Institutions liturgiques (page 10)
Saint Irénée ne nous est connu, sous le rapport de la Liturgie, que par ses lettres dans la controverse de la Pâque. Eusèbe nous a conservé un fragment de l'une d'elles dans son histoire. Nous savons par le même auteur queThéophile de Césarée en Palestine et Polycrate d'Éphèse écrivirent aussi des lettres sur la même matière; le premier, en faveur de l'orthodoxie; le second, dans le sens des quarto-décimains (3).
Saint Hippolyte, évêque et martyr, traça un cycle pour la supputation de la fête de Pâques, et ce cycle se lit encore aujourd'hui gravé sur la chaire de marbre de ce docte évêque, laquelle, avec la belle statue qui y est assise, est bien aussi un monument liturgique de l'époque que nous traitons, et un des principaux ornements de la bibliothèque Vaticane.
Saint Denys d'Alexandrie, au milieu du troisième siècle, écrivit plusieurs lettres pascales, et une épître canonique adressée à l'évêque Basilides, sur le même sujet de la
( 1) Vid. la Note G.
(2) Unde sufficiamus ad enarrandam felicitatem ejus matrimonii quod Ecclesia conciliat, et confirmat oblatio, et obsignat benedictio ; Angeli renuntiant, Pater rato habet? (Ad Uxorem, lib. II, cap. IX.)
(3) Euseb., Hist. eccles., lib. V, cap. XXIII et seq.
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célébration de la Pâque; une lettre sur le samedi; une autre de officio diaconi (1).
Saint Cyprien doit être rangé parmi les écrivains les plus importants sur la matière qui nous occupe. Il suffira de rappeler son admirable épître à Cécilius sur le sacrifice chrétien, et mille endroits tant de ses traités que de ses lettres, écrits qui, comme ceux de Tertullien, reflètent de la manière la plus exacte et la plus vive les mœurs de l'Église d'alors. Le livre de l’Oraison dominicale est aussi fort important; mais une phrase de ce livre ayant été, ainsi que nous le verrons dans la suite des temps, le texte d'un grand nombre de sophismes dangereux et subversifs de toute Liturgie, malgré le désir que nous avons d'abréger cette revue des écrivains ecclésiastiques des trois premiers siècles, nous placerons ici ce fameux passage, en invitant le lecteur à y recourir, toutes les fois qu'il en sera besoin, dans la suite de ce récit.
« Le Christ avait dit que l'heure était venue où les vrais adorateurs adoreraient le Père en esprit et en vérité, et ce qu'il avait promis, il l'a accompli, en faisant que nous, qui avons reçu pour fruit de son sacrifice l'esprit et la vérité, pussions, instruits par ses leçons, adorer vraiment et spirituellement. En effet, quelle prière plus spirituelle que celle qui nous a été donnée par le même Jésus-Christ qui nous a envoyé l'Esprit-Saint ? quelle prière plus vraie aux yeux du Père, que celle qui est sortie de la bouche du Fils, qui est la vérité même? Prier autrement qu'il n'a enseigné, ce n'est pas seulement ignorance, mais faute ; car le Christ a intimé sa volonté, et a dit : Vous rejetez le commandement de Dieu pour établir votre propre tradition. Prions donc, frères chéris, prions comme Dieu notre maître nous a appris. C'est une prière amie et familière que celle qui s'adresse à Dieu comme venant de
(1) Euseb., Hist. eccles., lib. VII, passim.
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lui, et fait, monter à ses oreilles la prière même du Christ. Arnica et familiaris oratio est Deum de suo rogare, ad aures efus ascendere Christi orationem (1). »
Nous terminerons cette revue par les noms d'Anatolius de Laodicée et de saint Pierre d'Alexandrie, qui ont écrit l'un et l'autre sur le sujet de la Pâque (2); question qui, comme on le voit , occupa presque tous les auteurs liturgistes des trois premiers siècles.
