Histoires (page 21)
↑ Les Égyptiens, persuadés que Typhon était roux, n’immolent que des bœufs de cette couleur. Ils observent cela avec une exactitude si scrupuleuse, que, s’il se trouve sur la victime un seul poil noir ou blanc, ou ne peut la sacrifier. Ils pensent en effet qu’on ne doit point offrir aux dieux des choses qui leur soient agréables, mais au contraire tous les animaux dans lesquels ont passé les âmes des scélérats et des hommes injustes. Ils avaient encore une autre raison, c’est qu’Apis était noir, avec quelques marques blanches. Les Juifs avaient pris des Égyptiens le sacrifice de la vache rouge sans tache. (Nomb, cap. xix, v. 2.)
↑ « Comme les Ombites, dit Élien, ne veulent point manger de la tête des animaux qu’ils ont sacrifiés, ils la portent aux crocodiles et la leur jettent. Les crocodiles dansent autour de cette tête. » (L.)
↑ Ces imprécations ont beaucoup de conformité avec ce qui s’observait chez les Juifs à l’occasion du bouc émissaire. (Levitic., cap. xvi, v. 21.)
↑ L’utilité de cet animal et sa rareté en Égypte étaient la cause de cette défense. Aussi, quoiqu’ils sacrifiassent et qu’ils mangeassent des bœufs, ils épargnaient les femelles, pour en avoir de la race ; et la loi regardait comme un sacrilége celui qui en aurait mangé. Saint Jérôme dit aussi : In Ægypto et Palæstina, propter boum raritatem, nemo vaccam comedit. Ce règlement, qui dans son principe était très-sage, dégénéra peu à peu en superstition. Les brachmanes, qui ne mangent point actuellement de vaches, s’en abstenaient autrefois probablement par la même raison. Ce qui s’était pratiqué dans les commencements par un motif d’utilité, le fut depuis par superstition. « Et les Égyptiens et les Phéniciens, ajoute Porphyre, auraient plutôt mangé de la chair humaine que de celle de vache. » (Porphyre, De abst., lib. ii.)
↑ « Témoin l’inscription gravée sur une table d’airain qu’on trouva à Haliarte en Béotie, sur le tombeau d’Alcmène. Avec le corps étaient un petit bracelet d’airain et deux amphores de terre, qui contenaient de la terre qui avec le temps s’était durcie comme de la pierre. Agésilaüs fit transporter ces restes à Sparte. L’inscription avait, par l’ancienneté de ses caractères, l’air merveilleux. On ne put y rien connaître, même après avoir lavé la table d’airain. On reconnut cependant que ces lettres étaient barbares, et ressemblaient beaucoup à celles des Égyptiens. Agésilaüs en fit prendre des copies, qu’il envoya en Égypte. Agétoridas les remit, de la part de ce prince, au prophète Chonuphis. Celui-ci en donna l’explication, et l’envoya au roi. » (Plut. de Socrat. genio.) — C’était donc dans la langue des anciens Égyptiens que les amateurs des étymologies auraient dû chercher la signification des noms d’Amphitryon, d’Alcmène et d’Hercule. (L.)
↑ C’était probablement une émeraude bâtarde, un pseudosmaragdus. Cependant ces sortes de pierres ne rendent point de clarté la nuit. Si donc notre historien a été bien informé, et si l’on n’a point abusé de son ingénuité, je croirais volontiers, avec les auteurs de l’Histoire universelle anglaise, que cette colonne n’était pas même un pseudosmaragdus, mais du verre coloré, dont l’intérieur était éclairé par des lampes. (L.)
↑ Les Égyptiens avaient cet animal en horreur ; jamais ils n’en sacrifiaient aux dieux, si ce n’est à la Lune et à Bacchus. (L.)
↑ Le lait de truie donnait la lèpre ou des dartres à ceux qui en buvaient. Cet animal, qui transpire peu à cause qu’il en est empêché par la graisse, est fort sujet à des éruptions, et porte avec lui le principe de la lèpre. De là cette aversion que les Égyptiens avaient pour le pourceau, et la défense que Dieu fit aux Juifs d’en manger ; mais les Juifs n’en immolaient et n’en mangeaient en aucun temps, au lieu que les Égyptiens en sacrifiaient et en mangeaient une fois l’année, à la fête de la pleine lune. (L.)
