Institutions liturgiques (page 25)

Dom Prosper Guéranger · Vie de l'Église

Texte français, domaine public · Source : bibliotheque-monastique.ch — Institutions liturgiques, 4 volumes · 178 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Il nous reste encore à dire un mot sur le chant pendant les XI° et XII° siècles. Il se maintint, pour la couleur générale, dans le caractère que nous lui avons reconnu au chapitre précédent, et dont les, répons du roi Robert sont la plus complète expression. Une mélodie rêveuse et quelque peu champêtre, mais d'une grande douceur, en fait le caractère principal. Elle est produite par de fréquents repos sur la corde finale et sur la dominante, dans l'intention de marquer une certaine mesure vague, et par une longue tirade de notes sur le dernier mot, qui n'est pas sans quelque charme.

Le répons de sainte Catherine, Virgo flagellatur, offre une marche plus vive et plus animée, jusqu'au verset qui forme un intermède d'une mélodie tendre et suave ; mais toutes ces pièces n'ont plus la simplicité grandiose des motifs dont l’Antiphonaire grégorien a puisé l'idée dans la musique des Grecs.

A cette époque, la séquence se perfectionna. Elle cessa d'être un trope à la marche lente, au rythme irrégulier. Elle devint une sorte d'hymne à mesure égale, et offrit par là l'occasion d'un précieux développement à la musique

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ecclésiastique. Au XII° siècle, la séquence d'Abailard Mittit ad Virginem, fut ornée, probablement par son auteur, de ce délicieux chant que les Parisiens modernes ont du moins conservé sur les modernes paroles de la prose actuelle : Humani generis. Nous touchons à l'époque du Dies irœ et du Lauda, Sion.

Le XI° siècle vit en outre s'accomplir un grand événement pour le chant ecclésiastique. Guy d'Arezzo simplifia et améliora la méthode d'enseignement du chant en fixant l'usage de la portée musicale, composée désormais de quatre lignes parallèles superposées sur lesquelles il échelonna les notes. On dit assez généralement qu'il fut le premier à donner une méthode d'écrire le chant : c'est une erreur ; on avait des notes avant lui, comme on a pu le voir ci-dessus. Seulement, sa méthode soulageait beaucoup l'œil et la mémoire, et fit tomber toutes les autres.

Cette période fut donc véritablement féconde pour la Liturgie : on en jugera mieux encore en parcourant l'énumération des travaux qui furent alors exécutés en cette partie. Nous l'ouvrirons donc, sans tarder davantage.

A la  tête des Liturgistes du  XI° siècle, nous plaçons le roi Robert, dont nous avons déjà tant parlé dans ce chapitre. Il composa des séquences pour diverses fêtes. Outre celle de la Pentecôte : Sancti Spiritus adsit nobis gratia, que plusieurs ont confondue avec l'hymne Veni, Creator Spiritus, qui est de Charlemagne, il en composa d'autres, pour Noël, Pâques, l'Ascension, la Nativité de la sainte Vierge, les fêtes de saint Martin, de saint Denys, de saint Agnan, évêque d'Orléans, etc. Il célébra la sainte Vierge en vers latins, dans lesquels il excellait, et avait coutume de la nommer l’Etoile de son Royaume. Nous avons parlé de son beau Répons : Cornelius centurio. Un autre qui commençait par ces mots : Judœa et Jerusalem, n'était pas moins goûté dans nos églises de France

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au moyen âge. Tout le monde sait le tour innocent que Robert joua à la reine Constance, lui faisant croire qu'il était question d'elle dans un répons qu'il avait composé et qui commençait par ces mots : O constantia martyrum. Nous plaçons ici les paroles de ce répons que les voûtes de nos cathédrales ont oublié, et que certainement bien peu de nos lecteurs connaissent. Il est triste qu'un siècle ait suffi pour effacer presque tous les points de contact que la Liturgie, en France, avait avec l'histoire. On nous a donné des rites nationaux que nos pères n'avaient point connus.

R/. O constantia martyrum laudabilis, o charitas inextinguibilis, o patientia invincibilis, quœ licet interpressuras persequentium visa sit despicabilis,  Invenietur in laudem,et gloriam,et honorent, in tempore retributionis.

V/. Nobis ergo petimuspiis subveniant meritis, honoricati a Patre qui est in cœlis.  Invenietur. Gloria Patri. O constantia martyrum.

Ce beau répons, dont le chant est aussi touchant que les paroles en sont nobles, était le neuvième des Matines, au Commun de plusieurs martyrs, dans certains bréviaires romains-français. Heureux temps où les rois composaient des chants pour leurs sujets, où les mélodies nationales étaient d'innocents répons, ou des antiennes pleines de paix et d'onction !

