Institutions liturgiques (page 41)

Dom Prosper Guéranger · Vie de l'Église

Texte français, domaine public · Source : bibliotheque-monastique.ch — Institutions liturgiques, 4 volumes · 178 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

(1626). Mutio, capucin italien, publia à Rome, en 1612, un ouvrage intitulé : Tractatus de significatis sacrosancti sacrificii missœ, et un autre, en 1626, sous ce titre : Declaratio de divinis officiis et de cœremoniis quae fiunt in exequiis defunctorum.

(1628). Barthélemi Gavanti, Milanais, de la congrégation des clercs réguliers de saint Paul, appelés aussi barnabites, a laissé un nom à jamais célèbre dans les fastes de la Liturgie. Nous avons vu qu'il fut appelé, par Clément VIII et Urbain VIII, à faire partie des commissions que ces deux pontifes formèrent, à trente années d'intervalle, pour la révision du bréviaire et du missel. En 1632, il fut désigné par l'archevêque de Milan pour faire à lui seul les changements, additions et corrections nécessaires

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dans le cérémonial de cette grande Église. Sa réputation de liturgiste s'étendit jusqu'en Allemagne et en France. Le cardinal d'Arach, archevêque de Prague, l'accabla de sollicitations pour le déterminer à venir régler les cérémonies de son diocèse : Urbain VIII refusa à Gavanti la permission de sortir de Rome. Le pape donnait en ces termes le motif de son refus, dans un bref qu'il adressa au célèbre liturgiste : Rescribo te, auctoritate nostra, universœ Ecclesiœ beneficio, in breviarii Romani emendatione occupatum. Le P. Boudier, savant liturgiste bénédictin, vint jusqu'à six fois à Rome pour conférer avec Gavanti. Enfin plusieurs évêques de France le sollicitèrent à leur tour de passer les Alpes, et de venir travailler à une édition du pontifical à l'usage des Églises de ce royaume. Il mourut en 1638. Ses principaux ouvrages sur la Liturgie sont:

1° Thesaurus sacrorum rituum, sive Commentaria in rubricas Missalis et Breviarii. Ce livre est trop populaire pour que nous ayons besoin de nous étendre sur son mérite. Nous parlerons plus loin de l'édition qu'en a donnée Merati.

2° Octavarium romanum. Nous aurons bientôt l'occasion de parler de ce livre.

3° Ordo perpetuus recitandi officium divinum.

(1629). Louis Cressol, jésuite français, a laissé, sous le titre de Mystagogus, de Sacrorum hominum disciplina (Paris, in-folio), un livre rempli d'érudition liturgique.

(163o). Jean Filesac, docteur de Sorbonne, doyen de cette Faculté, curé de Saint-Jean-en-Grève, fut un homme remarquable par sa profonde érudition sacrée et profane. On trouve sur certaines questions de la science liturgique, un grand nombre de détails curieux dans ses divers écrits, qui ont été recueillis en deux collections, l'une intitulée : Opera varia (Paris, 1614, 2 vol. in-8°); l'autre Opera selecta (Paris, 1621, 3 vol. in-4°). Cette dernière renferme, entre autres, les dissertations suivantes :. De Cœremoniis;

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de Sanctorum festis diebus; Sanctorum imaginum radiatum caput ; Baptismi lux et candor ; Funus vespertinum ; de Cantu Ecclesiœ, etc.

(1634). Anaclet Secchi, barnabite, est auteur d'un ouvrage précieux et souvent réimprimé, sur le chant ecclésiastique; il porte ce titre: Hymnodia ecclesiastica, et a été imprimé, entre autres éditions, à Anvers, en 1634, in-8°. Il a été depuis traduit en langue italienne.

(1634). Pierre Arcudius, savant prêtre grec, a laissé un ouvrage très-célèbre sur la Liturgie des Grecs comparée avec celle des Latins, dans l'administration des sacrements. Il est intitulé : De Concordia Ecclesiœ occidentalis et orientalis in sepiem Sacramentorum administratione. Les premières éditions de Paris sont de 1619 et 1625, in-4°.

