Institutions liturgiques (page 40)
de Paul V, il émana un avis et déclaration de la congrégation des Rites, portant que l'opinion de ce tribunal était que tous les moines et moniales qui militent sous la règle de Saint-Benoît, peuvent et doivent se servir du Bréviaire de Paul V, nonobstant que plusieurs exempts se fussent servis, par le passé, du romain ou de tout autre (1).
L'autorité de cette déclaration ne prévalut pas néanmoins de telle sorte, qu'elle détruisit les bréviaires monastiques qui avaient survécu. On jugea qu'elle n'était pas préceptive, puisque, dans ce cas, elle eût été en contradiction avec le bref de Paul V, antérieur seulement de quatre ans, et dans lequel ce pontife se contente d'exhorter les moines à adopter le Bréviaire rédigé par les procureurs généraux. Dans Rome même, l'ordre de Cîteaux, en particulier, continua, longtemps encore, d'employer dans les offices divins le seul Bréviaire cistercien; et, vers la fin du même siècle, le cardinal Bona, dans son beau traité de Divina Psalmodia, imprimé à Rome, consacrait un chapitre entier à détailler avec complaisance les avantages du Bréviaire cistercien sur le monastique de Paul V.
Au reste, tous ces bréviaires monastiques ne différaient les uns des autres que dans des particularités d'un intérêt secondaire. La disposition des offices était, dans tous, celle de la règle de Saint-Benoît; dans tous, la plupart des antiennes, répons, hymnes, étaient conformes aux anciens responsoriaux de saint Grégoire, par conséquent au Bréviaire de saint Pie V. Le reste, ainsi que dans les bréviaires des diocèses, était emprunté aux coutumes locales, mais surtout au romain-français, dont l'influence s'était
(1) Sacra Rituum congregatio censuit et declaravit omnes monachos et moniales qui et quae militant sub régula S. Benedicti, posse et debere uti breviario Benedictino nuper de mandato SS. D. N. Pauli V papa; edito pro omnibus religiosis qui militant sub regula S. Patris Benedicti : nonobstante quod aliqui exempti in praeteritum usi fuerint Romano, vel alio breviario. Et ita declaravit die 24 januarii, anno Domini 1616.
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étendue si loin. Pour le missel, nous avons déjà remarqué que les moines n'en connaissaient point d'autre que celui de l'Église romaine, auquel ils joignaient quelques usages particuliers. Le Missel monastique que publia aussi Paul V se répandit dans la même proportion que son bréviaire.
Urbain VIII, qui succéda à PauIV, après le trop court pontificat- de Grégoire XV, entreprit la révision du bréviaire; on ne l'avait pas faite depuis Clément VIII. Les commissaires qu'il nomma pour ce travail furent : le cardinal Louis Gaétan ; Tégrime Tegrimi, évêque d'Assise et secrétaire de la congrégation des Rites; Fortuné Scacchi, sacristain de la chapelle papale ; Nicolas Riccardi, maître du sacré palais; Jérôme Lanni, référendaire de l'une et l'autre signature; Hilarion Rancati, abbé de Sainte-Croix en Jérusalem; Jacques Vulponi, de l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri ; Barthélemi Gavanti, des clercs réguliers de Saint-Paul; Térence Alciati, Milanais, consulteur de la congrégation des Rites, ainsi que plusieurs des précédents ; enfin le célèbre annaliste des frères mineurs, Luc Wading (1).
Le travail de la commission consista principalement à revoir les homélies des saints Pères sur les originaux, à substituer aux anciennes quelques-unes qui paraissaient mieux adaptées. On s'occupa aussi d'éclaircir les rubriques, et de fixer la ponctuation des Psaumes pour le chant. Cette correction, publiée par un bref du 25 janvier 163i, qui commence par ces mots : Divinam psalmodiam (2), est la dernière qui ait été faite; les successeurs d'Urbain VIII ont pu ajouter des offices au bréviaire; mais il ne porte en tête que les seuls noms de saint Pie V, de Clément VIII et d'Urbain VIII.
(1) Merati in Gavantum. Thesaur. Sacr. Rituum, tom. III, 4°, pag. 22.
(2) Vid. la Note C.
