Histoires (page 48)
↑ Les ancêtres d’Aristogiton et d’Harmodius étaient Géphyréens. Les Géphyréens faisaient partie de ces peuples qui suivirent Cadmus en Béotie, où ils s’établirent dans le canton qu’on appelait le Tanagrique. En ayant été chassé par les Béotiens, ils se retirèrent à Athènes, où ils furent admis au nombres des citoyens à de certaines conditions. (Voyez dans Thucydide, liv. vi, l’histoire de ces deux jeunes gens.)
↑ Les Panathénées étaient une fête instituée en l’honneur de Minerve. Il y avait les petites et les grandes Panathénés. L’origine des petites remonte à Thésée. Lorsque ce prince réunit tous les petites peuples de l’Attique dans la ville d’Athènes, il y établit la fête des Panathénées, qui était commune à toute la nation. Elle se célébrait tous les ans, le 14 du mois d’hécatombéon, qui correspond au 27 juillet. Son institution est de l’an 3398 de la période julienne, 1316 ans avant l’ère vulgaire. Les grandes Panathénées se célébraient tous les cinq ans, la troisième année de chaque olympiade. (L.)
↑ C’est-à-dire des peaux, du parchemin. « Une loi, dit Diodore de Sicile, ordonnait, chez les Perses, d’écrire l’histoire sur des peaux. On les appelait les diphtères royales. » Ces diphtères contenaient les annales de la nation, et se déposaient dans les archives royales. (Bellanger.)
↑ Laodamas, fils d’Étéocle, succéda à son père au trône de Thèbes. Il eut pour tuteur, pendant sa minorité, Créon, fils de Ménécée, qui était régent du royaume. Laodamas était majeur, et gouvernait par lui-même lorsque les Argiens se mirent une seconde fois en campagne pour assiéger Thèbes. Les Thébains allèrent au-devant d’eux jusqu’aux environs de Glisante. Laodamas tua dans le combat Ægialée, fils d’Adraste. Cependant les Argiens gagnèrent la bataille. Laodamas se retira la nuit suivante chez les Illyriens, avec ceux des Thébains qui voulurent le suivre. Les Argiens ayant pris Thèbes, la remirent à Thersandre, fils de Polynice. Avant Laodamas, Cadmus s’était aussi retiré dans l’Illyrie, chez les Enchéléens. (L.)
↑ On leur permit de s’établir sur les bords du Céphisse, qui sépare l’Attique proprement dite du territoire d’Éleusis. On construisit en cet endroit un pont, afin qu’il y eût des deux côtés une libre communication.
↑ Le nom d’amphictyons se donnait à la plus illustre assemblée de la Grèce. Dans l’origine elle n’avait d’autre objet de que protéger le temple de Delphes, et de rendre la justice à la multitude de ceux qui accouraient de toutes les parties de la Grèce pour consulter le dieu. Androtion prétend, dans son Histoire de l’Attique, que les peuples du voisinage de Delphes s’assemblant dans cette ville, cette assemblée prit de là son nom d’amphictyons. On peut regarder cette assemblée comme les états généraux de la Grèce. Elle se tenait deux fois par an, au printemps et en automne. Chaque ville qui avait le droit d’amphictyonie envoyait deux députés à cette assemblée. (L.)
↑ Le temple de Delphes, selon Pausanias, n’était, dans son origine, qu’une chapelle faite avec des branches du laurier qui croit auprès du Tempé ; un certain Ptéras de Delphes le bâtit ensuite d’une manière sans doute plus solide. On le construisit après en airain ; mais il fut englouti, ou fondu par le feu. Il fut bâti pour la quatrième fois en pierre, par Trophonius et Agamèdes. Ce temple fut brûlé la première année de la cinquante-huitième olympiade ; les amphictyons firent marché à 300 talents (1 620 000 fr.) pour le rebâtir, et taxèrent les Delphiens au quart de cette somme. (L.)