(1635). Simon Vaz Barbosa, Portugais, docteur de Coïmbre, frère du célèbre canoniste du même nom, est auteur d'un livre imprimé à Lyon, in-8°, en 1635, sous ce titre : Tractatus de dignitate, origine, et significatis mjsteriosis ecclesiasticorum graduum, officii divini, vestium sacerdotalium et pontificalium, atque verborum, cceremoniarum et aliarum rerum pertinentium ad sanctissimum Missœ sacrificium.

(1637). Marc Diaz, Portugais, franciscain de l'observance, fit paraître à Rome, en 1637, un Ordo perpetuas recitandi officii divini.

(1637). Joseph de Sainte-Marie, chartreux espagnol, a publié à Séville, en 1637, un ouvrage in-4°, sous ce titre : Sacros ritos y ceremonias baptismales ; et un autre du même format, en 1642, intitulé : Triunfo del agua bendita. Il paraît qu'il avait travaillé aussi sur les exorcismes.

(1638). Dominique Giacobazzi, dit en latin Jacobatius, a composé le fameux traité de Conciliis, qui est joint à l'édition des Conciles de Labbe. On trouve dans cet important ouvrage, tous les détails nécessaires sur les formes liturgiques qui doivent être employées dans les conciles.

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(1641). Jacques Éveillon, chanoine de Saint-Maurice d'Angers, fut chargé, vers 1620, par Guillaume Fouquet, son évêque, de la révision du bréviaire et du rituel de ce diocèse. Il a publié, sur les matières liturgiques, deux ouvrages estimés. Le premier est intitulé : De Processionibus ecclesiasticis liber. (Paris, in-8°, 1641.) Le second a pour titre : De Recta psallendi ratione. (La Flèche, in-4°, 1646.)

(1641). Jean Garcia, franciscain espagnol, publia, à Lima, en 1641, un ouvrage sous ce titre : Explicacion de los misierios de la misa, y de sus ceremonias.

(1641). Jacques Lobbetius, de Liège, est auteur d'un volume in-4°, imprimé en cette ville, sous ce titre : De Religioso templorum cultu.

(1642). Dom Hugues Ménard, qui ouvre avec tant de gloire l'imposante liste des savants de la congrégation de Saint-Maur, fut un liturgiste du premier ordre. Il suffira de mentionner ici son édition du Sacramentaire de saint Grégoire, donnée à Paris en 1642, in-4°, avec les excellentes notes dont il l'accompagna. On sait que Dom Denys de Sainte-Marthe n'a pas cru pouvoir mieux faire que d'admettre tout ce travail de son ancien confrère dans sa belle édition des œuvres de saint Grégoire le Grand.

(1643). Isaac Habert, docteur de Sorbonne, chanoine de Paris, puis évêque de Vabres, donna en cette année une édition de l’Archieraticon, ou Pontifical de l'Église grecque. Il appartient en outre à la bibliothèque des liturgistes du XVIIe siècle, par plusieurs hymnes remarquables par l'onction et. la facilité, et qui ont été admises dans la plupart des modernes bréviaires de France.

(1646). André du Saussay, évêque de Toul, a laissé trois ouvrages curieux sur les habits sacrés. Le premier, sur les ornements épiscopaux, est intitulé : Panoplia episcopalis, seu de sacro episcoporum ornatu. Libri VII. (Paris, 1646, in-folio.) Le second, qui traite de l'habit clérical, a pour titre : Panoplia clericalis, seu de clericorum tonsura

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et habitu. Libri XV. (Paris, 1649, in-folio.) Le troisième, enfin, a pour objet les vêtements sacrés du prêtre, sous ce titre : Panoplia sacerdotalis, seu de venerando sacerdotum habitu. Libri XIV. (Paris, 1653, in-folio.) Du Saussay est encore auteur d'un livre sur le chant ecclésiastique, publié à Toul, in-8°, en 1657, et intitulé: Divina doxologia, seu sacra glorificandi Deum in hymnis et canticis methodus, et d'un autre qui a pour titre : De sacro ritu prœferendi crucem majoribus prœlatis ecclesiœ libellus. 1628, in-8°.

(1647). Jacques Goar, dominicain, s'est rendu à jamais célèbre dans les fastes de la Liturgie, par son édition de l’Eucologion des Grecs, avec une traduction latine et des notes savantes. L'ouvrage fut imprimé à Paris, en 1647, in-folio.

