Les Misérables (page 40)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Misérables (1908) · 163 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

En passant il revit les deux figures muettes qui faisaient sentinelle aux deux bouts des ruelles du Puits-qui-parle et du Pot-de-Fer, et il entrevoyait le troisième qui fermait l’issue de la rue des Postes, et qui se détachait en noir sur le pavé blanc du carrefour inondé de clair de lune. Avancer, c’était se jeter dans Javert. Il se sentait pris comme dans un filet qui se resserrait lentement.

Ici finit la différence de texte. Victor Hugo a choisi dans le quartier Saint-Antoine le labyrinthe de rues ayant à peu près la même configuration que celui du quartier Sainte-Geneviève, deux rues en Y, un mur bas bordant une bâtisse, l’impasse des Vignes devient l’impasse Genrot, et la poursuite, avec ses péripéties, se répète avec quelques noms changés.

Feuillet 537, verso. — En marge, petit plan des rues avoisinant le couvent Sainte-Geneviève.

Feuillet 538. — V. Qui serait impossible avec l’éclairage au gaz.

Les dernières lignes du feuillet sont rayées ; elles se rapportent au détail supprimé au livre précédent :

Il n’y avait plus qu’une chose possible. Il la tenta. La difficulté était Cosette. Heureusement il se souvint tout à coup qu’il avait une corde sur lui, cette corde qui avait éveillé l’attention de la vieille principale locataire du n° 50-52.

En marge du feuillet suivant, Victor Hugo remplace ces lignes par un nouvel incident.

Une note au crayon, presque illisible aujourd’hui, montre les objections que Victor Hugo se posait à lui-même en travaillant :

Expliquer pourquoi Javert ne l’a pas arrêté dans la rue.

Les arrestations arbitraires dénoncées par les journaux rendaient la police assez timide et les agents craignaient d’arrêter des légitimistes ou de se tromper.

Cette note a été développée à la fin du chapitre x.

Feuillets 543, verso, et 54.4. — X. Où il est expliqué comment Javert a fait buisson creux.

Il y a de nombreuses lacunes dans le manuscrit de 1847 ; les ajoutés et les corrections ont été faits à la suite des dix feuillets originaux, sur la copie qui est à la fin du manuscrit.

LIVRE VI. — LE PETIT PICPUS.

Nous avons donné deux des notes du livre VI, en voici trois autres en marge de la première page du livre :

Conserver le manuscrit tel qu’il est, et dans le cas où, vu le régime actuel (1860), je jugerais nécessaire de dépayser le couvent, ne faire cette altération que sur la copie. (En cas de dépaysement, transférer le couvent rue de Lourcine ou de l’Arbalète.)

Peut-être pour tout dépaysement suffirait-il de mettre le n°… de la rue *** au lieu de : le no 12 de la rue Neuve-Sainte-Geneviève.

2 janvier 1862. En faisant la révision définitive, je me décide à tout mettre à l’imparfait et au prétérit sur la copie, mais je laisse le manuscrit tel qu’il est.

Il faudra donc nous reporter encore à la fin du manuscrit pour trouver sur la copie le texte définitif revu et corrigé par Victor Hugo ; cette copie ne commence qu’au chapitre ii ; pour le chapitre premier, seuls les noms de rues ont été changés. Quand la version primitive nous semblera intéressante, nous la citerons.

Le livre VI n’a pas de divisions sur le manuscrit.

Feuillet 549, versa. — II. L’Obédience de Martin Verga.

Le chapitre commençait par ces lignes :

Ce couvent, qui existe depuis de longues années déjà rue Neuve-Sainte-Gcneviève, est une communauté de bénédictines.

Après la règle des carmélites… la règle la plus dure est celle des bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.

Voilà donc la communauté que Victor Hugo avait d’abord voulu présenter au lecteur. Changeant le couvent, il avait nécessairement changé l’ordre et avait, comme pour le quartier, choisi celui qui lui offrait le plus de similitudes. Entre les deux alinéas cités plus haut est venue s’intercaler la généalogie des bernardines.

