum
In die poscimus gaudiorum vestrorum.
Amen.
Vous êtes le-, neuf 01 prits bienheureui i amour affci mil dans la divine louange :
g ik-s humains, qu
ut de même :
Que par mus,
nous i épousai >ns cour sèment les e>pi i'- de m ;
A fi n dette dignes de prendre pari à vos solennités sacrées, maintenant et dans l'éternité.
Vous que la Ljiâcc de Dieu
fit vainqueurs eui
lu au ciel compagnons des anges :
Vous patriarches, prophètes, apôtres, confesseurs, martyrs, moines, vierges,
Peuple des saintes veuves et de tous ceux qui plurent au Seigneur suprême :
Que votre appui, maintenant et toujours, soit notre garde et protection ;
C'est notre prière au jour de vos joie s.
Amen.
Nous empruntons à l'Euchologe. ou Rituel des Grecs, quelques traits de ses prières pour les morts.
rENiTE , extremum vale, Deo gratias agentes, defuncto dicadisons au mort 1 endar Prions
dernier adieu, en rendant grâces au Seigneur.
Quatr. Jour dans VOct. de la Toussaint. 243
le Seigneur de lui donner le '. repos.
Qu'est-ce donc que notre vie ? Une Heur, une vapeur, véritablement la rosée du matin. Venez : parcourons
i les tombeaux. Qu'est devenue cette beauté .J qu'est devenue cette jeunesse ? et ces yeux ? et cette grâce attrayante ? Tout n'était qu'une herbe éphémère, tout s'est flétri ! Aux pieds du
■ Christ, laissons couler nos pleurs.
Sauvez ceux qui espèrent en vous, Mère du soleil qui ne connaît pas de couchant ! Mère de Dieu, nous vous en supplions, intervenez près de votre très doux fils : priezle qu'à celui qui nous quitte
î il donne le repos, là où les âmes des justes sont dans la paix. Immaculée, faites-le entrer en possession du divin héritage, au séjour des élus ; que sa mémoire soit éternelle. Que le Christ notre vrai Dieu, - lui qui ressuscita d'entre les morts, daigne,
' ayant égard à l'intercession de sa très pure Mère et de
I faire reposel doucement, ce nouveau juste, au sein d'A- braham, et, dans sa bonté, dans sa clémence, avoir aussi pitié de nous. Âmen.
mus. Illi Dominus requiem conférât, precemur.
Qualis vita nostra est ? Flosculus, vapor, matutinus ros vere. Adeste igitur et sepulcra circ u m l u s t r c m u s. Ubi corporis venustas ? Ubi juventus ? Ubi illa lumina ? Ubi carnis species ? Cuncta velut fœnum apparuerunt , dissipata sunt cuncta. Venite et Christo cum lacrymis procidamus.
Salva sperantes in te, Mater solis occasum nescientis ; Dei genitrix, optimum tuum natum precibus tuis interpella, precamur, ut ei qui hinc migravit, det requiem, u b i justorum animœ quiescunt : divinorum bonorum in aulis justorum haeredem illum constitue , in memoria a?terna, o immaculata.
Christus verus Deus noster qui a mortuis surrexit , intercessionibus illibatte suae Matris et omnium Sanctorum, servi sui vita functi animam in justorum tabernaculis collocet, in Abraham sinibus reclinet, justis annumeret ; nostrique misereatur ut bonus et cleniens. Amen.
244 Le Temps après la Pentecôte* ma tibi sit n ria, semper beande et [ugi animo recolende F rater noater.
Gloria Deo cui ita complacuit.
rnelle Riéffl
heureux à jamais ; comm joura aura notre cœur.
re ;i Dieu, auquel il a plu ain-i !
*s#b-*
*^afcw**t3fo***(*i*i*t3fc(*XwXXww «3K>
,t V Esprit et V Epouse disent: Venej. Que celui qui écoute dise aussi : Vent^ K — Oui, je viendrai bientôt 2. — Amen ! Vene\y Seigneur Jésus 3.
Sans négliger de faire monter vers l'Eglise triomphante l'hommage de nos chants, sans cesser d'apporter nos suffrages à l'Eglise souffrante, n'omettons pas de considérer l'Eglise militante, en ces jours où l'évolution du Cycle sacré nous la montre à la veille d'achever son œuvre sur terre. Modèle de ses fils, c'est surtout à l'heure où finira notre pèlerinage d'ici-bas qu'il convient que son attitude soit la nôtre. Or le dialogue précité, qui terminera l'histoire du monde, fait assez voir les sentiments auxquels dès maintenant l'Esprit la dispose en prévision du moment suprême.
Comme sont brisés dans l'homme, par la souffrance de ses derniers jours, les liens qui le retenaient à la vie des sens ; de même, si violemment qu'elle en doive être heurtée, les dernières convulsions sociales auront pour résultat de dégager l'Eglise des entraves d'un
I. Apoc. xxn, 17. — 2. Ibid. 20 — 3. Ibid.
24<> Le Temps après la Petit*
monde qu'elle devra renoncera disputer vantage à la ruine. Et c'est pourquoi rendue
au libre essor, si l'on peut dire ainsi, de spontanéité native, elle se consumera de Punique désir qu'avaient, semblait-il, comprimé les siècles, maintenu à L'arrière- plan
tant de labeurs : elle n'aura plus qu*unmot: Venez ! là dans le cataclysme où, le soleil obscurci, la lune refusant sa lumière, les vertus des cieux seront ébranlées l, elle tressaillira, n'ignorant point qu'au milieu de cette nuit- là même va retentir le cri : Voici l'Epoux 2 !
