Pensées (page 19)

Blaise Pascal · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg) · 34 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

588 bis 136 (suite)

↑ Math., XI, 6 : Et beatus est, qui non fuerit scandalizatus in me. Du rapprochement de ces textes Pascal conclut que le Christ sera à la fois et ne sera pas occasion de scandale : car il scandalisera les charnels, il sanctifiera les spirituels. Le Christ sera exactement la pierre d’épreuve pour le discernement des uns et des autres.

↑ « Quis sapiens, et intelliget ista ? intelligens, et sciet hæc ? quia rectæ viæ Domini et justi ambulabunt in eis : prævaricatores corruent in eis. » (XIV, 10.)

↑ Cf. B., 249 ; C., 465 ; Faug., II, 322 ; Mol., II, 16 ; Mich., 456.

↑ Cf. fr. 801 : « L’hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde », etc.

↑ Cf. fr. 758 : « Le temps a été prédit clairement et la manière en figures. »

↑ Cf. fr. 642 : « Que l’Écriture a deux sens que Jésus-Christ et les apôtres ont donnés ; dont voici les preuves », etc.

↑ Cf. fr. 618 : « que leur loi a double sens ; que durant 1600 ans, ils ont eu des gens qu’ils ont crus prophètes, qui ont prédit le temps et la manière ; que 400 ans après ils ont été épars partout, parce que Jésus-Christ devait être annoncé partout. » Voir aussi fr. 706.

↑ Cf. B., 465 ; C., 264 ; Faug., II, 263 ; Mol., II, 12 ; Mich., 834.

↑ Sed hunc scimus unde sit : Christus autem cum venerit, nemo scit unde sit.

↑ Respondit Jesus, et dixit… : Et ego si exaltatus fuero terra, omnia traham ad meipsum (Hoc autem dicebat, significans qua morte esset moriturus.) — Respondit ei turba : Nos audivimus ex lege, quia Christus manet in æternum : et quomodo tu dicis : oportet exaltari Filium hominis ? Quis est iste Filius hominis ?

↑ XII, 37-40 : Cum autem tanta signa fecisset coram eis, non credebant in eum… quia dixit Isaias (VI, 10). Excæcavit oculos eorum, ut non videant oculis, et non inteliigant corde.

↑ Cf. C., 472 ; Bos., II, xvii, 10 ; Faug., II, 19 ; Hav., XXIV, 10 ; Mol., I, 218 ; Mich., 929.

↑ Cf. B., 338 ; C., 290 ; P. R., XVIII, 10 ; Bos., II, xiii, 6 ; Faug., II, 205 ; Hav., XX, 6 ; Mol., I, 196 ; Mich., 344.

↑ Cf. B., 349 ; C., 303 ; Faug., II, 296 ; Mol., I, 311 ; Mich., 183.

↑ [Ordre.]

↑ [Les prophéties ayant prouvé la divinité.]

↑ [Prépare un miracle subsistant.]

↑ Cf. B., 255 ; C., 471 ; Faug., II, 157 ; Mich., 772.

↑ [Bassesse.]

↑ Cf. B., 119 ; C., 145 ; P. R., XVIII, 2, 17 et 18 ; XI, 2 ; Bos., II, xiii, 2 et 9, et II, viii, 18 ; Faug., II, 263 ; Hav., XX, 1 ; XX, 13 ; XXV, 158 et XV, 15 ; Mol., II, 13 ; I, 271 ; I, 324 ; I, 190 ; Mich., 145.

↑ [De clarté.]

↑ Parenthèse en marge. Comme l’a remarqué Havet, il faut lire : Saint Augustin dans l’essai de Montaigne sur Raymond Sebon : « Ce sainct m’a faict grand plaisir : Ipsa veritatis occultalio aut humililatis exercitatio est aut elationis attritio. » (Cité de Dieu, XI, 22.)

↑ [Si les évangélistes se sont contredits, c’est.] — Cf. fr. 743 : « Pourquoi le livre de Ruth conservé ? pourquoi l’histoire de Thamar ? » et la note.

↑ Les deux généalogies qui sont l’une au début de l’Évangile de saint Mathieu et l’autre au chapitre iii de saint Luc (23-38) rentrent dans « les discordances apparentes des Évangiles » (cf. fr. 768 et la note) que Pascal devait étudier et justifier en les rattachant au caractère fondamental du christianisme.

