Poèmes antiques (page 7)
L’ont bâtie au milieu de la plaine féconde
Que deux fleuves divins arrosent de leur onde.
Mais Ilos engendra le grand Laomédon ;
Lui, Priamos mon père ; et Pâris est mon nom.
HÉLÈNE.
Sur le large océan à l’humide poussière,
N’as-tu point rencontré de trirème guerrière
Qui se hâte et revienne aux rivages d’Hellas ?
Tes yeux n’ont-ils point vu le divin Ménélas ?
PÂRIS.
Un songe éblouissant occupait ma pensée,
Reine, et toute autre image en était effacée.
HÉLÈNE.
Pardonne ! Vers la Krète assise au sein des eaux,
Affrontant Poséidon couronné de roseaux,
Mon époux, à la voix du sage Idoménée,
A soudain délaissé la couche d’hyménée
Et ce sombre palais où languissent mes jours ;
Et les jalouses mers le retiennent toujours.
PÂRIS.
Des bords où le Xanthos roule à la mer profonde
Les tourbillons d’argent qui blanchissent son onde,
Soumis aux Immortels, sur les flots mugissants,
Je suis venu vers toi, femme aux nobles accents.
HÉLÈNE.
Étranger, qu’as-tu dit ? Vers l’épouse d’Airide
Les Dieux auraient poussé ta trirème rapide !
Pour cet humble dessein tu quitterais les bords
Où tu naquis au jour, où tes pères sont morts,
Où, versant de longs pleurs, ta mère d’ans chargée
T’a vu fuir de ses yeux vers les ondes d’Aigée !
PÂRIS.
La patrie et le toit natal, l’amour pieux
De mes parents courbés par l’âge soucieux,
Ces vénérables biens, ô blanche Tyndaride,
N’apaisaient plus mon cœur plein d’une flamme aride.
Ô fille de Léda, pour toi j’ai tout quitté.
Écoute ! je dirai l’auguste vérité.
Aux cimes de l’Ida, dans les forêts profondes
Où paissaient à loisir mes chèvres vagabondes,
À l’ombre des grands pins je reposais, songeur.
L’Aurore aux belles mains répandait sa rougeur
Sur la montagne humide et sur les mers lointaines ;
Les Naïades riaient dans les claires fontaines,
Et la biche craintive et le cerf bondissant
Humaient l’air embaumé du matin renaissant.
Une vapeur soudaine, éblouissante et douce,
De l’Olympe sacré descendit sur la mousse ;
Les grands troncs respectés de l’orage et des vents
Courbèrent de terreur leurs feuillages mouvants ;
La source s’arrêta sur les pentes voisines,
Et l’Ida frémissant ébranla ses racines ;
Et de sueurs baigné, plein de frissons pieux,
Pâle, je pressentis la présence des Dieux.
De ce nuage d’or trois Formes éclatantes,
Sous les plis transparents de leurs robes flottantes
Apparurent debout sur le mont écarté.
L’une, fière et superbe, avec sérénité
Dressa son front divin tout rayonnant de gloire,
Et croisant ses bras blancs sur son grand sein d’ivoire :
— Cher fils de Priamos, tu contemples Héré, —
Dit-elle ; et je frémis à ce nom vénéré.
Mais d’une voix plus douce et pleine de caresses :
— Ô pasteur de l’Ida, juge entre trois Déesses.
Si le prix de beauté m’est accordé par toi,
Des cités de l’Asie un jour tu seras roi. —
L’autre, sévère et calme, et pourtant non moins belle
Me promit le courage et la gloire immortelle,
Et la force qui dompte et conduit les humains.
Mais la dernière alors leva ses blanches mains,
Déroula sur son cou de neige, en tresses blondes,
De ses cheveux dorés les ruisselantes ondes,
Dénoua sa ceinture, et sur ses pieds d’argent
Laissa tomber d’en haut le tissu négligent ;
Et, muette toujours, du triomphe assurée,
Elle sourit d’orgueil dans sa beauté sacrée.