Tandis que la Liturgie était ainsi considérée comme une des principales forces du christianisme, l'hérésie qui cherche toujours à contrefaire l'orthodoxie, et à tourner au profit de ses coupables projets les moyens que celle-ci emploie pour maintenir les saintes traditions, mettait déjà la main sur cette arme sacrée. Le précurseur d'Arius, Paul de Samosate, abolissait les chants dont son église retentissait jusqu'alors en l'honneur du Christ, et y substituait d'autres cantiques dans lesquels il recevait les flatteries sacrilèges de ses sectateurs (3). Les schismatiques qui, sous le nom de Donatistes, fatiguèrent l'Église d'Afrique, de la fin du troisième siècle jusque dans le cinquième, fabriquèrent aussi, comme le rapporte saint Augustin, des chants, sous forme de psaumes, destinés à répandre le venin de leurs erreurs dans la multitude réunie pour la prière (4). Du reste, longtemps auparavant, le fameux Valentin avait aussi, avec une grande imprudence, comme dit Tertullien, composé ses Psaumes (5), et saint Épiphane nous apprend
(1) Vid. la Note H.
(2) Euseb., Hist. eccles., lib. VII, cap. XXXII.
(3) Psalmos in honorem Domini nostri Jesu-Christi cani solitos, quasi novellos et a recentioribus hominibus compositos abolevit. Mulieres autem magno Paschae die, in média Ecclesia psalmos quosdam canere ad sui ipsius laudem instituit. (Euseb., Hist. eccles., lib. VII, cap. XXX.)
(4) Donatistas nos reprehendunt quod sobrie psallimus in Ecclesia divina cantica Prophetarum ; cum ipsi ebrietates suas ad canticum psalmorum humano ingenio compositorum, quasi ad tubas exhortationis inflammant. (S. Augustini Epist. XXXIV.)
(5) Tertullian., De Carne Christi, lib. IV, cap. XVII.
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qu'un autre sectaire, Hiérax, l'avait imité, dans le même but de corrompre la foi par une prière mensongère (1). Nous verrons, à différentes époques, de nouvelles applications de ce perfide système, commun à presque toutes les sociétés séparées.
En concluant ce chapitre, nous observerons que la Liturgie conserva après la mort des Apôtres le même caractère traditionnel que nous avons reconnu en elle lorsqu'ils vivaient encore ;
Que les plus savants docteurs s'en occupèrent comme d'une partie fondamentale du christianisme;
Que les hérétiques tentèrent dès lors d'empoisonner cette source de foi et de doctrine ;
Que ses formes firent l'objet des plus graves prescriptions ecclésiastiques ;
Que des tendances d'unité commencèrent dès lors à se manifester, du moins pour les rites principaux;
Qu'enfin l'Église romaine fut dès lors le centre de la Liturgie, comme elle l'était de la foi; en sorte que, même sous le point de vue qui nous occupe, on doit appliquer les solennelles paroles de saint Irénée, en son troisième Livre contre les hérésies : Ad hanc quippe Ecclesiam, propter potentiorem principalitatem, necesse est omnem convenire Ecclesiam, id est qui sunt undique fideles.
(1) S. Epiphanius, Adv. Hœreses, lib. II, Hœres. LXXVII.
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NOTES DU CHAPITRE IV
NOTE A
Precationes facite mane, et tertia hora, ac sexta, et nona, et vespere, atque in gallicinio. Mane: gratias agentes, quod Dominus, abducta nocte, et inducto die, illuminavit nos. Tertia hora: quoniam in ea Dominus sententiam damnationis excepit a Pilato. Sexta: quod in ea crucifixus est. Nona: quia cuncta, crucifixo Domino, commota sunt, dum horrent impiorum Judaeorum temeritatem, nec ferre possunt contumeliam Domino illatam. Vespere: gratias agentes, quod noctem nobis dederit, laborum diurnorum requietem. In gallorum cantu : eo quod illa hora nuntiat adventum diei, ad facienda opera lucis. Si propter infideles impossibile est ad Ecclesiam procedere, in domo aliqua congregationem faciès, Episcope. (Constit. apost. lib. VIII, cap. XXXIV.)
