Pensées (page 17)

Blaise Pascal · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg) · 34 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

555 706 (suite)

↑ C’est la conclusion d’Épictète, suivant l’entretien avec M. de Sacil’entretien avec M. de Saci : « que l’homme peut parfaitement… connaître Dieu, l’aimer, lui obéir, lui plaire, se guérir de tous ses vices, acquérir toutes les vertus, se rendre saint ainsi et compagnon de Dieu. »

↑ Réflexion en marge de la Copie, empruntée aux Entretiens, I, xviii.

↑ Cf. B., 376 ; C., 334 ; Bos., II, xvii, 1 ; Faug., II, 100 ; Hav., XXIV, 1 ; Mol., II, 20 ; Mich., 695.

↑ Mont., Apol.Apol. : « tout ce que nous veoyons sans la lampe de sa grace, ce n’est que vanité et folie. » Cf. Entretien avec M. de Saci : « Ainsi ces deux états qu’il fallait connaître ensemble pour voir toute la vérité, étant connus séparément, conduisent nécessairement à l’un de ces deux vices, l’orgueil et la paresse, où sont infailliblement tous les hommes avant la grâce, puisque, s’ils ne demeurent dans leurs désordres par lâcheté, ils en sortent par vanité. »

↑ Réminiscence du discours de saint Paul à l’Aréopage : Præteriens, et videns simulacra vestra, inveni et aram in qua scriptum erat : ignoto deo. Quod ergo ignorantes colitis, hoc ego annuntio vobis. Act. Apost., XVII, 23.

↑ Victor Cousin a fait de cette affirmation la clé de son interprétation de Pascal : « Comprenez bien cette sentence décisive. Pascal ne dit pas : Il y a du vrai dans le pyrrhonisme, mais : Le pyrrhonisme est le vrai. Et le pyrrhonisme n’est pas le doute sur tel ou tel point de la connaissance humaine, c’est le doute universel, c’est la négation radicale de tout pouvoir naturel de connaître. » (Préface de la Seconde Édition du Rapport sur les Pensées de Pascal, Études sur Pascal, p. 42). — Mais, comme le remarque M. Droz (Étude sur le Scepticisme de Pascal, p. 183), le contexte, que Victor Cousin cite pourtant à l’appui de sa thèse, lui répond suffisamment : le pyrrhonisme serait le vrai si l’homme ne devait attendre la vérité que de la philosophie ; avant Jésus-Christ les sceptiques avaient donc raison contre tous les dogmatiques de l’antiquité. C’est déjà ce que Balzac avait dit à la fin du premier discours du Socrate chrétien : « Comment eussent-ils pu trouver la vérité qu’ils cherchaient, puisqu’elle n’était pas encore née ?… Cette vérité n’est autre que Jésus-Christ, et c’est ce Jésus-Christ qui a fait cesser les doutes et les irrésolutions de l’Académie, qui a même assuré le pyrrhonisme. Il est venu arrêter les pensées vagues de l’esprit humain et fixer ses raisonnements en l’air. Après plusieurs siècles d’agitation et de trouble, il est venu faire prendre terre à la philosophie, et donner des ancres et un port à une mer qui n’avait ni fond ni rive, etc. » (Cité par Havet). — Ainsi se justifie le mot de Vinet : on a dit que le scepticisme « fait Pascal chrétien ; il serait peut-être plus vrai de dire que le christianisme l’a rendu sceptique ». M. Droz rappelle ce mot, et le corrobore par un passage intéressant de M. Singlin : « Avant l’incarnation du Christ, les plus sages d’entre les hommes qui ont voulu se mêler d’éclairer les autres, tels qu’ont été les philosophes païens, n’ont été proprement, pour user des termes de notre Évangile, que des guides aveugles qui, conduisant d’autres aveugles, sont tombés tous ensemble dans la fosse. » (Instructions chrétiennes sur les Mystères, t. I, p. 720.)

↑ Cf. B., 109 ; C., 134 ; P. R., II, 2 ; Bos., II, iv, 2 ; Faug., II, 141 ; Hav., XI, 2 bis ; Mol., I, 279 ; Mich., 823.

↑ [En] faut [trouver la raison].

↑ Cette phrase en marge.

↑ Cf. B., 48 ; C., 69 ; P. R., XXI, 1, 4 ; III, 5, 6, 8 ; Bos., II, i, 4 ; II, v, 3, 4 ; II, xvii, 23 ; Faug., II, 100 ; II, 158 ; Hav., VIII, 1 ; Mol., I, 161 ; I, 292 ; Mich., 536.

↑ L’édition de Port-Royal contient ce paragraphe d’introduction : « Rien n’est plus étrange, dans la nature de l’homme, que les contrariétés qu’on y découvre à l’égard de toutes choses. Il est fait pour connaître la vérité ; il la désire ardemment, il la cherche ; et cependant, quand il tâche de la saisir, il s’éblouit et se confond de telle sorte, qu’il donne sujet de lui en disputer la possession. C’est ce qui a fait naître les deux sectes de pyrrhoniens et de dogmatistes, dont les uns ont voulu ravir à l’homme toute connaissance de la vérité, et les autres tâchent de la lui assurer ; mais chacun avec des raisons si peu vraisemblables, qu’elles augmentent la confusion et l’embarras de l’homme, lorsqu’il n’a point d’autre lumière que celle qu’il trouve dans sa nature. »

↑ [Est] que [ces principes].

↑ Hors la foi et la révélation, en surcharge.

↑ Mais en que.

↑ [La nature peut nous les avoir donnés faux et que puisque hors la loi on n’est point assuré [mais on peut dire ou qu’on est créé au hasard et que les principes sont ou.]

↑ [Véritable.]

↑ « Je supposerai donc, non pas que Dieu, qui est très bon et qui est la souveraine source de vérité, mais qu’un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant a employé toute son industrie à me tromper. » (Descartes, Première méditation.)Première méditation.)

↑ [Suivant que ces principes peuvent être [qui ne voit que suivant [selon un de ces.]

↑ Cf. Entretien avec M. de SaciEntretien avec M. de Saci : « Et puisque nous ne savons que par la seule foi qu’un Être tout bon nous les a donnés véritables, en nous créant pour connaître la vérité, qui saura sans cette lumière, si, étant formés à l’aventure, ils ne sont pas incertains, ou si, étant formés par un être faux et méchant, il ne nous les a pas donnés faux afin de nous séduire ? montrant par là que Dieu et le vrai sont inséparables, et que si l’un est ou n’est pas, s’il est certain ou incertain, l’autre est nécessairement de même. »

↑ Hors de la foi, en surcharge. — « Il me semble bien à présent que ce n’est pas avec des yeux endormis que je regarde ce papier… Mais en y pensant soigneusement, je me ressouviens d’avoir souvent été trompé en dormant par de semblables illusions ; et en m’arrêtant sur cette pensée, je vois si manifestement qu’il n’y a point d’indices certains par où l’on puisse distinguer nettement la veille d’avec le sommeil que j’en suis tout étonné, et mon étonnement est tel qu’il est presque capable de me persuader que je dors. » (Descartes, Première méditation.)Première méditation.)

↑ [Voit.]

↑ [Fuir.]

↑ [Donc.]

↑ [En lequel au songe, sont [qui doute.]

↑ Cf. Bossuet, Sermon sur la mort, 1662 : « … je doute quelquefois avec Arnobe, si je dors ou si je veille : Vigilemus aliquando, an ipsum vigilare, quod dicitur, somni sit perpetul portio. Je ne sais si ce que j’appelle veiller n’est peut-être pas une partie un peu plus excitée d’un sommeil profond ; et si je vois des choses réelles, ou si je suis seulement troublé par des fantaisies et par de vains simulacres. » (Premier point.)

↑ Assez, en surcharge.

↑ [Qu’on croirait.]

↑ [En quoi.]

↑ [Dans.]

↑ [Il se peut aussi bien faire [ne se peut-il faire que cette moitié de la vie où nous pensons veiller est.]

↑ Sur lequel… entés, en surcharge.

↑ [Tous les écoulements du temps, de la vie et les divers corps que nous sentons] ne sont.

↑ [Ne sont.]

↑ [Imaginations.]

↑ [Niaiseries.]

↑ [Contre.]

↑ [Des préventions.]

↑ Ne… que, en surcharge.

↑ La phrase suivante, en surcharge.

↑ [Que de bonne foi.]

↑ Cette thèse est développée avec une vivacité qui a dû faire impression sur Pascal dans un chapitre des Entretiens d’Épictète, intitulé Contre les Épicuriens et les Académiciens : « Il est impossible que l’homme perde entièrement les sentiments humains… Quelle abomination ! Avoir reçu de la nature des mesures et des règles pour connaître la vérité, et ne pas se donner la peine de les appliquer à ce qui s’en écarte. » (II, xx.)

↑ En un mot, surcharge.

↑ Nouvelle allusion à l’argument cartésien du malin génie. Nos principes naturels sont-ils vrais ? nous avons une inclination naturelle à le croire ; mais cette inclination n’a de valeur que si l’auteur de notre nature n’a pas voulu nous tromper. C’est la véracité divine qui seule nous permet de nous confier à nous-mème, d’admettre la réalité du monde extérieur et la vérité de la science mathématique. Seulement, pour Descartes, la véracité divine peut être démontrée par la métaphysique, et le doute est ainsi rationnellement levé au sein de la métaphysique. Pour Pascal la foi et le sentiment seuls nous mènent à Dieu, parce que seuls ils viennent de Dieu.

↑ Page 258 du manuscrit. — [Qui voudra s’éclairer plus au long des pyrrhoniens, voir leurs livres, il en sera bientôt persuadé et peut-être trop.]

↑ Cette phrase avait été barrée et remplacée en marge par celle-ci : La neutralité qui est le parti des sages est le plus ancien dogme de la cabale pyrrhonienne ; ensuite Pascal l’a rayée pour rétablir son premier texte.

↑ [Puisque.]

↑ [Leur] essence.

↑ [S’il sent du mal.]

↑ Allusion à l’argument de saint Augustin (de Trinit., X, 10), qui est devenu avec Descartes le Cogito ergo sum. Cf. les Réflexions sur l’Esprit géométrique.

↑ [À défaut de] la raison, et.

↑ M. Droz remarque l’analogie de l’expression avec celles dont se sert Descartes dans le Discours de la méthode, où il relève « les extravagantes opinions des sceptiques… Il semble qu’à moins d’être extravagant on ne peut douter… » (Cf. Étude sur le scepticisme de Pascal, 1887, p. 158, note.)

↑ [Aussi.]

↑ [Obligé.]

↑ [Quel paradoxe.]

↑ Bossuet : « Ô Dieu ! qu’est-ce donc que l’homme ? Est-ce un prodige ? Est-ce un composé monstrueux de choses incompatibles ? ou bien est-ce une énigme inexplicable ? » (Sermon pour la profession de Mme de La Vallière, 1675.)

↑ Cf. Ronsard :

Bref ils t’ont fait la cloaque d’erreur.

↑ Ce terme d’embrouillement se retrouve chez Bossuet : « On a à craindre des embrouillements sur l’affaire. » (Lettres sur le quiétisme). — [Certainement cela passe le dogmatisme et pyrrhonisme et toute la philosophie humaine. L’homme passe l’homme. Qu’on accorde donc aux pyrrhoniens ce qu’ils ont tant crié : que la vérité n’est pas de notre portée ni de notre gibier, qu’elle ne demeure pas en terre, qu’elle est domestique du ciel, qu’elle loge dans le sein de Dieu, et que l’on ne la peut connaître qu’à mesure qu’il lui plaît de la révéler. Apprenons donc de la vérité incréée et incarnée notre véritable nature, on ne peut être pyrrhonien ni académicien sans étouffer la nature ; on ne peut être dogmatique par la force de [sans renoncer à la raison. On conclut [Qu’est-ce donc ? On ne peut éviter en cherchant la vérité par la raison d’entrer en une de ces trois sectes [éviter une de ces trois sectes ni.]

↑ [Et les académiciens.]

↑ [La vérité [votre véritable.]

↑ [Trois.]

↑ Cf. Bossuet, Sermon sur la mort, 1662 : « Demandez aux philosophes profanes ce que c’est que l’homme : les uns en feront un Dieu, les autres un rien ; les uns diront que la nature le chérit comme une mère, et qu’elle en fait ses délices ; les autres, qu’elle l’expose comme une marâtre et qu’elle en fait son rebut ; et un troisième parti, ne sachant plus que deviner touchant la cause de ce mélange, répondra qu’elle s’est jouée en unissant deux pièces qui n’ont nul rapport, et ainsi que par une espèce de caprice, elle en a fait ce prodige qu’on appelle l’homme… » (Second point.)

↑ [Que l’homme.]

↑ [Sachez.]

↑ [Apprenez [connaissez.]

↑ Page 261 du manuscrit. — [N’est-il donc pas clair comme le jour que la condition de l’homme est double ? Certainement] si l’homme.

↑ [Si nous étions malheureux simplement.]

↑ [À présent.]

↑ [Concevons donc que la condition de l’homme est double. Concevons donc que l’homme passe infiniment l’homme, et qu’il était inconcevable à lui-même sans le secours de la foi. Car qui ne voit que sans la connaissance de cette double condition de la nature, on était dans une ignorance invincible de la vérité de sa nature ?]

↑ [Soit.]

↑ [Corruption.]

↑ [Sans lequel.]

↑ [Celui.]

↑ [Blesse.]

↑ [Cela ne nous.]

↑ [Est pas seulement inconcevable.]

↑ [A si peu.]

↑ [L’homme est] incompréhensible à [lui-même.]

↑ [De sorte qu’il est beaucoup plus aisé de le concevoir que de concevoir la condition de l’homme sans cette connaissance et qu’ainsi [de sorte qu’il [que l’homme ne peut se connaître que par un mystère inconcevable [est lui-même un prodige [une merveille plus incompréhensible que le mystère incompréhensible par lequel seul il peut comprendre sa nature. — C’est.]

↑ [Qui.]

↑ [Y est caché.]

↑ Dans cet abîme, en surcharge.

↑ La métaphore est dans Montaigne : « Le nœud qui debvroit attacher nostre iugement et nostre volonté,… ce debvroit estre un nœud prenant ses replis et ses forces, non pas de nos considerations, de nos raisons et passions, mais d’une estreincte divine et supernaturelle. » (Apol.)(Apol.)

↑ Voici comment Bossuet, dans son Sermon pour la profession de Mme de La Vallière, répond à la question posée en termes si semblables à ceux de Pascal : « Nous avons expliqué l’énigme. Ce qu’il y a de si grand dans l’homme est un reste de sa première institution ; ce qu’il y a de si bas, et qui paraît si mal assorti avec ses premiers principes, c’est le malheureux effet de sa chute. Il ressemble à un édifice ruiné qui, dans ses masures renversées, conserve encore quelque chose de la beauté et de la grandeur de son premier plan. Fondé dans son origine sur la connaissance de Dieu et sur son amour, par sa volonté dépravée il est tombé en ruine ; le comble s’est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement. Mais qu’on remue ces ruines, on trouvera dans les restes de ce bâtiment renversé et les traces de ces fondations, et l’idée du premier dessein, et la marque de l’architecte. L’impression de Dieu reste encore, en l’homme, si forte qu’il ne peut la perdre, et tout ensemble si faible qu’il ne peut la suivre, si bien qu’elle semble n’être restée que pour le convaincre de sa fuite et lui faire sentir sa perte… »

↑ Page 262 du manuscrit. — [Certainement Dieu aurait pu nous ôter à nous-mêmes.]

↑ [Pensant réserver à lui seul le droit de [qui seul pouvait nous instruire nous-mêmes, en a caché le nœud dans la chose du monde la plus.]

↑ [À nous-mêmes.]

↑ [Ne pouvions pas.]

↑ [Jamais.]

↑ [Vérités inébranlables] solidement [établies.]

↑ [Foi.]

↑ [Articles [point de.]

↑ [Tout dans la nature est [l’homme est le plus grand des ouvrages de la nature, que tout est fait pour lui et lui pour Dieu, et l’autre.]

↑ [La création a été.]

