Histoires (page 67)
↑ On appelait théore un ambassadeur envoyé pour offrir des sacrifices à quelques dieux ou pour consulter un oracle.
↑ Cette ville avait été bâtie par Titonus, père de Memnon : Hérodote l’appelle toujours ville memnonienne. Sa citadelle se nommait Memnonium. (Strabon, lib. xv.)
↑ Camarine était pour lors détruite ; mais les Syracusains donnèrent le territoire de cette ville à Hippocrates, tyran de Géla. Ce prince y envoya une colonie, et la rétablit. (L.)
↑ Plutarque raconte que c’est à la suite de cette victoire que Gélon exigea des Carthaginois de renoncer à la coutume barbare de sacrifier des enfants. (Miot.)
↑ Dædale était Athénien et arrière-petit-fils d’Érechthée. Il fut habile sculpteur, et inventa beaucoup de choses qui contribuèrent à la perfection de son art. Il y excella au point que la postérité imagina que ses statues voyaient et marchaient comme si elles eussent été animées. Il est le premier qui ait exprimé les regards, et qui ait représenté les hommes les jambes séparées et les mains étendues. Avant lui, on les représentait les yeux fermés et les mains baissées et collées aux côtés. (L.)
↑ Les Polichnites étaient les habitants de Polichna, et les Præsiens ceux de Præsus. (L.)
↑ Cette ville tirait son nom du fleuve Camicos, dont le cours était si rapide, que son eau ne se mêlait pas avec la mer, si l’on en croit du moins Lycus de Rhége.
↑ Ces Crétois s’établirent en Italie, sous le nom d’Iapyges-Messapiens, en la troisième génération avant la guerre de Troie, comme le dit Hérodote dans le paragraphe suivant, c’est-à-dire un peu moins de cent ans avant cette guerre. (L.)
↑ Diane s’appelle en grec Artémise. C’est ce temple qui paraît avoir donné son nom à cette côte et au bras de mer.
↑ On les appelait chytres des femmes (baignoires des femmes), χύτρους γυναικέιους. L’eau la plus bleue que j’ai vue, dit Pausanias, est celle des Thermopyles. Elle ne l’est pourtant pas toute, mais seulement celle qui coule dans la piscine, que ceux du pays appellent baignoires des femmes. (L.)
↑ On élevait des torches de bois au-dessus des murs pour donner à connaître l’arrivée des ennemis, ou même des amis. Quand on les tenait tranquilles, cela signifiait les amis ; quand on les agitait, cela signifiait les ennemis.
↑ Les Bottiéens étaient Athéniens d’origine, et descendaient, selon Aristote, de ces enfants que les Athéniens avaient envoyés à Minos, en Crète, par forme de tribut. Ces enfants vieillissaient dans cette île en gagnant leur vie du travail de leur mains. Les Crétois, voulant s’acquitter d’un vœu, envoyèrent à Delphes les prémices de leurs citoyens, auxquelles se joignirent les descendants de ces Athéniens. Comme ils ne pouvaient vivre en ce lieu, ils allèrent d’abord en Italie, et s’établirent aux environs de l’Iapygie ; ils passèrent ensuite en Thrace, où ils prirent le nom de Bottiéens. De là vient que dans un sacrifice solennel leurs jeunes filles chantaient ce refrain : Allons à Athènes. (L.)
↑ Il y a quarante-huit chénices dans un médimne. Les cent dix mille trois cent quarante médimnes supposent qu’il y avait cinq millions deux cent quatre vingt-seize mille trois cent vingt hommes dans l’armée des Perses. Or cette armée était moins forte de treize mille cent hommes. (L.)
↑ Ce fut, au rapport du scoliaste d’Apollonius Rhodius, le premier vaisseau long qui ait été construit. La navigation devait être cependant connue des Grecs ; mais comme l’expédition de Colchos fut le premier voyage considérable entrepris par ce peuple, et que le vaisseau construit à cette occasion fut le plus grand qu’on eût vu jusqu’alors en Grèce, on fit remonter à cette époque l’origine de la navigation. Les Tyriens faisaient cependant, depuis longtemps, des voyages de long cours, et on leur attribue communément l’invention de la navigation. (L.)
↑ Les assemblées des amphictyons se tenaient deux fois par an, au printemps et en automne. Celle du printemps se tenait à Delphes. Il en est mention dans deux décrets que nous a conservés Démosthène, et dans Strabon. Celle d’automne avait lieu aux environs d’Anthela, dans le temple de Cérès Amphictyonide. Cette assemblée religieuse était la plus respectable de toute la Grèce. À son ouverture, les pylagores offraient des sacrifices à Cérès. De là vient probablement le nom qu’on donna à ce temple. (L.)
