Histoires (page 47)
↑ Cette description s’applique parfaitement à ces chevaux couverts d’un poil long et comme laineux que nous avons vus dans les armées russes, et qui sont originaires à peu près des mêmes contrées dont parle ici Hérodote. (Miot.)
↑ « Lorsque les Scythes, dit Diodore, subjuguèrent une partie de l’Asie, ils en firent sortir plusieurs peuplades, entre autres une d’Assyriens, qu’ils transplantèrent dans l’Asie Mineure, et une de Mèdes, qui passa vers le Tanaïs, et qui forma la nation des Sauromates. » Une branche de ces Sauromates s’était-elle étendue avec le temps du côté du Danube, et les Sigynnes en descendaient-ils ? cela paraît vraisemblable. Mais il y aurait à présent de la témérité à vouloir décider sur l’origine d’un peuple qu’ignorait Hérodote, qui était beaucoup plus près que nous de ces temps-là. (L.)
↑ La tyrannie est l’état du tyran, comme le royaume est celui du roi.
↑ Cette maière de construire les cabanes me rappelle que Tcherkask, capitale des Cosaques du Don ou Tanaïs, est bâtie de la sorte, avec cette différence que les eaux du lac Prasias sont tranquilles, et que le Tanaïs est un fleuve très-rapide ; ce qui rend la construction de ces maisons plus merveilleuse. (L.)
↑ J’imagine que ces portes se levaient et s’abaissaient comme nos ponts-levis. Le catarractès des anciens se levait et s’abaissait aussi, mais en sens contraire. (L.)
↑ Athénée parle d’un certain peuple de Thrace qui nourrissait ses bœufs de poissons. Il l’appelle ceux qui habitent auprès du Mosyne de Thrace. Comme on ne connaît point en Thrace d’endroit de ce nom, je soupçonne que c’est le même peuple dont parle Hérodote, et qu’Athénée donne à leur ville le nom de Mosyne, à cause de leurs maisons de bois. Thorm. Torffæus assure, dans son Histoire de Norwége, que dans les pays froids et maritimes de l’Europe on nourrit le bétail avec du poisson. (Wesseling.)
↑ Je ne crois pas qu’aucune autre auteur ait parlé du paprax. Ce poisson m’est inconnu. Quant au tillon, c’est le même, à ce qu’il paraît, que le poisson qu’Aristote nomme tillon. Il l’associe avec le ballène, autre poisson qui ne m’est pas plus connu. « Le ballène, dit cet habile naturalise, et le tillon sont sujets à un ver qui se forme dans leur corps pendant la canicule : il les affaiblit et les oblige de s’élever sur l’eau ; ce qui les fait périr brûlés par la chaleur. » (L.)
↑ D’Anville prétend que le lac Bolbé est le lac Prasias, mais il ne cite aucune autorité. La position de ce lac est d’autant plus difficile à déterminer, qu’Hérodote est, je crois, le seul auteur ancien qui en parle.
↑ On appelait ainsi les juges qui présidaient aux jeux olympiques. Leur nombre a varié en différents temps. Il fut longtemps de dix, quelquefois de plus et quelquefois de moins, suivant le nombre des tribus des Éléens ; mais enfin il revint à dix dans la cviiie olympiade, et subsista de la sorte jusqu’au temps de Pausanias, qui fleurissait l’an 174 de notre ère. Ils ne jugeaient pas tous sur toutes sortes de combats, mais seulement ceux qui étaient délégués à cet effet. On pouvait appeler de leurs décisions, et même les accuser devant le sénat d’Olympie, qui cassait quelquefois leurs jugements. Ceux qu’on avait élus hellanodices devaient demeurer dix mois de suite dans un palais qui leur était approprié à Olympie, qu’on appelait Ελλανοδικαιών, Hellanodicæon, afin de s’y instruire de ce qu’ils devaient faire lorsqu’ils entreraient en charge. (L.)
↑ Voici ce qui se faisait aux jeux olympiques pour apparier les combattants. On avait une urne d’argent consacrée au dieu. On y mettait de petites ballotes environ de la grosseur d’une fève, deux marquées d’un A, deux d’un B, deux d’un C, et ainsi de suite, selon le nombre de ceux qui se présentaient pour combattre. Alors les champions s’avançaient l’un après l’autre, faisaient leur prière à Jupiter, et chacun, mettant la main dans l’urne, tirait une des ballotes. Il leur était défendu de regarder quelle lettre il y avait dessus. Il y avait là un héraut armé d’une baguette, qu’il tenait levée et prête à frapper, pour les en empêcher. Quand ils avaient tous tirés, l’alytarque, ou quelqu’un des hellanodices, prenait la ballote de chacun des champions rangés en cercle, la regardait, et appariait ceux qui avaient la même lettre. Si le nombre des athlètes était impair, celui qui avait la lettre unique entrait en combat contre le vainqueur ; ce qui n’était pas un petit avantage, parce qu’il se mesurait tout frais avec un homme déjà fatigué. (Bellanger.)
