L'Année liturgique — Le Temps Pascal (t. 7-9) (page 12)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 7-9, éd. 1911 (OCR) · 18 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

V i se a r justificationes tuas : ' quia in ipsis vivificasti me.

Tuus sum ego, salvum me fac : ' quooiam justificationes tuas exquisivi.

Me exspectaverunt peccatores ut perderent me : ' testimonia tua intcUexi.

Omnis consummationis vidi finem : " latum mandatum tuum nimis.

Gloria Patri, etc.

QUOMODO dilexilegem tuam, Domine : * tota die meditatio mea est.

Super inimicos mecs prudentem me fecisti mandate tuo : * quia in aeternum mihi est.

Super omnes docentes me intellexi : * quia testimonia tua meditatio mea est.

Super senes intellexi : * quia mandata tua quaesivi.

Ab omni via mala prohibui pedes mecs : * ut custodiam verba tua.

A judiciis tuis non declinavi : * quia tu legem posuisti mihi.

Quam dulcia faucibus meis eloquia tua : * super \ mel ori meo.

justices ; car c'est par elles que vous m'avez vivifié.

Je suis à vous ; sauvezmoi : car j'ai recherché vos préceptes.

Les pécheurs m'ont attendu pour me perdre ; mais j'avais fixé mon attention sur vos oracles.

J'ai vu venir la fin de toutes choses ; votre loi seule est infinie.

Gloire au Père, etc.

/^ UE j'aime votre loi, SciVç^ gneur 1 toute la journée elle est le sujet de mes méditations.

Vous m'avez rendu plus sage que mes ennemis par les préceptes que vous m'avez donnés : je les ai embrassés à jamais.

J'ai surpassé en intelligence tous mes maîtres, parce que je médite vos oracles.

Je suis devenu plus prudent que les vieillards, parce que j'ai recherché vos commandements.

J'ai détourné mes pieds de toute mauvaise voie, pour garder vos ordonnances.

Jene mesuis point écartéde vos régies ; car c'est vous-même qui m'avez prescrit la loi.

Que vos paroles sont douces à ma bouche ! elles sont plus suaves que le miel à mon palais.

A Sexte.

Vos préceptes m'ont donné l'intelligence ; c'est pourquoi je hais toute voie d'iniquité.

Votre parole est la lampe qui éclaire mes pas : elle est la lumière de mes sentiers.

J'ai juré et j'ai résolu de garder les décrets de votre justice.

J'ai été réduit, Seigneur, à une extrême humiliation : rendez-moi la vie selon votre parole.

Agréez, Seigneur, le sacrifice volontaire que vous offre ma bouche, et enseignez-moi vos commandements.

Mon âme est toujours entre mes mains ; et je n'ai point oublié votre loi.

Les pécheurs m'ont tendu des lacs ; mais je ne me suis point écarté de vos ordonnances.

J'ai pris vos préceptes pour être à jamais mon héritage ; car ils sont la joie de mon cœur.

J'ai incliné mon cœur à l'accomplissement de vos commandements pour jamais, à cause de la récompense.

Gloire au Père, etc.

J'ai haï les méchants, et j'ai aimé votre loi. Vous êtes mon secours et mon asile ; en votre parole j'ai mis toute mon espérance. Retirez-vous de moi, méchants ; et je rechercherai les préceptes de mon Dieu.

A mandatis tuis intellexi : * propterea odivi omnem viam iniquitatis.

Lucerna pedibus meis verbum tuum : * el lumen semitis meis.

Juravi, et statui : * custodire judicia justitias tuœ.

Humiliatus sum usquequaque. Domine : * vivifica me secundum verbum tuum.

Voluntaria oris mei beneplacita fac. Domine : * et judicia tua doce me.

Anima mea in manibus meis semper : * et legem tuam non sum oblitus.

Posuerunt peccatores laqueum mihi : * et de mandatis tuis non erravi.

Hœreditate acquisivi testimonia tua in sternum : * quia exsultatio cordis mei sunt.

Inclinavi cor meum ad faciendas justificationes tuas in aeternum : * propter retributionem.

Gloria Patri, etc.

T NIQUOS odio habui : *

1 et legem tuam dilexi.

Adjutor et susceptor meus es tu : * et in verbum tuum supersperavi.

Declinate a me maligni : * et scrutabor mandata Dei mei.

6o

Suscipe me secundum eloquium tuum, et vivam : * et non confundas me ab exspectatione mea.

Adjuva me, et salvus ero : * et meditabor in justificationibus tuis semper.

Sprevisti omnes discedentes a judiciis tuis : * quia injusta cogitatio eorum.

Praevaricantes r»putavi omnes peccatores terrJE : " ideo diiexi testimonia tua.

Confige timoré tuo carnes meas : * a judiciis enim tuis timui.

Feci judicium et justitiam : * non tradas me calumniantibus me.

Suscipe servum tuum in bonum : * non calumnientur me superbi.

Oculi mei defecerunt in salutare tuum : ' et in eloquium justitiae tua?.

Fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam : * et justificationes tuas doce me.

Servus tuus sum ego : * da mihi intellectum, ut sciam testimonia tua.

Tempus faciendi, Domine : * dissipaverunt legem tuam.

Ideo diiexi mandata

Recevez-moi selon votre parole, et je vivrai ; ne permettez pas que je sois confondu dans mon attente.

Aidez-moi, et je serai sauvé ; et je méditerai continuellement vos ordonnances.

Vous rejetez avec mépris tous ceux qui s'écartent de vos commandements ; car leur pensée est injuste.

J'ai regardé tous les pécheurs de la terre comme des prévaricateurs ; et pour cela j'ai chéri vos oracles.

Transpercez ma chair de votre crainte ; car vos jugements remplissent mon âme de terreur.

J'ai pratiqué l'équité et la justice : ne me livrez pas aux ennemis qui me calomnient.

Recevez votre serviteur et affermissez-le dans le bien : que les superbes cessent de m'opprimer.

^ies yeux s'étaient épuisés à attendre le salut que vous m'apportez, et l'effet des oracles de votre justice.

Faites donc maintenant selon votre miséricorde avec votre serviteur, et enseignezmoi vos commandements.

Je suis votre serviteur : donnez-moi l'intelligence, afin que jeconnaisse vos préceptes.

11 est temps d'agir. Seigneur ; ils ont dissipé votre loi.

C'est pour cela que j'ai aimé

A None.

bi

vos commandements plus que l'or et la topaze.

C'est pour cela que je me suis réglé en tout selon vos commandements, et que j'ai haï toute voie injuste.

tua : super aurum et topazion.

Propterea ad omnia mandata tua dirigebar : * oranem viam iniquam odio habui.

^ j j Dieu 1 venez à '^' V-' mon aide, etc. Gloire au Père, etc.

a. p^Eus, in adjuto^' L/ rium, etc. Gloria Patri, etc.

ODiEU dont la puissance soutient tous les êtres, toujours immuable en votre essence, vous partagez le temps par les révolutions de la lumière du jour.

Versez la lumière sur le soir de nos jours ; que notre vie ne s'éloigne jamais d'elle; et qu'une gloire immo^-telle soit la récompense d'une mort sainte.

^ Exaucez-nous, Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, et vous Esprit consolateur, qui régnez dans tous les siècles. Amen.

ERUM Deus tenax vin te permaK gor Immotu

nens, Lucis diurnae tempora Successibus determinans.

Largire lumen vespere, Quo vita nusquam décidât, Sed prsemium mortis sacrae Perennis instet gloria.

Praesta, Pater piissime,

Patrique compar Unice,

Cum Spiritu Paraclito,

Regnans per omne saeculum.

Amen.

VOS témoignages sont admirables, ô Dieu! c'est pour cela que mon âme les a recherchés avec ardeur.

Mir; tL

IRABILIA testimonia ;ua : * ideo scrutata est ea anima mea.

Declaratio sermonum tuorum illuminât: ' et intellectum dat parvulis.

Os meum aperui, et attraxi spiritum : ' quia mandata tua desiderabam.

Aspice in me, et miserere mei : * secundum iudicium diligentium Nomen tuum.

Gressus meos dirige secundum eloquium tuum :* et non dominetur mei omnis injustitia.

Redime me a calumniis hominum : ut custodiam mandata tua.

Faciem tuam illumina super servum tuum : * et doce me justificationes tuas.

Exitus aquarum deduxerunt oculi mei : * quia non custodierunt legem tuam.

Justus es, Domine : * et rectum judicium tuum.

Mandasti justitiam testimonia tua : * et veritatem tuam nimis.

Tabescere me fecit zelus meus : * quia obliti sunt verba tua inimici mei.

Ignitum eloquium tuum vehementer : * et servus tuus dilexit iliud.

Adolcscentulus sum

La révélation de vos promesses répand la lumière ; elle donne l'intelligence aux petits.

J'ai ouvert la bouche, et j'ai aspiré le souffle ; car j'ai désiré vos commandements.

Jetez un regard sur moi ; ayez pitié de moi, selon votre coutume à l'égard de ceux qui aiment votre Nom.

Dirigez mes pas selon votre parole ; que null^ iniquité ne domine en moi.

Délivrez-moi de la calomnie des hommes ; afin que je garde vos commandements.

Faites reluire sur votre serviteur l'éclat de votre visage ; enseignez-moi vos justices.

Mes yeux ont répandu des ruisseaux de larmes; parce que Us hommes n'ont pas gardé votre loi.

Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont droits.

Vos commandements près-* crivent la justice ; rien n'en peut altérer la vérité.

Mon zèle m'a desséché dans son ardeur ; car mes ennemis ont oublié vos paroles.

Votre Verbe, o Père céleste ! est un feu consumant ; c'est pourquoi votre serviteur l'aime avec ardeur.

Je suis jeune et méprisé;

A None.

mais je n'ai point oublié vos préceptes.

Votre justice est justice à jamais, et votre loi, vérité.

La tribulation et l'angoisse ont fondu sur moi ; vos oracles ont été tout mon entretien.

Vos jugements sont l'équité éternelle : donnez-moi l'intelligence, et je vivrai.

Gloire au Père, etc.

I 'ai crié du fond de mon

•^ cœur : Seigneur, exaucezmoi : et je rechercherai vos justices.

J'ai crié vers vous, sauvezmoi ; et j'accomplirai vos décrets.

J'ai devancé l'aurore, et j'ai poussé des cris ; car j'espérais vivement en vos promesses.

Mes yeux se tournaient vers vous dès le point du jour, pour méditer votre loi.

Ecoutez ma voix selon votre miséricorde, Seigneur ; vivifiez-moi selon votre justice.

Mes persécuteurs ont embrassé l'iniquité ; ils se sont éloignés de votre loi.

Vous êtes près de nous, Seigneur, et toutes vos voies sont la vérité.

ego, et contemptus : justificationes tuas non sum oblitus,

Justitia tua, justitia in œternum : * et lex tua Veritas.

Tribulatio et angustia invenerunt me: * mandata tua meditatio mea est.

iEquitas testimonia tua in ieternum : * intellectum da mihi. et vivam.

Gloria Patri, etc.

/^ LAMAVi in toto corde ^^ meo, exaudi me. Domine : * justificationes tuas requiram.

Clamavi ad te, salvum me fac : * ut custodiam mandata tua.

Prœveni in maturitate, et clamavi : * quia in verba tua supersperavi.

Prœvenerunt oculi mei ad te diluculo : * ut meditarer eloquia tua.

Vocem meam audi secundum misericordiam tuam. Domine : * et secundum judicium tuum vivifica me.

Appropinqua verunt persequentes me iniquitati : * a lege autem tua longe facti sunt.

Prope es tu. Domine : * et omnes viae tuae Veritas.

Le Temps Pascal

Initio cognovi de testitnoniis : * quia in aeternum fundasti ea.

Vide humilitatem meam, et eripe me : * quia legem tuam non sum oblitus.

Judica judicium meum, et redime me : * propter eloquiiim tuum vivifica me.

Longe a peccatoribus salus : * quia justificationes tuas non exquisierunt.

Misericordiœ tuae multae, Domine : * secundum judicium tuum vivifica me.

Multi qui persequuntur me, et tribulani me : * a testimoniis tuis non declinavi.

Vidi praevaricantes, et tabescebam : * quia eloquia tua non custodierunt.

Vide quoniam mandata tua dilexi. Domine : * in misericordia tua vivifica me.

Principium verborum tuorum Veritas : * in asternum omnia judicia justitiae tuse.

Gloria Patri, etc.

iNCirES persecuti sunt me gratis : * et

a verbis tuis formidavit

cor meum.

Dès le commencement, j'avais reconnu que vous aviez établi vos témoignages pour durer éternellemeut.

Voyez mon humiliation, et délivrez moi; car je n"ai pas oublié votre loi.

Jugez ma cause et rachetez-moi ; rendez-moi la vie à cause de votre parole.

Le salut est loin des pécheurs ; parce qu'ils n'ont pas recherché vos commandements.

Vos miséricordes sont infinies. Seigneur; rendez-moi la vie selon vos oracles.

Ils sont nombreux, ceux qui me persécutent et m'affligent ; mais je ne me suis point écarté de vos préceptes.

J'ai vu les prévaricateurs, et j'en ai séché de douleur ; car ils n'ont pas gardé vos ordonnances.

Voyez, Seigneur, que j'ai toujours aimé vos commandements; rendez-moi la vie, dans votre miséricorde.

Le principe de vos paroles est la vérité : tous les décrets de votre justice demeurent à jamais.

Gloire au Père, etc.

LES princes m'ont persécuté , injustement ; mais mon cœur n'a craint que votre parole.

A None.

Je me réjouirai daos vos promesses, comme un homme qui a trouvé de riches dépouilles.

J'ai haï l'iniquité, et je l'ai eue en horreur; mais j*ai aimé votre loi.

Sept fois le Jour, j'ai chanté vos louanges, sur les jugements de votre justice.

Paix abondante à ceux qui aiment votre loi ; il n'y a pas pour eux de scandale.

J'attendais votre Salut, ô Seigneur! et dans cette attente, j'ai aimé vos commandements.

Mon âme a gardé vos préceptes ; elle les a aimés d'un amour ardent.

J'ai observé vos lois et vos ordonnances ; car toutes mes voies sont en votre présence.

Que ma prière, Seigneur, monte jusqu'à vous; donnezmoi l'intelligence, selon votre parole.

Que mes supplications pénètrent jusqu'en votre présence : délivrez-moi, selon vos promesses.

Mes lèvres éclateront en cantiques, lorsque vous m'aurez enseigné vos justices.

Ma langue publiera vos oracles ; car tous vos commandements sont l'équité.

Laetabor ego super eloquia tua : * sicut qui invenit spolia multa.

Iniquîtatem odio habui, et abominatus sum . * legem autem tuam dilexi.

Septies in die laudem dixi tibi : * super judicia justitiae tuae.

Pax multadiligentibus legem tuam : " et non est illis scandalum.

Exspectabam Salutare tuum, Domine : * et mandata tua dilexi.

Custodivit anima mea testimonia tua : * et dilexit ea vehementer.

Servavi mandata tua, et testimonia tua : * quia omnes viœ meœ in conspectu tuo.

Appropinquet deprecatio mea in conspectu tuo, Domine : * juxta eloquium tuum da mihi intellectum.

Intret postulatio mea in conspectu tuo ; * secundum eloquium tuum eripe me.

Éructabunt labia mea hymnum : * cum docueris me justificationes tuas.

Pronuntiabit lingua mea eloquium tuum : * quia omnia mandata tua asquitas.

Fiat nianus tua, ut salvet me : * quoniam mandata tua clegi.

Concupivi Salutare tuum, Domine : * et lex tua meditatio mea est.

Vivet anima mea, et laudabit te : * et judicia tua adjuvabunt me.

Erravi sicut ovis quae periit : * quasre servum tuum, quia mandata tua non sum oblitus.

Etendez votre main, et sauvez-moi ; car j'ai choisi vos préceptes pour mon partage.

Seigneur, Pùic saint ! j'ai désiré avec ardeur votre Salut promis ; et votre loi est tout mon entretien.

Maintenant qu'il est venu, mon âme vivra, et vous louera ; et vos justices me protégeront.

J'errais comme une brebis perdue ; divin Pasteur descendu du ciel, daignez chercher votre serviteur ; car je n'ai point oublié vos commandements.

Dieu, venez à mon aide.

de

Hàtezme sevous, Seigneur, courir.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.

mine , ad me festina.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;

Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in sœcula sœculorum. A- men. Alléluia.

CELUI qui est le Seigneur a dit à son Fils mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite et résinez avec moi :

Jusqu a ce que, an jour ae votre dernier avènement, je tasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.

O Christ ! le Seigneur votre

r^ ixiT Dominas Domidextris meis.

Donec ponam inimicos tuos : * scabellum pedum tuorum.

Virgam virtutis tuœ

emittet Domiaus ex Sion : " dominare in medio inimicorum luorum.

Tecum princlpium in die virtutis tuœ in splendoribus Sanctorum : * ex utero ante luciferum genui te.

Juravit Dominus , et non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in asternum secundum ordinem Melchisedech.

Dominus a d e x t r i s tuis : * confregit in die irae suae rages.