↑ Les Cariens étaient extrêmement méprisés, et on les regardait comme de vils esclaves, parce qu’ils avaient les premiers donné des troupes pour de l’argent. Aussi les exposait-on dans les occasions les plus périlleuses. De là était venu le proverbe rapporté par Pausanias dans son Lexique, ἐν Καρέ τὸν κίνδυνον, pour signifier qu’on voulait faire une épreuve périlleuse, en se servant d’un homme vil. Ces peuples avaient un temple qui leur était commun avec les Lydiens et les Mysiens, qui étaient leurs frères ; on l’appelait le temple de Jupiter Carien. Ceux qui sacrifiaient à Jupiter Carien se reconnaissant pour être originaires de Carie. Ainsi, en disant qu’Isagoras offrait des sacrifices à Jupiter Carien, c’était le faire passer pour être d’une famille carienne et esclave.
↑ Le nom des quatre anciennes tribus a varié en différents temps. Sous Cécrops, on leur donnait le nom de Cécropis, d’Autochton, d’Actæa et de Paralia. Sous Cranaüs, elles furent appelées Cranaïs, Atthis, Mésogée et Diacris. Sous Érichtonius, elles prirent le nom de Dias, d’Athénaïs, de Posidonias et d’Héphæstias. Enfin, sous Érechtée, elles s’appelèrent les Gélontes, les Ægicores, les Ergadéis et les Hoplètes, du nom des fils d’Ion. (L.)
↑ De ce nom vient la tribu Æantide. Ajax, fils de Télamon, avait été roi de Salamine, île voisine de l’Attique. (L.)
↑ Pausanias assure qu’il fut choisi par les amphictyons pour faire la guerre aux Cirrhéens, qui avaient pillé le temple de Delphes et commis d’autres sacriléges. Cependant il paraît certain qu’il ne commanda au siégé de Cirrha que les troupes qu’il y avait menées, et que ce fut moins en vertu d’un décret des amphictyons qu’il les y conduisit, que par un effet de son zèle pour la cause du dieu. (L.)
↑ « On montre sur le grand chemin le tombeau de Mélanippe, le plus grand guerrier qu’il y ait eu parmi les Thébains. Lorsque les Argiens vinrent attaquer Thèbes, il tua Tydée et Mécistée, frère d’Adraste, et l’on dit qu’il périt de la main d’Amphiaraüs. » (Pausanias, lib., ix.)
↑ Phylarque, chef de tribu. Il y en avait autant que de tribus. Les phylarques obéissaient aux hipparques. (L.)
↑ Il remporta le prix du stade doublé en la xxxve olympiade, selon Eusèbe. Cela est confirmé par Pausanias, qui n’ajoute pas cependant en quelle olympiade il fut victorieux. (L.)
↑ Cylon était d’une des plus illustres maisons d’Athènes, et très-riches ; il avait épousé une fille de Théagène, tyran de Mégare. Sur la foi d’un oracle trompeur, il tenta de s’emparer de la citadelle d’Athènes. Cependant on lui éleva dans cette citadelle une statue de bronze ; mais on conjecture que ce fut parce qu’il avait remporté aux jeux olympiques le prix du stade doublé. (L.)
↑ C’était des magistrats spécialement charchés de l’administration de la marine à Athènes. (Miot.)
↑ Il est antérieur de 52 ans. Cylon voulut s’emparer d’Athènes l’an 4102 de la période julienne, et Pisistrate s’en rendit maître l’an 4154.
↑ Ce terme n’est point inutile. Hérodote l’a ajouté parce qu’il y avait à Athènes beaucoup d’étrangers domicilés qui jouissaient de tous les droits de citoyens, excepté qu’ils ne pouvaient occuper aucune place qui leur donnât quelque autorité dans l’État. On les appelait métœques, μέτοικοι, terme qui signifie proprement des gens qui ont transporté leur domicile ailleurs, qui ont quitté leur patrie pour s’établir ailleurs. Leurs descendants à perpétuité n’avaient pas plus de part au gouvernement de l’État que ceux de leurs ancêtres qui s’y étaient établis les premiers, à moins que des services essentiels ne les eussent fait admettre au nombre des citoyens. (L.)
↑ Φήμη est ce que les Latins appelaient omen. Omen, dit Festus, quasi oremen, quia fit ab orc. Les anciens observaient avec soin les paroles des personnes qu’ils rencontraient, afin d’en tirer un présage heureux ou fâcheux pour l’avenir. (L.)
↑ Les Achéens avaient été les maîtres de Lacédémone avant le retour des Héraclides. C’est une misérable défaite de Cléomène. (L.)
