Traité contre les protestants (page 20)

Alphonse de Liguori · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Traité contre les protestants · 23 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

VIII. Une cinquième preuve se trouve dans ce passage des

Machabées (II. Macch. xii. 45 et seq.), qui porte que Judas Machabée envoya à Jérusalem douze mille drachmes d'argent, qui devaient être employées aux frais d'un sacrifice offert pour ses soldats morts dans les com-bats. « Et facta collatione, duodecim millia drachmas ar-» genti misit Jerosolymam offerri pro peccatis mortuorum » sacrificium, bene, et religiose de resurrectione cogitans... » Et quia considerabat, quod hi qui cum pietate dormilio-» nem acceperant, optimam haberent repositam gratiam. » Sancta ergo, et salubris est cogitatio pro defunctis exo-» rare, ut a peccatis solvantur. » Notez ces mots : « Ut a » peccatis solvantur. »

IX. Les novateurs opposent que ce livre des Machabées n'est point canonique, parce qu'il ne se retrouve pas dans le canon hébraïque. On répond que si ce livre ne fut pas canonique chez les Hébreux, il l'est pour l'église catho-lique, puisque le troisième concile de Carthage, dans son can. 47 , le compte parmi les livres divins. Il est aussi compté pour tel par Innocent I (epist, ad Exuper. cap. ult. ) et le pape Gélase, dans le décret des livres canoni-ques qu'il publia dans un concile de 70 évêques, et de même par S. Augustin (lib. 18 De civ. Dei. cap. 56) et

618 ??????

S. Isidore(lib. 6. elymol. c. 1. De verb. Dei vide cap. 1

et 15).

X. On objecte en second lieu que Judas ne parlait pas du purgatoire, mais seulement delà résurrection, comme il parait par ces mots : « Bene et pie de resurrectione cogi-» (ans. » On répond que, quoique le purgatoire ne soit pas ici nommé, il y est bien évidemment entendu el dé-claré; car Judas fait prier expressément pour les âmes de cesdéfunis, afin qu'elles soient délivrées de péché, comme on le voit à la fin du même chap. 12, vers. 46 : « Sancta

- » ergo et salubris est cogitatio pio defunctis exorare, ut a » peccatis solvantur. »

XI. On objecte troisièmement qu'il ne s'agit pas ici d'une loi, mais seulement de l'exemple de Judas, qui fil prier pour les morts ; or, nous ne sommes pas tenus de suivre l'exemple d'un bomme, par cela seul qu'il est rap-porté dans l'écriture. Le cardinal Bellarmin (lib. 1. De purgat. ) répond que l'argument n'était pas seulement pris de l'exemple de Judas, mais de l'usage de l'antiquité el d'un rite solennel de l'Ancien-ïeslamenl, car on y lie : « Omnes qui cum Juda erant ad preces conversi ; » el puis : « El facta collatione Judas misit, eic. ; » ce qui signifie que tous les autres concoururent avec Judas à donner celle assistance aux morts. 11 faut ajouter le témoignage de l'é-criture sainte elle-même, qui nomme sainle et salutaire la prière qui a pour but de délivrer les morts de leuis péchés.

XII. Le purgatoire se prouve enfin par ce même déciel du concile, où il esl enseigné que les âmes qui y sont re-tenues reçoivent un grand soulagement de l'assislaace des fidèles, el surtout des messes : « Animasque ibi detentas » fidelium suffragiis, potissimum vero acceptabili altaris

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» sacrificio juvari. » Et cela est confirmé par la commune tradition des Pères et par la pratique universelle de l'é-glise. Voici ce qu'écrit S. Augustin, parlant de l'assis-tance que les fidèles prêtent aux trépassés (serm.

32 De verb. Apost.) : « Orationibus sanctae Ecclesiae, et sacrifi-» cio salutari ex eleemosynis, quae pio defunctorum spi-» ritibus erogantur, non est dubitandum mortuos adju-* vari. Hoc non est negandum, non est dubium , non est » dubitandum ; boc enim a Patribus traditum universa » observat Ecclesia. » Et, dnns un autre endroit, il dit : « Si nusquam in Scripturis veteribus omnino legeretur, » non pauca tamen est universae Ecclesia?, quae in bac » consuetudine daret, auctoritas, ubi in precibus sacer-» dotis, quae Domino Deo ad ejus altare fundunlur. »(S.Au-gusl. lib. de cura pio mort. cap. i. ) Terlullien (demo-nogamia. cap. ??) dit que la femme doit prier pour l'ame de son mari défunt, implorer pour lui du soulage-ment , et offrir le sacrifice à tous les anniversaires : « Enim » vero et pro anima ejus oral et refrigerium interim ad-» postulat ei..., ei offeret annuis diebus dormitionis ejus. » En oulre, le même Terlullien (de corona milil. cap. 5), parlant des pratiques de l'église, dil : « Harum ei alia-» ium disciplinarum si legem exposlules , Scripturarum » nullam invenies » ( parce qu'en effet on n'en trouve poinl dans l'écriture la loi ou le précepte) : « Traditio tibi prae-» tenditur auclrix, consuetudo confirmalrix, fides obser-» valrix; » et parmi ces pratiques, il comptait oblationes pro defunctis. De plus, le même auteur ( lib. de exhorl. ad Caslit.cap.il), parlant à un mari qui avait perdu une pre-mière femme el qui en avail une autre vivante, écrivait ; « Stabis ergo ad Deum cum loi uxoribus, quoi illas ora-» tione commémoras, ei offere pro duabus, ei comme-

