Premières Poésies (page 19)

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Premières Poésies (Musset) · 26 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

— Le voici. — D’où sait-on, s’il vous plaît, qu’on approche

D’un village, sinon qu’on en entend la cloche ?

Or la cloche suppose un clocher, — le clocher

Un curé. — Le curé, quand c’est jour de prêcher,

A besoin d’un bedeau. — Le bedeau, d’ordinaire,

Est en même temps cuistre à l’école primaire.

Or le cuistre du lieu, lecteur, était l’ancien

Allié des parents de Mardoche, et le sien.

XXII

Ayant donc débarqué, notre héros fit mettre

Sa voiture en un lieu sûr, qu’il pût reconnaître,

Puis s’éloigna, sans trop regarder son chemin,

D’un pas plus mesuré qu’un sénateur romain.

Longtemps et lentement, comme un bayeur aux grues,

Il marcha, coudoyant le monde par les rues.

Il savait dès longtemps que le bon magister,

Les dimanches matins, sortait pour prendre l’air ;

C’est pourquoi, sans l’aller demander à sa porte,

Il détourna d’abord le coin du bois, en sorte

XXIII

Qu’au bout de trente pas il était devant lui :

« And how do you do, mon bon père, aujourd’hui ? »

Le vieillard, à vrai dire, un peu surpris, et comme

Distrait d’un rêve, ôta de ses lèvres la pomme

De sa canne. « Mon fils, tout va bien, Dieu merci,

Dit-il, et quel sujet vous fait venir ici ?

— Sujet, reprit Mardoche, excessivement sage,

Très-moral, un sujet très logique. Je gage

Ma barbe et mon bonnet, qu’on pourrait vous donner

Dix-sept éternités pour nous le deviner. »

XXIV

La matinée était belle ; les alouettes

Commençaient à chanter ; quelques lourdes charrettes

Soulevaient çà et là la poussière. C’était

Un de ces beaux matins un peu froids, comme il fait

En octobre. Le ciel secouait de sa robe

Les brouillards vaporeux sur le terrestre globe.

« Asseyez-vous, mon fils, dit le prêtre ; voilà

L’un des plus beaux instants du jour. — Pour ce vent-là,

Je le crois usurier, bon père, dit Mardoche,

Car il vous met la main malgré vous à la poche.

XXV

— L’un des plus beaux instants, mon fils, où les humains

Puissent à l’Éternel tendre leurs faibles mains ;

L’âme s’y sent ouverte, et la prière aisée.

— Oui ; mais nous avons là les pieds dans la rosée,

Bon père ; autant vaudrait prier en plus bas lieu.

— Les monts, dit le vieillard, sont plus proches de Dieu,

Ce sont ses vrais autels, et si le saint prophète

Moïse le put voir, ce fut au plus haut faîte.

— Hélas ! reprit Mardoche, un homme sur le haut

Du plus pointu des monts, serait-ce le Jung-Frau ;

XXVI

Me fait le même effet justement qu’une mouche

Au bout d’un pain de sucre. Ah ! bon père, la bouche

Des hommes, à coup sûr, les met haut, mais leurs pieds

Les mettent bas. — Mon fils, dit le docteur, voyez

Que vos cheveux sont d’or et les miens sont de neige.

Attendez que le temps vienne. — Et qu’en apprendrai-je ?

Prit l’autre, souriant de son méchant souris ;

Science des humains n’est-elle pas mépris ? »

Il s’assit à ce mot. « Laissons cela, mon père,

Dit-il, je suis venu pour vous parler d’affaire.

XXVII

Comme vous le disiez tout à l’heure, je suis

Jeune, par conséquent amoureux. Je ne puis

Voir ma maîtresse ; elle a son mari. La fenêtre

Est haute, à parler franc, et… — Je vous ai vu naître,

Mon ami, dit le prêtre, et je vous ai tenu

Sur les fonts baptismaux. Quand vous êtes venu

Au monde, votre père (et que Dieu lui pardonne,

Car il est mort) vous prit des bras de votre bonne,

Et me dit : Je le mets sous la protection

Du ciel ; qu’il soit sauvé de la corruption !

XXVIII

— Le malheur, dit Mardoche, est que les demoiselles

Sont toutes, par nature ou par mode, cruelles ;

Car je vous entends bien, et je sais que c’est mal.

Mais que voudriez-vous, monsieur, qu’on fît au bal ?

— Oui ! vous avez raison, dit le bedeau, le monde

Est un lieu de misère et de pitié profonde.

— Donc, dit Mardoche, avec votre consentement,

Je reprends mon récit et mon raisonnement.

Or je ne puis pas voir ma maîtresse ; hier même

J’ai failli m’y casser le cou. — Bonté suprême !

XXIX

Dit le bedeau, c’est Dieu qui vous aurait frappé.

