Histoires (page 55)

Hérodote · Histoire

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — trad. Larcher 1850 · 80 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

↑ Tous les calculs se faisaient, parmi les anciens, par le secours seul des doigts. On n’en peut douter, d’après les passages des auteurs où il en fait mention. Je n’entreprendrai point cependant d’expliquer comment cela se pratiquait. Je me contenterai de dire que tous les nombres, jusqu’à cent, se mettaient sur la main gauche ; que le centième commençait sur la main droite, et que le deux-centième revenait sur la gauche. Cet usage existait encore du temps de saint Augustin, comme le témoigne un passage de la Cité de Dieu, liv. xvii, chap. 53. (L.)

↑ Démarate est un mot composé de δῆμος, peuple, et d’ἀράομαι, je prie, et signifie populi precibus et votis expetitus. Ce nom revient à peu près à Dieudonné. (L.)

↑ Les gymnopédies étaient à Sparte une fête où les enfants chantaient nus des hymnes en l’honneur d’Apollon, et des trois cents Lacédémoniens qui avaient péri au combat des Thermopyles. Ces fêtes se célébraient au mois d’hécatombéon, vers le 7 ou le 8, qui répondent au 20 et au 21 juillet. En effet, la bataille de Leuctres se donna le 5 de ce mois, et la nouvelle en vint à Sparte le dernier des jeux. On était alors au théâtre occupé à les voir, et le chœur des hommes était déjà entré. Ces jeux duraient par conséquent plusieurs jours, et les hommes y étaient pareillement admis, et non les enfants seuls. (L.)

↑ Jupiter gardien de l’enceinte de la maison. On regardait comme ayant droit de cité tous ceux qui avaient dans leur maison un autel consacré à Jupiter Hercéen. On peut croire, en effet, que c’est à Jupiter que Démarate offre le sacrifice dans lequel il invoque le témoignage de sa mère. (Miot.)

↑ Il y a dans le grec : Et multus in urbe Sparta sermo est, negantium Aristoni fuisse semen procreando aptum. (L.)

↑ Les Ilotes étaient, à proprement parler, les habitants de la ville d’Hélos, dans la Laconie. Lorsque les Héraclides eurent fait la conquête d’une partie du Péloponnèse, voulant s’attacher leurs nouveaux sujets, ils leur accordèrent de grands priviléges, et même ils partagèrent avec eux les places de la magistrature. Agis, prince ambitieux, non content de leur enlever ces prérogatives, leur imposa encore un tribut. La plupart des villes, n’osant point s’exposer au sort de la guerre, se soumirent. La seule ville d’Hélos prit les armes. Agis l’attaque, et, après une guerre opiniâtre, il la subjugua et en réduisit les habitants en esclavage. Les Messéniens reçurent dans la suite un pareil traitement, et ne firent plus qu’un corps avec les Ilotes. (L.)

↑ La première partie de cet oracle, qui concernait les Milésiens, se trouve ci dessus, § xix.

↑ Cet oracle est très-obscur, et le récit d’Hérodote n’y répand aucun jour. La première partie s’explique très-bien par ce que rapporte Pausanias : « Lorsque Cléomène mena ses troupes contre la ville d’Argos, qu’il croyait dépourvue de défenseurs, Télésilla fit monter sur les murailles les esclaves, et tous ceux qui, à cause de leur jeunesse ou de leur grand âge, ne pouvaient pas porter les armes. Elle rassembla ensuite toutes les armes qui restaient dans les maisons et dans les temples ; elle en arma toutes les femmes qui étaient à la fleur de l’âge, et les plaça dans l’endroit par où elle savait que les ennemis devaient venir. Sans être effrayées ni de l’approche des Lacédémoniens, ni de leurs cris de guerre, ces femmes reçurent leur choc avec courage ; mais les Lacédémoniens faisant réflexion que s’ils les tuaient, cette victoire ne leur ferait aucun honneur, et que s’ils étaient défaits, ce serait une tache pour eux, ils aimèrent mieux se retirer. » Quant à la seconde partie, elle est restée inintelligible. (L.)