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» morabis illas duas per sacerdotem.... et ascendit sacri-» ficium tuum libera fronte. »

XIII. S. Cyprien(lib.l. epist. 9.) écrit : « Neque enim » ad altare Dei meretur nominari in sacerdotum prece, qui » ab altari sacerdotes avocare voluit. » II parle là d'une personne morte. Donc, de son temps, on priait déjà pour les morts, à la messe. S. Chrysostôme dit (hom. 5. in ep. ad Philip. ) : « Non frustra ab apostolis sancitum est, » ut in celebratione venerabilium mysteriorum memoria » fiat eorum qui discesserunt. » Et dans un autre endroit (hom. 21. in Acta) : Non frustra preces, non frustra elee-» mosyna, ut nos mutuum juvemus. » Et ailleurs (hom. 41. in 1. ad cor.) : » Non est temere hoc excogitatum, nec » frustra in memoriam mortuorum sacra mysteria cele-» bramus... nam si Jobi illius liberos patris victima pur-» gavit, quid dubiles, et nobis quoque, si prodormien-« libus offeramus, solatii quiddam illis accessurum? » S. Jérôme dans ses commentaires sur les proverbes (in cap. prov. 11.) où on lit : « Mortuo homineimpio, » non erit ultra spes ; » écrit : « Notandum autem, quod » etsi impiis post mortem spes veniae non est; sunt tamen » qui de levioribus peccatis post mortem poterunt absolvi, » vel poenis castigati, vel suorum precibus, et eleemo-» synis, missarumque celebrationibus. » Si ces commen-taires ne sont pas de S. Jérôme, on les attribue au moins au vénérable Bède.

XIV. S. Grégoire de Nysse (Orat. de mort.), parlant des hommes qui mènent une sainte vie, dit : « In praesenti » vita sapientia studio, vel precibus purgatos, vel post » obitum per expurgantis ignis fornacem expialos, ad » sempiternam felicitatem pervenire. » Picenin avance avec audace que ce passage ne résout pas la question,

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parce que, dit-il, le saint pensait comme les autres Grecs que les damnés eux-mêmes sortiraient un jour de l'enfer. Mais que ce saint est éloigné d'une pareille tache d'origé-nisme ! Il dit en effet dans un autre endroit, de M. Magd.) : « Absurdum enim est... eos qui animi curam gerunt, » incertum mortis diem non advertere, et ardore excru-» ciantis illius ignis, qui in aeternum comburit (notez ces » mots) et nullum unquam refrigerium admittit. » De plus, S. àmbroise, parlant de la mort de Valenlinien, écrit : « Date manibus sacra mysteria , pro requiem ejus » poscentes affectu : animam piam nostris oblationibus » prosequamur. » Calvin ne nie pas que les saints Pères n'aient donné le dogme du purgatoire où les âmes sont purifiées comme étant de tradition apostolique : mais il dit témérairement que les saints Pères eux-mêmes « aliquid humani passi sunt, » sans doute, selon lui, en donnant créance à des choses fausses ou superstitieuses. Mais \enons aux objections que font les hérétiques contre l'existence du purgatoire.

XV. La première objection des novateurs est que l'é-criture ne fait mention que de deux lieux dans l'autre \ie, le paradis et l'enfer et jamais du purgatoire. « Si cecide-» rit lignum ad austrum, aut ad aquilonem, in quocum-» que loco ceciderit, » (ibi erit. Eccl. 14.) On répond que l'écriture parle ici des deux réceptacles éternels où après le jugement les âmes seront placées définitivement, alors qu'il n'y aura plus de purgatoire. Outre, comme l'observe très-bien Bellarmin, qu'on peut justement dire de ceux qui meurent débiteurs seulement de peines tem-porelles qu'ils tombent au midi du salut éternel, non vers l'aquilon de la mort éternelle, puisqu'il leur reste seule-ment à satisfaire leur delte temporelle.