↑ De rendu à divinité, surcharge.

↑ [A été.]

↑ [Aussi.]

↑ Prov., VIII, 30 : Cum eo eram cuncta componens : et delectabar per singulos dies, ladens coram eo omni tempore ; (31) ludens in orbe terrarum : et deliciæ meæ, esse cum filiis hominum.

↑ Joël, II, 28 : Et erit post hoc : Effundam spiritum meum super omnem carnem : et prophetabunt filii vestri, et filiæ vestræ : senes vestri somnia somniabunt, et juvenes vestri visiones videbunt. Cf. Isaïe, XLIV, 3.

↑ Dii estis, surcharge. — Psaume LXXXI, 6 : Ego dixi, Dii estis, et filii Excelsi omnes.

↑ Isaïe, XL, 6 : Vox dicentis : Clama. Et dixi : Quid clamabo ? Omnis caro fœnum, et omnis gloria ejus quasi flos agri.

↑ Psaume XLVIII, 13 : Et homo, cum in honore esset, non intellexit : comparatus est jumentis insipientibus, et similis factus est illis. Cf. ibid., 28.

↑ Verset 18 : Dixi in corde meo de filiis hominum, ut probaret eos Deus, et ostenderet similes esse bestiis.

↑ [En ce qu’il est capable de la grâce de Jésus-Christ.]

↑ [Capable d’être.]

↑ Cf. B., 106 ; C., 131 ; P. R., III, 14 et 22 ; Bos., II, v, 5, 11 ; Faug., II, 136 ; Hav., XII, 11 ; Mol., I, 282 ; Mich., 602.

↑ Une croix en tête — [Nous pouvons marcher sainement à la clarté de ces célestes lumières, et après avoir.]

↑ [Que pouvaient-ils, sinon suivre une de ces routes, égarés et ne voyant jamais ? [dans leur impuissance de voir la vérité entière ? [Ou connaissant [S’ils connaissaient la dignité de notre condition, ils en ignoraient la corruption ; ou, [en connaissant [s’ils en connaissent l’infirmité, ils en ignoraient l’excellence ; et suivant l’une ou l’autre de ces routes, qui leur faisait voir la nature, ou comme incorrompue, ou comme irréparable, ils se perdaient ou dans la superbe, ou dans le désespoir, selon qu’ils considéraient, et ainsi ce qu’ils voyaient de vérité était [ne voyant de vérité que confondue avec l’erreur, ils manquaient de vertu. Ainsi s’ils.]

↑ [La] vertu.]

↑ La fin de la phrase en marge.

↑ Il ne peut, dans le manuscrit.

↑ [Lâchement.]

↑ [Lâcheté.]

↑ [L’orgueil.]

↑ [L’orgueil.]

↑ [L’abattement.]

↑ Cf. Entretien avec M. de SaciEntretien avec M. de Saci : « L’un remarquant quelques traces de sa première grandeur, et ignorant sa corruption, a traité la nature comme saine et sans besoin de réparateur, ce qui le mène au comble de la superbe ; au lieu que l’autre, éprouvant la misère présente et ignorant la première dignité traite la nature comme nécessairement infirme et irréparable ce qui le précipite dans le désespoir d’arriver à un véritable bien, et de là dans une extrême lâcheté. Ainsi ces deux états qu’il fallait connaître ensemble pour voir toute la vérité, étant connus séparément, conduiront nécessairement à l’un de ces deux vices, l’orgueil et la paresse. »

↑ [Enseigner de.]

↑ [De chasser] l’un par l’autre [comme] la sagesse de la terre, mais [de chasser] l’un et l’autre par la [sagesse.]

↑ Jusqu’en surcharge.

↑ [Toute] la source de [la] corruption.

↑ Page 374 du manuscrit — [Esclaves.]

↑ [Faisant] trembler [les uns] ; puis ceux qu’elle. Pascal a négligé d’ajouter à lorsqu’il a remplacé faisant par donnant.

↑ [Espérance aux autres.]

↑ [Toutes choses] avec tant de justesse [par cette capacité commune à tous et de la grâce et du péché, qu’elle intimide l’élévation ainsi qu’elle élève [grandeur et sainteté des justes et qu’elle console l’humiliation des autres [ceux qu’elle humilie par cette double capacité.]

↑ [C’est donc elle seule qui apprend [donne la vérité et la vertu en préservant d’erreur [et qui donne le vrai principe de vivre, qui humilie sans abattre [désespoir.]

↑ Infiniment à nature en surcharge.

↑ [Et qui donc peut seul nous instruire et nous corriger en vérité.]

↑ Par là… vice surcharge.

↑ [Seule.]

↑ [Voir.]

↑ [La vérité.]

↑ [Et que la [car en.]

↑ Cf. B., 7 ; C., 20 ; P. R., XXV, 13 ; Bos., I, vi, 18 ; Faug., II, 88 ; Hav., III, 12 ; Mol., I, 99 ; Mich., 513.

↑ [Et donc nous n’aurons ni le vrai.]

↑ Cf. B., 464 ; C., 263 ; Bos., I, vi, 18 ; Faug., II, 88 ; Mich., 666.

↑ Cf. B., 195 ; C., 6 ; P. R., XXI, 2 ; Bos., II, i, 2 ; Faug., II, 88 ; Hav., VIII, 6 ; Mol., I, 296 ; Mich., 858.

↑ [Que ténèbres ou mensonges.]

↑ M. Molinier donne la leçon effondrés.

↑ Cf. B., 195 ; C., 6 ; P. R., XXI, 3 ; Bos., II, i, 3 ; Faug., II, 90 ; Hav., VIII, 11 ; Mol., I, 68 ; Mich., 853.

↑ Souvenir de saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est dans l’inquiétude jusqu’à ce qu’il se repose en toi. » (Confessions, I, 1.)I, 1.)

↑ Cf. B., 301 ; C., 523 ; Faug., II, 79 ; Hav., XXV, 27 ; Mol., I, 68 ; Mich., 567.

↑ [Plus.]

↑ La raison fait l’être de l’homme, selon Pascal, mais en principe, dans l’état de nature absolu, c’est-à-dire avant la chute de la créature. La raison était alors toute droite ; depuis elle est pervertie et abandonnée. — La Rochefoucauld a dit : « Nous n’avons pas assez de force pour suivre toute notre raison. » (Max., 62.)(Max., 62.)

↑ Cf. C., 307 ; Faug., II, 158 ; Hav., XXV, 90 ; Mol., I, 285 ; Mich., 956.

↑ Cf. C., 472 ; P. R., III, 14 ; Bos., II, v, 5 ; Faug., II, 158 ; Hav., XII, 10 ; Mol., I, 287 ; Mich., 928.

↑ « Qui découvre mieux la faiblesse humaine que la religion ? » (Charron, De la Sagesse, livre I, ch. xxxvii.)

↑ Au sens original d’empreinte et de marque. Cf. Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies : « Vous seul avez pu créer mon âme ; vous seul pouvez… y réimprimer votre portrait effacé, c’est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est votre image et le caractère de notre substance. » (Ch. iv.) Cf. fr. 308.

↑ Cf. B., 193 ; C., 4 ; P. R., II, 2 ; Bos., II, iv, 2 ; Faug., II, 141 ; Hav., XI, 2 ; Mol., I, 279 ; Mich., 863.

↑ Fragment écrit d’abord au crayon, et repassé à l’encre.

↑ Cf. B., 356 ; C., 312 ; Faug., II, 86 ; Mol., I, 65 ; Mich., 208.

↑ [Deux natures.]

↑ [Les philosophes.]

↑ Cf. B., 118 ; C., 194 ; Faug., II, 369 ; Hav., XXV, 52 ; Mol., I, 290 ; Mich., 113.

↑ Cf. C., 335 ; P. R., III, 9 ; Bos., II, v, 4 ; Faug., II, 106 ; Hav., XII, 7 ; Mol., I, 293 ; Mich., 953.

↑ I, Cor., 25 : Quia quod stullum est Dei, sapientius est hominibus ; et quod infirmum est Dei, fortius est hominibus.

↑ « C’est aux chrestiens une occasion de croire, que de rencontrer une chose incroyable ; elle est d’autant plus selon raison, qu’elle est contre l’humaine raison : si elle estoit selon raison, ce ne seroit plus miracle. » (Mont., Apol.)Apol.)

↑ Cf. B., 142 ; C., 172 ; Faug., II, 206 ; Hav., XXV, 144 ; Mol., I, 297 ; Mich., 546.

↑ Ample addition autographe de Pascal au titre écrit sous sa dictée.

↑ Ce fragment nous a conservé les notes dictées d’après le Pugio Fidei, IIIe partie, dist. II, ch. vi ; De peccato originali, de multiplici denominatione et effectibus ejus. (§ 2) : « Vocatur namque fomes sive originale peccatum, plasma vel figmentum malum. Unde R. Moseh Haddarschan dicit in Bereschit rabbe super illud Genes. VIII, v. 21 : Quoniam figmentum cordis hominis malum ab adolescentia vel a pueritia sua. »

↑ Dans l’Écriture, il est appelé addition autographe de Pascal.

↑ « Legitur quoque in Massechet Succa… Tradidit R. Esra quod septem nomina habet figmentum malum. Suivent les citations dont Pascal traduit le nom caractéristique : malum (Gen., VIII, 21) ; præputium (Deutér., X, 16) ; immundum (Psalm., LI, 12) ; inimicum (Prov., XXV, 21) ; scandalum (Isaïe, LVII, 14) ; Cor lapidis (Ezéch., XXXVI, 26) ; Aquilorum (Joël, II, 20) : « id est figmentum malum quod est latens et stans in corde hominis. » (F. p. 464.)

↑ Addition en marge de la main de Pascal.

↑ « Dixit [Risch Lakis] figmentum hominis quotidie nititur contra eum et quærit mortificare ipsum, sicut dicitur Psal. XXXVII, v. 32 : Impius observat justum, et quærit ipsum mortificare… Dominus non derelinquet illum in manibus ejus… Dixit R. Jonathan : Figmentum malum instigat hominera in sæculo isto et testatur contra ipsum in sæculo futuro, sicut dictum est Proverb XXIX, v. 21. »

↑ « De praedicta materia etiam legitur in Misdrasch Tillim super illud Psal. IV, vers. 5 : Fremite et non peccabitis… Scriptum quoque est super hanc eamdam materiam in Psalm. XXXVI, v. 2. Dixit culpabili impio in medio cordis mei non sit timor Dei coram oculis ejus… quod culpabilis, id est : figmentum malum dixit impio. »

↑ [La vieille ; elle est appelée le vieux.]

↑ [La vieille [le vieux.]

↑ [Hommes.]

↑ Le manuscrit porte condition ; le fragment ayant été dicté, il est légitime de soupçonner une erreur que Pascal aurait laissé échapper en relisant, et d’écrire avec Faugère perdition.

↑ « Id idem quoque habetur in Midrasch Kohelet super illud Ecclesiastæ IV, v. 13 : Melior est puer pauper et sapiens quam rex senex et stultus sive insipiens, qui nescit cavere in posterum. Puer pauper et sapiens Est figmentum bonum… Quam rex senex, et insipiens : Hoc est figmentum malum. Et cur vocat id regem : qui a omnes obediunt illi. Et ob quam non vocat id senem quia copulatur homini atque conjungitur ab infantia ejus usque ad senectutem ipsius. Et quare vocat id insipientem ! Quia docet hominem viam malam quam nescit… Adhuc legitur in Midrasch Tillim super Psalm. IX. »

↑ [Loi.]

↑ « Et ipsum est de quo ait Daniel Psal. XXXV, v. 10 : Omnia ossa mea, Domine, dicunt, quis sicut tu ? Eripiens pauperem, vel humilem a validiore, pauperem scilicet et inopem a direptore suo. Dixit R. Acha, Et numquid direptor aliquis est major quam figmentum malum ? Et super ipso dicit Salomo, Prov. XXXV, v. 21. Si esuriat hostis tuus, ciba illum pane, id est pane legis de quo dictum est Prov. IX, v. 5. Venite, cibate cura pane meo, etc. Si fuerit sitiens, pota illum aquis, aquis scilicet legis, de quibus dictum est. Ecc. LV, v. 1 »

↑ Donnant n’est pas dans le manuscrit.

↑ Commentaire de R. Samuel sur le passage précité (Prov. XXV) : « De figmento malo loquitur Scriptura… Dixit R. Samuel : Si steterit contra te figmentum malum pasce ipsum pane legis… quia primas suscipies super caput ejus. »

↑ « In Misdrasch Kohelet taliter scriptum est super illud Ecclesiastæ, IX, v. 14 ; Civitas parva est, et venit ad eam rex magnus et circumdedit eam. Hoc est figmentum malum… Et ædificavit contra eam munitiones magnas. Hæ sunt insidiæ et circumventiones, sive obsidiones in gyro. Et inventus est in ea vir pauper sapiens, hoc est figmentum malum. »

↑ Vers 1 : « Beatus intelligens ad pauperem. »

↑ Le manuscrit porte, écrit sous la dictée de Pascal, les mortalités.

↑ Vers. 39 : « Spiritus vadens et non rediens… Opinati sunt quidem dicentes hinc quod mortui non erunt viventes… Sed hoc est figmentum malum quod vadit cum homine in hora mortis ejus, et non revertetur eum ipso in hora qua mortui resurgent. »

↑ Verset 14 : « Quoniam ipse novit figmentum nostrum. »

↑ Verset 2 : « Dixi Domino meus es tu : Bonitas mea nihil ad te. » — Les Copies ajoutent ce titre : Principes des Rabbins. — Deux Messies.

↑ Cf. B., 419 ; C., 393 ; Faug., II, 101 ; Hav., XXV, 35 ; Mol., I, 296 ; Mich., 609.

↑ Le chapitre 18 du Premier Livre des Essais, intitulé : Qu’il ne fault iuger de nostre heur qu’aprez la mort, débutedébute par ces vers d’Ovide (Métamorphoses, III, 135) :

Scilicet ultima semper

Exspectanda dies homini est ; dicique beatus

Ante obitum nemo supremaque funera debet.

Montaigne dit ailleurs : « Aristote, qui remue toutes choses, s’enquiert sur le mot de Solon que « Nul avant mourir ne peult estre dict heureux » si celuy la mesme qui a vescu, et qui est mort à souhait, peult estre dict heureux si sa renommée va mal, si sa postérité est misérable. Pendant que nous nous remuons, nous nous portons par préoccupation où il nous plaist ; mais estant hors de l’estre, nous n’avons aucune communication avec ce qui est : et serait meilleur de dire à Solon que iamais homme n’est donc heureux puisqu’il ne l’est qu’aprez qu’il n’est plus » (I, 3)(I, 3). Pascal avait dû lire également dans l’Augustinus (de Statu naturæ lapsæ, lib. II, ch. 1) un fragment de l’Hortensius de Cicéron, cité d’après saint Augustin : a En punition de crimes commis, dans une vie antérieure, les hommes subissaient un supplice analogue à celui qu’avaient imaginé des bandits étrusques ; ils attachaient des vivants à des morts, et c’est de la même façon que nos âmes sont attachées à nos corps. »

↑ Cf. B., 366 ; C., 322 ; Faug., I, 195 ; Hav., XXV, 92 bis ; Mol., I, 293 ; Mich., 747.

↑ Le fragment a été dicté, sans doute à un domestique qui a écrit Marton. M. Faugère a rétabli la vraie leçon.

↑ Cf. B., 255 ; C., 471 ; Bos., II, xvii, 10 ; Faug., II, 389 ; Hav., XXIV, 10 ter ; Mol., II, 64 ; Mich., 769.

↑ Et surcharge.

↑ Et surcharge.

↑ [Mais.] — Cf. fr. 430 : « Il n’était donc pas juste qu’il parût d’une manière manifestement divine, et absolument capable de convaincre tous les hommes. »

↑ Cf. B., 350 ; C., 304 ; P. R., II, 13 ; Bos., II, iv, 11 ; Faug., II, 17 ; Hav., XI, 11 ; Mol., I, 285 ; Mich., 184.

↑ En le connaissant surcharge.

↑ [De si heureux.]