↑ Cf. B., 331 ; C., 282 ; Faug., II, 374 ; Hav., XXV, 194 ; Mol., I, 195 ; Mich., 345.

↑ Et les apôtres en surcharge. — L’addition paraît avoir été faite pour correspondre aux dernières lignes du paragraphe : l’Écriture est de Dieu, les prières sont rapportées aux apôtres.

↑ Dans la morale en surcharge.

↑ Cf. Bos., suppl., 10 ; Faug., II, 384 ; Hav., XXIV, 70 ; Mol., I, 294 ; Mich., 255.

↑ Cf. B., 118 ; C., 145 ; P. R., XVIII, 5 ; Bos., II, xiii, 3 ; Faug., II, 158 ; Hav., XX, 3 ; Mol., I, 319 ; Mich., 168.

↑ Dans l’Art de persuader, Pascal avait dit des vérités divines : « Dieu seul peut les mettre dans l’âme, et par la manière qu’il lui plaît. Je sais qu’il a voulu qu’elles entrent du cœur dans l’esprit, et non pas de l’esprit dans le cœur, pour humilier cette superbe puissance du raisonnement, qui prétend devoir être juge des choses que la volonté choisit, et pour guérir cette volonté infirme, qui s’est toute corrompue par ses sales attachements. »

↑ La Seconde copie écrit l’orgueil, sans doute pour se conformer au précepte de Balzac qui avait condamné expressément « la superbe pour l’orgueil » (Socrate chrétien, Discours X) ; mais Pascal aimait ce mot superbe qu’il avait employé perpétuellement dans l’Entretien avec M. de Saci et dans les Pensées. Port-Royal tranche la question en supprimant les trois derniers mots.

↑ Cf. Bos., II, xvii, 74 ; Faug., I, 231 ; Hav., XXIV, 63 bis et XXIV, 63 ter ; Mol., II, 57 et I, 320 ; Mich., 246.

↑ La vérité n’est pas pour Pascal un absolu, elle reflète seulement la volonté de Dieu, et elle doit être un moyen pour arriver à Dieu, pour nous unir à lui par l’amour. Supposez qu’on fasse de la vérité une fin, qu’on s’y arrête, sans chercher dans la vérité un point de départ et un appui pour la charité, on substitue à Dieu une fausse divinité, on tombe dans une sorte d’idolâtrie, on est dans la concupiscence de l’esprit, dans l’orgueil (Cf. Introd., p. cxxxi.)

↑ L’homme qui a renoncé à la vérité intellectuelle en abaissant son esprit devant la révélation divine est exposé lui aussi à une sorte d’idolâtrie, s’il fait de ce renoncement un absolu et si, désirant l’obscurité pour l’obscurité, il se détourne de la clarté. Par delà la vérité, par delà l’obscurité, il y a la personne vivante de Dieu, elle seule doit être l’objet de notre attachement.

↑ Cf. B., 391 ; C., 359 ; Faug., I, 223 ; Hav., XXV, 123 ; Mol., II, 115 ; Mich., 438.

↑ Nous conservons le mot du manuscrit. Peut-être faut-il l’entendre dans le sens de faibles, de tièdes ; ce qui d’ailleurs n’est qu’à moitié satisfaisant. Le fragment est de la main de Mme Périer, et il n’est pas sûr que malingres soit la vraie leçon. Havet a proposé de lire molinistes ; mais Pascal accorderait-il que les molinistes connaissent la vérité ? Tout au contraire il semble qu’il songe aux Nouveaux Thomistes, tel que le Jacobin de la Seconde provinciale qui « tempère la vérité de la grâce efficace par l’aveu, au moins apparent, d’une suffisante… Ne vous flattez point, lui est-il répondu, d’avoir sauvé la vérité ; si elle n’avait point eu d’autres protecteurs, elle serait périe en des mains si faibles. »

↑ Cf. C., 470 ; Bos., II, xvii, 6 ; Faug., II, 157 ; Hav., XXIV, 6 ; Mol., II, 43 ; Mich., 924.

↑ La phrase, très claire, est elliptique : assez de lumière pour qu’ils reviennent… mais aussi assez de lumière pour qu’ils soient punis.

