Pensées (page 23)
689 266
Moïse (Deut. xxx) 267 promet que Dieu circoncira leur cœur pour les rendre capables de l’aimer.
247]
690 268
Un mot de David, ou de Moïse, comme que Dieu circoncira les cœurs 269 , fait juger de leur esprit. Que tous leurs autres discours soient équivoques, et douteux d’être 270 philosophes ou chrétiens, enfin un mot de cette nature détermine tous les autres, comme un mot d’Épictète détermine tout le reste au contraire. Jusque-là l’ambiguïté dure, et non pas après 271 .
31]
691 272
De deux personnes qui disent de sots contes, l’un qui a double sens 273 entendu dans la cabale, l’autre qui n’a qu’un sens, si quelqu’un, n’étant pas du secret, entend discourir les deux 274 en cette sorte, il en fera même jugement. Mais si ensuite, dans le reste du discours, l’un dit des choses angéliques, et l’autre toujours des choses plates et communes, il jugera que l’un parlait avec mystère, et non pas l’autre : l’un ayant assez montré qu’il est incapable de telle sottise 275 , et capable d’être mystérieux ; l’autre, qu’il est incapable de mystère, et capable de sottise.
Le Vieux Testament est un chiffre 276 .
33]
692 277
Il y en a qui voient bien qu’il n’y a pas d’autre ennemi de l’homme que la concupiscence, qui le détourne de Dieu, et non pas Dieu 278 ; ni d’autre bien que Dieu, et non pas une terre grasse. Ceux qui croient que le bien de l’homme est en la chair, et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu’[ils] s’en [soûlent], et qu’[ils] y [meurent] 279 . Mais ceux qui cherchent Dieu de tout leur cœur, qui 280 n’ont de déplaisir que d’être privés de sa vue, qui n’ont de désir que pour le posséder, et d’ennemis que ceux qui les en détournent, qui s’affligent de se voir environnés et dominés de tels ennemis ; qu’ils se consolent, je leur annonce une heureuse nouvelle : il y a un libérateur pour eux, je le leur ferai voir, je leur montrerai qu’il y a un Dieu pour eux ; je ne le ferai pas voir aux autres. Je ferai voir qu’un Messie a été promis, qui délivrerait des ennemis ; et qu’il en est venu un pour délivrer des iniquités, mais non des ennemis 281 .
Quand David prédit que le Messie délivrera son peuple de ses ennemis, on peut croire charnellement que ce sera des Égyptiens 282 , et alors je ne saurais montrer que la prophétie soit accomplie. Mais on peut bien croire aussi que ce sera des iniquités, car, dans la vérité 283 , les Égyptiens ne sont pas ennemis, mais les iniquités le sont 284 . Ce mot d’ennemis est donc équivoque. Mais s’il dit ailleurs, comme il fait, qu’il délivrera son peuple de ses péchés 285 , aussi bien qu’Isaïe 286 et les autres, l’équivoque est ôtée, et le sens double des ennemis réduit au sens simple d’iniquités 287 . Car s’il avait dans l’esprit les péchés, il les pouvait bien dénoter par ennemis ; mais s’il pensait aux ennemis, il ne les pouvait pas désigner par iniquités 288 .
Or, Moïse, et David et Isaïe 289 usaient des mêmes termes. Qui dira donc qu’ils n’avaient pas même sens, et que le sens de David qui est manifestement d’iniquités lorsqu’il parlait d’ennemis, ne fût pas le même que [celui de] 290 Moïse en parlant d’ennemis ?
Daniel (ix) prie pour la délivrance du peuple de la captivité de leurs ennemis ; mais il pensait aux péchés, et pour le montrer il dit que Gabriel lui vint dire qu’il était exaucé, et qu’il n’y avait plus que soixante-dix semaines à attendre, après quoi le peuple serait délivré d’iniquité, le péché prendrait fin, et le libérateur, le Saint des saints, amènerait la justice éternelle, non la légale, mais l’éternelle 291 .
↑ Cf. B., 138 ; C., 165 ; P. R., XIII, 1 ; Bos., II, ix, 5 ; Faug., II, 363 ; Hav., XVI, 4 ; XXV, 186 ; Mol., I, 242 ; Mich., 105.
↑ Fragment dicté à un domestique inexpérimenté qui écrit en vain pour Rabbins, profissies pour prophéties, cabane pour cabale. — Jansénius cite dans l’Augustinus (de Grat. Christ. Salv., III, 8) : illud tam celebre sancti Doctoris pronuntiatum : In veteri Testamento est occultatio novi, in novo manifestatio veteris (ap. saint Augustin, De catechis. rudibus, ch. iv).
↑ « Il y a deux sens parfaits, le littéral et le mystique » (Lettres à Mlle de Roannez, IV olim 2).IV olim 2).
↑ Cf. Pugio Fidei, p. 599 : « In prophetis autem probatione non opus est, cum omnes libri ipsorum loquantur de hac re [du Messie] Haec Maimonides. »
↑ De Moïse Maymon à la fin du paragraphe, addition de la main de Pascal.
↑ Dans sa préface au Pugio Fidei, ch. 17, Joseph de Voisin donne de la Cabale une définition à laquelle Pascal se réfère sans doute : « On s’y sert habituellement des propriétés diverses et secrètes des nombres, comme c’est l’usage dans la philosophie platonicienne. Quoique le Talmud tout entier soit appelé Cabale, cette partie est par excellence la Cabale dont les dix Séphirot (ou attributs de Dieu), forment les principes et les fondements essentiels ».
↑ Le reste du paragraphe ajouté ultérieurement.
↑ Cf. fr. 678.
↑ Cf. B., 139 ; C., 167 ; P. R., X, 1 et ult., XII, 5, XVIII, 9 ; Bos., II, viii, 2 et II, ix, 3 ; Faug., II, 245 ; Hav., V, 2 ; Mol., I, 248 ; Mich., 104.
↑ Paroles de Jésus au paralytique (Marc, II, 10) que Pascal rapproche du passage d’Isaïe (verset 10) relatif au passage de la mer Rouge : Consurge, consurge… consurge sicut in diebus antiquis numquid non tu siccasti mare… Et nunc qui redempti sunt a Domino, revertentur. Pascal explique au fragment 675 le rapport de ces deux textes.
↑ Cf. fr. 521 et 532, Sect. VIII.
↑ Cf. Lettres à Mademoiselle de Roannez, IV olim 2.
↑ Et de… Abraham, en surcharge.
↑ Elle-même en surcharge.
↑ Le manuscrit donne la grâce ; il est clair que Pascal a voulu écrire la gloire.
↑ La loi figure dans l’ordre charnel ce qu’est la grâce dans l’ordre spirituel ; mais la grâce elle-même n’est qu’un état préparatoire à la gloire ; elle en est la figure, car la grâce est déjà la délectation victorieuse, mais c’est la victoire militante sur la nature, image de la victoire pacifique en Dieu. Toutefois il n’y a pas seulement entre la grâce et la gloire rapport de figuratif à figuré, comme entre la loi et la grâce, il y a rapport de cause à effet. La loi ne donne pas la grâce ; la grâce donne la gloire.
↑ [Commune] est.
↑ [Spirituels.]
↑ Cf. B., 193 ; C., 3 ; P. R., II, 8 ; Bos., II, iv, 5 ; Faug., II, 244 ; Hav., XI, 5 ter ; Mol., I, 260 ; Mich., 214.
↑ [Faire paraître qu’il avait le pouvoir de.]
↑ [En attendant.]
