Traité contre les protestants (page 15)

Alphonse de Liguori · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Traité contre les protestants · 23 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

XXIX. Il est à remarquer que les premiers chrétiens conservaient chez eux l'eucharislie, sous les espèces du pain seulement et là ils prenaient eux-mêmes la commu-nion, comme l'atteste S. Luc: « Frangentes circa domos » panem. » (Act. 2. 46. ) Tertullien (lib. II. ad. uxo-rem cap. 5) parle de cela comme d'une chose ordinaire. Aux époques de persécution les fidèles s'en approvision-naient pour long-temps et spécialement ceux qui n'avaient

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dans leur ville qu'une seule messe. S. Basile, écrivant à Césarée, dit que les solitaires dépourvus de prêtres avaient néanmoins l'eucharistie. Cet usage resta en vigueur dans l'Orient jusqu'au sixième siècle comme le rapporte Anaslase le bibliothécaire. En Occident il ne dura pas autant, bien qu'il continuât à être suivi, mais rarement. XXX. Quant à la fréquente communion, il n'est pas douteux que dans les trois premiers siècles, selon les constitutions apostoliques et comme l'atteste S. Justin , ( Apolog.2. lib. 8 cap. 20) le prêtre ne donnât après la messe la communion à tous ceux qui y avaient assisté. S. Cyprien. (De orat. dom) écrit : « Nous recevons chaque » jour l'eucharistie, comme une nourriture de salut... » Si quelque faute grave ne nous contraint à nous en ab-» slenir. » Si bien que cet usagedevinl une loi d'après leca-non desapôlres fait à la fin du troisième siècle ou au com-mencement du quatrième et qui portait : «IIfaut retrancher » delà communion ces fidèles qui venant à l'église etécou-»

tant la lecture de l'écriture ne restent pas pour recevoir » la sainte communion. » Ce précepte fut renouvelé dans le concile d'Antioche sous le pape Jules el observé en beau-coup d'églises jusqu'au cinquième siècle. D'abord, écrit Strabon (can. 22.) beaucoup se croyaient obligés à commu-nier plusieurs fois le même jour s'ils entendaient plusieurs messes. Depuis cependant la ferveur s'élant refroidie, le concile d'Agde tenu en l'an 506, dans son can. 18 ( le-quel devint ensuite loi de l'église ) ordonna sous peine d'excommunication que chacun communiât au moins trois fois dans l'année, à Noël, à Pâques el à la Pente-côte. Mais Théodore, archidiacre de Cantorbéry, dans ses Spicilèges, tom. 9 (cap. 52), dit des Grecs : « Les Grecs, » clercs ou laïques, communient tous les dimanches, et

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» celui qui ne le fait pas est excommunié. Les Romains » font de même, mais sans la peine de l'excommunica-» lion. » La dévotion des fidèles se refroidissant de plus en plus, le concile de Lalran jugea nécessaire d'ordonner que tout fidèle parvenu à l'âge de discernement se con-fessât et communiât au moins une fois l'an, comme on le voit auchap. : « Omnis utrius que sexus. (Depœnii. et » rem.) »

XXXI. Disons ici quelque chose des agapes qui étaient en usage dans les premiers temps de l'église. Jé-sus-Christ ayant institué ce sacrement à la suite de la cène faite dans Jérusalem, les premiers chrétiens intro-duisirent la coutume aussi de communier après un léger repas auquel assistait l'évêque ou quelque prêtre. Ces re-pas se nommaient agapes, c'est-à-dire^repas de charité ; car en grec le mot agape signifie amitié. Dans ces réunions qui se tenaient dans l'église les riches aidaient aux pauvres : aussi l'apôtre ( I. Cor. H. 21 ) reprend ceux qui ne partageaient pas ainsi et écrivait :« Unusquisque » enim suam coenam praesumit ad manducandum ; ei » alius quidem esurit, alius autem ebrius est. Numquid » domos non habetis ad manducandum et bibendum ? » Aut Ecclesiam Dei contemnitis, et confunditis eos qui » non habent ? » II est fait mention- de ces agapes dans S. Ignace martyr (Epist ad smyrnteos. n. 8), et dans Terlullien (Apollog. 18. cap. 59 ). Par la suite on in-troduisit l'usage du jeûne avant la communion, on ne sait pourtant à quelle époque : du reste S Isidore en parle comme d'un usage généralement suivi de son temps.