↑ Cf. B., 108 ; C., 123 ; Bos., suppl., 19 ; Faug., I, 225 ; Hav., XXIV, 80 ; Mol., I, 105 ; Mich., 833.

↑ [Naissent.]

↑ [Les uns les autres.]

↑ [Voulant.]

↑ Cf. fr. 402 et 403.

↑ Le manuscrit donne feindre, mais le fragment ayant été dicté, il est vraisemblable qu’il y a lieu d’écrire feinte, comme ont fait Faugère, Havet et M. Molinier. M. Michaut conserve feindre.

↑ Cf. B., 369 ; C., 324 ; P. R., XXIX, 33 ; Bos., I, ix, 37 ; Faug., I, 205 ; Hav., VI, 34 ; Mol., I, 105 ; Mich., 738.

↑ La Rochefoucauld a exprimé sous trois formes différentes une pensée analogue : « Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons quelque chose qui ne nous déplaît pas. » (1re édit.1re édit., supprimée dans les suivantes.) « Nous nous consolons aisément des disgrâces de nos amis, lorsqu’elles servent à signaler notre tendresse pour eux. » (1re édit.1re édit. et les suiv.). « Il y a souvent plus d’orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis : c’est pour leur faire sentir que nous sommes au-dessus d’eux que nous leur donnons des marques de compassion. » (5e édit.)(5e édit.)

↑ Cf. B., 108 ; C., 133 ; Bos., suppl., 19 ; Faug., I, 225 ; Hav., XXIV, 81 ; Mol., I, 105 ; Mich., 828.

↑ [Fait.]

↑ Psaume CII, 13 : Quomodo miseretur pater filiorum, misertus est Dominus timentibus se, 14, quoniam ipse cognovit figmentum nostrum : recordatus est quoniam pulvis sumus. Cf. les commentaires des Rabbins recueillis par Pascal au fr. 446.

↑ Pascal se souvenait de la définition que Miton donnait de l’honnêteté ; c’est un « amour-propre bien réglé ». Nicole s’est inspiré de ces conceptions de Pascal dans son traité de la Civilité chrétienne (Essais de Morale, t. II, p. 116 sqq.)

↑ Cf. B., 21 ; C., 40 ; Faug., II, 130 ; Mol., I, 104 ; Mich., 187.

↑ Ils s’interprète, ce nous semble, par le rapprochement avec les fragments 451, 452, 453 et 455 ; ce sont les honnêtes gens suivant le monde, qui ont prétendu servir leur concupiscence dans les bornes de la justice humaine.

↑ [Et de ne pas.]

↑ Cf. B., 350 ; C., 305 ; P. R., XXIX, 18 ; Bos., I, iv, 123 ; Faug., I, 197 ; Hav., VI, 20 ; Mol., I, 128 ; Mich., 207.

↑ Port-Royal ajoute ce commentaire : « Le mot moi dont l’auteur se sert dans la pensée suivante ne signifie que l’amour-propre. C’est un terme dont il avait accoutumé de se servir avec quelques-uns de ses amis. » Et la Logique de Port-Royal reprend cette pensée : « Feu M. Pascal, qui savait autant de véritable rhétorique que personne en ait jamais su, portait cette règle [de ne point de parler de soi] jusques à prétendre qu’un honnête homme devait éviter de se nommer et même de se servir des mots de je et de moi, et il avait accoutumé de dire à ce sujet que la piété chrétienne anéantit le moi humain et que la civilité humaine le cache et le supprime. » (III, 19.)(III, 19.) C’était un précepte de l’honnêteté suivant Méré et Miton, de ne point dire je, mais on. D’autre part Saint-Cyran commande : « Ne dites jamais mien, mais nôtre. » (Lettres II, xvi.) En apparence les deux formules se ressemblent ; mais Pascal marque la différence.

↑ [Ce qui.]

↑ Aimable [qu’à.]

↑ « L’homme, de sa nature, pense hautement et superbement de lui-même et ne pense ainsi que de lui-même : la modestie ne tend qu’à faire que personne n’en souffre ; elle est une vertu du dehors, qui règle ses yeux, sa démarche, ses paroles, son ton de voix, et qui le fait agir extérieurement avec les autres comme s’il n’était pas vrai qu’il les compte pour rien. » (La Bruyère, de l’Homme.)de l’Homme.)

↑ Cf. B., 393 ; C., 362 ; Faug., I, 185 ; Hav., XXV, 2 ; Mol., I, 48 ; Mich., 484.

↑ [Que celui.]

↑ Cf. B., 370 ; C., 327 ; Faug., I, 226 ; Hav., XXV, 19 ; Mol., I, 128 ; Mich., 637.

↑ Le, en surcharge.

↑ « Nous entraisnons tout avecques nous ; d’où il s’ensuit que nous estimons grande chose nostre mort. » (Mont., II, xiii.)II, xiii.) Cf. fr. 364.

↑ L’expression de tout à tous, au sens où Pascal l’emploie, signifie exactement le contraire de ce qu’elle signifie dans le fameux passage de saint Paul : Omnibus omnia factus sum, ut omnes facerem salvos (I ad Cor., ix, 22). L’Apôtre se considère comme un moyen tout entier employé au salut d’autrui ; l’homme se pose naturellement, suivant Pascal, comme l’unique fin de tous les autres individus.

↑ Cf. B., 333 ; C.,284 ; P. R., XXVIII, 48 ; Bos., II, xvii, 43 ; Faug., I, 232 ; Hav., XXIV, 33 ; Mol., II, 45 ; Mich., 297.

↑ Quoniam omne quod est in mundo concupiscentia carnis est, et concupiscentia oculorum, et superbia vitæ : quæ non est ex Patre, sed ex mundo. Pascal traduit ici un verset de la première Épître de saint Jean (II, 16) qui est devenu le point de départ d’une riche littérature religieuse. Saint Augustin l’a longuement développé dans les Confessions et dans le Traité de la véritable religion, traduit par Antoine Arnauld. — Jansénius, dans le discours sur la Réforme de l’Homme intérieur, que la traduction d’Arnauld d’Andilly répandit parmi les amis de Port-Royal, et dans son Augustinus (de Statu naturæ lapsæ, II, viii), où se trouvent les expressions latines reprises par Pascal : libido excellendi au lieu de dominandi. — Bossuet enfin dans le Traité de la concupiscence.

↑ Trois en surcharge.

↑ [Malheureuse Babylone.]

↑ [Assis.]

↑ [Dedans, mais.]

↑ [Assis.] — Leçon des Copies : immobilement affermis ; lecture de M. Molinier : immobiles et tout affermis.

↑ [Humble.]

↑ Ce second mais s’oppose à la négation contenue dans la phrase : ne se relèvent pas avant la lumière.

↑ Périssables, en surcharge.

↑ [De voir.]

↑ [Sont bannis.]

↑ M. Faugère a rapproché ce fragment de la paraphrase que saint Augustin a écrite sur le psaume CXXXVI : Super flumina Babylonis, illic sedimus et flevimus, cum recordaremus Sion.

↑ Cf. Faug., I, 231 ; Hav., XXIV, 33 bis ; Mol., II, 46 ; Mich., 244.

↑ Ibid. « Flumina Babylonis sunt omnia quæ hic amantur et transeunt. »

↑ Ibid. « O Sancta Sion ubi totum stat et nihil fluit. »

↑ Dans le commentaire cité par Faugère (ch. iv), on lit ces lignes : « Sedeamus super flumina Babylonis, non infra flumina Babylonis : talis sit humilitas nostra ut nos non mergat. Sede super flumen, noli in fluminibus, noli sub flumine ; sed tamen sede humilis… In atriis ergo Jerusalem stantes erant pedes nostri. »

↑ Ibid. « Si autem non est certus et videt fluere unde gaudet, fluvius Babylonius est. »

↑ Cf. Faug., II, 333 ; Hav., XXV, 181 ; Mol., II, 45 ; Mich., 247.

↑ Cf. le développement du fr. 793.

↑ Proprement, en surcharge.

↑ Commentaire d’un texte de Cicéron (de Nat. deor., II, 36) que Pascal avait trouvé dans l’Apologie de Montaigne, et dans l’Augustinus de Jansénius où il est longuement commenté (De hæresi Pelagiana, VI, 18) : In virtute vero gloriamur : quod non contingeret, si id donum a Deo, non a nobis haberemus. Ce texte s’oppose naturellement au verset de l’Écriture qui termine le fragment.

↑ Et quemadmodum scriptum est : [Jér., IX, 23] qui gloriatur, in Domino glorietur, I. Cor., I, 31. Le texte de saint Paul est commenté, en particulier, par Jansénius (discours sur la Réformation de l’Homme intérieur, chap. iii.)

↑ Cf. B., 62 ; C., 87 ; Faug., II, 92 ; Hav., VIII, 5 ; Mol., I, 176 ; Mich., 564.

↑ D’après le sens que Pascal donne au mot philosophe dans un très grand nombre de fragments, il apparaît que la concupiscence propre aux philosophes est moins la curiosité que l’orgueil. Les Stoïciens se sont « perdus dans la présomption de ce que l’on peut » ; et en rapportant à leurs propres forces l’effort de leur sagesse, ils se sont révoltés contre Dieu. — La Rochefoucauld émet un jugement semblable : « Les philosophes, et Sénèque sur tous, n’ont point ôté les crimes par leurs préceptes : ils n’ont fait que les employer au bâtiment de l’orgueil. » (Max., suppriméesupprimée, Éd. Gilbert, 639.)

↑ Cf. B., 359 ; C., 316 ; Faug., II, 95 ; Hav., XXV, 32 bis ; Mol., I, 174 ; Mich., 118.

↑ Fragment écrit d’abord au crayon.

↑ Cf. B., 61 ; C., 85 ; P. R., XXIX, 40 ; Bos., II, xvii, 71 ; Faug., II, 95 ; Hav., XXIV, 61 bis ; Mol., I, 172 ; Mich., 421.

↑ Dieu [et ne l’aiment pas]. S’ils se sentent. — Port-Royal fait commencer ainsi ce fragment : « Les Platoniciens, et même Épictète et ses sectateurs croient… »

↑ [Ils se trouvent pleins.]

↑ Le manuscrit porte s’il n’a.

↑ [Que ce soit.]

↑ [Les hommes.]

↑ [Trouvent leur joie.]

↑ [Que c’est ôter à Dieu.]

↑ Cf. Jansénius : « Quid enim egerunt tanto disputationum impetu Philosophi hujus mundi maxime que Stoïci, nisi ut hominem ipsum sibi repudiato omni sive Dei sive alterius adjutorio, ad omnem virtutem, sapientiam, felicitatemque sufficere persuaderent ? » de Hæresi Pelagiana, V, 1. Voir également de Natura lapsa II, 12 : Affectus omnis non potest sine peccato hærere in creatura.

↑ Cf. B., 61 ; C., 86 ; Bos., II, i, 1 ; Faug., II, 94 ; Hav., VIII, 3 ; Mol., I, 174 ; Mich., 527.

↑ Pour les exciter, surcharge.

↑ [On ne.]

↑ Cf. B., 196 ; C., 8 ; Bos., I, iv, 9 ; Faug., II, 93 ; Hav., I, 9 bis ; Mol., I, 74 ; Mich., 841.

↑ [Uns.]

↑ [Et n’est ni.]

↑ Cf. B., 61 ; C., 85 ; Faug., II, 315 ; Hav., XXV, 43 ; Mol., II, 20 ; Mich., 428.

↑ [Vous.]

↑ [La lumière.]

↑ Dans un sermon prêché à Metz vers 1653 sur la Loi de Dieu, Bossuet cite ce mot de saint Augustin Ipsa via ad te venit, « la voie même est venue à nous, car le Sauveur Jésus est la voie ».

↑ Saint Jean, XIV, 6 : Dicit ei Jesus : Ego sum via, et veritas, et vita : Nemo venit ad Patrem, nisi per me. Épictète a eu, comme avait d’abord écrit Pascal, la lumière ; mais pour arriver au but, il ne suffit pas de voir le chemin, il faut la force de le parcourir, et pour cela, ce n’est pas assez de le montrer : la volonté est nécessaire, et elle vient de Dieu.

↑ Addition de la copie. — Les vices de Zénon témoignent de l’impuissance du stoïcisme à assurer la vertu et le bonheur. D’ailleurs si les vices de Zénon font allusion aux anecdotes que Pascal a pu trouver dans Montaigne sur Zénon, il faut avouer que l’expression est singulièrement dure. Zénon a vécu au milieu du monde grec, comme Socrate ; mais rien dans sa vie ne semble avoir démenti sa doctrine.

↑ Cf. B., 37 ; C., 54 ; Faug., I, 216 ; Mol., I, 109 ; Mich., 390.

↑ Cf. fr. 334, 335, 336, 337.

↑ Allusion à un passage des Entretiens, IV, 6, que Pascal résume ainsi, fr. 80 : « Épictète demande bien plus fortement : Pourquoi ne nous fâchons-nous pas si on dit que nous avons mal à la tête, et que nous nous fâchons de ce qu’on dit que nous raisonnons mal, ou que nous choisissons mal. — Ce qui cause cela est que nous sommes bien certains que nous n’avons pas mal à la tête, et que nous ne sommes pas boiteux ; mais nous ne sommes pas si assurés que nous choisissons le vrai. »

↑ « Quand donc il se présentera à nous quelque objet, afin que nous ne nous en troublions point comme d’un bien ou d’un mal, regardons si c’est cbose qui soit en notre puissance ou non. » (Du Vair, La philosophie morale des Stoïques, éd. 1603, p. 14). Du Vair emploie encore la même expression, p. 16. C’est la première pensée du manuel d’Épictète.

↑ Cf. fr. 350 : « Épictète conclut de ce qu’il y a des chrétiens constants que chacun le peut être. » Voir en note le passage des Entretiens, IV, 7, qui est visé par Pascal.

↑ Cf. B., 110 ; C., 136 ; P. R., II, 4 ; Bos., II, iv, 4 ; Faug., II, 142 ; Hav., XI, 4 ; Mol., I, 289 ; Mich., 825.

↑ [Et qui cherchent hors d’eux.]

↑ [Mais.]

↑ [N’ayant.]

↑ Cf. B., 53 ; C., 75 ; Bos., I, iv, 11 ; Faug., II, 176 ; Hav., I, 11 ; Mol., I, 115 ; Mich., 321.

↑ Cf. Nicole : « Je sens que je suis infiniment plus noble que cette matière ; je la connais, et elle ne me connaît point ; et néanmoins je sens en même temps que je ne suis pas éternel. » (Discours de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme.)

↑ [Infini.]

↑ « Il y a quarante ans que je n’étais point, et qu’il n’était pas en moi de pouvoir jamais être, comme il ne dépend pas de moi, qui suis une fois, de n’être plus. J’ai donc commeneé, et je continue d’être par quelque chose qui est hors de moi, qui durera après moi, qui est meilleur et plus puissant que moi. Si ce quelque chose n’est pas Dieu, qu’on me dise ce que c’est. » (La Bruyère, Des Esprits forts.)Des Esprits forts.)

↑ Cf. B., 185 ; C., 217 ; P. R., VI, 1 ; Bos., II, vi, 5 ; Faug., II, 232 ; Hav., XIII, 9 ; Mol., II, 49 ; Mich., 846.

↑ Cf. fr. 263. — Peut-être est-ce un souvenir de la conversation que le Recueil d’Utrecht nous rapporte entre Pascal et l’homme sans religion, et où Pascal aurait formellement affirmé l’approche du miracle (p. 300).

↑ [S’humilier.]

↑ Cf. B., 194 ; C., 5 ; P. R., XXVIII, 56 ; Bos., II, xvii, 49 ; Faug., I, 198 ; Hav., XXIV, 39 ter ; Mol., II, 41 ; Mich., 514.

↑ Cf. le développement de Nicole dans le Traité de la Civilité chrétienne, chap. II (Essais de morale, t. II, p. 120) : « Il y a une injustice toute visible à vouloir être aimé », etc.

