Institutions liturgiques (page 116)

Dom Prosper Guéranger · Vie de l'Église

Texte français, domaine public · Source : bibliotheque-monastique.ch — Institutions liturgiques, 4 volumes · 178 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

(1)  D. Mabillon, Iter Italicum. — D. Montfaucon. Diarium italicum.

(2)  De Gabelentz et Loebe, Bibliorum Ulphilana versio.

(3)  Anast.  Biblioth., tom. IV.

(4)  D'Agincourt, Hist. de l’art par les monuments. Peinture,  pl. XXVII.

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Germain-des-Prés ; le Psautier conservé autrefois dans la même abbaye, maintenant à la Bibliothèque nationale, et que la tradition constante atteste avoir été à l'usage du saint évêque de Paris, fondateur et patron de cet illustre monastère ; le fameux manuscrit de Cambridge, qui contient les Évangiles, les Actes des Apôtres, quelques fragments des Épîtres, et qui a servi aux usages liturgiques, comme l'indiquent les notes marginales relatives aux fêtes de l'Église (1); le Psautier de la Bibliothèque de Zurich, etc. (2)

Le VII° siècle, si abondant en monuments liturgiques, ne nous a lui-même laissé presque aucun nom auquel nous puissions rapporter l'honneur de les avoir transcrits. Ainsi nous restons sans renseignements sur les copistes auxquels on doit l’Évangéliaire de Monza (3) ; celui de Notre-Dame de Paris, à la Bibliothèque nationale (4); l’Évangéliaire connu sous le nom de Colbert, à la même Bibliothèque (5) ; l'Évangéliaire anglo-saxon de la bibliothèque Cottonienne, au British Museum (6); celui de saint Kilien, dans le trésor de la cathédrale de Wurtzbourg (7); le Psautier, dit de saint Augustin, conservé à la bibliothèque Cottonienne (8) ; celui de sainte Salaberge gardé autrefois à Corbie (9) ; le Missale Francorum, le Missale Gothicum, et le Sacramentarium Gallicanum, publiés par le B. cardinal Tommasi sur trois manuscrits du Vatican (10); enfin le Lectionnaire gallican

(1)  D. Montfaucon. Du Pin. D. Sabathier.

(2)  Dom Tassin, Nouveau Traité de diplomatique, tom. I.

(3)  D. Mabillon, Musœum Italicum.

(4)  Dom Tassin, ibid.

(5)  De Bastard, Peintures des manuscrits,

(6)  Silvestre, Paléographie universelle, tom. IV.

(7)  D. Bessel, Chronicon Gotwicense, tom. I.

(8)  Silvestre, ibid.

(9)  D. Mabillon, De re diplomatica.

(10)  Opera, tom. VI. Muratori, Liturgia Romana vetus.

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de Luxeuil et le Sacramentaire gallican de Bobbio, donnés l'un et l'autre par Dom Mabillon (1). Seul, le bel Homéliaire de la bibliothèque Vaticane porte le nom de son auteur, le prêtre Agimond, attaché à la basilique des saints apôtres Philippe et Jacques, à Rome (2).

Mais en revanche, le VIII° siècle nous a transmis, avec les monuments eux-mêmes, les noms de plusieurs des habiles calligraphes qui les ont exécutés. Si nous sommes sans  renseignements   sur   les   auteurs   du   magnifique Évangéliaire grec venu de Naples dans la Bibliothèque impériale de Vienne (3), du Sacramentaire de Gellone, à la Bibliothèque nationale (4), nous savons que le moine Dagulfe écrivit pour Charlemagne le splendide Psautier offert par cet empereur au pape saint Adrien Ier, et conservé dans la Bibliothèque de Vienne   (5) ; que l'Évangéliaire dit de Charlemagne, gardé dans la Bibliothèque du Louvre, est de la main du moine Godescalc (6); que le   célèbre Homéliaire  qui  faisait partie du  trésor  de l'abbaye de Benedict-Beuern, avait été transcrit par deux prêtres nommés Engelhard et Chadold (7). Dans l'Orient, nous voyons à cette époque l'empereur   Théodose III, descendu du trône en   717 et retiré dans un monastère d'Éphèse, occuper ses loisirs à transcrire, avec toute l'habileté d'un calligraphie de premier ordre, des Évangéliaires

(1)  Liturgia Gallicana, Musaeum Italicum.