↑ C’est là le dogme fondamental du jansénisme, opposé aux théories pélagiennes. L’homme n’est pas dans l’état de nature, indifférent au bien et au mal ; il est naturellement coupable ; la grâce est un miracle de la miséricorde divine, et le salut une exception au cours ordinaire des choses.

↑ Cf. B., 121 ; C., 148 ; P. R., XVIII, 20 t II, 7 ; Bos., II, iv, 5 t II, xiii, 10 ; Faug., II, 146 et II, 264 ; Hav., XI, 5 ; Mol., I, 318 ; Mich., 143.

↑ [Et que nous.]

↑ Isaïe XLV, 15. Cf. fr. 194, 242, 518.

↑ Cf. C., 439 ; P. R., XVIII, 6 ; Bos., II, xiii, 3 ; Faug., II, 155 ; Hav., XX, 3 bis ; Mol., I, 319 ; Mich., 916.

↑ Cf. fr. 418.

↑ Cf. B., 153 ; C., 183 ; Faug., II, 354 ; Hav., XXV, 185 ; Mol., I, 288 ; Mich., 879.

↑ Pascal avait d’abord écrit : si grande en miracles, si grande en science.

↑ Lecture douteuse. Les Copies et les éditeurs donnent Pères.

↑ Verbum enim crucis, sapientibus quidem stultitia est. Saint Paul, I. Cor., I, 18.

↑ Pascal a écrit point entre et et non.

↑ « Que nous presche la Vérité, quand… elle nous inculque si souvent que nostre sagesse n’est que folie devant Dieu ? » (Mont., Apol.)Apol.)

↑ Cf. B., 445 ; C., 242 ; Faug., II, 353 ; Hav., XXV, 50 ; Mol., I, 287 ; Mich., 813.

↑ [Pourquoi] notre religion est [elle ? pourquoi.]

↑ [Ne.]

↑ I. Cor. I, 17 : Non enim misit me Christus baptizare sed evangelizare : non in sapientia verbi, ut non evacuetur crux Christi.

↑ I. Cor., I, 22. Cf. fr. 842.

↑ Cf C., 469 ; Faug., II, 145 ; Mol., I, 322 ; Mich., 921.

↑ Cette ligne nous paraît être un titre ajouté par la Copie, plutôt qu’un fragment de Pascal.

Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1921 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XIV, p. 31-81).

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589 1

Sur ce que la religion chrétienne n’est pas 2 unique. — Tant s’en faut que ce soit une raison qui fasse croire qu’elle n’est pas la véritable, qu’au contraire, c’est ce qui fait voir qu’elle l’est 3 .

Première Copie 257]

590 4

Pour les religions, il faut être sincère : vrais païens vrais juifs, vrais chrétiens.

113]

592 7

Fausseté des autres religions. — 8 Ils n’ont point de témoins ; ceux-ci 9 en ont. Dieu défie les autres religions de produire de telles marques : Isaïe, xliii, 9 ; xliv, 8 10 .

159]

593 11

Histoire de la Chine 12 . — Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger.

[Lequel est le plus croyable des deux, Moïse ou la Chine ?]

Il n’est pas question de voir cela en gros ; je vous dis qu’il y a de quoi aveugler et de quoi éclairer.

Par ce mot seul, je ruine tous vos raisonnements. Mais la Chine obscurcit, dites-vous 13 , et je réponds : La Chine obscurcit, mais il y a clarté à trouver ; cherchez-la.

Ainsi tout ce que vous dites fait à 14 un des desseins, et rien contre l’autre. Ainsi cela sert, et ne nuit pas.

Il faut donc voir cela en détail ; il faut mettre papiers sur table.

Première Copie 257]

594 15

Contre l’histoire de la Chine. — Les historiens de Mexico, des cinq soleils, dont le dernier est il n’y a que huit cents ans 16 .

Différence d’un livre reçu d’un peuple, ou qui forme un peuple.

467]

595 17

Mahomet, sans autorité. Il faudrait donc que ses raisons fussent bien puissantes, n’ayant que leur propre force.

Que dit-il donc ? qu’il faut le croire 18 .

27]

20 Les psaumes chantés par toute la terre.

Qui rend témoignage de Mahomet ? Lui-même. Jésus-Christ veut que son témoignage ne soit rien 21 .

La qualité de témoins fait qu’il faut qu’ils soient toujours et partout, et, misérable, il est seul 22 .

