Pensées (page 29)

Blaise Pascal · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg) · 34 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

273 Jamais on ne s’est fait martyriser pour les miracles qu’on dit avoir vus, car [pour] 274 ceux que les Turcs croient par tradition, la folie des hommes va peut-être jusqu’au martyre, mais non pour ceux qu’on a vus 275 .

453]

845 278

Les hérétiques ont toujours combattu ces trois marques qu’ils n’ont point 279 .

401]

846 280

« Première objection : Ange du ciel 281 . Il ne faut pas juger de la vérité par les miracles, mais des miracles par la vérité. Donc les miracles sont inutiles. »

Or ils servent, et il ne faut point être contre la vérité, donc ce qu’a dit le P. Lingendes 282 que Dieu ne permettra pas qu’un miracle puisse induire à erreur…

Lorsqu’il y aura contestation dans la même Église, le miracle décidera.

Deuxième objection : Mais l’Antechrist fera des signes 283 .

Les magiciens de Pharao ne séduisaient point à erreur. Ainsi on ne pourra point dire à Jésus-Christ sur l’Antechrist : Vous m’avez séduit à erreur. — Car l’Antechrist les fera contre Jésus-Christ 284 et ainsi ils ne peuvent induire à erreur. Ou Dieu ne permettra point de faux miracles, ou il en procurera de plus grands.

[Depuis le commencement du monde Jésus-Christ subsiste : cela est plus fort que tous les miracles de l’Antechrist].

Si dans la même Église il arrivait miracle du côté des errants, on serait induit à erreur. Le schisme est visible, le miracle est visible. Mais le schisme est plus marque d’erreur que le miracle n’est marque de vérité : donc le miracle ne peut induire à erreur.

Mais, hors le schisme 285 , l’erreur n’est pas si visible que le miracle est visible, donc le miracle induirait à erreur.

Ubi est Deus tuus 286 ? Les miracles le montrent, et sont un éclair.

Première Copie 403]

847 287

Une des antiennes des vêpres de Noël : Exortum est in tenebris lumen rectis corde.

Première Copie 226]

848 288

Que si la miséricorde de Dieu est si grande qu’il nous instruit salutairement, même lorsqu’il se cache, quelle lumière n’en devons-nous pas attendre, lorsqu’il se découvre ?

402]

849 289

Est et non est 290 sera-t-il reçu dans la foi même, aussi bien que dans les miracles ? Et s’il en est inséparable dans les autres…

Quand saint Xavier fait des miracles. — [Saint Hilaire. — Misérables qui nous obligez à parler des miracles.] 291 Væ qui conditis.

Juges injustes, ne faites pas des lois sur l’heure ; jugez par celles qui sont établies, et établies par vous-mêmes : Væ qui conditis leges iniquas.

Miracles continuels, faux 292 .

Pour affaiblir vos adversaires, vous désarmez toute l’Église 293 .

S’ils disent que notre salut dépend de Dieu ce sont des hérétiques 294 . S’ils disent qu’ils sont soumis au Pape, c’est une hypocrisie. S’ils sont prêts à souscrire toutes ses constitutions, cela 295 ne suffit pas. S’ils disent qu’il ne faut pas tuer pour une pomme, ils combattent la morale des catholiques. S’il se fait des miracles parmi eux, ce n’est point une marque de sainteté, et c’est au contraire un soupçon d’hérésie.

La manière dont l’Église a subsisté est que la vérité a été sans contestation, ou si elle a été contestée, il y a eu le Pape, ou sinon, il y a eu l’Église.

447]

850 296

Les cinq propositions condamnées, point de miracle, car 297 la vérité n’était point attaquée 298 . Mais la Sorbonne…, mais la bulle 299 …

Il est impossible que ceux qui aiment Dieu de tout leur cœur méconnaissent l’Église, tant elle est évidente. — Il est impossible que ceux qui n’aiment pas Dieu 300 soient convaincus de l’Église.

Les miracles ont une telle force 301 qu’il a fallu que Dieu ait averti qu’on n’y pense point contre lui 302 , tout clair qu’il soit qu’il y a un Dieu ; sans quoi ils eussent été capables de troubler.

Et ainsi tant s’en faut que ces passages, Deut., xiii 303 , fassent contre l’autorité des miracles, que rien n’en marque davantage la force. Et de même pour l’Antechrist : « Jusqu’à séduire les élus, s’il était possible 304 . »

343]

851 305

L’histoire de l’aveugle-né 306 .

Que dit saint Paul ? dit-il le rapport des prophéties à toute heure ? non, mais son miracle 307 . Que dit Jésus-Christ ? dit-il le rapport des prophéties ? non : sa mort ne les avait pas accomplies ; mais il dit : si non fecissem 308 . Croyez aux œuvres.

Deux fondements surnaturels de notre religion toute surnaturelle : l’un visible, l’autre invisible. Miracles avec la grâce, miracles sans grâce.

La synagogue qui a été traitée avec amour comme figure de l’Église, et avec haine, parce qu’elle n’en était que la figure, a été relevée, étant prête à succomber quand elle était bien avec Dieu ; et ainsi figure.

Les miracles prouvent le pouvoir que Dieu a sur les cœurs, par celui qu’il exerce sur les corps 309 .

Jamais l’Église n’a approuvé un miracle parmi les hérétiques 310 .

Les miracles, appui de religion : ils ont discerné les juifs, ils ont discerné les chrétiens, les saints, les innocents, les vrais croyants.

Un miracle parmi les schismatiques n’est pas tant à craindre ; car le schisme, qui est plus visible que le miracle, marque visiblement leur erreur. Mais quand il n’y a point de schisme, et que l’erreur est en dispute, le miracle discerne.

Si non fecissem quæ alius non fecit. Ces malheureux, qui nous ont obligé de parler des miracles 311 .

Abraham, Gédéon ; confirmer la foi par miracles 312 .

Judith : enfin Dieu parle dans les dernières oppressions.

Si le refroidissement de la charité laisse l’Église presque sans vrais adorateurs, les miracles en exciteront. C’est un des derniers effets de la grâce.

S’il se faisait un miracle aux Jésuites !

Quand le miracle trompe l’attente de ceux en présence desquels il arrive, et qu’il y a disproportion entre l’état de leur foi et l’instrument du miracle, alors il doit les porter à changer. Mais vous, autrement. Il y aurait autant de raison à dire que si l’Eucharistie ressuscitait un mort, il faudrait se rendre calviniste que demeurer catholique 313 . Mais quand il couronne l’attente, et que ceux qui ont espéré que Dieu bénirait les remèdes se voient guéris sans remèdes…

Impies. — Jamais signe n’est arrivé de la part du diable sans un signe plus fort de la part de Dieu, au moins sans qu’il eût été prédit que cela arriverait.

451]

852 314

Injustes persécuteurs de ceux que Dieu protège visiblement : s’ils vous reprochent vos excès, ils parlent comme les hérétiques 315 ; s’ils disent que la grâce de Jésus-Christ nous discerne, « ils sont hérétiques » ; s’il se fait des miracles, « c’est la marque de leur hérésie » 316 .

Ézéchiel. On dit : Voilà le peuple de Dieu qui parle ainsi 317 . — Ézéchias 318 .

Il est dit : « Croyez à l’Église 319 », mais il n’est pas dit : « Croyez aux miracles », à cause que le dernier est naturel, et non pas le premier. L’un avait besoin de précepte, non pas l’autre.

La synagogue était la figure, et ainsi ne périssait point ; et n’était que la figure, et ainsi est périe. C’était une figure qui contenait la vérité, et ainsi, elle a subsisté jusqu’à ce qu’elle n’a plus eu la vérité 320 .

Mon révérend Père, tout cela se passait en figure. Les autres religions périssent ; celle-là ne périt point.

Les miracles sont plus importants que vous ne pensez : ils ont servi à la fondation, et serviront à la continuation de l’Église, jusqu’à l’Antechrist, jusqu’à la fin.

Les deux Témoins.

