Réflexions ou sentences et maximes morales (page 4)
CCCXXXIX
Nous ne ressentons nos biens et nos maux qu’à proportion de notre amour-propre. (éd. 3.)
CCCXL
L’esprit de la plupart des femmes sert plus à fortifier leur folie que leur raison. (éd. 3.)
CCCXLI
Les passions de la jeunesse ne sont guère plus opposées au salut que la tiédeur des vieilles gens. (éd. 4*.)
CCCXLII
L’accent du pays où l’on est né demeure dans l’esprit et dans le cœur, comme dans le langage. (éd. 4*.)
CCCXLIII
Pour être un grand homme, il faut savoir profiter de toute sa fortune. (éd. 4.)
CCCXLIV
La plupart des hommes ont, comme les plantes, des propriétés cachées que le hasard fait découvrir. (éd. 4*.)
CCCXLV
Les occasions nous font connoître aux autres, et encore plus à nous-mêmes. (éd. 4*.)
CCCXLVI
Il ne peut y avoir de règle dans l’esprit ni dans le cœur des femmes, si le tempérament n’en est d’accord. (éd. 4.)
CCCXLVII
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis. (éd. 4*.)
CCCXLVIII
Quand on aime, on doute souvent de ce qu’on croit le plus. (éd. 4.)
CCCXLIX
Le plus grand miracle de l’amour, c’est de guérir de la coquetterie. (éd. 4.)
CCCL
Ce qui nous donne tant d’aigreur contre ceux qui nous font des finesses, c’est qu’ils croient être plus habiles que nous. (éd. 4.)
CCCLI
On a bien de la peine à rompre quand on ne s’aime plus. (éd. 4*.)
CCCLII
On s’ennuie presque toujours avec les gens avec qui il n’est pas permis de s’ennuyer. (éd. 4.)
CCCLIII
Un honnête homme peut être amoureux comme un fou, mais non pas comme un sot. (éd. 4*.)
CCCLIV
Il y a de certains défauts qui, bien mis en œuvre, brillent plus que la vertu même. (éd. 4*.)
CCCLV
On perd quelquefois des personnes qu’on regrette plus qu’on n’en est affligé ; et d’autres dont on est affligé, et qu’on ne regrette guère. (éd. 4.)
CCCLVI
Nous ne louons d’ordinaire de bon cœur que ceux qui nous admirent. (éd. 4.)
CCCLVII
Les petits esprits sont trop blessés de petites choses ; les grands esprits les voient toutes, et n’en sont point blessés. (éd. 4*.)
CCCLVIII
L’humilité est la véritable preuve des vertus chrétiennes : sans elle, nous conservons tous nos défauts, et ils sont seulement couverts par l’orgueil, qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes. (éd. 4*.)
CCCLIX
Les infidélités devroient éteindre l’amour, et il ne faudroit point être jaloux, quand on a sujet de l’être : il n’y a que les personnes qui évitent de donner de la jalousie qui soient dignes qu’on en ait pour elles. (éd. 4*.)
CCCLX
On se décrie beaucoup plus auprès de nous par les moindres infidélités qu’on nous fait, que par les plus grandes qu’on fait aux autres. (éd. 4.)
CCCLXI
La jalousie naît toujours avec l’amour, mais elle ne meurt pas toujours avec lui. (éd. 4.)
CCCLXII
La plupart des femmes ne pleurent pas tant la mort de leurs amants pour les avoir aimés, que pour paroître plus dignes d’être aimées. (éd. 4*.)
CCCLXIII
Les violences qu’on nous fait nous font souvent moins de peine que celles que nous nous faisons à nous-mêmes. (éd. 4*.)
CCCLXIV
On sait assez qu’il ne faut guère parler de sa femme, mais on ne sait pas assez qu’on devroit encore moins parler de soi. (éd. 4*.)