↑ Il est nécessaire de remarquer que prêt à n’indique pas une disposition morale, comme plus loin dans le même fragment. Il signifie près de. (Voir fr. 233 supra p. 151). Cf. La Fontaine, Fables, III, 12III, 12 :

L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage

et Corneille, Attila, I, 2 :I, 2 :

Un grand destin commence, un grand destin s’achève,

L’Empire est prêt à choir, et la France s’élève.

↑ Faugère ponctue : l’objet de leur attachement mourra donc. Comme je serais…

↑ MM. Molinier et Michaut ponctuent : je suis coupable de me faire aimer, et si j’attire les gens… Pourtant il y a bien deux idées distinctes : 1o je suis coupable de me faire aimer. 2o Si j’attire les gens à s’attacher à moi, je leur demande de se défendre contre ce mensonge dont je me serais rendu coupable.

↑ Le manuscrit ne donne qu’une copie de cette pensée, et ajoute cette note qui paraît être de la main de Domat : « Mlle Périer a l’original de ce billet. » Mlle Périer est Gilberte Pascal ; dans la Vie de Blaise Pascal, elle cite ce billet qui lui a livré le secret de la conduite de son frère à son égard. — Dans l’édition de Port-Royal, moi et je sont partout remplacés par nous. Port-Royal aurait-il voulu appliquer à Pascal lui-même la maxime de Pascal : Le moi est haïssable ? ou a-t-il voulu généraliser le principe d’action qui est ici indiqué, et accroître ainsi la portée de la pensée ? Mais puisqu’il s’agit ici non du moi qui se fait injustement le centre de tout, mais du moi qui s’efface devant Dieu, et se condamne à disparaître, c’est bien le lieu de dire moi. Et, d’autre part, ce qui rend ces lignes si touchantes et si pénétrantes, c’est qu’elles ne constituent pas un précepte d’édification, elles sont comme une profession de foi, où se peint l’âme ardente de Pascal, se faisant scrupule de la très vive affection que lui portaient les siens, et luttant contre elle afin de ne pas empiéter sur le domaine réservé à Dieu. Dans l’Histoire de l’abbaye de Port-Royal (t. IV, p. 457), le docteur Besoigne publie sur Pascal une page qu’il est intéressant de reproduire ici ; car il est très probable que nous sommes en présence d’une source originale que l’auteur copie sans la citer, vraisemblablement d’un fragment inédit de la Vie écrite par Mme Périer : « Personne n’a jamais été plus digne d’être aimé ; et personne n’a jamais su mieux aimer et ne l’a pratiqué mieux que lui. Mais sa tendresse était toujours réglée sur les principes du christianisme, que la raison et la foi lui mettaient devant les yeux. Ainsi elle n’allait jamais jusqu’à ce qu’on appelle attache du cœur. Il distinguait deux sortes de tendresse, l’une sensible, l’autre raisonnable. Il n’estimait que la seconde, et ne trouvait de mérite que dans celle-là. Elle consiste selon lui à prendre part à tout ce qui arrive à nos amis, en toutes les manières que la raison éclairée par la religion veut que nous y prenions part, au dépens de notre commodité, de nos biens, de notre liberté et même de notre vie, si c’est un sujet qui le mérite : ce qui se rencontre toujours, quand il s’agit de servir le prochain pour Dieu, qui doit être l’unique fin de toute la tendresse des chrétiens. « Un cœur est dur, disait-il, quand il connaît les intérêts du prochain et qu’il résiste à l’obligation qui le presse d’y prendre part ; et au contraire un cœur est tendre, quand tous les intérêts du prochain entrent en lui facilement par tous les sentiments que la raison veut qu’on ait les uns pour les autres en semblables rencontres ; qu’on se réjouit, quand il faut se réjouir ; qu’on s’afflige, quand il faut s’affliger. » Voilà par où il bannissait de l’amitié non seulement l’attache, mais encore l’amusement : « parce que la charité n’ayant que Dieu pour fin, ne peut s’attacher qu’à lui seul, ni s’arrêter à rien qui l’amuse ; sachant qu’il n’y a point de temps à perdre, et que Dieu, qui voit et juge tout, nous fera rendre compte de tout ce qui dans notre vie ne sera pas un nouveau pas pour avancer dans la voie de la perfection. »

↑ Cf. C., 211 ; P. R., XXVIII, 55 ; Bos., II, xvii, 49 ; Faug., I, 227 ; Hav., XXIV, 39 ; Mol., II, 41 ; Mich., 893.

↑ La volonté propre, au sens pélagien du mot, c’est la volonté qui vient de nous par opposition à la grâce qui vient de Dieu ; c’est ici pour Pascal, et par analogie, semble-t-il, avec l’amour-propre, la volonté qui s’attache à nous. Ces deux sens sont liés l’un à l’autre dans la doctrine du jansénisme : par suite du péché originel notre volonté est dépravée, son développement spontané la fait égoïste et tyrannique.

↑ Cf. cette formule de Schopenhauer : « Chacun est heureux quand il est toutes choses, et malheureux quand il n’est plus qu’un individu. » Le monde comme volonté et comme représentation, Suppl. ch. xxx (trad. Burdeau, t. III, p. 183)t. III, p. 183).

↑ Pascal paraît se souvenir d’un long parallèle de Raymond Sebon : « Nous tenons donc deux fondements entièrement contraires, l’un de tout mal, l’autre de tout bien… L’un qui est l’amour de Dieu rend votre volonté commune, universelle et communicable ; l’autre, qui est l’amour de nous, la rend singulière, propre, privée, toute à nous-mêmes… l’un fait notre volonté reposée, pacifique et aimable ; celle de nous la rend trouble, farouche et querelleuse… L’un la met en toute liberté, hors de la sujétion des créatures, et lui donne entière maîtrise sur elle ; l’autre la met en prison captive, et la soumet à toutes les choses qui lui sont intérieures. » — Cf. Domat : « Il n’y a que deux voies pour se rendre heureux et content : l’une de remplir tous nos désirs, l’autre de les borner à ce que nous pouvons posséder. La première est impossible en cette vie ; ainsi c’est une folie d’entreprendre de se contenter en ce monde par cette voie. » (Pensée XLIII.)

↑ Cf. B., 181 ; C., 213 ; Faug., II, 378 note ; Mich., 410.

↑ Cf. B., 180 ; C., 213 ; P. R., ult., XXIX, 4 ; Bos., II, xvii, 70 ; Faug., II, 377 ; Hav., XXIV, 60 ; Mol., II, 36 ; Mich., 539.

↑ Membre en surcharge.

↑ Cf. B., 182 ; C., 215 ; P. R., ult., XXIX, 6 ; Faug., II, 377 ; Hav., XXIV, 60 ; Mol., II, 36 ; Mich., 542.

↑ Cf. B., 182 ; C., 215 ; Bos., II, xvii, 70 ; Faug., II, 380 ; Hav., XXIV, 60 bis ; Mol., II, 39 ; Mich., 432.

↑ « Secernunt civitates duas amores duo, terrenain scilicet amor sui usque ad contemptum Dei, cœlestem vero amor Dei usque ad contemplum sui » (Saint Augustin, de Civit. Dei, XIV, 28. — Dans la Théologie naturelle de Raymond Sebon, Pascal avait lu de longs développements logiques et symétriques sur l’amour et la haine de Dieu, sur l’amour et la haine de nous (Ch. 170-173) : « L’amour de Dieu se rapporte à sa haine comme à son opposite et à la haine de nous, comme à sa chère compagne. »

↑ Saint Paul, I Cor., XII, 5 : « Si le pied vient à dire : Puisque je ne suis pas la main, je ne suis plus du corps, ne sera-t-il plus du corps pour cela ? » Comme le fait remarquer Havet, la comparaison se trouve déjà dans Épictète : « Si je considère le pied, je dirai que sa nature est d’être propre ; mais si je le prends comme pied, et non comme détaché du reste, ce pourra être son devoir d’entrer dans la boue, ou de marcher sur des épines, ou même de se faire couper dans l’intérêt du tout. Autrement il ne serait plus le pied. » (Entretiens, II, 5). La comparaison est essentiellement conforme à l’esprit de la philosophie stoïcienne. Le monde est un vaste animal dont Dieu est l’âme ; l’unité de l’organisme est l’image et le produit de l’harmonie universelle. Notre devoir est de nous comporter vis-à-vis de l’univers comme la partie vis-à-vis du tout. Totum hoc quo continemur, et unum est et deus ; et socii sumus ejus et membra (Sen., Ep., XCII, 30). Voir aussi Marc-Aurèle, VIII, 34. Par delà le stoïcisme enfin l’analogie remonte jusqu’à Socrate ; l’amitié de deux frères est comparée à l’affection mutuelle que se portent les deux mains ou les deux pieds ou les deux yeux (Mémorables, II, iii, 8).

↑ Cf. B., 206 ; C., 417 ; P. R., IX, 5 et 6 ; Bos., II, xvii, 67 ; Faug., II, 171 ; Hav., XXIV, 56 ; Mol., II, 39 ; Mich., 14.

↑ [Plus.]

↑ Cf. B., 194 ; C., 4 ; P. R., IX, 4 ; Bos., II, xvii, 66 ; Faug., I, 228 ; Hav., XXIV, 55 ; Mol., I, 294 ; Mich., 844.

↑ [Ne.]

↑ Cf. B., 357 ; C., 314 ; P. R., IX, 3 ; Bos., II, xvii, 65 ; Faug., II, 143 ; Hav., XXIV, 54 ; Mol., II, 42 ; Mich., 18.

↑ Sag. II, 6, Venite ergo et fruamur bonis quæ sunt, et utamur creatura tanquam in juventute celeriter.

↑ Cf. B., 181 ; C., 213 ; Faug., II, 380 ; Hav., XXIV, 60 ter ; Mol., II, 39 ; Mich., 433.

↑ Fragment d’abord écrit au crayon.

↑ Cf. B., 178 ; C., 210 ; P. R., ult., XXVIII, 31 ; Faug., I, 227 ; Hav., XXIV, 22 ; Mol., II, 38 ; Mich., 391.

↑ Rom. XII, 5 : Multi unum corpus sumus in Christo, singuli autem alter alterius membra.

↑ [Homme.]

↑ Cf. B., 178 ; C., 211 ; P. R., ult., XXIX, 3 ; Bos., II, xvii, 70 ; Faug., II, 378 ; Hav., XXIV, 59 ; Mol., II, 37 ; Mich., 368.

↑ [A voulu faire.]

↑ [Aux.]

↑ Mieux, en ce sens que l’âme aime les membres parce qu’ils concourent à la vie totale de l’être, ce qui est leur véritable destinée ; c’est pourquoi l’amour de l’âme pour les membres est, relativement à ces membres eux-mêmes, plus légitime et plus profond que ne peut l’être l’attachement égoïste à leur conservation ou à leur développement indépendant du tout.

↑ Cf. B., 181 ; C., 214 ; P. R., XXIX, 3 ; Bos., II, xvii, 70 ; Faug., II, 379 ; Hav., XXIV, 59 bis et XXIV, 59 ter ; Mol., II, 37 ; Mich., 367.

↑ [Le] corps.

↑ [Voyant.]

↑ [Mais.]

↑ I. Cor., VI, 17.

↑ Addition en marge.

↑ M. Boutroux a donné de ces lignes un commentaire remarquable dans une conférence sur la Psychologie du mysticisme : « Vous vous rappelez le mot de Goethe : « Alors se développe en toi la puissance de l’âme, et tu entends l’esprit parler à l’esprit. » C’est cette communication directe des esprits à travers les corps sous l’action de Dieu, qui est le rêve du mysticisme. Pascal en a bien rendu l’idée par ces mots très simples et, si je ne me trompe, très riches de sens : « Tout est un, l’un est l’autre, comme les trois personnes. » La Trinité chrétienne est précisément l’expression de cette union propre aux personnes, où la distinction des consciences subsiste, au sein d’une étroite et parfaite communauté. » (Revue Bleue, 15 mars 1902, p. 324)

↑ Cf. B., 182 ; C., 215 ; P. R., XXVIII, 11 ; Bos., II, xvii, 17 ; Faug., II, 378 ; Hav., XXIV, 15 ; Mol., II, 42 ; Mich., 677.

↑ « Un docteur de la loi, d’entre les Pharisiens, voulant tenter Jésus, lui demanda : Maître, quels sont les grands préceptes de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée. Voilà le plus grand et le premier des préceptes. Le second, semblable au premier, est celui-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux préceptes comprennent toute la loi et les prophètes ». Matth., XXII, 35. Cf. Marc, XII, 28.

↑ Cf. B., 337 ; C., 289 ; P. R., ult., XXVIII ; Bos., II, xvii, 49 ; Faug., I, 228 ; Hav., XXIV, 39 bis ; Mol., II, 41 ; Mich., 294.

↑ De et cela à or en surcharge.

↑ Interrogatus autem a Pharisæis : Quando venit regnum Dei ? respondens eis, dixit : Non venit regnum Dei cum observatione : neque diccnt : Ecce hic, aut illic. Ecce enim regnum Dei intra vos est. Luc, VI, 20 et 21.

↑ Cf. B., 407 ; C., 382 ; P. R., XXVIII, 2 ; Bos., II, xvii, 12 ; Faug., II, 350 ; Hav., XXIV, 11 bis ; Mol., I, 297 ; Mich., 477.

↑ En marge les sens, titre pour le fragment 23 qui est écrit sur la même page du manuscrit.

↑ Cf. B., 439 ; C., 235 ; P. R., XXVII, 4 ; Bos., II, xvi, 3 ; Faug., II, 259 ; Hav., XXIII, 4 ; Mol., I, 280 ; Mich., 509.

↑ Dans sa foi en surcharge.

↑ Un en surcharge.

↑ C’est-à-dire que toutes choses doivent avoir Dieu pour objet. C’est le sens où Bossuet emploie le mot dans des passages tels que les suivants : « Toi qui étais né pour l’éternité et pour un objet immortel. » (Prof. de foi de Mad. de la Vallière.) « L’éternité se présentait à ses yeux comme le digne objet du cœur de l’homme. » (Or. fun. de Michel le Tellier.)

↑ Cf. Faug., I, 286 ; Hav., XXV, 78 et Prov., 293 ; Mol., I, 315 ; Mich., 973.

↑ Cf. l’écrit de Pascal sur la Conversion du pécheur : « Elle [l’âme] fait d’ardentes prières à Dieu pour obtenir de sa miséricorde que, comme il lui a plu de se découvrir à elle, il lui plaise de la conduire à lui et lui faire connaître les moyens d’y arriver. Car comme c’est à Dieu qu’elle aspire, elle aspire encore à n’y arriver que par des moyens qui viennent de Dieu même, parce qu’elle veut qu’il soit lui-même son chemin, son objet et sa dernière fin. »

↑ Cf. B., 105 ; C., 130 ; P. R., III, 1 ; Bos., II, v, 1 ; Faug., II, 144 ; Hav., XII, 6 ; Mol., I, 280 ; Mich., 808.

↑ [Et d’aimer.]

↑ Après avoir défini la doctrine intégrale de la religion, fondée sur le péché originel et sur la rédemption, Pascal pose avec netteté l’alternative la plus profonde que le christianisme puisse soulever : puisque l’homme est séparé de Dieu qui est son principe et sa fin, suivant la nature et suivant la raison, c’est qu’un crime a été commis. Le coupable est Dieu ou l’homme ; et comme il est contradictoire à l’essence divine que ce soit Dieu, il faut donc que ce soit l’homme ; le péché originel est nécessaire pour justifier Dieu.

↑ Cf. Faug., II, 384 ; Hav., XXV, 107 ; Mol., I, 294 ; Mich., 256.

↑ Les hommes considèrent la justice divine comme devant donner une sanction des actions humaines, proportionnellement au mérite de chacun. Mais la justice de Dieu consiste à former le mérite, c’est-à-dire à accorder la grâce qui entraînera le salut. Elle s’exerce non pas postérieurement, mais antérieurement à notre existence ; elle n’est pas distributive et régulatrice ; elle est créatrice et constitutive. Cf. cette phrase de Du Guet dans une lettre citée par Sainte-Beuve : « Quand nous aimons, nous supposons un bien ; quand Dieu aime, il le produit » (Port-Royal, 5e éd., t. V, p. 118)t. V, p. 118).

