La Légende des siècles (page 63)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — La Légende des siècles · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Chantante ; elles étaient toutes deux demi-nues,

L'une pour les affronts, l'autre pour les douleurs ;

La mère, gaie, avait au front d'horribles fleurs ;

Il arrivait parfois, vers le soir, à la brune,

Que la mère et l'enfant se rencontraient, et l'une

Regardait son passé, l'autre son avenir.

Voir l'une commencer et voir l'autre finir !

Ô misère !

L'enfant se taisait, grave, amère.

Cette femme, après tout, était-elle sa mère ?

Oui. Non. Ceux qui mêlaient autour d'elles leurs pas

En parlaient au hasard et ne le savaient pas.

L'infortune est de l'ombre, et peut-être cet ange

N'avait-il même pas une mère de fange,

Hélas ! et l'humble enfant, seul sous le firmament,

Marchait terrible avec un air d'étonnement.

Elle ne paraissait ni vivante ni morte.

— Mais qu'a donc cet enfant à songer de la sorte ?

Disait-on autour d'elle. — Est-ce qu'on la connaît ?

Non. Les gens lui donnaient du pain qu'elle prenait

Sans rien dire ; elle allait devant elle, indignée.

Pour moi, rêveur, sa main tenait une poignée

D'invisibles éclairs montant de bas en haut ;

Ses yeux, comme on regarde un plafond de cachot,

Regardaient le grand ciel où l'aube ne sait naître

Que pour s'éteindre, et tout l'ensemble de cet être

Était on ne sait quoi d'âpre, de bégayant,

Et d'obscur, d'où sortait un reproche effrayant ;

La ville avec ses tours, ses temples et ses bouges,

Devant son front hagard et ses prunelles rouges

S'étalait, vision inutile, et jamais

Elle n'avait daigné remarquer ces sommets

Qu'on nomme Panthéon, Étoile, Notre-Dame ;

On eût dit que sur terre elle n'avait plus d'âme,

Qu'elle ignorait nos voix, qu'elle était de la nuit

Ayant la forme humaine et marchant dans ce bruit ;

Et rien n'était plus noir que ce petit fantôme.

La quantité d'enfer qui tient dans un atome

Étonne le penseur, et je considérais

Cette larve, pareille aux lueurs des forêts,

Blême, désespérée avant même de vivre,

Qui, sans pleurs et sans cris, d'ombre et de terreur ivre,

Rêvait et s'en allait, les pieds dans le ruisseau,

Némésis de cinq ans, Méduse du berceau.

Trêve à toutes ces vaines choses ! Vous êtes dans l'ombre, sortons. Sans vous brouiller avec les roses, Évadez-vous des Jeannetons.

Enfuyez-vous de ces drôlesses. Derrière ces bonheurs changeants Se dressent de pâles vieillesses Qui menacent les jeunes gens.

Crains Manon qui te tend son verre ; Crains le grenier où l'on est bien. Perse, à l'alcôve de Néère, Préférait l'autan libyen.

Ami, ta vie est mansardée, À ce petit ciel bas, plafond De la volupté sans idée, Les âmes se heurtent le front.

Le temps déforme la jeunesse Comme un vieux décor d'opéra. Gare à vous ! c'est par l'ivrognesse Que la bacchante finira.

L'églogue serait indignée, Dans vos noirs galetas sans jour, De voir des toiles d'araignée Au bout des ailes de l'amour.

Le houx sacré, frère du lierre, Que cueillait Plaute au fond des bois, À Margoton trop familière Eût dans l'ombre piqué les doigts.

L'antique muse tiburtine Baisait les fleurs, le jasmin pur, Le lys, et n'était libertine Qu'avec les rayons, dans l'azur.

Vous avez autre chose à faire Que d'engloutir votre raison Dans la chanson qu'Anna préfère Et dans le vin que boit Suzon.

Il est temps d'avoir d'autres fièvres Que de voir se coiffer, le soir, Lise, une épingle entre les lèvres, Éblouissement d'un miroir.

Frère, l'heure folle est passée. Debout, frère ! il est peu séant D'attarder l'œil de sa pensée À la figure du néant.

Laisse là Fanchon et Fanchette ! Fermons les jours faux et charmants. L'honneur d'être un homme s'achète Par ces graves renoncements.

Les amourettes énervantes Fatiguent, sans les émouvoir, Les âmes, ces grandes servantes De la justice et du devoir.

Viens aux champs ! les champs sont sévères Et pensifs plus que tu ne crois ; Les monts font songer aux calvaires, Les arbres font songer aux croix.

Oublions les soupers, les veilles, Le vin, le brelan, l'écarté ! Viens noyer ton cœur aux merveilles De l'immense sérénité !