Que celui donc qui écouta, que chacun de nous dise aussi : Venez ! Si nous aimons le Seigneur, si bon doit reconnaître en nous les membres de son Eglise bien-aimée, justifions ce beau titre, en ne voyant que par les yeux de l'Eglise, en n'appréciant que par son cœur toutes" choses et, plus que tout, la mort ; dans le suprême passage saluons, pour les nôtres et pour nous, l'entrée des noces éternelles. Nous le savons : à qui veut loyalement le Seigneur, le Seigneur ne saurait manquer ; fallût-il, par delà cette vie, solder à sa justice quelques dettes encore, rectifier l'un ou l'autre détail de parure avant de nous asseoir au banquet des cieux, le béni passage n'en donne pas moins sans nul retard et de plain-pied, pour tous les justes, accès dans l'impeccabilité, dans la sécurité de l'amour à jamais sauf.
Comme nous le verrons, c'est bien ainsi que l'entendaient nos pères.
l. Matth. xxiv, 2y. — 2. Ibid. xxv, b.
Cinq. Jour dans VOct. de la Toussaint. 247
Les Eglises de France, de Suisse, d'Angleterre avaient, en grand nombre, fait clioix de cette Séquence pour chanter les Saints.
AU Christ glorieux nos blanches phalanges adressent leurs chants dans cette fête auguste, célébrant tous les Saints.
Que notre voix nomme Marie la première : par elle la vie nous fut conquise. Mère et vierge, ô notre Reine, délivrez-nous par votre Fils des liens de nos péchés.
Que tous les Anges et les Archanges , leurs ' glorieux princes, toutes fautes effacées, nous disposent a goûter les surhumaines délices des cieux.
Vous qui, héraut du Christ et son flambeau, fûtes prophète et plus que prophète, conduisez-nous dans le chemin de la lumière et purifiez-nous.
Prince des Apôtres, avec tout le collège sacré,affermisy^> hristo inclvto canv^ dida
Nostracanunt melodiam
agmina, Laudes omnibus dantia Sanctis per haec sacrata
festalia.
Mariam primum vox
sonet nostra, Per quam nobis vitae
sunt data prœmia. Regina, quae es mater
et casta, Solve nostra per Filium
tuum peccata.
Angelorum c o n c i o tôta
Et Archongelorum turba inclvta
Nostra diluant jam peccata,
Parando supera cœli gaudia .
Tu propheta, prœco, lucerna, Atque plus quam propheta, In lucida nos pone via, Mundans nostra corpora.
Apostolorum princeps Atque cuncta
*48 Le Temps après la Penh
Juncta catcrva, Jam corrobora Vera in doctrina Plcbis pectora,
Stéphane gloriose, Rutilans in corona, Sanctorumque Marty -
ru m Turma valida, Fortia date corda, Corpora seque firma, Sacra ut hostem vincant Rite spicula.
Martine inclyte Et prxsulum omnis caterva, Suscipe nunc pia Modo nostra démena
precata.
Rcgina Virginum permaxima, T u Mater es incorrupta, Virgo et gravida ; Sacrata Domino est castitas : Nostras serva animas Mundaque corpora.
Monachorum vencranda suffragia
Omniumquc Sanctorum
contubernia Per precata assidua Nostra gubernent tempora, Nosque ducant ad superna. Polorum vera gaudia.
du peuple chrétien d véritable doctrine.
Illustre Etienne à la couronne resplendissante, vaillante armée des ->a i n t ~ tyrs, donnez-nous l'intrépicoeurs et i
dite de
f>our abattre l'ennemi sou-. es traits de notre foi sainte.
Glorieux Martin . dans l'assemblée des ^nnr> Pontifes, en ce jour, à cette heure, agréez bénignement
nos humbles prières.
Reine des Vierges et incomparablement la plus grande, vous êtes mère et la souillure ne vous atteint pas, vous êtes vierge et portez votre fruit ; pour le Seigneur la pureté est sacrée : gardez purs nos âmes et nos corps.
Que les Moines par leurs pieux suffrages, que tous les ordres des Saints par leurs prières assidues, gouvernent nos temps ; qu'ils nous conduisent par delà ce monde aux joies non menteuses.
Cinq. Jour dans VOct. de la Toussaint. 24g
Amen ' dise pieusement pour finir le peuple racheté.
Subjungant pium agmina Amen redcmpta.
Le dixième Chant du Cathemerinon de Prudence fournit l'Hymne qui suit à l'Office mozarabe des Vêpres des morts.
hymne .
SOURCE embrasée des âmes, ô Dieu, c'est dans l'union de deux principes, immortel et mortel, que vous fîtes l'homme, en vous nommant son Père.
Tous les deux sont à vous, bien à vous, ô Seigneur suprême : comme par vous leur union s'accomplit, c'est pour vous qu'elle subsiste et qu'ils vivent, c'est vous que servent ensemble l'esprit et la chair.
S'ils se séparent, l'homme se dissout et il meurt : le corps retourne au terrestre limon ; l'âme subtile est emportée vers les cieux.
C'est une nécessité que toute créature se débilite et qu'elle vieillisse enfin, que l'assemblage se disjoigne, que l'union d'éléments dissonants ne dure pas.
Deus ignée fons animarum, Duo qui socias elementa : Vivum simul, ac moribundum, Hominem , Pater effigiasti.