Un nuage à sa vue appesantit mes yeux
Car la sainte Beauté dompte l’homme et les Dieux !
Et, le cœur palpitant, l’âme encore interdite,
Je dis : — Sois la plus belle, ô divine Aphrodite !
— La grande Héré, Pallas, plus promptes que l’éclair,
Comme un songe brillant disparurent dans l’air ;
Et Kypris : — Ô pasteur, que tout mortel envie,
De plaisirs renaissants je charmerai ta vie.
Va ! sur l’onde propice à ton heureux vaisseau,
Fuis Priamos ton père, Ilios ton berceau ;
Cherche Hellas et les bords où l’Eurotas rapide
Coule ses flots divins sous le sceptre d’Atride ;
Et la fille de Zeus, Hélène aux blonds cheveux,
J’en atteste le Styx ! accomplira tes vœux. —
LE CHŒUR DE FEMMES.
Ce récit merveilleux a charmé mon oreille.
À cette douce voix nulle voix n’est pareille.
Des Muses entouré, tel, le Roi de Délos
Mêle un hymne sonore au murmure des flots.
Serait-ce point un Dieu ? le Délien lui-même,
Le front découronné de sa splendeur suprême,
Noble Hélène, qui vient, cachant sa majesté,
D’un hommage divin honorer ta beauté ?
LE CHŒUR D’HOMMES.
STROPHE.
Descends des neiges de Kyllène,
Ô Pan, qui voles sur les eaux !
Accours, et d’une forte haleine
Emplis les sonores roseaux.
Viens ! de Nyse et de Gnosse inspire-moi les danses
Et les rites mystérieux.
J’ai frémi de désir, j’ai bondi tout joyeux.
Il me plaît d’enchaîner les divines cadences,
Ô Pan ! Roi qui conduis le chœur sacré des Dieux !
ANTISTROPHE.
Franchis les mers Icariennes,
Jeune Hèlios au char doré,
Et que les lyres Déliennes
Chantent sur un mode sacré !
Compagnes d’Artémis qui, dans les bois sauvages,
Dansez sur les gazons naissants,
Ô nymphes, accourez de vos pieds bondissants !
Dieux vagabonds des mers, formez sur les rivages
Un chœur plein d’allégresse au bruit de mes accents !
ÉPODE.
Vierges ceintes de laurier-rose,
Dites un chant mélodieux ;
Semez l’hyacinthe et la rose
Aux pieds de la fille des Dieux !
Vierges de Sparte, que la joie
En molles danses se déploie !
Faites couler l’huile et le vin !
Effleurez le sol de vos rondes,
Et dénouez vos tresses blondes
Au souffle frais d’un vent divin !
HÉLÈNE.
Je rends grâces à ceux de qui je tiens la vie,
S’il faut qu’avec honneur je comble ton envie,
Jeune homme. Parle donc. La fille de Léda,
Et la reine de Sparte, ô pasteur de l’Ida,
Peut, de riches trésors emplissant ta nef vide,
Contenter les désirs de ta jeunesse avide.
Que réclame ton cœur ? Que demandent tes vœux !
Mes étalons, ployant sur leurs jarrets nerveux,
Nourris dans les vallons et les plaines fleuries,
À cette heure couverts de chaudes draperies,
Hennissent en repos. Ils sont à toi, prends-les !
Prends cet autel sacré, gardien de mon palais,
Et l’armure éclatante et le glaive homicide
Que Pallas a remis entre les mains d’Atride ;
Prends ! et vers l’heureux bord où s’ouvrirent tes yeux
Guide à travers les flots tes compagnons joyeux.
PÂRIS.
Noble Hélène, mon père, en sa demeure immense,
Possède assez de gloire et de magnificence ;
Assez d’or et d’argent, vain désir des mortels
Décorent de nos Dieux les éclatants autels.