NOTE B
In orationibus vero celebrandis invenimus observasse cum Daniele très pueros in fide fortes, et in captivitate victores, horam tertiam, sextam, nonam, sacramento scilicet Trinitatis; quas in novissimis temporibus manifestari habebat. Nam et prima hora in tertiam veniens, consummatum numerum Trinitatis ostendit. Itemque ad sextam quarta procedens, declarat alteram Trinitatem. Et quando a septima nona completur, per ternas horas Trinitas perfecta numeratur; quas horarum spatia jampridem spiritaliter déterminantes adoratores Dei, statutis et legitimis ad precem temporibus serviebant: et manifestata post modum res est sacramenta olim fuisse; quod ante sic justi precabantur. Nam super discipulos hora tertia descendit Spiritus Sanctus, qui gratia dominicas repromissionis implevit. Item Petrus hora sexta in tectum superius ascendens, signo pariter et voce Dei monentis instructus est, ut omnes ad gratiam salutis admitteret, cum de emundandis gentilibus ante dubitaret. Et Dominus hora sexta crucifixus, ad nonam peccata nostra sanguine suo abluit, et ut redimere et vivificare nos posset, tune victoriam suam passione perfecit. Sed nobis, fratres dilectissimi, praeter horas antiquitus observatas, orandi nunc et spatia et sacramenta creverunt. Nam et mane orandum est, ut resurrectio Domini matutina oratione celebretur. Quod olim Spiritus Sanctus designabat in psalmis dicens: Rex meus et Deus meus, quoniam ad te orabo, Domine: mane exaudies vocem meam: mane assistam tibi, et contemplabor te. Et iterum per prophetam loquitur Dominus : Diluculo vigilabunt ad me dicentes: Eamus et revertamur ad
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Dominum Deum nostrum. Recedente item sole ac die cessante, necessario rursus orandum est. Nam quia Christus sol verus, et dies est verus, sole ac die seculi recedente quando oramus et petimus ut super nos lux denuo veniat, Christi precamur adventum, lucis aeternae gratiam praebiturum. (S. Cypriarius, De Oratione dominica, versus finem.)
NOTE C
Solis, ut dicitur, die, omnium sive urbes sive agros incolentium in eumdem locum fit conventus, et commentaria Apostolorum, aut scripta Prophetarum leguntur,quoad licet per tempus.Deinde ubi lector desiit, is qui praeest admonitionem verbis et adhortationem ad res tam praeclaras imitandas suscipit. Postea omnes simul consurgimus, et preces emittimus: atque, ut jam diximus, ubi desiimus precari, panis affertur et vinum et aqua: et qui praeest, preces et gratiarum actiones totis viribus emittit et populus acclamat, amen, et eorum, in quibus gratiae actae sunt, distributio fit et communicatio unicuique prassentium, et absentibus per Diaconos mittitur: qui abundant et volunt, suo arbitrio, quod quisque vult, largiuntur, et quod colligitur apud eum, qui praeest, deponitur, ac ipse subvenit pupillis et viduis, et iis qui vel ob morbum, vel aliam ob causant egent, tum etiam iis qui in vinculis sunt et advenientibus peregre hospitibus; uno verbo omnium indigentium curam suscipit. Die autem solis omnes simul venimus, tum quia prima hase est dies, qua Deus, cum tenebras et materiam vertisset, mundum creavit, tum quia Jésus Christus salvator noster eadem die ex mortuis resurrexit. Pridie enim Saturni eum crucifixerunt, et postridie ejusdem diei, id est, solis die apostolis suis et discipulis visus ea docuit, quae vobis quoque consideranda tradidimus. (S. Justinus, Apologia I, n° 67.)