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La correction d'Urbain VIII n'attirait pas seulement l'attention par les réformes dont nous venons de parler : une particularité plus importante encore la rendait remarquable. La plupart des hymnes avaient été retouchées et ramenées aux règles du vers, par ordre d'Urbain VIII. Ce pape, qui aimait les lettres et cultivait avec succès la poésie latine, ne pouvait supporter les nombreuses incorrections que présentaient la plupart des hymnes du bréviaire. Il regrettait, comme il le dit dans son bref, que les saints Pères eussent plutôt ébauché que perfectionné leurs hymnes; et la décence du service divin lui semblait réclamer impérieusement une réforme sur cet article. Le talent dont il avait fait preuve dans la composition des hymnes qu'il a mises au bréviaire, et dont nous parlerons plus loin, le rendait fort capable de réaliser cette entreprise difficile : néanmoins il ne jugea pas à propos de s'en charger. Il la confia à quatre jésuites : Matthias Sarbiewski, Fabien Strada, Tarquin Galluzzi et Jérôme Petrucci, qui corrigèrent au-delà de neuf cent cinquante fautes contre la prosodie.
Comme il ne pouvait manquer d'arriver, l'œuvre de ces quatre commissaires a été jugée fort diversement. Les uns, comme les pères Théophile Raynaud (1), Charles Guyet (2), Faustin Arevalo (3), etc., ont pris la défense de l'œuvre de leurs confrères, et, il nous semble, avec raison. D'autres, comme le P. Louis Cavalli, franciscain, pénitencier de Saint-Jean de Latran, dans un livre d'observations qu'il a composé exprès; Jean-Baptiste Thiers, dans sa satire du Bréviaire de Cluny ; Henri Valois, cité par Mérati, ont fort maltraité les correcteurs des hymnes romaines. Si, après tous ces auteurs, il nous est permis de faire connaître notre avis, nous dirons d'abord que c'était
(1) Theoph. Raynaudi Opéra, tom. XI. Minutalia sacra, pag. 12.
(2) Hortologia sacra, lib. III, cap. v, quœst. 2.
(3) Hymnodia Hispanica. De Hymnis ecclesiast. § 28.
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une œuvre grandement difficile de corriger les vers d'autrui, et des vers dont le sens et les paroles étaient dans la mémoire de tout le monde. On demandait aux correcteurs de conserver la mesure et le sens de chaque vers, de maintenir le fonds des expressions, en un mot la couleur particulière. Ils ont rempli cette tâche, suivant nous, autant qu'elle pouvait être remplie. Il y a sans doute de rares endroits où ils ont trop sacrifié à une pureté classique : mais la plupart du temps, l'onction primitive est restée, en même temps que l'expression devenait à la fois plus nette et plus claire. Nous leur reprocherons seulement d'avoir changé le mètre de l'hymne de saint Michel : Tibi, Christe, splendor Patris, et de celles de la dédicace d'une église, Urbs Jerusalem beata et Angularis fundamentum.
Quoi qu'il en soit de notre sentiment particulier, on ne peut nier que l'adoption des hymnes ainsi corrigées n'ait fourni matière à de grandes oppositions. Leurs causes principales étaient la difficulté, en tout temps si grande, de déraciner la routine, l'impossibilité de corriger, sans les gâter, les anciens livres de chœur, enfin la facture peu musicale d'un certain nombre de vers. Cavalli rapporte à ce sujet un mot qui, pour être devenu célèbre, n'en est pas pour cela plus juste. Un Belge, d'ailleurs homme pieux et docte, disait, en parlant des hymnes réformées : accessit latinitas et recessit pietas. Les chantres romains prétendaient aussi que les correcteurs étaient plus familiers avec les muses qu'avec la musique. Il fut impossible d'établir l'usage des hymnes corrigées dans la basilique de Saint-Pierre ; mais elles s'étendirent rapidement dans les autres églises de Rome, de l'Italie, et même de la chrétienté, hors en France. Ceux de nos diocèses qui suivaient le romain pur, préférèrent, en général, garder les anciennes. On rencontre peu d'éditions françaises du bréviaire avant 1789, dans lesquelles les
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nouvelles se trouvent : encore, le plus souvent, sont-elles renvoyées à la fin, en matière d'appendice. Au contraire, les éditions publiées depuis douze ou quinze ans, ont, presque toutes, reproduit uniquement les hymnes corrigées.