Tua sunt, tua Rector
utraque : Tibi copula jungitur horum ; Tibi, dum vegetata cohaerent Spiritus simul et caro
servit.
Rescissa sed ista seorsum, Solvunt hominem, perimuntque ; Humus excipit arida
corpus, Animae rapit aura liquorem.
Quia cuncta creata necesse est Labefacta senescere tandem, Compactaque dissociari, Et dissona texta retexi.
2>o Le Temps après la PenU
HillC mn.\ima c
pulchris rmpendttur : hin<
lutos Honor ultimus accipit
.•Ut Us.
Et funeris ambitus or«
nat.
Hoc provida Christicolarum Pietas studet, utpotc
credens Fore protinus omnia
viva, Quce nunc gelidus sopor
urget.
Qui jacta çadavera
passim Miscrans tegit aggere
terrx : Opus exhibet î 1 le benignum Christo pius omnipotenti.
Quia Iex eadem monct
omnes Gemitum dure sorte sub
una, Cognataquè funera nobis Aliéna in morte dolere.
Scquimur tua dicta, Redemptor,
Quibus atra e morte triumphans,
Tua per vestigia mandas
Socium crucis ire latronem.
la les sr.jns si grands donnés ,-iux tombeaux, et le
suprême honneur rendu membres inanimés qu'exalte la pompe des funérailles.
Ainsi veut que sr.it fait, en vue de 1 avenir, la des disciples du Christ: elle croit que revivront soudain tous ces corps plongés maintenant dans le glacial sommeil.
Quiconque pieusement recouvre de terre ces dépouilles humaines que la mort disperse en tous lieux, celuilà lait œuvre de miséricorde, œuvre que bénit comme faite à lui-même le Christ toutpuissant.
La commune loi nous avertit assez qu'un même douloureux sort étant ici celui de tous, la mort d'un étranger doit comme celle de nos proches attendrir nos cœurs.
Mais nous nous attachons à vos paroles, o Rédempteur, quand, terrassant la sombre mort, vous mandez au compagnon de votre croix, au larron, de vous suivre.
Cinq. Jour dans VOct. de la Toussaint. 2 5 1
Voici qu'enfin s'ouvre devant vos fidèles la voie brillante qui mène au paradis sans bornes ; voici qu'à l'homme est rendu l'accès du jardin de délices dont le serpent l'avait fait exclure.
O Guide très bon, recevez ma prière : cette âme votre servante, ordonnez que, par vous sanctifiée, elle rentre en ce séjour originel qu'elle avait quitté pour l'exil et ses égarements.
Et c'est pourquoi aussi, souvenez-vous, ô Dieu, des âmes dont nous faisons mémoire à cette heure : faites, nous vous en supplions, que, purifiées de leurs souillures, elles échappent aux brasiers d'enfer.
Honneur soit à vous, source de miséricorde ! Louange, gloire, puissance souveraine au Père, au Fils, au Dominateur qui régit l'univers : un seul Dieu.
Amen.
Patet ecce fidelibus
ampli Via lucida jam paradisi; Licet et nemus illud
adiré Homini, quod ademerat
anguis.
Illic precor, Optime
Ductor, Famulam tibi praecipe
mentem Genitali in sede sacrari, Quam liquerat exsul, et
errans.
Animas, non immemor
ob hoc, Quarum memores sumus ipsi, Deus, sorde rogamus,
piatas, Erebi rogis fac aliénas.
Sit honor tibi; fons |j
pietatis : Laus, gloria, summa po- n
testas Patri, Genito, sive Do- il
mino Orbis Régi ; qui Deus I
unus.
Amen.
La Préface suivante, d'une heureuse inspiration et rappelant des formules anciennes, est en usage en beaucoup de lieux aujourd'hui pour la Messe des défunts.
i5a Le Temps après la Pentea
Vere dignum et justum est, sequum et salutarc, nos tihi semper d uhique gratias agere: Domine sancte, 1 >at <_• r omnipotens, ae terne Deus :
per Christum Dominum nostrum. In quo nobis spem bcatne resurrectionis concessisti : ut du m naturam contristat certa moriendi conditio, fidem consoletur futurs immortalitatis promissio. Tuis enim fidelibus, Domine, vita mutatur, non tollitur; et dissoluta terrestris hujus habitationis domo, aeterna in cœlis habitatio comparatur. Et ideo cum Àngelis et Archangelis, cum Thronis et Dominationibus, cumque omni militia cœlestis exercitus, hymnum gloris tuas canimus, sine fine dicentes : Sanctus,Sanctus, Sanctus.
i:si une chose vraiment digne et juste équitable
et salutaire, de FOUS I grâces en tout temps et en Loua lieux, Seigneur s.-iint.
l'ère tout - puissant . i )"'M éternel ; par Jésus-Christ notre Seigneur : en qui vous
nous avez donné l'espérance de la résurrection bienheureuse. Si la nature s'attriste à la pensée de l'inévitable mort, la foi, maintenant, se console dans la promesse de la future immortalité. Car chez v Seigneur, la vie se transforme, elle ne s'eteint pas ; et, pour cette demeure de notre terrestre séjour qui tombe en ruines, c'est une demeure éternelle que nous échangeons dans les cieux. C'est pourquoi donc, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec l'armée entière des cieux. nous chantons l'hymne de votre gloire. di>ant. sans jamais cesser : Saint! Saint! Saint!
