La Légende des siècles (page 17)
Saturne au large anneau
Chancelle, et Sirius subit ma sombre attaque,
Comme l’humble bateau qui va du port d’Ithaque
Au port de Calymno.
Il est dans le ciel noir des mondes plus malades
Que la barque au radoub sur un quai des Cyclades ;
L’abîme est un tyran ;
Arcturus dans l’éther cherche en vain une digue ;
La navigation de l’infini fatigue
Le vaste Aldebaran.
Les lunes sont, au fond de l’azur, des cadavres ;
On voit des globes morts dans les célestes havres
Là-haut se dérober ;
La comète est un monde éventré dans les ombres
Qui se traîne, laissant de ses entrailles sombres
Sa lumière tomber.
Regardez l’abbadir et voyez le bolide ;
L’un tombe, et l’autre meurt ; le ciel n’est pas solide ;
L’ombre a d’affreux recoins ;
Le point du jour blanchit les fentes de l’espace,
Et semble la lueur d’une lampe qui passe
Entre des ais mal joints.
Le monde, avec ses feux, ses chants, ses harmonies,
N’est qu’une éclosion immense d’agonies
Sous le bleu firmament,
Un pêle-mêle obscur de souffles et de râles,
Et de choses de nuit, vaguement sépulcrales,
Qui flottent un moment.
Dieu subit ma présence ; il en est incurable.
Toute forme créée, ô nuit, est peu durable.
Ô nuit, tout est pour nous ;
Tout m’appartient, tout vient à moi, gloire guerrière,
Force, puissance et joie, et même la prière,
Puisque j’ai ses genoux.
La démolition, voilà mon diamètre.
Le zodiaque ardent, que Rhamsès a beau mettre
Sur son sanglant écu,
Craint le ver du sépulcre, et l’aube est ma sujette ;
L’escarboucle est ma proie, et le soleil me jette
Des regards de vaincu.
L’univers magnifique et lugubre a deux cimes.
Ô vivants, à ses deux extrémités sublimes,
Qui sont aurore et nuit,
La création triste, aux entrailles profondes,
Porte deux Tout-puissants, le Dieu qui fait les mondes,
Le ver qui les détruit.
L’HYDRE
Quand le fils de Sancha, femme du duc Geoffroy,
Gil, ce grand chevalier nommé l’Homme qui passe,
Parvint, la lance haute et la visière basse,
Aux confins du pays dont Ramire était roi,
Il vit l’hydre. Elle était effroyable et superbe ;
Et, couchée au soleil, elle rêvait dans l’herbe.
Le chevalier tira l’épée et dit : C’est moi.
Et l’hydre, déroulant ses torsions farouches,
Et se dressant, parla par une de ses bouches,
Et dit : — Pour qui viens-tu, fils de doña Sancha ?
Est-ce pour moi, réponds, ou pour le roi Ramire ?
— C’est pour le monstre. — Alors c’est pour le roi, beau sire.
Et l’hydre, reployant ses nœuds, se recoucha.
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LA CHANSON DE SOPHOCLE À SALAMINE
Me voilà, je suis un éphèbe,
Mes seize ans sont d’azur baignés ;
Guerre, déesse de l’Érèbe,
Sombre guerre aux cris indignés,
Je viens à toi, la nuit est noire !
Puisque Xercès est le plus fort,
Prends-moi pour la lutte et la gloire
Et pour la tombe ; mais d’abord
Toi dont le glaive est le ministre,
Toi que l’éclair suit dans les cieux,
Choisis-moi de ta main sinistre
Une belle fille aux doux yeux,
Qui ne sache pas autre chose
Que rire d’un rire ingénu,
Qui soit divine, ayant la rose
Aux deux pointes de son sein nu,
Et ne soit pas plus importune
À l’homme plein du noir destin
Que ne l’est au profond Neptune
La vive étoile du matin.
Donne-la-moi, que je la presse
Vite sur mon cœur enflammé,
Je veux bien mourir, ô déesse,
Mais pas avant d’avoir aimé.
LA CHANSON DES AVENTURIERS DE LA MER
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
Tom Robin, matelot de Douvre,
Au Phare nous abandonna
Pour aller voir si l’on découvre
Satan, que l’archange enchaîna,
Quand un baîllement noir entr’ouvre
La gueule rouge de l’Etna.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
En Calabre, une Tarentaise
Rendit fou Spitafangama ;
À Gaëte, Ascagne fut aise
De rencontrer Michellema ;
L’amour ouvrit la parenthèse,
Le mariage la ferma.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
À Naple, Ébid, de Macédoine,
Fut pendu ; c’était un faquin.
