L'Année liturgique — Le Temps Pascal (t. 7-9) (page 11)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 7-9, éd. 1911 (OCR) · 18 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

56 Le Temps Pascal.

où Pierre a déjà transféré sa chaire et répandu son sang, où Paul a courbé sous le glaive sa tête vénérable, méritait l'honneur "^de voir dans ses murs l'auguste ^'ieillard, le disciple que Jésus aima, le dernier survivant du Collège apostolique, s'avancer vers le martyre avec cette majesté et cette douceur qui forment le caractère de ce vétéran de l'Apostolat.

Domitien régnait en tyran sur Rome et sur le monde. Soît que Jean ait entrepris librement le voyage de la cité reine pour y saluer l'Eglise principale, soit qu'un édit impérial ait amené chargé de chaînes dans la capitale de l'empire l'auguste fondateur des sept Eglises de l'Asie-Mineure, Jean a comparu en présence des faisceaux de la justice romaine. Il est convaincu d'avoir propagé dans une vaste province de l'empire le cufte d'un Juif crucifié sous Ponce-Pilate. Il doit périr; et la sentence porte qu'un supplice honteux et cruel débarrassera l'Asie d'un vieillard superstitieux et rebelle. S'il a su échapper à Néron, du moins il ne fuira pas la vengeance de César Domitien.

En face de la Porte Latine, une chaudière remplie d'huile brûlante a été préparée ; un ardent brasier fait bouillonner dans le vase immense la liqueur homicide. L'arrêt porte

aue le prédicateur du Christ doit être plongé ans ce bain affreux. Le moment est donc arrivé où le fils de Salomé va participer au calice de son Maître. Le cœur de Jean tressaille de bonheur à la pensée que lui, le plus aimé et cependant le seul des Apôtres qui n'ait pas souffert la mort pour ce Maître

Saint Jean devant la Porte Latine 55y

divin, est enfin appelé à lui donner ce témoignage de son amour. Après une cruelle flagellation, les bourreaux saisissent le vieillard, ils le plongent avec barbarie dans la chaudière mortelle; mais, 6 prodige! l'huile brûlante a perdu tout à coup ses ardeurs ; aucune souffrance ne se fait sentir aux membres épuisés de l'Apôtre; bien plus, lorsqu'on l'enlève enfin de la chaudière impuissante, il a recouvré toute la vigueur que les années lui avaient enlevée. La cruauté du Prétoire est vaincue, et Jean, martyr de désir, est conservé à l'Eglise pour quelques années encore. Un décret impérial l'exile dans l'ile sauvage de Pathmos, où le ciel doit lui manifester les futures destinées du christianisme jusqu'à la tin des temps.

L'Eglise Romaine, dont les fastes conservent entre ses plus glorieux souvenirs le séjour et le martyre de Jean, a marqué par une Basilique le lieu où l'Apôtre rendit à la foi chrétienne son noble témoignage. Cette Basilique est située près de la Porte Latine, et un Titre cardinalice y est attaché.

A la gloire du grand Apôtre de la charité nous consacrerons cette Séquence attribuée à Adam de Saint-Victor.

L'heureux séjour de la grâce, dont les habitants contemplent d'un œil ferme le souverain Roi de gloire, voit Jean tout rempli de Dieu, re'ndu semblable aux Anges,

FELIX sedes gratine. Summum regem gloriaî Videns mentis acie

Non repuisa, Johannem deificat,

Angelis parificat, Spiritu qui indicat Cœli summa.

Aquse vivae salientis Hic est potus rccumbentis Supra pectus Domini. Hic exfulget miris signis, Hicexpugnat vires ignis Et ferventis olei.

Mirantur, nimia Tormenti sœvitia, Quod martyr quis fiât Et poenas non sentiat.

O martyr, o virgo, O custos Virginis Fer quam mundo gloria. Ex quo sunt, in quo sunt, Per quem sunt omnia, Per te dei suftragia !

O dilecte pras caeteris, Christum, a quo diligeris,

Iruerpellans Et exorans. Nos ei concilia.

Tu qui rivus, duc ad

fontem. Tu qui collis, duc ad

montem ;

Prassta Sponsum

Ad videndum,

Virgo totus gratia. Amçn.

lui qui expliquait aux hommes les plus hauts mystères du ciel.

Ici-bas il reposa sur la poitrine du Seigneur, et se désaltéra à la source des eaux vives et jaillissantes. Il parut entouré de l'éclat des prodiges, et brava les ardeurs du feu et de l'huile embrasée.

Les infidèles sont saisis de stupeur, voyant le témoin de Dieu affronter un si affreux tourment, et n'en pas sentir la rigueur.

O martyr ! ô vierge ! 6 gardien de cette \'ierge de laquelle est sortie la gloire du monde, implore pour nous celui qui est le principe de tous les êtres, celui en qui et par qui ils existent.

O toi qui fus aimé plus que les autres, supplie en notre faveur le Christ qui t'aima ; réconcilie-nous avec

Ruisseau, conduis-nous à la source ; colline, introduisnous à la montagne ; toi en qui la grâce a opéré la virginité parfaite , fais-nous contempler l'Epoux.

Amen.

Saint Jean devant la Porte Latine. 5bq

AVEC quel bonheur nous vous voyons reparaître, disciple criéri de notre divin Ressuscité ! Autrefois vous nous apparûtes près de la crèche où dormait paisiblement le Désiré des nations, le Sauveur promis. Nous repassions alors tous vos titres de gloire : Apôtre, Evangéliste, Prophète, Aigle "au vol sublime, Vierge, Docteur de charité, et, par-dessus toutes ces grandeurs. Disciple bienaimé de Jésus. Aujourd'hui , c'est comme Martyr que nous vous saluons ; car si l'ardeur de votre amour a vaincu celle du tourment qu'on vous avait préparé, vous n'en aviez pas moins accepté de toute l'énergie de votre dévouement le calice que Jésus' vous avait annoncé dans vos jeunes années. En ces jours du Temps pascal qui s'écoulent si rapidement, nous vous voyons sans cesse près de ce divin Sauveur, qui vous comble de ses dernières caresses. Qui pourrait s'étonner de sa prédilection envers vous? Ne vous êtes-vous pas trouvé, seul de ses disciples, au pied de la croix ? N'est-ce pas à vous qu'il a remis sa mère, désormais la vôtre ? N'étiezvous pas présent lorsque son cœur fut ouvert par la lance sur la croix? Lorsque vous êtes allé au Sépulcre avec Pierre, au matin de la Pâque n'avez-vous pas, par votre foi , avant tous les disciples, rendu hommage à la résurrection de votre Maître que vous n'aviez pas vu encore ? Jouissez donc auprès de ce Maître inetîable des délices dont il est prodigue envers vous ; mais priez-le aussi pour nous, bienheureux Apôtre ! Nous devons l'aimer pour tous les bienfaits qu'il a répan^6n Le Temps Pascal.

dus sur nous; et nous reconnaissons avec confusion que nous sommes tièdes dans son amour. Vous nous avez fait connaître Jésus enfant, vous nous avez dépeint Jésus crucifié ; montrez-nous Jésus ressuscité, attacheznous à ses pas dans ces dernières heures de son séjour sur la terre ; et quand il sera monté au ciel, fortifiez notre cœur dans la fidélité, afin qu'à votre exemple nous soyons prêts à boire le Calice des épreuves qu'il nous a préparé

Rome a été le théâtre de votre glorieuse confession, 6 saint Apôtre! aimez-la toujours; et à l'heure de sa tribulation, unissez-vous à Pierre et à Paul pour la protéger. Si la palme du martyre brille en votre main à côté de la plume de l'évangéliste, souvenez-vous que c'est devant la Porte Latine que vous l'avez conquise. L'Orient vous a possédé pendant votre vie presque tout entière ; mais l'Occident revendique l'honneur de vous compter au premier rang de ses martyrs. Bénissez nos Eglises, ranimez chez nous la foi, réchauffez' la charité, et délivrez-nous de ces antechrists que vous signaliez aux fidèles de votre temps, et qui ca'usent parmi nous tant de ravages. Fils adoptif de Marie, qui contemplez ma'intenant votre mère dans toute sa gloire, présentezlui nos vœux durant ce mois que nous lui consacrons, et obtenez pour nousde sa bonté maternelle les grâces que nous osons lui demander.

E XI» siècle, siècle de luttes pour le Sacerdoce contre la barbarie, envoie aujourd'hui un nouveau martyr à Jésus ressuscité. C'est Stanislas, que la noble Pologne place aux premiers rangs de ses défenseurs. Un prince chrétien dont il reprenait les vices Ta immolé à l'autel ; le sang du courageux Pontife s'est mêlé à celui du Rédempteur dans un même Sacrifice. Quelle invincible force dans ces agneaux que Jésus a envoyés au milieu des loups i ! Tout à coup le lion' se révèle en eux, comme il s'est montré dans notre divin Ressuscité. Pas de siècle qui n'ait eu ses martyrs, les uns pour la foi, les autres pour l'unité de l'Eglise, d'autres pour sa lioerté, d'autres pour la justice, d'autres pour la charité, d'autres pour le maintien de la sainteté des mœurs, comme notre grand Stanislas. Le xix^ siècle a vu aussi ses martyrs ; il les voit chaque année dans l'extrême Orient; est-il appelé, avant de finir son cours, à en voir dans l'Europe ? Dieu le sait. Le siècle dernier, à son début, ne semblait pas destiné à fournir l'abondante moisson que produisit le champ de la France catholique. Quoi qu'il advienne, soyons assurés que l'Esprit de force ne ferait pas défaut

aux. athlètes de la vérité. Le martvre est un des caractères de l'Eglise, et il ne fui a manqué à aucune époque. Les Apôtres qui entourent en ce moment Jésus ressuscité ont bu tour à tour le calice après lui ; et nous admirions hier comment le disciple de prédilection est lui-même entré dans la voie préparée à tous.

La sainte Eglise nous apprend par le récit suivant comment le saint évèque de Cracovie a rencontré le glorieux calice, et avec quelle fermeté d'âme il l'a accepté.

STANISLAl-S PolonUS, apud Cracoviam nobili génère natus, et piis parentibus, qui antea per annos triginta stériles, illum a Deo precibus impetrarunt, ab ineunte œ- tate futurae sanctitatis spécimen dédit. Adolescens bonis artibus operam navavit. multumquc in sacra Canonum, et theologia? doctrina profecit : parentibus mortuis. amplum patrimonium pauperibus distribuit, vitae monasticœ desiderio. Sed Dei providentia Canonicus Cracoviensis, et concionator factus a Lamperto episcopo in ejus postea locum, quamvis invitus, sufficitur. Que. in munere, omnium pastoralium virtutum laude, et

STANISLAS, né à Cracovie en Pologne, était issu de parents nobles et vertueux qui l'obtinrent de Dieu par leurs prières, après une stérilité de trente années. Il donna, dès sa première enfance, des marques de sa future sainteté. Arrivé à l'adolescence, il s'appliqua à l'étude des sciences, et fit de grands progrès dans la droit canonique et la théologie. Après la mort de ses parents.il distribua aux pauvres son riche patrimoine, dans le désir qu'il avait d'embrasser la vie monastique ; mais la providence de Dieu voulut que Lampert, évèque de Cracovie, le fît chanoine et prédicateur de son Eglise, dans laquelle il succéda, quoique malgré lui, à ce prélat. Revêtu de cette charge, il s'y distingua parl'éclat de toutes les vertus pastorales, et parSaint Stanislas, Êvêqiie et Martyr. 563

ticulièrement par sa "frande charité envers les pauvres,

BOLESLAS était alors roi de Pologne. Le saint tomba dans la disgrâce de ce prince, pour l'avoir repris publiquement de son libertinage scandaleux. Dans une assemblée générale des grands du royaume, le roi, voulant se venger, suscita des calomniateurs qui appelèrent Stanislas devant lui, comme possédant injustement une terre qu'il avait achetée au nom de son Eglise. N'ayant pu justifier son acquisition ni par titres, ni par témoins, parce que ceux-ci n'osaient dire la vérité, l'évéque s'engagea à faire comparaître, sous trois jours, à l'audience, le vendeur de cette propriété, qui se nommait Pierre, et qui était mort depuis trois ans. On accepta cette condition avec risée ; mais l'homme de Dieu passa ces trois jours en jeûnes et en prières ; et au jour marqué, après avoir célébré le Sacrifice de la Messe, il commanda à Pierre de sortir de son tombeau. Le mort ressuscite à l'instant, il suit l'évêque au tribunal du roi ; en présence de ce prince et de sa cour frappés de stupeur.

prnecipue misericordia in pauperes, enituit

ERAT tum Poloniae rex Boleslaus, quem graviter ofFendit, quod illius notam libidinem publice arguebat. Quare in solemni regni conventu Sianislaum per calumniam in judicium coram se vocari curât, tamquam pagum occuparet, quem Ecclesia; suœ nomine coemerat. Quod cura neque tabulis probare posset, et testes veritatem dicere timerent, spondet episcopus, se Petrum pagi venditorem, qui triennioante obierat, intra dies très in judicium adducturum. Conditione cum risu accepta, vir Dei toto triduo jejuniis, et orationi incumbit : ipso sponsionis die post oblatum Missae sacrificium, Petrum e sepulcro surgere jubet : qui statim redivivus, Episcopum ad regium tribunal euntemsequitur, ibique rege, et cjeteris stupore attonitis, de agro a se vendito, et pretio rite sibi ab episcopopersoluto, testimonium dicit, arque iterum in Domino ùbdormivit.

dépose avoir vendu la terre dont il s'agissait et en avoir reçu le prix des mains de l'évêque après quoi il s'endort de nouveau dans le Seigneur.

AT Boleslaum frustra saîpe admonilum , Stanislaus tandem a (idelium communione removet. Ille iracundia furens milites in ecclesiam immittit, ut sanctum episcopum confodiant : qui ter conati, occulta vi tertio divinitus sunt depulsi. Postremo inipius rex Sacerdotem Uci , hostiam immaculatam ad altare olFerentem, sua manu ohtruncat : corpus merabratim concisum, et per agros projectum aquilaea feris mirabiliter defendunt. Mox Canonici Cracovienses s p a r s a membra nocturni de cœlo splendoris indicio coUigunt, et suis locis apte disponunt ; quas subito ita inter se copulata sunt, ut nuUa vulnerum vestigia exstarent. Muhis prœterea miraculis servi sui sanctitatem Deus declaravit post ejus raortem ; quibus permotus Innocentius Quartus , summus Pontifex, illum in Sanctorum numerum retulit. blessures. Dieu manifesta

encore la sainteté de son serviteur après sa mort par beaucoup d'autres miracles, qui obligèrent le pape Innocent IV à le mettre au nombre des Saints

■yous fûtes puissant en œuvres et en paroles,

' ô Stanislas ! et le Seigneur vous a donné

pour récompense la couronne de ses martyrs.

Boi.ESLAS ayant reçu du prélat au sujet de sa conduite plusieurs avertissements demeurés inutiles, Stanislas le sépara enfin de la communion des fidèles. Dans la fureur de son ressentiment le prince envoya dans l'église des soldats avec l'ordre d'égorger le saint évéque ; trois fois ils tentèrent de consommer le crime, trois fois une force divine et invisible les repoussa. Le roi impie s'y rendit lui-même, et massacra de sa propre main le pontife de Dieu, au moment où il offrait à l'autel la victime sans tache. Son corps, haché en morceaux et jeté dans la campagne, fut défendu miraculeusement par des aigles contre les bétes sauvages. Quand la nuit fut arrivée, les chanoines de Cracovie vinren' recueillir, à la faveur d'une lumière céleste, ces membres dispersés, et ils les rétablirent dans leur place naturelle. Chose admirable ! ces membres disjoints se réunirent tout à coup les uns aux autres, et il ne resta même aucune cicatrice de

Saint Stanislas, tLveqiie et Martyr. 565

Jn sein de la gloire dont vous jouissez, jetez un regard sur nous, et demandez au Seigneur le don de force qui brilla en vous, et" dont nous avons tant besoin pour vaincre les obstacles qui entravent notre marche. Notre divin Ressuscité ne veut à sa suite que des soldats vaillants. Le royaume où il est sur le point d'entrer, il l'a pris d'assaut ; et il nous avertit que si nous prétendons l'y suivre, nous devons nous préparer à la violence. Fortitieznous, soldat du Dieu vivant, soit qu'il nous faille à force ouverte soutenir la lutte pour la foi ou l'unité de l'Eglise, soit que le combat doive se passer contre les ennemis invisibles de notre salut. Bon pasteur, qui n'avez ni reculé, ni tremblé devant le loup, obteneznous des pasteurs semblables à vous. Soutenez la sainte Eglise, qui est en butte à ses ennemis par toute la terre. Convertissez ses persécuteurs, comme vous avez converti Boieslas votre meurtrier, qui a trouvé le salut dans votre sang. Souvenez-vous de votre chère Pologne, qui vous honore d'un culte si fervent." Brisez enfin, ô Stanislas, le joug de fer qui l'accable. N'esî-il pas temps qu'elle reprenne son rang parmi les nations ? Dans les épreuves que ses fautes avaient méritées, elle a conservé le lien sacré de la foi et de l'unité catholique, elle a été patiente et fidèle ; suppliez le divin Ressuscité d'avoir pitié d'elle, de récompenser sa patience et sa fidélité. Qu'il daigne lui donner part à sa résurrection; et ce jour sera un jour de joie pour toutes les Eglises qui sont sous le ciel ; car elle est leur sœur chérie ; et si elle revit, nous chanterons partout au Seigneur un cantique nouveau.

si^AviD avait prédit que l'arrivée de te l'Emmanuel en ce monde serait saluée par les saints Anges, et qu'ils l'adoreraient humblement au moment où il manifesterait sa présence au milieu des hommes i. Nous vîmes l'accomplissement de cet oracle dans la nuit à jamais heureuse où Marie nous donna le divin fruit de ses entrailles. Les concerts angéliques retentissaient avec une mélodie toute céleste qui attira les bergers dans l'étable, et nous nous mêlâmes à eux pour offrir nos hommages au Dieu enfant. Dans le triomphe de sa résurrection, l'Emmanuel ne pouvait man-i quer d'être entouré par ces Esprits bienheu-l reux qui l'avaient considéré avec une terreur' si profonde dans les humiliations et les douleurs de sa passion. A peine a-t-il franchi la barrière qui le retenait captif dans le sépulcre, qu'un Ange dont le visage lance des éclairs, et dont les vêtements sont éblouissants comme la neige, vient renverser la pierre qui fermait l'entrée du tombeau, et annonce aux saintes femmes que celui qu'elles cherchent est ressuscité. Lorsqu'elles pénètrent dans la

L'Apparition de S. Michel A rchange. 5 67

grotte du sépulcre, deux nouveaux Anges vêtus de blanc se présentent à leurs regards, et leur confirment la nouvelle.

Rendons nos hommages à ces augustes messagers de notre délivrance, et contemplons-les avec respect entourant de leurs phalanges le divin roi Jésus, pendant son séjour icî-bas. Ils adorent cette humanité glorifiée qu'ils verront bientôt s'élever au plus haut des cieux et prendre place à la droite du Père.Ils conjouissent à notre bonheur en cette fête de Pâques, par laquelle l'ijiimortalité nous est rendue en notre Sauveur ressuscité ; et, ainsi que saint Grégoire nous l'enseignait il y a quelques jours 1, c( cette Pâque devient « aussi la fête des Anges ; car en même temps <i qu'elle nous rouvre le ciel, elle leur annonce « que les pertes qu'ils ont éprouvées dans « leurs rangs vont être réparées. » Il est donc juste que le Temps pascal consacre une solennité au culte des Esprits angéliques. Aux approches de l'Annonciation de Marie, nous avons fêté Gabriel, le céleste paranymphe ; aujourd'hui c'est l'Archange Michel, le prince de la milice du ciel, qui va recevoir nos hommages. Il a fixé lui-même ce jour en apparaissant aux hommes, et leur laissant un gage de sa présence et de sa protection.

Le nom seul de Michel le désigne à notre admiration : c'est un cri d'enthousiasme et de fidélité. « Qui est semblable à Dieu ? » ainsi s'appelle notre sublime Archange. Au fond des enfers, Satan frémit encore à ce nom qui lui rappelle la noble protestation par laquelle

568 Le Temps Pascal.

ce radieux Esprit accueillit la tentative de révolte des anges infidèles. Michel a fait ses preuves dans l'armée du Seigneur, et pour cette raison la garde et la défense du peuple de Dieu lui fut confiée, jusqu'au jour où l'héritage de la s}nagogue répudiée passa à l'E- glise chrétienne. Maintenant il est le gardien et le protecteur de l'Epouse de son Maître, notre mère commune. Son bras veille sur elle ; il la soutient et la relève dans ses épreuves , et il a la main dans tous ses triomphes.

Mais n'allons pas croire que le saint Archange chargé des intérêts les plus vastes et les plus élevés pour la conservation de l'œuvre du Christ, en soit tellement surchargé qu'il n'ait pas une oreille ouverte à la prière de chacun des membres de la sainte Eglise. Dieu lui a donné un cœur compatissant envers nous; et pas une seule de nos âmes n'échappe à son action. Il tient le glaive pour la défense de l'Epouse du Christ ; il s'oppose au dragon, toujours prêt à s'élancer contre la Femme et son fruit i; mais en même temps il daigne être attentif lorsque chacun de nous, après avoir confessé ses péchés au Dieu tout-puissant, à la bienheureuse vierge Marie , les avoue aussi à lui, Michel archange, et lui demande la faveur de son intercession auprès de Dieu.

Son œil veille par toute la terre au lit des mourants ; car sa charge spéciale est de recueillir les âmes élues au sortir de leurs corps. Avec une tendre sollicitude et une

I. Apoc. XII, i3.

L'Apparition de S. Michel Archange. 56g

majesté incomparable, il les présente à la lumière éternelle et les introduit dans le séjour de la gloire. C'est la sainte Eglise elle-même qui, dans les textes de la Liturgie , nous instruit sur ces prérogatives du grand Archange. Elle nous enseigne qu'il a été préposé au Paradis, et que Dieu lui a confié les âmes saintes pour les conduire à la région du bonheur sans rin. x\u dernier jour '"du monde, lorsque notre divin Ressuscité paraîtra assis sur les nuées du ciel pour juger le genre humain, Michel aura à remplir un ministère formidable, lorsque, avec les autres Anges, il accomplira la séparation des élus et cies réprouvés, qui auront repris leurs corps dans la résurrection générale. Au moyen âge, nos pères aimai'ent à représenter ['action du saint Archange dans ce moment terrible. Ils le figuraient au pied du trône du souverain juge, tenant une balance dans laquelle il pèse les âmes avec leurs œuvres.

Le culte d'un si puissant ministre de Dieu, d'un si bienveillant protecteur des hommes, devait se répandre dans la chrétienté, surtout après la défaite des faux dieux, lorsqu'il n'y eut plus à craindre que les hommes fussent tentés de lui décerner les honneurs divins. Constantin lui éleva près de sa nouvelle capitale un sanctuaire célèbre qui porta le nom Michaélion ; et à l'époque où Constantinople tomba au pouvoir des Turcs, on n'y comptait pas moins de quinze églises consacrées sous le nom de saint Michel, soit dans l'enceinte de la ville, soit dans les faubourgs. Dans le reste de la chrétienté cette dévotion

ne s'étendit que par degrés; et ce fut par des manifestations du saint Archange que les fidèles furent doucement avertis de recourir à lui. Ces manifestations étaient locales, vulgaires en apparence ; mais Dieu, qui fait sortir les grands effets des petites causes, s'en servit pour éveiller peu à p>eu chez les chrétiens le sentiment de la confiance envers leur céleste protecteur. Les Grecs célèbrent lapparition qui eut lieu en Phrygie . à Chône, nom qui a remplacé celui de Colosses. Il existait dans cette ville une église en l'honneur de saint Michel, et elle était fréquentée par un saint personnage nommé Archippe, que les païens poursuivaient avec fureur. Afin de se défaire de lui, ils lâchèrent récluse d'un cours d'eau qui vint s'unir au Lycus. et menaça de renverser l'église SaintMichel, où Archippe était en prières. Tout à coup le saint Archange apparut tenant en main une verge ; à son aspect l'inondation recula, et les eaux, grossies par l'affluent que la malice des païens avait déchaîné, allèrent se perdre dans le gouffre où le Lycus s'enfonce et disparaît près de Colosses. La date de ce prodige n'est pas certaine ; on sait seulement qu'il eut lieu à une époque où les païens étaient encore assez nombreux à Colosses pour inquiéter les chrétiens.

Une autre apparition fut destinée à accroître la dévotion à saint Michel chez les peuples de l'Italie, et eut lieu sur le mont Gargan, en Apulie; c'est celle que nous fêtons aujourd'hui. Une troisième se passa en France, sur les côtes de Normandie, au mont Tomba; nous la célébrerons au 16 octobre.

La fête d'aujourd'hui n'est pas la plus solennelle des deux que l'Eglise consacre chaque année à saint Michel ; celle du

29 septembre est d'un degré supérieur, mais elle est moins personnelle au saint Archange. On y honore en même temps tous les chœurs de la hiérarchie angélique. \'oici maintenant le récit liturgique de l'apparition du grand Archange sur le mont Gargan, tel qu'il est consigné au Bréviaire romain.

L'autorité des livres sacrés et l'ancienne tradition des saints nous apprennent que le bienheureux archange Michel a souvent apparu aux hommes : ce qui est la cause que la mémoire de ces apparitions est célébrée en plusieurs lieux. Comme autrefois la synagogue des Juifs, de même aujourd'hui l'Eglise de Dieu le révère comme son gardien et son protecteur. Une célèbre apparition du saint Archange eut lieu sous le pontificat de Gélase I'^'', en Apulie. sur le sommet du mont Gargan, au pied duquel est située la ville de Siponto.

UN taureau appartenant a un homme qui habitait cette montagne s'étant un jour écarté du troupeau, on le chercha longtemps, et enfin on le trouva qui s'était embarrassé dans des broussailles à l'entrée d'une caverne.

BEATUM Michaelem archangelum sœpius hominibus apparuisse, et sacrorum Librorum auctoritate, et veteri sanctorum traditione comprobatur. Quamobrem multis in locis facti memoria celebratur. Eum ut olim synagoga Judaeorum, sic nunc Custodem et Patronum Dei veneratur Ecclesia. Gelasio autem Primo Pontifice Maxime, in Apulia in vertice Gargani moiitis, ad cujus radiées incolunt Sipontini. archangeli Michaeiis fuit illustris appariFACTUM est enim, ut ex gregibus armentorum Gargani cujusdam taurus longe discederet : quem diu conquisitum in aditu speluncœ ha;rentem invenerunt. Cum vero quidam ex illis ut

taurum configeret sagittam emisisset, retorta sagitta in ipsum recidit sagittarium. Quaerescum prassentes. ac deinceps cœieros tanto timoré affecisset, ut ad eam speluncam propius accedere nemo audcrct ; Sipontini episcopum consuliint : qui indicto trium dicrum jejunio et oratione. rem a Deo respondit quxri oportere

POST triduum Michael archangelus episcopum monet, in sua tutela esse eum locum. coque indicio demonstrasse . velle ibi cultum Deo in sui, et Angeloruramemoriam adhiberi. Quare episcopus una cum civibus ad eam speluncam ire pergit. Quam cum in templi cujusdam similitudinem conformatam vidisscnt. locum illum divinis officiis celebrare cœperunt : qui multis postea miraculis illustratus est. Nec ita multo post Bonifacius papa Romœ in summo Circo sancti Michaelis Ecclesiam dedicavit tertio calendas octobris ; quo

Un des hommes qui étaient à la poursuite du taureau ayant lance sur lui une flèche pour le percer, la flèche se détourna, et revint sur celui qui l'avait lancée. Une terreur religieuse saisit alors les gens qui étaient à la poursuite de l'animal, ainsi que ceux à qui ils racontèrent la chose, en sorte que personne n'osait approcher de la caverne. Les habitants de Siponto en référèrent à leur évèque. qui leur répondit qu'il fallait consulter Dieu, et ordonna trois jours de jeunes et de prières à cette intention.

AU bout des trois jours,rarchange Michel avertit l'évêque que le lieu était sous sa protection, et que. par le fait qui avait eu lieu, il avait voulu montrer que son intention était que Ton consacrât ce lieu au culte de Dieu, en son honneur et en celui des Anges. L'évêque se rendit aussitôt avec son peuple à la caverne. Ils la trouvèrent disposée en forme d'église, ils y célébrèrent les divins Offices, et le lieu devint célèbre par de nombreux miracles. Peu de temps après, le pape Boniface dédia à Rome l'église Saint-Michel dans le grand Cirque, le trois des calendes d'octobre, jour où l'Eglise célèbre aussi la mémoire de tous les Anges ;

L'Apparition de S. Michel Archange.

mais l'apparitloa de l'archange Àlichel est l'objet de la fête d'aujourd'hui.

die etiam omnium Angelorum memoriam Ecclesia célébrât. Hodiernus autem dies archangeli Michaelis apparitione

I consecratus est.

La sainte Eglise nous révèle les grandeurs de l'archange saint iMichel dans les cnants de la Liturgie, et particulièrement dans le Répons et les Antiennes que nous donnons ici, en les empruntant à l'Office d'aujourd'hui.

-, f-^ ELUi-ci est lar"'• ^ change Michel, le prince de la milice des Anges : * Le culte qu'on lui rend est une source de bienfaits pour les peuples, et sa prière conduit au royaume des cieux. Alléluia.

f. C'est l'archange Michel préposé au Paradis, celui à qui rendent honneur les concitoyens des Anges. * Le culte qu'on lui rend est une source de bienfaits pour les peuples, et sa prière conduit au royaume des cieux. Alléluia.

Ant. L'archange Michel est venu entouré de la multitude des Anges ; c'est à lui que Dieu a confié les âmes des Saints, pour les introduire dans les joies du Paradis. Alléluia.

^ T_T IC est Michael ^' aT. archangelus, princîps militiœ Angelorum : ' Cujus honor prœstat bénéficia populorum, et oratio perducit ad régna cœlorum. Alléluia.

f. Archangelus Michael prœpositus Paradisi. quera honorificant Angelorum cives. * Cujus "honor prœstat bénéficia populorum, et oratio perducit ad régna cœlorum. Alléluia.

Ant. Venit Michael archangelus cum multitudine Angelorum, oui tradidit Deus animas Sanctorum. ut perducat eas in Paradisum exsulta' tionis. Alléluia.

Ant. Michael archangelus venit in adjutorium populo Dei ; stetit in auxilium pro animabus justis. Alléluia.

Ant. IVinceps gloriosissime. Michael archangele. estû memor nostri : hic et ubique semper precare pro nobis Filiuni Dei. Alléluia, alléluia.

Ant. L'archange Michel c^t venu au secours du peuple de Dieu ; il est venu couvrir de sa protection les âmes justes. Alléluia.

Ant. Glorieux prince, archange Michel, ayez souvenir de nous ; ici et en tous lieux priez toujours le Fils de Dieu pour nous. Alléluia, alléluia.

/Hymne suivante est employée par l'E- glise, à l'Office des \'cpres, dans les solennités en l'honneur de saint Michel. Celle que nous donnons ensuite est celle des Laudes. On y célèbre non seulement notre grand Archange, mais aussi saint Gabriel, saint Raphaël, et généralement tous les Esprits bienheureux. Aux diverses fêtes de saint Michel, l'Eglise a coutume de réunir dans un même souvenir et une même vénération tous les membres de la milice angélique, n'ayant pas établi dans le cours de l'année une solennité qui ait pour but de fêter collectivement les neuf chœurs des Esprits célestes.

TE splftidor, et virtus Patris, Te vita. Jesu, cordium, Ab ore qui pendent tuo Laudamus inter Angeles.

Tibi mille densa millium

SPLENDEUR et vertu du Père, Jésus, la vie de nos cœurs, reçois nos louanges en présence des bataillons angéliqucs qui sont à tes ordres.

