Institutions liturgiques (page 74)

Dom Prosper Guéranger · Vie de l'Église

Texte français, domaine public · Source : bibliotheque-monastique.ch — Institutions liturgiques, 4 volumes · 178 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Enfin, Benoît XIV monta sur le Siège apostolique. Il dut nécessairement s'occuper du culte divin, lui qui ne fut étranger à aucune des nécessités de l'Église, et que ses doctes écrits ont placé à la tête des liturgistes de son temps. Versé profondément dans la connaissance des usages de l'antiquité, ce pontife ne vit pas avec indifférence la modification grave qu'avait subie le calendrier du Bréviaire romain, depuis l'époque de saint Pie V. Les fériés se trouvaient diminuées dans une proportion énorme, par l'accession de plus de cent offices nouveaux; le rang de doubles, assigné à la plupart de ces offices, entraînait de fait la suppression d'une grande partie des dimanches. Il était bien clair que l'antiquité n'avait pas procédé ainsi. D'autre part, cet inconvénient de la multiplicité des fêtes des saints avait été exploité par les novateurs- français : devait-on continuer à laisser subsister un prétexte à l'aide duquel ils avaient rendu tolérable à bien des gens leur divorce avec les livres romains ?

Le pontife commença par prendre une résolution à laquelle il se montra fidèle dans tout le cours de son Pontificat de dix-huit ans ; ce fut de n'ajouter aucun nouvel office au Bréviaire (1). Seulement, il attribua à saint Léon le Grand le titre de docteur, par une bulle solennelle; mais ce saint Pape était déjà au calendrier romain depuis de longs siècles. On aime à voir cette réclamation en faveur des usages antiques, cette répugnance à entrer dans les voies nouvelles qui  caractérise les opérations   du Saint-Siège.

(1) Emmanuel de Azevedo, De Divino Officio exercitationes selectae. Pars. I, pag. 45.

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Mais la Providence ne tarda pas à manifester ses volontés sur cette grande question, par l'organe des successeurs de Benoît XIV, qui reprirent tout aussitôt l'usage d'insérer, à chaque pontificat, de nouveaux saints au bréviaire.

Benoît XIV ne chercha pas seulement à garantir l'office du dimanche et celui de la férié contre l'invasion des fêtes nouvelles; if projeta même une réforme du bréviaire. Il croyait, en effet, que si, dans le Bréviaire romain, la partie grégorienne devait être réputée inviolable, la partie mobile, à savoir les leçons introduites par saint Pie V, pouvait être susceptible d'une révision. L'œuvre du seizième siècle était, sans doute, un chef-d'œuvre pour son temps; mais deux siècles après, n'était-il pas possible de remplacer certaines homélies des saints Pères que la science moderne avait démontrées apocryphes ? de retoucher quelques légendes, bien qu'en très-petit nombre (1) qui avaient besoin d'être mises en harmonie avec les exigences d'une critique plus sévère ? En conséquence, il chargea le P. Fabio Danzetta, jésuite de faire un travail sur cet objet. L'ensemble des notes de Danzetta sur la correction du Bréviaire romain, ne formait pas moins de quatre volumes in-4° (2). Nous avons cherché en vain ce

(1)  Il ne s'agit ici que de quelques traits seulement; car on doit savoir que le docte Benoît XIV était bien loin de mépriser l'autorité des Légendes du Bréviaire romain." dit même expressément, dans son traité de la Canonisation des Saints, qu'il n'en est pas une qui ne soit susceptible d'être défendue d'après les principes de la science ecclésiastique. Il était donc bien loin d'abonder dans le sens de nos modernes liturgistes, qui ont sacrifié en masse les traditions catholiques sur la plupart des Saints du Calendrier. Nous aurons ailleurs occasion de juger leur travail, jour par jour; comme aussi, nous traiterons spécialement de l'autorité des Légendes du Bréviaire romain, en général et en particulier.

(2)  Albergotti, Évêque d'Arezzo, La Divina Salmodia, page 231. — Il Breviario Romano difeso e giustificato. Anonyme. 1790, page 82. — Zaccaria, Bibliotheca ritualis. Tome III, page CCCXXVIII.