En l’Ancien Testament et au Nouveau, les miracles sont faits par l’attachement des figures 321 . Salut, ou chose inutile sinon pour montrer qu’il faut se soumettre aux Écritures : figures des sacrement.

110]

853 322

[Il faut sobrement juger des ordonnances divines, mon Père 323 .

Saint Paul en l’île de Malte 324 .]

113]

855 325

326 Je suppose qu’on croit les miracles : vous corrompez la religion ou en faveur de vos amis, ou contre vos ennemis. Vous en disposez à votre gré.

93]

856 327

Sur le miracle. — Comme Dieu n’a pas rendu de famille plus heureuse, qu’il fasse aussi qu’il n’en trouve point de plus reconnaissante.

↑ Cf. B., 439 ; C., 235 ; P. R., XXVII, 2 et 3 ; Bos., II, xvi, 1 et 2 ; Faug., II, 213 ; Hav., XXIII, 1 ; Mol., II, 66 ; Mich., 509.

↑ Addition d’une main étrangère, et postérieure : 5 Miracles.

↑ [Il faut donc une marque.]

↑ [Connaissance.]

↑ Les miracles sont des faits matériels, et ils ont un but spirituel, qui est la vérité. Il est donc impossible qu’il y ait miracle contre la vérité.

↑ Au verset 22.

↑ Au verset 1. — Un recueil de « Pensées sur les miracles » qu’on trouva dans les papiers d’Arnauld, contient cette règle : « Obéir à un prophète lorsqu’il commande de faire ce que Dieu a défendu, pourvu que ce ne soit point le culte des faux dieux. Deutér., XIII, 1, etc., XVIII, 18 et suiv. » (Œuvres, éd. de Lausanne, t. X, p. 398.)

↑ Marc, IX, 38, cité par Pascal, fr. 839.

↑ Formule expliquée par le fr. 843.

↑ Cf. B., 465 ; C., 263 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., II, 213 ; Hav., XXIII, 41 ; Mol., II, 67 ; Mich., 667.

↑ [Ce] qui.

↑ [Aussi quand on.]

↑ [Ce qui.]

↑ Cf. l’Appendice, question II.

↑ Cf. B., 456 ; C., 255 ; Faug., I, 282 ; Hav., XXV, 203 ; Mol., I, 309 ; Mich., 785.

↑ Cf. B., 449 ; C., 247 ; Faug., II, 223 ; Hav., XXV, 148 ; Mol., II, 112 ; Mich., 805.

↑ Cf. B., 456 ; C., 255 ; Faug., I, 21 ; Hav., XXV, 203 ; Mol., I, 309 ; Mich., 784.

↑ [Ou Dieu a] parlé [de Dieu.]

↑ [Des.]

↑ Cf. B., 448 ; C., 245 ; P. R., XVII, 5 et 7 ; Bos., II, xvi, 3 et 4 ; Faug., II, 226 ; Hav., XXIII, 8 et 5 ; Mol., II, 74 et I, 265 ; Mich., 812.

↑ [Une fois seulement par sa doctrine, et cent fois] par ses miracles.

↑ Marc, II, 10. Texte cité fr. 643.

↑ Luc, X, 20.

↑ C’est-à-dire par les miracles de Jésus-Christ.

↑ Joan., II, 3.

↑ La fin du paragraphe en surcharge. Tous les « faiseurs de miracles » sont énumérés dans le Deutér., XVIII, 10-11.

↑ [Dans le doute.] — Deutér., XVII, 9 sqq.

↑ [Qu’ils avaient.]

↑ Joan., XV, 24 : Si opera non fecissem in eis, quæ nemo alius fecit, peccatum non haberent. — Cf. Charron, discours IV, De la venue du Rédempteur.

↑ Joan., II, 11 : Hoc fuit initium signorum Jesus in Cana Galileæ.

↑ Joan., IV, 54 : Hoc iterum secundum signum fuit Jesus, cum venisset a Judæa in Galilæam.

↑ Cf. B., 157 ; C., 188 ; Faug., II, 234 ; Mol., II, 67 ; Mich., 102.

↑ Cf. C., 232 ; Manuscrit de Troyes ; Faug., II, 234 ; Mol., II, 67 ; Mich., 960.

↑ En l’absence de toute autre interprétation, on est conduit à admettre que ce second miracle serait celui que Pascal nomme le deuxième signe à la fin de la pensée 808.

↑ Cf. B., 84 ; C., 119 ; Faug., II, 214 ; Hav., XXV, 94 bis ; Mol., II, 72 ; Mich., 417.

↑ Ce fragment se réfère au texte de saint Jean, XV, 24, qui est cité au fragment 808. Les copies ajoutent ces mots de Job, VI, 28 : Vide an mentiar.

↑ Cf. B., 81 ; C., 107 ; Faug., II, 214 ; Hav., XXV, 94 ; Mol., II, 72 ; Mich., 556.

↑ « Je ne sais si on peut trouver ces paroles textuellement dans saint Augustin, mais il revient souvent sur l’importance des miracles pour établir la foi. Voir particulièrement le chapitre ix du livre XXII de la Cité de Dieu, et le livre De utilitate credendi, où il dit positivement que la religion du Christ s’est établie par les miracles. » (Note d’Ernest Havet.)

↑ Cf. B., 459 ; C., 258 ; Faug., II, 233 et I, 283 ; Hav., XXV, 61 et XXIII, 29 ; Mol., II, 68 ; Mich., 799.

↑ Cf. Essai XI, livre IIIEssai XI, livre III : Des Boiteux : « I’ay veu la naissance de plusieurs miracles de mon temps : encores qu’ils s’estouffent en naissant, nous ne laissons pas de preveoir le train qu’ils eussent pris, s’ils eussent vescu leur aage… Passant avant-hier dans un village à deux lieues de ma maison, ie trouvay la place encores toute chaulde d’un miracle qui venoit d’y faillir. »

↑ Voir l’Essai de Montaigne : C’est folie de rapporter le vray et le faulx au jugement de nostre suffisance (I, xxvi).(I, xxvi). « C’est une sotte presumption d’aller desdaignant et condamnant pour faulx ce qui ne nous semble pas vraysemblable : qui est un vice ordinaire de ceulx qui pensent avoir quelque suffisance oultre la commune. » Et plus loin ces lignes qui ont dû frapper particulièrement Pascal : « Ce qui me semble apporter autant de desordre en nos consciences, en ces troubles où nous sommes de la religion, c’est cette dispensation que les catholiques font de leur creance… Ou il fault se soubmettre du tout à l’auctorité de nostre police ecclésiastique, ou du tout s’en dispenser : ce n’est pas à nous à establir la part que nous luy debvons d’obeïssance. »

↑ Cf. B., 457 ; C., 255 ; Faug., II, 235 ; Hav., XXV, 16 bis ; Mol., II, 68 ; Mich., 787.

↑ Allusion aux deux Essais : III, 11 et I, 26, que nous rappelons au fragment précédent.

↑ Cf. B., 338 ; C., 290 ; Faug., II, 214 ; Hav., XXV, 94 ter ; Mol., II, 72 ; Mich., 313.

↑ Cf. B., 117 ; C., 143 ; Bos., t. II, p. 547 ; Faug., I, 221 ; Hav., XXIV, 99 ; Mol., II, 89 ; Mich., 114.

↑ Montaigne parle de Tacite dans l’Essai sur l’Art de conférer : « Ce qu’il dict aussi que Vespasian, par la faveur du dieu Serapis, guarit en Alexandrie une femme aveugle, en luy oignant les yeux de sa salive, et ie ne sçais quel aultre miracle, il le faict par l’exemple et debvoir de touts bons historiens. » (III, viii)(III, viii) Cf. Tacite, Hist., IV, 81. Grotius (V. R. C., IV, 8), mentionne aussi les miracles de Vespasien ; il renvoie en note aux textes de Tacite (Hist., I et IV) et aussi à Suétone (ch. 5 et ch. 7), à Josèphe, de Bello Judaico, III, 27.

↑ Cf. B., 388 ; C., 353 ; P. R., XVII, 16 ; Bos., II, xvi, 7 ; Faug., II, 234 ; Hav., XXIII, 23 ; Mol., II, 69 ; Mich., 773.

