Institutions liturgiques (page 30)
antiques qui se conservent dans les cloîtres mieux que partout ailleurs,
(3) Et insuper omnibus et singulis clericis, et presbyteris duntaxat secularibus, qui illud recitare voluerint, concedimus, ut ad veteris Officii secundum usum Romanae curiae, vel alterius Ecclesiae, quod nunc in usu habetur, recitationem minime teneantur, sed recitationi officii et horarum canonicarum, perinde ac si vêtus officium recitassent, satisfecisse censeantur, dummodo singuli specialem super hoc licentiam a sede Apostolica obtineant, quam per solam signaturam absque alia impensa expediri mandamus.(Ce bref, joint à la première édition du Bréviaire de Quignonez, de 1535, porte cette suscription : « Dilectis filiis Thomasio et Benedicto Junctae, Antonio Blado, et Antonio Salamanca Romoe librorum impressoribus. »)
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déféré à la Faculté par le Parlement de Paris : nous extrairons quelques parties de la censure. Elle débute ainsi :
« Il faut d'abord remarquer que ledit bréviaire est en contradiction avec tous les autres bréviaires de quelque diocèse que ce soit, et particulièrement de l'Église romaine ; car tous les autres bréviaires renferment beaucoup de choses saintes, salutaires et propres à entretenir la piété et la dévotion des fidèles; lesquelles choses ne se trouvent point dans ledit bréviaire; tels sont, par exemple, les Heures de la sainte Vierge, les antiennes, les répons, les capitules, les homélies ou expositions des docteurs catholiques sur les Évangiles et autres Écritures, Tordre et le nombre des Psaumes, le mode de les réciter dans l'Église, enfin l'ordre observé jusqu'ici dans l'Église dans la lecture des saintes Écritures, aux Matines, suivant la différence des temps. Ces institutions salutaires ayant été gardées dans les offices ecclésiastiques depuis l'origine de l'Église, pour ainsi dire, jusqu'à nos temps, on a droit de s'étonner en voyant que celui qui a fait ce nouveau bréviaire rejette toutes ces choses et décide qu'elles doivent être rejetées comme ne conduisant, dit-il, ni à la piété, ni à la connaissance de la sainte Écriture. A l'en croire, les antiennes, les répons et autres choses susnommées ne seraient d'aucune utilité dans l'Église, et on les devrait retrancher comme superflues et inutiles. Cependant cette doctrine est erronée et nullement conforme à cette piété qui est suivant la doctrine.
« Il nous a semblé aussi ne montrer point, en sa sagesse, une sobriété suffisante, quand on le voit préférer sans rougir son sentiment à lui seul aux décrets des anciens Pères, à l'usage commun et approuvé de l'Église, aux histoires les plus authentiques. Afin donc que tous connaissent combien est dangereuse et intolérable la
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publication de ce bréviaire, nous allons montrer d'abord qu'il n'est permis à personne de s'écarter des règlements antiques des Pères et des statuts universels de l'Église, lesquels ont pour but de soutenir la piété. En second lieu, qu'il faut garder le rite commun et approuvé de l'Église. De plus, que dans les choses dont il s'agit, l'Église ne s'écarte point des maximes professées dans les livres des docteurs de la foi. Enfin nous exposerons a les maux qui résultent de la curieuse nouveauté de ce bréviaire. »
Les docteurs s'attachent ensuite à démontrer, avec l'érudition de leur temps, ces trois propositions et discutent en détail les divers reproches qu'ils font au bréviaire de Quignonez, rapportant les raisons de l'institution de toutes les particularités de l'office qu'il a cru pouvoir supprimer; et, venant enfin aux inconvénients qui peuvent s'ensuivre de l'adoption de cette nouvelle forme liturgique, ils s'expriment ainsi :
« Enfin ce changement du bréviaire semble une chose dangereuse ; car il est à craindre que si on le recevait, on n'en vînt à changer de la même manière le missel et l'office de la Messe, et qu'on n'en ôtât des choses saintes et salutaires ; ce qui serait pour la destruction et non pour l'édification.
« Avec la même facilité on pourrait retrancher aussi les cérémonies et solennités, ainsi que les autres sacramentaux, comme sont les consécrations d'églises, d'autels, de calices, le chant ecclésiastique, les fêtes des saints, l'eau bénite, et beaucoup d'autres choses semblables : d'où l'on voit clairement quelle voie dangereuse est ouverte par ce changement de bréviaire et cette nouveauté.