Quant aux ordres religieux, ceux qui sont astreints au Bréviaire romain embrassèrent les nouvelles hymnes, excepté toutefois les franciscains des provinces de France. Les ordres et congrégations monastiques gardèrent les anciennes. La congrégation de Saint-Maur est la seule qui, après diverses variations, ait enfin adopté définitivement la correction d'Urbain VIII. Aujourd'hui encore, dans Rome même, les bénédictins du Mont-Cassin, les cisterciens, les chartreux, etc., chantent les anciennes hymnes : elles sont également restées en usage dans le Bréviaire dominicain.
Urbain VIII, après avoir opéré la révision du bréviaire, entreprit celle du missel, considérant ces deux livres, fondement de la Liturgie, comme les deux ailes que le prêtre de la loi nouvelle, à l'exemple des chérubins du tabernacle antique, étend chaque jour vers le vrai propitiatoire du monde (1). La même commission qui avait été établie pour la révision du bréviaire, donna ses soins à celle du missel. On fit aux rubriques plusieurs corrections et éclaircissements, et on rétablit dans sa pureté le texte de l'Écriture, altéré en quelques endroits. Cette correction du missel est aussi la dernière : c'est pour cette raison que ce livre, comme le bréviaire, a porté depuis sur son titre le nom d'Urbain VIII avec ceux de saint Pie V
(1) Quamobrem sicuti nuper ad divini officii nitorem reformari breviarium, ita demum hujus exemplo ad divini sacrificii ornamentum corrigi missale mandavimus; et quoniam hasce quasi alas quas sacerdos, instar cherubim prisci mystici tabernaculi, quotidie pandit ad verum mundi propitiatorium, decet esse plane geminas, atque uniformes, etc. (Bref du 2 septembre 1634.)
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et de Clément VIII. Le bref de publication est du 2 septembre 1634, et commence par ces mots: Si quid est in rebus humanis. Nous ne le donnons pas dans les notes de ce chapitre, parce qu'il présente moins d'intérêt que celui qui a rapport à la révision du bréviaire et à la correction des hymnes. Enfin Urbain VIII publia une nouvelle édition du pontifical, avec quelques changements et améliorations, et la promulgua, comme désormais obligatoire, par un bref du 17 juin 1644, qui commence par ces mots : Quamvis alias.
Nous ne terminerons pas cette histoire liturgique de la première moitié du XVII° siècle, sans parler des accroissements que reçut, durant cette période, le Bréviaire romain par l'addition des offices de plusieurs saints qui furent proposés par les souverains Pontifes au culte de l'Eglise. Il est juste, en effet, que cette épouse du Christ célèbre les triomphes de ses enfants, à quelque siècle qu'ils aient appartenu ; car elle ne doit point rougir de placer dans ses fastes les fils qu'elle a nourris dans la vieillesse de ses mamelles (1), à côté de ceux qui furent les prémices de sa maternité. Au XVII° siècle, la France ne s'était pas rendue sourde encore à cette voix du Pasteur suprême qui retentit à chaque pontificat, dans les églises de Dieu, portant l'ordre qu'à l'avenir tel jour de l'année demeure consacré à la mémoire d'un serviteur de Dieu. Sous la hutte de roseaux, au fond des antres qui le cachent, le missionnaire qui n'a pour consolation que son bréviaire, apprend cette grande nouvelle, et se sent fortifié par ce nouveau signe de vie que lui envoie la Mère des chrétiens; il s'unit à toutes les églises : celle de France est la seule qui ne répétera point avec lui le cantique nouveau.
Clément VIII, dans sa révision du bréviaire, avait, à l'exemple de Grégoire XIII et de Sixte-Quint, ajouté au
(1) Adhuc multiplicabuntur in senecta uberi. (Psalm. XCI, 15.)
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calendrier de saint Pie V plusieurs nouveaux saints. Par différents décrets, il avait établi, pour la première fois, l'office de saint Romuald, abbé de Camaldoli, et celui de saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr, l'un et l'autre du rite semi-double. Il avait élevé au rang des doubles-majeurs la Visitation de la sainte Vierge, les deux fêtes de la Chaire de saint Pierre, à Rome et à Antioche, et celle de saint Pierre-aux-Liens. La fête de saint Jean Gualbert, abbé de Vallombreuse, avait été établie du rite simple, et celle de saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, élevée, de simple qu'elle était, au degré de semi-double. Clément VIII, après avoir uni le culte de l'illustre martyre Flavia Domitilla à celui des saints Nérée et Achillée, avait aussi rehaussé d'un degré cette fête simple jusqu'alors. Mais en retour, sans doute pour ménager davantage les droits du dimanche, il avait abaissé du rang des doubles à celui des semi-doubles, les fêtes de saint François de Paule, de saint Pierre, martyr, de saint Antoine de Padoue et de saint Nicolas de Tolentin.