↑ Lorsque les hommes étaient si proches : la phrase intermédiaire a été ajoutée postérieurement en marge.
↑ [Ayant.]
↑ [Ne pouvait que.]
↑ Gen., III, 15.
↑ [Proches.]
↑ Gen., VI.
↑ Réflexion ajoutée, et inachevée.
↑ [Commençant.]
↑ Gen., XIII.
↑ [Ceux qui avaient vu Sem vivaient] encore.
↑ Exode, II. — L’histoire du peuple juif, telle qu’elle a été exposée dans les fragments de la section précédente, est ici interprétée par rapport au but de Dieu. Le peuple juif est le dépositaire des prophéties ; à chaque génération la foi en ces prophéties est renouvelée et fortifiée par quelque témoignage visible de la puissance et de la sollicitude de Dieu.
↑ Cf. B., 120 ; C., 146 ; P. R., X, 2 ; Bos., II, viii, 3 ; Faug., II, 251 ; Hav., XV, 3 ; Mol., I, 261 ; Mich., 153.
↑ [A donné.]
↑ Cf. B., 339 ; C., 292 ; P. R., XII, 4 ; Bos., II, ix, 4 ; Faug., II, 253 ; Hav., XVI, 3 ; Mol., I, 273 ; Mich., 291.
↑ Cf. Faug., II, 246 ; Hav., XVI, 8 bis ; Mol., I, 272 ; Mich., 73.
↑ Voir Jansénius : Sur « l’état figuratif de l’Ancien Testament » (Augustinus, De Gratia Christi Salvatoris, III, viii). — La doctrine des figures chez Pascal n’est donc pas, comme on l’a dit, un retour aux doctrines des docteurs du moyen âge et une simple imitation du Pugio Fidei ; elle est conforme à la théologie du jansénisme ; cf. la Bible de Royaumont (Voir l’Introduction, p. xcii).
↑ Cf. B., 125 ; C., 152 ; Faug., II, 247 ; Hav., XXV, 152 ; Mol., I, 243 ; Mich., 78.
↑ [Interpréter.]
↑ La première est celle des Juifs charnels, la seconde celle des Apocalyptiques imaginaires.
↑ Cf. B., 126 ; C., 152 ; Faug., II, 254 ; Hav., XXV, 111 bis ; Mol., I, 256 ; Mich., 29.
↑ Cf. B., 109 ; C., 134 ; P. R., XII, 1 ; Bos., II, x, 1 ; Faug., II, 248 ; Hav., XVI, 1 ; Mol., I, 256 et I, 243 ; Mich., 811.
↑ Claires et… d’autres surcharge.
↑ [Mais.] — Port-Royal a reculé devant la hardiesse familière de l’expression ; il fait dire à Pascal qui semblent moins naturelles.
↑ Les Apocalyptiques sont, comme dit Port-Royal « ceux qui fondent des prophéties sur l’Apocalypse, qu’ils expliquent à leur fantaisie ». Il s’agit en particulier du verset 4 du ch. xx : qui non adoraverunt bestiam… et vixerunt, d’où l’on concluait que la fin du monde et la résurrection devaient se produire après une période de mille ans : regnaverunt cum Christo mille annis, etc. D’où le rapprochement des Apocalyptiques et des Millénaires dans le titre du fr. 651.
↑ La suite du paragraphe en surcharge.
↑ Quand elles sont divines, surcharge.
↑ Cf. fr. 598.
↑ Ce dernier paragraphe, en marge, a été barré.
↑ Cf. fr. 678.
↑ Cf. B., 340 ; C., 293 ; Faug., II, 265 ; Hav., XXV, 159 ; Mol., I, 257 ; Mich., 303.
↑ Les Apocalyptiques et les Millénaires se confondent parfois (voir la note du fragment précédent) ; peut-être Pascal distingue-t-il des Apocalyptiques chrétiens les Millénaires juifs qui interprétaient le récit de la Genèse d’après ce texte des Psaumes : quoniam mille anni ante oculos tuos tanquam dies hesterna quæ præterit (XC, 4) et prédisaient six mille ans de combat suivis d’un Sabbat millénaire. Les Préadamites constituent une allusion toute d’actualité au livre d’un protestant Isaac de Lapeyrère : Præadamitæ, sive exercitatio super versibus 12, 13, 14, capitis V, epistolæ divi Pauli ad Romanos quibus inducuntur primi homines ante Adamum conditi (1655).
↑ [Trouver] des [sens.]
↑ Matth., XXIV, 34 : Amen dico vobis, quia non præteribit generatio hæc : donec omnia hæc fiant.
↑ [En.]
↑ Au ch. xiv du livre Ier : Salomon y est représenté rassemblant des chars et des cavaliers qu’il place : in urbibus quadrigarum et cum rege in Jerusalem.
↑ Cf. B., 173 ; C., 207 ; Faug., II, 254 ; Hav., XVI, 8 ter ; Mol., I, 273 ; Mich., 27.
↑ Cf. B., 125 ; C., 151 ; Faug., II, 247 ; Hav., XXV, 152 ; Mol., I, 243 ; Mich., 79.
↑ Il s’agit des trois enfants que Nabuchodonosor jeta dans la fournaise, pour n’avoir pas adoré sa statue. Daniel dit que leurs cheveux ne furent pas brûlés, que leurs ceintures (sarabala) ne furent pas touchées, et que l’odeur du feu ne les avait pas traversés (III, 94). Leurs liens seuls avaient été brûlés. Voici comment la Bible de Royaumont interprète ce récit : « Les Saints Pères remarquent que ces jeunes hommes, dans la fournaise, sont l’image des saints dans l’affliction. Le feu ne brûle que les liens, l’affliction de même ne consume que ce qu’il y a de faible et de moins pur dans les serviteurs de Dieu. Un ange descend avec eux dans la fournaise ; Dieu est lui-même dans le cœur de ceux qui souffrent pour lui. Et comme le feu du Ciel devient une rosée pour les saints, et ne consume que ceux qui les y avoient jetés, ainsi les maux des Justes les consolent et les sanctifient, et ne retombent que sur ceux qui les font souffrir. Mais ces punitions autrefois étaient extérieures et visibles, au lieu que maintenant elles sont intérieures et invisibles. »
↑ Cf. Faug., II, 371 ; Hav., XXV, 188 ; Mol., I, 247 ; Mich., 743.
↑ Allusion à un texte de saint Luc : Cum facis prandium aut cœnam, XIV, 12.
↑ Référence à la dernière Homélie super Missus (c’est-à-dire sur le texte de saint Luc, I, 26 : missus ad Angelus Gabriel, etc.) : « Si quidem apud Deum nec Verbum dissidet ab intentione, quia veritas est ; nec factum a verbo, quia virtus est, nec modus a facto, quia sapientia est. » (IV, § 8.)
↑ § 1 : Neque enim et vitam Dei et præscientiam Dei sub necessitate ponimus, si dicamus necesse esse Deum semper vivere, et cuncta præscire : sicut nec potestas ejus minuitur, cum dicitur mori fallique non posse.
↑ Cf. fr. 755.
↑ De die autem illo vel hora nemo scit, neque Angeli cœlorum nisi solus Pater (Saint Marc, XIII, 32, ajoute neque Filius). Jésus se distingue ainsi du Père parce qu’il parle comme homme, ou comme envoyé de Dieu, non comme participant lui-même à la divinité, et ce qu’il prédit se réalise humainement, figurant la ruine du monde qui est l’objet spirituel, vrai, de la prédication du Christ.