Fuyez ; prenez votre volée. Un peu plus et nous traînerons Notre rauque idylle éculée Dans le ruisseau des Porcherons.

Ouvrez les ailes de vos âmes ; Enfoncez le toit s'il le faut, Les révélations, les flammes, Et les ouragans sont là-haut.

Levez vos cœurs, levez vos têtes. Allez où l'on a sur le front Le vaste espace, les tempêtes, Les étoiles, et pas d'affront.

Vous êtes faits comme les lyres, Et pleins d'altiers frémissements ; De profonds et vagues sourires Vous appellent aux firmaments.

Viens, nous lirons les livres sombres Des penseurs et des combattants, Pendant que Dieu fera des ombres Et des clartés dans le printemps.

Nous scruterons les maux, les guerres, Et le creux fatal qu'a laissé Le pied tragique de nos pères Dans l'âpre fange du passé.

Nous examinerons les songes, L'autel, les korans, les clergés, Les spectres mêlés aux mensonges, Les dieux mêlés aux préjugés.

Molière, au fourbe ôtant sa guimpe, Mina Bossuet comme il put ; Pascal frappa ; Swift à l'Olympe Offrit ce miroir, Lilliput.

Nous regarderons sur la terre Ce tas d'erreurs que Beaumarchais Rabelais, Diderot, Voltaire, Ont remué de leurs crochets.

Nous saluerons ces Diogènes De la raison et du bon sens ; Nous entendrons tomber les chaînes Derrière ces divins passants.

Ô France, grâce à ces sceptiques, Tu voyais le fond ; tu trouvais Des ordures sous les portiques Et sous les dogmes des forfaits.

Ces puissants balayeurs d'étable Ont fait un lion d'un baudet ; Dans leur cynisme redoutable Un tonnerre profond grondait.

Sur l'homme dans l'ignominie Ils jetaient leur rude gaîté, Sachant que c'est à l'ironie Que commence la liberté.

Dieu fait précéder, quand il change En victime, hélas, le bourreau, L'effrayant glaive de l'archange Par le rasoir de Figaro.

La comédie amère et saine Fait entrer Méduse en sortant ; Quand Beaumarchais est sur la scène Danton dans la coulisse attend.

Les railleurs sous leur joug lugubre Consolent les âges de fer ; Leur éclat de rire salubre Déconcerte l'antique enfer.

Ils ont fait l'interrogatoire Farouche, à travers le bâillon, Des religions par l'histoire, De la pourpre par le haillon.

Durs au bigot, fatals au cuistre, Ils promènent à petit bruit Une lueur gaie et sinistre Dans le grand bagne de la nuit.

Escobar est le chat qui rôde Et fuit, mais Voltaire est le lynx. Ils font, sans pitié pour la fraude, Rire la Gaule au nez du sphinx.

Ces douteurs ont frayé nos routes, Et sont si grands sous le ciel bleu Qu'à cette heure, grâce à leurs doutes On peut enfin affirmer Dieu !

Leur rouge lanterne nous mène. Ces contemplateurs du pavé, En fouillant la guenille humaine, Cherchaient le peuple, et l'ont trouvé.

Ils ont, dans la nuit où nous sommes, Retrouvé la raison, les droits, L'égalité volée aux hommes, En vidant les poches des rois.

Ils ont fait, moqueurs nécessaires, Et plus exacts que Mézeray, De la torsion des misères Tomber goutte à goutte le vrai.

Ils ont nié la vieille bible ; Ces guérisseurs, ces factieux Ont fait cette chose terrible : L'ouverture de tous les yeux.

Ils ont, sur la cime vermeille, Montré l'aurore au genre humain ; Ils ont été la grande veille Du formidable lendemain.

La révolution française C'est le salut, d'horreur mêlé. De la tête de Louis seize, Hélas ! la lumière a coulé.

III SULTAN MOURAD

I

Mourad, fils du sultan Bajazet, fut un homme

Glorieux, plus qu’aucun des Tibères de Rome ;

Dans son sérail veillaient des lions accroupis,

Et Mourad en couvrit de meurtres les tapis ;

On y voyait blanchir des os entre les dalles ;

Un long fleuve de sang de dessous ses sandales

Sortait, et s’épandait sur la terre, inondant

L’Orient, et fumant dans l’ombre à l’Occident ;

Il fit un tel carnage avec son cimeterre

Que son cheval semblait au monde une panthère ;

Sous lui Smyrne et Tunis, qui regretta ses beys,

Furent comme des corps qui pendent aux gibets ;

Il fut sublime ; il prit, mêlant la force aux ruses,

Le Caucase aux Kirghis et le Liban aux Druses ;

Il fit, après l’assaut, pendre les magistrats

D’Éphèse, rouer vifs les prêtres de Patras ;

