Histoires (page 54)
CXXVIII. Lorsqu’ils furent arrivés au jour marqué, Clisthène s’informa d’abord de leur pays et de leur naissance ; puis il les retint un an près de lui, afin d’éprouver pendant ce temps-là leur mérite, leurs inclinations, leurs mœurs et leurs connaissances, dans les entretiens qu’il avait avec eux en particulier, ou dans les conversations générales, dans les exercices où il engageait les plus jeunes d’entre eux, et surtout dans les festins où il les invitait. Il agit de cette manière tant qu’ils furent chez lui, et les traita toujours avec magnificence. Mais, de tous ces amants, ceux qui étaient venus d’Athènes étaient le plus de son goût ; et surtout Hippoclide, fils de Tisandre, qu’il distinguait tant à cause de son mérite particulier, que parce que ses ancêtres étaient parents des Cypsélides de Corinthe.
CXXIX. Le jour fixé par Clisthène pour déclarer celui qu’il choisissait pour gendre, et pour célébrer le mariage, étant venu, ce prince immola cent bœufs, et régala non-seulement les amants de sa fille, mais encore tous les Sicyoniens. Le repas fini, les aspirants s’entretinrent de musique à l’envi l’un de l’autre, et de tout ce qui fait le sujet ordinaire des conversations. Pendant qu’on était occupé à boire[70], Hippoclide, qui attirait l’attention de toute la compagnie, dit au joueur de flûte de lui jouer l’emmélie[71]. Le joueur de flûte obéit, et Hippoclide se mit à danser. Il était fort content de sa danse ; mais Clisthène, qui était l’un des spectateurs, le regardait d’un œil irrité. Hippoclide, s’étant reposé quelque temps, se fit ensuite apporter une table sur laquelle il dansa d’abord des danses à la manière de Lacédémone, ensuite à celle d’Athènes ; enfin, s’appuyant la tête sur la table, il gesticula avec les jambes comme on gesticule avec les mains. Quoique l’immodestie et l’impudence des deux premières danses eussent inspiré de l’aversion à Clisthène, et qu’il fût éloigné de le choisir pour gendre, cependant il se retenait, et ne voulait point faire d’éclat. Mais ne pouvant plus se contenir quand il le vit gesticuler avec les jambes comme on fait avec les mains : « Fils de Tisandre, lui dit-il, votre danse a détruit votre mariage. — Peu s’en soucie Hippoclide, reprit l’Athénien. » Cette réponse passa depuis en proverbe[72].
CXXX. Alors Clisthène, ayant fait faire silence, parla ainsi à l’assemblée : « Jeunes aspirants au mariage de ma fille, j’ai pour vous la plus grande estime, et je vous obligerais tous, si je le pouvais. L’on ne me verrait pas en effet, par le choix d’un d’entre vous, exclure tous les autres. Mais comme je ne puis combler les vœux de tant de personnes, n’ayant qu’une fille à marier, je donne un talent d’argent[73] à chacun de ceux sur qui mon choix ne peut tomber, afin de reconnaître l’honneur qu’il m’a fait en recherchant mon alliance, et la peine qu’il a prise en s’absentant de chez lui. Je fiance ma fille Agariste, suivant les lois d’Athènes, à Mégaclès, fils d’Alcméon. » Mégaclès accepta l’alliance, et le mariage fut ratifié par Clisthène.
CXXXI. Ce fut ainsi que ce prince s’y prit pour choisir un gendre parmi tant de prétendants, et ce fut ainsi que les Alcméonides acquirent en Grèce une si grande célébrité. Le premier enfant qu’eut Mégaclès de ce mariage fut appelé Clisthène, du nom de son aïeul maternel, le tyran de Sicyone. Ce fut lui qui partagea le peuple en dix tribus, et qui établit le gouvernement démocratique. Il eut ensuite Hippocrates. D’Hippocrates naquit un autre Mégaclès et une autre Agariste, ainsi nommée d’Agariste, fille de Clisthène. Elle épousa Xanthippe, fils d’Ariphron. Tandis qu’elle était enceinte, elle crut en songe qu’elle enfantait un lion ; et, quelques jours après, elle accoucha de Périclès.