(1007). L'ami de Robert, Fulbert, évêque de Chartres, composa, comme nous l'avons dit, trois répons de la plus grande beauté, pour la Nativité de la sainte Vierge. Ils sont en vers mais non rimes, comme ce fut plus tard la mode au XIII° siècle. Nous les insérons ici, parce qu'ils ont péri dans toute la France (1) : nous voudrions pouvoir en donner le chant Plein d'une suave mélodie

(1) L'Église du Mans chante encore le second, Stirps Jesse : mais en dehors de l'office, à la procession du jour de l'Assomption de la sainte Vierge, avant la messe.

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I.         R/. Solem justitiœ Regem paritura supremum, * Stella Maria maris hodie processit ad ortum.

V/. Cernere divinum lumen gaudete, fideles. * Stella Maria.

II.       R/ Stirps Jesse virgam produxit, virgaqueforent  et super hunc florem requiescit Spiritus almus.

V/. Virgo Dei genitrix virga est, flos Filius ejus.  Et super hunc.

III.      R/. Ad nutum Domini nostrum ditantis honorent, sicut spina rosam genuit Judœa Mariam.

V/. Ut vitium virtus operiret, gratia culpam. *  Sicut spina.

Tels sont ces admirables répons composés pour l'Église de Chartres, par le Pontife qui posa les fondements de la merveilleuse cathédrale qui brille d'une si sublime auréole. Un roi les nota en chant; la France entière les adopta; l'Europe les répéta après la France. Aujourd'hui, ces doux chants ne retentissent plus dans les divins offices, et Chartres même, infidèle à son Fulbert et à la douce Vierge qu'il chanta, les ignore !

Nous nous sommes permis d'insérer ces quelques lignes de l'antique Liturgie de nos pères : ne pouvant résister au désir de donner à nos lecteurs quelques traits de cette Liturgie romaine-française qui gît maintenant incomplète dans la poussière des bibliothèques. C'est de là que, dès longues années, nous avons entrepris de l'exhumer. Les volumes suivants nous fourniront plus d'une fois l'occasion d'en mettre en lumière les inspirations qui, nous en sommes sûr, seront trouvées nobles et touchantes.

Fulbert a composé en outre plusieurs séquences et plusieurs hymnes. Parmi ces dernières, on remarque celle du temps pascal : Chorus novœ Jerusalem.

(1008). Bernon, abbé de Reichenau, est auteur d'un précieux traité intitulé : De institutione missarum; d'un dialogue, sous ce titre : De Quatuor Temporum jejuniis, per sua sabbata observandis, ad Aribonem, Archiepiscopum

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Moguntinum; d'une épure au même Aribon, De quatuor Adventus dominicis. Il écrivit aussi un livre sur le chant, intitulé Libellus tonarius, ou Optes symphoniarum et tonorum, et le dédia à Piligrin, archevêque de Cologne. Trithême parle de trois ouvrages de Bernon sur le chant, savoir : De musica, seu de tonis; De instrumentis musicis, et De mensura monochordi.

(1010). Adelbode, évêque d'Utrecht, composa le chant de l'Office de la nuit pour la fête de saint Martin. Il écrivit de Rome une lettre curieuse sur la célébration de l'Avent; il ne faut pas la confondre avec un traité,en forme de dialogue, qu'avait composé sur le même sujet Hériger, abbé de Lobbes.

(1012). Arnold, prévôt de Saint-Emmeran de Ratisbonne, composa des antiennes et des répons, pour la fête de ce saint évêque.

(1014). Guy d'Arezzo, abbé de Saint-Pierre-d'Avellane, fut appelé à Rome par Benoît VIII, et travailla sous ce Pape et son successeur Jean XIX, au perfectionnement de la musique ecclésiastique. Il fixa, comme nous l'avons dit, l'usage de la portée musicale, et pour graver dans la mémoire de ses élèves l'échelle des sons, il eut l'idée d'employer le chant de la première strophe de l'hymne de saint Jean-Baptiste :

Ut queant laxis resonare fibris

Mira gestorum famuli tuorum,

Solve polluti labii reatum,

Sancte Johannes.

