Histoires (page 28)

Hérodote · Histoire

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — trad. Larcher 1850 · 80 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

XCI. Le suivant se prenait à commencer depuis la ville de Posideium, construite sur les frontières de la Cilicie et de la Syrie par Amphilochus[20], fils d’Amphiaraüs, jusqu’en Égypte, sans y comprendre le pays des Arabes, qui était exempt de tout tribut. Il payait trois cent cinquante talents. Ce même département renfermait aussi toute la Phénicie, la Syrie de la Palestine, et l’île de Chypre.

De l’Égypte, des Libyens voisins de l’Égypte, de Cyrène et de Barcé, villes comprises dans le gouvernement de l’Égypte, il revenait au roi un tribut de sept cents talents, sans compter le produit de la pêche du lac Mœris, et sept cents talents en blé[21] : car on en fournissait cent vingt mille mesures aux Perses en garnison dans le château blanc de Memphis, et aux troupes auxiliaires qui étaient à leur solde. Cette satrapie était la sixième. La septième comprenait les Sattagydes, les Gandariens, les Dadices et les Aparytes. Ces nations étaient du même gouvernement, et payaient cent soixante-dix talents. Suses et le reste du pays des Cissiens faisaient le huitième gouvernement, et rendaient au roi trois cents talents.

XCII. De Babylone et du reste de l’Assyrie, il lui revenait mille talents d’argent, et cinq cents jeunes eunuques : c’était le neuvième département. D’Agbatanes et du reste de la Médie, des Paricaniens et des Orthocorybantiens, qui faisaient le dixième gouvernement, il tirait quatre cent cinquante talents. Les Caspiens, les Pausices, les Pantimathiens et les Darites composaient le onzième gouvernement. Ils payaient ensemble deux cents talents. Tout le pays, depuis les Bactriens jusqu’aux Ægles, faisait la douzième satrapie, et rendait un tribut de trois cent soixante talents.

XCIII. Le treizième département payait quatre cents talents[22]. Il s’étendait depuis le Pactyice, l’Arménie et les pays voisins, jusqu’au Pont-Euxin. Les Sagartiens, les Sarangéens, les Thamanéens, les Outiens, les Myciens et les peuples qui habitent les îles de la mer Érythrée, où le roi envoie ceux qu’il relègue, payaient un tribut de six cents talents : ils étaient compris sous la quatorzième satrapie. La quinzième renfermait les Saces et les…, qui donnaient deux cent cinquante talents. Les Parthes, les Chorasmiens, les Sogdiens et les Ariens étaient taxés à trois cents talents : cette satrapie était la seizième.

XCIV. Les Paricaniens et les Éthiopiens asiatiques rendaient quatre cents talents. Ils composaient le dix-septième gouvernement. Le dix-huitième renfermait les Matianiens, les Sapires et les Alarodiens. Ils étaient taxés à deux cents talents. Les Mosches, les Tibaréniens, les Macrons, les Mosynœques, les Mardes, payaient trois cents talents. Ils faisaient le dix-neuvième département. Les Indiens sont, de tous les peuples qui nous soient connus, le plus nombreux. Ils payaient autant d’impôts que tous les autres ensemble, et ils étaient taxés à trois cent soixante talents de paillettes d’or. C’était le vingtième gouvernement.

XCV. Si l’on veut réduire au talent euboïque tout cet argent qui se payait au poids du talent babylonien, on trouvera neuf mille huit cent quatre-vingts talents ; et, si l’on met le prix de l’or à treize fois autant que celui de l’argent, en le réduisant aussi au talent euboïque, on aura quatre mille six cent quatre vingts talents de paillettes d’or. En réunissant toutes ces sommes, on verra que Darius retirait par an un tribut de quatorze mille cinq cent soixante talents euboïques, sans y comprendre d’autres sommes plus petites que je passe sous silence.

