Histoires (page 11)
↑ C’est-à-dire cinq cent quatre-vingt-dix-huit toises deux pieds dix pouces de tour, sur deux cent quatre toises trois pieds neuf pouces de largeur : ainsi la largeur de chacun des deux autres côtés devait être de quatre-vingt-quatorze toises trois pieds huit pouces.
↑ Ce palais était au-dessous de la citadelle, et avait sept stades de tour. La charpente en était de cèdre ou de cyprès. Les poutres, les plafonds, les colonnes des portiques et les péristyles étaient revêtus de lames d’or et d’argent, et les toits couverts de tuiles d’argent. Le tout fut pillé vers l’arrivée d’Alexandre. (Polybe, lib. x.)
↑ « Aux Indes il n’est pas permis de cracher dans le palais du roi. Les Arabes croient que quand on crache, c’est par mépris. Ils ne le font jamais devant leurs supérieurs ; ils ne se mouchent point, non plus que les Turcs, et leurs mouchoirs ne servent qu’à essuyer les mains ou le visage. » Les Arabes ont dérogé à cet usage depuis qu’ils ont pris l’habitude de fumer du tabac. Niebuhr a souvent vu que le maître de la maison avait près de lui un petit crachoir de porcelaine.
↑ Cyaxare est monté sur le trône 634 ans avant notre ère ; ce n’a été que depuis cette époque que la discipline militaire fut connue, et qu’elle fut introduite dans les armées des asiatiques. Il faut cependant excepter les Hébreux qui, dès le temps de Moïse, étaient divisés en tribus qui formaient chacune une troupe séparée, avec son étendard particulier. (L.)
↑ Cette expédition des Scythes se fit sous le règne de Cyaxare, roi des Mèdes, et sous celui de Psammitichus, roi d’Égypte. Saint Jérôme s’est donc trompé en la plaçant sous le règne de Darius, roi des Mèdes.
↑ Sous Darius Nothus, l’an 4306 de la période julienne, 408 ans avant notre ère.
↑ Les Grecs et les Latins avaient pris la mauvaise habitude de donner aux dieux des autres nations les noms des divinités en vogue parmi eux. Quelques attributs, à peu près les mêmes chez les uns et chez les autres, suffisaient pour leur faire croire l’identité de ces dieux. (L.)
↑ Quoique les richesses ne fassent pas le bonheur, cette expression, les gens heureux, pour les gens riches, était passée en usage chez les Grecs.
↑ Le culte qu’on rendait aux fleuves était très-ancien. On en trouve des exemples dans Homère, qui parle des chevaux qu’on jetait dans le Scamandre pour honorer le dieu de ce fleuve. Chrysippe rapporte, au cinquième livre de la Nature, qu’Hésiode défendait d’uriner dans les rivières et les fontaines. La défense d’Hésiode se trouve dans les Ouvrages et les Jours, vers 755. (L.)
↑ Les Phocidiens étaient des peuples de la Phocidie ; les Phocéens, les habitants de Phocée, en Ionie.
↑ Le Prytanée servait à Athènes à plusieurs usages. Le sénat des Cinq-Cents s’y assemblait. Près de la salle où il tenait ses séances, on voyait le Tholus, où prenaient leurs repas ceux qui avaient rendu des services importants à l’État, et où les prytanes offraient des sacrifices. On y entretenait aussi le feu sacré, et l’on y conservait du blé et des armes. Quand on envoyait une colonie quelque part, on tirait du Prytanée des armes, des vivres et du feu. Car la colonie ne pouvait s’en pourvoir ailleurs ; et si par hasard le feu venait à s’éteindre, il fallait en renvoyer chercher de nouveau au Prytanée de la métropole. (L.)