(1648). Léon Allacci, en latin Allatius, l'un des plus savants littérateurs italiens du xvne siècle, était né de parents grecs. Il eut la charge de bibliothécaire du Vatican, et a laissé beaucoup de travaux destinés à faire connaître la Liturgie des Grecs modernes. Nous citerons, entre autres, les dissertations de Dominicis et hebdomadibus recentiorum Grœcorum; de Missa prœsanctificatorum, et de communione orientalium sub specie unica, que l'on trouve à la suite de l'excellent traité de Ecclesiœ occidentalis et orientalis perpetua consensione. (Paris, 1648, in-4°.) Allacci a laissé aussi un traité de Libris ecclesiasticis Grœcorum (Cologne, 1645, in-8°); un autre, de Templis Grœcorum recentioribus, de Narthece Ecclesiœ veteris et de Grœcorum quorumdam ordinationibus (Cologne, 1645, in-8°),etc.

(1646). Michel Bauldry, bénédictin de l'ancienne observance, grand prieur de Maillezais, a acquis une juste célébrité tant en France qu'à l'étranger, par son excellent Manuale sacrarum cœremoniarum juxta ritum sanctœ Romanœ ecclesiœ, in quo omnia quœ ad usum omnium cathedralium,  collegiatarum, parochialium,   sœcularium  et

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regularium ecclesiarum pertinent, accuratissime tractantur. (Paris, 1646, in-4°.) Cet ouvrage, fruit des travaux d'un simple particulier, a obtenu six éditions, et la pratique qui y est exposée avec une clarté admirable a été adoptée par tous les auteurs qui, depuis, ont écrit sur les cérémonies romaines. Bauldry rédigea aussi le Cérémonial de la congrégation de Saint-Maur, à la prière des supérieurs de ce corps illustre : il y fit entrer une grande partie de son Manuel, qu'il adapta aux usages claustraux, et porta cet ouvrage à une grande perfection.

(1649). Marc-Paul Léo ne nous est connu que par Zaccaria, qui mentionne avec un grand éloge un livre publié par cet auteur, à Rome, en 1649, sous ce titre : De auctoritate et usu pallii pontificii.

Nous terminerons ce chapitre par les remarques suivantes :

1° Durant la première moitié du XVII° siècle, l'Église universelle se reposa dans l'unité liturgique.

2° L'Église de France commença de ressentir les premières atteintes d'une réaction contre la liberté de la Liturgie. Cette réaction provenait des influences de la magistrature séculière.

3° En même temps qu'elle protestait, mais en vain, contre les entreprises de la magistrature, l'Assemblée de 1605 donna le premier exemple d'une entreprise contre le Missel de saint Pie V.

4° Rome continua de déterminer, avec une imposante solennité, les formes générales de la Liturgie, et l'Occident tout entier se montrait attentif et docile à ses prescriptions.

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NOTES DU CHAPITRE XVI

NOTE A

PAULUS PAPA V,

AD PERPETUAM REI MEMORIAM.

