La Légende des siècles (page 20)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — La Légende des siècles · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

On l’amène à la merci du maître.

Ses blêmes cheveux blancs couronnent sa pâleur ;

Il a les bras liés au dos comme un voleur ;

Et, pareil au milan qui suit des yeux sa proie,

Derrière le captif, marche, sans qu’il le voie,

Un homme qui tient haute une épée à deux mains.

Matha, fixant sur lui ses beaux yeux inhumains,

Rit sans savoir pourquoi, rire étant son caprice.

Dix valets de la lance environnent Fabrice.

Le roi dit : « Le trésor est caché dans un lieu

Qu’ici tu connais seul ; et je jure par Dieu

Que, si tu dis l’endroit, marquis, ta vie est sauve. »

Fabrice lentement lève sa tête chauve

Et se tait.

Le roi dit : « Es-tu sourd, compagnon ? »

Un reître avec le doigt fait signe au roi que non.

« — Marquis, parle ! ou sinon, vrai comme je me nomme

Empereur des Romains, roi d’Arle et gentilhomme,

Lion, tu vas japper ainsi qu’un épagneul.

Ici, bourreaux ! — Réponds, le trésor ? »

Et l’aïeul

Semble, droit et glacé parmi les fers de lance,

Avoir déjà pris place en l’éternel silence.

Le roi dit : « Préparez les coins et les crampons.

Pour la troisième fois, parleras-tu ? Réponds. »

Fabrice, sans qu’un mot d’entre ses lèvres sorte,

Regarde le roi d’Arle et d’une telle sorte,

Avec un si superbe éclair, qu’il l’interdit ;

Et Ratbert, furieux sous ce regard, bondit

Et crie, en s’arrachant le poil de la moustache :

« Je te trouve idiot et mal en point, et sache

Que les jouets d’enfant étaient pour toi, vieillard !

Çà, rends-moi ce trésor, fruit de tes vols, pillard !

Et ne m’irrite pas, ou ce sera ta faute,

Et je vais envoyer sur ta tour la plus haute

Ta tête au bout d’un pieu se taire dans la nuit.

Mais l’aïeul semble d’ombre et de pierre construit ;

On dirait qu’il ne sait pas même qu’on lui parle.

« Le brodequin ! à toi, bourreau ! » dit le roi d’Arle.

Le bourreau vient, la foule effarée écoutait.

On entend l’os crier, mais la bouche se tait.

Toujours prêt à frapper le prisonnier en traître,

Le coupe-tête jette un coup d’œil à son maître.

« Attends que je te fasse un signe, » dit Ratbert.

Et, reprenant :

« Voyons, toi chevalier haubert,

Mais cadet, toi marquis, mais bâtard, si tu donnes

Ces quelques diamants de plus à mes couronnes,

Si tu veux me livrer ce trésor, je te fais

Prince, et j’ai dans mes ports dix galères de Fez

Dont je te fais présent avec cinq cents esclaves. »

Le vieillard semble sourd et muet.

« Tu me braves !

Eh bien ! tu vas pleurer, » dit le fauve empereur.

XIV

Ratbert rend l’enfant à l’aïeul.

Et voici qu’on entend comme un souffle d’horreur

Frémir, même en cette ombre et même en cette horde.

Une civière passe, il y pend une corde ;

Un linceul la recouvre ; on la pose à l’écart ;

On voit deux pieds d’enfant qui sortent du brancard.

Fabrice, comme au vent se renverse un grand arbre,

Tremble, et l’homme de chair sous cet homme de marbre

Reparaît ; et Ratbert fait lever le drap noir.

C’est elle ! Isora ! pâle, inexprimable à voir,

Étranglée, et sa main crispée, et cela navre,

Tient encore un hochet ; pauvre petit cadavre !

L’aïeul tressaille avec la force d’un géant ;

Formidable, il arrache au brodequin béant

Son pied dont le bourreau vient de briser le pouce ;

Les bras toujours liés, de l’épaule il repousse

Tout ce tas de démons, et va jusqu’à l’enfant,

Et sur ses deux genoux tombe, et son cœur se fend.