Quel est le malheureux que vous avez trompé ?

— Malheureux ? dit Mardoche ; il n’en sait rien, mon père.

— Il n’en sait rien, mon fils ! Nul secret sur la terre

N’est secret bien longtemps. — Bon, dit Mardoche, mais

Je ne bavarde guère, et je n’écris jamais.

— Et quand cela serait, mon fils, je le demande,

Une injure cachée en est-elle moins grande ?

En aurez-vous donc moins desséché, désuni

Un lien que la main d’un prêtre avait béni ?

XXX

En aurez-vous moins fait le plus coupable outrage

À la société, dans sa loi la plus sage ?

Ce secret, qu’à jamais la terre ignorera,

Pensez-vous que le ciel, qui le sait, l’oubliera ?

Songez à ce que c’est qu’un monde, et que le nôtre

A quatre pas de long, et, pour l’horizon, l’autre.

— Quittons ce sujet-ci, dit Mardoche, je vois

Que vous avez le crâne autrement fait que moi.

Je vous racontais donc comme quoi ma maîtresse

Était gardée à vue : on la promène en laisse.

XXXI

— Et l’on a, dit le prêtre, éminemment raison.

Ah ! qu’elle pense donc à garder sa maison,

À vouer au Seigneur un cœur exempt de feinte,

À donner à ses fils un lait pur et la crainte

Du ciel. — Mon révérend, dit l’autre, les oiseaux

Qui sont les plus charmants sont ceux qui chantent faux.

Ne vous paraît-il pas simple et tout ordinaire

Qu’un rossignol soit laid, honteux, lorsqu’au contraire

Le paon, ce mal-appris, porte un manteau doré,

Comme un diacre à Noël à côté du curé ?

XXXII

Ne vous étonnez donc aucunement, bon père,

Que le plus bel oiseau que nous ayons sur terre,

La femme, chante faux, et sur ce, laissez-moi

Vous finir mon récit, je vous dirai pourquoi.

Hier donc, je revenais, ayant failli me rompre

Les… — Et, dit le vieillard, qui donc l’a pu corrompre

Ainsi, fils d’un tel père, et jeune comme il est !

N’est-ce pas monstrueux ? — J’ai, dit Mardoche, fait

Mes classes de bonne heure, et puis, dans les familles,

Voyez-vous, j’ai toujours trouvé quatre ou cinq filles

XXXIII

Contre un ou deux garçons, ce qui m’a fait penser

Qu’on pouvait en aimer la moitié, sans blesser

Dieu. — Dieu ! mon cher enfant ! voyons, soyez sincère.

Y croyez-vous ? — Monsieur, dit Mardoche, Voltaire

Y croyait. — Comment donc l’offensez-vous ainsi ?

— Or, dit le jouvenceau, je reprends mon récit.

J’adore cette femme, et ne connais de joie

Qu’à la voir ; vous sentez qu’il faut que je la voie,

Et j’ai compté sur vous dans cette occasion.

— Sur moi ! dit le bedeau, perdez-vous la raison ?

XXXIV

— La raison, révérend, hélas ! je l’ai perdue ;

Et si, par un miracle, elle m’était rendue,

Vous me la verriez fuir, ou plutôt renvoyer

Comme un pigeon fidèle au toit du colombier.

Ah ! secourez-moi donc ; votre bonne assistance

Peut seule me sauver dans cette circonstance.

— Et de quelle façon, mon ami ? — Vous sentez,

Dit Mardoche, que j’ai cherché de tous côtés,

Pour la voir, une chambre, un lit, un trou, n’importe ;

Y venir n’était rien, mais il faut bien qu’on sorte.

XXXV

Et le rustre la guette. — Eh bien ! dit le bedeau,

Puis-je l’en empêcher ? — Vous avez un très-beau

Lit à rideaux bleu-ciel, monsieur ; un presbytère

N’est pas suspect… — Jamais ! dit le vieillard. — Bon père,

Dit l’autre, je n’ai pas si peu de temps vécu,

Qu’au premier jour d’ennui je croie une vertu

De partir (en parlant ainsi, l’ami Mardoche

Tirait tout bas un long pistolet de sa poche).

— Porter la main sur vous, mon fils ! dit le chrétien,

En êtes-vous donc là ? ne croyez-vous à rien ?

XXXVI

— Révérend, répondit Mardoche, je m’ennuie.

Shakspeare, dans Hamlet, dit qu’on tient à la vie

Parce qu’on ne sait pas ce qu’on doit voir après ;

Ses vers me semblent beaux, mais ils seraient plus vrais,

S’ils disaient qu’on y tient parce qu’une cervelle

A peur d’un pistolet qui s’applique sur elle,

Pour la faire craquer et sauter d’un seul bond,

Comme un bouchon de vin de Champagne, au plafond.