[ous êtes mon héritage, Seigneur, alléluia, dans la terre des vivants, alléluia, alléluia. — Tire\ de cette prison mon âme; elle louera votre nom dans la terre des vivants, alléluia, alléluia. — Gloire et honneur au Père, au Fils, au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles, en la terre des vivants, alléluia, alléluia.
Ainsi débutent les chants pour les morts au Missel mozarabe l. Les Grecs pareillement n'ont pas de mot qui revienne plus souvent que l'Alleluia dans l'Office des défunts 2 . Or Grecs et Mozarabes ne font en cela qu'observer jusqu'à nos jours une coutume générale autrefois dans l'Eglise entière.
Saint Jérôme nous dit comment, à la mort de Fabiola, « tout le peuple romain rassemblé,
I. In Missa defunctorum Ojjlcium (seu Introitus). Tu es portio mea, Domine, alléluia, in terra viventium, alléluia, alléluia. — f. Educ de carcere animam meam ad confitendumnomini tuo : in terra viventium, alléluia, alléluia. — Gloria et honor Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. in saecula saeculorum, amen : in terra viventium, alléluia, alléluia. — 2. Goar, Nota 6a ad Oflicium Exsequiarum in Euchologio.
a %4 Le Temps après la Pentecôte.
les psaumes retentissaient éclatants, et le sublime Alléluia remplissant les temples ébranlait leurs toits d'or1, m Deux siècles plus tard, le récit des funérailles de sainte Radegonde par sa fille Baudonivie montre que, si tics larmes soumises n'étaient pas interdites aux survivants et pouvaient pai couler abondantes, l'usage des Gaules cependant ne différait pas en ce point de celui de Rome même 2. C'est ce qu'atteste encore, pour les temps qui suivirent, le manuscrit de Reims cité par Dom Hugues Ménard en ses notes sur le Sacramentaire grégorien 3, et où Ton prescrit comme prélude aux prières de la sépulture le chant de Vin exitu Israël de JEgypto avec Alléluia pour Antienne.
Quand saint Antoine ensevelit au désert le corps de saint Paul ermite, le biographe de celui-ci nous raconte que, se conformant à la tradition chrétienne, Antoine chanta en la circonstance des hymnes aussi bien que des psaumes 4. C'était bien la tradition chrétienne, en effet, universelle, identique sous tous les cieux.
Saint Jean Chrysostome constate lui aussi le fait, et il nous en donne l'explication : « Dis-moi; ne sont-ce pas des vainqueurs que ces morts conduits par nous à la resplendissante lumière desflambeaux.au chant des hymnes ? Oui ; nous louons Dieu et lui rendons grâces: car, ce défunt, il le couronne ; il a mis rin à son labeur; il le garde près de
4. Hieron. Vita S. Pauli primi eremitse, 16.
Six. Jour dans VOct. de la Toussaint. 2 55
lui délivré de toute crainte. Ne cherche pas d'autre explication à ces hymnes, à ces psaumes: ils expriment la joie1. »
Saint Denys ne parle pas autrement en son livre de la Hiérarchie ecclésiastique. Après avoir dit la joie du chrétien mourant qui voit approcher la fin de la lutte et l'éternelle sécurité 2, il ajoute : « Les proches du défunt, ses proches en Dieu et dans la sainteté, le proclament bienheureux d'avoir vaincu enfin, et ils adressent des chants d'action de grâces au céleste auteur de la victoire. C'est en demandant pour euxmêmesun sort semblable, qu'ils le conduisent à l'hiérarque, distributeur des saintes couronnes, auquel appartient] d'accomplir les rites augustes ordonnés à l'égard de ceux qui se sont endormis dans le Seigneur 3. »
Suprêmes honneurs, autant que derniers devoirs rendus par l'Eglise à ses fils, et dont nous rappellerons demain quelques traits.
Nous emprunterons avec quelques Eglises les strophes suivantes au dixième Chant du Cathemerinon, qui déjà nous donnait hier l'Hymne mozarabe des morts.
Cessez, lamentations; me- I 1 am mœsta quiesce queres, arrêtez vos larmes; | J rela,
I. Chrys. In epist. ad Kebr. Homil. iv. — 2. Dionys.
De eccles. hierarch. Cap. VII, I, § 1,2. — 3. Ibid. § 3. — Voir pour le témoignage des monuments, spécialement en nos régions, Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, nos 44, y3, etc.
a 56 Le Temps après la Pentecôte.
Lacrymas suspenditc maires,
Xullus sua p ignora plan* gai :
Mors haec reparatio viras est.
Quidnam sibi saxa c a va ta, Quid pulchra volunt monumenta,
Res quod nisi creditur
Mis Non mortua, sed data
Nam quod requiescere corpus Vacuum sine mente viderons,
Spatium brève restât ut
alti Répétât collegia sensus.
Venient cito sœcula eu m jam Socius calor ossa révisât, Animataque sanguine vivo Habitacula pristina gestet.
Qune pigra cadavera
pridem Tumulis putrefacta jacebant, Volucres rapientur in
auras Animas comitata priores.
Sic semina sicca virescunt
vous qui pleurez sur des enfant i cher i-, ne vouj
i : cette n. renouvellement de la vie.
Que nous veulent dire ces marbres sculptés, ces splendides monuments, sinon que ce qu'ils gardent est, non pas mort, mais endormi ?
Ce corps que nou> voyons gisant inanimé, encore un peu de temps, et i! redeviendra le compagnon du principe spirituel qui est monté aux cieux.
Bientôt doit sonner l'heure où la vie, réchauffant ces ossements délaissés, les animant d'un sang fécond, y reprendra son premier séjour.