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XVI. On oppose en second lieu ce passage de YApun-hjpse (14 S.) :

« Beali mortui qui in Domino moriun-» lur ! Amodo jam dicit Spiritus ut requiescant à labori-» bus suis. » On peut répondre ici avec S. Anselme sur ce passage, qu'il ne s'y agit pas du temps de la mort, mais de celui du jugement dernier duquel parle S. Jean et auquel, dit-il, se rapporte l'expression amodo. Mais la meilleure réponse est que le texte cité ne s'entend pas de tous ceux qui meurent dans la grâce, mais seulement des parfaiis, qui par leurs persévérance et leurs bonnes œuvres sonl sortis de celle vie sans aucune souillure.

XVII. On objecte troisièmement que dans l'autre vie aucun péché n'est remis, d'abord parce qu'à ce terme on est hors de la voie, puis parce qu'alors il n'y a plus de pénilence sans laquelle aucun péché n'est remis. On ré-pond (avec certains docteurs) qu'après la mort, l'ame, bien qu'elle nesoit plus dans la voie, néanmoins, par un amour parfait de Dieu et la détestalion du péché, que l'on voit alors tel qu'il est, peut êlre lavée de toute faute. On peut dire aussi (avec d'autres théologiens) que les âmes du purgatoire sonl encore en quelque manière dans la voie, n'étant point arrivées à leur dernier terme, qui est la possession de la béatitude éternelle ; et ainsi elles peu-vent exercer la pénilence par laquelle leurs fautes leur se-raient remises ; mais la première réponse semble plus juste.

XVIII. On objecte quatrièmement que les fautes étant remises par les mérites de J-ésus-Christ qui sont infinis, il ne doit rester à satisfaire par aucune peine. On répond que bien que les faules soient remises par les mérites de Jésus-Cfirist, néanmoins la justice veut qu'il soit satisfait par la peine temporelle due au péché. Mais on îéplique :

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Si la rémission des peines s'obtient pav le moyen de notre satisfaction, alors on pourra dire ou que celle rémission n'est pas produite parla satisfaction de Jésns-Chrisi, mais par nos piopres œuvres de satisfaction, ou au moins que tout péché est remis par deux satisfactions, celle de Jésus-Christ et la nôtre. La réponse est que la satisfaction de Jésus-Christ suffirait certainement à nous libérer de toute obligation de peine; mais le Seigneur a voulu que nous ajoutassions notre propre satisfaction qui d'ailleurs n'a de valeur pour nous libérer des peines dues que celle qu'elle emprunte de la satisfaction fournie par Jébiis-Chrisl.

XIX. On objecte cinquièmement que la peine est pour la faute, qu'en conséquence où il n'y a plus de faute il n'est plus besoin de satisfaire par une peine. On répond que le péché nous f.ùl contracter deux dettes ou deux condamnations : celle de la faute, et celle de la peine. Dieu remet la condamnation de la faute au pécheur contrit et l'admet de nouveau dans son amitié, enjnême temps il lui remet la peine éternelle; mais c'est avec justice qu'il exige ensuite que le pécheur satisfasse à la peine tempo-relle, de même qu'un prince reçoit en giâce un sujet cou-pable, mais l'oblige à subir quelque punition.

XX. On objecte sixièmement qu'il faut les mêmes con-ditions pour mériter que pour satisfaire; mais dans le pur-gatoire on ne peut mériter, on ne peut donc non plus sa-tisfaire. La réponse est que quoique dans le purgatoire on ne puisse mériter, puisque pour mérilei il faut la liberté et être dans la voie ; on peut néanmoins y payer la peine due, laquelle ne sera pas méritoire, mais satisfacere. 11 est vrai que duns cette vie le Sçigneur récompense en nous même les actes satisfacloircs parce qu'ils SOQI volon-taires et par conséquent méritant; mais dans l'autre vie,

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où on est hors de la voie, les âmes ne satisfont pas par leur propre détermination, mais comme contraintes par la nécessilé de la salisfaclion et en conséquence elles ne méritent pas.

21. et seq. ) ; « Si autem impius egerit poenitentiam.....

» omnium iniquitatum ejus quas operatus est non recor-» dabor. » Si Dieu déclare ne plus se souvenir des fautes du pécheur repentant, il ne pense pas à en exiger aucune peine. Il faut répondre avec Bellarmin que l'oubli de l'iniquité emporte de la part du Seigneur la cessation de son inimitié contre le pécheur, mais non la remise de toute peine justement due.

XXII. Huitièmement, on oppose un autre texte de S. Paul

(H. Cor. ?.) : « Si domus terrena nostra habila-» tionis dissolvitur, habemus domum non manufactam » aeternam in coelis. » Donc après la mort on ne va pas au purgatoire, mais au ciel. On répond avec le même cardinal Bellarmin qu'ici l'apôtre n'entend dire autre chose sinon que le ciel est ouvert pour nous, après la mort, non avant, comme le prouvent les paroles sui-vantes : « Si tamen vestiti, et non nudi inveniuntur. » Mais les autres qui après la mort ne se trouvent pas velus de la robe nuptiale, c'est-à-dire non complètement purs « salvantur per ignem, » comme dit l'apôtre en un autre endroit (voyez au num. 7).

