Traité contre les protestants (page 16)

Alphonse de Liguori · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Traité contre les protestants · 23 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

XXVI. Dans le chapitre 4, il est parlé du canon de la messe, et on repousse les calomnies des hérétiques, qui le donnent comme plein d'erreurs et d'inutilités : il est dit au contraire qu'il ne contient rien qui ne respire la sainteté et la piété : *. Et cum sancta sancte administrari » conveniat, sitque hoc omnium sanctissimum sacrif -» cium, Ecclesia catholica, ul digne reverenterque offer-» relur, ac perciperetur, sacrum canonem multis anle » seculis instituit ila ab omni errore purum, ut nihil in » eo contineatur, quod non maxime sanciitaiem ac piela-

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» tem quandam redoleat, mentesque offerentium in Deum » erigat; is enim constat, cum ex ipsis Domini verbis » tum ex apostolorum traditionibus, ac sanctorum quo-» que pontificum piis institutionibus. » A cette partie du chapitre 4 correspond le can. 6, où il est dit : « Si quis » dixerit, canonem missae errores continere, ideoque abro-» gandum esse : anathema sit.

XXVII. Et d'abord le seul nom de canon répugne aux novateurs en ce qu'il indique une règle fixe et certaine. Ils voudraient qu'il fût libre à chacun de réciter à la messe les prières qui lui conviendraient le mieux. De là Chemnice blâme le concile de Trente qui déclare que le canon de.la messe a été composé, partie des paroles mêmes de Jésus-Ghrist; partie de celles des apôtres et des pon-tifes. Il suppose qu'un certain Scholastique fut l'auteur du canon, parce que S. Grégoire (lib. 2, ep. 54) écrit : « Precem Scholastici recitari super oblationem. » Erreur évidente, car S. Ambroise, S. Optât et S. Grégoire lui-même, ainsi que plusieurs autres anciens auteurs, appel-lent le canon de la messe; ordre, règle et canon. Il est vrai que le canon grec de la messe diffère en plusieurs parties du nôtre, car on fait usage en Grèce de la liturgie de S. Basile ou de S. Chrysoslôme ; de même qu'à Milan de celle de S. Ambroise, à Tolède en Espagne de celle dite Mosarabe, et à Rome de celle qui est commune à l'église latine; mais tous ces canons differens ont été concédés et approuvés par les souverains pontifes ; ils ne diffèrent en rien d'essentiel et ne contiennent aucune erreur.

XXVIII. Quant à ce Scholaslique que Chemnice donne pour auteur du canon, d'après les paroles de S. Gré-goire , il faut savoir qu'il est en question si S. Grégoire a voulu employer ce mot de Scholaslique comme un nom

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propre, ou comme exprimant une qualité comme maître ou docteur ce qui est plus croyable, puisque le même S. Grégoire appelle aussi S. Matthieu scholastique. Outre que Bellarmin remarque que ces paroles de S. Grégoire : « Precem Scholastici recitari super oblationem, ï ne s'en-tendent pas de tout le canon, mais mieux des trois orai-sons qui se disent avant la communion , car Micrologus écrit, cap. 18. que ces trois oraisons sont hors du canon. Du reste, il est certain, dit encore Bellarmin (lib. 6. cap. 19 ) que les apôtres au commencement en célébrant la messe n'ajottlaient aux paroles de la consécration que le seul Pater noster, bien que plus tard ils aient ajouté d'autres prières entre autres celles pour les morts, selon le témoignage de S. Chrysoslôme qui atteste (Hom. 3. in epist, ad Philip.) que l'oraison pour les morts que l'on dit à la messe vient par tradition des apôtres. S. Isidore (lib. 1. De offic. cap. 15) affirme que ce fut S. Pierre qui donna à l'église une forme pour célébrer la messe en y ajoutant certaines prières et certains rites. Les pontifes y ajoutèrent ensuite d'autres prières jusqu'à S. Grégoire-le-Grand, qui fut le dernier (comme le rapporte Wilfrid (de observ. eccl. cap. 22) qui ajouta au canon ces paroles : « Diesque nostros in tua pace disponas. » Ainsi donc, bien que les anciennes liturgies portent les noms d'au-teurs differens, comme' de S. Basile, de S. Chrysoslôme, de S. Ambroise, de S. Gélase, de S. Grégoire (c'est notre liturgie romaine) et de S. Isidore, ces saints néanmoins ne composèrent pas de nouvelles liturgies, mais ils rédui-sirent celle qui existait de leur temps à une meilleure forme, comme le prouve Bellarmin à l'endroit cité.

XXIX. Dans le chapitre 5 il est parlé des cérémonies solennelles du sacrifice de la messe ; et il est dit que la xix. 33

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nature de l'homme exigeant des signes extérieurs pour élever son esprit à la méditation des myslères divins, la sainte église a, en conséquence, institué quelques rites pour la célébration de la messe, et spécialement celui de réciter à haute voix certaines prières et d'autres à voix basse. Elle a ordonné en outre diverses cérémonies , comme les bénédictions, les lumières, les vêtemens, etc, selon la tradition et la discipline anciennes, pour conser-ver ainsi la majesté du sacrifice et afin que les fidèles fus-sent excités à contempler les grandes choses qu'il contient : « Cumque natura hominum (ce sont les paroles du concile) » ea sit, ut non facile queat sine adminiculis exterioribus » ad rerum divinarum meditationem sustolli -r propterea » pia mater Ecclesia ritus quosdam, ut scilicet quaedam » submissa voce, alia vero elatiore, in missa pronuntia-» renlur, instituit. Caeremonias item adhibuit, ul mys-» ticas benedictiones, lumina thymiamata, vestes, alia-» que id genus multa ex apostolica disciplina, et tradi-» tione, quo et majestas lanli sacrificii commendaretur, et » mentes fidelium per haec visibilia religionis et pietatis » signa ad rerum altissimarum , quae in hoc sacrificio » latent, contemplationem excitarentur. » A. ce chap. 5 correspond le can. 9., dans lequel on dit anathèmecontre ceux qui condamnent le rite suivant eque on récite à voix basse une partie du canon et spécialement les paroles de la consécration.