Paul V établit l'office de saint Casimir, prince polonais, et celui de saint Norbert, instituteur des prémontrés, du rite semi-double. Il approuva du même degré, mais ad libitum, la fête de saint Charles Borromée, celle des Stigmates de saint François; et du rite double, pareillement ad libitum, l'office des saints Anges gardiens. La fête de saint Ubalde, évêque de Gubbio, fut aussi instituée par le même pontife, mais du rite simple. Enfin Paul V rendit à saint François de Paule le degré de double que lui avait enlevé Clément VIII. Mais aucun pape de l'époque qui nous occupe ne surpassa Urbain VIII pour le zèle à instituer de nouveaux offices. Il établit la fête double de saint Hyacinthe, dominicain polonais, et institua semi-doubles de précepte les fêtes de sainte Bibiane, vierge et martyre; de saint Hermégénilde, martyr ; de sainte Catherine de Sienne, vierge ; de saint Eustache et
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ses compagnons, martyrs; enfin, de sainte Martine, vierge et martyre. Urbain VIII approuva, en outre, comme semi-doubles ad libitum, les fêtes de saint Philippe de Néri, instituteur de l'Oratoire de Rome; de saint Alexis, confesseur ; de saint Henri II, empereur ; de sainte Thérèse, vierge, réformatrice du Carmel,et de sainte Elisabeth, reine de Portugal, dont il composa lui-même les hymnes et l'office entier. Innocent X, qui succéda à Urbain VIII, établit du rite double la fête de sainte Françoise, veuve romaine, et du rite semi-double et de précepte, celles de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse et de saint Charles Borromée. L'office de sainte Claire fut aussi établi par ce pontife, mais seulement semi-double ad libitum.
Tels furent les accroissements du Bréviaire romain, et en même temps du missel, jusqu'à la moitié du XVII° siècle. On doit remarquer que la plupart de ces fêtes sont du rite semi-double, pour conserver l'office du dimanche. Nous verrons une révolution en sens contraire s'accomplir successivement, et la récitation hebdomadaire du psautier perdre une partie de son importance à mesure que nous avancerons dans l'histoire liturgique des deux derniers siècles. Nous aurons ailleurs l'occasion de dire notre avis sur cette grave modification liturgique.
Donnons maintenant la bibliothèque des écrivains liturgistes qui ont fleuri dans la première moitié du XVII° siècle.
En tête, nous placerons Victorius Scialak, moine maronite, né au Mont-Liban, qui vivait à Rome au commencement du XVII° siècle, et y enseignait les langues orientales. Il traduisit d'arabe en latin les Liturgies attribuées à saint Basile, à saint Grégoire de Nysse et à saint Cyrille d'Alexandrie. Cette collection fut imprimée à Augsbourg, en 1604.
(1604). Jean de Angelis, frère mineur observantin, donna en espagnol un ouvrage imprimé à Madrid, sous ce titre : Tratadode los sacratissimos mysterios de la Misa.
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(1605). André Hoius ou Hove, professeur de langue grecque à Douai, est auteur d'un livre intitulé : Antiquitatum liturgicarum arcana concionatoribus et pastoribus uberrimum promptuarium, sacerdotibus serium exercitium, religiosis meditationum speculum, nobilibus spiritualis venatio, laicis litteratis sancta devotio, omnia ex diversis auctoribus tribus tomis comprehensa. A Douai, in-8°. Pour être juste, nous devons dire que l'exécution du livre ne répond pas tout à fait à de si magnifiques promesses.
(1606). Jean-Paul Palantieri, franciscain, évêque de Cedonia, a laissé une explication des hymnes ecclésiastiques imprimées à Bologne, en 1606.