(2)  Sylvestre a donné dans sa Paléographie, au t. II, un fac-similé de ce manuscrit que les auteurs du Nouveau Traité de diplomatique seraient tentés de faire remonter au VI° siècle. A la Vaticane il est coté 3835. Nous le ferons connaître plus amplement et nous donnerons le détail de ce qu'il contient, lorsque nous traiterons des origines du Bréviaire romain.

(3)  Silvestre, ibid.

(4)  D. Tassin, Nouveau Traité de diplomatique, tom. III.

(5)  Histoire Litt. de la France, tom. IV, p. 281.

(6)  Silvestre, ibid.

(7)  Gercken, Reise, l. Cité par le  P. Cahier,  Annales de Philosophie chrétienne, tom, XVIII, De la Calligraphie au moyen âge.

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et d'autres livres pour le service liturgique (1). Dans l'Occident, les religieuses de l'abbaye d'Eike en Belgique, exécutaient avec le plus grand luxe un Évangéliaire et un Psautier. Mabillon cite en particulier, comme s'étant distinguées dans cette œuvre, les deux abbesses d'Eike Harlinde et Renilde (2). Dans l'abbaye de Fontenelle ou Saint-Wandrille, vécut à la fin du vine siècle un calligraphie infatigable nommé Harduin. La chronique de son monastère nous apprend qu'il avait écrit un évangéliaire, trois sacramentaires, un lectionnaire, un psautier avec les cantiques et les hymnes, et enfin un antiphonaire. Ce moine laborieux mourut en 811 (3).

Au IX° siècle, nous recueillons les noms suivants : en Orient, le moine Lazare, auteur du riche Évangéliaire que l'empereur Michel envoya au Pape Benoît III (4); en Occident, un calligraphie latin, Sedulius Scottus, qui écrivit le bel Évangéliaire grec, gardé à Saint-Mihiel, monastère du diocèse de Verdun, et que Dom Calmet envoya en communication à Dom Montfaucon (5); le grand Alcuin, qui rédigea l'Évangéliaire donné par Charlemagne à l'abbaye d'Aniane(6); Liuthard et Bérenger, auxquels on doit le magnifique Évangéliaire que Charles le Chauve donna à saint Emmeran de Ratisbonne, et qui a été déposé à la Bibliothèque royale de Munich, dont il est un des principaux ornements (7); l'abbé Pierre, qui a attaché son nom à l'Évangéliaire splendide que Ebbon, archevêque de Reims, donna à l'abbaye de Hautvillers, et qui est présentement à la Bibliothèque

(1) D'Agincourt, Hist. de l'art par les monuments. Peinture.

(2) Praefat. in sœculum III, § 4.

(3)  D. Luc d'Achery Spicilegium, t. III, p. 23o.

(4)  Anast. Bibl. in Benedictum III.

(5)  D. Montfaucon, Palœographia Grœca.

(6)  Baluze, Capitular. Reg. franc., tom, II.

(7)  Le livre de Prières de Charles le Chauve conservé à la Bibliothèque nationale, est aussi de la main de Liuthard.

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d'Épernay (1); Hartmot, Abbé de Saint-Gall, qui écrivit aussi de sa propre main un évangéliaire (2); Gontbert, moine de Saint-Bertin, qui écrivit avec élégance trois antiphonaires, dont le premier était destiné à Saint-Omer, le second à Saint-Winoc, et le troisième, qui était le plus riche, au monastère où résidait le calligraphe (3) ; Grimald, abbé de Saint-Gall, qui rédigea l'exemplaire du Sacramentaire grégorien, publié sur son manuscrit par Pamélius (4); Rodrade, prêtre du diocèse d'Amiens, qui transcrivit le même livre liturgique, et dont le travail a servi à Dom Hugues Ménard, pour son édition du Sacramentaire de saint Grégoire (5).