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curieux manuscrit, durant notre séjour à Rome. Zaccaria atteste en avoir vu un exemplaire entre les mains du prélat, depuis cardinal Gabrielli. Quoi qu'il en soit, le travail de Danzetta resta à l'état de Remarques sur le Bréviaire romain, et Benoît XIV, après avoir considéré attentivement les difficultés de plus d'un genre qui s'opposaient à cette réforme du bréviaire, finit par renoncer à son projet ; sans doute, le temps n'était pas venu encore de tenter ce grand œuvre, peut-être parce que les inconvénients qu'on voulait éviter n'étaient pas réels, ou encore que les principes qui auraient présidé à ce travail n'étaient pas de nature à l'amener à une fin heureuse et convenable (1).

Au reste, Benoît XIV, s'il n'opéra pas la réforme du Bréviaire romain, n'en porta pas moins sa sollicitude efficace sur un grand nombre de matières liturgiques qui la réclamaient impérieusement. Le Martyrologe romain dont nous avons raconté ailleurs la réforme par Grégoire XIII, et auquel les pontifes romains avaient successivement ajouté les noms des saints nouvellement canonisés, fut spécialement l'objet des travaux de Benoît XIV. Il en prépara une édition qui parut à Rome, par son autorité, en 1748. Plus tard, il adressa à Jean V,   roi de

(1) Nous n'avons rien voulu changer en cet endroit au texte de la première édition; mais nous devons prévenir le lecteur que, dans son troisième voyage à Rome, en 1852, Dom Guéranger retrouva à la bibliothèque Corsini de précieux manuscrits qui contenaient les travaux d'une congrégation spéciale, nommée par Benoît XIV pour la correction du Bréviaire romain. En étudiant ces manuscrits, le savant liturgiste se convainquit qu'il avait conjecturé juste en disant que Benoît XIV avait peut-être renoncé à son projet de réforme du bréviaire, parce que les principes qui avaient présidé à ce travail n'étaient pas de nature à l'amener à une fin heureuse et convenable. Nous ne savons si le travail du P. Danzetta, dont il est question ci-dessus, est distinct de celui de cette congrégation, ou si ce savant jésuite a été simplement le rapporteur, chargé de résumer les études des consulteurs.

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Portugal, des lettres apostoliques dans lesquelles il rend compte, avec moins de dignité peut-être que d'érudition, des motifs qu'il a eus d'admettre ou de n'admettre pas certains personnages dans ce martyrologe. Cet immense bref est du 1er juillet 1748.

Le Pontife s'occupa aussi du Cérémonial des Evêques, sur lequel Benoît XIII avait déjà travaillé, ainsi que nous venons de le dire. La   publication  définitive  de ce livre, dans la forme qu'il garde encore aujourd'hui, fut faite par un bref du 25 mars 1752.

Le bullaire de Benoît XIV présente de nombreuses preuves du zèle qui l'animait pour la conservation des rites sacrés, et nous aurons occasion d'y revenir souvent dans ] le cours de cet ouvrage. Nous indiquerons seulement ici en passant les nombreuses constitutions et règlements sur les rites des Grecs et des autres Orientaux unis; les bulles et brefs sur la célébration de l'octave des saints Apôtres, à Rome; sur la défense faite aux évêques de jamais obéir aux princes qui leur enjoignent des prières publiques; contre les images superstitieuses; sur la bénédiction des palliums; pour accorder à tous les prêtres des royaumes d'Espagne et de Portugal la faculté de célébrer trois messes le jour de la Commémoration des Morts ; contre la musique profane dans les églises; sur la rose d'or; contre l'abus des chapelles privées ; pour l'érection de l'église de Saint-François, à Assise, en basilique patriarcale, etc.

Le même pontife, jaloux d'imiter la conduite de Benoît XIII, qui avait voulu, comme nous l'avons rapporté ci-dessus, honorer la mémoire de Gavanti, créa aussi, pour l'ordre des Théatins, à perpétuité, une charge de consulteur dans la congrégation des Rites, en reconnaissance des services rendus à la science liturgique par le B. Joseph-Marie Tommasi et par le savant Gaétan Merati. Peu de temps après, il fit la même chose en  faveur de la

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Compagnie   de   Jésus,   et nomma   consulteur  l'illustre P. Emmanuel Azevedo. On trouvera ci-dessous la notice des travaux de Merati et d’Azevedo.