↑ Fragment écrit par Mme Périer.

↑ [Qu’il y a tant.]

↑ [Des à ceux.]

↑ [Comme.]

↑ Par la connaissance… hommes en surcharge.

↑ [Même celle des.]

↑ [Trouvé.]

↑ [Cru.]

↑ [En] a [de] véritables.

↑ [Sont.]

↑ [Et ainsi il.]

↑ Page 444 du manuscrit.

↑ [Et même de la religion.]

↑ [Que s’il n’y en avait pas de vrais, il n’y en aurait pas] tant de faux.

↑ Et surcharge.

↑ Allusion à Montaigne, Apol.Apol. : « Epicurus [dit] qu’en mesme temps que les choses sont icy comme nous les veoyons, elles sont toutes pareilles et en mesme façon en plusieurs aultres mondes ; ce qu’il eust dict plus asseureement, s’il eust veu les similitudes et convenances de ce nouveau monde des Indes occidentales avecques le nostre present et passé, en de si estranges exemples… ; car on y trouve des nations n’ayants, que nous sçachions, iamais ouï nouvelles de nous, où la circoncision estoit en credit… où nos croix estoient en diverses façons et credit ; icy on en honoroit les sepultures ; on les appliquoit là, et nommeement celle de sainct André, à se deffendre des visions nocturnes… on y trouva… l’usage des mitres, le cœlibat des presbtres… ; et cette fantasie… qu’ils furent creez avecques toutes commoditez, lesquelles on leur a depuis retranchees pour leur péché… qu’aultrefois ils ont esté submergez par l’inondation des eaux celestes. » — Charron avait déjà repris ces mêmes exemples, pour en déduire l’uniformité du cours des choses (Sagesse, II, ii, 6).

↑ Cf. B., 389 ; C., 355 ; Faug., II, 236 ; Mol., II, 71 ; Mich., 422.

↑ Ce fragment est, comme le précédent dont il est une variante, écrit par Mme Périer. Le papier est le verso d’une lettre dont voici les fragments conservés : « À Monsieur Pascal, Paris. Monsieur,

Je vous avertis que… la maistrise de notre… et Mademoiselle… heures précises, quoique… heure de vous y garder… faveur pour ma femme… point de lui donner… du retour qui ne saurait… elle prendra la liberté…

Monsieur.

Ce 19e février 1660. »

↑ Tout le début du fragment en surcharge.

↑ [Le peuple.]

↑ Il faut dire e : surcharge.

↑ [Aurait.]

↑ [Aurait pas tant] de faux [s’il n’y en avait] de vrais.

↑ Le déluge en surcharge.

↑ Cf. B., 454 ; C., 252 ; Faug., II, 215 ; Hav., XXV, 146 ; Mol., II, 86 ; Mich., 819.

↑ Il est intéressant de se rendre compte du travail entrepris par Pascal pour approfondir sur un point essentiel le sens de l’Écriture. Il s’est reporté — peut-être sur le conseil de M. de Saci qui a suivi cette méthode pour la Bible de Mons (cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, 5e édit., t. II, p. 361)t. II, p. 361) — à l’édition de Robert Estienne qui met une traduction latine nouvelle en regard de la Vulgate et y ajoute des notes empruntées à l’enseignement de Vatable. Pour la première référence, voici le texte de la Vulgate : Ecce ego ad prophetas somniantes mendacium, ait Dominus, qui narraverunt ea, et seduxerunt populum meum in mendacio suo, et in miraculis suis. — Miraculis est traduit par celeritatibus, que la note explique ainsi : vel Levitatibus. Levitates enim dicunt quum modo hoc modo illud inconstanter sentiunt. Aut levibus et stultis suis cogitationibus et inventis.

↑ La Vulgate traduit ainsi le verset 15 du ch. xiv : Et factum est miraculum in castris, per agros… et accidit quasi miraculum a Deo. — La traduction donnée par Robert Estienne est fuit pavor.

↑ Verumtamen miraculum meum non et terreat, et eloquentia mea non sit gravis. — Version nouvelle : Ecce metus nullus ex me turbabit te.

↑ Tenebræ stupefecerunt me : Babylon dilecta mea posita est mihi in miraculum. — Version nouvelle : in horrore.

↑ Et erunt in jusjurandum, et in miraculum, et in maledictionem, et in opprobrium. — Miraculum est traduit par stupor.

↑ Siccitas super aquas ejus erit, et arescunt : quia terra sculptilium est, et in portentis gloriantur. — Vatable donne le mot Emim, vel simulacris.

↑ Ecce ego et pueri mei, quos dedit mihi Dominas in signum, et in portentum. — Traduction : in miracula et portenta.

↑ Cf. B., 459 ; C., 257 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., II, 328 ; Hav., XXV, 179 ; Mol., II, 86 ; Mich., 802.

↑ Fragment écrit d’abord au crayon.

↑ Grotius vérifie les miracles de Jésus-Christ à l’aide de la doctrine, en invoquant cet argument que la doctrine de Jésus pour laquelle ces miracles étaient faits, est contraire aux esprits mauvais : vetat enim malos spirilus coli, abstrahit homines ab omni immunditia morum, qua tales spiritus delectantur (De. Verit. Rel. Chr. II, v).

↑ [Qu’il a établie.]

↑ Math., XII, 25 : omne regnum divisum contra se desolabitur. Cf. Luc., XI, 17.

↑ Dont pour ce dont.

↑ Luc, XI, 20 : Porro si in digito Dei ejicio dæmonia, profecto pervenit in vos regnum Dei.

↑ Cf. B., 445 ; C., 248 ; P. R., XXVIII, 7 et 3 ; Bos., II, xvi, 4 ; Faug., II, 223 ; Hav., XXIII, 10 ; Mol., II, 78 ; Mich., 826.

↑ Cf. Nicole : « Dieu ne fait jamais des œuvres miraculeuses qui sont visiblement au delà de toutes les forces de la nature et qui ne peuvent être attribuées qu’à un coup extraordinaire de sa puissance infinie, en des temps et en des circonstances qui puissent porter les hommes qui en jugent raisonnablement, à entrer ou à se confirmer dans l’erreur. » Note sur la XVIe Provinciale.

↑ [Où] si on n’aime.

↑ L’argument avait été développé par Grotius (V. R. C. II, v) : « Neque sapientiæ aut bonitati ipsius Dei ullo modo convenit ut passus credatur astu dæmonum illudi hominibus et omni militia alienis et sui meluentibus. » — Port-Royal ajoute ce paragraphe, pour relier le fragment au dernier paragraphe du fragment 833 : « C’est ce que Dieu ne peut faire, et ce qu’il ferait néanmoins, s’il permettait que, dans une question obscure, il se fit des miracles du côté de la fausseté. On doit conclure de là qu’il est impossible, etc. »

↑ Cf. B., 465 ; C., 264 ; Faug., II, 234 ; Hav., XXV, 151 ; Mol., II, 73 ; Mich., 837.

↑ Le manuscrit porte, distinctement écrit sous la dictée de Pascal, sing. La copie donne successivement les leçons saints et signes. Michaut propose singulièrement. Cf. fr. 851. « Abraham, Gédéon : confirmer la foi par miracles. » — Allusion aux paroles d’Abraham (Gen., xv, 8) : Domine deus, unde scire possum quod possessurus sim eam ? et de Gédéon (Judic., vi, 36) : Si salvum facis per manum meam Israël sicut locutus es, ponam hoc vellus lanæ in area : siros in solo vellere fuerit, et in omni terra siccitas, sciam, quod per manum meam, sicut locutus es, liberabis Israël. »

↑ Allusion à la controverse de saint Augustin contre les Donatistes : il leur reproche de particulariser l’Église aux évêques de leur communion et au territoire de l’Afrique. Cf. Epistola contra Donatistas et en particulier les passages ainsi traduits par Colbert, évêque de Montpellier, dans la lettre de 1727 qui a pour appendice les Pensées de Pascal sur le miracle : « Citez-moi quelque passage de l’Écriture qui soit clair, précis et qui n’ait point besoin d’interprète où il soit dit que l’Église ne sera qu’en Afrique… comme moi je vous prouve par une foule de textes clairs et évidents que l’Église n’a pu périr dans tout l’univers pour être enfermée dans un aussi petit espace que celui qu’occupait le parti de Donat en Afrique. »

↑ Cf. B., 441 ; C., 238 ; P. R., XXVII, 3 ; Bos., II, xvi, 2 ; Faug., II, 227 ; Hav., XXIII, 3 ; Mol., II, 67 ; Mich., 304.