À Capri, l’on nous prit Antoine :
Aux galères pour un sequin !
À Malte, Ofani se fit moine
Et Gobbo se fit arlequin.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
Autre perte : André, de Pavie,
Pris par les Turcs à Lipari,
Entra, sans en avoir envie,
Au sérail, et, sous cet abri,
Devint vertueux pour la vie,
Ayant été fort amoindri.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
Puis, trois de nous, que rien ne gêne,
Ni loi, ni Dieu, ni souverain,
Allèrent, pour le prince Eugène
Aussi bien que pour Mazarin,
Aider Fuentes à prendre Gêne
Et d’Harcourt à prendre Turin.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
Vers Livourne nous rencontrâmes
Les vingt voiles de Spinola.
Quel beau combat ! Quatorze prames
Et six galères étaient là ;
Mais, bah ! rien qu’au bruit de nos rames
Toute la flotte s’envola !
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
À Notre-Dame-de-la-Garde,
Nous eûmes un charmant tableau ;
Lucca Diavolo par mégarde
Prit sa femme à Pier’Angelo ;
Sur ce, l’ange se mit en garde
Et jeta le diable dans l’eau.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
À Palma, pour suivre Pescaire,
Huit nous quittèrent tour à tour ;
Mais cela ne nous troubla guère ;
On ne s’arrêta pas un jour.
Devant Alger on fit la guerre,
À Gibraltar on fit l’amour.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
À nous dix, nous prîmes la ville ;
— Et le roi lui-même ! — Après quoi,
Maîtres du port, maîtres de l’île,
Ne sachant qu’en faire, ma foi,
D’une manière très-civile,
Nous rendîmes la ville au roi.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
On fit ducs et grands de Castille
Mes neuf compagnons de bonheur,
Qui s’en allèrent à Séville
Épouser des dames d’honneur.
Le roi me dit : « Veux-tu ma fille ? »
Et je lui dis : « Merci, seigneur !
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
» J’ai, là-bas, où des flots sans nombre
» Mugissent dans les nuits d’hiver,
» Ma belle farouche à l’œil sombre,
» Au sourire charmant et fier,
» Qui, tous les soirs, chantant dans l’ombre,
» Vient m’attendre au bord de la mer.
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
» J’ai ma Faënzette à Fiesone.
» C’est là que mon cœur est resté.
» Le vent fraîchit, la mer frissonne,
» Je m’en retourne, en vérité !
» Ô roi ! ta fille a la couronne,
» Mais Faënzette a la beauté ! »
En partant du golfe d’Otrante,
Nous étions trente ;
Mais, en arrivant à Cadiz,
Nous étions dix.
Nous sommes les doreurs de proues. Les vents, tournant comme des roues, Sur la verte rondeur des eaux Mêlent les lueurs et les ombres, Et dans les plis des vagues sombres Traînent les obliques vaisseaux.
La bourrasque décrit des courbes, Les vents sont tortueux et fourbes, L'archer noir souffle dans son cor, Ces bruits s'ajoutent aux vertiges, Et c'est nous qui dans ces prodiges Faisons rôder des spectres d'or,
Car c'est un spectre que la proue. Le flot l'étreint, l'air la secoue ; Fière, elle sort de nos bazars Pour servir aux éclairs de cible, Et pour être un regard terrible Parmi les sinistres hasards.
Roi, prends le frais sous les platanes ; Sultan, sois jaloux des sultanes, Et tiens sous des voiles caché L'essaim des femmes inconnues Qu'hier on vendait toutes nues À la criée en plein marché ;
Qu'importe au vent ! qu'importe à l'onde ! Une femme est noire, une est blonde, L'autre est d'Alep ou d'Ispahan ; Toutes tremblent devant ta face ; Et que veut-on que cela fasse Au mystérieux océan ?
Vous avez chacun votre fête ; Sois le prince, il est la tempête, Lui l'éclair, toi l'yatagan, Vous avez chacun votre glaive ; Sous le sultan le peuple rêve, Le flot songe sous l'ouragan.
Nous travaillons pour l'un et l'autre. Cette double tâche est la nôtre, Et nous chantons ! Ô sombre émir, Tes yeux d'acier, ton cœur de marbre, N'empêchent pas le soir dans l'arbre Les petits oiseaux de dormir ;
Car la nature est éternelle Et tranquille, et Dieu sous son aile Abrite les vivants pensifs. Nous chantons dans l'ombre sereine Des chansons où se mêle à peine La vision des noirs récifs.