Enfin Benoît XIV, voulant procurer plus efficacement encore l'avancement de la science liturgique, érigea dans le Collège romain, qui est en même temps une université tenue par les Pères de la Compagnie de Jésus, une école spéciale des Rites sacrés, qui a été depuis transférée au Séminaire romain. On ne tarda pas à ouvrir dans différentes villes d'Italie des écoles de liturgie sur le modèle de celle de Rome. Nous croyons faire plaisir à ceux de nos lecteurs qui s'intéressent au progrès de la science ecclésiastique, en insérant, dans une note, à la fin de ce chapitre, les règlements de l'école romaine. Qui sait si quelque jour il ne nous prendra pas fantaisie, à nous autres Français, de nous livrer enfin à l'étude raisonnée des rites sacrés (1) ?

Tels furent les travaux des pontifes romains sur la Liturgie, durant la première moitié du XVIII° siècle. Il n'est pas rare d'entendre des personnes, graves d'ailleurs, témoigner leur étonnement de ce que ces mêmes pontifes, si zélés pour le dépôt des traditions liturgiques, n'aient pas fulminé contre les nouveautés dont les églises de France étaient le théâtre à cette époque. Nous avons même été à portée de nous apercevoir que plusieurs semblaient disposés à regarder ce silence comme une sorte d'approbation.

Cependant, si ces personnes voulaient se donner la peine de parcourir les collections imprimées des décrets des congrégations du concile de Trente et des Rites, elles y trouveraient des preuves multipliées des intentions persévérantes du Saint-Siège sur l'observation des  constitutions de saint Pie V, pour le Bréviaire et le

(1) Vid. la note A.

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Missel romains. Toutes questions adressées sur ce sujet, à Rome, ont été et seront toujours résolues dans ce sens.

Maintenant, est-il nécessaire que le Siège apostolique entreprenne de faire le procès à toutes les églises qui, n'étant pas dans le cas d'exception admis par saint Pie V, ont, nonobstant ce, abjuré les usages romains ? D'abord, pour cela, il faudrait qu'on eût gardé à Rome une statistique de la Liturgie des Églises d'après les règles fixées dans la bulle Quod a nobis, afin d'être, en mesure de poursuivre celles qui se seraient écartées de leur devoir. Mais cet état, quand a-t-il été dressé ? par qui l'a-t-il été ? Il est visible qu'avant de lancer sa constitution, le saint pape n'avait même pas un rapport exact de la situation des églises, quant à la Liturgie romaine, puisqu'il était contraint d'adopter la moyenne de deux cents ans de possession. De plus, il n'exigeait même pas que les églises instruisissent le Saint-Siège du parti qu'elles auraient pris; il s'en rapportait, comme on l'a vu, à la conscience des évêques et des chapitres. Les archives pontificales ne possèdent donc aucun titre de conviction contre les églises qui auraient violé la bulle. Il est vrai que le défaut de ce titre de conviction ne saurait faire que ce qui, au XVI° siècle, eût constitué un grave délit, soit devenu légitime au XVIII°.

Il y a longtemps que les novateurs ont prétendu s'autoriser du silence du Saint-Siège dans leurs sentiments, ou leurs pratiques audacieuses. On leur a toujours répondu que le silence du Saint-Siège ne devait plus être invoqué par eux comme une approbation, qu'il ne devait non plus être regardé comme la confirmation de certaines sentences rendues dans d'étroites localités. Le Pontife romain a reçu la mission d'enseigner; il est le docteur de tous les chrétiens. Quand il a parlé, la cause est finie. Tant qu'il n'a pas parlé, on doit s'abstenir d'arguer quelque chose

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de son silence. Admettons donc, d'une part, qu'il ne s'est pas expliqué sur les nouvelles liturgies françaises ; mais convenons, d'autre part, qu'il n'a pas manqué une occasion pour déclarer que les églises astreintes au Bréviaire et au missel de saint Pie V n'ont point la liberté de se donner un autre bréviaire et un autre missel.

