Institutions liturgiques (page 26)
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(1097). Le vénérable Hildebert de Lavardin, évêque du Mans, puis archevêque de Tours, a laissé, entre autres compositions qui vont à notre sujet, un poëme infiniment précieux, intitulé : Versus de mysteriis et ordine Missae. Nous citerons encore les opuscules suivants : Liber, seu prosa de Natali Domini; De Sacramentis ; De utraque parte altaris; De tribus Missis in Natali Domini.
(11o5). Odon, écolâtre d'Orléans, puis abbé de Saint-Martin de Tournay, enfin évêque de Cambrai, est auteur d'une courte exposition du Canon de la Messe.
(1110). Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme, a composé quatre hymnes, dont la première en l'honneur de la sainte Vierge, et les trois autres sur la conversion de sainte Marie-Magdeleine. Plusieurs de ses opuscules renferment des traits importants pour la compréhension des doctrines liturgiques de cette époque.
(1110). Marbode, évêque de Rennes, est auteur de trois hymnes en l'honneur de sainte Marie-Magdeleine.
(1111). Robert, prieur de Saint-Laurent de Liège, écrivit un traité De divinis Officiis.
(1111). Rupert, abbé de Tuy, se recommanda, comme liturgiste, par son ouvrage De divinis Officiis per anni circulum, divisé en douze livres. Il a composé en outre plusieurs hymnes, savoir deux en l'honneur du Saint-Esprit, et les autres pour la fête de plusieurs saints martyrs.
(1113). Etienne, évêque d'Autun, et qui mourut moine de Cluny, a laissé un livre De Sacramento Altaris, et iis quœ ad illud variosque Ecclesiœ ministros pertinent.
(1115). Saint Bernard, abbé de Clairvaux et docteur de l'Église, outre les travaux qu'il accomplit sur l'Antiphonaire, a composé un Office entier en l'honneur de saint Victor, confesseur, à la prière de Guy, abbé de Montier-Ramey. Cet Office, d'un style élégant et plein d'onction,
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mais peu conforme à la couleur de l'antiquité, renferme des hymnes totalement dépourvues de mesure et de quantité. C'est le reproche qu'on peut faire également à l'hymne de saint Malachie, composée aussi par saint Bernard et publiée par dom Martène. Ces hymnes contrastent singulièrement avec le petit poëme de mesure ïambique et si mélodieux, qui commence par ces mots : Jesu, dulcis memoria, dont l'Eglise a tiré les trois hymnes de l'Office du saint Nom de Jésus. Dom Mabillon a placé parmi les œuvres probables de saint Bernard, l'hymne à l'honneur des Cinq [Plaies de N. S., qui commence : Salve, mundi salutare, et une touchante prière au Christ et à Marie, dont le premier vers est ainsi conçu : Summe summi tu Patris unice. Quant à la gracieuse prose de Noël : Lœtabundus, on la trouve dans tous les anciens Missels, sous le nom de saint Bernard.
