Pensées (page 32)

Blaise Pascal · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg) · 34 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

M. Arnauld sans remords 315 .]

Je me défie de cette doctrine, car elle m’est trop douce pour la 316 malignité qu’on dit qui est en moi.

Je me défie de leur union, vu leurs contradictions particulières. J’attendrai qu’ils s’accordent avant que de prendre parti. Pour un ami j’aurais trop d’ennemis. Je ne suis pas assez savant pour leur répondre.

[Que ne choisissiez-vous quelque grosse hérésie 317 !]

[La gageure.]

[Je croyais bien qu’on fût damné pour n’avoir pas eu de bonnes pensées, mais pour croire que personne n’en a, cela m’est nouveau 318 .]

[À quoi sert cela ? pour consoler les justes et sauver le désespoir ? — Non, car personne ne peut être en état de se croire juste.

[M. Chamillard 319 serait hérétique ce qui est une fausseté manifeste —, car il a écrit pour M. Arnauld.

— Ceux qui croient bien faire en péchant.]

En l’an 1647, la grâce à tous ; en 1650, elle fut plus rare, etc.

Luther — tout hors le vrai 320 .

S’il n’y avait point eu dans l’Église des occasions pareilles ; mais j’en crois mon curé.

Un seul dit vrai.

Si peu qu’elle incommode, ils 321 en font d’autres (grâces), car ils en disposent comme de leur ouvrage. [À chaque occasion, chaque grâce ; à chaque personne : grâce pour les grands, grâce pour les coquins 322 .]

Enfin M. Chamillard en est si proche, que s’il y a des degrés pour descendre dans le néant, cette grâce suffisante est maintenant au plus proche.

[Plaisant d’être hérétique pour cela 323 !]

Il n’y a personne qui n’y fût surpris ; car on ne l’a jamais vue dans l’Écriture ni dans les Pères, etc. 324 .

Combien y a-t-il 325 , mon père, que c’est un article de foi 326 ? ce n’est tout au plus que depuis les mots de pouvoir prochain ; et je crois qu’en naissant il a fait cette hérésie et qu’il n’est né que pour ce seul dessein.

[La censure défend seulement de parler ainsi de saint Pierre, et rien plus 327 .]

[Je leur ai bien de l’obligation. Ce sont d’habiles gens 328 ; ils ont craint que les lettres qu’on écrit aux provinciaux…

329 Ce n’est pas la peine pour un mot.

330 Je pense qu’ils sont sorciers 331 . L’on dit tout hormis le vrai. Membre 332 — Hérétique. Unam sanctam 333 .

Les Enluminures 334 m’ont fait tort.

335 Une proposition est bonne dans un auteur et méchante dans un autre.

Oui ; mais il y a donc d’autres mauvaises propositions.

Il y a des gens qui défèrent à la censure ; d’autres 336 aux raisons, et tous aux raisons. Je m’étonne que vous n’ayez donc pris la voie générale au lieu de la particulière ; ou du moins que vous ne l’y avez jointe 337 .

Que je suis soulagé ! nul Français bon catholique.

Les… Clément VIII — Paul V — Censure 338 .

Dieu nous protège visiblement.

« L’homme est bien insensé. Il ne peut faire un ciron 339 . »

Au lieu de désirer la grâce pour y aller. Pluralité de grâces.

Traductions jansénistes.

Saint Augustin en a le plus a cause des divisions de ses amis 340 . Outre une chose qu’on peut considérer comme une tradition sans interruption de douze mille papes, conciles, etc.

Il faut donc que M. Arnauld ait bien des mauvais sentiments pour infecter ceux qu’il embrasse.

La censure ne leur fait ce bien que quand on les censurera ; ils la combattront en disant qu’ils imitent les jansénistes.

415]

926 341

Il faut ouïr les deux parties ; c’est de quoi j’ai eu soin.

Quand on n’a ouï qu’une partie on est toujours de ce côté-là ; mais l’adverse fait changer, au lieu qu’ici le Jésuite confirme.

Non ce qu’ils font, mais ce qu’ils disent.