Judicabit in nationibus : implebit ruinas • * conquassabit capita in terra multorum.

De torrente in via bibet : * propterea exaltabit caput.

Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force ; c'est de là que vous partire? pour dominer au milieu ae vos ennemis.

La principauté éclatera en vous, au jour de votre force, au milieu des splendeurs des Saints ; car le Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.

Le Seigneur l'a juré, et sa parole est sans repentir : il a dit en vous y-irlant : DieuHomme, vous êtes Prêtre à jamais, selon l'ordre de Melchisédech.

O Père ! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.

Il jugera aussi les nations : dans cet avènement terrible, il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.

Il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions; mais c'est pour cela même qu'j» jour de son triomphe sur la mort, il élèvera la tête.

CONFITEBOR tîbi, Domine, in toto corde meo : * in concilio justorum et congregatione.

Magna opéra Domini : * exquisita in omnes voluntates ejus.

vous louerai. Seigneur, de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.

Grandes sont les œuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa sagesse.

A Vêpres.

6g

Elles sont dignes de louange et magnifiques, et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.

Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles ; // est le Pain de vie, et il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.

Il se souviendra à jamais de son alliance avec les hommes : il viendra et fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.

Il donnera à son Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.

Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles ; ils sont fondés sur la vérité et la justice.

Il a envoyé à son peuple un Rédempteur; il rend par là son alliance éternelle.

Son Nom est saint et terrible ; le commencement de la sagesse est de craindre le Seigneur.

La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.

Confessio et magnificentia opus ejus : * et justitia ejus manet in saeculum saeculi.

Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus : * escam dédit timentibus se.

Memor erit in saeculum testamenti sui : * virtutem operum suorum annuntiabit populo suc.

Ut det'illis h^reditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judicium.

Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in S3eculum sœculi : * facta in veritate et œquitate.

Redemptionem misit populo suo : * mandavit in asternum testamentum suum.

Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium sapientiae timor Domini.

Intellectus bonus omnibus facientibus enm: * laudatio ejus manet in saeculum sœculi.

HEUREUX l'homme qui I r> eatus vir, qui ti craint le Seigneur, et | LJ Dominum : * in n

met manLe Temps Pascal.

datis ejus volet nimis.

Potens in terra erit seraen ejus : * generatio rectorum benedicetur.

Gloria et divitiœ in domo ejus : * et jusiitia ejus manet in sœculum saeculi.

Exortum est in tenebris lumen redis : * misericors, et miscrator, et justus.

Jucundus homo, qui miseretur et coramodat, disponet sermones siios in judicio : * quia in œternum non commovebitur.

Inmemoria asterna erit justus : * ab auditione mala non timcbit.

Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus : * non commovebitur donec despiciat inimicos suos.

Dispersit. dédit paiiperibus: justitia ejus manet in sœculum sœculi ; * cornu ejus exaltabitur in gloria.

Peccator videbit, et irascetur, dentibus suis fremet et tabescet : * desiderium peccatorum peribit.

qui met tout son zèle à lui obéir !

Sa postérité sera puissante sur la terre : la race du juste sera en bénédiction.

La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

Tout à coup une lumière se lève sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux, clément et juste, sortant du tombeau.

Heureux alors l'homme qui a fait miséricorde , qui a prêté au pauvre, qui a réglé jusqu'à ses paroles avec justice ! car il ne sera point ébranlé.

La mémoire du juste sera éternelle : s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.

Son cœur est toujours prêt à espérer au Seigneur; son cœur est en assurance : il ne sera point ému. et méprisera la rage de ses ennemis.

Il a répandu l'aumône avec profusion sur le pauvre : sa lustice demeurera à jamais ; sa force sera élevée en gloire.

Le pécheur le verra, et il entrera en fureur; il grincera des dents et séchera de colère : mais les désirs du pécheur périront.

A Vêpres.

7r

p, ERVITEURS du Seigneur, î^ faites entendre ses louanges : célébrez le Nom du Seigneur.

Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd'hui et jusque dans l'éternité.

De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.

Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations ; sa gloire est par delà les cieux.

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles dans le ciel et sur la terre.

C'est de là qu'il soulève de terre l'indigent; qu'il élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait,

Pour le placer avec les princes, avec les princes mêmes de son peuple.

C'est lui qui a fait habiter pleine de joie dans sa maison celle qui, auparavant, fut stérile, et qui maintenant est mère de nombreux enfants.

LAUDATE, pueri, Dominum : * laudate Nomen Domini.

Sit Nomen Domini benedictum : * ex hoc nunc et usque in sreculum.

A solis ortu usque ad occasum : * laudabile Nomen Domini.

Excelsus super omnes gcntes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.

Quis sicut Dominus Deus noster, qui in altis habitat : * et humilia respicit in cœlo et in terra?

Suscitans a terra inopem : * et de stercore erigens pauperem.

Ut collocet eum cum principibus : * cum principibus populi sui.

Qui habitare facit sterilem in domo : * matrera filiorum la'tantem.

_. ORSQtiE Israël sortit d'E-

I gypte, et la maison de

Jacob du milieu d'un peuple barbare;

[N exitu Is'-ael de Egypto : * domus Jacob de populo barbare :

Facta est Judaja sanctificatio cjus : * Israël potestas ejus.

Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversus est retrorsum.

Montes exsultaverunt utarietes : * et colles sicut agni ovium.

Quid est tibi, mare,

Jiiod fugisti : * et tu, ordanis, quia conversus es retrorsum ?

Montes cxsultastis sicut arietes : * et colles sicut agni ovium ?

A facie Domini mota est terra : * a facie Dei Jacob.

Qui convertit petrara in stagna aquarum : * et rupera in fontes aquarum.

Non nobis, Domine, non nobis : ' sed Nomini tuo da gloriam.

Super misericordia tua, et veritate tua : * nequando dicant gentes : Ûbi est Deus eorum ?

Deus autem noster in cœlo : * omiiia quascumque voluit, fecit.

Simulacra gentium argentum et aurum : * opéra manuum horainum.

Os habent, et non loquentur • * oculos habent, et non videbunt,

Aures habent, et non

La nation juive fut consacrée à Dieu, Israël fut son domaine.

La mer le vit et s'enfuit ; le Jourdain remonta vers sa source.

Les montagnes bondirent comme des béliers, et les collines comme des agneaux.

O mer, pourquoi fuyaistu ? Et toi, Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?

Montagnes, pourquoi bondissiez-vûus comme des béliers ? Et vous , collines , comme des agneaux ?

A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,

Qui changea la pierre en torrents, et la roche en fontaines.

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire :

A cause de votre miséricorde et de votre vérité, de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

Notre Dieu est au ciel : il a fait tout ce qu'il a voulu.

Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes.

Elles ont une bouche, et ne parlent point ; des yeux et ne voient point.

Elles ont des oreilles, et

A Vêpres.

n'entendent point ; des narines, et ne sentent point.

Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.

Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.

La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.

La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.

Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il est leur appui et leur protecteur.

Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.

Il a béni la maison d'.Israël ; il a béni la maison d'Aaron.

Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.

Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.

Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre 1

Au Seigneur, les hauteurs du ciel; la terre est aux hommes par sa largesse.

Ce ne sont pas les morts

audient : * nares habent, et non odorabunt.

Manus habent, et non palpabunt; pedes habent, et non ambulabunt : * non clamabunt in gutture suo.

Similes illis fiant qui faciunt ea : "et omnes qui confidunt in eis.

Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.

Domus Aaron speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.

Qui timent Dominum speraverunt in Domino :

* adjutor eorum, et protector eorum est.

Dorainus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.

Benedixit domui Israël : * benedixit domui Aaron.

Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.

Adjiciat Dominus super vos : * super vos, et super filios vestros.

Benedicti vos a Domino : * qui fecit cœlum et terram.

Cœlum cœli Domino :

* terram autem dédit filiis hominum.

Non mortui laudabunt

te. Domine : * neque omnes qui descendunt in infernum.

Sed nos qui vivimus, benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in sœculum.

qui vous loueront, ô Seigneur l ni tous ceux qui descendent dans le sépulcre;

Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.

AD regias Agni dapes, Stolis amicti candidis, Post transitum maris

Rubri Christo cannmus principi.

Divina cujus charitas Sacrum propinat sanguinem, Almique membra corporis Air.or sacerdos immolât,

Sparsum cruorem postibus Vastator horret Angélus : Fugitque divisum mare, Merguntur hostes fluctibus.

Jam pascha nostrum Christus est, l'aschalis idem victima, Et pura puris mentibus Sinccritatis azyma.

O vera cœli victima, Subjecta cui sunt tartara.

APRÈS le passage de la mer Rouge, couverts de nos robes blanches et assis au festin royal de lAgneau, chantons au Christ notre roi.

C'est lui dont la charité divine nous verse à boire son propre sang; c'est son amour qui sacrifie en victime les membres de son corps sacré.

L'Ange exterminateur est saisi de crainte à la vue du sang dont nos portes sont marquées ; la mer divisée en deux fuit devant nous; nos ennemis sont submergés sous les flots.

Notre Pàque , c'est le Christ; il est notre victime pascale; il est l'azyme d« sincérité pour les cœurs purs.

O victime véritable venue du ciel, par qui l'enfer est abattu, les liens d« la mort

A Vêpres.

brisés, les dons de la vie restitués.

Vainqueur de la mort qu'il a terrassée, le Christ déploie son étendard ; il rouvre le ciel, et traîne en captif le roi des ténèbres.

Pour être toujours, ô Jésus, la joie pascale de nos âmes, daignez sauver de la cruelle mort du péché ceux que vous avez fait renaître à la vie.

A Dieu le Père soit la gloire! gloire au Fils, ressuscité d'entre les morts ! et gloire au Paraclet dans les siècles éternels !

Amen.

f. Demeurez avec nous, Seigneur, alléluia ;

If. Car le soir est venu, alléluia.

Soluta mortis vincula, Recepia vita; prasmia.

Victor subactîs inferis Trophasa Christus explicat, Cœloque aperto, subditum Rcgem tenebrarum tra' hit.

Ut sis perenne mentibus Paschale, Jesu, gaudium, A morte dira criminum Vitre renatos libéra.

Dee Patri sit gloria, Et Filio, qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna sa;cula.

Amen.

f. Mane nobiscum , Domine, alléluia ;

r). Quoniam advespernscit, alléluia.

MON âme glorifie le Seigneur ; Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur :

Car il a regardé la bassesse de sa servante ; et pour cela, toutes les nations m'appelleront bienheureuse.

MAGNIFICAT : ' anima mea Dominum.

Et exsultavit spiritus meus * in Deo Salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancilL-e suae • * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecitmihi magna qui potens est : * et Sanctum Nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies :

timentibus eum.

Fecit potentiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.

Déposait potentes de sedc : * et exaltavit humiles.

Esurientes implevit bonis : * et divites dimisit inanes.

Suscepit Israël puerum suum : * recordatus misericordiae suœ.

Sicut locutus est ad patres nostros : * Abraham et semini ejus in saecula.

Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant et de qui le Nom est Saint.

Et sa miséricorde s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent.

lia opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.

Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.

Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.

Il a reçu sous sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse

Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.

Les Antiennes de Magyxificat et les Oraisons se trouvent en leur lieu, aux Dimanches et fêtes.

ON Père, veuilez me bénir.

TION. Que le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse.

i^. Amen.

UBE, Domne, benedicere. BeneNoctem quietam et finem perfectum concédât nobis Dominus omnipotens. ^. Amen.

MES Frères, soyez sobres et vigilants ; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer ; résistezlui, étant forts dans la foi. Mais vous , Seigneur, ayez pitié de nous. Bj Rendons grâces à Dieu.

j^. Tout notre secours est dans le Nom du Seigneur.

FRATRES : Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus, tamquam leo rugiens circuit, quœrens quem devoret : cui resistité fortes in fide. Tu autem, Domine, miserere nobis. % Deo gratias.

f. Adjutorium nostrum in Nomine Domini.

^. Qui fecit cc)el':tn et 1 tf. C'est lui qui a fait le terram. | ciel et la terre.

On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence ; puis le Prctrc dit le Conjîteor, et le Chœur le répète après lui.

V-» Deus Salutaris no'^ter.

1^. Et averte iram tuam a nobis.

f. Deus, in adjutorium meum intenda.

^. Domine, ad adjuvandum me festina.

Gloria Patri, etc.

^' V^ ô Dieu, notre Sauveur !

i^. Et détournez votre coLie de dessus nous.

f. O Dieu, venez à mon aide !

^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.

Gloire au Père, etc.

CUM invocarem exaudivit me Deus justitias meae : * in tribulatione dilatasti mihi.

Miserere mai : * et exaudi orationem meam.

Filii hominum, usquequo gravi corde ? * ut qiiid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?

Et scitote quoniam mirificavit Dominus sanctum suum : * Dominus exaudiet me, cum clamavero ad eum. /

Irascimini , et nolite peccare : * qune dicitis in cordibus vestris, in cubilibus vestris compungimini.

Au milieu de ma prière, le Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au Inrge, quand j'étais dans l'afllivt^n.

Ayez pitié de moi , et exaucez ma prière.

Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur appesanti, aimerez-vous la vanité, et chercherez-voub le mensonge ?

Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui e-^t consacré : le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.

Si vous vous irritez, faite«- le sans pécher; repassez avec componction, dans le repos de votre couche, les pensées de vos cœurs.

A Compiles.

Offrez un sacrifice de justice, et espérez au Seigneur. Il en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?

La hiiiiière de votre risjgt. Seigneur, se rcJJéchit sur nous: c'est vous qui donnez la joie à mon cœur.

Par l'abondance du vin, de l'huile et du froment, vos enfants se sont multipliés.

Je m'endormirai donc, et me reposerai dans la paix ;

Parce que vous m'avez. Seigneur, affermi dans l'espérance.

Sacrifîcate sacrificium justitiae. et sperate in Domino : * multi dicunt : Quis ostendit nobis bona ?

Signatum est super nos lumen vuitus tui. Domine : * dedisti lœtitiam in corde meo.

A fructu frumenti, vini et olei sui : * multiplîcati sunt.

In pace in idipsum : * dormiam et requiescam.

Quoniam tu, Domine, singulariter in spe ■ * constituisti me.

C N vous, Seigneur, j'ai mis

*- mon espérance ; que je ne sois pas confondu : sauvez-moi dans votre justice.

Inclinez votre oreille vers moi, hâtez-vous de me délivrer.

Soyez moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.

Car vous êtes ma force et mon refuge; et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.

Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret; car vous êtes mon protecteur.

Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui

T N te. Domine speravi, * non confundar in aeternum : * in justitia tua libéra me.

Inclina ad me aurem tuam : * aocelera ut eruas me.

Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : * ut salvum me facias.

Quoniam fortitudo mea. et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enutries me.

Educes me de laqueo hoc, quem absconderunt mihi : " quoniam tu es protector meus.

In manus tuas commendo spiritum meuTn :

8o

* redemisti, me Domine, 1 m'avez Deus veritatis. Dieu de

racheté, vérité.

Seigneur,

QUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.

Dicet Domino: Susceptor meus es tu et rcfugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.

Quoniam ipsc liberavit me de laqueo venantium : * et a verbo aspero.

Scapulis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.

Scuto circumdabit te Veritas ejus : * non timebis a timoré nocturno.

A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris : * ab incursu, et dsemonio meridiano.

Cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : * ad te autem non appropinquabit.

Verumtamem oculis tuis considerabis : * et retributionem peccatorum videbis.

Quoniam tu es, Domine, spes mea: * Altissimum posuisti refugium tuum.

EUn qui habile dans l'asile du Très-Haut, demeurera sous la protection du Dieu du ciel.

Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge! Il est mon Dieu, j'espérerai en lui.

Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs et des paroles fâcheuses.

Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l'espérance sous ses ailes.

Sa vérité sera ton bouclier: tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,

Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.

Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite : mais la mort n'approchera pas de toi.

Cependant tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.

Parce que tu as dit: Seigneur, vous êtes mon espérance ! parce que tu as placé ton refuge dans le "TrèsHaut ;

A Compiles.

Si

Le mal n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;

Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.

Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.

Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.

Dieu dira de toi. Parce qu'il a espéré en moi, je le délivrerai. Je le protégerai, parce qu'il a connu mon Nom.

Il criera vers moi, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation ; je l'en retirerai et le glorifierai.

Je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.

Non accedet ad te malum : * et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.

Quoniam Angelis suis mandavit de te : * ut custodiant te in omnibus viis tuis.

In manibus portabunt te : * ne forte offendas ad lapidem pedem tuum.

Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonem et draconem,

Quoniam in me speravit, liberabo eum :* protegam eum. quoniam cognovit Nomen meum.

Clamabit ad me , et ego exaudiam eum : * eum ipso sum in tribulatione, eripiam eum et glorificabo eum.

Longitudine dierum replebo eum : * et ostendam illi Salutare meum.

BÉNISSEZ maintenant le Seigneur, vous tous qui le servez.

Vous qui êtes dans la maison du Seigneur, sous les portiques de la maison de notre Dieu,

Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.

U CCE nunc benedicite ^ Dominum : * omnes servi Domini.

Qui statis in domo Domini : * in atriis domus Dei nostri.