↑ Il paraît qu’il était d’usage en Perse de couvrir de la peau des mauvais juges les siéges où ils avaient rendu la justice. On les faisait quelquefois mourir avant de les écorcher, mais quelquefois aussi on les écorchait en vie. Artaxerxès traita de la sorte des juges qui avaient rendu des sentences iniques. Ils furent écorchés vifs, l’on étendit leurs peaux sur leurs siéges, afin que les juges eussent toujours sous les yeux un exemple de la punition qu’on infligeait aux prévaricateurs. (L.)
↑ Chalcédoine, Lamponium et Antandros étaient en Asie, et par conséquent n’étaient pas du gouvernement d’Otane, successeur de Mégabyse, qui ne commandait qu’en Europe. Mais peut-être Otane avait-il le commandement des côtes de l’Asie avant de succéder au gouvernement de Mégabyse. (L.)
↑ Il y a dans le grec : huit mille boucliers. L’aspis est proprement le bouclier des troupes pesamment armées, de même que la pelte était celui des troupes légères. (L.)
↑ Hérodote a ajouté cela à dessein, afin de distinguer ce gouvernement de celui d’Otane, qui était pareillement gouverneur des côtes maritimes. Celui-ci commandait en Thrace et sur les côtes de l’Europe, puisqu’il avait pris la place de Mégabyse, dont l’autorité ne s’étendait que sur ces pays. Artapherne avait dans son département l’Asie Mineure et les côtes de la mer Égée. (L.)
↑ Il paraît par là que, dans le temps qu’Hérodote écrivait cela, il n’avait point connaissance de la lettre par laquelle Pausanias demandait à Xerxès sa fille en mariage. On peut la voir dans Thucydide, liv. i. (L.)
↑ C’était probablement le nom de quelques îles qui formaient une rade. Ce nom s’est perdu, au moins ne se retrouve-t-il dans aucun autre géographe ancien. (Miot.)
↑ Le temple des Branchides ou d’Apollon Didyméen, comme on l’appella dans la suite, était peu éloigné de Milet, tant par terre que par mer. Il était bâti sur le promontoire Posidéium, à dix-huit stades du rivage. Le nom de Branchides venait d’une famille qui prétendait descendre de Branchus, fondateur vrai ou supposé de ce temple, et qui resta en possession du sacerdoce jusqu’au temps de Xerxès. Les anciennes maisons, en Grèce, mêlaient leur origine avec la fable, et voulaient qu’on les crût issues des dieux, afin de s’élever au-dessus du vulgaire et de s’en concilier le respect. (L.)
↑ Des stratéges, Στρατηγός n’est point ici un général d’armée, mais un magistrat dont les fonctions répondaient probablement à celles des archontes à Athènes, des cosmes en Crète et en beaucoup de villes doriennes, etc. On substitua même à Athènes les stratéges aux archontes, vers le commencement du ive siècle de notre ère, comme l’a prouvé le père Corsini in Fastis Atticis, disert. i, p. 45. (L.)
↑ Saint Clément d’Alexandrie dit cependant qu’on infligeait, à Lacédémone, des peines aux monogames ; mais Cragius conjecture avec raison qu’il faut lire κακογαμίου, et la défense alors regardera seulement les degrés de parenté : car il y en avait chez ce peuple où les mariages étaient interdits. (L.)
↑ « Hercule, désirant faire le tour entier de la Sicile, partit du promontoire Pélorias pour se rendre vers Eryx. En s’approchant du pays qui est près d’Eryx, Eryx, fils de Vénus et de Butès, qui avait régné auparavant en ces lieux, le défia à la lutte. Comme Eryx avait mis son pays pour prix du combat, et Hercule ses bœufs, le premier se fâcha d’abord, parce que ses bœufs n’étaient pas d’un prix proportionné à celui du pays ; mais Hercule lui ayant fait voir que s’il perdait ses bœufs il serait aussi privé de l’immortalité, Eryx accepta la condition, et ayant été vaincu, il fut dépouillé de ses terres. Hercule laissa ce pays aux habitants, et leur permit d’en tirer les fruits, jusqu’à ce qu’un de ses descendants vint le redemander, ce qui ne manque pas d’arriver ; car, grand nombre de générations après, Doriée de Lacédémone vint en Sicile, recouvra ce pays, et y bâtit la ville d’Héraclée. » (Diod. Sicul., lib. iv, § 23).