Les principes de saint Bernard, sur la composition liturgique, sont trop importants pour n'être pas rappelés dans cet ouvrage : il serait à désirer qu'on ne les eût jamais perdus de vue. Voici quelques traits du saint docteur sur ce sujet, tirés de sa lettre à Guy, abbé de Montier-Ramey :
« Ce n'est point votre affection pour moi que vous devez considérer, dans une affaire si grave que la composition d'un Office, mais le peu d'importance que j'ai dans l'Église. Un si haut sujet exige non simplement un ami, mais un homme docte et digne d'une pareille mission, dont l'autorité soit compétente, la vie pure, le style nourri, en sorte que l'œuvre soit à la fois noble et sainte. Qui suis-je, dans le peuple chrétien, pour que mes paroles soient récitées dans les églises ? Quelle est donc ma pauvre éloquence pour qu'on vienne me demander des chants de fête et de triomphe ? Quoi donc ! celui dont les cieux célèbrent les louanges, il faut que, moi, je m'essaye à les redire sur la terre ? Vouloir ainsi
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ajouter à la gloire du ciel, c'est la diminuer. Ce n'est pas pourtant que les hommes doivent s'interdire de chanter les louanges de ceux que déjà les Anges glorifient; mais dans une auguste solennité, il ne convient pas de faire entendre des choses nouvelles, ou légères d'autorité ; il faut des paroles authentiques, anciennes, propres à édite fier l'Église et remplies de la gravité ecclésiastique. Que si, le sujet l'exigeant, il était nécessaire d'employer quelque chose de nouveau, il me semble qu'il faut, dans ce cas, que la dignité de l'élocution jointe à celle de l'auteur, rende les paroles aussi agréables qu'utiles au cœur des auditeurs. Que la phrase donc resplendissante de vérité fasse retentir la justice, persuade l'humilité, enseigne l'équité ; qu'elle enfante la lumière de vérité dans les cœurs; qu'elle réforme les mœurs, crucifie les vices, enflamme l'amour, règle les sens. S'il s'agit de chant, qu'il soit plein de gravité, également éloigné de la mollesse et de [la rusticité. Qu'il soit suave, sans être léger; doux aux oreilles, pour toucher le cœur. Qu'il dissipe la tristesse, calme la colère ; qu'au lieu d'éteindre le sens de la lettre, il le féconde : car ce n'est pas un léger détriment de la grâce spirituelle que d'être détourné de goûter l'utilité du sens par la frivolité du chant, de s'appliquer davantage à produire des sons haie biles qu'à faire pénétrer les choses elles-mêmes (1). »
(1118). Théotger, évêque de Metz, écrivit un traité du chant ecclésiastique.
(1120). Hugues, chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, un des plus illustres écrivains mystiques du moyen âge, a passé pour être l'auteur de plusieurs écrits sur la Liturgie qu'on trouve dans ses œuvres. Mais il est impossible de lui laisser les trois livres De coeremoniis, Sacramentis et Officiis ecclesiasticis, qui sont de Robert Paululus;
(1) Vid. la Note E.
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ni l'opuscule intitulé De Canone Mystici libaminis, ejusque ordinibus, qui est de Jean de Cornouailles. Le Speculum de Mysteriis Ecclesiœ ne paraît pas beaucoup plus assuré à Hugues de Saint-Victor.
(1120). Hugues Métellus, chanoine régulier de Toul, a laissé cinquante-cinq lettres sur différents sujets. La LIIe et la LIIIe ad Constantinum, ont pour objet l'explication des rites de l'Église pendant le carême et les trois semaines qui le précèdent.
(1120). Le bienheureux Guigues, cinquième prieur de la Chartreuse, rédigea les fameux Statuts qui portent son nom et qui forment aussi un des plus curieux monuments de la Liturgie monastique.
(1120). Gilbert, évêque de Limerik, voulant aidera l'établissement de l'unité liturgique, en Irlande, publia une lettre circulaire à tous les évêques et prêtres de ce pays. Cette lettre est le prologue d'un opuscule intitulé: De Statu Ecclesiœ, dans lequel Gilbert expose avec un détail intéressant les fonctions sacrées de l'évêque et du prêtre.
(1123). Suger, illustre abbé de Saint-Denis en France,a laissé un opuscule sur la Dédicace de l'église de son abbaye qu'il avait rebâtie.
(1123). Pierre Maurice, dit le Vénérable, abbé de Cluny, a laissé plusieurs hymnes, et en particulier celles que tout l'Ordre de Saint-Benoît chante dans la fête de son saint Patriarche : Laudibus cives resonent canoris; Inter œternas superum coronas, et Quidquid antiqui cecinere vates. Les bénédictins français chantent aussi celle que le même Pierre le Vénérable a composée sur la Translation des reliques de saint Benoît en France et sur leur illation: Claris conjubila, Gallia, laudibus.
(1128). Drogon, abbé de Laon, puis évêque d'Ostie, a laissé un livre De divinis Officiis, seu horis Canonicis.