XXX. Calvin (Ub. 4. inslit. cap. 17. 43) avoue que les cérémonies de la messe sont d'une haute antiquité, et ne sont pas éloignées du temps où les apôtres vivaient. Néanmoins, il les appelle « rubiginem coenae Domini » natam ex procacitale humanae confidentias. » Luther et ses sectateurs ne rejettent pas toutes les cérémonies, car,

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dans leurs.messes, ils en observent quelques-unes; mais Luther (lib. De capi. Bab.) dit que la messe doit se dire en jmitaiion de celle que célébra Jésus-Christ, sans vêle-ment, sans actes, sans chant. Il ne rejette pourtant pas l'usage des lumières, de l'encens et autres choses sembla-bles; en quoi il est en contradiction avec lui-même. 11 est peu probable, comme on l'a pensé, qne l'usage des flam-beaux ait eu pour cause l'obscurité des lieux où on célé-brait la messe dans les premiers temps, et que celui de l'encens vienne de la nécessité de combattre les exhalaisons de ces lieux souterrains; car ces cérémonies, et autres semblables " furent principalement instituées datis des vues toutes spirituelles, comme les lumières en signe de vénération pour la majesté du sacrement, et pour figurer . la lumière de l'évangile, comme dit S. Jérôme (ad Vigi-lant, tom. 4. 2. p. 289) : « Per tolas Orientis ecclesias, » quando lëgenduhi est Evangelium, accenduntur lumi-

» naria.....et sub lypo luminis, illa lux ostenditur, o De

même, S. Thomas, parlant de l'encens, dit qu'on le brûlait, «ad reprsesentandum effectum gratiae. » (?. ?. q. 85. a. 5. ad. 2.^Chemnice admet la bénédiction des espèces et, aussi la récitation des psaumes, du symbole, et ,des autres prières (qui ne sont pas proprement cérémo-nies). Il admet encore les vêlemens, les vases sacrés et les autres ornemenss niais.il tient que ces choses sont ar-bitraires, et non de nécessité. Il appelle, au reste, su-perstitieux etimpies les rites de l'offrande pour les vivans et pour les morts, de l'invocation des saints, de la satisfaction pour les âmes du purgatoire, etde la bénédiction de l'eau. XXXI. Nous disons, nous, que ces choses ne sont point par elles-mêmes et intrinsèquement nécessaires, mais que l'église a bien pu les prescrire, et que nous sommes obli-

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gés à les observer. Le concile de Trente dit que plusieurs sont de tradition apostolique. Et il n'importe que S. Paul (I. Cor. n) n'en fasse pas mention; car l'apôtre parle seulement de ce que fit le Sauveur, et ces traditions ne commencèrent qu'après son ascension. Quant aux vête-mens, ils étaient prescrits déjà dans l'ancienne loi aux prêtres sacrificateurs ; et dans la nouvelle, il est cer-tain que leur usage est très-ancien, comme il est constant, par les nombreux auteurs que cite à ce sujet Bellarniin (lib. 6. cap. 24), que S. Grégoire (comme le rapporte Jean diacre dans la vie de ce saint lib. 2. c. 57) envoya en Angleterre des vêlemens et des vases pour célébrer la messe. S. Jérôme (contra Pelagian. lib. 1) écrit qu'à la messe les prèlres et le clerc portaient des vêlemens Wancs ; et S. Chrysostôme(hom. 85) donne les oraisons que doit réciter le prêtre en prenant les habits sacrés.

XXXII. Pour les temples et les autels, les novateurs les admettent, mais ils en réprouvent la consécration. Bellarmin prouve cependant (cap. 14) qu'elle est très-ancienne , comme aussi l'usage des vases sacrés. En vain Calvin oppose-t-il ces paroles de S. Ambroise : « Aurum » sacramenta non quaerunt. » (Lib. 2. de offic. cap. 28.) Le saint ne réprouve pas les vases d'or,- mais il dit que, pour la validité des sacremens, l'or est inutile; qu'aussi dans le, cas de nécessité, on peut vendre les vases sacrés. Du veste, jusque-là il les conservait.

???1?. Un autre rite rejeté par Luther et Calvin, c'est le jeûne avant la célébration : Luther dit qu'il suffît qu'on n'ait pas abusé de nourriture ou de boisson. Si le respect du sacrement, écrit-il, exigeait cela, on aurait aussi à éviter de respirer,, parce que l'air entrerait dans le corps avant Jésus-Clirisl. étrange paradoxe! dans l'absorption

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de l'air il n'y a aucune irrévérence ; mais il y en a, certes, à prendre une nourriture terrestre avant la céleste. L'u-sage ?? jeûne est très-ancien, comme l'attestent Terlul-lien (in lib, 2. ad uxor.), S. Cyprien (lib. 2. epist. 5), S. Chrysoslôme (Hom. 27. in prior, ad Corinih. et ep, 2. ad Cyriae.), et S.: Augustin (ep. 118. cap. 6), qui dit que ce jeûne fut institué par les apôtres, inspirés du Saint-Espril, et que jusqu'alors il avait été observé dans toute l'église, en honneur de ce grand sacrement. 11 fût pres-crit aussi par les plus anciens conciles, comme par le troi-sième de Carthage, le deuxième de Mâcon ,1e premier de Brague , le quatrième de Tolède, et enfin le concile géné-ral de Constance, qui défendit formellement de célébrer après a\oiï bu ou mangé. Mais, disent les novaieuis, lé-sus-Christ célébra après la cène; mais ce fut la cène pas-cale qui se célébrait en mémoire de la sortie d'Egypte, et celle-là ne se pratique plus. Cependant S. Paul (I. Cor. H) admet, dira-t-on , le manger avant la communion, lorsqu'il dit: «Si quis esurit, domi manducet.» Mais cela ne signifie pas qu'on dût manger d'abord et com-munier ensuite ; cela veut dire, comme l'expliquent S. Chrysoslôme, Théophylacle et autres, que si quelqu'un est pressé de la faim et ne peut attendre, il se relire chez lui pour manger.

