Histoires (page 49)
↑ Ce Lapithe Cænée vivait du temps d’Hercule ; il était roi des Lapithes, brave et invulnérable. Dans un combat qui se donna entre les Centaures et les Lapithes, la terre s’étant entr’ouverte sous ses pieds, il y fut englouti. Les poëtes imaginèrent que les Centaures ayant fondu sur lui en grand nombre, et ne pouvant ni le percer ni l’assommer, l’avaient enfoncé en terre à coups de massue. (Voyez Apollonius de Rhodes, liv. i.)
↑ Cette corbeille fut conservée dans le temple de Junon à Olympie. Elle était de cèdre, avec des histoires sculptées sur le cèdre en or et en ivoire. On peut en voir la description dans Pausanias, liv. v, chap. xvii et suivants. Il est très-vraisemblable que ce coffre n’était point celui dans lequel on cacha Cypsélus, maus un autre qu’on fit sur le modèle de celui-là, afin de conserver la mémoire d’un événement aussi précieux aux Cypsélides. (L.)
↑ Denys d’Halicarnasse rapporte qu’un certain Corinthien, nommé Démaratus, de la famille des Bacchiades, s’étant adonné au commerce, passa en Italie sur un vaisseau qui lui appartenait, aussi bien que les marchandises… Il amassa de cette manière de grandes richesses ; mais une sédition s’étant élevée à Corinthe, et les Bacchiades ayant été opprimés par la tyrannie de Cypsélus, Démaratus pensa qu’il ne serait pas sûr pour lui de vivre sous un gouvernement tyrannique. Il s’embarque avec tous ses biens, et passa de Corinthe en Étrurie. S’étant marié dans le pays, son fils se rendit à Rome, et devint roi des Romains sous le nom de Tarquin, qu’il prit de Tarquinies, ville d’Étrurie, où il était né. (L.)
↑ Poëte lyrique très-célèbre, grand ennemi des tyrans, qu’il a immolés dans ses vers à l’amour de la liberté. Il fleurissait en la xliie olympiade, comme on le présume par des synchronismes. Suidas nous apprend en effet que Pittacus tua en cette olympiade Mélanchrus, tyran de Mytilène, et nous voyons dans Diogène Laërce qu’il fut aidé dans cette entreprise par les frères d’Alcée. Il ne nous reste de ce poëte que des fragments qui ont été rassemblés avec soin par Henri Estienne, à la suite de son Pindare en deux volumes in-16. (L.)
↑ Chez les anciens, c’était un grand honneur pour les vainqueurs que d’enlever les armes aux ennemis, et une grande ignominie aux vaincus de les perdre. Les lois établies dans la plupart des États de la Grèce punissaient même ceux qui, dans une déroute, perdaient leur bouclier. Ce malheur arriva au poëte Archiloque dans la guerre des Thasiens contre les Saïens, peuples de Thrace : moins sage qu’Alcée, il osa s’en vanter dans ses vers ; et en cela il fut imité par Horace. Les Romaines n’en firent que rire de la plaisanterie naïve d’Horace ; mais les Spartiates, plus austères que les Romaines, chassèrent Archiloque de Sparte, où la curiosité l’avait conduit. (L.)
↑ Coresse, nom d’une montagne assez élevée, distante d’Éphèse de quarante stades environ. Il y avait au pied de cette montagne un bourg du même nom, et une rade. (Miot.)
↑ Il y a eu plusieurs Simonides. Celui-ci était fils de Léoprepès, et petit-fils d’un autre Simonide qui avait été poëte aussi. Il mourut à l’âge de quatre-vingt neuf ans, 468 ans avant notre ère.
↑ Ce Gorgus descendait d’Évelthon, roi de Salamine, et contemporain d’Arcésilas iii, roi de Cyrène. Ce dernier prince donna un asile dans ses États à Phérétime, mère d’Arcésilas. Il régnait par conséquent vers l’an 4187 de la période julienne, 527 ans avant l’ère vulgaire. (L.)