Dans cette strophe, l'intonation de la note s'élevait d'un degré sur chacune des syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la; en la répétant, les élèves apprenaient à distinguer les différentes notes de la gamme. Ils prirent naturellement l'habitude de les désigner par ces syllabes qui les leur rappelaient ; plus tard on ajouta si pour désigner la septième note, et le système de notre gamme actuelle fut inventé. Cette méthode

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si simple, réduisant au pur mécanisme la pratique de la gamme, simplifia prodigieusement l'étude du chant, en sorte qu'on1 pût l'apprendre aux enfants avec autant de facilité qu'on leur enseigne à épeler et à lire l'écriture. Ce moine, véritablement digne du nom de Grand, pour un si éminent service, écrivit un traité de la musique, en deux livres, sous le nom de Micrologue, qu'il dédia à Théodalde, évêque d'Arezzo, et un opuscule De mensura monochordi. Enfin il arrangea un antiphonaire, d'après sa méthode de notation, et Benoît VIII fut tellement frappé de la supériorité de ce travail, qu'au rapport de Guy lui-même, il regardait cette œuvre comme une espèce de prodige.

(1020). Olbert, abbé de Gemblours, fut habile dans la science du chant ecclésiastique. Entre autres compositions de ce genre qui lui appartiennent, la chronique de son monastère lui attribue les chants et les hymnes de saint Véron et de sainte Vandru.

(1025). Saint Odilon, abbé de Cluny, instituteur de la Commémoration des Défunts, au 2 novembre, nous a laissé des hymnes en l'honneur de la sainte Vierge, de sainte Adélaïde et de saint Mayeul, son illustre prédécesseur.

(1026). Arnoul, moine de Saint-André d'Andaone, outre ses écrits sur le comput ecclésiastique, composa un martyrologe abrégé, ou plutôt un calendrier des saints de l'année.

(1027). Saint Léon IX, auparavant Brunon, évêque de Toul, fut très-habile dans le chant ecclésiastique, et composa avec un grand art les répons de l'office de saint Grégoire le Grand, de saint Cyriaque, martyr, de sainte Odile, vierge, de saint Nicolas, de saint Hydulphe, évêque de Trêves. On a chanté, jusqu'en 1775, cet office de saint Hydulphe, dans l'abbaye de Moyenmoutier. Depuis qu'il fut  élevé à la papauté, se trouvant à Metz, il y

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composa des répons, pour l'office de saint Gorgon, martyr.

(1030). Adhémar, moine de Saint-Martial de Limoges, est regardé par plusieurs comme l'auteur du supplément à l'ouvrage d'Amalaire De divinis Officiis, donné par D. Ma-billon, au tome deuxième des Analecta.

(1035). Angelran, abbé de Saint-Riquier, mit en chant l'office de saint Valéry et celui de saint Vulfran.

(1039). Godescalc, prévôt d'Aix-la-Chapelle, chapelain de Henri III, composa un grand nombre de séquences pour la messe.

(1040). Herman Contract, élevé d'abord à Saint-Gall, puis moine de Reichenau, fut un prodige de science pour son temps. Nous ne devons parler ici que de ses travaux liturgiques. Il écrivit sur le chant trois traités, savoir : De musica, De monochordo, De conflictu sonorum. Passant ensuite de la théorie à la pratique, il composa les paroles et le chant si mélodieux des Antiennes Salve, Regina; Alma Redemptoris Mater; les séquences Ave, prœclara maris Stella; O florens rosa; Rex omnipotens, du jour de l'Ascension, et beaucoup d'autres, parmi lesquelles plusieurs mettent le Veni, Sancte Spiritus, attribué par d'autres à Innocent III ; le répons Simon Bar-jona pour saint Pierre, ceux de l'Annonciation, des saints Anges, etc.

(1040). Aaron, abbé de Saint-Martin, puis de Saint-Pantaléon de Cologne, écrivit un livre De utilitate cantus vocalis et de modo cantandi et psallendi.

(1040). Jean de Garland, Anglais, composa un poème, intitulé De mysteriis Missœ, et le dédia à Foulques, évêque de Londres.

(1050). Michel Psellus, qui avait été le précepteur de l'empereur Michel Ducas, embrassa plus tard la vie monastique. Allatius nous fait connaître de lui les ouvrages suivants qui ont rapport à la Liturgie : Expositio in illud

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quod in solemni Christi Ascensionis die dicitur : Hodie Sancta Condura et cras Ascensio; Expositio in illud: Domine, Jesu Christe, Deus noster, miserere nostri, Amen ; Paraphrasis carmine iambico in canonem S. Cosmœ, Maiumœ episcopi, sancta et magtia feria quinta canen dum.