Le feuillet 550, entièrement biffé, contient le premier texte résumé.

Feuillet 554. — IV. Gaietés.

En marge, deux ajoutés importants, datant de Guernesey, le premier comprenant tout l’alinéa commençant par :

À de certaines heures l’enfance étincelait dans ce cloître ;

Le deuxième citant des mots d’enfants.

Au bas du feuillet, un fragment de papier donne la confession écrite d’une petite fille, le conte des petits coqs et le « poëme de Polichinelle ».

Feuillet 556. — V. Distractions.

Toute la Patenôtre blanche est copiée ; l’original n’est pas dans le manuscrit.

Feuillet 558. — On a relié avec le manuscrit un fragment du journal de la pensionnaire qui avait fourni à Victor Hugo les renseignements sur le couvent ; ce fragment a trait au réfectoire.

Feuillet 562. — VII. Quelques silhouettes de cette ombre.

Tous les noms des religieuses ont été changés et remplacés par ceux de la communauté des bernardines ; la prieure était madame de Bèze, la sous-prieure mère Saint-Basile, etc.

Ces modifications, à partir de ce feuillet jusqu’à la fin du livre, datent de 1861. La note de travail que nous avons déjà citée page 570 nous l’apprend :

Ce même jour 11 mars je donne à copier la suite du manuscrit à partir de la feuille J4 jusqu’à la feuille N4 octiès inclusivement. Douze feuilles.

Nous reparlerons de la feuille N4.

La feuille J4 porte actuellement le chiffre 562.

Feuillet 563. — VIII. Post corda lapides.

Nous revenons ici à la description topographique du couvent ; la première version s’accorde assez bien avec la dernière et, à part les noms change’s, le texte est à peu près identique. À la fin du chapitre même, le texte ancien s’adapte merveilleusement :

La rue du Pot-de-Fer s’est appelée la rue de Bon-quitte, la rue du Puits-qui-parle s’est appelée la rue des Rosiers, car Dieu ouvrait les fleurs avant que l’homme taillât les pierres. Il n’y a pas deux siècles que la rue des Irlandais s’appelait la rue du Cheval-Vert.

Feuillet 566. — XI. Fin du Petit Picpus.

Modification de date à la révision. Voici le texte primitif avec le texte définitif en variantes.

En 1845, il se fait faisait encore çà et là quelques sœurs converses Il y a vingt quarante ans, les religieuses étaient près de cent, à l’heure qu’il est il y a quinze ans, elles ne sont n’étaient plus que vingt-huit. Combien sont-elles aujourd’hui ?

En 1847 la prieure est était jeune, signe que le cercle du choix se restreint. La prieure n’a même pas Elle n’avait pas quarante ans.

Le bas et le verso du feuillet sont raturés ; une note au verso donne cette indication ;

Ne pas tenir compte de la rature. Ceci est conservé.

Conservé, oui, mais déplacé ; on retrouve ces passages recopiés en différents endroits du livre suivant.

LIVRE VII. — PARENTHÈSE.

Le livre entier, moins les passages rayés à la fin du livre précédent, a été écrit en 1861.

Feuillet 569. — II. Le Couvent, fait historique.

Note biffée en tête de ce feuillet qui devait d’abord être en tête du livre :

Les pages qui peuvent être reprises pour Prière sont marquées d’une ✗.

Le premier paragraphe est rayé, le voici :

Nous avons quelque chose à dire.

Mais, avant tout, et pour écarter absolument toute équivoque, commençons par renouveler ici, en très peu de mots, une déclaration qu’à propos des établissements ascétiques l’auteur de ce livre a déjà faite ailleurs, plusieurs fois. Feuillet 573, verso. — Brouillon biffé d’un passage du livre VIII, relatif à Jean Valjean et à Fauchelevent. Nous reparlerons, au chapitre correspondant, de ce brouillon qui diffère sensiblement de la version adoptée.

Feuillet 581. — V. La Prière.

Après les trois premières lignes le texte est écrit sur un papier blanc coupé et collé sur le feuillet bleu.