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(1130). Honorius, écolâtre de l'église d'Autun, est auteur de la belle Somme liturgique, intitulée : Gemma animœ. Dom Bernard Pez, en publiant, au deuxième tome de son Thesaurus anecdotorum novissimus, l'important écrit intitulé : Sacramentarium ou De Sacramentis,sive de causis et significatu mystico rituum divini in Ecclesia Officii, a presque doublé les richesses liturgiques que nous devons à Honorius d'Autun.
(1130). Bérold, gardien et Cicendelarius de l'église de Milan, écrivit un livre curieux, intitulé : Ordo et cœremoniœ Ecclesiœ Ambrosianœ Mediolanensis.
(1130). Hervé du Mans, moine de Déols, au diocèse de Bourges, donna l'explication des cantiques que l'on chante dans les Offices divins, et écrivit un livre de remarques sur les altérations que le texte de la Bible avait souffertes dans les Lectionnaires de certaines églises.
(1130). Guillaume de Sommerset, moine de Malmesbury, fit un abrégé des livres d'Amalaire sur les Offices divins.
(1130). Pierre Abailard qui, après une carrière aussi brillante qu'agitée, embrassa la vie monastique à Saint-Denis, fut abbé de Saint-Gildas de Ruys, et mourut dans l'ordre de Cluny, composa à la prière d'Heloïse un petit livre d'hymnes et de séquences pour l'usage du monastère du Paraclet. La plus célèbre de ces séquences est celle pour la fête de l'Annonciation : nous en avons parlé ci-dessus.
(1130). Rodulphe, abbé de Saint-Trond, fut très-habile dans le chant ecclésiastique et nota un Office en l'honneur de saint Quentin.
(1136). Rinald II, abbé du Mont-Cassin et cardinal, composa trois hymnes en l'honneur de saint Maur, trois pour saint Placide et une pour saint Sévère, abbé du Mont-Cassin.
(1140). Anselme, archevêque de Magdebourg, et ensuite
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de Ravenne, écrivit un traité De ordine pronuntiandœ Litaniœ,
(1143). Benoît, chanoine de Saint-Pierre, écrivit le livre intitulé Pollicitus, dans lequel il rend compte des Offices de toute l'année et principalement de ce qui a rapport aux fonctions papales. Dom Mabillon a placé cet opuscule parmi les Ordres romains, entre lesquels il occupe le onzième rang.
(1147). Isaac, abbé de Stella au diocèse de Poitiers, écrivit une Épître assez longue sur le Canon de la Messe.
(1150). Aelrède, abbé de Rhienvall, au diocèse d'York, a laissé un livre De Officiis ministrorum.
(1150). Hugues, abbé de Prémontré, rédigea le livre des cérémonies de cet Ordre, sous ce titre : Ordinarium Praoemonstratensis Ecclesiœ.
(1150). Richard, chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, et l'ami de Hugues, écrivit, au rapport de Trithème, un livre De Officiis Ecclesiœ.
(1150). Damien, prémontré, aux Pays-Bas, passe pour avoir composé des chants admirables en l'honneur de saint Corneille et de saint Cyprien.
(1150).Nous plaçons à cette date l'anonyme du douzième siècle, dont Zazzera a publié en 1784, d'après un manuscrit du Vatican, un intéressant ouvrage intitulé : Sanctœ Ecclesiœ Rituum , divinorumque Officiorum explicatio.
(1150). Adam, chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, est illustre par les belles séquences qu'il a composées, parmi lesquelles on distingue celles de saint Etienne, de la Purification de la sainte Vierge, de la sainte Croix, de la sainte Trinité, de saint Nicolas, de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre et de saint Paul, de saint Laurent, de saint Martin, sans oublier celle de saint Denys : Gaude proie, Grœcia, si indignement travestie par les Parisiens modernes.
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(1150). Lisiard, clerc de l'église de Tours, rédigea l'Ordinaire, ou livre des cérémonies pour l'usage de l'église de Laon.