Que si nous voulons chercher les raisons de la grande réserve que le Saint-Siège a gardée dans l'affaire des nouvelles liturgies, il nous suffira de nous rappeler la maxime fondamentale   du gouvernement ecclésiastique,  maxime suggérée par le Dieu fort et miséricordieux : Il n'éteindra pas la mèche qui fume encore; il n'achèvera pas de rompre le roseau déjà brisé (1). Est-ce à dire pour cela que Rome doit approuver l'affaiblissement de la lumière dans cette lampe qui devait toujours luire avec splendeur, ou qu'elle devra se réjouir des fractures imprudentes qui ont compromis la solidité du roseau ?  Autant vaudrait dire que Dieu, qui dissimule les péchés des hommes à cause delà pénitence qu'ils en feront (2), est de connivence avec ces mêmes péchés. Et pour ne parler que des matières contenues dans ce volume, quand Benoît XIV nous dit, en parlant de la Défense  de la Déclaration de 1682, par Bossuet (3), qu'il serait difficile de trouver un   ouvrage aussi opposé à la doctrine reçue partout sur les droits du Pontife romain, et que cependant on s'est abstenu, à Rome, de le censurer; quels motifs donne le pontife pour expliquer cette tolérance ? Il met sans doute en avant les égards dus à la mémoire du grand évoque de Meaux qui à tant d'autres chefs a si bien mérité de la religion, ex tot aliis capitibus de religione bene meriti; mais la raison décisive a été l'espérance d'éviter de nouvelles discordes :  Sed ob justum novorum dissidiorum limorem. Quand les

(1)  Is. XLIII, 3. — Matth. XII, 20.

(2)  Sap. XI,  24.

(3)   Vid. ci-dessus, page 140 et 409.

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parlements français et l'assemblée du clergé de 1730 s'entendaient, chacun à sa façon, pour supprimer le culte de saint Grégoire VII, dira-t-on que le silence que garda Benoît XIII signifiait qu'il renonçait à son décret universel pour le culte de ce saint pontife ? qu'il tenait pour abrogés les cinq brefs qu'il avait rendus contre les opposants à ce décret ? Il faut bien convenir qu'il n'en est pas ainsi, puisque la fameuse légende a été maintenue au Bréviaire romain, comme de précepte strict, pour le 25 mai, sub pœna non satisfaciendi (1). Apprenons donc à connaître la raison sublime de cette patience du Siège apostolique, et souvenons-nous que ce n'est pas la sagesse humaine, mais la divine et éternelle sagesse qui a donné ce conseil à ceux qu'elle envoyait au milieu des hommes : Soyez prudents comme le serpent : Estote prudentes sicut serpentes (2).

Il est temps enfin de mettre sous les yeux du lecteur la bibliothèque des auteurs liturgiques de la période que nous avons parcourue.

(1701). Notre liste s'ouvre par Lazare-André Bocquillot, chanoine d'Avallon,qui a laissé un ouvrage assez curieux, mais écrit avec les préjugés de son temps, intitulé : Traité historique de la Liturgie sacrée, ou de la Messe. Paris, 1701, in-8°. Il rédigea aussi le rituel du diocèse d'Autun.

(1701). Alain, chanoine de Saint-Brieuc, a donné un volume in-12, rare et curieux, sous ce titre : Devoirs et Fonctions des aumôniers des évêques.

(1) Nous pouvons même attester, de science certaine, que l'évêque de New-York, en 183o, ayant demandé à Rome s'il pouvait, dans son diocèse, omettre l'office de saint Grégoire VII, par ce seul motif de ne pas fournir un prétexte de plus aux continuelles déclamations contre l'Église romaine, dont les journaux protestants des États-Unis retentissent trop souvent, il lui fut répondu qu'il ne devait rien innover, mais célébrer, comme par le passé, la fête du saint pontife.

(2) Matth. X, 16.

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(1701). Prosper Tinti, personnage que nous ne connaissons que par Zaccaria, est éditeur du volume intitulé : Series sacrorum Rituum in aperitione portes Basilicae Patriarchalis sancti Pauli. Rome, in-4°.

(1702). François-Antoine Phœbeus publia cette année, à Rome, trois dissertations : De sacris Liturgice Ritibus. 1702, in-8°.

(1702). Jean-Christophe Battelli, bénéficier de la basilique vaticane, et plus tard archevêque d'Amasie, a laissé un savant traité  sous  ce titre : Ritus annuae ablutionis altaris majoris Basilicae Vaticanœ in die Cœnœ Domini, explicatus ac illnstratus. Rome, 1702 et 1707, in-8°. Il a laissé aussi : Brevis enarratio sacrorum Rituum servatorum in aperiendo et claudendo portam sanctam Patriarchalis Basilicae Liberianœ. Cet ouvrage, continué par Antoine-Dominique Norcia, chanoine de Saint-Laurent in Damaso, parut à Rome, in-4°, en 1736...      (1703). Adrien Baillet,critique scandaleux et téméraire, a complété ses Vies des Saints par une Histoire des Fêtes mobiles. Paris, 1703, in-8°.