Apostolicas Sedi per abundantiam divinae gradae, nullis suffragantibus meritis, praepositi, Nostrae sollicitudinis esse intelligimus, super universam Domum Dei ita invigilando intendere, ut opportunis in dies magis rationibus provideatur, quo, sicut admonet Apostolus, omnia in ea honeste, et secundum ordinem fiant, praecipue vero quae pertinent ad Ecclesiae Dei sacramentorum administrationem, in qua religiose observari apostolicis traditionibus, et SS. Patrum Decretis constitutos ritus et caeremonias pro nostri officii debito curare omnino tenemur. Quamobrem fel. rec. Pius Papa V, Praedecessor noster, hujus nostri tune sui officii memor, ad restituendam sacrorum rituum observationem in sacrosancto missas sacrificio, divinoque officio, et simul ut catholica Ecclesia in Fidei unitate, ac sub uno visibili capite B. Pétri successore Romano pontifice congregata, unum psallendi et orandi ordinem., quantum cum Domino poterit, teneret, breviarium primum, et deinde missale Romanum, multo studio et diligentia elaborata pastorali providentia edenda censuit. Cujus vestigia eodem sapientiae spiritu secutus similis memoriae Clemens Papa VIII, etiam Praedecessor noster, non solum episcopis, et inferioribus Ecclesiae praelatis accurate restitutum Pontificale dedit, sed etiam complures alias in cathedralibus et inferioribus ecclesiis caeremonias promulgato Caeremoniali ordinavit. His ita constituas, restabat, ut uno etiam volumine comprehensi, sacri et sinceri catholicae Ecclesiae ritus, qui in sacramentorum administratione, aliis-que ecclesiasticis functionibus servari debent, ab iis qui curam anima-rum gerunt apostolicae Sedis auctoritate prodirent, ad cujus voluminis prœscriptum, in tanta ritualium multitudine, sua illi ministeria tanquam ad publicam et obsignatam normam peragerent, unoque ac fideli ductu inoffenso pede ambularent cum consensu. Quod quidem jampridem agitatum negotium, postquam generalium Conciliorum graece latineque divina gratia editorum opus morari desivit, sollicite urgere nostri muneris esse existimavimus. Ut autem recte et ordine, ut par erat, res ageretur, nonnullis ex Venerabilibus Fratribus nostris S. R. E. Cardinalibus, pietate, doctrina et prudentia praestantibus, eam demandavimus, qui cum consilio eruditorum virorum, variisque praesertim antiquis et quas   circumferuntur,   Ritualibus  consultis, eoque  in primis, quod  vir

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singulari pietatis zelo, et doctrinas bonae memoriae Julius Antonius S. R. E. Card. S. Severinas nuncupatus, longo studio, multaque industria et labore plenissimum composuerat, rebusque omnibus mature consideratis, demum divina aspirante clementia, quanta oportuit brevitate, Rituale confecerunt. In quo cum receptos et approbatos catholicae Ecclesiae ritus suo ordine digestos conspexerimus, illud sub nomine ritualis Romani merito edendum publico Ecclesiae Dei bono judicavimus. Quapropter hortamur in Domino Venerabiles Fratres Patriarchas, Archiepiscopos, et Episcopos, et dilectos Filios eorum Vicarios, necnon Abbates, Parochos universos, ubique locorum existentes, et alios, ad quos spectat, ut in posterum tanquam ecclesiae Romanae filii, ejusdem Ecclesiae omnium matris et magistrae auctoritate constituto rituali in sacris functionibus utantur, et in re tanti momenti, quae catholica Ecclesia, et ab ea probatus usus antiquitatis statuit, inviolate observent.

Datum Romae apud S. Mariam Majorem, sub Annulo Piscatoris, die 17 Junii M DC XIV. Pontifcatus Nostri anno X.

NOTE  B

PAULUS PAPA   V,

AD  FUTURAM REI  MEMORIAM.

Ex injuncto nobis desuper apostolicae servitutis officio ad ea libenter intendimus, per quae piis monachorum ordinis. sancti Benedicti, qui in Ecclesia Dei singulari quodam splendore refulgent votis consulitur, prout in Domino conspicimus salubriter expedire. Cum itaque, sicut accepimus, dilecti filii procuratores generales monachorum militantium sub regula sancti Benedicti ad reformationem sui ordinis Breviarii, et aliorum librorum ecclesiasticorum choralium deputati, post diuturnos et multos labores, Breviarium, et libros hujusmodi reformaverint, eaque reformatione praestiterint, ut ordinis praedicti religiosi in posterum uniformi ritu Horas canonicas recitaturi, et sacrificium laudis cum consensu Altissimo immolaturi sint, cum antehac diversa officia peragerent; Nos laudabile consilium hujusmodi plurimum commendantes, et omnes ejusdem ordinis religiosos ad Breviarium, et libros chorales, ut praefertur, reformatos, unanimiter recipiendos, in Domino hortantes, et opus hujusmodi quantum cum Domino possumus, promovere cupientes, ut Breviarii, et librorum praedictorum editio emendatior, et fidelior peragatur, etc. Caeterum ut praedicti religiosi ad Breviarium, et libros chorales, ut praefertur, reformatos, unanimiter recipiendos eo alacrius inducantur, quo spiritualibus etiam donis se magis refectos esse compererint, etiam providere volentes : omnibus et singulis praedictis religiosis, ut Breviarium hujusmodi sic reformatum recitando, eadem privilegia, gratias, et indulgentias, ac peccatorum remissiones consequantur, quae