↑ Cette action est une espèce de déclaration de guerre. L’usage actuel des Kalmacs, peuples tartares voisins de la Perse, le donne à penser. « Les Kalmacs, dit Chardin, indignés, vinrent vers la fin de la campagne sur la frontière qui sépare les deux États, et là ils tirèrent solennellement une flèche dans les terres de Perse, qui est le signal avec lequel ils déclarent la guerre. » (Voyage de Chardin, t. iv, p. 302.)
↑ Il me semble que l’expression qu’Hérodote met dans la bouche d’Histiée pouvait faire soupçonner à Darius qu’il était à la cour malgré lui, et par conséquent confirmer ce prince dans ses soupçons.
↑ Il reprend ici la narration des affaires d’Ionie. Voyez le § cii.
Hérodote, Pseudo-Hérodote Histoire d’Hérodote Traduction par Pierre-Henri Larcher. Charpentier, 1850 (Tome 2, p. 5-69).
Darius s’empare de Milet. — Le poëte Phrynicus. — Darius envoie demander la terre et l’eau aux peuples de la Grèce. — Prérogatives des rois de Sparte. — Prise d’Érétrie par les Perses. — Cléomène. — Sa mort. — Les Perses attaquent Athènes. — Bataille de Marathon. — Miltiade. — Les Spartiates n’arrivent qu’après la victoire. — Miltiade devant Paros. — Il échoue dans son expédition. — Condamné à une amende. — Les Pélasges. — Lemnos.
I. Ainsi périt Aristagoras, l’auteur de la révolte de l’Ionie. Quant à Histiée, tyran de Milet, Darius ne l’eut pas plutôt renvoyé, qu’il partit de Suses, et se rendit à Sardes. À son arrivée en cette ville, Artapherne, qui en était gouverneur, lui demanda quelles raisons pouvaient, à son avis, avoir engagé les Ioniens à se révolter. Histiée lui répondit, comme s’il n’eût pas été instruit de l’état actuel des affaires, qu’il était étonné de ce qui s’était passé, et qu’il en ignorait le sujet. Mais Artapherne s’aperçut qu’il usait d’artifice et de dissimulation. « Histiée, lui dit-il en homme qui avait connaissance de la vraie cause de la révolte, vous avez cousu le soulier, et Aristagoras l’a chaussé. »
II. Histiée, alarmé de ce discours, qui prouvait qu’Artapherne était instruit de ses menées, s’enfuit vers la mer à l’entrée de la nuit, et trompa Darius. Quoiqu’il eût promis à ce prince de lui soumettre la grande île de Sardaigne, il prit le commandement des Ioniens dans la guerre qu’ils soutenaient contre lui, et passa dans l’île de Chios, où il fut arrêté sur ce qu’on l’accusa d’y être venu de la part de ce prince pour y exciter des troubles. Mais on lui rendit la liberté quand on eut appris la vérité, et qu’il était ennemi du roi.
III. Les Ioniens lui demandèrent ensuite pourquoi il avait ordonné avec tant d’empressement à Aristagoras de faire révolter l’Ionie, et leur avait causé par là tant de maux. Mais, au lieu de leur en dire la vraie raison, il leur répondit qu’il avait envoyé ces ordres parce que Darius avait résolu de transporter les Phéniciens en Ionie, et les Ioniens en Phénicie, quoique ce prince n’eût jamais eu un pareil dessein ; mais il cherchait à effrayer les Ioniens.
IV. Il écrivit après cela à des Perses établis à Sardes, avec qui il s’était entretenu de révolte, et confia ses lettres à Hermippus d’Atarnée ; mais celui-ci, au lieu de les porter à leur adresse, les remit à Artapherne. Ce seigneur, sachant par cette voie tout ce qui se tramait, ordonna à Hermippus de rendre ces lettres à ceux à qui elles étaient adressées, et de lui remettre à lui-même leurs réponses. Cette conspiration découverte, il fit mourir beaucoup de Perses qui y avaient trempé.