(1050). Jean, dit le Géomètre, souvent cité par saint Thomas d'Aquin, dans sa Catena aurea sur les Évangiles, vécut au XI° siècle. Il est auteur de quatre grandes hymnes en l'honneur de la sainte Vierge, qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères de Lyon et ailleurs. Allatius nous apprend qu'il avait composé d'autres hymnes pour les différentes fêtes de l'année.

(1050). Humbert, moine de Moyenmoutier, nota plusieurs antiennes, en l'honneur de saint Grégoire, pape, de saint Hydulphe et de saint Colomban.

(1050). Odon, moine de l'abbaye des Fossés, près Paris, est auteur des répons que l'on chantait autrefois le jour de la fête de saint Babolein, premier abbé de ce monastère.

(1054). Jean, dit Mauropus (aux pieds noirs), d'abord moine,puis métropolitain d'Euchaïte,dans l'Asie Mineure, composa beaucoup d'hymnes, savoir vingt-quatre Canons paradétiques au Christ Sauveur, deux autres cantiques adressés pareillement au Verbe incarné, soixante-sept à la sainte Vierge, un au saint Ange gardien, deux à saint Jean-Baptiste, d'autres pour les fêtes des saints Basile, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome.

(1057). Saint Pierre Damien, d'abord moine et abbé, puis cardinal et évêque d'Ostie, a laissé de nombreux monuments de son génie et de son savoir liturgiques. Nous citerons ici le traité De septem horis canonicis ; le livre sur Dominus vobiscum; un autre Contra sedentes tempore Divini Officii; enfin une grande quantité d'hymnes, antiennes et autres pièces liturgiques que l'on peut voir en

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tête du quatrième tome de ses œuvres publiées par Constantin Gaetani. Nous citerons parmi celles-ci les belles hymnes de la Croix, de Pâques, de l'Annonciation et de l'Assomption de la sainte Vierge, de saint Pierre, de saint Paul, de saint André, de saint Jean l'Évangéliste, de saint Vincent, de saint Grégoire le Grand, de saint Benoît, etc.

(1057). Albéric, moine du Mont-Cassin, et depuis cardinal, écrivit un dialogue De musica, et des hymnes pour Pâques, l'Ascension, les fêtes de la Sainte-Croix, de l'Assomption de la sainte Vierge, de saint Paul, de saint Apollinaire, etc.

(1057), Einhard II, d'abord moine et abbé, puis évêque de Spire, composa en quatre livres un ouvrage très-important De cœremoniis Ecclesiœ.

(1058). Gosselin, moine de Saint-Bertin, suivit en Angleterre Hermann, évêque de Salisbury, et se rendit célèbre dans ce pays, par sa grande science du chant ecclésiastique. Il composa une séquence en l'honneur de sainte Étheldrède.

(1060). Vitmond, moine de Saint-Évroul, fut aussi un habile compositeur de chant ecclésiastique. Orderic Vital dit que l'on chantait encore de son temps, à Saint-Évroul, des antiennes et des répons de la façon de Vitmond, et des hymnes qu'il avait notées sur des airs très-mélodieux.

(1060). Lambert, abbé de Saint-Laurent de Liège,composa le chant et les paroles d'un office, en l'honneur de saint Héribert, archevêque de Cologne.

(1060). Francon, écolâtre de la cathédrale de Liège,écrivit, au rapport de Sigebert, un traité sur le chant ecclésiastique.

(1060). Alphane, moine du Mont-Cassin, archevêque de Salerne, a laissé des hymnes en l'honneur de sainte Christine,

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de sainte Sabine, de saint Matthieu, de saint Nicolas, de saint Maur, etc.

(1061). Jean, comte de Bayeux, d'abord évêque d'Avranches, puis archevêque de Rouen, a écrit un livre célèbre De divinis Officiis.

(1064). Jean Bar-Susan, patriarche jacobite d'Antioche, est auteur d'une anaphore, qui se trouve au Missel chaldaïque, et d'un livre dans lequel il prétend justifier contre les Coptes, l'usage de mêler du sel et de l'huile au pain eucharistique.

(1068). Guillaume, abbé d'Hirsauge, composa un traité De musica et tonis, et un autre De psalterio. Il recueillit aussi les coutumes de son monastère, et ce recueil renferme beaucoup de particularités liturgiques intéressantes.

(1070). Bonizon, évêque de Plaisance, massacré cruellement par les schismatiques, fauteurs de l'empereur Henri IV, écrivit un livre De Sacramentis, adressé à Gaultier, prieur du monastère de Léon, et publié par Muratori.

(1070). Osberne, chantre et sous-prieur de Cantorbéry, ami de l'archevêque Lanfranc, publia un traité De musica.