In noctibus extollite manus vestras in Sancta: * et benedicite Dominum

5j

Bcnedicat te Dominus ex Sion : * qui fecit cœ- lum et terrain.

Ant. Alléluia, luia, alléluia.

alleDites à Israël : Que le Seigneur te bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

A.MT. Alléluia, alléluia, alléluia.

1"E liicis ante terminum. Rerum Creator, poscimus, Ut pro tua clementia Sis prœsul et custodia.

Procul recédant somnia. Et noctium phantasmata, Hostemque n o s t r u m

comprime. Ne polluantur corpora.

Deo Patri sit gloria. Et Filio qui a mortuis Surrexit, ac Paraclito, In sempiterna saecula.

Amen.

TU autem in nobis es, Domine, et Nomen sanctum tuum invocatum est super nos ; ne derelinquas nos , Domine Dcus noster. i"^. Deo gratias.

A , T N manus tuas, •^^ ^'■•1 Domine,

AVANT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être dans votre clémence notre protecteur et notre gardien.

Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane point nos corps.

Gloire soit à Dieu le Père ! Gloire au Fils ressuscité des morts! Gloire à l'Esprit consolateur dans les siècles des siècles !

Amen.

[Jerem. xiv.)

\j ous êtes en nous. Seigneur, et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas, Seigneur notre Dieu !

^. Rendons grâces à Dieu.

% br, £

NTRE vos mains, Seigneur, je reA Compiles.

mets mon esprit. ' Alléluia, alléluia.

On yépète : Entre vos mains, Seigneur, etc.

f. Vous nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité. On répète : * Alléluia, alléluia.

Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.

f. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil, alléluia.

^. Protégez-nous de l'ombre de vos ailes, alléluia.

commendo spiritum meum. * Alléluia, alléluia. In manus tuas.

j^. Redemisti nos. Domine Deus veritatis. * Alléluia, alléluia.

Gloria. In manus tuas.

y. Custodi nos, Domine, ut pupillam oculi, alléluia.

R]. Sub umbra alarum tuarum protège nos, alléluia.

C'est maintenant . Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole;

Parce que mes yeux ont vu le Sauveur,

Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples ;

Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.

Ant. Sauvez-nous , Seigneur, durant la veille ; gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix. Alléluia.

NUNC dimittis servum tuum, Domine : * secundum verbura tuum in pace.

Quia viderunt oculi mei : * Salutare tuum.

Quod parasti : * ante faciem omnium populorum.

Lumen ad revelationem gentium : * et gloriam plebis tuœ Israël.

Ant. Salva nos, Domine, vigilantes ; custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace. Alléluia.

WlSlTA, quaesumus Do' mine, habitationem istatn, et omnes insidias inimici ab ea longe repolie : Angeli lui sancti habitont in ea. qui nos in pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum J e s u m Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnai in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sœculorura. Amen.

j^. Dominusvoblscum;

ip. Et cum spiritu tuo.

y. Benedicamus Domino.

^. Deo gratias.

Bcnedicat et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus. Pater, et Filius, et Spiritus sanctus.

S. Amen.

WlslTEZ, s'il vous plaît , Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habitent , qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et régne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècle. Amen.

y. Le Seigneur soit avec vous ;

fil. Et avec votre esprit. y. Bénissons le Seigneur.

Ri. Rendons grâces à Dieu.

Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux . le Père, le Fils et le Saint-Esprit, nous bénisse et nous conserve.

W. Amen.

REGINA cœli, laetare, alléluia; Quia quem meruisti portare, alléluia. Rcsurrexit sicut dixit, alOra pro nobis alléluia.

Deum.

Deine du ciel, réjouissezvous, alléluia ;

Car celui que vous avez mérité de porter, alléluia.

Est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia.

Daignez prier Dieu en notre faveur, alléluia.

A Compiles.

f. Soyez dans l'allégresse, ô Vierge Marie, alléluia;

^. Car le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia.

f. Gaude et laetarc, Virgo Maria, alléluia;

R). Quia surrexit Dominus vere, alléluia.

ODiEU, qui avez voulu réjouir le monde par la Résurrection de Jésus-Christ, votre Fils ; daignez-nous faire arriver aux joies de la vie éternelle, par le secours de sa sainte Mère la Vierge Marie. Par le même JésusChrist notre Seigneur. A- men.

f. Que le secours divin demeure toujours avec nous 1

fi|. Amen.

DEijs, qui per Resurrectionem Filii tui Domini nostri Jesu Christi mundum lœtificare dignatus es : praesta quaesumus, ut per ejus G e n i t r i c e m Virginem Mariam. perpétues capiamus gaudia vitœ. Per euradem Christum Dominum nostrum. Amen,

j^. Divinum auxilium maneat semper nobiscum.

NCORE quatre jours, et le divin ressuscité, dont la société nous était si chère et si précieuse, aura disparu de la terre. C'est par cette annonce que ce cinquième dimanche après la joyeuse Pâque semble nous préparer à la séparation. Le dimanche suivant ouvrira la longue série de ceux qui doivent se succéder d'ici qu'il revienne pour juger le monde. A cette pensée, le coeur du chVétien se serre ; caril sait qu'il ne verra son Sauveur qu'après cette vie; et il s'unit à la tristesse que ressentirent les Apôtres à ladernière Cène, lorsqu'il leur dit cette parole : « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus i. »

Mais après la résurrection de leur Maître, quelle dut être l'angoisse de ces hommes privilégiés qui comprenaient enfin ce qu'il était, lorsqu'ils s'aperçurent comme nous

8 s Le Temps Pascal.

(jue l'heureuse quarantaine, si rapidement écoulée, touchait bientôt à sa fin! Avoir vécu, pour ainsi dire, avec Jésus glorifié, avoir ressenti les effets de sa divine condescendance, de son ineffable familiarité, avoir reçu de sa bouche tous les enseignements qui devaient les mettre en état d'accomplir ses volontés, en fondant sur la terre cette Eglise qu'il était venu choisir pour son Epouse; et se trouver tout d'un coup livrés à eux-mêmes, privés de sa présence visible, ne plus voir ses traits, ne plus entendre sa voix, et mener jusqu'au bout leur carrière avec de tels souvenirs : c'est le sort qui attendait les Apôtres et qu'ils avaient à accepter.

Nous éprouverons quelque chose de ce qu'ils durent ressentir, si nous nous sommes tenus unis à notre mère la sainte Eglise. Depuis le jour où elle ouvrit en notre faveur la série des émotions qui la transportent chaque année, lorsqu'elle repasse successivement tant de sublimes anniversaires, à partir de celui de la Naissance de son Emmanuel, jusqu'à celui de sa triomphante Ascension au ciel, n'est-il pas vrai que nous aussi nous avons vécu en société avec son divin Epoux, qui est en même temps notre Rédempteur, et qu'au moment de le voir disparaître aux regards de notre foi attentive jusqu'à cette heure ù le suivre dans tous ses états, Témotion que ressentirent les Apôtres vient nous gagner nous-mêmes .■'

Mais il est sur la terre, à la veille du jour où Jésus doit la quitter pour le ciel, une créature dont nous ne pourrons jamais sonder ni décrire les sentiments ; c'est Marie qui

Derniers jours avant V Ascension 8g

avait retrouvé son tils, et qui voit approcher le moment où il va s'éloigner encore. Jamais cœur ne fut plus soumis'aux volontés de son Maître souverain ; mais jamais aussi semblable sacrifice ne fut demandé à une créature. Jésus veut que l'amour de Marie croisse encore, et c'est pour cela qu'il la soumet à répreuve de l'absence. Il veut en outre qu'elle coopère à la formation de l'Eglise, qu'elle ait la main dans ce grand œuvre qui ne devait s'élever qu'avec son concours. C'est en cela que se montre encore l'amour de Jésus pour sa mère; il désire pour elle le mérite le plus grand, afin de déposer sur sa tète le diadème le plus glorieux, au jour où elle montera au ciel à son tour pour y occuper le trône qui a été préparé pour elle au-dessus de toute la création glorifiée.

Ce n'est plus, il est vrai, un glaive de douleur qui transpercera le cœur de xMarie; c'est le feu d'un amour que nul langage ne saurait décrire qui consumera ce cœur dans une angoisse à la fois poignante et délicieuse, sous l'elfort de laquelle elle tombera un jour, comme le fruit mûr que la branche de l'arbre ne soutient plus, parce qu'elle n'a plus rien à lui donner. Mais à ces instants suprêmes où nous sommes, dans les dernières étreintes de ce fils divin qui va la laisser en exil, quel serrement au cœur d'une telle mère qui n'a joui que durant quarante jours du bonheur de le voir glorieux et triomphant, et de recevoir ses divines et filiales caresses! C'est la dernière épreuve de Marie; mais en face de cette épreuve elle n'a encore que sa même réponse : « Voici la

go Le Temps Pascal.

servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole. » Sa vie tout entière est dans le bon plaisir de Dieu, et c'est ainsi qu'elle devient toujours plus grande, plus rapprochée de Dieu. Une sainte âme du xvii" siècle, favorisée des plus sublimes révélations, nous a appris que le choix fut donné à Marie d'entrer dans le repos de la gloire avec son fils, ou de demeurer encore sur la terre dans les labeurs de l'enfantement de la sainte Eglise; mais qu'elle préféra retarder les joies maternelles que lui réservait l'éternité, et servir, aussi longtemps qu'il plairait à la divine Majesté, au grand œuvre qui importait tant à l'honneur de son hls et au bien de la race humaine, dont elle était devenue aussi la mère.

Si un tel dévouement éleva la coopératrice de notre salut au plus haut degré de la sainteté, en lui faisant atteindre le point culminant de sa mission, on est en droit de conclure que l'amour de Jésus pour sa mère s'accrut encore, lorsqu'il reçut d'elle une marque si sensible de l'union qu'elle avait aux plus intimes désirs de son cœur sacré. De nouveaux témoignages de sa tendresse furent pour Marie la recompense de cet oubli d'ellemême, et de cette conformité aux desseins qui l'appelaient à être véritablement dès icibas la Reine des Apôtres, comme l'appelle l'Eglise, et la coadjutrice de leurs travaux.

Le Seigneur, durant ces dernières heures, allait multipliant les témoignages de sa bonté envers tous ceux qu'il avait daigné admettre dans sa familiarité. Pour plusieurs d'entre eux la séparation devait être longue Jean le

Derniers jours avant l'Ascension. gi

bien-aimé aurait à attendre plus de cinquante années sa réunion à son Maître divin. Ce ne serait qu'après trente ans que Pierre monterait à son tour sur l'arbre delà croix, pour se réunir à celui qui lui avait confié les clefs du royaume des cieux. Le même intervalle de temps devait être rempli par les soupirs enflammés de Madeleine ; mais aucun d'eux ne murmurait ; car tous sentaient qu'il était juste que le divin Rédempteur du monde, ayant suffisamment établi la foi de sa résurrection, « entrât enfin dans sa gloire K »

Jésus avait fait donner ordre "à ses disciples par les Anges, le jour même de sa résurrection, de se'rendre en Galilée pour y jouir de sa présence. Nous avons vu comment ils obéirent à cet ordre, et en quelle manière le Sauveur se manifesta à sept d'entre eux sur les bords du lac de Génézareth ; ce fut la huitième des manifestations que les Evangiles ont enregistrées. La neuvième eut lieu pareillement dans la Galilée. Jésus aimait cette contrée, au sein de laquelle il avait pris la plupart de ses disciples, où Marie et Joseph avaient habité, et où lui-même avait passé tant d'années dans le travail et l'obscurité. La population, plus simple et plus morale que celle de la Judée, l'attirait davantage. Saint Matthieu nous révèle que la plus solennelle des manifestations de Jésus ressuscité, celle que nous compterons pour la dixième de fait, et pour la neuvième de celles que rapportent les Evangélistes, eut lieu sur une montagne de cette contrée 2.

I. Luc. XXIV, 26. — 2. Matth. xxvni. 16.

Selon le sentiment de saint Bonaventure et celui du pieux et savant Denys le Chartreux, cette montatîne fut le Thabor, dont le sommet avait déjà été honoré par le mystère de la Transhguration. Là se trouvèrent réunis, comme nous l'apprenons de saint Paul, plus de cinq cents disciples de Jésus •, assemblée formée en grande partie des habitants de la Galilée qui avaient cru en Jésus dans le cours de sa prédication, et qui avaient mérité d'être témoins de ce nouveau triomphe du Nazaréen. Jésus se montra à leurs regards, et leur donna une telle certitude de sa'résurrection que l'Apôtre des Gentils, écrivant auxchrétiens de Corinthe,in\ oque leur témoignage à l'appui de ce mystère fondamental de notre foi.

Désormais nous demeurons sans renseignements positifs sur ce qui se passa encore dans la Galilée, quant à ce qui est des manifestations du Sauveur ressuscité ; mais nous savons qu'il intima à ses disciples l'ordre de se rendre à Jérusalem, où il devait bientôt reparaître à leurs yeux une dernière fois, avant de monter aux cieux. Suivons en ces jours la marche des disciples vers la ville coupable. Combien de fois, dans cette même ville. Jésus avait voulu réunir ses fils comme la poule ramasse ses poussins sous ses ailes, et elle ne Ta pas voulu ~ ! Il va revenir dans ses murs ; mais elle ne le saura pas. Il ne se montrera pas à elle, il ne se révélera qua ses amis, et il partira en silence, pour ne plus revenir qu'au jour où il viendra juger ceux qui n'ont pas connu le temps de saVisite.

I. I Cor. XV, 6. — 2. Matth. xxili, 3?.

E cinquième dimanche après Pâques, dans l'Eglise grecque, est appelé le dimanche de

V Aveugle-né, parce qu'on y lit le récit de l'Evangile où est rapportée la guérison de cet aveugle. On l'appelle aussi le dimanche de \'Episo:{0)ni'ne, qui est un des noms par lesquels les Grecs désignent le mystère de l'Ascension, dont la solennité, chez eux comme chez nous, interrompt le cours de cette semaine liturgique.

le

ISAiE, le plus fourni la matière

sublime des Prophètes, a de l'Introït. Sa voix éclatante et mélodieuse convie toutes les nations de la terre à célébrer la victoire que le divin ressuscité a remportée, et dont le prix a été notre délivrance.

g4 Le Cinquième Dimanche après Pâques.

VOCEM jucunditatis annuntiate, et audiatur, alléluia : annuntiate usque nd extremum terrae : liberavit Dominus populum suum, alléluia, alléluia.

Ps. Jubilate Deo omnis terra : psalmum dicite Nomini ejus, date gloriam laudi ejus. Gloria Patri. Vocem jucunditatis.

POUSSEZ des cris de joie, et qu'on les entende de toutes parts, alléluia : publiez jusqu'aux extrémités de la terre que le Seigneur a délivré son peuple, alléluia, alléluia.

Ps. Peuples de la terre entière, chantez au Seigneur avec allégresse ; faites entendre un cantique à son Nom, rendez-lui gloire par vos louanges. Gloire au Père. Poussez des cris.

Dans la Collecte, la sainte Eglise nous apprend que nos pensées et nos actions, pour être méritoires de la vie éternelle, ont besoin de la grâce qui inspire les unes et aide notre volonté à accomplir les autres.

r^ EUS, a quo bona •*-^ cuncta procedunt , largire supplicibus tuis : ut cogitemus, te inspirante, quœ recta sunt, et, te gubernante, eadem faciamus. Per Dominum.

ODiEU, vous de qui procèdent tous les biens, accordez à nos humbles prières que, par votre inspiration, nos pensées se portent à ce qui est bien, et daignez nous accorder votre conduite pour l'accomplir. Par JésusChrist.

De la très sainte Vierge.

CONCEDE nos famulos tuos, quassumus Domine Deus , perpétua mentis et corporis saniSEIGNEUR Dieu, daignez accorder à nous, vos serviteurs, la grâce de jouir constamment de la santé de l'âme

A la Messe.

et du corps ; et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, délivrez-nous de la tristesse du temps présent, et faites-nous jouir de l'éternelle félicité.

tate gaudere : et gloriosa beatœ Mariae semper Virginis intercessione , a praesenti liberari tristitia, et œterna perfrui lœ- titia.

Contre les persécuteurs de V Eglise.

DAIGNEZ, Seigneur, vous laisser fléchir par les prières de votre Eglise, afin que, toutes les adversités et toutes les erreurs ayant disparu, elle puisse vous servir dans une paisible liberté. Par Jésus-Christ.

ECCLESi.E tuas, quaesumus Domine, preces placatus admitte, ut, destructis adversitatibus et erroribus universis, secura tibi serviat libertate. Per Dominum.

Pour le Pape.

ODiEU, qui êtes le Pasteur et le conducteur de tous les fidèles, regardez d'un œil propice votre serviteur N. que vous avez mis à la tête de votre Eglise en qualité de Pasteur ; donnez-lui, nous vous en supplions , d'être utile par sa parole et son exemple à ceux qui sont sous sa conduite, afin qu'il puisse parvenir à la vie éternelle avec le troupeau qui lui a été confié. Par JésusChrist.

r> EUS omnium fidelium *^ Pastor et rector, famulum tuum A^. , quem Pastorem Ecclesiœ tuse prœesse voluisti, propitius respice • da ei, quœ- sumus, verbo et exemple, quibus prœest proficere ; ut ad vitam una cum grege sibi credito perveniat sempiternam. Per Dominum.