↑ L’institution de cette fête à Athènes doit avoir précédé l’envoi de la colonie ionienne, puisque tous les Ioniens originaires d’Athènes la célébraient. Voici l’origine de cette fête. Les Athéniens et les Béotiens, étant en guerre pour le pays d’Œnné et de Mélænes, il fut convenu qu’il y aurait un combat particulier entre les deux rois, et que le pays contesté appartiendrait au victorieux. Thymœtès, dernier d’Athènes de la race de Thésée, refusa le combat. Mélanthus, que les Héraclides venaient de chasser de la Messénie, et qui cherchait un asile à Athènes, accepta le défi. Il tua par ruse Xanthus, roi de Béotie. Ce prince s’étant présenté sur le champ de bataille, Mélanthus lui dit qu’il n’aurait pas dû amener avec lui un second ; que cela était contre les conditions du combat. Xanthus, surpris de ce propos, regarda derrière lui, pour voir si en effet il était suivi. Mélanthus profita de ce moment pour le tuer. Cette action lâche, qui aurait dû faire chasser ce prince, lui valut la couronne ; et, bien loin de la regarder comme une action infâme, des fêtes furent instituées en l’honneur de Jupiter Trompeur, afin d’en perpétuer la mémoire. (L.)
↑ Séduit par les idées ingénieuses du président de Montesquieu, de M. Goguet et de l’abbé de Mably, j’avais regardé l’assemblée des amphictyons comme la tenue des états généraux de la Grèce. L’assemblée des Ioniens au Panionium était certainement une amphictyonie, et en conséquence je l’avais envisagée comme la tenue des états généraux de l’Ionie ; et conséquemment j’avais considéré l’Ionie comme formant un corps fédératif. Mais très-certainement les Grecs, ni en Europe ni en Asie, ne connurent pas cette sorte de gouvernement avant l’an 284 avant notre ère, où les Achéens jetèrent les fondements de leur république, comme l’a démontré l’ingénieux et savant auteur des Anciens gouvernements fédératifs. Voyez les chapitres iv et v. (L.)
↑ Le nom des fêtes chez les Grecs se terminaient par un a, comme Apaturia, Panionia, etc.
↑ C’est le territoire de Magnésie, ville située près du Méandre.
↑ Cette expression était passée en proverbe pour dire une victoire funeste aux vainqueurs. Par victoire cadméienne les anciens entendaient celle des deux frères Étéocle et Polynice, comme étant honteuse et pernicieuse.
↑ Cyrnus, fils d’Hercule, donna son nom à l’île de Cyrne. Il fut sans doute honoré comme un héros, et c’est probablement de lui dont veut parler Hérodote. Soit vanité, soit paresse, les Grecs avaient recours à leurs fables toutes les fois qu’ils se trouvaient embarrassés sur l’origine d’un peuple. (L.)
↑ Ce qu’Hérodote appelle stade se borne à 41 toises 2 pieds, suivant l’évaluation de d’Anville. On aura donc 19 840 toises pour l’enceinte de Babylone. Mais comme Diodore de Sicile ne donne souvent au stade que 54 toises 2 pieds, les 360 stades qu’avait, selon lui, Babylone feront 19 560 toises ; ce qui revient, à peu de chose près, au compte d’Hérodote. Babylone, quoique immense, cesse alors de nous effrayer par sa grandeur et son enceinte se réduit à près de huit de nos lieues. (L.)
↑ La médimne attique contenait 24 chénices attiques, ou 96 setiers ; la chénice a 4 setiers 2 cotyles : ainsi l’artabe était de 27 chénices ou 108 setiers. (L.)
↑ Le sésame est ce que nous appelons la jugéoline ou jugioline. C’est une herbe ou plante qui vient de graine. Sa tige est semblable à celle du millet mais plus haute et plus grosse ; ses feuilles sont rouges, et sa fleur verte et couleur d’herbe : sa graine est renfermée dans de petites capsules, comme celle du pavot. Il amaigrit la terre, parce qu’il a beaucoup plus de racines que le millet. Cette graine vient des Indes. On en tire une huile visqueuse, bonne à brûler et à manger. Dioscoride dit que les Égyptiens se servent de cette huile. (Bellanger.)
↑ Xénophon fait mourir ce prince tranquillement dans son lit. Il paraît que c’était aussi le sentiment de Strabon, qui assure qu’on montrait son tombeau à Pasargades. Lucien dit qu’il mourut âgé de plus de cent ans, de chagrin de ce que son fils Cambyse avait fait mourir la plupart de ses amis. (L.)