↑ Les Carnies se célébraient pendant neuf jours à Sparte, en l’honneur d’Apollon. Cette fête fut instituée dans la vingt-sixième olympiade, selon Sosime, dans sa Chronique citée par Athénee. « Tous les Doriens avaient une vénération particulière pour Apollon Carnien. Elle tire son origine de Carnus, qui était d’Acarnanie, et qui avait reçu d’Apollon le don de la divination. Ayant été tué par Hippotès, fils de Phylas, Apollon fit éprouver sa colère aux Doriens dans leur camp. Hippotès fut banni pour ce meurtre : et depuis ce temps-là les Doriens résolurent d’apaiser les mânes du devin d’Acarnanie. » (L.)
↑ La chevelure longue distinguait l’homme libre de l’esclave. Lorsque les Lacédémoniens allaient affronter les plus grands dangers pour leur liberté, ils prenaient soin de leur chevelure. Plutarque ajoute que Lycurgue avait coutume de dire que les longs cheveux donnaient de la grâce aux beaux hommes, et rendaient les laids encore plus terrible. (L.)
↑ Thia, fille de l’Océan, eut deux fils, qui insultaient les passants. Leur mère leur conseille de ne faire tort à personne, de crainte de tomber entre les mains de quelque homme aux fesses noires (de quelque Mélampyge), et d’être punis de leur insolence. Hercule, les ayant un jour rencontrés, les lia ensemble par les pieds, et les chargea ensuite sur ses épaules, la tête en bas et au-dessous de la peau du lion. Ces deux frères ayant remarqué qu’Hercule avait les fesses velues, se rappelèrent ce que leur avait dit leur mère, et firent des éclats de rire. Hercule, ayant appris le sujet de leurs ris, les détacha et les laissa aller. (L.)
↑ Pendant que les Lacédémoniens prenaient leur repas, dit l’auteur des petits Parallèles attribués à Plutarque, les Barbares vinrent les attaquer en foule. Léonidas, les voyant approcher, dit aux siens : Dînez, comme devant souper dans le palais de Pluton. Il fondit sur les Barbares, et, quoique percé de coups de piques, il parvint jusqu’à Xerxès, à qui il enleva le diadème. Lorsqu’il fut mort, le roi lui fit arracher le cœur, qui fut trouvé velu, comme le rapporte Aristide dans son premier livre de l’histoire de Perse. (L.)
↑ Il y a eu plusieurs poëtes du nom de Simonides. Celui-ci a composé beaucoup d’ouvrages, dont on peut voir les titres dans la Bibliothèque grecque de Fabricius.
↑ Les ossements de Léonidas furent rapportés des Thermopyles par Pausanias, quarante ans après sa mort. Son tombeau était près de celui de Pausanias, vis-à-vis le théâtre. Tous les ans on faisait les oraisons funèbres de ces grands hommes sur leurs monuments, et l’on y célébrait des jeux où il n’y avait que les Spartiates qui fussent reçus à disputer le prix. On voyait aussi au même endroit une colonne sur laquelle étaient gravés les noms des guerriers qui soutinrent l’effort des Perses aux Thermopyles, et ceux de leurs pères. (L.)
Hérodote, Pseudo-Hérodote Histoire d’Hérodote Traduction par Pierre-Henri Larcher. Charpentier, 1850 (Tome 2, p. 177-242).
Thémistocles. — Combat naval près d’Artémisium. — Les Grecs se retirent. — Les Perses sont frappés de la foudre près du temple de Delphes. — Bataille navale de Salamine. — Xerxès spectateur de la bataille. — Aristide sur la flotte. — Courage d’Artémise. — Discours de Mardonius à Xerxès. — Désastres des Perses. — Thémistocles s’arrête dans la poursuite des ennemis. — Xerxès gagne l’Hellespont et passe en Asie. — Il laisse Mardonius avec trois cent mille hommes. — Athènes et Sparte refusent la paix.
I. On dit que les choses se passèrent de la sorte. Voici maintenant quels sont les peuples qui composaient l’année navale. Les Athéniens fournirent cent vingt-sept vaisseaux, montés en partie par eux, et en partie par les Platéens, dont le courage et le zèle suppléaient à leur peu d’expérience sur mer. Les Corinthiens en donnèrent quarante, et les Mégariens vingt. Les Chalcidiens en armèrent vingt, que les Athéniens leur avaient prêtés. Les Éginètes en donnèrent dix-huit, les Sicyoniens douze, les Lacédémoniens dix, les Épidauriens huit, les Érétriens sept, les Trézéniens cinq, les Styréens deux, et les habitants de l’île de Céos deux, avec deux vaisseaux à cinquante rames, et les Locriens-Opuntiens envoyèrent en outre au secours des alliés sept vaisseaux à cinquante rames.
II. Tels étaient les peuples qui se rendirent à l’Artémisium, et le nombre des vaisseaux que chacun d’eux fournit. Ils montaient en tout à deux cent soixante-onze, sans compter les vaisseaux à cinquante rames. Les Spartiates nommèrent Eurybiades, fils d’Euryclides, commandant en chef de toute la flotte. Car les alliés avaient déclaré qu’ils n’obéiraient pas aux Athéniens, et que, s’ils n’avaient point à leur tête un Lacédémonien, ils se sépareraient de l’armée qui allait s’assembler.