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fel. rec. Pius Papa V, praedecessor noster recitantibus breviarium Romanum concessit, auctoritate et tenore praedictis indulgemus. Non obstante nostra de non concedendis indulgentiis ad instar, et aliis constitutionibus, et ordinationibus apostolicis, ac quibusvis statutis, et consuetudinibus, etiam juramento, confirmatione apostolica, vel quavis firmitate alia roboratis, privilegiis quoque, indultis, et litteris apostolicis in contrarium praemissorum, quomodolibet concessis, confirmatis, et inno-vatis, ceterisque contrariis quibuscumque. Volumus autem ut praesentium transsumptis, etiam in ipsis libris impressis, manu alicujus Notarii publici subscriptis, et sigillo personae in dignitate Ecclesiastica constitutas munitis, eadem prorsus rides adhibeatur, quas praesentibus adhiberetur, si forent exhibitas vel ostensas.

Datum Romae apud S. Marcum, sub Annulo Piscatoris, die I Octobris M DC XII. Pontificatus nostri anno VIII.

NOTE C

URBANUS  PAPA  VIII,

AD   PERPETUAM   REI   MEMORIAM.

Divinam Psalmodiam sponsas consolantis in hoc exilio absentiam suam a sponso coelesti, decet esse non habentem rugam, neque maculam ; quippe cum sit ejus Hymnodiae filia, quas canitur assidue ante Sedem Dei et Agni, ut illi similior prodeat, nihil, quantum fieri potest, praeferre debet, quod psallentium animos, Deo ac divinis rebus, ut convenit, attentos, avocare alio ac distrahere possit : qualia sunt, si quae interdum in sententiis aut verbis occurrant non tam apte concinneque disposita, ut tantum tantique obsequii ac ministerii opus exigeret. Quae causae quondam impulere summos Pontifices praedecessores nostros felicis memorias Pium hujusce nominis quintum, ut breviarium Romanum incertis per eam aetatem legibus vagum, certa, stataque orandi methodo inligaret, et Clementem VIII, ut illud ipsum lapsu temporis, ac typographorum incuria depravatum, decori pristino restitueret Nos quoque in eamdem cogitationem traxere et sollicitudo nostra erga res sacras, quas primam et optimam partem muneris nostri censemus, et piorum doctorumque virorum judicia et vota, conquerentium in eo contineri non pauca, quae sive a primo nitore institutionis excidissent, sive inchoata potius quam perfecta forent ab aliis, certe a Nobis supremam imponi manum desiderarent. Nos itaque huic rei sedulam operam navavimus, et jussu nostro aliquot eruditi et sapientés viri suam serio curam contulerunt, quorum diligentia studioque perfectum opus est, quod gratum omnibus, Deoque et sanctas Ecclesiae honorificum fore speramus : siquidem in eo Hymni (paucis exceptis) qui non metro, sed soluta oratione; aut  etiam  rhythmo  constant, vel emendatioribus  codicibus  adhibitis,

