Premières Poésies (page 15)

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Premières Poésies (Musset) · 26 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Il prend une guitare.

Fi donc ! pouah !

Il en prend une autre.

Fi donc ! pouah !Hum ! je vais chanter, moi. — Ces marauds

Se sont donné, je crois, le mot pour chanter faux.

Il chante.

Pour tant de peine et tant d’émoi…

Hum ! mi, mi, la.

Pour tant de peine et tant d’émoi…

Hum ! mi, mi, la.Mi, mi. — Bon.

Pour tant de peine et tant d’émoi

Où vous m’avez jeté, Climène,

Ne me soyez point inhumaine,

Et, s’il se peut, secourez-moi,

Pour tant de peine.

Hum ! mi, mi, la.Mi, mi. — Bon.Quoi ! rien ne remue !

Va-t-elle me laisser faire le pied de grue ?

Têtebleu ! nous verrons !

Il chante.

De tant de peine, mon amour…

Rafael, sortant de la maison, s’arrête sur le pas de la porte.

Têtebleu ! nous verrons !Ah ! ah ! monsieur l’abbé

Desiderio ! — Parbleu ! vous êtes mal tombé.

L’abbé.

Mal tombé, monsieur ! — Mais pas si mal. Je vous chasse

Peut-être ?

Rafael.

Peut-être ?Point du tout ; je vous laisse la place.

Sur ma parole, elle est bonne à prendre, et, de plus,

Toute chaude.

L’abbé.

Toute chaude.Monsieur, monsieur, pour faire abus

Des oreilles d’un homme, il ne faut pas une heure : —

Il ne faut qu’un mot.

Rafael.

Il ne faut qu’un mot.Vrai ? j’aurais cru, que je meure,

Les vôtres sur ce point moins promptes, aux façons

Dont les miennes d’abord avaient pris vos chansons.

L’abbé.

Tête et ventre ! monsieur, faut-il qu’on vous les coupe ?

Rafael.

La, tout beau, sire ! Il faut d’abord, moi, que je soupe.

Je ne me suis jamais battu sans y voir clair,

Ni couché sans souper.

L’abbé.

Ni couché sans souper. Pour quelqu’un du bel air,

Vous sentez le mauvais soupeur, mon gentilhomme.

Le touchant.

Ce vieux surtout mouillé ! Qu’est-ce donc qu’on vous nomme ?

Rafael.

On me nomme seigneur Vide-bourse, casseur

De pots ; c’est, en anglais, blockhead, maître tueur

D’abbés. — Pour le seigneur Garuci, c’est son père

Le plus communément qui couche avec ma mère.

L’abbé.

S’il y couche demain, il court, je lui prédis,

Risque d’avoir pour femme une mère sans fils.

Votre logis ?

Rafael.

Votre logis ?Hôtel du Dauphin bleu. La porte

À droite, au petit Parc.

L’abbé.

À droite, au petit Parc.Vos armes ?

Rafael.

À droite, au petit Parc.Vos armes ?Peu m’importe ;

Fer ou plomb, balle ou pointe.

L’abbé.

Fer ou plomb, balle ou pointe.Et votre heure ?

Rafael.

Fer ou plomb, balle ou pointe.Et votre heure ?Midi.

L’abbé le salue et retourne à sa chaise.

Ce petit abbé-là m’a l’air bien dégourdi.

Parbleu ! c’est un bon diable ; il faut que je l’invite

À souper. — Hé ! monsieur, n’allez donc pas si vite !

L’abbé.

Qu’est-ce, monsieur ?

Rafael.

Qu’est-ce, monsieur ?Vos gens s’ensauvent comme si

La fièvre à leurs talons les emportait d’ici.

Demeurez, pour l’amour de Dieu, que je vous pose

Un problème d’algèbre. — Est-ce pas une chose

Véritable, et que voit quiconque a l’esprit sain,

Que la table est au lit ce qu’est la poire au vin ?