Il crie en se roulant sur la petite morte :

« Tuée ! ils l’ont tuée ! et la place était forte,

Le pont avait sa chaîne et la herse ses poids,

On avait des fourneaux pour le soufre et la poix,

On pouvait mordre avec ses dents le roc farouche,

Se défendre, hurler, lutter, s’emplir la bouche

De feu, de plomb fondu, d’huile, et les leur cracher

À la figure avec les éclats du rocher !

Non ! on a dit : « Entrez ! » et, par la porte ouverte,

Ils sont entrés ! la vie à la mort s’est offerte !

On a livré la place, on n’a point combattu !

Voilà la chose ; elle est toute simple ; ils n’ont eu

Affaire qu’à ce vieux misérable imbécile !

Égorger un enfant, ce n’est pas difficile.

Tout à l’heure, j’étais tranquille, ayant peu vu

Qu’on tuât des enfants, et je disais : « Pourvu

« Qu’Isora vive, eh bien ! après cela, qu’importe ! »

Mais l’enfant ! Ô mon Dieu ! c’est donc vrai qu’elle est morte !

Penser que nous étions là tous deux hier encor !

Elle allait et venait dans un gai rayon d’or ;

Cela jouait toujours, pauvre mouche éphémère !

C’était la petite âme errante de sa mère !

Le soir, elle posait son doux front sur mon sein,

Et dormait… — Ah ! brigand ! assassin ! assassin ! »

Il se dressait, et tout tremblait dans le repaire,

Tant c’était la douleur d’un lion et d’un père,

Le deuil, l’horreur, et tant ce sanglot rugissait !

« Et moi qui, ce matin, lui nouais son corset !

Je disais : « Fais-toi belle, enfant ! » Je parais l’ange

Pour le spectre ! — Oh ! ris donc là-bas, femme de fange !

Riez tous ! Idiot, en effet, moi qui crois

Qu’on peut se confier aux paroles des rois

Et qu’un hôte n’est pas une bête féroce !

Le roi, les chevaliers, l’évêque avec sa crosse,

Ils sont venus, j’ai dit : « Entrez ; » c’étaient des loups !

Est-ce qu’ils ont marché sur elle avec des clous

Qu’elle est toute meurtrie ? Est-ce qu’ils l’ont battue ?

Et voilà maintenant nos filles qu’on nous tue

Pour voler un vieux casque en vieil or de ducat !

Je voudrais que quelqu’un d’honnête m’expliquât

Cet événement-ci, voilà ma fille morte !

Dire qu’un empereur vient avec une escorte,

Et que des gens nommés Farnèse, Spinola,

Malaspina, Cibo, font de ces choses-là,

Et qu’on se met à cent, à mille, avec ce prêtre,

Ces femmes, pour venir prendre un enfant en traître,

Et que l’enfant est là, mort, et que c’est un jeu ;

C’est à se demander s’il est encore un Dieu,

Et si, demain, après de si lâches désastres,

Quelqu’un osera faire encor lever les astres !

M’avoir assassiné ce petit être-là !

Mais c’est affreux d’avoir à se mettre cela

Dans la tête, que c’est fini, qu’ils l’ont tuée,

Qu’elle est morte ! — Oh ! ce fils de la prostituée,

Ce Ratbert, comme il m’a hideusement trompé !

Ô Dieu ! de quel démon est cet homme échappé ?

Vraiment ! est-ce donc trop espérer que de croire

Qu’on ne va point, par ruse et par trahison noire,

Massacrer des enfants, broyer des orphelins,

Des anges, de clarté céleste encor tout pleins !

Mais c’est qu’elle est là morte, immobile, insensible !

Je n’aurais jamais cru que cela fût possible.

Il faut être le fils de cette infâme Agnès !

Rois ! j’avais tort jadis quand je vous épargnais,

Quand, pouvant vous briser au front le diadème,

Je vous lâchais, j’étais un scélérat moi-même,

J’étais un meurtrier d’avoir pitié de vous !

Oui, j’aurais dû vous tordre entre mes serres, tous !

Est-ce qu’il est permis d’aller dans les abîmes

Reculer la limite effroyable des crimes,

De voler, oui, ce sont des vols, de faire un tas

D’abominations, de maux et d’attentats,

De tuer des enfants et de tuer des femmes,

Sous prétexte qu’on fut, parmi les oriflammes

Et les clairons, sacré devant le monde entier

Par Urbain Quatre, pape et fils d’un savetier !