« De plus ce serait un péril imminent et considérable, si, sous la signature d'un simple particulier, on en venait : à abandonner l'usage commun jusqu'ici observe dans
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l'Église, en sorte que les églises cathédrales, collégiales et paroissiales, ayant accepté ce nouveau bréviaire, l'Église se trouvât en possession d'un office garanti uniquement par la signature dont nous parlons ; ce qui tournerait à grand scandale pour le peuple et entraînerait péril de sédition, desquels malheurs Dieu nous veuille garder (1). »
Cette vigoureuse critique, si gravement motivée, tombait à la fois et sur Quignonez et sur l'autorité qui semblait l'avoir mis en avant. Le cardinal fit seul semblant de s'en apercevoir. Il introduisit dans son œuvre quelques changements presque imperceptibles; mais ce qui dut surtout désarmer les docteurs, fut le ton significatif de simplicité avec lequel il s'exprima, l'année suivante, dans ja préface de sa nouvelle édition de 1536. Il s'adresse à Paul III, comme dans la première édition, et s'exprime ainsi (2) :
« Le bréviaire romain, composé par nous, suivant le désir de Clément VII, ou plutôt ramené à la lecture plus abondante des saintes Écritures et à la forme primitive des saints Pères et des anciens conciles, enfin, publié par votre volonté, très-saint Père, a été reçu et approuvé avec une si grande faveur de la plupart des hommes graves et doctes (ainsi que je l'ai remarqué), qu'ils n'y ont rien trouvé à changer. En même temps, j'ai connu que d'autres, graves et prudentes personnes, n'approuvant pas la forme de ce bréviaire, affirmaient qu'il y manquait plusieurs choses. Ce n'est pas que j'aie jamais douté que sur un si grand nombre de personnes, il ne s'en trouvât qui, ayant vieilli dans la pratique d'une forme différente de prières, n'auraient pas pour agréable notre travail, pensant qu'en aucune façon il ne
(1) Vid. la Note C.
(2) La préface de cette seconde édition est, comme la première adressée Paul III.
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pourrait être permis aux clercs de s'écarter de la coutume envieillie de prier. De plus, en publiant la première édition du bréviaire, nous n'avions pas eu intention de faire une sorte de promulgation de loi, mais plutôt d'ouvrir une délibération publique, à l'effet de recueillir le jugement de plusieurs, proposant ainsi le premier notre sentiment, et résolu de suivre le parti qui de tous semblerait le plus avantageux et le plus conforme à la religion et à la piété, suivant le jugement du plus grand nombre des hommes prudents et graves........
« C'est pourquoi, ayant pesé les avis que beaucoup nous ont adressés, les uns de vive voix, les autres par écrit, et voulant déférer aux avis de ceux qui ont semblé avoir fait preuve d'une prudence plus remarquable, nous avons volontiers ajouté certaines choses, changé quelques-unes, et revu avec soin tout l'ensemble, mais en retenant toujours la forme générale de ce bréviaire. Toutefois, puisque c'est une chose fondée sur la nature, que rien de ce qui est à l'usage des hommes, quelque légitime et raisonnable qu'il soit, s'il est nouveau, ne peut éviter de déplaire à quelques-uns, ce ne sera point une témérité de notre part si, dans cette seconde édition, nous expliquons avec un peu plus de soin et d'étendue le plan de tout notre travail que nous n'avions d'abord développé qu'en abrégé (1). »
On voit que Quignonez ne dédaigne pas de se disculper devant la Faculté, et on a lieu d'être frappé de la naïveté avec laquelle il convient que son bréviaire est un livre comme un autre, destiné à subir la critique du public, sujet à la censure, œuvre toute humaine, en un mot, et qui ne pouvait avoir de vie dans l'Église éternelle. Moins de quarante ans suffirent à sa durée; mais en attendant,
(1) Vid. la Note D.
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la brièveté de cette forme d'office séduisit grand nombre de personnes. La Sorbonne elle-même, avec la légèreté dont son histoire offre tant de traits, souffrit que, sous ses yeux mêmes, une édition du bréviaire contre lequel elle avait tonné si fortement, s'imprimât à Paris, dès 1539. On l en trouve encore trois autres publiées dans cette capitale, sans parler de dix, au moins, qui furent imprimées à Lyon, et dont la dernière est de 1557 (1). Il yen a, en outre, un grand nombre d'autres publiées à Rome, à Venise, à Anvers; ce qui fait que l'on trouve encore assez facilement aujourd'hui des exemplaires de ce fameux bréviaire, en différents formats.