Ce n’est que contre moi que l’on crie. Je le veux bien : je sais à qui en rendre compte.

Jésus-Christ a été pierre de scandale 342 .

Condamnable, condamné.

Politique. — Nous avons trouvé deux obstacles 343 au dessein de soulager les hommes 344 : l’un, des lois intérieures, de l’Évangile ; l’autre des lois extérieures, de l’État et de la Religion. Les unes nous en sommes maîtres 345 ; les autres, voici comme nous avons fait : amplianda, restringenda, a majori ad minus 346 . Junior.

347 Probable. Si d’aussi méchantes raisons que celles-ci sont probables, tout le sera :

1re raison. Dominus actuum conjugalium. Molin.

2e raison. Non potest compensari. Less 348 .

Opposer, non des maximes saintes, mais des abominables.

Ils raisonnent comme ceux qui montrent qu’il est nuit à midi : Bauny brûleur de granges 349 .

… Concile de Trente pour les prêtres en péché mortel 350 : quam primum…

343]

927 351

La folle idée que vous avez de l’importance de votre Compagnie, vous a fait établir ces horribles voies. Il est bien visible que c’est ce qui vous a fait suivre celle de la calomnie, puisque vous blâmez en moi comme horribles les mêmes impostures que vous excusez en vous, parce que vous me regardez comme un particulier et vous comme Imago 352 .

Il paraît bien que vos louanges sont des folies, par les folies comme le privilège de non damné 353 .

Est-ce donner courage à vos enfants de les condamner quand ils servent l’Église ?

C’est un artifice de diable de divertir ailleurs les armes dont ces gens-là combattaient les hérésies.

Vous êtes mauvais politiques 354 .

389]

928 355

Diana. — [Cela nous est fort utile.] Corruption fondamentale 356 .

11. Il est permis de ne point donner les bénéfices qui n’ont pas charge d’âmes aux plus dignes 357 . Le concile de Trente semble dire le contraire ; mais voici comme il le prouve : Car si cela était, tous les prélats seraient en état de damnation, car ils en usent tous de la sorte.

Le roi et le pape ne sont pas obligés de choisir les plus dignes. Si cela était, le pape et les rois auraient une terrible charge.

Et ailleurs : 21. Si cette opinion 358 n’était pas vraie, les pénitents et les confesseurs auraient bien des affaires, et c’est pourquoi j’estime qu’il faut la suivre dans la pratique 359 . »

Et en un autre endroit, 22, où il met les conditions nécessaires pour faire qu’un péché soit mortel, il y met tant de circonstances qu’à peine pèche-t-on mortellement ; et après l’avoir établi, il s’écrie : Ô que le joug du Seigneur est doux et 360 léger !

Et ailleurs 361 : 11. L’on n’est pas obligé de donner l’aumône de son superflu, dans les communes nécessités des pauvres ; si le contraire était vrai, il faudrait condamner la plupart des riches et de leurs 362 confesseurs.

Ces raisons-là m’impatientaient lorsque je dis au père : Mais qui empêche de dire qu’ils le sont ? — C’est ce qu’il a prévu aussi en ce lieu, me 363 répondit-il, où après avoir dit : Si cela était vrai, les plus 364 riches seraient damnés, il ajoute : 22. À cela Arragonius 365 répond qu’ils le sont aussi ; et Baunez ajoute de plus que leurs confesseurs le sont de même 366 . Mais je réponds avec Valentia, autre jésuite, et d’autres auteurs, qu’il y a plusieurs raisons pour excuser ces riches et leurs confesseurs.

367 J’étais ravi de ce raisonnement, quand il me finit par celui-ci. Si cette opinion était vraie pour la restitution 368 , ô qu’il y aurait de restitutions à faire !

— Ô mon père, lui dis-je, la bonne raison 369 ! — Ô ! me dit le père, que voilà un homme commode ! — Ô mon père, répondis-je, sans vos casuistes qu’il y aura de monde damné ! ô 370 que vous rendez large la voie qui mène au ciel ! ô qu’il y a de gens qui la trouvent ! Voilà un…

385]

929 371

372 [Et on se dispose à chasser de l’Église ceux qui refusent cet aveu 373 . En v…] Tout le monde déclare qu’elles le sont.