↑ Cf. B., 108 ; C., 134 ; P. R., II, 1 ; Bos., II, iv, 1 ; Faug., II, 144 ; Hav., XI, 1 ; Mol., I, 279 ; Mich., 804.

↑ [Plus.]

↑ [Le nôtre l’a fait : les couvents des Religieuses, cette foule de pénitents, Philon juif.] L’allusion à Philon le juif est expliquée au fr. 724.

↑ Cf. l’Écrit sur la conversion du Pécheur : « Elle se résout de conformer à ses volontés le reste de sa vie ; mais comme sa faiblesse naturelle, avec l’habitude qu’elle a aux péchés où elle a vécu, l’ont réduite dans l’impuissance d’arriver à cette félicité, elle implore de sa miséricorde les moyens d’arriver à lui, de s’attacher à lui, d’y adhérer éternellement… »

↑ Cf. B., 357 ; C., 313 ; P. R., IX, 7 ; Bos., II, xvii, 67 ; Faug., II, 143 ; Hav., XXIV, 56 bis ; Mol., II, 40 ; Mich., 24.

↑ « Tous les hommes en général ayant secoué le joug de cette vérité et cette volonté toute-puissante, se plaisent d’abord à être maîtres d’eux-mêmes, et chacun d’eux désire ensuite, s’il est possible, d’être seul maître de toutes les autres. Ainsi l’homme violant toutes les règles de la raison et de la nature, veut irriter la toute-puissance divine ; et au lieu qu’il n’y ait que Dieu seul qui doive dominer sur toutes les âmes, et dont la domination soit utile et salutaire, l’homme, dit excellemment saint Augustin (Tract. 43 in Joan.), veut tenir la place de Dieu, tant pour soi que pour les autres, autant qu’il lui est possible. » (Jansénius, Discours sur la Réformation de l’homme intérieur, ch. iii.)

↑ Et dont il faut nous défaire, en surcharge.

↑ [Dieu.]

↑ Cf. B., 109 ; C., 134 ; Faug., II, 141 ; Hav., XXV, 87 ; Mol., I, 279 ; Mich., 822.

↑ Orgueil et concupiscence, surcharge.

↑ Humilité, mortification, surcharge.

↑ Cf. C., 445 ; Bos., II, xvii, 9 ; Faug., II, 142 ; Hav., XXIV, 9 bis ; Mol., I, 279 ; Mich., 920.

↑ Cf. B., 359 ; C., 316 ; P. R., IX, 9 ; Bos., II, xvii, 68 ; Faug., I, 226 ; Hav., XXIV, 57 bis ; Mol., I, 16 ; Mich., 181.

↑ [Horrible.]

↑ Cf. B., 179 ; C., 212 ; Faug., I, 207 ; Hav., XXV, 67 ; Mol., II, 100 ; Mich., 659.

↑ « Ruineuse instruction à toute police, et bien plus dommageable qu’ingénieuse et subtile, qui persuade aux peuples la religieuse creance suffire seule, et sans les mœurs, à contenter la divine iustice ! L’usage nous faict veoir une distinction énorme entre la devotion et la conscience. » (Montaigne. Essais, III, xii.)III, xii.) — Cf. Domat : « Aujourd’hui la dévotion et la vertu sont choses fort différentes. » (Pensée XLII.)

↑ Cf. B., 402 ; C., 376 ; P. R., XXVIII, 46 ; Bos., II, xvii, 42 ; Faug., II, 375 ; Hav., XXIV, 32 ; Mich., 481.

↑ Écrit par Mme Périer.

↑ [La justice de Dieu et sa miséricorde sont deux choses [qualités que Dieu nous fait voir en lui pour opposer aux deux sources de tous les péchés das hommes qui sont l’orgueil et la paresse.] La justice [combat] l’orgueil et la miséricorde [combat] la paresse.

↑ Ps. CXLII, 2 : Et non intres in judicium cum servo tuo : quia non justificabitur in conspectu tuo omnis vivens.

↑ Rom., II, 4 : « An divitias bonitatis ejus, et patientiæ, et longanimitatis contemnis ? ignoras quoniam benignitas Dei ad pœnitentiam te adducit ?

↑ Jonas, III, 9 : Quis scit si convertatur et ignoscat Deus : et revertatur a furore iræ suæ, et non peribimus ?

↑ Cf. Bos., II, xvii, 72 ; Faug., II, 180 ; Hav., XXIV, 6 ter ; Mol., II, 49 ; Mich., 259.

↑ Ce fragment est-il une première rédaction d’une lettre à mademoiselle de Roannez ? En tout cas les extraits qui nous sont parvenus s’en rapprochent singulièrement : « Il est bien assuré qu’on ne se détache jamais sans douleur. On ne sent pas son lien quand on suit volontairement celui qui entraîne, comme dit saint Augustin ; mais quand on commence à résister et à marcher en s’éloignant, on souffre bien ; le lien s’étend et endure toute la violence ; et ce lien est notre propre corps, qui ne se rompt qu’à la mort. » (Du 24 sept. 1656, II, olim. 4).II, olim. 4).

↑ En entrant, en surcharge.

↑ [Nous souffrions dans la violence que fait.]

↑ [De se plaindre.]

↑ [Qui se plaindrait de la.]

↑ [Ne] doit [pas blâmer la.]

↑ [La mère.]

↑ « Car je lui voudrais dire qu’elle se souvienne que ces inquiétudes ne viennent pas du bien qui commence d’être en elle, mais du mal qui y est encore et qu’il faut diminuer continuellement ; et qu’il faut qu’elle fasse comme un enfant qui est tiré par des voleurs d’entre les bras de sa mère, qui ne le veut point abandonner ; car il ne doit pas accuser de la violence qu’il souffre, la mère qui le retient amoureusement, mais ses injustes ravisseurs. » (Ibid.)(Ibid.)

↑ Math., X, 34 : Non veni pacem mittere, sed gladium.

↑ [Et son plus grand désir est qu’il embrasse.] — Luc, XII, 49 : Ignem veni mittere in terram, et quid volo nisi ut accendatur ?

↑ « Il faut donc se résoudre à souffrir cette guerre toute sa vie : car il n’y a point ici de paix. « Jésus-Christ est venu apporter le couteau, et non pas la paix. » (Ibid.). Cf. fr. 949.

↑ Cf. Faug., I, 233 ; Hav., XXV, 127 ; Mol., II, 50 ; Mich., 276.

↑ Allusion à la célèbre parabole qui est dans l’Évangile de saint Luc, XVIII, 9-14.

↑ Cf. C., 473 ; Faug., II, 158 ; Mol., I, 293 ; Mich., 930.

↑ Dixit autem serpens ad mulierem… et eritis sicut dii, scientes bonum et malum. (Gen., XII, 4-5). Cf. fr. 553 sub fine.

↑ Cf. B., 374 ; C., 265 ; Faug., I, 226 ; Hav., XXV, 125 ; Mol., I, 87 ; Mich., 382.

↑ Cf. B., 353 ; C., 308 ; Faug., II, 375 ; Hav., XXV, 104 ; Mol., II, 47 ; Mich., 525.

↑ Allusion à la fin du chapitre xiv de la Genèse : Abraham refuse les richesses du roi de Sodome, « afin qu’il ne dise pas : J’ai enrichi Abraham » ; mais il accepte « ce que les jeunes cens ont mangé, et la part des hommes qui sont venus avec lui, Aner, Escol et Mambré ».

↑ Genèse, IV, 7 : « (Dieu s’adresse à Caïn) Sin autem male [egeris], statim in foribus peecatum aderit ? sed sub te appetitus ejus, et tu dominaberis illius.

↑ Cf. en particulier Exode, XX, 5 : Ego sum Dominus Deus tuus fortis, zelotes, visitans iniquitatem patrum in filios, in tertiam et quartam generationem eorum qui oderunt me.

↑ [Mais.]

↑ Cf. B., 182 ; C., 215 ; Faug., II, 93 ; Hav., XXV, 30 ; Mol., I, 291 ; Mich., 541.

↑ Dans l’Apologiel’Apologie, Montaigne reproche « à l’ancienneté… d’avoir attribué la divinité non seulement a la foy, à la vertu, à l’honneur, concorde, liberté, victoire, pieté, mais aussi à la volupté, fraude, mort, envie, vieillesse, misere, à la peur, à la fiebvre… Puisque l’homme desiroit tant de s’apparier à Dieu, il eult mieulx faict, dict Cicero [Tusc., I, 2] de ramener à soy les conditions divines et les attirer ça bas, que d’envoyer là hault sa corruption et sa misere ». Cf. le développement de Grotius sur le même sujet ; il rappelle l’ivresse de Bacchus, la conduite impie de Romulus envers son frère, de Jupiter envers son père, et il termine ainsi : « Il n’est pas nécessaire de consacrer le vice pour le faire aimer. » (V. R. C., IV, 4.)

↑ Cf. Faug., II, 376 ; Hav., XXV, 54 ; Mol., II, 47 ; Mich., 504.

↑ Ce fragment est précédé dans le manuscrit de quelques lignes barrées qui étaient la fin d’un paragraphe dont le commencement nous manque (les jambages de la ligne précédente sont encore visibles) : privation de l’esprit de Dieu. Et ses actions nous trompent à cause de la parenthèse ou interruption de l’esprit de Dieu en lui, et s’en repent en son affliction. — M. Michaut fait de ces lignes la fin du fragment qu’il relie de la façon suivante : « Et ainsi aux autres actions, provenant de l’esprit de Dieu. »

↑ Justus ex fide vivit (Rom., I, 17 ; Galat., III, 11). Cf. fr. 248.

↑ Cf. Bos., suppl., 18 ; Faug., I, 234 ; Hav., XXIV, 79 ; Mol., I, 45 et II, 152 ; Mich., 275.

↑ Une pierre qui tombe dans l’eau devient en effet le centre d’une ondulation qui, à parler suivant la rigueur mathématique, se propage à l’infini. La réflexion scientifique ne fait ici que préparer une vérité d’ordre religieux. Mais la conception de la nature que Pascal résume d’une façon si concise n’en est pas moins remarquable par elle-même ; elle se rattache à la doctrine cartésienne des tourbillons qui rend toutes les parties de l’univers solidaires l’une de l’autre, et elle annonce les infiniment petits de Newton et de Leibniz. Cf. Théodicée : 1re partie, § 9§ 9 : « L’univers, quel qu’il puisse être, est tout d’une pièce, comme un océan ; le moindre mouvement y étend son effet à quelque distance que ce soit. » — Charron avait écrit : « Toutes choses, tant petites soient-elles, sont pièces de ce grand bâtiment de l’univers. Il n’y a chose si mince, menue et chétive à nos yeux, qui ne regarde, ne serve à l’état et perfection, à la tenue de tout ce monde… la goutte d’eau, la feuille d’arbre, le poil de notre tête, leur remuement est le remuement de tout l’univers. » Trois Vérités, I, ix, 6.

↑ [Ce qui.]

↑ Cf. B., 375 ; C., 337 ; Mich., 723.

↑ [Si on en.]

↑ Cf. B., 379 ; C., 338 ; Faug., II, 369 ; Hav., XXV, 187 ; Mol., II, 125 ; Mich., 712.

↑ Toute âme chrétienne est partagée entre les mouvements de grâce qu’elle reçoit de Dieu, par les mérites du Rédempteur, et la dureté de cœur, inhérente à la nature corrompue ; les circonstances extérieures interviennent, qui sont le témoignage de la Providence divine, et qui souvent sont décisives. Ainsi, dans la vie de Pascal, l’accident d’Étienne Pascal qui amena en 1646 la conversion de toute la famille était interprété comme l’action directe de la Providence.

↑ Cf. B., 458 ; C., 257 ; Faug., I, 222 ; Hav., XXIV, 74 ; Mol., II, 125 ; Mich., 796.

↑ Cette opposition entre l’humanité et la grâce est la doctrine fondamentale du Jansénisme : « Est-ce qu’il n’apparaît pas, dit Jansénius, à quel point par son propre poids et sa propre pente la nature tombe dans le vice, et combien il lui faut d’aide pour en être délivrée ? » Augustinus (de Nat. lapsa, II, 2). Au contraire les ennemis de la grâce sont ceux qui « déclarent la nature humaine libre, de façon à ne pas chercher de libérateur, saine, de façon à rendre le libérateur inutile » (Saint Aug., Ep. 35, cité dans l’Augustinus, t. II, liv. I, ch. 1).

↑ Cf. B., 61 ; C., 85 ; Faug., II, 95 ; Hav., XXV, 32 ; Mol., I, 176 ; Mich., 673.

↑ Se connaît [bien.]

↑ Un homme qui se connaît, se connaît par là même incapable d’atteindre Dieu par les seules forces de sa nature.

↑ Cf. B., 120 ; C., 147 ; Bos., suppl., 21 ; Faug., II, 156 ; Hav., XXIV, 82 ; Mol., II, 21 ; Mich., 68.

↑ Cf. B., 118 ; C., 144 ; Bos., suppl., 20 ; Faug., II, 156 ; Hav., XXIV, 81 bis ; Mol., I, 315 ; Mich., 117.

↑ [Compagnie et l’amitié.]

↑ Cf. Faug., II, 372 ; Hav., XXV, 190 ; Mol., II, 129 ; Mich., 616.

↑ La première phrase est en surcharge.

↑ Qu’est-ce qui parle ainsi en son patois ? Ce point n’a pas encore été éclairci ; mais M. Couture a découvert l’origine de la théorie que Pascal discute. Elle est exposée dans les lettres de Descartes au P. Mesland que Clerselier possédait à cette époque et fit connaître à divers correspondants, en particulier à Dom Robert Desgubets qui en fit l’origine de son système (voir Descartes, Lettres, Éd. Adam et Tannery, t. IV, p. 171 sqq. et Lemaire, dom Robert Desgabets, 1902, p. 100 sqq.). C’est indirectement, par une interprétation écrite, que Pascal eut connaissance de cette théorie, dont il est possible qu’il ignorât le véritable auteur ; car Descartes avait vivement recommandé le secret sur ce point. Voir les articles décisifs de M. Couture parus en novembre et décembre 1898 dans le Bulletin théologique, scientifique et littéraire de l’Institut catholique de Toulouse, et réunis en une brochure publiée à Paris, chez Lecoffre : Commentaire d’un fragment de Pascal sur l’Eucharistie. — Cf. la lettre de Nicole contre l’interprétation philosophique de l’Eucharistie (Essais de morale, t. VIII, p. 213, éd. 1733) : « ils [les Pères] n’ont jamais pensé à cette autre unité chimérique qui fait un même corps de plusieurs portions de matière unies à la même âme… » Plus loin, p. 217, il ajoute, parlant d’un contradicteur qu’il ne nomme pas et qui doit être Desgabets (Cf. Lemaire, op. cit., p. 123) : « Vous pouvez y ajouter que feu M. Pascal qu’il cite comme approbateur de ces principes philosophiques à l’égard de l’étendue en était si étrangement éloigné que quand il voulait donner un exemple d’une rêverie qui pouvait être approuvée par entêtement, il proposait d’ordinaire l’opinion de Descartes sur la matière et sur l’espace. » Voir le fr. 77.

↑ Comme le fait remarquer M. Couture, l’interprète de Descartes essaie de traduire dans son système la formule du concile de Trente : per consecrationem panis et vini conversionem fieri totius substantiæ panis in substantiam corporis Christi et totius substantiæ vini in substantiam sanguinis ejus. Mais l’interprétation du totius est encore équivoque : associée à l’âme de Jésus-Christ, l’hostie devient tout entière le corps de Jésus-Christ, mais elle ne devient pas ce corps tout entier, puisque d’autres corps peuvent être associés à cette âme. Il n’est donc pas satisfait à la condition de réciprocité qui est impliquée dans la transsubstantiation.

↑ De deux choses, en surcharge.

↑ L’incarnation du Verbe transforme en Jésus la substance de l’humanité ; il est le type de la transsubstantiation mystérieuse. L’association de l’âme et du corps, que Descartes propose comme exemple, ou l’association de deux substances matérielles telles que le feu et le bois, n’a au contraire rien de mystérieux ; c’est une juxtaposition qui n’altère nullement l’intégrité de substance. Il est donc illégitime de ramener l’Eucharistie à un phénomène naturel.