V. Il y eut à cette occasion des troubles à Sardes. Histiée étant déchu de ses espérances, les habitants de Chios le menèrent à Milet, comme il les en avait priés. Les Milésiens, charmés d’être délivrés d’Aristagoras, étaient d’autant moins portés à recevoir dans leur pays un autre tyran, qu’ils avaient déjà goûté les douceurs de la liberté. Il tenta, la nuit, de rentrer de force dans la ville ; mais il fut blessé à la cuisse par un citoyen de Milet. Repoussé de sa patrie, il revint en Chios ; et comme il ne put engager les habitants de cette île à lui donner des vaisseaux, il passa de la à Mytilène, et en obtint des Lesbiens. Ceux-ci équipèrent huit trirèmes avec lesquelles il fit voile vers Byzance, où, ayant établi sa croisière, il intercepta tous les vaisseaux venant du Pont-Euxin, excepté ceux qui l’assuraient de leur disposition à lui obéir.
VI. Tandis qu’Histiée et les Mytiléniens s’occupaient ainsi, on attendait à Milet même une flotte considérable, avec une nombreuse armée de terre. Les généraux des Perses, ayant rassemblé leurs forces éparses, et les ayant réunies en un seul corps, allèrent droit à la capitale, sans s’occuper des petites villes, dont ils faisaient moins de cas. Parmi les troupes navales, les Phéniciens témoignaient le plus d’ardeur : les Cypriens nouvellement subjugués les accompagnaient avec les Ciliciens et les Égyptiens.
VII. Sur la nouvelle que ces troupes venaient attaquer Milet et le reste de l’Ionie, les Ioniens envoyèrent des députés au Panionium. L’affaire mise en délibération après leur arrivée, il fut décidé qu’on n’opposerait point d’armée de terre aux Perses, que les Milésiens défendraient eux-mêmes leur ville, que l’on compléterait les équipages de tous les vaisseaux, sans en excepter un seul, et que, lorsqu’ils seraient complets, la flotte s’assemblerait au plus tôt à Lada pour y combattre en faveur de Milet. Lada est une petite île située devant la ville de Milet.
VIII. Cette résolution prise, lorsque les équipages des vaisseaux furent complets, les Ioniens vinrent au rendez-vous avec tous les Éoliens de l’île de Lesbos. Voici quel était leur ordre de bataille. Les Milésiens occupaient l’aile à l’est avec quatre-vingts vaisseaux. Immédiatement après eux étaient les Priéniens avec douze vaisseaux. Venaient ensuite ceux de Myonte avec trois vaisseaux, et après eux les Téiens avec dix-sept. Ceux-ci étaient suivis par cent voiles de Chios. Près d’eux étaient les Érythréens et les Phocéens ; ceux-ci avec trois vaisseaux, ceux-là avec huit. Les Lesbiens, placés immédiatement après eux, avaient soixante-dix voiles. Enfin les Samiens occupaient l’autre aile à l’ouest avec soixante vaisseaux. Cela faisait en tout trois cent cinquante-trois trirèmes du côté des Ioniens.
IX. La flotte des Barbares était de six cents voiles. Lorsqu’elle fut aussi arrivée sur la côte de Milet, et que toute l’armée de terre se trouva sur le territoire de cette place, les généraux perses ayant eu avis du grand nombre de vaisseaux ioniens, craignirent dès ce moment de n’être point assez forts pour les vaincre, et que, faute d’avoir la supériorité sur mer, ils ne pussent prendre Milet, et qu’ils ne s’attirassent quelque punition de la part de Darius. Après en avoir conféré ensemble, ils convoquèrent les tyrans ioniens, qu’Aristagoras de Milet avait privés de leurs États, et qui, s’étant réfugiés chez les Mèdes, se trouvaient alors à l’armée destinée contre Milet. Quand ils les eurent assemblés, ils leur adressèrent ce discours : « Ioniens, voici le moment de montrer votre zèle pour le service du roi ; que chacun de vous essaye de détacher ses concitoyens du reste des alliés. Promettez-leur qu’ils ne seront point punis de leur révolte, qu’on ne mettra point le feu à leurs édifices, tant sacrés que profanes ; enfin qu’ils seront traités avec la même douceur qu’ils l’ont été jusqu’ici. Mais s’ils rejettent vos propositions, s’ils veulent en venir absolument à un combat, menacez-les de tous les malheurs qui ne manqueront pas de fondre sur eux, en cas qu’ils soient vaincus ; assurez-les qu’ils seront réduits en esclavage, que leurs enfants mâles seront faits eunuques, que leurs filles seront transportées à Bactres, et qu’on donnera leur pays à d’autres peuples. »
X. Ainsi parlèrent les Perses. Dès que la nuit fut venue, les tyrans d’Ionie envoyèrent chacun vers leurs propres concitoyens, pour leur faire part des résolutions du conseil. Mais ceux à qui ils s’adressèrent, s’imaginant que les Perses ne faisaient ces propositions qu’à eux seuls, les rejetèrent avec mépris, et ne voulurent point trahir la cause commune. Ces choses se passèrent aussitôt après l’arrivée des Perses à Milet.
