Institutions liturgiques (page 150)
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héroïques vertus, de peur que nous ne nous contentions de les admirer. Tel est le principe absurde que l'Abbé de Solesmes ose attribuer à Ch. de Vintimille (1). Il n'hésite pas davantage à lui reprocher d'avoir tiré de ce principe les conséquences également absurdes qui en découlent. [ p. 112]
« Cette crainte (de nourrir à l'égard des Saints une stérile admiration) a été cause que l'on a gardé le silence sur les stigmates de saint François. »
« C'est sans doute dans une semblable intention que l'on avait retranché les célèbres paroles par lesquelles il exhorte en mourant ses disciples à garder... la foi de la sainte Église romaine. » Le premier fait est vrai, mais non pas le second (2).
Il est vrai que, dans le Bréviaire de 1736, la légende de saint François ne fait pas mention des stigmates du Saint ; si c'est parce qu'aux yeux des rédacteurs le fait n'était pas assez prouvé, on peut bien les accuser d'un excès de sévérité dans leur critique (3). Ce miracle, appuyé sur des témoignages irrécusables, est pour nous d'autant plus facile à croire que, de nos jours, où Dieu paraît vouloir confondre nos incrédules en multipliant des faits surnaturels, il paraît certain qu'il existe plusieurs personnes stigmatisées, quoique d'une manière moins miraculeuse que ne l'a été saint François (4). [ p. 113]
Mais il est faux que l'on ait retranché de la légende de ce Saint « les célèbres paroles par lesquelles il exhorte ses disciples à garder... la foi delà sainte Eglise romaine. » Les voici telles qu'elles sont rapportées dans le Bréviaire de 1736 : Docebat eos honorare prœcipuâ reverentiâ sacerdotes, et fidei quam Romana tenet Ecclesia firmiter adhœrescere (5).
Je ne m'arrêterai pas aux reproches de Dom Guéranger sur les changements que l'on avait voulu faire à l'hymne Ave maris stella, et à d'autres hymnes (6).
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(1) Je n'attribue point gratuitement un principe absurde ou non à Charles de Vintimille. Je pèse les faits ; je les rapproche de la lettre pastorale; je me rappelle les Vies des Saints de Baillet, de Mésenguy, et souvent aussi de Butler, dans lesquelles on a retranché tant de choses édifiantes, par cela seul qu'elles tenaient de l'extraordinaire en fait de vertus ou de miracles. D'un autre côté, je lis la Vie des Saints telle qu'elle est proposée aux fidèles dans les légendes du Bréviaire romain et dans les bulles de canonisation, et il m'est évident, comme à tout le monde, que les récits de cette dernière espèce fournissent infiniment plus de motifs à l'admiration des œuvres de Dieu dans ses saints, que ne le font ceux de la première.
(2) C'est déjà quelque chose que je n'aie pas menti sur tous les points à la fois.
(3) Puisqu'il s'agissait pour les rédacteurs du bréviaire, non de continuer l'omission du récit des Stigmates, mais bien de le retrancher, en dépit du Siège apostolique, et de tous les bréviaires du monde, y compris celui de François de Harlay, vous me permettrez, Monseigneur, de qualifier de témérité ce que vous voulez bien ne taxer que de sévérité.
(4) Indépendamment des faits observés sur les personnes stigmatisées du Tyrol, qui sont loin, d'ailleurs, d'être les seules qui aient paru en ce siècle même, il y a quelque chose qui nous rend facile à croire le prodige opéré en faveur de saint François; c'est l'institution de la fête spéciale de l'impression des stigmates de ce saint Patriarche célébrée par l'Église latine tout entière, du rite double, chaque année, le 17 septembre. Il faut excepter, comme il est juste, les diocèses de France dont la liturgie n'a pas même gardé le souvenir de ces sacrés Stigmates dans l'office de saint François, au propre jour de sa fête.