XXXII. Venons maintenant à la fête de ce sacrement.

Au commencement, on n'en célébrait pas d'autre que

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celle du jeudi-saint, jour auquel il a été institué. Mais, en 1208, noire Seigneur révéla à sainte Julienne, vierge,, religieuse hospitalière à Liège, âgée de 16 ans, qu'il vou-lait que l'église célébrât par une solennité particulière le don immense qu'il lui avait fait dans le sacrement de l'au-tel. La fêle fut d'abord instituée par l'évêque de Liège; mais plus tard, en 1264, le pape Urbain IV ordonna qu'elle sérail célébrée par toute l'église, et la fixa au jeudi après l'octave de la Pentecôte. Ensuite Clément V la con-firma en l'an 1511, et la fil accepter dans le concile gé-néral de Vienne. Dans cette fête, on récita d'abord l'office du saint-sacrement, selon l'usage de l'église gallicane, composé par celte même sainte Julienne, ou (comme d'autres disent) par un pieux religieux nommé Jean, aidé des prières de sainte Julienne. Mais ensuite on commença à réciter l'office qui se dit aujourd'hui, composé par S. Tho-mas d'Aquin, par ordre d'Urbain IV, à l'usagé de l'église romaine.

XXXIII. Quant à la procession du saint-sacrement, on ne sait pas au juste l'époque de son institution, puis-qu'Urbain IV, dans son bref, n'en fait pas mention. Thiers rapporte qu'elle fut instituée par le pape Jean XXII, qui mourut en 1555. Il est certain qu'au temps de Martin V, en 1455, el d'Eugène IV, son successeur, elle se praliquait déjà, puisque ces mêmes pontifes accordèrent l'indul-gence plénière à ceux qui, confessés, assistaient à' l'office du saint-sacrement, et également à tous ceux qui assis-taient à la procession.

XXXIV. On ne sait pas davantage à quelle époque s'in-troduisit l'usage d'exposer le saint sacrement sur l'autel. On sait seulement ( comme le rapporte le P. Croizel dans son grand ouvrage au 25 d'août) que pour la maladie de

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S. Louis, roi de France, on fit des expositions du saint-sacrement par tout le royaume, et cela vers l'an 4248, seize ou dix-huit ans avant l'institution de la fête elle-même. Les ostensoirs furent de formes diverses, en croix, en soleils, en tourelles, pendant trois cents ans. Ceci s'entend des espèces découvertes, car auparavant on les portait couvertes aux processions. Il faut noler ici que, par décret de la S. C. du concile, il est défendu de porler le saint-sacrement aux malades seulement pour l'adorer, ou de le porler sur soi pour prouver son inno-cence, comme aussi de le conduire à la porte de l'église pour apaiser les tempêtes ou éteindre les incendies.

XXXV, Les anciens usaient encore de l'eucharistie de diverses manières : les évêques se l'envoyaient l'un à l'au-tre en signe de communion. On la portait comme sauve-garde dans les voyages ; on réservait une partie du sacri-fice pour le jour suivant. ( Voyez le P. Chalon, chap. 2. ) On avait aussi coutume d'enterrer les moris avec l'eucha-ristie. L'auteur de la Vie de S. Basile raconte qu'il fut ainsi enseveli. On voit encore dans Paul, diacre d'Aqui-lée, que le pape S. Théodore écrivit, avec de l'encre mê-lée au sang divin, la condamnation de Pyrrhon monolhé-Hte, sur le tombeau de S. Pierre. Nicétas,cité par Cha-lon, chap. 12, raconte, dans la Vie de S. Ignace, patriarche de Conslanlinople, qu'une semblable condam-nation fut écrite contre Photius. Le P. Malienne (t. 1. de rit. 1. i. c. 5. a 4) dit que, dans les dédicaces des égli-ses, on plaçait dans l'intérieur de l'autel trois fragmens de pain consacré, scellé avec la chaux; et le pape Urbain en usa ainsi en consacrant l'église du monastère de Marmou-tiers.

XXXVI, Dans les églises d'Orient, on conservait an-

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ciennemenl l'eucharistie dans des colombes d'or ou d'ar-gent suspendues au-dessus de l'autel. Le P. Le Brun dit (t. 2. p. 171) que cela se pratiquait de môme en France. On déposait aussi l'eucharistie dans des ciboires en forme de tours, auxquels succédèrent ceux qui sont en forme de coupes couvertes. Ces ciboires, au reste, étaient d'or, d'argent, de pierres précieuses, d'ivoire, de cristal, de verre, et même de bois. ( Voyez Chalon, chap. 13.) Main-tenant les Orientaux ne conservent plus l'eucharistie sur l'autel, mais dans les sacristies, ou dans quelque armoire, ou même contre le mur à côté de l'autel, suspendue à un clou et renfermée dans une bourse, et non avec celle décence que nous gardons en cela dans nos églises d'Oc-cident.

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XXIIe SESSION.

Du sacrifice de la messe.

I. L'archevêque de Grenade réprouvait le canon 2, où il est dit que Jésus-Christ ordonna prêtres les apôtres, par ces paroles : « Hoc facile in meam commemorationem, » s'appuyant sur celte opinion de Nicolas Cabasila, que le sacerdoce leur fut conféré au jour de la Pentecôte. S. Tho-mas et Scot disent qu'il fui conféré pendant la dernière cène, mais sous la condition qu'il ne pourrait être exercé qu'après la réception de l'Esprit Saint à la Pentecôte. Mais, selon Palavicin, ces diverses opinions eurent peu de par-tisans.