↑ Sybaris était une ville puissante, gouvernée par Télys, qui en était le démagogue. Cet homme persuada par ses accusations aux Sybarites de bannir cinq cents des plus puissantes d’entre les citoyens, et de vendre leurs biens à l’encan. Les exilés se retirèrent à Crotone, et se réfugièrent auprès des autels qui étaient sur la place. Télys envoya des ambassadeurs à Crotone, avec ordre de redemander les exilés, ou de déclarer la guerre en cas de refus. Le peuple était disposé à les rendre ; mais, le philosophe Pythagore les ayant engagés à les protéger, ils résolurent de prendre leur défense. Les Sybarites mirent trois cent mille hommes sur pied ; les Crotoniates, commandés par Milon l’athlète, allèrent au-devant d’eux avec cent mille hommse. Celui-ci, qui avait remporté six fois le prix aux jeux olympiques, et qui n’avait pas moins de grandeur d’âme que de force de corps, enfonça le premier ceux qui lui étaient opposés. Les Sybarites furent battus, la plupart furent tués en fuyant, et leur ville, prise et pillée, fut réduite en une parfaite solitude. Cinquante-sept ans après, un certain Thessalus rassembla les Sybarites qui avaient survécu au désastre de leur patrie, et ayant rétabli la ville, elle fut de nouveau détruite par les Crotoniates. Mais, six ans après, les Athéniens y envoyèrent une colonie, la rebâtirent dans le voisinage de l’ancienne ville, et donnèrent à cette ville le nom de Thurium. La destruction de Sybaris par les Crotoniates est de l’an 4207 de la période julienne, 507 ans avant l’ère vulgaire. (L.)
↑ Jamus était un devin d’Élée, fils d’Apollon et d’Évadné, laquelle était fille de Neptune et de Pitané, fille du fleuve Eurotas. Apollon lui accorda le don de la divination, et à tous ses descendants, qu’on appelait Jamides. (L.)
↑ Les Carthaginois, qui étaient Phéniciens d’origine, et que les Latins appelaient Pœni.
↑ Elle épousa Léonidas. Lorsque ce prince partit pour les Thermopyles, Gorgo lui ayant demandé ses ordres : « Épousez, lui dit-il, un homme de bien, et devenez mère de braves gens. » Il s’attendait en effet à périr. Cette princesse était très-vertueuse, et c’est une des femmes que Plutarque propose pour modèle à Eurydice.
↑ Hérodote reprend ici la narration qu’il avait interrompue, § xxxix, par une digression sur les enfants d’Anaxandrides, et particulièrement sur les aventures de Doriée, frère de Cléomène.
↑ Voilà une époque bien ancienne pour les cartes géographiques, du moins en Grèce, puisque le voyage d’Aristagoras à Lacédémone doit être de la première année de la lxixe olympiade, 504 ans avant l’ère vulgaire. Elles devaient même être en ce temps là assez communes, puisque Anaximandre en fait 71 ans auparavant. On sait qu’il fleurissait 575 avant notre ère. C’est Strabon qui nous apprend, d’après Érathostènes, que ce philosophe, qui avait été disciple de Thalès, avait le premier publié une carte géographique. (L.)
↑ Κυρβασίας dans le texte. Ce mot, qui signifie la crête d’un coq, se prend aussi pour la tiare des Perses. « Les images, dit Démétrius de Phalère (dans son livre sur l’élocution), sont agréables, par exemple, si vous comparez le coq au roi de Perse, parce que cet oiseau porte la crête droite. » Les rois portaient la tiare droite. (L.)
↑ Ces stathmes ou maisons royales servaient probablement aussi à loger des voyageurs. On sait que dans l’Orient on a exercé de tout temps l’hospitalité, et qu’encore actuellement on trouve sur toutes les grandes routes de vastes édifices très-commodes où logent les voyageurs avec leur suite, sans qu’il leur en coûte rien. On les appelle des caravanserails. (L.)
↑ « On dit que cette ville (Suses) a été bâtîe par Tithon, père de Memnon. Elle a cent vingt stades de circonfèrence ; sa figure est oblongue, sa citadelle s’appelait Memnonium. » (Strabon, lib. xv.)
↑ Hipparque fut tué la troisième année de la soixante-sixième olympiade. Lorsqu’il fut tué, il possédait la tyrannie selon l’opinion la plus commune des Athéniens. (L.)