De plus, deux, gens de bien, à s’aller mettre en face

Sans s’être jamais vus, ont plus mauvaise grâce,

Assurément, que, quand il pleut, une catin

À descendre de fiacre en souliers de satin.

Donc, si vous m’en croyez, nous souperons ensemble ;

Nous nous connaîtrons mieux pour demain. Que t’en semble,

Abbé ?

L’abbé.

Abbé ? Parbleu ! marquis, je le veux, et j’y vais.

Il sort de sa chaise.

Rafael.

Voilà les musiciens qui sont déjà trouvés ;

Et pour la table, — holà ! Palforio ! l’auberge !

Frappant.

Cette porte est plus rude à forcer qu’une vierge.

Palforio ! manant, tripier, sac à boyaux !

Vous verrez qu’à cette heure ils dorment, les bourreaux !

Il jette une pierre dans la vitre.

Palforio, à la fenêtre.

Quel est le bon plaisir de Votre Courtoisie ?

Rafael.

Fais-nous faire à souper. Certes, l’heure est choisie

Pour nous laisser ainsi casser tous tes carreaux !

Dépêche, sac à vin ! — Pardieu ! si j’étais gros

Comme un muid, comme toi, je dirais qu’on me porte,

En guise d’écriteau, sur le pas de ma porte ;

On saurait où me prendre au moins.

Palforio.

On saurait où me prendre au moins.Excusez-moi,

Très-excellent seigneur.

Rafael.

Très-excellent seigneur.Allons, démène-toi.

Vite, va mettre en l’air ta marmitonnerie.

Donne-nous ton meilleur vin et ta plus jolie

Servante ; embroche tout : tes oisons, tes poulets,

Tes veaux, tes chiens, tes chats, ta femme et tes valets !

— Toi, l’abbé, passe donc ; en joie ! et pour nous battre

Après nous taperons, vive Dieu ! comme quatre.

Scène IV

La loge de la Camargo. — On la chausse.

Camargo.

Il ira. — Laissez-moi seule, et ne manquez pas

Qu’on me vienne avertir quand ce sera mon pas.

— C’est la règle, ô mon cœur ! — Il est sûr qu’une femme

Met dans une âme aimée une part de son âme.

Sinon, d’où pourrait-elle et pourquoi concevoir

La soif d’y revenir et l’horreur d’en déchoir ?

Au contraire, un cœur d’homme est comme une marée

Fuyarde des endroits qui l’ont mieux attirée.

Voyez qu’en tout lien, l’amour à l’un grandit

Et par le temps empire, à l’autre refroidit.

L’un, ainsi qu’un cheval qu’on pique à la poitrine,

En insensé toujours contre la javeline

Avance et se la pousse au cœur jusqu’à mourir.

L’autre, dès que ses flancs commencent à s’ouvrir,

Qu’il sent le froid du fer, et l’aride morsure

Aller chercher le cœur au fond de la blessure,

Il prend la fuite en lâche, et se sauve d’aimer. —

Ah ! que puissent mes yeux quelque part allumer

Une plaie à la mienne en misère semblable,

Et je serai plus dure et plus inexorable

Qu’un pauvre pour son chien, après qu’un jour entier

Il a dit : « Pour l’amour de Dieu ! » sans un denier.

— Suis-je pas belle encor ? — Pour trois nuits mal dormies,

Ma joue est-elle creuse, ou mes lèvres blêmies ?

Vrai Dieu ! ne suis-je plus la Camargo ? — Sait-on,

Sous mon rouge, d’ailleurs, si je suis pâle ou non ?

Va, je suis belle encor ! — C’est ton amour, perfide

Garuci, que déjà le temps efface et ride,

Non mon visages — Un nain contrefait et boiteux,

Voulant jouer Phœbus, lui ressemblerait mieux,

Qu’aux façons d’une amour fidèle et bien gardée,

L’allure d’une amour défaillante et fardée.

Ah ! c’est de ce matin que ton cœur m’est connu,

Car en le déguisant tu me l’as mis à nu.