Je ne suis pas douillet. — Un suicide ! on se damne,

Mon fils ! — Nous n’avons pas, dit Mardoche, le crâne

XXXVII

Fait de même. — Attendez du moins jusqu’à demain,

Mon fils, et retirez ceci de votre main.

Songez-y donc : chez moi ! dans ma chambre ! une femme !

Mon enfant, un suicide ! Ah ! songez à votre âme.

— Henri Huit, révérend, dit Mardoche, fut veuf

De sept reines, tua deux cardinaux, dix-neuf

Évêques, treize abbés, cinq cents prieurs, soixante-

Un chanoines, quatorze archidiacres, cinquante

Docteurs, douze marquis, trois cent dix chevaliers,

Vingt-neuf barons chrétiens, et six-vingt roturiers.

XXXVIII

Moi, je n’en tuerai qu’un, révérend ; mais, de grâce,

Parlez, et dites-nous ce qu’il vous plaît qu’on fasse.

— Qu’on fasse ! dit le prêtre ; et l’enfer, mon cher fils !

L’enfer ! — Monsieur, reprit Mardoche, je ne puis

Répondre là-dessus, n’ayant eu pour nourrice

Qu’une chèvre. » Le bout de l’arme tentatrice

Brillait en plein soleil. « Eh bien ! je le veux bien,

S’écria le vieillard, mais vous n’en direz rien.

Sur votre foi, mon fils ! songez à ce qu’on pense…

— Touchez là, dit Mardoche, et Dieu vous récompense ! »

XXXIX

Telle fut, de tout point, la conversation

Qu’avec son oncle Évrard Mardoche eut à Meudon

(Car Évrard du bedeau fut le nom véritable).

De l’oncle ou du neveu qui fut le plus coupable ?

Le neveu fut impie, et l’oncle fut trop bon.

L’un plaidait pour le ciel, l’autre pour le démon.

Le parallèle prête à faire une élégie :

Oncle, tu fus trop bon ; neveu, tu fus impie.

Mais n’importe ; il suffit de savoir pour l’instant,

Quel qu’en soit le motif, que Mardoche est content.

XL

De plus, j’ai déjà dit, que c’était jour de fête.

Une fête, à Meudon, tourne plus d’une tête ;

Et qui pouvait savoir, tandis que, soucieux,

Notre héros à terre avait fixé ses yeux,

Ce qu’il cherchait encor ? — Le fait est qu’en silence

Au digne magister il fit sa révérence,

Puis s’éloigna pensif, sans trop regarder où,

La tête basse, et, comme on dit, à pas de loup.

— Toujours un amoureux s’en va tête baissée,

Cheminant de son pied moins que de sa pensée.

XLI

Heureux un amoureux ! — Il ne s’enquête pas

Si c’est pluie ou gravier dont s’attarde son pas.

On en rit ; c’est hasard s’il n’a heurté personne.

Mais sa folie au front lui met une couronne,

À l’épaule une pourpre, et devant son chemin

La flûte et les flambeaux, comme un jeune Romain !

Tel était celui-ci, qu’à sa mine inquiète

On eût pris pour un fou, sinon pour un poëte.

Car vous verriez plutôt une moisson sans pré,

Sans serrure une porte, et sans nièce un curé,

XLII

Que sans manie un homme ayant l’amour dans l’âme.

Comme il marchait pourtant, un visage de femme,

Qui passa tout à coup sous un grand voile noir,

Le jeta dans un trouble horrible à concevoir.

Qu’avait-il ? Qu’était donc cette beauté voilée ?

Peut-être sa Rosine ! — Au détour de l’allée

Avait-il reconnu, sous les plis du schall blanc,

Sa démarche à l’anglaise, et son pas nonchalant ?

Elle n’était pas seule ; un homme à face pâle

L’accompagnait, d’un air d’aisance conjugale.

XLIII

Quoi qu’il en soit, lecteur, notre héros suivit

Cette beauté voilée, aussitôt qu’il la vit.

Longtemps, et lentement, au bord de la terrasse,

Il marcha comme un chien basset sur une trace,

Toujours silencieux, car il délibérait

S’il devait passer outre ou bien s’il attendrait.

L’ennemi tout à coup, à sa grande surprise,

Fit volte-face. Il vit que l’instant de la crise

Approchait ; tenant donc le pied ferme, aussitôt

Il rajusta d’un coup son col et son jabot.