↑ Manéthon parle de la Junon des Égyptiens, et assure qu’on lui sacrifiait trois hommes par jour, qu’on examinait comme les veaux mondes. Amasis abolit ces sacrifices barbares. Diodore de Sicile, Horapollon et d’autres auteurs font aussi mention de cette Junon. (L.)
↑ Ces Pélasges sont probablement ceux qui s’établirent dans l’Attique 1209 ans avant notre ère, et qui en furent chassés 1162 ans avant la même ère. (L.)
↑ Hérodote est né, suivant Aulu-Gelle, cinquante-trois ans avant la guerre du Péloponnèse, c’est-à-dire l’an 4230 de la période julienne, au commencement de la soixante-quatorzième olympiade, 484 ans avant l’ère vulgaire. Homère et Hésiode doivent être nés par conséquent l’an 3830 de la même période, 884 ans avant notre ère. (L.)
↑ Ce grand nombre de fêtes, et surtout la gaîté répandue sur ceux qui se rendaient par eau à Bubastis pour y célébrer celle de Diane, prouvent que les Égyptiens étaient un peuple gai, qui se livrait à la joie et aux plaisirs. Il a plu cependant à l’abbé Winckelmann de nous le représenter (Hist de l’art, liv. ii, chap. 1) comme étant d’un caractère sombre. Les relations modernes justifient le portrait qu’en fait Hérodote. (L.)
↑ Cette fête, qui ressemble beaucoup à celle des lanternes, établie à la Chine depuis un temps immémorial, pourrait servir à confirmer le sentiment de M. de Guignes, qui a soupçonné l’un des premiers que la Chine n’était qu’une colonie de l’Égypte. (L.)
↑ « Bien loin de refuser cet emploi, ou de rougir de l’exercer en public, ils en tirent au contraire vanité, comme s’ils participaient aux plus grands honneurs des dieux. Lorsqu’ils vont par les villes et par les campagnes, ils portent de certaines marques qui font connaître l’espèce d’animal dont ils prennent soin, et ceux qui se trouvent sur leur passage les respectent et les adorent. » (Diod. de Sicile, liv i.).
↑ « Ces fonds n’étaient pas les seuls qui fussent destinés à la nourriture de ces animaux. Il y a un champ consacré à chaque espèce d’animaux qu’ils vénèrent. Il est d’un revenu suffisant pour leur nourriture et le soin qu’on en prend… On donnait aux éperviers de la viande coupée par morceaux, qu’on leur jetait jusqu’à ce qu’ils les prissent, en les appelant à haute voix. On servait aux chats et aux ichneumons du pain émietté dans du lait, ou des poissons du Nil coupés par morceaux. Ils fournissent de la même manière, à chaque espèce d’animal, l’aliment qui lui convient. » (Diod. de Sicile, liv. i.) — Par un reste de cette ancienne superstition, le bacha du Caire fait livrer tous les jours deux bœufs aux achbobba, oiseaux que les mahométans regardent comme sacrés. (L.)
↑ La coudée étant d’un pied cinq pouces, les dix-sept coudées font vingt-quatre pieds un pouce. Mais comme il y avait des coudées d’un pied huit pouces cinq lignes, les dix-sept coudées doivent faire, suivant cette évaluation, vingt-huit pieds onze pouces une ligne. Élien raconte qu’on a vu, sous Psammitichus, un crocodile de vingt-cinq coudées, c’est-à-dire de plus de trente-cinq pieds ; et sous Amasis, un autre de plus de vingt-six coudées, c’est-à-dire de plus de trente-six pieds. M. Norden en a vu de trente pieds de long et même de cinquante. (L.)
↑ Aristote croyait, de même qu’Hérodote, que le crocodile n’avait pas de langue. Cet animal a une substance charnue semblable à une langue, et adhérente dans toute sa longueur à la mâchoire inférieure, qui peut lui servir à retourner ses aliments. (L.)
↑ Aristote dit aussi que la mâchoire inférieure du crocodile est immobile. Quoique l’autorité de ce savant naturaliste soit d’un très-grand poids, il n’en est pas moins vrai que la mâchoire inférieure du crocodile est la seule mobile. C’est ce qu’ont observé MM. de l’Académie des sciences, le docteur Grew cité par Ray, Klein et Buffon. (L.)