Certes, c’est un loisir magnifique et commode

Que la paisible ardeur d’une intrigue à la mode !

— Qu’est-ce alors ? — C’est un flot qui nous berce rêvant !

C’est l’ombre qui s’enfuit d’une fumée au vent !

Mais que l’ombre devienne un spectre, et que les ondes

S’enfoncent sous les pieds, vivantes et profondes,

Le mal aimant recule, et le bon reste seul.

Oh ! que dans sa douleur ainsi qu’en un linceul

Il se couche à cette heure et dorme ! La pensée

D’un homme est de plaisirs et d’oublis traversée :

Une femme ne vit et ne meurt que d’amour ;

Elle songe une année à quoi lui pense un jour !

Lætitia, entrant.

Madame, on vous attend à la troisième scène.

Camargo.

Est-ce la Monanteuil, ce soir, qui fait la reine ?

Lætitia.

Oui, madame, et monsieur de Monanteuil, Sylvain.

Camargo.

Fais porter cette lettre à l’hôtel du Dauphin.

Scène V

Une salle à manger très-riche.

GARUCI, à table avec l’abbé ANNIBAL, musiciens.

Rafael.

Oui, mon abbé, voilà comme, une après-dînée,

Je vis, pris, et vainquis la Camargo, l’année

Dix-sept cent soixante-un de la nativité

De Notre-Seigneur.

L’abbé.

De Notre-Seigneur.— Triste ! oh ! triste, en vérité ! —

Rafael.

Triste, abbé ? — Vous avez le vin triste ? — Italie,

Voyez-vous, à mon sens, c’est la rime à folie.

Quant à mélancolie, elle sent trop les trous

Aux bas, le quatrième étage, et les vieux sous.

On dit qu’elle a des gens qui se noient pour elle.

— Moi, je la noie.

Il boit.

L’abbé.

— Moi, je la noie.Et quand vous eûtes cette belle

Camargo, vous l’aimiez fort ?

Rafael.

Camargo, vous l’aimiez fort ?Oh ! très-fort ! — et puis,

À vous dire le vrai, je m’y suis très-bien pris.

Contre un doublon d’argent un cœur de fer s’émousse.

Ce fut, le premier mois, l’amitié la plus douce

Qui se puisse inventer. Je m’en allais la voir,

Comme ça, tout au saut du lit, — ou bien le soir

Après le spectacle. — Oh ! c’était une folie

Dans ce temps-là ! — Pauvre ange ! — Elle était bien jolie !

Si bien qu’après un mois je cessai d’y venir.

Elle de remuer terre et ciel, — moi de fuir. —

Pourtant je fus trouvé — reproches, pleurs, injure,

Le reste à l’avenant. — On me nomma parjure,

C’est le moins. — Je rompis tout net. — Bon. — Cependant

Nous nous allions fuyant et l’un l’autre oubliant. —

Un beau soir, je ne sais comment se fit l’affaire,

La lune se levait cette nuit-là si claire,

Le vent était si doux, l’air de Rome est si pur ! —

C’était un petit bois qui côtoyait un mur,

Un petit sentier vert, — je le pris, — et, Jean comme

Devant, je m’en allai l’éveiller dans son somme.

L’abbé.

Et vous l’avez reprise ?

Rafael, cassant son verre.

Et vous l’avez reprise ?Aussi vrai que voilà

Un verre de cassé. — Mon amour s’en alla

Bientôt. — Que voulez-vous ? moi, j’ai donné ma vie

À ce dieu fainéant qu’on nomme fantaisie.

C’est lui qui, triste ou fou, de face ou de profil,

Comme un polichinel me traîne au bout d’un fil ;

Lui qui tient les cordons de ma bourse et la guide

De mon cheval ; jaloux, badaud, constant, perfide.

En chasse au point du jour dimanche, et vendredi

Cloué sur l’oreiller jusque et passé midi.