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el  aliqua  facta mutatione ad  carminis et Latinitatis leges, ubi  fieri potuit, revocati; ubi  vero  non   potuit, de integro conditi  sunt; eadem tafnen, quoad licuit, servata sententia. Restituta in Psalmis et Canticis interpunctio editionis  Vulgatae, et   canentium  commoditati,  ob  quam eadem interpunctio mutata  interdum fuerat, additis asteriscis consultum. Patrum Sermones et Homiliae collatas cum pluribus impressis editionibus et veteribus manuscriptis, ita multa suppleta, multa emendata, atque correcta.   Sanctorum  Historias ex priscis  et probatis  auctoribus recognitas. Rubricae detractis  nonnullis, quibusdam  adjectis, clarius et commodius explicatae. Denique omnia magno et longo labore diligenter accurateque ita disposita et expolita, ut quod erat in votis, ad optatum exitum perductum sit. Cum igitur tanta tamque exacta doctorum hominum industria,  ne  plani  in irritum  recidat, requirat typographorum fidem, mandavimus dilecto filio Andrea; Brogiotto, Typographias nostrae apostolicas  Praefecto, procurationem   hujus Breviarii, in  lucem  primo edendi; quod exemplar, qui posthac Romanum breviarium impresserint, sequi omnes teneantur. Extra Urbem vero nemini licere volumus idem Breviarium in  posterum typis excudere, aut evulgare, nisi facultate in scriptis  accepta ab Inquisitoribus  haereticae  pravitatis, siquidem  inibi fuerint, sin  minus,  ab locorum Ordinariis. Quod si quis quacumque forma contra praescriptam, breviarium Romanum aut typographus impresserit, aut impressum bibliopola vendiderit, extra ditionem nostram ecclesiasticam excommunicationis latas sententias poenae subjaceat, a qua nisi  a  Romano pontifice (praeterquam in  mortis  articulo  constitutus) absolvi nequeat; in alma vero Urbe, ac reliquo Statu ecclesiastico commorantes quingentorum auri de Camera, ac amissionis librorum, et typorum omnium eidem Cameras applicandorum poenas, absque alia declaratione irremissibiliter incurrant; et nihilominus Breviaria sine praedicta facultate impressa, aut evulgata, eo ipso prohibita censeantur. Inquisitores vero, locorumque Ordinarii facultatem hujusmodi non prius concedant, quam Breviarium tam ante, quam post impressionem cum hoc ipso exemplari, auctoritate nostra vulgato, diligenter contulerint,  et nihil in  iis additum detractumque cognoverint. In ipsa autem facultate, cujus exemplum in fine  aut initio cujusque Breviarii impressum semper addatur, mentionem manu propria faciant absolutas hujusmodi collationis, repertaeque inter utrumque Breviarium conformitatis, sub poena Inquisitoribus privationis suorum officiorum, ac inhabilitatis ad illa, et alia in posterum obtinenda ; Ordinariis vero locorum suspensionis a divinis, ac interdicti ab ingressu Ecclesias; eorum vero Vicariis privationis officiorum et beneficiorum suorum, et inhabilitatis ad illa, et alia in posterum obtinenda, necnon   excommunicationis  absque   alia  declaratione   incurrendas.   Sub iisdem etiam prohibitionibus et poenis comprehendi intendimus et volumus ea omnia, quae a breviario Romano ortum habent, sive ex parte, sive in totum : cujusmodi sunt Missalia, Diurna, Officia parva beatae Virginis, Officia majoris Hebdomadas, et id genus alia,  quas. deinceps non imprimantur,

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nisi praevia illorum, et cujuslibet ipsorum in dicta typographia per eumdem Andream impressionem, ut omnino cum Breviario de mandate nostro edito concordent. Injungimus autem Nuntiis nostris ubique locorum degentibus, ut huic negotio diligenter invigilent, cunctaque ad praescriptum hujus voluntatis nostrae confici curent. Nolumus tamen his litteris Breviaria, etalia praedicta, quœ impressa sunt hactenus, prohiberi, sed indemnitati omnium consulentes tam typographis et bibliopolis vendere, quam ecclesiis, clericis, aliisque retinere, atque iis uti apostolica benignitate permittimus et indulgemus. Non obstantibus licentiis, indultis et privilegiis Breviaria imprimendi quibuscumque typographis per Nos, seu Romanos pontifices praedecessores nostros huc usque concessis, quae per praesentes expresse revocamus, et revocata esse volumus ; necnon constitutionibus, et ordinationibus generalibus, et specialibus in contrarium praemissorum quomodocumque editis, confirmatis et approbatis, Quibus omnibus, etiamsi de illis, eorumque totis tenoribus specialis, specifica, et expressa mentio habenda esset, tenores hujusmodi praesentibus pro expressis habentes, hac vice dumtaxat specialiter, et expresse derogamus, caeterisque contrariis quibuscumque. Volumus autem, ut praesentium litterarum nostrarum exemplaribus, etiam in ipsis Breviariis impressis, vel manu alicujus Notarii publici subscriptis, et sigillo alicujus personae in dignitate ecclesiastica constitutas munitis, eadem prorsus fides adhibeatur, quae ipsis praesentibus adhiberetur, si essent exhibitae vel ostensae.