↑ Allusion au texte de Malachie, IV, 5 : quis convertat cor patris ad filium ? commenté par saint Augustin en deux sens, l’un direct : les Juifs qui sont les Pères se convertissent aux prophètes, qui sont leur fils ; l’autre plus raffiné (elatior) : les hommes se convertissent à l’amour du Père pour le fils.
↑ Cf. B., 147 ; C., 177 ; Faug., II, 327 ; Hav., XXV, 99 bis ; Mol., I, 270 ; Mich., 768.
↑ Havet a retrouvé la source de ces allégories dans un chapitre de saint Augustin : De Genesi contra Manichæos (I, 23 : Septem dies et septem ætates mundi) dont il a fait le résumé suivant : « Les six âges du monde répondent aux six jours de la création suivant la Genèse, avec leur matin et leur soir. Les six matins (ou les six orients) sont la création, la sortie de l’arche, la vocation d’Abraham, le règne de David, la transmigration à Babylone, la prédication de Jésus. Les six soirs sont le déluge, la confusion des langues, etc. Les Pères sont Adam, Noé, etc. ; il n’y en a pas d’indiqué pour le cinquième âge. Le troisième âge, qui répond à l’adolescence, c’est-à-dire au temps où l’homme acquiert la faculté d’engendrer, est en effet celui où a été engendré le peuple de Dieu, qui n’existait pas encore. Cet âge a eu quatorze générations, ainsi que les deux suivants. Les deux premiers n’en ont eu que dix chacun ; c’est qu’ils répondent à la première et à la seconde enfance, âge où toute la vie est enfermée dans les sens ; et que cinq, qui est le nombre des sens multiplié par deux, qui est celui des sexes, donne dix. Le dernier âge du monde est sans limite précise, comme la vieillesse dans la vie. »
↑ Cf. B., 345 ; C., 299 ; Faug., II, 327 ; Hav., XXV, 99 ; Mol., I, 270 ; Mich., 332.
↑ Expression de saint Paul, Rom., V, 14 : Sed regnavit mors ab Adam usque ad Moysen etiam in eos qui non peccaverunt, in similitudinem prævaricationis Adæ, qui est forma futuri. C’est le texte invoqué par les Préadamites (cf. fr. 651).
↑ Cf. B., 125 ; C., 151 ; Faug., II, 248 ; Hav., XXV, 153 ; Mol., I, 270 ; Mich., 39.
↑ [Figura.]
↑ Allusion au récit de l’Exode que la Bible de Royaumont résume avec des commentaires qui éclairent l’interprétation de Pascal : « Ayant vu un Égyptien qui outrageait un Hébreu, il fut saisi de l’esprit de Dieu, et tua cet Égyptien, qu’il cacha dans le sable, croyant, dit l’Écriture, que ses frères comprendraient bien que ce serait par sa main que Dieu les délivrerait ; mais ils ne le comprirent pas. En effet, le lendemain il vit des Hébreux qui se querellaient ; et comme il tâchait de les accorder, en leur représentant qu’ils étaient frères, l’un d’eux lui demanda s’il venait pour le tuer, comme il avait tué un Égyptien le jour précédent. » Le sort des Égyptiens qui devaient être anéantis dans le sable, et l’ingratitude des Hébreux qui devaient se révolter contre Moïse, leur bienfaiteur, sont ici figurés par le sort des deux particuliers.
↑ Le en surcharge.
↑ Cf. Faug., I, 372 ; Hav., XXV, 189 ; Mol., I, 248 ; Mich., 267.
↑ Marc., VII, 32 sqq.
↑ Luc., XI, 14
↑ Joan., IX, 1 sqq.
↑ Matth., IX, 2 sqq.
↑ Joan., XI. — Lazare est ici traité comme un nom commun et précédé de l’article : Pascal emploie la même tournure dans l’Abrégé de la vie de Jésus-Christ (no 141). « Puis il fut en Béthanie où il trouva que le Lazare était mort depuis quatre jours. » Cf. Bossuet, Sermon sur la mort, 1662 : « Seigneur, venez et voyez où on a déposé le corps du Lazare. »
↑ Luc, IX, 38 sqq.
↑ Cf. B., 305 ; C., 527 ; P. R., ult., XIII, 3 ; Bos., II, ix, 6 ; Faug., II, 253 ; Hav., XVI, 5 ; Mol., I, 244 ; Mich., 613.
↑ En marge : [vrais israélites [des preuves.]
↑ [Autre chose que ce qui paraissait dans le premier sens de leurs paroles.]
↑ De c’est à que leurs discours surcharge.
↑ Sera [inintelligible.]
↑ En réalité au dernier verset du chap. xxx : In novissimo dierum intellegetis ea.
↑ [La quatrième sera que pour accorder] le sens.
↑ Le passage interrompu se trouve repris et développé au fr. 684.
↑ Cf. B., 357 ; C., 313 ; Faug., II, 89 ; Mol., I, 295 ; Mich., 4.
↑ Vous se substitue à nous : vous désigne l’homme, Dieu n’est pas dans l’homme, en tant que la nature est corrompue, et il est en lui en tant que cette nature, maintenant corrompue, est bonne dans son essence primitive. Cette pensée s’appliquerait aux Rabbins de la façon suivante : Dieu n’est pas dans les livres saints pour les Juifs charnels qui y cherchent les images de la concupiscence ; il y est pour la charité qui en comprend le sens spirituel.
↑ Cf. Faug., II, 262 ; Hav., XXV, 157 ; Mol., II, 129 ; Mich., 254.
↑ Plusieurs éditeurs, MM. Faugère et Molinier, entre autres, ont lu peinture, qui aurait le sens d’image ou figure ; mais dans cette leçon on ne comprend plus ce que sont les autres mystères. Havet, et après lui M. Michaut donnent avec raison la leçon pénitence. La pensée de Pascal est claire : les Juifs ont connu la loi de pénitence, on leur a ordonné d’apaiser la colère de Dieu, avant de connaître la grâce qui devait succéder à la pénitence. Puis saint Jean-Baptiste a invité le monde à la pénitence, avant que le monde connût la révélation du Christ dont cette pénitence était la préface. Et de même pour chaque homme : c’est par la pénitence que le chrétien arrive à la foi, à la charité, à la grâce.
↑ Cf. B., 127 ; C., 153 ; P. R., X, 7 ; Bos., II, viii, 5 ; Faug., II, 362 ; Hav., XV, 4 ; Mol., I, 267 ; Mich., 31.
↑ Charnels en surcharge.
↑ Et qu’il est… l’a vu en surcharge. — Si ergo David vocat eum Dominum, quomodo filius ejus est ? Matth., XXII, 45.
↑ [Que les prophètes l’ont] vu.
↑ Dixerunt ergo Judæi ad eum : Quinquaginta annos nondum habes, et Abraham vidisti. Dixit eis Jesus : Amen, amen dico vobis, antequam Abraham fieret ego sum, Joan., VIII, 57-58.
↑ [Dieu.]
↑ Joan., XII, 34 (texte cité au fr. 573).
↑ Cf. B., 357 ; C., 313 ; Faug., II, 260 ; Hav., XXV, 156 ; Mol., I, 267 ; Mich., 19.
↑ [Cupidité.]
↑ Cf. fr. 451 où la concupiscence est définie : une fausse image de la charité. Cupidité et charité, comme fantaisie et sentiment (274) se ressemblent en tant qu’également opposées à la raison, en tant que formes de la vie profonde et de l’amour ; mais rien n’est contraire comme les objets de ces deux amours, l’un étant le moi, source de tout égoïsme et de tout péché, l’autre étant Dieu, qui est le souverain bien. Jansénius cite (de Grat. Chr. Salv., V, 6) cette parole de saint Augustin : Quid est boni cupiditas, nisi charitas ? (ad Bonifacium, lib. II, cap. 9.)