(1070). Didier, abbé du Mont-Cassin, et depuis Pape sous le nom de Victor III, fut fort zélé pour le chant ecclésiastique et pour la splendeur des offices divins. Il composa lui-même des chants, ou des hymnes en l'honneur de saint Maur.

(1071). Raynald, évêque de Langres, rédigea lui-même l'office de saint Mammès, martyr, patron de son Église. Il en prit le texte dans les poésies de Walafrid Strabon,et composa lui-même le chant.

(1074). Nicolas III, patriarche de Constantinople, est auteur d'un poëme De jejuniis et festis totius anni, et d'un règlement ecclésiastique De oblationibus liturgicis.

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(1075). Lanfranc, moine du Bec, puis archevêque de Cantorbéry, ayant fait confirmer les moines dans la possession où ils étaient de desservir les cathédrales en Angleterre, rédigea un recueil de statuts concernant la discipline que l'on devait observer dans tous les monastères de ce royaume, et principalement la célébration des offices divins. Ces statuts sont une des plus précieuses sources où l'on doive puiser la connaissance des usages liturgiques des moines, au moyen âge.

(1075). Thomas, archevêque d'York, composa le chant d'un grand nombre d'hymnes. Guillaume de Malmesbury dit de ce prélat qu'il avait la voix très-belle, et que lorsqu'il entendait un air agréable, il l'accommodait aussitôt aux hymnes et aux chants ecclésiastiques ; mais il ne voulait pas souffrir dans l'Église une musique efféminée et sans gravité.

(1080). Durand, abbé de Saint-Martin de Troarn, composa des antiennes et des répons avec leur chant pour diverses fêtes de l'année, et en l'honneur de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des Anges, des Apôtres, des Martyrs, et autres saints révérés dans l'Église.

(1080). Udalric, moine de Cluny, recueillit les usages de cet illustre monastère, et son travail publié par dom Luc d'Achery, est un des plus importants monuments de la Liturgie bénédictine.

(1080). Irène, femme de l'empereur Alexis Comnène, ayant fondé à Constantinople un monastère de filles, leur donna des constitutions qui sont contenues dans le livre appelé Typique. Le cérémonial contenu dans ce livre est du plus haut intérêt pour la connaissance des usages claustraux des monastères de filles, en Orient.

(1091). Aribon, personnage dont l'état et la qualité sont aujourd'hui inconnus, écrivit un traité De musica, qu'il dédia à un évêque, nommé Ellenhard. Il y parlait avec enthousiasme de Guillaume, abbé d'Hirsauge, dont nous

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avons fait mention plus haut, et le qualifiait le premier des musiciens, l'Orphée et le Pythagore modernes.

(1094). Jean Saïd Bar-Sabuni, évêque jacobite de Mélitine, est auteur d'une hymne acrostiche, que les jacobites chantent durant la cérémonie de la tonsure des moines.

(1096). Névelon, moine de Corbie, rédigea un Martyrologe, abrégé de celui d'Adon.

(1097). Bruno d'Asti, abbé du Mont-Cassin, puis évêque de Segni, est un des grands liturgistes du XI° siècle. On lui doit les livres suivants : De ornamentis ecclesiœ; De Sacrificio azymi, et De Sacramentis ecclesiœ, mysteriis, atque ecclesiasticis ritibus.

(1097). Micrologus, tel est le titre d'un ouvrage anonyme qui est aussi intitulé De observationibus ecclesiasticis. Ce livre, qui est un des monuments principaux de la science liturgique, a été écrit peu après la mort de saint Grégoire VII, arrivée en 1085. On y trouve l'explication de l'Office, suivant la forme en laquelle ce Pape l'avait réduit. Il ne faut pas confondre cet opuscule avec le Micrologue de Guy d'Arezzo, qui ne traite que de la musique et du chant. Zaccaria croit pouvoir l'attribuer à Ives de Chartres.

(1097). Ives, d'abord abbé de Saint-Quentin, puis évêque de Chartres, fut un des plus grands, des plus doctes et des plus saints prélats de son temps. Il excella dans l'explication des mystères de la Liturgie, comme on peut le voir par la lecture d'un grand nombre de ses sermons, qui font autorité en cette matière. L'indication de ces sermons nous entraînerait trop loin : on peut consulter la bibliothèque des Pères, ou la collection d'Hittorp.

(1097). Saint Anselme, abbé du Bec, et ensuite archevêque de Cantorbéry, composa, avec l'onction qui se remarque dans tous ses écrits, des hymnes et un Psautier de la sainte Vierge.

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