XXIII. Neuvièmement, on oppose ce que dit S. Am-broise(lib.

De bono mort. cap. 2) : « Qui enim hic non » acceperit remissionem peccatorum illic non erit, nimi-» rum in patria beatorum. » Donc, dit-on, jamais dans l'autre vie les péchés ne sont remis à celui à qui ils ne le furent point dans celle-ci, et ainsi, selon S. Ambroise,

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le purgatoire auquel nous croyons n'existe pas. On répond que le saint entend parler de ces pécheurs qui sortent de la vie avec des fautes graves, comme il paraît clairement par les paroles suivantes du même saint : « Non erit au-» leni, quia ad vitam aeternam non potuerit pervenire, » vita aeterna remissio peccatorum est. » La rémission des péchés se nomme la vie éternelle inchoata.

XXIV. On demande 1 quel est le lieu où les âmes se purifient? Il y a trois opinions là-dessus : les uns veulent que chacun subisse sa peine au lieu même où il a péché. Cela est fort probable; sinon pour tous, du moins pour quelques-uns, selon les jugemens divins, et comme nous en avons divers exemples rapportés par les auteurs et spé-cialement par S. Grégoire. D'autres disent que le purga-toire est au même lieu que l'enfer : ce qui est aussi pro-bable ; et ce n'est point un obslacle que la présence de pécheurs condamnés à souffrir éternellement ; la même prison peut bien contenir les condamnés à perpétuité et ceux qui ne le sont que pour un temps. Enfin on dit en-core, et ceci est l'opinion la plus commune, que le purga-toire est un lieu a part, supérieur à l'enfer, mais égale-ment sous terre, appelé par l'église le lac profond : « Libera animas defunctorum de poenis inferi et de pro-» fundo lacu. » II y en a qui pensent que le purgatoire,

•pour quelques âmes souillées de très-légères fautes, ne consiste qu'à être privées de la vue de Dieu. Le vénérable Bède rapporte qu'une ame fut vue dans un lieu agréable» niais hors du ciel. Denis le chartreux en rapporte plu-sieurs exemples, et Bellarmin dit également que la chose n'est point improbable.

XXV. Une deuxième question porte sur la durée des peines du purgatoire. Oiigène (lom. 14 in Lucam.) dit

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qu'après le jour de la résurrection, les âmes auront en-core besoin d'un sacrement qui les purifie, pour qu'elles entrent dans la gloire; mais S. Augustin réfuie celle opi-nion en disant (1.21. de civ. Dei. cap 46.) qu'il ne peut être salisfail par des peines qu'avant le jugement final. D'un autre côlé, Dominique Soto dit que les peines du purga-toire n'outrepassent pas dix ans, quelque graves qu'eues soient; mais cette opinion n'a aucune probabilité ; car bien que Dieu puisse en augmentant l'intensité de la peine, faire qu'une ame reste purifiée de tous ses péchés, comme sans doute il l'a fait pour plusieurs; néanmoins, ordi-nairement dans le purgatoire, les grands pécheurs souf-frent pendant plus de dix ans et de vingt ans, comme le prouvent plusieurs visions qu'on lit dans Bède (1. 5 his-toriarum) où on voit que plusieurs âmes avaient été con-damnées à souffrir jusqu'au jour du jugement. Cette opi-nion est pleinement confirmée par la pratique de l'église, qui veut qu'on ne cesse point les prières pour les trépassés, encore qu'ils soient morts depuis cent et deux cents ans. XXVI. On demande en troisième lieu, par quelles peines les âmes seront purifiées dans le purgatoire. Luther voulait qu'elles fussent tourmentées par le désespoir, mais cela est faux. Puis quelques catholiques disent que cer-taines âmes sont affligées par l'incertitude où elles sont de leur salut; mais Bellarmin, avec tous les théologiens, prouve savamment que toutes les âmes du purgatoire sont certaines de leur salut. La raison en est que chacune, dans le jugement particulier qu'elle a subi, a reçu la sen-tence de son salut ou de sa perle éternelle. La certitude du salut, écrit saint Bonavenlure, allège beaucoup la peine de ces saintes âmes, et l'amour qu'elles ressentent pour Dieu leur donne cette certitude. II est cerlain, en outre,