Lecture de l'Epître de saint Jacques, Apôtre. Chap. I.

ES bien-aimés , accomplissez la parole qui

Lectio Epistolae beati Jacobi Apostoli. Cap. i.

CHARissiMi,Estote factores verbi, et noa

i6 Le Cwquième Dimanche après Pâques.

vous est enseignée, ne vous contentant pas de l'écouter, en vous trompant vous-mêmes. Car celui qui écoute la parole sans la pratiquer, est semblable à un homme qui considère son visage naturel dans un miroir, et qui à peine l'y a vu. s'en va, et oublie à l'instant même quel il était. Mais celui qui considère d'un œil ferme la loi parfaite de la liberté, et qui s'arrête à elle, n'étant pas seulement un auditeur oublieux, mais accomplissant dans ses œuvres ce qu'il a entendu : celuilà trouvera son bonheur dans ce qu'il fait. Si quelqu'un d'entre vous croit être un homme religieux, et qu'il ne mette pas un frein à sa langue, mais qu'il séduise son propre cœur, sa religion est vaine. Une religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, est de visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et de se conserver purs de la corruption de ce monde.

T E saint Apôtre dont nous venons d'entenL dre les conseils avait reçu les leçons du Sauveur ressuscité; nous ne devons donc pas être étonnés du ton d'autorité a\-ec lequel U nous parle. Jésus, ainsi aue nous l'avons raconté, avait même daigne lui accorder une de ses manifestations particulières : ce qui nous montre l'atYection dont il honorait cet Apotrc, auquel les liens du sang le rattachaient par

ouditores tantum, fallentes vosmetipsos. Quia si quis auditor est verbi, et non factor, hic comparabitur viro considérant! vultum nativitatis suae in speculo consideravit enim se, et abiit, et st;:- tim oblitus est qualis fuerit. Qui aulem perspexerit in legem perfectam libertatis, et permanserit in ea. non auditor obliviosus factus, sed factor operis ; hic beatus in facto suo erit. Si quis autem putat se religiosum esse, non refra?- nans linguam suam, sed seducens cor suum. hujus vana est religio. Religio munda. et immaculata apud Deum et Patrem. haec est : Visitare pupillos et viduas in tribulatione eorum, et immaculatum se custodire ab hoc saeculo.

A la Messe. g y

sa mère nommée aussi Marie. Nous avons vu cette sainte femme se rendre au sépulcre, avec Salomé sa sœur, dans la compagnie de Madeleine. Jacques le Mineur est véritablement TApôtre du Temps pascal, où tout nous parle de la vie nouvelle que nous devons mener avec leChristressuscite.il est l'Apôtre des œuvres, et c'est lui qui nous a transmis cette maxime fondamentale du christianisme, que si la foi est nécessaire avant tout au chrétien, cette vertu, sans les œuvres, est une foi morte qui ne pourrait le sauver.

Il insiste aujourd'hui sur l'obligation où nous sommes de cultiver en nous-mêmes l'attention aux vérités que nous avons une fois comprises, et de nous tenir en garde contre cet oubli coupable qui cause tant de ravages dans les âmes inconsidérées. Parmi ceux en qui s'est accompli le mystère de la Pâque, il en est qui n'y persévéreront pas ; et ce malheur leur arrivera, parce qu'ils se livreront au monde, au lieu d'user du monde comme n'en usant pas i. Rappelons-nous toujours que nous devons marcher dans une vie nouvelle, à l'imitation de celle de notre divin ressuscité qui ne peut plus mourir.

Les deux Versets de l'Alleluia célèbrent l'éclat de sa résurrection ; mais déjà son Ascension prochaine y est annoncée. Sorti du Père éternellement, descendu dans le temps jusqu'à notre terrestre demeure , il nous avertit que sous peu de jours il va remonter à son Père.

I. I Cor. vu, 3i.

g 8 Le Cinquième Dimanche après Pâques.

A LLELUIA, alléluia,

j^. Surrexit Christiis, et illuxit nobis, quos redeiiiit sanguine suo.

Alléluia.

f. Exivi a Pâtre, et veni in mundum ; iterum relinquo mundum et vado ad Patrem, alléluia.

A LLELUIA, alléluia.

j^. Le Christ est ressuscité, il a fait luire sa lumière sur nous, qu'il a rachetés de son sang.

Alléluia.

t. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde : maintenant je laisse le monde, et je vais à mon Père, alléluia.

Seqiientia sancti Evangelii secundum Johannem. Cap. xyi.

IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Amen, amen dico vobis : si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis. Usque modo non petistis quidquam in nomine meo : petite et accipietis, ut gaudium vestrum sit plénum. Hœc in proverbiis locutus sum vobis. \'enit hora cum jam non in proverbiis loquar vobis, sed palam de Pâtre annuntiabo vobis. In illo die in nomine meo petetis : et non dico vobis quia ego rogabo Patrem de vobis : ipse enim Pater amat vos, quia vos me amastis, et credidistis quia ego a Deo exivi. Exivi a Pâtre,

La suite du saint Evangile selon saint Jean. Chap.

EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : En vérité, en vérité je vous le dtis : Si vous demandez quelque chose au Père en mon nom. il vous le donnera. Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine. Je vous ai dit ces choses en paraboles : l'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous enseignerai ouvertement sur le Père. En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai pour vous le Père ; car le Père vous aime luimême, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père et suis

A la Messe.

venu en ce monde : maintenant je quitte le monde et je vais au Père. Ses disciples lui dirent : Voilà que maintenant vous parlez ouvertement, et sans dire de paraboles. A présent nous savons que vous savez toutes choses, et qu'il n'est pas besoin qu'on vous interroge : en cela nous croyons que vous êtes sorti de Dieu.

et veni in mundum : iterum relinquo mundum, et vado ad Patrem. Dicunt ei discipuli ejus : Ecce nunc palam loqueris, et proverbium nullum dicis : nunc scimus quia scis omnia, et non opus est tibi ut quis te interroget : in hoc credimus quia a Dec existi.

L annonçait ainsi à ses Apôtres son prochain départ, ils étaient loin encore de comprendre tout ce qu'il était. Déjà cependant ils croyaient « qu'il était sorti de Dieu ». Mais cette croyance était faible, puisqu'elle devait s'éteindre sitôt. Dans les jours où nous sommes, entourant leur Maître ressuscité, illuminés par sa parole, ils savent mieux ce qu'il est. Le moment est arrivé « où il ne leur parle plus en paraboles »; nous avons vu quels enseignements il leur donne, comme il les prépare à devenir les docteurs du monde. C'est maintenant qu'ils peuvent lui dire : « O Maître, vous êtes véritablement sorti de Dieu ». Mais par là même ils com.prennent davantage la perte dont ils sont menacés; ils ont l'idée du vide immense que son absence leur fera sentir.

Jésus commence à recueillir le fruit que sa divine bonté a semé en eux, et qu'il a attendu avec une si ineffable patience. Si , lorsqu'ils étaient autour de lui à la table de la Cène, il les félicitait déjà sur leur foi; maintenant qu'ils l'ont vu ressuscité, qu'ils

100 Le Cinquième Dimanche après Pâques.

l'ont entendu, ils méritent bien autrement ses éloges ; car ils sont devenus plus fermes et plus fidèles. « Le Père vous aime, leur disait-il lors de cette dernière cène, parce que vous m'avez aimé » ; combien plus le Père doit-il les aimer, maintenant que leur amour s'est accru ! Que cette parole nous donne espérance. Avant la Pâque, nous aimions faiblement le Sauveur, nous étions chancelants à son service; maintenant que nous avons été instruits par lui, nourris de ses mystères, nous pouvons espérer que le Père nous aimera; car nous aimons davantage, nous aimons mieux son Fils. Ce divin Rédempteur nous invite à demander au Père en son nom tous nos besoins. Le premier de tous est la persévérance dans l'esprit de la Pàque ; insistons pour l'obtenir, et offrons à cette intention la divine Victime qui dans peu d'instants sera présentée sur l'autel.

L'Offertoire est emprunté des Psaumes ; c'est un chant d'actions de grâces que le fidèle, uni à Jésus ressuscité, oflre à Dieu qui a daigné l'établir dans la vie nouvelle, en lui faisant part de ses miséricordes les plus choisies.

BENEDICITE, g e n t e S, Dominutn Dcum nostrum, et obnudite vocera laiidis ejus : qui posuit animam mcani ad vitam. et non dédit commoveri pedes mcos. Benedictire

PEUPLES, bénissez le Seigneur notre Dieu, et faites entendre ses louanges. 11 a donné la vie à mon àme, il n'a pas permis que mes pieds fussent ébranles. Béni soit le Seigneur qui n'a pas

A la Messe.

rejeté ma prière, ni retiré de moi sa miséricorde, alléluia.

Dominus, qui non amovit deprecationem meam, et misericordiam suam a me, alléluia.

Dans la Secrète, l'Eglise demande pour nous l'entrée dans la gloire céleste, dont la Pâque terrestre est l'introduction. Tous les mystères divinement opérés ici-bas ont pour but de nous sanctifier, afin que nous devenions mûrs pour la vision et la possession éternelle de Dieu ; c'est ce que l'Eglise, instruite par les divines Ecritures, appelle la gloire.

RECEVEZ, SeigacLir , les prières des fidèles, avec ces hosties qui vous sont offertes ; et en retour de l'accomplissement de ce devoir de notre religion, faites-nous parvenir à la gloire céleste. Par Jésus-Christ.

SUSCIPE, Domine, fidelium preces cum oblationibus hostiarum : ut per hsec piœ devotionis officia, ad cœlestem gloriam trauseamus. Per Dominum.

De la très sainte Vierge.

DAIGNEZ, Seigneur , nous être propice, et par l'intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, faire que cette oblation nous procure la prospérité et la paix, en ces jours et à jamais.

T' UA, Domine, propitiatione, et beatœ Mariœ semper Virginis intercessione, ad perpetuam atque prsesentem hajc oblatio nobis proficiat prosperitatem et pacem.

Contre les persécuteurs de V Eglise.

PROTÉGEZ-NOUS, Seigneur, nous qui célébrons vos Mystères, afin que nous attachant aux choses divines, nous

PROTEGE nos, Domine, tuis mysteriis servientes : ut divinis rébus inhaerentes, et corpore

102 Le Cinquième Dimanche après Pâques.

tibi famulemur et mente. Per ûominum.

Fout

OBLATIS , quaesumus Domine , placare muneribus : et famulum tuum N., quem Pastorem Ecclesiae tua» praeesse voluisti, assidua protectione guberna. Per Dominum.

vous servions dans le corps et dans l'âme. Par JésusChrist.

le Pape.

LAISSEZ-VOUS fléchir, Sei■ gneur, par l'offrande de ces dons, et daignez gouverner par votre continuelle protection votre serviteur N. que vous avez voulu établir Pasteur de votre Eglise. Par Jésus-Christ.

L'Antienne de la Communion est un chant de jubilation qui exprime l'allégresse continue de la Pâque, et dont les accents sont empruntés au Roi-Prophète.

CANTATE Domino, alléluia : cantate Domino, et benedicite Nomen ejus : bene nuntiate de die in diem salutare ejus, alléluia, alléluia.

CHANTEZ au Seigneur, alléluia ; chantez au Seigneur et bénissez son Nom ; célébrez chaque jour le salut qu'il nous donne, alléluia, alléluia.

La sainte Eglise nous suggère dans la Postcommunion la formule de" nos demandes à Dieu. Il nous faut désirer le bien ; demandons ce désir, et continuons notre prière jusqu'à ce que le bien lui-même nous arrive. La grâce descendra alors, et ce sera à nous de ne la pas négliger.

TRIBUE nobis. Domine, cœlestis mensae viroi'S sommes rassasies, Seigneur, par la puisA la Messe.

io3

santé nourriture de la table céleste ; donnez-nous de désirer ce qui est bien, et d'obtenir ce que nous désirons. Par Jésus-Christ.

tute satiatis, et desiderare qu.-e recta sunt et desiderata percipere. Per Dominum.

De la très sainte Vierge.

^ous venons, Seigneur, de * ' recevoir le puissant secours du salut; daignez faire que nous soyons en tous lieux couverts de la protection de la bienheureuse Marie toujours Vierge, en l'honneur de laquelle nous avons offert ce Sacrifice à votre Majesté.

SUMl tis

UMPTis, Domine, salunostras subsidiis, da quœsumus, beatae Mariœ sempcr Virginis patrociniis nos ubique protegi, in cujus veneratione ha;c tuce obtulimus majestati.

Contre les persécuteurs de VEglise.

Nous vous supplions, Seigneur notre Dieu, de ne pas laisser exposés aux périls de la part des hommes ceux à qui vous accordez de participer aux Mystères divins. Par Jésus-Christ.

Qu.EsuMUS , Domine Deus noster, ut quos divina tribuis participatione gaudere, humanis non sinas subjacere periculis. Per Dominum.

Pour le Pape.

OUE la réception de ce divin Sacrement nous protège, Seigneur; qu'elle sauve aussi et fortifie à jamais, avec le troupeau qui lui est confié, votre serviteur A'^. que vous avez établi Pasteur de votre Eglise. Par JésusChrist.

H.EC nos, qusesumus Domine, divini Sacramenti perceptio protegat : et famulum tuum AT., quem Pastorem Ecclesiœ tuaeprceesse voluisti, una cum commisso sibi grege, salvet semper et muniat. Per Dominum.

ANTIENNE DE Magnificat.

PETITE et accipietis, ut gaudium vestrum sit plénum : ipse enim Pater amat vos, quia vos me amastis, et credidistis, alléluia.

DEMANDEZ et vous recevrez, afin que votre joie soit complète ; car mon Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru en moi, alléluia.

DEUS, a quo bona cuncta procedunt, largire supplicibus tuis : ut cogitemus, te inspirante, qua» recta sunt. et, te gubernante, eadem faciamui. Per Dominum.

ODiEU, vous de qui procèdent tous les biens, accordez à nos humbles prières que. par votre inspiration, nos pensées se portent à ce qui est bien, et daignez nous accorder votre conduite pour l'accomplir. Par JésusChrist.

V ; ous terminons la journée par cette grave

^^ exhortation que l'Eglise gothique d'Espaî:^ne adressait aux fidèles au milieu même des joies pascales, afin. de les avertir des précautions qui leur étaient nécessaires pour conserver en eux la vie nouvelle qu'ils avaient reçue.

[Feria V post Pascha.)