XCVI. Tels étaient les revenus que Darius tirait de l’Asie et d’une petite partie de la Libye. Il leva aussi, dans la suite, des impôts sur les îles, ainsi que sur les peuples qui habitaient l’Europe jusqu’en Thessalie. Le roi met ses revenus dans ses trésors, et voici comment. Il fait fondre l’or et l’argent dans des vaisseaux de terre ; lorsqu’ils sont pleins, on ôte le métal du vaisseau, et, quand il a besoin d’argent, il en fait frapper autant qu’il lui en faut.

XCVII. Tels sont les différents gouvernements et les impôts auxquels ils sont soumis. La Perse est la seule province que je n’aie point mise au rang des pays tributaires. Ses peuples en font valoir les terres sans payer d’impôts ; mais, s’ils ne sont point taxés, ils accordent du moins un don gratuit. Il en était de même des Éthiopiens, voisins de l’Égypte, que Cambyse subjugua dans son expédition contre les Éthiopiens-Macrobiens, et de ceux qui habitent la ville sacrée de Nyse, et qui célèbrent des fêtes en l’honneur de Bacchus. Ces Éthiopiens et leurs voisins observent, à l’égard des morts, les mêmes coutumes que les Indiens-Calaties, et leurs maisons sont sous terre. Ces deux peuples portaient tous les trois ans au roi deux chénices d’or fin, avec deux cents troncs d’ébène et vingt grandes dents d’éléphant. De plus, ils lui présentaient cinq jeunes Éthiopiens ; et cet usage s’observait encore de mon temps.

Les peuples de Colchide se taxaient eux-mêmes pour lui faire un présent, ainsi que leurs voisins, jusqu’au mont Caucase ; car tout le pays, jusqu’à cette montagne, est soumis aux Perses ; mais les nations qui habitent au nord du Caucase ne tiennent aucun compte d’eux. Ces peuples avaient coutume d’envoyer pour don gratuit, de cinq en cinq ans, cent jeunes garçons et autant de jeunes filles. Ce présent, auquel ils s’étaient taxés eux-mêmes, se faisait encore de mon temps. Les Arabes donnaient aussi tous les ans au roi mille talents[23] d’encens. Tels étaient les présents de ces différents peuples, sans compter les tributs dont nous avons parlé.

XCVIII. Quant à cette grande quantité de paillettes d’or dont les Indiens payent, comme je l’ai dit, leur tribut au roi de Perse, voici comment ils se les procurent. La partie des Indes qui s’étend vers le soleil levant est sablonneuse ; car, de tous les peuples que nous connaissions, et dont on dise quelque chose de certain, il n’y en a pas un qui soit plus près de l’aurore et du lever du soleil que les Indiens. Ils sont, de ce côté, les premiers habitants de l’Asie. À l’est, les sables rendent le pays désert. On comprend sous le nom d’Indiens plusieurs peuples qui ne parlent pas une même langue ; les uns sont nomades, et les autres ont une demeure fixe. Il y en a qui habitent dans les marais formés par les débordements du fleuve, et qui se nourrissent de poissons crus, qu’ils pêchent de dessous leurs canots de cannes ou roseaux. Ils coupent ces cannes de nœud en nœud ; chaque morceau fait une nacelle. Ces Indiens portent des habits tissus d’une plante qui croît dans les rivières ; ils la recueillent, et, l’ayant bien battue, ils l’entrelacent en forme de natte, et s’en revêtent comme si c’était une cuirasse.

XCIX. Les autres Indiens, qui habitent à l’est de ceux-ci, sont nomades, et vivent de chair crue. On les appelle Padéens. Voici les lois qu’on leur attribue. Quiconque parmi eux tombe malade, si c’est un homme, ses plus proches parents et ses meilleurs amis le tuent, apportant pour raison que la maladie le ferait maigrir et que sa chair en serait moins bonne. Il a beau nier qu’il soit malade, ils l’égorgent impitoyablement, et se régalent de sa chair. Si c’est une femme, ses plus proches parentes la traitent de la même manière que les hommes en agissent entre eux. Ils tuent ceux qui sont parvenus a un grand âge, et les mangent ; mais il s’en trouve peu, parce qu’ils ont grand soin de tuer tous ceux qui tombent malades.