Garde, fille de Zeus, tes richesses brillantes,
Et ce fer qui d’Atride arme les mains vaillantes,
Et cet autel d’airain à Pallas consacré.
Ce que je veux de toi, Reine, je le dirai,
Car le Destin commande, et je ne puis me taire :
Il faut abandonner Sparte, Atride et la terre
D’Hellas, et, sans tarder, à l’horizon des flots,
Suivre le Priamide aux murs sacrés d’Ilos.
HÉLÈNE.
Étranger ! si déjà de la maison d’Atrée
Tes pas audacieux n’eussent franchi l’entrée,
Si tu n’étais mon hôte, enfin, et si les Dieux
N’enchaînaient mon offense en un respect pieux,
Imprudent Étranger, tu quitterais sur l’heure
La belliqueuse Sparte, Hélène et la demeure
D’Atride ! Mais toujours un hôte nous est cher.
Tu n’auras pas en vain bravé la vaste mer
Et les vents orageux de la nue éternelle.
Viens donc. Le festin fume et la coupe étincelle ;
Viens goûter le repos. Mais, Étranger, demain
Des rives du Xanthos tu prendras le chemin !
IV.
DÉMODOCE, Demi-chœur de Femmes, Demi-chœur d’Hommes.
LE CHŒUR DE FEMMES.
Dieux ! donnez-vous raison aux terreurs de la Reine ?
C’en est-il fait, ô Dieux, de notre paix sereine ?
Je tremble, et de mes yeux déjà remplis de pleurs,
Je vois luire le jour prochain de nos douleurs.
Dis-nous, sage vieillard aux mains harmonieuses,
Ô disciple chéri des Muses glorieuses,
Ô Démodoce, ami des Immortels, dis-nous
Si, loin de Sparte et loin de notre ciel si doux,
Nos yeux, nos tristes yeux, emplis d’une ombre noire,
Verront s’enfuir Hélène infidèle à sa gloire !
DÉMODOCE.
Les équitables Dieux, seuls juges des humains,
Dispensent les brillants ou sombres lendemains.
Ils ont scellé ma bouche, et m’ordonnent de taire
Leur dessein formidable en un silence austère.
LE CHŒUR D’HOMMES.
Ô vieillard, tu le sais, le Destin a parlé.
J’en atteste l’Hadès et l’Olympe étoilé !
Bannis de ton esprit le doute qui l’assiège.
Non, ce n’est point en vain, vierges aux bras de neige,
Que l’Immortelle née au sein des flots amers
A tourné notre proue à l’horizon des mers,
Et que durant dix jours nos rames courageuses
Ont soulevé l’azur des ondes orageuses.
LE CHŒUR DE FEMMES.
Ô cruelle Aphrodite ! et toi, cruel Éros !
LE CHŒUR D’HOMMES.
Enfant, roi de l’Olympe ! ô Reine de Paphos !
DÉMODOCE.
La jeunesse est crédule aux espérances vaines ;
Elle éblouit nos yeux et brûle dans nos veines ;
Et des Songes brillants le cortège vainqueur
D’un aveugle désir fait palpiter le cœur.
LE CHŒUR D’HOMMES.
STROPHE.
Divine Hébé, blonde Déesse,
La coupe d’or de Zeus étincelle en tes mains.
Salut, ô charme des humains,
Immortelle et douce Jeunesse !
Une ardente lumière, un air pur et sacré
Versent la vie à flots au cœur où tu respires :
Plein de rayons et de sourires,
Il monte et s’élargit dans l’Olympe éthéré !
ANTISTROPHE.
Les Jeux, les Rires et les Grâces,
Éros à l’arc d’ivoire, Aphrodite au beau sein,
Et les Désirs, comme un essaim,
Vont et s’empressent sur tes traces.