Au verso, ancien titre du livre précédent : Le Couvent ; notes rayées. La seconde indique que le livre VII, Parenthèse, n’a été écrit qu’après la révision faite en 1860 :

Beaucoup de choses à faire. Entre autres la grande Parenthèse (la Prière). Revoir. Remanier ou retoucher çà et là.

Feuillet 583. — Un ajouté marginal commençant par : Quant au mode de prier, tous sont bons. Cet ajouté a été biffé et reporté à la fin du chapitre suivant.

Feuillet 584, verso. — Brouillon biffé qui résumait le chapitre iii en le fondant avec le chapitre ii.

Voici cette page :

Ces murs qui suintent, quels déclamateurs !

Toutefois, à propos de la maison dont nous venons de parler, évoquer ces mornes fantômes du passé, ce serait injuste. Évoquons-les en toute autre occasion. Ces fantômes, tout fantômes qu’ils sont, sont plus vivants peut-être qu’on ne croit, et il faut les attaquer, et il faut les prendre corps à corps ; car c’est une des fatalités de l’humanité d’être condamnée à l’éternel combat des fantômes. L’ombre est difficile à tuer. Faisons donc cette guerre et faisons-la sans trêve.

Mais distinguons. Ne crions point les paroles de destruction et de ruine. Il y a ce qu’il faut détruire, et il y a ce qu’il faut simplement éclairer et regarder.

L’examen bienveillant et grave, quelle force !

N’apportons point la flamme là où la lumière suffit. Un couvent en France au dix-neuvième siècle est un anachronisme. Pour dissoudre un anachronisme et le faire évanouir, il n’est besoin de rien de plus que de lui faire épeler le millésime.

Feuillet 585. — VII. Précautions à prendre dans le blâme.

Tout ce chapitre a été très remanié, chaque alinéa interverti est marqué d’un numéro.

LIVRE VIII. LES CIMETIÈRES PRENNENT CE QU’ON LEUR DONNE.

Tout ce livre a été remanié et considérablement augmenté en 1860-1862. Seul le dernier chapitre a subsisté du texte de 1847.

Feuillet 595. — I. Où il est traité de la manière d’entrer au couvent.

En marge, un important développement sur le caractère de Fauchelevent à partir de ces mots : Nous venons de le qualifier pauvre paysan picard.

Feuillet 609. — III. Mère Innocente.

Ce feuillet a été ajouté après coup ; il contient le quiproquo entre la prieure et Fauchelevent sur l’exclamation de celui-ci : Plus souvent !

Au même chapitre, les deux feuillets 615-616 remplis par la longue dissertation de Mère Innocente ont été intercalés entre les feuillets 614 et 617.

Feuillet 621. — IV. Où Jean Valjean a tout à fait l’air d’avoir lu Austin Castillejo.

Dans ce chapitre, très développé à Guernesey, c’est Jean Valjean qui a l’idée de sortir du couvent dans la bière ; il existe une autre version dont nous ne possédons malheureusement que deux feuillets séparés sur trois ; ces trois feuillets se reliaient à un brouillon écrit au verso du feuillet 573, nous avons déjà parlé de ce brouillon ; voici le texte de cette version ; une ligne de points remplacera le feuillet manquant :

[Des enjambées de boiteux sont comme des œillades de borgne ; elles n’arrivent pas vite au but.] Pourtant il ne fallut pas plus de six ou sept minutes à Fauchelevent pour revenir auprès de Jean Valjean.

Il aborda M. Madeleine avec cette grimace sagace et satisfaite qui résulte de la bouche pincée, des lèvres gonflées intérieurement, des deux jeux rapetisses par un clignement qui fait rire la patte d’oie, et de l’index de la main droite exécutant un trémolo devant le nez.

Après cette grimace qui signifiait : réussite, il commença en ces termes :

— Après ça, il y a une chose, c’est que le fossoyeur est un ivrogne. Ça, c’est pour nous. On le ferait boire. Maintenant, avez-vous peur de quatre planches de sapin ?