CXXXII. La défaite des Perses à Marathon augmenta la considération qu’on avait déjà à Athènes pour Miltiade. Il demanda au peuple soixante-dix vaisseaux, des troupes et de l’argent. Il ne leur dit point où il avait dessein de porter la guerre ; mais il leur promit de les enrichir, s’ils voulaient le suivre, et de les mener dans un pays d’où ils rapporteraient sans peine une quantité prodigieuse d’or. Flattés de cet espoir, les Athéniens lui accordèrent les vaisseaux qu’il demandait.
CXXXIII. Miltiade fit voile à Paros avec les troupes qu’on lui donna ; il colora son expédition du prétexte de punir les Pariens parce qu’ils avaient accompagné les Perses à Marathon, et leur avaient fait les premiers la guerre. Mais il y était porté par la haine qu’il avait contre eux depuis que Lysagoras, fils de Tisias, Parien de naissance, l’avait voulu rendre odieux au Perse Hydarnes[74]. Lorsqu’il fut arrivé à Paros avec ses troupes, il fit le siége de la ville, où les Pariens s’étaient renfermés, et leur envoya ensuite demander cent talents[75] par un héraut, avec menace, en cas de refus, de ne point retirer ses troupes qu’il ne les eût subjugués. Les Pariens, bien loin de songer à lui donner de l’argent, ne pensèrent qu’à la sûreté de leur ville ; et entre autres choses qu’ils imaginèrent, ils élevèrent pendant la nuit le mur, dans les endroits les plus faibles, une fois plus haut qu’il ne l’était anciennement.
CXXXIV. Tous les Grecs sont jusqu’ici d’accord ; mais les Pariens racontent eux seuls les événements suivants, comme je vais moi-même les raconter. Tandis que Miltiade était embarrassé sur les suites du siége, Timo, prêtresse des dieux infernaux, qui était de Paros et sa prisonnière, vint le trouver. Lorsqu’elle fut seule avec lui, elle lui conseilla de suivre les avis qu’elle allait lui donner, s’il avait envie de prendre la ville. Il les écouta ; il se rendit en conséquence à la colline qui est devant la ville, et comme il ne pouvait pas ouvrir les portes du lieu consacré à Cérès Thesmophore, il sauta par-dessus le mur d’enclos, et marcha droit au temple ; mais l’on ignore s’il avait dessein d’emporter quelqu’une des choses sacrées qu’il n’est pas permis de toucher, ou s’il avait quelque autre intention. Lorsqu’il fut à la porte, il se sentit tout à coup saisi d’une si grande frayeur, qu’il retourna sur ses pas ; mais en sautant par-dessus le mur, il se démit la cuisse, ou se blessa au genou, suivant d’autres.
CXXXV. Ce fâcheux accident le força de remettre à la voile sans porter d’argent aux Athéniens, et sans s’être rendu maître de Paros. Il avait tenu cette place assiégée vingt-six jours, et avait ravagé pendant tout ce temps l’île entière. Les Pariens, instruits que Timo, prêtresse des dieux infernaux, avait servi de guide à Miltiade, voulurent la punir de trahison. Ils envoyèrent des députés à Delphes dès que la levée du siége leur eut rendu leur première tranquillité, afin de demander au dieu s’ils feraient mourir la prêtresse des dieux infernaux, pour avoir enseigné aux ennemis les moyens de s’emparer de sa patrie, et pour avoir révélé à Miltiade des mystères interdits aux hommes. La Pythie leur défendit de faire mourir Timo. Elle ajouta qu’elle n’était point coupable ; mais que Miltiade devant faire une fin malheureuse, elle lui avait servi de guide pour le conduire à son malheur.
CXXXVI. Miltiade étant de retour de l’île de Paros, les Athéniens ne s’entretenaient que de sa malheureuse expédition, et surtout Xanthippe, fils d’Ariphron. Celui-ci lui intenta une affaire capitale devant le peuple, et l’accusa d’avoir trompé la nation. Miltiade ne comparut point en personne pour se défendre. La gangrène, qui s’était mise à sa cuisse, le retenait au lit, et le mettait dans l’impossibilité de le faire ; mais ses amis prirent en main sa défense, et, rappelant souvent la gloire dont il s’était couvert à la journée de Marathon et à la prise de Lemnos, qu’il avait livrée aux Athéniens après les avoir vengés des Pélasges, ils mirent le peuple dans ses intérêts. Il fut déchargé de la peine de mort, mais condamné pour sa faute à une amende de cinquante talents[76]. La gangrène ayant fait des progrès, il mourut quelque temps après ; et Cimon, son fils, paya les cinquante talents.
