Pensées (page 20)
612 139
Gen., xvii, Statuant pactum meum inter 140 me et te fœdere sempiterno… ut sim Deus tuus…
Et tu ergo custodies pactum meum.
218]
613 141
Perpétuité 142 . — Cette religion, qui consiste 143 à croire que l’homme est déchu d’un état de gloire et de communication avec Dieu en un état de tristesse, de pénitence et d’éloignement de Dieu, mais qu’après cette vie nous serons rétablis par un Messie qui devait venir, a toujours été sur la terre. Toutes choses ont passé, et celle-là a subsisté, pour laquelle sont toutes choses.
Les hommes dans le premier âge du monde, ont été emportés dans toutes sortes de désordres, et il y avait cependant des saints, comme Énoch 144 , Lamech 145 et d’autres, qui attendaient en patience le Christ promis dès le commencement du monde. Noé a vu la malice des hommes au plus haut degré 146 ; et il a mérité 147 de sauver le monde en sa personne, par l’espérance du Messie 148 dont il a été la figure. Abraham 149 était environné d’idolâtres, quand Dieu lui a fait connaître le mystère du Messie, qu’il a salué de loin 150 . Au temps d’Isaac et de Jacob 151 , l’abomination était répandue sur toute la terre ; mais ces saints vivaient en la foi ; et Jacob, mourant et bénissant ses enfants, s’écrie, par un transport qui lui fait interrompre son discours : « J’attends, ô mon Dieu ! le Sauveur que vous avez promis : Salutare tuum exspectabo, Domine 152 . » Les Égyptiens étaient infectés et d’idolâtrie et de magie ; le peuple de Dieu même était entraîné par leurs exemples ; mais cependant Moïse et d’autres croyaient celui qu’ils ne voyaient pas, et l’adoraient en regardant aux dons éternels qu’il leur préparait 153 .
Les Grecs, et les Latins ensuite, ont fait régner les fausses déités ; les poètes ont fait 154 cent diverses théologies ; les philosophes se sont séparés en 155 mille sectes différentes ; et cependant il y avait toujours au cœur de la Judée des hommes choisis qui prédisaient la venue de ce Messie, qui n’était connu que d’eux.
Il est venu enfin en la consommation des temps ; et depuis, on a vu naître tant de schismes et d’hérésies, tant renverser d’États, tant de changements en toutes choses ; et cette Église, qui adore Celui qui a toujours été adoré, a subsisté 156 sans interruption. Et ce qui est admirable, incomparable et tout à fait divin, est que cette religion, qui a toujours duré, a toujours été combattue. Mille fois elle a été à la veille d’une destruction universelle ; et toutes les fois qu’elle a été en cet état, Dieu l’a relevée par des coups extraordinaires de sa puissance 157 . C’est ce qui est étonnant, et qu’elle s’est maintenue sans fléchir et ployer sous la volonté des tyrans. Car il n’est pas étrange qu’un État subsiste, lorsque l’on fait quelquefois céder ses lois à la nécessité, mais que… (Voyez le rond dans Montaigne 158 .)
283]
614 159
Les États périraient, si on ne 160 faisait ployer souvent les lois à la nécessité ; mais jamais la religion n’a souffert cela, et n’en a usé. Aussi il faut ces accommodements, ou des miracles. Il n’est pas étrange qu’on se conserve en ployant, et ce n’est pas proprement se maintenir ; et 161 encore périssent-ils enfin entièrement, il n’y en a point qui ait duré mille ans 162 . Mais que cette religion se soit toujours 163 maintenue, et inflexible, cela est divin.
41]
615 164
On a beau dire. Il faut avouer que la religion chrétienne a quelque chose d’étonnant. C’est parce que vous y êtes né, dira-t-on 165 . Tant s’en faut ; je me roidis contre, pour cette raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne ; mais, quoique j’y sois né, je ne laisse pas de le trouver ainsi.