CCCLXV
Il y a de bonnes qualités qui dégénèrent en défauts quand elles sont naturelles, et d’autres qui ne sont jamais parfaites quand elles sont acquises : il faut, par exemple, que la raison nous fasse ménagers de notre bien et de notre confiance ; et il faut, au contraire, que la nature nous donne la bonté et la valeur. (éd. 4*.)
CCCLXVI
Quelque défiance que nous ayons de la sincérité de ceux qui nous parlent, nous croyons toujours qu’ils nous disent plus vrai qu’aux autres. (éd. 4*.)
CCCLXVII
Il y a peu d’honnêtes femmes qui ne soient lasses de leur métier. (éd. 4*.)
CCCLXVIII
La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu’on ne les cherche pas. (éd. 4.)
CCCLXIX
Les violences qu’on se fait pour s’empêcher d’aimer sont souvent plus cruelles que les rigueurs de ce qu’on aime. (éd. 4.)
CCCLXX
Il n’y a guère de poltrons qui connoissent toujours toute leur peur. (éd. 4.)
CCCLXXI
C’est presque toujours la faute de celui qui aime de ne pas connoître quand on cesse de l’aimer. (éd.éd. 4.)
CCCLXXII
La plupart des jeunes gens croient être naturels, lorsqu’ils ne sont que mal polis et grossiers. (éd. 5.)
CCCLXXIII
Il y a de certaines larmes qui nous trompent souvent nous-mêmes, après avoir trompé les autres. (éd. 4.)
CCCLXXIV
Si on croit aimer sa maîtresse pour l’amour d’elle, on est bien trompé. (éd. 4*.)
CCCLXXV
Les esprits médiocres condamnent d’ordinaire tout ce qui passe leur portée. (éd. 5.)
CCCLXXVI
L’envie est détruite par la véritable amitié, et la coquetterie par le véritable amour. (éd. 4.)
CCCLXXVII
Le plus grand défaut de la pénétration n’est pas de n’aller point jusqu’au but, c’est de le passer. (éd. 4*.)
CCCLXXVIII
On donne des conseils, mais on n’inspire point de conduite. (éd. 4*.)
CCCLXXIX
Quand notre mérite baisse, notre goût baisse aussi. (éd. 4*.)
CCCLXXX
La fortune fait paroître nos vertus et nos vices, comme la lumière fait paroître les objets. (éd. 4.)
CCCLXXXI
La violence qu’on se fait pour demeurer fidèle à ce qu’on aime ne vaut guère mieux qu’une infidélité. (éd. 4*.)
CCCLXXXII
Nos actions sont comme les bouts-rimés, que chacun fait rapporter à ce qu’il lui plaît. (éd. 4*.)
CCCLXXXIII
L’envie de parler de nous, et de faire voir nos défauts du côté que nous voulons bien les montrer, fait une grande partie de notre sincérité. (éd. 4.)
CCCLXXXIV
On ne devroit s’étonner que de pouvoir encore s’étonner. (éd. 4.)
CCCLXXXV
On est presque également difficile à contenter quand on a beaucoup d’amour, et quand on n’en a plus guère. (éd. 4.)
CCCLXXXVI
Il n’y a point de gens qui aient plus souvent tort que ceux qui ne peuvent souffrir d’en avoir. (éd. 4*.)
CCCLXXXVII
Un sot n’a pas assez d’étoffe pour être bon. (éd. 4*.)
CCCLXXXVIII
Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes. (éd. 4.)
CCCLXXXIX
Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c’est qu’elle blesse la nôtre. (éd. 4.)
CCCXC
On renonce plus aisément à son intérêt qu’à son goût. (éd. 4.)
CCCXCI
La fortune ne paroît jamais si aveugle qu’à ceux à qui elle ne fait pas de bien. (éd. 4*.)
CCCXCII
Il faut gouverner la fortune comme la santé : en jouir quand elle est bonne, prendre patience quand elle est mauvaise, et ne faire jamais de grands remèdes sans un extrême besoin. (éd. 4*.)