Inertes cadavres couchés dans la pourriture des tombeaux, voici qu*alertes comme l'oiseau ils s'élèveront dans les airs, associés aux mêmes âmes que jadis.
Ainsi reverdit la semence desséchée, morte elle aussi,
Six. Jour dans l'Oct. de la Toussaint. 25 y
ensevelie de même : elle sort de la glèbe.où on l'avait enfouie, rappelant les épis d'autrefois.
Reçois maintenant, ô terre, ce dépôt à ta garde laissé ; que ton sein lui soit doux : nous confions à tes profondeurs ces membres humains, noble dépouille, trésor sans prix.
Cette chair fut la demeure d'une âme créée par le souffle du Tout-Puissant; le Christ fut son roi ; la Sagesse habita ces membres et leur communiqua sa divine chaleur.
Recouvre donc ce corps à toi confié : il ne l'oubliera pas, Celui qui en fut l'auteur ; il te le redemandera, ce trésor, avec les traits qu'il y grava de sa propre image.
Qu'ils viennent bientôt les temps promis où Dieu comblera toutes nos espérances ! Alors que s'ouvriront les tombes, il faudra que tu me rendes ce visage aimé qu'aujourd'hui je te livre.
Amen.
Jam mortua, jamque sepulta : Quœ reddita cespite ab
imo Veteres meditantur aristas.
Nunc suscipe terra fovendum, Gremioque hune concipe molli : Hominis tibi membra
sequestro, Generosa et fragmina credo.
Anima; fuit ha?c domus
olim, Factoris ab ore creatœ ; Fervens habitavit in istis Sapientia principe Christo.
Tu depositum tege
corpus : Non immemor ille requiret Sua munera fictor et
auctor Propriique aenigmata
vultus.
Veniant modo tempora justa Cum spem Deus impleat
omnem, Reddas patefacta necesse est Qualem tibi trado figurant. Amen.
a55 Le Temps après la Penh
(le Répons est le dernier du troisième turne à L'Office abrégé des morts, au cours
de l'année. Nous le faisons suivre d'une antique Oraison, qui se retrouve dans le rit ambrosien plus spécialement appropriée aux bienfaiteurs et parents défui
. I I BER v me, Domi'* L ne, de viis inferni, qui portas aereas confregisti : et visitasti infernum, et dedisti eis lumen, ut vidèrent te, * Qui erant in pœnis '. encbrarum.
f. Clamantes et dicentes : Advenisti, Redemptor noster. * Qui eraut.
f. Requiem œternam dona eis, Domine : et lux perpétua luceat eis. * Qui erant.
a pv ÉLIVREZ-MOl
^' U fmeur. des
Seigneur, des sentiers
infernaux, vous qui, brisant les portes d'airain, avez visité les demeures souterraines et éclairé l-urs habitants, pour qu'ils tous vissent, * Eux qui souffraient dans les ténèbres.
y. Ils criaient et disaient : Vous êtes enfin venu, o notre Rédempteur ! * Eux qui souffraient.
y. Donnez-leur. Seigneur, le repos éternel ; que lui-j pour eux la lumière sans fin. *Eux qui souffraient.
Deus vita viventium, spes morientium . salus omnium in te sperantium, prœsta propitius, ut animai famulorum famularumque tuarum a nostrae mortalitatis tenebris absolutac in perpétua cum sanctis
ODieu, vie des vivants, espérance des mourants, salut de tous ceux qui espèrent en vais soyez-nous propice, exaucez-nous : que les âmes de vos serviteurs et de vos servantes, dégagées des ténèbres de notre mortalité, se réjouissent en
I. Oratio super sindonem, in Missa quotidiana pro defunctis Fratribus, Sororibus, Propinquîs et Benefactoribus.
Six. Jour dans VOct de la Toussaint. 2 5g
la compagnie de vos saints luis luce lœtentur. Pcr dans l'éternelle lumière. Par Dominum. Jésus-Christ.
Souvent assignée à d'autres fêtes, la Prose suivante, œuvre d'Adam de Saint-Victor, fut cependant elle aussi chantée en plusieurs lieux pour célébrer tous les Saints.
OUE l'Eglise d'ici -bas célèbre les joies de sa mère, l'Eglise des cieux ; que le retour des fêtes annuelles la porte à désirer les éternelles.
Que la mère prête secours à la fille en cette vallée de misère ; que les armées d'en haut nous aident à mener la bataille.
Le monde, la chair et les démons multiplient contre nous les combats ; quel assaut de spectres hideux ! la quiétude du cœur en est troublée.
Toute cette engeance a les jours de fête en horreur; elle s'évertue d'un commun accord à faire disparaître la paix de la terre.
Ici tout es., mélange confus d'espoir, de crainte, de tristesse et de joie : au ciel, à peine se fit, dit l'ApocaC UPERnje matris gauO dia
Repraesentet Ecclesia : Dum testa colit annua, Suspiret ad perpétua.
In hac valle miserix Mater succurrat filiae : Hic cœlestes excubias Nobiscum stent in acie.
Mundus, caro, daemonia Diversa movent prselia : Incursu tôt phantasmatum Turbatur cordis sabbatum.
Dies fcstos cognatio Simul ha?c habet odio, Certatque pari fœdere Pacem de terra tollere.
Confusa sunt hic omnia, Spes, metus, mœror, gaudium :
q6o Le Temps après la /'< nU
Viac hora vel dimidia Fit in cœlo silentium.