(5) Non, Monseigneur; cela n'est point faux. Un carton rétablit Ces paroles célèbres ; encore, dans ce retour de mauvaise grâce vers la légende romaine, qui était aussi sur ce point la légende du Bréviaire de Harlay, on ne voulut pas rétablir le fait dans toute son étendue. On ne voulut pas dire que c'était sur son lit de mort que saint François donna ce testament à ses disciples. On trouva moyen de placer ces paroles vers le milieu du récit des actions de cet admirable saint.
(6) Pourquoi ne pas s'y arrêter, Monseigneur ? Il y a pourtant là d'importantes leçons à recueillir pour nous tous.
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Quant à l’ Ave maris Stella, il avoue que l'on rétablit l'ancienne version (1). Pour les autres hymnes, l'examen serait long et minutieux ; chacun peut comparer les deux versions telles que l'auteur les rapporte, on verra que tout le venin consiste dans les intentions qu'il prête aux rédacteurs (2).
Faut-il répondre aux reproches faits aux versets des hymnes de la Vierge; de l’ Alma, où, au lieu du verset Angelus Domini nuntiavit Mariœ, et concepit de Spiritu sancto, on a mis avant la Présentation celui-ci : V/ Deus in medio ejus, R/. Non commovebitur, et après la Présentation, au lieu du V/ Post partum, Virgo, inviolata permansisti, R/ Dei genitrix, intercede pro nobis ; celui-ci : V/ Homo natus est in ea ; R/ Et ipse fundavit eam Altissimus ? [ p. 114]
A l’ Ave regina, au lieu du V/ Dignare me laudare te, Virgo sacrata,R / Da mihi virtutem contra hostes tuos ; celui-ci : Elegit eam Dominus, R/ In habitationem sibi.
Au Regina cœli ; au lieu de : Gaude et lœtare, Virgo Maria, R/ Quia surrexit Dominus vere; on a mis : Circumdedisti me lœtitia, Domine; R/ Ut cantet tibi gloria mea.
Au Salve ; au V/ Ora pro nobis, sancta Dei genitrix, R/ Ut digni efficiamur promissionibus Christi; on a substitué celui-ci : V/ Vultum tuum deprecabuntur, R/ Omnes divites plebis.
Je me contente de les mettre en parallèle, sans y ajouter aucune réflexion, disposé à montrer, s'il le faut, la supériorité des versets du Bréviaire de Paris, pris en eux-mêmes (3) ; car il eût été peut-être d'un meilleur goût, puisque l'on gardait les hymnes (4) du romain, d'en conserver aussi les versets, qui en ont toute la simplicité.
« L'office du jour de la Circoncision, Octave de Noël, qui jusqu'alors avait été en grande partie employé à
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(1) Enfin, voilà une occasion où Monseigneur prend acte des cartons : malheureusement, c'est la seule.
(2) Si je ne faisais que prêter des intentions aux rédacteurs, les cartons témoigneraient du moins que Charles de Vintimille qui les fit mettre, leur en prêtait aussi. J'avoue que cette indulgence dont on use envers des hérétiques, fait à mes yeux un étrange contraste avec la sévérité avec laquelle on me poursuit.
(3) Ce n'est pas ici le lieu non plus d'entreprendre le parallèle en faveur des versets romains. Nous le ferons ailleurs, et sans crainte pour la Liturgie de saint Grégoire, à laquelle appartiennent ces versets.
(4) Il s'agit d'antiennes, et non d'hymnes; mais ce n'est pas ici le seul endroit où l'on remarque une certaine précipitation dans la rédaction. On était pressé d'en finir : cela est facile à voir.