NOTE D
Nos autem postquam eum, qui fidem suam et assensum doctrinae nostrae testatus est, sic abluimus, ad eos, qui dicuntur fratres, deducimus, ubi illi congregati sunt, communes preces et pro nobismetipsis, et pro eo qui illuminatus est, et pro aliis ubique omnibus intento animo facturi, ut veritatis cognitionem adepti, hac etiam gratia dignemur, ut rectam operibus vitam agentes et praeceptorum custodes inveniamur, quo salutem aeternam assequamur. Invicem osculo salutamus, ubi desiimus precari, Deinde ei, qui fratribus praeest, panis affertur, et poculum aquae et vini: quibus ille acceptis, laudem et gloriam universorum Parenti per nomen Filiiet Spiritus Sancti emittit, et Eucharistiam, sive gratiarum actionem. pro his ab illo acceptis donis prolixe exsequitur. Postquam preces ei Eucharistiam absolvit, populus omnis acclamat, amen. Amen autem hebraea lingua idem valet ac fiat. Postquam vero is, qui praeest preces absolvit, et populus omnis acclamavit, qui apud nos dicuntur diaconi
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panem et vinum et aquam, in quibus gratiae actae sunt, unicuique praesentium participanda distribuunt, et ad absentes perferunt. (Ibidem, no 65.)
NOTE E
Sanctus vero Dei martyr (Irenasus) cumvenisset ad pontem,qui vocatur Basentis, exspolians se vestimenta sua, et extendens manus in coelum, oravit dicens: Domine Jesu Christe, qui pro mundi salute pati dignatus es, pateant cœli tui, ut suscipiant Angeli spiritum servi tui Irenaei, qui propter nomen tuum et plebera tuam productam de Ecclesia tua catholica Sirmiensium haec patior. Tepeto, tuamque deprecor misericordiam,ut et me suscipere, ethos infide tua confirmare digneris. Sic itaque percussus gladio a ministris, projectus est in fluvium Savi. (Act. S. Irenoei, Episc. Sirmiensis. Apud Ruinart.)
Cumque perducti essent (Lucianus et Marcianus) ad locum, tanquam ex uno ore gratias Deo agentes, dixerunt:Tibi, Domine Jesu, insufficientes laudes dicimus, qui nos miseros et indignos de errore gentilitatis erutos, ad hanc summam et venerabilem passionem propter nomen tuum perducere dignatus es, atque omnium sanctorum tuorum particeps efficere. Tibi laus, tibi gloria,tibi etiam animam et spiritum nostrum commendamus. Et cum complevissent orationem, statim quaestionarii subposuerunt ignem (Act. SS. Luciani et Marciani. Ibidem.)
Cumque ad locum pervenissent, orare cœpit martyr (Theodotus) in haec verba: Domine Jesu Christe, cœli terrasque conditor, qui non derelinquis sperantes in te, gratias tibi ago, quia fecisti me dignum cœlestis tua; urbis civem, tuique regni consortem. Gratias tibi ago, quia donasti mihi draconem vincere, et caput ejus conterere. Da Ecclesias tuas pacem, eruens eam a tyrannide diaboli. Cumque orationem finiens adjunxisset, Amen, conversus vidit fratres flentes, etc. (Act. S. Theodoti Ancyrani et septem Virginum. Ibidem.)
Et iis dictis expletis, Afra circumdata sarmentis, igne supposito, vox ejus audiebatur dicens: Gratias tibi ago, Domine Jesu Christe, qui me dignatus es hostiam habere pro nomine tuo, qui pro toto mundo solus hostia oblatus es in cruce, justus pro injustis, bonus pro malis, benedic-tus pro maledictis, mundus a peccato pro peccatoribus universis. Tibi offero sacrificium meum, qui cum Patre et Spiritu Sancto vivis et regnas Deus in saecula saeculorum, Amen. Et hœc dicens, emisit spiritum. (Acta S. Afroe. Ibidem.)
Positis (Julitta) genibus,oravit, dicens: Gratias tibi ago, Domine, qui priorem me filium meum vocasti, et ut praesenti hac vanaque relicta vita, aeternae illi cum sanctis jungeretur, propter sanctum ac tremendum nomen tuum dignanter voluisti; me quoque suscipe indignam ancillam tuam, facque ut ingens illud bonum nanciscar, quo prudentibus virginibus, quibus indultum ut in coelestem ac incorruptum thalamum ingrederentur,
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accensear : ac benedicat spiritus meus Patrem tuum Deum omnium conservatorem, ac universorum opincem, Sanctumque Spiritum in saecula Amen. (Act. SS.Cyrici et Julittae. Ibidem.)