Quam felix il la civiIn qua jugis solemnitas ! El quam jocunda cnria, Quae curae prorsua ne~
scia !
Nec languor hic, nec senium, Nec fraus, nec terror
hostium, Scd una VOX Instant itim Et unus ardor cordium.
Illic cives angelici Sub hierarchiu triplici, Trinae gaudent et simplici Se Monarchia? subjici.
Mirantur, nec deficiunt, In illum quem prospiciunt : Fruuntur, nec fastidiunt, Quo frui magis siiiunt
Illic patres dispositi Pro dignitate meriti, Semota jam caligine Lumen vident in lumine.
Hi sancti quoru m hodie
une
demi- 1
< )n. foi i une ■ esl cette cite OÙ mille fête ne prend lin combie
tt inconnu '.
Là point de maladie, point
de vieillesse ni de déclin, point de tromperie, ni de crainte d'ennemis : mais concert unanime d'allégf unanime amour dans cœurs.
ius leur triple hiérarchie, les Anges, habitants du ciel, se prosternent joyeux devant la trine et simple Unité qui gouverne le monde.
Ils admirent, sans se lasser, Dieu qu'ils contemplent ; ils jouissent de lui, ne s en rassasient pas, affamés qu'ils sont d'en jouir plus toujours
Là sont nos pères, ranges dans Tordre du mérite; pour eux enfin toute ombre est tombée : dans la lumière ils voient la lumière -.
Ces saints dont la solennité se célèbre aujourd'hui.
I. Apoc. vin, i. — 2. Psalm. xxxv, 10.
Six, Jour dans VOct. de la Toussaint. 261
face à face maintenant, ils voient le Roi dans sa gloire.
Là resplendit la Reine des vierges, plus haut que tous les sommets : qu'elle daigne, auprès du Seigneur, excuser nos coupables chutes.
Par les suffrages des saints, que la grâce de JésusChrist nous conduise de la misère présente à leur état glorieux.
Amen.
Celebrantur solemnia Jam revelata facie Regem cernunt in gloIllic Regina virginum, Transcendens culmen
ordinum, Excuset apud Dominum Nostrorum lapsus criminum.
Nos ad sanctorum gloriam, Per ipsorum suffragia, Post prœsentem miseriam Christi perducat gratia. Amen.
| rand mystère que celui qui s'accomplit en nos morts, s'écrie saint Jean Chrysostome ! Mystère de louange et d'allégresse . lorsque mandée par le Roi des rois, l'ame s'en va vers son Seigneur, accompagnée des Anges venus pour cela des cieux ! Lt toi, tu te lamentes [ :... Pourtant, lorsque répoux auquel tu Tas donnée emmène ta fille au loin, tu ne te plains pas s'il la rend heureuse ; bien que l'absence puisse te peser, la tristesse en est tempérée : sera-ce donc parce que ce n'est pas un homme, un esclave comme nous, qui s'attribue quelqu'un des tiens, mais le Seigneur luimême, que ton chagrin doit passer toutes bornes ? Je ne te demande point de ne verser aucune larme : pleure, mais sans te désoler comme ceux qui ri ont point d'espérance 2 ; et sache n'en pas moins rendre grâces comme il est juste, honorant par là tes morrs autant que glorifiant Dieu, leur faisant ainsi de splendides funérailles 3. »
I. Ghrys. in Acta Ap. Homilia xxi, 3. 4. - 2. I
Thess. IV, 12. — 3. Chrvs. Homilia de Dormientibus, V de Lazaro, 2.
Sept. Jour dans VOct. de la Toussaint. 26 3
Tel était le sentiment dont s'inspiraient nos pères, en ces adieux de la liturgie primitive qui contrastaient si grandement avec les pompes désolées des païens, et semblaient faire du cortège funèbreune conduite d'épousée.
Des mains pieuses lavaient d'abord respectueusement la dépouille mortelle .sanctifiée par l'eau du baptême et l'huile sainte, si souvent honorée de la visite du Seigneur en son Sacrement. On la revêtait ensuite des vêtements d'honneur sous lesquels elle avait servi l'Epoux. Comme lui au tombeau, on l'entourait elle aussi de parfums. Souvent même, sur sa poitrine, à l'issue du Sacrifice d'action de grâces et de propitiation, on déposait l'Hostie sainte. Et c'est ainsi que dans une admirable succession de prières «et de chants de triomphe, parmi les nuages d'encens, à la lumière de torchesnombreuses, elle était conduite au champ du repos où la sépulture chrétienne allait l'associer au dernier mystère delà vie mortelle du Sauveur. Comme au grand Samedi sur le jardin du Golgotha, la Croix nue, dépossédée de son divin fardeau, y planait sur les tombes où THomme-Dieu continuait d'attendre, en ses membres mystiques, l'heure assurée de la résurrection.