(1154). Denys Bar-Salibi, évêque jacobite d'Amida, a laissé en syriaque beaucoup de monuments de sa science liturgique. Nous citerons les ouvrages suivants : Exposition des mystères qui sont contenus dans le Saint-Chrême. Exposition des mystères qui sont contenus dans l'imposition des mains, ou l'ordination. Exposition de la Messe, ou commentaire de la Liturgie de saint Jacques. Trois Anaphores, dont l'une s'est glissée, jusque dans le Missel des Maronites, comme nous l'avons observé en son lieu, etc.
(1160). Comme nous l'avons dit plus haut, on a attribué à Maurice de Sully, évêque de Paris, plusieurs répons de l'Office des morts. Peut-être a-t-il été l'auteur de quelques-uns des nombreux versets ajoutés à cette époque au répons Libera me, Domine, de morte œterna; mais toutes les pièces qui composent actuellement l'Office des morts semblent antérieures à ce prélat.
(1162). Jean Beleth, recteur de l'Université de Paris, a publié Rationale divinorum officiorum, qui est un traité liturgique très-important.
(1164). Michel, dit le Grand, patriarche des Jacobites, mit en ordre le Pontifical et le Rituel des Syriens jacobites et composa une Anaphore.
(1166). Nersès, patriarche d'Arménie, se réunit à l'Église romaine et publia un livre entier d'hymnes de la plus grande beauté, qui sont encore en usage dans l'Église d'Arménie.
(1169). Thomas de Bayeux, surnommé l'Anglais, composa des chants pour l'Église, et mit en ordre le livre d'offices (Officiarium) à l'usage de la cathédrale d'York.
(1170). Jean de Cornouailles, Anglais, est auteur du livre
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intitulé : Summa qualiter fiat Sacramentum Altaris per virtutem Sanctœ Crucis et de septem Canonibus, vel ordinibus Missœ.
(1170). Robert Paululus, prêtre d'Amiens, a composé les trois livres De Cœremoniis, Sacramentis et Officiis, qui se trouvent parmi les oeuvres de Hugues de Saint-Victor.
(1170). Arnulphe, chanoine régulier d'Arras, adressa à Frumald, évêque de cette ville, un commentaire du Canon de la Messe.
(1185). Sicard, évêque de Crémone, est auteur d'un précieux ouvrage, intitulé : Mitratle, vel summa de divinis Officiis.
(1189). Ordonius, moine espagnol, prieur de Cella-Nova, en Galice, publia une sorte de Rational des divins offices.
(1190). Adam de Corlandon, moine de Cîteaux, doyen de Notre-Dame de Laon, écrivit un Ordinaire de l'office divin, pour l'usage de l'Église de Laon.
(1190). Conrad, moine d'Hirsauge, au rapport de Trithème, composa un traité De Musica et tonis.
(1190). Richard, Anglais, abbé de Prémontré, composa un livre De Canone Missœ.
(1191). Etienne, évêque de Tournay, nota le chant d'un office de saint Gérard de la Sauve-Majour.
(1192). Cenci de Sabelli, cardinal-diacre du titre de sainte Lucie, chancelier de plusieurs papes, rédigea un livre De Censibus Sanctœ Romance Ecclesiœ, dont une partie considérable roule sur les cérémonies de la Cour romaine; c'est cette partie que D. Mabillon a insérée parmi les Ordres romains, au douzième rang.
(1197). Reiner, moine bénédictin, qui assista au concile de Latran, en 1215, écrivit un commentaire sur les neuf Antiennes que l'on chante avant Noël, et composa sept hymnes en l'honneur du Saint-Esprit.