XLIV

Muses ! — Depuis le jour où John Bull, en silence,

Vit jadis par Brummel, en dépit de la France,

Les gilets blancs proscrits, et jusques aux talons

(Exemple monstrueux !) traîner les pantalons,

Jusqu’à ces heureux temps où nos compatriotes

Enfin jusqu’à mi-jambe ont relevé leurs bottes,

Et, ramenant au vrai tout un siècle enhardi,

Dégagé du maillot le mollet du dandy ;

Si jamais, retroussant sa royale moustache,

Gentilhomme au plein vent fit siffler sa cravache ;

XLV

D’un air tendre et rêveur, si jamais merveilleux,

Pour montrer une bague, écarta ses cheveux ;

Oh ! surtout, si jamais manchon aristocrate

Fit mollement plier la douillette écarlate ;

Ou si jamais, pareil à l’étoile du soir,

Put sous un voile épais scintiller un œil noir ;

Ô Muses d’Hélicon ! — Ô chastes Piérides !

Vous qui du double roc buvez les eaux rapides,

Dites, ne fut-ce pas lorsque, la canne en l’air,

Mardoche en sautillant passa comme un éclair ?

XLVI

Ce ne fut qu’un coup d’œil, et, bien que passé maître,

Notre époux, à coup sûr, n’y put rien reconnaître.

Un vieux Turc accroupi, qui près de là fumait,

N’aurait pas eu le temps de dire — Mahomet.

La dame, je crois même, avait tourné la tête ;

Et, sans s’inquiéter autrement de la fête,

Ni des gens de l’endroit, ni de son bon parent,

Mardoche regagna sa voiture en courant.

« À Paris ! » dit le groom en fermant la portière.

À Paris ! oh ! l’étrange et la plaisante affaire !

XLVII

Lecteur, qui ne savez que penser de ceci,

Et qui vous préparez à froncer le sourcil,

Si vous n’avez déjà deviné que Mardoche

Emportait de Meudon un billet dans sa poche,

Vous serez, en rentrant, étonné de le voir

Se jeter tout soudain le nez contre un miroir,

Demander du savon, et gronder sa servante ;

Puis, laissant son laquais glacé par l’épouvante,

Se vider sur le front, ainsi qu’un flot lustral,

Un flacon tout entier d’huile de Portugal.

XLVIII

Vénus ! flambeau divin ! — Astre cher aux pirates !

Astre cher aux amants ! — Tu sais que de cravates,

Un jour de rendez-vous, chiffonne un amoureux ;

Tu sais combien de fois il en refait les nœuds !

Combien coule sur lui de lait de rose et d’ambre !

Tu sais que de gilets et d’habits par la chambre

Vont traînant au hasard, mille fois essayés,

Pareils à des blessés qu’on heurte et foule aux pieds ;

Vous surtout, dards légers, qu’en ses doctes emphases,

Delille a consacrés par quatre périphrases !

XLIX

Ô bois silencieux ! ô lacs ! — Ô murs gardés !

Balcons quittés si tard ! si vite escaladés !

Masques, qui ne laissez entrevoir d’une femme

Que deux trous sous le front, qui lui vont jusqu’à l’âme !

Ô capuchons discrets ! — Ô manteaux de satin,

Que presse sur la taille une amoureuse main !

Amour, mystérieux amour, douce misère !

Et toi, lampe d’argent, pâle et fraîche lumière

Qui fait les douces nuits plus blanches que le lait !

— Soutenez mon haleine en ce divin couplet !

L

Je veux chanter ce jour d’éternelle mémoire

Où, son dîner fini, devant qu’il fît nuit noire,

Notre héros, le nez caché sous son manteau,

Monta dans sa voiture une heure au moins trop tôt !

Oh ! qu’il était joyeux, et, quoi qu’on n’y vît goutte,

Que de fois il compta les bornes de la route !

Lorsque enfin le tardif marchepied s’abaissa,

Comme, le cœur battant, d’abord il s’élança !

Tout le quartier dormait profondément, en sorte

Qu’il leva lentement le marteau de la porte.

LI

Êtes-vous quelquefois sorti par un temps doux,

Le soir, seul, en automne, — ayant un rendez-vous ?

Il est de trop bonne heure, et l’on ne sait que faire

Pour tuer, comme on dit, le temps, ou s’en distraire.

On s’arrête, on revient. — De guerre lasse, enfin,

On entre. — On va poser son front sur un coussin. —

Sur le bord de son lit, — place à jamais sacrée !

Tiède encor des parfums d’une tête adorée !

— On écoute. — On attend. — L’ange du souvenir

Passe, et vous dit tout bas : « L’entends-tu pas venir ? »

LII

J’ai vu, sur les autels, le pudique hyménée

Joindre une sèche main de prude surannée

À la main sans pudeur d’un roué de vingt ans.

Au Havre, dans un bal, j’ai vu les yeux mourants

D’une petite Anglaise, à l’air mélancolique,

Jeter un long regard plein d’amour romantique

Sur un buveur de punch, et qui, dans le moment,

Venait de se griser abominablement !

J’ai vu des apprentis se vendre à des douairières,

Et des Almavivas payer leurs chambrières.

LIII

Est-il donc étonnant qu’une fois à Paris,

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