XI. Les Ioniens tinrent ensuite conseil à l’île de Lada, où ils s’étaient assemblés. On y ouvrit plusieurs avis, et Denys entre autres, commandant des Phocéens, y proposa le sien en ces termes : « Nos affaires, Ioniens, sont suspendues sur le tranchant du rasoir. Il n’y a point de milieu pour nous entre la liberté et l’esclavage, et même l’esclavage le plus dur, celui où gémissent les esclaves fugitifs. Maintenant donc, si vous voulez supporter les travaux et la fatigue, les commencements vous paraîtront pénibles ; mais, lorsque vous aurez vaincu vos ennemis, vous pourrez jouir tranquillement de la liberté. Si, au contraire, vous vous abandonnez à la mollesse, et si vous n’observez aucun ordre, je n’espère point que vous puissiez vous soustraire à la punition de votre révolte. Suivez mes conseils, remettez-vous entre mes mains, et je vous réponds que, si les dieux tiennent la balance égale, les Perses n’en viendront point aux mains avec nous, ou que, s’ils nous attaquent, ils seront battus. »
XII. Ce discours fit une telle impression sur les Ioniens, qu’ils déférèrent à Denys le commandement de la flotte. Celui-ci faisait avancer tous les jours les vaisseaux, présentant un front étroit sur beaucoup de profondeur, et les faisait passer entre les rangs, et se retirer ensuite promptement pour revenir après, afin d’exercer les rameurs et de tenir en haleine les soldats. Le reste du jour il tenait les vaisseaux à l’ancre[1], sans donner aux Ioniens, dans toute la journée, un seul moment de relâche. Les Ioniens obéirent exactement pendant sept jours ; mais le jour après ceux-ci, accablés par la fatigue et l’ardeur du soleil, comme des gens qui n’étaient pas accoutumés à tant de travaux : « Quel dieu, se disaient-ils l’un à l’autre, avons-nous donc offensé, pour essuyer tant de fatigues ? Avons-nous donc perdu le sens et la raison, pour nous remettre entre les mains d’un Phocéen présomptueux qui nous maîtrise, quoiqu’il n’ait fourni que trois vaisseaux, et qui nous accable de travaux insupportables ? Déjà plusieurs d’entre nous ont éprouvé des maladies, beaucoup d’autres en sont menacés. Tout autre mal est préférable à ceux-ci. La servitude qui nous attend serait moins rude que celle que nous éprouvons actuellement. Allons, Ioniens, ne lui obéissons plus. » Ils dirent, et sur-le-champ personne ne voulut plus obéir. Ils dressèrent des tentes dans l’île de Lada, comme une armée de terre, et se tinrent à l’ombre, sans vouloir ni rentrer dans leurs vaisseaux, ni reprendre les exercices militaires.