CXXXVII. Voici comment Miltiade, fils de Cimon, se rendit maître de l’île de Lemnos. Les Athéniens chassèrent anciennement les Pélasges de l’Attique. S’ils eurent raison, ou s’ils commirent en cela une injustice, c’est ce que je n’entreprendrai point de décider. Je me contente de rapporter ce que l’on en dit. Hécatée, fils d’Hégésandre, raconte dans son Histoire que ce fut injustement. Les Athéniens, dit-il, voyant que le terrain qu’ils avaient cédé aux Pélasges au pied du mont Hymette, pour les récompenser d’avoir élevé le mur qui environne la citadelle, était bien cultivé, quoique auparavant il fût mauvais et de nulle valeur, ils les en chassèrent, sans autre prétexte que leur jalousie et le désir de s’en remettre en possession. Mais les Athéniens prétendent qu’ils le firent justement. Les Pélasges, disent-ils, faisaient du pied du mont Hymette, où ils demeuraient, des incursions sur leurs terres, et insultaient les jeunes filles des Athéniens qui allaient puiser de l’eau à la fontaine appelée Ennéacrounos : car il n’y avait point alors d’esclaves à Athènes, ni dans le reste de la Grèce. Toutes les fois, dis-je, que ces jeunes filles venaient à la fontaine, les Pélasges leur faisaient violence de la manière la plus insultante et la plus méprisante ; et, non contents de ces outrages, ils formèrent le projet de se rendre maîtres de l’État, et ils en furent pleinement convaincus. Les Athéniens ajoutent qu’ils firent paraître d’autant plus de générosité, qu’étant en droit de les faire mourir, puisqu’ils les avaient surpris machinant contre eux, ils ne voulurent pas le faire, et se contentèrent de leur ordonner de sortir du pays. Les Pélasges, forcés d’abandonner l’Attique, se dispersèrent en différents lieux, et une partie alla à Lemnos. Ce récit est celui des Athéniens ; le premier vient d’Hécatée.
CXXXVIII. Ceux de ces Pélasges qui étaient alors établis à Lemnos cherchèrent les moyens de se venger des Athéniens. Comme ils connaissaient très-bien leurs jours de fêtes, ils équipèrent des vaisseaux à cinquante rames, et, s’étant mis en embuscade, ils enlevèrent un grand nombre d’Athéniennes qui célébraient la fête de Diane dans le bourg de Brauron. Ils remirent ensuite à la voile et les menèrent à Lemnos, où ils les prirent pour leurs concubines. Elles en eurent beaucoup d’enfants, à qui elles apprirent la langue et les usages d’Athènes. Ces enfants ne voulaient, par cette raison, avoir aucun commerce avec ceux des femmes des Pélasges ; et si quelqu’un d’entre eux venait à en être frappé, ils accouraient tous à son secours, et se défendaient les uns les autres. Ils se croyaient même en droit d’être leurs maîtres, et ils étaient bien plus forts. Le courage et l’union de ces enfants firent faire de sérieuses réflexions aux Pélasges. Quoi donc, se disaient-ils dans leur indignation, s’ils sont déjà d’accord pour se donner du secours contre les enfants des femmes que nous avons épousées vierges, s’ils tâchent dès à présent de dominer sur eux, que ne feront-ils pas quand ils auront atteint l’âge viril ! Ayant pris là-dessus la résolution de tuer tous les enfants qu’ils avaient eus des Athéniennes, ils exécutèrent ce projet, et massacrèrent aussi les mères en même temps. Depuis cette action, et une autre précédemment arrivée, où les femmes de Lemnos égorgèrent en une nuit tous leurs maris, avec leur roi Thoas, l’usage s’établit en Grèce d’appeler actions lemniennes toutes les actions atroces[77].