(1705). R. Vatar, auteur du livre intitulé : Des Processions de l'Église, de leurs antiquités, utilités et des manières d'y bien assister (Paris, 1705, in-8°), ne nous est connu que par son livre.

(1706). Jean Prastricio, professeur de théologie polémique au collège de la Propagande, a publié une dissertation sous ce titre : Patenae argenteae mysticœ, quae Foro-Cornelii in Cathedrali Ecclesia colitur descriptio et explicatio. Rome, 1706, in-4°.

(1708). Dom Benoît Bacchini, abbé bénédictin de la congrégation du Mont-Cassin, mérite une place distinguée parmi les liturgistes de son temps, pour les savantes notes dont il a enrichi son édition du Liber Pontificalis, sive vitae Pontificum Ravennatum. Modène, 1708, 2 vol. in-4°.

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(1708). Joseph Bingham, docteur de l'université d'Oxford et curé   anglican,   ne  saurait être oublié   ici sans injustice, ayant si bien mérité delà science des antiquités ecclésiastiques et liturgiques   en   particulier par  le bel ouvrage dont  il publia le premier volume à Londres, en 1708, sous ce titre : Origines Ecclesiasticae, or the antiquities of the Christian  Church.   Cet ouvrage, grandement utile,   malgré  les   innombrables  erreurs  protestantes dont  il  est souillé,   a   été traduit  en  latin  par J. H. Grichow, et publié à Hall, en onze volumes in-4°, 1724-1738.

(1709). Antoine Baldassari, jésuite italien, a publié les ouvrages suivants :   1° Il Sacerdote sacrificante a Dio nell' Altare, con la norma delle Rubriche, cioè  il Sacerdote reso esperto nelle Cerimonie della Messa.   Pistoie, 1699. — 2° La sacra Liturgia dilucidata. Forli et Urbin, 1697-1698,  3 vol.  in-12. —   3° I Pontificii Agnus Dei dilucidati. Rome, 1700, in-12. — 4° La Rosa d’oro, che si benedice  nella   quarta  Domenica di   Qtiaresima dal sommo Pontefice. Venise,   1709,   in-8°. — 5°  Il Pallio Apostolico dilucidato. Venise, 1719, in-8°.

(1709). Dom Thierry Ruinart, savant bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, a laissé manuscrit l'ouvrage intitulé : Disquisitio historica de Pallio Archiepiscopali, qui a été publié parmi les ouvrages posthumes de Dom Mabillon. 1724, in-4°.

(1710). François Orlendis, dominicain, a laissé un savant traité : De duplici lavacro in Cœna Domini. Florence, 1710, in-4°.

(1710). Jean-Baptiste Frescobaldi, personnage qui ne nous est connu que par Zaccaria, a laissé : Pedilavium sive de numero pauperum quibus lavandi sunt pedes, in feria V Cœnœ Domini. Lucques, 1710, in-4°.

(1713). C'est l'année en laquelle mourut Jean-François de Percin de Montgaillard, évêque de Saint-Pons, prélat

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qui a reçu les plus grands éloges de la part des jansénistes et qui les méritait. Nous avons déjà eu l'occasion de mentionner son zèle pour les maximes françaises sur la Liturgie. Il publia un traité du droit et du pouvoir des évêques de régler les offices divins dans leurs diocèses. 1686, in-8°. Benoît XIV flétrit ce livre avec énergie et désapprouve hautement la doctrine qu'il contient, dans son Traité de la Canonisation des Saints, à l'article où il parle du Bréviaire romain.

(1714). Dom Simon Mopinot, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, a composé des hymnes remarquables; on admire surtout celles d'un office de l'Enfant Jésus.

(1715). D. J. Grandet, curé de Sainte-Croix d'Angers, a donné le curieux livre intitulé : Dissertation apologétique sur l'apparition miraculeuse de N.-S. J.-C, arrivée au Saint Sacrement, en la paroisse des Ulmes de Saint-Florent, près de Saumur, le 2 juin de Vannée 1668. Château-Gontier, 1715, in-12. On trouve dans cet ouvrage les plus précieux détails sur la fameuse procession de la Fête-Dieu, dite le Sacre d'Angers.