↑ Tout moyen qui pouvait faire triompher les Lacédémoniens leur paraissait bon et légitime. La perfidie et le manque de foi ne leur coûtaient rien.

↑ Le héros Argus s’appelle en grec Argos. Cette équivoque avait trompé Cléomène.

↑ C’était un temple de Junon. Cette déesse s’appelait en grec Ἥρα, et son temple Ἡραῖον.

↑ Pentathle, les cinq combats en usage aux jeux olympiques, savoir : le saut, la course, le disque, le javelot et la lutte. Il y avait peu de combattant en état de disputer le prix dans les cinq combats, et ceux qui avaient obtenu le prix jouissaient d’une grande célébrité en Grèce. (Miot.)

↑ Artapherne, gouverneur de Sardes, était frère de Darius ; liv. v, xxv, xxx, lxxiii, etc.

↑ Le talent attique pesait 51 livres 6 onces 7 gros 24 grains. Ainsi les 300 talents équivalent à 15 429 livres 7 onces 2 gros 48 grains. (L.)

↑ Il veut parler de la guerre du Péloponnèse, dont il a vu le commencement. (L.)

↑ Gongyle, le seul Érétrien qui eût pris les intérêts des Perses, à ce que dit Xénophon, eut pour sa récompense les villes de Gambrium, de Palægambrium, de Myrine et de Grynia. Gorgion et Gongyle, ses descendants, en étaient encore en possession en la quatre-vingt-quinzième olympiade, c’est-à-dire 90 ans après, lorsque Thymbron, général Lacédémonien, passa dans l’Asie Mineure pour faire la guerre aux Perses. (L.)

↑ Voici en quoi consistait cette course. Un homme, une torche à la main, courait, de l’autel du dieu en l’honneur de qui se célébrait cette course, jusqu’à un certain but, sans éteindre son flambeau. Si le flambeau de celui qui court le premier s’éteint, il le cède au second, et celui-ci au troisième, si le même accident lui arrive. Si le troisième est aussi malheureux, le prix n’est adjugé à personne. Cette fête se célébrait en l’honneur de plusieurs divinités, comme Minerve, Vulcain, Prométhée, Pan, Esculape, etc. Dans les Panathénées, ou fêtes de Minerve, les lampadophores partaient du Pirée ; et du Céramique, ou de l’Académie, dans celle de Vulcain et de Prométhée. Il y avait dans l’Académie une statue de l’Amour, consacrée par Pisistrate, où l’on allumait le flambeau sacré dans les courses que l’on faisait en l’honneur de ces dieux. (L.)

↑ C’est-à-dire qu’il fit en deux jours onze cent quarante stades, qui est la distance d’Athènes à Sparte. Cela parut une course considérable, jusqu’à ce qu’Anystis, courrier de Lacédémone, et Philonides, courrier d’Alexandre, firent en un jour, au rapport de Pline le naturaliste, le chemin de Sicyone à Élis, c’est-à-dire douze cents stades.

↑ Les mois étant lunaires, la pleine lune arrivait vers le 15. Les Lacédémoniens ne se mettaient point en marche avant la pleine lune. Cela est confirmé par le témoignage de Pausanias, liv. i, chap. xxviii, et de Lucien, sur l’Astrologie, ch. xxv, t. ii, p. 371, qui attribue ce règlement à Lycurgue. (L.)

↑ Le songe dont il est ici question était regardé comme heureux. « Il est avantageux, dit Artémidore, au principal magistrat, ou chef de l’État, de coucher avec sa mère. La mère désigne en effet la patrie. De même donc le corps de celle qui couche avec quelqu’un est volontairement en la puissance de celui qui en jouit, de même celui qui a eu une pareille vision se rendra le maître de l’État. » (L.)

