Histoires (page 10)

Hérodote · Histoire

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — trad. Larcher 1850 · 80 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Personne n’a décrit avec plus d’étendue et avec plus d’exactitude les cérémonies qui s’observaient dans les expiations, qu’Apollonius de Rhodes. On s’asseyait en silence sur le foyer, les yeux baissés, et l’on enfonçait en terre l’instrument du meurtre. Celui dont on implorait la protection reconnaissait à ces signes qu’on demandait à être expié d’un meurtre. Alors il prenait le petit d’une truie qui tétait encore, l’égorgeait, et frottait de son sang les mains du suppliant. Il employait ensuite des eaux lustrales, en invoquant Jupiter Expiateur. On emportait hors de la maison tout ce qui avait servi à l’expiation. Il brûlait ensuite des gâteaux, en versant de l’eau et en invoquant les dieux, afin d’apaiser la colère des Furies, et pour se rendre propice Jupiter. (L.)

↑ Hérodote répète encore la même chose dans ce même paragraphe. On a vu cependant, § xxxv, que c’était Crésus qui avait expié Adraste. Ce prince avait sûrement lui seul droit d’expier à sa cour ; mais il pouvait l’avoir confié à son fils à l’occasion de son mariage ; et si Hérodote dit, § xxxv, que ce fut Crésus qui purifia Adraste, c’est sans doute parce qu’il en avait seul le droit, et par la même raison qu’on attribuait à un général d’armée la victoire remportée par ses lieutenants et sous ses auspices. (L.)

↑ Amphiaraüs était fils d’Oïclès et arrière-petit-fils de Mélampus. Il ne se doutait pas qu’il fût devin ; mais étant un jour entré à Phliunte, dans une maison derrière la place, et y ayant passé la nuit, il commença aussitôt à être devin. Cette maison resta fermée depuis ce temps-là. On sait qu’il fut trahi par sa femme Ériphile, et qu’étant poursuivi par les Thébains, il fut englouti avec son char, environ à douze stades de la ville d’Orope. (L.)

↑ Le temple des Branchides ou d’Apollon Didyméen était peu éloigné de Milet. Ce nom de Branchides venait d’une famille qui prétendait descendre de Branchus, fondateur vrai ou supposé de ce temple, et qui resta en possession du sacerdoce jusqu’au temps de Xerxès. Ce temple jouissait du droit d’asile. Il déchut de sa grandeur sous Constantin. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un amas de ruines. (L.)

↑ Rollin explique ce prodige en disant que « Dieu, pour punir l’aveuglement des païens, permit quelquefois que les démons leur rendissent des réponses conformes à la vérité. » Le démon qui rendait les oracles à Delphes avait-il donc plus de sagacité ou l’odorat plus fin que ceux d’Ammon, de Dodone, d’Abes en Phocide, et des Branchides ? Cicéron me paraît plus sage lorsqu’il dit : Cur autem hoc credam unquam editum Crœso ? aut Herodotum cur veraciorem ducam Ennio ? Num minus potuit ille de Crœso quum de Pyrrho fingere Ennius ? Je ne pense point cependant qu’Hérodote ait inventé ce conte. Il le trouva établi et le crut, parce qu’il était analogue à la superstition de son pays. (L.)

↑ Cratère, sorte de grand vase qui ne servait point à boire, mais seulement à mêler l’eau avec le vin.

↑ Il est fait mention des Théophanies dans Suidas ; mais il y a grande apparence que cet auteur n’a eu en vue que la fête de la Nativité de Jésus-Christ, que les chrétiens désignaient sous ce nom. M. Walckenaër soupçonne que, cette fête étant plus familière aux copistes d’Hérodote que les Théoxénies, ils auront pris l’une pour l’autre. Cependant, comme Julius Pollux fait mention des Théophanies et des Théoxénies, son autorité m’empêche de me ranger du côté de ce savant. (L.)

↑ L’abbé Barthélemy a donné le catalogue de ces présents, dont la valeur totale était de 21 100 140 francs de notre monnaie. (Voyage d’Anacharsis, t. ii, p. 603.)

↑ Il s’agit ici non du Pinde, montagne célèbre, mais de la ville de Pinde. Cette ville était une des quatre de la Doride. (L.)

↑ Les Pélasges tyrrhéniens occupaient les bords de la mer de Thrace. La ville de Crestone devait être située un peu plus avant dans les terres. Le comte de Caylus a confondu cette ville avec celle de Crotone, dans la grande Grèce. (L.)