C'est pour ta gloire que milite cette armée de princes

L'Apparition de S. Michel Archanf^e. 5j5

qui se comptent par milliers ; à sa tête paraît Michel le vainqueur, déployant l'étendard de la croix, instrument de notre salut.

C'est lui qui précipite dans le noir enfer le cruel dragon, lui qui, du haut du ciel, foudroie ce chef impie avec ses cohortes rebelles.

Marchons sur les pas d'un si noble chef contre le prince de la superbe; sur Tautel de l'Agneau repose la couronne de gloire qui récompensera nos exploits.

A Dieu le Père soit la gloire, pareillement au Fils ressuscité des morts, au Paraclet gloire égale, dans les siècles de l'éternité! Amen.

Ducum corona militât . Sed explicat victor crucem Michael salutis signifer.

Draconis hic dirum

caput In ima pellit tartara, Ducemque cum rebellibus Cœlesti ab arce fulminât.

Contra ducem superbiœ Sequamur hune nos principem, Ut detur ex Agni throno Nobis corona glorise.

Deo Pairi sit gloria, Et Filio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna sœcula.

Amen.

O Christ, auteur de la gloire des saints Anges, créateur et rédempteur de la race humaine, accorde-nous la grâce de monter un jour à l'heureuse demeure des habitants du ciel.

Envoie vers nous Michel, l'Ange qui donne la paix; qu'il descende du ciel, qu'il vienne de son bras puissant refouler dans les enfers la guerre, source de tant de larmes.

CHRiSTE, sanctorum decus Angelorum, Gentis humanae sator, et

redemptor, Cœlitum nobis tribuas beatas

Scandere sedes.

Angélus pacis Michael in œdes Cœlitus nostras veniat ;

serenas Auctor ut pacis lacrymosa in orcum Bella releget.

Angélus fortis Gabriel, ut hostes Pellat antiques, et arnica

cœlo, QucE triumphator statuit per orbcm,

Templa révisât.

Angélus nostrœ mcdicus salutis Adsit e cœlo Raphaël, ut

omnes Sanet œgrotos, dubiosque vitœ

Dirigat actus.

Virgo dux pacis, Genitrixque lucis. Et sacer nobis chorus

Angelorum Semper assistât, simul et mioantis Regia cœli.

Praïstet hoc nobis Deltas beata Patris, ac Nati. pariterque Sancti Spiritus, cujus resonat per omnem

Gloria mundum. Amen.

Le livre des Séquences de l'abbaye de Saint-Gall nous fournira celle qui suit ; elle est de la composition du célèbre moine Notker, au ixo siècle.

POUR célébrer les louanges, ô Roi du ciel, unis en chœur, nous voulons joindre

Gabriel. Ange de la force, viens aussi chasser nos anciens ennemis, et visiter les temples sacrés qui se sont élevés sur la terre après la mission triomphante que tu vins y accomplir.

Apparais, ô Raphaël. Ange qui présides à la santé Je nos corps; viens guérir tous nos malades, et diriger nos pas incertains dans les sentiers de la vie.

Que la Vierge reine de la paix et Mère de la lumière daigne nousassister toujours! que le chœur sacré des Ani;es, et la cour resplendissante des cieux nous couvrent à jamais de leur protection !

Accordez-nous ces faveurs.

Père !

Fils !

;j,spritSaint ! déité à jamais heureuse ! vous dont la louange retentit dans l'œuvre tout entière de la création. Amen.

AD célèbres, Rex cœlice, Cuncta

laudes

L'A pparition de S. Michel Archange. Sjj

à nos chants les concerts d'une brillante harmonie.

Pangat jam canora Caterva symphonia Odas, atqiie solvat Concio tibi nostra.

C'est en ce jour que se renouvelle la fête glorieuse de Michel ; et cette solennité remplit d'allégresse la création tout entière.

Cum jam renovantur Michaelisinclvta

Valde festa, Per quae Instabunda Perornatur machina

iMundi tota.

En créant les Esprits bienheureux, tu les as partagés en neuf chœurs ; et à ta volonté tu fais de ces êtres enflammés autant dAnges appelés à exécuter tes ordres.

Novies distincta Spirituum sunt agmina

Per te facta.

Sed cum vis, Facis haec flammea

Per Angelicas

OHicinas.

Ils sont ton œuvre première ; nous sommes la dernière, créés cependant à ton image.

Inter primaeva

Sunt hœc nam

Creata tua ; Sed cum simus nos ultima

Factura, Sed imago tua.

Elle nous révèle la pensée divine, cette triple division d'Esprits célestes, fondée sur les offices auxquels ils sont destinés.

Theologica categorizant

Symbola Nobis'hffc ter tripartita Per privata officia.

D'abord l'armée des Anges, la phalange des Archanges, le chœur des Principautés ;

Plebs angelica, Phalanx et archangelica Principans turma.

Au-dessus les Vertus célestes, que surpassent les Puissances,

\'irtus Uranica, Ac Potestas almiphona,

'jS

Dominantia numina, Divinaque siibsellia, Cherubim netherea, Ac Seraphim ignicoma.

Vos. o Michael. Cœli Satrapa, Gabrielquc Vera dans verbi nuntia. Atquc Raphaël, \'itrp vernula, Transferte nos Inter Paradisicolas.

Per vos Patris; cuncta Compicntur mandata. Quic dat ejusdem Sophia, Comparquoque Pneuma, Una permaoens in usia. Cui estis administrantia Deo millia Millium sacra.

Vices per bis quinas Bis atque quingenta Vestra Centena millena Assistunt in aula, Ad quam Rex ovem cenlesimam Verbigena. Drachmamque decimam

Vestra Duxit ad agalmata.

Vos per aethra, Nos per riira terrea.

Pars electa, Harmonica vota

Damus hinc Per lyricas citharas.

Les Dominations, les Chérubins, les Trônes spirituels de la Divinité, enfin les Séraphins à la chevelure de feu.

O Michel prince du ciel -, Gabriel, messager du Verbe; Raphaël, le soutien de notre vie, transportez-nous parmi les habitants du Paradis.

Les commandements que donne le Père, qui viennent de sa divine Sagesse égale à lui, et de l'Esprit qui est une même substance, vous les accomplissez, vous tous qui par milliers de milliers êtes les serviteurs de Dieu.

C'est dans vos rangs innombrables que le Roi, qui engendre le Verbe, place et fait participer à vos honneurs la centième brebis qu'il a recouvrée, la di.xième drachme dont il est rentré en possession.

Vous dans les cieux, nous sur la terre, élus de la divine bonté, nous faisons entendre de concert nos chants harmonieux sur les lyres et les harpes.

L'Apparition de S. Michel A rchanf^e. S-jq

Daigne le Seigneur, après les vaillants combats que Michel doit soutenir encore, agréer notre encens sur l'autel d'or ;

Lorsque, réunis tous dans un*; gloire égale, nous chanterons Allekiia !

Quo post bella Michaelis inclyta Nostra Deo sint accepta Auream super aram

Thymiamata,

Quo in coœva .lam gloria

Condecantemus Alléluia.,

OuE VOUS êtes beau, archange Michel, sous votre armure céleste, rendant gloire au Seigneur dont vous avez terrassé l'ennemi ! Votre regard humble et ardent se dirige vers le trône ae Jéhovah, dont vous avez soutenu les droits, et qui vous a' donné la victoire. Votre cri sublime : « Qui est semblable à « Dieu ? » a électrisé les légions tidèles, et il est devenu votre nom et votre couronne. Dans l'éternité, il nous rappellera sans tin votre fidélité et votre triomphe sur le dragon. En attendant, nous reposons sous votre garde; nous sommes vos heureux clients.

Ange gardien de la sainte Eglise, le moment est venu de déployer toute la vigueur de votre bras. Satan menace dans sa fureur la noble Epouse de votre Maître; faites briller les éclairs de votre glaive, et fondez sur cet implacable ennemi et sur ses aflreuses cohortes. Le royaume du Christ est ébranlé jusque dans ses fondements , Rome a vu détrôner dans ses murs le Vicaire de Dieu. Le règne de l'homme de péché est-il donc à la veille de se déclarer, et approchons-nous de ce dernier jour où vous devez remplir aux pieds du Juge souverain, sur les débris enflammés de ce monde coupable, le redou58o Le Temps Pascal.

table ministère de séparer pour jamais les boucs des brebis! Mais si la terre doit vivre encore, si les destinées de l'Eglise ne sont pas accomplies, n'est-il pas temps, 6 puissant Archange, que vous fassiez sentir au dragon infernal qu'on n'outrage pas impunément sur la terre celui qui l'a créée, celui qui Ta rachetée, et qui s'appelle le Roi des rois, le. Seigneur des seigneurs ? Le torrent de l'erreur et du mal ne cesse d'entraîner vers l'abîme la génération séduite ; sauvez-la, glorieux Archange, en dissipant les noirs complots dont elle est victime.

Vous êtes, 6 Michel, le protecteur de nos âmes au moment de leur passage du temps à l'éternité. Durant notre vie, votre œil nous suit, votre oreille nous écoute. Tout éblouis que nous sommes de vos splendeurs, nous vous aimons, 6 Prince immortel, et nous vivons heureux et confiants à l'ombre de vos ailes. Le jour viendra bientôt où, en présence de nos restes inanimés, la sainte Eglise, notre mère, demandera pour nous au Seigneur que nous soyons arrachés à la gueule lîu lion infernal, et que vos maihs puissantes nous reçoivent et nous présentent à la lumière éternelle. En attendant ce moment solennel, veillez sur vos clients. 6 Archange ! Le dragon nous menace; nous entendons'ies sifflements de sa rage, il voudrait nous dévorer. O Michel ! apprenez-nous à répéter après vous: « Qui est semblable à Dieu ? » L'honneur de Dieu , le sentiment de ses droits, l'obligation de lui rester fidèles, de le servir, de le confesser en tous temps et en tous lieux : c'est le bouclier de notre faiL'Apparition de S. Michel Archange. 58 1

blesse, c'est l'armure sous laquelle nous vaincrons comme vous avez vaincu. Mais il nous faut quelque chose de ce mâle courage que vous empruntiez à Tamour dont vous étiez rempli. Faites-nous donc aimer notre commun Seigneur , 6 Archange ! car c'est alors que nous serons invincibles comme vous. Le dragon ne sait pas résister à la créature qui est éprise de l'amour du grand Dieu ; il fuit honteusement devant elle.

Le Seigneur vous avait créé, 6 Michel, et vous avez aimé en lui votre Créateur; il ne nous a pas seulement créés, il nous a rachetés, et rachetés dans son sang : quel doit donc être pour lui notre amoar ? Fortitiez cet amour dans nos cœurs; et puisque nous combattons dans votre milice, dirigez-nous, échautfez-nous, soutenez-nous de votre regard, et parez les coups de notre ennemi. Vous serez présent, nous l'espérons, à notre heure dernière, 6 porte-étendard du salut ! En retour de notre tendre dévotion envers vous, daignez faire la garde auprès de notre couche, la couvrir de votre bouclier. Si le dragon voit étinceler votre glaive, il n'osera approcher de nous. Au sortir de son corps, puisse notre àme éperdue s'élancer dans vos bras! Ne l'abandonnez pas, saint Archange, quand elle se pressera contre vous ; portez-la aux pieds du tribunal de Dieu, couvrez-la de vos ailes, rassurez ses terreurs, et daigne le Seigneur votre maître vous donner ordre de la transporter promptement dans la région des joies éternelles !

y!^^'^^^T$jl^/!^y^i^/!^/!^yS^^/lk'^/i^/J^

v\ Côtés d'Athanase, un second Docteur de l'Eglise se présente pour faire hommage de son génie et de son éloquence à Jésus ressuscité. C'est Grégoire de Nazianze, l'ami et l'émule de Basile, l'orateur insigne, le poète qui, dans la plus étonnante fécondité, a su joindre l'énergie à l'élégance ; celui qui entre tous les Gregoires a mérité et obtenu le grand nom de Théologien par la sûreté de sa doctrine, l'élévation de sa pensée, la splendeur de son exposition. La sainte Eglise le voit avec bonheur étinceler en ces jours sur le Cycle; car nul n'a parlé avec plus de magnificence que lui du mystère delà Pàque. On en peut juger par le début de son deuxième discours pour cette auguste solennité. Ecoutons.

« Je me tiendrai en observation comme la '( sentinelle », nous dit l'admirable prophète Habacuc ; et moi aujourd'hui, à son exemple, éclairé par l'Esprit-Saint, je fais austsi le guet, j'observe le spectacle qui se découvre à moi, j'écoute les paroles qui vont retentir. Et tandis que debout je considère, je vois assis sur les nuées un personnage dont les traits sont ceux d'un ange, et dont le vêtement est éblouissant comme l'és. Gr. de Na^ian^e, Ev. et Doct. de VEgl. 5 H3

clair. Sa voix retentit comme la trompette, et les rangs pressés de l'armée céleste l'environnent'; et il dit: « Ce jour est le jour « du salut pour le monde visible et pour « le monde invisible. Le Christ se lève « d'entre les morts, vous aussi levez-vous. Le « Christ reprend possession de lui-même, « imitez-le. Le Christ s'élance du sépulcre, « arrachez-vous aux liens du péché. Les « portes de l'enfer sont ouvertes, la mort est « écrasée, le vieil Adam est anéanti, et un « autre lui est substitué : vous qui faites « partie de la création nouvelle dans le « Christ, soyez renouvelés, j)

« C'est ainsi qu'il parlait, et les autres Anges répétaient ce qu'ils chantèrent au jour où le Christ nous apparut dans sa naissance terrestre : Gloire à Dieu au plus haut des deux, et sur la terre paix aux hommes de boyine volonté ! A moi maintenant de parler sur toutes ces merveilles : que n'ai-je la voix des Anges, une voix capable de retentir jusqu'aux confins de la terre !

« La Pâque du Seigneur ! la Pâque ! encore la Pâque, en l'honneur de la Trinité! c'est la fête des fêtes, la solennité des solennités, qui l'emporte sur toutes les autres autant que le soleil sur les étoiles. Dès hier combien fut auguste la journée, avec ses robes blanches et ses nombreux néophytes portant des flambeaux! Nous avions double Fonction, publique et particulière ; toutes les classes d'hommes, des magistrats et des dignitaires en grand nombre , dans cette nuit illuminée àe mille feux; mais aujourd'hui combien ces allégresses t: ces grandeurs

sont dépassées ! Hier n'était que l'aurore de la grande lumière qui s'est levée aujourd'hui ; la joie que l'on ressentait n'était qu'un prélude de celle que l'on éprouve en ce moment ; car en ce jour c'est la résurrection elle-même que nous célébrons , non plus seulement espérée, mais accomplie, et s'etendant au monde entier '. »

Ainsi préludait à la harangue sacrée le sublime orateur, le pocte divin qui ne lit que passer sur le siège de Constantinople. Homme de retraite et de contemplation, les agitations du siècle usèrent vite son courage; "la bassesse et la méchanceté des hommes froissèrent sonnoblecœur; et laissantàun autre le dangereux honneur d'occuper un trône si disputé, il s'envola de nouveau vers sa chère solitude, où il aimait tant à goûter Dieu et les saintes lettres. Il avait pu, dans son rapide passage, malgré tant de traverses, raffermir pour longternps la foi ébranlée dans la capitale de l'empire, et tracer un sillon de lumière qui n'était pas effacé, lorsque Jean Chrysostome vint s'asseoir sur cette chaire de Byzance où tant d'épreuves l'attendaient à son tour.

Voici le récit que trace la sainte Liturgie des mérites et des œuvres de l'immortel Docteur.

GREGORIUS, nobilis Cappadox, ex singulari divinarum litterarum scientia, Theologi coGRÉGCiRE, noble Cappadocien . surnommé le Théologien, à cause de sa science profonde dans les lettrès divines, naquit à Nazianze dans la Cappadoce. Il fut instruit à Athènes dans toutes sortes de sciences, avec saint Basile, et s'appliqua ensuite à l'étude de l'E- criture sainte. Les deux amis s'y exercèrent durant quelques années dans un monastère, ayant pour méthode d'interpréter le livre sacré, non par les lumières de leur esprit propre, mais par le raisonnement et l'autorité des anciens. L'éclat de leur doctrine et de leur sainteté les ayant fait appeler au ministère de la prédication de l'E- vangile, ils enfantèrent à Jésus-Christ un grand nombre de fidèles.

GRÉGOIRE, étant retourné chez lui, fut fait d'abord évêque de Sasimes, et chargé ensuite du gouvernement de l'Eglise de iSJazianze. Appelé plus tard à Constantinople pour en être le pasteur, il purgea cette ville des hérésies dont elle était infectée, et la ramena à la pureté de la foi catholique. De tels succès, au lieu de lui acquérir l'aftection de tout le monde, lui attirèrent l'envie d'un grand nombre de personnes. Une grave division s'étant élevée à son sujet entre les évèques, il renonça de son propre mouvemen'L à l'épiscopat, s'appliquent ces paroles du I

gnomen consecutus, Nazianzi in Cappadocia natus, Athenis in omni disciplinarum génère una cum sancto Hasilio eruditus ad studia sacrarum Littcrarum se convertit, in quibus se in cœnobio per aliquot annos exercuerunt, illarum sententiam non ex proprio ingenio, sed ex majorum ratione, et auctoritate interprétantes. Qui cum doctrina et vitre sanctitate florerent. vocati ad munus prœdicandas E- vangelicœ veritatis, plurimos Jesu Christo filiûs pepererunt.

/"^ REGORlT'S igitur ali^J quando domum reversus, primum Sasimorum episcopus creatus est, deindeNazianzenam Ecclesiam administravit. Tum Constantinopolim ad eam regendam Ecclesiam accersitus, cum civitatem hœresum purgatam erroribus, ad Catholicam fidem reduxisset, quod ei summum omnium amorem conciliare debebat, multorum paravit invidiam. Itaque cum inter episcopos magna propterea esset facta seditio, sponte cedens episcopatu, illud PropheLe Temps Pascal.

la- aicium usurpavit : Si propter me commota est ista tempestas, dejicite me in mare, ut vos jactari desinatis. Quarc Nazian/um reversus , cum illi Ecclesiae Eulalium pra^ticiendum curasset, totum se ad contemplationem et scriptionem divinarum icrum contulit.

SCRIPSIT autem multa, et soluta oratione, et versibus, mirabili pietate, et eloquentia : quibus doctorum hominum , sanctorumque judicio id assecutus est, ut nihil in illis, nisi ex verae pietatis et Catholicae religionis régula reperiatur, nemo quidquam jurevocare possit in dubium. Consubstantialitatis Filii fuit acerrimus propugnator. Ut autem vitœ laude nemo ei praepositus est, sic et orationis gravitateomnes facile superavit. In iis scribendi, ac legendi studiis ruri vitam monachi exercens, imperatore Theodosio. ad cœles:em vitam, senio confectus, migravit.

Frophcle : « Si c'est à cause < de moi que cette tempête " s'est élevée, jetez-moi dans « la mer, et par là mettez fin « à l'orage qui vous agite, i»

11 revint donc à Nazianze, et ayant fait donner le gouvernement de cette Eglise à Eulalius, il se livra tout entier à la contemplation des choses divines et à la composition d'ouvrages qui les ont pour objet.

LES oeuvres de Grégoire, tant en prose qu'en vers, «ont dignes d'admiration par les sentiments de piété et la haute éloquence qui y régnent ; et il a mérité cet éloge, au jugement des hommes doctes et saints, que l'on ne rencontre rien dans ses écrits qui ne soit conforme aux règles de la vraie piété et de la foi catholique, rien, en un mot, qui puisse être raisonnablement contesté. Il fut le ferme et zélé défenseur de la Consubstantialité du Fils de Dieu. De même qu'il n'était inférieur à personne dans la sainteté de sa vie, ainsi il surpassa tous les autres par la dignité de son style. 11 mena ainsi la vie du moine à la campagne, occupé à la lecture et à la composition ; et enfin, chargé d'années, il passa à la vie bienheureuse du ciel, sous l'empire de ThéudosS.

s. Gr. de Na:[ia)i:{e, Év. et Doct. de VÊgl. 58 j

L'Eglise grecque, dans ses Menées, consacre à la mémoire de saint Grégoire de Nazianze les plus magnifiques éloges. Noi'* en empruntonis quelques traits.

CÉLÉr anp

•:brons par nos Iolianges le prince des pontifes, le grand docteur de l'Eglise du Christ, celui dont la voix est semblable au plus riche concert, à la harpe la plus mélodieuse, à la lyre la

Blus habile et la plus suave, isons-lui : Salut, ô abîme de la grâce divine ! salut, docteur aux pensées sublimes et célestes, Grégoire, Père des Pcres !

Par quels hymnes et quels cantiques pourrons-nous te célébrer, homme égal aux Anges, toi qui as vécu sur la terreau-dessus de l'humanité ? Tu fus le héraut de la divine parole, l'ami de la chaste Vierge, le compagnon des Apôtres sur leur trône, l'honneur des martvrs et des saints, l'adorateur de l'éternelle Trinité, ô pontife très saint.

Fidèles rassemblés pour sa fête, célébrons dans nos chants spirituels le prince des pontifes, la gloire des patriarches, l'interprète des plus profonds enseignements du Christ, l'intelligence la olus sublime. Disons-lui :

inc

Eresonans organum, odulatam citharam, harmonicam cinyram et dulcisonam, pontificum principem. magnum Ecclesiœ Christi praeceptorem laudibus celebremus canentes : Salve, divina; abyssus gratire ; salve, coelestium sublimitas cogitationum, Pater Patrum Gregori.

Quibus hymnis et cantibus te celebrabimus, par Angelis, in terris non humano more, sed supra viventem ? Verbi Dei praeconem, vereamicum castœ Virginis, A- postolorum throni consortem , martyrum et sanctorum gloriosum decus, divinum Trinitatis sem'piternœ adoratorem, sanctissime archisacerdos.

Pontificum principem, patriarcharum decus, interpretem dogmatum et cogitationum Christi , mentem sublimissimam, O fidèles, in unum congregati. hymnis celebremus spiritualibus dicenLe Temps Pascal.

tes : Salve, fons theoloj»i3e, sapientiae flumen, et origo divinaccognitionis. Salve, astrum lucidissimum, quod tuis doctrinis univcrsuni illustras mundum. Salve, potens pietatis defensor, et generose impietatis insectator.

Pater Gregori, sapientcr pericula et insidias Garnis efTugisti : et super currum quadrijugem virtutum, per médium cœli transcendens. ad pulchritudinem ineffabilem advolasti, qua repletus et exsultans, nunc animabus nostris obtines pacem et magnam misericordiam.

Verbo Dei aperiens os luum, sapientiae Spiritum attraxisti ; et plenus gratia, divina resonare fecisii dogmata, ter béate Gregori ; et angelicis initiatus potestatibus, trinum et indivisibile lumen praedicasti. Ideo tuis illuminati divinis doctrinis, adoramus Trinitatem in una Deitate recognitam, ad obtinendam aoimarum nostrarum salutem.

Inflammata lingua tua, Dec inspirate Gregori, verborum versutias haereticoriim cum Domino pugnantium penitus incendisti. Vere appaSalut, source de la théologie, fleuve de la sagesse, initiateur aux connaissances divines ! Salut, astre lumineux qui éclaires le monde entier par ta doctrine ! Salut, ù puissant défenseur de la piété, adversaire généreux de l'impiété.

Tu as su éviter dans ta sagesse les périls et les embûches de la chair, 6 Grégoire notre père ; sur un char conduit par les quatre vertus, tu es monté par le milieu du ciel, et tu l'es envolé vers l'ineffable beauté. Elle t'eni» vre maintenant de délices, et tu implores pour nos âmes la miséricorde et la paix.

Ouvrant ta bouche à la parole de Dieu, tu as attiré l'Esprit de sagesse, et rempli de la grâce, tu as fait retentir les dogmes divins, ô Grégoire trois fois heureux ! Placé aux rangs des Puissances angéliques, tu as prêché la triple et indivisible Lumière ; éclairés par ta divine doctrine, nous adorons la Trinité, nous confessons en elle une seule divinité, afin d'obtenir le salut de nos âmes 1

O Grégoire inspiré de Dieu, ta langue enflammée 3 consumé les formules captieuses des hérétiques ennemis du Seigneur. Tu as paru comme une bouche divine.

s. Gr. de Na:^ian^e, Ev. et Doct. de VÉgl. 5 <

exposant dans l'Espril-Saint les grandeurs de Dieu ; dans tes écrits tu nous as manifesté la puissance et la substance même de la Trinité mystérieuse et impénétrable. Comme un triple soleil tu as éclairé ce monde terrestre ; et maintenant tu intercèdes sans relâche poui nos âmes.

Salut, ô fleuve de Dieu, toujours rempli des eaux dé la grâce 1 Tu baignes la cité du Christ roi, et tu la réjouis par ta parole et tes enseignements divins : torrent de délices, mer sans fond, gardien fidèle et juste de la doctrine, défenseur courageux de la Trinité, organe de l'EspritSaint, génie attentif et vigilant, langue harmonieuse, interprète des mystères les plus profonds de l'Ecriture, supplie maintenant le Christ de répandre sur nous sa grande miséricorde.

Tu t'es élevé sur la montagne des vertus, ayant abdiqué les choses de la terre, étant devenu étranger aux œuvres de mort : tu as reçu les tables écrites de la main de Dieu, et le dogme de ta très pure théologie, et tu nous enseignes les mystères célestes, ô Grégoire rempli de sagesse.

La Sagesse de Dieu a eu

ruisti velut os divinum, in Spiritu loquens magnalia Dci, et scriptis reprœsentans nobis eamdem potentiam et substantiam absconditcc et mysticœTrinitatis. Sicut lumen trisolare 'terrestrem illuminasti mundum ; et nunc indesinenter intercedis pro animabus nostris.

Salve, flumen Dci, semper aquis gratias plénum et omnem lastificans civitatem régis Christi, divinis verbis et dogmatibus tuis ; voluptatis torrens, mare inexhaustum, fidelis et justus doctrinae custos, acerrimus Trinitatis propugnator, organum Spiritus Sancti, mens vigilans, harmonica lingua, profunda Scripturarum interpretans mysteria ; nunc Christum exora ut animabus nostris magnam concédât misericordiam.

Super virtutum montem ascendisti. terrenis rébus renuntians, et totus ab operibus mortuis alienus ; et tabulas manu Dei descriptas, dogmata purissima theologiœ tuae recepisti, cœlestiadocens mysteria, sapiens Gregôri.

Dei Sapientiam diler,n

xisti, et verborum pulchritudinem amasti et pr.e cunctis tcrrae voluptatibus œstimasti. Ideo corona crratiarum te mirabillter decoravit Dominus, beatissime, et Theologutn sibi segregans delegit.

Ut venerandœ Trinitatis claritate mcntem tuam abundanter illuminares. Pater, illam expolivisti, optima virtutum professione immaculatam efficiens, velut novum et antcfactum recens spéculum. Unde et divinis imaginibus, simillimus Deo apparuisti.

Novus Samuel a Deo datus apparuisti, Deo ipsi datus etiam ante conceptionem, beatissime ; ornatus prudentia. temperantia, et sanctissima pontificatusstoladecoratus, Pater : mediator factus inter Creatorem et creaturam.

Ad sapientia: craterem venerabileos tuum admovisti, Pater Gregori ; et divinum ihcologia» flumen inde exhausisti, et fidelibus abundanter distribuisti ; hœreseon torrentem perniciosum. et blasphemiis abundantem reprimens. Spirituscnim Sanctus le velut "uberton amour, tu as recherché la beauté de sa parole, et tu l'as estimée au-dessus de tout ce qui charme les hommes sur la terre ; c'est pourquoi le Seigneur a orné ta tète d'une couronne de grâces, ô bienheureux, et t'ayant mis à part, il t"a choisi pour être le Théologien.

Afin que ton âme s'éclairât tout entière des rayons de l'auguste Trinité, tu l'as polie, ô Père, la rendant sans tache par ta noble profession de toutes les vertus, et semblable à un miroir nouveau et préparé avec le plus grand soin ; alors la réfraction du divin éclat t'a fait paraître semblable à un Dieu.

Tu as paru comme un nouveau Samuel donné de Dieu ; avant d'être conçu tu fus donné à Dieu, ô bienheureux ! La prudence et la continence ont été ta parure, et, orné de la robe sacrée des pontifes, tu as été établi, o Père. comme le médiateur entre le Créateur et la créature.

Tu as approché tes lèvres vénérables de la coupe qui contient la sagesse, 6 Grégoire notre père 1 tu as aspiré les eaux divines de la théologie, et tu les as fait couler avec abondance sur les fidèles ; tu as arrêté le torrent pernicieux' de l'hérésie, ce torrent qui roule le blasphcmci L'Esprit-Saint a

s. Gr. de Na^ian:{e, Ba>. et Doct. de VF.f^l. 5q r

trouve en toi un pasteur gouvernant avec sainteté, repoussant et soulevant contre lui les audacieuses fureurs des impies, semblables aux violents orages des vents sur la mer ; un pasteur prêchant la Trinité dans l'unité de substance.

Brebis de la sainte Eglise, célébrons dans nos divins cantiques la lyre de l'EspritSaint. la faux des hérésies, les délices des orthodoxes, un second disciple reposant sur la poitrine de Jésus, le contemplateur du Verbe, le fatriarche rempli de sagesse. lisons-lui : Tu es un bon pasteur, ô Grégoire ! tu t'es livré pour nous, comme le Christ notre maître, et maintenant tu tressailles d'allégresse avec Paul, et tu intercèdes pour nos âmes.

natorem invenit, repellentem et submoventem impiorum audaces impetus, velut violentos flatus ventorum ; et Trinitatem in unitate substantiœ annuntiantem.

Lyram Spiritus Sancti, hasreseon falccm, orthodoxorum voluptatem, alterum super pectus recumbentem discipulum, Verbi contemplatorem, sapientem archipastorem, nos Ecciesia^ oves, theologicis hymnis celebremus, dicentes : Tu es pastor bonus, Gregori, temetipsum tradens pro nobis, sicut magister noster Christus ; et nunc cum Paulo gaudens exsultas, et intercedis pro animabus nostris.

NOUS VOUS saluons, ô Grégoire, docteur immortel, vousà qui l'Orient et l'Occident ont décerné de concert le titre de Théologien par excellence ! Illuminé des rayons de la glorieuse Trinité, vous nous en avez manifesté les splendeurs, autant que notre œil mortel les peut entrevoir à travers le nuage de cette vie. En vous s'est accomplie cette parole : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, oc parce qu'ils verront Dieu ^ !» La pureté de

I. Matth. y,

5^2 Le Temvs Pascal.

votre àme l'avait préparée à recevoir la lumière divine, et votre plume inspirée a su rendre une partie de ce que votre àme avait goûté. Obtenez-nous, 6 grand Docteur, le don de la foi, qui met la créature en rapport avec Dieu, et le don de l'intelligence, qui lui fait entendre ce qu'elle croit. "Tous vos labeurs eurent pour but de prémunir les fidèles contre les séductions de l'hérésie, en faisant luire à leurs yeux les dogmes divins dans toute leur magnificence ; rendez-nous attentifs, atîn que nous évitions les pièges de l'erreur, et ouvrez notre œil à la lumière inetfable des mystères, à cette lumière qui. comme dit saint Pierre, est pour nous a semblable à une lampe, allu« mée dans un lieu obscur, jusqu'à ce que « le jour commence à briller, et que l'étoile « du matin se lève dans nos cœurs *. »

En ces temps où l'Orient, si longtemps en proie à la triste immobilité de l'erreur séculaire et de la servitude, semble à la veille d'une crise qui doit modifier profondément ses destinées, tandis qu'une politique profane songe à exploiter au profit de l'ambition humai'ne les changements qui se préparent, souvenez-vous, 6 Grégoire, de l'infortunée Byzance. Demain peut-être les puissances du monde se la disputeront comme une proie. O vous qui fûtes un moment son pasteur, vous dont le souvenir n'est pas encore effacé de sa mémoire, arrachez-la à Tesprit de schisme et d'erreur. Elle n'est tombée sous le joug de l'infidèle qu'en punition de sa révolte

s. Gr. de Na:çîan:(e, Év. et Doct. de VEgl. 5g3

contre le vicaire du Christ. Bientôt ce joug sera brisé ; obtenez, ô Grégoire, qu'en même temps celui de l'erreur et du schisme, plus dangereux et plus humiliant encore, se rompe et soit anéanti pour jamais. Déjà un mouvement de retour se manifeste ; des provinces entières s'ébranlent et semblent vouloir jeter un regard d'espérance vers la mère commune des Eglises, qui leur ouvre ses bras. O Grégoire ? du haut du ciel, aidez à la réconciliation. L'Orient et l'Occident vous honorent comme l'un des plus sublimes organes de la vérité divine ; par vos prières, obtenez que l'Orient et TOccident soient encore une fois réunis dans un même bercail, sous un môme pasteur, avant que l'Agneau immolé et ressuscité d'entre les morts redescende du ciel pour séparer l'ivraie du bon grain, et pour emmener avec lui dans sa gloire l'Eglise son épouse et notre mère, hors du sein de laquelle il n'y a pas de salut.