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célébrer la divine maternité de Marie, avait perdu les dernières traces de cette coutume grégorienne. »
Il est vrai que l'office de ce jour est employé à célébrer le mystère d'un Dieu qui, par un amour incompréhensible pour nous, s'est revêtu de notre nature, a pris le nom adorable de Jésus, c'est-à-dire Sauveur, et a commencé à répandre son sang pour notre salut. Mais n'est-ce pas là en effet le grand mystère qui doit être l'objet de la fête de la Circoncision ? Célébrer la grandeur du Fils, n'est-ce pas exalter la gloire de la Mère (1) ? Ajoutons que la Mère de Dieu n'est nullement oubliée dans cet office (2). L'invitatoire, tiré des épîtres de saint Pau!, rappelle que le Fils de Dieu est né de la femme, et personne n'ignore que Marie est cette heureuse femme, bénie entre toutes les autres et qui est devenue mère de Dieu : Filium Dei factum ex muliere,factum sub lege, venite adoremus. L'invitatoire du Bréviaire romain dit seulement : Christus natus est nobis, venite adoremus (3).
La doxologie qui se dit à la fin de toutes les hymnes parle de la maternité divine et de la virginité de Marie : Qui natus es de virgine, etc. Il en est de même du R/ bref de Prime (4). Dom Guéranger accuse donc à faux quand il dit que dans l'office de la Circoncission on avait fait disparaître jusqu'aux dernières traces de la divine maternité de Marie (5).
Et lorsqu'il dit que, dans les nouvelles antiennes des laudes tirées de la sainte Ecriture, rien ne rappelle... le culte de la mère de Dieu, c'est-à-dire, sans doute, sa maternité divine et sa virginité, il se trompe encore (6). Car dans la première, on rapporte les paroles de l'Ange qui nous apprennent que ce Sauveur Fils de Dieu, naîtra de Marie : Pariet Maria Filium, et vocabis nomen ejus Jesum. [ p. 116]
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(1) Non, Monseigneur : mais, au contraire, célébrer les grandeurs de la Mère c'est exalter la gloire du Fils. C'est pour cela — que, dès les premiers siècles, le jour de l'Octave de la Nativité est employé à honorer d'un culte spécial la divine Maternité de Marie, en un mot, ce mystère par lequel nous avons le droit de l'appeler, d'après le concile d'Ephèse, Dei Genitrix, Deipara, Theotocos. L'office de cette solennité et spécialement les magnifiques antiennes O admirabile commercium ! et les autres, sont depuis quatorze siècles un trophée de la victoire remportée contre Nestorius, un monument de notre foi. Si je dis cela, Monseigneur, ce n'est certes pas pour vous l'apprendre : mais parmi mes lecteurs peut-être s'en trouvera-t-il quelques-uns assez peu familiers avec la Liturgie romaine ; ceci est pour eux. Le courageux et vigilant archevêque Languet avait fait au Missel de Troyes le même reproche que je me permets d'adresser à la Liturgie parisienne de 1736.
(2) Il ne s'agit pas seulement de ne pas oublier la Mère de Dieu, mais bien de la célébrer d'une manière spéciale, en ce jour consacré à son culte.
(3) En effet, si l'office ne se composait que de l'invitatoire, il faudrait convenir que le parisien l'emporte sur le romain ; à moins que quelque critique ne vînt à faire l'observation que le mot natus est étant synonyme de factum ex muliere, la partie serait encore à peu près égale.
(4) Cette doxologie et ce répons bref se trouvant aussi dans le romain, il n'y a pas lieu à en parler. De plus, ils ne sont pas propres au jour de la Circoncision, mais à toute l'octave de Noël et au-delà. Ils sont donc doublement hors la question.
(5) Franchement, Monseigneur, est-ce là une démonstration ?