↑ [Il n’y aurait.]

↑ Humainement en surcharge.

↑ [Il y a.]

Il y a une certitude humaine, en ce sens qu’il y a une certitude pour l’homme, mais non humainement, c’est-à-dire que cette certitude ne vient pas de l’homme. À la certitude s’oppose une raison, c’est-à-dire un motif, un moyen, qui n’exclut par l’existence de motifs, de moyens opposés. La foi ne doit pas être contraire à la raison ; mais la raison ne suffit pas à la fonder. Cf. Section IV, particulièrement fr. 265.

↑ Cf. B., 457 ; C., 257 ; P. R., XXVII, 14 ; Bos., II, xvi, 6 ; Faug., II, 215 ; Hav., XXIII, 20 ; Mol., II, 86 ; Mich., 797.

↑ Cf. B., 185 ; C., 217 ; Faug., II, 233 ; Hav., XXV, 42 ; Mol., II, 79 ; Mich., 850.

↑ De la première partie de la Somme théologique de saint Thomas, question CXIII, article x, réponse à la seconde objection. — La justification de l’impie est-elle un miracle ? Saint Thomas répond que non, et il invoque, dans le paragraphe visé par Pascal, cette considération qu’il ne suffit pas, pour qu’il y ait miracle, qu’une chose naturelle agisse contre son inclination, mais il faut encore que l’événement s’accomplisse contre l’ordre propre de la cause à qui il appartient de l’effectuer. Quand le feu échauffe l’eau, il n’y a pas miracle, quoique l’eau ne s’échauffe pas d’elle-même ; quand Dieu justifie l’impie, il n’y a pas miracle, quoique l’impie ne se justifie pas de lui-même. De cette argumentation, Pascal tire une conséquence : si la justification de l’impie n’est pas un miracle, il n’y a pas de miracle pour la justification de l’impie ; et les miracles se proposent, non pas la conversion des Jansénistes, comme le soutenait le P. Annat, mais la condamnation des Jésuites. — (Cf. Appendice, question iii).

↑ Cf. C., 344 ; Mich., 739 note.

↑ Cf. B., 439 ; C., 236 ; P. R., XXVII, 15 et 11, 12 et 13 ; Bos., II, xvi, 7, 5 et 10 ; Faug., II, 228 ; Hav., XXIII, 22 et 18 ; Mol., II, 68 ; Mich., 510.

↑ Renvoi de saint Jean à Isaïe, VI, 10. Texte cité fr. 714.

↑ Verset 41.

↑ I. Cor., I, 22.

↑ Réponse de Pascal inspirée du verset 22 et aussi du verset 23 : nos autem prædicamus Christum crucifixum.

↑ [Croire aux] vrais miracles est [la] charité.

↑ La citation suivante en surcharge.

↑ Ex ovibus meis, X, 26.

↑ [Mescroire les vrais.]

↑ La référence de Pascal vise en particulier le verset 10 : Eo quod charitatem veritatis non receperunt ut salvi fierent. Ideo mittet illis Deus operationem erroris, ut credant mendacio.

↑ Surgent enim pseudochristi, et pseudoprophetæ : et dabunt signa magna, et prodigia, ita ut in errorem inducantur (si fieri potesi) etiam electi Matth., XXIV, 24. Cf. Marc, XII, 22.

↑ Les trois paragraphes suivent en marge.

↑ Deutér., XVIII, 15. (Texte cité fr. 803.)

↑ Au texte de saint Mathieu que nous venons de citer.

↑ Cf. B., 442 ; C., 239 ; P. R., XXVII, 8 ; Bos., II, xvi, 5 ; Faug., II, 228 ; Hav., XXV, 149 et XXIII, 15 ; Mol., II, 88 ; Mich., 306.

↑ [N’eût pas.]

↑ Allusion au chapitre 15 du IVe livre des Rois, où Dieu intervient pour secourir Ézéchias, suivant la prédiction faite par Isaïe : « Il envoya un ange pendant la nuit qui tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes du camp de Sennachérib. ».

↑ Et dixit Jeremias propheta ad Hananiam prophetam : Audi Hanania. Non misit te Dominus, et tu confidere fecisti populum istum in mendacio. Idcirco hæc dicit Dominus : Ecce ego mittam te a facie terræ : hoc anno morieris : adversum enim Dominum locutus es. Et mortuus est Hananias propheta in anno illo mense septimo (Jérém. XXVIII, 15-17).

↑ Versets 15-36. Miracle d’Héliodore.

↑ Versets 13 sqq. Apparitions d’Onias et de Jérémie.

↑ Verset 24.

↑ Récit du sacrifice d’Élie, où Dieu intervient par un miracle en faveur d’Élie : Dixit ergo Elias prophetis Baal, etc. (verset 25 sqq.)

↑ [Le miracle n’est arrivé.]

↑ Cf. B., 453 ; C., 252 ; P. R., XXVII, 8 ; Bos., II, xvi, 5 ; Faug., II, 224 ; Hav., XXIII, 14 ; Mol., II, 8 ; Mich., 807.

↑ Gen., IV, 4 et 5 : et respexit Dominus ad Abel, et ad munera ejus. — Ad Caïn vero, et ad munera illius, non respexit.

↑ Exode, VIII, 19 : « Et dixerunt malefici ad Pharaonem : digitus Dei est hic. »

↑ Voir au fragment précédent.

↑ Voir le fragment précédent.

↑ III. Rois, XXII, 7 sqq.

↑ Jésus-Christ, pharisiens surcharge. — Marc II, 10, sqq. Luc., V, 130-34. Cf. fr. 643 et 675.

↑ Act. Apost., XIII, 11. Cf. fr. 843.

↑ [Jésus-Christ, Pharisiens.] — Act. Apost., XIX, 16. Cf. fr. 843.

↑ [Chrétiens.]

↑ Élie et Énoch s’opposent à l’Antechrist, étant les deux témoins auxquels fait allusion l’Apocalypse de saint Jean, XI, 3 : et dabo duobus testibus meis, et prophetabunt, etc.

↑ La croix de Jésus et la croix des deux larrons. Cf. fr. 841.

↑ Cf. B., 444 ; C., 241 ; P. R., XXVII, 6 et 9 ; Bos., II, xvi, 4 et 5 ; Faug., II, 230 ; Hav., XXIII, 7 et XXIII, 16, et XXV, 150 ; Mol., II, 86 ; Mich., 318.

↑ Scrutamini Scripturas, quia vos putatis in ipsis vitam æternam habere ; et illæ sunt, quæ testimonium perhibent de me. Joan. VI, 39.

↑ [Ils.]

↑ Nunc autem excusationem non habent de peccato suo. Joan. XV, 22.

↑ Il fallait jusqu’à suffisent en surcharge.

↑ Notre démonstration, c’est-à-dire la connaissance de la doctrine chrétienne. La Copie donne l’exposition.

↑ Cette première ligne en surcharge. — Verset 43 : Dissensio itaque facta est in turba propter eum.

↑ [Le] croyaient.

↑ Verset 42.

↑ Verset 43.

↑ Ou un pharisien en surcharge.

↑ Nous savons que en surcharge.

↑ Verset 52.

↑ [Et encore un tel homme qui fait de tels miracles.] — Verset 51.

↑ Cf. C., 341 ; Mich., 954.

↑ Cf. B., 463 ; C., 261 ; Faug., I, 288 ; Hav., Prov., 294 ; Mol., II, 112 ; Mich., 741.