Aidez-nous, en ces jours, à contempler les grandeurs de notre divin Ressuscité ; faitesnous. tressaillir d'un saint enthousiasme dans cette Pâque qui vous inondait de ses joies, et vous inspirait les sublimes accents que nous venons d'entendre. Ce Christ, sorti triom phant du tombeau, vous l'avez aimé dès vos plus tendres années, et dans votre vieillesse son amour faisait encore battre votre cœur. Priez, atîn que nous aussi, nous lui demeurions fidèles, que ses divins mystères ravissent toujours nos âmes, que cette Pâque demeure toujours en nous, que le renouvellement qu'elle nous a apporté persévère dans notre vie, qu'à ses retours successifs elle nous reLe Temps Pascal.

trouve attentifs et vigilants pour Taccueillir avec une ardeur toute nouvelle, jusqu'à ce que la Pàque éternelle nous accueille et nous ouvre ses allégresses sans fin,

'Ordre des Frères-Prêcheurs, qui a déjà présenté à Jésus triomphant Pierre le Martyr et la céleste Catherine, lui envoie aujourd'hui l'un des nombreux Pontifes qu'il a nourris et préparés dans son sein. Au xv^ siècle, époque où la samteté était rare sur la terre, Antonin tit revivre en sa personne toutes les vertus qui avaient brille dans les plus grands évèques de l'antiquité. Son zèle apostoîique,les œuvres de sa charité, l'austéritéde sa vie, sont la gloire de l'Eglise de Florence qui fut confiée à ses soms. L'état politique de cette ville ne lui fut pas moins redevable pour sa grandeur et pour sa prospérité ; et Côme de Médicis, qui honorait son archevêque comme un père, confessa plus a'une fois que les mérites et les services d'Antonin étaient le plus ferme appui de Florence. Le saint prélat ne s'illustra pas moins par sa doctrine que par ses œuvres. On le vit tour à tour défendre la papauté attaquée dans le concile de Bâle par des prélats séditieux, et soutenir le dogme catholique dans le concile œcuménique de Florence contre les fauteurs du schisme grec. Admirons la fécondité de l'Eglise, qui n'a cessé de produire, selon les temps, des docteurs pour toutes les vérités, des adversaires contre toutes les erreurs.

L'Eglise consacre dans l'Office d'aujourd'hui les Leçons suivantes à l'éloge de saint Anton in :

ANTOMNUS Florentine honcstis parentibus natus, ah ipsa jam pueritia egregium futurs sanctitatis spécimen exhibuit. Annum agens sextum decimum, Religionem Pra»- dicatorum amplexus . cœpit exinde niaximis clarere virtutibus. Oiio perpetuum bellum indixit. Post nocturnuin brevem somnuni primus matutinis precibus aderat ; quibus persolutis. reliquum tcmpus noctis orationibus , aut carte lectioni et scriptioni librorum tribuebat ; et si quando importunior fessis membris somnus obreperet, ad parietem pauiulum declinato capite. ac tantisper discusso somno , sacras vigilias avidius repetebat.

DISCIPUN.E regularis sui ipsius severissimus exactor, carnes, nisi in gravi aegritudine. nunquam edit. Humi, aut in nudo tabulaio cubabjt : cilicio semper usas, et interdum zona ferrea ad vivam cutoni incinctus, virgipitatcm iniegerrime semper coluit. In exANTONiN, né à Florence de parents honnêtes, montra dès son enfance des indices remarquables de la sainteté à laquelle il devait s'élever. A l'âge de seize ans il entra dans l'Ordre des Frères-Prêcheurs, et tout d'abord il y brilla par sa haute vertu. Ennemi déclaré du repos, on le voyait, après quelques instants donnés au sommeil, se rendre le premier à l'Office des Matines, lequel étant termine, il employait le reste de la nuit à la prière, à la lecture, ou à la composition de ses écrits. Si quelquefois un sommeil importun venait surprendre ses membres fatigués, il appuyait un moment sa tète contre le mur ; puis s'arrachant bientôt à l'engourdissement, il reprenait ses saintes veilles avec plus d'ardeur.

SÉVÈRE observateur de la discipline régulière, il ne mangea jamais de chair, si ce n'est dans le cas de grave maladie. Il couchait sur' la terre ou sur des planches nues ; il portait constamment le cilice, auquel il ajoutait souvent une ceinture de fer siir la peau. Il garda toute sa vie la chasteté la plus entière.

Saint Aiitonin, Evêqite et Confesseur. 5gy

Sa prudence parut tellement dans les conseils qu'il donnait aux personnes qui venaient le consulter, qu'on s'accorda à lui décerner le nom d'Antonin des Conseils. L'humilité brilla en lui d'un tel éclat que, remplissant les charges de supérieur local et même de provincial, on le voyait se livrer avec empressement aux plus bas emplois du monastère. Eugène IV le fit archevêque de Florence ; mais ce ne fut pas sans peine, Antonin n'ayant consenti à être élevé à l'épiscopat que par la crainte des peines spirituelles dont il fut menacé par le pontife.

1c serait difficile de raconter au complet à quel point il excella dans la charge pastorale par sa prudence, sa piété, sa charité, sa mansuétude et son zèle sacerdotal. Une chose non moins admirable chez lui, est la vigueur de son intelligence, qui le rendit capable d'apprendre à fond presque toutes les sciences, sans s'être jamais servi du secours d'aucun maître. Enfin, après beaucoup de travaux, après avoir publié un grand nombre d'écrits remplis de doctrine, ayant reçu les sacrements d'Eucharistie et d'Extréme-Onction. et embrassé l'image du Crucifix, il vit venir la mort avec

plicandis consiliis tantre dexteritatis fuit, ut communi elogio Antoninus consiliorum diceretur. Adeo autem in eo humilitas enituit, ut etiam cœnobiis ac provinciis prœfectus , abjectissima monasterii officia demississime obiret. Ab Eugenio Quarto Florentinus Archiepiscopus renuntiatus, aegerrime tandem, nec nisi Apostolicis minis perterrefactus , ut Episcopatum acciperet, acquievit.

IN eo munere vix dici potest quantum- prudentia, pietate, charitate, mansuetudine, et sacerdotali zelo excelluit. Istud mirandum. tantum ingenio valuisse. ut omnes ferme scientias per se, nullo adhibito praeceptore , absolutissime didicerit. Tandem post multos labores , multis etiam editis insignis doctrinae libris, sacra Eucharistia , et Unctione percepta . complexus Crucifixi imaginera, mortem laetus aspexit, sexto nonas maii. anno mille«imo quadringentesimo quinquagesimo nono

Miraculis vivens , et post mortem conspicuus, Sanctorum numéro adscriptus est ab Hadriano Sexto, anno Domini millesimo quinijentcsimo vigesimo tertio.

joie, le six des nones de mai, l'an mil quatre cent cinquante-neuf. Il éclata par ses miracles dans le cours de sa vie et après sa mort, et il fut inscrit au nombre des Saints par Adrien VI, en l'an du Seigneur mil cinq cent vins^ttrois.

NOUS rendons gloire à Jésus ressuscité pour les dons sublimes qu'il vous avait départis, 6 Antonin ! En vous contiant une portion de son troupeau, il avait doué votre âme des qualités qui font les pasteurs selon son cœur. Comme il savait qu'il pouvait compter sur votre amour, il commit ses agneaux à votre garde. Dans un siècle qui par ses désordres faisait déjà présager les scandales du siècle suivant, vous avez brillé de la plus pure lumière sur le chandelier de la sainte Eglise. Florence chérit encore votre mémoire ; dans ses murs, vous fûtes l'homme de Dieu et le père de la patrie. Aidez-la encore aujourd'hui du haut du ciel. Les prédicants de l'hérésie ne sont plus seulement à ses portes; ils ont pénétré dans son enceinte. Veillez, 6 saint Pontife, sur le champ que vos mains ont semé, et ne permettez pas que l'ivraie y prenne racine. Défenseur du Siège Apostolique, suscitez dans la malheureuse Italie des émules de votre zèle et de votre doctrine. Dans votre auguste basilique, sous son imposante coupole^ vos yeux "firent la réunion de l'Eglise byzantine à l'Eglise mère et maîtresse; votre science et votre charité avaient eu leur part dans cette solennelle

Saint Antonin, Evêque et Confesseur. 5gg

réconciliation qui devait, hélas! durer si peu. Priez, ô Antonin, pour les fils de ceux qui furent infidèles à la promesse scellée sur l'autel même où vos mains ont tant de fois offert le divin Sacrifice de l'unité et de la paix.

Disciple du grand Dominique, héritier de son zèle ardent, soutenez le saint Ordre qu'il a fondé, et dont vous êtes l'une des principales gloires. Montrez que vous l'aimez toujours ;"multipliez ses rejetons, et faites-les fleurir et fructifier -comme aux jours anciens. Saint Pontife, souvenez-vous aussi du peuple chrétien qui vous implore en ces jours. Chaque année votre bouche éloquente annonçait la Pâque aux fidèles de Florence, et les conviait à prendre part à la résurrection de notre divin chef. La même Pâque, la Pâque immortelle, a de nouveau lui sur nous. Nous l'avons célébrée, nous la célébrons encore; obtenez que ses fruits soient durables en nous ; que Jésus ressuscité, qui nous a donné la vie, la conserve dans nos âmes par sa grâce jusqu'à l'éternité.

:l'x nouveaux martyrs montent de la terre en ce jour, et vont se perdre dans les splendeurs de l'auréole du vainqueur de la mort. C'est Rome encore qui les députe pour porter son hommage. Un magistrat , poursuivant d'office les chrétiens sous Julien l'Apostat, a rencontré la vraie foi ; aussitôt, descendant de son siège de juge, il est allé s'asseoir avec joie sur le banc des accusés. Bientôt ce néophyte a été appelé à verser son sang après tant d'autres martyrs. Gordien termine, avec les deux illustres frères Jean et Paul que nous fêterons au mois de juin, la période des persécutions païennes dans l'Occident. Sa sépulture dans les cryptes de la Voie Latine réveille le souvenir d'un autre martyr, tils de l'Eglise d'Alexandrie, dont les ossements à demi consumés par le bûcher étaient venus longtemps auparavant, à travers les mers, chercher un asile sous les arceaux hospitaliers de Rome souterraine. Epimaque a vu arriver aujourd'hui ce frère qui vient partager son repos glorieux, et leurs deux noms sont unis pour jamais. Leurs combats ne se sont livrés ni sur le même champ de bataille, ni à la même

s. Gordien et S. Ëpîmaqite, Martyrs. 60 i

époque; mais tous deux ont lutté vaillamment pour la même cause, et tous deux ont remporte la même victoire. Ils dorment maintenant ensevelis dans leur triomphe; mais le divin Ressuscité leur garde un tidèle souvenir. Encore un peu de temps, et il accomplira sur eux cette parole solennelle qu'il a dite : « Je suis la Résurrection et « la Vie. Celui qui croit en moi, quand même « il serait mort, vivra 1. »

Sous Julien l'Apostat, un juge nommé Gordien, ayant fait comparaître devant son tribunal, pour être condamné, un prêtre nommé Janvier, fut instruit par lui dans la foi chrétienne, et baptisé à Rome avec sa femme et cinquante-trois autres personnes de sa famille. Le préfet de Rome, ayant envoyé Janvier en exil, donna l'ordre à Clémentianus, son vicaire, de mettre Gordien en prison. Clémentianus rit venir devant lui Gordien chargé de chaînes, et n'ayant pu lui persuader de renoncer à la foi, après l'avoir fait battre longtemps avec des fouets plombés, il lui fit trancher la tête. Le corps du martyr fut exposé aux chiens devant le temple d'Apollon ; mais les chrétiens l'enlevèrent pendant la nuit et l'ensevelirent sur la Voie Latine,

GORDIANUS jud ex , quum adeum Januarius presbyter ut condemnaretur, sub Juliano Aposlata ductus esset, ab eodem in Christiana fide instructus, cum uxore et quinquaginta tribus aliis ex eadem familia. Romas baptizatur. Quare Prasfectus, relegato Januario, Gordianum a Clementiano vicario includi jubet in carcerem : qui postea eumdem Gordianum vinctum catenis ad se accersitum, cum a fidei proposito deterrere non posset, plumbatis diu caesum capite plecti imperat, Cujus corpus ante Apoilinis templum canibus objectum, noctu a Christianis via Latina sepelitur in eadem crypta, in quam reliquias beati Epimachi martyris

Le lemps Fascai.

translatae fuerant ab A- lexandria : ubi is diu propter Christi confessionem constrictus incarcère, postremo combuslus, rcartyrio coronatus est.

dans la même crypte où avaient été déposées les reliques du bienheureux martyr Kpimaque apportées d'Alexandrie, où ce saint, après une dure prison endurée pour la confession du Christ, avait enfin remporté par le feu la couronne du martyre.

kORMEz votre sommeil , saints martyrs ! « Attendez encore un peu de temps, 'jus« qu'à ce que le nombre de vos frères soit « complet 1. » Chaque siècle vous a donné de glorieux compagnons ; mais le monde penche vers son déclin, et ses derniers jours doivent être marqués par une abondante moisson de palmes et de couronnes. Quand le règne de l'homme de péché - sera inauguré, et que la dernière tempête battra le vaisseau de la sainte Eglise, montrez-vous aux regards des fidèles comme deux astres protecteurs, en retour des hommages annuels qui vous sont rendus en ce jour. Daignez aussi prier pour nous qui avons été appelés à vivre en ces temps où le soleil pâlit, et où l'on semble entendre déjà dans le lointain les premiers bruits de la tempête qui doit ravager le monde et être le prélude de sa fin. Fortifiez nos cœurs, 6 saints martyrs! et quelle que soit la destinée que le Seigneur a préparée pour nous, obtenez que nous soyons fidèles à celui qui veut être pour nous, comme il l'a été pour vous, a la Résurrection et la Vie 3. »

I. Apoc. VI, II. — 2. II Thess. ii, 3. — 3. Johan. xi, fE chœur des Vierges martyres n'avait pas encore oftert à Jésus triomphant ses couronnes de roses mêlées de lis. Il le fait aujourd'hui en députant vers l'Epoux divin la noble et gracieuse Flavia Domitilla, la plus belle tîeur que le glaive du martyre moissonna dans le cnamp fertile de l'Eglise de Rome au premier siècle de notre foi. C'est sous la persécution de Domitien, dans les jours où Jean l'Evangéliste était plongé dans l'huile bouillante devant la Porte Latine, que Flavia Domitilla eut la gloire de souffrir l'exil suivi plus tard de la mort pour la cause du Rédempteur des hommes qu'elle avait choisi pour époux. Issue du sang impérial, nièce de Flavius Clémens, qui unit aux faisceaux consulaires la couronne du martyre, elle fait partie de ce groupe de chrétiens que l'on aperçoit à la cour de Domitien, et qui nous révèle avec quelle rapidité la religion des humbles et des pauvres s'était élancée jusqu'aux plus hauts sommets de la société romaine. Peu d'années auparavant, saint Paul avait adressé aux chrétiens de la ville de Philippes les salutations des

6 04 Le Temps Pascal.

chrétiens du palais de Néron L De nos jours, non loin des murs de Rome, sur la Voie Ardéatine, on visite encore le magnifique cimetière souterrain que Flavia Domitilla fit creuser dans son Pricdium, et dans lequel furent ensevelis les deux martyrs Nérce et Achillée, que l'Eglise réunit aujourd'hui dans un même culte à la noble vierge qui leur fut redevable de sa couronne.

Nérée et Achillée, officiers de la maison de Domitijla -, lui révélèrent un jour le prix de la virgmité ; et tout aussitôt la jeune fille, disant pour jamais adieu aux joies de ce monde, n'aspira plus qu'à l'honneur de devenir l'épouse de Jésus-Christ. Elle reçut le voile des vierges consacrées par les mains du pape saint Clément ; Nérée et Achillée avaient reçu le baptême des mains de saint Pierre luimême. Quels souvenirs en ce jour dédié à de telles mémoires !

La vierge et les autres martyrs reposèrent durant plusieurs siècles dans la basilique appelée Fasciola, sur la Voie Appienne ; mais nous avons encore une Homélie que saint Grégoire le Grand prononça dans l'église souterraine qui s'éleva d'abord sur leur tombe même au siècle du triomphe. Le saint Pontife insista dans ce discours sur la fragiT. Philipp, IV, 22. — 2. Les Actes de ces deux saints,

rédigés plus tard, et dont on a conservé les paroles dans rOlBce d'aujourd'hui, les dcsiijnent comme attachés au service de Flavia Domitilla en qualité d'eunuques. C'est une méprise de l'écrivain, suffisamment réfutée par les

Earules mêmes de saint Grégoire que nous citons plus as.

SS. 'Nérée et Achillée, Martyrs, etc. 6o5

lité des biens de ce monde, et fit appel au souvenir des héros qui reposaient sous l'autel autour duquel les fidèles de Rome se trouvaient rassemblés. « Ces saints, dit-il, au (( tombeau desquels nous sommes réunis en « ce moment, ont dédaigné ce monde dans sa <ï fleur, ils l'ont foulé aux pieds. Ils avaient a devant eux une vie longue, une santé asc( surée, une fortune opulente, l'espérance « d'une famille en laquelle ils auraient perce pétué leur nom ; ces jouissances, ils étaient c( à même de les goûter longtemps dans la c( tranquillité et la paix; mais le monde eut c( beau fleurir à leurs yeux, il était déjà fané C( dans leur cœur i. »

Plus tard, la basilique Fasciola étant presque tombée en ruine par suite des désastres de Rome, les corps des trois saints furent transférés, au xiii" siècle, dans l'Eglise SaintAdrien, au Forum. Ils y restèrent jusqu'aux dernières années du xvi^ siècle, où le grand Baronius ayant été élevé aux honneurs de la pourpre romaine, et pourvu du Titre des saints Nérée et Achillée, songea à restaurer la basilique confiée désormais à sa garde. Par sa munificence, les nefs se relevèrent, l'histoire des trois martyrs y fut peinte sur les murailles ; la chaire de marbre sur laquelle on raconte que saint Grégoire avait prononcé son Homélie fut rétablie clans cette église, et l'Homélie elle-même gravée tout entière sur le dossier ; enfin la Confession, décorée de mosaïques et de marbres précieux, attendit le moment où elle allait recevoir les dépouilI. Horail. xxvui in Evana.

6o6 Le Temps Pascal.

les sacrées dont elle était veuve depuis trois siècles.

Baronius avait compris qu'il était temps déterminer le trop long exil des saints martyrs, à l'honneur desquels il se sentait obligé de veiller désormais ; et il prépara tout un triomphe pour leur retour à leur antique demeure. Rome chrétienne excelle à unirdans ses pompes les souvenirs de l'antiquité classique avec les sentiments qu'inspire la religion du Christ. Une solennelle procession contiuisit d'abord au Capitole le char sur lequel reposaient à l'ombre d'un dais somptueux les corps sacrés des trois martyrs. Deux inscriptions parallèles frappèrent les regards, au moment où le cortège arrivait au sommet du cliviis Capitolinus. Sur l'une on lisait : « A sainte Flavia Domitilla, vierge romaine w et martyre, le Capitole, purifié du culte « funeste des démons, et restauré plus digne« ment qu'il ne le fut par Flavius Vespasien u et par Domitien Augustes, parents de la « vierge chrétienne. » L'autre portait ces paroles : « Le Sénat et le peuple romain à « sainte Flavia Domitilla, vierge romaine et « martyre, qui, en se laissant consumer dans « un incendie pour la foi du Christ, a plus « apporté de gloire à Rome que ses parents « Flavius Vespasien et Domitien Augustes, 0 lorsqu'ils restaurèrent à leurs frais le Capi« tôle deux fois incendié. »

On reposa un moment les châsses des martyrs sur un autel élevé près de la statue équestre de Marc-Aurèle, et après çju'ils eurent reçu l'hommage, ils furent replacés sur le char, et on descendit l'autre revers du CaSS. Nérée et Achillée, Martyrs, etc. 6oy

pitole. La procession ne tarda pas à rencontrer l'arc de triomphe de Septime-Sévère. Il portait ces deux inscriptions:

« Aux saints martyrs Flavia Domitilla, « Nérée et Achillée, excellents citoyens, le u Sénat et le peuple de Rome pour avoir « illustré le nom romain par leur glorieuse « mort, et acquis par leur sang la paix à la u république romaine. »

« A Flavia Domitilla, à Nérée et Achillée, « invincibles martyrs de Jésus-Christ , le « Sénat et le peuple romain, pour avoir glo« rifié la ville par le noble témoignage qu'ils « ont rendu à la foi chrétienne. »

En suivant la Voie Sacrée, le cortège se trouva bientôt en face de l'arc de triomphe de Titus, monument de la victoire de Dieu sur la nation déicide. On y lisait, d'un côté, cette inscription : « Cet arc triomphal , « décerné et érigé autrefois à Titus Flavius « Vespasien Auguste, pour avoir ramené la « Judée révoltée sous le joug du peuple « romain, le Sénat et le peuple romain le « décernent et le consacrent d'une manière « plus heureuse à la nièce du même Titus, « Flavia Domitilla, pour avoir, par son tré« pas, accru et propagé la religion chré« tienne. »

De l'autre côté de l'arc de triomphe étaient ces paroles : « A Flavia Domitilla, vierge « romaine et martyre, nièce de Titus Flavius « Vespasien Auguste, le Sénat et le peuple « romain, parce qu'elle a, par l'effusion de « son sang et le sacrifice de sa vie pour la « foi, rendu hommage à la mort du Christ « avec plus de gloire que n'en a acquis le

6oS Le Temps Pascal.

« même Titus, lorstjue, pour venger cette « mort, il a renverse Jérusalem par l'inspi« ration divine. »

On laissa sur la gauche le Colysée, dont l'arène avait été le théâtre des combats de tant de martyrs, et l'on passa sous l'arc de triomphe de Constantin, monument qui parle si haut de la victoire du christianisme dans Rome et dans l'empire, et qui répète encore le nom de la famille P'iavia , à laquelle appartenait le premier empereur chrétien. Voici les deux inscriptions dont était décoré l'arc triomphal:

« A Flavia Domitilla, à Nérée et Achillée, « le Sénat et le peuple romain. Sur cette « Voie Sacrée où plusieurs empereurs ro« mains, augustes, ont obtenu les honneurs « du triomphe pour avoir soumis à l'empire « du peuple romain diverses provinces, ces « martyrs triomphent aujourd'hui avec d'au« tant plus de gloire, qu'ils ont vaincu par rt la supériorité de leur courage les triom« phateurs eux-mêmes. »

« A Flavia Domitilla, le Sénat et le peuple « romain. Si douze empereurs ses parents « augustes ont illustré par leurs hauts faits « la famille Flavia et Rome elle-même, la « vierge, en sacrifiant pour le Christ les « honneurs et la vie, a répandu sur l'une « et sur l'autre un lustre plus éclatant « encore. »

On prit ensuite la Voie Appienne, et on arriva enfin à la basilique. Sur le seuil, Baronius, accompagné d'un grand nombre de cardinaux, accueillit avec un profond respect les trois martyrs, et les conduisit vers

SS. Nérée et Achillée, Martyrs, etc. 6og

l'autel, où la Confession les reçut, pendant que le chœur chantait cette Antienne du Pontifical: « Entrez, saints de Dieu; votre « demeure a été préparée ici par le Seigneur; « le peuple fidèle a suivi joyeusement votre « marche ; il vous demande de prier pour « lui la majesté du Seigneur. Alléluia! »

Lisons maintenant le récit liturgique des actes de nos trois saints martyrs.

LES deux frères Nérée et Achillée, officiers de la maison de Flavia Domitilla, furent baptisés par saint Pierre avec elle et Plautilla sa mère. Comme ils avaient inspiré à Domitilla le dessein de consacrer à Dieu sa virginité, un certain Aurélien, à qui elle était fiancée, les accusa d'être chrétiens. Ils confessèrent glorieusement leur foi, et furent relégués dans l'île Pontia. Là on les mit de nouveau à la torture, et ils furent battus de verges. Conduits ensuite à Terracine, Minucius Rufus leur fit souffrir le chevalet et les torches ardentes. Comme ils déclaraient qu'ayant été baptisés par l'Apôtre saint Pierre, on ne pourrait les contraindre par aucun tourment à sacrifier aux idoles, ils eurent la tête tranchée. Leurs corps furent apportés à Rome par Auspicius, leur disciple, qui avait présidé à

EREUS et Achilleus fratres , eunuchi Flaviae Domitillœ, a beato Petro una cum ipsa, ejusque matre Plautilla baptizati, quum Domitiliae persuasissent , ut virginitatem suam Deo consecraret. ab ejus sponso Aureliano tamquam Christiani accusati, ob prœclaram fidei confessionem in Pontiam insulam relegantur ; ubi ad quaestionem iterum vocati, et verberibus caesi, mox Tarracinam perducti, a Minutio Rufo, equuleo et flammis cruciati, quum constanter negarent, se a sancto Peiro Apostolo baptizatos, ullis tormentis cogi posse ut idolis immolarent, securi percussi sunt : quorum corpora ab Auspicio eorum discipulo, et Domitillae educatore, Romam delata.

I) l o

\'ia Ardcatina scpulta bunt.

FLAViA Domitilla, virgo Roinana, Titi et Domitiani imperatorum neptis, quum sacrum virginitatis velamcn a beato Clémente Papa accepisset, ab Aureliano sponso Titi Aurelii Consulis filio, delata quod Christiana esset. a Domitiano imperatore in insulam Pontiam est deportata, ubi in carccre iongummartyrium duxit. Demum Tarracinam deducta, iterum Christum confessa ; quum semper constantior appareret , sub Trajano imperatore, judicis jussu incenso eju^ cubiculo una cum Theodora et Euphrosyna virginibus et colîactaneis suis, gloriosi martyrii cursum confecit nonis maii : qiiarum corpora intégra inventa, a Cajsario diacono sepulta sunt. Hac vero die duorum fratrum, ac Domitiilas corpora ex Diaconia sancti ^Vdriani simul translata in ipsorum Martvrum basilicam, tituli Fasciolaî, restituta sunt.

léducation de Domitilla, et ils furent enseveli^ sur la Voie Ardéatinc.

F'LAViA Domitilla, vierge romaine, nièce des empereurs Titus et Domitien, asait reçu des mains du bienheureux pape Clément le voile sacré de la virginité. Elle fut accusée comme chrétienne par Aurélien, son fiancé, fils du consul Titus Aurélius. L'empereur Domitien la relégua dans l'île Pontia, où elle souffrit un long martyre dans la prison. On la conduisit enfin à Terracine, où ayant de nouveau confessé le Christ, comme elle paraissait toujours plus ferme dans sa résolution, le juge fît mettre le feu à la maison qu'elle habitait, et elle acheva ainsi, avec les vierges Théodora et Euphrosyne, ses sœurs de lait, le cours de son glorieux martyre, aux nones de mai, sous l'empire de Trajan. Leurs corps furent trouvés entiers, et ensevelis par le diacre Césaire. Mais ce jour est celui où les corps des deux frères et de Domitilla furent transportés de la Diaconie de Saint-Adrien dans la basilique connue sous le titre de Fasciola.

UEL sublime triomphe, 6 saints martyrs, Rome vous avait préparé, après tant de

SS. Nérée et Acliillée, Martyrs, etc. 6i i

siècles écoulés depuis votre glorieux trépas ! Qu'il est vrai de dire que rien ici-bas n'est comparable à la gloire des saints ! Où sont maintenant les Flaviens, ces douze empereurs de votre sang, 6 Domitilla? Qui s'inquiète de leurs cendres? Qui conserve même leur souvenir? L'un d'eux fut appelé « les délices du genre humain; » et le peuple ignore jusqu'à son nom ! Un autre, le dernier de tous, eut la gloire d'être choisi pour proclamer la victoire de la croix sur le monde romain ; Rome chrétienne garde sa mémoire avec honneur et reconnaissance; mais le culte religieux n'est pas pour lui ; c'est à vous, 6 IJomitilla, que Rome le réserve, à vous et aux deux martyrs dont le nom est en ce jour associé au vôtre.

Qui ne sentirait la puissance du mystère de la résurrection de notre divin chef dans l'amour et l'enthousiasme qu'inspirent à tout ce peuple la vue et la possession de vos saintes reliques, 6 martyrs du Dieu vivant ? Quinze siècles avaient passé sur vos membres refroidis, et les fidèles les saluent avec transport, comme s'ils les sentaient encore pleins de vie. C'est que le peuple chrétien sait que Jésus, « le premier-né d'entre les morts », est déjà ressuscité, et que vous devez un jour ressusciter glorieux comme lui. Il salue par avance cette immortalité qui doit être le partage de vos corps immolés à la gloire du Rédempteur; il contemple déjà par la foi l'éclat dont vous brillerez un jour; il proclame la dignité de l'homme racheté, pour qui la mort n'est plus que le passage à la vie véritable, et le tombeau un

sillon qui reçoit le grain pour le rendre plus riche et plus beau.

« Heureux , dit la prophétie , ceux qui « auront lavé leurs robes dans le sang de « l'Agneau • ! » Mais plus heureux encore, nous dit la sainte Eglise, ceux qui, après avoir été purifiés, ont mclé leur propre sang à celui de la victime divine ! car « ils ont « accompli dans leur chair ce qui manquait « aux souffrances du Christ - )>. C'est pour cela qu'ils sont puissants par leur intercession, et nous devons nous adresser à eux avec amour et confiance. Nérée, Achillée, Domitilla, soyez-nous propices. Faites-nous aspirera Jésus ressuscité; conservez en nous la vie qu'il nous a communiquée; détacheznous des charmes du présent ; disposeznous à les fouler aux pieds, s'il est à craindre qu'ils ne nous séduisent. Rendez-nous forts contre tous nos ennemis , prompts à la défense de la foi, ardents à la conquête de ce royaume que nous devons « ravir par la « violence '> y>. Soyez aussi les défenseurs de cette Eglise Romaine qui, chaque année, renouvelle en ce jour votre culte avec tant de ferveur. Nérée et Achillée, vous fûtes les fils de Pierre; Domitilla, vous fûtes la tille de Clément , son successeur ; protégez le Pontife en qui Pierre réside, le Pontife qui succède à Clément et à tant d'autres. Dissipez les orages qui menacent la croix sur le Capitolc, et conservez la foi dans le cœur des Romains.