(1606). Le célèbre jésuite Jean Gretser, un des plus vaillants antagonistes de la réforme, et dont les œuvres volumineuses forment l'un des plus vastes répertoires de l'érudition catholique, a laissé plusieurs traités intéressants sur les matières liturgiques. Nous citerons en particulier : 1° De Sacris Peregrinationibus, libri IV; 2° De Ecclesiasticis Processionibus, libri II ; 3° Podoniptron seu Pedilavium, hoc est, de more lavandi pedes peregrinorum et hospitum, avec une addition au livre des pèlerinages; 4° De Funere christiano, libri III; 5° De Festis, libri II. Il donna plus tard un supplément à ce dernier ouvrage, dans lequel il traite d'une manière spéciale du culte et de la fête du Saint Sacrement. 6° De Benedictionibus, libri duo, et tertius de maledictionibus; 7° De sancta Cruce, ouvrage non moins fécond pour la science liturgique que pour, celle de l'antiquité chrétienne en gèlerai. Nous omettons un grand nombre d'autres opuscules qui figurent avec les livres que nous venons de citer dans la belle édition des œuvres de Gretser, donnée en dix-sept volumes in-folio, à Ingolstadt, en 1734.
(1607). Nicolas Serrarius, jésuite lorrain, est auteur de deux livres intitulés : le Litaneutique ou des Litanies,
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dans le premier desquels il traite de l'antiquité et de l'utilité des litanies, et dans le second de l'invocation des saints. Il a composé aussi un traité des Processions divisé pareillement en deux livres. Ces deux ouvrages, remplis de science et d'intérêt, se trouvent dans la collection des opuscules de Serrarius, imprimée à Mayence en 1611, in-folio.
(1608). Jean-Baptiste de Rubeis publia à Plaisance un livre intitulé : Rationale divinorum officiorum. Quelques recherches que nous ayons faites d'ailleurs, l'auteur et son livre ne nous sont connus que par la simple mention qu'en fait Zaccaria.
(1610). Ce fut en cette année que les éditeurs parisiens de la Bibliotheca veterum Patrum, de Margarin de la Bigne, donnèrent en manière de supplément un dixième tome qui contient une nouvelle et meilleure édition de la collection liturgique d'Hittorp. Cette édition, qui est postérieure de dix-neuf ans à celle que Ferrari avait publiée à Rome, à la fin du XVI° siècle,est la dernière de toutes. Elle est aussi la plus correcte, principalement pour l'ouvrage d'Honorius d'Autun, intitulé : Gemma animœ.
(1610). André Duval, docteur et professeur de Sorbonne, si connu par sa franche orthodoxie, a publié, en 161 o, un ouvrage mentionné par Ellies Dupin, sous ce titre : Observations sur quelques livres de l'Église de Lyon.
(1611). Claude Villette, chanoine de Saint-Marcel de Paris, a laissé un ouvrage intitulé : Les raisons de l'office, et cérémonies qui se font en l'Église catholique, apostolique et romaine. Ensemble les raisons des cérémonies du sacre de nos rois de France, et des douze marques uniques de leur royauté céleste, par-dessus tous les rois du monde. Ce livre, dont la doctrine est puisée dans les liturgistes du moyen âge, présente un grand intérêt, et a eu plusieurs éditions, tant du format in-4° que du format in-12.
(1611). Jean Chapeauville, docteur de Louvain, est auteur de l'ouvrage suivant qni a été réimprimé plusieurs
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fois : Tractatus de necessitate et modo ministrandi sacramenta tempore pestis (Mayence, 1612, in-8°). On trouve, à la fin du second volume de Fhistoire des évêques de Liège, par le même, un traité historique de prima et vera Origine festivitatis SS. Corporis et Sanguinis Christi.
(1613). Augustin de Herrera, jésuite espagnol, a laissé deux ouvrages importants, imprimés à Séville, dans la langue nationale, le premier sous ce titre : Del Origen, y progreso en la Iglesia catholica de los ritos, y ceremonias, que se usan en el santo sacrifïcio de la Misa (1613, in-4°) ; et le second intitulé : Origen,y progreso del oficio divin, y de sus observancias calholicas, desde el siglo primero de la Iglesia al presente (1644, in-4°).
(1613). Jean-Baptiste de Glano, religieux augustin, docteur de Paris, a composé, au rapport d'Ellies Dupin, un livre intitulé : Des Cérémonies des principales Églises de l'Europe.