**237]
616 166
Perpétuité. — 167 Le Messie a toujours été cru. La tradition d’Adam était encore nouvelle en Noé et en Moïse ; les prophètes l’ont prédit depuis, en prédisant toujours d’autres choses, dont les événements, qui arrivaient de temps en temps à la vue des hommes, marquaient la vérité 168 de leur mission, et par conséquent celle de leurs promesses touchant le Messie ; Jésus-Christ a fait des miracles, et les apôtres aussi, qui ont converti tous les païens ; et par là toutes les prophéties étant accomplies, le Messie est prouvé pour jamais.
77]
617 169
Perpétuité. — Qu’on considère que, depuis le commencement du monde 170 , l’attente ou l’adoration du Messie subsiste sans interruption ; qu’il s’est trouvé des hommes qui ont dit que Dieu leur avait révélé qu’il devait naître un Rédempteur qui sauverait son peuple ; qu’Abraham est venu ensuite dire qu’il 171 avait eu révélation qu’il naîtrait de lui par un fils qu’il aurait ; que Jacob a déclaré 172 que, de ses douze enfants, il naîtrait de Juda ; que Moïse et les prophètes sont venus ensuite déclarer le temps et la manière de sa venue ; qu’ils ont dit que la loi qu’ils avaient n’était qu’en attendant celle du Messie ; que jusque-là elle serait perpétuelle, mais que l’autre durerait éternellement ; qu’ainsi leur loi, ou celle du Messie, dont elle était la promesse, serait 173 toujours sur la terre ; qu’en effet elle a toujours duré ; qu’enfin 174 est venu Jésus-Christ dans toutes les circonstances prédites. Cela est admirable.
214]
618 175
Ceci est effectif. Pendant que tous les philosophes se séparent en différentes sectes, il se trouve en un coin du monde des gens qui 176 sont les plus anciens du monde, déclarant 177 que tout le monde est dans l’erreur, que 178 Dieu leur a révélé la vérité, qu’elle sera toujours sur la terre. En effet, toutes les autres sectes cessent, celle-là dure toujours 179 , et depuis 4 000 ans.
Ils déclarent qu’ils tiennent de leurs ancêtres que l’homme est déchu de la communication avec Dieu, dans un entier éloignement de Dieu, mais qu’il a promis de les racheter 180 ; que cette doctrine serait toujours sur la terre ; que leur loi a double sens ; que durant 1 600 ans, ils ont eu des 181 gens qu’ils ont crus prophètes, qui ont prédit le temps et la manière ; que 400 ans après ils ont été épars partout, parce que 182 Jésus-Christ devait être annoncé partout ; que Jésus-Christ est venu en la manière et au temps prédits ; que depuis les Juifs sont épars, partout en malédiction et subsistant néanmoins.
335]
619 183
Je vois la religion chrétienne fondée sur une religion précédente, et voici ce que je trouve d’effectif.
Je ne parle point ici des miracles de Moïse, de Jésus-Christ et des apôtres 184 , parce qu’ils ne paraissent pas d’abord convaincants, et que je ne veux que mettre ici en évidence tous les fondements de 185 cette religion chrétienne qui sont indubitables, et qui ne peuvent être mis en doute par quelque personne que ce soit. Il est certain que nous voyons en plusieurs endroits du monde un peuple particulier, séparé de tous les autres peuples du monde, qui s’appelle le peuple juif.
Je vois donc des foisons de religions en plusieurs endroits du monde et dans tous les temps, mais elles n’ont ni la morale qui peut me plaire, ni les preuves qui peuvent m’arrêter, et qu’ainsi j’aurais refusé également et la religion de Mahomet, et celle de la Chine, et celle des anciens Romains, et celle des Égyptiens, par cette seule raison que l’une n’ayant pas plus [de] 186 marques de vérité que l’autre, ni rien qui déterminât nécessairement 187 , la raison ne peut pencher plutôt vers l’une que vers l’autre.
188 Mais, en considérant ainsi 189 cette inconstante et bizarre variété de mœurs et de créances dans les divers temps, je trouve en un coin du monde 190 un peuple particulier, séparé de tous les autres peuples de la terre, le plus ancien 191 de tous, et dont les histoires précèdent de plusieurs siècles les plus anciennes que nous ayons.