C. Il y a d’autres Indiens qui ont des usages différents. Ils ne tuent aucun animal ; ils ne sèment rien, n’ont point de maisons, et vivent d’herbages. Ils ont chez eux une espèce de grain que la terre produit d’elle-même. Ce grain est à peu près de la grosseur du millet, et vient dans une cosse. Ils le recueillent, le font bouillir avec sa cosse, et le mangent. Si quelqu’un d’entre eux tombe malade, il va dans un lieu désert et s’y tient, sans que personne s’en occupe, soit pendant sa maladie, soit après sa mort.

CI. Ces Indiens, dont je viens de parler, voient publiquement leurs femmes, comme les bêtes. Ils sont tous de la même couleur, et elle approche beaucoup de celle des Éthiopiens. La liqueur séminale n’est pas blanche chez eux, comme chez les autres hommes, mais noire comme leur peau, et ressemble à celle des Éthiopiens. Ces sortes d’Indiens sont fort éloignés des Perses ; ils habitent du côté du midi, et n’ont jamais été soumis à Darius.

CII. Il y a d’autres Indiens, qui habitent au nord : ils sont voisins de la ville de Caspatyre et de la Pactyice. Leurs mœurs et leurs coutumes approchent beaucoup de celles des Bactriens. Ils sont aussi les plus braves de tous les Indiens, et ce sont eux qu’on envoie chercher l’or. Il y a aux environs de leur pays des endroits que le sable rend inhabitables. On trouve dans ces déserts et parmi ces sables des fourmis plus petites qu’un chien, mais plus grandes qu’un renard. On en peut juger par celles qui se voient dans la ménagerie du roi de Perse, et qui viennent de ce pays, où elles ont été prises à la chasse.

Ces fourmis ont la forme de celles qu’on voit en Grèce ; elles se pratiquent sous terre un logement. Pour le faire, elles poussent en haut la terre, de la même manière que nos fourmis ordinaires, et le sable qu’elles élèvent est rempli d’or. On envoie les Indiens ramasser ce sable dans les déserts. Ils attellent ensemble chacun trois chameaux : ils mettent un mâle de chaque côté, et entre deux une femelle, sur laquelle ils montent. Mais ils ont l’attention de ne se servir que de celles qui nourrissent, et qu’ils viennent d’arracher à leurs petits encore à la mamelle. Leurs chameaux ne sont pas moins légers à la course que les chevaux, et portent néanmoins de plus grands fardeaux.

CIII. Je ne ferai point ici la description de la figure du chameau ; les Grecs la connaissent : je dirai seulement ce qu’ils ignorent. Le chameau a deux cuisses et deux genoux à chaque jambe de derrière ; et le membre passe entre les cuisses de derrière, et est tourné vers la queue.

CIV. Les Indiens, ayant attelé leurs chameaux de la sorte, règlent tellement leur marche vers les lieux où est l’or, qu’ils n’y arrivent et ne l’enlèvent que pendant la grande chaleur du jour ; car alors l’ardeur excessive du soleil oblige les fourmis à se cacher sous terre. Dans ce pays, le soleil est le plus ardent le matin, et non à midi, comme chez les autres nations. Ils l’ont aplomb sur la tête jusqu’à l’heure où l’on a coutume de sortir de la place publique. Dans cette partie du jour il est beaucoup plus brûlant qu’il ne l’est en Grèce en plein midi. Aussi dit-on que pendant ce temps-là ils se tiennent dans l’eau. À midi, il est à peu près aussi chaud dans les autres pays que chez les Indiens ; mais, après midi, la chaleur est aussi modérée chez eux qu’elle l’est le matin chez les autres peuples ; et plus il s’éloigne du midi, plus l’air devient frais, de sorte qu’à son coucher ils jouissent d’une grande fraîcheur.