Ainsi je vais en tout, — plus vain que la fumée

De ma pipe, — accrochant tous les pavés. — L’année

Dernière, j’étais fou de chiens d’abord, et puis

De femmes. — Maintenant, ma foi, je ne le suis

De rien. — J’en ai bien vu, des petites princesses !

La première surtout m’a mangé de caresses ;

Elle m’a tant baisé, pommadé, balloté !

C’est fini, voyez-vous : — celle-là m’a gâté.

Quant à la Camargo, vous la pouvez bien prendre

Si le cœur vous en dit ; mais je me veux voir pendre

Plutôt que si ma main de sa nuque approchait.

L’abbé.

Triste !

Rafael.

Triste !Encor triste, abbé ?

Aux musiciens.

Triste ! Encor triste, abbé ?Hé ! messieurs de l’archet,

En ut ! égayez donc un peu Sa Courtoisie.

Musique.

Ma foi, voilà deux airs très-beaux.

Il parle en se promenant, pendant que l’orchestre joue piano.

Ma foi, voilà deux airs très-beaux.La poésie,

Voyez-vous, c’est bien. — Mais la musique, c’est mieux.

Pardieu ! voilà deux airs qui sont délicieux ;

La langue sans gosier n’est rien. — Voyez le Dante :

Son Séraphin doré ne parle pas, — il chante !

C’est la musique, moi, qui m’a fait croire en Dieu.

— Hardi, ferme, poussez, — crescendo !

Hardi, ferme, poussez, — crescendo !Mais, parbleu !

L’abbé s’est endormi. — Le voilà sous la table.

C’est vrai qu’il a le vin mélancolique en diable.

Ô doux, ô doux sommeil ! ô baume des esprits !

Reste sur lui, sommeil ! Dormir quand on est gris,

C’est, après le souper, le premier bien du monde.

Palforio, entrant.

Une lettre, seigneur.

Rafael, après avoir lu.

Une lettre, seigneur.Que le ciel la confonde !

Dites que je n’irai certes pas. — Attendez !

Si, — c’est cela, — parbleu ! — je — non — si fait, restez.

Dites que l’on m’attend.

Exit Palforio.

Dites que l’on m’attend.Hé, l’abbé ! — Sur mon âme,

Il ronfle en enragé.

L’abbé.

Il ronfle en enragé.Pardonnez-moi, madame ;

Est-ce que je dormais ?

Rafael.

Est-ce que je dormais ?Eh ! voulez-vous avoir

La Camargo, l’ami ?

L’abbé, se levant.

La Camargo, l’ami ?Tête et ventre ! ce soir ?

Rafael.

Ce soir même. — Écoutez bien : — elle doit m’attendre

Avant minuit. — Il est onze heures, — il faut prendre

Mon habit. —

L’abbé se déboutonne.

Mon habit. —Me donner le vôtre.

L’abbé ôte son manteau.

Mon habit. —Me donner le vôtre.Vous irez

À la petite porte, et là vous tousserez

Deux fois ; toussez un peu.

L’abbé.

Deux fois ; toussez un peu.Hum ! hum !

Rafael.

Deux fois ; toussez un peu.Hum ! hum !C’est à merveille.

Nous sommes à peu près de stature pareille.

Changeons d’habit. —

Ils changent.

Changeons d’habit. —Parbleu ! cet habit de cafard

Me donne l’encolure et l’air d’un escobard.

Le marquis Annibal ! l’abbé Garuci ! — Certe,

Le tour est des meilleurs. Or donc, la porte ouverte,

On vous introduira piano. — Mais n’allez pas

Perdre la tête là. — Prenez-la dans vos bras,

Et tout d’abord du poing renversez la chandelle. —

L’alcôve est à main droite en entrant. — Pour la belle,

Elle ne dira mot ; ne réponds rien. —

L’abbé.

Elle ne dira mot ; ne réponds rien. —J’y vais.

Marquis, c’est à la vie, à la mort. — Si jamais

Ma maîtresse te plaît, à tel jour, à telle heure

Que ce soit, écris-moi trois mots, et que je meure

Si tu ne l’as le soir !