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que leur plus grande peine est celle du dam, c'est-à-dire d'être relardées de la vue deDieu. H est certain aussi qu'elles souffrent de la peine des sens, parce que tout péché étant une conversion vers les créatures, il est jusle qu'on en soit puni par les créatures mêmes. Quant à savoir si le feu du purgatoire est corporel, ou purement métaphori-que, et signifie les terreurs, les angoisses, ou les remords de la conscience, comme le pensent quelques-uns, l'église n'a point décidé la question, mais, comme l'écrit Bellar-min, l'opinion générale des théologiens, c'est qu'il est réel et matériel. S. Grégoire dit expressément (1. 4. dialog. c. 29. ) que ce feu est corporel, et S. Augustin pense de même (de civ. Dei. lib. 2. cap. 20.). Il faut ajouter que, dans l'écriiure, les peines des pécheurs dans l'autre vie sont toujours appelées feu ; et c'est une règle bien connue" que l'écriiure doit êlre prise dans son sens littéral, loules les fois que ses paroles peuvent recevoir ainsi une expli-cation.

XXVII. On demande encore si les âmes du purgatoire sonl tourmentées réellement par les démons. S. Thomas (in 4 sent. disl. 20 a 1 ad 5.) dit que non, parce que ces âmes ayant triomphé des démons en celle vie, il ne convient poinl qu'elles soient affligées par ces mêmes dé-mons. Nonobstant cela, il y a plusieurs révélations rap-portées par Denis lecharlreux, le vénérable Bède et S. Ber-nard qui représentent lésâmes du purgatoire comme affli-gées par les démons.

XXVIII. Quant à la gravité des peines du purgatoire,

S. Augustin écrit (in psalm. 37), parlant de la peine du feu : « Gravior tamen ille ignis, quam quidquid potest » homo pali in hac vita. » La même chose est dile par S. Grégoire, et se trouve confirmée dans les révélations de

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Bède et de sainle Brigitte. El S. Thomas (in 4. dist. 20. 7. 2 a 2.) écrit que la plus petite peine des sens dans le pur-gatoire surpasse la plus grande qu'on puisse souffrir en celle vie, et cela, outre la peine du dam qui, certainement en purgatoire comme en enfer, est bien supérieure encore à toute peine des sens; néanmoins S. Bonavenlure (in 4 disl. 20 a 1 qu. 2.) dil que loule peine infligée dans le purgatoire, n'est pas plus grande que toutes celles de cette \ie, et cette opinion plaît à Bellarmin, parce que la peine d'être privé de la vue de Dieu, quelquegrande qu'elle soit, est singulièrement allégée par la certitude d'en jouir un jour, et il ajoute que, pour une ame en purgatoire, plus le jour de sa délivrance approche, et plus sa peine en de-vient légère. Les paroles suivantes de S. Augustin sont conformes à cette pensée (in enchirid. cap. 112.) : Mi-» nimam poenam damni, si tamen aeterna sit, majorem » esse omnibus poenis hujus vitae. » Notez ces mots, « si » tamen aeterna sit ; » donc la peine même du dam dans le purgatoire n'est pas toujours plus grande que toutes les peines de cette vie.

Des prières offertes par les fidèles pour les âmes du purgatoire.

XXIX. Nous avons déjà beaucoup parlé sur ce point, dausles numéros précédens, où nous avons prouvé l'exis-tence du purgatoire. Il reste à en dire ici quelques choses particulières. Arius fut le premier qui nia l'utilité des prières pour les morts : mais il fut tenu pour hérétique, comme l'atteste S, Epiphane(hœres. 75.). Les prolestans disent de même, mais l'église affirme, « ex sacris litteris, > et antiqua Patrum traditione, in sacris conciliis, elno-» vissime in hac oecumenica synodo purgatorium esse,

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» animasque ibi detentas fidelium suffragiis, potissimum » vero acceptabili altaris sacrificio juvari. » Notis l'avons aussi prouvé plus haut, par l'autorité du texte des Maccha-bées (1. 2. c. 12. n. 46. ) : Sancta ergo et salubris est co-» gitalio pro defunctis exorare ul a peccatis solvantur; » (voyez au num. 8.) et par l'autorité de tous les saints Pères qui attestent que telle a été la tradition et la pratique universelle de l'église. S. Augustin parlant du soulage-ment que les défunts reçoivent de l'assistance des vi vans écrit(Serm. 32 de verb. apost.) : « Orationibus sanctae » ecclesiae et sacrificio salutari, et eleemosynis, quae pio » defunctorum spiritibus erogantur, non est dubitandum » mortuos adjuvari. Hoc non est negandum, non estdu-» bium, non est dubitandum : hoc enim a Patribus tradi-» tum universa observat Ecclesia. » Et plus loin, il ajoute : « Sed si nusquam in scripturis veteribus omnino legere-» lut; non pauca tamen est universas Ecclesiae, quae in » hac consuetudine daret, auctoritas; ubi in precibus sa-» cerdotis, quœ Domino Deo ad ejus altare funduntur, » locum suum habet etiam commendatio mortuorum. »

Cette seule autorité de S. Augustin (sans celles rappor-tées déjà plus haut) suffirait à établir la vérité de celte assistance. Les autres citations des saints Pères faites plus haut à partir du numéro 12, confirment celle vérilé : de plus, dans toutes les liturgies des apôtres, on retrouvé les prières pour les trépassés.