Ces indications de calligraphies liturgiques qui ont été conservées par les manuscrits eux-mêmes, ou par les chroniques, ne nous consolent pas d'ignorer les noms de ceux auxquels on doit, dans le même siècle, le superbe Évangéliaire de Saint-Médard de Soissons, aujourd'hui à la Bibliothèque nationale; le Sacramentaire de Metz, dit de Drogon ; les deux Sacramentaires du Vatican qui ont servi de base au travail de Muratori, pour l'édition de ce livre liturgique; l'Antiphonaire ou Responsorial de saint Grégoire, gardé autrefois à Saint-Corneille de Compiègne, et publié par D. Denys de Sainte-Marthe; enfin tant d'autres monuments liturgiques du IX° siècle, qui nous en a laissé un si grand nombre de remarquables pour la beauté et la richesse de l'écriture, comme pour l'intérêt et l'importance des dessins et des miniatures.

(1)  D. Mabillon, De re diplomatica suppl., cap. XI. D. Ruinart, Iter in Alsatia. D. Tassin, Nouv. Tr. de diplom., tome II.

(2)  De origine et casibus monasterii S. Galli. Goldast, Rerum Alamann. Script., tom. I.

(3)  Joan. Iperii chronicon S. Bertini, Thesaurus Anecd., tom. III, pag. 5o8.

(4)  Liturgica Latinorum, tom. I.

(5)  Le Sacramentaire de Rodrade existe encore à la Bibliothèque nationale.

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Le X° siècle fournit à son tour quelques noms qui continuent avec honneur la liste des calligraphes sacrés, à ' travers le moyen âge. En Orient, nous trouvons le moine Théophile, auteur d'un très bel évangéliaire grec, décrit par d'Agincourt (1); en Occident, saint Udalric, évêque d'Augsbourg, écrit de sa main vénérable le précieux Évangéliaire gardé dans la Bibliothèque royale de Munich, et sur lequel on lit encore ces mots : DS propitius esto Udalrico peccatori (2) ; à Saint-Gall le moine Sintramn exécute ce fameux Évangéliaire dont l'élégance et la correction sont louées avec tant d'enthousiasme par Ekkehard le jeune, dans sa chronique de l'abbaye (3); à Corbie-la-Neuve ou Corvey, le moine Witikind, au milieu de ses labeurs d'historiographe, trouve le temps de transcrire, avec le plus grand luxe, un évangéliaire qui ajouta encore à la célébrité de son nom (4) ; à Tegernsée, le moine Pabon exécute un lectionnaire et un homéliaire, conservés dans la Bibliothèque de cette abbaye, jusqu'au XVIII° siècle (5) ; en Angleterre, Godemann, abbé de Thornley, écrit et orne splendidement le célèbre Bénédictionnal d'Ethelwold, évêque de Winchester, qui fait un des ornements de la collection du duc de Devonshire (6). Mais nous ne sommes pas en mesure d'assigner les noms des calligraphes auxquels doivent être attribués les autres monuments liturgiques du Xe siècle, tels que  le  Psautier grec de Saint-Marc, à

(1)  Ce manuscrit est une propriété particulière. Histoire de l'Art par les Monuments. Peinture. Planche XLVII.

(2)  On peut voir un spécimen de cet intéressant manuscrit dans la Paléographie universelle de Silvestre.

(3)  Hoc hodie est Evangelium et scriptura cui nulla par erit ultra. (De origine et casibus monasterii S. Galli. Goldast, Alamann. rerum script., tom. I.)

(4)  D. Mabillon, Annales, tom. III, ad ann. 973.

(5)  D.  Pez, Thesaurus  Anecdot. Noviss.,  tom. I. Dissertat. Isagogica.

(6)  Rio, De l'Art chrétien, pag. 33.

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Venise, l'Évangéliaire anglo-saxon, le Sacramentaire dit de Ratolde, le Pontifical d'Egbert, celui de saint Dunstan, conservés tous quatre à la Bibliothèque nationale ; le Pontifical de l'évêque Landolfe, que l'on garde dans la Bibliothèque de la Minerve, à Rome; le Ménologe de l'empereur Basile, à la Vaticane (1), etc.