Si le règne de cette étrange Liturgie eût été long, on l'eût vue remplacer en tous lieux l'ancienne forme des offices romains, et briser le lien qui unissait les siècles de l'antiquité aux âges modernes. En effet, du cabinet du bénéficier ce bréviaire s'était glissé jusque dans le choeur, et, pour ne parler que de l'Espagne, les cathédrales de Saragosse, de Tarragone, de Palencia, avaient renoncé à l'antique office pour inaugurer, aux yeux des peuples, une manière de prier que nul ne connaissait. Des troubles mêmes s'étaient élevés dans Saragosse à ce sujet, et le peuple, scandalisé, désertait l'église cathédrale pour aller entendre l'office des moines. C'est ce que nous apprenons d'un document précieux, manuscrit de la bibliothèque vaticane, indiqué par Montfaucon (2), et dont Arevalo a donné d'importants fragments dans sa dissertation spéciale sur le bréviaire de Quignonez (3). C'est une consultation d'un docteur espagnol nommé Jean de Arze, qui fut rédigée à Trente, durant la tenue du concile, en 1551, et qui porte ce titre : De novo breviario Romano tollendo consultatio.
(1) Zaccaria, Biblioth. Ritualis, tom. I, pag. u3. Arevalo, Hymnodia Hispanica. Appendix II, pag. 391.
(2) Biblioth. Bibliothecarum MSS., tom. I, pag. 122.
(3). Hymnodia Hispan. ad calcem. Appendix II, pag. 423 et suiv.
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Quelque facilité que l'on mît à permettre l'usage du bréviaire de Quignonez, facilité devenue si excessive, au rapport de Jean de Arze, que l'unique clause de l'induit qui s'accordait non plus seulement à Rome, mais dans les légations et les nonciatures, était que l'orateur fût capable de s'en servir, ut possit tali novo breviario uti; néanmoins, on voit sur la consultation en question, que plusieurs personnes graves résistaient de tous leurs efforts à ce relâchement; que des évêques s'opposaient vigoureusement à l'introduction de cette nouvelle forme dans les offices publics. Mais la plus imposante de toutes ces improbations est celle que donna saint François Xavier qui, au rapport de son biographe Tursellini, « fournit un grand exemple de religion au sujet de l'office divin, si l'on considère la licence de ces temps. On venait de publier un nouveau bréviaire à trois leçons, appelé le bréviaire de Sainte-Croix, et destiné au soulagement des gens occupés. On en avait dès le cornet mencement concédé l'usage à François, à cause de ses travaux : mais il ne voulut jamais user de cette permission, malgré ses soins immenses et ses affaires si compliquées ; il récita constamment l'ancien bréviaire à neuf leçons, quoiqu'il fût beaucoup plus long (1). »
Certes l'autorité de l'incomparable apôtre des Indes est d'un grand poids dans la question, et nous aimons à la rapprocher de celle non moins sainte, et plus grave encore, de Pie V et de tous ses successeurs sans exception. Au reste l'œuvre de Quignonez, outre les tristes
(1) Insignem vero ejus in hoc genere religionem fecit illorum licentia temporum. Nuper novum ternarum lectionum Breviarium (sanctas Crucis dicebatur) ad occupatorum hominum levamen editum erat; ejusque usus Francisco propter occupationes ab initio concessus. Ille tamen quaravis ingentibus curis negotiisque distentus, nunquam permissa uti voluit licentia; vetusque Breviarium novenarum lectionum haud paulo longius perpetuo recitavit. (Tursellini, Vita S. Francisci Xaverii, lib. VI, cap. V.)
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fruits dont nous avons parlé, en eût produit, si elle eût duré, un plus lamentable encore. Le bréviaire abrégé enfanta un missel abrégé qui fut imprimé à Lyon, en î550, et qui renfermait grand nombre de nouveautés des plus audacieuses (1). Ainsi l'envie de simplifier l'office privé des ecclésiastiques avait donné naissance à un bréviaire par lequel était répudiée la forme antique des divins offices, par lequel le prêtre cessait d'être en communion avec les prières du chœur, et voilà qu'en suivant une pente toute naturelle, on était amené à défigurer le livre sacré qui renferme les rites du sacrifice, et dont la forme, si elle est maintenue pure et inviolable, est d'un si grand poids pour prouver, contre les sectaires, l'antiquité vénérable des mystères de l'autel.