↑ Cf. B., 316 ; C., 313 ; Faug., II, 260 ; Hav., XXV, 156 ; Mol., I, 267 ; Mich., 5.
↑ Cf. B., 449 ; C., 247 ; P. R., XXVIII, 50 ; Bos., II, xvii, 45 ; Faug., II, 382 ; Hav., XXIV, 35 ; Mol., I, 264 ; Mich., 806.
↑ Cf. saint Augustin, De doctrina christiana, III, xv : « Servabitur ergo in locutionibus figuratis regula hujusmodi ut tam diu versetur diligenti consideratione quod legitur, donec ad regnum charitatis interpretatio perducatur. Si autem hoc jam proprie sonat, nulla putetur figurata locutio. »
↑ Si ergo lumen quod in te est, tenebræ sunt : ipsæ tenebræ quantæ erunt ? Matth., VI, 23.
↑ Cf. B., 390 ; C., 357 ; P. R., XXVIII, 26 ; Bos., II, xvii, 10 ; Faug., II, 173 ; Hav., XXV, 10 ; Mol., I, 143 ; Mich., 435.
↑ Ps. LXXV, 5. Illuminans tu mirabiliter a montibus æternis : 6 turbati sunt omnes insipientes corde. Dormierunt somnum suum.
↑ I, Cor., VII, 31 : qui utuntur hoc mundo, tanquam non utuntur : præterit enim figura hujus mundi.
↑ Deut., VIII, 9 : Texte sur la Terre Promise : ubi absque ulla penuria comedes panem tuum.
↑ Luc, XI, 3 : Panem nostrum quotidianum da nobis hodie.
↑ Ps. LXXI, 9 : Coram illo procident Æthiopes : et inimici ejus terram lingent.
↑ [De tristesse.]
↑ Exode, XII, 8, cum latucîs agrestibus, suivant la Vulgate.
↑ C’est la fin du Psaume CXL : David y est la figure de Jésus.
↑ Cf. B., 125 ; C., 151 ; Faug., II, 249 ; Mol., I, 243 ; Mich., 93.
↑ Ps. LXXI, 4 : Ibi confregit potentias arcuum, scutum, gladiam et bellum.
↑ Accingere gladio tuo super femur tuum, potentissime. Ps. XLIV, 4. Pour l’interprétation figurative que Pascal donne de ce passage, se reporter au fr. 760.
↑ Cf. Faug., II, 380 ; Hav., XXV, 105 ; Mol., II, 52 ; Mich., 261.
↑ Jansénius commente à diverses reprises un texte de saint Augustin (contra Julianum, lib. IV, cap. 3) qui transforme en péché même le bien qui n’est pas accompli pour l’amour de Dieu : etsi officio videatur bonum, ipso non recto fine peccatum.
↑ Les éditeurs ont dû rétablir un certain nombre de mots, le manuscrit ayant été déchiré, et le fragment n’ayant été recueilli ni dans les Copies ni dans les éditions jusqu’à celle de Faugère.
↑ Nous sont en surcharge.
↑ Et juste, en surcharge.
↑ « La volonté de Dieu étant première et avant toutes choses, étant la règle et la justice, il ne peut rien être de bon ni de juste s’il ne lui est conforme : ainsi toute volonté écartée ou éloignée de celle de Dieu, est vicieuse et désordonnée, comme dévoyée de la pure et souveraine droiture. » (R. Sebon, Théologie naturelle, ch. xxxviii).
↑ [N’en.]
↑ [Péchés que.]
↑ Qu’il est sûr que, en surcharge.
↑ « Il le faut [Dieu] regarder comme l’auteur de tous les biens et de tous les maux, excepté le péché » (Lettre à Mademoiselle de Roannez, VIII, olim. 7).VIII, olim. 7). — Cf. Nicole : « Si Dieu permet le péché par cette volonté qui est la cause des choses, il ne laisse pas de le condamner et de le haïr par sa volonté considérée comme justice » (De la soumission à la volonté de Dieu).
↑ [Puisque Dieu.]
↑ [La volonté] de Dieu qui est seule toute la bonté et toute la justice [n’y étant pas, elle [cette absence.]
↑ Cf. Lettre à Mlle de Roannez, III,III, autrefois 5. : « La raison pour laquelle les péchés sont péchés, c’est seulement parce qu’ils sont contraires à la volonté de Dieu. » Cf. Introd., p. cxxx.
↑ Cf. C., 296 ; Faug., II, 263 ; Hav., XVI, 13 bis ; Mol., I, 243 ; Mich., 943.
↑ Cf. B., 134 ; C., 162 ; P. R., X, 3, 5, 6 et 8 ; XIII, 15 et 16 ; Bos., II, viii, 3, 4 et 5 ; II, ix, 15 et 16 ; Faug., II, 251 ; Hav., XV, 3 bis ; XVI, 13 ; Mol., I, 262 ; Mich., 81.
↑ [Le monde.]
↑ [Être adoré.]
↑ [Et saint Paul est venu.] — Cf. Section XII, en particulier fr. 783.
↑ Hæc autem omnia in figura contingebant. I Cor., X, 11. — Cf. Joseph de Voisin, Liber de Lege divina, cap. 24, (infra, p. 125, no 4.)
↑ Cf. saint Paul, et en particulier Rom, VIII, 2 sqq.
↑ Hébr., IX, 24.
↑ Rom., II, 29 ; cf. fr. 610.
↑ Joan., VI, 32. Dixit ergo eis Jesus : Amen, amen dico vobis : Non Moyses dedit vobis panem de cœlo, sed Pater meus dat vobis panem de cœlo verum.
↑ [Les a.]
↑ Pascal avait d’abord ajouté [et la manière en figures]. Puis il a écrit cette parenthèse : Je ne dis pas bien, et il a substitué à cette première phrase une rédaction plus explicite.
↑ Cf. saint Augustin, De doctrina christiana, III, x, unde dignoscatur an figurata sit locutio : Non autem præcipit Scriptura nisi charitatem, nec culpat nisi cupiditatem.
↑ [Unique nécessaire par.]
↑ C’est la fameuse parole de l’Évangile : Porro unum est necessarium (Luc, X, 42).
↑ Cant. Cantic., IV, 5.
↑ Cf. B., 441 ; C., 238 ; P. R., XXVIII, 61 ; Bos., II, xvii, 54 ; Faug., II, 227 ; Hav., XXIV, 44 ; Mol., I, 187 ; Mich., 305.
↑ [Dompté.]
↑ Antithèse longuement développée dans l’Épître aux Romains (VI, sub fine).
↑ Cf. B., 180 ; C., 212 ; P. R., XXVIII, 10 ; Bos., II, xvii, 16 ; Faug., II, 370 ; Hav., XXIV, 14 ; Mol., II, 126 ; Mich., 429.
↑ Le 1er paragraphe d’une main étrangère avec corrections de Pascal. Pour lecture douteuse, qui nous paraît pourtant plus satisfaisante que l’ancienne leçon : Point formaliste.
↑ [Miracle.]
↑ Voir les Actes des Apôtres, au ch. xv.
↑ Gen., XVII, 10 (texte cité fr. 610) et Levit., XII, 3.
↑ [Le miracle arrivé] en la personne.
↑ Et qui novit corde Deus, testimonium perhibuit, dans illis spiritum sanctum, sicut et nobis. Act. Apost., XV, 8.