↑ Les Pélasges étaient originaires du Péloponnèse, et descendaient de Pélasgus. Ceux d’entre eux qui se transportèrent hors de la Grèce, ne s’étant pas incorporés avec les Hellènes, furent regardés par eux comme des barbares, c’est-à-dire comme des étrangers. Les Hellènes, ayant chassé les Pélasges de la plus grande partie de la Grèce, proscrivirent l’ancien langage, et y introduisirent le leur. (L.)

↑ C’est-à-dire qu’il n’occupait alors aucune place dans l’État. Il était de la naissance la plus distinguée, et descendait de Pélée, ainsi que Nestor. Codrus, qui régna à Athènes, était de la même maison. (Voyez Hérodote, liv. v, § lxv.)

↑ Plutarque les nomme Diacriens. C’est encore une des quatre anciennes tribus d’Athènes. Ils étaient attachés au gouvernement démocratique. Les mercenaires, tourbe vile qui détestait les riches, en faisaient aussi partie. Pisistrate gagna ceux de ce parti que leur indigence ne portait déjà que trop à toute sorte de crimes. (L.)

↑ On désignait ainsi le port des Mégariens, situé environ à deux milles de Mégare.

↑ Cette Phya était fille d’un nommé Socrates, et vendait des couronnes. Pisistrate la maria à son fils Hipparque, comme le raconte Clidémus, au huitième livre des Retours. « Elle fut accusée de crime d’État, après qu’on eut chassé Pisistrate. J’aurais pu, dit le dénonciateur, l’accuser aussi d’impiété pour avoir représenté Minerve d’une manière impie. » (L.)

↑ C’est-à-dire cinq pieds près de deux pouces, suivant l’évaluation de M. d’Anville dans son Traité des mesures itinéraires.

↑ Mégaclès, qui était archonte dans le temps de la conjuration de Cylon, en fit égorger les complices au pied des autels où ils s’étaient réfugiés. Tous ceux qui avaient eu part à ces meurtres furent regardés comme des gens abominables. Les partisans de Cylon, ayant repris des forces, étaient perpétuellement en guerre avec la famille de Mégaclès. Au fort de la sédition, et le peuple étant partagé, Solon s’avança au milieu, et persuada à ceux qu’on appela les abominables de se soumettre au jugement de trois cents des principaux citoyens. Ils furent condamnés. On bannit ceux qui étaient encore en vie ; on déterra les morts, et on jeta leurs cadavres hors des frontières de l’Attique. (L.)

↑ Il y avait deux villes de ce nom, l’une en Thessalie, l’autre en Eubée. Pisistrate se retira dans la dernière, puisqu’il partit de l’Eubée pour revenir dans l’Attique, et que son port était commode pour faire une descente dans ce pays. (L.)

↑ Ce Lygdamis était un ami de Pisistrate. Celui-ci ayant fait la conquête de l’île de Naxos, il en confia le gouvernement à Lygdamis, ou plutôt il lui en donna la tyrannie ; car Polyæn dit qu’il en était tyran. Lygdamis aida Polycrate à devenir tyran de Samos. (L.)

↑ Ainsi nommée parce qu’elle avait un temple dans le bourg de Pallène.

↑ Ce tyran n’entreprit cette purification que comme un moyen d’affermir sa tyrannie. Il fallait qu’il y eût un oracle qui eût promis une grande puissance et beaucoup de prospérité à quiconque entreprendrait de purifier cette île. Hérodote ne rapporte point l’oracle, et je ne crois pas même qu’on puisse le trouver ailleurs, mais il n’est pas moins certain, par ce qu’en dit Hérodote, que Pisistrate crut devoir l’accomplir, persuadé que de là dépendaient l’affermissement de sa puissance et la tranquille possession de ses États.

↑ Les éphores étaient au nombre de cinq. On procédait à leur élection tous les ans, le 8 d’octobre. Ils étaient pris dans la classe du peuple. Le premier s’appelait éphore éponyme ; son nom servait à désigner l’année, de même qu’à Athènes celui d’archonte éponyme ; et l’on disait à Lacédémone : Un tel étant éphore. Ils avaient la même autorité que les cosmes de Crète, avec cette différence qu’ils n’étaient que cinq, comme je viens de le remarquer, et qu’il y avait dix cosmes en Crète. Ils servaient de contre-poids à l’autorité des rois, et même ils les jugeaient avec les sénateurs. Comme ils étaient en quelque sortent supérieurs aux rois, ils ne se levaient pas quand ces princes venaient dans un lieu où ils se trouvaient. Cléomènes les fit massacrer, environ 226 ans avant notre ère ; et je crois que depuis il n’est plus question d’eux dans l’histoire. (L.)