CCCXCIII
L’air bourgeois se perd quelquefois à l’armée, mais il ne se perd jamais à la cour. (éd. 4.)
CCCXCIV
On peut être plus fin qu’un autre, mais non pas plus fin que tous les autres. (éd. 4*.)
CCCXCV
On est quelquefois moins malheureux d’être trompé de ce qu’on aime, que d’en être détrompé. (éd. 4.)
CCCXCVI
On garde longtemps son premier amant, quand on n’en prend point de second. (éd. 4*.)
CCCXCVII
Nous n’avons pas le courage de dire, en général,
que nous n’avons point de défauts, et que nos ennemis n’ont point de bonnes qualités ; mais, en détail, nous ne sommes pas trop éloignés de le croire. (éd. 4.)
CCCXCVIII
De tous nos défauts, celui dont nous demeurons le plus aisément d’accord, c’est de la paresse : nous nous persuadons qu’elle tient à toutes les vertus paisibles, et que, sans détruire entièrement les autres, elle en suspend seulement les fonctions. (éd. 4*.)
CCCXCIX
Il y a une élévation qui ne dépend point de la fortune : c’est un certain air qui nous distingue et qui semble nous destiner aux grandes choses ; c’est un prix que nous nous donnons imperceptiblement à nous-mêmes ; c’est par cette qualité que nous usurpons les déférences des autres hommes, et c’est elle d’ordinaire qui nous met plus au-dessus d’eux que la naissance, les dignités, et le mérite même. (éd. 4*.)
CD
Il y a du mérite sans élévation, mais il n’y a point d’élévation sans quelque mérite. (éd. 4.)
CDI
L’élévation est au mérite ce que la parure est aux belles personnes. (éd. 4.)
CDII
Ce qui se trouve le moins dans la galanterie, c’est de l’amour. (éd. 4*.)
CDIII
La fortune se sert quelquefois de nos défauts pour nous élever, et il y a des gens incommodes dont le mérite
seroit mal récompensé si on ne vouloit acheter leur absence. (éd. 4.)
CDIV
Il semble que la nature ait caché dans le fond de notre esprit des talents et une habileté que nous ne connoissons pas ; les passions seules ont le droit de les mettre au jour, et de nous donner quelquefois des vues plus certaines et plus achevées que l’art ne sauroit faire. (éd. 4.)
CDV
Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d’expérience, malgré le nombre des années. (éd. 4.)
CDVI
Les coquettes se font honneur d’être jalouses de leurs amants, pour cacher qu’elles sont envieuses des autres femmes. (éd. 4*.)
CDVII
Il s’en faut bien que ceux qui s’attrapent à nos finesses ne nous paroissent aussi ridicules que nous nous le paroissons à nous-mêmes, quand les finesses des autres nous ont attrapés. (éd. 4.)
CDVIII
Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes qui ont été aimables, c’est d’oublier qu’elles ne le sont plus. (éd. 4.)
CDIX
Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions, si le monde voyoit tous les motifs qui les produisent. (éd. 4.)
CDX
Le plus grand effort de l’amitié n’est pas de montrer nos défauts à un ami ; c’est de lui faire voir les siens. (éd. 4.)
CDXI
On n’a guère de défauts qui ne soient plus pardonnables que les moyens dont on se sert pour les cacher. (éd. 4.)
CDXII
Quelque honte que nous ayons méritée, il est presque
toujours en notre pouvoir de rétablir notre réputation. (éd. 4*.)
CDXIII
On ne plaît pas longtemps quand on n’a qu’une sorte d’esprit. (éd. 5.)
CDXIV
Les fous et les sottes gens ne voient que par leur humeur. (éd. 5*.)
CDXV
L’esprit nous sert quelquefois à faire hardiment des sottises. (éd. 5.)
CDXVI
La vivacité qui augmente en vieillissant ne va pas loin de la folie. (éd. 5.)