Datum Romae apud S. Petrum, sub Annulo Piscatoris,  die vigesima quinta Januarii, M DC XXXI. Pontificatus nostri Anno VIII.

FIN  DES  NOTES  DU  SEIZIEME  CHAPITRE.

II - PRÉFACE

INSTITUTIONS LITURGIQUES

PAR LE R.P. DOM PROSPER GUÉRANGER

ABBÉ DE SOLESMES

Sanas Pontificii Juris et sacrae Liturgiae traditiones labescentes confovere

Deuxième Édition

TOME DEUXIÈME

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE

Victor PALÉ éditeur des Bollandistes, DIRECTEUR GÉNÉRAL

Paris, 76 rue des Saints-Pères

Bruxelles, 29 rue des Paroissiens

PRÉFACE

En donnant enfin au  public le second volume de nos Institutions Liturgiques,  nous éprouvons le besoin de justifier le retard  que nous avons mis à satisfaire à des engagements réitérés.

Certes, nous pouvons nous rendre ce témoignage, que notre bonne volonté est demeurée entière; mais nos forces affaiblies par un long malaise n'ont pas servi notre courage, et nous avons vu les mois, et presque les années, s'accumuler, sans nous rendre cette vigueur qui pourtant nous était nécessaire pour achever la rude tâche que nous nous étions imposée.

D'un autre côté, les nécessités du plan que nous nous sommes tracé, exigeant impérieusement que nous ne fissions pas trop attendre la dernière partie de cette Introduction historique, il nous a fallu subir les exigences du sujet, et, partant, donner au présent volume une dimension presque double de celle à laquelle nous avions cru devoir étendre le premier.

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Du moins, ce long délai, durant lequel nous avons reçu les instances les plus vives et les plus multipliées pour la continuation de l'ouvrage, aura servi à manifester l'intérêt qui désormais paraît devoir s'attacher aux études liturgiques si longtemps éclipsées en France. Assurément, lorsque nous prîmes la plume pour écrire sur ces matières, nous étions loin de nous attendre que notre faible travail dût exciter aussi vivement l'attention des catholiques, et que le siècle fût en mesure de témoigner tant de sympathie pour une œuvre que plusieurs pouvaient croire surannée dans son objet, et que certains symptômes semblaient signaler à l'opinion comme étant tout au moins dépourvue de ce qu'on est convenu d'appeler aujourd'hui actualité.

Nous bénissons le Père des lumières qui a bien voulu qu'il en fût autrement; car ce travail a été entrepris dans des intentions pures, et ce nous est une grande joie de voir se préparer un retour vers l'étude et l'amour des pieuses traditions des âges catholiques. Profès d'un Institut qui place en tête de tous ses devoirs le Service liturgique, il est naturel que nos désirs et nos efforts se tournent vers ce but auquel nous avons voué avec bonheur notre vie tout entière.

Mais avant d'ouvrir la source des mélodies, avant d'expliquer les mystères célestes, il nous fallait tracer un tableau général des vicissitudes de la Liturgie, raconter sa marche à travers les siècles, son admirable progrès, ses altérations en quelques lieux; arriver ainsi à établir l'aspect général de cette immense forme du catholicisme. Cet aperçu, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, était

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indispensable, tant pour asseoir sur la base inébranlable des faits la partie didactique de l'ouvrage tout entier, que pour subvenir aux besoins des personnes qui ne possèdent point un ensemble sur la matière des faits liturgiques.

Et le nombre de ces personnes est plus grand que nous ne l'aurions pensé. On rencontre des hommes versés dans les sciences ecclésiastiques, récitant chaque jour les heures canoniales dans un bréviaire, célébrant la sainte messe dans un missel, et avouant avec simplicité ne s'être jamais préoccupés de savoir les noms des rédacteurs de ce bréviaire, de ce missel, qu'ils ont sans cesse entre les mains. Bien plus, un écrivain exact, et même minutieux, l'auteur des Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique pendant le XVIII° siècle, en est venu jusqu'à omettre, dans son livre, le récit d'un si grand fait que le changement de la Liturgie dans l'Eglise de France au XVIII° siècle. C'est à peine si on trouve, dans ses quatre volumes, quelques mots épars, à l'aide desquels on puisse se douter qu'une révolution quelconque ait eu lieu chez nous dans les choses du service divin, tandis qu'il est matériellement incontestable que rien d'aussi grave sous ce rapport ne s'était opéré dans nos églises, depuis l'époque de Charlemagne.