Le flot des mers pour toi murmure et chante mieux ;
Une lyre cachée enivre ton oreille ;
L’aube est plus fraîche et plus vermeille,
Et l’étoile nocturne est plus belle à tes yeux.
ÉPODE.
Ô vierge heureuse et bien aimée,
Ceinte des roses du printemps,
Qui, dans ta robe parfumée,
Apparus au matin des temps !
Ta voix est comme une harmonie ;
Les violettes d’Ionie
Fleurissent sous ton pied charmant.
Salut, ô Jeunesse féconde,
Dont les bras contiennent le monde
Dans un divin embrassement !
DÉMODOCE.
Bienheureuse l’austère et la rude jeunesse
Qui rend un culte chaste à l’antique vertu !
Mieux qu’un guerrier de fer et d’airain revêtu,
Le jeune homme au cœur pur marche dans la sagesse.
Le myrte efféminé n’orne point ses cheveux ;
Il n’a point effeuillé la rose Ionienne ;
Mais sa bouche est sincère et sa face est sereine,
Et la lance d’Arès charge son bras nerveux.
En de mâles travaux ainsi coule sa vie.
Si parfois l’étranger l’accueille à son foyer,
Il n’outragera point l’autel hospitalier
Et respecte le seuil où l’hôte le convie.
Puis les rapides ans inclinent sa fierté ;
Mais la vieillesse auguste ennoblit le visage !
Et qui vécut ainsi, peut mourir : il fut sage,
Et demeure en exemple à la postérité.
LE CHŒUR DE FEMMES.
Vierge Pallas, toujours majestueuse et belle,
Préserve-moi d’Éros ! À ton culte fidèle,
Dans la maison d’Hélène et dans la chasteté
Je fuirai du plaisir l’amère volupté.
Sous ton égide d’or, ô sereine Déesse,
Garde d’un souffle impur la fleur de ma jeunesse !
LE CHŒUR D’HOMMES.
Déesse, qui naquis de l’écume des mers,
Dont le rire brillant tarit les pleurs amers,
Aphrodite ! à tes pieds la terre est prosternée.
Ô mère des Désirs, d’Éros et d’Hyménée,
Ceins mes tempes de myrte, et qu’un hymne sans fin
Réjouisse le cours de mon heureux destin !
DÉMODOCE.
Le Désir est menteur, la Joie est infidèle.
Toi seule es immuable, ô Sagesse éternelle !
L’heure passe, et le myrte à nos fronts est fané ;
Mais l’austère bonheur que tu nous as donné,
Semblable au vaste mont qui plonge aux mers profondes
Demeure inébranlable aux secousses des ondes.
LE CHŒUR D’HOMMES.
Le souffle de Borée a refroidi vos cieux.
Oh ! combien notre Troie est plus brillante aux yeux !
Vierges, suivez Hélène aux rives de Phrygie,
Où le jeune Iakkhos mène la sainte Orgie,
Où la grande Kybèle au front majestueux,
Sut le dos des lions, fauves tueurs de bœufs,
Du Pactole aux flots d’or vénérable habitante,
Couvre plaines et monts de sa robe éclatante !
LE CHŒUR DE FEMMES.
Ô verts sommets du Taygète, ô beau ciel !
Dieux de Pélops, Dieux protecteurs d’Hélène !
Vents qui soufflez une si douce haleine
Dans les vallons du pays paternel !
Et vous, témoins d’un amour immortel,
Flots d’Eurotas, ornement de la plaine !
DÉMODOCE.
Etrangers, c’est en vain qu’en mots harmonieux
Vous caressez l’oreille et l’esprit curieux.
C’est assez. Grâce aux Dieux qui font la destinée,
Au sol de notre Hellas notre âme est enchaînée,
Et la terre immortelle où dorment nos aïeux
Est trop douce à nos cœurs et trop belle à nos yeux.
Les vents emporteront ta poussière inféconde,
Ilios ! Mais Hellas illumine le monde !