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(1198). Innocent III a laissé, parmi ses écrits, trois livres De Mysteriis Missœ, qui le mettent au rang des plus profonds liturgistes du moyen âge. Cet ouvrage, vraiment digne de son illustre auteur, n'a pas eu d'édition depuis celle d'Anvers, en 1540 : aussi est-il devenu presque impossible à trouver aujourd'hui. Il serait à désirer qu'on entreprît une édition complète des œuvres de ce grand pape : il n'existe même pas de recueil qui contienne toutes ses lettres. Plusieurs le font auteur des séquences : Veni, Sancte Spiritus, et Stabat Mater dolorosa.
Si nous en venons maintenant à résumer les considérations qui se présentent à la suite des faits si importants racontés dans ce chapitre, nous trouvons que l'unité liturgique, recherchée avec tant d'efforts par les plus saints papes et par les plus grands princes, pourrait bien être une des nécessités de la société catholique. Saint Adrien Ier et Charlemagne, saint Grégoire VII et Alphonse VI: c'est bien de quoi faire balance à des théories modernes inventées et propagées par des noms obscurs ou suspects ;
Qu'il est quelquefois des sacrifices d'orgueil national à faire pour amener un grand bien dans l'ordre religieux et social ;
Que les peuples catholiques du moyen âge n'auraient peut-être pas vu le bouleversement de la Liturgie avec le même sang-froid que les Français des xvine et XIXe siècles ;
Que la France, toute romaine d'ailleurs dans sa Liturgie, n'en fut pas moins féconde dans les embellissements que son génie lui suggéra d'adjoindre à l'ensemble des chants antiques; que l'unité liturgique n'étouffe donc pas le génie national; que les siècles de foi produisirent des chants nationaux dans la Liturgie, ce^que n'ont certes pas fait les siècles de l'innovation ;
Enfin, que ceux qui ont la charge de composer les
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pièces de la Liturgie doivent unir à l'inspiration du génie la gravité, l'autorité, la sainteté de la vie; et si saint Bernard n'ajoute pas à ces conditions celle de l'orthodoxie dans la foi, c'est que personne n'eût pu s'imaginer, avant une certaine époque, que l'on en viendrait à charger des hérétiques de composer les hymnes de l'office, et d'en régler, à leur fantaisie, le fond, l'ordre et la distribution.
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NOTES DU CHAPITRE XI
NOTE A
Gregorius episcopus, servus servorum Dei, Alphonso et Sancio regibus Hispanise, a paribus, et episcopis in ditione sua constitutis, salutem et apostolicam benedictionem.
Cum beatus Apostolus Paulus Hispaniam se adiisse significet, ac postea septem Episcopos ab urbe Roma, ad instruendos Hispanise populos, a Petro et Paulo Apostolis directos fuisse, qui, destructa idololatria, Christianitatem fundaverunt, religionem plantaverunt, ordinem et officium in divinis cultibus agendis ostenderunt, et sanguine suo Ecclesias dedicavere, vestra diligentia non ignoret, quantam concordiam cum Romana urbe Hispania in religione et ordine divini Officii habuisse satis patet : sed postquam vesania Priscillianistarum diu pollutum, et perfidia Arianorum depravatum, et a Romano ritu separatum, irruentibus prius Gothis, ac demum invadentibus Sarracenis, regnum Hispaniae fuit, non solum religio est diminuta, verum etiam mundanae sunt opes labefactatae. Quapropter ut filios carissimos vos adhortor et moneo, ut vos sicut bonas soboles etsi post diuturnas scissuras, demum tamen ut matrem rêvera vestram, Romanam Ecclesiam recognoscatis, in qua et nos fratres reperiatis, Romana; Ecclesiae ordinem et Officium recipiatis, non Toletanae, vel cujus-libet alias, sed istius quae a Petro et Paulo supra firmam petram per Christum fundata est, et sanguine consecrata, cui portae inferni, id est linguae haereticorum, nunquam praevalere potuerunt, sicut cetera regna Occidentis et Septentrionis teneatis. Unde enim non dubitatis vos suscepisse religionis exordium, restat etiam ut inde recipiatis in Ecclesiastico ordine divinum Officium; quod Innocentii Papa; ad Eugubinum directa Episcopum vos docet epistola, quod Hormisdae ad Hispalensem missa decreta insinuant, quod Toletanum et Bracarense demonstrant concilia : quod etiam Episcopi vestri, ad nos nuper venientes, juxta constitutionem concilii, per scripta sua facere promiserunt, et in manu nostra firmaverunt, (Labb., tom. X, pag. 53.)