II. Un théologien portugais, frère François

Forero, do-minicain , parlant du texte de Malachie : « Ab ortu enim » solis usque ad occasum magnum est nomen meum in » gentibus : et in omni loco sacrificatur et offertur nomini » meo oblatio munda, quia magnum est nomen meum » ingentibus, dicit Dominus exercituum » (Malac. i. 41.), et de celui de l'évangile : « Hoc facile in meam comme » morationem » ( Luc. XXH. 19. ), dit que ces textes n'ont pas lilléralemenl la même force de sens que par l'interpré-tation des Pères; d'où il conclut que le pouvoir de sacri-fier, donné aux prêtres, ne se prouvait pas seulement par l'écriture, mais par la tradition. Mais ce P. Forero fut écoulé avec défaveur, parce qu'il avait contre hii l'opinion

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générale. Entre autres, Mefchior Corneille, théologien du roi Sébastien , fit uo discours remarquable, où il démon-tra que le texte de Malachie a été ainsi entendu par le se-cond concile de Nicée, et que Jésus-Christ, en pronon-çant ces paroles: «Hoc facite in meam commemoratio-nem, » a particulièrement ordonné à ses apôtres de consa-crer le pain et le vin.

III. On posa ici la question de savoir si le concile devait faire précéder ses canons de la doctrine, et on décida qu'il Je ferait, parce que sa mission était aussi d'enseigner, éclairant ses décisions de motifs qui devaient servir non de fondement à notre foi, mais de défense contre les atta-ques des hérétiques. La grande question fut ensuite celle-ci : si Jésus-Christ s'est offert lui-même pour nous dans le sacrifice de la cène, comme le disait Salmeron, ou dans celui de la croix, comme le soutenait Soto.

IV. Lesopposans à l'institution du sacerdoce lors de la cène, furent Guerrero, Duinius et autres, qui préten-dirent que ce point était douteux et contraire au sentiment de plusieurs Pères. Les mêmes Guerrero et Duinius n'ad-mettaient pas non plus <jue Jésus-Christ se fût offert lui-même à son père dans la cène. Ajala ne voulait pas qu'on dît que, dans ce sacrifice, s'accomplirent tous ceux delà nature et de la loi, parce que, d'abord, cela ne pouvait se prouver ni par l'écriture ni par la tradition, et puis qu'on semblait déroger ainsi au sacrifice de la croix.

V. Soave dit que ce décret du concile qui déclare que Jésus-Christ s'offrit lui-même dans la cène, fut combattu par vingt-cinq Pères; mais Palavicin écrit qu'il ne le fut que par les deux déjà nommés, Guerrero et Duinius, comme les actes en font foi. Mais venons à ce qu'enseigne et décide ensuite le concile. Dans le chap.l, parlant de

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l'institution de la messe, il dit que, le sacrifice de l'ancienne loi étant imparfait, il élail nécessaire de créer un autre prêtre, selon l'ordre de Melchisédechs notre Seigneur ïé-sus-Christ , qui pût perfectionner en sainteté tous ceux qui devaient se rendre saints. D'où le Sauveur, bien qu'il dût s'offrir à Dieu une fois sur la croix pour racheter les hommes, néanmoins, comme par sa mort il ne devait pas tei miner son sacerdoce, il s'offrit à son père dans la der-nière cène, soiis les espèces du pain et du vin, se décla-rant alors le pontife éternel, selon l'ordre de Melchisedech, et laissa ainsi à l'église un sacrifice qui pût représenter ce-lui de la croix, en conserver la mémoire, et en même temps servir à nous appliquer les mérites de ce sacrifice pour la rémission des péchés que nous commettons chaque jour : « Quoniam sub priori testamento, teste apostolo (Hebr. » vu.), propter levitici sacerdotii imbecillitatem consum-» matio non erat; opporluilsacerdotem alium secundum » ordinem Melchisedech surgere Dominum nostrum Jesum » Christum, qui posset omnes, quotquot sanctificandi es-» sent, ad perfectum adducere. Is igitur Deus et Dominus » noster, etsi semel seipsum in ara crucis, morte interce-» dente, Deo Patri oblaturus erat, ut aeternam illic redemp-» tionem operaretur : quia tamen per mortem sacerdotium » ejus exlinguendum non erat, in cœna novissima, qua » nocte tradebatur, ut dilectae sponsae suae Ecclesiae visi-» bile relinqueral sacrificium, quo cruentum illud reprae-» sentarelur, ejusqùe memoria permaneret, atque illius «salutaris virtus in remissionem eorum, quae a nobis » quotidie committuntur, peccatorum applicaretur ; sacer-» dotem secundum ordinem Melchisedech se in aeternum » constitutum declarans, corpus et sanguinem suum sub > speciebus panis et vini Deo Patri obtulit. »

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VI. A cette première partie du chap. 4 appartient le can.