↑ [Un.]

↑ Ce passage ne peut être éclairci que par les citations de Descartes : « Ce mot de corps est fort équivoque ; car quand nous parlons d’un corps en général, nous entendons une partie déterminée de la matière, …en sorte qu’on ne saurait …changer aucune particule de cette matière que nous ne pensions par après que le corps n’est plus totalement le même ou idem numero. Mais quand nous entendons le corps d’un homme, nous n’entendons pas une partie déterminée de matière, ni qui ait une grandeur déterminée, mais seulement nous entendons toute la matière qui est ensemble unie avec l’âme de cet homme… Enfin, quelque matière que ce soit, et de quelque quantité ou figure qu’elle puisse être, pourvu qu’elle soit unie avec la même âme raisonnable, nous la prenons toujours pour le corps du même homme. » (Lettre du 9 fév. 1645, éd. Adam, t. IV, p. 167.)

↑ La réponse de Pascal à la distinction proposée par Descartes consiste à admettre les deux significations du corps que Descartes a énumérées, mais à montrer que la seconde ne dispense pas de la première. Sans doute l’identité de l’âme est nécessaire à l’identité du corps humain, mais elle ne suffit pas pour constituer l’identité de ce corps en tant que corps. « Nous ne pensons pas, écrit Descartes, que celui qui a un bras ou une jambe coupée, soit moins homme qu’un autre. » — Il ne s’ensuit pourtant pas, répond Pascal, que les différentes parties du corps se confondent les unes avec les autres. Descartes définit le corps animé par une condition extrinsèque, l’union avec l’âme ; mais c’est là une conception toute relative qui ne supprime pas les propriétés intrinsèques de la matière, et en particulier l’impénétrabilité. En revenant à ces propriétés, nous voyons réapparaître les difficultés propres au mystère de la transsubstantiation.

↑ Voici la thèse de Descartes : « Le corps de J.-C. étant mis en la place du pain, et venant d’autre air en la place de celui qui environnait le pain, la superficie qui est entre cet air et le corps de Jésus-Christ demeure eadem numero qui était auparavant entre d’autre air et le pain, parce qu’elle ne prend pas son identité numérique de l’identité des corps dans lesquels elle existe, mais seulement de l’identité ou ressemblance des dimensions : comme nous pouvons dire que la Loire est la même rivière qui était il y a dix ans, bien que ce ne soit plus la même eau, et que peut-être aussi il n’y ait plus aucune partie de la même terre qui environnait cette eau » (ibid., p. 165). — Pascal marque le défaut de la comparaison ; Descartes conclut des conditions de l’identité à travers le temps aux conditions de l’identité pour un même temps ; ce qui donne des conséquences absurdes : on conçoit que mon âme soit unie à mon corps a Paris, puis à un corps en Chine, mais non pas à la fois ; autrement il faudrait admettre l’identité des corps ; je serais le même qui serais en même temps à Paris et en Chine, la rivière serait la même qui coulerait en même temps en France et en Chine. Encore une fois il faut sortir des lois naturelles et du cours ordinaire des choses pour concevoir l’Eucharistie. (Voir l’Appendice de la Section XIII, t. III, p. 294).

↑ Cf. Faug., II, 383 et II, 382 ; Hav., XXV, 55 ; XXV, 55 bis et XXV, 197 ; Mol., II, 127 et II, 228 ; Mich., 309.

↑ La première ligne de la page 121 porte ces mots rayés : « J’ai reçu de Mademoiselle la présidente Pascal la somme de quatre cents livres. »

↑ La parenthèse est une addition en marge. Cf. Lettre sur les commandements de Dieu : « Les pauvres de la grâce ne manquent jamais du pouvoir d’obtenir, s’ils demandent ; reste donc nécessairement qu’ils manquent quelquefois de ce pouvoir spécial de demander. » Dans des extraits d’un écrit de Pascal sur la grâce que dom Clémencet nous a conservés dans son Histoire littéraire (inédite) de Port-Royal, on lit ces lignes : « Il est question de savoir laquelle des deux volontés, savoir de la volonté de Dieu ou de la volonté de l’homme, est la maîtresse, la prédominante, la source, le principe et la cause de l’autre. » — Bossuet a développé à son tour cette interprétation de saint Augustin dans sa Défense de la tradition et des Saints Pères contre Richard Simon. Voir en particulier liv. VI, ch. x : « Saint Augustin sentait donc déjà ce grand secret, qu’il a depuis si bien expliqué contre les Pélagiens, que la prière, par laquelle on nous donne tout, est elle-même donnée » et au liv. X le ch. x intitulé : On prouve par la prière que la prière vient de Dieu.

↑ La doctrine de la prière est capitale dans le Jansénisme ; la prière est à la fois la marque décisive de la bonne volonté dans la créature, l’effet de la grâce du Libérateur, et l’aveu par la créature de la nécessité de grâces nouvelles pour que la bonne volonté passe à l’acte, pour que la foi devienne vertu.

↑ L’homme a mérité le Rédempteur ; mais il y a ambiguïté, car il pourrait se rapporter ce mérite alors qu’il s’agit uniquement des mérites de Jésus-Christ.

↑ Office du Samedi Saint.

↑ Office du Vendredi Saint.

↑ Hym. Vexilla regis.

↑ Luc, VII, 6 : Jesus autem ibat cum illis. Et cum jam non longe esset a domo, misit ad eum centurio amicos, dicens : Domine, noli vexari : Non enim sum dignus ut sub tectum meum intres.

↑ I. Cor., XI, 29 : Qui enim manducat et bibit indigne, judicium sibi manducat et bibit.

↑ Apoc., IV, 11 : Dignus es Domine Deus noster accipere gloriam, et honorem, et virlutem : quia tu creasti omnia.

↑ Expression de saint Paul (Rom., IX, 8). Les fils de la promesse s’opposent aux fils de la chair. C’est à ceux-là seuls que s’appliquent les paroles de l’Évangile sur lesquelles Pascal insiste dans le fragment suivant : « demandez et vous obtiendrez ».

↑ Cette doctrine est rappelée et commentée par Pascal dans la Lettre sur les Commandements de Dieu. Voici un extrait significatif : « Il arrive que chacun de nous sait quelquefois entreprendre, faire et accomplir une bonne œuvre, et quelquefois ne le sait pas ; quelquefois il y sent de la délectation, et quelquefois il n’en sent point : afin d’apprendre que ce n’est point par notre puissance, mais par le don de Dieu, que nous savons et que nous sentons cette délectation, et qu’ainsi nous soyons guéris de la superbe, et que nous sachions combien véritablement il est dit que le Seigneur donnera la délectation, et que notre terre donnera son fruit. » (Aug., lib. II, De peccat. merit., cap. xvii.) « N’est-il pas visible que dans ce passage saint Augustin établit une sorte d’impuissance où l’on se trouve d’accomplir quelque bonne œuvre, puisqu’il dit que cette délectation ne nous est pas toujours présente, afin que nous apprenions à ne point nous élever ? ce qui ne serait pas véritable, si nous avions le pouvoir prochain de l’accomplir. »

↑ L’occasion s’étant offerte, en surcharge. L’expression se retrouve dans une dissertation sur les Paroles du Concile de Trente (Second moyen) : « Encore que personne ne parlât de cette erreur, les Pères n’auraient pas laissé de la condamner, si l’occasion s’en fût offerte. »

↑ Cf. Mich., 881.

↑ Cum metu et tremore salutem vestram operamini (Philipp., II, 12). Cf. Lettre sur les commandements de Dieu : « Vous voyez que par ces nouveaux dogmes les justes ne doivent plus avoir de crainte ni d’espérance qu’en eux-mêmes. Aussi ils interprètent ce passage : « Opérez votre salut avec crainte, » c’est-à-dire avec crainte de ne pas bien user des grâces ; et non pas avec crainte que Dieu vous quitte. Ce sont leurs termes, comme vous le savez ; et partant cette crainte est fondée sur ce que l’on peut, par sa volonté, user bien de ce pouvoir ; au lieu que saint Paul la fonde sur ce que c’est Dieu qui opère lui-même en nous ce vouloir, et il opère ce vouloir, non pas suivant la disposition de notre volonté, mais suivant sa propre bonne volonté. »

↑ Petite et dabitur vobis : quærite et invenietis : pulsate et aperietur. Math., VII, 7.

↑ Exposé de la doctrine janséniste : la prière donne le salut ; donc, puisque le salut dépend de Dieu et non de l’homme, il faut que la prière soit au pouvoir de Dieu et non de l’homme. Pour demander, il faut avoir obtenu déjà : l’obtention, c’est l’obtention de la prière. L’initiative de Dieu est déjà dans la prière qui semble aller vers lui ; il est la fin parce qu’il est d’abord le principe.

↑ [L’obstacle.]

↑ « Se peut-il rien de plus contraire au sens commun et à la vérité ? Leur crainte ne serait pas seulement détruite, mais encore leur espérance ; car puisqu’on n’espère pas des choses certaines, ils n’espéreront pas la continuation de ce secours, puisqu’il leur est certain ; leur espérance ne sera pas aussi d’obtenir ce qu’ils demandent, puisque cela est encore certain. Quel sera donc l’objet de leur espérance, sinon eux-mêmes, de qui ils espéreront le bon usage d’un pouvoir qui leur est assuré ? » ibid.

↑ À la page 496 du manuscrit.

↑ Telle est suivant Pascal la doctrine de saint Augustin : « c’est ce qu’il établit dans tous ses livres, et particulièrement dans tout celui De la correction et de la grâce, et presque dans tout celui Du don de la persévérance, dont ce trait suffit : « Car, afin que nous ne nous éloignions point de Dieu (il montre que cela ne peut nous être donné que de Dieu), cela n’est plus en aucune sorte dans les forces du libre arbitre. Cela a été dans l’homme avant sa chute ; et cette liberté de la volonté a paru dans l’excellence de cette première condition dans les anges, qui, lorsque le diable est tombé avec les siens, sont demeurés fermes dans la vérité, et ont mérité de parvenir à une assurance éternelle. Mais après la chute de l’homme, Dieu a voulu qu’il n’appartînt plus qu’à sa grâce que l’homme s’approchât de lui, et qu’il n’appartînt plus qu’à sa grâce que l’homme ne se retirât point de lui. » Ibid. Cf. Jansénius, de Gratia Chr. Salv., III, 19 : Quomodo Deus neminem deserit, nisi deseratur.

↑ [Il] ne s’éloigne pas.

↑ Voici l’explication de cette ligne interrompue : « Il se conclut nécessairement, qu’encore qu’il soit vrai en un sens que Dieu ne laisse jamais un juste, si le juste ne le laisse le premier, c’est-à-dire que Dieu ne refuse jamais sa grâce à ceux qui le prient comme il faut, et qu’il ne s’éloigne jamais de ceux qui le cherchent sincèrement : il est pourtant vrai en un autre sens que Dieu laisse quelquefois les justes avant qu’ils l’aient laissé, c’est-à-dire que Dieu ne donne pas toujours aux justes le pouvoir prochain de persévérer dans la prière, ou, ce qui est la même chose, la grâce avec laquelle rien n’est plus nécessaire pour prier effectivement » Lettre sur les commandements de Dieu ; cf. passim. — Il semble que ce soit en vue de la Lettre sur les commandements de Dieu que Pascal a rédigé ces lignes très difficiles à déchiffrer.

Ce texte est écrit sur une feuille qui a été ajoutée au manuscrit en 1864 avec une copie du Mémorial et un fragment de lettre que voici : « De Paris, le vendredi 6 juin 1653, je viens de recevoir votre lettre où était celle de ma sœur, que je n’ai pas eu loisir de lire et de plus je crois que cela serait inutile [étant]. »

Au verso : « Ce n’est qu’un abrégé par table pour votre intelligence :

Déclaration de l’état de son bien au 31 décembre 1653. Effets non liquidés.

5 7293. 4

Il lui est dû par les

Il lui est dû par moi, savoir… parce que je l’ai reçu. »

↑ Cf. B., 333 ; C., 285 ; P. R., XXVIII, 33 ; Bos., II, xvii, 33 ; Faug., II, 329 ; Hav., XXIV, 23 ; Mol., II, 26 ; Mich., 298.

↑ Cf. Matth., chap. xxv : Tunc respondebunt ei justi, dicentes : Domine, quando te vidimus esurientem et pavimus te : sitientem, et dedimus tibi potum ? (87). Et ceux qui sont à gauche, les réprouvés : Tunc respondebunt ei, et ipsi, dicentes : Domine quando te vidimus esurientem, aut sitientem, aut hospitem, aut nudum, aut infirmum, aut in carcere et non ministravimus tibi ? (44).

↑ Cf. B., 379 ; C., 338 ; Faug., II, 178 ; Hav., XXV, 138 ; Mol., II, 56 ; Mich., 764.

↑ Ubi est ergo gloriatio tua ? Exclusa est. Per quam legem ? Factorum ? Non, sed per legem fidei.

↑ Cf. B., 101 ; C., 129 ; Faug., II, 343 ; Hav., XXV, 209, 4 ; Mol., II, 34 ; Mich., 177.

↑ La grâce de Jésus-Christ.

↑ Cf. Mich., 272.

↑ À la fin de la Lettre sur les commandements de Dieu, Pascal expose les « sujets de crainte qui doivent animer continuellement les saints » et après avoir rappelé l’abandonnement de saint Pierre : « C’est en cette sorte que tous les hommes doivent toujours s’humilier sous la main de Dieu en qualité de pauvres, et dire comme David : Seigneur, je suis pauvre et mendiant. Certainement il ne parlait pas des biens de la fortune, car il était roi ; il ne parlait pas aussi des biens de la grâce, car il était prophète et juste. En quoi consistait donc la pauvreté de cet homme si abondant, sinon en ce qu’il pouvait perdre à toute heure son abondance, et qu’il n’était pas le maître de la conserver ? » Cf. IVe Provinciale : « Les plus saints doivent toujours demeurer dans la crainte et le tremblement, quoiqu’ils ne se sentent coupables d’aucune chose, comme saint Paul dit de lui-même. »

↑ Nouvelle application du verset d’Isaïe, xlv, 15 (Cf. fr. 194, 242 et 585.)

↑ Cf. B., 419 et 420 ; C., 394 ; Faug., II, 329 ; Hav., XXV, 101 ; Mol., II, 48 ; Mich., 103.

↑ Dicebat ergo Jesus ad eos qui crediderunt ei Judæos : Si vos maneritis in sermone meo, vere discipuli mei eritis (31) et cognoscetis veritatem, et veritas liberavit vos (32). — Responderunt ei : Semen Abrahæ sumus, et nemini servivimus unquam : quomodo tu dicis : Liberi estis ? (33).

↑ [Délivrera.]

↑ Respondit ei Jesus : Amen, amen dico vobis : quia omnis qui facit peccatum, servus est peccati (34)… Si ergo vos filius liberaverit, vere liberi eritis (36). — Les Pélagiens ne sont donc pas les vrais disciples.

↑ Cf. Bos., II, xvii, 74 ; Faug., I, 231 ; Hav., XXIV, 63 et XXV, 126 ; Mol., II, 57 ; Mich., 245.

↑ Mais elle l’a instruite, surcharge. — Quid ergo dicemus ? lex peccatum est ? Absit. Sed peccatum non cognovi, nisi per legem : nam concupiscentiam nesciebam, nisi lex diceret, non concupisces (Rom., VII, 7). « La loi est venue avant le médecin, pour que la malade qui se croyait en bonne santé, se reconnût malade » (Jansénius, Augustinus. De Gratia Christi Salvatoris, I, vii).

↑ [La gloire.] — Rom., III, 31 : Legem ergo destruimus per fidem ? Absit, sed legem statuimus. Cf. l’Augustinus, De Gr. Chr. Salv. : « La grâce nous fait aimer la loi ; mais la loi elle-même sans la grâce ne fait de nous que des pécheurs. » (III, xi.) « L’amour est l’accomplissement de la loi » (IV, v).