CV. Les Indiens ne sont pas plutôt arrivés sur les lieux où se trouve l’or, qu’ils remplissent de sable les sacs de cuir qu’ils ont apportés, et s’en retournent en diligence : car, au rapport des Perses, les fourmis, averties par l’odorat, les poursuivent incontinent. Il n’est point, disent-ils, d’animal si vite à la course ; et si les Indiens ne prenaient pas les devants pendant qu’elles se rassemblent, il ne s’en sauverait pas un seul. C’est pourquoi les chameaux mâles, ne courant pas si vite que les femelles, resteraient en arrière, s’ils n’étaient point tirés ensemble et à côté d’elles. Quant aux femelles, le souvenir de leurs petits leur donne des forces. C’est ainsi, disent les Perses, que ces Indiens recueillent la plus grande partie de leur or : celui qu’ils tirent de leurs mines est plus rare.

CVI. Les extrémités de la terre habitée ont eu, en quelque sorte, en partage ce qu’elle a de plus beau, comme la Grèce a eu, pour le sien, la plus agréable température des saisons. L’Inde est, ainsi que je viens de le dire, la dernière contrée habitée à l’est. Les quadrupèdes et les volatiles y sont beaucoup plus grands que dans les autres pays ; mais les chevaux y sont plus petits que ceux de la Médie, qu’on appelle Niséens. Ce pays abonde en or : on le tire des mines, des fleuves, qui le charrient avec leurs eaux, et de la manière dont nous avons dit qu’on l’enlevait. On y voit, outre cela, des arbres sauvages qui, pour fruit, portent une espèce de laine[24] plus belle et meilleure que celle des brebis. Les Indiens s’habillent avec la laine qu’ils recueillent sur ces arbres.

CVII. Du côté du midi, l’Arabie est le dernier des pays habités. C’est aussi le seul où l’on trouve l’encens[25], la myrrhe, la cannelle, le cinnamome, le lédanon. Les Arabes recueillent toutes ces choses avec beaucoup de peine, excepté la myrrhe.

Pour récolter l’encens, ils font brûler sous les arbres qui le donnent une gomme appelée styrax, que les Phéniciens apportent aux Grecs. Ils brûlent cette gomme pour écarter une multitude de petits serpents volants, d’espèces différentes, qui gardent ces arbres, et qui ne les quitteraient pas sans la fumée du styrax. Ce sont ces sortes de serpents qui volent par troupes vers l’Égypte.

CVIII. Les Arabes disent aussi que tout le pays serait rempli de ces serpents, s’il ne leur arrivait la même chose que nous savons arriver aux vipères. C’est la Providence divine dont la sagesse a voulu, comme cela est vraisemblable, que tous les animaux timides, et qui servent de nourriture, fussent très-féconds, de crainte que la grande consommation qu’on en fait n’en détruisît l’espèce, et qu’au contraire tous les animaux nuisibles et féroces fussent beaucoup moins féconds.

Le lièvre trouve partout des ennemis ; les bêtes, les oiseaux, les hommes, lui font la guerre : aussi cet animal est-il extrêmement fécond. Sa femelle est, de tous les animaux, la seule qui conçoive quoique déjà pleine, et qui porte en même temps des petits dont les uns sont couverts de poil, les autres n’en ont point encore, et d’autres ne font que de se former, tandis qu’elle en conçoit encore d’autres.

La lionne, au contraire, cet animal si fort et si féroce, ne porte qu’une fois en sa vie, et ne fait qu’un petit : car sa matrice sort avec son fruit ; et en voici la raison. Dès que le lionceau commence à remuer dans le ventre de sa mère, comme il a les griffes beaucoup plus pointues que tout autre animal, il déchire la matrice ; et plus il croît, plus il la déchire. Enfin, lorsque la lionne est près de mettre bas, il n’y reste rien de sain.