4, qui porte : « Si quis dixerit, in missa non offerri » Deo verum et proprium sacrificium ; aut quod offerri » non sit aliud, quam nobis Christum ad manducandum » dari : anathema sit. »

VII. Ainsi, des paroles du concile qui viennent d'être rapportées il résulte que la messe est un vrai sacrifice spécial, dans lequel Jésus-Christ est le prêtre selon l'ordre de Melchisedech, ainsi que David l'avait prédit : «Tu es » sacerdos in aeternum, secundum ordinem Melchise-» dech , » et comme l'apôtre l'écrit (Hébr. 5, 6 et 7. 14). Il est dit selon l'ordre de Melchisedech, parce que Melchi-sedech offrit en sacrifice du pain et du vin (Gènes. 14.43.) : « Melchisedech enim protulit panem et vinum; erat enim » sacerdos Altissimi. » La particule enim démontre claire-ment que ce sacrifice fut de pain et de vin. Si donc le Rédempteur a été prêtre selon l'ordre de Melchisedech, il faut reconnaître qu'il a institué ce sacrifice dans la der-nière cène, en s'offranl lui-même au Père sous les espè-ces du pain et du vin ; car on ne peut assigner un autre temps où il ail fait un pareil sacrifice.

VIII. Suit l'autre partie du chap 4 , où il est dit que

Jésus-Christ, sous les espèces du pain et du vin, donna son corps à manger et son sang à boire aux apôtres, les constituant ainsi prêtres, eux et tous leurs successeurs dans le sacerdoce, afin qu'ils continuassent ensuite à of-frir ce même sacrifice, en vertu de ces paroles : «Hoc facile »in meam commemorationem. » (Luc. XII. 49.) Ainsi, après avoir célébré la Pâque antique, que les Hébreux ob-setvaient en mémoire de leur sortie d'Egypte, il institua la Pâque nouvelle, c'est-à-dire le sacrifice de lui-même, qui devait être offert dans l'église, par le moyen des prè-

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tres, en mémoire de son passage de ce monde vers son Père, quand il nous racheta de son sang : et c'est là celte hostie sans tache , qui ne peut être souillée par l'indignité de ceux qui l'offrent, et que le Seigneur prédit, dans Mala-chie, devoir être offerte en tous lieux en son nom; ce que l'apôtre indique clairement ( I. Cor. X. 21. ) par ces pa-roles : « Non potestis mensae Domini esse participes et » mensas daemoniorum, » entendant par cette table l'autel où le sacrifice s'opère. A quoi correspond cet autre pas-sage (Hebr. XIII. 10.) : « Habemus altare, de quo edere » non habent potestatem qui tabernaculo desserviunt. » Cette dénomination d'autel suppose nécessairement une victime et un sacrifice. Aussi le concile de Trente conti-nue ainsi le chap. 1 : « Ac sub earumdem rerum symbo-» lis, apostolis, quos tunc novi Testamenti sacerdotes » constituebat, ut sumerent ( corpus et sanguinem suum ) » tradidit; ei eisdem, eorumque insacerdotio successori-» bus, ul offerrent praecepit per haec verba : « Hoc facite » in meum commemorationem, » ut semper catholica » Ecclesia intellexit, et docuit ; nam celebrato veteri pas-» cha, quod in memoriam exitus de ^Egypto multitudo » filiorum Israel immolabat, novum instituit pascha -, » seipsum ab Ecclesia per sacerdotes sub signis visibilibus » immolandum in memoriam transitus sui ex hoc mnndo » ad Patrem, quando per sui sanguinis effusionem nos » redemit, etc. Et haec quidem illa munda oblatio est, » quae nulla indignitate offerentium inquinari potest ; » quam Dominus per Malachiam nomini suo, quod ma-ii gnum futurum esset in gentibus, in omni loco offeren-» dam praedixit : et quam non obscure innuit apostolus » Corinthiis (I. Cor. ?. 21.), cum dicit non posse eos, » qui participatione mensae daemoniorum polluti sunt,

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» mensae Domini participes fieri : per mensam altare » utrobique intelligent. Hœc denique illa est, quai per » varias sacrificiorum , natura? et legis tempore simililu-» dines figurabatur ; utpote quae bona omnia per illa signi-» ficala, velut illorum omnium consummatio ei perfectio, » complectitur. »

A celte partie du chap. 1 correspond le can. 2. 11 y est dit : « Si quis dixerit, illis verbis, hoc facile in meam » commemorationem, Christum non instituisse apostolos » sacerdotes; aut non ordinasse, ut ipsi, aliique sacerdo-» tes, offerrent corpus et sanguinem suum : anathema » sit. »