NOTE B
Gregorius episcopus, servus servorum Dei, Simeoni Hispanorum episcopo, salutem et apostolicam benedictionem.
Cognitis fraternitatis tuœ litteris, gaudio sumus repleti, quoniam eam quam erga Romanam Ecclesiam ridera et devotionem geris, in eis plene
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agnovimus, et quod non adulterino eam more deserere, sed legitimas prolis successione amplecti desideras. Quapropter, carissime frater, necesse est ut bene inceptum recto itinere gradiatur : nec haeretica debet pravitate minui, quod apostolica constat traditione sancitum. Apostolica enim Sedes, cui, quamvis immeriti, Deo auctore praesidemus, ipso gubernante firma permansit ab ipsis primordiis, eoque tuente illibata perpetue permanebit, testante eodem Domino : Ego pro te rogavi, ut non deficiat fides tua ; et tu aliquando conversus confirma fratres tuos. His itaque fulta praesidiis Romana te cupit scire Ecclesia, quod filios quos Christo nutrit, non diversis uberibus, nec diverso cupit alere lacté, ut secundum Apostolum sint unum, et non sint in eis schismata : alioquin non mater, sed scissio vocaretur. Quapropter notum sit tibi cunctisque Christi fidelibus super quibus consuluisti, quod decreta, quae a nobis, imo a Romana constat Ecclesia prolata sive confirmata, in peragendis a vobis ejusdem Ecclesiae Officiis inconcussa volumus permanere, nec eis acquiescere, qui luporum morsibus et veneficiorum molimine vos inficere desiderant. Nec dubitamus quod, secundum Apostolum, introeant in vos lupi graves, lupi rapaces, non parcentes, quibus resistendum fortiter est in fide. Ideoque, dilectissime frater, certa, et usque ad sanguinis effusionem, si opportunum fuerit, desuda. Indignum enim et pro ridiculo potest haberi, quod saeculares homines, pro tam vili pretio, tamque Deo odibili commercio, se ipsos periculo ultraneos exhibeant, et fidelis quisque irruentibus cedat hostibus terga. Non enim ab eis poterit acquiri virtus qui facile corruunt quo trahuntur. Quod autem filii mortis dicunt se a nobis litteras accepisse, sciatis per omnia falsum esse. Procura ergo, ut Romanus ordo per totam Hispaniam et Galliciam, et ubicumque poteris, in omnibus rectius teneatur. Data Roraœ, mense maii, indictione decima quarta. (Labb., tom. X, p. 144.)
NOTE C
Ante revocationem (legati Richardi) clerus et populus totius Hispaniae turbatur, eo quod Gallicanum Officium suscipere a legato et principe cogebantur; et statuto die, rege, primate, legato, cleri et populi maxima multitudine congregatis, fuit diutius altercatum, clero, militia et populo firmiter resistentibus, ne Officium mutaretur, rege a regina suaso, contrarium minis et terroribus intonante. Ad hoc ultimo res pervenit, militari pertinacia decernente, ut haec dissensio duelli certamine sedaretur. Cumque duo milites fuissent electi, unus a rege, qui pro Officio Gallicano; alter a militia et populis, qui pro Toletano pariter decertarent, miles regis illico victus fuit, populis exultantibus, quod victor erat miles Officii Toletani. Sed rex adeo fuit a regina Constantia stimulatus, quod a proposito non discessit, duellum indicans jus non esse. Miles autem qui pugnaverat pro Officio Toletano, fuit de domo Matantiae prope Pisoricam, cujus hodie genus exstat. (Rodericus Toletanus, de Rebus Hispaniae, lib. VI, cap. XXVI.)