Au moyen âge, pendant le trajet vers la tombe et la sépulture, on chanta longtemps à Rome, aussi bien que dans le reste de la chrétienté latine, sept Antiennes célèbres, dont Vin paradisum et leSubvenite perpétuent d'ailleurs jusqu'à nous l'inspiration touchante, en pleine harmonie avec les considérations
264 Le Temps après la l'> qui précèdent La première, Aperite mihi portas justitij', formait le refrain du Psaume cxvn, Confitemini Domino quoniam bonus, et relevait ses accents de victoire, aux juels L'Eglise emprunte le glorieux Verset qui revient sans lin sur ses lèvres en la Solennité des solennités: Hœc dies quam fecit Domi nus, exsultemus et lœtemur in i le
jour que le Seigneur a fait, tressaillons réjouissons-nous •', »
Mais le mieux est de donner la série entière des sept Antiennes, avec l'indication des Psaumes qu'elles accompagnaient. La dernière et le Cantique Benedictus sont encore en usage, ainsi que le Répons Subvenite et l'Antienne In paradisum, indiques présentement au Rituel, le premier pour l'entrée à l'église, l'autre pour la sortie.
i \ vt-t* ^ UVREZ-MO l les
I. ANT.vJ porteg de Ja justice ; c'est par elles que l'entrerai pour louer le gneur.
Psaume cxvn. Confitemini Domino quoniam bonus.
i.Axt. \ «*iti •i ^ mini portas justitice, ingressus in cas confitebor Domino.
o w-r î NGREDIAR m -• ANI/ 1 locum tabernaculi admirabilis, usque ad domum Dei.
2. Ant. J 'ENTRERAI dans
J le lieu du tabernacle admirable, jus la maison de Dieu.
Psaume xli. Quemadmodum desiderat cervus.
î. Psalm. cxvn 2 |.
Sept. Jour dans l'Oct. de la Toussaint. 26 5
r> a Z^1 'est ici le lieu
* ^ - - de mon repos à jamais, le lieu que j'habiterai ; car je l'ai choisi.
3. Ant. H^- re"
A L quics mea in sneculum saeculi, hic habitabo quoniam elegi eam.
Psaume cxxxi. Mémento Domine David.
„ Amt Qeigneur, VOUS 4- Ant. ^ m. form6
du limon, vous m'avez revêtu de cette chair ; vous êtes mon Rédempteur : ressuscitez-moi au dernier jour.
z terra plasmasti me Domine, et carne induisti me : Redemptor meus, resuscita me in novissimo die.
Psaume cxxxvm. Domine probasti me.
5 \\t Qeigneur, n'en"' * l ' ^ trez pas en jugement avec votre serviteur, parce que nul homme vivant ne pourra être trouvé juste devant vous.
Psaume gxlii.
cium cum servo tuo, Domine, quia non justificabitur in conspectu tuo omnis vivens.
Domine exaudi orationem mea m.
6 Ant voit l°ué ie ^Cl~
O gneur par tout ce qui respire !
Psaume cxlviii. Laudate Dominum de cœlis.
a \v-r /^\MNIS spi6.Akt.(J rhusl^u
det Dominum.
Ant. P
GO sum resur rectio
qui crédit
n Àvt ( EsuislarésurreJ.ctionet la vie : celui qui croit en moi, quand bien même il serait mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas à jamais.
Cantique Benedictus Dominus Deus Israël.
On concluait en certains lieux par l'Antienne suivante :
et vita
me, etiam si mortuus fuerit, vivet : et omnis qui vivit et crédit in me, non morietur in œternum.
266 Le Temps après la Pentecôte.
Lo animo pei te, suscipe me I >■■- mine ; quia de terra plasmasti me, spiritus de coelo introivit in me JUSSU tuo, veni ut m end es terme corpus meum : animam quam dedisti, suscipe illam Deus.
. Q UBVENITE Sancti *0 I) c i , occurrite Angeli Domini : * Suscipientes animam ejus :* Offerentes eam in conspectu Altissimi.
f. Suscipiat te Christus qui vocavit te, et in sinum Abrahae Angeli deducant te.* Suscipientes.
f. Requiem aeternam dona ei, Domine : et lux perpétua luceat ei. * Offerentes.
a I N paradisum
1 deducant te
Angeli : in tuo adventu suscipiant te Martyres, et perducant te in civitatem sanctam Jérusalem. Chorus Angelorum te suscipiat, et cum Lazaro quonclam paupere aeternam habeas requiem.
Ji: v, d'un cœui
joyeux, recevez-moi, gneur. Puisque vous m'avez forme de la terre, en m'infusant du ciel un principe de vie : venez, pour remet la terre mon corps ; et l'âm • que \ous m'avez donnée, recevez-la, mon l)ieu.
, pa ites-lu I cortège, ™* F Saints de Dieu j ges du Seigneur, venez à li rencontre : * Accueillez son âme : * Présentez-la devant le Très-Haut.
y. Que te reçoive le Chri-t par qui tu fus appelée ; qu'au sein d'Abraham te conduisent les Anges. * Accueillez.
y. Donnez-lui. Seigneur, le repos éternel ; que luise pour elle la lumière sans fin. * Présentez-la.
An t.
Qu'au paradis te conduisent les Anges ; qu a ton arrivée t'accueillent les Martyrs, et qu'ils t'introduisent en Jérusalem, la cité sainte. Sois reçue par le chœur angélique , qu'avec Lazare, jadis pauvre, soit à toi l'éternel repos.
otR la consolation des mères, autant qu'en hommage au paradis dont ils sont
Sept. Jour dans VOct. de la Toussaint. 26 7
les fleurs gracieuses, nous chanterons aujourd'hui, avec saint Ephrcm, les enfants ravis dans leur innocence à cette terre de
\ 'aimable enfant que la 1-. grâce forma dans le sein maternel avait à peine vu la lumière, que fondant sur lui, la cruelle mort, en un tourbillon brûlant, fit tomber les feuilles de cette fleur printanière, en flétrit la tige, en dessécha les rameaux.