457]

597 23

Contre Mahomet. — L’Alcoran n’est pas plus de Mahomet, que l’Évangile, de saint Mathieu, car il est cité de plusieurs auteurs de siècle en siècle ; les ennemis mêmes, Celse et Porphyre 24 , ne l’ont 25 jamais désavoué 26 .

27 L’Alcoran dit que saint Mathieu était homme de bien 28 . Donc 29 , il était faux prophète, ou en 30 appelant 31 gens de bien des méchants, ou en ne demeurant pas d’accord de ce qu’ils ont dit de Jésus Christ.

465]

598 32

Ce n’est pas par ce qu’il y a d’obscur dans Mahomet, et qu’on peut faire passer pour un sens mystérieux, que je veux qu’on en juge, mais par ce qu’il y a de clair, par son paradis 33 , et par le reste ; c’est en cela qu’il est ridicule ; et c’est pourquoi il n’est pas juste de prendre ses obscurités pour des mystères, vu que ses clartés sont ridicules 34 .

Il n’en est pas de même de l’Écriture. Je veux qu’il y ait des obscurités qui soient aussi bizarres que celles de Mahomet ; mais il y a des clartés admirables, et des prophéties manifestes et accomplies. La partie n’est donc pas égale. Il ne faut pas confondre et égaler les choses qui ne se ressemblent que par l’obscurité et non pas par la clarté, qui mérite qu’on révère les obscurités.

467]

599 35

Différence entre Jésus-Christ et Mahomet. — Mahomet, non prédit ; Jésus-Christ, prédit 36 .

Mahomet 37 , en tuant 38 ; Jésus-Christ, en faisant tuer les siens.

Mahomet, en défendant de lire 39 ; les apôtres, en ordonnant de lire 40 .

41 Enfin, cela est si contraire 42 , que, si Mahomet a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement ; et qu’au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ a bien pu réussir, il faut dire que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ devait périr.

*57]

600 43

Tout homme peut faire ce qu’a fait Mahomet ; car il n’a point fait de miracles 44 , il n’a point été prédit ; nul homme ne peut faire ce qu’a fait Jésus-Christ.

**55]

601 45

Fondement de notre foi 46 . — La religion païenne est sans fondement [aujourd’hui. On dit qu’autrefois elle en a eu par les oracles qui ont parlé. Mais quels sont les livres qui nous en assurent ? sont-ils si dignes de foi par la vertu de leurs auteurs ? sont-ils conservés avec tant de soin qu’on puisse s’assurer qu’ils ne sont point corrompus ?]

La religion mahométane a pour fondement l’Alcoran et Mahomet ; mais ce prophète, qui devait être la dernière attente du monde, a-t-il été prédit ? et quelle marque a-t-il que n’ait aussi tout homme qui se voudra dire prophète ? quels miracles dit-il lui-même avoir faits 47 ? quels mystères a-t-il enseignés, selon sa tradition même ? quelle morale et quelle félicité 48 ?

La religion juive doit être regardée différemment dans la tradition des livres saints et dans la tradition du peuple. La morale et la félicité en est ridicule dans la tradition du peuple ; mais elle est admirable dans celle de leurs Saints (et toute religion est de même : car la chrétienne est bien différente dans les Livres Saints et dans les casuistes) 49 . Le fondement en est admirable, c’est le plus ancien livre du monde et le plus authentique ; et, au lieu que Mahomet, pour faire subsister le sien, a défendu de le lire, Moïse, pour faire subsister le sien, a ordonné à tout le monde de le lire 50 .

Notre religion est si divine, qu’une autre religion divine n’en a que le fondement 51 .

27]

602 52

Ordre. — Voir ce qu’il y a de clair dans tout l’état des Juifs, et d’incontestable 53 .

7]

55 La seule science qui est contre le sens commun et la nature des hommes 56 , est la seule qui ait toujours subsisté parmi les hommes.

265]

605 57

La seule religion contre la nature, contre le sens commun, contre nos plaisirs, est la seule qui ait toujours été.

8]

606 58

Nulle religion que la nôtre n’a enseigné que l’homme naît en péché, nulle 59 secte de philosophes ne l’a dit : nulle n’a donc dit vrai.

Nulle secte ni religion n’a toujours été sur la terre, que la religion chrétienne.