XXXIV. Pour ce qui est des cérémonies qui s'obser-vent en disant la messe, comme les élévations des mains ou des yeux , les inclinations et les génuflexions, etc., on en trouve plusieurs exemples dans les écritures. Bel-larmin, au ehap. 15, fait remonter à une très-haute an-tiquité l'élévation de l'hostie et du calice, la fraction du pain consacré, et son mélange avec le sang, comme aussi le chant et le son des insirumens qui étaient déjà en

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usage sous l'ancienne loi. Pieire, mailvr, réprouve la musique comme cérémonie judaïque; mais Bellarmin ré-pond que les cérémonies qui n'élaienl que les figures des réalités de la loi nouvelle sont seules à rejeter, mais non les autres, qui sont d'institution naturelle, comme le chant des louanges de Dieu, l'encens, les génuflexions, frapper la poitrine, etc.

XXXV. Uanslechap. 6 ilesl question de la messe privée, dans laquelle le prêtre seul communie, il y est dit : « Optaret » quidem sacrosancta, synodus, ut in singulis missis fi-» deles adstantes ,??? 'solum spirituali affectu,, sed sacra-» mentali etiam eucharistiae perceptione communicarent, y> quo ad eos sanctissimi hujus sacrificii fructus uberior » proveniret. Nec tamen, si id non semper fiat, propterea «missas illas, in quibus solus sacerdos sacramentaliter » communicat, ul privatas, ei illicitas damnat, sed pro-» bal, atque commendat; siquidem illae quoque missae » vere communes censeri debent : partim quod in eis po-» pulus spiritualiter communicet : partim vero, quod a » publico Ecclesiae ministro, non pro se tantum, sed pro » omnibus fidelibus qui ad corpus Christi pertinent, ce-» lebrenlur. » A celte partie du cliap. 6 appartient le can. 8., qui porte : « Si quis dixerit, missas, in quibus » solus sacerdos sacramentaliter communicat, illicitas esse, » ideoque abrogandas: anathema sit. » Apropremenl par-ler, (ou(esles messes peuvent être appelées publiques, en ?? sens que le sacrifice est public étant offert pour toute l'église ; parce qn'encore le ministre esl public, puisqu'à l'autel il ne célèbre pas pour lui seul, mais pour tous les fidèles, comme le dit le concile de Trente : « Quod a pu-» blico Ecclesia? ministro, non pro se tantum, sed pro » omnibus fidelibus celebrentur. » Cela se prouve encore

par l'antique usage de l'église, comme nous le voyons dans le concile d'Agde, lenu en 511, et le douzième de Tolède (can. 5, etc.). La raison elle-même le confirme, puisque, par sa nature , le sacrifice n'exige que la seule personne du prêtre, et non la présence de ceux pour qui il est offert.

XXXVI. Luther faisait une distinction : il appelait messe publique celle qui se célébrait avec le chant et l'assistance des ministres, et dans laquelle tous les fidèles commu-niaient. La messe privée était, selon lui, celle qui se disait sans chant, ou dans un oratoiie particulier, ou même celle dans laquelle le prêtre seul communiait. Celle-ci il la réprouve comme illicite (lib. de miss, priv.), et ses sectateurs ont dit de même; mais leur opinion, comme nons l'avons vu, fut condamnée dans le canon 8.

XXXVII. C'est une erreur évidente de dire que la messe dans laquelle le prêtre seul communie est illicite, puisque la dîspensation de la victime aux assistens n'esj point de l'essence du sacrifice, comme est sa consécration et sa consommation. El même dans l'ancienne loi (Levi l. vi. 1.), quand on offrait le sacrifice pro peccato, le peuple ne mangeait point de la victime, et cependant c'était bien un

véritable sacrifice.

XXXVIII. Les adversaires objectent premièiemenl que cela est contraire à l'institution faite par Jésus-Christ; puisque dans la cène, il communia tous ceux qui étaient présens, et leur dit : « Quemadmodum ego eci, ita et » vos faciatis. » ( Joan. XIII. 15. ) On îépond c ue par ces paroles, le Seigneur n'a pas voulu ordonner q ie l.\ messe se célébrât avec toutes les circonstances avec lesquelles il la célébra lui-même; autrement toutes les messes de-vraient se dire après le repas du soir, de nuit, à| l'exclusion

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des femmes, etc. Le Seigneur a seulement prescrit que le célébrant communiât toujours et ne refusât pas la commu-nion à qui la demanderait.

XXXIX. Chemnice objecte que, comme le ministre de la parole divine

(qui est aussi ministre public) ne peut prê-cher sans la présence du peuple ; de même le prêtre ne peut sacrifier et participer au sacrifice, sinon en la pré-sence d'autres participans. On répond qu'autre chose est sacrifier, autre chose prêcher : la prédication est un acle qui s'adresse aux hommes, le sacrifice est offert à Dieu; d'autant que le sacrifice est comme l'oraison qui profile même aux absens.

XL. On oppose encore que la messe privée est con-traire à l'ancienne pratique de l'église, puisque dans l'ép. I. ad Cor. xi. 20, la cène du Seigneur est distinguée de la cène privée : « Jam non est dominicam coenam » manducare. » Déplus au can. 9 ou 10 des apodes, et dans le can. Peracta, dis t. 2 deconsecr. Il parait qu'on ex-cluait de la messe ceux qui ne communiaient pas. On répond sur le premier point, qu'il est là question, non de la communion, mais des agapes, où les riches invitaient les pauvres par motif de charité, à manger avec eux; et de là, S. Paul blâmait ceux qui n'agissaient pas ainsi chari-tablement : « Unus quidem esurit, alius autem ebrius est. » Num quid domos non habetis ad manducandum et » bibendum? aut ecclesiam Dei contemnitis et confun-» dilis eos qui non habent? » Ainsi l'apôtre parlait de la cène privée par laquelle on imitait celle que le Seigneur, à la dernière Pâque, mangea avec ses disciples : et bien qu'il eût parlé de l'eucharistie, il blâme ensuite ces cènes pri-vées desquelles plusieurs étaient exclus, mais non celles dans lesquelles tous n'intervenant pas, aucun n'est exclu,

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comme nos messes. En second lieu, on répond que dans ]e can. 9 apostolique, et dans le can. Peracta, bien que Ja communion y soil exigée de tous les assislans, néan-moins, il n'est point ordonné aux prêtres de s'abstenir du sacrifice, s'il n'y a point d'assistansqui veuillent commu-nier. Anciennement, le sacrifice était interdit seulement aux prêtres qui ne communiaient pas eux-mêmes, on le voit par le can. 5 du douzième concile de Tolède, où il est dit : « Quale erit sacrificium , cui nec ipse sacrificans par-» licipassedignoscelur? «Donc, déjà il était question de messe dans laquelle personne ne communiait, cependant ce concile date de 900 ans en çà.