CXXXIX. Après que les Pélasges eurent massacré leurs concubines et les enfants qu’ils en avaient eus, la terre cessa de produire des fruits, et les femmes et les troupeaux devinrent stériles. Affligés par la famine et par la stérilité de leurs femmes, ils envoyèrent à Delphes prier le dieu de les délivrer de leurs maux. La Pythie leur commanda de donner aux Athéniens la satisfaction, que ceux-ci jugeraient à propos d’exiger. Les Pélasges se rendirent à Athènes, et promirent de subir la peine qu’on leur imposerait en réparation de leur crime. Les Athéniens dressèrent un lit[78] dans le Prytanée avec toute la magnificence possible, et, ayant couvert une table de toutes sortes de viandes et de fruits, ils dirent aux Pélasges de leur livrer l’île de Lemnos dans le même état où était cette table. « Nous vous la livrerons, reprirent les Pélasges, lorsqu’un de vos vaisseaux arrivera par un vent de nord-est de votre pays à Lemnos en un seul jour. » Ils firent cette réponse parce que l’Attique étant située au midi de Lemnos, et à une distance considérable de cette île, il leur paraissait impossible de faire un si long trajet en un jour par un vent de nord-est.
CXL. Les choses en restèrent là. Mais, après bien des années, la Chersonèse sur l’Hellespont ayant été conquise par les Athéniens, Miltiade, fils de Cimon, passa en un jour, à la faveur des vents étésiens, de la ville d’Éléonte, port de la Chersonèse, dans l’île de Lemnos. Il rappela aux Pélasges l’oracle, dont ils ne croyaient jamais voir l’accomplissement, et leur commanda de sortir de l’île. Les habitants d’Héphæstia obéirent ; mais ceux de Myrine ayant répondu à Miltiade qu’ils ne reconnaissaient point la Chersonèse pour l’Attique, ils soutinrent le siége jusqu’à ce qu’ils se vissent forcés de se rendre. Telle fut la manière dont les Athéniens s’emparèrent de l’île de Lemnos, sous la conduite de Miltiade.
↑ Les Grecs étaient dans l’usage de ranger leurs vaisseaux près de la côte, et de se tenir eux-mêmes à terre. Lorsque les sentinelles apercevaient les vaisseaux ennemis, ils en donnaient avis, et sur-le-champ on montait sur les vaisseaux. On se saurait faire un pas dans l’Histoire hellénique de Xénophon, sans trouver des exemples de cette coutume, qui fut cause de la destruction de la flotte athénienne à Ægos-Potamos. Les Ioniens, à qui le général ne permettait pas d’aller à terre, devaient trouver ce service très-rude ; et, comme ils n’étaient point accoutumés à la discipline militaire, il n’est point étonnant qu’il l’aient regardée comme une servitude dont ils s’empressèrent de secouer le joug. (L.)
↑ Les Thesmophories étaient une fête que les femmes célébraient en l’honneur de Cérès, parce qu’elle était supposée avoir la première donnée des lois aux hommes. Cette fête durait cinq jours. (Voyez Meursius, Græcia feriata.)
↑ Didymes était le nom d’un lieu du territoire de Milet. Il y avait en cet endroit un temple dédié à Apollon surnommé Didyméen. (L.)
↑ Les anciens parlent de trois Phrynichus, tous trois Athéniens, tous trois poëtes dramatiques. Ils étaient antérieurs à Eschyle. Celui dont il est question ici fut le premier qui mit sur la scène un rôle de femme.
↑ Périzonius pense que ce Scythe était père de Cadmus, tyran de Cos. Mais il n’est pas vraisemblable que le père de Cadmus ait laissé la souveraineté de Cos, pour en aller chercher une autre à Zancle. Il es plus naturel de croire qu’il mourut à Cos, laissant à son fils la tyrannie en bon état, comme le dit Hérodote, liv. vii. (L.)