I. Apoc. VII, 14. — 2. Col. I, 24. — 3. Matth. XI, yyyyyyyyyyyyyyy

•f^f^i^W^i"^

n

■ N quatrième martyr vient s'adjoindre à ceux que nous avons déjà fêtés. C'est de Rome aussi qu'il monte pour aller partager la gloire du vainqueur de la mort. Les précédents furent moissonnés dans les premiers temps de notre foi ; celui-ci a combattu dans la grande persécution de Dioclétien, au moment où le paganisme livrait à l'Eglise le dernier assaut dans lequel il devait s'uccomher lui-même. Notre jeune héros ne comptait pas au delà de quatorze ans; mais il n'en a pas moins cueilli la palme, et il orne à son tour la ( ouronne de notre divin Ressuscité. Une basilique décorée d'un Titre cardinalice s'est élevée dès les premiers siècles sur le cimetière où fut déposé son corps, et l'Eglise lui consacre les lignes suivantes dans l'Office d'aujourd'hui :

Phryjjenere natus. puer qualuordecim annorum Romam venit, Diocletiano et Maximiano imperatoribus : ubi a Pontifice Romano baptizatus. et in fide Christiana eruditus. ob eamdem paulo post com.prehensus. quum diis saP ANCRAGE, ne en Phrygie de noble race, vint à Rome, âgé de quatorze ans, sous les empereurs Dioclétien et Maximien. Baptisé et instruit dans la foi chrétienne par le Pontife romain, il fut arrêté peu après. S'étant montré inébranlable dans son refus de sacrifier aux dieux, il remporta glorieusement la.

eia nobil

6i4

crificare constanter renuisset, virili fortitiidine datis ccrvicibus, illustrem martyrii coronam consecufus est : cujus corpus Octavilla matrona noctu sustulit, et unguentis delibutum via Aurélia sepelivit.

couronne du martyre. Une dame nommée Octavilla enleva son corps pendant la nuit, et l'ayant embaumé, elle l'ensevelit sur la Voie Aurélienne.

LA grâce divine qui vous appelait à la couronne du martyre alla vous chercher jusqu'au fond de la Phrygie, 6 Pancrace, pour vous conduire dans la capitale de l'empire, au centre de tous les vices et de toutes les erreurs du paganisme. \'otre nom confondu avec tant d'autres plus éclatants ou plus obscurs, ne semblait pas devoir laisser de trace dans la mémoire des hommes ; à quatorze ans, votre carrière était déjà terminée. Aujourd'hui cependant, votre nom est prononcé par toute la terre avec l'accent de la vénération ; il retentit à l'autel dans les prières qui accompagnent le Sacrifice de l'Agneau. D'où vous vient, 6 jeune martyr, cette célébrité qui durera autant que le monde ; C'est qu'il était juste qu'ayant été associé à la mort sanglante de notre Christ, la gloire de son immortalité rejaillît jusque sur vous. Gloire sont donc à lui qui honore ainsi ses compagnons d'armes ! et gloire à vous, 6 martyr, qui avez mérité une telle couronne ! En retour de nos hommages, daignez , 6 Pancrace, jeter un regard de pro'tection sur nous. Parlez de nous à Jésus votre chef et le notre. Dans cette vallée d'exil, nous chantons V Alléluia pour sa

Saint Pancrace, Martv

6i5

résurrection qui nous a remplis d'espérances ; obtenez qu'un jour nous répétions avec vous au ciel ce même Alléluia^ devenu éternel, et qui alors signifiera non plus l'espérance, mais la possession.

CtiA itlX CtlA «tlA ftiA CtiA CtlA <tiA CtiA <tiA <ti> CtiA

Apôtre des Gentils, expliquant le mystère de la Pâque, nous apprend que le baptême est le tombeau de nos péchés , d'où nos âmes s'élancent, glorieuses et rayonnantes de vie, à la suite du Rédempteur, La foi catholique nous enseigne que celui qui donne sa vie pour Jésus-Christ ou pour son Eglise, lave dans son propre sang toutes les taches de son âme, et ressuscite à la vie éternelle : obtenant ainsi une seconde fois le privilège du baptisé, bien qu'il ait déjà été marqué du sceau unique et ineffaçable de la régénération. Or voici qu'aujourd'hui un pécheur purifié par le martyre, baptisé de nouveau dans son sang, est admis à partager la gloire des compagnons de Jésus ressuscité. Boniface a scandalisé Rome par une vie coupable; tout à coup il a entendu l'appel de la ^râce divine, et sans regarder derrière lui, il est allé se placer au premier rang des athlètes du Christ, n'aspirant qu'à effacer sous leffort des tourments les souillures que les voluptés de la chair lui avaient fait contracter. Transformé par la souffrance, il brille en ce jour, aux yeux de la chrétienté, d'un éclat non pareil, et vient ajouter au diadème de notre divin triomphateur une pierre précieuse d'un retiet tout nouveau.

Saint Boniface, Martyr.

6ij

La sainte Eglise consacre à ses combats le récit abrégé que nous reproduisons ici.

BONIFACE, Citoyen romain, avait eu un mauvais commerce avec une noble dame nommée Aglaé. Il conçut une si grande douleur de cette conduite, que, pour en faire pénitence, il se consacra tout entier à rechercher et ensevelir les corps des martyrs. Dans un voyage, il quitta ses compagnons, et voyant que dans la ville de Tarse on tourmentait par divers supplices plusieurs chrétiens à cause de leur foi, il alla près d'eux, et baisant leurs chaînes, les exhorta vivement à endurer avec constance des tourments dont la douleur devait durer si peu. et serait suivie d'un repos éternel. II fut arrêté, et on déchira son corps avec les ongles de fer. On lui enfonça ensuite des roseaux pointus sous les ongles des mains et en diverses parties du corps, et on lui versa du plomb fondu dans la bouche. Au milieu de ces tourments on ne lui entendait dire que ces paroles : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, je vous rends grâces. »

(~\ N le jeta ensuite la tête ^-^ en bas dans une chaudière de poix bouillante. Il en fut retiré sain et sauf. Alors le juge, transporté de

BONiFACius, civis romanus, quod cum Aglae nobili ma trôna impudice versatus esset, tanto illius intemperantias dolore captus est, ut pœnitentiœ causa se ad conquirenda et sepelienda martyrum corpora contulerit. Itaque relictis peregrinationis sociis, quum Tarsi multospropter Christiance fidei professionem variis tormentis cruciatos vidisset, illorum vincula osculatus, eos vehementer hortabatur, ut constanter supplicia perferrent, quod brevem laborem sempiterna requies consecutura sit. Comprehensus igitur ferreis ungulis excarnificatus est; cui etiam inter manuum ungues et carnem acuti calami sunt infixi, plumbumque liquefactum in os ejus infusum. Quibus in cruciatibus ea vox tantum Bonifacii audiebatur: Gratias tibi ago. Domine Jesu Christe, Fili Dei.

Mox in ollam ferventis picis demisso capite conjectus est; unde quum inviolatus exisset, ira incensus judex

eum securi percuti jubet. Quo tempore magnus terrxmotus factus est. ita ut mulli infidèles ad Christi Domini fidem converterentur. Eum sequenti die quœrentes socii. quum martyrio affectum cognovissent. quingentis solidis ejus corpus redemerunt, et conditum unguentis, linteisque involutum, Romatn portandum curarunt. Quod factum quumab Angclo Aglae matrona, quœ et ipsa pœnitens se piis operibus addixerat, cognovisser ; prodiens obviam sancto corpori, Ecclesiam ejus nomine sedificavit, in qua corpus sepultum est nonis junii, quum ejus anima pridie idus maii apud Tarsum Cilicias urbem migrasset in cœlum. Diocletiano et Maximiano imperatoribus.

colère, ordonna de lui trancher la tête. Au même moment il se fit un grand tremblement de terre, et ce prodige convertit beaucoup d'infidèles à la foi du Seigneur Christ. Le jour suivant, ses compagnons, qui le cherchaient encore, ayant appris qu'il avait souffert le marivre, rachetèrent son corps pour cinq cents pièces d'ariicnt, et, l'ayant embaumé et enveloppé de linceuls, ils le firent porter à Rome. Un Ange ayant fait connaître tout ceci à Aglae, qui déjà s'était vouée à la pénitence et aux saintes œuvres, elle alla au-devant des saintesreliques. et bâtit une église sous le nom de Boniface, dans laquelle le corps du martyr fut enseveli aux nones de juin. C'est de Tarse en Cilicie que l'âme du martvr était partie pour le ciel la veille des ides de mai, sous les empereurs Dioclétien et Maximien.

VOTRE retour, ô Boniface, causa aux Esprits célestes une joie supérieure à celle qu'ils ressentaient de la fidélité de quatre-vingtdix-neuf justes ; mais cette allégresse q"ue leur inspirait votre conversion s'accrut encore, lorsqu'ils virent que ce n'était pas seulement un pénitent, mais un martyr, que le ciel acquérait en vous. Recevez les félicitations de la sainte Eglise, qui se glorifie de vos victoires. Rome conserve encore votre

Saint Boniface, Martyr. 6ig

dépouille sacrée dans le sanctuaire qui s'élève, au mont Aventin, sur l'emplacement de la demeure de celle qui fut la complice de vos égarements et l'émule de votre pénitence. L'un et l'autre vous attestez la puissance des miséricordes de notre divin Ressuscité, qui vous a rappelés de la mort de l'âme à la vie de la grâce. Saint martyr, prenez pitié des pécheurs que la Pâque n'a pas ramenés aux pieds du Rédempteur. UAlleluia a retenti, et leur sommeil de péché n'en a pas été troublé. Priez, 6 saint martyr, priez pour leur réveil. Les heures sont comptées ; et qui sait s'il sera donné à ces morts volontaires de voir se lever une autre Pâque ? Nous espérons cependant encore en la miséricorde divine, qui a donné sa mesure en faisant de vous et d'Aglaé deux vases d'élection. Nous prions donc avec vous, 6 Boniface, pour la résurrection de nos frères ; nous nous faisons de l'espérance une armure, dans cette lutte pacifique contre la divine justice qui aime souvent à être vaincue par la prière. Aidez nos vœux de votre suffrage, et plusieurs de ceux qui sont morts revivront, et ils réjouiront comme vous les saints Anges par leur retour.

|ouR honorer son Pontife éternel, la sainte Eglise lui présente aujourd'hui les mérites d'un Pontife mortel ici-bas, mais entré, après cette vie, dans les conditions de l'immortalité bienheureuse. Ubalde a représenté le Christ sur la terre; comme son divin chef il a reçu l'onction sainte, il a été médiateur entre le ciel et la terre, il a été le Pasteur du troupeau, et maintenant il est uni à notre glorieux Ressuscité, Christ, Médiateur et toasteur. En signe de la faveur dont il jouit auprès de lui dans le ciel, le Fils de Dieu a confié à Ubalde le pouvoir spécial d'agir efficacement contre les ennemis infernaux, qui tendent quelquefois aux hommes de si cruelles embûches. Souvent l'invocation du saint évéque et de ses mérites a suffi pour dissoudre les machinations des esprits de malice; et c'est afin d'encourager les fidèles à recourir à sa protection que l'Eglise l'a admis au rang des saints qu'elle recommande plus particulièrement à leur dévotion.

Lisons maintenant le récit qu'elle a consacré aux Vertus et aux mérites de notre saint Pontife.

Saint Ubaîde, Évéqiie et Confesseur. 62 i

UBALDE, né d'une famille noble à Gubbio dans rOmbrie, fut élevé avec soin dans la piété et les lettres. Dans sa jeunesse on le pressa plusieurs fois de prendre l'état de mariage; mais il garda fidèlement sa résolution de conserver la virginité. Ayant été ordonné prêtre, il distribua son patrimoine aux pauvres et aux églises, et étant entré chez les Chanoines réguliers de Sai-nt-Augustin, il établit cet institut dans son pays, et y vécut quelque temps très saintement. La réputation de sa vertu s'étant répandue, le pape Honorius II le contraignit à prendre le gouvernement de l'E- glise de Gubbio. et Ubalde reçut la consécration épiscopale.

AYANT pris possession de son Église, il ne changea rien dans sa manière de vivre accoutumée; mais il éclata toujours plus en tout genre de vertus, procurant le salut des autres par ses paroles et ses exemples, et devint le parfait modèle de son troupeau. Austère dans sa nourriture, sans recherche dans ses vêtements, n'ayant pour couche qu'un lit dur et pauvre, il portait constamment la mortification sur son

UBALDUS, Eugubii in Umbria nobili génère natus, a primis annis pietate et litteris egregie est institutus. Jamque adolescens, ut uxorem duceret saepe tentatus, nunquam tamen a proposito servandas virginitatis recessit. Sacerdos etVectus, patrimonium suum pauperibus et Ecclesiis distribuit, et Canonicorum Regularium Ordinis sancti Augustini institutum suscipiens, illud in patriam transtulit, atque in eo aliquandiu sanctissime vixit. Cujus sanctitatis opinione evulgata, ab Honorio Secundosummo Pontifice Ecclesiffi Eugubinre invitus prseficitur. et Episcopalis consecrationis munere decoratur.

AD suam itaque revertens Ecclesiam. quum de consueta vivendi ratione nihil admodum immutasset, in omni tamen virtutum génère eo magis eminere cœpit. quo efficacius aliorum etiam salutem verbo et exemplo procuraret, factus forma gregis ex animo. Nam victu parco, vestitu moderato, lectulo aspero et pauperrimo, crucis mortificationem

jugiter in suo corpore circumfcrebal. dum inexplebili orationis studio spiriliim quuiidie recrearet. Hinc admirabilem illam mansuetudineni est adeptus, qua gravissimas injurias et contumclias non modo œquaniraiter tulit, verum.etiam mirifico dileclionis affectu persecutores sucs omni benignitatis testimonio complectebatur.

BIENNIO antequam ex hac vita migraret, quum diutinis afliictaretur infirmiiatibus, inter acerbissimos corporis cruciatus, velut aurum in fornace purgatum, Deo gratias indesinenter agebat. Adveniente autem sacro Pentecostes die, quum muhis annis Ecclesiam sibi commissam summa cum laude gubeinasset, sanctis operibus ac miracLilis clarus, quievit in pace : quem Cœ- lestinus Papa Tertius in Sanclortim numerum retulit. Ejus virtus prsecipue in eft'ugandis spiritibus immundis eUicet. Corpus vero pei" tôt saecula incorruptum magna fidelium veneratione in patria colitur. quam non semel a praesenti discrimine liberavit.

corps, en même temps qu'il nourrissait son esprit par une prière incessante. Il puisa dans ces exercices la mansuétude avec laquelle on le vit non seulement supporter tranquillement les mépris et les plus graves injures, mais encore exercer envers ses persécuteurs la plus admirable et la plus tendre charité.

DEUX ans avant de sortir de cette vie, il fut affligé de longues maladies ; et, purifié comme l'or dans la fournaise par les plus cuisantes douleurs, il ne cessait de rendre grâces à Dieu. Enfin, le jour de la Pentecôte, il s'endormit dans la paix, illustre par ses saintes œuvres et par ses miracles, après avoir dignement gouverné durant longues années l'Eglise qui lui avait été confiée. Le pape Célestin m le mit au nombre des Saints. Son pouvoir éclate particulièrement pour mettre en fuite les esprits immondes. Son corps, demeuré sans corruption après tant de siècles, reçoit les hommages des fidèles de la ville de Gubbio. que plus d'une fois il a délivrée des calamités qui la menaçaient.

Saint Ubalde, Evéqiie et Confesseur. 623

CovEz notre protecteur contre l'enfer, 6 •^ bienheureux Pontife ! L'envie des démons n'a pu souffrir que l'homme, cette humble et faible créature, fût devenu l'objet des complaisances du Très-Haut. L'incarnation du Fils de Dieu, sa mort sur la croix, sa résurrection glorieuse, les divins Sacrements qui nous confèrent la vie céleste, tous ces sublimes moyens à l'aide desquels la bonté de Dieu nous a rétablis dans nos premiers droits, ont excité au plus haut degré la rage de cet antique ennemi, et il cherche à se venger en insultant en nous l'image de notre créateur. Il fond quelquefois sur l'homme avec toutes ses fureurs ; par une affreuse parodie de la grâce sanctitiante qui fait de nous comme les instruments de Dieu, il envahit, il possède des hommes, nos frères, et les réduit au plus humiliant esclavage. Votre pouvoir, ô Ubalde, s'est signalé sou\'ent dans la délivrance de ces victimes infortunées de l'envie infernale ; et la sainte Eglise célèbre en ce jour la prérogative spéciale que le Seigneur vous a confiée. Dans votre charité toute céleste, continuez à protéger les hommes contre la rage des démons ; mais vous savez, o saint Pontife, que les embûches de ces esprits de malice sont plus fatales encore aux âmes qu'elles ne le sont aux corps. Prenez donc pitié aussi des malheureux esclaves du péché, sur lesquels le divin soleil de Pâques s'est levé sans dissiper leurs ténèbres. Obtenez qu'ils redeviennent enfants de la lumière, et que bientôt ils aient part à cette résurrection pascale dont Jésus est venu nous apporter le gage.

^ux martyrs immolés pour avoir refusé leur encens aux idoles du paganisme, aux martyrs que le fer des hérétiques a moissonnés, vient se joindre aujourd'hui un nouvel athlète qui a conquis la couronne dans un autre combat. Le divin Sacrement de la Pénitence, ce Sacrement qui rouvre le ciel au pécheur, réclame Jean Népomucène comme son glorieux défenseur.

Un secret auguste entoure comme d'une barrière sacrée le pacte de la réconciliation qui s'opère entre Dieu et le coupable devenu repentant ; ce secret mystérieux et sacramentel était digne d'avoir son martyr. Ainsi l'a voulu le divin instituteur de ce second Baptême où le sang rédempteur devient le bain salutaire de i'âme pécheresse , afin que l'homme timide n'hésitât pas à découvrir au médecin spirituel ses plaies les plus honteuses. Depuis dix-huit siècles, combien de martyrs cachés de ce secret qui donne la sécurité au pécheur, en même temps qu'il expose celui qui l'accepte aux plus redoutables sacrifices ! Le martyr que nous honorons en ce jour n'a pas été un martyr caché. Son témoignage sur l'inviolabilité dusecretsacramentel a été un témoignage public. 11 a rendu ce témoiSûint Jean Népomucène, Martyr. 625

gnage au milieu des tortures, il l'a scellé de 'son sang.

Honneur donc au prêtre courageux et fidèle, digne de tenir dans ses mains les clefs qui ouvrent ou ferment le ciel ! Ses lèvres inaccessibles à toute crainte et à toute complaisance ; sa langue, qu'aucun intérêt d'icibas, si grave qu'il soit, ne saurait délier ; le miracle permanent dont Dieu entoure un secret sur lequel a reposé et reposera le salut de tant de millions d'âmes : quel divin spectacle ! Mais une chose manquait encore : c'était que la palme du martyre vînt ombrager tant de merveilles. Le saint prêtre de Prague l'a cueillie, cette palme ; il en fait hommage à notre divin Ressuscité , que nous avons vu, en ces jours, instituer avec une si touchante miséricorde le Sacrement de Pénitence, où il communique à des hommes son propre pouvoir de remettre les péchés.

Nous donnons ici les Leçons que le Siège apostolique a approuvées pour la fête du saint martyr.

JEAN naquit à Népomuk, ville de Bohême, dont il a tiré le surnom de Népomucène, de parents déjà avancés en âge. En présage de sa sainteté future, on vit paraître au-dessus de la maison où il naissait des feux qui jetaient un éclat merveilleux. Etant tombé gravement malade lorsqu'il était encore en bas âge, il échappa au danJOANNES Nepomuci Bùhemiae oppido, unde Nepomuceni cognomen duxit, a parentibus cetace provcctis, non sine futurœ sanctitatis praesagio, flammis supra nascentis domum mirabiliter collucentibus , ortus est. Quum infans in gravera morbum incidisset, beatœ Virginis ope, cui naLe Temps Pascal.

tutn parentes reterebant acceptum, e vitae periculo evasit incolumis, Egregia immole, piaque iiistitutionc cœlestibus indiciis obsequente, inter sanctas religiosasque exercitationes pueritiam egit : nam ecclesiam fréquenter adiré, ac sacerdotibus ad aras operantibus niinistrare in deliciis habebat. Zatecii polilioribus litteris ad humanitatem informatus , Pragœ vero gravioribus disciplinis excultus, philosophiae, theologiœ, sacrorumque canonum magisterium et lauream emeruit. Sacerdotio initiatus atque a scientia sanctorum ad lucra animarum rite comparatus. ministerio verbi Dei se penitus addixit. Quiim igitur in vitiis exstirpandis, et revocandis in viam salutis errantibus, eloquentia et pietate uberes ederet fructus, inter canonicos metropolitanae Ecclesiœ Pragensis cooptatus, mox sibi demandatam Evangelii coram rege Wenceslao Quarto prxdicandi provinciam suscepit, eo successu ut Joannis suasu multa rex faceret, tjiagnoque in honore ejus virtuies haberet. Consger qui menaçait sa vie par la protection de la sainte Vierge, à laquelle ses parents se sentaient redevables de sa naissance. Son caractère était des plus heureux, et une éducation pieuse vint seconder en lui l'appel du ciel. Son enfance se passa dans les exercices de religion ; fréquenter l'église, servir les prêtres à l'autel, telles étaient ses plus chères délices. Il fit ses humanités à Zatek. d'où il alla ensuite à Prague pour étudier les sciences supérieures. Ce fut dans cette ville qu'il prit le doctorat en philosophie, en théologie et en droit canon. Elevé au sacerdoce, et rendu propre au salut des âmes par la science des saints, il se livra tout entier au ministère de la parole de Dieu, Son éloquence et sa piété l'ayant rendu célèbre par les succès qu'il obtenait dans l'extirpation des vices et dans la conversion des pécheurs qu'il ramenait dans la voie du salut, il fut pourvu d'un canonicat dans l'Eglise métropolitaine. Appelé à prêcher la doctrine évangélique en présence du roi Wenceslas IV, il réussit d'une manière si complète, que ce prince se laissait diriger par lui dans un grand nombre de bonnes œuvres, et le tenait en grand honneur à cause de ses verSaint Jean Népomucène, Martyr. 62 j

tus. Il lui offrit même des dignités importantes ; mais le serviteur de Dieu les refusa constamment, pour n'être pas détourné du ministère de la parole divine.

CHARGÉ de la distribution des aumônes royales, il fut aussi appelé par la reine Jeanne à diriger sa conscience. Mais Wenceslas s'étant laissé aller à une conduite en opposition à ses devoirs et à l'éducation qu'il avait reçue, au point de se livrer à des vices odieux, en vint à supporter avec déplaisir les avertissements et les supplications de sa pieuse épouse. Ce fut alors qu'il voulut contraindre Jean à lui manifester les secrets que la reine avait pu lui confier dans le sacré tribunal. Le serviteur de Dieu refusa courageusement d'acquiescer à ce désir impie, et sut braver tour à tour les caresses, les tortures et les ennuis d'un cachot infect. Mais comme les lois divines et humaines ne devaient pas arracher Wenceslas irrité à son criminel projet, l'athlète du Christ annonça clairement au peuple, du haut de la chaire, la lutte suprême qui lui était réservée, ainsi que les calamités qui ne devaient pas tarder à fondre sur le royaume. Il partit bientôt pour

picuas tamen. quas ille obtulit, dignitates Dei servus, ne a divini verbi prasconio avocaretur , constantissime recusavit.

REGIIS illumeleemosynis in pauperes erogandis prœfectum, Joannaregina conscientiae sibi moderatoremadscivit. Quum autem Wenceslaus ab oflicio institutoque decessisset, atque in vitia prasceps abriperetur, pi£e vero conjugis obtestationes et monita gravate ferret, contendere ausus est ut in sacramentali judicio sacerdoti crédita reginaî arcana sibi a Joanne panderentur. At Dei minister , blanditiis primum, tormentis deinde et carceris squalore tentatus, nefariœ régis cupiditati fortiter obstitit. Furentem tamen Wenceslai animum quum ab exsecrando proposito nec humana nec divina jura déterrèrent, supremum agonem. quem instare sibi athleta Christi noverat, populo in concione de impendentibus etiam regni calamitatibus admonito, non obscure prcEnuntiavil. Mox Boleslaviara profeclus».

ad beata» Virginis imaginem antiquo cultu cclebrem, cœleste praesidium ad certandum bonum cerlamen effusis precibus imploravit. Inde vespcre revertentem in pervigilio Dominicnc Ascensionis, rex e fenestra conspicatus arcessit ; quunique vehementius iirgeret. et proximani in aquis. si obluctari pergeret, submersionem intentaret, Joannes invicta Constantin terrores minasque refulavit. Itaque. régis imperio, in Moldavam, flumen Pragam interfluens, noctu dejectus, illustrem martyrii coronam est consecutus.

SACRILEGUM facinus clam patratum et martyris gloriam insigne prodigium divinitus patefecit. Ubi enim exanime corpus secundo flumine vehi ccepit, ardentes faces aquis supernatantes et discurrentes apparuerunt. Quamobrem ex arena postridie niane corpus elatum canonici deinde, régis iram nihil timentes, in metropolitanam ecclesiam solemni pompa intulerunt, et

iioleslaw, où l'on honore depuis des siècles une célèbre image de la sainte Vierge, et implora par de ferventes prières le secours céleste dont il avait besoin pour accomplir le bon combat. Rentré à Prague sur le soir de la Vigile de l'Ascension, le roi, qui l'avait aperçu par une fenêtre, le manda près de lui. Il le pressa avec plus de violence que jamais, le menaçant de le faire jeter à l'eau, s'il persistait à lui résister. Jean n'opposa qu'une constance invincible aux terreurs et aux menaces dont le prince voulait l'effrayer. Il fut donc précipité la nuit, par ordre de Wenceslas, dans la Moldaw, rivière qui coule à Prague, et obtint ainsi la couronne d'un glorieux martyre.

DIEU fit connaître par un prodige insigne l'attentat sacrilège qui venait d'être commis dans le secret, et manifesta ainsi la gloire du martyr. A peine les eaux du fleuve eurent-elles commencé à entraîner dans leur cours le corps inanime de Jean, que tout à coup on aperçut des torches allumées nageant sur l'eau, et suivant la même direction. Dès le matin du jour suivant, les chanoines, bravant la colère du roi. vinrent enlever le saint corps.

Saint Jean Népomucène, Martyr. 62 g

et le transportèrent en grande pompe à l'Eglise métropolitaine, où ils lui donnèrent la sépulture. La mémoire de ce généreux prêtre s'étant conservée, et la dévotion des fidèles envers lui. particulièrement de ceux qui s'adressent à lui pour en être secourus lorsqu'ils sont menacés dans leur réputation, n'ayant cessé de s'accroître, on fit après plus de trois cents ans la reconnaissance juridique de son corps, qui durant tout cet intervalle était demeuré caché en terre ; la langue du martyr fut trouvée sans corruption et conservant sa carnation naturelle. Six ans après, par un nouveau prodige, sous les yeux des juges délégués par le Siège Apostolique, on la vit tout à coup reprendre sa forme, et devenir vermeille, de noirâtre qu'elle était. Ces prodiges et plusieurs autres ayant été reconnus juridiquement, Benoît XIII inscrivit au catalogue des saints martyrs, le dix-neuf mars mil sept cent vingt-neuf, ce courageux défenseur du secret sacramentel, qui en avait le premier scellé de son sang l'inviolabilité.

sepulturae mandarunt. Quum autem in dies invicti sacerdotis memoria miraculis et maxima fidelium, eorum prœcipue qui fama periclitantur , veneratione cresceret , post annos demum amplius trecentos. in juridica recognitione corporis, quod suh humo tamdiu jacuerat, lingua ejus incorrupta et vivida reperta est : quae. sexto post anno judicibus a Sede Apostolica delegatis exhibita, novo prodigio repente intumuit, et subobscurum ruborem in purpureum commutavit. His itaque aliisque signis rite probatis. Benedictus Decimus tertius, Pontifex Maximus, die décima nona mensis martii, anno salutis millesimo septingentesimo vigesimo nono. primum hune sacramentalis sigilli assertorem. arcani lidem sanguine obsignantem, sanctorum martvrum catalogo adscripsit.

QUEL insigne honneur le Fils de Dieu vous a réservé, 6 glorieux martyr, en vous choisissant pour attester, par le témoignage

63o Le Temps Pascal.

de votre sang, le soin avec lequel il veille sur le secret auguste cjui entoure et protège le Sacrement de la réconciliation! D'autres que vous ont éprouvé, sans faiblir davantage, le poids de ce secret qui est le rempart inviolable du mystère de miséricorde ; mais c'est vous, 6 Jean, que le ciel a choisi pour rendre le solennel témoignage de la discrétion sacerdotale. \'os combats n'ont pas seulement été connus des Anges ; votre martyre a été public, et la piété des fidèles honore votre courage comme la preuve vivante de l'engagement qu'a daigné prendre le bon Pasteurde'rendre facile aux brebis le retour au bercail.

Nous nous adressons à vous, saint martyr, en ce jour de votre triomphe, pour vous supplier d'avoir compassion des pécheurs. Ministre si éprouvé du Sacrement de Pénitence, vous voyez combien d'âmes négligent en ces jours de faire usage du moyen que notre Sauveur ressuscité a préparé pour leur salut. Au lieu de saisir cette seconde planche qu'il leur otfrait après le naufrage, ils se laissent aller au gré des flots qui les entraînent dans l'abîme. Des multitudesinnombrables de chrétiens ont été sourds, cette année encore, à l'appel de la sainte Eglise, qui les conviait avec tant d'instances à s'approcher d'un tribunal qui n'est dressé que pour la réconciliation. Intercédez, ô Jean, pour ces aveugles, pour ces imprudents, pour ces ingrats. Obtenez-leur cette grâce qui les abattra aux pieds du Dieu des miséricordes, toujours disposé â pardonner.

11 en est d'autres qui recourent au Sacrement de Pénitence, mais n'apportent pas les

Saint Jean Népomucène, Martyr. 63i

dispositions nécessaires pour y recevoir la justification de leurs âmes. Eclairez-les , 6 illustre martyr, sur le danger qu'ils courent en s'exposant à profaner le sang de la Rédemption. Inspirez à tous ceux "qui se présentent au saint tribunal la sincérité de l'aveu et la contrition du cœur, afin que la vie de notre divin Ressuscité s'établisse en eux, et qu'ils ne la perdent plus. Par votre puissante intercession , suscitez des ministres zélés et fidèles de ce grand Sacrement dont vous fûtes le martyr ; bénissez leurs efforts, afin ' que par eux le nombre des enfants de Dieu s'accroisse, et que la grâce du SaintEsprit possède un plus grand nombre de cœurs

Jetez aussi un regard sur votre patrie terrestre, sur cette Bohème où habite un peuple fidèle qui vous aime et vous honore. Le champ de l'Eglise cependant n'y est pas sans ivraie. Après votre glorieux trépas, ô saint martyr, l'homme ennemi ne tarda pas à venir semer cette herbe maudite de l'hérésie sur le sillon que vous aviez tracé. Préservez le froment du Seigneur, et étendez votre compassion jusque sur cette malheureuse ivraie; car elle peut, par la divine grâce de la foi, devenir froment à son tour. Assurez à cette terre de votre naissance la paix qu'on voudrait lui ravir en ces jours, et garantissez son peuple des pièges qui lui sont tendus.

E séraphin d'Assise ne pouvait manquer de députer quelques-uns de ses tîls au-devant de son Maître ressuscité. Aujourd'hui c'est un des plus humbles et des plus ignorés du monde qu'il lui envoie ; dans trois jours un autre s'avancera chargé des palmes évangéliques, puissant en œuvres et en paroles. Pascal Baylon est l'enfant de la vie champêtre ; c'est en gardant son troupeau qu'il a trouvé le Seigneur Jésus. L'attrait de la contemplation s'est déclaré en lui ; les campagnes et les forets lui ont révélé leur créateur, et dans son désir de l'approcher de plus près, il a voulu le suivre jusque dans les hauteurs de la plus sublime perfection. Il a convoité comme un trésor l'humilité de l'HommeDieu, sa vie pauvre et souffrante ; et c'est vers le cloître franciscain qu'il s'est dirigé. Sur cette terre bénie il a fleuri comme un arbre du ciel, et le monde entier a entendu parler de l'humble frère lai qu'abrita un obscur couvent espagnol. La sainte Eglise nous le montre en ce jour ravi dans la contemplation du triomphe de son Maître. Avec Jésus il a marché dans la voie de l'humiliation et de la croix; n'est-il pas juste qu'il ait part aussi à la victoire de ce divin chef.'' N'était-il pas présent à la pensée du Rédempteur lorsqu'il disait : « A vous qui ctcs

Saint Pascal Barlon, Confesseur. 633

« demeurés avec moi dans mes épreuves, « mon Père a préparé un royaume où vous « mangerez et boirez avec moi à ma table. « et vous serez assis sur des trônes pour « juger les douze tribus d'Israël i » ?