↑ Le rapprochement de ce fragment avec le fragment précédent, que les copies nous ont conservé, lui donne tout son sens. Avant les miracles de Jésus-Christ les prophéties étaient équivoques ; les miracles ont discerné qui était le vrai Messie. Avant le miracle de la Sainte-Épine, les cinq propositions étaient équivoques ; le miracle a discerné les vrais chrétiens. Du même coup se mesurent et le rôle que Pascal attribuait au miracle et la place qu’il comptait lui faire dans son Apologie.

↑ Cf. B., 457 ; C., 256 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., I, 282 ; Hav., XXIII, 37 ; Mol., II, 82 ; Mich., 789.

↑ C’est le principe invoqué par les Jésuites contre le miracle de la Sainte-Épine.

↑ [Ôté.]

↑ [Parle.]

↑ Tout ce tableau de l’Église est à double entente, comme le fait remarquer Havet. Cf. fr. 841. Au fr. 868, Pascal parle de saint Athanase condamné par le pape Libère, et qui est vis-à-vis des Ariens comme sont les Jansénistes vis-à-vis des Jésuites. Arius commença sa prédication la dernière année du règne de Dioclétien (312) ; il mourut subitement, et cette mort fut regardée par ses adversaires comme un châtiment miraculeux.

↑ Cf. B., 367 ; C., 323 ; P. R., XXXI, 9 ; Bos., I, x, 8 ; Faug., II, 23 ; Hav., VII, 8 ; Mol., II, 88 ; Mich., 752.

↑ Vide infra, p. 273 note 3.

↑ La règle, invoquée par les Jésuites, et reconnue par Pascal est qu’il ne se fait plus de miracles depuis l’établissement de l’Église.

↑ Cf. B., 453 ; C., 251 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., II, 225 ; Hav., XXIII, 38 et XXIII, 34 ; Mol., II, 83 ; Mich., 790.

↑ [Hoc habebitis signum ad defeadendos viros prophetiis falsis.]

↑ La Vulgate porte : sed quia manducastis ex panibus et saturati estis.

↑ [Ne le suivent.] De en faisant à miracles en surcharge.

↑ [Médisent.]

↑ [Leur.]

↑ Verset 16.

↑ Joan., IX, verset 17.

↑ Verset 33.

↑ Cf. B., 451 ; C., 249 ; P. R., XXVII, 3 ; Bos., II, xii, 2 ; Faug., II, 224 ; Hav., XIII, 2 ; Mol., II, 79 ; Mich., 817.

↑ [Jésus-Christ.]

↑ Allusion au texte du Deutéronome, XIII, 22, cité fr. 803. Cf. Grotius V. R. C., IV, 5.

↑ y surcharge.

↑ [Et d’y.]

↑ [Car ils.]

↑ [Et par là ils eussent.]

↑ Donc surcharge.

↑ Cf. B., 460 ; C., 243 ; P. R., XXVII, 8 ; Bos., II, xvi, 5 ; Faug., II, 353 ; Hav., XXIII, 12 ; Mol., II, 84 ; Mich., 814.

↑ Cf. B., 445 ; C., 243 ; Faug., II, 353 ; Hav., XXV, 184 ; Mol., II, 42 ; Mich., 815.

↑ Cf. B., 83 ; C., 109 ; P. R., XVI, 4 ; Bos., II, xii, 3 ; Faug., II, 214 ; Hav., XIX, 3 ; Mol., II, 73 ; Mich., 423.

↑ [Avant sa mort.]

↑ [En grand.]

↑ Cf. textes cités au fr. 774.

↑ Au Messie en surcharge.

↑ [Il.]

↑ [Sont.]

↑ Expression qui est expliquée au fr. 760.

↑ Cf. B., 452 ; C., 250 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., II, 216 ; Hav., XXIII, 35, 36 ; Mol., II, 84 et II, 85 ; Mich., 302.

↑ Si autem facio, et si mihi non vultis credere, operibus credite, ut cognoscatis, et credatis quia Pater in me est, et ego in Patre, Joan., X, 38.

↑ C’est l’expression même qu’emploie Charron en commentant ce texte : « Les œuvres… étant de plus grande vertu et efficace que les paroles, aussi y renvoie-t-il ceux qui ne voulaient point croire à ses paroles » (De la Rédemption, disc. X).

↑ [Leur.]

↑ Deutér., XIII, 1 sqq. Cf. fr. 803.

↑ Marc, III, 22 : Quoniam Beelzebat habet. Cf. Matth., XII, 24.

↑ Michaut propose de lire : étant nécessité, en entendant l’expression au sens absolu, la nécessité étant. Mais la logique de la phrase semble demander que le sujet demeure le même, scribes et pharisiens étant dans la nécessité d’être convaincus ; nécessités est employé exactement comme synonymes d’obligés, ainsi que fait Voltaire dans ce passage cité par Littré : « il faut des mains nécessitées au travail » (Fragments sur l’histoire, XVII).

↑ Reconnaissent qu’ils en surcharge.

↑ [Signa.] — Le texte de saint Marc (IX, 38) porte Nemo est enim qui faciat…

↑ [Statim.]

↑ [Nulle.]

↑ [Sa Croix, son.]

↑ Cf. B., 454 ; C., 253 ; Bos., II, xvi, 9 ; Faug., II, 216 ; Hav., XXIII, 30 ; Mol., II, 80 ; Mich., 820.

↑ [Rarement ils sont [Il y a peu de choses.]

↑ Différentes en surcharge.

↑ [Ils ont.]

↑ [De.]

↑ Voir les textes de Marc., III, 22 et de Matth., XII, 24, mentionnés dans les notes du fr. 839. — Voici comment Colbert, évêque de Montpellier, dans sa publication de 1727, et Bossut après lui, complètent ce fragment : « les autres qui disaient : Il chasse les démons au nom de Belzébuth. Il y avait deux partis au temps de Calvin : celui de l’Église et celui des Sacramentaires qui le combattaient. Il y a maintenant les Jésuites, et ceux qu’ils appellent Jansénistes qui contestent. Mais les miracles étant du côté des Jansénistes, les Jésuites ont recours à cette défaite générale des Juifs et des hérétiques, qui est qu’il faut juger des miracles par la doctrine. »

↑ Cf. B., 467 ; C., 266 ; P. R., XXVII, 8 ; Bos., II, xvi, 5, 9 et 10 ; Faug., II, 224 et I, 287 ; Hav., XXIII, 13 et XXIII, 25 ; Mol., II, 81 et II, 111 ; Mich., 821.

↑ Cf. fr. 828.

↑ [Quand les.]

↑ C’est-à-dire qui ont gagné notre créance avant même que nous ayons commencé à examiner les doctrines. Préoccuper est ici employé au sens en quelque sorte original de la métaphore, et n’a pas l’acception défavorable qu’il avait d’ailleurs déjà reçue au temps de Pascal.

↑ « Une maison religieuse est déchirée depuis plusieurs années par de continuelles impostures. Des personnes ennemies et violentes tâchent de la décrier partout comme infectée d’hérésie. Ils y emploient jusqu’à des calomnies aussi horribles qu’est celle de publier qu’on n’y croit pas la présence réelle de Jésus-Christ dans le saint sacrement, quoiqu’on l’y adore sans cesse par un institut particulier. On les traite d’excommuniées, et on tâche de faire croire à tous ceux qui ne les connaissent pas, que c’est un crime de mettre de petites filles entre leurs mains pour les élever et pour les instruire. On veut même persuader qu’on doit fuir leur église comme une église de schismatiques. On les menace de la dernière persécution. Il ne leur reste aucune consolation qu’en leur innocence, aucune espérance qu’en leurs prières, aucun refuge qu’en Dieu. Et dans le point même où il semblait que tout était préparé pour les accabler, Dieu fait éclater parmi elles les marques les plus visibles de sa protection et de son amour. » Réponse à un Écrit sur les miracles de Port-Royal (Pascal, Œuvres, Éd. Lahure, II, p. 308). Cf. Seizième Provinciale.

↑ [Qu’]elles.

↑ [Demandent.]