IX. Quelques-uns dans le concile objectèrent, comme nous l'avons dit, que ces paroles, « hoc facile in meam » commemorationem, » ne prouvaient pas suffisamment que Jésus-Christ eûl fait un vrai sacrifice c'est-à-dire que dans la cène nons-eulement il eût donné son corps en nourriture àsesapôlres, mais qu'il l'eût aussi offert au Père pour la rédemption du monde. Mais ce doute fut repoussé par les aulres ; car il est certain que Jésus-Chrisi sacrifia véritablement son corps au Père dans la cène, autrement il n'eût point été prêtre selon l'ordre de Melchisedech, ni la figure de l'agneau pascal. En oulre cela se prouve par ces paroles de S. Luc : « Hoc estcor-» pus meum, quod pio vobis datur, ( Luc. ???. ) » et cel-les-ci de S. Paul : « Quod pro vobis frangitur. » ( I Cor. II. ) Les mots datur et frangitur ne signifient pas seule-ment être donné ou rompu en nourriture, mais donné et rompu en sacrifice, car il n'est point dit vobis datur et frangitur, mais pro vobis, outre que l'expression frangitur ne convient point au corps de Jésus-Christ sinon sous l'es-pèce du pain, comme l'observe S. Chiysostôme. (Hom.

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I. Cor. x. 16. ) : « Panem quem frangimus etc. » II est dit aussi dans les Actes ( AcU 2. ) : « Frangebant » circa domos panem. » Si donc le Chrjst se sacrifia lui-même dans la cène et dit ensuite : « Hoc facile in meam » commemorationem, » le mot hoc démontre que les apôlres et les prêtres leurs successeurs devaient faire ce qu'avait fait le Seigneur, c'est-à-dire l'offrir en sacrifice sur l'autel. Et c'est sans raison que les hérétiques disent que Jésus-Christ fut seuFappelé prêtre selon l'ordre de Melchi-sedech ; parce que les prêtres ne sont pas proprement les successeurs du sacerdoce de Jésus-Christ, mais seulement ses ministres ; car il est ceriain que c'est Jésus-Christ lui-même qui est le principal sacrificateur, alors que les prêtres officient.

X. C'est en vain aussi qu'on prétend que l'oblationpure de Malachie s'entend des aumônes et autres bonnes œu-vres qui sont offertes à Dieu avec une intention droite ; parce que celles-ci sont toujours agréables à Dieu et ja-mais repoussées, tandis que Malachie dit ( 1.10.) : « Et » munus non suscipiam de manu vestra : » il ne parle donc pas des bonnes oeuvres, mais des anciens sacrifices que dès-lors Dieu rejetait pour l'oblation pure du sacrifice de l'autel qui devait lui être offerte en tous lieux : « Et in » omni loco sacrificatur et offertur nomini meo oblatio » munda ; » paroles qui réfutent encore l'autre fausse in-terprétation des hérétiques qu'il s'agit du sacrifice de la croix , puisque le sacrifice de la croix, ne s'offre pas en tout lieu, mais a été offert seulement sur le Calvaire et une seule fois.

XI. Danslechap. 2, le concile enseigne que la messe

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esl un sacrifice visible, propitiatoire pour les vivans et pour les moris, et il s'exprime ainsi : « Et quoniam in di-» vino hoc sacrificio, quod in missa peragitur, idem ille » Christus continetur, et incruente immolatur, qui in » ara crucis semel seipsum obtulit ; docet sancta syno-» dus, sacrificium istud vere propiliatorium esse, per » ipsumque fieri, ut si cum vero corde et recla fide... » poenitentes ad Deum accedamus, misericordiam conse-» quamur, etc. Hujus quippe oblatione placatus Dominus » gratiam ei donum poenitentia? concèdent, crimina et » peccata , eliam ingentia, dimittit ; una enim eademque » est hostia, idem nunc offerens sacerdotum ministerio, » qui seipsum tuncin cruce obtulit, sola offerendi ratione » diversa. Cujus quidem oblationis, cruentae inquam, » fructus per hanc uberrime percipiuntur: tantum abest, » iit illi per hanc quovis modo deiogelur. Quare non so->: Ium pio fidelium vivorum peccatis, poenis, salisfactio-» nibus,- et aliis necessitatibus, sed ei pro defunctis in » Christo nondum ad plenum purgatis, rite, juxta apos-» tolorum traditionem, offertur. »

XII. Ainsi donc c'est par la messe que les fruits de la croix sont appliqués aux fidèles, et les novateurs sont dans l'erreur lorsqu'ils disent que le fruit delà croix esl appli-qué à tous et que par là le sacrifice de la croix suffit non-seulement à la rédemption, mais à l'application de ses fruits, ce qui rend inutile celui de l'autel-. Car on leur ré-pond que, selon la doctrine du concile, le sacrifice de la messe est le même que celui de la croix; il n'y a de diffé-rence enlre eux que la manière avec laquelle ils sont of-ferts; de sorte que celui de l'autel ne déroge en rien à ce-lui delà croix. Le sacrifice de l'autel n'a pas non plus élé inslilué pour suppléer à une insuffisance de celui de la

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croix, mais seulement comme moyen de nous appliquer le mérite du sacrifice du Calvaire.