La sainte Eglise consacre le récit suivant à la vie angélique de cet illustre enfant de saint François.

PA s G H A Li s Baylon , paiiperibiis, piisque parentibus in oppido Turris Formosae Seguntinœ diœcesis in Aragonia natiis, a teneris annis plura dédit fiiturce sanctitatis indicia. Sortitus animam bonain, ac rerum cœlestium apprime studiosam, pueritiam atque adolescentiam in gregis custodia transegit ; quam ille vivendi rationem ideo praîcipuc diligebat, quod humilitati fovendae, ac innocentias conservandoe imprimis utilem atque opportunam judicaret. Erat in victu modicus, in oratione assiduus, tantaque apud coœvos et socios florebat auctoritate et gratia, ut eorum lites componens. errores corrigens, ignorantiam erudiens, ac desidiam excitans, velut omnium paPASCAL Baylon. né de parents pauvres et pieux dans la petite ville de TorreHermoza, au diocèse de Seguenza, en Aragon, donna, dès sa plus tendre enfance, de nombreux indices de sa future sainteté. Ayant reçu de Dieu une âme portée au bien et remplie d'attraits pour les choses célestes, il passa son enfance et son adolescence à garder les troupeaux, et il aima ce genre de vie, parce qu'il le trouvait plus favorable qu'un autre à la pratique de l'humilité et à la conservation de l'innocence. Sobre dans sa nourriture, assidu à la prière, il avait une telle autorité et possédait à un si haut degré la faveur de tous ceux qui l'environnaient, qu'il accommodait leurs différends, corrigeait leurs fautes, éclairait leur ignorance et stimulait leur mollesse ; en sorte qu'ils l'honoraient et l'aimaient

rens, et magister maximo studio coleretur ac amarctur : Bealus ctiam tum a plerisquc appellatus.

OUI vcro in saîculo, terra nempe déserta, et inaquosa adeo féliciter adoleverat flos convalliam, plantatus in domo Domini, mirum ubique sparsit sanctitatis odorem. Igitur Paschalis arrepto vitae severioris instituto, atque in ordine Minorum strictioris observantise discalceatorum cooptatus, exsultavit ut gigas ad currendam viani suam, totumque se Domino excolendum tradens, dies noctesque cogitabat, qua se ratione, magis ei magisque conformaret. Ita factum est brevi, ut eum tamquam Seraphicae perfectionis exemplar, ipsi quoque provectiores imitandum sibi proponerent. Ipse autem in humili servientium gradu constitutus, se velut omnium peripsema reputans, ardua quaeque, etabjecta domus ministeria veluti jurequodam peculiari sibi débita summa cum hilaritate suscipiebat et exercebat. humilitate ac patientia pari. Carnem spiritui quandoque reluctari nicomme leur pcre et leur maître, et que la plupart d'entre eux avaient déjà coutume de l'appeler le Bienheureux.

SI cette fleur des vallées avait pris une belle croissance dans le sol aride et désert du siècle, le parfum de sainteté qu'elle exhala dans la maison du Seigneur, dés qu'elle y fut transplantée, se répandit partout d'une manière plus admirable encore. Pascal avait embrassé le genre de vie le plus sévère ; >1 avait été admis parmi les Frères Mineurs de la stricte observance, et tout aussitôt il partit d'un pas de géant pour courir sa voie. S'abandonnant tout entier à l'école du Seigneur, sa pensée, jour et nuit, n'était autre que de chercher les moyens de se rendre de plus en plus conforme à lui. Devenu ainsi comme le miroir de la perfection séraphique , on vit bientôt les plus avancés se le proposer comme l'objet de leur imitation. Mais, pour lui, placé au dernier rang des frères destinés à servir, se considérant comme le rebut de tous, il recevait avec la plus grande gaieté les tâches les plus pénibles et les plus abjectes de la maison, comme si elles lui eussent été dévolues par droit spécial, et fai^it paraître dans leur accomSaint Pascal Baylon, Confesseur. 635

plissement une humilité égale à sa patience. Par une constante mortification, il châtia et réduisit en servitude la chair, qui plus d'une fois tenta de se révolter; quant à l'esprit, il avança toujours par de nouveaux progrès, par l'effet d'une continuelle abnégation.

CONSACRÉ dès sa jeunesse à la Vierge Mère de Dieu, dont il s'était fait l'humble client, il l'honorait comme sa mère par des hommages journaliers, et s'adressait à elle avec une confiance filiale. Il serait difficile d'exprimer l'ardeur de sa dévotion envers le très saint Sacrement de l'Eucharistie; il sembla même, après son trépas, qu'elle persévérait encore dans son corps privé de la vie. Etendu dans son cercueil, on le vit ouvrir et fermer les yeux deux fois au moment de l'élévation de la sainte victime, à la grande admiration de tous 1 e s assistants. S'étant rencontré avec des hérétiques, il professa publiquement et avec liberté la croyance de la présence réelle, et eut à souffrir, pour prix de son courage, les plus mauvais traitements ; souvent même on le chercha pour le faire

Ëérir; mais la providence de lieu le retira toujours des mains des impies. Dans l'otentem )ugi maceratione afflictavit, atque in servitutem redegit ; spiritum veroassidua sui abnegalione ferventiorem in dies ad anteriora extendebat.

DEIPARAM Virginem, cujus clientelœ se ab ineunte œtate dicavernt, tamquam matrem quotidianis colebat obsequiis, atque filiaii exorabat tiducia. Porro erga sanctissimum Eucharistiae Sacramentum, difficile dictu est quam ardenti teneretur devotionis affectu : quem defunctus etiam in cadavere retinere visus est, dum jacens in feretro. ad sacrae Hostiœ elevationem bis oculos reseravit et clausit, magna omnium qui aderant, admiratione. Ejusdem veritatem inter hasreticos publiée palamque professus, multa et gravia ob eam causam perpessus est ; crebro etiam ad necem petitus, sed singulari Dei providentia impiorum manibus ereptus. Sœpe inler orandum omnibus destituebatur sensibus, dulcique languebat amoris

63fi

deliquio : quo tempore cftlestem illam scientiam hausisse creditus est, qua homo rudis et illitteratus, de mysteriis Fidei diflîcillimis respondere , atque aliquot etiam libros conscribere potuit. Denique meritis plenus, eadem qua praîdixerat hora, féliciter migravit ad Dominum, anno salutis millesimo quingentesimo nonagesimo secundo, sexto decimo calendas junii, eodem quo narus fuerat. Festo Pentecostes récurrente, annum agens secundum supra quinquagesimum. Quibus. aliisque virtutibus insignem, ac miraculis, tam in vita, quam post mortem ciarum, Pauhis Quintus Pontifex Maximus illum Beatum appellavit : Alexander autem Octavus Sanclorum catalogo adscripsit; tandem Léo Decimus tertiiis peculiarem caetuum eucharisticorum , item societalum omnium a sanctissima Eucharistia, sive quœ hactenus | inslitutcp, sive quœ in p num cœlestem declaravit

raison il était souvent prive du sentiment des choses extérieures, et livré aux extases de l'amour. Ce fut dans ces instants qu'il puisa cette science toute céleste qui le rendit capable, bien qu'illettré et sans culture, de répondre sur les plus profonds mystères de la foi, et d'écrire même certains ouvrages. Enfin, comblé de mérites, il s'en alla heureusement au Seigneur, à l'heure même qu'il avait prédite, l'an du salut mil cinq cent quatre-vingtdouze, le seize des calendes de juin, le jour de la fête de la Pentecôte, jour auquel il était né. Il était âgé d'un peu plus de cinquante-deux ans. Ses vertus et ses miracles l'ayant rendu fameux durant sa vie et après sa mort, le pape Paul V le mit au rang des Bienheureux, et Alexandre VIII l'inscrivit ou catalogue des Saints, Enfin Léon XIII l'a déclare et établi Patron céleste e spécial protecteur des assem blees, ainsi que de toutes les sociétés, présentes ou lU- luics, ayant pour objet la très sainte Eucharistie, jstcrum futurae sqnt , Patroet consiituit.

LES cieux se sont ouverts pour vous recevoir, ô Pascal ! Dès ici-bas. l'ardeur de votre contemplation vous fit souvent pressentir les délices de l'éternité ; mais aujourPascal Bayloii, Confesseur. ôSj

d'hui tous les voiles sont abaissés, et vous contemplez pour jamais celui que vous avez tant désiré. 11 ne sagit plus pour vous de s'unir à lui par la souffrance et les abaissements ; c'est sa propre gloire, sa félicité, sa victoire, qu'il vous invite à partager. Daignez jeter un regard sur nous qui n avons pas votre empressement à suivre les traces du Rédempteur, et qui ne possédons encore que l'espérance d'être réunis à lui dans son éternité. Soutenez notre faiblesse, et obtenez-nous cet amour qui fait aller droit à Jésus, qui passe pai-dessus les obstacles de la chair et du sang, et établit l'homme dans une parfaite conformité avec son modèle divin. Faites-nous aspirer à la transformation en Jésus ressuscité, qui ne peut plus mourir. Les arrhes de cette transformation sont déjà en nous par la communion au mystère pascal ; qu'elles se complètent par notre fidélité à nous tenir près de notre chef triomphant. S'il nous laisse encore dans la vallée des larmes, son œil nous suit, son amour aspire à nous voir fidèles ; encore un peu de tîmps, et il paraîtra. « Voici que j'arrive vite, nous « dit-il ; tiens ferme ce que tu as reçu ; je « suis à la porte, et je frappe déjà. Celui qui « entendra ma voix et m'ouvrira la porte, I» j'entrerai près de lui, et je ferai festin avec « lui, et lui avec moi *. » Ainsi la Pâque du temps se résoudra dans la Pâque éternelle. Priez, ô Pascal, afin qu'à votre exemple nous tenions ferme ce que nous possédons déjà par la grâce de notre divin Ressuscité.

1. Apoc. m, 1 1, 'lo.

E martyr d'aujourd'hui nous reporte aux persécutions des empereurs romains. C'est en Italie, à Camérino, qu'il a rendu son témoignage ; et la dévotion que lui portent les peuples de cette contrée, soumise au sceptre temporel du Pontife romain, a obtenu que sa fête se célébrerait dans toute l'Eglise. Accueillons donc avec joie ce nouveau champion de notre Emmanuel , et félicitons-le d'avoir soutenu loyalement le combat, en ces jours du Temps pascal, tout retentissants de la victoire que la vie a remportée sur la mort. Le récit que la Liturgie a consacré aux mérites de saint \'enant étincelle de prodiges. Plus d'une fois la puissance de Dieu a semblé faire assaut avec la fureur des bourreaux, afin de glorifier leurs victimes. Ces moyens merveilleux servaient à la conquête des âmes, et souvent les témoins de ces miracles qui sembleraient superflus, s'écriaient tout à coup qu'eux aussi voulaient être chrétiens, et donnaient leurs noms à une religion aussi favorisée du ciel qu'illustrée par la patience surhumaine de ses martyrs.

VENANTUS Camers I "W ENANT, ne à Camérino, quindecim annos na- I » nétait âgé que de quinze

Saint Venant, Martyr.

63q

ans, lorsqu'il fut accusé d'être chrétien devant Antiochus, qui était gouverneur de la ville sous l'empire de Décius. Il se présenta lui-même près des portes de la ville à ce magistral qui, après l'avoir tenté longtemps, mais inutilement, par les promesses et les menaces, le fit fouetter et charger de chaînes. Le saint ayant été délié miraculeusement par un Ange, on le brûla avec des torches ardentes, et on le suspendit la tête en bas, pour recevoir la fumée d'un feu qu'on avait 'allumé sous lui. Le greffier Anastase, saisi d'admiration pour la constance du saint dans les tourments, et surpris de le voir délié une seconde fois par l'Ange et marchant au-dessus de la fumée avec un habit blanc, crut en JésusChrist, et se fit baptiser, ainsi que sa famille, par le bienheureux prêtre Porphyre, dans la compagnie duquel il remporta, peu de temps après, la palme du martyre.

\J ENANT fut de nouveau amené devant le gouverneur, qui l'ayant encore sollicité en vain d'abandonner la foi du Christ, le fit reconduire en prison. Là il lui envoie un héraut nommé Attale, qui vient dire au martyr que

tus quum Christianae religionis accusarelurapud Antiochum, q'ui sub Decio imperatore Camerino prîeerat, in porta civitatis Prœsidi se obtulit, quem ille pollicitationibus, ac terroribus diu tentatum flagris caedi, et vinculis adstringi jussit. Sed iis mirabiliter abAngelo solutus, lampadibus postea adurilur, atque inverso ore fumo supposito suspenditur. Ejus constantiam in tormentis demiratus Anastasius Cornicularius, et quod eum ab Angelo iterum solutum candida veste supra fumum ambulantem vidisset, in Christum credidit, et a beafo Porphyrio presbytero cum familia baptizatus, paulo post martvrii palmam cum eodem promeruit.

AT Venantius Prresidi sistitur, et ab eo iterum frustra tentatus ut Christi fidem desereret, in carcerem conjicitur, quo Attalus praeco mittitur, qui ei dicat se quoque christianum fuisse,

et Cl iiomini propterea renuntiasî-e, quod cognovisset inane esse fidei commentum, auo Christiani pra?sentibus se abdicant ob vanam futurorum spem. Verum nobilis Christi athleta callidi hostis insidias non ignorans, diaboli ministrum a se penitus rejecit : quare ad Prœsidem iterum adducto omnes contusi ^unt dentés, maxillaeque confractae, atque ita cœ- sus in sterquilinium dejicitur. Sed inde ab Angelo quoque ereptus rursus stetit ante judicem, qui Venantio adhuc loquente, e tribunali cecidit. et in ea voce, Verus est Venantii Deus, nostros deos destruite, exclamans exspiravit.

OUOD quum Prresidi nuntiatum esset, extetnplo V'enantium leonibus objici jussit. qui naturali feritate omissa. ad ejus se pedes abjecerunt : intérim ille populum Christi fidem edocebat : quare inde amotus iterum in carcerem truditur. Quumque postridie Pra?sidi referret Porphyrius, se per vilui aussi a été chrétien, mais qu'il a renoncé à cette profession, parce qu'il a reconnu la vaine illusion de cette foi, au nom de laquelle les chrétiens se privent des biens présents dans l'espérance d'autres biens futurs qui ne sont pas rcels. Mais le noble athlète du Christ, qui n'ignorait pas les embûches de iiotre perfide ennemi, rejeta bien loin ce ministre du diable. Il fut donc ramené devant le président, par ordre duquel on lui cassa toutes les dents, et on lui rompit le» mâchoires ; après quoi on le jeta sur un fumier. Ayant encore été tiré de là par un .\nge, on le fit comparaître de nouveau devant le juge qui, à la voix de \'enant, tomba de son siège, et expira en poussant ce cri : « Le Dieu de Venant est le vrai Dieu ; il faut renverser les nôtres. »

CETTE nouvelle ayant été portée au gouverneur, il fit aussitôt exposer Venant aux lions ; mais ces animaux, oubliant leur cruauté naturelle, se jetèrent à ses pieds. Comme le saint profitait de la circonstance pour enseigner au peuple la foi de Jésus-Christ, on l'enleva et on le reconduisit en prison. Le lendemain. Porphyre ayant raconté au gouverneur une

Saint Venant, Martyr.

vision qu'il avait eue durant la nuit, et dans laquelle il avait vu Venant tout éclatant de lumière et administrant le baptême au peuple, tandis que le gouverneur était couvert d'un brouillard épais et ténébreux, celui-ci, transporté de colère, lui fit aussitôt trancher la tète, et ordonna que l'on traînât Venant Jusqu'au soir par des lieux couverts de buissons épineux et de chardons. On le laissa à demi-mort après ce supplice ; mais le lendemain matin il se présenta encore au gouverneur, qui le fit aussitôt précipiter du haut d'un rocher. Ayant encore été sauvé miraculeusement, on le traîna de nouveau jusqu'à un mille de la ville par les plus rudes sentiers. Les soldats eurent soif; Venant s'agenouilla sur une pierre dans une vallée, et en fit sortir de l'eau par le signe de la Croix. Il laissa sur cette pierre la marque et la forme de ses genoux, ainsi qu'on peut le voir encore dans son église, où elle est conservée. Touchés de ce miracle, plusieurs des soldats crurent en Jésus-Christ. Le gouverneur leur fit trancher la tête, ainsi qu'à Venant luimême, dans le lieu du prodige. Aussitôt des éclairs sillonnèrent le ciel, et il se fit un si terrible tremblement de terre, que le gouverneur

sum noctu populos, quos Venantius aqua tingebat, clarissima luce fulgentes, ipsum vero Prœsidem obscurissima caligine opertum vidisset, Prajses ira incensus eum illico capite plecti imperat ; deinde Venantium per loca vepribus et carduis consita trahi usque ad vesperam. Is cum semianimis relictus esset, mane se iterum Pra?sidi prœsentavit, cujus jussu statim e rupe prœcipitatur ; sed inde etiam divinitus ereptus, denuo per loca aspera ad mille passus trahitur, ubi miiitibus siti œstuantibus, in proxima convalle ex lapide, in quo et genuum formam reliquit, sicut etiam nunc in ejus ecclesia videre licet, Crucis signo a Venantio facto, aquœ manarunt. Eo miraculo plures permoti in Christumcrediderunt, quos omnes Praeses eo loci una cum Venantio capite feriri jussit. Fulgura et terrasmotus eo tempore ita magni fuere, ut Prœses aufugeret ; qui paucis tamen post diebus divinam haud valens efi"ugere justitiam, turpissimam mortem oppetiit. Christiani intérim Venantii etaliorum corC)42 Le Temps Pascal.

pora honorifico loco sepelierunt, quae Camerini in ecclesia V'enantio dicata condita adhuc sunt.

prit la fuite ; mais il ne put se dérober à la justice divine, et il périt peu de jours après d'une mort très honteuse. Cependant les chrétiens ensevelirent dans un lieu honorable le corps de Venant et ceux d*" ses compagnons, lesquels reposent encore aujourd'hu. à Camérino, dans l'église dédiée au saint martyr.

pRiF.z pour nous, jeune martyr, vous que ^ les saints Anges aimaient, et qu'ils assistèrent dans le combat ! Comme vous, nous sommes les soldats du divin Ressuscite, et comme vous nous sommes appelés à rendre témoignage de sa divinité et de ses droits en présence du monde. Si le monde n'est pas toujours armé d'instruments de torture comme aux jours de vos luttes, il n'est pas moins redoutable par ses séductions. A nous aussi il voudrait ravir cette vie nouvelle que Jésus a communiquée à ses memibres ; défendez nous de ses atteintes, 6 Martyr ! La divine chair de l'Agneau vous avait nourri dans les jours de la Pâque, et la force qui a paru en vous était toute à la gloire de ce céleste aliment. Nous nous sommes assis à la même table, veillez sur tous les convives du festin pascal. Ainsi que vous, nous avons connu le Seigneur dans la fraction du pain ^ : obtenez-nous l'intelligence du divin mystère dont nous reçûmes les prémices en Bethléhem, et qui s'est développé sous nos yeux et en nous-mêmes par les mérites de la Passion et de la Résurrection de notre Emmanuel. D'autres merveilles nous attendent ;

Saint Venant, Martyr. 6'43

nous ne sortirons pas de la saison pascaie sans avoir été initiés à la plénitude du don divin Je l'Incarnation. Obtenez , ô saint Martyr, que nos cœurs soient ouverts de plus en plus, et qu'ils gardent lîdèlement tous les trésors que les augustes m^-stères de l'Ascension et de la Pentecôte doivent encore verser en eux.

<%t%^<3i&Jlûut^(3K><%tj£i<3(ûcKiÛR>(%tXiu£(3lu

CÔTÉ de Léon, l'insigne Docteur, Jésus ressuscité appcUe en ce jour l'humble Pierre Gélestin, Pontife suprême comme Léon, mais à peine assis sur la chaire apostolique, qu'il en est descendu pour retourner au désert. Entre tant de héros dont est formée la chaîne des Pontifes romains, il devait s'en rencontrer à qui fût donnée la charge de représenter plus spécialement la nobfe vertu d'humilité ; et c'est à Pierre Gélestin que la grâce divine a dévolu cet honneur. Arraché au repos de sa solitude pour être élevé sur le trône de saint Pierre et tenir dans ses mains tremblantes les formidables clefs qui ouvrent et ferment le ciel, le saint ermite a regardé autour de lui ; il a considéré les besoins de l'immense troupeau du Christ , et sondé ensuite sa propre faiblesse. Oppressé sous le fardeau d'une responsabilité qui embrasse la race humaine tout entière, il s'est jugé incapable de supporter plus lone;temps un tel poids; il a déposé la tiare, et "imploré la faveur de se cacher de nouveau à tous les regards humains dans sa chère solitude. Ainsi le Christ, son Maître, avait d'abord enfoui sa gloire dans une obscurité de trente années, etplus tard sous le nuage sanglant de sa Passion et sous les ombres du sépulcre.

Saint Pierre Célestin F, Pape. 645

Les splendeurs de la divine Pâque ont tout à coup dissipé ces ténèbres, et le vainqueur de la mort s'est révélé dans tout son éclat. Mais il veut que ses membres aient part à son triomphe, et que la gloire dont ils brilleront éternellement soit, comme la sienne, en proportion de leur empressement à s'humilier dans les jours de cette vie mortelle. Quelle langue pourrait décrire l'auréole qui entoure le front de Pierre Célestin, en retour de cette obscurité au sein de laquelle il a cherché l'oubli des hommes avec plus d'ardeur que d'autres ne recherchent leur estime et leur admiration ? Grand sur le trône pontifical, plus grand au désert, sa grandeur dans les cieux dépasse toutes nos pensées.

Pour le louer, la sainte Eglise lui a consacré les lignes suivantes, aussi simples que la vie du Pontife anachorète :

PIERRE, nommé Célestin, du nom qu^il prit lorsqu'il fut créé pape, naquit de parents honnêtes et catholiques à Isernia dans les Abruzzes. A peine entré dans l'adolescence, il se retira au désert pour garantir son âme des séductions du monde.

II la nourrissait dans cette solitude par la contemplation, et réduisait son corps en servitude, portant sur sa chair une chaîne de fer. 11 institua sous la règle de SaintBenoît la congrégation connue depuis sous le nom de Célestins. L'Eglise Romaine

PETRUS, a nomine, quo Pontifex est appellatus, Cœlestinus dictus, honestis, catholicisque parentibus iEserniœ in Samnitibus natus^ adolescentiam vix ingressus, ut animum a mundi illecebris custodiret, in solitudinem secessit. Ibi conlemplationibus mentem nutriens, corpus in servitutem redigens, ferream catenam ad nudam carnem adhibebat. Congregationem, quae postea Cœlestinorum dicta est, sub Régula sancti BeneLe Temps Pascal.

dicti insliluil. Hinc quasi lucerna supra candelabrum posiia, quum abscondi nequiret (Romana Ecclesia diu vidua PastoreJ in Pétri cathedram ignorans et absens, adscitus, magna novitaiis admiraiione non minus quam repcntino gaudio cunctos alTecit. Cum autem in Pontificatus sublimitatecollocatus, variis distentus curis, assuetis incumbere meditationibus vix posse coijnosceret ; oneri pariter, et honori voluntarie cessit ; indeque priscam vitîe rationem repetens, obdormivit in Domino, ejusque pretiosam morlem crux prnefulgens in aère ante cubiculi ostium reddidit amplius gloriosam. Miraculis multis tam, vivens, quam post obitum claruit, quibus rite examinatis, Clemens Quintus, anno. postquam decessit, undecimo, Sanctorum numéro adscripsit.

ayant été longtemps sans pasteur, il fut choisi à son in^u pour occuper la chaire de saint Pierre, et on le tira de son désert où il ne pouvait plus demeurer caché davantage, comme on place la lumière sur le chandelier. Un événement si peu ordinaire ravit tout le monde de joie et d'admiration. Mais lorsque Pierre, élevé à cette dignité sublime, sentit que la multitude des affaires préoccupant son esprit, il pouvait à peine vaquer comme auparavant à la méditation des choses célestes, il renonça volontairement à la charge et à la dignité. Il reprit donc son ancien genre de vie, et s'endormit dans le Seigneur, par une mort précieuse, qui fut rendue plus glorieuse encore par l'apparition d'une croix lumineuse que l'on vit briller dans les airs au-dessus de l'entrée de sa cellule. Pendant sa vie et après sa mort, il éclata par un grand nombre de miracles qui. ayant été soigneusement examinés, portèrent Clément V à l'inscrire au nombre des Saints, onze ans après sa mort. .

wous avez obtenu l'objet de votre ambition, * ô Célestin ! il vous a été accordé de descendre les degrés du trône apostolique, et de rentrer dans le calme de cette vie cachée qui avait si longtemps fait toutes vos délices.

Saint Pierre Célestin V, Pape. 64y

Jouissez des charmes de l'obscurité que vous aviez tant aimée ; elle vous est rendue avec tous les trésors de la contemplation, dans le secret de la face de Dieu. Mais celte obscurité n'aura qu'un temps, et quand l'heure sera venue, la Croix que vous avez préférée à tout se dressera lumineuse à la porte de votre cellule, vous invitant à prendre part au triomphe pascal de celui qui est descendu du ciel pour nous apprendre que quiconque s'abaisse sera élevé. Votre nom, ô Célestin, brillera jusqu'au dernier jour du monde sur la liste des Pontifes romains; vous êtes l'un des anneaux de cette chaîne qui rattache la sainte Eglise à Jésus son fondateur et son époux; mais une plus grande gloire vous est réservée , celle de faire cortège î ce divin Christ ressuscité. La sainte Eglise, qui un moment s'est inclinée devant vous pendant que vous teniez les clefs de Pierre, vous rend depuis des siècles et vous rendra jusqu'au dernier jour l'hommage de son culte, parce qu'elle reconnaît en vous un des élus de Dieu, un des princes de la céleste cour. Et nous aussi, ô Célestin ! nous sommes appelés à monter là où vous êtes, à contempler éternellement comme vous le plus beau des enfants des hommes, le vainqueur de la mort et de l'enfer. Mais une seule voie peut nous y conduire : celle que vous avez vous-même suivie, la voie de Thumilité. Fortifiez en nous cette vertu, 6 Célestin ! et allumez-en le désir dans nos cœurs. Substituez le mépris de nousmêmes à l'estime que nous avons trop souvent le malheur d'en faire. Rendez-nous indifférents à toute gloire mondaine, fermes et

joyeux dans les abaissements, afin qu'ayant (( bu l'eau du torrent », comme notre Maître divin, nous puissions un jour, comme lui et avec vous, « relever notre tète ' » et entourer éternellement le trône de notre commun libérateur.

Psalm. cix.

^\ touchant souvenir du premier âge de l'Eglise Romaine se rattache à ce jour. Une vierge chrétienne, la noble Pudentiennè, l'a illustré par son trépas. Fille d'un riche romain nomme Pudens, de la famille de ce premier Pudens que mentionne saint Paul dans la deuxième Epître à Timothée i, elle eut le bonheur, ainsi que sa sœur Praxède, d'être initiée dès le berceau à la foi chrétienne, et toutes deux consacrèrent à Jésus-Christ leur virginité. A la mort de leur père, les deux sœurs distribuèrent aux pauvres leur opulent héritage, et consacrèrent leur vie tout entière aux bonnes œuvres. L'Eglise était à la veille de la persécution d'Antonin. Pudentiennè, à peine â^ée de seize ans, mais déjà mûre pour le ciel, prit son vol vers l'Epoux divin au fort de la tempête. Sa sœur lui survécut assez longtemps ; nous la retrouverons sur le Cycle de la sainte Eglise au 21 juillet.

La maison de Pudentiennè, déjà consacrée, du temps de son aïeul, par le séjour de saint Pierre, fut mise par la vierge elle-même à la disposition du saint pape Pie I«% et les divins Mystères y furent célébrés. Depuis lors elle

65o

est regardée comme l'un des plus augustes sanctuaires de Rome, et dans le cours du Carême la Station nous y a appelés le Mardi de la troisième semaine.

Pudentienne est une tendre fleur que l'E- glise Romaine offre aujourd'hui au divin Ressuscité. Les siècles n'ont point épuisé son parfum ; et, pure comme son nom, sa mémoire demeurera chère aux enfants de l'E- glise jusqu'au dernier jour du monde.

L'éloge que la sainte Liturgie lui consacre n'est, pour ainsi dire, qu'un simple souvenir; mais ce souvenir est immortel.

PUDENTIANA virgO, Pudentis romani filia, parentibus orbata, cum admirabili pietate Christianam religionem coleret, una cum sorore Praxede pecuniam ex vendito patrimonio redactam pauperibus distribuit . seque jajuniis et orationibus dédit. Cujus etiam opéra tota ejus familia, in qua erant nonaginta sex homines, a Pio Pontifice baptizataest. Quod autem ab Antonino imperatore sancitum erat. ne Christiani publice sacrificia facerent, Pius Pontitex in aedibus Pudentianaï cum Chrislianis sacra celebrabat. Quibus illa bénigne acceptis, quœ ad vitam necessaria essent suppe!A vierge Pudentienne, fille de Pudens, sénateur romain, ayant perdu ses parents, se consacra tout entière, avec un zèle admirable, aux exercices de la piété chrétienne. D'accord avec sa sœur Praxède, elle distribua aux pauvres l'argent qu'elle avait retiré de la vente de son patrimoine, et s'appliqua avec zèle au jeune et à Toraison. Par ses soins, toute sa famille, composée de quatre-vingt-seize personnes, reçut le baptême des mains du pape Pie. L'empereur Antonin ayant défendu par un édit aux chrétiens de pratiquer publiquement leur religion, le pontife célébrait les saints Mvstères en présence des fidèles dans la maison de Pudentienne. Elle recevait les chrétiens avec

Sainte Pudentienne, Vierge. 65 1

une grande charité, et leur fournissait les choses nécessaires à la vie. Elle mourut dans la pratique de tous ces devoirs de la piété, et fut ensevelie dans le tombeau de son père, au ci"ietière de Priscille, sur la Voie Salaria, le quatorze des calendes de juin.

ditabat. Itaque in his Christian» pielatis officiis migravit e vita, et in sepulcro patris, ad cœmeterium Priscillœ via Salaria sepulta est, decimo quarto calendas junii.

CEMBLABLE à la colombc de l'Arche, qui ne ^ trouva pas où poser son pied sur le sol eucore empreint de la colère de Dieu, vous avez pris votre vol, ô Pudentienne ! et vous êtes venue vous réfugier dans le sein de Jésus votre Pasteur et votre Epoux. Ainsi, au dernier jour du monde, les âmes des élus, revêtues de leurs corps glorieux, imiteront le vol de l'aigle, et se rendront autour de Jésus avec la rapidité que le roi des airs met à fondre sur sa proie '. Ces âmes fuiront la terre profanée, de même que vous avez fui les abominations de Rome païenne qui s'enivrait du sang des martyrs "-'. Nous saluons votr'^ départ, ô vierge, dans un sentiment d'espérance pour nous-mêmes ; nous saluons votre arrivée près de l'Epoux, dans le désir de nous y rencontrer un jour avec vous. Détachez-nous de tout ce qui passe ; faites-nous aimer de plus en plus cette vie nouvelle que la Pâque a répandue en nous ; faites, par vos prières, que nous n'ayons plus d'attrait pour cette autre vie inférieure qui n'est pas celle de Jésus ressuscité. Fille de la sainte Eglise de Rome, interI. Matth. XXIV, 29. — 2. Apoc. XVII, 6.

Le Temps Pascal,

cédez aussi pour votre mère. Aux jours de Pie X elle souffre comme aux jours de Pie I^"". Après avoir régné longtemps sur les nations chrétiennes, elle est abandonnée et désavouée aujourd'hui par des peuples qui lui doivent tout, ei qui tournent contre elle ses propres bienfaits. Soyez-lui en aide, ô Pudentienne ! et subvenez à voire auguste mère.