(1615). Joseph Visconti, connu dans la république des lettres sous son nom latinisé de Vicecomes, fut un des conservateurs de la bibliothèque Ambrosienne, fondée à Milan, par l'illustre cardinal Frédéric Borromée. Il a composé sous le titre d'Observationes ecclesiasticœ, quatre volumes devenus rares, mais honorés d'une juste célébrité (Milan, 1615, 1618, 1620, 1626, in-4°). Le premier traite des rites du baptême ; le second, de ceux de la confirmation; le troisième, des cérémonies de la messe, et le quatrième, des choses à préparer pour célébrer convenablement ce sacrifice.
(1616). Jean-Baptiste Scortia, jésuite génois, a publié quatre livres, de Sacrosancto missœ sacrifïcio, qui ont été imprimés à Lyon, en 1616, in-4°, et qui attestent une science remarquable dans leur auteur.
(1617). Pierre Halloix, savant jésuite flamand, parmi ses nombreux écrits, a laissé sur une matière liturgique l'ouvrage intitulé : Triumphus sacer sanctorum, sive de
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cœremoniis in reliquiarum sanctorum translationibus usurpatis. «Antverpiœ » (In-8°).
(1618). Martin de Alcazar, hiéronymite, est auteur de l'ouvrage suivant: Kalendarium romanum perpetuum ex Breviario et Missali démentis VIII authoritate recognitis, cum festis quae generaliter in Hispaniam celebrantur, in quo ordo recitandi officium divinum et missas celebrandi dilucide exponitur (Madrid, in-4°). Cet ouvrage parait être le premier dans son genre, et précéda de plusieurs années l’Ordo perpetuus de Gavanti.
(1619). Gaspard Loartes est auteur d'un livre imprimé à Cologne, sous ce titre : De Sacris Peregrinationibus, Reliquiis et Divitiis (1619, in-4°). Nous ne connaissons cet auteur et son livre que par Etlies Dupin et Zaccaria.
(1619). Le cardinal Frédéric Borromée, archevêque de Milan et neveu de saint Charles, outre le Cœremoniale Ambrosianum, par lequel il compléta la Liturgie de son Eglise, est auteur d'un livre imprimé à Milan,en 1632, du format in-folio, sous ce titre : De Concionante Episcopo, dans lequel il traite savamment de l'appareil liturgique qui doit accompagner l'évêque annonçant la parole de Dieu à son peuple.
(1621). François-Bernardin Ferrari, préfet delà bibliothèque Ambrosienne, a laissé un ouvrage en trois livres sur un sujet analogue à celui du cardinal Frédéric Borromée, sous ce titre : De Ritu sacrarum ecclesiœ veteris concionum, in-4°. Ce livre remarquable a été réimprimé plusieurs fois. Nous avons encore du même Ferrari, sur une matière liturgique, sept livres de veterum Acclamationibus et Plausu. 1627, in-4°. Il y traite en effet des acclamations, tant dans les assemblées ecclésiastiques, que dans les réunions profanes.
(1623). Michel Lonigo, personnage dont nous ignorons les qualités, mais qui paraît avoir exercé les fonctions de cérémoniaire, a composé un livre curieux intitulé : Dell’uso
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delle vesti de signori cardinali, tanto nelle chiese di Roma, quanto fuori. A Venise, in-8°, 1623.
(1623). Gabriel de l'Aubespine, évêque d'Orléans, homme d'une grande érudition, a bien mérité de la Liturgie par son livre de Veteribus Ecclesiœ Ritibus, imprimé à Paris, in-4°, en 1623; et par un autre, en français, intitulé: Ancienne police de l'Eglise sur l'administration de l'eucharistie et sur les circonstances de la messe. Paris-8°, 1629.
(1625). Fortunat Scacchi, religieux augustin, fut évêque de Porphyre et sacristain de la chapelle papale. Il est l'auteur d'un bel ouvrage sur les huiles et les onctions sacrées, qui parut à Rome en 1625, in-4°, et a été réimprimé, au XVIIe siècle, à Amsterdam, du format in-folio. Il porte ce titre : Sacrorum Elœochrismatum myrothecia tria. Nous ne parlerons point de l'ouvrage inachevé du même Scacchi, sur la canonisation des saints, non plus que d'un certain nombre de traités de divers auteurs sur le même sujet, parce qu'ils sont presque exclusivement consacrés au détail et à la discussion des procédures, et que la partie liturgique n'y tient qu'une place fort restreinte. Il en est tout autrement de l'ouvrage de Benoît XIV.