L'histoire des deux derniers siècles liturgiques devra c donc paraître quelque peu étrange à certains esprits préoccupés qui n'aiment pas qu'on les dérange, ou qu'on trouble leur quiétude. Il est des hommes qui voudraient qu'on ne parlât jamais des choses auxquelles ils n'ont pas l'habitude de songer, et qui se trouvent portés à nier de

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prime abord ce qu'ils ne rencontrent pas dans leurs souvenirs. Quoi qu'il en soit de l'effet que peut produire sur ces derniers la lecture de cette histoire, nous nous flattons du moins que les lecteurs sans préjugés rendront justice aux efforts qu'il nous a fallu faire pour en rassembler les matériaux, tout imparfait d'ailleurs que puisse leur sembler le résultat.

Mais il est un avertissement que nous croyons devoir i déposer ici pour l'utilité de plusieurs personnes. Il consistera tout simplement à dire que quiconque n'est pas familiarisé avec l'histoire du jansénisme, ne saurait jamais qu'imparfaitement saisir la situation de l'Église de France au XVIII° siècle. Si donc on avait oublié la Distinction du fait et du droit, le Cas de conscience, les Réflexions morales, le Problème ecclésiastique, l’Appel et le Réappel, les Héxaples de la Constitution, le Figurisme, le Sécourisme, la Venue d'Élie, etc. ; si on ne savait plus ce que la secte appelait la Vérité, l’Obscurcissement ; si on ne s'était pas familiarisé avec les Bulles Vineam Domini Sabaoth, — Unigenitus, — Auctorem fidei; si on était porté à confondre les évêques constitutionnaires et les évêques constitutionnels, etc., etc., il faudrait bien s'attendre à trouver quelques étrangetés dans notre histoire liturgique. Depuis bientôt deux siècles, le jansénisme est le grand fait religieux de l'Église de France; et ses influences qui, grâces à Dieu, s'en vont s'éteignant de jour en jour, ont été incalculables. Dieu permettra, sans doute, que les derniers restes de cette ivraie maudite disparaissent

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bientôt du champ du Père de famille; mais il nous semble grandement salutaire que les catholiques n'oublient pas trop vite les artifices de leurs ennemis. Le jansénisme a été le protestantisme de notre pays, le seul qui ait su se faire accepter; il importe donc qu'on s'en souvienne.

Pour en revenir au présent volume, certaines personnes remarqueront peut-être qu'il est écrit avec quelque chaleur: nous ne pensons pas cependant qu'elles aillent jusqu'à s'en plaindre. Dans ce cas, nous leur répondrions que la conviction seule nous ayant porté à l'écrire, il nous devenait tout aussi impossible de ne pas montrer cette conviction dans nos paroles, que de tracer même une seule ligne, du moment où il ne nous eût pas semblé évident que la cause que nous soutenons est la bonne cause. Certes, s'il y a lieu de s'étonner de quelque chose en ce monde, c'est de voir la vérité et la justice défendues mollement par les hommes, eux qui sont si ardents au maintien de leurs droits et de leurs prétentions personnelles. Les Livres saints et les écrits des Pères déposent énergiquement en faveur du langage sincère et sans ménagement qui doit être employé par l'homme de foi, dès qu'il s'agit de Dieu ou de son Église.

Et, après tout, qui de nous porte donc aujourd'hui un si tendre intérêt au jansénisme et à ses œuvres, pour se scandaliser du zèle qu'un auteur catholique mettrait à les démasquer et à les poursuivre? Nous ne sommes plus à l'époque où cette secte travaillait à se faire passer pour un fantôme, et y réussissait dans l'esprit d'un si grand nombre

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de personnes. Aujourd'hui, le jansénisme est pour jamais inauguré au dictionnaire des hérésies, à côté de l'arianisme, du pélagianisme, et du calvinisme son frère.

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