NOTE F
Fraenum pullorum indocilium,
Penna volucrum non errantium
Verus clavus infantium,
Pastor agnorum regalium,
Tuos simplices
Pueros congrega,
Ad sancte laudandum,
Syncere canendum
Ore innoxio
Christum puerorum ducem.
Rex sanctorum,
Verbum, qui domas omnia,
Patris altissimi
Sapientiae rector, Laborum sustentaculum,
Aevo gaudens,
Humani generis
Servator Jesu,
Pastor, arator,
Clavus, fraenum,
Penna coelestis
Sanctissimi gregis.
Piscator hominum,
Qui salvi fiunt.
Pelagi vitii
Pisces castos
Unda ex infesta
Dulci vita inescans.
Sis dux, ovium
Rationalium pastor.
Sancte, sis dux,
Rex puerorum intactorum.
Vestigia Christi,
Via coelestis,
Verbum perenne,
Evum infinitum,
Lux aeterna,
Fons misericordiae,
Operatrix virtutis,
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Honesta vita
Deum laudantium,Christe Jesu,
Lac coeleste
Dulcibus uberibus
Nymphae gratiarum,
Sapientiae tuae expressum.
Infantuli
Ore tenero
Enutriti,
Mammas rationalis
Roscido spiritu
Impleti,
Laudes simplices,
Hymnos veraces,
Régi Christo,
Mercedes sanctas
Vitae doctrinae,
Canamus simul,
Canamus simpliciter
Puerum valentem.
Chorus pacis,
Christo geniti,
Populus modestus,
Psallamus simul Deum pacis.
NOTE G
Si statio facienda est, maritus de die condicat ad balnea; si jejunia observanda sunt, maritus eadem die convivia exerceat ; si procedendum erit, nunquam magis familias occupatio obveniat. Quis autem sinat conjugem suam visitandorum fratrum gratia, vicatim aliéna et quidem pauperiora quaeque tuguria circumire ? Quis nocturnis convocationibus, si ita oportuerit, à latere.suo adimi libenter feret? Quis denique solemnibus Paschae obnoctantem securus sustinebit ? Quis ad convivium illud dominicum, quod infamant, sine sua suspicione dimittet? Quis in carcerem ad osculanda vincula martyris reptare patietur ?............ Sed aliquis sustinet nostra, nec obstrepit. Hoc est igitur delictum quod gentiles nostra noverunt...... Latebisne tu cum lectulum, cum corpusculum tuum signas, cum aliquid immundum flatu explodis, cum etiam per noctem exurgis oratume? Et non magias aliquid videberis operari ? Non sciet maritus quid secreto ante omnem cibum gustes? Et si sciverit panem, non illum credit esse qui dicitur? (Tertullianus, Ad Uxorem, lib. II, cap. III, IV, V, VI.)
NOTE H
Jam praedixerat horam venire, quandoveri adoratores adorarent Patrem in spiritu et veritate, et implevit quod ante promisit; ut qui spiritum
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et veritatem de ejus sanctificatione percepimus, de traditione quoque ejus vere et spiritaliter adoremus.Quas enim potest esse magis spiritalis oratio, quam quae vere a Christo nobis data est, a quo nobis et Spiritus Sanctus missus est ? Quae vera magis apud Patrem precatio, quam quae a Filio qui est Veritas, de ejus ore prolata est ? Ut aliter orare quam docuit, non ignorantia sola sit, sed et culpa: quando ipse posuerit et dixerit: Rejicitis mandatum Dei, ut traditionem vestram statuatis. Oremus itaque, fratres dilectissimi, sicut magister Deus docuit. Arnica et familiaris oratio est Deum de suo rogare ad aures ejus ascendere Christi orationem. (S. Cyprianus De Orat. Dominica, in principio.)