Les manuscrits liturgiques du XI° siècle sont aussi nombreux qu'importants ; c'est ce qui fait davantage regretter d'être sans renseignements sur les calligraphies auxquels on les doit. Ainsi, il faut encore se résigner à accepter de mains inconnues l'Évangéliaire de Nieder-Altaah, à la Bibliothèque royale de Munich; celui de la bibliothèque Laurentienne, à Florence, qui fut donné à Jules II, par un éveque d'Amalfi ; celui du Vatican, offert à Saint-Benoît de Mantoue par la comtesse Mathilde; le Sacramentaire dont l'empereur saint Henri fit don à la cathédrale de Bamberg, et qui se trouve aujourd'hui dans la Bibliothèque royale de Munich; les deux Missels pléniers de Saint-Denys en France et de Saint-Maur-des-Fossés, à la Bibliothèque nationale; le Bénédictionnal dit d'Aethelgar (2), et le Missel que Robert, archevêque de Cantorbéry, donna à l'abbaye de Jumièges, l'un et l'autre manuscrits conservés dans la Bibliothèque de Rouen ; le Bréviaire d'Oderise,abbé du Mont-Cassin, à la Mazarine; l’Homéliaire (3)

(1)  Nous ne parlons ici de ce manuscrit que sous le rapport de l'œuvre de calligraphe ; plus loin, nous donnerons les noms des miniaturistes qui l'ont illustré. Cette observation se rapporte d'elle-même à plusieurs des monuments liturgiques que nous avons rappelés.

(2)  On a attribué ce bénédictionnal à Godemann, auteur de celui d'Ethelwold, évêque de Winchester, dont nous avons parlé sur le siècle précédent La seule difficulté, c'est qu'il y est fait mention de saints du XI° siècle ; mais d'un autre côté, Godemann ayant exécuté l'oeuvre d'Ethelwold, de 963 à 984, il a pu vivre assez pour entreprendre, dans les dernières années du X° siècle et les premières du XI°, ce second bénédictionnal, si important comme monument liturgique de l'Église anglo-saxonne.

(3)  Nous  qualifions ce manuscrit  d'homéliaire et non l’évangéliaire, comme l'a fait M. de Bastard (Peintures des manuscrits), parce qu'il est bien réellement un recueil liturgique d'homélies destinées à être lues à l'office de la nuit. Le fac-similé donné par M. de Bastard n'est même autre chose que le commencement d'une homélie pour la fête de la Pentecôte.

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de l'Abbaye de Montmajour, à  la Bibliothèque nationale, etc.

Voici néanmoins quelques noms propres : chez les Grecs, un psautier conservé à la Bibliothèque nationale, qui est de la main du prêtre Démétrius (1); chez les Latins, un célèbre homéliaire gardé au Mont-Cassin a eu pour copiste un calligraphe nommé Léon (2); l’Exultet qui faisait partie de la collection particulière de d'Agincourt, et qu'il a décrit (3), est l'ouvrage d'un prêtre nommé Joannes Eposius ; le B. Théodoric, abbé de Saint-Evroul, transcrivit un collectaire, un graduel et un antiphonaire pour son monastère, et plus tard, son neveu Rodulfe, un missel (4); Othlon, moine de Saint-Emmeran de Ratisbonne, se distingua dans la calligraphie liturgique, au XI° siècle, et n'écrivit pas moins de dix-neuf missels, trois évangéliaires, deux lectionnaires pour les épîtres et les évangiles, et quatre matutinaux, ou recueils des passions des saints, sermons et homélies des Pères pour l'office de la nuit ; encore, l'énumération n'est-elle pas complète (5). Cette merveilleuse fécondité fut presque égalée par l'infatigable et savante Diemude, religieuse de Weissbrunn, qui, d'après un catalogue qu'elle en a laissé elle-même, rédigea deux missels avec graduel et séquences, dont l'un fut donné « à l'évêque de Trêves ; un troisième missel, avec épîtres, évangiles, graduel et séquences; un quatrième avec épîtres   et   évangiles   pour   toute   l'année,   graduel,

(1)  D. Montfaucon, Paloeographia Grœca.