↑ [Ainsi] ceux.
↑ Cf. B., 429 ; C., 400 ; P. R., X, 15 ; Bos., II, viii, 11 ; Faug., II, 259 ; Hav., XV, 9 et XXV, 155 ; Mol., I, 271 et I, 272 ; Mich., 553-554.
↑ [Notre [La vraie religion n’est donc pas celle des Juifs qui ne voient que la figure.] — Exode, XXV, 40 : Inspice, et fac secundum exemplar quod tibi in monte monstratum est. Paroles de Dieu à Moïse avant la construction du Tabernacle.
↑ [N’est donc que la figure de la vérité qu’il a vue dans le ciel.]
↑ [Le modèle de celle du ciel qui est la vérité [de la vérité.]
↑ [Du véritable] Messie.
↑ [Fait.]
↑ Ratière traduit laqueum de la Vulgate (I. Cor., VII, 35) : Porro hoc ad utilitatem vestram dico, non ut laqueum vobis injiciam. Vient ensuite le fameux passage sur le mariage : « qui marie sa fille fait bien, et qui ne la marie pas fait mieux. » D’autre part saint Paul dénonce l’hypocrisie de ceux qui affectent une morale plus sévère qu’il ne faut et qui défendent le mariage dans la lettre à Timothée (IV, 3). Où donc est le piège, dont parle Pascal ? Il convient d’entendre, ce me semble, que saint Paul aurait non tendu, mais évité la ratière ; car s’il avait suivi les hypocrites qui allaient jusqu’à prohiber le mariage, il se serait mis en contradiction avec les prophètes. — M. Monod interprète autrement : « Saint Paul a parlé d’une manière ambiguë, de manière à n’être pas convaincu d’erreur par ses adversaires : sa doctrine du mariage est comme un piège qu’il tend à ses ennemis. » (Bulletin des Humanistes français, no 15, séance du 19 mai 1897.) Mais saint Paul se défend de tendre un piège.
↑ Cf. B., 125 ; C., 151 ; Faug., II, 249 ; Mol., I, 272 ; Mich., 95.
↑ Texte cité au fr. 673.
↑ [Qu’ils.]
↑ Cum essent qui offerrent secundum legem munera, qui exemplari et umbræ deserviunt cœlestium, Hebr., VIII, 5.
↑ Cf. B., 308 ; C., 530 ; P. R., X, 12, 14 ; XIII, 9 ; Bos., II, viii, 8 et 10 et II, ix, 10 et 11 ; Faug., II, 261 ; Hav., XVI, 9 ; Mol., I, 259 ; Mich., 364.
↑ [Servir.]
↑ [Temporels.]
↑ Ut autem sciatis quia Filius hominis habet potestatem in terra dimittendi peccata (ait paralytico) Tibi dico : Surge, tolle grabatum tuum, et vade in domum tuam. Marc, II, 10-11.
↑ [La mer Rouge.]
↑ Texte cité et commenté par Pascal fr. 643.
↑ La fin du paragraphe, addition marginale.
↑ Joan., VIII, 36 (fr. 670).
↑ Joan., VI, 32, fr. 564
↑ Rom., II, 28, fr. 670.
↑ Joan., VI, 56, fr. 564.
↑ Écrit d’une main étrangère.
↑ Fr. 610.
↑ [Me.]
↑ Fr. 610.
↑ Cf. C., 473 ; P. R., X, 20 ; Bos., II, viii, 14 ; Faug., II, 204 ; Hav., XV, 11 bis ; Mol., I, 243 ; Mich., 932.
↑ Cf. B., 131 ; C., 158 ; Faug., II, 254 note ; Mol., I, 244 ; Mich., 83.
↑ Cf. fr. 45.
↑ Cf. B., 129 ; C., 156 ; P. R., XIII, 4, 5 et 6 ; Bos., II, ix, 8 et 9 ; Faug., II, 254 ; Hav., XVI, 7 ; Mol., I, 245 ; Mich., 30.
↑ [Et ils le prennent.]
↑ [Quand on voit un discours chiffré. [N’est-ce pas un grand avantage quand on [trouve.]
↑ Havet écrit : Le chiffre à deux sens. Il semble préférable de voir là une phrase véritable et qui énonce le principe développé plus bas : L’existence du chiffre entraîne la dualité des sens, le sens apparent et le sens secret.
↑ Phrase en marge. Cf. fr. 642.
↑ Cf. saint Paul, II Cor., III, sub fine.
↑ Cf. B., 126 ; C., 152 ; Faug., II, 254 ; Mol., II, 25 ; Mich., 28.
↑ Surcharge : Vere Israelitæ… pain du ciel. — Allusion à des textes de saint Jean cités au fr. 564. Cf. fr. 675.
↑ [J.-C.]
↑ Qu’il vaincrait la mort par sa mort, en surcharge. — Ut per mortem destrueret eum, qui habebat mortis imperium, id est, diabolum, Hébr., II, 14.
↑ Cf. B., 132 ; C., 159 ; P. R., XIII, 18 ; Bos., II, ix, 18 ; Faug., II, 247 ; Hav., XVI, 16 bis et 16 ter ; Mol., I, 270 ; Mich., 87.
↑ [Ou que c’étaient des niaiseries.]
↑ Réflexion écrite en marge.
↑ Cf. B., 125 ; C., 151 ; Faug., II, 249 ; Hav., XXV, 154 ; Mol., I, 272 ; Mich., 94.
↑ Joan., IV, 23 : veri adoratores adorabunt Patrem in spiritu et veritate.
↑ Joan., I, 29. — Voir dans la quatrième Provinciale l’application ironique de ce texte à la facilité des casuistes : « Voilà celui qui ôte les péchés du monde. — Il est vrai, lui dis-je, que voilà une rédemption nouvelle, selon le père Bauny. »
↑ Cf. B., 279 ; C., 499 ; Faug., II, 291 ; Hav., XXV, 168 ; Mol., I, 207 ; Mich., 585.
↑ Quomodo facta est meretrix civitas fidelis, plena judicii ?… (24) Propter hoc ait Dominus Dcus exercituum fortis Israël : … vindicabor de inimicis meis.
↑ Pascal a écrit 23 par inadvertance ; les fragments cités sont au ch. 33.
↑ Page 301 du manuscrit.
↑ Page 303 du manuscrit. — Nous rétablissons l’ordre des citations auquel le relieur ne s’est pas conformé.
↑ Page 305 du manuscrit.
↑ À la page 307 du manuscrit.
↑ À la page 309 du manuscrit.
↑ À la page 305 du manuscrit.
↑ À la page 307 du manuscrit.
↑ [Ideo audites gentes.]
↑ [Et cognoscetis.]
↑ Page 301 du manuscrit.
↑ Page 303 du manuscrit.
↑ Page 301 du manuscrit.
↑ Jer. XVIII, 18.
↑ Page 307 du manuscrit.
↑ Cf. B., 132 ; C., 159 ; P. R., XIII, 8 ; Bos., II, ix, 10 ; Faug., II, 246 ; Hav., XVI, 8 bis ; Mol., I, 272 ; Mich., 74.
↑ II, Cor., III, 6.
↑ I, Cor., X, 11, fr. 670. — De voilà à circoncision, en surcharge.
↑ Rom., II, 29 (Cf. fr. 610 et 670).
↑ Vrai temple en surcharge.
↑ Cf. fr. 610.
↑ [Afin que vous sachiez.]
↑ Joan., VIII, 36. Cf. fr. 675.