↑ Le polémarque était le troisième des neuf archontes. Il offrait des sacrifices à Diane Agrotera, c’est-à-dire la chasseuse, et à Mars. Ces sacrifices se faisaient tous les ans, en mémoire de la victoire remportée à Marathon. Il réglait les jeux funèbres qu’on célébrait en l’honneur de ceux qui étaient morts à la guerre. Il faisait des sacrifices funèbres à Harmodius et à Aristogiton. Il jugeait les métœques, ou étrangers domiciliés, et exerçait à leur égard la même autorité que l’archonte éponyme envers les citoyens. (L.)

↑ La tribu Æantide était à l’aile droite, et le polémarque Callimaque était de cette tribu. Plutarque prouve ce fait par les élégies d’Eschyle, qui s’était distingué à cette bataille. Lorsque les Athéniens tinrent conseil pour marcher contre les barbares, et qu’on fit le décret pour se mettre en campagne, ajoute Plutarque, la tribu Æantide était en tour de présider aux assemblées. Cette même tribu se distingua aussi à la bataille de Platée. (L.)

↑ Les Délies et les Panathénées se célébraient tous les ans. Il est probable qu’Hérodote parle ici des Panathénées, qui avaient plus de célébrité que les Délies. (Voyez Meusius, Panathenæa, cap. xxvi.)

↑ Le centre, ou corps de bataille, n’était composé que des tribus Léontide et Antiochide. Thémistocle commandait la première, et Aristide la seconde. (L.)

↑ Xénophon rapporte que les Athéniens firent vœu d’immoler à Diane autant de chèvres qu’ils tueraient d’ennemis ; et que, n’en pouvant trouver un nombre suffisant, ils résolurent d’en sacrifier tous les ans cinq cents. Élien raconte le même fait, avec quelque légère différence. Ce fut, selon lui, Miltiade qui fit vœu d’immoler trois cents chèvres. (L.)

↑ Il y a une grande apparence qu’Hérodote ne veut parler ici que du plus petit stade, qui est d’environ cinquante toises, et qu’il entend par course non une course véritable, mais le pas redoublé.

↑ L’Attique n’avait point de pâturages, et par conséquent les Athéniens n’entretenaient point de cavalerie ; ils prenaient à leur solde de la cavalerie de Thessalie. Mais ce pays était alors entre les mains des Perses, et d’ailleurs il paraît que les Thessaliens étaient attachés aux Pisistratides. (L.)

↑ Il est bien étonnant qu’Hérodote n’ait point parlé en cette occasion des exploits d’Aristide. Plutarque va suppléer à son silence. Aristide était l’un des dix généraux, ainsi que Thémistocle. Il opina, dans le conseil de guerre, à livrer bataille. Quand son jour de commander arriva, il céda son droit à Miltiade, et son exemple fut suivi des autres généraux. Thémistocles et Aristide, le premier à la tête de la tribu Léontide, et l’autre à celle de la tribu Antiochide, dont ils étaient, enfoncèrent les Perses, et les poussèrent jusqu’à leurs vaisseaux. Les Athéniens, craignant ensuite pour leur ville, s’y rendirent avec neuf tribus. On laissa Aristide à Marathon avec la sienne, pour garder les prisonniers et le butin. Il ne trompa point la bonne opinion qu’on avait de lui ; car, l’or et l’argent étant semés çà et là, et les tentes et les vaisseaux qu’on avait pris étant pleins de hardes magnifiques et de richesses sans nombre, non-seulement il ne fut pas tenté d’y toucher, mais il empêcha les autres de le faire. Il y eut cependant des gens qui s’en approprièrent à son insu, entre autres Callias le porte-flambeau. (Plutarque, Vie d’Aristide.)

↑ La bataille de Marathon se donna vers le 6 métageituion, c’est-à-dire vers le 17 août, 490 ans avant notre ère. (Fréret, Mémoires de l’Académie des belles-lettres, t. xviii, Hist., p. 149.)

↑ Cynégire était frère d’Eschyle, célèbre poëte tragique. Il se distingua à la bataille de Marathon ; mais il ne paraît point qu’il y eût aucun commandement, non plus qu’Épizélus, comme le prétend l’auteur des Parallèles des Grecs et des Romains, faussement attribués à Plutarque. (L.)

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