XLI. On ne peut donc rien objecter contre la messe privée, sous quelque rapport qu'elle le soit : 1 Sous le rapport du lieu, puisque d'abord, Jésus-Christ célébra dans une maison particulière, et que les actes disent des apôtres (Act. ?.) : « Frangebant circa domos panem ; » qu'ensuite les ponlifes, au temps des persécutions, célé-braient aussi dans les maisons, dans les grottes et dans les prisons, et qu'au rapport de Bellarmin S. Grégoire-de-Nazianze, S. Ambroise et autres dirent la messe dans des maisons particulières.

XL1I. 2 Par rapport au temps; c'est-à-dire que la messe soil dite aux jours non fériés. Les adversaires ont coutume de ne célébrer que le dimanche ; mais du reste ils ne ré-prouvent pas la messe quotidienne, et ce serait bien à tort qu'on l'improuverait, car l'usage de la messe quotidienne est prouvé être celui de l'église, comme l'attestent S. Chry-soslôme (ad Ephes. hom. 5), S. Jérôme (in cap. 1. ad Tit. ) et autres.

XLIII. 5 Par rapport à la/n pour laquelle elle est dite, lorsqu'elle est appliquée à une personne privée ou à un objet

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particulier. Mais cela ne peul cire reproché parce que toutes les messes s'offrent pour tous les fidèles vivans et morts (les damnés exceptés) comme on le voit dans les mis-sels. Ainsi si la messe est appliquée plus particulièrement à une personne qui en recevia plus de fiuit, tous les autres ne laisseront pas d'y participer. Cet usage exista de toute antiquité, comme on le voit dans le Lévitique aux chap. 4 et 5, où il est parlé des sacrifices pour le prince, pour le piètre, etc. Job (cap. i.) sacrifiait pour ses fils. Et dans la nouvelle loi, il esl constant que la messe se célé-brait aux anniversaires des saints; S. Augustin (hi). 9. conf. cap. 12.), parlant de sa sainte mère défunte, écrit : « Cum offerretur pro ea sacrificium, etc. »

XLIV. 4 Par rapport au défaut d'a&sistans. Mélanchton blâme l'église romaine parce qu'elle fait dire la messe sans le concours de tout le peuple; mais les autres luthé-riens n'ont point de scrupule sur ce point. Du reste, nous savons que S. àmbroise célébra dans la maison d'une dame romaine; S. Maris célébra dans sa cellule, comme l'atteste Théodoret. El S. Grégoire (lib. 4. ep. 43) in-terdit aux monastères la célébration avec le concours du peuple, afin que les religieux ne fussent pas distraits de leur recueillement.

XLV. 5 Ence que la messe soit dite dans la même église outre la messe paroissiale. Les luthériens condamnent la multiplicité des messes; mais à tort, parce que de tout temps il y a eu plusieurs prêlres dans l'église et qu'il n'est point à croire que l'un ou quelques-uns d'eux célé-brassent et que les autres s'abstinssent. Cela se démontre encore par le nombre si grand des églises et la multipli-cité des autels dans chacune d'elles, comme il en esl fail meniion dans S. Ambroise (episl. 53), S. Grégoire

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(lib. 5. ep. 50), et S. Léon (episl, 81. ad Dioscor).

XLVI. Et enfin en ce que le prèfre seul communie ; puisque, comme nous venons de le voir, dans la messe privée se retrouve toute l'essence et l'intégrité du sacri-fice institué par Jésus-Christ. Mais ils opposent le texte : « Christus semel oblatus est. » (Hebr. ix. 28.) S.Paul parle ici du sacrifice de la croix dont Jésus-Christ a voulu que la mémoire fût renouvelée dans le sacrifiée del'auiel par lequel le fruit du sacrifice.de la croix est appliqué aux fidèles.

XLVII. Dans le chap. 4 il est parlé de l'eau qui doit être mêlée au vin : « Monel deinde sancta synodus, prce-» ceptum esse ab Ecclesiae sacerdotibus, ut aquam vino » in calice offerendo miscerent : tum quod Christum Do-» minum ita fecisse credatur; tum etiam quia e latere » ejus aqua simul cum sanguine exierit, quod sacramen-» tum hac mixtione recolitur; et cum aquae in apocalypsi » beaii Joannis populi dicantur, ipsius populi fidelis » cum capite Chrislo, unio repraesentatur. »

XLVIII. Dans le chap. 8 on dit qu'il ne convient pas que la messe soit dite en langue vulgaire; mais il est recommandé aux pasteurs de faire une instruction sur quelqu'un des passages qui se lisent à la messe : « Etsi » missa magnam contineat populi fidelis eruditionem, non » tamen expedire visum est Patribus, ut vulgari passim » lingua celebraretur. Quamobrem , retento ubique cujus-» que Ecclesiae antiquo, et a sancta romana Ecclesia , » omnium ecclesiarum maire et magistra, probato ritu, » ne oves Christi esuriant, neve parvuli panem petant, » et non sit qui frangat eis ; mandat sancta synodus pas-» (oribus et singulis curam animarum gerentibus, ut » frequenter, inter missarum celebrationem, vel per se

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» vel per alios, ex iis quae in missa leguntur, aliquid » exponant; atque inler cetera sanctissimi hujus saciificii » mysterium aliquod declarent, diebus praesertim domi. » nkis, et festis. »

XLIX. A ce chap. 8 correspond en partie le can. 9 qui décide de trois choses : de la récitation à voix basse, de l'emploi de la langue vulgaire et de la mixtion de l'eau dans le calice : « Si quis dixerit, Ecclesiae romanae » ritum, quo submissa voce pars canonis, et verba conse-» elationis proferuntur, damnandum esse ; aut aquam » non miscendam esse vino in calice offerendo, eo quod » sit contra Christi institutionem : anathema sit. »