(6) J'oserai protester encore une fois, Monseigneur, contre votre manière de me citer. Voici une phrase en italique, avec des points, suivant l'usage : le malheur est qu'elle n'est pas à moi, quoique vous la donniez comme telle. Je n'ai point dit : « Dans les antiennes des laudes rien ne rappelle..... le culte de la Mère de Dieu. » J'ai dit : « Parmi les textes des saintes Écritures qu'on avait mis à la place, rien ne rappelait la mémoire de l'antiquité qui consacrait depuis tant de siècles le jour des Kalendes de janvier au culte de la Mère de Dieu. »
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Dans la seconde, l'Esprit-Saint nous apprend que la Mère de Jésus était vierge : Non cognoscebat eam donec peperit filium suum primogenitum (1).
« Le nom de Marie continuait toujours d'être exclu du titre de la fête de l'Annonciation. » J'ai déjà répondu à ce reproche (2).
« L'office de la fête de l'Assomption avait été privé de ces glorieuses antiennes : Assumpta est Maria in cœlum. » Celles du Bréviaire parisien sont assurément aussi glorieuses; à moins que l'on ne regarde comme un défaut, que la gloire de Marie y soit célébrée avec les paroles mêmes de la sainte Écriture. Pour n'en donner qu'un exemple : cette première antienne du parisien : Quœ est ista quœ ascendit de deserto, deliciis affluens, innixa super dilectum suum ; ne vaut-elle pas bien celle-ci : Assumpta est Maria in cœlum : gaudent angeli, laudantes benedicunt Dominum (3) ?
« On n'entendrait plus lire... ces beaux sermons de saint Jean Damascène... qui célébraient avec tant d'amour et de magnificence le triomphe de la Vierge Marie. » Certes ! les sermons de saint Bernard que l'on a substitués ne célèbrent pas avec moins de magnificence et d'amour, le triomphe de la Reine du ciel (4). [ p. 117]
« La Nativité de Marie avait perdu le brillant cortège de ces imposantes et mélodieuses antiennes, etc. »
Ce sont toujours les mêmes plaintives déclamations, tout à fait dépourvues de fondement. Nous ne voulons pas faire de parallèle, et déprécier un office pour exalter l'autre : que chacun les lise et les compare (5).
« La fête de la Conception, quel soin n'avait-on pas pris de la dégrader ? D'abord on l'avait maintenue au rang de solennel mineur, » c'est-à-dire qu'on avait fait pour les fêtes de la sainte Vierge, ce qui avait été fait pour celles de Notre-Seigneur, dont le Nativité est annuel majeur, et l'Incarnation seulement solennel majeur (6).
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(1) Eh! non, Monseigneur: ces textes ne disent pas du tout la même chose que ceux qu'on avait remplacés. La proclamation du Theotocos en est totalement absente ; et l'Eglise de Paris n'en a pas moins rompu avec l'antiquité.
(2) J'ai répondu ci-dessus à la réponse.
(3) Comme on ne doit pas disputer des goûts, j'éviterai, comme je l'ai déjà fait, et pour les raisons qui ont été exposées, ces sortes de parallèles. Indépendamment de la question littéraire, il y a la question d'autorité en matière de formules religieuses, la question d'unité de prière, la question d'antiquité, la question de subordination hiérarchique, etc. La Liturgie n'est donc pas si petite chose, qu'il se rencontre tout à coup tant de questions à propos d'une antienne.
(4) Un parallèle serait inutile et déplacé pour le moment ; il suffira de rappeler que, malgré la prédilection de l'Eglise pour saint Bernard, elle n'emprunte jamais de lui ni sermons, ni homélies, dans les cinq grandes solennités de la sainte Vierge. Un tel honneur est réservé à de plus anciens Docteurs. Ce choix traditionnel des lectures saintes atteste l'antiquité et l'immutabilité des saints offices, dans lesquels on lit encore aujourd'hui les mêmes leçons que saint Bernard a pu y lire lui-même. Saint Bernard n'est admis que pour les leçons des jours dans l'octave de l'Assomption, de la Nativité et de la Conception, et encore partage-t-il largement cet honneur avec les anciens Pères.
(5) J'en dis autant de mon côté, et sans crainte.
(6) J'ai répondu à cette excuse qui demanderait elle-même une justification.