En attendant le récit que nous ferons bientôt de la régénération liturgique, commencée par le saint concile de Trente et accomplie par les grands Pontifes qui en appliquèrent les décrets, nous placerons ici un événement principal dans la Liturgie, qui marqua la fin du XV° et le commencement du XVI° siècle. C'est la publication définitive du Corps de rites et observances sacrées, connu sous le nom de Rubriques : ensemble admirable de lois à la fois mystérieuses et rationnelles, que ceux-là seuls méprisent qui ont perdu le sentiment de la foi, ou le goût des choses sérieuses. Ces lois, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et dont le commentaire complet nécessiterait une histoire générale des formes du Culte catholique, dont elles sont l'expression, se montrent de plus en plus détaillées dans la série des Ordres romains, à l'usage de la chapelle du Pape. Mais il manquait un recueil dans lequel elles se trouvassent traitées à l'usage de tous les prêtres, et qui renfermât les particularités que les Ordres romains, dont l'objet est tout spécial, ne contenaient pas, et qui
1) Arevalo, ibid., 424
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avaient été jusqu'alors confiées à la tradition orale. Cette œuvre fut entreprise et accomplie par Jean Burchard, de Strasbourg, qui exerça l'importante charge de maître des cérémonies pontificales, dans la chapelle des papes Sixte IV, Innocent VIII et Alexandre VI. C'est le même qui a laissé un journal si important sur les actions privées de ces trois souverains Pontifes. Son travail fut imprimé en 1562 à Rome, sous ce titre : Ordo servandus per sacerdotem in celebratione Missœ (1). Merati et Zaccaria en indiquent encore d'autres éditions postérieures à la mort de Burchard, qui mourut évêque de Citta di Castello, en 1503; elles portent un titre différent de la première. Enfin, dès 1534, on vit des missels auxquels cet appendice était joint; c'est ce qu'atteste le cardinal Bona.
Quant aux rubriques du bréviaire, elles ont tant d'affinité avec celles de la messe, et les unes et les autres se supposent si constamment, que leur origine doit être jugée la même. On en trouve le principe dans les ordres romains, et leur rédaction définitive, si elle n'appartient pas à Burchard, doit avoir eu lieu au temps de cet illustre cérémoniaire, qui donna aussi celles du pontifical, en 1485. Les bréviaires antérieurs à celui de saint Pie V, les présentent à peu près dans la forme sous laquelle ce saint Pontife les promulgua.
Nous laisserons les esprits superficiels blasphémer ce qu'ils ignorent, et tourner en ridicule cet admirable résumé de toutes les traditions liturgiques. Nous nous contenterons de remarquer ici ce fait unique dans l'histoire des législations : c'est que, depuis bientôt trois siècles qu'un tribunal a été établi à Rome, sous le nom de congrégation des Rites, pour dirimer toutes les difficultés
(1) Merati, Annotat, in Gavantum, tom. I, p. 4. Zaccaria, Biblioth. Ritualis, tom. I, p. 58.
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d'application, ou d'interprétation des rubriques, tant du missel que du bréviaire romains, après plus de six mille consultations et réponses qui ont été imprimées, il est inouï que les juges aient été obligés de s'écarter du texte de la loi dans les arrêts qu'ils ont rendus. C'est ainsi qu'une des institutions de l'Église romaine, celle qui semblerait la moins grave, la moins sérieuse, à ceux du moins qui ne savent pas la haute importance du dépôt des traditions rituelles, peut défier en solidité, en immutabilité, tout ce que les sociétés les plus civilisées ont établi de plus sage dans leurs formes gouvernementales.