L. Les novateurs soutiennent que l'on doit se servir totalement de la langue vulgaire pour célébrer la messe, bien que Luther (lib. de form. missas) laisse ce point à la volonté du célébrant, mais c'est avec juste raison que l'église romaine a précisément ordonné le con-traire; parce que (selon la remarque de Bellarmin, (Dé missa. cap. 11.) l'oblation de la messe consiste plutôt dans le fait que dans les paroles ; car l'acte même par lequel est présentée la victime, c'est-à-dire Jésus-Christ sur l'autel est la vrai oblalion, sans le concours des pa-roles. Pour ce qui est de la consécration, les paroles sont nécessaires ; mais celles-ci ne se prononcent pas pour l'instruction du peuple, elles ne servenlqu'àopérer le sacri-fice. Les paroles même de l'oblation né s'adressent point au peuple, mais à Dieu, qui entend toutes les langues. Les Hébreux eux-mêmes, dans les cérémdrn'es publiques de leur religion n'ont point quitté l'usage de la langue hé-braïque, quoiqu'elle eût cessé d'être vulgaire parmi eux depuis la captivité de Babylone. De plus, l'usage en Orient a toujours été de célébrer' en langue grecque ou

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ebaldéïque et en Occident en langue latine; et cela n'a pas cessé d'avoir lieu au temps ou parmi ces peuples ces langues ont cessé d'être vulgaires.

LI. Et cela fut nécessaire, par exemple, quant à la langue latine, en Occident, afin de conserver la com-munication entre les églises ; autrement un Allemand ne pourrait célébrer en France. Ajoutons que souvent une langue ne peut rendre la force d'expression d'une autre, et qu'ainsi, en disant la messe en divers idiomes il serait difficile de conserver l'identité du.sens des paroles. Ajoutons encore que celaiut nécessaire afin de conserver l'uniformité constante des rites de l'église dans l'admi-nistration des sacremens et d'éviter ainsi les schismes; sans cela il serait né une extrême confusion dans celte translaction pour chaque nation du Misse^ romain en son propre idiome. Aussi les évêques de France supplièrent, d'un commun accord, Alexandre VîI, en 4661, de sup-primer la. traduction du Missel romain faite en langue française en 1660 par le docteur Voisin; et de fait, le 42 janvier de celte même année cette condamnation eut lieu. LU. On oppose que dans le quatrième concile de Latran, en 1245, au chap. 9, il est permis à toute nation de célé-brer l'office en langue vulgaire. Il faut ici lever toute équi-voque : le concile parle là seulement 4es Grecs et des Latins qui habitaient leurs propres cités, et c'est à eux seuls que la permission fui accordée, avec injonction à chaque nation de ne célébrer que dans sa langue grecque ou latine. LUI. Pierre Soave dit que si les décrets de celle ses-sion ne fournirent point matière à discussion, c'est qu'ils étaient rédigés en style si obscur qu'on ne pouvait par-venir à les comprendre. Mais d'abord c'est là une calomnie; car ces décrets sont si clairs qu'un lecteur quel-

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conque , du plus médiocre entendement, peut les com-prendre.

Il ajoute que la prohibition de la célébration de la messe en langue vulgaire a élé seule contredite en peu de mois par les praestans. Mais si ces derniers ont dit qWl-ques mois, lui Sdàvese lève audacieusement sur ce point contre l'église cl contre Ses pontifes , en se permettant de dire qu'ils avaient soumis le ciel à la terre. Et il s'efforce de démontrer que toutes les longues furent d'abord vul-gaires, afin d'en conclure que la messe fut dans ce pre-mier temps célébrée en langue vulgaire. Biais cela n'est point contesté par les catholiques, et ce n'est pas là l'opi-nion condamnée par le concile. Dans le can. 9., il no condamne que ceux qui soutiennent « lingua tantum vul-» gari missam celebrari debere. » El cela était justement moihé par l'antique usage de l'église de célébrer en grec et en latin , même depuis que ces langues ne furent plus parlées; et par les considérations suivantes : d'abord parce que,' comme nous l'avons dit, il arrive souvent qu'une langue ne p%ut rendre le sens d'une autre; d'où, si l'on voulait dans chaque nation se servir de l'idiome qui lui est propre, on ne pourrait conserver l'identité des sens ni par suite l'unité dans l'église; et de nombreuses con-troverses et des scandales en naîtraient. C'est par cette raison que les lois civiles elles-mêmes ne se traduisent pas ei sont conservées dans leur langue originelle. En outre, si chaque nation usait de son propre idiome, les prêtres ne pourraient communiquer entre eux d'un pays à un autre. Enfin, il ne convient point que les mystères de notre foi soieni chaque jour exposés au peuple en langue vulgaire, sans que les instituteurs sacrés ne les lui expli-quent belon sa capacité.

LJV. Soave accuse ensuite faussement de contradiction

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deux lettres éerites par des papes. La première de Jean

VIII (epist. 47. voyez Baronius à l'année 880), où ce pape concède aux Slaves (peuple dont les Bohémiens sont venus) de dire la messe et l'office en langue slave. Mais celle con-cession même fait voir qu'alors il n'élait pas licite de cé-lébrer en langue vulgaire sans un privilège spécial; pri-vilège qui fut accordé à ce peuple sur les instances de S. Méthodius qui depuis peu l'avait converti, et de plus le pape leur accordait celle permission parce qu'il n'y avait point encore pnrmi eux assez de prêlres qui pussent offi-cier en latin.

LV. La seconde lettre est de Grégoire VII ( lib. 7. epist. 11.

), lequel écrit à ces mêmes peuples, mais deux cenls ans après, quand la religion élail généralement ré-pandue et en même temps la connaissance de la langue latine, qu'il ne-peut consentir à la célébration des offices divins en slave vulgaire, et il en donne pour raison que Dieu a voulu que l'écriture fût obscure en quelques en-droits, parce que si elle avait élé à la^porlée de chacun, elle eût peut-être été exposée à certains mépris ou au moins, mal entendue des esprils exercés, elle les eût induits en erreur. Apiès cet examen des deux lettres, où se trouve la conlradition , Grégoire VII ajoute ensuite que la peimission accordée auliefois n'est point par elle-même une raison suffisante de la continuer; car l'église primitive a accordé beaucoup de choses qui plus lard mieux examinées ont élé îedressées. Mais ici Soave s'é-lève avec une nouvelle fureur contre Grégoue VII, et il s'écrie : « Ainsi donc, les bonnes institutions sont lépu-» tées des corruptions et tolérées seulement pai-l'antiquité? » Et les abus introduits depuis seront préconisés» comme » des améliorations payfaiies! » Voilà comme il cracliele

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venin qu'il conservait contre l'église. Mais où donc S. Gré-goire a-t-il appelé corruption cet aniique usage? La vérité est qu'il l'a dit corrigé ; — et cela ne s'entend pas d'illiciie à lieiie, mais de bon à meilleur ; de la même serle qu'on dit qu'une loi du Digeste a été corrigée par le Code et qu'un canon des décrélalesa été corrigé dans le sixième, sans pour cela taxeir la première loi ou le premier canon de corruption (1). Et puis, comment Soave peut-il s'ou-blier jusqu'à appeler abus introduit la prohibition de la langue vulgaire appuyée par tant de motifs.