Jean Valjean ouvrit les yeux et regarda Fauchelevent.

— Vous comprenez ? dit Fauchelevent.

— Non.

— C’est pourtant simple.

Il n’est eau si trouble qui ne se filtre et si confuse explication qui ne se précise. Tout se débrouilla, non sans peine. Quand Fauchelevent eut jeté le trop-plein de son idée et de sa satisfaction, il devint intelligible. Il consentit à commencer par le commencement, et Jean Valjean, à force d’attention et de patience, et en saisissant ses paroles brin à brin, comprit ceci : une religieuse, très vénérée, était morte. Elle avait demandé à être ensevelie dans le cercueil qui lui servait de lit et à être enterrée dans le caveau du couvent sous l’autel, chose expressément défendue par les règlements de police. Les mères vocales avaient décidé qu’en dépit « du gouvernement », le vœu de la morte serait exécuté. Fauchelevent ferait l’inhumation en secret dans le caveau de la chapelle, et, pour le récompenser, la communauté admettrait dans le couvent son frère en qualité de jardinier, et sa nièce en qualité de pensionnaire. Son frère, c’est-à-dire M. Madeleine ; sa nièce, c’est-à-dire Cosette. Le lendemain, M. Madeleine et Cosette entreraient dans le couvent. Mais avant d’y entrer, il fallait en sortir ? Comment ferait-on ? Ce problème-là aussi était résolu. Fauchelevent emporterait Cosette dans sa hotte et sous sa bâche chez sa fruitière qui la garderait le temps qu’il faudrait. Il ferait cela la nuit, et tirerait Cosette de sa hotte dans le coin le plus désert de la rue des… ........................

Jean Valjean, si sérieuse que fût la conjoncture, ne put s’empêcher d’admirer ce plan, conçu par un naïf paysan et digne d’un vieux galérien. Quant à lui, comme tout misérable sujet aux évasions, il avait traversé de pires détroits. Se faire clouer et emporter dans une caisse comme un colis, vivre longtemps dans une boîte, trouver de l’air où il n’y en a pas, économiser sa respiration des heures entières, savoir étouffer sans mourir, c’était là un des sombres talents de Jean Valjean.

Fauchelevent, heureux comme un auteur, se frottait les mains.

— Soyez tranquille, monsieur Madeleine. C’est moi qui cloue la bière, je ménagerai des jours ; je ne serrerai pas les planches, et vous respirerez. Seulement ne remuez pas quand on vous portera. Quant à la petite, je la déposerai chez cette vieille bonne amie de fruitière que j’ai, et je lui dirai de me garder ma nièce jusqu’à demain. La vieille fruitière est pas mal sourde et vit toute seule. Il n’y aurait qu’un danger, le fossoyeur. Mais je fais joujou avec le vieux Mestienne. Je fais ce que je veux dans ce cimetière-là. Le fossoyeur met les morts dans la fosse et moi je mets le fossoyeur dans ma poche. Tout ira bien.

Feuillet 663, recto et verso. Contient la première version très résumée et très simplifiée de tout le livre VIII. Ces deux pages de texte suivaient, avant l’intercalation du livre VII, Parenthèse, la description du couvent. Nous les donnons intégralement afin que le lecteur puisse suivre l’évolution de la pensée de Victor Hugo, de 1847 à 1862 :

C’est dans cette maison que Jean Valjean était, comme avait dit Fauchelevent, « tombé du ciel ». Il avait franchi le mur du jardin qui fait l’angle de la rue des Postes. Cet hymne des anges qu’il avait entendu au milieu de la nuit, c’étaient les religieuses chantant matines. Cette salle qu’il avait entrevue dans l’obscurité, c’était la chapelle ; ce fantôme qu’il avait vu étendu à terre, c’était la sœur faisant « la réparation » ; ce grelot dont le bruit l’avait si étrangement surpris, c’était le grelot du jardinier attaché au genou du père Fauchelevent.