↑ Liberté en surcharge.
↑ Joan., VI, 35, Ego sum panis vitæ. Cf. fr. 564.
↑ Cf. B., 127 ; C., 158 ; P. R., XIII, 11 ; Bos., II, ix, 2 ; Faug., II, 257 ; Hav., XVI, 10 bis ; Mol., I, 238 ; Mich., 533.
↑ [Comme.]
↑ Port-Royal avait traduit : On ne peut bien faire le caractère d’une personne, et en effet, l’expression suivre une suite de qualités marque que Pascal songe à un portrait écrit, comme on aimait à en faire de son temps.
↑ [Qu’il.]
↑ Accordantes, qui s’accordent entre eux : sons accordants. La métaphore avait pénétré dans le langage usuel : « Une assemblée de quatre si accordants et si unis d’amitié. » (Montaigne apud Littré).
↑ [Et comme.]
↑ Contraires en surcharge.
↑ Pour la prédiction d’Osée (III, 4) voir en particulier fr. 719.
↑ [Parce qu’ils prenaient.] — Gen., XLIX, 10, non auferetur sceptrum de Juda ; et dux de femore ejus, donec veniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentium.
↑ Tout ce chapitre est rempli de reproches aux Hébreux : Et irritaverunt me domus Israël in deserto, in præceptis meis non ambulaverunt, etc. (13) puis tout à coup : In monte sancto, in monte excelso Israël, ait Dominus Deus, ibi serviet mihi omnis domus Israël (40).
↑ Cf. B., 128 ; C., 155 ; P. R., XIII, 2 et 3 ; Bos., II, ix, 5 et 7 ; Faug., II, 254 ; Hav., XVI, 6 ; Mol., I, 259 ; Mich., 532.
↑ [Jérusalem et Israël] sont.
↑ D’après le principe énoncé dans le fragment précédent : que la figure porte absence et déplaisir, la vérité présence et plaisir.
↑ Tous ces passages ont été relevés par Pascal dans le fragment 610.
↑ Cf. fr. 610, et également 715, 718.
↑ [Mais.]
↑ Les passages énumérés dans ce paragraphe (et qu’on retrouve, avec l’indication de leurs sources, dans la Section suivante) sont équivoques : ils peuvent être ou réalité ou figure ; mais l’ambiguïté en disparaît quand on les compare à d’autres passages qui les contredisent. Le système des figures rend seul compte de ces contradictions.
↑ Ces derniers paragraphes sont de la main de Pascal.
↑ Passage tiré de l’Apocalypse de saint Jean, XIII, 8. L’agneau qui a été tué dès le commencement du monde figure le sacrifice spirituel, qui doit être éternel.
↑ Cf. B., 131 ; C., 158 ; Faug., II, 203 ; Mol., II, 13 ; Mich., 92.
↑ [Point de.]
↑ Cf. Gen., XLIX, 10 (fr. 684) et Osée, III, 4, fr. 719.
↑ Cf. ch. XX, 11 : Et dedi eis præcepta mea, et judicia mea ostendi eis, quæ faciens homo vivet in eis. Et ibid., 25 : Ergo et ego dedi eis præcepta non bona et quibus non vivent. Voir le fr. 684.
↑ Cf. B., 137 ; C., 164 ; P. R., XIII, 14 ; Bos., II, ix, 14 ; Faug., II, 258 ; Hav., XVI, 12 ; Mol., I, 246 et I, 256 ; Mich., 76.
↑ Cf. Joseph de Voisin. Introduction au Pugio Fidei : Liber de Lege Divina, cap. 24 : « memorabile est quod observat S. Augustinus in libro contra mendacium, cap. 10 : quæ in scriptura sacra secundum litteralem sensum aliquando mendacia sunt ea quatenus figuræ sunt mysteriorum, verissima esse. » Cf. fr. 670.
↑ [Mots.]
↑ [En voyant.]
↑ Ideo iratus est furor Domini in populum suum, Isaïe, V, 25.
↑ Deus zelator, Exode, XX, 14.
↑ Quoniam confortavit seras portarum tuarum benedixit filiis tuis in te. Ps. CXLVII, 13.
↑ Allusion à la double réponse, que les Talmudistes faisaient à cette question sur la forme d’une lettre dans Isaïe (ix, 6) : « Cur autem Propheta Mem clausum in medio dictionis contra naturam hebraicarum posuit litterarum. Manifestum est ipsum per hoc a prudentibus voluisse intelligi et occultum ab impiis fieri quod verbum Dei Christus, sive Messias infans nobis natus, et Filius nobis datus nasciturus erat de Virgine clausa contra morem et naturam nascendi. Porro per hoc quod mem hujuscemodi clausum in numéro DC significat procul dubio monstrat quod a tempore istius prophetiæ usque ad nativitatem Messiæ DC essent anni, quod rei postmodum sic probavit eventus. » (Pugio Fidei, 3e part., Dist. 1, ch. 9, par. 6, p. 426-427 ; indication donnée par M. Molinier, t. II, p. 308).
↑ [Mais il.] — Allusion aux interprétations que les alchimistes avaient tirées de l’Écriture en faveur de leurs doctrines ou de leurs espérances. En particulier Havet a relevé dans le De Arte cabalistica de Reuchlin la distinction du mem ouvert qui représente la sphère de Jupiter et du mem fermé qui représente la sphère de Mars, comme la distinction des deux tsadé. Pour Robert Fludd l’agent du grand œuvre est le Mittatron, et c’est lui qui est désigné dans le passage d’Isaïe où est le mem fermé.
↑ Cf. C., 473 ; Faug., II, 205 ; Mol., I, 256 ; Mich., 933.
↑ Voir la note du fragment précédent.
↑ Cf. B., 149 ; C., 179 ; Faug., II, 249 ; Mich., 449.
↑ XXX, 6. Texte déjà cité, fr. 610.
↑ Cf. B., 145 ; C., 175 ; P. R., XXVIII, 39 ; Bos., II, xvii, 36 ; Faug., II, 205 ; Hav., XXIV, 26 bis ; Mol., I, 188 ; Mich., 519.
↑ Vide supra et en particulier fr. 678.
↑ D’être, au lieu de qu’ils soient, se rattache par une sorte de syllapse à douteux. Il est douteux qu’ils soient philosophes ou chrétiens, c’est-à-dire de sagesse naturelle ou de sagesse révélée. La circoncision du cœur détermine le chrétien, comme chez Épictète un mot d’orgueil, déterminant tout le reste en sens contraire, marque le philosophe.
↑ Cette pensée est suivie d’un commencement de fragment rayé : [En tous les temps que ces gens-là.]
↑ Cf. B., 140 ; C., 188 ; P. R., XVII, 3 ; Bos., II, xv, 8 ; Faug., II, 334 ; II, 247 ; Hav., XIX, 8 ; XXV, 152 ; Mol., I, 180 ; Mich., 77.
↑ Entendu dans la cabale en surcharge.
↑ [Il les mettra.]
↑ Et capable d’être mystérieux, en surcharge.
↑ Cf. fr. 678 et aussi le fr. 45.
↑ Cf. B., 133 ; C., 160 ; P. R., XIII, 17 et 18 ; Bos., II, ix, 17 et 18 ; Faug., II, 307 ; Hav., XVI, 15 et XVI, 16 ; Mol., II, 11 et I, 264 ; Mich., 80.
↑ Et non pas Dieu, en surcharge.