LVI.-Au chapitre 8 correspond le can. 9, où l'on con-damne ceux qui prétendent que le rite de réciter à voix basse une partie du canon de la messe est blâmable, que la messe ne doit être dite qu'en langue vulgaire, et que l'on ne doit point mêler l'eau avec le vin dans le calice avant de l'offrir : « Si quis dixerit, Ecclesiae romanse » ritum, quo submissa voce pars canonis et verba consc-ii «rationis proferuntur, damnandum esse : aut lingua » tantum vulgari missam celebrari debere : aulaquamnon » miscendam esse vino in calice offerendo, eo quod sit » contra Christi institutionem ; anathema sit. ï Quant à la célébration de la messe en langue vulgaire, nous en avons assez parlé jusqu'ici dans ce chap. 8. Pour la mixtion de l'eau dans le calice, Alexandre I en rend raison dans le can. « in sacramentorum, elc. de consecr. disl. 2, où ce pape s'exprime : « In sacramentorum oblationibus quae » inter missarum solemnia Domino offeruntur, passio » Domini miscenda est, ut ejus, cujus corpus et sanguis

(1) Pour comprendre cette controverse, il faut savoir que l'ex-pression dont se sert S. Grégoire peut, par une légère altération, signifier corruption au lieu de corrige: ce qui n'a point lieu en français. {Note du traducteur.)

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» conficitur, passio celebretur : ila ut repulsis opinioni-» bus superstilionum, panis tantum, et vinum aqua per-» mixtum in sacrificium offerantur. Non enim debet ( ut » a patribus accepimus, et ipsa ralio docet ) in calice Do-y> mini aut vinum solum, aut aqua sola offerri, sed » utrumque permixtum, quia utrumque ex latere ejus in » passione sua profluxisse legitur. »

LYJI. Enfin, quant à la récitation, à voix basse, d'une partie du canon, et spécialement des paroles de la consé-cration , déjà mention en a été faite dans le chap. 5, où il est dit que, parmi les rites de l'église, était celui-ci : « Ut scilicet quaedam submissa voce, alia vero elatiore in » missa pronuntiarentur. » Mais Chemnie veut, ainsi que d'aulres opposans> que cela soit contraire à l'institution deJésus-ChT st. Or, le concile de Trente nous enseigne le contraire, selon les documens qui nous restent de I'anti-quilé. Dans la liturgie de S. Cbrysoslôme, à un endroit de la messe se trouve cette prescription : « Sacerdos oret » secreto. » Et la même chose est encore dans la lituigie de S. Basile. Dans l'église latine, nous avons l'épîire pre-mière d'Innocent I, dans laquelle ce pape, s'adressant à l'évêque Eugubino, dit expressément que la panie prin-cipale de la messe est secfète. En vain dirait-on, avec Chemnie, que cela est contraire à l'institution de Jésus-Christ , qui prononça à haute voix les paroles de la con-sécration : « Hoc est corpus meum ; hic est calix, etc., » puisqu'alors cette circonstance était nécessaire pour ap-prendre aux apôtres le rite de la consécration. Et cela est encore pratiqué parles évêques dans l'ordination des prê-tres ; mais la chose n'est point étendue aux messes qui se célèbrent pour le peuple. II est vrai que, dans l'église grecque, les paroles de la consécration sont prononcées à xix. 34

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haute voix. Mais qu'importe cela? Nous ne disons pas que ce rite est illicite, nous soutenons qu'il ne l'est pas de dire ces paroles à voix basse ; nous devons donc, en ce point, obéir à l'église selon ce qu'elle a prescrit respec-tivement aux Grecs etaux Latins. Oulre que, dans l'église grecque, îl est ordonné de dire à voix basse d'autres pa-roles de la messe. Le cardinal Bona (lib.

2. cap. 43. rerum liturg.) pense que l'usage de dire le canon à voix basse commença dans le dixième siècle. D'autres, cepen-dani, disent qu'on ne peut prouver par aucun document ancien que, dans les premiers temps, tout se soit dil à haute voix. Du reste, que l'usage de dire à voix basse le canon soit ou non du dixième siècle , il doit nous suffire de savoir que toute l'église d'Occident l'a ainsi pratiqué depuis 800 ans, et que celte doctrine et cet usage ont élé confirmés comme règles fixes par le concile de Trente.

LV1II. Joignons ici quelques autres noliops, touchant le mode antique de la célébration de la messe, et sur les oblatione dans les églises d'Orienl. Et d'abord, les églises grecques consistaient en trois parties, le vestibule, la nef et le sanctuaire. A présent, cependant, à cause de la pauvreté des peuples, elles n'ont plus que la nef et le sanctuaire, lequel en est séparé par une grande balus-trade divisée en trois parties. Là, n'entrent que les évê-ques , les prêtres et les diacres. L'autel ôsl isolé dans le milieu. A droite, en entrant,est un petit autel nommé protesis , ou proposition, où se préparent le pain el le vin pour la messe. A gauche, est un autre petil autel pour les babils sacrés, et tout ce qui sert au sacrifice. Le diacre, vêtu, prépare le pain dans la palène, sorte de grand bas-sin. Le pain est rond ou carré, ou en forme de croix, et toujours au moins la forme de la croix y est empreinte. Le

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prêtre, alors, plonge un couleau, en plusieurs sens, clans le pain , et, à chaque incision, le diacre dit : Prions Dieu. Puis le prêtre tranche un morceau de la croûte, en pro-nonçant ces mots : « Parce que sa vie fut retranchée de la » terre. » Et le diacre répond : Sacrifiez, Seigneur. Ensuile le piètre dépose l'hostie dans le bassin, et l'incisant de nouveau, il dit : « un des soldats lui ouvrit le coté, et il » en sortit aussitôt du sang et de l'eau. > Et le diacre ré-pond : Bénissez, Seigneur ; et en môme temps il met le vin et l'eau dans le calice. Le prêtre, enfin, découpe plu-sieurs parcelles dupoin , puis il encense les offrandes et le voile qui doit les couvrir.