Je trouve donc ce peuple grand et nombreux, sorti d’un seul homme, qui 192 adore un seul Dieu, et qui se 193 conduit par une loi 194 qu’ils disent tenir de sa main. Ils soutiennent qu’ils sont les seuls du monde auxquels Dieu a révélé ses mystères, que tous les hommes sont corrompus et dans la disgrâce de Dieu, qu’ils sont tous abandonnés à leurs sens et à leur propre esprit 195 , et que de là viennent les étranges égarements et les changements 196 continuels qui arrivent entre eux, et de religions, et de coutumes 197 , au lieu qu’ils demeurent inébranlables dans leur conduite, mais que Dieu ne laissera pas éternellement les 198 autres peuples dans ces ténèbres, qu’il viendra un libérateur pour tous 199 , qu’ils sont au monde pour l’annoncer aux hommes 200 , qu’ils sont formés exprès pour être les avant-coureurs et les hérauts de ce grand avènement, et pour 201 appeler tous les peuples à s’unir à eux dans l’attente de ce libérateur 202 .
203 La rencontre de ce peuple m’étonne, et me semble digne de l’attention. Je considère cette loi qu’ils se vantent de tenir de Dieu, et je la trouve admirable 204 . C’est la première loi de toutes, et 205 de telle sorte qu’avant même que le mot de loi fût en usage parmi les Grecs, il y avait près de mille ans qu’ils l’avaient reçue et observée sans interruption. Ainsi je trouve étrange que la première loi du monde 206 se rencontre aussi la plus parfaite, en sorte que 207 les plus grands législateurs en ont emprunté les leurs, comme il 208 paraît par la loi des Douze Tables d’Athènes 209 , qui fut ensuite prise par les Romains, et comme il [serait] aisé de le montrer, si Josèphe 210 et d’autres n’avaient assez traité cette matière.
297]
620 211
Avantages du peuple juif. — Dans cette recherche, le peuple juif attire d’abord mon attention par quantité de choses admirables et singulières qui y paraissent.
Je vois d’abord que c’est un peuple tout composé de frères, et, au lieu que tous les autres sont formés de l’assemblage d’une infinité de familles 212 , celui-ci, quoique si étrangement abondant 213 , est tout sorti d’un seul homme, et, étant ainsi tous une même chair, et membres les uns des autres, [ils] composent 214 un puissant État d’une seule famille. Cela est unique 215 .
216 Cette famille 217 , ou ce peuple, est le plus ancien qui soit en la connaissance des hommes ; ce qui me semble lui attirer une vénération particulière, et principalement dans la recherche que nous faisons, puisque 218 , si Dieu s’est de tout temps 219 communiqué aux hommes, c’est à ceux-ci qu’il faut recourir pour en savoir la tradition.
Ce peuple n’est pas seulement considérable par son antiquité ; mais il est encore singulier 220 en sa durée, qui a toujours continué depuis son origine jusqu’à maintenant. Car au lieu que les peuples de 221 Grèce et d’Italie, de Lacédémone, d’Athènes, de Rome, et les autres qui 222 sont venus si longtemps après, soient péris il y a si longtemps, ceux-ci subsistent toujours 223 , et, malgré 224 les entreprises 225 de tant de puissants rois qui ont cent fois essayé de les faire périr, comme leurs historiens le témoignent, et comme il est aisé de le juger par l’ordre naturel 226 des choses, pendant un si long espace d’années, ils ont toujours été conservés néanmoins (et cette conservation a été prédite 227 ) ; et 228 s’étendant depuis les premiers temps jusques aux derniers, leur histoire enferme dans sa durée 229 celle de toutes nos histoires [qu’elle devance de bien longtemps].
La loi par laquelle ce peuple est gouverné est tout ensemble la plus ancienne loi du monde, la plus parfaite, et la seule qui ait toujours été gardée sans interruption dans un État. C’est ce que Josèphe montre admirablement contre Apion, et Philon Juif 230 , en divers lieux, où ils font voir qu’elle est si ancienne, que le nom même de loi n’a été connu des plus anciens que 231 plus de mille ans après ; en sorte qu’Homère 232 , qui a écrit de l’histoire de tant d’États 233 , ne s’en est jamais servi 234 . Et il est aisé de juger de sa perfection 235 par la simple lecture, où l’on voit qu’on a pourvu à toutes choses avec tant de 236 sagesse, tant d’équité, tant de jugement, que les plus anciens législateurs grecs et romains 237 , en ayant eu quelque lumière, en ont emprunté leurs principales lois ; ce qui paraît par celle qu’ils appellent des Douzes Tables 238 , et par les autres preuves que 239 Josèphe en donne.