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« On avait osé supprimer l'octave de cette grande fête. » Il n'y a d'octave, dans le rit de Paris, que pour les solennels majeurs et au-dessus(1).
« Montrons maintenant ce que (les auteurs du nouveau bréviaire) avaient fait contre l'autorité du Saint-Siège apostolique. » [ p. 118]
Ici vient le reproche d'avoir réuni en une seule fête, la Chaire de saint Pierre à Antioche et à Rome. Nous y avons répondu (2). « L'invitatoire des matines était aussi fort remarquable... : Caput corporis ecclesiœ Dominum, veniie, adoremus. »
Quoi qu'en dise l'Abbé de Solesmes, cet invitatoire est bien choisi pour rappeler dans la fête du souverain Pontificat de saint Pierre, que si Jésus-Christ est le chef invisible de l'Eglise, Pierre en est le chef visible (3).
« Cet office de la Chaire de saint Pierre était remarquable par une hymne de Coffin, dont une strophe donnait prise à une juste critique. La voici :
Cœlestis intùs te Pater addocet,
Hinc voce certâ progenitum Deo
Parente Christam confiteris,
Ingenito similem parenti.
« Saint Pierre n'a point parlé ainsi, il n'a point dit que Jésus-Christ fût simplement semblable au Père; les ariens le voulaient ainsi. »
La critique est fort injuste : le poète rapporte la confession par laquelle saint Pierre reconnut en Jésus-Christ le Fils de Dieu ; or, que dit saint Pierre ? Tu es Christus Filins Dei vivi. Que dit la strophe de Coffin ? que Jésus-Christ est engendré de Dieu le Père, progenitum Deo parente; il ajoute: Semblable au Père qui n'est pas engendré. Depuis quand est-il défendu aux catholiques de dire que le Fils est semblable au Père ? Saint Paul ne [ p. 119]
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(1) Même réponse que plus haut, et refus absolu de reconnaître, dans de simples particuliers, le droit de statuer en maîtres contre les usages de l'Eglise universelle.
(2) J'ai répondu à la réponse.
(3) Comme rien ne s'oppose à ce que cet invitatoire soit chanté dans toute église anglicane, luthérienne ou calviniste, puisqu'il se borne à reconnaître en Jésus-Christ la qualité de Chef de l'Eglise que ces hérétiques ne lui contestent pas, il est évident qu'il n'a aucun rapport au mystère du jour qui consiste à honorer dans un homme, dans saint Pierre, cette même qualité de Chef de l'Église.
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l'appelle-t-il pas l'image du Père? Est-on obligé, quand on parle du Fils de Dieu, de dire toujours tout ce qu'il est, et en particulier qu'il est consubstantiel au Père (1). « Le nouveau Bréviaire dépouillait (la fête de saint Pierre) de son octave; » parce que la fête n'était que solennel mineur. Voyez ce que nous avons dit plus haut (2). « Le beau sermon de saint Léon au second nocturne, l'homélie de saint Jérôme au troisième, avaient été sacrifiés. »
Le sermon de saint Léon a été conservé en entier à la fête du Pontificat de saint Pierre (18 janvier) (3).
On a remplacé l'homélie de saint Jérôme par celle de saint Augustin qui explique admirablement ce trait de l'évangile si glorieux pour saint Pierre, où Notre-Seigneur lui fait la demande : M'aimez-vous plus que les autres Apôtres ? et lui dit ensuite : Paissez mes agneaux, paissez mes brebis (4). [ p. 120]
« On cherchait en vain une autre homélie de saint Léon sur la dignité du Prince des Apôtres, qui se trouvait au samedi des quatre-temps du Carême. »
Cette homélie est sur l'évangile de la Transfiguration. Dans le Bréviaire de Paris, il y a ce jour-là un autre évangile; on ne pouvait donc pas mettre l'homélie de saint Léon. Mais, dira-t-on, pourquoi a-t-on changé l'évangile? Pour une raison assez simple : c'est que le même évangile se dit encore le lendemain dimanche (5).