↑ Le manuscrit porte : qu’il s’en soûle et qu’il y meurt. C’est l’homme qui a amené ce singulier sous la plume de Pascal ; mais la correction s’impose. — Les mots familiers et puissants qu’emploie volontiers Pascal se retrouvent fréquemment, comme on sait, chez Bossuet : « Vous les avez repus de vents : enflés par la gloire, vous les avez pour ainsi dire crevés. » (Traité de la concupiscence, Ch. xix.)
↑ [Ne demandent.]
↑ Cette dernière phrase en surcharge. — Prise littéralement, la promesse a été faite de délivrer des ennemis ; mais ce n’est pas des ennemis au sens propre, c’est des iniquités qu’il faut l’entendre. Sur ce double sens du mot ennemis, Pascal s’explique au fr. 571.
↑ [Mais.]
↑ Dans la vérité, c’est-à-dire dans l’ordre absolu par opposition au figuratif.
↑ [Si donc il dit clairement.]
↑ Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus, Ps. CXXIX, 8.
↑ Ego sum, ego sum ipse qui deleo iniquitates meas propter me, XLIII, 25.
↑ [Car les ennemis peuvent bien figurer les iniquités, mais les iniquités ne peuvent pas… [S’il avait dans.]
↑ Ennemis peut figurer péchés : péchés ne peut pas être mis pour ennemis. Le figuratif remplace le figuré : mais la réciproque n’est pas vraie : « La charité n’est pas un précepte figuratif. » (fr. 665).
↑ [Avaient.]
↑ Que Moïse dans le manuscrit.
↑ Traduction abrégée du fameux verset 24 que Pascal commentera tant de fois : « Septuaginta hebdomades abbreviatæ sunt super populum tuum, et super urbem sanctam tuam, ut consommetur prævaricatio, et tinem accipiat peccatum, et deleatur iniquitas, et adducatur justitia sempiterna et impleatur visio et prophetia, et ungatur sanctus sanctorum. »
Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1921 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XIV, p. 133-194).
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693 1
H. 5. — En voyant l’aveuglement et la misère de l’homme, en regardant tout l’univers muet 2 , et l’homme sans lumière, abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l’univers, sans savoir qui l’y a mis, ce qu’il y est venu faire, ce qu’il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j’entre en effroi comme un 3 homme qu’on aurait porté endormi dans 4 une île déserte et effroyable 5 , s’éveillerait sans connaître [où il est] 6 , et sans moyen d’en sortir. Et sur cela 7 j’admire comment on n’entre point en désespoir d’un si misérable état. Je vois d’autres personnes auprès de moi, d’une semblable nature 8 : je leur demande s’ils sont mieux instruits que moi ; ils me disent que non. Et sur cela, ces misérables égarés, ayant regardé autour d’eux, et ayant vu quelques objets plaisants, s’y sont donnés et s’y sont attachés 9 . Pour moi, je n’ai pu y prendre d’attache, et, considérant combien il y a plus d’apparence qu’il y a autre chose que ce que je vois, j’ai recherché si ce Dieu n’aurait point laissé quelque marque de soi.
Je vois plusieurs religions contraires, et partant toutes fausses, excepté une. Chacune veut être crue par sa propre autorité et menace les incrédules ; je ne les crois donc pas là-dessus. Chacun peut dire cela, chacun peut se dire prophète. Mais 10 je vois la chrétienne où je trouve 11 des prophéties, et c’est ce que chacun ne peut pas faire.
232]
694 12
Et ce qui couronne tout cela est la prédiction, afin qu’on ne dît point que c’est le hasard qui l’a faite.
Quiconque n’ayant plus que huit jours à vivre ne trouvera pas que le parti 13 est de croire que tout cela n’est pas un coup du hasard…
Or, si les passions ne nous tenaient point, huit jours et cent ans sont une même chose 14 .
Première Copie 171]
696 17
Susceperunt verbum cum omni aviditate, scrutantes Scripturas, si ita se haberent 18 .
59]
698 21
On n’entend les prophéties que quand on voit les choses arrivées : ainsi les preuves de la retraite, et de la discrétion, du silence, etc. 22 , ne se prouvent qu’à ceux qui les savent et les croient.
Joseph si intérieur dans une loi tout extérieure.
Les pénitences extérieures disposent à l’intérieure, comme les humiliations à l’humilité. Ainsi les…
59]
699 23
La synagogue a précédé l’Église ; les Juifs, les Chrétiens. Les prophètes ont prédit les Chrétiens ; saint Jehan, Jésus-Christ.
382]
701 25
Le zèle des Juifs pour leur loi et leur temple : Josèphe, et Philon Juif ad Caïum 26 . Quel autre peuple a un tel zèle ? il fallait qu’ils l’eussent 27 .
Jésus-Christ prédit quant au temps et à l’état du monde : le duc ôté de la cuisse 28 et la quatrième monarchie 29 . Qu’on est heureux d’avoir cette lumière dans cette obscurité.
Qu’il est beau de voir, par les yeux de la foi, Darius et Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode agir, sans le savoir, pour la gloire de l’Évangile 30 !
491]
702 31
Zèle du peuple juif 32 pour sa loi, et principalement depuis qu’il n’y a plus eu de prophètes.
491]
703 33
Tandis que les prophètes ont été pour maintenir la loi, le peuple a été négligent ; mais depuis qu’il n’y a plus eu de prophètes, le zèle 34 a succédé.
119]
704 35
Le diable a troublé le zèle des Juifs avant Jésus-Christ 36 parce qu’il leur eût été salutaire, mais non pas après.
Le peuple juif, moqué des Gentils ; le peuple chrétien, persécuté.
53]
705 37
Preuve. — Prophéties avec l’accomplissement : ce qui a précédé et ce qui a suivi Jésus-Christ 38 .
**167]
706 39
La plus grande des preuves de Jésus-Christ sont les prophéties ; c’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu, car l’événement qui les a remplies 40 est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Église jusques à la fin. Aussi Dieu a suscité des prophéties durant seize cents ans ; et, pendant quatre cents ans après, il a dispersé toutes ces prophéties 41 , avec tous les Juifs qui les portaient, dans tous les lieux du monde 42 . Voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus-Christ, dont l’Évangile devant être cru de tout le monde, il a fallu non seulement qu’il y ait eu des prophéties pour le faire croire, mais que ces prophéties fussent par tout le monde, pour le faire embrasser par tout le monde.
489]
707 43
Mais ce n’était pas assez que les prophéties fussent ; il fallait qu’elles fussent distribuées par tous les lieux et conservées dans tous les temps. Et afin qu’on ne prît point ce concert pour un effet du hasard, il fallait que cela fût prédit.
Il est bien plus glorieux au Messie qu’ils 44 soient les spectateurs, et même les instruments de sa gloire, outre que Dieu 45 les a réservés.
405]
708 46
Prophéties. — Le temps prédit par l’état du peuple juif, par l’état du peuple païen, par l’état du temple, par le nombre des années.
405]
709 47
Il faut être hardi pour prédire une même chose en tant de manières 48 : il fallait que les quatre monarchies, idolâtres ou païennes 49 , la fin du règne de Juda, et les soixante-dix semaines arrivassent en même temps 50 , et le tout avant que le deuxième temple fût détruit.
167]
710 51
Prophéties. — 52 Quand un seul homme aurait fait un livre des prédictions de Jésus-Christ, pour le temps et pour la manière, et que Jésus-Christ serait venu conformément à ces prophéties, ce serait une force infinie.