151]

607 60

Qui jugera de la religion des Juifs par les grossiers 61 la connaîtra mal ; elle est visible dans les Saints Livres et dans la tradition des prophètes, qui ont assez fait entendre qu’ils n’entendaient pas la loi à la lettre. Ainsi notre religion est divine dans l’Évangile, les apôtres et la tradition ; mais elle est ridicule dans ceux qui la traitent mal.

62 Le Messie, selon les Juifs charnels, doit être un grand prince temporel. Jésus-Christ, selon les Chrétiens charnels, est venu nous dispenser d’aimer Dieu, et nous donner des sacrements qui opèrent tout sans nous. Ni l’un ni l’autre n’est la religion chrétienne, ni juive.

Les vrais Juifs et les vrais Chrétiens ont toujours attendu un Messie qui les ferait aimer Dieu, et, par cet amour, triompher de leurs ennemis 63 .

*255]

608 64

Les Juifs charnels 65 tiennent le milieu entre les Chrétiens et les païens. Les païens ne connaissent point Dieu, et n’aiment que la terre. Les Juifs connaissent le vrai Dieu, et n’aiment que la terre. Les Chrétiens connaissent le vrai Dieu, et n’aiment point la terre. Les Juifs et les païens aiment les mêmes biens. Les Juifs et les Chrétiens connaissent le même Dieu.

Les Juifs 66 étaient de deux sortes : les uns n’avaient que les affections païennes, les autres avaient les affections chrétiennes.

277]

609 67

Deux sortes d’hommes en chaque religion : parmi les païens, des adorateurs des bêtes, et les autres, adorateurs d’un seul Dieu dans la religion naturelle. Parmi les Juifs, les charnels, et les spirituels qui étaient les Chrétiens 68 de la loi ancienne. Parmi les Chrétiens, les grossiers qui sont les Juifs de la loi nouvelle.

Les Juifs charnels attendaient un Messie charnel, et les Chrétiens grossiers croient que le Messie les a dispensés d’aimer Dieu : les vrais Juifs et les vrais Chrétiens adorent un Messie qui leur fait aimer Dieu.

239]

610 69

70 Pour montrer que les vrais Juifs et les vrais Chrétiens n’ont qu’une même 71 religion. — La religion des Juifs 72 semblait consister essentiellement en la paternité d’Abraham, en la circoncision, aux sacrifices, aux cérémonies 73 , en l’arche, au temple 74 , en Hiérusalem, et enfin en la loi et en l’alliance de Moïse.

Je dis : qu’elle ne consistait en aucune de ces choses, mais seulement en l’amour de Dieu, et que Dieu réprouvait 75 toutes les autres choses.

Que Dieu n’acceptait point 76 la postérité d’Abraham 77 .

Que les Juifs seront punis de Dieu comme les étrangers, s’ils l’offensent. Deut., viii, 19 : « Si vous oubliez Dieu, et que vous suiviez des dieux étrangers, je vous prédis que vous périrez de la même manière que les nations que Dieu a exterminées devant vous 78 . »

Que les étrangers seront reçus de Dieu comme les Juifs, s’ils l’aiment. Is., lvi, 3 : « Que l’étranger ne dise pas : Le Seigneur ne me recevra pas 79 . — Les étrangers qui s’attachent à Dieu seront pour le servir et l’aimer : je les mènerai en ma sainte montagne, et recevrai d’eux des sacrifices, car ma maison est la maison d’oraison 80 . »

Que les vrais Juifs ne considéraient leur mérite que de Dieu, et non d’Abraham. Is., lxiii, 16 : « Vous êtes véritablement 81 notre père, et Abraham ne nous a pas connus, et Israël n’a pas eu de connaissance de nous ; mais c’est vous qui êtes notre père et notre rédempteur 82 . »

83 Moïse même leur a dit que Dieu n’accepterait pas les personnes. Deut., x, 17 : « Dieu, dit-il, n’accepte pas les personnes, ni les sacrifices » 84 .

85 Le sabbat n’était qu’un signe, Ex., xxxi, 13 86 ; et en mémoire de la sortie d’Égypte, Deut., v, 15 87 . Donc il n’est plus nécessaire, puisqu’il faut oublier l’Égypte.