Nous laissons aux maîtres les palmes Et les lauriers ; nous sommes calmes Tant qu'ils n'ont pas pris dans leur main Les étoiles diminuées, Tant que la fuite des nuées Ne dépend pas d'un souffle humain.
L'été luit, les fleurs sont écloses, Les seins blancs ont des pointes roses, On chasse, on rit, les ouvriers Chantent, et les moines s'ennuient ; Les vagues biches qui s'enfuient Font tressaillir les lévriers.
Oh ! s'il fallait que tu t'emplisses, Sultan, de toutes les délices Qui t'environnent, tu mourrais. Vis et règne, — la vie est douce. Le chevreuil couché sur la mousse Fait des songes dans les forêts ;
Monter ne sert qu'à redescendre ; Tout est flamme, puis tout est cendre ; La tombe dit à l'homme : vois ! Le temps change, les oiseaux muent, Et les vastes eaux se remuent, Et l'on entend passer des voix ;
L'air est chaud, les femmes se baignent, Les fleurs entre elles se dédaignent ; Tout est joyeux, tout est charmant, Des blancheurs dans l'eau se reflètent ; Les roses des bois se complètent Par les astres du firmament.
Ta galère que nous dorâmes A soixante paires de rames Qui de Lépante à Moganez Domptent le vent et la marée, Et dont chacune est manœuvrée Par quatre forçats enchaînés.
*
Et voilà donc l'emploi que vous faites, vivants,
De moi l'airain, vous cendre éparse aux quatre vents !
Ainsi la certitude est morte ! Ainsi la rue
Offre en exemple un fourbe à la foule accourue,
Et les passants diront du plus vil des bourreaux,
D'un voleur, d'un goujat : Ce doit être un héros !
La statue est un lâche abus de confiance !
Et l'on verra le peuple, ému, plein de croyance,
Ayant foi dans le bronze infaillible et serein,
Découvrir son grand front pour un faquin d'airain !
Vous allumez la braise et vous creusez le moule ;
Mon bloc fumant se gonfle et tombe, s'enfle et croule ;
Vous fouillez mon flot rouge avec des crocs de fer
Comme font des satans remuant un enfer ;
Vous attisez avec le zinc incendiaire
Mon cratère où bascule et s'épand la chaudière,
Et tout mon dur métal devient une eau de feu,
Et j'écume, et je dis : Hommes, faites-moi dieu !
J'y consens. Et je brûle avec furie et joie.
Faites. Dans mon tourment mon triomphe flamboie.
Quiconque voit ma pourpre auguste est ébloui.
Le noir moule béant, sous la terre enfoui,
S'ouvre à moi comme un gouffre obscur au fond d'un antre,
Et ma voix sombre gronde et crie : Oui, c'est bien, j'entre,
Je serai Washington !... — Je sors, je suis Morny !
Ah ! sous le ciel sacré, sous l'azur infini,
Soyez maudits ! Rugir dans la fournaise ardente,
Moi le bronze ! pour qui ? Pour Gutenberg ? Pour Dante ?
Pour Thrasybule ? Non. Pour Billault, pour Dupin !
J'attends Léonidas, on me jette Scapin.
Mais de quoi donc sont faits les hommes ? C'est à croire
Que l'ordure est pour vous ressemblante à la gloire ;
Que votre âme est troublée au point de ne plus voir ;
Et que le bien, le mal, le crime, le devoir,
Bayard, Judas, Barbès le preux, Georgey l'impie,
Flottent confusément sous votre myopie !
Vous hissez sur un faîte abject le facies
De Fould, ou le profil abruti de Siéyès,
Et vous avez le goût de regarder sans cesse
En haut, bien au-dessus de vos fronts, la bassesse.
*
Savez-vous que je suis le métal souverain ?
Que j'ai mis sur Corinthe un quadrige d'airain,
Et que mes dieux, mes rois, mes victoires ailées,
Font de l'ombre sur vous du haut des Propylées ?
Savez-vous qu'autrefois j'étais sacré ? J'avais
L'impossibilité d'être vil et mauvais ;
Et c'est pourquoi, vivants, je valais mieux que l'homme ;
Je connaissais Athène et j'ignorais Sodome.
Les Grecs disaient de moi : Le bronze est un héros.