Mais il y a bien plus ici, c’est une suite d’hommes, durant quatre mille ans, qui, constamment et sans variation, viennent, l’un ensuite de l’autre, prédire ce même avènement. C’est un peuple tout entier qui l’annonce, et qui subsiste depuis quatre mille années, pour rendre en corps témoignage des assurances qu’ils en ont 53 , et dont ils ne peuvent être divertis par quelques menaces et persécutions qu’on leur fasse : ceci est tout autrement considérable.
329]
711 54
Prédictions des choses particulières. — Ils étaient 55 étrangers en Égypte, sans aucune possession en propre, ni en ce pays là ni ailleurs. [Il n’y avait pas 56 la moindre apparence ni de la royauté qui y a été si longtemps 57 après, ni de ce conseil souverain 58 des soixante-dix juges qu’ils appelaient le synédrin qui, ayant été institué par Moïse, a duré jusqu’au temps de Jésus-Christ : toutes ces choses étaient 59 aussi éloignées de 60 leur état présent qu’elles le pouvaient être] lorsque Jacob mourant, et bénissant 61 ses douze enfants, leur 62 déclare qu’ils seront 63 possesseurs d’une grande 64 terre, et prédit particulièrement à la famille de Juda que les 65 rois qui les gouverneraient un jour seraient de sa race et que tous ses frères seraient ses sujets 66 [et que 67 même le Messie qui devait 68 être l’attente des nations naîtrait de lui et que la royauté ne serait point ôtée de Juda, ni le gouverneur et le législateur de ses descendants, jusqu’à ce que ce Messie attendu arrivât dans sa famille 69 ].
Ce même Jacob 70 , disposant de cette terre future comme s’il en eût été maître, en donna une portion à Joseph plus qu’aux autres : Je vous donne, dit-il, une part plus qu’à vos frères 71 . Et bénissant ses deux enfants, Éphraïm et Manassé, que Joseph lui avait présentés 72 , l’aîné, Manassé, à sa droite, et le jeune Éphraïm à sa gauche, il 73 met ses bras en croix, et posant sa main droite sur la tête d’Éphraïm, et la gauche sur Manassé, il les 74 bénit en [la 75 ] sorte ; et sur ce que Joseph 76 lui représente qu’il préfère le jeune, il lui répond avec une fermeté admirable : « Je le sais bien, mon fils, je le sais bien ; mais Éphraïm croîtra autrement que Manassé 77 ». Ce qui a été en effet si véritable 78 dans la suite, qu’étant seul presque aussi abondant que deux lignées entières qui composaient tout un royaume, elles ont 79 été ordinairement appelées du seul nom d’Éphraïm.
Ce même Joseph, en mourant, recommande à ses enfants d’emporter ses os avec eux quand ils iront en 80 cette terre, où ils ne furent que deux cents ans après 81 .
Moïse, qui a écrit toutes ces choses si longtemps avant 82 qu’elles fussent arrivées 83 , a fait lui-même à chaque famille les partages de cette terre avant que d’y entrer, comme s’il en eut été maître [et déclare enfin que Dieu doit 84 susciter de leur nation et de leur race un prophète 85 , dont il a été la figure 86 , et leur prédit exactement tout ce qui leur devait arriver dans la terre où ils allaient entrer après sa mort, 87 les victoires que Dieu leur donnera, leur ingratitude envers Dieu, les punitions qu’ils en recevront et le reste de leurs aventures 88 ]. Il leur donne 89 les arbitres qui en feront le partage 90 , il leur prescrit toute la forme du gouvernement 91 politique qu’ils y observeront 92 , les villes de refuge qu’ils y bâtiront 93 , et…
19]
712 94
Les prophéties mêlées des choses particulières 95 , et de celles du Messie, afin que les prophéties du Messie ne fussent pas sans preuves, et que les prophéties particulières ne fussent pas sans fruit 96 .
171]
713 97
98 Captivité des Juifs sans retour. Jér. xi, 11 : « Je ferai venir sur Juda des maux desquels ils ne pourront être délivrés. »
Figures. — Is. v : « Le Seigneur a eu une vigne dont il a attendu des raisins, et elle n’a produit que du verjus 99 . Je la dissiperai donc et la détruirai ; la terre n’en produira que des épines, et je défendrai au ciel d’y [pleuvoir] 100 . La vigne du Seigneur est la maison d’Israël, et les hommes de Juda en sont le germe délectable. J’ai attendu qu’ils fissent des actions de justice, et ils ne produisent qu’iniquités 101 . »
Is. viii : « Sanctifiez le Seigneur 102 avec crainte et tremblement 103 ; ne redoutez que lui, et il vous sera en sanctification ; mais il sera en pierre de scandale et en pierre d’achoppement aux deux maisons d’Israël. Il sera 104 en piège et en ruine au peuple de Jérusalem ; et 105 un grand nombre d’entre eux heurteront cette pierre 106 , y tomberont, y seront brisés, et seront pris à ce piège, et y périront. Voilez 107 mes paroles, et couvrez 108 ma loi pour mes disciples.
« J’attendrai donc en patience le Seigneur qui 109 se voile et se cache à la maison de Jacob 110 . »
Is. xxix : « 111 Soyez confus et surpris, peuple d’Israël ;
112 chancelez, trébuchez et soyez ivres 113 , mais non pas d’une ivresse de vin ; trébuchez, mais non pas d’ivresse, car Dieu vous a préparé l’esprit d’assoupissement : il vous 114 voilera 115 vos yeux, il obscurcira vos princes et vos prophètes qui ont les visions 116 ».
( 117 Daniel, xii : « Les méchants ne l’entendront point, mais ceux qui seront bien instruits l’entendront. » Osée, dernier chapitre, dernier verset, après bien des bénédictions temporelles, dit : « Où est le sage ? et il entendra ces choses ; » etc.) Et les visions de tous les prophètes 118 seront à votre égard 119 comme un livre scellé, lequel si on donne à un homme savant, et qui le puisse lire, il répondra : Je ne puis le lire, car il est scellé ; et quand on le donnera à ceux qui ne savent pas lire, ils diront : Je ne connais pas les lettres 120 .
Et le Seigneur m’a dit : Parce que ce peuple m’honore des lèvres, mais que son cœur est bien loin de moi 121 (en voilà la raison et la cause ; car s’ils adoraient Dieu de cœur, ils entendraient les prophéties), et qu’ils 122 ne m’ont servi que 123 par des voies humaines : c’est pour cette raison que j’ajouterai à tout le reste d’amener sur ce peuple une merveille 124 étonnante, et un prodige grand et terrible ; c’est que la sagesse 125 de ses sages périra, et leur intelligence en sera [obscurcie] 126 .
Prophéties. Preuves de divinité. — Is. xli 127 : « Si vous êtes des dieux, approchez, annoncez-nous les choses futures, nous inclinerons notre cœur à vos paroles. Apprenez-nous les choses qui ont été au commencement, et 128 prophétisez-nous celles qui doivent arriver.
« Par là nous saurons que vous êtes des dieux. Faites-le bien ou mal, si vous pouvez. Voyons donc et raisonnons ensemble. Mais vous n’êtes rien, vous n’êtes qu’abominations ; etc. Qui d’entre vous nous instruit 129 (par des auteurs contemporains 130 ) des choses faites dès le commencement et l’origine ? afin que nous lui disions : Vous êtes le juste. — Il n’y en a aucun qui nous apprenne, ni qui prédise l’avenir 131 . »
Is. xlii : « Moi qui suis le Seigneur je ne communique pas ma gloire à d’autres. C’est moi qui ai 132 fait prédire les choses qui sont arrivées, et qui prédis encore celles qui sont à venir. Chantez en un cantique nouveau à Dieu par toute la terre 133 .