M. Arnauld (et ses amis) 374 proteste qu’il les condamne en elles-mêmes et en quelque lieu où elles se trouvent ; que si elles sont dans Jansénius, il les y condamne 375 ; qu’alors même qu’elles n’y soient pas, si le sens 376 hérétique de ces propositions que le pape a condamné se trouve dans Jansénius, qu’il condamne Jansénius.

377 Mais vous n’êtes pas satisfaits de ces protestations :

vous voulez qu’il 378 assure que ces propositions sont mot à mot dans Jansénius. Il 379 a répondu qu’il ne peut l’assurer, ne sachant pas si cela est ; qu’il les y a cherchées et une infinité d’autres sans jamais les y trouver. Ils vous ont priés vous et tous les vôtres de 380 citer en quelles pages elles sont ; jamais personne ne l’a fait. Et vous 381 voulez néanmoins 382 le retrancher de l’Église sur ce refus 383 , quoiqu’il condamne tout ce qu’elle condamne, par cette seule raison qu’il 384 n’assure pas que des paroles, ou un sens, est dans un livre où il ne l’a jamais trouvé, et où personne ne le lui veut montrer. En vérité, mon père, ce prétexte est si vain qu’il n’y eut peut-être jamais dans l’Église de procédé 385 si étrange, si injuste et si téméraire que…

386 L’Église peut bien obliger.

Il ne faut pas être théologien pour voir que leur hérésie ne consiste qu’en l’opposition qu’ils vous font. Je l’éprouve en moi-même et on en voit l’épreuve générale en tous ceux qui vous ont attaqués : les curés de Rouen, jansénistes 387 … de Caen.

Vous croyez vos desseins si honnêtes, que vous en faites matière de vœu.

Il y a deux ans que leur hérésie était la bulle ; l’année passée c’était intérieur ; il y a six mois que c’était totidem 388 ; à présent c’est le sens 389 .

Ne vois-je pas bien que vous ne voulez que les rendre hérétiques ? Saint-Sacrement. Préface. Villeloin…

Jansénius — Aurelius — Arnauld — Provinciales 390 .

Je vous ai querellés en parlant pour les autres.

Vous êtes bien ridicules de faire du bruit pour les propositions ; ce n’est rien 391 . Il faut qu’on l’entende 392 .

Sans nom d’auteurs ; mais comme on savait votre dessein 70 s’opposèrent 393 .

Dater l’arrêt 394 .

Afin que celui que vous n’aviez pu rendre hérétique sur ses propres paroles, etc.

[Que moi j’ai démontré que tout cela est de vos auteurs jusqu’aux plus horribles 395 .] Car tout se sait.

[N’avez-vous que cela à répondre, et que cette manière de le prouver ?]

Ou il sait que oui, ou que non, ou il doute ; ou pécheur ou hérétique 396 .

En ne considérant que les païens.

Cette même lumière qui découvre les vérités surnaturelles, les découvre sans erreur, au lieu que la lumière que…

[Un corps de réprouvés 397 . On ouvrirait tous les troncs de Saint-Merri sans que vous en fussiez moins innocents 398 .]

[Aussi cela n’est pas étrange… Faux droit… Pour moi j’aimerais mieux être injustement que.]

Quelle raison en avez-vous ? vous dites que je suis janséniste, que le Port-Royal soutient les cinq propositions et qu’ainsi je les soutiens : trois mensonges 399 .

Et je vous prie de ne venir pas me dire que ce n’est pas vous qui faites agir tout cela. Épargnez-moi la réponse. Je vous répondrais des choses qui ne plairaient ni à vous ni à d’autres.

Le pape n’a pas condamné deux choses ; il n’a condamné que le sens des propositions ; direz-vous qu’il ne l’a pas condamné ? — Mais le sens de Jansénius y est enfermé, dit le pape. — Je vois bien que le pape le pense à cause de vos totidem 400 ; mais il ne l’a pas dit sur peine 401 d’excommunication. Comment ne l’eût-il pas cru et les évêques de France aussi ? Vous le disiez totidem, et ils ne savaient pas que vous êtes en pouvoir de le dire encore que cela ne fut pas. Imposteurs, on n’avait pas vu ma quinzième lettre.