CDXVII
En amour, celui qui est guéri le premier est toujours le mieux guéri. (éd. 5.)
CDXVIII
Les jeunes femmes qui ne veulent point paroître coquettes, et les hommes d’un âge avancé qui ne veulent pas être ridicules, ne doivent jamais parler de l’amour comme d’une chose où ils puissent avoir part. (éd. 5.)
CDXIX
Nous pouvons paroître grands dans un emploi au-dessous de notre mérite, mais nous paroissons souvent petits dans un emploi plus grand que nous. (éd. 5*.)
CDXX
Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs, lorsque nous n’avons que de l’abattement, et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre. (éd. 5*.)
CDXXI
La confiance fournit plus à la conversation que l’esprit. (éd. 5.)
CDXXII
Toutes les passions nous font faire des fautes, mais l’amour nous en fait faire de plus ridicules. (éd. 5*.)
CDXXIII
Peu de gens savent être vieux. (éd. 5.)
CDXXIV
Nous nous faisons honneur des défauts opposés à ceux que nous avons : quand nous sommes foibles, nous nous vantons d’être opiniâtres. (éd. 5.)
CDXXV
La pénétration a un air de deviner, qui flatte plus notre vanité que toutes les autres qualités de l’esprit. (éd. 5*.)
CDXXVI
La grâce de la nouveauté et la longue habitude, quelques opposées qu’elles soient, nous empêchent également de sentir les défauts de nos amis. (éd. 5.)
CDXXVII
La plupart des amis dégoûtent de l’amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion. (éd. 5.)
CDXXVIII
Nous pardonnons aisément à nos amis les défauts qui ne nous regardent pas. (éd. 5.)
CDXXIX
Les femmes qui aiment pardonnent plus aisément les grandes indiscrétions que les petites infidélités. (éd. 5.)
CDXXX
Dans la vieillesse de l’amour, comme dans celle de l’âge, on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour les plaisirs. (éd. 5.)
CDXXXI
Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paroître. (éd. 5*.)
CDXXXII
C’est, en quelque sorte, se donner part aux belles actions que de les louer de bon cœur. (éd. 5.)
CDXXXIII
La plus véritable marque d’être né avec de grandes qualités, c’est d’être né sans envie. (éd. 5.)
CDXXXIV
Quand nos amis nous ont trompés, on ne doit que de l’indifférence aux marques de leur amitié, mais on doit toujours de la sensibilité à leurs malheurs. (éd. 5.)
CDXXXV
La fortune et l’humeur gouvernent le monde. (éd. 5.)
CDXXXVI
Il est plus aisé de connoître l’homme en général, que de connoître un homme en particulier. (éd. 5*.)
CDXXXVII
On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire. (éd. 5.)
CDXXXVIII
Il y a une certaine reconnoissance vive, qui ne nous acquitte pas seulement des bienfaits que nous avons reçus, mais qui fait même que nos amis nous doivent, en leur payant ce que nous leur devons. (éd. 5.)
CDXXXIX
Nous ne désirerions guère de choses avec ardeur, si nous connoissions parfaitement ce que nous desirons. (éd. 5.)
CDXL
Ce qui fait que la plupart des femmes sont peu touchées de l’amitié, c’est qu’elle est fade quand on a senti de l’amour. (éd. 5.)
CDXLI
Dans l’amitié, comme dans l’amour, on est souvent plus heureux par les choses qu’on ignore que par celles que l’on sait. (éd. 5.)
CDXLII
Nous essayons de nous faire honneur des défauts que nous ne voulons pas corriger. (éd. 5.)
CDXLIII
Les passions les plus violentes nous laissent quelquefois du relâche, mais la vanité nous agite toujours. (éd. 5.)
CDXLIV
Les vieux fous sont plus fous que les jeunes. (éd. 5*.)
CDXLV
La foiblesse est plus opposée à la vertu que le vice. (éd. 5.)