V
HÉLÈNE, PÂRIS, DÉMODOCE,
Chœur de Femmes, Chœur d’Hommes.
HÈLÈNE.
Tes lèvres ont goûté le froment et le vin,
Ô Priamide ! Ainsi l’a voulu le Destin.
Du seuil hospitalier j’ai gardé la loi sainte.
Mais de Sparte déjà dorant la vaste enceinte,
L’Aurore a secoué ses rosés dans l’azur,
L’étoile à l’horizon incline un front obscur,
Dans le large Eurotas ta trirème lavée
Sur les flots, par les vents, s’agite soulevée ;
Va ! que Zeus te protège, et que les Dieux marins
T’offrent un ciel propice et des astres sereins !
Tu reverras l’Ida couronné de pins sombres,
Et les rapides cerfs qui paissent sous leurs ombres,
Et les fleuves d’argent, Simoïs et Xanthos,
Et tes parents âgés, et les remparts d’Ilos.
Heureux qui, sans remords et d’une âme attendrie,
Revoit les cieux connus et la douce pairie !
PÂRIS.
Ô blanche Tyndaride, ô fille de Léda,
Noble Hélène ! Aphrodite, au sommet de l’Ida,
À mes yeux transportés éblouissante et nue,
Moins sublime, apparut du milieu de la nue !
N’es-tu point Euphrosyne au corps harmonieux
Dont rêvent les humains et qu’admirent les Dieux ?
Ou la blonde Aglaé dont les molles paupières
Enveloppent les cœurs d’un tissu de lumières ?
L’or de tes cheveux brûle, et tes yeux fiers et doux
Font palpiter le sein et courber les genoux.
Tes pieds divins sans doute ont foulé les nuées !
Les vierges de Phrygie aux robes dénouées,
Etoiles qui du jour craignent l’auguste aspect,
Vont pâlir devant toi d’envie et de respect.
Viens ! Aphrodite veut qu’aux bords sacrés de Troie
J’emporte avec orgueil mon éclatante proie !
Elle-même, prodigue en son divin secours,
De ma rapide nef a dirigé le cours.
HÈLÈNE.
Ô vous, fils du grand Zeus, Dioscures sublimes,
Qui de l’Olympe auguste illuminez les cimes,
Vous qui, levant la pique et le ceste guerrier,
Jadis avez conquis le divin bélier !
Chère gloire d’Hellas, amis de mon enfance,
Mes frères, entendez votre sœur qu’on offense !
Et toi, vierge Pallas, gardienne de l’hymen,
Qui portes l’olivier et la lance en ta main,
Vois combien ce regard me pénètre et m’enflamme !
Mets ta force divine, ô Pallas, dans mon âme ;
Soutiens mon lâche cœur dans ce honteux danger.
LE CHŒUR DE FEMMES.
Dieux, chassez de nos murs ce funeste Étranger !
PÂRIS.
Hélène aux pieds d’argent, des femmes la plus belle,
Mon cœur est dévoré d’une ardeur immortelle !
HÈLÈNE.
Je ne quitterai point Sparte aux nombreux guerriers,
Ni mon fleuve natal et ses roses lauriers,
Ni les vallons aimés de nos belles campagnes
Où danse et rit encor l’essaim de mes compagnes,
Ni la couche d’Atride et son sacré palais.
Crains de les outrager, Priamide ! fuis-les !
Sur ton large navire, au delà des mers vastes,
Fuis ! et ne trouble pas des jours calmes et chastes.
Heureux encor si Zeus, de ton crime irrité,
Ne venge mon injure et l’hospitalité !
Fuis donc, il en est temps ! Déjà sur l’onde Aigée,
Au mâle appel d’Hellas et d’Hélène outragée,
Le courageux Atride excite ses rameurs :
Regagne ta Phrygie, ou, si tu tardes, meurs !