Mais 240 cette loi est en même temps la plus sévère et la plus rigoureuse de toutes 241 , en ce qui regarde le culte de leur religion, obligeant ce peuple 242 , pour le retenir dans son devoir, à mille observations 243 particulières et pénibles, sous peine de la vie, de sorte que c’est une chose bien étonnante 244 qu’elle 245 se soit toujours conservée si constamment durant tant de siècles 246 par un peuple rebelle et impatient 247 comme celui-ci, pendant que tous les autres États ont changé de temps en temps leurs lois, quoique tout autrement faciles 248 .
Le livre qui contient cette loi, la première de toutes, est lui-même le plus ancien livre du monde, ceux d’Homère, d’Hésiode et les autres, n’étant que six ou sept cents ans depuis.
Première Copie 222]
621 249
La création et le déluge étant passés, et Dieu ne devant plus détruire le monde, non plus que le recréer, ni donner de ces grandes marques de lui, il commença d’établir un peuple sur la terre, formé exprès, qui devait durer jusqu’au peuple que le Messie formerait par son esprit.
Première Copie 256]
622 250
La création du monde commençant à s’éloigner, Dieu a pourvu d’un historien unique contemporain 251 , et a commis tout un peuple pour la garde de ce livre, afin que cette histoire fût la plus authentique du monde, et que tous les hommes pussent apprendre par là une chose si nécessaire à savoir, et qu’on ne pût la savoir que par là.
19]
623 252
[Japhet commence la généalogie] 253 .
Joseph croise ses bras et préfère le jeune 254 .
491]
624 255
Pourquoi Moïse va-t-il faire la vie des hommes si longue, et si peu de générations ?
Car ce n’est pas la longueur des années, mais la multitude des générations qui rendent les choses obscures ; car la vérité ne s’altère que par le changement des hommes. Et cependant il met deux choses, les plus mémorables qui se soient jamais imaginées, savoir la création et le déluge, si proches, qu’on y touche 256 .
**489]
625 257
Sem, qui 258 a vu Lamech, qui a vu Adam, a vu aussi Jacob 259 , qui a vu ceux qui ont vu Moïse ; donc le déluge et la création sont vrais 260 . Cela conclut entre de certaines gens qui l’entendent bien.
*491]
262 Autre rond. — La longueur de la vie des patriarches, au lieu de faire que les histoires des choses passées se perdissent, servait au contraire à les conserver ; car ce qui fait que l’on n’est pas quelquefois assez instruit dans l’histoire de ses ancêtres, est que l’on n’a jamais guère vécu avec eux, et qu’ils sont morts souvent devant que l’on eût atteint l’âge de raison. Or, lorsque les hommes vivaient si longtemps, les enfants vivaient longtemps avec leurs pères ; ils les entretenaient longtemps. Or, de quoi les eussent-ils entretenus, sinon de l’histoire de leurs ancêtres, puisque toute l’histoire était réduite à celle-là, qu’ils n’avaient point d’études, ni de sciences 263 , ni d’arts, qui occupent une grande partie des discours de la vie ? Aussi l’on voit qu’en ce temps les peuples avaient un soin particulier de conserver leurs généalogies.
225]
627 264
Je crois que Josué a le premier du peuple de Dieu 265 ce nom 266 , comme Jésus-Christ le dernier du peuple de Dieu.
Première Copie 225]
628 267
Antiquité des Juifs. — Qu’il y a de différence d’un livre à un autre ! Je ne m’étonne pas de ce que les Grecs ont fait l’Iliade, ni les Égyptiens et les Chinois leurs histoires.