XIII. Les novateurs disent que le sacrifice de l'autel n'est appelé sacrifice que parce qu'il est une figure, une mémoire de celui de la croix. Mais c'est là une erreur, parce que, bien que le concile de Trente dise que la messea été instituée « in memoriam et reprsesenlationem » du sacrifice de la croix, avec cela il est de foi que la messe est un véritable sacrifice par soi et réel, par la présence de laviclime, qui contient la réelle oblalion de Jésus-Christ qui s'y offre lui-même sous les espèces du pain et du vin; en sorte que ce n'est pas là seulement la représentation du sacrifice sanglant, mais la vraie oblalion de Jésus-Christ réellement présent, comme il fut présent sur le Calvaire , aussi le concile dit-il : « Idem ille Christus continetur » qui in ara crucis semel seipsum cruente obtulit.

XIV. Le concile déclare ensuite clairement que le sacri-fice de l'autel nous obtieni tous les biens spirituels et tem-porels, par ces paroles: « Peccata eliam ingentia dimit-tit, » non pas directement, comme l'expliquent commu-nément les docteurs, mais indirectement en tant que Dieu par le sacrifice de l'autel nous accorde la grâce qui porte l'homme à la contrition et à se purifier dans le sa-crement de la pénitence. Quant à la peine temporelle qui reste à subir après le paidon du péché, elle est re-mise sinon en tout, du moins en partie en vertu du sa-crifice delà messe, comme cela est prouvé par l'exemple des défunts à qui la messe profile encore quoiqu'ils ne soient plus capables de mériter par eux-mêmes.

XV. Acechap. 2 correspond le can. S, qui porte : «

Si » quis dixerit, missae sacrificium tantum esse laudis et » gratiarum actionis, aut nudamcommemorationem sa-

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» crificiiin cruce peracti, non autem propilialorium ; vel » soli prodesse sumenti ; neque pio vivis et defunctis, » pro peccatis, poenis, satisfactionibus et aliis necessilati-» bus offerri debere : anathema sit.

Parce terme de nécessité il faut entendre aussi les au-tres biens temporels que Dieu, en vertu du sacrifiée, dis-pense aux fidèles, selon qu'il sait qu'ils peuvent leur être utiles pour leur sâlut.

XVI. D'ailleurs que la messe soit un véritable sacrifice propitiatoire, c'est-à-dire qui rende Dieu propice à nous pardonner non-seulement les peines, mais aussi les fautes comme le déclare le concile dans ce chap. 2, cela se prouve par l'institution même de l'eucharistie, faite spé-cialement en rémission des péchés : « Hic est sanguis » meus qui pro multis effundetur (ou même comme » porte le texte grec, effunditur) in remissionem pecca-» torum. » II est dit effundetur par rapport au sacrifice sanglant et effunditur pour le sacrifice non sanglant de chaque messe. L'un et l'autre est réputé en rémission des péchés; mais dans celui de la croix Jésus-Christ a payé le prix de notre rédemption, dans celui de l'autel la valeur de ce prix nous est appliquée. Ce sacrifice étant donc propitiatoire est aussi impélratoire de nouvelles grâces, comme le disent généralement les Pères, S. Cy-rille, S. Chrysoslôme , S. Ambroise, S. Jérôme et S. Augustin cité par Bellarmin.

XVII. Il est dit encore dans ce chap. 2 : « Non solum »

vivorum sed pro defunctis, etc. » et la môme chose est répétée dans le can. 3. Cela est prouvé non-seulement par le lib. II des Machabèes, cap. xu. f. 45, où on lit : « Collatione facta, duodecim millia dragmas argenti » misit ad Hierosolymam offerri pio peccatis mortuorum

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» sacrificium. Sancta ergo et salubris est cogitatio pio de-» fundis orare, ut à peccatis solvantur. » Mais encore par la constante tradition de l'église, comme l'atteste S. Augustin en plusieurs endroits et spécialement dans le livre de Cura pro Mortuis (cap. 1. num. 3.), El S. Chry-sostômequi (Hom. 3. in epist, ad Philip.) écrit : « Non » frustra ab apostolis sancitum esi, ut in celebralione » mysleriorum memoria fiat eorum qui hinc discesse » runt; » en effet, on retrouve dans les liturgies de S. Jacques et de S. Clément et dans toules les autres, la' commémoration que l'on fait aujourd'hui pour les moris. Calvin dit : « Defuncios nihil accipere, nihil manducare.» Cela prouve seulement que les moris ne peuvent participer à la nourriture eucharistique, mais non pas qu'ils ne puissent pas participer aux fruits du sacrifice. Terlullien (de Coron, inilit.) écrit touchant la recommandation des défunts à la messe : « Hunc ritum ex consuetudine re-» tentum traditio est aucirix, consuetudo conformatrix. » Et il ajoute : « Oblationes pro defunctis pro nalaliliis » annua die facimus. » El S. Alhanase (Serm. de défunt.) : « Incruenlae hostiae oblatio propitiatio est. » S. épiphane écrit (Haeresi, 75.