XIII. Les généraux samiens, instruits de la conduite des Ioniens, et témoins oculaires du désordre qui régnait parmi eux, acceptèrent les offres d’Æacès, fils de Syloson, qui les avait déjà fait prier de la part des Perses de renoncer à la confédération des Ioniens. Ils le firent d’autant plus volontiers, qu’il leur paraissait impossible de l’emporter sur un prince aussi puissant que Darius, et qu’ils étaient bien assurés que si la flotte des Perses était battue, il en viendrait une autre cinq fois plus forte. Aussitôt, dis-je, qu’ils eurent remarqué la mauvaise conduite des Ioniens, ils saisirent ce prétexte pour les abandonner, et regardèrent la conservation de leurs édifices sacrés et profanes comme un très-grand avantage. Cet Æacès, dont ils avaient accepté les propositions, était fils de Syloson et petit-fils d’Æacès. Il était tyran de Samos, lorsque Aristagoras de Milet le dépouilla de sa souveraineté, ainsi que les autres tyrans d’Ionie.
XIV. Lorsque les Phéniciens firent avancer leurs vaisseaux contre les Ioniens, ceux-ci allèrent aussi à leur rencontre, leurs vaisseaux en ligne et sur un front étroit. Les deux flottes s’étant approchées, la mêlée commença ; mais depuis ce moment je ne puis assurer quels furent ceux d’entre les Ioniens qui dans ce combat se déshonorèrent par leur lâcheté, ou qui se signalèrent par leur valeur : car ils s’accusent réciproquement, et rejettent le blâme de leur défaite les uns sur les autres. Mais on dit que les Samiens, ayant déployé leurs voiles, quittèrent leurs rangs, comme ils en étaient convenus avec Æacès, et cinglèrent vers Samos, excepté onze vaisseaux, dont les capitaines, refusant d’obéir à leurs chefs, restèrent et se battirent. Le conseil général des Samiens ordonna qu’en mémoire de cette action on élèverait une colonne où seraient gravés leurs noms avec ceux de leurs ancêtres, comme un témoignage de leur valeur. Cette colonne est dans la place publique. Les Lesbiens, voyant prendre la fuite aux Samiens, qui étaient près d’eux, s’enfuirent aussi, et leur exemple fut suivi par un grand nombre d’Ioniens.
XV. Parmi ceux qui soutinrent le combat, les habitants de Chios furent les plus maltraités, parce qu’au lieu de se conduire en lâches, ils firent des actions très-éclatantes. Ils avaient fourni, comme on l’a dit précédemment, cent vaisseaux, montés chacun de quarante combattants choisis parmi les plus braves citoyens. Ils s’aperçurent de la trahison de la plupart des alliés ; mais, ne voulant pas imiter leur lâcheté, ils livrèrent le combat avec le petit nombre de ceux qui ne les quittèrent point, et passèrent et repassèrent entre les vaisseaux ennemis, pour revenir de nouveau à la charge, jusqu’à ce qu’après en avoir pris un grand nombre, ils eussent perdu la plupart des leurs. Ils s’enfuirent alors dans leur île avec ceux qui leur restaient.
XVI. Mais les vaisseaux qui avaient beaucoup souffert ne pouvant les suivre, et se voyant poursuivis, s’enfuirent vers Mycale, où ils se firent échouer ; et les ayant laissés en cet endroit, ils firent le voyage par terre. Lorsqu’ils furent sur le territoire d’Éphèse, ils s’avancèrent, à l’entrée de la nuit, vers la ville où les femmes célébraient alors les Thesmophories[2]. Les Éphésiens n’étaient pas encore instruits de ce qui était arrivé à ceux de Chios. Voyant ces troupes entrer sur leurs terres, ils s’imaginèrent que c’étaient des brigands qui venaient enlever leurs femmes, et, courant tous à leur secours, ils massacrèrent ces malheureux. Tel fut leur sort.
XVII. Denys de Phocée, voyant les affaires des Ioniens ruinées, prit trois vaisseaux aux ennemis, et alla, sans perdre un moment, et dans l’état où il était, non pas vers Phocée, sachant bien que cette ville serait réduite en esclavage avec le reste de l’Ionie, mais droit en Phénicie, où il coula à fond quelques vaisseaux marchands, et fit voile en Sicile avec beaucoup d’argent qu’il leur avait enlevé. De là il exerçait ses brigandages sur les Carthaginois et les Tyrrhéniens, en épargnant les Grecs.