CDXLVI
Ce qui rend les douleurs de la honte et de la jalousie si aiguës, c’est que la vanité ne peut servir à les supporter. (éd. 5*.)
CDXLVII
La bienséance est la moindre de toutes les lois, et la plus suivie. (éd. 5*.)
CDXLVIII
Un esprit droit a moins de peine de se soumettre aux esprits de travers que de les conduire. (éd. 5.)
CDXLIX
Lorsque la fortune nous surprend en nous donnant une grande place, sans nous y avoir conduits par degrés, ou sans que nous nous y soyons élevés par nos espérances, il est presque impossible de s’y bien soutenir, et de paroître digne de l’occuper. (éd. 5.)
CDL
Notre orgueil s’augmente souvent de ce que nous retranchons de nos autres défauts. (éd. 5.)
CDLI
Il n’y a point de sots si incommodes que ceux qui ont de l’esprit. (éd. 5.)
CDLII
Il n’y a point d’homme qui se croie, en chacune de ses qualités, au-dessous de l’homme du monde qu’il estime le plus. (éd. 5.)
CDLIII
Dans les grandes affaires, on doit moins s’appliquer à faire naître des occasions, qu’à profiter de celles qui se présentent. (éd. 5.)
CDLIV
Il n’y a guère d’occasion où l’on fit un méchant marché de renoncer au bien qu’on dit de nous, à condition de n’en dire point de mal. (éd. 5*.)
CDLV
Quelque disposition qu’ait le monde à mal juger, il fait encore plus souvent grâce au faux mérite qu’il ne fait injustice au véritable. (éd. 5.)
CDLVI
On est quelquefois un sot avec de l’esprit, mais on ne l’est jamais avec du jugement. (éd. 5.)
CDLVII
Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d’essayer de paroître ce que nous ne sommes pas. (éd. 5.)
CDLVIII
Nos ennemis approchent plus de la vérité dans les jugements qu’ils font de nous, que nous n’en approchons nous-mêmes. (éd. 5.)
CDLIX
Il y a plusieurs remèdes qui guérissent de l’amour, mais il n’y en a point d’infaillibles. (éd. 5*.)
CDLX
Il s’en faut bien que nous connoissions tout ce que nos passions nous font faire. (éd. 5.)
CDLXI
La vieillesse est un tyran qui défend, sur peine de la vie, tous les plaisirs de la jeunesse. (éd. 5.)
CDLXII
Le même orgueil qui nous fait blâmer les défauts dont nous nous croyons exempts nous porte à mépriser les bonnes qualités que nous n’avons pas. (éd. 5*.)
CDLXIII
Il y a souvent plus d’orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis : c’est pour leur faire sentir que nous sommes au-dessus d’eux que nous leur donnons des marques de compassion. (éd. 5.)
CDLXIV
Il y a un excès de biens et de maux qui passe notre sensibilité. (éd. 5.)
CDLXV
Il s’en faut bien que l’innocence ne trouve autant de protection que le crime. (éd. 5.)
CDLXVI
De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c’est l’amour. (éd. 5.)
CDLXVII
La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison. (éd. 5.)
CDLXVIII
Il y a de méchantes qualités qui font de grands talents. (éd. 5*.)
CDLXIX
On ne souhaite jamais ardemment ce qu’on ne souhaite que par raison. (éd. 5*.)
CDLXX
Toutes nos qualités sont incertaines et douteuses, en bien comme en mal, et elles sont presque toutes à la merci des occasions. (éd. 5.)
CDLXXI
Dans les premières passions, les femmes aiment l’amant ; et dans les autres, elles aiment l’amour. (éd. 5.)
CDLXXU
L’orgueil a ses bizarreries, comme les autres passions : on a honte d’avouer que l’on ait de la jalousie, et on se fait honneur d’en avoir eu, et d’être capable d’en avoir. (éd. 5.)
CDLXXIII
Quelque rare que soit le véritable amour, il l’est encore moins que la véritable amitié. (éd. 5.)