(2)  D. Montfaucon, Diarium Italicum.

(3)  Peinture, planches LUI et LIV.

(4)  Orderic Vital, lib. VI.

(5)  Ziegelbauer, Historia rei litter. Ordinis S. Benedicti, tom. II.

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séquences, et Baptisterium complet; un cinquième avec épîtres et évangiles simplement. De plus, un liber officialis; un autre semblable avec le Baptisterium, et qui fut donné à l'évêque d'Augsbourg ; un lectionnaire contenant les épîtres et les évangiles; un évangéliaire simple et un épistolaire simple (1). »

Les monuments de la calligraphie liturgique au XII° siècle ne nous révèlent aussi que par exception les noms de leurs auteurs. Ainsi, nous connaissons, pour les Grecs, Salomon, copiste d'un évangéliaire de la Bibliothèque nationale (2) ; Léon, auquel on est redevable du Triodion de la bibliothèque Barberini, à Rome (3); pour les Latins, le moine Lieutold, qui a transcrit le bel Évangéliaire conservé dans la Bibliothèque impériale de Vienne (4), un missel plénier et un passionnai (5); Dudon, cellérier de Fulde, auteur d'un missel et d'un collectaire (6); Gontier, abbé de Liessies, qui écrivit un livre des Homélies pour la période d'hiver, et son successeur, Renier, qui compléta ce grand travail en transcrivant les Homélies pour la période d'été (7) ; l'abbesse de Quedlimbourg, Agnès de Misnie, qui avait exécuté avec somptuosité un missel plénier (8) ; la religieuse Guda, auteur d'un homéliaire gardé à Francfort-sur-le-Mein (9) ; mais nous sommes sans renseignements sur les calligraphies auxquels on doit rapporter le magnifique Homéliaire grec pour les fêtes de la sainte Vierge que l'on admire à la Vaticane; l'Evangéliaire grec des princes Jean et Alexis Comnène qui se

(1)  D. Pez, Thesaur. Anecdot. noviss., tom. I. Dissert, isagog. pag. XX.

(2)  D. Montfaucon, Palœographia Grœca.

(3)  Querini, Officium quadragesimale, ad fidem Cod. Barberini.

(4)  Silvestre, Paléographie universelle, tom. IV.

(5)  D. Pez, ibid., pag. III.

(6) Schannat, Historia Fuldensis.

(7) Chroniques belges inédites, tom. VII. Chronicon Laetiense.

(8)  Kettner, apud Jansen, Origine de la Gravure, cité par le P. Cahier.

(9) Gercken, Reise, I, Jansen, ib., cités pareillement par le P. Cahier.

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conserve dans le même dépôt, l'Antiphonaire de la basilique de Saint-Pierre, édité par le B. Joseph-Marie Tommasi, etc.

Arrivés au XIII° siècle, nous recueillons les noms suivants : pour les Grecs, les moines Georges, Athanase et Christonyme Chastinos, auteurs d'un évangéliaire de la Bibliothèque nationale (1); pour les Latins, le chanoine Oderico, auquel on doit le célèbre Ordo officiorum Ecclesiae Senensis (2), et Conrad, moine de Scheyrn, dont les travaux de calligraphie liturgique furent immenses : d'abord, un livre des épîtres et des évangiles per anni circulum; ensuite, un volume énorme intitulé :

Liber Matutinalis ; de plus, un collectaire, un évangéliaire pour l'office de la nuit; un livre spécial pour les principales solennités, contenant aussi l’Ordo sacerdotalis; un petit livre pour les Défunts, avec l'Office de l'Anniversaire; un livre des Bénédictions; un psautier avec glose suivi du graduel, dans le même volume; enfin, un évangéliaire pour les grandes fêtes, dans lequel Conrad avait surpassé en richesse et en élégance toutes ses autres œuvres. Nous devons ces détails à ce calligraphe lui-même, qui a donné le catalogue de ses transcriptions, sous la date de 1241. Dom Bernard Pez put voir encore quelques-uns de ces manuscrits, qui s'étaient conservés à Scheyrn, dans le voyage qu'il fit à cette abbaye, en 1717 (3). Conrad fait connaître en outre, sur la même note placée en tête de son Mater Verborum, les calligraphes liturgiques de son monastère dont les noms suivent : Guillaume, prieur ; Henri, custode ; Arnold, scolastique ; Henri, cellérier, et Conrad, prêtre. Il donne ensuite leurs œuvres collectivement, savoir : un lectionnaire, un collectaire,  un officiale,   un bréviaire, un  psautier,  deux

(1)  D. Montfaucon, Palœographia Grœca.