XXX. On oppose les paroles de la prière pour les moris, que l'église récite à la messe : t Libera me, Domine, de » morte aeterna, in die illa tremenda... dum veneris ju-» dicare seculum per ignem. » Donc, disenl les adver-saires, par le moyen de ces prières lésâmes condamnées à l'enfer peuvent aussi être délivrées. Nous répondons que

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ces paroles ne se rapportent pas au lemps présent, où se dit la messe, mais au moment de la mort, comme si l'ame n'avait pas encore quille la vie, ou.à celui du juge-ment dernier.

XXXI. On objecte encore, que de même que Dieu ne punit pas un homme pour les faules d'un aulre, il n'ac-cepie pas non plus l'œuvre de l'un pour l'autre. On répond que l'argument tombe de lui-même; car punir l'un pour l'autre serait une injustice; mais accepter l'œuvre de l'un offeite pour l'autre, n'est point contre la justice, c'est au contraire un bon fondemenl de charité parmi les hommes, et une chose conforme à la divine miséricorde.

XXXII. On fait ici une dernière question : si les âmes du purgatoire peuvent à leur tour prier pour nous. S. Tho-mas l'Angélique (in 2. 2 q. 82 a 41 ad 3.) dit que les âmes du purgatoire, se trouvant obligées de satisfaire par leurs peines à leur propre detle, ne peuvent prier pour nous : « Non sunt in statu orandi, sed magis ut orelur » pro eis. » Telles sont ses paroles : mais beaucoup d'au-tres graves auteurs comme Bellarmin, Sylvius, le cardinal Golli, etc., disent que bien que ces âmes soient dans un état qui les rend inférieures à nous, puisqu'elles ont besoin de nos prières, néanmoins, comme chéries de Dieu, elles peuvent aussi prier pour nous; et que l'on doit pieusement croire que le Seigneur leur permet l'oraison, afin qu'elles prient pour nous, el qu'ainsi enlre nous et elles se con-serve ce saint commerce de charité.

XXXIII. Dans le même décret de la susdite session vingt-cinquième, le concile, après avoir parlé du purgatoire, parle aussi de l'invocation des saints el de la vénération qu'on doit avoir pour leurs reliques et pour les saintes images.

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De invocatione, veneratione, et reliquiis sanctorum, et sacris imaginibus.

?. « Mandat sancta synodus omnibus episcopis, etcse-» Ieris docendi munus curamque sustinentibus, ut, juxla » catholicae et apostolicae Ecclesiae usum , a primaevis » christianae religionis temporibus receptum, sanctorum-» que Patrum consensionem, et sacrorum conciliorum » decreta, in primis de sanctorum intercessione, invoca-» lione, reliquiarum honore, et legitimo imaginum usu, » fideles diligenter instruant, docentes eos sanctos, una » cum Christo regnantes, orationes suas pro omnibus » Deo offerre, bonum atque utile esse suppliciter eos in-» vocare : et ob beneficia impetranda a Deo per filium ejus » Iesum Christum Dominum nostrum, qui solus noster » redemptor et salvator, est ad eorum orationes, opem, » auxilium confugere : illos vero qui negant, sanctos, » aeterna felicitate in cœlo fruentes, invocandos esse; aut » qui asserunt, vel illos pio hominibus non orare; vel » eorum, ul pro nobis etiam singulis orenl, invocalio-» nem esse idololatriam, vel pugnare cum verbo Dei et » hominum Jesu Christi , vel stultum esse, in ccelo regnan-» libus voce;

vel mente supplicare ; impie sentire, sanc-» torum quoque martyrum, et aliorum cum Christo yi-» venlium sancta corpora, quae viva membra fuerunt » Christi, et templum Spiritus sancti, ab ipso ad aeter-» nam vitam suscitanda et glorificanda , a fidelibus \&-» neranda esse ; per quae multa beneficia a Deo homini-» bus praestantur : ita ut affirmantes sanctorum reliquiis «'venerationem atque honorem non deberi, vel eas alia-» que sacra monumenta a fidelibus inutiliter honorari, » atque eorum opis impetrandae causa sanctorum mémo-

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» rias frustra frequentari : omnino damnandos esse, prout » jam pridem eos damnavit, et nunc etiam damnat Ec-» clesia. Imagines porro Christi, deiparae Virginis, et » aliorum sanctorum in templis praesertim habendas, et » retinendas, eisque debitum honorem et venerationem » impertiendam; non quod credatur inesse aliqua in iis » divinitas, vel virtus, propter quam sint colendae; vel » quod ab eis sit aliquid petendum ; vel quod fiducia » in imaginibus sit figenda ; veluti olim fiebat a genti-» bus, quae in idolis spem suam collocabant : sed quoniam » honos, qui eis exhibetur, refertur ad prototypa, quas » illae reprœsentant, ita ut per imagines, quas osculamur, » et coram quibus caput aperimus, et procumbimus, » Christum adoremus, et sanctos, quorum illae similitu-» dinem gerant, veneremur : id quod Conciliorum, proe-» sertim vero secundae Nicenae synodi, decretis contra » imaginum oppugnatores est sancitum.