ABEANT, dilectissimi 1 Qachons, frères bien-aimés, fratres, vota caute- | »^ unir nos transports avec la

Le Cinquième Dimanche après Pâques. io5

réserve, nos fêtes avec la vigilance, nos joies avec la règle. Il est juste que nous soyons dans l'allégresse , puisque nous sommes ressuscites ; mais il nous faut craindre aussi, de peur qu'il ne nous arrive de tomber. Entre la vie nouvelle et la mort qui l'a précédée, connaissons bien celle des deux à laquelle nous avons échappé, et choisissons celle que nous devons aimer. Ce n'est pas erreur, c'est mépris, de pécher quand on est averti. Une peine plus sévère attend après la récidive celui qui fut d'abord gracié ; et ce serait une chose indigne si celui que l'on a racheté allait de nouveau retomber dans les fers. Outre la bonté, Dieu possède la puissance ; cette puissance est de nature à nous faire trembler, et la crainte qu'elle inspire vient de ce qu'elle est vengeresse. Si Dieu s'est montré si miséricordieux envers l'homme, c'est que sa colère s'était déchargée d'abord contre le démon. Une grâce toute gratuite nous a rendu nos forces : n'allons pas retomber par le péché dans notre première maladie. C'est dans le but de nous voir corrigés que Dieu nous a octroyé le pardon, et son indulgence demeurera sur nous, si nos offenses ne se renouvellent pas. En nous remetlam, festa diligentiam, gaudia disciplinam. Exsultare decet quod resurrexerimus : sed timere convenit ne cadamus. Inter novam vitam veteremque mortem oportet scire quid evasimus, oportet eligere quid amemus Non enim error, sed contemptus est peccare commonitum. Major post veniam pœna sequitur contumaces : gravius est captivos fieri jam redemptos. Habet ista pietas potestatem, habet potestas ista terrorem, habet terror iste vindictam. Non enim fuisset plus in hominc, nisi prius iratus fuisset in dœmone. Conforlamur gratia doni, si non corrumpamur lege peccati. Ratio parcendi est prœvisio corrigendi. Non mutamur indulgentia, si non renovetur offensa. Qui nobis quod peccavimus induisit, et ne ultra peccaremus admonuit. Profuit clementia. si profecit disciplina. Jam quidem hominem gratia adoptavit, sed necdum dasmonem gehenna suscepit. Vioientia peccatum perdidit, non naturam. Dimicandi est facultas, non securitas otiandi. Spoliatus est adversarius, non exio6

Le Temps Tascal.

stinclus. Gravius necesse est ut frendeat in amissis, quibus praeerat dominando subjectis. Accepimus castra per fidcm, arma per crucem. signa per carnem, vexiila per sanguinem : restât causa certaminis. Qui enim auferre necessitatem noluit pugnas, spem voluit probare victoriae. Prîecessit quidem in adoptione donum, sed adhuc restât in conversationc judicium. Hic promissio est de munere, illic vicissitude futura est post laborem. Sit itaqiie ille ante oculos nostros Domini miserantis affectu>, quod in taxatione nostia non aro;enti pondus, non auri talentum dédit, non gratiarum fudit ornatum, sed convitio subdidît se patibuli, sepulcro susti nens carneam injuriam, sepulturani. Nihil majus potuit dare, nihil melius. Ut utique sit probandum quod diligentius nos sibi servire voluit, qui pretiosiusnos rcdemit.Ergo ut in nobis redemptionis suas bénéficia dignetur perficere, constanter nos convenit ac perseveranter orare.

tant nos péchés, il nous a avertis de ne pécher plus. Sa clémence a été pour nous un bien, si la pénitence nous a changés. La grâce divine a daigné adopter un pécheur ; mais l'enfer n'a pas encore reçu le démon, et ne s'est pas refermé sur lui. On lui a arraché violemment le pécheur ; mais la nature qui produit le péché est restée. L'arène du combat est ouverte, et le repos n'aurait aucune sûreté. L'adversaire a été dépouillé, mais non tué; sa rage doit être au comble d'avoir perdu les sujets qu'il dominait avec tant d'empire. La foi est devenue pour nous un camp, la croix une arme, la chair et le sang du Christ un étendard ; reste à attendre le moment de la bataille. Celui qui a voulu nous assujettir au combat comme à une nécessité, approuve en nous l'espoir de la victoire. Il a commencé par nous octroyer le don de l'adoption; le jugement lui reste à porter sur notre vie. Maintenant il nous promet ses bienfaits : après l'heure du travail viendra le moment critique. Ayons donc devant les yeux le bienfait du Seigneur plein de miséricorde qui, lorsqu'il s'est agi

de notre rançon, n a pas verse un poids d'argent, un talent d'or, ne s'est pas borné à répandre ses grâces, mais s'est soumis à un infâme gi bet, acceptant jusqu'à la plus sanglante insulte dans sa

Le Cinquième Dimanche après Pâques. loy

chair, l'insulte du tombeau. Certes, il ne pouvait rien faire de plus grand que ce qu'il a fait pour nous, rien de plus avantageux ; mais il a du exiger que notre service envers lui fût d'autant plus soigneux, qu'il a daigné nous rachètera un plus grand prix. Afin donc qu'il daigne achever en nous les bienfaits de sa rédemption, attachons-nous avec constance et persévérance à la prière.

ujourd'hui commence une série de trois jours consacrés à la pénitence. Cet incident inattendu paraît au premier abord une sorte d'anomalie dans le Temps pascal ; et néanmoins, quand on y réfléchit, on arrive à reconnaître que cette institution n'est pas sans une relation intime avec les jours auxquels elle se rapporte. 11 est vrai que le Sauveur disait avant sa Passion que (( durant le séjour de l'Epoux au milieu de nous, il ne serait pas temps de jeûner i ; u mais ces dernières heures qui précèdent son départ pour le ciel n'ontelles pas quelque chose de mélancolique } et n'étions-nous pas portés tout naturellement hier à penser à la tristesse résignée et contenue qui oppresse le cœur de la divine Mère et celui des disciples, à la veille de perdre celui dont la présence était pour eux i'avant-goût des joies célestes?

Il noiis faut maintenant raconter comment et à quelle occasion le Cycle liturgique s'est complété, dans cette saison, par l'introduction de ces trois jours durant lesquels la sainte Eglise, toute radieuse qu'elle était des splendeurs de la Résurrection, semble vouloir tout à coup rétrograder jusqu'au deuil quaLe Lundi des Rogations. log

dragésimal. L'Esprit-Saint, qui la dirige en toutes choses, a voulu qu'une simple Église des Gaules, un peu après le milieu du v" siècle, vît commencer dans son sein ce rite imposant qui s'étendit rapidement à toute la catholicité, dont il fut reçu comme un complément de la liturgie pascale.

L'Eglise devienne, l'une des plus illustres et des plus anciennes de la Gaule méridionale, avait alors saint Mamert pour évoque. Des calamités de tout genre étaient venues désoler cette province récemment conquise par les Burgundes. Des tremblements de terre, des incendies, des phénomènes effrayants agitaient les populations, comme autant de signes de la colère divine. Le saint évêque désirant relever le courage de son peuple, en le portant à s'adresser à Dieu dont la justice avait besoin d'être apaisée, prescrivit trois jours d'expiation durant lesquels les fidèles se livreraient aux œuvres de la pénitence, et marcheraient en procession en chantant des psaumes. Les trois jours qui précèdent l'Ascension furent choisis pour l'accomplissement de cette pieuse résolution. Sans s'en douter, le saint évêque de Vienne jetait ainsi les fondements d'une institution que l'Eglise entière allait adopter.

Les Gaules commencèrent , comme il était juste. Saint Alcime Avit, qui succéda presque immédiatement à saint Mamert sur le siège de Vienne, atteste que la pratique des Rogations était déjà consolidée dans cette Eglise ^ Saint Césaire d'Arles, au commen1. Homil. de Rogationibi:

Le 7 emps Pascal.

cernent du vi^ siècle, en parle comme d'une coutume sacrée déjà répandue au loin, désignant au moins par ces paroles toute la portion des Gaules qui se trouvait alors sous le joug des \isigoths '. On voit clairement que la Gaule tout entière ne tarda pas d'adopter ce pieux usage, en lisant les canons portés à ce sujet dans le premier concile d'Orléans tenu en 5i i, et réuni de toutes les provinces qui reconnaissaient l'autorité de Clovis. Les règlements du concile au sujet des Rogations donnent une haute idée de l'importance que l'on attachait déjà à cette institution. Non seulement l'abstinence de chair est prescrite pendant les trois jours, mais le jeûne est de précepte. On ordonne également de dispenser de leur travail les gens de service, atîn qu'ils puissent prendre part aux longues fonctions par lesquelles ces trois jours étaient pour ainsi dire remplis 2. En 367, le concile de Tours sanctionnait pareillement l'obligation du jeûne dans les Rogations 3 ; et quant à l'obligation de férier durant ces trois jours, on la trouve reconnue encore dans les Capitulaires de Charlemagne et de Charles le Chauve.

Le principal rite des Eglises des Gaules durant ces trois jours consista, dès l'origine, dans ces marches solennelles accompagnées de cantiques de supplication, et que Ton a appelées Processions, parce que l'on se rend d'un lieu dans un autre. Saint Césaire d'Arles nous.apprend que celles qui avaient lieu dans

I. Serm. CLXXii, parmi les Sermons de saint Augustin. — 2. Canon xxvn. — 3. Canon ,\vn.

Le Lundi aes Rogations.

les Rogations duraient six heures entières; en sorte que le clergé se sentant fatigué par la longueur des chants, les femmes chantaient en chœur à leur tour, afin de laisser aux ministres de l'Eglise le temps de respirer i. Ce détail emprunté aux mœurs des Eglises des Gaules à cette époque primitive, peut nous aider à apprécier l'indiscrétion de ceux qui, en nos temps modernes, ont poussé à l'abolition de certaines processions qui prenaient une partie notable de la journée, et cela dans l'idée que cette longueur devait être en elle-même considérée comme un abus.

Le départ de la Procession des Rogations était précédé de l'imposition des cendres sur la tète de ceux qui allaient y prendre part, et c'était le peuple tout entier. L'aspersion de l'eau bénite avait lieu ensuite ; après quoi le pieux cortège se mettait en marche. La Procession était formée du clergé et du peuple de plusieurs églises d'un rang secondaire, qui marchaient sous la croix d'une église principale dont le clergé présidait la fonction. Tout le monde, clercs et laïques, marchait nupieds. On chantait la Litanie, des Psaumes, des Antiennes, et l'on se rendait à quelque basilique désignée pour la Station, où l'on célébrait le saint Sacrifice. Sur la route on visitait les églises qui se rencontraient, et l'oç y chantait une Antienne à la louange du mystère ou du saint, sous le titre duquel elles avaient été consacrées.

Tels étaient à l'origine, et tels ont été longLe Temps Pascal.

temps les rites observés dans les Rogations. Le Moine de Saint-Gall, qui nous a laissé de si précieux mémoires sur Charlemagne, nous apprend que le ^rand empereur, en ces jours, quittait sa chaussure comme les plus simples tidcles, et marchait nu-pieds à la suite delà croix, depuis son palais jusqu'à l'église de la Station i. Au xiir siècle, sainte Elisabeth de Hongrie donnait encore le même exemple; son bonheur était, durant les Rogations, de se confondre avec les plus pauvres femmes du peuple, marchant aussi nu-pieds, et couverte d'un grossier vêtement de laine 2. Saint Charles Borromée, qui renouvela dans son Eglise de Milan tant d'usages précieux de l'antiquité, n'eut garde de négliger les Rogations. Par ses soins et par ses exemples, il ranima dans son peuple l'ancien zèle pour une pratique si sainte. Il exigea de ses diocésains le jeûne pendant ces trois jours, et il l'accomplissait lui-même au pain et à l'eau. La Procession, à laquelle tout le clergé de la ville était tenu d'assister, et qui commençait

Êar l'imposition des cendres , partait du lôme au point du jour, et ne rentrait qu'à trois ou quatre heures après midi , ayant visité le lundi treize églises, neuf le mardi, et onze le mercredi. Le saint Archevêque célébrait le saint Sacrifice dans une de ces églises, et adressait la parole à son peuple 3, ^

Si l'on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec

2. SURIUS, ad diem xix \ovembris. — 3. GlUSSANO.

Vie de saint Charles Borromée.

Le Lundi des Rogations.

l'insouciance qui accompagne aujourd'hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l'affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Eglise dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d'édification !

Les Rogations s'étendirent rapidement des Gaules dans toute l'Eglise d'Occident. Elles étaient déjà établies en Espagne au vu" siècle, et elles ne tardèrent pas à s'introduire en Angleterre, et plus tard dans les nouvelles Eglises de la Germanie, à mesure qu'elles étaient fondées. Rome elle-même les adopta à la fin du viii« siècle, sous le pontificat de saint Léon III. G était peu de temps aprèsque les Eglises des Gaules ayant renoncé à la liturgie gallicane pour prendre celle de Rome, eurent à admettre dans leurs usages la Procession de saint Marc. Mais il y eut cette différence qu'à Rome on conserva à la Procession du 25 avril le nom de Litanie majeure, et l'on appela Litanies mineures celles des Rogations, tandis qu'en France on désigna ces dernières par l'appellation de Litanies majeures, en réservant le nom de mineure pour la Litanie de saint Marc. Mais l'Eglise

Le Temps Fiscal.

romaine, sans blâmer la dévotion des Eglises des Gaules qui avaient cru devoir introduire dans le Temps pascal trois journées d'observance quadragésimalc, n'adopta pas cette rigueur. Il lui répugnait d'attrister par le jeûne la joyeuse quarantaine que Jésus ressuscité accorde encore à ses disciples ; elle s'est donc bornée à prescrire l'abstinence de la viande durant ces trois jours. L'Eglise de Milan, qui garde si sévèrement, ainsi que nous l'avons vu, l'institution des Rogations, l'a placée aux lundi, mardi et mercredi qui suivent le dimanche dans l'Octave de l'Ascension, c'est-à-dire au delà des quarante jours consacrés à célébrer la Résurrection.

Il faut donc, pour être dans cette véritable mesure dont l'Eglise romaine ne se départ jamais, envisager les Rogations comme une institution sainte qui vient tempérer nos joies pascales et non les anéantir. La couleur violette employée à la Procession et à la Messe de la Station n'a pas pour but de nous indiquer encore la fuite de l'Epoux ' ; mais elle nous avertit que son départ est proche ; et l'abstinence qui nous est imposée , bien qu'elle ne soit pas accompagnée du jeûne, est déjà comme un témoignage anticipé de nos regrets pour cette chère présence de notre Rédempteur qui va nous être sitôt ravi.

En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d'une institution que l'Eglise a sanctionnée par ses ordonnances, \\ nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l'abaissement des mœurs

I. Gant. fin.

Le Lundi des Rogations. 1 15

chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Eviiques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l'abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait impose à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C'est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais "fidèles en conclure que l'assistance aux Processions de ces trois )ours est devenue plus opportune que jamais, et qu'il est urgent de compenser, en s'unissant à la prière fiturgique, l'abolition d'une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse !

Selon la discipline actuelle de l'Eglise, les Processions des Rogations, dont l'intention est d'implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d'obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l'église de la Station, soit dans l'église même d'où la Procession est partie, si elle ne doit pas s'arrêter dans quelque sanctuaire.

On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efiicacité. L'Eglise y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à

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Le Lundi des Rogations.

la cour céleste tout entière. Si l'on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l'on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Eglise : on aura part aux avantages d'une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois )ours ; entin on aura fait acte de catholique.

Nous insérons ici la Messe des Rogations, qui est la. même pour les trois jours. Tout y parle de la nécessité et de la puissance de la prière. La sainte Eglise y revêt la couleur quadragésimale pour exprimer ses intentions expiatrices; mais tout en elle respire la contîance et l'espoir d'être exaucée ; on sent qu'elle s'appuie sur l'amour de son Epoux ressuscité.

I 'Introït tiré des Psaumes annonce d'avance

^ la miséricorde du Seigneur, qui a exaucé la prière de son peuple, tout aussitôt qu'elle est montée vers lui.

EXAUDiviT de templo sancto suo vocem meam, alléluia : et clamor meus in conspectu ejus introivit in aures cjus, alléluia, alléluia.

Ps. Diligam te, Domine, viriusmea . Dominus firmamentum meum et

E son temple saint, le Seigneur a exaucé ma prière, alléluia ; et le cri que j'ai poussé en sa présence a pénétré jusqu'à ses oreilles, alléluia, alléluia.

Ps. Je vous aimerai, Seigneur qui 'èies ma force ; le Seigneur est mon appui, mon

La Messe des Rogations.

ïiy

refuge et mon libérateur. Gloire au Père. De son temple.

refuglum meum, et liberator meus. Gloria Patri. Exaudivit.

Dans la Collecte, l'Eglise expose à Dieu les besoins de ses enfants, le priant de reconnaître la confiance avec laquelle ils recourent à lui, et implorant pour eux sa protection dans leurs nécessités.

FUTES, s'il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, que nous qui, dans nos afflictions, mettons notre confiance en votre bonté, nous soyons fortifiés par votre protection contre toute adversité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Pr^sta. quassumus omnipotens Deus, ut, qui in afflictione nostra de tua pietate confidimus, contra adversa omnia, tua semper protectione muniamur.Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

On ajoute les autres Collectes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques, ci-dessus, page 94 .

Lecture de l'Epître de saint LectioEpistolae beati JaJacques, Apôtre. Ch.\p. v. cobi Apostoli. Cap. v.

MES bien-aîmés, confessez vos fautes les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés ; car la prière persévérante du juste peut beaucoup. Elie était un homme semblable à nous, sujet à la souffrance ; cependant, quand il eut prié avec instance pour obtenir que la pluie cessât de

CHARISSI.MI, Confitemini alterutrum peccata vestra, et orate pro invicem ut salvemini • multum enijn valet deprecatio justi assidua. Elias homo erat similis nobis, passibilis : et oratione oravit ut non plueret super terram, et non pluit aunos très, et menses sex. Et rursum oravit : et ccelum dédit pluviam, et terra dédit fructum suum. Fratres mei, si quis ex vobis erraverit a veritnte, et converterit quis eum : scire débet quoniam qui converti fecerit peccatorem ab errore viœ suœ, salvabit animam ejus a morte, et operiet multitudinem pcccatorum.

tomber sur la terre, il n'y eut pas de pluie durant trois ans et six mois ; puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit. Mes frères, si l'un de vous s'écarte de la vérité, et que quelqu'un l'y fasse rentrer, il doit savoir que celui qui aura fait sortir un pécheur de l'erreur de sa voie, sauvera de la mort son âme à soi, et couvrira la multitude de ses péchés.

C'est encore à l'Apôtre saint Jacques le Mineur que la sainte Eglise emprunte l'Epître aujourd'hui ; et l'on ne saurait trop admirer l'à-propos que présentent les paroles de l'écrivain inspiré. L'une des fins de l'institution des Rogations est d'obtenir de la bonté de Dieu la température convenable pour les fruits de la terre, et saint Jacques nous montre, par l'exemple d'Elie, que la prière peut rendre le ciel serein, ou en faire descendre une pluie fécondante. Imitons la foi du prophète, et recommandons au Seigneur les moissons, qui ont tant besoin encore de sa bonté pour arriver à leur maturité, et pour échapper aux fléaux qui pourraient fondre sur elles. Un autre but des Rogations est d'obtenir la rémission des péchés. Si nous prions avec ferveur pour nos frères qui sont égarés, nous obtiendrons en leur faveur des miséricordes particulières. Nous ne connaîtrons peut-ctre pas en ce monde ceux que notre prière, unie à celle de la sainte Eglise, aura retirés de la voie du péché ; mais

La Messe des Rogations.

l'Apôtre nous apprend que notre charité recevra la plus précieuse récompense, l'effusion de la miséricorde de Dieu sur nousmêmes.