Grâce à Mourad, suivi des victoires rampantes,

Le vautour essuyait son bec fauve aux charpentes

Du temple de Thésée encor pleines de clous ;

Grâce à lui, l’on voyait dans Athènes des loups,

Et la ronce couvrait de sa verte tunique

Tous ces vieux pans de murs écroulés, Salonique,

Corinthe, Argos, Varna, Tyr, Didymotichos,

Où l’on n’entendait plus parler que les échos ;

Mourad fut saint ; il fit étrangler ses huit frères ;

Comme les deux derniers, petits, cherchaient leurs mères

Et s’enfuyaient, avant de les faire mourir,

Tout autour de la chambre il les laissa courir ;

Mourad, parmi la foule invitée à ses fêtes,

Passait, le cangiar à la main, et les têtes

S’envolaient de son sabre ainsi que des oiseaux ;

Mourad, qui ruina Delphe, Ancyre et Naxos,

Comme on cueille un fruit mûr, tuait une province ;

Il anéantissait le peuple avec le prince,

Les temples et les dieux, les rois et les donjons ;

L’eau n’a pas plus d’essaims d’insectes dans ses joncs

Qu’il n’avait de rois morts et de spectres épiques

Volant autour de lui dans les forêts de piques ;

Mourad, fils étoilé des sultans triomphants,

Ouvrit, l’un après l’autre et vivants, douze enfants

Pour trouver dans leur ventre une pomme volée ;

Mourad fut magnanime ; il détruisit Élée,

Mégare et Famagouste avec l’aide d’Allah ;

Il effaça de terre Agrigente ; il brûla

Fiume et Rhode, voulant avoir des femmes blanches ;

Il fit scier son oncle Achmet entre deux planches,

De cèdre, afin de faire honneur à ce vieillard ;

Mourad fut sage et fort ; son père mourut tard,

Mourad l’aida ; ce père avait laissé vingt femmes,

Filles d’Europe ayant dans leurs regards des âmes,

Ou filles de Tiflis au sein blanc, au teint clair ;

Sultan Mourad jeta ces femmes à la mer

Dans des sacs convulsifs que la houle profonde

Emporta, se tordant confusément sous l’onde ;

Mourad les fit noyer toutes ; ce fut sa loi ;

Et, quand quelque santon lui demandait pourquoi,

Il donnait pour raison : « C’est qu’elles étaient grosses. »

D’Aden et d’Erzeroum il fit de larges fosses,

Un charnier de Modon vaincue, et trois amas

De cadavres d’Alep, de Brousse et de Damas ;

Un jour, tirant de l’arc, il prit son fils pour cible,

Et le tua ; Mourad sultan fut invincible :

Vlad, boyard de Tarvis, appelé Belzébuth,

Refuse de payer au sultan le tribut,

Prend l’ambassade turque et la fait périr toute

Sur trente pals, plantés aux deux bords d’une route ;

Mourad accourt, brûlant moissons, granges, greniers ;

Bat le boyard, lui fait vingt mille prisonniers,

Puis, autour de l’immense et noir champ de bataille,

Bâtit un large mur tout en pierre de taille,

Et fait dans les créneaux, pleins d’affreux cris plaintifs,

Maçonner et murer les vingt mille captifs,

Laissant des trous par où l’on voit leurs yeux dans l’ombre ;

Et part, après avoir écrit sur le mur sombre :

« Mourad, tailleur de pierre, à Vlad, planteur de pieux. »

Mourad était croyant, Mourad était pieux ;

Il brûla cent couvents de chrétiens en Eubée,

Où par hasard sa foudre était un jour tombée ;

Mourad fut quarante ans l’éclatant meurtrier

Sabrant le monde, ayant Dieu sous son étrier ;

Il eut le Rhamseïon et le Généralife ;

Il fut le padischah, l’empereur, le calife,

Et les prêtres disaient : « Allah ! Mourad est grand. »

II

Législateur horrible et pire conquérant,

N’ayant autour de lui que des troupeaux infâmes,

De la foule, de l’homme en poussière, des âmes

D’où des langues sortaient pour lui lécher les pieds,

Loué pour ses forfaits toujours inexpiés,

Flatté par ses vaincus et baisé par ses proies,

Il vivait dans l’encens, dans l’orgueil, dans les joies,

Avec l’immense ennui du méchant adoré.

Il était le faucheur, la terre était le pré.