Il sort.

Rafael lui crie par la fenêtre.

Si tu ne l’as le soir ! L’abbé, si vous voulez

Qu’on vous prenne pour moi tout à fait, embrassez

La servante en entrant. — Holà ! marauds, qu’on dise

À quelqu’un de m’aller chercher la Cydalise !

Scène VI

Chez la Camargo.

Camargo, entrant.

Déchausse-moi. — J’étouffe ! — A-t-on mis mon billet ?

Lætitia.

Oui, madame.

Camargo.

Oui, madame.Et qu’a-t-on répondu ?

Lætitia.

Oui, madame.Et qu’a-t-on répondu ?Qu’il viendrait.

Camargo.

Était-il seul ?

Lætitia.

Était-il seul ?Avec un abbé. —

Camargo.

Était-il seul ? Avec un abbé. —Qui se nomme ?…

Lætitia.

Je ne sais pas. — Un gros, joufflu, court, petit homme.

Camargo.

Lætitia !

Lætitia.

Lætitia !Madame ?

Camargo.

Lætitia ! Madame ?Approchez un peu. — J’ai

Depuis le mois dernier bien pâli, bien changé,

N’est-ce pas ? Je fais peur. — Je ne suis pas coiffée ;

Et vous me serrez tant, je suis tout étouffée.

Lætitia.

Madame a le plus beau teint du monde ce soir.

Camargo.

Vous croyez ? — Relevez ce rideau. — Viens t’asseoir

Près de moi. — Penses-tu, toi, que, pour une femme,

C’est un malheur d’aimer, — dans le fond de ton âme ?

Lætitia.

Un malheur, quand on est riche !

L’abbé, dans la rue.

Un malheur, quand on est riche !Hum !

Camargo.

Un malheur, quand on est riche ! Hum !N’entends-tu pas

Qu’on a toussé ? — Pourtant ce n’était point son pas.

Lætitia.

Madame, c’est sa voix. — Je vais ouvrir la porte.

Camargo.

Versez-moi ce flacon sur l’épaule.

La Camargo reste un moment seule, en silence. Lætitia rentre, accompagnée de l’abbé sous le manteau du Garuci, puis se retire aussitôt. Le coin du manteau accroche en passant la lampe et la renverse. L’abbé, se jetant à son cou.

Versez-moi ce flacon sur l’épaule.Oh !

La Camargo est assise ; elle se lève et va à son alcôve. L’abbé la suit dans l’obscurité. Elle se retourne et lui tend la main ; il la saisit. Camargo.

Versez-moi ce flacon sur l’épaule.Oh !Main-forte !

Au secours ! ce n’est pas lui !

Tous deux restent immobiles un instant. L’abbé.

Au secours ! ce n’est pas lui !Madame, en pensant… —

Camargo.

Au guet ! — Mais quel est donc cet homme ?

L’abbé, lui mettant son mouchoir sur la bouche.

Au guet ! — Mais quel est donc cet homme ?Ah ! tête et sang !

Ma belle dame, un mot. — Je vous tiens, quoi qu’on fasse.

Criez si vous voulez ; mais il faut qu’on en passe

Par mes volontés.

Camargo, étouffant.

Par mes volontés.Heuh !

L’abbé.

Par mes volontés.Heuh !Écoute ! si tu veux

Que nous passions une heure à nous prendre aux cheveux,

À ton gré, je le veux aussi ; mais je te jure

Que tu n’y peux gagner beaucoup, — et sois bien sûre

Que tu n’y perdras rien. — Madame, au nom du ciel,

Vous allez vous blesser. — Si mon regret mortel

De vous offenser, si —

Camargo, arrache la boucle de sa ceinture et l’en frappe au visage.

De vous offenser, si —Tu n’es qu’un misérable

Assassin ! — Au secours !

L’abbé.

Assassin ! — Au secours !Soyez donc raisonnable,

Madame ! calmez-vous. — Voulez-vous que vos gens

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