Comment le sens de Jansénius serait-il dans des propositions 402 qui ne sont point de lui ?

Ou cela est dans Jansénius, ou non. Si cela y est, le voilà condamné en cela ; sinon, pourquoi le voulez-vous faire condamner ?

Que l’on condamne seulement une de vos propositions du P. 403 Escobar, j’irai porter d’une main Escobar, de l’autre la censure, et j’en ferai un argument en forme.

153]

930 404

Qu’on les a traités 405 aussi humainement 406 qu’il était possible de le faire pour se tenir dans le milieu entre l’amour de la vérité et le devoir de la charité. Que la piété ne consiste pas à ne s’élever jamais contre ses frères 407 ; il serait bien facile, etc.

C’est une fausse piété de conserver la paix au préjudice de la vérité 408 ; c’est aussi un faux zèle de conserver la vérité en blessant la charité ; aussi ils ne s’en sont pas plaints.

Leurs maximes ont leur temps et leur lieu.

Leur vanité tend à s’élever 409 de leurs erreurs.

Conformes aux païens par leurs fautes, et aux martyrs par leur supplice.

Encore n’en désavouent-ils aucune de…

Ils n’avaient qu’à prendre l’extrait et le désavouer 410 .

Sanctificant prælium 411 .

Monsieur Bourseys 412 . Pour le moins ne peuvent-ils pas désavouer qu’il s’oppose à la condamnation.

437]

931 413

Casuistes. — Une aumône considérable, une pénitence raisonnable ; encore qu’on ne puisse assigner le juste, on voit bien ce qui ne l’est pas 414 . Les casuistes sont plaisants de croire pouvoir interpréter cela comme ils font !

Gens qui s’accoutument à mal parler et à mal penser 415 .

Leur grand nombre, loin de marquer leur perfection, marque le contraire 416 .

L’humilité d’un seul 417 fait l’orgueil de plusieurs 418 .

402]

933 420

421 Ceux qui ont écrit cela en latin parlent en français 422 . Le mal ayant été fait de les mettre en français, il fallait faire le bien de les condamner.

Il y a une seule 423 hérésie qu’on explique différemment dans l’école et dans le monde 424 .

431]

934 425

Généraux. — 426 Il ne leur suffît pas d’introduire dans nos temples de telles mœurs, templis inducere mores 427 . Non seulement ils veulent être soufferts dans l’Église, mais comme s’ils étaient devenus les plus forts, ils en veulent chasser ceux qui n’en sont pas 428 …

Mohatra 429 . Ce n’est pas être théologien de s’en étonner.

Qui eût dit à vos généraux qu’un temps était si proche qu’ils donneraient ces mœurs 430 à l’Église universelle, et 431 appelleraient guerre le refus de ces désordres : Tot et tanta mala pacem 432 ?

2e manuscrit Guerrier]

935 433

Les Jésuites. — Les Jésuites ont voulu joindre Dieu au monde et n’ont gagné que le mépris de Dieu et du monde. Car du côté de la conscience cela est évident, et du côté du monde ils ne sont pas de bons cabalistes 434 . Ils ont du pouvoir, comme je l’ai dit souvent, mais c’est-à-dire à l’égard des autres religieux. Ils auront le crédit de faire bâtir une chapelle et d’avoir une station du jubilé, non de pouvoir faire avoir des évêchés, des gouvernements de places. C’est un sot poste dans le monde que celui de moines, qu’ils tiennent par leur aveu même (P. Brisacier. Bénédictins). Cependant… vous ployez sous les plus puissants que vous et vous opprimez de tout votre petit crédit ceux qui ont moins d’intrigue que vous dans le monde.

415]

936 435

Il est bon qu’ils fassent des injustices de peur qu’il ne paraisse que les molinistes ont agi avec justice. Et ainsi il ne les faut pas épargner, ils sont dignes d’en commettre.