Ce père Fauchelevent était un vieux qui toute sa vie avait été égoïste et qui, à la fin de ses jours, boiteux et infirme, n’ayant plus aucun intérêt au monde, trouvant une généreuse action à faire, se jeta dessus comme un homme qui, au moment de mourir, rencontrerait sous sa main un verre d’un bon vin dont il n’aurait jamais goûté et le boirait avidement. On peut ajouter que l’air qu’il respirait depuis plusieurs années déjà dans ce couvent avait détruit la personnalité en lui et avait fini par lui rendre nécessaire une bonne action quelconque. Le père Fauchelevent n’adressa pas une question à Jean Valjean. La reconnaissance le fit inventif. Il fut admirable.

Or, pour un malheureux dans la position de Jean Valjean, ce couvent était à la fois le lieu le plus dangereux et le plus sûr. Le plus dangereux, car aucun homme ne pouvait y pénétrer, et à plus forte raison y demeurer. Le plus sûr, car si l’on parvenait à y demeurer, qui viendrait vous chercher là ? Mais comment s’y faire admettre ? Problème sérieux. Le père Fauchelevent l’aborda de front. En trois jours, ce pauvre paysan picard, sans autre échelle que son dévouement, sa bonne volonté, et un peu de cette vieille finesse campagnarde mise cette fois au service d’une action honnête, tourna, gravit et surmonta les impossibilités du cloître et les rudes escarpements de la règle de saint-Benoît. Il dit à Jean Valjean, qu’il ne connaissait toujours que sous le nom de M. Madeleine : laissez-moi faire. Il commença par lui recommander de ne point sortir pendant le jour de la baraque qu’il habitait, laquelle avait du moins cet avantage que, comme elle était au fond du jardin, dans un pli du mur derrière la ruine, et que les religieuses n’en approchaient jamais, Jean Valjean, que personne n’avait vu entrer dans le couvent, aurait pu y rester caché six mois sans qu’on s’en doutât. Puis le vieux jardinier demanda à parler à madame la prieure. Fauchelevent avait réussi dans la communauté. Il était régulier et silencieux et ne sortait que fort rarement, et seulement pour les nécessités démontrées du verger ou du potager. Tout cela lui était compté, et les mères vocales avaient confiance en lui. Il parla à madame la prieure de ses infirmités, de son grand âge, et qu’il avait un frère point jeune qui, si on le voulait bien, pourrait venir loger avec lui et l’aider, et que ce frère avait une petite fille qui s’élèverait en Dieu dans la maison, et, qui sait ? ferait une religieuse un jour ; qu’autrement, si l’on n’admettait point son frère et sa nièce, se sentant trop cassé et trop faible pour la besogne, lui Fauchelevent, il serait obligé de s’en aller. On tenait à lui. La prieure et les mères s’assemblèrent en conseil. Bref, un soir, Jean Valjean, grâce à une petite porte qu’on voit de la rue, qui est au fond de la cour à droite et qui communique au jardin, sortit avec Cosette pendant que Fauchelevent occupait l’attention du portier, puis rentra presque tout de suite et Rit introduit officiellement dans le parloir par le portier qui, comme dit le vieux paysan jardinier, « n’y vit que du bleu ». La prieure, qui était cette excellente madame de Bèze, mère Sainte-Marie, questionna Jean Valjean et Cosette. Une heure après, Jean Valjean était régulièrement installé, comme aide-jardinier, dans la baraque de Fauchelevent et avait au genou la genouillère de cuir et le grelot.

Ici le texte rejoint le chapitre x : Clôture, écrit en 1847 et maintenu intégralement.

TROISIÈME PARTIE. — MARIUS.

Cette troisième partie a surtout été écrite en 1861, puisque, sur 221 feuillets, 41 seulement datent de 1847 ; il est vrai qu’ils comptent double, étant remplis des deux côtés ; ils sont chiffrés alphabétiquement depuis N4 jusqu’à M5 bis.

LIVRE PREMIER. — PARIS ÉTUDIÉ DANS SON ATOME.