(1715). Christophe Matthieu Pfaff, chancelier de l'Université de Tubingue, entre plusieurs dissertations qu'il a laissées sur des matières liturgiques, et dans lesquelles il a répandu une érudition qui fait regretter qu'un homme aussi distingué ait dépensé, hors de la vraie Eglise, les trésors de sa science, a composé celle que nous avons citée ailleurs sous ce titre : Disquisitio de Liturgiis, Missalibus, Agendis, etc. Tubingue, 1721.

(1716). Philippe Buonarotti, sénateur de Florence, illustre archéologue, est connu par un ouvrage célèbre, indispensable à ceux qui se livrent à l'étude des antiquités chrétiennes, et intitulé : Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi antichi, ornati di figure, trovati nei Cimiterj di Roma. Florence, 1716, in-4°.

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(1716). Eusèbe Renaudot, un des plus savants ecclésiastiques de son temps, appartient à notre bibliothèque liturgique par le magnifique ouvrage qu'il publia sous le titre de: Liturgiarum Orientalium collectio. Paris, 1716, 2 vol. in-4°.

(1717). Jean-Baptiste Halden, jésuite, a laissé cet ouvrage pratique : Ephemerologion Ecclesiastico-Rubricisticum novum. Brescia, 1717, in-4°.

(1717). Honoré de Sainte-Marie, carme déchaussé, dans son célèbre traité sur l’ Usage et les Règles de la Critique, tomes II et III, traite un grand nombre de questions d'antiquité liturgique.

(1718). Le Brun Desmarettes, acolyte, auteur des bréviaires d'Orléans et de Nevers, a laissé, sous le pseudonyme de Sieur de Moléon, d'intéressants Voyages liturgiques de France, ou Recherches faites en diverses villes du royaume. Paris, 1718, in-8°. C'est à cet auteur janséniste que nous devons la dernière édition du livre de Officiis Ecclesiasticis, de Jean d'Avranches.

(1718). Dom Jacques Bouillart, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, fit paraître, cette année, une édition du Martyrologe d'Usuard, sur le manuscrit original de cet auteur, qui fut moine de Saint-Germain-des-Prés. Le volume est intitulé : Usuardi San-Germanensis Monachi Martyrologium sincerum, ad autographi, in San-Germanensi Abbatia servati, fidem editum, et ab observationibus R. P. Sollerii Socielatis Jesu vindicatum. Paris, in-4°.

(1719). Sébastien Paulli, clerc régulier des Écoles pies, a laissé une dissertation curieuse : De Ritu Ecclesiœ Neritinœ exorcisandi aquam in Epiphania. Naples, 1719, in-4°. La traité aussi de la fameuse patène de saint Pierre Chrysologue, sous ce titre : De Palena argentea Foro-Corneliensi. Naples, 1745, in-8°. Il laissa, en manuscrit, deux   ouvrages fort  importants :   1° Lexicon sacrorum

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Rituum Ecclesiœ Graecœ et Latince. Libri duo, in quibus Ritus utriusque Ecclesiœ exponuntur et elucidantur; nec non plura ad eos spectantia, sacra vasa, vestes, libri can-tus, festivitates, mimera  ecclesiastica, officia, sacrorum ordinum collationes, Monachorum antiquorum consuetudines, vestes, et quidquid sacrant Liturgiam spectat, ex probatissimis Auctoribus recensentur.   2 vol. in-fol. — 2° Collectio quarumdam precum,quas insacris Liturgiis, aliisque Ecclesiasticis Officiis quondam adhibitis, partim ex Mss., partim ex editis vetustis Codicibus eruit, notis illustravit Sebastianus Paulli. 2 vol. in-fol.

(1719). Joseph-Simon Assemani, maronite, archevêque de Tyr, a rendu un éminent service aux amateurs de la Liturgie orientale, par la publication de sa fameuse Bibliotheca Orientalis,  où il mentionne un grand nombre de pièces concernant les offices divins.   Elle parut  à Rome, de 1719 a 1728.  Son édition de saint Éphrem   est aussi d'un grand prix, pour les nombreuses hymnes de ce saint moine, qui  jusqu'alors   étaient  demeurées  inédites,  au moins pour la plupart. Enfin Joseph-Simon Assemani a publié les six premiers volumes  d'un  grand  ouvrage, malheureusement resté imparfait, comme tant d'autres, et qui porte ce titre : Kalendaria Ecclesiœ universœ. Rome, 1755-1757, 6 vol. in-4°.

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