↑ Cf. B., 369 ; C., 326 ; P. R., XXVIII, 4 ; Bos., II, xvii, 13 ; Faug., I, 201 ; Hav., XXV, 12 ter ; Mol., II, 125 ; Mich., 689.

↑ [Chrétiens.]

↑ Cf. B., 428 ; C., 400 ; Faug., II, 369 ; Hav., XXV, 51 ; Mol., II, 57 ; Mich., 653.

↑ Pascal cite, à la fin de la Dissertation sur les commandements de Dieu, ces textes de saint Augustin : « Ô homme ! reconnais dans le précepte ce que tu dois ; dans la correction, que c’est par ton vice que tu ne le fais pas ; et dans la prière, d’où tu peux en avoir le pouvoir ! (Aug., De corrept., cap. iii). Car la loi commande, afin que l’homme, sentant qu’il manque de force pour l’accomplir, ne s’enfle pas de superbe, mais étant fatigué, recoure à la grâce, et qu’ainsi la loi l’épouvantant le mène à l’amour de Jésus-Christ. (Aug., De perfect. respons. et ratiocin. XI., cap. v.) » — Cf. la thèse développée si longuement par Jansénius : « La loi n’a pas été donnée avec le pouvoir de vivifier, mais pour montrer aux pécheurs leurs péchés ; la loi fait le péché. » (Augustinus, de Gratia Christi Salvatoris, liv. I, ch. vii, sqq.)

↑ Cf. saint Augustin, apud Jansénius, ibid., III, 16 : « Gratia vero efficit ut non tantum velimus, sed possimus, non nostris viribus liberi arbitrii, sed Liberatoris auxilio. » — « Jésus, le débonnaire Jésus, il plaint nos misères ; mais il les soulage ; ceux qu’il instruit, il les porte. » (Bossuet, Sermon sur la loi de Dieu, Metz, vers 1653.)

↑ Cf. B., 117 ; C., 143 ; Bos., II, xvii, 4 ; Faug., II, 369 ; Hav., XXIV, 4 ; Mol., I, 296 et II, 101 ; Mich., 107.

↑ Cf. fr. 430. — M. Droz a rapproché de ce fragment un passage de Saint-Cyran, Œuvres chrétiennes et spirituelles, tome IV, 2e part., p. 87 : « Le grand secret et l’abrégé de la religion chrétienne consiste à savoir la différence qu’il y a entre la grâce d’Adam et celle de Jésus-Christ… La grâce d’Adam le mettait en sa propre conduite ; mais la grâce de Jésus-Christ nous met en la conduite de Dieu. » (Cf. Étude sur le scepticisme de Pascal, p. 69). — Mais l’Adam auquel pense ici Pascal n’est pas, semble-t-il, l’Adam de la grâce, l’Adam d’avant le péché, qui est dans l’état de la nature pure, c’est l’Adam d’après le péché, l’Adam de la concupiscence, qui est dans l’état de la nature déchue.

↑ Cf. B., 177 ; C., 209 ; P. R., III, 19 ; Bos., II, v, 9 ; Faug., II, 144 ; Hav., XII, 16 ; Mol., I, 289 ; Mich., 643.

↑ Double en surcharge.

↑ Cf. B., 195 ; C., 5 ; P. R., III, 20 ; Bos., II, v, 10 ; Faug., II, 91 ; Hav., XII, 17 ; Mol., I, 284 ; Mich., 840.

↑ C’est une idée fondamentale de l’Entretien avec M. de Sacil’Entretien avec M. de Saci que non-seulement les philosophes se sont partagés en dogmatiques et sceptiques, entre stoïciens et épicuriens, mais que du point de vue purement humain il est impossible de concilier ces deux thèses qui doivent représenter pourtant chacune la moitié de la vérité. La philosophie montre la nécessité de la synthèse, et elle est incapable de l’opérer elle-même. La religion seule peut allier ce que pour l’homme purement homme, il est à la fois nécessaire et impossible d’unir. Elle seule transforme la bassesse par le contact de la grandeur, et la grandeur par le contact de la bassesse : « Il arrive que l’un, connaissant le devoir de l’homme et ignorant son impuissance, se perd dans la présomption, et que l’autre connaissant l’impuissance et non le devoir, il s’abat dans la lâcheté ; d’où il semble que puisque l’un est la vérité où l’autre est l’erreur, l’on formerait en les alliant une morale parfaite. Mais, au lieu de cette paix, il ne résulterait de leur assemblage qu’une guerre et qu’une destruction générale : car l’un établissant la certitude, l’autre le doute, l’un la grandeur de l’homme, l’autre sa faiblesse, ils ruinent la vérité aussi bien que la fausseté l’un de l’autre. De sorte qu’ils ne peuvent subsister seuls à cause de leurs défauts, ni s’unir à cause de leurs oppositions, et qu’ainsi ils se brisent et s’anéantissent pour faire place à la vérité de l’Évangile. »

↑ Non de nature surcharge.

↑ Non… mais surcharge.

↑ [Allier.]

↑ [Mais.]

↑ [Non.]

↑ Proinde virtus qua hic, ubi superbiri potest, non superbiatur, in infirmitate perficitur (Saint Augustin, contra Jul. Pelag., IV, ix, 11). — Cf. le commentaire de Bossuet : « Si nous n’avions que de la faiblesse, nous serions toujours abattus, et si nous n’avions que de la force, nous deviendrions superbes et insupportables. » (Deuxième sermon pour le jour de Pâques.)

↑ Cf. B., 177 ; C., 209 ; P. R., III, 16 et 17 ; Bos., II, v, 7 et 8 ; Faug., II, 145 ; Hav., XII, 14 ; Mol., I, 289 ; Mich., 619.

↑ Cf. B., 86 ; C., 113 ; P. R., XX, 2 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 315 ; Hav., XXII, 5 ; Mol., I, 141 ; Mich., 674.

↑ Cf. B., 108 ; C., 133 ; P. R., ult., XIV, 7 ; Bos., II, x, 4 ; Faug., II, 314 ; Hav., XVII, 7 ; Mol., II, 24 ; Mich., 831.

↑ Cf. B., 177; C., 209 ; P. R., III, 18 ; Bos., II, v, 9 ; Faug., II, 145 ; Hav., XII, 15 ; Mol., I, 289 ; Mich., 537.

↑ [Qui nous rende incapables.]

↑ Cf. B., 381 ; C., 340 ; P. R., XXVIII, 44 ; Bos., II, xvii, 40 ; Faug., I, 226 ; Hav., XXIV, 30 ; Mol., II, 60 ; Mich., 713.

↑ Application toute pratique d’une conception qui pour Pascal est le fondement de la vérité dans l’ordre philosophique comme dans l’ordre religieux. (Cf. fr. 863.)

↑ Cf. B., 332 ; C., 283 ; Faug., II, 374 ; Hav., XXV, 194 ; Mol., I, 196 ; Mich., 347.

↑ Dans un écrit de Pascal sur la Distinction entre la possibilité et le pouvoir, le pouvoir de connaissance est ainsi expliqué : « On voit que les chrétiens qui sont instruits de la loi de Dieu, ont par cette connaissance, un pouvoir de l’accomplir, qui n’est pas commun à ceux qui en sont privés, puisque, connaissant la volonté de leur maître, il ne dépend plus que de leur consentement d’y obéir. »

↑ Luc, XII, 47 : Ille autem servus qui cognovit voluntatem domini, sui, et non præparavit, et non fecit secundum voluntatem ejus, vapulabit multis (48) ; qui autem non cognovit, et fecit digna plagis, vapulabit paucis. Cf. fr. 897.

↑ Qui nocet, noceat adhuc : et qui in sordibus est, sordescat adhuc : et qui justus est, justificetur adhuc : et sanctus, sanctificetur adhuc. Apocal., XXII, 11.

↑ Cf. B., 417 ; C., 391 ; Faug., II, 145 ; Hav., XXV, 88 ; Mol., I, 195 ; Mich., 101.

↑ Il faut entendre les deux infinis naturels et les deux infinis moraux : les deux infinis naturels sont décrits de la façon que l’on sait, au fragment 72 ; pour les infinis moraux, voir le fr. 357 : « il se présente des vices qui s’y insinuent insensiblement, dans leurs routes insensibles, du côté du petit infini ; et il s’en présente, des vices, en foule du côté du grand infini, de sorte qu’on se perd dans les vices, et on ne voit plus les vertus. »

↑ [Pour nous abaisser, et nous relever]

↑ Cf. B., 466 ; C., 266 ; Faug., I, 260 ; Hav., XXV, 75 ; Mol., II, 49 ; Mich., 781.

↑ La copie corrige : circumcidentes cor, afin de retrouver la circoncision du cœur selon saint Paul. L’expression de Pascal est plutôt, comme le remarque Havet, un souvenir des Psaumes L, 19 : « Sacrificium Deo spiritus ccntribulatus, cor contritum et humiliatum Deus non despicies. »

↑ Albe vous a nommé, en surcharge. — Allusion à la célèbre scène d’Horace (II, 3)(II, 3) ; le jeune Horace représente le caractère inhumain, Curiace l’humanité, l’honnêteté. Il y a un troisième ordre, qui est supérieur, c’est l’humilité chrétienne.

↑ Cf. B., 337 ; C., 289 ; Faug., I, 222 ; Hav., XXV, 71 ; Mol., II, 44 ; Mich., 308.

↑ Cf. B., 207 ; C., 415 ; Faug., II, 171 ; Hav., XXV, 38 ; Mol., I, 124 ; Mich., 7.

↑ Cette pensée avait été écrite par Pascal à la suite du fragment sur le Pari ; à la suite des additions à ce fragment dont Pascal a couvert la page 4 du manuscrit, elle s’y trouve comme enclavée.

↑ Cf. B., 36 ; C., 53 ; P. R., XXVIII, 53 ; Bos., II, xvii, 47 ; Faug., I, 217 ; Hav., XXIV, 37 ; Mol., I, 69 ; Mich., 502.

↑ Pascal décrit ce qu’en langage moderne on appellerait le passage de la suggestion à l’auto-suggestion.

↑ Nolite seduci : Corrumpunt mores colloquia mala (I Cor., XV, 33) ; au témoignage de saint Jérôme (Lettre 83), saint Paul cite un vers de Ménandre. — Cf. fr. 6 : « On se gâte l’esprit et le sentiment par les conversations. »

↑ Cf. B., 177 ; C., 209 ; P. R., III, 15 ; Bos., II, v, 7 ; Faug., II, 145 ; Hav., XII, 13 ; Mol., I, 288 ; Mich., 658.

↑ Les copies donnent ce titre : Le Christianisme.

↑ [Fait reconnaître.]

↑ [Fait.]

↑ « La religion, écrit Charron, est en la connaissance de Dieu et de soi-même… son office est d’élever Dieu au plus haut de son effort, et baisser l’homme au plus bas, l’abattre comme perdu ; et puis lui fournir les moyens de se relever, lui faire sentir sa misère et son rien, afin qu’en Dieu seul il mette sa confiance et son tout. » (Sagesse, II, v, 14.)

↑ Cf. B., 178 ; C., 210 ; P. R., III, 21 ; Bos., II, v, 2 ; Faug., II, 377 ; Hav., XII, 19 ; Mol., II, 49 ; Mich., 444.

↑ [Dit-il qu’il est.]

↑ Cf. B., 177 ; C., 210 ; P. R., XXVIII, 54 ; Bos., II, xvii, 48 ; Faug., I, 214 ; Hav., XXIV, 38 ; Mol., I, 112 ; Mich., 366.

↑ Le chartreux est le type du religieux. Cf. ce passage de l’interrogatoire de M. Le Maître par Laubardemont : « Tant s’en faut que ledit sieur de Saint-Cyran lui ait parlé de détruire les Ordres Religieux qu’au contraire il lui avait témoigné qu’il serait extrêmement aise que Dieu eût donné à lui Répondant vocation pour être Chartreux, ou pour être Religieux dans quelque autre Religion réformée. » (Recueil d’Utrecht, 1740, p. 13.)

↑ [Choses.]

↑ Cf. Faug., I, 230 ; Hav., XXV, 73 ; Mol., II, 51 ; Mich., 265.

↑ Effective, aussi bien que de crainte en marge.

↑ Cf. B., 178 ; C., 210 ; P. R., III, 21 ; Bos., II, v, 11 ; Faug., II, 376 ; Hav., XII, 18 ; Mol., II, 52 ; Mich., 657.

↑ « Il n’y a rien de si aimable qu’un homme qui ne s’aime point, etc. » Nicole, Traité de l’Éducation d’un Prince, 1re partie, ch. xxvi.

↑ Cf. Faug., II, 172 ; Hav., XXV, 39 bis ; Mol., I, 309 ; Mich., 12.

↑ [Il faut] être [ou haïssable ou malheureux.]

↑ L’honnêteté, c’est le règlement de la concupiscence. Or la concupiscence demeure, que nous ne pouvons sacrifier sans nous rendre malheureux, que nous ne pouvons satisfaire sans nous rendre haïssables, comme avait écrit d’abord Pascal. Cf. fr. 455 : « Le moi est haïssable, etc. »

↑ Cf. B., 85 ; C., 112 ; P. R., XX, 2 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 114 ; Hav., X, 5 ; Mol., I, 139 ; Mich., 544.

↑ Réminiscence de saint Augustin : Quod curiositate invenerunt superbia perdiderunt (sermon CXLI.) Cf. Contra Jul. Pelag., IV, iii, 17. — Havet indique un développement de Bossuet sur le même texte. Après avoir parlé des poètes, Bossuet ajoute : « Il en est de même des autres, qui, enflés de leur vaine philosophie, parce qu’ils seront ou physiciens, ou géomètres, ou astrologues, croiront exceller en tout, et soumettront à leur jugement les oracles que Dieu envoie au monde pour le redresser : la simplicité de l’Écriture causera un dégoût extrême à leur esprit préoccupé : et autant qu’ils sembleront s’approcher de Dieu par l’intelligence, autant s’en éloigneront-ils par leur orgueil : Quantum propinquaverant intelligentia, tantum superbia recesserunt, dit saint Augustin. Voilà ce que fait dans l’homme la philosophie, quand elle n’est pas soumise à la sagesse de Dieu ; elle n’engendre que des superbes et des incrédules. » (Traité de la Concupiscence, ch. xviii.)

↑ Sans médiateur, en surcharge.

↑ Cf. C., 469 ; P. R., XX, 2 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 354 ; Hav., XXII, 4 ; Mol., I, 141 ; Mich., 923.

↑ Cf. B., 126 ; C., 164 ; P. R., XIII, 7 ; Bos., II, ix, 10 ; Faug., II, 315 ; Hav., XVI, 8 ; Mol., II, 21 ; Mich., 75.

↑ Cf. B., 198 ; C., 10 ; P. R., XX, 2 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 316 ; Hav., XXII, 9 ; Mol., II, 19 ; Mich., 857.

↑ [Jésus-Christ est toute notre vertu et toute notre félicité.]

↑ [Ne peut être ni.]

↑ [Mort.]

↑ Mort en surcharge.

↑ Cf. B., 85 ; C., 111 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 316 ; Hav., XXII, 7 ; Mol., II, 18 ; Mich., 369.

↑ Titre au verso.

↑ [On.]

↑ [J.-C]

↑ [Fait que s’égarer.]

↑ On enseigne en surcharge.

↑ [Et il n’y en a pas d’autre.]

↑ [Placuit.]

↑ I Cor., I, 21. Nam quia in Dei sapientia non cognovit mundus per sapientiam Deum : placuit Deo per stultiiiam prædicationis salvos facere credentes. Cf. fr. 233.

↑ Cf. B., 199 ; C., 10 ; P. R., XX, 2 ; Bos., II, xv, 2 ; Faug., II, 317 ; Hav., XXII, 8 ; Mol., II, 19 ; Mich., 880.

↑ [Notre vie.]

↑ Cf. B., 86 ; C., 113 ; Faug., II, 316 ; Hav., XXV, 173 ; Mol., II, 20 ; Mich., 604.