↑ [On dit que.] — Ps. CXXXVIII, 24.

↑ « Lorsque après que, des hommes passionnés ont écrit, ce qui est horrible à penser, que « Port-Royal est plus proche de Genève et de Charenton, que de Rome et de Notre-Dame de Paris », Dieu choisit cette maison religieuse pour y faire admirer son pouvoir par des miracles…, que doit-on en conclure ? » (Réponse, ibid., p. 307.)

↑ [Qu’il fût.]

↑ Paragraphe écrit en marge et d’abord au crayon. — « Dieu ne montra-t-il pas qu’il était avec les catholiques contre les ariens, lorsque saint Athanase fit venir saint Antoine à Alexandrie pour confirmer la foi de l’Église par les miracles que Dieu ferait par son entremise ? Et le peuple ne conclut-il pas fort bien que Dieu était dans l’Église catholique, où il faisait des miracles ? » (Réponse, ibid., p. 307.)

↑ Cf. B., 450 ; C., 248 ; Faug., II, 231 et I], 286 ; Hav., XXV, 151 ; Mol., II, 79 ; Mich., 836.

↑ Joan., X, 24.

↑ Vocem meam surcharge.

↑ Ibid., versets 25-27.

↑ Commentaire de Pascal. C’est donc le miracle, et non la doctrine, que Nicodème invoque comme fondement de la croyance.

↑ Signa surcharge.

↑ Joan., III, 2. Texte cité fr. 808.

↑ La Vulgate porte : Et alii tentantes, signum de cœlo quærebant ab eo.

↑ La Vulgate porte : mala et adultera, Matth., XII, 39.

↑ [Quand.]

↑ Ingemiscens spiritu, dit la Vulgate.

↑ Et non poterat ibi [en Galilée] virtutem ullam facere nisi paucos infirmos impositis manibus curavit.

↑ [Plus.]

↑ C’est la suite du verset de saint Matthieu (XII, 39) que Pascal vient de citer : Et signum non dabitur ei, nisi signum Jonæ prophetæ. Sicut enim fuit Jonas in ventre ceti tribus diebus, et tribus noctibus, sic erit Filius hominis in corde terræ tribus diebus, et tribus noctibus.

↑ Joan., IV, 48.

↑ Versets 9-10.

↑ Deuter., XIII, 3 : tentat vos Dominus Deus vester, ut palam fiat utrum diligatis eum an non, in toto corde et in tota anima vestra.

↑ Matth., XXIV, 25.

↑ Verset 33 : ita et vos cum videritis hæc omnia, scitote quia prope est in januis.

↑ Cf. B., 443 ; C., 240 et 244 ; P. R., XXVII, 7, 1, 5, 8 et 10 ; Bos., II, xvi, 9, 5, 4, 3 et 1 ; Faug., II, 219 et 221 ; Hav., XXIII, 31, 17 et XXV, 147, XXIII, 6, 9, 1 bis et 1 ter, 32, 11 ; Mol., II, 74 ; Mich., 839.

↑ [Prêche.]

↑ [Puisse.]

↑ [Si des miracles arrivent, on dit que les miracles.]

↑ [Jugent] pas [de] la doctrine.

↑ Joan., IX, 14.

↑ Joan., V, 10-16 ; VII, 23.

↑ Où il aveuglait surcharge.

↑ Dicebant ergo ex Pharisæis quidam : Non est hic homo a Deo qui sabbatum non custodit, Joan., IX, 16 — (Cf. Charron, Discours, IV, De la venue du Rédempteur, et Grotius, De Verit. Rel. Chr., V, 10.)

↑ Joan., IX, 29.

↑ Il n’y a pas de signe de ponctuation dans le manuscrit. Havet interprète : contre Jésus-Christ qui n’est plus caché depuis sa résurrection. Nous comprenons plutôt, comme M. Michaut : Qui n’est point ennemi caché, Dieu permettrait qu’il fît des miracles. Cf. Appendice, questions iv, v, vi et ix.

↑ Verset 20.

↑ Verset 21.

↑ [Affirmatives.]

↑ Port-Royal donne cette addition : « Il s’ensuit donc qu’il jugeait que ses miracles étaient des preuves certaines de ce qu’il enseignait, et que les Juifs avaient obligation de le croire. Et en effet c’est particulièrement les miracles qui rendaient les Juifs coupables dans leur incrédulité. »

↑ Page 473 du manuscrit.

↑ Nous reproduisons la lecture des Copies qui nous paraît la plus satisfaisante. Les éditeurs ont proposé : Il faut lui pardonner ce mot.

↑ Quis est quod debui ultra facere vineæ meæ, et non feci ei ? (Isaïe, V, 4 ; cf. la traduction de Pascal au fr. 713). Jansénius commente ce verset dans l’Augustinus (de Gratia Chr. Salv., III, 18).

↑ I, 18. Et venite et arguite me, dicit Dominus.

↑ La théorie se trouvait en germe dans Grotius : Neque sapentiæ aut bonitati ipsius Dei nullo modo convenit ut passus credatur, astu dæmonum illudi hominibus ab omni malitia alienis et sui metuentibus ; quales fuisse primos Christi discipulos, etc. (V. R. C., II, 5).

↑ [Preuves.] Puis miracles ; puis faiseurs miracles.

↑ [Endurcissement.] — Pour le sens de surnaturel, voir fr. 200.

↑ L’effet d’ surcharge.

↑ Ces derniers mots en surcharge.

↑ Act. Apost., ch. xii. Saint Paul est en face de Barjésu, comme Élie était en face des prophètes de Baal : il lui prédit qu’il sera aveuglé, et aussitôt Barjésu est frappé de cécité (Verset 11).

↑ Act. Apost., XIX, 15.

↑ [Ainsi.]

↑ Sed licet nos, aut Angelus de cœlo evangelizet vobis præterquam quod evangelizavimus vobis, anathema sit. Gal., I, 8. — Cf. le Rabat-Joie des Jansénistes par le P. Annat : « Quand il [Dieu] nous a déclaré par l’organe de son Église ce que nous devons croire comme vérité ou rejeter comme erreur, quand bien même un ange descendrait du ciel pour nous persuader le contraire, il faudrait prononcer un anathème contre cet ange et contre tout ce qu’il dirait (p. 6).

↑ [Il faut distinguer de même.]

↑ Cf. Montaigne : « La voye de la vérité est une et simple. » (III, 1.)(III, 1.) Cf. fr. 385.

↑ [Fasse des miracles.]

↑ Cf. Appendice, question VII.

↑ Cf. B., 465 ; C., 264 ; Bos., II, xvi, 9 ; Faug., I, 282 et 284 ; II, 234 ; Hav., XXIII, 28 et XXIV, 46 ter ; Mol., II, 94 et II, 67 ; Mich., 778.

↑ Commenté par le fr. 844 bis.

↑ Cette phrase ajoutée au crayon, repassée à l’encre. — [Il faut.]

↑ La distinction se retrouve au début de la réponse au père Annat : « Le premier [point] regarde ces guérisons extraordinaires ;… le second est sur les conséquences qu’on en doit tirer. »

↑ Ce paragraphe à la marge.

↑ Man : car ceux.

↑ Et qui seraient de faux miracles. Le martyre est la preuve de la sincérité. Voltaire cite, dans le Siècle de Louis XIV, cette phrase du mémoire présenté au roi en 1736 par le conseiller du parlement Carré de Montgeron : « Qu’il faut croire aux témoins qui se font égorger pour soutenir leur témoignage. » Ch. du Jansénisme (d’après la Vérité des miracles opérés par l’intercession du diacre Pâris.) Cf. fr. 593.

↑ Cf. B., 458 ; C., 257 ; Faug., I, 283 ; Mol., II, 95 ; Mich., 801.

↑ Pascal dénonce à diverses reprises, en particulier dans le Second Factum pour les curés de Paris « une des plus pernicieuses maximes de ces théologiens humains qu’il ne faut consulter les anciens Pères que sur les matières de la foi, et qu’il faut puiser la règle des mœurs dans les ouvrages des docteurs modernes. »

↑ Cf. B., 458 ; C., 257 ; Faug., I, 283 ; Mol., II, 95 ; Mich., 798.