[ous craindrions d'imposer une privation à la piété de nos lecteurs, si nous omettions aujourd'hui la mémoire d'un saint dont le culte n'est que local, il est vrai, mais qui n'en a pas moins été, durant des siècles, l'objet d'une vénération presque universelle. Au reste, la catholique Bretagne, sa patrie, n'a rien perdu du fervent amour qu'elle portait autrefois à son saint Yves ; et cette noble province a bien le droit que l'on recommande ici sa fidélité à ses saintes et antiques traditions. Dans ses églises, l'image patriotique d'un si célèbre patron est entourée d'un culte particulier ; dans ses villes et ses gros bourgs, le nom de saint Yves désigne et consacre toujours quelque rue ou quelque place ; et d'innombrables familles se transmettent, de génération en génération, ce nom béni comme un précieux héritage,

Yves est monté en ce jour vers son Sauveur ressuscité, après Tavoir représenté sur la terre par )e sacerdoce dont il fut revêtu, par son zèle pour le salut des âmes, et par son héroïque charité envers les pauvres. Mais ce qui a frappé le plus vivement l'imagination des peuples, c'est le justicier qui rendait sessen654 ^s Temps Pascal.

tencos avec une équité à laquelle nul n'eût osé contredire ; c'est l'avocat qui ne plaida jamais que dans un but charitable ; car saint Yves s'est assis sur le siège du magistrat durant une partie de sa vie, et plus tard on l'a entendu plaider au palais, non seulement dans les villes de la Bretagne, mais au loin, jusque dans Paris. Cette vie étonnante, qui est une merveille du xiii* siècle et s'achève dans le xiv«, se rehausse encore de l'éclat des miracles, avec un luxe qui est en juste rapport avec la vive foi des Bretons ; et l'on peut affirmer qu'après saint Martin, saint Yves est le thaumaturge de la France.

Honorons cet homme aux entrailles de miséricorde qui fut le modèle des magistrats, et ne porta jamais une sentence pénale que l'on ne vît des larmes couler de ses yeux, parce qu'il faisait réflexion sur lui-même, et pensait qu'il serait jugé à son tour ; cet homme qui, changeant de rôle, fit si souvent entendre sa voix au palais dans l'intérêt du

Eauvre et de l'opprimé ; vrai gentilhomme reton devenu plus tard, sous' la robe du prêtre, l'émule des chevaliers de son sang ; cet homme entin qui voua sa vie et ses forces aux saintes fonctions de curé de campagne, et réalisa l'idéal de ce touchant ministère avec une perfection qui a rendu son nom impérissable. L'amour de la pauvreté et les habitudes de la plus sévère pénitence en rirent un personnage tout céleste ; et quand l'heure fut venue, il s'élança vers le souverain bien avec toute l'ardeur de l'exilé auquel il est permis de rentrer dans sa patrie. Peu de jours avant son départ pour le ciel, il se trouvait au chàSaint Yves, Confesseur.

teau de Coatredan, chez Typhaine de Pestivien, dame de Kéraurais : « Depuis quelque « temps, dit-il à la pieuse femme, je me sens « très affaibli, je m'attends à mourir sous peu,

et je m"en réjouis fort, si c'est le bon plaisir de Dieu, d — ce Ne dites pas cela, s'écria la noble châtelaine ; quel malheur pour moi « et pour tant d'autres qui tirons un si grand « protit de vos exemples et de vos enseigne« ments ! » — « Vous vous réjouiriez, répon0 dit le saint Recteur, si vous aviez terrassé « votre ennemi ; laissez-moi donc me réjouir « de mon trépas ; car j'ai la confiance d'avoir, « par la grâce de Dieu, vaincu mon adver« saire. );)"Tei fut dans toute sa vie cet homme simple et fort, au milieu d'une population digne de le comprendre. Mais non seulement il commandait aux hommes ; la nature ellemême obéissait à sa voix ; et lorsque les prélats commis par le Souverain Pontife pour instruire la cause de sa canonisation, eurent à présenter dans le consistoire le résultat de leur enquête sur les lieux, ils déclarèrent que, sur le nombre des miracles avérés qu'ils avaient à constater, ils s'étaient contentés d'en recueillir cent dont ils apportaient les procèsverbaux.

Nous donnons ici les Leçons de l'Office de saint Yves, que nous avons empruntées au Propre de l'Eglise de Nantes.

YVES, prêtre de Tréguier, était fils d'Hélorius et d'Hadone, tous deux de race noble. Dès son enfance, il se distingua par sa piété, visi\'vo Trecorensis Presbyter. nobilihus parentibus Helorio et Hadone natus, ab infantia pietate claruit. Vespere

et mane ecclesiarum limina sectans, sacerdotibus et altaribus reverenter inserviebat. Quem cum pia mater ut sanctus fieret hortaretur, respondebat adolescens se nihil aliud in proposito habere ; et reipsa vitas légende sanctorum quanJo in aliquid perfectionis incidebat, in quantum poterat imitari conabatur. Lutetiœ primum litteras didicit, inde Aureliam venit, ubi, cum theologias et juri pontificio operani daret, vino et lautioribus cibis, atquc adeo omnibus voluptatibus abstinuit. corpus variis modis alBigens, ut in lubrico illo adolescentiœ decursu castam Deo mentem servaverit. Inde ab archidiacono Rhedonensi accitus, jus pro eo in suo foro dixit. Quo in officie dum versaretur integerrime, sententias non sine lacrymis ferebat. omnique studio dissidentium animos inter se conciliabat. Postea ab episcopo Trecorensi Ecclesiasticœ curia; judex institutus est. Sed eo munere aliquamdiu cum summa laude perfunctus. ut rerum divinarum contemplationi liberius vacaret, sponte se abdicatant les églises soir et matin, et se montrant empressé à servir les prêtres et les autels. Sa pieuse mère l'exhortant un jour à tendre à la sainteté, il lui répondit qu'il n'avait pas d'autre désir. En effet, lorsqu'il lui arrivait de lire la Vie des saints, s'il y rencontrait quelque trait de perfection, il s'efforçait de l'imiter autant qu'il lui était possible. Il fit ses premières études à Paris, et vint ensuite à Orléans pour s'y livrer à la théologit et au droit canonique. Fuyant le vin et la bonne chère, ainsi que tous les plaisirs, il domptait son corps par les austérités, en sorte qu'à cet âge si dangereux de la jeunesse il maintint son âme agréable à Dieu par une entière chasteté. L'archidiacre de Rennes l'appela auprès de lui, et le chargea de rendre la justice en son nom. Yves fit paraître la plus rare intégrité dans cet office, ne portant jamais une sentence pénale sans verser des larmes, et s'efforçant toujours de concilier les parties entre elles. L'évêque de Tréguier l'établit officiai dans sa courépiscopale ; mais Yves, après avoir exercé quelque temps cet emploi avec une grande distinction, désirant s'adonner avec plus de liberté à la contemplation des choses divines, se démit

Saint Yves, Confesseur.

de son office, et se chargea du gouvernement de la paroisse de Tresdretz, d'où il fut appelé à celle de Lohanet, dont il demeura curé jusqu'à la fin de sa vie.

IL 3 vécut de la manière la plus frugale et la plus austère, vêtu d'un habit grossier qui couvrait un cilice. Son sommeil était court; il le prenait sur la terre nue ou sur des morceaux de bois étendus à terre, ayant pour chevet une Bible, ou d'autres fois une pierre. Il se levait à minuitpourréciter l'Officedivin, célébrait la Messe chaque jour, à moins qu'il n'en fût empêché par de très graves affaires ou par la nécessité. Il portait dans cette sainte action au plus haut degré la pureté de conscience et la ferveur de l'esprit. Un jour, au moment où il élevait la sainte hostie afin que le peuple l'adorât, chacun la vit entourée d'un cercle de feu qui répandait une admirable splendeur. Son attrait pour l'oraison et la contemplation était si grand, que souvent il lui fit oublier de prendre sa nourriture. On le vit quelquefois passer la semaine entière dans sa chambre, fixé dans une oraison continuelle.

vit, et ad regendam parochialem ecclesiam Tresdretz se recepit ; unde ad ecclesiam Lohanetum evocatus, in ea usque ad finem vitas lector perstitit.

l Bl deinceps victu usus

1 est tenui admodum et austero, veste viii ac cilicio perpetuo indutus. Somni capiendi parcissimus, vel nuda humo cubabat, vel in stratis humi stipitibus, Bibliorum codice, saxove capiti instar pulvini supposito. Media nocte ad Officium ecclesiasticum surgebat; sû ctam Missam quotidie, nisi gravissimis negotiis aut necessitate prœpeditus celebrabat. Quod cum summa animi puritate et fervore spiritus faceret, quodam die dum sacrosanctam hostiam in sublime adorandam tolleret, globus igneus eam cum splendore admirabili undique ambire visus est. Orationi vero et contemplationi tantopere deditus fuit, ut ejus causa nonnunquam cibi et potus oblivisceretur. Aliquandoetiam, intra cubiculum abditus, totam hebdomadam in oratione perseveravit.

1NS1GNI fuit erga pauperes liberalitate, erga peregrinos hospitalitate, erga aegrotos misericordia, omnibus cumsumma animi alacritate interviens. Pupillis et viduis laborantibus etiam opéra et patrocinio aderat, eorumque causas apud judices passim actilabat ; unde pauperum pater et advocatus communiter vocatus est. Verbum Dei assidue non solum in ecclesia sua, sed etiam per circumjecîas parœ- cias prœdicabat. Quo quum aliquando pergeret, pontemque quo flumen trajicere solitus erat, aquis opertum offendisset; facto signo crucis, de via cesserunt aqune, et cum transisset, sponte in locum refluxere. Tandem piis laboribus confectus, postquam obitus sui diem prœdixisset, sacramentis munitus, quarto decimo caiendas junii, anno salutis millesimo trecentesimo tertio, astatis vero sure quinquagesimo, sancte in Christo obdormivit. Sepultus est in ecclesia Trecorensi, ubi caput ejus etiam hodie cum veneratione asservatur. Post annos auteni quatuor super quadraginta a Clémente

C A libéralité envers les

^J pauvres, son hospitalité à l'égard des étrangers, sa compassion pour les malades, étaient merveilleuses ; il servait chacun avec tout l'empressement de son àme. Il vouait tous ses efforts et consacrait son patronage à secourir les orphelins et les veuves dans leurs nécessités, et souvent il plaidait leurs causes dans les tribunaux, en sorte qu'on l'appelait volontiers le père et l'avocat des pauvres. Non seulement il annonçait avec assiduité la parole de Dieu dans son église; mais il prêchait encore dans les paroisses environnantes. Un jour qu'il s'était mis en route pour remplir cette fonction, il trouva tout couvert d'eau un pont sur lequel il avait coutume de passer la rivière. Il fit le signe de la croix sur les eaux, qui s'écartèrent aussitôt pour le laisser passer, et revinrent dès qu'il eut traversé le pont. Enfin, épuisé par ses pieux travaux, après avoir prédit le jour de sa mort, muni des sacrements, il s'endormit saintement dans le Christ, étant âgé de cinquante ans. le quatorze des calendes de juin, l'an du salut mil trois cent trois. Il fut enseveli dans l'église de Tréguier, où l'on conserve encore aujourd'hui son chef avec vénéraSaint Yves, Confesseur.

65g

tion. Quarante-quatre ans après sa mort, il fut mis au nombre des Saints par Clément VI, à Avignon.

Sexto, Avenione in Sanctorum numerum relatus est.

PUISSANT serviteur de Dieu, vous à qui la voix du peuple chrétien a décerné le beau nom d'Avocat des pauvres, écoutez l'humble prière des fidèles qui viennent aujourd'hui remettre entre vos mains la cause de leur salut. Vous avez été cher au Christ, « notre Avocat auprès du Père ^ », parce que vous avez été comme lui le protecteur du faible contre l'oppresseur 2- vous avez attiré sur vous les regards miséricordieux de Marie, que la sainte Eglise appelle « notre Avocate » ; plaidez maintenant en notre faveur en présence du fils et de la mère. Votre charité si vive et si agissante ici-bas est plus ardente encore dans les cieux; nous la réclamons en ce jour où vous avez quitté la terre de l'exil pour la patrie. Tant de prodiges opérés à votre glorieux tombeau montrent assez que vous êtes demeuré attentif et compatissant aux besoins des habitants de la terre. Nous vous demandons d'élever nos cœurs jusqu'à Jésus ressuscité que vos yeux contemplent maintenant, et vers lequel vous avez constamment aspiré ici-bas. Obtenez que nous soyons affranchis comme vous des convoitises terrestres, et que nous aimions la justice comme vous l'avez aimée. Inspirez aux magistrats qui recourent à vous le sentiment que vous éprouviez vous-même sur

JoHAN. II, I. — 2. Psalm. Lxxi, 12-14.

66o Le Temps Pascal.

votre tribunal, en pensant à la suprême judicature du Christ qui doit, au dernier )our, reviser toutes les sentences de la terre. Suscitez des défenseurs qui plaident la cause de Topprimé, non pour un vain renom d'éloquence ou pour un intérêt mondain, mais pour rendre hommage au bon droit. Aimez toujours, ô grand Yves, la noble terre qui vous a produit pour l'Eglise et pour le ciel. Jusqu'ici votre protection l'a maintenue catholique et fidèle ; en retour du culte fer vent et patriotique dont elle vous honore, demandez au Seigneur qu'il lui conserve la foi, qu'il la préserve de la séduction, qu'il la maintienne ferme et loyale dans un temps où les caractères défaillent parce qu'ils sont moins chrétiens La Bretagne est demeurée votre héritage ; ne la laissez pars déchoir.

N la compagnie de Léon le Grand, d'Athanase , de Grégoire de Nazianze, l'instituteur des humbles, Jean-Baptiste de la Salle, prend place au cortège du vainqueur de la mort. Il ne craint pas. Car le triomphateur de la Pâgue est toujours ce Jésus qui disait, en sa vie mortelle : Laisse^ venir à moi les petits enfants ' ; ce royaume des cieux qu'entré maintenant dans sa gloire il manifeste si pleinement à la terre, sa divine parole ne cesse point de le réserver à ceux qui leur sont redevenus semblables ^. Et par contre, à qui donc le Lion de Juda réserve-t-il les plus redoutables colères, sinon aux hommes de scandale qui conspirent à éloigner de lui ces petits dont il fait sa cour ^ ?

Aussi n'est-ce pas seulement aux grands docteurs de la science du salut, mais au plus humble éducateur chrétien, que s'adresse la promesse des saints Livres : Ceux qui

I. Marc, x, 14. — 2. Maith. xviii, 3. — 3.1bid. 6.

ft62

enseignent la justice à plusieurs, brilleront comme des étoiles dans les éternités sans fin '. Et le Pontife suprême, inscrivant parmi les bienheureux le Saint de ce jour, assure que l'oracle inspiré « regarde surtout ceux qui, comme lui, ont tout quitté pour consacrer leur existence à incu'quer dès l'enfance aux baptisés la doctrine évangélique et les préceptes qui conduisent à la vie 2. »

En vrai disciple de l'Homme-Dieu, JeanBaptiste entra si pleinement dans la pensée de son Seigneur, qu'aucun renoncement ne lui coûta pour y donner suite, qu'aucunes souffrances, humiliations ou persécutions ne troublèrent l'accomplissement persévérant de sa tâche de dévouement et d'amour. Méconnu durant sa vie, désavoué jusque sur son lit de mort, en esi-il moins grand aujourd'hui dans les cieux ?

Lisons son histoire au livre de la sainte Eglise.

J DANSES Baptista de la Salle, Rhemis claro génère ortus, puer adhuc moribus et factis in sortem Domini se vocandum et sanctimoniae laude honestandum portendit Adolescens in Rhemensi Academia litteras ac philosophicas disciplinas didicit : qiio tempore etsi ob animi

I FAN - Baptiste de la

J Salle, né à Reims d'une famille distinguée, fit présager dés l'enfance par sa conduite et manière d'être qu'il appartiendrait au Seigneur et serait un saint. Jeune homme , il étudia les lettres et la philosophie dans l'Université de Reims ; bien que ses vertus , ses talents, sa douceur, l'v renI. Dan. XII. 3. — 2. Bref de béaiification du serviteur de Dieu.

s. Je^n-Baptiste de la Salle, Conf. 663

dissent cher à tous, il fuyait pourtant la société de ses condisciples, afin de vaquer plus facilement des lors à Dieu dans la solitude. Engagé depuis longtemps déjà dans la milice cléricale, il prit rang parmi les chanoines de Reims en sa seizième année. Désirant faire sa théologie en Sorbonne, il vint à "Paris et fut reçu au séminaire de Saint-Sulpice. Mais la mort de ses parents le rappelait bientôt ; sans interrompre l'étude des sciences sacrées, il se chargeait de l'éducation de ses frères, au grand avantage de ceux-ci , comme la suite le montra.

tiarum intérim sacrarum s optimo cum fiucto praîstitiit vu.

virtutes et alacrc ingenium ac suave omnibus carus esset, ab éequalium tamen societate abhorrebat, ut solitudini addictus facilius Deo vacaret. In clericalerr: militiam jampridem cooptatus, sextodecimo îctatis anno inter Rhemenses Canonicos adscriptus est. Lutetiam Parisiorum, theologix- in Sorbonica universitate daturus operam, contcndit atque in Sulpitianum seminarium adscitus est. Al brevi parentibus orbatus, domum regredi coactus, fratres educandos suscepit ; quod , scientudia non intermittens, , ut; exitus comprobaHONORÉ enfin du sacerdoce, on vit b-iller à sa première messe la foi profonde et l'amour ardent qu'il ne devait cesser toute sa vie d'apporter à l'autel. Cependant le zèle qui le consumait pour le salut des âmes le faisait se consacrer à leur service tout entier. Les Sœurs de l'Enfant-Jésus, fondées pour l'éducation des filles, l'eurent comme supérieur, et son très sage gouvernement les sauvait de la ruine ; tandis que son attention, ainsi attirée vers les enfants du

SACERDOTio dcmum auctus, qua praestanti fide animique ardore primum ad aram fecit, eisdem toto vitae tempore sacris est operatus. Interea salutis animarum studio incensus, totum in earumdem utilitatem sese impendit. Sororum a Jesu infante, puellis educandis institutarum, regimen suscepit, easque non modo prudentissime est moderatus , sed ab excidio vindicavit. Hinc porro animum advertit

ad pueros de plèbe religione bonisque moribus informandos. Atque in hoc quidcm illum suscitaverat Deus , ut scilicet nova in Ecclesia sua religiosorum hominum familia condita, puerurum , praesertim pauperum , scholis percnni elTicacique rationc consulerct. Demandatum vero a Dei providentia munus, per contradictiones plu rimas magnasque œrumnas féliciter implevit, tundata Fratrum sodalitate,quani a scholis christianis nuncupavit.

A DJUNCTOS igitur sibi '** homines in gravi opère et arduo, apud se primum sucepit ; tum aptiori in sede constitutos disciplina sua optime imbuit iis legibus sapientibusque institutis quae postea a Benedicto decimo tertio sunt confirmata. Ex demissione animi ac paupertatis amore primum canonicatu se abdicavit, oraniaque sua bona in pauperes erogavit ; quin etiam serius, quod frustra saepius tentaverat, fundati a se instituti regimen spontedeposuii. Nihil ta men intérim de Fratrum

peuple, réfléchissait aux moyens de les former à la religion et aux bonnes mœurs. Car Dieu l'avait précisément suscité pour cette fin, à savoir : fonder en son Églis3 une nouvelle famille de religieux qui assurât par l'école une éducation saine aux enfants pauvres principalement. Ce mandat que lui avait confié la divine Providence, il l'accomplit heureusement par l'établissement , à travers multiples contradictions et épreuves dbuloureuses , de l'institut des Frères des Ecoles chrétiennes ; ce fut le nom qu'il leur donna.

A PRÈS avoir logé d'abord -'*■ en sa propre maison les sujets qui s'adjoignaient à lui pour cette œuvre importante et ardue, il les transféra dans un local plus propre à leur parfaite formation, à l'observance des lois et des règlements si sages que Benoît XllI confirma plus tard. Dans son amour de l'abaissement et de la pauvreté, il commença par se démettre du canonicat et distribua tous ses biens aux pauvres ; plus tard même, après l'avoir souvent tenté en vain, il se démit volontairement du gouvernement de l'institut qu'il avait fondé. Sans toutefois rien relâcher pour cela de sa

s. Jean-Baptiste de la Salle, Conf. 665

sollicitude pour les Frères et les écoles ouvertes déjà en nombre de lieux, il s'adonna plus ardemment à Dieu, sans cesse jeûnant, se flagellant et crucifiant en toutes manières,

Çissant les nuits en prières, outes les vertus brillaient en lui, surtout l'obéissance, la conformité à la volonté de Dieu, le dévouement et l'amour envers le Siège apostolique. Enfin, chargé de mérites et muni des Sacrements de la sainte Eglise, il s'endormit dans le Seigneur à l'âge de soixante-huit ans. Le Souverain Pontife Léon XIII l'inscrivit au catalogue des Bienheureux , et , de nouveaux miracles s'étant produits_ par son intercession, lui décerna les honneurs des Saints l'an du jubilé mil neuf cent.

sollicitudine remittens, deque scholis ab eo, pluribus jam locis, apertis, impensius Deo vacare cœpit. Assidue jejuniis, flagellisaliisqueasperitatibus in se ipsum saeviens, noctes orando ducebat. Donec virtutibus omnibus conspicuiis , prœ- sertim obedientia, studio divinœ voluntatis implenda?, amore ac devotione in Apostolicam Sedem, meritis onustus, sacrameniis rite susceptis, obdormivit in Domino annos natus duo de septuaginta. Eum Léo decimus tertius Pontifex maximus Beatorum catalogo inseruit ; novisque fulgentem signis, anno jubilœi millesimo noningentesimo Sanctorum honoribus decoravit.

^^ r\ Dieu, qui, pour l'enseignement chré^<^ tien des. pauvres et l'afFermissement de la jeunesse dans les sentiers de la vérité, avez suscité le saint Confesseur Jean-Baptiste et par lui rassemblé dans l'Eglise une famille nouvelle ; daignez faire que, par son intercession et à son exemple, brûlant nous aussi du zèle qui procure votre gloire en sauvant les âmes, nous puissions partager sa couronne dans les cieux K »

Collecte de la fête.

666 Le Temps Pascal.

Père des Ecoles chrétiennes, telle est en votre honneur aujourd'hui la prière de l'église : aussi confiante que si les épreuves de votre vie mortelle en eussent dû épargner d'autres à vos tils ; aussi sereine cjue si l'avenir de \otre œuvre était désormais assuré. Et cependant, ne dii ait-on pas que votre glorification suprême a donné contre vous le signal du triomphe à l'enfer ? Mais, forte d'une expérience de vingt siècles, l'Hglise ne s'ertraie pas des persécutions : elle s^ait que sil'arb'e est plamé par Dieu, l'ouragan ne peut qu'affermir ses racines ; que la maison bâtie sur la pierre brave impunéme-m les vents et les flots déchaînés ^ Comme l'Eglise, confiants dans vos mérites et votre inte'rcession près de Dieu, nous gardons l'pspérance. La ruine semblât-elle consommée, le divin Chef des persécutés nous dit assez en ces jours que la tombe même, ftàt-elle scellée du sceau des pouvoirs publics, ne garantit point à la mort ses conquêtes.

u Temps pascal, le chrétien, dès son réveil, s'unira à la sainte Eglise qui, dans l'Office des Matines, vient de faire entendre ces paroles solennelles :

Domi

LE Seigneur est véritable- i o v ment ressuscité. Alléluia! | O vere. Alléluia.

Le moment étant venu de faire la Prière du Matin, il pourra puiser en cette manière, dans les prières de l'Eglise elle-même, la forme de ses sentiments.

Tpv'ABORD, la louange et l'adoration à la très

sainte Trinité

, Oenedicamus Pa^' iJ trem et Filium, cum Sancto Spiritu ;

^. Laudemus ctsuperexaltemus eum in sœcula.

f. Gloria Patri, et Filio. et Spiritui Sancto ;

^. Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.

i D ÉNISSONS Dieu, le

Dieu, Père, le Fils et le

Saint-Esprit ;

B;r. Louons-le, et exaltons • le dans tous les siècles.

f. Gloire au Père, et ua Fils, et au Saint-Esprit ;

:ç. Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Puis, la louange à Jésus-Christ, notre Sauveur :

■>■ r

N resurrectione tua, Christe, alléluia.

^. Cœli et terra la-- tentur, alléluia.

a, A VOTRE résurrection ^" i».ô Christ, alléluia.

1^. Les cieux et la terre tressaillent d'allégresse, alléluia.

Ensuite, l'invocation au Saint-Esprit :

^ ENI, Sancte Spiritus, reple tuorum corda fideliiim. et tui amoris in eis ignem accende.

"W ENEZ, Esprit-Saint, rem' plissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.

Après cjs actes fondamentaux, on récitera i'Oraison Dominicale, la Salutation Angélique, le Symbole de la Foi et les formules qui suivent, s'appliquant à entrer dans les pensées spéciales à ce saint temps en la manière développée au premier volume de cette saison liturgique.

OTRE Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivre^ -nous du mal. Ainsi soit-il !

i_j ATER noster. qui es in • cœlis, sanctiticetur Nomen tuum : adveniat regnumtuum : fiatvoluntas tua, sicut in cœlo, et in terra.

Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : et dimitte nobis débita nostra. sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : et ne nos inducas in tentationem : sed libéra nos a malo. Amen.

JE VOUS salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie,- Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il !

A VE, Maria, gratiaple^^ na :Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jésus.

Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus. nunc et in hora raortis noslrœ. Amen.

1 E crois en Dieu le Père

»• tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.

Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du SaintEsprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponoeti

EDO m Deum, Parem omnipotentem, creatorem cœli et terrae. Et in Jesum Christum Filium ejus unicum, Dominum nostrum : qui conceptus est de Spiritu Sanct.o natus ex Maria

Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortiius, et sepuUus : descendit ad inferos : tertia die resurrexit a mortuis : ascendit ad cœlos, sedet ad dcxteram Dei Patrisomnipotentis : inde venturus est judicare vivos et raortuos.

Credo in Spiritum Sanctum, sanclam Ecclesiam catholicam, Sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aîternam. Amen.

Pilate. a été crucifié, est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux deux, et est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant : d'où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois au Saint-Esprit, la sainte Eglise catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il I

AURORA cœlum purpurat, jEther résultat laudibus, Mundus triumphans jubilât, Horrens avernus infremit.

Rex ille dum fortissimus De mortis inferno specu Patrum senatum liberum Educit ad vitae jubar.

Cujus sepulcrum plurimo

Custcde signabat lapis,

Victor triumphat, et suo

Mortem sepulcro funeraL

L'aurore empourpre les cieux : un chant de louange retentit dans les airs ; la terre, dans son triomphe, se livre aux transports de la joie ; l'enfer frémit d'horreur et d'épouvante.

C'est l'heure où le Roi de force entraîne sur ses pas, vers la lumière de vie, l'armée des anciens pères affranchie des ténèbres où la mort les retenait captifs.

De nombreux gardiens veillaient autour de son tombeau scellé ; il est vainqueur, il triomphe de la mort ; il l'enferme pour jamais dans le sépulcre où lui-même reposa.

Prière du Matin.

a Plus d'apprêts funèbres, plus de larmes, assez de regrets ; il est ressuscité, le vainqueur du trépas », s'écrie l'Ange éclatant de lumière.

Pour être toujours, o Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.

A. Dieu le Père soit la gloire ! gloire au' Fils ressuscité d'entre les morts ! et gloire au Paraclet, dans les siècles éternels !

Amen.

JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, et à tous les Saints, que j'ai beaucoup péché, en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute.

C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, et tous les Saints, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

Sat funeri, sat lacrymis, Sat est datum doloribus : Surrexit exstinctor necis, Clamât coruscans Angélus.

Ut sis perenne mentibus Paschale, Jesu, gaudium, A morte dira criminum Vitîe re.natos libéra.

Deo Patri sit gloria. Et Filio qui a morluis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna sœcula.

Amen. f^ ONFiTEOR Deo omni^-' potenti, beatœ Mariae semper Virgini, beato Michaeli Archangelo, beato Johanni Baptistae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, et omnibus Sanctis, quia peccavi nimis cogitatione, verbo, et opère : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum, beatum Johanncm Baptistam, sanctos Aposlolos Petrum et Paulum, et omnes Sanctos, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.

OUE le Dieu tout-puissant ait pitié de nous ; qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Ainsi soit-il !

Que le Seigneur tout-puissant et' miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit-il 1

MisEREATL'R nostri omnipotens Deus, et dimissis peccatis nostris, perducat nos ad vitam aeternam. Amen.

Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum tri.buat nobis omnipotens et misericors Dominas. Amen.

Ici on pourra faire la Méditation, si l'on est dans l'usage de ce saint exercice. Apres quoi, on demandera à Dieu par les prières suivantes la grâce d'éviter toute sorte de péchTs, durant la journée qui commence, disant, toujours avec l'Eglise :

Y>. OMiNE , exaudi T-J^ orationem

meam ;

If. Et clamor meus aa te veniat.

. ^EIGNEUR, exaucez ma *• ^ prière;

Vf. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

DOMINE Deus omnipotens, qui ad principium hujus diei nos pervenire fecisti • tua nos hodie salva virtute, ut in hac die ad nullum declinemus peccatum ; sed semper ad tuam justitiam faciendam nostra procédant eloquia, dirigantur cogitationes et opéra. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in

SEIGNEUR Dieu tout-pmssant, qui nous avez fait parvenir au commencement de ce jour, sauvez-nous aujourd'hui par votre puissance; afin que, durant le cours de cette journée, nous ne nous laissions aller a aucun péché , mais que nos paroles, nos pensées et nos œuvres tendent toujours à 1 accomplissement de votre justice. Par notre Seigneur Jesus-Christ votrs Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec

Prière du Matin.

vous, en l'unité du SaintEsprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il !

unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sœculorum. Amen.

On implorera ensuite le secours divin pour bien faire toutes les actions de la journée, disant trois fois :

jt /^ Dieu, venez à mon ^- U aide 1

fij. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

f. O Dieu, venez à mon aide !

^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

f. O Dieu, venez à mon aide !

^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

a. pv EUS, in adjuto^' LJ rium meum intende,

^. Domine, ad adjuvandum me festina.

f. Deus, inadjutorium meum intende.

b;:. Domine, ad adjuvandum me festina.

>'*•. Deus, inadjutorium meum intende.

^. Domine, ad adjuvandum me festina.

DAIGNEZ, Seigneur Dieu, Roi du ciel et de la terre, diriger, sanctifier, conduire et gouverner, en ce jour, nos coeurs et nos corps, nos sens, nos discours et nos actes, suivant votre loi et les œuvres de vos préceptes; afin que, ici-bas et dans l'éternité , nous méritions, par votre secours, ô Sauveur du monde, d'être sauvés et affranchis. Vous qui vivez, et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il 1

DIRIGERE et sanctificare, regere et gubernare dignare, Domine Deus, Rex cœli et terrae, hodie corda et corpora nostra, sensus, sermones et actus nostros in lege tua, et in operibus mandatorum tuorum : ut hic et in asternum, te auxiliante, salvi et liberi esse mereamur, Salvator mundi. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum. Amen.

A D regias Agni dapes. '^ Stolis amicti candidis, Post transitum maris

Rubri, Christo canamus principi.

Divina cujus charitas Sacrum propinat senguinem, Almique membra corporis Amor sacerdos immolât.

Sparsum cruorem postibus Vastator horret Angélus : Fugitque divisum mare, Merguntur hostes fluctibus.

Jam Pascha nostrum Christus est, Paschalis idem victima, Et para puris mentibus Sinceritatis azyma.

O vera cœli victima, Subjecta cui sunt tartara, Soluta mortis vincula, Recepta vita; praemia.

Victor subactis inferis, Trophasa Christus explicat,

A PRÈS le passage de la mer ^ Rouge, couverts de nos robes blanches et assis au festin royal de l'Agneau , chantons au Christ notre roi.