L1X. Parlons maintenant des oblations. Après qu'on avait fait sortir de l'église les catéchumènes et les pénitens publics qui ne pouvaient assister à Ja messe des fidèles, une fois les portes fermées, et pendant que le,chœur chantait l'offerloiie et les autres versets, l'évêque recevait les of-frandes. Ces offrandes se composaient d'abord d'objets di-vers, mais ensuile il fut réglé qu'on ne recevrait plus en oblation que du pain et du vin, dont une portion servait pour le sacrifice et la distribution aux communians, et le reste était conservé. C'est ce que dit le P. Le Brun dans son livre des Liturgies (t. 1. p. 286. ) Et cela dura jus-qu'au neuvième siècle. Anciennement on recouvrait les offrandes avec le corporal, qui de là se nommait pallium,' d'où vint depuis le nom de palla, donné au carré de lin sur lequel on place aujourd'hui le calice, et qu'on appelle aussi animella. Les Chartreux ont conservé jusqu'à pré-sent l'usage antique du grand corporal pour couvrir le calice.

LX. Les paroles de la consécration furent toujours pro-noncées à voix basse. Le P. Chalon écrit, dans son Hie-

34.

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toire des Sacrement, que ces paroles de la consécration ne s'écrivaient point dans les liturgies, mais se transmet-taient de vive voix entre les prêtres ; et cela dura depuis le temps des apôtres jusqu'au quatrième siècle, où on lut un canon semblable au aôtre. L'eucologue des Grecs pour la messe ne diffère de noire canon qu'en ce que l'oraison « Fiat corpus et sanguis Domini nostri Jesu Christi » s'y prononce après les paroles de la consécration , « Hoc est » corpus meum ; » tandis que, dans notre canon, elle se récite auparavant, et aussitôt après les parolea, Quam oblationem, etc. Il faut noter ici ce que nous avons déjà fait remarquer, que si quelques Pères ont dit que la transsub-stantiation s'opérait par la prière du prêtre, Fiat cor-pus, etc., ils n'ont ainsi parlé que parce que les paroles de Jésus-Christ, « Hoc est corpus meum, » étaient déjà comprises et annexées à cette prière, comme on le voit dans toutes les liturgies. Notons également que le cardinal Bessarion, qui assistait en 1438 au concile de Florence, expliqua que, selon la doctrine de S. Jean Chrysostôme, ces Pères, aussi bien que nous, tenaient pour vrai que les paroles, « Hoc est corpus meum, » et les autres, Hic est calix, opéraient la transsubstantiation de la substance du pain et du vin en celle du corps et du sang de Jésus-Christ. Le rite des Cophtes, suivi par d'autres orien-taux , louchant la consécration, diffère un peu du nôtre. Le prêtrç dit: // le bénit; et le peuple répond : Amen. Le prêtre reprend : « Et le donna à ses disciples, en di-» sant : Ceci est le corps, qui est brisé et donné pour la » rémission des péchés ; » et le peuple répond : « Amen! » nous le croyons ainsi. »

LXI. Remarquez encore que S. Grégoire (au chap. 22, de rebus eccles.) écrit ces paroles : « Fuit mos apostolo-

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» runi, solummodo ad orationem dominicalem hostiam » oblationis consecrare. » De là Strabon conclut à faux que les apôlres célébraient, comme on le fait au vendredi-sainl, sans prononcer les paroles du Christ, « Hoc est » corpus meum. » Mais S. Grégoire ne dit pas que les apô-lres consacraient avec la seule oraison dominicale, mais » solummodo ad orationem dominicalem ; » c'est-à-dire, pendant qu'on récitait le Pater noster, sans exclure les pa-roles de Jésus-Christ. S. Chrysoslôme et Procule, son suc-cesseur, écrivent que les apôlres, à la messe, outre le Pater noster, ajoutaient d'autres hymnes et prières.

554 TRAITé

XXHP SESSION.

Du sacrement de l'ortlre.

I. Les hérétiques modernes ont fait tous leurs efforts pour soutenir qu'il fallait rejeter du nombre des sacte-mens celui de l'ordre. Aussi le concile a-l-il voulu que celle matière fût examinée avec beaucoup de soin et d'exac-titude, en plusieurs sessions, et par les théologiens de toutes les classes. Avant tout, on posa sept articles , qui contenaient toutes les erreurs mises en avant par ceux qui combattaient le sacrement de l'ordre.

II. Art. i. Que l'ordre n'est point un sacrement, mais seulement un rite pour l'élection des ministres de la pa-role de Dieu et des sacremens. Art. u. Que l'ordre est une invention humaine, établie par des personnes ignorantes des matières ecclésiastiques. Art. m. Que l'ordre n'est point un sacrement unique, et que les ordres inférieurs ne tendent point comme degrés à la prêtrise. Art. iv. Qu'il n'y a point d'hiérarchie ecclésiastique, mais que tous les chrétiens sont prêtres, et que pour l'élection il faut la no-mination du magistrat et le consentement du peuple;qu'au reste, que celui qui a été prêtre peut redevenir laïque. Art. v. Que dans le Nouveau-Testament il n'y a pas de sa-cerdoce visible, ni de pouvoir donné pour consacrer et offrir le corps de Jésus Christ, ou pour absoudre les pé-chés, mais seulement la mission de prêcher l'évangile ;

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et que ceux qui ne prêchent plus cessent d'être prêtres. Art. vi. Que l'onction et toutes les autres céiémonies ne sont point requises pour conférer les ordres ; bien mieux, qu'elles sont inutiles et damnables, ei que l'ordre ne donne point l'Esprit saint. Art. vu. Que les évêques ne sont point supérieurs aux prêtres, qu'ils n'ont point le pouvoir d'or-donner, et que s'ils l'ont, les prêtres l'ont également ; que les ordinations faites par eux sans le consentement du peu-ple ne sonl point valables.