III. Dès le commencement, et même avant que d’envoyer demander des secours en Sicile, il fut question de confier le commandement de la flotte aux Athéniens. Mais les alliés s’y étant opposés, les Athéniens, qui avaient fort à cœur le salut de la Grèce, dont ils prévoyaient la ruine totale s’ils disputaient le commandement, aimèrent mieux céder. Ils pensaient sagement. En effet, autant la paix l’emporte par ses avantages sur la guerre, autant une guerre civile est plus pernicieuse qu’une guerre étrangère, où toutes les parties de l’État concourent d’un commun accord. Persuadés de la vérité de cette maxime, les Athéniens ne s’opposèrent point aux alliés, et cédèrent, pendant le temps seulement qu’ils eurent besoin de leur secours, comme ils le firent bien voir. Car le roi repoussé, et lorsqu’on combattait déjà pour s’emparer de son pays, les Athéniens, prétextant l’arrogance de Pausanias, enlevèrent le commandement aux Lacédémoniens. Mais cela ne se passa que longtemps après.
IV. Ceux des Grecs qui étaient alors à la rade d’Artémisium ayant vu le grand nombre de vaisseaux arrivé aux Aphètes, que tout était plein de troupes, et que les affaires des Barbares prenaient une tournure à laquelle ils ne s’étaient pas attendus, saisis de crainte, ils consultèrent entre eux s’ils ne s’enfuiraient pas dans le centre de la Grèce. Les Eubéens, avertis du sujet de leur délibération, prièrent Eurybiades d’attendre quelque temps, jusqu’à ce qu’ils eussent mis en lieu de sûreté leurs enfants, leurs femmes et leurs esclaves. Mais, n’ayant pu le persuader, ils allèrent trouver Thémistocles, qui commandait les Athéniens, et, moyennant trente talents[1], ils l’engagèrent à faire rester la flotte devant l’Eubée pour y livrer le combat naval.
V. Voici comment s’y prit Thémistocles pour retenir les Grecs. Il fit part à Eurybiades de cinq talents[2], sans doute comme s’il les lui eût donnés de son propre argent. Celui-ci gagné, il n’y avait plus qu’Adimante, fils d’Ocytus, commandant des Corinthiens, qui résistât, et qui voulût mettre à la voile, et partir incessamment. « Adimante, lui dit Thémistocles avec serment, vous ne nous abandonnerez point, car je vous ferai de plus grands dons que ne vous en ferait le roi des Mèdes pour vous engager à vous séparer des alliés. » Il accompagna ce discours de trois talents[3], qu’il envoya au vaisseau d’Adimante. Les généraux, ébranlés par ces présents, goûtèrent les raisons de Thémistocles, et l’on obligea les Eubéens. Thémistocles lui-même gagna beaucoup en gardant secrètement le reste de l’argent. Ceux à qui il en avait donné une partie pensaient qu’il lui était venu d’Athènes pour l’usage qu’il en fit.
VI. Ainsi les Grecs demeurèrent sur les côtes d’Eubée, et la bataille s’engagea de la manière que je vais le raconter. Les Barbares avaient ouï dire que les Grecs n’avaient qu’un petit nombre de vaisseaux à la rade d’Artémisium. Ayant reconnu, en arrivant au point du jour aux Aphètes, la vérité de ce qu’on leur avait dit, ils brûlaient d’ardeur de les attaquer, dans l’espérance de les prendre. Ils ne furent pas cependant d’avis d’aller droit à eux, de crainte que les Grecs, les voyant venir, ne prissent la fuite, et ne leur échappassent sans doute à la faveur de la nuit ; car, au compte des Perses, le porte-flambeau ne devait pas même échapper[4].
VII. Voici ce qu’ils imaginèrent pour faire réussir ce projet. Ayant fait choix de deux cents vaisseaux sur toute leur flotte, ils les envoyèrent par derrière l’île de Sciathos, avec ordre de faire le tour de l’Eubée, le long du cap Capharée et de Géræste, pour n’être pas aperçus de l’ennemi, et de se rendre ensuite dans l’Euripe, afin de l’envelopper. Ce détachement, arrivé en cet endroit, aurait bouché les derrières aux Grecs, tandis qu’eux-mêmes les auraient attaqués de front. Cette résolution prise, ils firent partir les vaisseaux destinés à cette entreprise. Quant à eux, ils n’avaient pas dessein d’attaquer ce jour-là les Grecs, ni même avant que ceux qui doublaient l’Eubée n’eussent donné le signal de leur arrivée. Ces vaisseaux partis, on fit le dénombrement de ceux qui étaient restés aux Aphètes.