I - CHAPITRE V
CHAPITRE V : DE LA LITURGIE, DANS L'ÉGLISE EN GÉNÉRAL, AU QUATRIEME SIÈCLE
NOTES DU CHAPITRE V
NOTE A
NOTE B
NOTE C
NOTE D
NOTE E
NOTE F
NOTE G
L'Église enfin sort pour jamais des cryptes qui, trop . souvent, avaient couvert de leurs ombres la majesté de ses mystères. Elle étale au grand jour ces rites dont la pompe et la sainteté achèveront la victoire, que déjà l'auguste vérité de ses dogmes et la beauté de sa morale lui ont assurée sur le paganisme. Suivant notre usage, nous recueillerons dans ce chapitre les faits généraux, qui donneront l'ensemble de l'époque liturgique que nous traitons. Or le caractère de cette époque est le triomphe : c'est : maintenant que s'accomplit la parole du Sauveur : Ce qui se disait à l'oreille, prêchez-le sur les toits (1). Ces mystères cachés ou comprimés dans l'enceinte des temples éclatent au grand jour. La pompe et la richesse du culte, quelque splendides qu'elles fussent par les largesses des patriciens disciples du Christ, dépassent toute mesure du moment que les empereurs ont franchi le seuil de l'Église. De même que la foi, l'espérance des biens futurs, la charité fraternelle avaient fait jusqu'ici le lien intime des chrétiens par tout l'empire, désormais les formes liturgiques, devenues formes sociales, proclament leur puissante nationalité. « Que si, s'écrie Eusèbe, un seul temple situé dans une seule ville de Palestine fut un objet d'admiration,
(1) Matth. X, 27.
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combien plus est merveilleux le nombre, la grandeur, la magnificence de tant d'églises de Dieu érigées dans tout l'univers (1)I Les prophéties, dit-il ailleurs, sont véritablement accomplies, aujourd'hui que nous voyons des hommes décorés en cette vie de la dignité royale, confondus dans l'Église de Dieu avec les pauvres et le bas peuple (2). »
De toutes parts, on relevait donc les églises démolies durant la persécution : on en édifiait de nouvelles par toute l'étendue de l'empire. La dédicace de ces temples s'accomplissait avec une splendeur toujours croissante; les évêques s'y réunissaient en grand nombre, et le Père de l'histoire ecclésiastique nous a conservé dans des récits pleins d'enthousiasme la mémoire de ces augustes cérémonies.
La première dédicace d'église que nous rencontrons tout d'abord après la paix de Constantin, est celle de la basilique de Tyr, inaugurée vers l'an 315. Cette ville, qui avait pour évêque Paulin, avait vu périr son église durant la persécution de Dioclétien, et les païens s'étaient efforcés d'en défigurer jusqu'à l'emplacement, en y amassant toutes sortes d'immondices. On eût pu aisément trouver un autre lieu pour construire une église, lors de la paix rendue au christianisme; mais l'évêque Paulin préféra faire nettoyer le premier emplacement et y jeter les fondements de la seconde basilique, afin de rendre plus sensible encore la victoire de l'Église; et la gloire de ce second temple fut plus grande que celle du premier. Eusèbe fut chargé de prononcer l'homélie solennelle de la dédicace au milieu
(1) Quod si templum illud in una Palestinae urbe admiratione dignum erat; quanto magis mirabilis illa frequentia, magnitudo et pulchritudo ecclesiarum Dei in omni loco excitatarum ! Nam totus orbis plenus ecclesiis est. (Euseb. Commen., in Isaiam, pag. 56o.)
(2) Quod si videas regios viros dignitate ac praestantia in hac vita ornatos, in Ecclesia Dei cum pauperibus ex infima plèbe congregatos, ne cuncteris dicere etiam hac ratione impletam esse Scripturam. (Euseb. ibid., pag. 402.)
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d'un peuple immense accouru pour prendre part à cette fête.