↑ La sagare est une hache à deux tranchants. Les Amazones se servaient de cette sorte d’arme.
Hérodote Histoire d’Hérodote Traduction par Pierre-Henri Larcher. Charpentier, 1850 (Tome 1, p. 133-232).
Égypte. — Isis. — Oracle de Dodone. — Sésostris. — Rhampsinite. — Héliopotis. — Éléphantine. — Le Nil. — Embaumements. — Sépultures. — Les douze rois. — Psammitichus. — Wecos. — Psammis. — Apriès. — Amasis, etc.
I. Cambyse, fils de Cyrus et de Cassandane, fille de Pharnaspes, monta sur le trône après la mort de son père. Cassandane étant morte avant Cyrus, ce prince avait été tellement affligé de sa perte, qu’il avait ordonné à tous ses sujets d’en porter le deuil.
Cambyse se disposa à marcher contre les Égyptiens avec les troupes qu’il leva dans ses États, auxquelles il joignit celles des Ioniens et des Éoliens, qu’il regardait comme esclaves de son père.
II. Les Égyptiens se croyaient, avant le règne de Psammitichus, le plus ancien peuple de la terre. Ce prince ayant voulu savoir, à son avènement à la couronne, quelle nation avait le plus de droit à ce titre, ils ont pensé, depuis ce temps-là, que les Phrygiens étaient plus anciens qu’eux, mais qu’ils l’étaient plus que toutes les autres nations. Les recherches de ce prince ayant été jusqu’alors infructueuses, voici les moyens qu’il imagina : il prit deux enfants de basse extraction nouveau-nés, les remit à un berger pour les élever parmi ses troupeaux, lui ordonna d’empêcher qui que ce fût de prononcer un seul mot en leur présence, de les tenir enfermés dans une cabane dont l’entrée fût interdite à tout le monde, de leur amener, à des temps fixes, des chèvres pour les nourrir, et, lorsqu’ils auraient pris leur repas, de vaquer à ses autres occupations. En donnant ces ordres, ce prince voulait savoir quel serait le premier mot que prononceraient ces enfants quand ils auraient cessé de rendre des sons inarticulés. Ce moyen lui réussit. Deux ans après que le berger eut commencé à en prendre soin, comme il ouvrait la porte et qu’il entrait dans la cabane, ces deux enfants, se traînant vers lui, se mirent à crier : Bécos, en lui tendant les mains. La première fois que le berger les entendit prononcer cette parole, il resta tranquille ; mais ayant remarqué que, lorsqu’il entrait pour en prendre soin, ils répétaient souvent le même mot, il en avertit le roi, qui lui ordonna de les lui amener.
Psammitichus les ayant entendu parler lui-même, et s’étant informé chez quels peuples on se servait du mot bécos[1], et ce qu’il signifiait, il apprit que les Phrygiens appelaient ainsi le pain. Les Égyptiens, ayant pesé ces choses, cédèrent aux Phrygiens l’antériorité, et les reconnurent pour plus anciens qu’eux[2].
III. Les prêtres de Vulcain m’apprirent à Memphis que ce fait arriva de cette manière ; mais les Grecs mêlent à ce récit un grand nombre de circonstances frivoles, et, entre autres, que Psammitichus fit nourrir et élever ces enfants par des femmes à qui il avait fait couper la langue. Voilà ce qu’ils me dirent sur la manière dont on éleva ces enfants.
Pendant mon séjour à Memphis, j’appris encore d’autres choses dans les entretiens que j’eus avec les prêtres de Vulcain ; mais comme les habitants d’Héliopolis passent pour les plus habiles de tous les Égyptiens, je me rendis ensuite en cette ville, ainsi qu’à Thèbes, pour voir si leurs discours s’accorderaient avec ceux des prêtres de Memphis. De tout ce qu’ils me racontèrent concernant les choses divines, je ne rapporterai que les noms des dieux, étant persuadé que tous les hommes en ont une égale connaissance ; et si je dis quelque chose sur la religion, ce ne sera qu’autant que je m’y verrai forcé par la suite de mon discours.