↑ Lycurgue ayant remarqué que les princes de sa maison, qui régnaient à Argos et à Messène, étaient dégénérés en tyrans, et qu’en détruisant leurs États ils se détruisaient eux-mêmes, craignant le même sort pour sa ville et pour sa famille, il établit le sénat et les éphores, comme un remède salutaire à l’autorité royale. Les sénateurs étaient au nombre de vingt-huit. Outre cela il y avait cinq nomophylaques, ou gardiens des lois, qui étaient appelés hidiéens ; mais j’ignore par qui ils furent établis. Cependant on pourrait conjecturer qu’ils le furent par Lycurgue. (L.)

↑ Les Lacédémoniens ayant fait serment de n’abroger aucune des lois de Lycurgue avant son retour à Sparte, ce législateur alla consulter l’oracle de Delphes, qui lui répondit que Sparte serait heureuse tant qu’elle observerait ses lois. Là-dessus il résolut de n’y plus retourner, afin d’assurer l’observation des lois à laquelle ils s’étaient engagés par serment. Il se rendit à Crisa, où il se tua.

↑ L’espèce dont il s’agit ici approche beaucoup, pour le goût, de nos châtaignes. Il en croît et on en mange encore de pareils dans les parties méridionales de l’Europe. Encore aujourd’hui, on sert en Espagne de ces sortes de glands sur toutes les tables ; on les mange rôtis comme nos marrons. Léon l’Africain dit que, non loin de Mahmora, au royaume de Fez, il y a une forêt dont les arbres, très-élevés, portent des glands oblongs, assez ressemblants aux prunes de Damas, dont le goût approche de celui de la châtaigne, mais qui lui est de beaucoup supérieur. (L.)

↑ Cet échec leur arriva sous le règne de Charillus. Les femmes des Tégéates prirent les armes, et, s’étant mises en embuscade au pied du mont Phylactris, elles fondirent sur les Lacédémoniens tandis qu’ils étaient aux mains avec les Tégéates, et les mirent en déroute. Charillus fut pris, mais on le renvoya après qu’on lui eut fait promettre de ne plus porter les armes contre eux. En mémoire de cette action des femmes, on éleva dans la place de Tégée une statue de Mars, surnommé le Gynæchotoène, c’est-à-dire le convives des femmes. (L.)

↑ Suidas se trompe en disant qu’on les prenait parmi les éphores. Hérodote est plus croyable.

↑ Les savants sont divisés sur l’époque précise de cette éclipse. Mais les pères Petau et Hardouin, le chevalier Marsham, le président Bouhier et le père Corsini, clerc régulier des écoles pies, se sont déterminés pour l’éclipse qui parut le 9 juillet 4117. J’ai cru devoir l’adopter, parce qu’elle s’accorde mieux avec la chronologie que toutes les autres. La seule objection qu’on y puisse former, c’est que l’ombre passa au-dessus du Pont-Euxin par la Scythie et le Palus-Mæotis. Il est vrai que cette éclipse ne fut point centrale sur les bords de l’Halys ; cependant elle dut y être très-considérable, et il n’est point étonnant qu’elle ait causé de l’épouvante à des nations plongées dans l’ignorance. (L.)

↑ Ce nom de Syennésis était commun aux rois de Cilicie ; du moins est-il sûr que quatre princes l’ont porté. Le nom de Labynète se rencontre souvent parmi les rois de Babylone. (Bellanger.)

↑ J’avais pensé d’abord qu’il y avait une erreur dans le texte ; mais après avoir fait réflexion que le texte disait deux fois le lion ; que d’ailleurs Hérodote était très-superstitieux, et très-ignorant en histoire naturelle, comme on l’était alors ; et que, s’il n’y eût point eu de prodige dans cet accouchement, on n’aurait pas consulté les devins de Telmisse, comme le récit de notre historien prouve manifesteraient qu’on le fit, je me suis déterminé pour ce sentiment. (L.)

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