C'est lui dont la charité divine nous verse à boire son propre sang ; c'est son amour qui sacrifie en victime les membres de son corps sacré.

L'Ange exterminateur est saisi de crainte à la vue du sang dont nos portes sont marquées ; la mer divisée en deux fuit devant nous; nos ennemis sont submergés sous les flots.

Notre Pâque, c'est le Christ ; il est notre victime pascale ; il est l'azyme de sincérité pour les cœurs purs.

O victime véritable venue du ciel, par qui l'enfer est abattu, les liens de la mort brisés, les dons de la vie restitués.

Vainqueur de la mort qu'il a terrassée, le Christ déploie son étendard ; il rouvre le

Prière du Soir.

ciel, et traîne en captif le roi des ténèbres.

Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.

A Dieu le Père soit la gloire ! gloire au Fils ressuscité d'entre les morts! et gloire au Paraclet dans les siècles éternels !

Amen.

Coeloque aperto, subditum

Regem tenebrarum trahit.

Ut sis perenne mentitibus Paschale, Jesu, gaudium, A morte dira criminum Vitas renatos libéra.

Deo Patri sit gloria, Et Filio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna sœcula.

Amen.

Après cette Hymne, on récitera l'Oraison Dominicale, la Salutation Angélique et le Symbole des Apôtres. On fera ensuite l'Examen de conscience ; on récitera le Confiteor et on ajoutera un Acte explicite de Contrition, qui sera suivi des Actes de Foi, d'Espérance et de Charité.

Mon Dieu, je suis grandement afTligé de vous avoir . . pnense et je me repens de tout mon cœur de mes pèches. Je les hais et les déteste au-dessus de tout autre mal, parce que, en péchant, non seulement j'ai perdu le Paradis et mérité l'enfer, mais bien plus encore parce que )e vous ai offensée. Bonté infinie. à\sne d'être aimée par-dessus toutes choses ; je fais un ferme propos de ne jamais plus vous offenser à l'avenir, movennant votre divine grâce, et de fuir l'occasion du péch'é.

I ° v^,'.^"' i? "^'^^ fermement tout ce que la sainte liglise Catholique-Apostolique-Romaine m'orLe Temps Pascal.

donne de croire, parce que vous le lui avez révélé, vous qui êtes la Vérité même.

ACTE d'espérance.

MON Dieu, connaisant que vous êtes tout-puissant, infiniment bon et miséricordieux, j'espère que, par les mérites de la Passion et de la Mort de Jésus-Christ, notre Sauveur, vous me donnerez la vie éternelle, que vous avez promise à quiconque fera les oeuvres d un bon Chrétien, comme je me propose de faire avec votre secours.

[ON Dieu, connaissant que vous êtes le souverain Bien, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses ; je suis disposé à tout perdre plutôt que de vous offenser; et aussi, pour votre amour, j'aime et je veux aimer mon prochain comme moi-même.

al

laetare,

ïUeluia ; Quia quem meruisti

portare. alléluia, Resurrexit sicut dixit,

alléluia. Ora pro nobis Deum,

alléluia.

f. Gaude et lœtare, Virgo Maria, alléluia;

^. Quia surrexit Dominus vere, alléluia.

REINE du ciel, réjouissezvous, alléluia ; Car celui que vous avez mérité de porter, alléluia,

Est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia.

Daignez prier Dieu en notre faveur, alléluia.

f. Soyez dans l'allégresse, ô Vierge Marie, alléluia ;

IÇ[. Car le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia.

pvEUS

qui per Resurrectionem Filii tui Dominî nostri J e s u Chrisli, mundum Ixtificare dignatus es : prxsta,

ODiEU, qui avez daigné réjouir le monde par la Résurrection de Jésus-Christ, votre Fils; daignez nous faire arriver aux joies de la vie

Prière du Soir. j r

lernelle, en vue de sa sainte

quaesumus, ut per cjus Genitricem Virginem

Mère, la Vierge Marie. Par

le même Jésus-Christ notre

Mariam, perpetuae capiaSeigneur. Amen.

mus gaudia vita-. Per eumdemChristum Dominum nostrum. Amen.

^IGNEUR, ayez pitié de O nous.

YYRlP., eleison.

Christ, ayez pitié de nous.

Christe, eleison.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Kyrie, eleison.

Christ, écoutez-nous.

Christe, audi nos.

Christ, exaucez-nous.

Christe, exaudi nos.

Dieu Père, du haut des cieux,

Pater de cœlis, Deus,

ayez pitié de nous.

miserere nobis.

Dieu Fils, Rédempteur du

Fili, Redernptor mundi,

monde, avez pitié de nous.

Deus, miserere nobis.

Dieu Saint-Esprit, ayez piSpiritus Sancte, Deus,

tié de nous.

miserere nobis.

Trinité Sainte, un seul Dieu,

Sancta Trinitas, unus

ayez pitié de nous.

Deus, miserere nobis.

Sainte Marie, priez pour

Sancta Maria, ora pro

nous.

nobis.

Sainte Mère de Dieu, priez,

Sancta Dei Genitrix,

etc.

ora, etc.

Sainte Vierge des vierges.

Sancta Virgo virginum.

Mère du Christ.

Mater Chrisii.

Mère de la divine grâce

Mater divinae gratiae.

Mère très pure.

Mater purissima.

Mère très chaste.

Mater castissima.

Mère inviolable.

Mater inviolata.

Mère sans tache.

Mater intemerata.

Mère aimable.

Mater amabilis.

Mère admirable.

Mater admirabilis.

Mère du bon conseil.

Mater boni consilii.

Mère du Créateur.

Mater Creatoris.

Mère du Sauveur.

Mater Salvatoris.

Vierge très prudente.

Virgo prudentissima.

Vierge digne de tout honneur.

Virgo veneranda.

Vierge digne de toute louVirgo praîdicanda.

ange.

Virgo potens. Virgo clemcns. Virgo fidelis. Spéculum justitirc. Scdes Sapientiae. Causa nostrae laetitiae Vas spirituale. Vas honorabile. Vas insigne devotionis. Rosa mystica. Turris Davidica. Turris eburnea, Domus aurea. Fœderis arca. Janua cœli. Stella matutina. Salus infirmorum. Refugium peccatorum. Consolatrix afflictorum. AuxiliumChristianorum. Regina Angelorum. Regina Patriarcharum. Regina Prophetarum. Regina Apostolorum. Regina Martyrum. Regina Confessorum. Regina Virginum. Regina Sanctorum omnium. Regina sine labe originali concepta. Regina sacratissimi Rosarii. Agnus Dci. qui tollis peccata mundi, parce nobis, Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos. Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Vierge puissante. Vierge clémente. Vierge fidèle. Miroir de justice. Siège de la Sagesse. Cause de notre joie. Vase spirituel. Vase honorable. Vase insigne de dévotion. Rose mystique. Tour de David. Tour d'ivoire. Maison d'or. Arche d'alliance. Porte du ciel. Etoile du matin. Salut des infirmes. Refuge des pécheurs. Consolatrice des affligés. Secours des Chrétiens. Reine des Anges. Reine des Patriarches. Reine des Prophètes. Reine des Apôtres. Reine des Martyrs. Reine des Confesseurs. Reine des Vierges. Reine de tous les Saints.

Reine conçue sans la tache

originelle. Reine du très saint Rosaire.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, pardonnez-nous. Seigneur. Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exaucernous. Seigneur. Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pi1 lié de nous.

Prière du Soir

i3

f. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu ;

l]f. Afin que nous soyons ignés des de Jésus-Christ.

f. Ora pro nobis , sancta Dei Genitrix.

Ff'. Ut digni efliciamur promissionibus Christi.

SEIGNEUR Dieu, daignez accorder à nous, vos serviteurs, la grâce de jouir constamment de la santé de l'âme et du corps ; et, par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujoursVierge, délivrez-nous de la tristesse du temps présent, et faites-nous jouir de réternelle félicité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

CONCEDE nos famulos tuos, quaesumus Domine Deus , perpétua mentis et corporis sanitate gaudere : et gloriosa b e a t as Mariae semper Virginis intercessione, a prœsenti liberari tristitia et îeterna perfrui lastitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

SAINTS Anges, nos gardiens, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du jugement redoutable.

f. Dieu a commandé à ses Arîges.

"Bf. De vous garder dans toutes vos voies.

SANCTI Angeli, custodes nostri, defendite nos in praelio, ut non pereamus in tremendo judicio.

f. Angelis suis Deus mandavit de te.

rj\ Ut custodiant te in omnibus viis tuis.

ODiEU, qui, vidence i

par une pronefFable, daignez commettre vos saints Anges à notre garde, accorp.EUS, qui

ineffabili providentia sanctos Angelos tuos ad nostram custodiammittere dignaLe Temps Pascal.

ris : largire supplicibus tuis, et eorum semper protectione defendi, et jEterna societate i;audere. Per Christum Domuium nostrum. Amen.

^^^' O omnes, intercedere dignemini pro

nostra oniniumque salute.

dcz à vos humbles serviteurs d'être sans cesse défendus par leur protection, et de jouir éternellement de leur société. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

. , C; AINTS de Dieu, ANT. ^ daignez tous intercéder pour notre salut et celui de tous.

DE profundis^ clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam.

Fiant aures tuae intendentes : in vocem deprecationis mea».

Se iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ?

Quia apud te propitiatiocst: et propter legem tuam sustinui te, Domine.

Sustinuit anima mea in verbo ejus : speravit anima mea in Domino.

A custodia matutina usque ad noctem : speret Israël in Domino.

Quia apud Dominum misericordia : et copiosa apud eum redemptio.

Et ipse redimet Israël : ex omnibus iniquitatibus ejus.

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous. Seigneur ! Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives aux accents de ma supplication.

Si vous recherchez les iniquités. Seigneur! Seigneur, qui pourra subsister ? _ _

Mais parce que la miséricorde est avec vous, et à cause de votre loi. je vous ai attendu, Seigneur!

Mon àme a attendu avec confiance la parole du _ Seigneur ; mon âme a espère en

Du point du jour a 1 arrivée de la nuit. Israël doit espérer dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde, et en lui une abondante rédemption.

Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités.

Prière du Soir.

i5

Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.

f. Des portes de l'enfer.

"Sf. Arrachez leurs âmesSeigneur.

i^. Qu'ils reposent en paix.

f. Seigneur, exaucez ma prière ;

^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

Requiem aeternam dona eis. Domine : et lux perpétua luceat eis.

f. A porta inferi,

K. Erue, Domine, animas eorum.

f. Requiescantinpace.

Ri- Amen.

j^. Domine, exaudiorationem meam ;

Bî. Et clamor meus ad te veniat.

ODiEUr Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

UlDELiUM Deus om* nium Conditor et Redemptor, animabus Êamulorum famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorumrut indulgentiam quam semperoptaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum. Amen.

SAUVEZ-NOUS, Seigneur , durant la veille; gardeznous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.

f. Daignez, Seigneur, durant cette nuit,

^. Nous garder de tout péché.

SALVA nos, Domine, vigilantes ; custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.

f. Dignarc, Domine, nocte ista,

'Bf.. Sine peccato nos custodire.

i6

t. Miserere nostri, Domine.

iç:. Miserere nostri.

y. Fiat misericordia tua, Domine, super nos,

Vf. Qucmadmodum speravimus in te.

f. Domine, exaudi orationem meam ;

^. Et clamor meus ad te veniat.

f. Ayez pitié de nous, Seigneur !

11). Ayez pitié de nous.

j^. Que votre miséricorde soit sur nous. Seigneur,

j^. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.

j^. Seigneur, exaucez ma prière :

^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

VISITA, quœsuraus Domine, habitationem istam. et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea, qui nos in pace custodiant ; et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia s3ecula saeculorum. Amen.

ISITEZ, s'il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemj. Que vos saints Anges y habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix ; et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

Enfin, pour terminer la journée dans les sentiments (que doit inspirer le Temps pascal, on répétera ces touchantes paroles que l'Eglise emprunte aux disciples d'Emmaùs, dans son Onice du soir:

^ r^ EMEUREZ avec nous, '■•--' Seigneur, alléluia;

^ » « ANE nobiscum, '' IVl Domine, alléluia ;

^. Quonlam advcsperascit. alléluia.

'Bf. Car il se fait tard, alléluia.

^mm^i^'^jMé

E Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'églises la Procession, devront d'abord intéresser

piete

Jll vu une eau qui sortait du temple, au côté droit, alléluia ; et tous ceux que cette eau a touchés ont été sauvés, et ils diront : Alléluia, alléluia.

Ps. Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, et sa miséricorde est à jamais.

Gloire au Père. J'ai vu une eau.

\IDI aquam egrcdientem de templo a latere dextro, alléluia : et omnes ad quos pervenit aqua ista salvi facti sunt, et dicent : Alléluia, alléluia.

Ps. Confitemini Domino, quoniam bonus : quoniam in saeculum misericordia ejus.

Gloria Patri. Vidi aquam.

j8

y. Ostende nobis. Domine, misericordiam tiiam, alléluia ;

^. Et Salutare tuum da nobis, alléluia.

y. Domine, exaudi orationem meam ;

f^. Et clamer meus ad te veniaL

t. Dominus vobiscum ;

î^. Et cum spiritu tuo.

f. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde, alléluia ;

^. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez destiné, alléluia.

f. Seigneur, exaucez ma prière ;

^. Et que mon cri monte jusqu'à vous.

"f. Le Seigneur soit avec vous ;

^. Et avec votre esprit.

EXAUDI nos, Domine sancte, Pater omnipotens, œterne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui custodiat, foveat, protegat, visitet, atque defcndat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

EXAUCEZ-NOUS, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel ; et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

IN nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

j^. Introibo ad altare Dei :

Vf. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

JUDICA me, Deus, et discerne causam meam

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

Je m'unis, ô mon Dieu, à votre sainte Eglise qui se réjouit en la Résurrection de Jésus-Christ votre Fils, l'Autel véritable.

COMME elle, je vous supplie de me défendre contre la

Ordinaire de la Messe.

malice des ennemis de mon salut.

C'est en vous que j'ai mis mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet à cause des embûches qui me sont tendues.

Faites-moi donc voir celui qui est la Lumière et la Vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.

Il est le Médiateur, l'Autel vivant ; je m'approcherai de lui, et je serai dans la joie.

Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse. O mon âme, ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée ; le temps de la tristesse est passé.

Espère en lui ; car il a vaincu tes ennemis, la mort et l'enfer, et il t'a associée à son triomphe.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il 1

Je vais donc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence du divin ressuscité.

Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.

de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso erue me.

Quia tu es, Deus, fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo, dum affligit me inimicus ?

Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.

Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laetificat juventutem meam.

Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus : quare tristis es, anima mea ? et quare conturbas me ?

Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : Salutare vultus mei, et Deus meus.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in ssecula saeculorum. Amen.

j^. Introibo ad altare Dei :

^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

j^. Adjutorium nostrum in nomine Domini,

fî. Qui fecit coelum et terram.

Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur excite dans l'âme du Prêtre un vif sentiment de componction. 11 ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne de cette grâce. Écoutez avec respect cette confession de l'Homme de Dieu, et faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour avec contrition :

C'V)NFiTEOR Deo omni^ potenti, beat;K Mariae semper Virgini, beato Michaeli Archangelo, beato Johanni l'aptistae, sanctis Apostolls Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi. Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opère : mea culpa, raea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum. beatum Johannem Baptistam, s a n c t o s Apostolos Petrum et Paulum. omnes Sanctos, et te. Pater, orare pro me ad Dominura Deum nostrum.

MISEREATUR V e S t r i omnipotens Deus, et dimissis peccatis vestris. perducat vos ad vilam œternam. ^. Amen. Indulgentiam, absoluJE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint ^ïichei Archange, à saint Jean-Baptiste, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint JeanBaptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

OUE le Dieu tout-puissant ait pitié de vous, qu'il vous remette vos péchés et vous conduise à la vie éternelle.

^. Amen.

Que le Seigneur tout-puisOrdinaire de la Messe.

sant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés. Rj. Amen.

- /^ Dieu, d'un seul

^*v-V regard vous nous donnerez la vie;

fi|. Et votre peuple se réjouira en vous.

j^. Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde ;

Rj. Et donnez-nous le Sauveur que vous nous avez préparé.

j^. Seigneur, exaucez ma prière ;

^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

f. Le Seigneur soit avec vous ;

fij. Et avec votre esprit.

FAITES disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu, toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés; nous vous le demandons par votre divin Fils notre Seigneur.

tionem, et remissionem peccatorum nostrorum tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus. ^. Amen.

i. TA EUS, tu conver"■ JL/ sus vivificabis

nos ;

l<i. Et picbs tua Inetabitur in te.

f. Ostendc nobis, Dom i n e, misericordiam tiiam ;

l^. Et Salutare tuum da nobis.

f. Domine, exaudi orationem meam ;

^. Et clamor meus ad te veniat,

f. Dominusvobiscum;

Rj. Et cum spiritu tuo.

AUFER a nobis, quœ- sumus Domine, iniquitates nostras ; ut ad Sancla Sanctorum puris mereamur mentibus introire. Per Christum Dominum n o s t r u m. Amen.

Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :

GÉNÉREUXsoldats de Jésus- |>^ ramus te, Domine, Christ, qui avez mêlé lvJ per mérita SanctoLe Temps Pascal.

rum tuorum quorum reliquiae hic sunt, et omnium Sanctorum ; ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen

votre sang au sien, faites instance pour que nos pécliés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.

Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel. Il dit ensuite l'Introït, qui est suivi des Kyrie.

Au Père, qui nous a envoyé sonF ils pour nous délivrer de la mort.

KYRIE, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

SEIGNEUR, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié!

Au Fils qui, par sa Résurrection, a détruit la mort, et nous a frayé le chemin de la vie éternelle.

Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison.

Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié!

Chr

5t, ayez pitie

Au Saint-Esprit, qui est venu répandre ses dons sur l'Eglise tout entière.

Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

.Seigneur, ayez pitié! Seigneur, ayez pitié! Seigneur, ayez pitié!

GORIA in ex cel s i s Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis.

Laudamus te : benedicimus te : adoramus te glorificamus te : gratias

GLOIRE à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté.

Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions ;

Ordinaire de la Messe.

nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire. Seierneur Dieu, Roi céleste.

beigi Dieu P

ère tout-puissant

Seigneur Jésus-Christ , Fils unique !

Seigneur Dieu, Agneau de hieu, Fils du Père!

Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Vous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.

Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.

Car vous êtes le seul Saint, vous êtes te seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ, avec le SaintEsprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

agimus tibi propter magnam gloriam tuam.

Domine Deus , Rcx cœlestis, Deus Pater omnipotens.

Domine, Fili unigenite, Jesu Christe.

Domine Deus, Agnus Dci, Filius Patris.

Qui toUis peccata mundi, miserere nobis.

Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.

Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Quoniam tu solus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris. Amen.

Le Prêtre salue le peuple. Vient ensuite la Collecte ou Oraison, qui se trouve au Propre du Temps ou au Propre des Saints, et à laquelle on doit répondre ^»2e«, avec le ministre qui sert la Messe. On lira ensuite l'Epître, puis les Versets alléluiatiques.

Pour préparation à bien entendre l'Evangile, on peut dire en union avec le Prêtre et avec le Diacre :

SEIGNEUR , purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ,

UNDA cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiaï prophetae calcule mundasti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare, ut sancLe Temps Pascal.

tum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christiim Dominum nostrum. Amen.

Dominus sit in corde mco, et in labiis mois ; ut digne et compctenter annuntiem Evangelium suum • In nominc iPatris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen,

votre Fils, notre Seigneur. Amen.

Donnez à vos ministras la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous à jamais.

On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prctrc ou du Diacre.

Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on dira avec lui .

-.^ REDO in unum Deum C^ Patrem omnipotenrem, factorem cœli et terrée, visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Jesum Christum, Fiiium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia saecula. Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum, consubstantialem Patri • per guem omnia facta sunt. Qui propter nos homines et propter nostram salutem, descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine . et HOMO FAC-

. E crois en un seul Dieu, le

1 Père tout-puissant, qui a

Tait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu; qui est né du Père avant tous les siècles; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu , qui n'a pas été fait, mais engendré . consubstantiel au Père, par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu des cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut. Et qui a pris chair de la Vierge Âlarie par l'opération du Saint-Esprit , ET QUI s'est FAIT HOM.ME. Qui a été aussi

Ordinaire de la Messe.

TUS EST. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus, et sepultus est. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas. Et ascendit in ccelum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.

Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem, qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificamur : qui locutus est per Prophetas. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicara Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi saeculi. Amen.

Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation. Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire ; et quand il présente à Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons :

TOUT ce que nous avonsi Seigneur, vient de vous

crucifié pour nous sous Ponce-Pilate; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre : qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel, qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts ; et dont le règne n'aura point de fin.»'

Je crois au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils; qui est adore et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parle par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés; et j'attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Amen.

est à vous ; il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inusciPE, sancte Pater, omnipotens œterne eus, hanc immaculatarahostiara, quam ego, indignus famulus tuus ofFero tibi Deo meo vivo

et vero, pro innumerabilibus peccatis et ofTcnsionibus et nee;ligentiis meis, et pro omnibus circiimstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis ; ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam aeternam. Amen.

Quand le Prêtre met dans le calice le vin, auquel il mêle ensuite un peu d'eau :

DEUS, qui humanaesubstantiae dignitatera mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti : da nobis, per hujus aquae et vini mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps, Jésus Christus Filius tuus Dominus noster ; qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau :

ventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps; recevez, dans une même oblation, nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.

Qeigneur, qui êtes la véritable Vigne, et dont le sang, comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous avez daigné unir votre nature divine à notre humble humanité, figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.

OFFERIMUS tibi, Domine, calicem salutaris, tuam deprecantes clementiam : ut in conspectu divinre Majestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. Amen.

A GRÉEZ ces dons, souve^*- rain Créateur de toutes choses ; qu'ils soient ainsi préparés pour la divine transformation qui, de cette simple offrande de créatures, va faire l'instrument du salut du monde.

Ordinaire de la Messe.

SI nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel, Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nous sommes. Faites-nous miséricorde, afin que nous puissions paraitre en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.

\J ENEZ, Esprit divin, fécon' der cette offrande qui est sur l'autel, et produire en nos cœurs celui que nos cœurs attendent.

ENi, Sanctificator omnipotenr œterne

Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sancto Nomini prasparatum.

Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même; puis il lave ses mains.

iN spiritu humilitatis, l et in animo contrito suscipiamur a te, Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus.

JE veux laver mes mains. Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés cantiques, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, ô . Dieu, dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, racheI AVABO inter innocen*-" tes manus meas : et circumdabo altare tuum, Domine.

Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.

Domine, dilexi décorem domus tuas : et locum habitationis gloriae tuœ.

Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam: et cum viris sanguinum vitam meam.

In quorum manibus iniquitates sunt : dextera eorum repleta est muneribus.

Ego autem in innocentia mca ingressus sum : redirae me, et miserere mai.

Pes meus stetit in directe: in ecclesiis benedicam te, Domine.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc. et semper, et in saecula saeculorum . Amen.

tez-moi encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier; ce dont je vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Le Prêtre, au milieu de l'autel, s'incline respectueusement :

SusciPE, sancta Trinitas, hanc o'olationem, quam tibi ofterimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis, et Ascensionis Jesu Christi Domini notri : et in honorem beatae Marias semper Virginis, et beati johannis" Baptistœ, et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, et istorum, et omnium Sanctorum, ut illis proficiat ad honorem, nobis autem ad salutem: et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Le Prêtre se tourne une dernière foi: le peuple, et il dit ;

-T- RINITE samte, agréez ce

1 Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge Marie, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent ; et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.

Ordinaire de la Messe.

2q

PIEZ, mes Frères, afin que mon Sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant.

E le Seigneur reçoive le Sacrifice de vos mains, pour la louange et la gloire de son Nom, pour notre utilité et pour celle de toute sa sainte Eglise.

,.q;

a AIE. Fratres : ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiât apud Deum Patrem omuipotentem.

jj QjsciPlAT Domi^' '-'nus sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam Nominis sui, ad utilitatem quoque nastram,totiusque Ecclesiae sucC sanctre.

Le Prêtre récite les Oraisons Secrètes, qu'il termine à haute voix :

r^NS tous les siècles des *-^ siècles.

fij. Amen.

Le Seigneur soit avec vous;

^. Et avec votre esprit.

Les cœurs en haut !

^. Nous les avons vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

19. C'est une chose digne et iuste.

01, c'est une chose digne et juste, équitable" et salutaire, de célébrer vos grandeurs en tout temps. Seigneur; mais surtout en ces jours où le Christ notre Pâque a été immolé ; car il

Per omnia saecula saeculorum.

Bl. Amen.

Dominus vobiscum ;

^. Et cum spiritu tuo.

Sursum corda !

Ri. Habemus ad Dominum.

Gratias agamus Domino Deo nostro.

^. Dignum et justum est.

V^RE dignum et justum est, aequum et salutare, te quidem. Domine, omni tempore, sed in hoc potissimum gloriosius praedicare, quum Pascha nostrum immolatus est

I. Les Préfaces de l'Ascension et de la Pentecôte se trouvent aux Messes de ces fêtes.

3o

Christus. Ipse enim verus est Agnus, qui abstulit peccata mundi. Qui mortem nostram inoriendo destruxit, et vitam resurgendo reparavit. Et idco cum Angelis cl Archangelis, cum Thronis et Dominationibus, cumque omni militia cœlestis exercitus, hymnum glorije tuœ canimus, sine fine dicentes •

SA N c T u s, Sanctus, Sanctus Dominas Deus Sabaoth !

Pleni sunt cœli et terra gloria tua.

Hosannain excelsis 1

Benedictus qui venit in nomine Domini.

Hosanna in excelsis !

est le véritable Agneau qui a ôté les péchés du monde. C'est lui qui, par sa mort, a détruit notre mort, et qui, par sa résurrection, a rétabli notre vie. C'est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et lc<! Dominations, avec l'armce entière des cieux, nous chantons l'hymne à votre gloira, disant sans jamais cesser :

SAINT. Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu désarmées 1

Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.

Hosannah au plus haut des cieux 1

Béni soit Celui qui vient Cil nom du Seigneur.

Hosannah soit à lui au plus haut des cieux !

TE igitur, clementissime Pater, perJesum Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas hsc dona, haec munera, haec sancta sacrificia illibata, in prlmis quœ tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta catholica : quam pacificare, custodirc. adunare, et regcre digneris toto

^^ Dieu, qui vous m.anifes\_) tez au milieu de nous par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre Saint-Père le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez

Ordinaire de la Messe.

notre Evêque, qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille ; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.

y-jERMETTEZ-MOI, Ô mon

j Dieu ! de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquez-leur les fruits [de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceu.x de la vie éternelle.

MAIS non seulement, ô mon Dieu, l'offrande de ce _ jrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagera de l'épreuve ; il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu'ils nous aident par leur puissant secours à deveorbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro jV., et omnibus orthodoxis, atque catholica; et apostolica; fidei cultoribus.

MEMENTO, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et JV., et omnium circumstantium, quorum tibi fides cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi offerimus. vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis, pro se, suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum. pro spe salutis et incolumitatis suœ ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo, vivo et vero.

memoriam vénérantes, in primis ^loriosœ semper \'irginis Mariœ, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum, ac Martyrum tuorum. Pétri et Pauli, Andréas, Jacobi. Johannis, Thomas, Jacobi, Philippi, Bartholomœi, Matthaei, Simonis et Thaddœi : Lini, Cleti, Clementis, Xysti, Cornelii,

C y p r i a n i, Laurentii, nir dignes de vous contemPairs, efï) nia: pTer-- iamais comme eux, n.! et omnTum Sancto- Sans le se>ur de votre glo.re ?am taorum : quorum meritis prec.busque conÇedas u in omnibus proicction.s tuae mun.amur aux.ho. Fer cumdem Christum Dominum nostrum. Amen

.NC igitur oblatlonem servitutis nostrœ, sed et cunctae familiae tuae, quxsumus Domine, ut placatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas, atque ab œterna damnatione noseripi, et in eleclorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quam oblationera tu, Deus, in omnibus, quœ- sumus, benedictam, adscriptam, ratam. rationabilem. acceptabilemque facere digneris ; ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi. Ol pridie quam pateretur, accepit pa~ nem in sanctas ac veneIrabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum. ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias agens, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite, et manducate ex hoc omnes. Hoc est ENiM Corpus meum.

r\viGNEZ recevoir, ô Dieu, *-^cette offrande que toute votre famille vous présente, comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange, donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ, notre Seigneur, qui va paraître.

Car il est temps que ce pam devienne son Corps sacre, qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang, qui est notre breuvage ; ne tardez donc plusa nous introduire en la présence de ce divin Fils, notre Sauveur !

QE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel e;de la terre. Sauveur. Rédempteur du monde, vainqueur de la mort, si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maître, (de vous ouvrir mon cœur, comme a son Roi plein de douceur . Venez donc, Seigneur Jésus 1 venez 1

Ordinaire de la Messe.

SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendez-moi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par voire force et par votre douceur. Lix Sanguinis mei, novi et

C I.MILI modo postquam

- cœnatum est, accipiens et hune prœclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens, benedixit, deditque discipulis suis dicens : Accipitc et bibite ex eo omnes. Hic est enim CaMYSTERIU.M FIDEI : QUI PRO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDETUR IN REMISSIONEM PECCATORUM. Haec quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis.

LA voici donc, ô Père saint, l'Hostie si longtemps attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert, qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils ; mais il est aussi notre Hostie, Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.

Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vi[ Tndf. et memores, Do*" mine, nos servi tui, sed et picbs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, nec non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : offerimus prœclarœ Majestati tuae de tuis donis ac datis Hostiam puram, Hostiara sanctam, Hostiam immaculatam : Panem sanctum vitae œternas, et Calicem salutis perpetuae.

Supra quae propitio ac sereno vultu respicere digneris, et accepta habere, sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel, et sacrificium Patriarchae nostri Abrahœ, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisédech, sanctum sacrifiLe Temps Pascal.

cium, iramacuiatam hostiam.

UPPLiCES te rogamus, '^s omnipotens Deus : ]uhc hœc perferri per manus sancli Angeli tui in sublime Altare tuum, in conspectii divinas Majestatis tua?- ut quotquot ex hac altaris participations sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia renleamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

MEMENTO etiam, Domine , famulorum lularumque tuarum N, et N., qui nos praecesserunt cum signe fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

î^

OBIS quoque peccatoribus famulis tuis,

e' multitudine miseravante, le Corps de votre Fils, qui est le Pain de vie, son Sang, qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.

Aïs, ô Dieu tout-puissant ! ces dons sacres ne' reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; l'A- gneau vivant et immolé repose aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre divine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.

- -'excluez personne de fs] votre visite, ô Jésus! Votre aspect réjouit la Cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voilene vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyezleur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.

ous sommes pécheurs, ô ÎnJ Père saint ! et cependant nous attendons de votre

Ordinaire de la Messe.

infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce Sacrifice que noils vous offrons, et non à cause de nos œuvres, qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils; c'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification ; par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit , soit à vous honneur et gloire à jamais, bis : per ipsum, et cum ipso, Patri omnipotenti, in unitate honor et gloria.

tionum tuarum sperantibus, partem aliquam ei societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Johanne, Stephano, Mathia, Barnaba, Ignatio, Alexandro, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua, Agatha, Lucia. Agnète, Cascilia, Anastasia, et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non œstimator meriti, sed venix, quœsumus. largitor admitte : per Christum Dominum nostrum. Per quem hœc omnia. Domine, semper bona créas, sanctificas, vivificas, benedicis, et praestas noet in ipsj, est tibi Deo Spiritus Sancti, omnis

ANS tous les siècles des siècles. ^. Amen.

PRIONS. Instruits par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :

PER omnia srecula saeculorum. W. Amen.

OREMUS . Praeceptis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :

NOTRE Père, qui êtes aux cieux, que votre Nom i' soit sanctifié; que votre rèPATER noster, qui es in cœlis : Sanctificetur Nomem tuum AdLe Temps Pascal.

veniat regnum tuum • Fiat voluntas tua, sicut in cœlo, et in terra. Panem nostrum qiiotidianum da nobis hodic : Et dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.