(2)  Rio, De l'Art chrétien.

(3)  Dom Pez, ibid., pag. XXVIII et XXIX.

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graduels, deux passionnaux, un missel,  un autre missel de Sanctis, un troisième de defunctis, les Sermons pour l'office de la vigile  de Noël, enfin un  livre  matutinal, seconde partie (1).

Le XIII° siècle et les deux suivants nous ont laissé un j nombre considérable de manuscrits liturgiques, sur lesquels Fart de l'enlumineur est porté à une perfection et à un luxe toujours croissants ; mais le rôle du calligraphe n'y apparaît plus que d'une manière secondaire. Jusqu'alors, ce dernier se confondait le plus souvent avec le peintre des lettres ornées, des vignettes et des miniatures. Désormais, l'écriture et l'ornementation se divisent de plus en plus, et appellent deux mains différentes. L'écriture dite gothique règne seule sur les manuscrits jusqu'après l'invention de l'imprimerie; or toute plume est, pour ainsi dire, propre à la tracer, et le manuscrit sort des mains de l'écrivain qui a laissé en blanc la place où seront exécutées les miniatures, pour passer en celles de l'enlumineur qui doit lui donner son principal ornement. Les simples calligraphes devaient donc s'effacer peu à peu, et, par là même, s'abstenir d'inscrire leur nom sur des œuvres dont leur travail ne formait plus le principal intérêt. Il est vrai que plusieurs enlumineurs des siècles dont nous parlons ont tenu à honneur d'écrire encore les pages qu'ils devaient ensuite illustrer ; mais on n'en demeure pas moins dans une complète incertitude sur le calligraphe auquel doit être attribué tel ou tel manuscrit historié qui nous est arrivé sous la recommandation d'un nom propre.

Nous ne citerons donc du XIV° siècle que le riche Evangéliaire écrit de la main de Jean d'Oppaw, chanoine de Bruner, et gardé à la Bibliothèque impériale de Vienne (2), parce que le calligraphe, qui est en même temps un des

(1) Dom Pez, ibid., pag. XXVIII et XXXIX.

(2) Silvestre, Paléographie universelle, tom. IV.

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derniers chrysographes, a laissé son nom. Au XV° siècle, nous aimons à produire le pieux Thomas A Kempis, qui, dans sa paisible retraite, occupait ses loisirs à écrire des livres liturgiques, avec élégance et habileté. En 1414, il acheva un missel commencé par lui depuis plusieurs années, et il en terminait un autre en 1417 (1). Enfin, de 1458 à 1470, une religieuse allemande, Marguerite Carthaeuserin, exécutait en huit volumes un antiphonaire avec plain-chant, conservé dans la Bibliothèque de Nuremberg (2).

Nous arrêtons ici cette nomenclature très imparfaite des principaux calligraphes liturgiques dont les noms se sont conservés; nous aurons à parler ailleurs de ceux qui se sont distingués depuis la découverte de l'art typographique, jusque dans le XVIII° siècle. On a pu voir que presque tous ces laborieux et habiles transcripteurs sont revendiqués par le Scriptorium monastique. Quant au sentiment pieux qui les animait, outre qu'il nous est déjà garanti par la sainteté de leur état, et par le zèle qui les portait à consacrer leurs loisirs à reproduire ainsi les formules sacrées de la Liturgie, ils l'ont quelquefois exprimé eux-mêmes sur leurs manuscrits dans des formules touchantes. Nous en réunirons ici quelques-unes qui, mieux que tout le reste, pourront initier le lecteur à leurs préoccupations dans cet utile et vénérable labeur.