Après Burchard, nous mentionnerons ici son successeur dans la charge de cérémoniaire pontifical, Paris de Grassi, qui fut plus tard évêque de Pesaro, et qui a laissé à l'exemple de Burchard, un journal fameux qui contient les événements privés des pontificats de Jules II et de Léon X. Il était digne de recevoir et de transmettre à d'autres les traditions liturgiques que Burchard avait lui-même reçues de ses prédécesseurs. Sans ces deux hommes fameux, dont l'un clôt les fastes de la chapelle papale au XV° siècle, et l'autre les rouvre au XVI°, tout le passé liturgique de Rome était en danger de périr, à cette époque où le besoin de nouveautés travaillait tout le monde, où Quignonez, organe de Clément VII et de Paul III, ne voyait dans la science des règles du culte divin qu'une matière à d'inutiles fatigues, et dans la récitation de l'office, qu'une lecture privée de la Bible et de quelques Psaumes. Burchard et Paris de Grassi étaient les hommes qu'il fallait pour dominer cette tendance, et quoique déjà morts à l'époque du fameux bréviaire de Sainte-Croix, leur œuvre, qui d'ailleurs avait ses racines dans le passé, avait revêtu assez de solidité pour échapper à l'anarchie liturgique dont nous avons fait le récit.
La raison du succès qui s'attacha ainsi à l'œuvre de ces
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deux grands cérémoniaires, et la sauva de la destruction, est dans le sérieux qu'ils surent toujours mettre dans l'accomplissement de leurs fonctions minutieuses aux yeux des gens légers, mais si graves pour l'homme de foi, et si intéressantes pour l'antiquaire. Nous avons un monument fameux de cette fidélité inviolable et même passionnée aux traditions liturgiques, qui est du génie pour un cérémoniaire, dans la conduite de Paris de Grassi, lors de la publication du livre contenant les Cérémonies de l'Église romaine. Ce recueil avait été rédigé par Augustin Patrizi, évêque de Pienza, en Toscane, d'après les ordres d'Innocent VIII ; mais on n'avait pas jugé à propos de l'imprimer. En i5ro, sous Léon X, Christophe Marcelli, évêque de Corfou, à l'instigation d'un cardinal, se permit de le faire imprimer à Venise, où il parut sous ce titre : Rituum ecclesiasticorum, sive sacrarum Cœremoniarum Sanctœ Romanae Ecclesiœ libri tres non ante impressi. Rien ne pourrait peindre l'indignation de Paris de Grassi à cette nouvelle. En effet l'impression de ce livre ne pouvait se justifier par des raisons d'utilité publique, puisqu'il s'agissait d'un ensemble de rites exclusivement propres, pour la plupart du moins, à la personne du Pape. C'était, de plus, un attentat contre la majesté de cérémonies si augustes, que de les livrer ainsi au contrôle du public et même des hérétiques, en les dépouillant pour jamais du mystère qui les avait jusqu'alors enveloppées ; l'office de préfet des cérémonies pontificales se trouvait par là déshonoré, soumis à la critique du premier venu qui aurait feuilleté le livre, et par là à une véritable déconsidération ; enfin, ce qui était plus fâcheux encore, cet ouvrage, livré furtivement aux imprimeurs, renfermait des fautes, des méprises, des altérations de la véritable tradition liturgique.
Paris de Grassi porta devant Léon X les plaintes les plus énergiques, dans un mémoire curieux que dom Mabillon
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nous a conservé (1). Il ne demandait rien moins au Pape que défaire brûler l'auteur avec son livre, ou tout au moins de le corriger et châtier convenablement. Librum cœremoniarum nuper impressum omnino comburi simul cum falso auctore; aut saltem ipsum auctorem corrigi et castigari. Léon X était plus porté à choisir le dernier parti, comme on devait bien le croire ; cette affaire, toute fâcheuse qu'elle était, s'assoupit d'elle-même. Comment, en effet, arrêter les diverses éditions qui ne pouvaient manquer de sortir de celle de Venise, ainsi qu'il arriva en effet ? Car ce livre, tout imparfait qu'il est, toute frauduleuse que soit son origine, est et doit être recherché de tous ceux qui veulent prendre une connaissance tant soit peu profonde de la Liturgie.
Paris de Grassi a laissé en manuscrit un Ordre romain qui est le dernier de tous, et qui a été publié par dom Martène, au troisième tome de son grand ouvrage de Antiquis Ecclesiœ Ritibus (2). Il a servi de base, ainsi que les précédents, au cérémonial romain, qui n'est autre chose que la forme des usages de la chapelle papale, adaptée aux diverses églises cathédrales et collégiales du monde chrétien, ainsi que nous le dirons ailleurs. Il est temps de passer à la bibliothèque des auteurs liturgistes du XIV° et du XV° siècle.
(1306). Nous placerons à la tête de notre liste le B. Jacques de Benedictis, plus connu sous le nom de Jacopone, de l'ordre des frères mineurs, mort en i306. On lui attribue la prose Stabat Mater, et plusieurs autres.