Je n'ose me lamenter sur ton trépas ; car je sais que le fils du Roi t'a emmené dans les sereines profondeurs des cieux. La nature, il est vrai, me dit de te pleurer, ô mon fils ; mais quand je songe au pays de la bienheureuse lumière devenu ton séjour, je sens qu'il me faut éviter d'assombrir la cour du Roi par de profanes regrets, qu'on me taxera d'audacieux malappris si je me présente en larmes et sous des habits de deuil dans le palais du bonheur. M'arrêtant donc à meilleur conseil, j'offrirai une hostie sans reproche et tournerai mon cœur à l'allégresse.
Enfant chéri, tes chants étaient doux à mon oreille ;
AMABILIS puer quem gratia in utero matris formavit, ut vidit lucem, ut insiliit acerba mors, et restu infestiore quam solis esse solet, vernantis floris fotia decussit, caulem arefecit, ramos siccavit.
Obitum flere tuum vereor, qui didici te a filio Régis ad supernœ lucis adyta fuisse deductum. Natura quidem tuo, fili, fato illacrymari cogit . ego vero dum recogito te ad regionem beatae lucis translatum, cavendum mihi video ne Régis aula profano polluatur luctu, tum ipse arguar audax et impudens, qui laetitise regiam atratus et lacrymans intraverim. Quin ergo meliore consilio puram hostiam offeram, et ad hilaritatem animum componam.
Tui quidem cantus, care puer, meas ante
I. S. Ephr.em Svri funèbres canones, mani.
ap. Asse26S Le Temps après la Pentes
mulcebant mires, meque vehementer delectarunt ; me! os quod olim fundebas raemoria adhuc retineo, et ver ha recordor. Quamquam dum cor illa repetit, mens ad Superum e vol al ch( i audit admirabunda Cœlites tecum canentes i riumphalc carmen Hosanna.
quel
gazouillemenl ionl je
moi pour toujours. l'ourlant, quand se les rappelle mon cœur, ma j
vol vers les concei i - de la patrie, et elle écoute rai : habitants des d'eux ch avec t"i le triomphal 1 I sanna.
L)ars tua, Domine, sunt parvuli pueri ; hisce sedes in cœlo super astra dabis. Illos pro nobis, oro, statue deprecatores ; purasquippe scimus esse puerorum preces.
Quin ergo te summis elTeram laudibus, qui jubés tuis taies convivas assidere mensis. Xostrae Reparator salutis in oculis conspectuque populi amplexatus est pueros, eisque benedixit , quo hujus aetatis puritatem et innocentiam sibi placere demonstraret. Vere omni laude dignus est, cui innocentes pueros apud se habere placuit.
Vidit ille, in quo tamquam in sua sede considet justitia, hominum iniquitates ultra omnem
petits enfants. Sei*■* gneur, sont votre part aimée ; vous leur réservez une place au ciel par delà les astres. Faites, je vous en prie, qu'ils soient nos intercesseurs ; car. nous le savons, les prières des enfants sont pures.
A vous ma louange, et ma louange la meilleure, vous qui voulez de tels convives à votre table. Celui qui fut notre salut, le Rédempteur embrassa les enfants et il les bénit sous les \ eux du peuEle assemblé, montrant cornien lui agréait linnocencc, la pureté de cet âge. Oui ; il est digne de toute louange, Celui qui se complaît au milieu des innocents.
Lui en qui la justice réside comme en son trône, il a vu que les iniquités des hommes en sont arrivées à dépasser
Sept. Jour dans VOct. de la Toussaint. 26g
toute mesure, que, l'innocence bafouée, règne partout l'émulation du mal. Par son appariteur il a mandé l'enfantine phalange, et l'a introduite au séjour des joies éternelles.
Comme des lis transplantes d'une terre inculte et désolée, les petits enfants ont repris racine dans les parterres du jardin de délices. Comme des perles, ils sont enchâssés dans le diadème du Seigneur. Montés de cette terre au royaume des cieux, ils louent sans fin l'auteur de leur félicité.
Qui ne se réjouirait de voir ainsi au ciel les petits enfants ? qui se désolerait d'une mort grâce à laquelle ils ont esquivé les filets du vice en tous lieux tendus ? Plaise à vous, Seigneur, que par votre grâce j'aie une telle fin et sois admis à partager leur vie fortunée 1
Soit louange et gloire au Très bon, au Très grand, qui enlève ces enfants h la terre pour les donner au ciel, qui les arrache aux misères de cette vie et les reçoit en sa bienheureuse maison, mettant leur bonheur en sûreté.
increvisse modum , et pessumdata innocentia ubique regnare contumaciam in perversa nitentium. Delectum puerorumagmen, misso apparitore ad se accersivit, et in deliciarum œternarum sede locavit.
Parvuli, quasi lilia de déserta et inculta regione révulsa, in amœni.-simi horti areis iterato panguntur ; et quasi margaritae inseruntur diademati ; inde ad cœleste regnum evecti, sine fine laudant suœ felicitatis Auctorem.
Porro cuinam jucundum non sit, parvulos videre crelo donatos ? a ut quisnam plangr.r eorum obitum, quod tensos ubique vitiorum laqueos evaserint ? Utinam tua, Domine, favente gratia, talem mihi contingat habere finem, et beato eorum potiri convictu.
Laus sit et gloria Opt irao, ?\iaximo, qui pueros terris abstulit et cœlo dédit, qui parvulos hujus vitœ aerumnis eripuit et in cœlestem et beatam domum transtulit, atque in illam jucundissimam securitatem asseruit,
2yo Le Temps après ta l
PERFECl \ tibi, Domine