Sur un évangéliaire grec du XI° siècle, à la Bibliothèque nationale, on lit : « Ce livre a été écrit de la main d'un pécheur. Que la très sainte Mère de Dieu et saint Eutychius daignent en agréer l'hommage, et que le Seigneur Dieu,  par l'intercession de la très sainte

(1)  Voir un spécimen de ce dernier dans la dissertation d'Amort, Certitudo moralist sur l'auteur du livre de l'Imitation.

(2)  Jansens, Mirabilia Biblioth. publ. Norimberg. Cité par le P. Cahier, ibid.

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Mère de Dieu et de saint Eutychius, nous accorde la vie éternelle dans les cieux. Amen (1). »

Un psautier grec de la même bibliothèque offre ces lignes du calligraphe : « Ce Psautier a été écrit de la main de Demetrius, prêtre : terminé le trente mai, lundi, à la troisième heure, l'an 6567, de Jésus-Christ 1057, indiction douzième. Vous qui lirez, priez pour lui, à cause du Seigneur (2). »

Le Triodioil de la bibliothèque Barberini est remarquable par cette légende : « Ce livre a été transcrit de la main de Léon, pécheur et écrivain. Il a été terminé le 26 janvier, indiction treizième, le lundi, à la sixième heure, l'an 6628. Vous qui le lisez, priez pour moi, et soyez indulgent (3). »

Sur le tome de Novembre d'un manuscrit des Menées, à la Bibliothèque nationale, on lit : « Ce mois de Novembre a été terminé, le neuf de juin, à la quinzième heure, sous l'empire de Jean Comnène Porphyrogenète, l'an 6635, de Jésus-Christ 1127, indiction cinquième (4).»

Cette attention à marquer non seulement le jour, mais jusqu'à l'heure à laquelle a  été terminé le manuscrit, indique naïvement la préoccupation du calligraphe qui a mené son labeur avec constance, quelquefois durant de longues années, et qui, touchant enfin au terme, accueille avec tant de joie l'heureux instant  où il y va mettre la dernière main, qu'il veut que le souvenir en arrive jusqu'à la postérité qui doit jouir du fruit de ses travaux. Avant de passer aux monuments de la Liturgie latine, donnons

(1)  Voir le texte de cette formule, dans Montfaucon, Paloeographia Grœca, lib. I, cap. v. Nous nous abstenons de donner le grec de cette inscription et des suivantes, afin de ne pas trop charger ces notes : la traduction latine serait superflue.

(2)  Montfaucon, ibid.

(3)  Quirini, Officium quadragesimale. Praeatio, pag. LX.

(4)  Montfaucon, ibid.

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encore un exemple emprunté aux manuscrits liturgiques de l'Eglise grecque.

Sur un évangéliaire du XII° siècle, de la Bibliothèque nationale, on lit : « Ici se termine ce très saint livre des quatre Évangiles écrit de ma main, à moi Salomon, très misérable et méprisable écrivain. Je prie dans le Seigneur tous les frères et pères qui l'auront en main, le liront, ou le transcriront, de ne pas m'envoyer leur malédiction, à cause de ma rusticité et de mon incapacité. Vous avez souvent entendu dire : « Tel est le sort de l'écrivain : la main qui a écrit est en proie à la pourriture du tombeau, mais ce qu'elle a écrit demeure encore visible après beaucoup d'années, dans tous les siècles des siècles. Amen. » Terminé l'an de la création du monde 6676, de Jésus-Christ 1168, indiction première, cycle solaire X, VII° lune de décembre, un mercredi; gouvernant à Constantinople Manuel Porphyrogénète et très glorieux empereur ; étant roi à Jérusalem le très puissant Amarri (1); régnant sur l'île de Sicile Guillaume II, et sur nous Jésus-Christ, à qui gloire et empire dans les siècles des siècles. Amen (2). »

Les manuscrits de la Liturgie latine ne sont pas moins remarquables que ceux de la Liturgie grecque dans les inscriptions dont ils ont été apostilles par leurs pieux copistes. Nous citerons d'abord l'Homéliaire de la Vaticane du VII° siècle, dont nous avons parlé ci-dessus. Le calligraphe Agimond a inscrit sur sa dernière page la formule suivante : « Toi qui lis ceci, prie, je te le demande, pour celui qui l'a écrit, afin que par le Prince des Apôtres soient déliés les liens d'Agimond, prêtre, pécheur et mutile écrivain. Grâces soient rendues au Dieu du ciel. En la basilique des Apôtres Philippe et Jacques » (3).