III. Ensuite, dans la première assemblée qui se tint,

Salmeron prit la parole et dit : premièrement, que le sa-crifice et le sacerdoce sont non-seulement joints entre eux, mais inséparables ; en sorte que la doctrine qui admet l'un admet nécessairement l'autre. Secondement, que S. Augustin ( lib. 19. de civ. Dei) dislingue l'ordre or-dinaire dans lequel les choses sont disposées, et l'ordre ecclésiastique par lequel le diaconat est discerné de la prêtrise, et celle-ci de l'épiscopat. On nomme aussi ordre la cérémonie sacrée, comme écrit le maître des sentences, par laquelle on confère le pouvoir dans l'église, et il dit que l'ordre pris dans celte dernière signification élail un véritable sacrement, comme il le prouve par les textes de S. Paul : « Noli negligere, etc., resuscites, etc., » et par le concile de Florence el le quatrième de Carlhage. Troi-sièmement, il démontre que ce sacrement avait été insti-tué par Jésus-Christ, en rappelant la doctrine des Pères, el celle du concile lui-même dans la session précédente, la vingt-deuxième. En outre par les paroles de S. Luc (XX.II. 19.) : « Hoc facile in meam commemorationem, » et celles-ci : « Accipite Spiritum sanctum : quorum rerni-» sentis peccata, elc. » (Jo. xx. 23.), par lesquelles le Seigneur, avec le souffle de l'Esprit-Saint ( insufflavit in

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eos ), communiqua à ses disciples le pouvoir dans le corps mystique, c'esl-à-dire d'absoudre les péchés. Il dit, qua-Irièmenl, que comme on le voit dans le dernier chapitre de S. Marc, lorsque Jésus-Christ donna mission à ses apôtres et les bénit, il institua par-là les évêques, comme l'enseignent S. Augustin et S. Clément Romain au lib. 8. des Constitutions Apostoliques ; et cela devait être, puis-qu'en les envoyant prêcher et fonder l'église, il leur fallait nécessairement le pouvoir de créer de nouveaux prêlres et évêques. Cinquièmement, il ajouta que le diaconat est un véritable sacrement, selon ces paroles des Actes (e. vi. 6.) « Orantes imposuerunt in manus, » imposition par laquelle, en vertu du sacrement, la grâce de l'Espril-Sainl se communique à eux, ainsi qu'il est dit plus bas de S. Etienne ordonné alors diacre : « Erat plenus Spi-ritu sancto et praedicabat. » II combattit celle fausse opi-nion que les diacres n'élaient ordonnés que pour soigner les repas terrestres, tandis qu'ils étaient préposés à la table sainte du sacrement de l'autel et recevaient dans ce temps-là la faculté de distribuer l'eucharistie selon le témoignage de S. Clément, Evariste, S. Ignace, martyr, S. Cyprien, S. Jérôme, du concile de Néocésarée et de Bède. El si, dans quelques canons du sixième concile, il est fait men-tion de la charge qu'ils avaient de pourvoir à la nourri-ture des veuves, Salmeroh dit que ces canons n'avaient jamais été reçus par l'église, et qu'en outre on pouvait admettre que les diacres aient eu alors la double charge de pourvoir à la nourriture temporelle et à la table sainte. IV. La même conclusion se lire à l'égard de S. Paul et de S. Barnabe quand il leur fût dit : Ite et prœdicale, puisqu'alors on leur imposa les mains et qu'il leur fut ensuite commandé d'aller prêcher, ce qui ne pouvait s'en-

CONTRE LES HéRéTIQUES 837

tendre du sacerdoce qu'ils avaient déjà reçu, mslis bien par conséquent de l'épiscopat. El puis, il est d t d'eux qu'ils inslituaient des prêtres dans les cités, ce qui est le propre des évêques. Salmeron dit en terminant que l'ordination imprime un caractère spirituel : d'où il con-clut que l'ordre n'est point une simple éleclicn pour prêcher la parole divine, mais un véritable sacement, un caractère conféré par le pouvoir donné par Dieu à l'é-glise. En outre, il est impossible de dire que les prêtres et les diacres puissent être constitués par les magistrats laïques, puisque leur pouvoir tout surnaturel est e e paître le troupeau de l'église, comme il fut dit à S. Pierre le pre-mier pasteur. C'est pourquoi ce chois fut inlsrdit au peuple dans le huitième concile de Latranet celui de Flo-rence. Que si quelquefois le peuple lès a élus, <ela s'est fait par concession apostolique, mais ensuite le droit de confirmer ce choix et de donner le pouvoir spirituel n'ap-parlenail qu'à l'église.

V. Pierre Solo, dominicain, discourut dans lai seconde ' assemblée : il dit, contre le quatrième article, que la hié-rarchie existait dans l'église, c'est-à-dire la prééminence du pouvoir des évêques sur les prêtres, selon ce q ii est dit de S. Paul: « Posuit episcopus regere Ecclesiam.» ? Act. xx. 21.). Il cite en outre ces paroles de l'apôtre : « Obedite » praepositis vestris, et subjacete eis, etc. » (fletr. xxm. 17). Donc, il y a dans l'église des supérieurs à qui on doit obéir. Et qn'on n'oppose pas ce que dit S. Pierre (I. Ep. II. 9.) : « Vos autem genus electum, regale sacerdo-» tium, etc., » car, dit Solo, cela s'entend du sacerdoce corporel non du spirituel. Il parla ensuite sur l'article cinq el prouva que, dans l'église, il y avait un véritable sacerdoce. Ensuite, il soutint contre Salmeron que réelle-

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ment dans le principe le peuple élisait les ministres et il le prouva par ces paroles : « Tunc piacuil apostolis, et » viris senioribus cum omni Ecclesia, eligere viros ex eis, » ei mittere Antiochiam » (àcl. xv. 22.). Il prétendit que c'était là la véritable tradition apostolique; mais il fm eomballu par Melchior Cornélius, envoyé du roi de Por-tugal, qui soutint que le peuple assistait seulement à l'é-' leclion, pour en rendre un juste témoignage, mais qu'il n'y participait pas.

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