S'adressant d'abord aux évêques présents à la cérémonie, il commence ainsi : « O amis de Dieu et Pontifes, qui « portez la sainte tunique et la couronne céleste de gloire, « qui avez l'onction divine et la robe sacerdotale du Saint-Esprit (1). » Fleury lui-même a reconnu ici désignés clairement le costume pontifical et le diadème sacré dont les évêques usaient déjà, au moins dans la célébration des mystères ; et comme nous ne voyons à cette époque aucun règlement ecclésiastique pour fixer ces usages, nous devons en faire remonter l'institution à l'époque qui avait précédé, et durant laquelle nous en avons déjà rencontré plusieurs vestiges significatifs.
Il célèbre ensuite le triomphe que Dieu vient de donner à son peuple sur ses ennemis, et la force victorieuse qu'il a mise en son Christ, qui seul, par la puissance de son bras, a opéré un si merveilleux changement. Après quoi, il s'étend sur l'éloge de l'évêque Paulin qu'il compare tantôt à Beseléel, l'architecte du tabernacle mosaïque, tantôt à Zorobabel, le réparateur du temple. Mais ce qui nous intéresse davantage, c'est la description que fait Eusèbe de l'ensemble et des parties de la basilique avec le détail des mystères signifiés dans sa construction. Ce passage est important en ce qu'il nous révèle la forme des églises chrétiennes primitives, suivant notre remarque au chapitre précédent; mais jusqu'ici nous ne voyons pas qu'il ait été cité, ou même connu de quelqu'un de ces innombrables parleurs d'architecture religieuse dont le pays regorge depuis quelques années, et qui nous étalent, avec une si grotesque suffisance, tout le luxe d'un savoir improvisé.
« Paulin, dans la réédification de son église, dit l'éloquent
(1) Amici et sacerdotes Dei, qui sacra tunica talari induti, et coelestis gloriœ corona decorati, divinaque unctione delibuti, et sacerdotali Sancti Spiritus veste amicti estis. (Euseb. Hist. eccles., lib. X, cap. IV.)
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panégyriste, non content d'accroître l'emplacement primitif, en a fortifié l'enceinte comme d'un rempart au moyen d'un mur de clôture. Il a élevé son vaste et sublime portique vers les rayons du soleil levant; voulant par là donner à ceux mêmes qui n'aperçoivent l'édifice que de loin, une idée des beautés qu'il renferme, et inviter par cet imposant spectacle ceux qui ne partagent pas notre foi à visiter l'enceinte sacrée. Toutefois, lorsque vous avez franchi le seuil du portique, il ne vous est pas licite encore d'avancer, avec des pieds impurs et souillés : entre le temple lui-même et le vestibule qui vous reçoit, un grand espace en carré s'étend, orné d'un péristyle que forment quatre galeries soutenues de colonnes. Les entrecolonnements sont garnis d'un treillis en bois qui s'élève à une hauteur modérée et convenable. Le milieu de cette cour d'entrée est resté à découvert, afin qu'on y puisse jouir de la vue du ciel et de l'éclatante lumière qu'y versent les rayons du soleil. C'est là que Paulin a placé les symboles de l'expiation, savoir les fontaines qui, situées tout en face de l'église, fournissent une eau pure et abondante, pour l'ablution, aux fidèles qui se préparent à entrer dans le sanctuaire. Telle est la première enceinte, propre à donner tout d'abord une idée de la beauté et de la régularité de l'édifice, et offrant en même temps une place convenable à ceux qui ont besoin de la première instruction. Au delà, plusieurs vestibules intérieurs préparent l'accès au temple lui-même, sur la façade duquel trois portes s'ouvrent tournées à l'orient. Celle du milieu, plus considérable que les deux autres, en hauteur et en largeur, est munie de battants d'airain avec des liaisons en fer et ornée de riches sculptures : les deux autres semblent deux nobles comte pagnes données à une reine. Au-delà des portes, s'étend l'église elle-même, présentant deux galeries latérales au-dessus desquelles ouvrent diverses fenêtres ornées de