(1)  Amauri Ier, qui régna de 1162 à 1173.

(2)  Montfaucon, ibid.

(3)  Qui   legis, obsecro ut  ores  pro   scriptore ut  per Apostolorum principem, solvantur vincula Agimundi Presbyteri peccatoris, sicut, inutilis scriptoris. Deo cœli grates, Basilica Apostolorum Philippi et Jacobi.

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Sur le Sacramentaire de Rodrade, à la Bibliothèque nationale (1), on lit :

« Moi Rodrade, indigent de la miséricorde de Dieu, vaincu par les ordres du pontife Hilmerade, contraint par la menace d'une sentence épiscopale d'excommunication, le IV des Nones de Mars, j'ai reçu avec terreur l'office du ministère sacerdotal, l'an de l'Incarnation du Seigneur DCCCLIII, indiction première, Epacte VII°, au VII° terme paschal, le IV des kalendes d'Avril. Qui que tu sois qui liras cette note de mon ordination, et qui célébreras la consécration du Corps du Seigneur avec ce livre, aide-moi, je t'en supplie, par tes prières, à exercer le sacerdoce d'une manière digne du Christ, et à mériter la récompense de la vision céleste (2). »

Viennent ensuite ces vers qui reproduisent avec onction les mêmes sentiments :

Hunc ego Rodradus sanctorum indignus alumnus

Composui librum Christi sub honore dicandum,

Officiis sacris Agni dum victima digni

Religione pia sacram mactatur ad aram.

Qui licet indignus meritorum dote bonorum

Destituar, noxae nimio sub pondere vilis,

Saltem hujus studii donet pietate placere

Alti throno Regi, ferimus quo judice cuncti

Pro merito nostro mercedis praemia dignae.

Te quoque suppliciter, Christi benedicte sacerdos,

Codicis istius frueris qui forsitan usu,

Inter sacrorum solemnia sis memor ipse

Posco mei, precibusque Deum mihi conciliato,

Obsequio cujus coelestia munera libas.

(1)  N° 286. Fonds Saint-Germain.

(2)  Ego Rodradus misericordia Dei indigens, victus Hilmeradi antistitis jussionibus, vinctusque episcopalis auctoritatis excommunicationibus, IIII. Nonas Martii sacerdotalis ministerii trepidus suscepi officium, anno Incarnations Dominicœ DCCCLIII, Indictione I, Epacta VII, termino VII, Paschali IIII, Kal. Apr. Quicumque hanc ordinationis meae adnotatiunculam   legeris, et per hune codicem Dominici corporis consecrationem recitaveris, tuis quaeso precibus adjutus, dicatum Christo exhibere sacerdotium, et supernas visionis consequi bravium merear.

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Les deux illustres calligraphes auxquels on doit l'Évangéliaire de Saint-Emmeran de Ratisbonne, s'expriment ainsi à la dernière page de ce beau manuscrit :

« Huit cent soixante-dix ans s'étaient écoulés depuis le jour où Dieu daigna naître homme du sein de la Vierge ; Charles régnait depuis trente-un ans, lorsque ce livre entrepris par son ordre est arrivé à sa fin. Avec notre plume nous avons traversé une mer profonde; notre barque touche maintenant au rivage. Issus du même sang, fils du même père et de la même mère, établis l'un et l'autre dans le degré du sacerdoce, on nous appelle Beringarius et Liuthardus, nous à qui fut imposée cette œuvre laborieuse et difficile. A toi maintenant, lecteur, s'adresse notre prière. Dis pour nous : Seigneur, accordez-leur le fortuné royaume des deux (1). »

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