Que voulez-vous qu’on fasse à de tels misérables !

Avoir mis son doigt noir sur ces yeux adorables !

Ce chef d’œuvre du Dieu vivant, l’avoir détruit !

Quelle mamelle d’ombre et d’horreur et de nuit,

Dieu juste, a donc été de ce monstre nourrice ?

Un tel homme suffit pour qu’un siècle pourrisse.

Plus de bien ni de mal, plus de droit, plus de lois.

Est-ce que le tonnerre est absent quelquefois ?

Est-ce qu’il n’est pas temps que la foudre se prouve,

Cieux profonds, en broyant ce chien, fils de la louve ?

Oh ! sois maudit, maudit, maudit, et sois maudit,

Ratbert, empereur, roi, césar, escroc, bandit !

Ô grand vainqueur d’enfants de cinq ans ! maudits soient

Les pas que font tes pieds, les jours que tes yeux voient,

Et la gueuse qui t’offre en riant son sein nu,

Et ta mère publique, et ton père inconnu !

Terre et cieux ! c’est pourtant bien le moins qu’un doux être

Qui joue à notre porte et sous notre fenêtre,

Qui ne fait rien que rire et courir dans les fleurs,

Et qu’emplir de soleil nos pauvres yeux en pleurs,

Ait le droit de jouir de l’aube qui l’enivre,

Puisque les empereurs laissent les forçats vivre,

Et puisque Dieu, témoin des deuils et des horreurs,

Laisse sous le ciel noir vivre les empereurs ! »

XV

Les deux têtes.

Ratbert, en ce moment, distrait jusqu’à sourire,

Écoutait Afranus à voix basse lui dire :

« Majesté, le caveau du trésor est trouvé. »

L’aïeul pleurait.

« Un chien, au coin des murs crevé,

Est un être enviable auprès de moi. Va, pille,

Vole, égorge, empereur ! Ô ma petite fille,

Parle-moi ! Rendez-moi mon doux ange, ô mon Dieu !

Elle ne va donc pas me regarder un peu ?

Mon enfant ! tous les jours nous allions dans les lierres.

Tu disais : « Vois les fleurs, » et moi : « Prends garde aux pierres. »

Et je la regardais, et je crois qu’un rocher

Se fût attendri rien qu’en la voyant marcher.

Hélas ! avoir eu foi dans ce monstrueux drôle !

Mets ta tête adorée auprès de mon épaule.

Est-ce que tu m’en veux ? C’est moi qui suis là ! Dis,

Tu n’ouvriras donc plus tes yeux du paradis !

Je n’entendrai donc plus ta voix, pauvre petite !

Tout ce qui me tenait aux entrailles me quitte ;

Et ce sera mon sort, à moi, le vieux vainqueur,

Qu’à deux reprises Dieu m’ait arraché le cœur,

Et qu’il ait retiré de ma poitrine amère

L’enfant, après m’avoir ôté du flanc la mère !

Mon Dieu, pourquoi m’avoir pris cet être si doux ?

Je n’étais pourtant pas révolté contre vous,

Et je consentais presque à ne plus avoir qu’elle.

Morte ! et moi, je suis là, stupide, qui l’appelle !

Oh ! si je n’avais pas les bras liés, je crois

Que je réchaufferais ses pauvres membres froids ;

Comme ils l’ont fait souffrir ! La corde l’a coupée.

Elle saigne. »

Ratbert, blême et la main crispée,

Le voyant à genoux sur son ange dormant,

Dit : « Porte-glaive, il est ainsi commodément. »

Le porte-glaive fit, n’étant qu’un misérable,

Tomber sur l’enfant mort la tête vénérable.

Et voici ce qu’on vit dans ce même instant-là :

La tête de Ratbert sur le pavé roula,

Hideuse, comme si le même coup d’épée,

Frappant deux fois, l’avait de l’autre coupée.

L’horreur fut inouïe ; et, tous se retournant,

Sur le grand fauteuil d’or du trône rayonnant

Aperçurent le corps de l’empereur sans tête,

Et son cou d’où sortait, dans un bruit de tempête,

Un flot rouge, un sanglot de pourpre, éclaboussant

Les convives, le trône et la table, de sang.