↑ Énumérées au début du fr. 844.

↑ Cf. B., 460 ; C., 259 ; Faug., II, 218 ; Hav., XXV, 95 ; Mol., II, 82 ; Mich., 630.

↑ Allusion au texte de saint Paul (Gal., I, 8) cité dans le Rabat-Joie des Jansénistes (vide supra, p. 279, note 7).

↑ Allusion à un sermon du P. Lingendes (vide Appendice, quest. V). Cf. Rabat-Joie : « Premièrement, c’est non seulement fausseté, mais blasphème de dire que Dieu fasse des miracles pour autoriser des erreurs condamnées par l’Église. » (P. 6.)

↑ Voir les fragments 826, 842, etc. Cf. Appendice, question XI.

↑ La fin de la phrase en surcharge.

↑ Cf. Appendice, question VII.

↑ Ps. XLI, 4.

↑ Cf. C., 377 ; Faug., II, 206 ; Hav., XXV, 143 ; Mol., I, 257 ; Mich., 959.

↑ Cf. C., 438 ; P. R., XVIII, 23 ; Bos., II, xiii, 11 ; Faug., II, 156 ; Hav., XX, 17 ; Mol., I, 319 ; Mich., 908.

↑ Cf. B., 459 ; C., 258 ; Bos., II, xvi, 9, 10 ; Faug., I, 279, I, 231 ; Hav., XXV, 202, XXIII, 26, 27, 39, 40 ; Mol., II, 298 ; Mich., 632.

↑ Voir dans le Factum des Curés de Rouen l’allusion à « ces théologiens problématiques d’est et non est, lieet et non licet », etc.

↑ Cf. fr. 851 et 883. — Isaïe, X, 1 ; le texte est impersonnel : Væ qui condunt leges iniquas : et scribentes, injustitiam scripserunt.

↑ Cf. Nicole : « La vie de la foi, qui est la vie des justes en ce monde, consiste donc à servir Dieu sans le voir d’une manière sensible, il est clair que des miracles continuels détruiraient entièrement cet état. » (Des diverses manières dont on tente Dieu, ch. iii.)

↑ « Mais qui aurait cru que des catholiques voulussent imiter ces ennemis de l’Église, et travailler si utilement pour l’intérêt de la secte de Calvin, que si les raisonnements qu’ils font sur ce sujet contre la maison religieuse où Dieu a daigné opérer ces merveilles avaient quelque force, ils ôteraient à l’Église tout l’avantage qu’elle peut prendre des miracles dont Dieu l’honore ? » (Réponse au père Annat.) — À ce propos Sainte-Beuve cite ce passage des Mémoires de Fontaine : « M. de Saci, lorsqu’il parlait sur cela avec ses amis, leur disait que, si l’on pouvait douter de la justification de Port-Royal par le miracle et par les autres (qui en étaient la répétition) il n’y aurait point de vérité dans l’Église que l’on ne pût obscurcir. Il ne craignait point de dire que, si ces miracles ne concluaient point, il n’y en aurait point dont on pût se servir contre l’esprit contentieux et opiniâtre. » (Port-Royal, 5e éd., t. III, p. 185t. III, p. 185.)

↑ Allusion au Rabat-Joie du père Annat. Cf. la Réponse attribuée à Pascal, et particulièrement ce passage : « Qui peut conclure que des religieuses adorant une sainte épine de la couronne du même Sauveur avec une profonde vénération, et Dieu ayant daigné en même temps regarder leur foi et faire un miracle en leur faveur, elles ont dû inférer de là « qu’elles n’étaient pas dans la vraie foi », et que leurs ennemis avaient eu raison de les traiter d’hérétiques et d’infidèles ? Y eut-il jamais une pensée plus extravagante ? Cependant c’est de là que cet écrivain conclut : « Qu’il y a sujet de croire que Dieu a fait ce miracle pour la conversion de ces religieuses qui n’avaient pas la vraie foi ; parce que les miracles et les signes, comme dit l’Apôtre, sont pour les infidèles, et non pas pour les fidèles. » (Éd. Lahure, Œuvres, t. III, p. 320.)

↑ [N’est] pas.

↑ Cf. B., 463 ; C., 261 ; P. R., XXIV, 14 ; Bos., II, xvi, 6 ; Faug., I, 287 et II, 215 ; Hav., Prov., 294 et XXIII, 21 ; Mol., II, 114 et II, 72 ; Mich., 777.

↑ [L’Église n’est.]

↑ La bulle affichée à Rome le 9 juin 1653 sous le pontificat d’Innocent X pouvait être considérée comme condamnant les cinq propositions dans leur sens condamnable sans viser expressément Jansénius ni Port-Royal.

↑ Il s’agit de la condamnation d’Arnauld par la Sorbonne (le 29 janvier 1656), et de la bulle d’Alexandre VII (16 octobre 1656) qui transformaient la condamnation des cinq propositions en une condamnation de Jansénius. Le miracle de la Sainte-Épine se place entre les deux événements, le 24 mars 1656.

↑ [Connaissent.]

↑ [Que sans.]

↑ Tout… Dieu, surcharge.

↑ Versets 1 sqq., texte cité fr. 803, 839, 840.

↑ Voir fr. 826 (page 259, note 1).

↑ Cf. B., 468 ; C., 268 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., I, 289 ; Hav., XXIII, 33 ; XXIV, 33 ; XXV, 204 ; Mol., II, 109, 110 ; Mich., 591.

↑ Joan., IX, 1 sqq. Cf. fr. 843.

↑ II, Cor., XII, 12.

↑ Texte cité au fr. 808. — Les deux paragraphes suivants sont également des variantes, l’un de 805, l’autre de 846.

↑ Cf. fr. 806.

↑ Cf. Appendice, questions IV et IX.

↑ Cf. fr. 883.

↑ Cf. fr. 822, et en note les textes de la Genèse et des Juges.

↑ Cf. Réponse au père Annat : « Si l’abus que cet auteur fait de cette parole de saint Paul que les miracles sont pour les infidèles, et non pas pour les fidèles, devait porter ces religieuses, comme il le prétend, à entrer en défiance de leur foi à cause des miracles que Dieu fait dans leur église, il faudrait aussi, par la même raison, que tous les miracles qui se font dans l’Église catholique fussent des sujets aux catholiques de se défier de la vérité de notre religion et de se regarder comme des infidèles que Dieu voudrait, par ces merveilles, convertir à la vraie foi : ce qui est seulement horrible à penser » (Œuvres de Pascal, éd. Lahure, t. II, p. 300) et plus loin : « Si cela était, tant s’en faut que l’Église catholique pût jamais se servir du témoignage des miracles pour confondre les hérétiques, qu’au contraire, tous les miracles qui se font dans notre religion pourraient servir aux hérétiques pour nous persuader que ces signes n’étant que pour les infidèles, et non pas pour les fidèles, Dieu ne les fait parmi nous que pour nous porter à changer de croyance, et à sortir de notre infidélité pour embrasser leur communion. » (Ibid., p. 321.)

↑ Cf. B., 455 ; C., 254 ; P. R., XXVII, 14 et 17 ; Bos., II, xvi, 6, 8 et 9 ; Faug., I, 281 et II, 214 ; Hav., XXIII, 24 et XXIII, 19 ; Mol., II, 108 et II, 67 ; Mich., 791.

↑ L’une des réponses aux Provinciales est sur la conformité des reproches et des calomnies que les Jansénistes publient contre les Pères de la Compagnie de Jésus avec celles que le ministre Du Moulin a publiées devant eux contre l’Église romaine dans son livre des Traditions, imprimé à Genève en l’année 1632.

↑ « Ce n’est pas sans une particulière providence que Dieu a voulu choisir un des instruments de la Passion de Jésus-Christ pour servir de remède et d’antidote contre une nouvelle hérésie, qui est directement opposée à la vertu et au mérite de la Passion du même Jésus-Christ, puisque les sectateurs de Jansénius dénient que ce divin Sauveur ait offert son sang et sa mort pour le salut de tous les hommes. » (Rabat-Joie, no 10).