II. » Illud vero diligenter doceant episcopi, per his-»

torias mysteriorum nostrae redemptionis, picturis, vel » aliis similitudinibus expressas, erudiri, et confirmari » populum in articulis fidei commemorandis, et assidue » recolendis ; tum vero ex omnibus sacris imaginibus ma-» gnum fructum percipi : non solum quia admonetur » populus beneficiorum et munerum, quae a Christo sibi » collata sunt; sed etiam quia Dei per sanctos miracula et » salutaria exempla oculis fidelium subiiciuntur : ut pro » iis Deo gratias agant, ad sanctorum imitationem vitam * moresque suos componant; excitenturque ad adoran-» dum ac diligendum Deum, et ad pietatem colendam. » Si quis autem his decretis contraria docuerit, aut sen-» serit; anathema sit. In has autem sanctas et salutares » observaliones si qui abusus irrepserint, eos prorsus abo-

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» leri sancta synodus vehementer cupit ; ita ut nulla; falsi » dogmatis imagines, et rudibus periculum erroris occa-» sionem praebentes statuantur. Quodsi aliquando histo-» rias, et narrationes sacrai Scriplurœ, cum id indoctae » plebi expedire!, exprimi et figurari contegerii, doceatur » populus non propterea divinilalem figurari, quasi corpo-» veis oculis conspici; vel coloribus, aut figuris exprimi » possit. Omnisporrosuperslilioinsanctorum invocatione, » reliquiarum veneratione, et imaginum sacro usu tol-» lalur; omnis turpis quteslus eliminetur; omnis denique » lascivia vitetur , ita ut procaci venustate imagines non » pinganlur, nec ornentur; et sanctorum celebratione, » ac reliquiarum visitatione homines ad commessaliones » alque ebrietates non abutamur ; quasi festi dies in lio-» norem sanctorum perluxum ac lasciviam agantur. Pos* » tremo, tanta circa lia c diligentia et cura ab episcopo » adhibeatur, ul nihil inordinatum, aut prseposlere et » lumulluarie accommodatum, nihil profanum, nihil-» que inhonestam appareat ; cum domum Dei deceat sanc-» tiludo. Haec ut fidelibus observentur, statuit sancta sy-» nodus, nemini licere ullo in loco, vel ecclesia, etiam » quomodo libet exempta, ullam insolitam ponere vel » ponendam curare imaginem, nisi ab episcopo appro-» bala fuerit; nulla etiam admittenda esse noVa miracula, » nec novas reliquias recipiendae, nisi eodem recognos-» cente et approbante episcopo, qui simul atque de iis » aliquid compertum habuerit, adhibitis in consilium » theologis, et aliis piis viris, ea facial, quœ veritati ei » pietati consentanea judicavit. Quodsi aliquis dubius aut » difficilis abusus sit extirpandus : vel omnino aliqua de » iis rebus gravior quaestio incidat; episcopus, antequam » controversiam dirimat, melropolitani et comprovin»

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» cialium episcoporum in concilio provinciali sententiam » expectet : ita tamen iit nihil, inconsulto sanctissimo » romanorum pontifice, novum, aut in Ecclesia hactenus » inusitatum, decernatur. »

4 Des saintes Images.

Iif. Du culte dû aux saints.

IV. Le premier qui nia le culte dû aux saints fui Simon le magicien qui exigea de ses disciples qu'ils cessassent d'ho-norer les images des saints, pour honorer la sienne et celle d'Hélène, sa femme. Calvin et ses sectateurs nièrent de-puis qu'on dût faire aucune prièréaux saints. On distin-gue la vénération de la louange et celle ci de l'adoration. La vénération s'exprime par des signes extérieurs, la louange par des paroles, et l'adoration non-seulement com-prend l'une et l'autre, mais comprend aussi la vénération intérieure, et celle-ci doit être exercée sans doute à l'égard des saints, à cause de leur excellence surnaturelle. Les hérétiques nous lancent celle calomnie que nous rendons aux saints le même honneur qu'à Dieu ; mais BOUS disons, nous, qu'aux saints est dû, à raison de leurs vertus sur-naturelles, le culte appelé de dulie; à la mère de Dieu celui d'hyperdulie, à raison des dons et vertus plus sublimes que possédera bienheureuse Vierge, et enfin que le culie de latrie se doit à Dieu seul pour ses infinies perfections, ainsi qu'à Jésus-Christ, à cause de l'union hypostalique de sa chair avec la dignité du Verbe. Ces differens cultes soûl appelés religieux à la différence des honneurs civils que l'on rend aux hommes eminens en vertus naturelles

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ou des honneurs politiques dus aux princes el aux ma-gistrats à raison de leur dignité.