↑ Damia et Auxésia étaient les mêmes que Cérès et Proserpine ; elles procuraient la fertilité des terres, et elles avaient un temple à Tégée, où elles étaient surnommées Carpophores, c’est-à-dire qui procure d’abondantes moissons. (L.)
↑ Il est faux qu’on ne trouvât alors des oliviers que dans l’Attique. Hérodote le savait bien ; mais il ne voulait pas heurter de front la petite vanité des Athéniens, et pour sauver son honneur il a mis cette restriction : On dit. (L.)
↑ Le titre de Polias, donné à Minerve, qui se rencontre dans une infinité de passages des anciens, a été rarement entendu. M. Brunck l’a bien rendu dans ce passage de Sophocle : Νίκη τ’ Αθηνά Πολιάς, et victrix Minerva arcium præses. Les autres versions portent urbitum custos. Minerve Polias, ou protectrice de la citedelle, était non-seulement adorée à Athènes, mais encore par différents peuples. Il en est fait mention dans le traité entre ceux de Hiérapytne et de Priansius en Crète, et dans le serment prêté par les habitants de Gortyne et de Priansius. La statue de cette déeese se conservait à Athènes, dans le temple qu’elle avait dans la citadelle. On l’y voyait encore du temps de Plutarque ; c’était un morceau de bois informe, comme nous l’apprend Tertullien. (L.)
↑ Il n’y a pas d’excès où ne se soient portés les hommes quand ils étaient livrés à eux-mêmes et à leur sens réprouvé. Est-il possible qu’on ait cru honorer la divinité en se lançant mutuellement des sarcasmes ? Dans l’île d’Anaphé, on se rendait Apollon propice lorsque, pendant le sacrifice, les femmes faisaient contre les hommes des plaisanteries indécentes. (L.)
↑ Les choréges présidaient aux chœurs, et réglaient la dépense qu’on faisait pour les acteurs, les danseurs et les musiciens dans les fêtes publiques.
↑ Ce projet est celui d’appeler les Argiens à leur secours, dont il est parlé un peu plus bas.
↑ Ces tuniques avaient des manches. Les robes des Doriennes n’en avaient point ; elle se les mettaient sur les épaules, et les attachaient par-devant avec des agrafes. Aussi, Vénus ayant été blessée à la main par Diomède, Minerve la badine à ce sujet, et attribue sa blessure à l’agrafe de quelque Grecque que cette déesse avait voulu engager à suivre un Troyen. (L.)
↑ Ce mot signifie égalité dans les parties constituantes de l’État. Il est opposé au gouvernement monarchique, et encore plus au tyrannique, qui ne reconnaît point de lois. (L.)
↑ Le premier de cette branche qui régna sur Corinthe s’appelait Bacchis, fils de Prumnis. Il succéda aux Alétiades, qui avaient occupé le trône de Corinthe pendant cinq générations. Les Bacchiades, qui tiraient leur nom de ce Bacchis, régnèrent dans cette ville le même espace de tempes. Le dernier fut Télestès, fils d’Aristomèdes. Il fut tué par Ariée et Pérantas, qui le haïssaient. La royauté finit en lui. On choisit ensuite parmi les Bacchiades des prytanes ou magistrats annuels, qui gouvernèrent l’État jusqu’à ce que Cypsélus, fils d’Ééton, s’emparât de la tyrannie, et les chassât. (L.)
↑ Ce n’étaient pas son vrai nom, mais une espèce de surnom ou de sobriquet que lui avait donné le dieu de Delphes parce qu’elle était boiteuse, ayant les jambes et les pieds tournés à peu près comme un lambda, qui est une lettre de l’alphabet grec. Remarquez qu’anciennement on appelait labda la lettre qui fut dans la suite nommée lambda. C’était assez la coutume, chez les anciens, de donner pour sobriquets des noms tirés de l’alphabet. On dit qu’Ésope fut surnommé Thêta par Iadmon son maître, parce qu’il était d’un esprit fin et rusé, et que les esclaves s’appelaient Θήτες ; que Galérius Crassus, tribun militaire sous l’empereur Tibère, était surnommé Bêta, parce qu’il aimait la bette ou poirée. (L.)