(1307). Hermann Grethus, chanoine et écolâtre d'une collégiale d'Allemagne, écrivit de Notabilibus divini Officii Dominicarum et Festorum de tempore et de sanctis. (1310). Jacques Gaétan, cardinal, composa un
(1) Musceum Italicum, tom. II. Appendix, pag. 587 et seq.
(2) Tom. III, cap. XXXIV, pag. 607 et seq.
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Ordinarium sanctœ Romanae Ecclesiœ, ouvrage du plus grand intérêt, qui forme le quatorzième Ordre romain dans la collection de dom Mabillon,
(1312). Nicolas de Treveth, dominicain anglais, a écrit, entre autres choses, huit livres de Missa et ejus partibus, et un autre livre de Officio Missœ.
(1315). Thomas de Cabham, archevêque de Cantorbéry, écrivit une somme de Ecclesiasticis Officiis, et un livre de Baptismo,
(132o). Timothée II, patriarche des nestoriens, est auteur de l'ouvrage en sept chapitres, de Septem causis Sacramentorum ecclesiasticorum.
( 1333). Nicéphore Calliste, moine de Sainte-Sophie à Constantinople, a laissé des hymnes et autres pièces pour les offices ecclésiastiques.
(1335). Mathieu Blastares, moine grec, a écrit un Catalogue des Offices de la grande Église de Constantinople, et un traité de Appositione cocti frumenti in Officio pro mortuis.
(1340). Hermann de Schilde, ermite augustin, écrivit une Exposition de la Messe, un Manuale Sacerdotum, un traité de Horis Canonicis, et un autre de Comparatione Missœ.
(1350). Nicolas Cabasilas, Grec schismatique, a laissé une Exposition de la Liturgie.
(1350). Le Bienheureux Charles de Blois, duc de Bretagne, se montra l'imitateur des princes religieux dont nous avons parlé dans les chapitres précédents. Il ne se con- , tenta pas d'assister avec grand zèle à tous les actes de la Liturgie, mais, à l'exemple de Charlemagne, du roi Robert et de Foulques d'Anjou, il composa plusieurs pièces de chant ecclésiastique. On cite, entre autres, une prose en l'honneur de saint Yves, dont il accompagna les paroles d'un chant si mélodieux, qu'elle fut chantée en divers lieux de Bretagne, et même produite devant les commissaires
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députés pour instruire le procès de sa canonisation..
(1362). Philothée, archimandrite du Mont-Athos, et depuis métropolitain d'Héraclée, a laissé une formule intitulée : Liturgia et Ordo instituendi Diaconum, et plusieurs hymnes et parties d'office à l'usage des Grecs.
(1370). Pierre Amélius, augustin,patriarche de Grade et d'Alexandrie, a laissé un livre de Cœremoniis sanctœ Romanae Ecclesiœ, qui fait le quinzième Ordre romain dans la collection de dom Mabillon.
(1370). Philippe Macerius ou de Maceriis, chevalier picard, qui devint chancelier du royaume de Chypre, composa, sous le nom de Philothée Achillinus, l'office de la Présentation de la sainte Vierge.
(1373). Arnauld Terreni, canoniste attaché à l'Église d'Elne, écrivit un traité de Mysterio Missœ et Horis Canonicis.
(138o). Raymond de Vineis, appelé vulgairement Raymond de Capoue, composa un office pour la Visitation de la sainte Vierge.
(138o). Raoul de Rivo, doyen de l'église de Tongres, a laissé, outre son Calendarium Ecclesiasticum, un curieux livre intitulé : De Canonum observantia in ecclesiasticis Officiis.
(1400). Jean, appelé aussi Ananie, patriarche des jacobites, sous le nom d'Ignace IV, composa une anaphore qui se trouve dans le livre de ces hérétiques.
(1410). Henri de Langestein, chartreux, écrivit un livre de Horis canonicis.
(1410). Siméon, moine, puis archevêque de Thessalonique, fanatique ennemi des Latins, a laissé, outre un recueil intitulé : Precationes sacrae, un ouvrage important sous ce titre : Commentarius de Divino Templo, de ejus Ministris, de sacris eorum vestibus, de sacrosancta Mystagogia, sive missa, ad pios quosdam Cretenses.
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(1411). Pierre d'Ailly, cardinal, évêque de Cambrai, célèbre dans les affaires ecclésiastiques de son temps, publia un Sacramentale.