Pour exprimer le deuil et la componction dans cette Messe des Rogations, l'Eglise, qui a revêtu la couleur violette, arrête la jubilation de ses cantiques ; elle ne se permet qu'un seul Verset alléluiatique, lequel d'ailleurs continue d'exprimer ses espérances'

f. Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est à jamais.

j^. Confitemini Domino, quoniam bonus : quoniam in sœculum misericordia ejus.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. xi.

EN ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si l'un de vous a un ami, et que, l'allant trouver au milieu de la nuit, il lui dise : Mon ami, prête-moi trois pains, parce qu'un de mes amis en voyage est venu chez moi, et je n'ai rien à lui donner ; et que du dedans de la maison l'autre réponde : Ne m'importune pas, la porte est fermée, et mes serviteurs sont au lit comme moi ; je ne puis me

Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. XI.

1 Jésus discipulis suis :

Quis vestrum habebit amicum, et ibit ad illum média nocte, et dicet illi : Amice, commoda mihi très panes, quoniam arnicas meus venit de via ad me, et non habeo quod ponam ante illum ; et ille deintus respondens dicat : Noii mihi molestus esse, jam ostium clausum est, et pueri mei mecum

Le Lundi des Rofçations.

sunt in cubili : non possum surgere, et date tibi. Et si ille perseveraverit pulsans : dico vobis, et si non dabit illi surgens eo quod amicus ejus sit, propter improbitatem taroen ejus surget, et dabit illi quotquot habet necessarios. Et ego dico vobis : Petite, et dabitur vobis : quaerite, et invenietis :

Eulsate, et aperietur vois. Omnis enim qui petit, accipit : et qui qunsrit, invenit : et pulsanti aperietur. Quis autem ex vobis patrem petit panem, numquid lapidem dabit illi ? Aut piscem : numquid pro pisce serpentem dabit illi ? Aut si petierit ovum : numquid gorriget illiscorpionem ? ai ergo vos, cura sitis mali, nostis bona data dare filiisvestris : quanto magis Pater vcster de cœlo dabit spiritum bonum petentibus se !

lever et te rien donner. Si cependant le premier continue de frapper, quand même il ne se lèverait pas d'abord et ne lui donnerait rien par le motif de l'amitié ; à cause de son importunité, je vous le dis, il se lèvera et lui donnera ce dont il a besoin. Je vous dis de même : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit ; et qui cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira. Est-il parmi vous un père qui donnât à son fils une pierre, lorsqu'il lui demande du pain ? ou qui lui donnât un serpent, lorsqu'il lui demanderait un poisson ? ou qui lui donnât un scorpion, lorsqu'il lui demanderait un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants ; combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit bon à ceux qui le lui demandent !

UsT-iL rien, dans les sai-ots Evangiles, qui soit plus expressif sur la toute-puissance de la prière que ces paroles de notre Sauveur ? La sainte Eglise, en nous les taisant lire aujourd'hui , nous montre assez sans doute l'importance des Rogations, puisque c'est en ces jours qu'elle nous révèle la vertu de l'intercession, qui triomphe des refus même de Dieu. Le choix des lectures de la

La Messe des Rotations.

sainte Ecriture dans la Liturgie est un enseignement permanent et toujours à propos : on a dû le reconnaître jusqu'ici. En ces trois jours où il s'agit de fléchir le ciel offensé, rien n'était plus nécessaire que de faire bien comprendre aux chrétiens le pouvoir qu'exerce sur Dieu lui-même l'insistance dans la prière. Les Litanies qui ont été chantées dans le cours de la Procession nous offrent un modèle de cette sainte obstination dans la prière. Nous n'avons cesse de répéter : « Seigneur ! ayez pitié; délivrez-nous, Seigneur! Nous vous en supplions, exaucez-nous ! » En ce moment la médiation de notre divin Agneau pascal offert sur l'autel se prépare, et dans peu d'instants il joindra à nos faibles vœux son entremise toujours efficace. Muni d'un tel gage, nous nous retirerons, assurés de n'avoir pas prié en vain. Prenons donc aussi la résolution de ne plus nous tenir éloignés de la sainte FIglise dans ses pratiques, et de préférer toujours la prière faite avec elle à toute autre que nous offririons à Dieu en notre particulier, dans les jours où cette Epouse du Sauveur, cette mère commune, veut bien nous convier à prendre part aux devoirs de supplication que, dans notre intérêt, elle rend à son céleste Epoux,

Dans l'Offertoire emprunté aussi à David, elle loue le Seigneur qui, malgré l'indignité de l'homme pécheur, s'est laissé vaincre par ses instances, et s'est levé pour le défendre et subvenir à ses besoins.

Le Lundi des Rogations.

CONFITEBOR Domino nimis in ore meo : et in medio multorum laudabo eum, qui adstitit a dextris pauperis . ut salvam faceret a persequentibus animam meam, alléluia.

I E louerai le Seigneur avec

J tous les accents de ma voix ; je chanterai ses louanges au milieu d'une nombreuse assemblée ; car il s'est tenu à la droite du pauvre, et il a sauvé mon âme des atteintes de ceux qui la poursuivaient, alléluia.

Les liens de nos péchés nous tenaient enchaînés, et nous ne pouvions pas nous-mêmes revenir à Dieu; la victime pascale nous a rendus à la liberté, et chaque fois que son Sacrifice se renouvelle sur l'autel, c'est notre délivrance qui s'opère de nouveau. La sainte Eglise, dans la Secrète, représente au Dieu tout-puissant les motifs sur lesquels s'appuie notre confiance dans l'Hostie divine dont il nous a fait don.

HJEC munera, quœsumus Domine, et vincula nostrœ pravitatis absolvant, et tuœ nobis misericordias dona concilient. PerDominum.

PAR cette oblation, Seigneur, daignez nous dégager des liens de notre malice, et nous concilier les dons de votre miséricorde. Par Jésus-Christ.

On ajoute les autres Secrètes, comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques, ci-dessus, page loi.

L'Antienne de la Communion répète avec jubilation les paroles du Sauveur que nous avons entendues dans notre Evangile. C'est lui-même qui nous autorise à tout oser dans

La Messe des Rogations.

la prière. Nul de nous n'aurait osé dire : « Quiconque demande à Dieu reçoit l'effet de sa demande » ; mais maintenant que le Fils de Dieu est venu du ciel en terre pour nous l'apprendre, notre consolation doit être de le répéter sans cesse.

DEMANDEZ, et VOUS recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit ; quiconque cherche, trouve ; et à celui qui frappe, on ouvrira, alléluia.

PETITE, et accipietis : quaerite, et invenietis : pulsatc, et aperietur vobis : omnis enim qui petit accipit : et qui quœ- rit invenit : et pulsanti aperietur, alléluia.

Le Sacrifice de paix est consommé, et la confiance de l'Eglise s'épanche dans les paroles d'actions de grâces que renferme la Postcommunion. Le don sacré a apporté la consolation , la sainte Eglise espère que ses enfants en profiteront pour faire de nouveaux progrès dans l'amour.

DAIGNEZ, Seigneur, agréer favorablement nos vœux ; afin qu'en recevant vos dons au milieu de notre tribulation, la consolation que vous nous donnez nous fasse croître dans votre amour. Par Jésus-Christ.

VOTA nostra, qusesumus Domine, pio favore prosequere : ut, dum dona tua in tribulatione percipimus, de consolatione nostra in tuo amore crescamus. Per Dominum.

On ajoute les autres Postcommunions , comme à la Messe du cinquième Dimanche après Pâques, ci-dessus, page io3.

XTous aioutons ici un fragment liturgique \^ tire de la Messe des Rogations selon l'antique rite gallican. Cette prière fait partie des supplications du premier jour, et doit remonter à la plus haute antiquité. On est à même d'y reconnaître l'importance que l'on attachait au jeûne des Rogations dans l'Eglise des Gaules, au temps des Mamert de Vienne etdesCésaire d'Arles.

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A sunt, Domine, alimonia, quibus in

quotidiano victu ad sustentationem reficimur : tuaque jejunia, quibus carnem a lubrica voluptate. te praecipiente. restringimus. Tu ad consolationem nostram vicissitudines temporum disposuisti • ut tempus edendi corpora nostra refectio sobria aleret ; et jejunandi tempus ea io justitiam tibi placitam faceret macerata. -Hanc hostiam ob jejunia triduanœ macerationis a nobis oblatam sanctificans dignanter adsume, et prjesta placatus : ut sopita delectatione corporea. mens ab iniquitatibus pariterconquiescat. Per Christum Dominum nostrum. Amen, en même

ILS sont à vous, Seignetir, }■ ces aliments dont chaque jour nous nous servons pour soutenir nos forces ; ils sont à vous aussi, les jeûnes par lesquels nous contenons, pour V0US obéir, nos sens entraînés par le désir d'être satisfaits. C'est VOUS qui, pour notre consolation, avez réglé l'ordre des temps, en sorte que nos corps eussent à attendre une réfection sobre destinée à les nourrir, dans la saison où il est opportun de le faire, et que, en d'autres temps, le devoir du jeûne les châtiât, et fît d'eux un hommage à votre justice. Daignez recevoir aujourd'hui et sanctifier l'hostie que nous vous offrons pour accompagner la sévérité de es jeûne de trois jours, et accordez-nous la grâce de sentir en notre âme le penchant au mal s'apaiser.

temps que nous retirons à nos corps les tactions ordinaires. Par Jésus-Christ notre Sei,

atisgneur.

nous-y, le ciel,

yyyyyyyyyyyyyy

ES Supplications de l'Eglise continuent aujourd'hui encore, et l'armée du Seigneur parcourt pour la seconde fois les rues des cités et les chemins ombragés des campagnes. Joignonset faisons entendre ce cri qui pénètre Kyrie eleison ! Seigneur, aye^ pitié ! Songeons au nombre immense de péchés que chaque jour et chaque nuit voient se commettre, et implorons miséricorde. Aux )ours du déluge, « toute chair avait corrompu sa voie ^ » ; mais les hommes ne songeaient pas à demander grâce au ciel. « Le déluge « vint et les perdit tous », dit le Seigneur 2, S'ils eussent prié, s'ils eussent fait amende honorable à la divine justice, la main de Dieu se fût arrêtée ; elle n'eût pas déchaîné sur -la terre les cataractes du grand abîme 3. Un jour doit venir aussi, où non plus les eaux, mais un feu allumé à la colère céleste s'élancera tout à coup, et il embrasera cette terre que nous foulons. Il brûlera jusqu'aux racines des montagnes *, et dévorera les pécheurs qui seront surpris dans leur fausse sécurité, comme il arriva aux jours de Noé.

Mais auparavant la sainte Eglise, opprimée par ses ennemis, décimée par le martyre de ses enfants, réduite aux abois par les défecI. Gcn. VI, 12. — 2. Luc. XVII, 27. — 3. Gen. viii, 2. — 4. Dcut. xxxii, 22.

126 Le Temps Pascal.

lions, dépourvue de tout appui terrestre, sentira que le jour est proche; car la prière sera devenue rare comme la foi. Veillons donc et prions, atin que ces jours de la consommation soient retardes, afin que la vie chrétienne si épuisée reprenne un peu de vigueur, et que ce monde vieilli ne s'atfaisse pas en nos temps. Nous sommes encore partout, mais notre nombre a diminué visiblement. L'hérésie occupe de vastes régions où la catholicité fleurissait autrefois ; dans les pays épargnés par l'hérésie, l'incrédulité et l'indifférence ont amené la plupart des hommes à n'être plus chrétiens que de nom, et à enfreindre sans remords les devoirs religieux les plus essentiels; chez un grand nombre de ceux qui remplissent encore leurs obligations de catholiques, les vérités sont diminuées^, l'énergie de la foi a fait place à. la mollesse dans les convictions, des conciliations impossibles sont tentées et suivies, les sentiments etles actions des saints qu'animait l'Esprit de Dieu, les actes et les enseignements de l'Eglise sont taxés d'exagération et d'incompatibilité avec un soi-disant progrès ; la recherche des aises est devenue une étude sérieuse, la poursuite des biens terrestres une noble passion, l'indépendance une idole à laquelle on sacrifie tout, la soumission une honte qu'il faut fuir ou dissimuler ; enfin le sensualisme, comme une impure atmosphère, imprègne de toutes parts une société que l'on dirait axoir résolu d'abolir jusqu'au souvenir de la Croix.

I. Psalm. XI.

Le Mardi des Rogations. i 2j

De là tant de périls pour cette société qui rêve d'autres conditions que celles que Dieu lui a voulu imposer. Si l'Evangile est divin, comment les hommes en pourraient-ils prendre le contre-pied, sans provoquer le ciel à lancer sur eux ces fléaux qui écrasent quand ils ne sauvent pas ? Soyons justes, et sachons convenir de nos misères devant la souveraine sainteté : les péchés de la terre se multiplient en nombre et en intensité d'une manière effrayante ; et pourtant, dans le tableau que nous venons de tracer, nous n'avons parlé ni de l'impiété forcenée, ni des enseignements pervers dont le poison circule partout, ni des pactes avec Satan qui menacent notre siècle de descendre au niveau des siècles païens, ni de la conspiration ténébreuse organisée contre tout ordre, toute justice, toute'vérité. Encore une fois, unissons-nous à la sainte Eglise, et crions avec elle en ces jours : « De votre colère, délivreznous. Seigneur ! »

Une autre rîn des Rogations est d'attirer la bénédiction de Dieu stir les moissons et les fruits de la terre ; c'est la demande du jpain quotidien qu'il s'agit de présenter solennellement à la majesté divine. « Tous les êtres, tt dit le Psalmiste, élèvent avec espoir leurs « yeux vers vous, Seigneur, et vous leur don« nez leur nourriture en la saison conve« nable ; vous ouvrez la main, et vous répan« dez votre bénédiction sur tout ce qui res« pire 1. » Appuyée sur ces touchantes paroles, la sainte Eglise supplie le Seigneur de

1. Psalm. cxLiv.

/2 c*? Le Temps Pascal.

donner, cette année encore, aux Ixibitants de la terre la nourriture dont ils onr besoin. Elle confesse qu'ils en sont indignes par leurs offenses; reconnaissons avec elle les droits de la divine justice sur nous, et conjurons-la de se laisser vaincre par la miséricorde. Les tîéaux qui pourraient arrêter tout court lesespérancesorgueilleusesde l'homme sont dans la main de Dieu ; il ne lui en coûterait pas un effort pour anéantir tant de belles spéculations : un dérangement dans l'atmosphère suffirait pour mettre les peuples aux abois. La science économique a beau faire ; bon gré, mal gré, il lui faut compter avec Dieu. Elle parle de lui rarement ; il semble consentir à se voir oublié ; mais (( il ne dort pas, celui qui garde Israël i. » Qu'il retienne sa main bienfaisante, et nos travaux agricoles, dont nous sommes si fiers, nos cultures, à l'aide desquelles nous nous vantons d'avoir rendu la famine impossible, sont aussitôt frappés de stérilité. Une maladie dont la source demeurera inconnue fondra tout à coup, nous l'avons vu, sur les produits de la terre ; et ce serait assez pour affamer les peuples, assez pour amener les plus terribles perturbations dans un ordre social qui s'est affranchi de la loi chrétienne, et n'a plus d'autre raison de tenir debout que la compassion divine.

Et cependant, si le Seigneur daigne cette année encore octroyer fécondité et protection aux moissons que nos mains ont semées, il sera vrai de dire qu'il aura donné la nourLe Mardi des Rogations. 12g

riture à ceux qui l'oublient, à ceux qui le blasphèment, comme à ceux qui pensent à lui et l'honorent. Les aveugles et les pervers, abusant de cette longanimité, en profiteront pour proclamer toujours plus haut l'inviolabilité des lois de la nature; Dieu se taira encore, et il les nourrira. Pourquoi donc n'éclate-t-il pas ? pourquoi contient-il son indignation ? C'est que son Eglise a prié, c'est qu'il a reconnu sur la terre les dix justes i, c'est-à-dire le contingent si faible dont il se contente dans son adorable bonté. Il laissera donc parler et écrire ces savants économistes qu'il lui serait si aisé de confondre. Grâce à cette patience, il adviendra que plusieurs se lasseront de courir ainsi les voies de l'absurde ; une circonstance inattendue leur dessillera les yeux, et un jour ils croiront et prieront avec nous. D'autres s'enfonceront toujours plus avant dans leurs ténèbres ; ils défieront la justice divine jusqu'à la fin, et mériteront que s'accomplisse sur eux ce terrible oracle : « Le Seigneur a fait toutes choses pour lui-même, et l'impie pour le jour mauvais -. » Pour nous qui nous faisons gloire de la simÊ licite de notre foi, qui attendons tout de lieu et rien de nous-mêmes, qui nous reconnaissons pécheurs et indignes de ses dons, nous implorerons, durant ces trois jours, le pain de sa pitié, et nous dirons avec la sainte Eglise ; « Daignez donner et conserver les fruits de la terre : Seigneur, nous vous en supplions, exaucez-nous ! » Qu'il daigne exaucer

i3o Le Temps Pascal.

cette fois encore le cri de notre détresse ! Dans un an nous reviendrons lui adresser la même demande. Marchantsous l'étendard de la croix, nous parcourrons encore les mêmes sentiers, faisant retentir les airs des mûmes Litanies, et notre confiance se fortifiera de plus en plus, à la pensée que, par toute la chrétienté, la sainte Eglise conduit ses enfants dans cette marche aussi solennelle qu'elle est suppliante. Depuis treize siècles, le Seigneur est accoutumé à recevoir les vœux de'ses fidèles à cette époque de l'année ; nous ne voudrons plus désormais atténuer les hommages qui lui sont dus, et nous ferons nos efforts pour suppléer, par l'ardeur de nos prières, à l'indiftcrencc et à la mollesse qui s'unissent trop souvent, pour faire disparaître de nos mœurs tant de signes de catholicité qui furent chers à nos pères.