J'étais Jupiter, Mars, Pallas, Diane, Éros ;
On me voyait durer autant qu'un vers d'Eschyle ;
Et j'étais pour les Grecs la chair du grand Achille.
Ces populaces, foule aux yeux pleins de clarté,
Honoraient ma noirceur et ma virginité ;
Les portefaix de Sparte et les marchandes d'herbes
Ne me regardaient point sans devenir superbes,
Et j'étais à tel point l'âme de la cité
Que les petits enfants bégayaient : Liberté !
Aujourd'hui, sur un socle, en vos places publiques
Pour qui le ciel n'a plus que des rayons obliques,
Vous mettez la statue énorme d'un pasquin
Qui devient un colosse et reste un mannequin,
D'un chenapan, d'un gueux qui prend un air d'archonte
Et qui se drape avec orgueil dans de la honte.
C'est de l'opprobre altier et qui se tient debout.
On monte au Panthéon par le trou de l'égout.
Les voilà tous, Magnan, puis Delangle, Espinasse,
Puis Troplong, ce qui rampe avec ce qui menace,
Spectres hideux qu'entoure, en plein air, au soleil,
Le brouhaha des voix inutiles, pareil
À l'agitation du vent dans les branchages.
Et je suis le complice ! Et les bardes, les sages,
Les vaillants, les martyrs à mourir acharnés,
Les grands hommes que j'ai tant de fois incarnés,
Ne m'ont pas défendu de cette ignominie
D'être pantin après avoir été génie !
Vous condamnez l'airain aux avilissements.
Comme vous, je trahis et, comme vous, je mens.
Je trahis la vertu, je trahis la durée ;
Je trahis la colère, âpre muse azurée,
Qui rend et fait justice, et n'a pas d'autre soin ;
Et devant Juvénal je suis un faux témoin.
Chute et deuil ! Je trahis le lever de l'étoile,
Qui dans l'ombre, à travers la nuit, son chaste voile,
Cherchant à l'horizon des bronzes radieux,
Aperçoit des bandits au lieu de voir des dieux !
Ma fournaise m'indigne, à mal faire occupée.
Ceux qui vendent la loi, ceux qui vendent l'épée,
Brumaire avec Leclerc, Décembre avec Morny,
Un tas d'ingrédients, faux droits, sceptre impuni,
Le vieil autel, le vieux billot, la vieille chaîne,
Auxquels on a mêlé la conscience humaine,
Tout cela dans la cuve obscure flotte et fond.
Et la statue en sort, vile.
Le Dieu profond
Vous donne les héros, les penseurs, les prophètes,
Et le bronze, et voilà, vous, ce que vous en faites.
Vous donnez le cachot à Christophe Colomb,
À Dante l'exil triste et sa chape de plomb,
À Jésus le calvaire et sa risée ingrate,
À Morus l'échafaud, la ciguë à Socrate,
Le bûcher à Jean Huss, et le bronze aux valets.
*
Je sais bien qu'on dira : Passez, méprisez-les.
Ce sont des gredins.
Soit. Mais ce sont des statues.
Mais ces indignités sont de splendeur vêtues.
Mais on croit tellement le bronze honnête, et sûr
Du bon choix des héros qu'il dresse dans l'azur,
On est si convaincu que lorsque, sous les arbres,
Au milieu des enfants rieurs, parmi les marbres,
Sur les degrés d'un temple ou sur l'arche d'un pont,
Le bronze montre au peuple un homme, il en répond ;
Mais tous ces malfaiteurs, mais tous ces misérables,
Devenus au passant stupide vénérables,
Ont si profondément, de leurs pieds de métal,
Pris racine au granit puissant du piédestal ;
J'ai mis sur leur bassesse une si grande armure,
Qu'en vain l'âpre aquilon sur leurs têtes murmure !
Ils sont là, fermes, froids, rayonnants, ténébreux,
L'heure, goutte du siècle, en vain tombe sur eux ;
Et vienne la tempête et vienne la nuée,
La foudre et son éclair, la trombe et sa huée,
Qu'importe ! ils sont d'airain ; et l'airain jamais vieux
Rit des coups d'ongles noirs de l'hiver pluvieux.
Novembre a beau venir après juillet ; l'année,
Cette dent qui mord tout, les respecte, indignée !
L'ondée, en les rouillant, les conserve ; leurs fronts
Se dressent immortels, plus fiers sous plus d'affronts ;
Sur eux s'abattent neige, averse, givre, orage,
Et tout le tourbillon des bises, folle rage,