↑ Cf. Bos., suppl., 6 ; Faug., I, 243 ; Hav., XXIV, 69 ; Mol., II, 34 ; Mich., 270.

↑ Précédé d’une croix — [J’aime tous les hommes comme mes frères parce qu’ils sont tous rachetés.]

↑ [Me.]

↑ Ne n’est pas dans le manuscrit.

↑ [Je garde fidélité et justice.]

↑ [Particulière.]

↑ [D’une manière particulière et quand on… n’est pas… [puisqu’il ne faut.]

↑ [A fait de] moi [un.]

↑ Cf. B., 108 ; C., 134 ; Mich., 830.

↑ Expression empruntée au texte de saint Luc que Pascal traduit au fr. 531 : qui [servus] non cognovit [voluntatem domini sui] et fecit digna plagis, vapulabit paucis (XII, 48). N’y a-t-il pas aussi un souvenir de ce texte de saint Augustin : « Si non amas, time ne pereas… » ? De sancta virginitate, 38, apud Jansénius, Augustinus, de Grat. Chr. Salv., V, xxii.

↑ Cf. B., 336 ; C., 288 ; Faug., II, 343 ; Hav., XXV, 209 ; Mol., II, 32 ; Mich., 307.

↑ Mort mais en surcharge.

↑ Mort et en surcharge.

↑ Cf. l’Écrit de Mademoiselle Jacqueline Pascal sur le mystère de la mort de Notre Seigneur J. C. : « XXVIII.XXVIII. Je vois Jésus mort en trois lieux différents : à la croix, à la vue de tout le monde ; descendu de la croix au milieu de ses amis, et dans le tombeau dans une entière solitude ; et en ces trois lieux il est également mort. » (Faugère, Lettres et opuscules de la famille Pascal, 1845, p. 167).

↑ [Qu’à.]

↑ Cf. Faug., II, 338 ; Hav., XXV, 209, 112, 113, 114, 115 ; Mol., II, 27 ; II, 44 ; I, 98 ; II, 29 ; I, 117 ; II, 32 ; Mich., 248.

↑ Le Mystère de Jésus défie tout commentaire. Nulle part peut-être n’éclate d’une façon plus profondément touchante le caractère unique et incomparable du christianisme : la concentration autour d’une personne réelle des sentiments les plus élevés et les plus universels qu’il y ait dans le cœur de l’homme, l’esprit de renoncement et l’esprit de charité.

↑ [S’offre.]

↑ [L’agonie, la.]

↑ Jesus ergo, ut vidit eam plorantem, et Judæos, qui venerant cum ea, plorantes, infremuit spiritu, et turbavit seipsum (Joan., XI, 33).

↑ Soutenir : traduction littérale de la Vulgate : Tristis est anima mea usque ad mortem : sustinete hic et vigilate mecum. Matth., XXVI, 38. — Marc, XIV, 34.

↑ [Qu’ils ne.]

↑ [Assister.]

↑ [Qu’.]

↑ La fin du paragraphe en surcharge.

↑ [Est.]

↑ Et venit ad discipulos suos : et invenit eos dormientes, et dicit Petro : Sic non potuistis una hora vigilare mecum ? Vigilate, et orate ut non intretis in tentationem. Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma. Matth., XXVI, 40-41.

↑ Et venit iterum, et invenit eos dormientes ; erant enim oculi eorum gravati. Et relictis illis, iterum abiit, et oravit tertio, eumdem sermonem dicens. Matth., XXVI, 43-44.

↑ Surgite, eamus : ecce appropinquavit qui me tradet. Matth., XXVI, 46.

↑ XVIII, 2 : Jesus itaque sciens omnia, quæ ventura erant super eum processit, et dixit eis : Quam quæritis.

↑ [Dans saint Mathieu.]

↑ Encore en surcharge.

↑ Pater mi, si possibile est, transeat a me calix iste, verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Matth., XXVI, 39. — Pater mi, si non potest hic calix transire nisi bibam illum, fiat voluntas tua (ibid., 42, cf. 44).

↑ Les deux paragraphes suivants en surcharge.

↑ [Sa malice.]

↑ Dixitque illi Jesus : Amice, ad quid venisti ? Matth., XXVI, 50.

↑ La suite à la page 89 du manuscrit. — Et factus in agonia, prolixius orabat. Luc, XXII, 43.

↑ Cette réflexion, et la suivante qui, dans le manuscrit, se trouvent ainsi au milieu du Mystère de Jésus, ne semblent pourtant pas en faire partie intégrante ; peut-être étaient-elles déjà écrites au haut de la page 89, lorsque Pascal y écrivit la suite de ses méditations sur le mystère, ou bien ce seraient deux maximes, suggérées à Pascal par le mystère qu’il médite, et qu’il note en passant pour s’en faire l’application à lui-même.

↑ La Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies débute par ces mots : « Seigneur, dont l’esprit est si bon et si doux en toutes choses, et qui êtes tellement miséricordieux que non seulement les prospérités, mais les disgrâces mêmes qui arrivent à vos élus sont les effets de votre miséricorde. » Cf. Lettre à Mlle de Roannez (III, autrefois 5) : « L’essence du péché consistant à avoir une volonté opposée à celle que nous connaissons en Dieu, il est visible, ce me semble, que, quand il nous découvre sa volonté par les événements, ce serait un péché de ne s’y pas accommoder. »

↑ Cf. l’écrit sur la conversion du pécheur : « Il n’y a rien de plus aimable que Dieu… et il ne peut être ôté qu’à ceux qui le rejettent, puisque c’est le posséder que de le désirer, et que le refuser c’est le perdre. »

↑ « J’ai éprouvé la première, écrit à Pascal sa sœur Jacqueline au lendemain de la seconde conversion, que la santé dépend plus de Jésus-Christ que d’Hippocrate, et que le régime de l’âme guérit le corps si ce n’est que Dieu veuille nous éprouver et nous fortifier par nos infirmités. » (Lettre du 19 janvier 1655).(Lettre du 19 janvier 1655).

↑ [Vous.]

↑ « Jésus meurt tout nu. Cela m’apprend à me dépouiller de toutes choses. » C’est le 16e paragraphe16e paragraphe de l’Écrit de Jacqueline Pascal sur le mystère de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Il fut fait en conséquence d’un billet de chaque mois que la mère Agnès lui avait envoyé selon l’usage de Port-Royal (1651). » De ces pensées, qui furent conservées à Port-Royal et qu’on eut même un instant l’idée de joindre aux Pensées de Blaise Pascal, ce seul passage peut être comparé au Mystère de Jésus. Mais il était utile de les rappeler, car il est vraisemblable que le Mystère de Jésus a une origine analogue à celle des Méditations de Jacqueline.

↑ Page 99 du manuscrit.

↑ Gen., III, 5. Cf. fr. 500.

↑ [Grandes.]

↑ Cf. Faug., II, 328 ; Hav., XXV, 298 et 209 ; Mol., II, 33 ; Mich., 252.

↑ [Sed.] — Joan., XX, 17 : Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum.

↑ Cf. Faug., I, 233 ; Hav., XXV, 209, 7 et XXV, 209, 6 ; Mol., II, 33 ; Mich., 277.

↑ [Ils ne sont pas.]

↑ N’y a t-il pas un souvenir d’un passage de saint Augustin [in. Ps. 121] que cite Jansénius (de Natura lapsa, IV, 11) : « Qui sibi placet stulto homini placet quia stultus est ipse qui sibi placet. Solus securus placet qui Deo placet » ?

↑ « Propter Deum enim amat amicum qui Dei amorem amat in amico. » (Saint Augustin, contra Faustum, XX, 78, apud Jansénius, ibid., II, xvi.)

Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1921 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XIV, p. 1-30).

◄ Section VII Section IX ►

556 1

… Ils blasphèment ce qu’ils ignorent 2 . La religion chrétienne consiste en deux points 3 ; il importe également aux hommes de les connaître, et il est également dangereux de les ignorer ; et il est également de la miséricorde de Dieu d’avoir donné des marques des deux.

Et cependant ils prennent sujet de conclure qu’un de ces points n’est pas, de ce qui leur devrait faire conclure l’autre 4 . Les sages qui ont dit qu’il n’y a qu’un Dieu ont été persécutés, les Juifs haïs, les chrétiens encore plus. Ils ont vu par lumière naturelle que, s’il y a une véritable religion sur la terre, la conduite de toutes choses doit y tendre comme à son centre.

Toute la conduite des choses doit avoir pour objet l’établissement et la grandeur de la religion : les hommes doivent avoir en eux-mêmes des sentiments conformes à ce qu’elle nous enseigne 5 ; et enfin elle doit être tellement l’objet et le centre où toutes choses tendent, que qui en saura les principes puisse rendre raison et de toute la nature de l’homme en particulier, et de toute la conduite du monde en général.

Et sur ce fondement, ils prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne, parce qu’ils la connaissent mal. Ils s’imaginent qu’elle consiste simplement en l’adoration d’un Dieu considéré comme grand et puissant et éternel ; ce qui est proprement le déisme 6 , presque aussi éloigné de la religion chrétienne que l’athéisme, qui y est tout à fait contraire 7 ; et de là ils concluent que cette religion n’est pas véritable, parce qu’ils ne voient pas que toutes choses concourent à l’établissement de ce point, que Dieu ne se manifeste pas aux hommes avec toute l’évidence qu’il pourrait faire.

Mais qu’ils en concluent ce qu’ils voudront contre le déisme, ils n’en concluront rien contre la religion chrétienne, qui consiste proprement au mystère du Rédempteur, qui, unissant en lui les deux natures, humaine et divine, a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu en sa personne divine.

Elle enseigne donc ensemble aux hommes ces deux vérités : et qu’il y a un Dieu, dont les hommes sont capables, et qu’il y a une corruption dans la nature, qui les en rend indignes. Il importe également aux hommes de connaître l’un et l’autre de ces points ; et il est également dangereux à l’homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître le Rédempteur qui l’en peut guérir. Une seule de ces connaissances fait, ou la superbe des philosophes, qui ont connu Dieu et non leur misère, ou le désespoir des athées, qui connaissent leur misère sans Rédempteur 8 .

Et ainsi, comme il est également de la nécessité de l’homme de connaître ces deux points, il est aussi également de la miséricorde de Dieu de nous les avoir fait connaître. La religion chrétienne le fait, c’est en cela qu’elle consiste.

Qu’on examine l’ordre du monde sur cela, et qu’on voie si toutes choses ne tendent pas à l’établissement des deux chefs de cette religion 9 : Ceux qui s’égarent ne s’égarent que manque de voir une de ces deux choses. On peut donc bien connaître Dieu sans sa misère, et sa misère sans Dieu : mais on ne peut connaître Jésus-Christ sans connaître tout ensemble et Dieu et sa misère. Jésus-Christ est l’objet de tout, et le centre où tout tend. Qui le connaît connaît la raison de toutes choses.

Et c’est pourquoi je n’entreprendrai pas ici de prouver par des raisons naturelles, ou l’existence de Dieu, ou la Trinité, ou l’immortalité de l’âme ni aucune des choses de cette nature : non seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance, sans Jésus-Christ, est inutile et stérile 10 . Quand un homme serait persuadé que les proportions des nombres sont des vérités immatérielles, éternelles, et dépendantes d’une première vérité 11 en qui elles subsistent, et qu’on appelle Dieu, je ne le trouverais pas beaucoup avancé pour son salut.

Le Dieu des Chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l’ordre des éléments ; c’est la part des païens et des épicuriens. Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa 12 providence sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d’années à ceux qui l’adorent 13 ; c’est la portion des Juifs. Mais le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des Chrétiens 14 , est un Dieu d’amour et de consolation 15 , c’est un Dieu qui remplit l’âme et le cœur de ceux qu’il possède, c’est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie, qui s’unit au fond de leur âme, qui la remplit d’humilité, de joie, de confiance, d’amour, qui les rend incapables d’autre fin que de lui-même.

Tous ceux qui cherchent Dieu hors de Jésus-Christ, et qui s’arrêtent dans la nature, ou ils ne trouvent aucune lumière qui les satisfasse, ou ils arrivent à se former un moyen de connaître Dieu et de le servir sans médiateur, et par là ils tombent ou dans l’athéisme ou dans le déisme, qui sont deux choses que la religion chrétienne abhorre presque également.

Sans Jésus-Christ le monde ne subsisterait pas ; car il faudrait, ou qu’il fût détruit, ou qu’il fût comme un enfer.

Si le monde subsistait pour instruire l’homme de Dieu, sa divinité y reluirait de toutes parts d’une manière incontestable ; mais, comme il ne subsiste que par Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, et pour instruire les hommes et de leur corruption et de leur rédemption, tout y éclate des preuves de ces deux vérités.

Ce qui y paraît ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité, mais la présence d’un Dieu qui se cache. Tout porte ce caractère.

Le seul qui connaît la nature ne la connaîtra-t-il que pour être misérable 16 ? le seul qui la connaît sera-t-il le seul malheureux ?

Il ne faut pas 17 qu’il ne voie rien du tout ; il ne faut pas aussi qu’il en voie assez pour croire qu’il le possède ; mais qu’il en voie assez pour connaître qu’il l’a perdu ; car, pour connaître qu’on a perdu, il faut voir et ne voir pas ; et c’est précisément l’état où est la nature.

Quelque parti qu’il prenne, je ne l’y laisserai point en repos.

Première Copie 226]

557 18

… Il est donc vrai que tout instruit l’homme de sa condition, mais il le faut bien entendre : car il n’est pas vrai que tout découvre Dieu, et il n’est pas vrai que tout cache Dieu. Mais il est vrai tout ensemble qu’il se cache à ceux qui le tentent, et qu’il se découvre à ceux qui le cherchent 19 , parce que les hommes sont tout ensemble indignes de Dieu, et capables de Dieu : indignes par leur corruption, capables par leur première nature.

Première Copie 226]

558 20

Que conclurons-nous donc de toutes nos obscurités, sinon notre indignité ?

Première Copie 227]

559 21

S’il n’avait jamais rien paru de Dieu, cette privation éternelle serait équivoque, et pourrait aussi bien se rapporter à l’absence de toute divinité 22 , qu’à l’indignité où seraient les hommes de la connaître ; mais de ce qu’il paraît quelquefois, et non pas toujours, cela ôte l’équivoque. S’il paraît une fois, il est toujours ; et ainsi on n’en peut conclure sinon qu’il y a un Dieu, et que les hommes en sont indignes.

Première Copie 226]

560 24

Nous ne concevons ni l’état glorieux d’Adam, ni la nature de son péché, ni la transmission qui s’en est faite en nous ; ce sont choses qui se sont passées dans l’état d’une nature toute différente de la nôtre, et qui passent l’état de notre capacité présente 25 .

Tout cela nous est 26 inutile à savoir pour en sortir : et tout ce qu’il nous importe de connaître est que nous sommes misérables, corrompus, séparés de Dieu, mais rachetés par Jésus-Christ ; et c’est de quoi nous avons des preuves admirables sur la terre.

27 Ainsi les deux preuves de la corruption et de la rédemption se tirent des impies, qui vivent dans l’indifférence de la religion, et des Juifs, qui en sont les ennemis irréconciliables.

Première Copie 226]

560 bis 28

Ainsi, tout l’univers apprend à l’homme, ou qu’il est corrompu, ou qu’il est racheté ; tout lui apprend sa grandeur ou sa misère ; l’abandon de Dieu paraît dans les païens, la protection de Dieu paraît dans les Juifs.

19]

561 29

Il y a deux manières de persuader 30 les vérités de notre religion : l’une par la force de la raison, l’autre par l’autorité de celui qui parle 31 .

On ne se sert pas de la dernière, mais de la première 32 ; on ne dit pas : Il faut croire cela ; car l’Écriture, qui le dit, est divine — ; mais on dit qu’il le faut croire par telle et telle raison, qui sont de faibles arguments, la raison étant flexible à tout 33 .

443]

562 34

Il n’y a rien sur la terre qui ne montre, ou la misère de l’homme, ou la miséricorde de Dieu ; ou l’impuissance de l’homme sans Dieu, ou la puissance de l’homme avec Dieu.

277]

Tous les livres