(Autre titre, lisible sous la surcharge : Gavroche.)

Ce livre, dans le manuscrit de 1847, ne devait former qu’un chapitre se reliant au livre précédent Le couvent ; ce chapitre présentait brièvement Gavroche au lecteur et ne comportait que deux pages, numérotées actuellement 669 et 692.

Victor Hugo, en 1861, a chiffré N4 la page 669 écrite en 1847 et commençant le portrait du gamin de Paris, puis il a intercalé entre le 669 et le 692 huit doubles pages chiffrées N4 bis, N4 ter, etc., jusqu’à N4 octiès. Rappelons à ce propos la note de travail citée page 576. Elle nous apprenait que, le 11 mars 1861, « le manuscrit, à partir de la feuille J4 jusqu’à la feuille N4 octiès inclusivement », était prêt pour la copie. Or la feuille J4 fait partie du livre VI : Le couvent ; la seconde feuille N4 octiès contient la fin du portrait de Gavroche jusqu’à : Disons ce que c’était que monsieur Marius. Toutes deux, avant les remaniements, appartenaient au livre VI de la deuxième partie.

Feuillet 669. — I. Parvulus.

Les cinq premières lignes sont biffées ; nombreux ajoutés ; l’un d’eux, fragment de papier collé au bas de la page, constitue le feuillet 670. — Le verso du feuillet 669 est complètement biffé ; le texte en a été utilisé dans les remaniements.

Feuillet 673. — III. Il est agréable.

Le premier des feuillets intercalés. Il se relie au texte de 1847 à ces mots :

…et planant. Il suffit qu’il soit là.

Tous les feuillets écrits en 1861 ont été eux-mêmes très remaniés ; quelques-uns sont couverts de ratures, d’ajoutés et de béquets collés dans tous les sens.

Feuillet 676. — VII. Le gamin aurait sa place dans les classifications de l’Inde.

Brouillon à peine lisible que Victor Hugo ne s’est pas donné la peine de recopier. Il prend à ces mots : Être esprit fort est important.

Feuillet 692. — XIII. Le petit Gavroche.

Puisque c’est en tête de ce chapitre que le nom de Gavroche se lit pour la première fois, disons que ce nom n’était pas le premier qui s’était présenté sous la plume de l’auteur. Gavroche devait d’abord s’appeler Chavroche.

Une note de travail donne à Gavroche cette variante de nom : Grimebodin.

En marge de ce feuillet dont nous avons déjà parlé plus haut, cette note intéressante :

(Interrompu le 25 septembre (1847). — Mort de Soulié. — Voyage à Villequier. — Maladie de ma femme. — Repris le 20 octobre.)

Madame Victor Hugo avait été atteinte de la fièvre typhoïde.

Sous les ratures au bas de ce feuillet, on lit le premier nom de Marius : Thomas Telmau. Au verso, brouillon biffé du début du livre suivant.

LIVRE II. — LE GRAND BOURGEOIS.

(Autre titre : M. Gillenormand.)

Le livre II semble appartenir à plusieurs époques ; on y voit trois écritures différentes ; la plus ancienne n’est pourtant pas l’écriture menue de 1847, mais un changement de plume a pu suffire à la grossit ; elle ne remplit que deux feuillets recto et verso (696 et 700) et pourtant résument tout le livre ; le feuillet 702, dont nous avons reproduit un fragment en fac-similé, ressemble à l’écriture que nous avons attribuée, dans la première partie, à 1851 ; le reste du livre est de 1860-1862.

Une note de travail porte à la date du Ier octobre 1860 : Compléter Gillenormand.

Une autre remarque nous ferait supposer que les livres II et III n’en faisaient qu’un.

On se rappelle que le livre I : Paris Étudie dans son atome, finissait à la lettre N4 octiès ; les deux premiers feuillets du livre II ont été chiffrés à Guernesey O4, mais le livre III (Le grand-père et le petit-fils), écrit en 1847, commence également à la lettre O4 à laquelle on a ajouté à la révision, pour ne pas faire double emploi, le mot ter.

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