↑ Allusion expliquée par le fr. 886 : « Hérétiques. — Ézéchiel. Tous les païens disaient du mal d’Israël, et le prophète aussi : et tant s’en faut que les Israélites eussent droit de lui dire : « Vous parlez comme les païens » qu’il fait sa plus grande force sur ce que les païens parlent comme lui. »

↑ Cf. fr. 827.

↑ Matth., XVIII, 17, 20.

↑ Cf. fr. 646.

↑ Si nous ne nous trompons, les miracles « fondement extérieur » figurent la grâce « fondement intérieur ». C’est pourquoi suivant l’interprétation qu’on en donne, le miracle ou représente le triomphe de la force et la soumission aux créatures, ou prépare la victoire de la foi.

↑ Cf. B., 326 ; Faug., I, 314 ; Mich., 287.

↑ C’est le titre même d’un Essai de Montaigne : « Qu’il fault sobrement se mesler de iuger des ordonnances divines » (I, 31).(I, 31).

↑ Pascal se réfère au récit des miracles faits par saint Paul dans l’île de Malte (Act. Apost., XXVIII, 1-10).

↑ Cf. B., 441 ; C., 238 ; Faug., I, 283 ; Mol., II, 97 et Prov., 112 ; Mich., 293.

↑ Il ne nous a pas paru possible de maintenir dans le corps du texte de Pascal le fragment qui portait dans notre édition in-16 le no 854. Voici ce fragment : « La dureté des Jésuites surpasse donc celle des Juifs, puisqu’ils ne refusaient de croire Jésus-Christ innocent que parce qu’ils doutaient si ses miracles étaient de Dieu. Au lieu que les jésuites ne pouvant douter que les miracles de Port-Royal ne soient de Dieu, ils ne laissent pas de douter encore de l’innocence de cette maison. » Faugère (I, 280), Molinier (II, 99), Michaut (986) ont reproduit cette pensée d’après Bossut (II, xvi, 10) ; mais Bossut à son tour ne fait que reproduire l’arrangement de Colbert, évêque de Montpellier, et le paragraphe 10 en particulier est un tissu de fragments de Pascal cousus les uns aux autres et complétés à l’occasion (cf. fr. 840, supra, p. 271, n. 1). Il est clair que nous avons ici affaire à une phrase de transition qui est de l’évêque de Montpellier.

↑ Cf. Faug., I, 251 ; Hav., XXV, 205 ; Mol., II, 89 ; Mich., 257.

Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1921 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XIV, p. 301-405).

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Clarté, obscurité. — Il y aurait trop d’obscurité, si la vérité n’avait pas des marques visibles ; c’en est une admirable d’être toujours conservée dans une Église et assemblée 2 visible. Il y aurait trop de clarté s’il n’y avait qu’un sentiment dans cette Église ; celui qui y a toujours été est la vérité ; car le vrai y a toujours été, et aucun faux n’y a toujours été.

Première Copie 403]

858 3

L’histoire de l’Église doit être proprement appelée l’histoire de la vérité 4 .

*202]

859 5

Il y a plaisir 6 d’être dans un vaisseau battu de l’orage 7 , lorsqu’on est assuré 8 qu’il ne périra point : les persécutions qui travaillent l’Église sont de cette nature 9 .

416]

860 10

Après tant de marques de piété, ils ont encore la persécution, qui est la meilleure des marques de la piété 11 .

461]

862 13

L’Église a toujours été combattue par des erreurs contraires ; mais peut-être jamais en même temps, comme à présent. Et si elle en souffre plus, à cause de la multiplicité d’erreurs, elle en reçoit cet avantage qu’elles se détruisent 14 .

Elle se plaint des deux, mais bien plus des calvinistes, à cause du schisme 15 .

Il est certain que plusieurs des deux contraires sont trompés ; il faut les désabuser.

La foi embrasse plusieurs vérités qui semblent se contredire : Temps de rire 16 , de pleurer 17 , etc. Responde, ne respondeas, etc.

La source en est 18 l’union des deux natures en Jésus-Christ ; et aussi les deux mondes 19 (la création d’un nouveau ciel et nouvelle terre ; nouvelle vie, nouvelle mort ; toutes choses doublées 20 , et les mêmes noms demeurant) ; et enfin les deux hommes qui sont dans les justes (car ils sont les deux mondes 21 , et un membre et image de Jésus-Christ. Et ainsi tous les noms leur conviennent, de justes, pécheurs ; mort, vivant ; vivant, mort 22 ; élu, réprouvé, etc.).

Il y a donc un grand nombre de vérités 23 , et de foi et de morale, qui semblent répugnantes, et qui subsistent toutes dans un ordre admirable 24 . La source de toutes les hérésies est l’exclusion de quelques-unes de ces vérités ; et 25 la source de toutes les objections que nous font les hérétiques est l’ignorance de quelques-unes de nos vérités 26 . Et d’ordinaire il arrive que, ne pouvant concevoir le rapport de deux vérités opposées, et croyant que l’aveu de l’une enferme l’exclusion de l’autre, ils s’attachent à l’une, ils excluent l’autre, et pensent que nous au contraire. Or l’exclusion 27 est la cause de leur hérésie ; et l’ignorance que nous tenons l’autre, cause leurs objections.

1er exemple : Jésus-Christ est Dieu et homme. Les Ariens, 28 ne pouvant allier ces choses qu’ils croient incompatibles, disent qu’il est homme : en cela ils 29 sont catholiques. Mais ils nient qu’il soit Dieu : en cela ils sont hérétiques. Ils prétendent que nous nions son humanité : en cela ils sont ignorants.

2e exemple 30 : sur le sujet du Saint-Sacrement : Nous croyons que la substance du pain étant changée, et transsubstantiellement 31 , en celle du corps de Notre-Seigneur, Jésus-Christ y est présent réellement 32 ; voilà une des vérités. Une autre est 33 que ce Sacrement est aussi une figure de celui de la croix et de la gloire, et une commémoration des deux ; voilà la foi catholique, qui comprend ces deux vérités qui semblent opposées 34 .

L’hérésie 35 d’aujourd’hui, ne concevant pas que ce Sacrement contienne tout ensemble et la présence de Jésus-Christ et sa figure 36 , et qu’il soit sacrifice, et commémoration de sacrifice, [croit] 37 qu’on ne peut admettre l’une de ces vérités sans exclure l’autre pour cette raison.

Ils s’attachent à ce point seul, que ce Sacrement est figuratif ; et en cela ils ne sont pas hérétiques. Ils pensent que nous excluons cette vérité ; et de là vient qu’ils nous font tant d’objections sur les passages des Pères qui le disent. Enfin ils nient la présence ; et en cela ils sont hérétiques.

38 3e exemple : les indulgences.

C’est pourquoi le plus court moyen pour empêcher les hérésies est d’instruire de toutes les vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuter est de les déclarer toutes ; car que diront les hérétiques ?

Pour savoir si un sentiment est d’un Père…

Première Copie 226]

863 39

Tous 40 errent d’autant plus dangereusement qu’ils suivent chacun une vérité ; leur faute n’est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité 41 .

*201]

864 42

La vérité est si obscurcie en ce temps, et le mensonge si établi, qu’à moins que d’aimer la vérité, on ne saurait la connaître 43 .

225]

865 44

S’il y a jamais un temps auquel on doive faire profession des deux contraires, c’est quand on reproche qu’on en omet un. Donc les Jésuites et les Jansénistes ont tort en les célant ; mais les Jansénistes plus, car les Jésuites en ont mieux fait profession des deux.

229]

866 45

Deux sortes de gens égalent les choses, comme les fêtes aux jours ouvriers, les chrétiens aux prêtres, tous les péchés entre eux, etc. Et de là les uns concluent que ce qui est donc mal aux prêtres l’est aussi aux chrétiens ; et les autres, que ce qui n’est pas mal aux chrétiens est permis aux prêtres.

214]

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