Il ne faut que voir comment cela est né. Ces historiens fabuleux ne sont pas contemporains des choses dont ils écrivent. Homère fait un roman, qu’il donne pour tel et qui est reçu pour tel ; [car personne ne doutait que Troie et Agamemnon n’avaient non plus été que la pomme d’or]. Il ne pensait pas aussi à en faire une histoire, mais seulement un divertissement ; il est le seul qui écrit 268 de son temps, la beauté de l’ouvrage fait durer la chose : tout le monde l’apprend et en parle : il la faut savoir, chacun la sait par cœur. Quatre cents ans après, les témoins des choses ne sont plus vivants ; personne ne sait plus par sa connaissance si c’est une fable ou une histoire : on l’a seulement appris de ses ancêtres, cela peut passer pour vrai.
Toute histoire qui n’est pas contemporaine est suspecte ; ainsi les livres des sibylles et de Trismégiste 269 , et tant d’autres qui ont eu crédit au monde, sont faux et se trouvent faux à la suite des temps. Il n’en est pas ainsi des auteurs contemporains 270 .
Il y a bien de la différence entre un livre que fait un particulier et qu’il jette dans le peuple, et un livre que 271 fait lui-même un peuple. On ne peut douter que le livre ne soit aussi ancien que le peuple.
491]
629 272
Josèphe cache la honte de sa nation.
Moïse ne cache pas sa honte propre.
Quis mihi det ut omnes prophetent 273 ?
Il était las du peuple.
277]
630 274
La sincérité des juifs. — Depuis qu’ils n’ont plus eu de prophètes, Machabées ; depuis Jésus-Christ, Massor 275 .
« Ce livre vous sera en témoignage 276 . »
Les lettres défectueuses et finales 277 .
278 Sincères contre leur honneur, et mourant pour cela ; cela n’a point d’exemple dans le monde, ni sa racine dans la nature.
333]
631 279
Sincérité des juifs. — Ils portent avec amour et fidélité ce livre où Moïse déclare qu’ils ont été ingrats 280 envers Dieu toute leur vie, qu’il sait qu’ils le seront encore plus après sa mort ; mais qu’il appelle le ciel et la terre à témoin contre eux, et qu’il le 281 leur a [enseigné] assez.
Il déclare qu’enfin Dieu, s’irritant contre eux, les dispersera parmi tous les peuples de la terre ; que, comme ils l’ont irrité en adorant les dieux qui n’étaient point leur Dieu, de même il les provoquera en appelant un peuple qui n’est point son peuple ; et veut que toutes ses paroles soient conservées éternellement 282 , et que son livre soit [mis] dans l’arche de l’alliance pour servir à jamais 283 de témoin contre eux 284 .
Isaïe dit la même chose, xxx.
**247]
632 285
Sur Esdras. — Fable : les livres ont été brûlés avec le temple. Faux par les Machabées : Jérémie leur donna la loi 286 .
Fable qu’il récita tout par cœur. Josèphe 287 et Esdras 288 marquent qu’il lut le livre. Baron., Ann., 180 289 : Nullus penitus Hebrœorum antiquorum reperitur qui tradiderit libros perisse et per Esdram esse restitutos, nisi in IV Esdræ 290 .
Fable qu’il changea les lettres : Philo, in vita Moysis 291 : Illa lingua ac character quo antiquitas scripta est lex sic permansit usque ad lxx. Josèphe dit que la loi était en hébreu quand elle fut traduite par les Septante 292 .
Sous Antiochus et Vespasien 293 , où l’on a voulu abolir les livres, et où il n’y avait 294 pas de prophète, on ne l’a pu faire ; et sous les Babyloniens, où nulle persécution n’a été faite, et où il y avait tant de prophètes, l’auraient-ils laissé brûler ? Josèphe se moque des 295 Juifs qui ne souffriraient… 296 .
Tertull. 297 : Perinde potuit abolefactam eam violentia cataclysmi in spiritu rursus reformare, quemadmodum et Hierosolymis Babylonia expugnatione deletis, omne instrumentant judaicæe litteraturæ per Esdram constat restauratum. Il dit que Noé a pu aussi bien rétablir en esprit le livre d’Énoch, perdu par le déluge, qu’Esdras a pu rétablir les Écritures perdues durant la captivité.