La circoncision n’était qu’un signe, Gen., xvii, 11 88 . Et de là vient qu’étant dans le désert ils ne furent point circoncis, parce qu’ils ne pouvaient se confondre avec les autres peuples 89 ; et qu’après que Jésus-Christ est venu, elle n’est plus nécessaire.

Que la circoncision du cœur est 90 ordonnée. Deut., x, 16 ; Jérém., iv, 4 : « Soyez circoncis de cœur ; retranchez les superfluités de votre cœur, et 91 ne vous endurcissez plus ; car votre Dieu est un Dieu grand, puissant et terrible, qui n’accepte pas les personnes 92 . »

93 Que Dieu dit qu’il le ferait un jour. Deut., xxx, 6 : « Dieu te circoncira le cœur et à tes enfants, afin que tu 94 l’aimes de tout ton cœur 95 . »

Que les incirconcis de cœur seront jugés, Jér., ix, 26 : Car Dieu jugera les peuples incirconcis et tout le peuple d’Israël, parce qu’il est « incirconcis de cœur » 96 .

97 Que l’extérieur ne sert rien sans l’intérieur. Joel., ii, 13 : Scindite corda vestra 98 , etc. Is., lviii, 3, 4 99 , etc.

L’amour de Dieu est recommandé en tout le Deutéronome. Deut., xxx, 19 : « Je prends à témoin le ciel et la terre que j’ai mis devant vous la mort et la vie, afin que vous choisissiez la vie, et que vous aimiez Dieu et que vous lui obéissiez, car c’est Dieu qui est votre vie 100 . »

Que les Juifs 101 , manque de cet amour, seraient réprouvés pour leurs crimes, et les païens élus en leur place. Os., i, 10 102 ; Deut., xxxii, 20 : « Je me cacherai d’eux, dans la vue de leurs derniers crimes ; car c’est une nation méchante et infidèle. Ils m’ont provoqué à courroux par les choses qui ne sont point des dieux, et je les provoquerai à jalousie par un peuple qui n’est pas mon peuple, et par une nation sans science et sans intelligence 103 . » Is., LXV, 1 104 .

Que les biens temporels sont faux, et que le vrai bien est d’être uni à Dieu. Ps., cxliii, 15 105 .

Que leurs fêtes déplaisent à Dieu, Amos 106 , v, 21.

Que les sacrifices des Juifs déplaisent à Dieu. Is., lxvi, 1-3 ; i, 11 107 ; Jérém., vi, 20 108 . David, Miserere 109 . — Même de la part des bons, Exspectavi 110 . Ps., xlix, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14 111 .

Qu’il ne les a établis que pour leur dureté 112 . Michée, admirablement vi 113 . I.R. 114 xv, 22 ; Osée, vi, 6 115 .

Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu 116 , et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs. Malach., i, 11 117 .

118 Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Messie, et que l’ancienne sera rejetée. Jérém., xxxi, 31 119 .

Mandata non bona. Ézéch. 120 .

Que les anciennes choses seront oubliées. Is., xliii,

18 121 , 19 ; lxv, 17, 18 122 .

Qu’on ne se souviendra plus de l’arche. Jér., iii, 15, 16 123 .

Que le temple serait rejeté. Jér., vii, 12, 13, 14 124 .

Que les sacrifices seraient rejetés, et d’autres 125 sacrifices purs établis. Malach., i, 11.

126 Que l’ordre de la 127 sacrificature d’Aaron serait réprouvé, et celle de Melchisédech introduite par le Messie. Dixit Dominus 128 .

Que cette sacrificature serait éternelle. Ibid.

Que Hiérusalem serait réprouvée, et Rome admise. Dixit Dominus.

Que le nom des Juifs serait réprouvé et un nouveau nom donné. Is., lxv, 15 129 .

Que ce dernier nom serait 130 meilleur que celui de Juifs, et éternel. Is., lvi, 5 131 .

Que les Juifs devaient être sans prophètes (Amos), sans roi, sans princes, sans sacrifice, sans idole.

611 134

République. — La république chrétienne, et même judaïque, n’a eu que Dieu pour maître, comme remarque Philon juif, De la monarchie 135 .

Quand ils combattaient, ce n’était que pour Dieu ; [ils] 136 n’espéraient principalement que de Dieu 137 ; ils ne considéraient leurs villes que comme étant à Dieu, et les conservaient pour Dieu. I Paralip., xix, 13 138 .

39]

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