III

Un jour, comme il passait à pied dans une rue

À Bagdad, tête auguste au vil peuple apparue,

À l’heure où les maisons, les arbres et les blés

Jettent sur les chemins de soleil accablés

Leur frange d’ombre au bord d’un tapis de lumière,

Il vit, à quelques pas du seuil d’une chaumière,

Gisant à terre, un porc fétide qu’un boucher

Venait de saigner vif avant de l’écorcher ;

Cette bête râlait devant cette masure ;

Son cou s’ouvrait, béant d’une affreuse blessure ;

Le soleil de midi brûlait l’agonisant ;

Dans la plaie implacable et sombre dont le sang

Faisait un lac fumant à la porte du bouge,

Chacun de ses rayons entrait comme un fer rouge ;

Comme s’ils accouraient à l’appel du soleil,

Cent moustiques suçaient la plaie au bord vermeil ;

Comme autour de leur nid voltigent les colombes,

Ils allaient et venaient, parasites des tombes,

Les pattes dans le sang, l’aile dans le rayon ;

Car la mort, l’agonie et la corruption,

Sont ici-bas le seul mystérieux désastre

Où la mouche travaille en même temps que l’astre ;

Le porc ne pouvait faire un mouvement, livré

Au féroce soleil, des mouches dévoré ;

On voyait tressaillir l’effroyable coupure ;

Tous les passants fuyaient loin de la bête impure ;

Qui donc eût eu pitié de ce malheur hideux ?

Le porc et le sultan étaient seuls tous les deux ;

L’un torturé, mourant, maudit, infect, immonde ;

L’autre empereur, puissant, vainqueur, maître du monde,

Triomphant aussi haut que l’homme peut monter,

Comme si le destin eût voulu confronter

Les deux extrémités sinistres des ténèbres.

Le porc, dont un frisson agitait les vertèbres,

Râlait, triste, épuisé, morne ; et le padischah

De cet être difforme et sanglant s’approcha,

Comme on s’arrête au bord d’un gouffre qui se creuse ;

Mourad pencha son front vers la bête lépreuse,

Puis la poussa du pied dans l’ombre du chemin,

Et de ce même geste énorme et surhumain

Dont il chassait les rois, Mourad chassa les mouches.

Le porc mourant rouvrit ses paupières farouches,

Regarda d’un regard ineffable, un moment,

L’homme qui l’assistait dans son accablement ;

Puis son œil se perdit dans l’immense mystère ;

Il expira.

IV

Il expira. Le jour où ceci sur la terre

S’accomplissait, voici ce que voyait le ciel :

C’était dans l’endroit calme, apaisé, solennel,

Où luit l’astre idéal sous l’idéal nuage,

Au delà de la vie, et de l’heure, et de l’âge,

Hors de ce qu’on appelle espace, et des contours

Des songes qu’ici-bas nous nommons nuits et jours ;

Lieu d’évidence où l’âme enfin peut voir les causes,

Où, voyant le revers inattendu des choses,

On comprend, et l’on dit : « C’est bien ! » l’autre côté

De la chimère sombre étant la vérité ;

Lieu blanc, chaste, où le mal s’évanouit et sombre.

L’étoile en cet azur semble une goutte d’ombre.

Ce qui rayonne là, ce n’est pas un vain jour

Qui naît et meurt, riant et pleurant tour à tour,

Jaillissant, puis rentrant dans la noirceur première ;

Et, comme notre aurore, un sanglot de lumière ;

C’est un grand jour divin, regardé dans les cieux

Par les soleils, comme est le nôtre par les yeux ;

Jour pur, expliquant tout, quoiqu’il soit le problème ;

Jour qui terrifierait, s’il n’était l’espoir même,

De toute l’étendue éclairant l’épaisseur,

Foudre par l’épouvante, aube par la douceur.

Là, toutes les beautés tonnent épanouies ;

Là frissonnent en paix les lueurs inouïes ;

Là, les ressuscités ouvrent leur œil béni

Au resplendissement de l’éclair infini ;

Là, les vastes rayons passent comme des ondes.

C’était sur le sommet du Sinaï des mondes ;

C’était là.

C’était là. Le nuage auguste, par moments,

Se fendait, et jetait des éblouissements.

Toute la profondeur entourait cette cime.

On distinguait, avec un tremblement sublime,

Quelqu’un d’inexprimable au fond de la clarté.

Et tout frémissait, tout, l’aube et l’obscurité,

Les anges, les soleils, et les êtres suprêmes,

Devant un vague front couvert de diadèmes.

Dieu méditait.

Dieu méditait. Celui qui crée et qui sourit,

Celui qu’en bégayant nous appelons Esprit,

Bonté, Force, Équité, Perfection, Sagesse,

Regarde devant lui, toujours, sans fin, sans cesse,

Fuir les siècles ainsi que des mouches d’été.

Car il est éternel avec tranquillité.

Et dans l’ombre hurlait tout un gouffre : la terre.

En bas, sous une brume épaisse, cette sphère

Rampait, monde lugubre où les pâles humains

Passaient et s’écroulaient et se tordaient les mains ;

On apercevait l’Inde et le Nil, des mêlées

D’exterminations et de villes brûlées,

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