298 Θεός ἐν τῇ ἐπὶ Ναβουχοδόνοσορ αἰχμαλωσίᾳ τοῦ λαοῦ,
διαφθαρεισῶν τῶν γραφῶν, ἐνέπνευσε Ἔσδρᾳ τῷ ἱερεῖ ἐκ τῆς φυλῆς Λευὶ τοῦς τῶν προγεγονότων προφητῶν πάντας ἀνατάξασθαι λόγους, καὶ ἀποκαταστῆσαι τῷ λαῷ τὴν διὰ Μωυσέως νομοθησίαν. Il allègue cela pour prouver qu’il n’est pas incroyable que les Septante aient expliqué les Écritures saintes avec cette uniformité que l’on admire en eux. Eusèbe, liv. V, Hist. ch. 8 ; et il a pris cela dans saint Irénée 299 .
Saint Hilaire, dans la préface sur les Psaumes 300 , dit qu’ 301 Esdras mit les Psaumes en ordre. L’origine de cette tradition vient du xive chapitre du IVe livre d’Esdras 302 .
303 Deus glorificatus est, et Scripturæ veræ divinæ creditæ sunt, omnibus eamdem et eisdem verbis et eisdem nominibus recitantibus ab initio usque ad finem, uti et præsentes gentes cognoscerent quoniam per inspirationem Dei interpretatæ sunt Scripturæ, et non esset mirabile Deum hoc in eis operatum : quando in ea captivitate populi quæ facta est a Nabuchodonosor, corruptis Scripturis et post 70 annos Judæis descendentibus in regionem suam, et post deinde temporibus Artaxercis Persarum regis, inspiravit Esdræ sacerdoti tribus Levi præteritorum prophetarum omnes rememorare sermones, et restituere populo eam legem quæ data est per Moysen.
**163]
633 304
Contre la fable d’Esdras, II Mach., ii 305 . — Josèphe, Ant., ii, 1 : Cyrus prit sujet de la prophétie d’Isaïe de relâcher le peuple, les Juifs avaient des possessions paisibles sous Cyrus en Babylone, donc ils pouvaient bien avoir la loi, IV Rois, xvii, 27 306 .
Josèphe, en toute l’histoire d’Esdras, ne dit pas un mot de ce 307 rétablissement.
*411]
634 308
Si 309 la fable d’Esdras est 310 croyable, donc il faut croire que 311 l’Écriture est Écriture Sainte ; car 312 cette fable n’est fondée que sur l’autorité de ceux qui disent celle des Septante, qui montre que l’Écriture est sainte.
Donc, si ce conte est vrai, nous avons notre compte par là ; sinon, nous l’avons d’ailleurs. Et ainsi ceux qui voudraient ruiner la vérité de notre religion, fondée sur Moïse, l’établissent par la 313 même autorité par où ils l’attaquent. Ainsi, par cette providence, elle subsiste toujours.
202]
635 314
Chronologie du Rabbinisme. (Les citations des pages sont du livre Pugio 315 .)
Page 27, R. Hakadosch (an 200), auteur du Mischna, ou loi vocale, ou seconde loi 316 .
Commentaires de Mischna (an 340) :
l’un Siphra 317 .
318 Barajetot.
Talmud Hyerosol 319 . Tosiphtot.
Bereschit Rabah, par R. Osaia Rabah 320 , commentaire du Mischna.
Bereschit Rabah 321 , Bar Nachmoni, sont des discours subtils, agréables, historiques et théologiques 322 . Ce même auteur a fait des livres appelés Rabot.
Cent ans après le Talmud Hierosol. fut fait le Talmud babylonique, par R. Ase 323 , (440), par le consentement universel de tous les Juifs, qui sont nécessairement obligés d’observer tout ce qui y est contenu. L’addition de R. Ase s’appelle Gemara, c’est-à-dire le commentaire du Mischna.
Et le Talmud comprend ensemble le Mischna et le Gemara 324 .
394]
636 325
Si ne marque pas l’indifférence : Malachie 326 , Isaïe. Is., Si volumus 327 , etc.
In quacumque die 328 .
265]