Alors, dans la clarté d’abîme et de vertige

Qui marque le passage énorme d’un prodige,

Des deux têtes on vit l’une, celle du roi,

Entrer sous terre et fuir dans le gouffre d’effroi

Dont l’expiation formidable est la règle,

Et l’autre s’envoler avec des ailes d’aigle.

XVI

Après justice faite.

L’ombre couvre à présent Ratbert, l’homme de nuit.

Nos pères — c’est ainsi qu’un nom s’évanouit —

Défendaient d’en parler, et du mur de l’histoire

Les ans ont effacé cette vision noire.

Le glaive qui frappa ne fut point aperçu ;

D’où vint ce sombre coup, personne ne l’a su ;

Seulement, ce soir-là, bêchant pour se distraire,

Héraclius le Chauve, abbé de Joug-Dieu, frère

D’Acceptus, archevêque et primat de Lyon,

Étant aux champs avec le diacre Pollion,

Vit, dans les profondeurs par les vents remuées,

Un archange essuyer son épée aux nuées.

II LA CONSCIENCE

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,

Échevelé, livide au milieu des tempêtes,

Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,

Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva

Au bas d’une montagne en une grande plaine ;

Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine

Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »

Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.

Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,

Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,

Et qui le regardait dans l’ombre fixement.

« Je suis trop près, » dit-il avec un tremblement.

Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,

Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.

Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.

Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,

Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,

Sans repos, sans sommeil ; il atteignit la grève

Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.

« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.

Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »

Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes

L’œil à la même place au fond de l’horizon.

Alors il tressaillit en proie au noir frisson.

« Cachez-moi ! » cria-t-il ; et, le doigt sur la bouche,

Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.

Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont

Sous des tentes de poil dans le désert profond :

« Étends de ce côté la toile de la tente. »

Et l’on développa la muraille flottante ;

Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb,

« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,

La fille de ses fils, douce comme l’aurore ;

Et Caïn répondit : « Je vois cet œil encore ! »

Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs

Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,

Cria : « Je saurai bien construire une barrière. »

Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.

Et Caïn dit : « Cet œil me regarde toujours ! »

Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours

Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.

Bâtissons une ville avec sa citadelle,

Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »

Alors Tubalcaïn, père des forgerons,

Construisit une ville énorme et surhumaine.

Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,

Chassaient les fils d’Énos et les enfants de Seth ;

Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;

Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.

Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,

On lia chaque bloc avec des nœuds de fer,

Et la ville semblait une ville d’enfer ;

L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;

Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;

Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »

Quand ils eurent fini de clore et de murer,

On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;

Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !

L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.

Et Caïn répondit : « Non, il est toujours là. »

Alors il dit : « Je veux habiter sous la terre

Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;

Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »

On fit donc une fosse, et Caïn dit : « C’est bien ! »

Puis il descendit seul sous cette voûte sombre ;

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre

Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,

L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.

II

LA DÉFIANCE D’ONFROY

Parmi les noirs déserts et les mornes silences,

Ratbert, pour l’escorter n’ayant que quelques lances,

Et le marquis Sénèque et l’évêque Afranus,

Traverse, presque seul, des pays inconnus ;

Mais il sait qu’il est fort de l’effroi qu’il inspire,

Et que l’empereur porte avec lui tout l’empire.

Un soir, Ratbert s’arrête aux portes de Carpi ;

Sur ce seuil formidable un dogue est accroupi ;

Ce dogue, c’est Onfroy, le baron de la ville ;

Calme et fier, sous la dent d’une herse incivile,

Onfroy s’adosse aux murs qui bravaient Attila ;

Les femmes, les enfants et les soldats sont là ;

Et voici ce que dit le vieux podesta sombre

Qui parle haut, ayant son peuple dans son ombre :

« Roi, nous te saluons sans plier les genoux.

Nous avons une chose à te dire. Quand nous,

Gens de guerre et barons qui tenions la province,

Nous avons bien voulu de toi pour notre prince,

Quand nous t’avons donné ce peuple et cet état,

Sire, ce n’était point pour qu’on les maltraitât.

Jadis nous étions forts. Quand tu nous fis des offres,

Nous étions très-puissants ; de l’argent plein nos coffres ;

Et nous avions battu tes plus braves soldats ;

Nous étions tes vainqueurs. Roi, tu ne marchandas

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