La Messe des Rogations est la même que celle d'hier; on la trouvera ci-dessus, ;?<30'^ 1 16.

"M eus ajouterons ici une prière empruntée h. ^^ l'antique Liturgie gallicane, et composée à l'époque où la pieuse institution à laquelle sont consacrés ces trois jours était encore dans sa première ferveur.

\J ERE dignum et justum est. te tota cordis contritione in jejunio laudare, omnipotens serapilerne Deus, per ChrisT L est juste et raisonnable, ô Dieu tout-puissant et éternel, de vous offrir nos vœux, en accompagnant ce jeune annuel de toute la contrition

Le Mardi des Rotations.

de nos cœurs, par JésusChrist notre Seigneur, qui étant venu à nous pour nous manifester la profondeur de vos mystères, nous a révélé le symbole qui fut offert aux yeux de Noé dans la branche de l'olivier pacifique que la colombe portait dans son bec, lorsqu'il nous a présenté le signe glorieux de la croix, qui est l'arbre verdoyant. Cet arbre, que la colombe mystique a dédié à l'honneur du Christ, elle l'a en même temps sanctifié par la grâce de l'Esprit-Saint. afin qu'il fût pour tous l'objet d'un culte religieux, et nous inspirât le désir de retracer en nous l'innocence de cet oiseau, et ds recevoir la sanctification par le divin Esprit dont il figura un jour la présence. Nous offrons donc nos vœux dans ce jeûne et cette humiliation de trois jours, portant en tète des bataillons formés de fidèles le signe invincible de la croix, et faisant retentir dans le chant

■tum Dominum nostrum. Qui nos mysteriorum tuorum secretis informans, pacificum nemus ore columbœ gestatum, Noe oculis ostendens, nobis de virente arbore crucis gloriosum signum expressit : quem columhœ species in Christi decoravit honore, cunctis colendum Spiritus sanctificatione demonstrans. Cujus animalis innocentia esse similes prœoptantes. ab eoque sanctificari Spiritu. cujus ipse sumpsit speciem, exorantes ; in hoc jejunio triduana humiliatione ins tituto, invictum hoc signum cum plebium cuneis prœferentes. atque Majestatem tuam psal lencii modulatione laudantes, petimus, omnipotens Deus : ut accipias cuncta plebis vota, quasque quoquo ritu tibi reddit subjecta : et ita eos in hoc jejunio sanctifices, ut a cunctis mereantur exui peccatis.

des psaumes la louange de votre divine Majesté. Nous

vous supplions, ô Dieu tout-puissant, d'agréer tous le hommages que vous présente votre peuple et tous les rites sous lesquels il les exprime, et de nous accorder, au moyen de ce jeûne, la sanctification de nos âmes, en eur faisant mériter d'être affranchies de tout péché.

«tlA ftlA i\lX (VIA fXlA, <tlA eX^ CXiX CXlA <\iX CtlA «TiA

!ouR la troisième fois la sainte Eglise reprend sa marche, et .=ort du saint temple, atin de faire un dernier appel à la divine miséricorde. Rangeons-nous sous sa bannière, et unissant nos voix à la sienne, invoquons avec elle le secours des Saints. Elle est glorieuse, mais aussi elle est puissante, la Litanie dans laquelle sont invoqués tour à tour les chœurs de la Jérusalem céleste. C'est l'Eglise triomphante s'unissant à l'Eglise militante pour obtenir le salut de la teVre.

Marie, Mère de Dieu, Vierge des vierges, miracle de la puissance divine, employez en notre faveur votre maternelle médiation auprès de celui qui étant Dieu est aussi votre fils.

Michel l'invincible, Gabriel, heureux messager du salut, Raphaël, médecin compatissant de nos misères ; Anges et Archanges qui veillez à notre défense et coopérez a notre salut ; hiérarchies célestes qui attendez les élus de la terre pour renforcer vos rangs, intercédez pour vos frères et vos clients.

Jean-Baptiste, précurseur de l'Agneau de Dieu ; Joseph, époux de Marie immaculée, père nourricier du Fils de Dieu ; Patriarches, ancêtres majestueux de la race humaine,

Le Mercredi des Rogations. i33

aïeux du divin Messie ; Prophètes qui avez annoncé sa venue et décrit tous ses traits, afin que la terre reconnût en lui son Sauveur • souvenez-vous des habitants de cette terre lointaine sur laquelle vous avez été voyageurs.

Pierre, Pasteur universel, porte-clefs du royaume des cieux , Paul, apôtre des Gentils, armé du glaive de la parole et consommé par le glaive du martyre ; André, crucifié comme votre Maître , Jacques le Majeur, enfant du tonnerre, fondateur du royaume Catholique, Jean le Bien-Aimé, fils et gardien de Marie, Evangcliste et le dernier des Prophètes ; Thomas, apôtre des Indes, immolé par la lance ; Jacques le Mineur, appelé frère du Seigneur , Philippe, qui avez évan^élisé les Scythes et rencontré la croix à Hierapolis ; Barthélemi, docteur de l'Arménie, arrosée de votre sang ; Evangéliste Matthieu, qui êtes allé porter "la foi jusque dans les régions brûlantes de l'E- thiopie ; Simon, dont la Mésopotamie a entendu la voix ; Thaddée, qui avez affronté l'Egypte et ses idoles ; Mathias, appelé à prendre la place du traître Judas, et digne d'un tel honneur ; Barnabe, compagnon de Paul, et plus tard la lumière de rile" de Chypre ; Luc, disciple de l'Apôtre des Gentils, historien du Verbe incarné ; Marc, disciple de Pierre, qui avez écrit sous sa dictée l'Evangile du salut : nous vous saluons tous avec amour comme nos pères dans la foi ; priez en ces jours avec nous et pour nous.

Disciples du Seigneur, qui, sans avoir été élevés jusqu'au rang des Apôtres, fûtes choisis par lui pour être leurs coopérateurs, et

i34 Le Temps Pascal.

qui, au jour de la Pentecôte, avez été remplis des feux de l'Esprit-Saint ; tendres enfants de Bethlchem, prémices des Martyrs : daignez tous vous associer à nos supplications.

Etienne le Couronné, Laurent, dont le front est ceint de lauriers, Vincent le Victorieux, tous trois unis dans la forte milice du diaconat ; Fabien, pontife désigné par la colombe céleste ; Sébastien, noble chevalier de la sainte Eglise ; Jean et Paul, Corne et Damien, Gervais et Protais, généreux frères qui avez combattu le même combat : armée innombrable des Martyrs, protégez-nous à l'ombre de vos palmes.

Silvestre, pontife de la paix ; Grégoire, vicaire du Christ dans sa m^ansuétude comme dans son autorité ; Ambroise, dont la parole fut douce comme le miel, et la force indomptable comme celle du lion ; Augustin, soleil de vérité, apôtre de la charité divine ; Jérôme, interprète inspiré de la parole de Dieu ; Martin, thaumaturge .de l'Occident ; Nicolas, thaumaturge de l'Orient : saints pontifes, saints docteurs, ramenez à Jésus ses brebis errantes.

Antoine, la gloire du désert, le vainqueur de Satan ; Benoît, nouvel Abraham, entouré d'une postérité sans nombre ; Bernard, soutien de la sainte Eglise, favori de l'auguste Reine des cieux ; Dominique, prédicateur de ta vraie doctrine, tiéau de l'hérésie ; François, amant et époux de la pauvreté, crucifié avec le Christ : nous vous honorons tous ; ranimez dans nos âmes le sentiment de la perfection chrétienne.

Le Mercredi des Rogations i35

Prêtres du Seigneur, saints moines, saints ermites, saints confesseurs, priez pour ce peuple qui implore votre secours.

Marie-xMadeleine , pécheresse sanctifiée , amante du Rédempteur , obtenez-nous la componction du cœur qui répare le péché par l'amour.

Agathe et Lucie, fleurs odorantes de l'heureuse Sicile ; Agnès, qui suivez partout l'A- gneau divin ; Cécile, couronnée de roses et de lis, brillante reine de l'harmonie ; Catherine, vierge sage qui confondîtes la fausse sagesse des philosophes ; Anastasie, femme forte qui avez triomphé des épreuves de la vie et de la rigueur des supplices : vous toutes, vierges sacrées ou épouses fidèles, jetez un regard de compassion sur les habitants de la terre.

Saints et saintes de Dieu, justes de tout âge, de tout sexe et de toute condition, qui peuplez déjà l'empyrée, souvenez-vous de nous qui gémissons encore dans cette vallée de larmes, e"t élevez nos cœurs jusqu'au séjour de l'éternel bonheur çque les vanités de ce monde nous feraient si souvent oublier.

La Litanie est achevée; et, pour la troisième fois, l'auguste Sacrifice va sceller la réconciliation dïi Dieu offensé avec ses enfants coupables ; espérons désormais une année tranquille et féconde. Daigne le Seigneur, en l'année qui suivra celle-ci, accroître le nombre de ceux qui viendront s'unir à son Eglise pour implorer le pardon général !

"^La Messe des Rogations se trouve ci-dessus, au 'Lyjindi, page ii6. Assistons-y avec le seni36

timcnt de l'insuffisance de nos réparations personnelles, mais avec une entière confiance dans les mérites infinis de la victime

pascale.

P NFiN nous nous pénétrerons une dernière fois de l'esprit de pénitence qui animait en ces trois jours l'antique Eglise des Gaules, en lui empruntant cette pieuse prière qu'elle présentait aujourd'hui même à la Majesté divine.

\^ ERE dignum et justum est. satisque est dignum : te solum a jejunantihus quœrere, qui es magister abstinentias, et conîinentiae remunerator œterne : quique a jejunantibus fideli tantum corde exposcunt abstergi omnem maculam, quam saturitas contrahit indecens. Hoc itaque sanctum jejuniura in Leviticis apicibus per famulum tuum Moysen evidentius declarasti: in quo jussisti ut humiîiaremus animas noslras, ne exterminaremur; sicut esu gulae deditus populus, exterminatur. Q u o d etiam nobis Unigenitus tuus ita sanctificavit implcndo: etutregnum perditum per jejunium paaI L est juste et raisonnable, ô Dieu tout-puissant et éternel, que ceux qui se livrent au jeûne se tournent vers vous qui avez été, par votre exemple, le maître de l'abstinence , et qui êtes maintenant le rémunérateur éternel de nos privations; puisque dans ceux qui jeûnent avec les dispositions d'un cœur fidèle, vous daignez, à leur demande, effacer toutes les taches que lintcmpérance leur avait fait contracter. C'est vous-même qui avez proclamé l'institution du jeune sacré, par votre serviteur Moïse, au livre du Lévitique, nous ordonnant d'humilier nos âmes, afin que nous ne fussions pas exterminés, comme le fut ce peuple qui s'était abandonne aux excès de la sensualité. Votre

La Vigile de V Ascension. i3y

Fils unique est venu sanctifier cette institution en s'y soumettant lui même, nous rouvrant, par son jeûne, l'accès du royaume que nous avions perdu, et nous accordant le pardon de nos péchés. Daignez donc recevoir avec bonté l'hommage d'une pratique dont la première institution vient de vous, et nous accorder en retour la remise de toutes nos offenses.

deret, et peccatis veniam daret. Et ideo quae instituisti, jejunia suscipe libens, per ea nos a reatihus cunctis absolvons.

A troisième matinée des Rogations s'est écoulée, l'heure de midi se fait entendre ; elle vient ouvrir la dernière journée que le Fils de Dieu doit passer sur la terre avec les hommes. Nous avons semblé perdre de vue, durant ces trois jours, le moment si proche de la séparation ; toutefois, le sentiment de la perte qui nous menace vivait au fond de nos cœurs, et les humbles supplications que nous présentions au ciel, en union avec la sainte Eglise, nous préparaient à célébrer le dernier des mystères de notre Emmanuel.

A ce moment, les disciples sont tous rassemblés à Jérusalem. Groupés autour de Marie dans le Cénacle, ils attendent l'heure à laquelle leur Maître doit se manifester à eux pour la dernière fois. Recueillis et silencieux, ils repassent dans leurs cœurs les divines marques de bonté et de condescendance qu'il leur a prodiguées durant ces quarante jours, et les solennels enseignements qu'ils ont reçus de sa bouche. C'est maintenant qu'ils le connaissent, qu'ils savent qu'il est sorti de Dieu; quant à ce qui les concerne, ils ont appris de lui la mission à laquelle il les a destinés: ce sera d'enseigner, eux igno138 Le Temps Pascal.

rants, les peuples de la terre ; mais, ô regret inconsolable ! il s'apprête à les quitter ; « encore un peu de temps, et ils ne le verront plus ^ »

Par un touchant contraste avec leurs tristes pensées, la nature entière semble s'être mise en devoir d'oftrir à son auteur le plus splendide triomphe ; car ce départ doit être un départ triomphant. La terre s'est parée des prémices de sa fécondité, la verdure des campagnes le dispute à l'émeraude, les fleurs embaument l'air de leurs parfums, sous le feuillage des arbres les fruits se hâtent de mûrir, et les moissons grandissent de toutes parts. Tant d'heureux dons sont dus à l'influence de l'astre qui brille au ciel pourvivitier la terre, et qui a reçu le noble privilège de figurer par son royal éclat, et dans ses phases successives, le passage de l'Emmanuel au milieu de nous.

Rappelons-nous ces jours sombres du solstice d'hiver, où son disque pâle, tardif vainqueur des ténèbres, ne montait dans le ciel que pour y parcourir une étroite carrière, dispensant la lumière avec mesure, et n'envoyant à la terre aucun rayon assez ardent pour résoudre la constriction qui tenait glacée toute sa surface. Tel se leva, comme un astre timide, notre divin Soleil, dissipant à peine les ombres autour de lui, tempérant son éclat, afin que les regards des hommes n'en fussent pas éblouis. Comme le soleil matériel, il élargit peu à peu sa carrière ; mais des nuages'vinrent souvent dissimuler

La Vigile de V Ascension. i3g

son progrès. Le séjour en la terre d'Egypte, la vie obscure de Nazareth, dérobèrent sa marche aux yeux des hommes ; mais l'heure étant venue où il devait laisser poindre les rayons de sa gloire, il brilla d'un souverain éclat sur la Galilée et sur la Judée, lorsqu'ilse mit à parler a comme ayant puissance ^ » lorsque ses œuvres rendirent témoignage de lui 2, et que l'on entendit la voix des peuples qui faisait retentir « Hosannah au tils de David ». Il allait atteindre à son zénith, quand tout à coup l'éclipsé momentanée de sa passion et de sa mort persuada pourquelques heures à ses ennemis jaloux que leur malice avait suffi pour éteindre à jamais sa lumière importune à leur orgueil. Vain espoir ! notre divin Soleil échappait dès le troisième jour à cette dernière épreuve ; et il plane maintenant au sommet des cieux, versant sa lumière sur tous les êtres qu'il a créés, m.ais nous avertissant que sa carrière est achevée. Car il ne saurait descendre ; pour lui, pas de couchant ; là s'arrête son rapport avec l'humble flambeau qui éclaire nos yeux mortels. C'est du haut du ciel qu'il brille désormais, et pour toujours, ainsi que l'avait annoncé Zacharie, lors de la naissance de Jean 3 ; et comme l'avait prédit encore auparavant le sublime Psalmiste, en disant : « Il a « fourni sa carrière comme un géant, il est « arrivé au sommet des cieux, d'où il était « parti, et nul ne peut se soustraire à l'ac« tion de sa puissante chaleur *. »

140 Le Temps Pascal.

Cette Ascension , qui établit l'HommeDieu centre de lumière pour les siècles des siècles, il en a fixé le moment précis à l'un des jours du mois que les hommes appellent Mai, et qui révèle dans son plus riant éclat l'œuvre que ce Verbe divin trouva belle luimême, au jour où, l'ayant fait sortir du néant, il la disposa avec tant de complaisance. Heureux mois, non plus triste et sombre comme Décembre, qui vit les joies modestes de Bethléhem, non plus sévère et lugubre comme Mars, témoin du Sacrifice sanglant de l'Agneau sur la croix, mais radieux, épanoui, "surabondant de vie et digne d'être offert, chaque année, en hommage à Marie, Mère de Dieu ; car c'est Le mois du triomphe de son fils.