↑ Cet oiseau ressemble beaucoup à l’oie pour la figure ; mais il a toute la ruse et la finesse du renard. Belon l’appelle oie nonnette. Le mot grec est oie-renard, chenalopex. (L.)
↑ On ne croyait point encore, du temps d’Hérodote, que le phénix renaquit de ses cendres. Cette opinion s’accrédita dans la suite. Suidas assure, au mot φοίνιξ, que lorsque cet oiseau s’est brûlé, il naît de ses cendres un ver qui se change en phénix. Les Pères de l’Église grecque et latine ajoutèrent foi à cette fable, et ne manquèrent pas de la citer comme une preuve solide de la résurrection. (L.)
↑ M. Dupuis a parfaitement bien vu qu’Hérodote ne parlait en cet endroit que de la partie de l’Égypte destinée à la culture du blé. Aux exemples d’Hérodote qu’a rapportés ce savant pour faire voir qu’il y avait des vignes en Égypte, on peut ajouter celui-ci, qui est d’un temps bien antérieur à notre historien : Quare nos fecistis ascendere de Ægypto, et adduxistis in locum istum pessimum, qui seri non potest, qui nec ficum gignit, nec vineas, nec malogranata, insuper et aquam non habet ad bibendum. (Nomb., cap. xx. v. 5.)
↑ C’était sans doute la figure de quelque divinité, peut-être celle d’Osiris. C’est le sentiment d’Athénagoras. « Non-seulement, dit-il, on montre la sépulture d’Osiris, mais encore son corps embaumé. » Après quoi il apporte en preuve ce passage-ci d’Hérodote. On sait qu’Isis portait partout avec elle le corps de son mari, ce qui suppose qu’elle l’avait fait embaumer. Voyez Plutarque, De Iside et Osiride. (L.)
↑ L’embaumement de la première façon coûte un talent d’argent ou 5 400 l. de notre monnaie ; celui de la seconde, vingt mines ou 1 800 liv. ; et celui de la dernière, peu de chose. (L.)
↑ C’est la gomme arabique. On la tire de l’acacia, arbre très-commun dans la haute Égypte, où il est connu sous le nom de sount, de même qu’il l’est sous celui de cyale dans l’Arabie Pétrée. Strabon appelle cet arbre épine de la Thébaïde, et remarque qu’il produit de la gomme. (L.)
↑ C’est-à-dire soixante et dix jours, comme on l’a vu au paragraphe précédent. Il paraît que le deuil commençait avec ce procédé, et qu’il finissait en même temps. Le deuil peur les rois durait soixante et douze jours : celui de Joseph fut de soixante et dix jours. (L.)
↑ Les Égyptiens rendaient un culte au Nil : on lui avait élevé des temples ; il en avait un magnifique à Nilopolis, ville de la province d’Arcadie en Égypte, et l’on ne doute point qu’il n’en eût ailleurs. Du moins est-il certain, par ce passage d’Hérodote, qu’il devait avoir des prêtres dans toutes les villes situées sur les bords du fleuve ; et, suivant toutes les apparences, on lui rendait une espèce de culte dans toutes ces villes. (L.)
↑ Les Égyptiens appelaient cette ville Chemmo. Chemmis paraît une terminaison grecque. C’est la même ville que Panopolis. (L.)
↑ La chlæne était proprement un habillement d’hiver ; cependant il y en avait de légères. Celles qu’on donnait pour prix à Chemmis, dont le climat était très-chaud, devaient être de cette nature. Les prix différaient suivant la différence des jeux et des lieux où on les célébrait. (L.)
↑ Cela ne se rapporte point aux usages établis à Chemmis, mais à ceux dont il a été fait mention plus haut.
↑ « Le lotus est une nymphée particulière à l’Égypte, qui croit dans les ruisseaux et au bord des lacs. Il y en a de deux espèces, l’une à fleur blanche, et l’autre à fleur bleuâtre. Le calice du lotus s’épanouit comme celui d’une large tulipe, et répand une odeur suave, approchante de celle du lis. La première espèce produit une racine ronde, semblable à une pomme de terre. Les habitants des bords du lac Menzalé (Tennis) s’en nourrissent. Les ruisseaux des environs de Damiette sont couverts de cette fleur majestueuse, qui s’élève de deux pieds au-dessus des eaux. » (Savary, Lettres sur l’Égypte.)