CIX. Si donc les vipères et les serpents volants d’Arabie ne mouraient que de leur mort naturelle, il serait impossible aux hommes de vivre ; mais, lorsqu’ils frayent ensemble, la femelle, dans l’accouplement et dans l’instant de l’émission, prend le mâle à la gorge, s’y attache fortement, et ne lâche point prise qu’elle ne l’ait dévoré. Ainsi périt le mâle. La femelle en reçoit la punition ; ses petits, étant prêts à sortir, lui rongent la matrice et le ventre, se font un passage, et vengent de la sorte la mort de leur père. Les autres serpents, qui ne font point de mal aux hommes, pondent des œufs d’où l’on voit éclore une grande quantité de petits serpents. Au reste, il y a des vipères par toute la terre ; mais on ne voit qu’en Arabie des serpents ailés ; ils s’y trouvent en très-grand nombre.

CX. C’est ainsi que les Arabes recueillent l’encens. Voici comment ils font la récolte de la cannelle. Lorsqu’ils vont la chercher, ils se couvrent le corps entier, et même le visage, excepté les yeux, de peaux de bœufs et de chèvres. La cannelle croît dans un lac peu profond. Sur ce lac et tout à l’entour, il y a des animaux volatiles semblables à des chauves-souris. Ces animaux jettent des cris perçants et terribles, et sont très-forts. Les Arabes ont soin de les repousser et de se garantir les yeux, et avec cette précaution ils récoltent la cannelle.

CXI. Le cinnamome[26] se recueille d’une façon encore plus merveilleuse. Les Arabes eux-mêmes ne sauraient dire ni où il vient, ni quelle est la terre qui le produit. Quelques-uns prétendent qu’il croît dans le pays où Bacchus fut élevé ; et leur sentiment est appuyé sur des conjectures vraisemblables. Ils racontent que de certains gros oiseaux vont chercher ces brins ou bâtons que nous appelons cinnamome, nom que nous avons appris des Phéniciens ; que ces oiseaux les portent à leurs nids, qu’ils construisent avec de la boue sur des montagnes escarpées, et où aucun homme ne peut monter. Pour avoir ces brins de cinnamome, on prétend que les Arabes emploient cet artifice : ils prennent de la chair de bœuf, d’âne et d’autres bêtes mortes, la coupent en très-gros morceaux, et l’ayant portée le plus près des nids qu’il leur est possible, ils s’en éloignent. Les oiseaux fondent sur cette proie, et l’emportent dans leurs nids ; mais comme ces nids ne sont point assez solides pour la soutenir, ils se brisent et tombent à terre. Les Arabes surviennent alors, et ramassent le cinnamome, qu’ils font ensuite passer dans les autres pays.

CXII. Le lédanon[27], que les Arabes appellent ladanon, se recueille d’une manière encore plus merveilleuse que le cinnamome. Quoique très-odoriférant, il vient dans un endroit d’une odeur très-désagréable ; car on le trouve dans la barbe des boucs et des chèvres, tel que la moisissure qui se forme sur le bois. On le fait entrer dans la composition de plusieurs parfums, et c’est principalement avec le lédanon que se parfument les Arabes. En voilà assez sur les substances odoriférantes.

CXIII. On respire en Arabie une odeur très-suave. Les Arabes ont deux espèces de moutons dignes d’admiration, et qu’on ne voit point ailleurs : les uns ont la queue longue au moins de trois coudées. Si on la leur laissait traîner, il y viendrait des ulcères, parce que la terre l’écorcherait et la meurtrirait. Mais aujourd’hui tous les bergers de ce pays savent faire de petits chariots, sur chacun desquels ils attachent la queue de ces animaux. L’autre espèce de moutons a la queue large d’une coudée.

CXIV. L’Éthiopie s’étend au couchant de l’Arabie, en tirant vers le midi : c’est le dernier des pays habités. Elle produit beaucoup d’or, des éléphants monstrueux, toutes sortes d’arbres sauvages, et de l’ébène. Les hommes y sont grands, beaux, bien faits, et vivent fort longtemps.

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