↑ Cet Anaxilas, tyran de Rhégium, vivait du temps de la prise de Milet, comme on le voit par Hérodote, c’est-à-dire la troisième année de la soixante-dixième olympiade, ou 498 ans avant notre ère. Il était fils de Crétines, et avait épousé Cydippe, fille de Térille, tyran d’Himère. Il descendait des anciens Messéniens. Il abolit à Rhégium le gouvernement démocratique, et s’empara de la tyrannie, comme nous l’apprend Aristote. (L.)
↑ Zancle a pris depuis le nom de Messine. On croit que ce nom de Zancle vient d’un ancien mot de la langue sicilienne qui signifiait une faux. La ville, dit-on, prit ce nom de la forme de l’emplacement où elle est bâtie. (Miot.)
↑ Il y avait un chemin sacré très-célèbre, qui conduisait d’Athènes à Éleusis ; ce ne pouvait être celui-là. Mais c’était peut-être celui par où les Athéniens accompagnaient à Delphes la pompe sacrée. (Wesseling.)
↑ C’est-à-dire qu’il était fort riche. L’Attique étant un pays stérile et peu propre aux pâturages, l’entretien des chevaux y était très-coûteux, et il fallait être riche pour en avoir. (L.)
↑ « Océanus et Téthys eurent un fils nommé Asopus ; celui-ci eut une fille appelée Ægine, qui fut enlevée de Phliunte par Jupiter ; et transportée dans l’île d’Ægine, où elle lui donna un fils nommé Æacus, qui fut roi de cette île. Æacus eut deux fils, Pélée et Télamon. Pélée alla à Phtie en Tessalie. Il y fut roi, et eut Achille. Télamon se retira en Salamine. » (Diodore de Sicile, liv. iv.)
↑ Les Lampsacéniens comprenaient très-bien en général la menace de Crésus, mais ils étaient embarrassés sur la manière dont elle était énoncée. Pourquoi, se demandaient-ils sans doute, Crésus nomme-t-il le pin plutôt que tout autre arbre ? La difficulté ne consistait qu’en cela, et c’est cette difficulté que résout, quoique avec peine, le vieillard de Lampsaque. (L.)
↑ Ce vieillard de Lampsaque se trompait assurément. Le pin n’est pas le seul arbre qui meure lorsqu’on l’a coupé. Aulu-Gelle avait fait un chapitre exprès la-dessus ; mais nous n’en avons plus que le sommaire. Quoi qu’il en soit, cette expression était passée en proverbe. (L.)
↑ Hérodote interrompt sa narration pour parler de l’antiquité des rois de Lacédémone. Il la reprend ensuite § lxxiii.
↑ Lorsque le roi venait quelque part, tout le monde se levait par honneur, excepté les éphores, dont la magistrature était en quelque sorte supérieure à la dignité royale, puisqu’elle avait été instituée pour lui donner des bornes. (L.)
↑ Χένος est un homme qui reçoit dans sa maison un ami, etc., qui est en voyage, ou qui en est reçu lorsqu’il voyage lui-même. Προχένος est celui qui est chargé par l’État de recevoir les ambassadeurs et les députés des princes ou des villes. (Voyez Eustathe, sur Homère, t. iii, pag. 405, lig. 36.) — Les États de la Grèce avaient aussi, dans les villes où ils envoyaient souvent des députés, des hommes attitrés chez qui ces députés allaient loger. On les appelait pareillement proxènes. Ce mot se rencontre fréquemment dans les harangues de Démosthène, et surtout dans celle sur la couronne. (L.)
↑ Les terres de la Laconie ayant été partagées également entre tous les citoyens, et l’or et l’argent proscrits de la république de Sparte sous peine de mort, comment pouvait-il y avoir à Sparte des gens riches ? La cupidité, plus forte que toutes les lois, avait déjà fait fermer les yeux sur un grand nombre d’abus. (L.)
↑ Le terme de la grossesse des femmes est ordinairement de neuf mois ; quelquefois il passe, et quelquefois il ne va qu’à sept mois. Les anciens comptaient ordinairement dix mois, parce que leur année était lunaire. Les neufs mois de notre année étant solaire font 274 jours. Neufs mois lunaires font 265 jours. Ainsi, pour qu’une femme parvienne à son terme, il faut neuf jours sur son dixième mois ; ce qui fait que les anciens comptent presque toujours dix mois pour le temps de la grossesse. (L.)