O Jésus, notre créateur et notre frère, nous vous avons suivi des yeux et du cœur depuis le moment de votre aurore ; nous avons célébré, dans la sainte liturgie, chacun de vos pas de g-^fin? par une solennité spéciale ; mais en vous voyant monter ainsi toujours, nous devions prévoir le moment où vous iriez prendre possession de la seule place qui vous convienne, du trône sublime où vous serez assis éternellement à" la droite du Père. L'éclat qui vous entoure depuis votre résurrection n'est pas de ce monde ; vous ne pouvez plus demeurer avec nous ; vous n'êtes resté durant ces quarante jours, que pour la consolidation de votre œuvre; et demain, la terre qui vous possédait depuis trente-trois années sera veuve de vous. Avec Marie votre mère, avec vos disciples soumis, avec Madeleine et ses compagnes, nous nous réjouisLa Vigile de V Ascension. 141

sons du triomphe qui vous attend ; mais à la veille de vous perdre, permettez à nos cœurs aussi de ressentir la tristesse ; car vous étiez l'Emmanuel, le Dieu avec 7ioits, et vous allez être désormais l'astre divin qui planera sur nous; et nous ne pourrons plus « vous voir, ni vous entendre, ni vous toucher de nos mains, ô Verbe de vie 1 ! » Nous n'en disons pas moins : Gloire et amour soient à vous! car vous nous avez traités avec une miséricorde infinie. Vous ne nous deviez rien, nous étions indignes d'attirer vos regards, et vous êtes descendu sur cette terre souillée par le péché ; vous avez habité parmi nous, vous avez payé notre rançon de votre sang, vous avez rétabli la paix entre Dieu et les hommes. Oui, il est juste maintenant que « vous retourniez à celui qui vous a envoyé » -. Nous entendons la voix de votre Eglise, de votre Epouse chérie qui accepte son exil, et qui ne pense qu'à votre gloire : « Fuis donc, ô mon « bien-aimé, vous dit-elle ; fuis avec la rapi« dite du chevreuil et du faon de la biche, « jusqu'à ces montagnes où les fleurs du ciel « exhalent leurs parf"ums 3. » Pourrions-nous, pécheurs que nous sommes, ne pas imiter la résignation de celle qui est à la fois votre Epouse et notre mère ?

I. I JOHAN, I, I. — 2. JOHAN, XVI, 5. — 3. Cant.

E jour s'est levé radieux, la terre qui s'émut à la naissance de l'Emmanuel ' éprouve un tressaillement inconnu; l'ineffable succession des mystères de l'Homme-Dieu est s'ur le point de recevoir son dernier complément. Mais l'allégresse de la terre est montée jusqu'aux cieux ; les hiérarchies angéliques s'apprêtent à recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, prêts à les lever quand le signal de l'arrivée du triomphateur va retentir. Les âmes saintes, délivrées des limbes depuis quarante jours, planent sur Jérusalem, attendant l'heureux moment où la voie du ciel, fermée depuis cjuatrc mille ans par le péché, s'ouvrant tout à coup, elles vont s'y précipiter à la suite de leur Rédempteur. L'heure presse, il est temps que notre divin ressuscité se montre, et qu'il reçoive les adieux de ceux qui l'attendent

I. Psalra. xcv, xcvi, xcvii.

L'Ascension de Notre-Seigneur. 148

d'heure en heure, et qu'il doit laisser encore dans cette vallée de larmes.

Tout à coup il apparaît au milieu du Cénacle. Le cœur de Marie a tressailli, les disciples et les saintes femmes adorent avec attendrissement celui qui se montre ici-bas pour la dernière fois. Jésus daigne prendre place à table avec eux ; il condescend jusqu'à partager un dernier repas, non plus dans le but de les rendre certains de sa résurrection ; il sait qu'ils n'en doutent plus ; mais, au moment d'aller s'asseoir à la droite du Père, il tient à leur donner cette marque si chère de sa divine familiarité. O repas ineffable, où Marie goûte une dernière fois en ce monde le charme d'être assise aux côtés de son fils, où la sainte Eglise représentée par les disciples et par les saintes femmes est encore présidée ; visiblement par son Chef et son Epoux !

Qui pourrait exprimer le respect, le recueillement, l'attention des convives, peindre leurs regards fixés avec tant d'amour sur le Maître tant aimé ? Ils aspirent à entendre encore une fois sa parole ; elle leur sera si chère à ce moment du départ ! Enfin Jésus ouvre la bouche ; mais son accent est plus grave que tendre. Il débute en leur rappelant l'incrédulité avec laquelle ils accueillirent la nouvelle de sa résurrection 1. Au moment de leur confier la plus imposante mission qui ait jamais été transmise à des hommes, il veut les rappeler à l'humilité. Sous peu de jours ils seront les oracles du monde, le monde

I. Marc, xvi, 14.

144- -^e Temps Pascal.

devra croire sur leur parole, et croire ce qu'il n'a pas vu, ce qu'eux seuls ont vu. C'est la foi qui met les hommes en rapport avec Dieu ; et cette foi, eux-mêmes ne l'ont pas eue tout d'abord : Jésus veut recevoir d'eux une dernière réparation pour leur incrédulité passée, afin que leur apostolat soit établi sur l'humilité. ,

Prenant ensuite le ton d'autorité qui convient à lui seul, il leur dit : « Allez dans le monde entier, prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ^ mais celui qui ne croira pas sera condamne » 1. Et cette mission de prêcher l'E- vangile au monde entier, comment l'accompliront-ils ? par quel moyen réussiront-ils à accréditer leur parole ? Jésus le leur indique : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents avec la main ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront guéris » -. Il veut que le miracle soit le fondement de son Eglise, comme il l'a choisi pour être l'argument de sa mission divine. La suspension des lois de la nature annonce aux hommes que l'auteur de la nature va parler ; c'est à eux alors d'écouter et de croire humblement.

Voilà donc ces hommes inconnus au monde, dépourvus de tout moyen humain, les voilà investis de la mission de conquérir la terre et d'y faire régner Jésus-Christ. Le monde

I. Marc. xvi. — 2. Ibid.

L'Ascension de Notve-Seigneiir. 145

ignore jusqu'à leur existence ; sur son trône impérial, Tibère, qui vit dans la frayeur des conjurations, ne soupçonne en rien cette expédition d'un nouveau genre qui va s'ouvrir, et dont l'empire romain doit être la conquête. Mais à ces guerriers il faut une armure, et une armure de trempe céleste. Jésus leur annonce qu'ils sont au moment de la recevoir, « Demeurez dans la ville, leur dit-il, « jusqu'à ce que vous ayez été revêtus de la « vertu d'en haut 1 », Or, quelle est cette armure ? Jésus va le leur expliquer. Il leur rappelle la promesse du Père, « cette promesse, dit-il, que vous avez entendue par ma bouche, Jean a baptisé dans l'eau ; mais vous, sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint-Esprit 2 »,

Mais l'heure de la séparation est venue. Jésus se lève, et l'assistance tout entière se dispose à suivre ses pas. Cent vingt personnes se trouvaient là réunies avec la mère du divin triomphateur que le ciel réclamait. Le Cénacle était situé sur la montagne de Sion, l'une des deux collines que renfermait l'enceinte de Jérusalem. Le cortège traverse une partie de la ville, se dirigeant vers la porte orientale qui ouvre sur la vallée de Josaphat. C'est la dernière fois que Jésus parcourt les rues de la cité réprouvée. Invisible désormais aux yeux de ce peuple qui l'a renié, il s'avance à la tête des siens, comme autrefois la colonne lumineuse qui dirigeait les pas du peuple Israélite. Qu'elle est'belle et imposante cette marche de Marie, des disciples et des saintes

I. Luc. XXIV, 49.— 2. Act. I.

femmes, à la suite de Jésus qui ne doit plus s'arrêter qu'au ciel, à la droite du Père ! La piété du moyen âge la célébrait jadis par une solennelle procession qui précédait la Messe de ce grand jour. Heureux siècles, où les chrétiens aimaient à suivre chacune des traces du Rédempteur, et ne savaient pas se contenter, comme nous, de quelques vagues notions qui ne peuvent enfanter qu'une piété vague comme elles !

On songeait aussi alors aux sentin>ents qui durent occuper le cœur de Marie durant ces derniers instants qu'elle jouissait de la présence de son fils. On se demandait qui devait l'emporter dans ce cœur maternel, de la tristesse de ne plus voir Jésus, ou du bonheur de sentir qu'il allait entrer enfin dans la gloire qui lui était due. La réponse venait promptement à la pensée de ces véritables chrétiens, et nous aussi, nous nous la ferons à nousmêmes. Jésus n'avait-il pas dit à ses disciples • « Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce ce que je m'en vais à mon Père ^ >> ? Or, qui aima plus Jésus que ne l'aima Marie ? Le cœur de la mère était donc dans l'allégresse au moment de cet ineffable adieu. Marie ne pouvait songer à elle-même, quand il s'agissait du triomphe dû à son fils et à son Dieu. Après les scènes du Calvaire, pouvait-elle aspirer à autre chose qu'à voir glorifié enfin celui qu'elle connaissait pour le souverain Seigneur de toutes choses, celui qu'elle avait vu si peu de jours auparavant renié, blasphémé, expirant dans toutes les douleurs ?

L'Ascension de Notre-Seigneur. 14^

Le cortège sacré a traversé la vallée de Josaphat, il a passé le torrent de Cédron, et il se dirige sur la pente du mont des Oliviers. Quels souvenirs se pressent à la pensée ! Ce torrent, dont le iMessie dans ses humiliations avait bu l'eau bourbeuse, est devenu aujourd'hui le chemin de la gloire pour ce même Messie. Ainsi l'avait annoncé David 1. On laisse sur la gauche le jardin qui fut témoin de la plus terrible des agonies, cette grotte où le calice de toutes les expiations du monde fut présenté à Jésus et accepté par lui. Après avoir franchi un espace que saint Luc mesure d'après celui qu'il était permis aux Juifs de parcourir le jour du Sabbat, on arrive sur le territoire de Béthanie, cet heureux village où Jésus, dans les jours de sa vie mortelle, recherchait l'hospitalité de Lazare et de ses sœurs. De cet endroit de la montagne des Oliviers on avait la vue de Jérusalem, qui apparaissait superbe avec son temple et ses palais. Cet aspect émeut les disciples. La patrie terrestre fait encore battre le cœur de ces hommes ; un moment ils oublient la malédiction prononcée sur l'ingrate cité de David, et semblent ne plus se souvenir que Jésus vient de les faire citoyens et conquérants du monde entier. Le rêve de la grandeur mondaine de Jérusalem les a séduits tout à coup, et ils osent adresser cette question à leur Maître : « Seigneur, est-ce à ce « moment que vous rétablirez le royaume « d'Israël ? »

Jésus répond avec une sorte de sévérité à

Psalm. cix.

Le 7\'mps Pascal.

cette demande indiscrète : « Il ne vous appartient pas de savoir les temps et les moments que le Père a réservés à son pouvoir. » Ces paroles n'enlevaient pas l'espoir que Jérusalem fut un )our rééditiée par Israël devenu chrétien; mais ce rétablissement de la cité de David ne devant avoir lieu que vers la tin des temps, il n'était pas à propos que le Sauveur tît connaître le secret divin. La conversion du monde païen, la fondation de l'Eglise, tels étaient les objets qui devaient préoccuper les disciples. Jésus les ramène tout aussitôt à la mission qu'il leur donnait il y a peu d'instants : « \'ous allez recevoir, leur dit-il, la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et [vous serez mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ^ ».

Selon une tradition qui remonte aux premiers siècles du christianisme 2, il était l'heure de midi, l'heure à laquelle Jésus avait été élevé sur la croix, lorsque, jetant sur l'assistance un regard de tendresse qui dut s'arrêter avec une complaisance filiale sur Marie, il éleva les mains et les bénit tous. A ce moment ses pieds se détachèrent de la terre, et il s'élevait au cielî^. Les assistants le suivaient du regard, mais bientôt il entra dans une nuée qui le déroba à leurs yeux *.

C'en était fait : la terre avait perdu son Emmanuel. Quarante siècles l'avaient attendu, et il s'était rendu enfin aux soupirs des Patriarches et aux vœux enflammés des

I. Act. I, 6-8. — 2. Constit. apost. lib. V, cap. xix.

— 3. Luc. XXIV, 5 1 . — 4. Act. I.

L'Ascension de Notre- Seigneur. 14g

Prophètes. Nous l'adorâmes, captif de notre amour, dans les chastes flancs de la vierge bénie. Bientôt l'heureuse mère nous le présenta sous l'humble toit d'une étable à Bethléhem. Nous le suivîmes en la terre d'Egypte, nous l'accompagnâmes au retour, et nous vînmes nous fixer avec lui à Nazareth. Lorsqu'il partit pour exercer sa mission de trois ans dans sa patrie terrestre, nous nous attachâmes à ses pas, ravis des charmes de sa Eersonne, écoutant ses discours et ses paraoies, assistant à ses prodiges. La malice de ses ennemis étant montée à son comble, et l'heure venue où il devait mettre le sceau à cet amour qui l'avait attiré du ciel en terre par la mort sanglante et ignominieuse de la croix, nous recueillîmes son dernier soupir et nous fûmes inondés de son sang divin. Le troisième jour, il s'échappait de son sépulcre vivant et victorieux, et nous étions là encore pour applaudir à son triomphe sur la mort, par lequel il nous assurait la gloire d'une résurrection semblable à la sienne. Durant les jours qu'il a daigné habiter encore cette terre, notre foi ne l'a pas quitté ; nous eussions voulu le conserver toujours; et voici qu'à cette heure même il échappe à nos regards, et notre amour n'a pu le retenir ! Plus heureuses que nous, les âmes des justes qu'il avait délivrées des limbes l'ont suivi dans son vol rapide, et elles jouissent pour l'éternité des délices de sa présence.

Les disciples tenaient encore les yeux fixés au ciel, lorsque soudain deux Anges vêtus de blanc se présentèrent à eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêi5o

« tez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus « qui vous a quittés pour s'élever au ciel « reviendra un jour en la même manière « que vous l'avez vu monter * ». Ainsi, le Sauveur est remonté, et le juge doit un jour redescendre : toute la destinée de l'Eglise est comprise entre ces deux termes. Nous vivons donc présentement sous le régime du Sauveur; car notre Emmanuel nous a dit que (« le tils de l'homme n'est pas venu pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui 2 » ; et c'est dans ce but miséricordieux que les disciples viennent de recevoir la mission d'aller par toute la terre et de convier les hommes au salut, pendant qu'il en est temps encore.

Quelle tâche immense Jésus leur a confiée ! et au moment où il s'agit pour eux de s'y livrer, il les quitte ! Il leur faut descendre seuls cette montagne des Oliviers d'où il est parti pour le ciel. Leur cœur cependant n'est pas triste ; ils ont Marie avec eux, et la générosité de cette mère incomparable se communique à leurs âmes. Ils aiment leur Klaître; leur bonheur est désormais de penser qu'il est entré dans son repos. Les disciples rentrèrent dans Jérusalem, « remplis d'une « vive allégresse », nous dit saint Luc ^, exprimant par ce seul mot l'un des caractères de cette ineffable fête de l'Ascension, de cette fête empreinte d'une si douce mélancolie, mais qui respire en même temps plus qu'aucune autre la joie et le triomphe. Durant son Octave, nous essayerons d'en pénétrer

L'Ascension de Notre- Se igneur> r5i

les mj^stères et de la montrer dans toute sa magnificence; aujourd'hui nous nous bornerons à dire que cette solennité est le complément de tous les mystères de notre divin Rédempteur, qu'elle est du nombre de celles qui ont été instituées par les Apôtres euxmêmes 1 ; enfin qu'elle a rendu sacré pour jam.ais le jeudi de chaque semaine, jour rendu déjà si auguste par l'institution de la divine Eucharistie.

Nous avons parlé de la procession solennelle par laquelle on célébrait, au moyen âge, la marche de Jésus et de ses disciples vers le mont des Oliviers ; nous devons rappeler aussi qu'en ce jour on bénissait solennellement du pain et des fruits nouveaux, en mémoire du dernier repas que le Sauveur avait pris dans le cénacle. Imitons la piété de ces temps où les chrétiens avaient à cœur de recueillir les moindres traits de la vie de l'Homme-Dieu, et de se les rendre propres, pour ainsi dire, en reproduisant dans leur manière de vivre toutes les circonstances que le saint Evangile leur révélait. JésusChrist était véritablement aimé et adoré dans ces temps où les hommes se souvenaient sans cesse qu'il est le souverain Seigneur, comme il est le commun Rédempteur. De nos jours, c'est l'homme qui règne, à ses risques et périls; Jésus-Christ est refoulé dans l'intime de la vie privée. Et pourtant il a droit à être notre préoccupation de tous les jours et de toutes les heures ! Les Anges dirent aux Apôtres : « En la manière que

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