) que même l'église antique condamna comme une hérésie l'opinion d'Arius qui disait qu'on ne pouvait offrir le sacrifice pour les moris. S. Cyprien (lib. \. epist. 9.) dit : Sacrificium celebrari pro defunctis » in altari. » S. Augustin parle de môme dans son Enchirid., cap. HO. Mais nous parlerons plus au long sur ce sujet en traitant du purgatoire dans la vingt-cin-quième session.

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De l'efficacité du sacrifice de la messe.

XVIII. Bellarmin (lib. 6. cap. 4) dit que le sacrifice de la messe est offert triplement: par Jésus-Christ, par. l'église et par le prêtre ; mais non de la même manière. Jésus-Christ l'offre comme pontife ou principal sacrifica-teur par le moyen d'un homme son ministre : l'église l'offre, non comme prêtre, mais comme peuple par le moyen du prêtre ; le prêtre enfin l'offre comme ministre de Jésus-Christ et comme intercesseur pour tout le peuple. Jésus-Christ est cependant toujours le premier offrant dans le sacrifice de la messe où il s'offre perpétuellement sous les espèces du pain et du vin par le moyen des prêlres ses ministres (comme le dit le concile : « Idem offerens Christus sacerdotum ministerio »), lesquels, en sacri-fiant , représentent sa personne ; d'où le concile de Latran dit ( in cap. Firmiter, de Sum. Trin.) : « Simul (Christus) » est sacerdos et sacrificium, ? 11 convenait en effet à la dignité d'un tel sacrifice d'être principalement offert, non par des hommes pécheurs, mais par un pontife su-prême non sujet au péché : « Talis decebat ut nobis esset » pontifex, sanctus, innocens, impollutus. » (Hebr. ?. 26.) On distingue ensuite dans Je peuple trois manières d'of-"frir le sacrifice : habituellement par ceux qui étant absens désirent que le sacrifice soit offert; actuellement pour ceux qui assistent à la mjesse, et .causalement par ceux qui sont cause que la messe se célèbre.

XIX. La messe a son effet « ex opere operato, c'est-à-dire par elle-même et indépendamment du mérite du prêtre et cela est la conséquence de la divine promesse ? « Hic est sanguis meus novi testamenti, qui pro multis

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» effundetur in remissionem peccatorum. » (Matth. xxvi.

28. ) Aussi le concile dit-il dans le chap. 2 cité : « Hujus

» quidem oblationis cruentae fructus per hanc uberrime » percipiuntur. » Et pea importe que l'effet n'en soit pas instantané ni profitable à tous, il suffit que cet effet soit infaillible de la part du sacrifice; cela veut dire que le sacrifice pour avoir son effet requiert une certaine dispo-sition dans l'homme sans laquelle il n'en reçoit pas de fruit; mais celte privation vient du défaut de l'homme, non de celui du sacrifice.

XX. Le sacrifice peut avoir son effet « ex opere operato »

de deux manières : 1 " si celle opération esl un acte matériel produisant directement l'effet et c'est ainsi qu'opèrent les sacremens ; 2 si ce moyen, sans produire immédiatement l'effet, dispose infailliblement Dieu à produire l'effet in-dépendamment de la bonté du minisire. C'est ainsi que la messe opère « ex opere operato; » elle n'oblient pas, par exemple, la justification, comme le fait la pénitence qui justifie immédiatement le pénitent disposé par la con-trition; mais elle l'obtient médialemeQt, comme l'en-seigne S. Thomas (in 4. Sent dist. 42. q. 2. ad. 4) et comme cela esl admis par l'opinion commune. Aussi dans ce chap. 2 le concile dit : « Per hoc sacrificium, » peccata etiam ingenlia dimitti, quia Deus hoc sacri-» ficio placatus gratiam et donum poenitentiae concedit, » et il en donne la raison : « Quia eadem esl hostia, et » idem offerens, qui fuit in cruce. » C'est pourquoi l'effet ne dépend pas de la bonté du minisire. La messe d'ail-leurs opère en cela par voie d'impétralion ; mais celle impéliation esl infaillible parce qu'elle esl demandée par Jésus-Christ et qu'aucun obstacle ne peut venir de la part de ceux qui profèrent les prières.