V. Quant à la question, si les saints doivent être seule-ment vénérés, ou peuvent encore être adorés, c'est une vaine dispute de mots ; il suffit que Dieu soit seul adoré d'un culte de latrie, comme notre souverain Seigneur, et les sainls du culle de dulie, comme étant les serviteurs de Dieu et nos intercesseurs auprès de-sa divine majesté. Du reste, dans le septième synode, au deuxième concile de Nicée, acte 6, il est dit : « Sive igitur placebit salula-» tionem, sive adorationem appellare, idem illa profecto » erit, modo sciamus excludi lalriam; haec enim est alia » a simplici adoratione, ut alibi est ostensum. »

VI. Luther (écrivant sur le vingt-troisième dimanche après la Pentecôte) appelle chose diabolique tout culle iendu aux sainls, et les cenlurialeurs le nomment idolâtrie. D'autres luthériens admettent que les sainls méritent un culte spécial, et particulièrement la sainte Vierge, qui a prédit sur elle-même : « Beatam me-dicent omnes gene-» rationes; » mais ils ne veulent pas que ce culte soit re-ligieux, el en conséquence ils réprouvent les invocations, les pèlerinages, el toutes les autres pieuses pratiques. Mais nous voyons dans l'écriture qu'Abraham adora les anges. (Gènes, xix. 1.) Saùl adora l'ame de Samuel. (II. Reg. cap. 28.) Les fils des prophètes ayant appris que l'esprit d'élie était passé dans Elysée, l'adorèrent. Dieu lui-même honore les sainls, comme il est dit dans S. Jean : « Si quis mihi ministraverit, honorificabit illum Paler » meus. » (Joan. xn. 26.) Si Dieu honore ses serviteurs, comment nous serait-il défendu de les honorer?S. Am broise écrit : « Quisquis honorat martyres, honorat Chris-» tum.» (Serm. in fin.) S. Cyprien écrit: «Sacrificia

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» pfo eis semper offerimus, quoties martyrium, passio-» nes, et dies anniversaria commemoralione celebramus. (Lib. 4. epist. 5.) S. Jean Damascène : « Honorandos » esse sanctos, ulservos, amicos, et filios Dei. » (Lib. 4. (Orlhod. fid. e. 16.) S. Basile : « Ecclesia per hoc quod » eos honorat qui praecesserunt, praesentes impellit. » (Orat. in 1. Mamanlem.)S. Jérôme : « Honoramus servos, » ut honor servorum redundet ad Dominum. » (Epist, ad Riparium.) Theodoret : « àlqui nos Graeci homines, nec » hostias marlyribus, nec libamina ulla deferimus; sed » ut sanctos homines, Deique amicissimos honoramus. » (Lib. 8. de Graec.) S. Augustin : « Memorias martyrum » populus christianus religiosa solemnitate concelebrat. » (Lib. 20. contra Faustum, e.

21. )

L'autorité de tant de saints Pères doit bien nous con-vaincre que nous pouvons, que nous devons môme hono-rer les saints d'un culte religieux, tant pour leur excel-lence surnaturelle que pour la grâce sanctifiante dont ils seront éternellement doues, et pour la jouissance qu'ils ont et qu'ils auront à jamais de la vue de Dieu.

VII. On oppose premièrement ce que dit l'apôtre (I. Tim.

1.): «Soli Deo honor et gloria.» Nous répon-drons , comme nous l'avons déjà fait, qu'à Dieu seul est dû tout honneur pour sa sainteté infinie et incréée, mais que cela n'txclul pas l'honneur dû aux saints po'ur la sain-teté que Dieu leur communique. On voit par là combien est absurde ce que disent les hérétiques, que le culte que nous rendons aux sainls diminue celui que nous devons à Dieu, puisque, comme le dit S. Jérôme (à l'endroit cité dans le n* 7), l'honneur qu'on rend aux sainls re tourne à Dieu, comme à l'auteur de la sainteté. C'est ainsi que S. Augustin répond à ceux qui disaient qu'en

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honorant S. Pierre, on manquait à l'honnekir dû à Jé-sus-Christ : « In Petro (dit le saint) quis hororalur, nisi » ille defunctus pro nobis? Sumus enim chr sliani, non » pelriani. » (Epist.252.)

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