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Cumque super hac magna seditio in populo oriretur, demum placuit, ut liber Officii Toletani, et liber Officii Gallicani in magna ignis congerie ponerentur. Et indicto omnibus jejunio a primate et legato, et clero, et oratione ab omnibus devote peracta, igneconsumitur liber Officii Gallicani; et prosiliit super omnes flammas incendii, cunctis videntibus et Dominum laudantibus, liber Officii Toletani illassus omnino (et) a combustione incendii alienus. (Ibidem.)
NOTE D
Ceterum, quilibri in Ecclesiasticis Officiis per anni circulum a nonnullis legantur (quod ritum illum Apostolica non reprobat, sed sequitur Ecclesia), pro fidelium aedificatione adnotandum censuimus. Quidam, quod in Septuagesima ponunt Pentateuchum usque in XV diem ante Pascha, XV die ponunt Hieremiam usque in Coenam Domini. In Cœna Domini legunt tres lectiones de Lamentatione Hieremise : Quomodo sedet sola civitas, etc., et tres de Tractatu S. Augustini in Psalmum LIV : Exaudi, Deus, orationem meam, et ne despexeris et tres de Apostolo, ubi ait in Epistola ad Corinthios Convenientibus vobis in unum. Secunda ilectio sic incipit : Similiter et calicem, postquam coenavit. Tertia : De Spiritalibus autem nolumus vos ignorare, fratres. In Parasceve très lectiones de Lamentatione Hieremias, et très de Tractatu Sancti Augustini in Psalmum LXIII : Exaudi, Deus, orationem meam cum deprecor; et très de Apostolo, ubi ait in Epistola ad Hebraeos : Festinemus ingredi in illam requiem, etc.. Secunda lectio : Omnis namque Pontifex. Tertia : De quo grandis nobis sermo. In Sabbato Sancto tres lectiones de Lamentatione Hieremias Prophetae, et très de tractatu Sancti Augustini in eumdem Psalmum LXIII : Exaudi, Deus, orationem meam cum deprecor, et tres de Apostolo, ubi ait in Epistola ad Hebraios : Christus adsistens Pontifex futurorum. Secunda lectio : Ubi enim testamentum est. Tertia : Umbram enim habens lex futurorum bonorum. In Pascha Domini homilias ad ipsum diem pertinentes, infra hebdomadam homilias. In Octavis Paschae ponunt Actus Apostolorum, et Epistolas Canonicas, et Apocalypsim usque n Octavas Pentecostes. In Octavis Pentecostes ponunt libros Regum, et Paralipomenon usque in kalendas septembris. In Dominica prima septembris ponunt Job, Tobiam, Hester, Esdram usque in kalendas octobris. In Dominica prima mensis octobris ponunt librum Machabaeorum usque in kalendas novembris. In Dominica prima mensis novembris ponunt Ezechielem, et Danielem, et minores Prophetas usque in kalendas decembris. In Dominica prima mensis decembris ponunt Esaiam prophetam usque ad Nativitatem Domini. In Natali Domini legunt primum de Isaia tres lectiones. Prima lectio Primo tempore alleviata est terra Zabulon, etc. Secunda : Consolamini, consolamini. Tertia : Consurge, consurge. Deinde leguntur sermones, vel homiliae ad ipsum diem pertinentes. In natali sancti Stephani homilia de ipso die. In natali sancti
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Johannis similiter. In natali Innocentium similiter. In natali sancti Silvestri similiter. In Octava natalis Domini homilia de ipso die. In Dominica prima post Nativitatem Domini ponunt Epistolas Pauli usque in Septuagesimam. In Epiphania lectiones très de Esaia. Primalectio incipit: Omnes sitientes. Secunda : Surge, illuminare, Hierusalem. Tertia : Gaudens gaudebo in Domino. Deinde leguntur sermones, vel homilia? ad ipsum diem pertinentes. (Decretum. Part. I, Distinct. XV, cap. Sancta Romana.)