1^. Sed libéra nos a malo.

AMEN. Libéra nos, quresumus Domine, ab omnibus malis, pra;teritis, prœsentibus et futuris ; et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria, cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque Andréa, et omnibus Sanctis. da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordiae tua? adjuti, et a peccato simus semper liberi, et ab omni perturbatione securi. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus.

Oer omnia sascula sac^ culorum.

^. Amen.

gne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien; et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

Rj. Mais délivrez-nous du mal.

T^ois sortes de maux nous ^ désolent, Seigneur: les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants; les maux présents, c'est-adire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme. sa faiblesse et les tentations qui l'assiègent ; enfin les maux avenir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions, Seigneur, de nous délivrer de tous ces maux, et d'agréer en notre faveur l'entremise de Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. Affranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par JésusChrist votre Fils, qui vil et règne avec vous.

DANS tous siècles. % Amen.

les siècles des

Ordinaire de la Messe.

Que la Paix du Seigneur 1 Pax Domini sit semper soit toujours avec vous ; vobiscum ;

^. Et avec votre esprit. | 'Ef. Et cum spiritu tuo.

Le Prêtre divise llHostie sainte, et l'ayant séparée en trois parts, il met une de ces parts dans le Calice :

GLOIRE à vous, Sauveur du monde, qui avez souffert que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !

AGNEAi; de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, donneznous la Paix.

SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je « vous donne ma paix, » ne regardez pas mes péchés, mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.

H.EC commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi, fiât accipientibus nobis in vitam aeternam. Amen.

AGNUS Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei. qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem.

Do.MiNE Jesu Christe, qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis ; pacem meam do vobis : ne respicias peccata mea, sed fîdem Ecclesiœ tuas : eamque secundum voluntatem tuam pacificare, et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia ScEcula sœculorum. Amen.

Après cette Oraison, le Prêtre en signe de paix, si la iMesse est solennelle, donne le

baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur.

DOMINE Jesu Christe, ' Fili Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundura vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus, et Sanguinem tut'.m, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis malis, et fac me tuis semper inhaerere mandatis. et a le nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto vivis et régnas Deus in saecula soeculorum. Amen.

FRCEPTio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis. et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia sarcula saeculorum. Amen.

Ceioneur Jésus-Christ , *- Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrez-moi, par ce saint et sacré Corps et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

EIGNEUR Jésus-Christ,

faites que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation : mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.

Le Prêtre prend l'Hostie et se dispose à s'en communier :

Ordinaire de la Messe.

yENEZ, Seigneur Jésus !

Il

f^ANEM cœlestera acciI piam, et Noraen DoI mini invocabo.

Il frappe sa poitrine et confesse son indignité, disant trois fois :

^IGNEUR, je ne suis pas digne que vous entriez en moi ; mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.

L) OMINE, non sum dignus ut intres sub tectummeum: sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.

Au moment de consommer 1 tie:

Je me donne

Sauveur, pour être votre demeure . faites en moi seion votre bon plaisir.

vous, o mon

sainte Hosv>ORPUS Domini nostri

Jesu Christi custodiat animam meam in

vitam aeternam. Amen.

Le Prêtre prend le Calice avec action de grâces :

C^E pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.

Je m'unis à vous, ô mon Sauveur! Unissez-vous à moi -, que nous ne nous séparions jamais !

UID retribuam Domino pro omnibus quœ retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomcn Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.

Languis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam invi tam aeternam. Amen.

La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois :

yous m'avez visité dans le 1 \J uoi temps, ô mon Dieu ; fai- | D

UOD ore sumpsimus, omine, pura menLe Temps Pascal.

tes que je garde les fruits de cette visite pour l'éternité.

te capiamus : et de niunere temporali fiât nobis remedium sempiternum.

Pendant q^uc le Prêtre purifie le Calice pour la seconde lois :

^ ORPUS tuum, DomiV_^ ne, quod sumpsi, et Sanguisquempotavi, adhasreat visceribus meis : et praesta ut in n^e non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in saecula sœculorum. Amen.

Le Prêtre ayant lu l'Antienne dite Communion, se retourne vers le peuple et le salue; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommiinion . Puis il dit :

BENI soyez -vous, o mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.

■p\ OMINUS vobiscum.

%. Et cura spiritu tuo. T TE, Missa est.

V\. Deo gratias.

PLACEAT tibi, Sancta Trinitas, obsequium servitutis meae, et praîsta ut saorificium, quod oculis tu£e Majestatis indignus obtuli, tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus, pro quibus illud obtuli, sit, te miserante,

T E Seigneur soit avec vous ; 1^. Et avec votre esprit.

RETIREZ-VOUS, la Messe est finie. IÇ!. Grâces soiem rendues à Dieu.

GRACES vous soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi, en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait,

Ordinaire de la Messe.

propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

et daignez ratifier la bénédiction que votre Ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.

Le Prêtre étend ses mains et bénit, en disant :

QUE le Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit !

% Amen.

^ T E Seigneur soit avec

^' L vous ;

R|. Et avec votre esprit.

BENEDICAT vos omnipotens Deus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus. yç,. Amen,

OMINUS vobiscum ; Et cum spiritu tuo.

Le commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I.

. U commencement était le /\ Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes : et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il V eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il

Initium sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. I.

1 N principio erat VerI bum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt ; et sine ipso factura est nihil. Quod factum est, in ipso vita erat, et vita erat lux hominum : et lux in tenebris lucet, et tenebrae eam non comprehenderunt. Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per

illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quœ illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autera receperunt eum, dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus. neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Veret habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigcniti a Pâtre, plénum gratine et veritatis.

était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui ; et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le \'erbe s'est fait chair, et il a habité en nous; et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.

ÉCLAT de VOS œuvres, ô Sauveur des hommes, inonde vos fidèles d'une lumière si vive, qu'ils ne peuvent s'empêcher de vous rendre gloire, et de protester que vous êtes le Fils de Dieu. Nous crûmes en vous, lorsque vous appariJtes dans l'humilité de la crèche au milieu de la nuit ; un aimant secret nous attirait vers vous, et 50US les langes nous vous adorions déjà avec les Esprits célestes. Naguère nous vous vîmes attaché à la croix, honni et blasphémé de tout un peuple; mais nous n'avons pas cessé pour cela de vous reconnaître pour le Roi suprême. Avec le bon larron nous vous disions : « Seigneur, souvenez-vous de nous, quand vous serez dans votre royaume. » Mais aujourd'hui que vous avez triomphé de la mort, que le sépulcre vous a rendu vivant et victorieux; aujourd'hui que la terre entière retentit de vos louanges, et que le bruit de votre Résurrection, accomplie il y a tant de siècles, ébranle toutes les na44 ^e Temps Pascal.

lions, qui pourrait ne pas rendre hommage à votre divinité, ne pas confesser vos mystères, ne pas dire avec le disciple qui fut incrédule un moment : « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu » ? Je n'ai pas l'avantage de voir de mes yeux mortels et de toucher de mes mains tremblantes vos plaies sacrées et rayonnantes ; mais je crois fermement que vous êtes aussi mon Seigneur et mon Dieu. Vous avez dit : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui néanmoins ont cru; » je veux être du nombre de ces heureux croyants, ô Jésus ! Je confesse que vous êtes véritablement ressuscité, Fils de Dieu et fils de l'homme. Je crois aussi que vous êtes le Pain vivant descendu du ciel pour donner la vie au monde, et que c'est vous-même que je vais recevoir en moi tout à l'heure. Augmentez encore cette foi, mon Seigneur et mon Dieu, afin que je vous rende tous les hommages que vous avez droit d'attendre de votre humble et heureuse créature.

ACTE d'humilité.

Ul ne tremblerait à la seule pensée de vous voir dans l'éclat de votre majesté, 6 divin triomphateur de la^ort ? Avant votre Passion, vous laissâtes apparaître quelques rayons de votre gloire à trois de vos disciples sur le Thabor. et ils tombèrent comme morts; nous voici dans les jours où les splendeurs de votre victoire éblouissent les regards même des Anges ; et vous «voulez faire plus que vous montrer à moi. Vous daignez descendre jusque dans mon néant, m'incorporer à vous, moi faible et indigne créature, à vous qui n'êtes plus dans les langes de la crèche, ni sur le bois douloureux de la croix, à vous qui allez vous asseoir pour l'éternité dans la gloire de votre Père. Auteur de la lumière, Lumière infinie et sans ombres, vous voulez vous mêler à mes ténèbres. Mon néant tressaille à cette pensée; mais ma conscience pécheresse en est plus effrayée encore. Quel rapprochement peut-il exister entre votre souveraine sainteté et ma vie pleine d'infidélités ? « La lumière a lui dans les ténèbres, nous dit votre Evangéliste ; mais les ténèbres, ne l'ont pas comprise. » Les ténèbres de l'orgueil ont cru être la lumière, et elles n'ont pas reconnu la vraie Lumière; qu'il n'en soit pas ainsi de moi, ô Jésus! J'huLa Communion. 45

milie mon être tout entier devant vous ; je reconnais ma misère : elle est immense ; daignez donc agir en moi, ô Lumière ineffable, selon toute l'étendue de votre miséricorde.

\J ous venez en moi, ô libérateur des hommes, vain' queur de l'enfer, et je ne suis qu'un pécheur. Vous voulez donc me traiter comme vous traitâtes vos disciples, au jour de votre résurrection. Ils vous avaient lâchement abandonné dans votre Passion, et vous êtes revenu près d'eux; afin de rassurer leurs inquiétudes, vous ne leur avez témoigné que de la bonté; aucun reproche sur leur conduite passée n'est sorti de votre bouche. Vous vouliez, ô Jésus, qu'ils comprissent, par cette indulgence de votre part, à quel point ils avaient été coupables de vous abandonner. J'accepte pour moi-même cette leçon du meilleur des maîtres; mais qu'il y a loin de la faute de ces hommes qui vous connaissaient à peine, à mes péchés qui sont ceux d'un chrétien tant de fois rebelle à la lumière de vos divins mystères ! L'ensemble de tant de vérités sublimes était ignoré encore de vos apôtres, lorsqu'ils se laissèrent effraver par vos ennemis; ils n'avaient pas reçu encore l'Ësprit-Saint qui m'a été si abondamment communiqué. Je m'unis. Seigneur, aux regrets qu'ils éprouvèrent à la vue de votre générosité ; je déteste mes fautes qui ont blessé si cruellement votre Cœur divin ; je sens que le péché est la mort, et qu'il n'a rien de commun avec la vie que vous renouvelez en nous par votre résurrection. Je veux être mort au péché, et vivre à votre grâce. Daignez, par ce mystèi-e de vie que vous allez communiquer à mon âme repentante, la préserver pour jamais du malheur de perdre votre grâce.

ACTE d'amour.

'WoTRE résurrection, ô Jésus, n'est pas seulement le ' trophée de votre victoire; elle est bien plus encore le suprême triomphe de votre amour. C'est par amour que vous avez pris notre humble chair; c'est par amour que vous avez enduré votre cruelle Passion; mais ces monuments de votre adorable bonté envers nous ne sont

4 fi Le Temps Pascal.

que la préparation du dernier effort de cet amour d'un Dieu pour sa créature coupable. En ces jours, vous sortez du tombeau, vous entrez en possession de l'immortalité; mais vous ne voulez pas jouir seul de ces avantages conquis par vos humiliations et vos souffrances. Si vous triomphez, c'est pour nous. Qu'aviez-vous besoin de la crèche et de la croix, ô vous. Dieu éternel et souverainement heureux? Quelle nécessite de mourir et de ressusciter ensuite, de passer par le tombeau pour reprendre ensuite la vie ? Je le comprends, ô mon Dieu! vous nous avez aimés, nous qui avions mérité de mourir en punition de nos péchés. Dans votre amour incompréhensible, vous avez voulu partager notre mort, afin de nous donner part à votre résurrection. Attaché à la croix, sortant de votre tombeau glorieux, toujours vous êtes à nous, vous êtes pour nous ; mais c'est par ce dernier acte de votre toute-puissante bonté que vous mettez lô comble à vos bienfaits. Que pouvons-nous faire, ô Jésus, si ce n'est de vous offrir en retour l'humble et fervent hommage de notre amour ? Et à quel moment vous l'exprimerai-je avec plus d'effusion, si ce n'est à celui-là même où vous vous préparez à me communiquer ce Pain sacré qui est vous-même, et par lequel vous venez m'unir à votre divine chair ressuscitée, afin de m'incorporer à votre gloire et à votre immo-rtalité ? O Jésus, mon libérateur, qui êtes à moi dans votre mort et dans votre vie, je veux être tout à votre amour dans le temps et dans l'éternité.

- . otJS êtes en moi, et je suis en vous. Majesté infinie!

V Au moment où vous vous élanciez du tombeau, la terre trembla à l'aspect de votre gloire; à cette heure fortunée où je vous sens en moi-même, mon être tout entier tressaille d'émotion, car vous êtes le grand Dieu à qui il n'a fallu qu'un acte de sa volonté pour faire jaillir la lumière du sein du chaos, à qui il n'a fallu qu'un

La Communion.

instant pour réunir son àme à son corps et s'échapper des liens du tombeau. Que puis-je faire, sinon adorer profondément cette puissance, cette grandeur qui m'est unie en ce moment ? O Dieu à qui rien ne résiste, je m'anéantis devant vous, je confesse votre domaine sur moi ; recevez mon hommage que vous êtes venu chercher du haut du ciel, en descendant jusqu'au fond de cet abîme de néant. Je succombe sous Je poids de l'insigne honneur que vous daignez me faire. Vous êtes le souverain Etre, l'auteur et le conservateLir de toutes choses : je vous adore comme mon maître absolu, je confesse avec bonheur ma dépendance, et je vous offre de tout mon cœur mon humble service.

^->^UI me donnera de reconnaître, comme je le dois, le () bienfait de votre visite, ô Jésus ? C'est pour me faïre part de votre propre vie que vous êtes venu en moi. Faible comme je le suis, le souvenir de ce que vous avez opéré en ma faveur ne suffirait pas à me soutenir dans la voie nouvelle que votre résurrection m'a ouverte ; dans votre aimable condescendance pour mon infirmité, vous êtes A'enu dans mon âme sans bruit, mais avec toute votre puissance et toute votre gloire. Vous vous montrâtes ainsi aux Apôtres réunis dans le Cénacle, ô divin Ressuscité! « C'est moi, leur dites-vous; n'ayez pas de crainte. » J'entends au dedans de moi les mêmes paroles. Vous me dites de ne pas me troubler, quelles que soient votre grandeur et ma bassesse, votre souveraine sainteté et mon indignité. " La paix soit avec vous 1 » c'est le salut que vous donnâtes à vos disciples ; en ce moment, c'est à moi-même que vous l'adressez. Je le reçois, ô Jésus, de votre bouche adorable, et j'y réponds par mes actions de grâces. Soyez béni pour cette divine prévenance, pour cette tendre sollicitude qui vous porte à vous unir ainsi à mon indignité, à abaisser toutes les barrières qui me captivaient sous l'empire de la mort, à m'associer intimement à votre triomphe, à me prémunir contre le retour de la mort, en m'incorporant, par ce Pain sacré, votre immortelle vie. Je dirai donc avec le Roi-Prophète : « Mon âme, et tout ce qui est en moi.

48 Le Temps Pascal.

bénis le Seigneur, et n'oublie jamais son bienfait, c'est lui qui t'a rachetée de la mort, et qui a renouvelé ta jeunesse comme celle de l'aiijle. »

ACTE d'amour.

OMBLE de vos plus chères faveurs, que dois-je faire, ô Jésus, sinon répondre à votre amour par tout l'amour dont je suis capable ? Madeleine, à votre sépulcre, n'a entendu de vous qu'une seule parole, et son cœur se fond; elle ne peut repondre que par cette exclamation : « Mon maitre ! mon cher maître ! » Et moi, ô Jésus, qui n'entends pas seulement votre parole, mais qui vous sens en moi-même, qui suis tout pénétré de vous, quels termes emploierai-je pour exprimer mon amour? Les disciples d'Emmaiis n'avaient eu avec vous qu'un simple entretien, et ils disaient : « Notre cœur n'était-il pas brûlant au dedans de nous, pendant qu'il nous parlait dans le chemin? » Que dirai-je ? que rcssentirai-je en ce moment où vous reposez dans ma poitrine ? J'oserai vous dire que moi aussi je vous aime, ô mon Sauveur ressuscité ! Vous daignâtes agréer l'amour de Madeleine et encourager par votre bonté celui de vos disciples; agréez aussi le mien. S'il est faible, vous pouvez l'accroître; je prends la résolution de ne le plus contrarier, de le développer en moi, avec l'aide de votre sainte grâce, et de recourir souvent, pour cet effet, à l'adorable Sacrement dans lequel vous avez déposé toutes les ressources et tous les secrets de ce saint amour.

ACTE d'offrande.

J'ÉTAIS à vous, ô Jésus, parce que vous m'aviez racheté ', je suis maintenant à vous, parce que vous m'avez rendu la vie par votre Résurrection ; et dans le divin mystère dont vous venez de me faire part, vous m'avez associé à tout ce que votre victoire sur la mort a de plus glorieux. Mon sort est donc désormais uni au vôtre ; comme vous, je >uis mort au péché, et je vis à Dieu. Que dois-je donc faire, sinon m'offrir et me donner à vous pour ne m'en plus séparer jamais? Disposez de moi, ô Jésus ! Je suis votre racheté et votre compagnon

La Communion. 4g

de gloire; tout mon présent, tout mon avenir est en vous jusque dans l'éternité. Je renonce donc à moimême, pour être à toutes vos volontés ; je renonce au monde et à ses maximes, qui sont l'opposé de la vie nouvelle que je veux mener désormais ; mais je sens que, pour être fidèle, j'ai besoin d'un secours puissant qui m'assiste sans cesse. Ce secours, ô Jésus, c'est la venue en moi de votre Esprit-Saint ; c'est sa demeure en moi. Vous l'avez promis; il doit, par son arrivée, mettre le sceau à toutes les joies pascales. Envoyez-le-moi, ô Fils du Père! Vous montez au ciel : ne me laissez pas orphelin. Votre divin Sacrement me reste ; mais je n'y puis participer à toute heure, et mes besoins sont de chaque instant. Daignez donc renouveler en moi la présence de ce divin Esprit, qui conservera et développera, pour votre gloire, les dons que vous venez de me communiquer en vous unissant à moi.

O Marie, je vous en supplie par la joie dont votre cœur maternel est inondé dans la résurrection de votre divin Fils, gardez en moi le fruit de l'heureuse visite qu'il a daigné me faire. Anges de Dieu, montrez-vous jaloux de conserver intacte la demeure de votre Maître. Saints et Saintes, priez, afin que je ne perde pas le souverain Bien dont l'immuable possession vous rend à jamais heureux.

mine , ad me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritul Sancto ;

Sicuterat in priticipio, et nunc. et semper, et in s 36 c u I a saeculorum. Amen. Alléluia.

Dieu ! venez à mon aide.

Ij?. Hâtezvous, Seigneur, de me secourir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

NUNC Sancte nobis Spiritus, Unum Pairi cum Filio, Dignare promptus inNoslro refusas pccton.

Esprit-Saint . substance unique avec le Père et le Fils, daignez, à cette heure, descendre en nous, et vous répandre dans nos coeurs.

A Tierce.

5i

Que notre bouche, notre langue, notre esprit , nos sens, nos forces, publient vos louanges ; que le feu de la charité s'allume -, que son ardeur embrase tous nos frères.

Exaucez-nous , Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous. Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.

Os, lingua, mens, sensus, vigor, Confessionem personent, Flammescat igné charitas, Accendat ardor proximos.

Praesta, Pater piissime,

Patrique compar unice,

Cum Spiritu Paraclito,

Regnans per omne szeculum. Amen.

DONNEZ-MOI pour loi, Seigneur, la voie de vos volontés pleines de justice, et je ne cesserai point de la rechercher.

Donnez-moi l'intelligence, et je scruterai votre loi, et je la garderai de tout mon cœur.

Conduisez-moi dans le sentier de vos préceptes : c'est lui que je désire.

Inclinez mon cœur vers vos commandements, et détournez-le de la cupidité.

Détournez mes yeux, afin qu'ils ne voient pas la vanité ; vivifiez-moi dans votre voie.

Affermissez votre parole en votre serviteur, par la crainte de vous offenser.

Eloignez demoi l'opprobre que j'appréhende ; car vos jugements sont pleins de douceur.

Voilà que j'ai désiré remLtGEM pone mihi, Domine, viam justificationum tuarum : * et exquiram eam semper.

Da mihi intellectum, et scrutabor legem tuam : * et cuslodiam illam in toto corde meo.

Deduc me in semitam mandatorum tuorum ■ * quia ipsam volui.

Inclina oor meum in testimonia tua : * et non in avaritiam.

Averte oculos meos ne videant vanitatem : * in via tua vivifica me.

Statue servo tue eloquium tuum : * in timoré tuo.

Amputa opprobrium meum quod suspicatus sum : * quia judicia tua jucunda.

Ecce concupivi manLe Temps Pascal.

data tua : * in œquitate tua vivifica me.

Et veniat super me misericordia tua, Domine

* salutare tuum. secundum eloquium tuum.

Et respondebo cxprobrantibus mihi verbum ;

* quia speravi in serraonibus tuis.

Et ne auferas de ore meo verbum veritatis usqucquaque : * quia in judiciis tuis supersperavi.

Et custodiam legem tuam semper : * in sœculum et in sseculum ssculi.

Et ambulabam in latitudine . * quia mandata tua exquisivi.

Et loquebar in testimoniis tuis in conspectu regum : * et non confundebar.

Et meditabar in mandat.is tuis : * qune dilexi.

Et levavi manus meas ad mandata tua, qiice dilexi ; * et exercebar in justificationibus tuis.

Gloria Patri, etc.

E.MOR esto verbi tui serve tuo : * in quo mihi spem dedisti.

Haec me consolata est inhumilitate mea : *quia

plir vos commandements ; dans votre justice, donnezmoi la vie ;

Et que votre miséricorde vienne sur moi, ce salut que vous avez promis.

Et je répondrai à ceux qui m'outragent, aux ennemis de mon àme, que j'avais espéré dans votre parole.

Et n'enlevez jamais de ma bouche la parole de votre vérité ; car mon espérance en vos justices a été sans bornes.

Et je garderai votre loi toujours, dans les siècles des siècles.

Et je marcherai dans la vie, avec la joie de mon cœur, parce que j'ai recherché vos commandements.

Et je parlerai de votre loi en présence des rois, et je n'en rougirai point.

Et je méditerai sur vos préceptes, objet de mon amour.

Et je lèverai mes mains vers vos commandements que j'ai aimés, et je m'exercerai dans la pratique de votre justice.

Gloire au Père, etc.

CouvKsEZ-vous de votre ^ parole à votre serviteur,

par laquelle vous m'avez

donné l'espérance.

C'est elle qui m'a consolé

en mon humiliation ; car

A Tierce.

votre parole m'a donné la vie.

Les esprits de superbe m'ont attaqué de toutes parts avec injustice ; mais je ne me suis point détourné de votre loi.

Je me suis souvenu, Seigneur, des jugements que vous avez exercés dès le commencement du monde : et j'ai été consolé.

La défaillance s'est emparée de moi, à la vue des pécheurs qui désertent votre loi.

Votre loi de justice a été le sujet de mes chants, dans le lieu de mon pèlerinage.

Seigneur, je me suis souvenu de votre Nom durant la nuit, et j'ai gardé votre loi.

Ce bonheur m'est arrivé, parce que j'ai recherché vos justices.

J'ai dit : Mon partage, Seigneur, est de garder votre loi.

J'ai imploré votre assistance du fond de mon cœur ; selon votre parole , ayez pitié de moi.

J'ai réfléchi sur mes voies, et j'ai ramené mes pas dans le sentier de vos préceptes.

Je suis prêt et je veux, sans trouble , garder désormais vos commandements.

Les filets des pécheurs m'ont environné, et je n'ai point oublié votre loi.

eloquium tuum vivifica vit me.

Superbi inique agebant usquequaque : ' a lege autem tua non declinavi.

Memor fui judiciorum tuoriim a saeculo. Domine ; * et consolatus sum.

Defectio tenuit me : * pro peccatoribus derelinquentibus legem tuam.

Cantabiles mihi erant justificationes tuas : * in loco peregrinationis mea;.

Memor fui nocte Nominis tui. Domine : * et custodivi iegem tuam.

Haec facta est mihi : * quia justificationes tuas exquisivi.

Portio mea. Domine :

* dixi custodire legem tuam.

Deprecatus sum faciem tuam in toto corde meo •

* miserere mei secundum eloquium tuum.

Cogitavi vias meas : * et converti pedes meos in testimonia tua.

Paratus sum, et non sum turbatus : * ut custodiam mandata tua.

Funes peccatorum circumplexi sunt me : * et legem tuam non sum obiitus.

Media nocte surgebam ad confitendum tibi : * super judicia justificationis tux.

Particeps ego sum omnium timentium te : * et custodientium mandata tua.

Misericordia tua. Domine, plena est terra : * justificationes tuas doce me.

Gloria Patri, etc.

BONITATEM fecisti cum serve tuo, Domine : * secundum v e r b u m tuum.

Bonitatem, et disciplinam , et scientiam doce me : * quia mandatis tuis credidi.

Priusquam humiliarer ego deliqui : * propterea eloquium tuum custodivi.

Bonus es tu : * et in bonitate tua doce me justificationes tuas.

Multiplicata est super me iniquitas superborum : ' ego aatem in toto corde meo scrutabor mandata tua.

Coagulatura est sicut lac cor eorum : * ego vero legem tuam meditatu8 sum.

Bonum mihi quia humiliasti me : * ut discam justificationes tuas.

Je me levais au milieu de la nuit, pour vous rendre , gloire sur les jugements de votre justice.

Je suis uni à tous ceux qui vous craignent et qui gardent vos commandements.

Toute la terre est pleine de votre miséricorde, Seigneur : enseignez-moi votre justice.

Gloire au Père, etc.

ous avez signalé votre bonté envers votre serviteur, selon votre parole, Seigneur.

Enseignez-moi la miséricorde , la sagesse et la science ; car j'ai cru à vos préceptes.

Avant que vous m'eussiez humilié, j'ai péché; c'est pourquoi, éclairé maintenant, l'observe votre loi.

Vous êtes bon ; dans cette bonté , enseignez-moi vos justices.

Mes ennemis superbes ont multiplié sur moi leur iniquité ; mais mon cœur s'attachera tout entier à la recherche de vos commandements.

Leur cœur s'est épaissi comme le lait ; pour moi, j'ai médité votre loi.

Il m'a été bon que vous m'ayez humilié, afin que j'apprisse la justice de vos préceptes.

A Tierce.

Votre Verbe qui est la loi sortie de votre bouche, o Père céleste, est plus précieux pour moi que les monceaux d'or et d'argent.

Vos mains m'ont fait et m'ont façonné ; donnez-moi l'intelligence, et j'apprendrai vos décrets.

Ceux qui vous craignent me verront, et se réjouiront ; car j'ai grandement espéré en vos paroles.

J'ai connu. Seigneur, que vos jugements sont l'équité, et que vous m'avez humilié avec justice.

Que votre miséricorde daigne venir me consoler, selon la promesse que vous fîtes à votre serviteur.

Viennent sur moi vos miséricordes, et je vivrai ; car votre loi est toute mon occupation.

Que mes ennemis superbes soient confondus, puisqu'ils m'ont persécuté avec injustice ; moi je m'exercerai sur vos préceptes.

Que ceux qui vous craignent et qui entendent vos oracles se tournent vers moi.

Que mon cœur devienne pur par la pratique de vos afin que je ne

Bonum mihi lex oris tui : * super millia auri et argenti.

Manus tuae fecerunt me, et plasmaverunt me : * da mihi intellectum, et discam mandata tua.

Qui timent te, videbunt me et laetabuntur : * quia in verba tua supersperavi.

Cognovi, Domine, quia œquitas judicia tua : * et in veritate tua humiliasti me.

Fiat misericordia tua ut consoletur me : * secundum eloquium tuum servo tuo.

Veniant mihi miserationes tuas, et vivam : * quia lex tua meditatio mea est.

Confundantur superbi, quia injuste iniquitatem fecerunt in me : * ego autem exercebor in mandatis tuis.

Convertantur mihi timentes te : * et qui noverunt testimonia tua.

Fiat cor meum immaculatum in justificationibus tuis : * ut non confundar.

préceptes, aiin que je ne sois pas confondu, au jour où vous paraître:^ dans votre justice.

L'Antienne, le Capitule, le Répons bref, le Verset et l'Oraison qui complètent l'Office de Tierce, ainsi que les Offices de Sexte et de

None, se trouvent ci-après, dans leurs lieux et places, aux fôtes solennelles dont nous donnons les Offices.

i VS EUS, in adjuto^'^-^ rium, etc. Gloria Patri, etc.

^ (~\ Dieu 1 venez à mon ^' ^-^ aide, etc. Gloire soit au Père, etc.

RECTOR potens, verax Deus, Qui temperas rerum vices, Splendore mane illuminas. Et ignibus meridiem.

Exstingue flammas litium ; Aufer calorem noxium, Confer salutem corporum, Veramque pacem cordium.

Praesta, Pater piissime,

Patrique compar Unice,

Cum Spiritu Paraclito,

Regnans per omne sseculum.

Amen.

RBITRE tout-puissant, Dieu de vérité, qui réglez l'ordre de toutes choses, vous dispensez au matin sa splendeur, et au midi ses feux.

Eteignez la flamme des discordes, dissipez toute ardeur nuisible ; donnez à nos corps la santé, à nos cœurs la paix véritable.

Exaucez-nous, Père très miséricordieux. Fils unique égal au Père, et vous, Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles.

Amen.

défailli dans

EFECIT in salutare tuum anima mea : * et in verbura tuum supersperavi.

MON ame a deiauu dans l'attente du Sauveur que vous avie^ promis ; mais j'ai mis toute mon espérance en votre parole.

Mes yeux se sont lassés à relire vos promesses, et je disais : Quand meconsolerezvous ?

Je me suis desséché comme la peau exposée à la gelée ; mais je n'ai point oublié vos justices.

Je disais : Combien de jours restent encore à votre serviteur ? quand ferez-vous justice de mes persécuteurs ?

Les impies me racontaient leurs fables ; mais ce qu'ils disent n'est pas comme votre loi.

Toutes vos ordonnances sont vérité ; ils me poursuivent injustement : aidez-moi.

Ils m'ont presque anéanti sur la terre ; mais je n'ai point abandonné vos commandements.

Vivifiez-moi selon votre miséricorde ; et je garderai les oracles de votre bouche.

Votre parole, Seigneur, demeure à jamais dans le ciel.

Votre vérité passe de génération en génération. C'est vous qui avez affermi la terre, et elle est stable.

Par votre ordre, le jour subsiste ; car tout vous est assujetti.

Si votre loi n'eût été le sujet de mes méditations, j'aurais péri déjà dans mon affliction.

Je n'oublierai jamais vos

Defecerunt oculi mei in eloquium tuum : * diceates : Quando consolaberis me ?

Quia factus sum sicut uter in pruina : * justifi•ationes tuas non sum oblitus.

Quot sunt dies servi tui ? * quando faciès de persequentibus me judicium ?

Narraverunt mihi iniqui fabulationes : * sed non ut lex tua.

Omnia mandata tua Veritas : * iniqui persecuti sunt me ; adjuva me.

Paulo minus consummaverunt me in terra : * ego autem non dereliqui mandata tua.

Secundum misericordiam tuam vivifica me : * et custodiam testimonia oris tui.

In aeternum, Domine : * verbum tuum permanet in coelo.

In generationem et generationem veritas tua : * fundasti terram et permanet.

Ordinatione tua persévérât dies : * quoniam omnia serviunt tibi.

Nisi quod lex tua meditatio mea est : * tune forte periissem in humilitate mea.

In asternum non obliLe Temps Pascal.

Tous les livres