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sculptures en bois du travail le plus délicat, et par lesquelles une abondante lumière tombe d'en haut sur tout a l'édifice. Quant à la décoration de cette demeure royale, Paulin a su y répandre une richesse, une opulence véritablement colossales. Je ne m'arrêterai donc point à décrire la longueur et la largeur de l'édifice, son éclat splendide, son étendue prodigieuse, la beauté rayonnante des chefs-d'œuvre qu'il renferme, son faîte arrivant jusqu'au ciel et formé d'une précieuse charpente de ces cèdres du Liban, dont les divins oracles ont célébré la louange, quand ils ont dit : Les bois du Seigneur, les cèdres du Liban seront dans la joie. Parlerai-je de l'habile et ingénieuse disposition de l'ouvrage entier, de l'excellente harmonie de toutes les parties, lorsque déjà ce que l'œil en contemple dépasse ce que l'oreille en pourrait ouïr. Après avoir établi l'ensemble de l'édifice, et dressé des trônes élevés pour ceux qui président, en même temps que des sièges de toutes parts pour les fidèles, Paulin a construit le Saint des Saints, l'autel, au milieu ; et pour rendre inaccessible ce lieu sacré, il en a défendu l'approche, en plaçant à distance un nouveau treillis en bois, mais si merveilleux dans l'art qui a présidé à son exécution, qu'à lui seul il offre un spectacle digne d'admiration à tous ceux qui le considèrent. Le pavé même de l'Église n'a point été négligé : le marbre décrit de riches compartiments. Sur les nefs latérales de la basilique ouvrent de très-amples salles que Paulin, nouveau Salomon vraiment pacifique, a fait construire pour l'usage de ceux qui doivent recevoir l'expiation et la purgation par l'eau ou le Saint-Esprit. »
Après ces détails de description dont nous n'offrons ici qu'une traduction libre et abrégée, l'évêque de Césarée se livre de nouveau aux transports de l'enthousiasme que lui inspire la délivrance de l'Église, figurée dans la splendeur du glorieux édifice élevé par la main de Paulin ; mais
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bientôt il rentre dans son sujet, et expose ainsi quelques-uns des mystères exprimés dans les formes de la construction du temple qu'il vient de décrire.
« Sans doute cet œuvre est merveilleux et au-dessus de toute admiration, si on en considère l'apparence extérieure; mais bien autrement merveilleux est-il, si l'on s'élève jusqu'à son type spirituel, savoir l'édifice divin et raisonnable bâti par le Fils de Dieu dans notre âme, qu'il a choisie pour épouse et dont il a fait un temple à lui et à son Père. C'est ce Verbe divin qui a purgé vos âmes de leurs souillures, et qui les a confiées ensuite au pontife très-sage et aimé de Dieu qui vous régit. C'est ce Pontife lui-même, tout entier au soin des âmes dont il a reçu la garde, qui ne cesse d'édifier jusqu'à ce jour, plaçant en chacun de vous l'or le plus brillant, l'argent le plus-éprouvé, les pierres les plus précieuses, en sorte qu'il accomplit par ses œuvres sur vous, la mystérieuse prédiction qui porte ces paroles : Voici que j’ai préparé l’escarboucle pour tes murs, le saphir pour tes fondements, le jaspe pour tes remparts, le cristal pour tes portes, les pierres les plus recherchées pour ton enceinte extérieure : tous tes enfants sont instruits par Dieu même, tes fils sont dans la paix, toi-même es bâtie dans la justice. Donc, Paulin édifiant dans la justice, a disposé a dans un ordre harmonieux les diverses portions de son peuple, enserrant le tout d'une vaste muraille extérieure qui est la ferme foi. Il a distribué cette multitude infinie dans une proportion digne de la plus imposante structure. Aux uns il a confié le soin des portes et la charge d'introduire ceux qui veulent entrer ; ils forment ainsi comme un vestibule animé. D'autres se tiennent près des colonnes qui supportent la galerie quadrangulaire de la cour intérieure, parce qu'ils épellent encore il le sens littéral des quatre Évangiles. D'autres, qui sont les catéchumènes, ont leur place sous les galeries latérales