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XXI. Peu impone du reste l'objection de Chemnice que si la messe remet les péchés, les sacremens devien-nent inutiles ; car on répond que cela serait vrai si les péchés étaient remis immédiatement; mais la pénitence demeure toujours nécessaire pour cette rémission. La messe obtient certainement et infailliblement un secours spécial aux pécheurs qui correspond à leurs dispositions et si alors le pécheur résiste à la grâce, ce sera par sa faute que le sacrifice n'aura point opéré. Quand aux biens temporels, Dieu les accorde toujours quand ils sont utiles au salut. Il n'est pas nécessaire, comme nous l'avons dit, que le ministre soit juste pour que les effets de la messe soient obtenus; car elle est offerte principalement par Jésus-Christ, et par-là , encore que le prêtre soit pé-cheur, la messe opère par soi « ex opere, operato; » néanmoins la justice du ministre aide toujours à l'impé-tration « ex opere operantis. »

XXII. Selon l'opinion la plus générale parmi les théolo-giens, l'effet de la messe est borné et c'est pour cela que la pratique universelle de l'église est de réitérer souvent le sacrifice pour obtenir le même bienfait : à la différence du sacrifice de la croix qui fut d'une valeur infinie et qui pour cela ne fut pas répété. La meilleure raison ensuite à donner de ce que l'effet de la messe est borné, c'est que telle est la volonté de Jésus-Ghrist qui a voulu n'ac-corder ainsi sa grâce que dans une certaine mesure, n'ap-pliquant chaque fois qu'une partie des mérites |de sa passion, afin que les hommes soient portés à offrir plus souvent ce sacrifice.

XXIII. On demande pour quelles personnes la messe peut être offerte? Il est certain, comme nous l'avons vu, et comme l'enseigne le concile, que la messe peut être

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offerte pour tous les catholiques \ivans quoique pé-cheurs et pour tous les défunts, comme il est dit dans le canon de la messe. « Pro omnibus onhodoxis, atque ca-» tholicae fidei cultoribus. » II est également certain d'autre part qu'elle ne peut être offerte pour les damnés puisque leurs fautes et leurs peines sont irrémissibles. De même, elle ne peut s'offrir pour les hérétiques puisque l'église (cap. a nobis, de sent, excomm.) a défendu de l'offrir pour les excommuniés ; or les héréîiques le sont tous. Cependant le sacrifice est offert pour eux indirectement par ces pa-roles de l'offertoire du calice: «Offerimus pro totius mundi » salute. »

XXïV. Pour ce qui est des infidèles, Bellarmin pense que la messe peut être valablement offerte pour les princes non chrétiens, comme l'écrit S. Chrysoslôme (Hom. 6. in. ep. ad Tim.) et Tertullien (lib. ad scapulam), où il dit : « Sacrificamus pro salute imperatoris; » outre que dans la loi ancienne, on offrit des sacrifices pour Darius (lib. 1. Esdrœ cap. 6.), et pour Héliodore (lib. 2. Ma-chab. cap. m.). El cela n'est pas contredit par ces paroles de S. Augustin (lib. 4. De orig. an. cap. 9.) : « Quis of-» ferat sacrificium corporis Christi, nisi pro iis qui sunt » membra Christi? » Car, dit Bellarmin, le saint ne parle pas ici des gentils vivans, mâisdes morts, pour lesquels cer-tainement on ne peut prier à la messe. Du reste, ajouta-t-il, le sacrifice de la messe peut bien s'appliquer pour la conversion des gentils comme pour celles des héré-tiques.

XXV. Passons au chapitre 5 où il est question de la messe en l'honneur des saints : voici ce qu'on y lit : « El » quamvis in honorem et memoriam sanctorum nonnullas » interdum missas ecclesia celebrare consueverit, non ta-

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» men illis sacrificium offerri docet, sed Deo soli, qui illos » coronavit; unde nec sacerdos dicere solet, offero tibi » sacrificium, Petre, vel Paule; sed Deo de illorum vic-» loriis gratias agens, eorum patrocinia implorat ; ut ipsi » pro nobis intercedere dignentur in coelis, quorum me-» moriam facimus in terris. » A celle partie du chap. correspond le can. 5., où il est dit : « Si quis dixerit, » imposturam esse, missas celebrare in honorem sanclo-» rum, et pio illorum intercessione apud Deum obli-» nenda, sicut Ecclesia inlendil : anathema sit. »

Le sacrifice de la messe est un culle suprême qui ne peut être offert qu'à Dieu seul, en signe de son pouvoir suprême; aussi en disant la messe d'un tel saint, on emend qu'elle est offerte en son honneur, mais à Dieu seul, ainsi l'explique S. Augustin (lib. 8. De civ. Dei cap. 27). Telle est la tradition et l'antique usage de l'église, comme le constatent les anciennes liturgies. C'est avec juste raison ensuite que l'église offre la messe en l'honneur des saints., autant pour remercier Dieu des grâces qu'il leur a faites que pour implorer près du Sei-gneur leur intercession et en même temps pour nous ani-mer à suivre leur exemple en en rappelant la mémoire.

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