« Dans la légende de l'office de saint Grégoire le Grand, on avait retranché les paroles dans lesquelles ce grand Pape se plaint de l'outrage fait à saint Pierre par Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople, qui s'arrogeait le titre d'Evêque universel. » Accusation dénuée de vérité (6). Peut-on comprendre comment l'Abbé de Solesmes a pu se la permettre (7) ? Le Bréviaire de Paris en dit plus sur ce fait que le Bréviaire romain lui-même. Voici le texte du romain :
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(1) Non, Monseigneur; on n'est point obligé à cela. « Mais on n'était pas obligé non plus d'aller chercher Coffin pour composer, dans le Bréviaire de Paris, les hymnes destinées à remplacer celles que la tradition et l'autorité de tant d'Eglises, jointes au Siège apostolique, ont consacrées. Sur ce point, comme sur tous les autres, nous sommes en droit d'exiger, des nouvelles liturgies, une doctrine plus pure, une autorité plus grande, un caractère plus élevé. » Les catholiques réclamèrent contre
cette hymne ; ils trouvaient inconvenant qu'on s'en vint relever ' une expression condamnée par le concile de Nicée.
(2) Voyez aussi ce que j'ai dit plus haut.
(3) Ce n'est pas tout-à-fait la même chose. L'Église de Paris, comme toutes les autres, avait entendu saint Léon, à matines, le jour de saint Pierre, durant de longs siècles. On lui a donné en place saint Bernard, docteur du XII° siècle; ce qui est diminuera plaisir l'antiquité de cet office ; et, de plus, on a été choisir un passage dans lequel se lisent ces paroles singulièrement adaptées au jour du triomphe du Prince des Apôtres : Peccavit peccatum grande Petrus Apostolus, et fortassis quo grandius nullum est, etc.
(4) Cela veut dire qu'on a changé l'homélie, parce qu'on voulait changer l'Évangile sur lequel est l'homélie. Cela s'appelle toujours excuser un tort par un autre tort. De pareils changements ne peuvent se justifier qu'autant que l'on admettrait que la possession des siècles et l'universalité des lieux n'ont aucune force pour garantir la Liturgie des innovations arbitraires.
(5) Mais, Monseigneur, est-ce que, par hasard, les auteurs du Missel de 1736 auraient ignoré la raison pour laquelle on lit le même Evangile en ces deux jours ? cela n'eut pas fait honneur à leur science de l'antiquité ecclésiastique. Que si, connaissant la raison de cet usage, ils l'ont aboli, de gaieté de cœur, j'ose dire qu'ils ont été aussi barbares que téméraires.
(6) Ainsi, me voici encore pris en flagrant délit de mensonge.
(7) Oui, Monseigneur, cela est facile à comprendre. L'Abbé de Solesmes a entre les mains, et peut vous communiquer le carton au moyen duquel furent rétablies les paroles de la soustraction desquelles il se plaint. C'est encore là un des endroits sur lesquels
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Joannis Patriarchae Constantinopolitani audaciam regit, qui sibi universalis Ecclesiœ Episcopi nomen arrogabat. Le parisien dit : Joanni Patriarchœ Constantinopolitano fortiter obstitit, qui sibi nomen universalis Episcopi arrogabat : ce qui renferme bien tout ce qui est dans le Bréviaire romain ; mais le Bréviaire parisien ajoute ce que ce grand Pape en écrivit à l'impératrice Constantine : Qua de re ad Constantinam Augustam ita scripsit : Etsi peccata Gregorii tanta sunt, ut pati talia debeat ; Petri tamen peccata nulla sunt, ut vestris temporibus pati ista mereatur ; par où saint Grégoire déclare qu'en lui réside l'autorité même de Pierre (1).