433]

939 440

Vous ne m’accusez jamais de fausseté sur Escobar parce qu’il est connu 441 .

409]

940 442

Il est indifférent au cœur de l’homme de croire trois ou quatre personnes en la Trinité 443 ; mais non pas, etc. Et de là vient qu’ils s’échauffent pour soutenir l’un 444 et non pas l’autre.

Il est bon de faire l’un ; mais il ne faut pas laisser l’autre. Le même Dieu qui nous a dit, etc.

Et ainsi qui ne croit que l’un, et non pas l’autre, ne 445 le croit pas parce que Dieu l’a dit, mais parce que sa convoitise ne le désire 446 pas et qu’il est bien aise d’y consentir et donner ainsi sans peine un témoignage de sa conscience qui lui… Mais c’est un témoignage faux.

104]

941 447

Fin. — Est-on en sûreté ? Ce principe est-il sûr ? Examinons.

Témoignage de soi nul. Saint Thomas 448 .

2e Man. Guerrier]

942 449

Or, la probabilité est nécessaire pour les antres maximes, comme pour celle de Lamy et [du] calomniateur 450 .

A fructibus eorum 451 : jugez de leur foi par leur morale.

La probabilité est peu sans les moyens corrompus, et les moyens ne sont rien sans la probabilité.

Il y a du plaisir d’avoir assurance de pouvoir bien faire et de savoir bien faire ; la grâce : scire et posse et la probabilité le donnent, car on peut rendre compte à Dieu en assurance sur leurs auteurs.

225]

943 452

M. de Condren 453 : Il n’y a point, dit-il, de comparaison de l’union des saints à celle de la Sainte Trinité. Jésus-Christ dit le contraire 454 .

437]

456 Il y a contradiction ; car d’un côté ils disent qu’il faut suivre la tradition et n’oseraient désavouer cela, et de l’autre ils diront ce qu’il leur plaira. On croira toujours ce premier, puisque aussi bien ce serait leur être contraire que de ne le pas croire 457 .

Seconde Copie 555]

459 Le jour du jugement.

C’est donc là, mon Père, ce que vous appelez le sens de Jansénius : c’est donc cela que vous faites entendre et au pape et aux évêques.

Si les jésuites étaient corrompus, et qu’il fût vrai que nous fussions seuls, à plus forte raison devrions-nous demeurer.

Quod bellum firmavit, pax ficta non auferat.

Neque benedictione, neque maledictione movetur, sicut angelus Domini 460 .

On attaque la plus grande des vérités chrétiennes, qui est l’amour de la vérité.

Si la signature signifie cela, qu’on souffre que nous l’expliquions afin qu’il n’y ait point d’équivoque ; car il faut demeurer d’accord que plusieurs croient que signer marque consentement.

Si le rapporteur ne signait pas, l’arrêt serait invalidé 461 ; si la bulle n’était pas signée, elle serait valable ; ce n’est donc pas…

Mais vous pouvez vous être trompé ? — Je jure que je crois que je puis m’être trompé ; mais je ne jure pas que je crois que je me suis trompé.

On n’est pas coupable de ne pas croire, et on serait coupable de jurer sans croire.

… de belles questions, il…

Je suis fâché de vous dire tout ; je ne fais qu’un récit.

Cela avec Escobar les met au haut bout ; mais ils ne le prennent pas ainsi, et témoignant le déplaisir de se voir entre Dieu et le pape.

416]

946 462

Il y a tant de disproportion entre le mérite qu’il croit avoir et sa bêtise, qu’on ne saurait croire qu’il se méconnaisse si fort.

Man. 12988, f. fr. ; fol. 72]

946 bis 463

Annat. Il fait 464 le disciple sans ignorance et le maître sans présomption.

411]

947 465

Vous abusez de la créance que le peuple a en l’Église et leur 466 faites accroire 467 .

2e Man. Guerrier]

948 468

En corrompant les évêques et la Sorbonne, s’ils n’ont pas eu l’avantage de rendre leur jugement juste, ils ont eu celui de rendre leurs juges injustes. Et ainsi quand ils en seront condamnés à l’avenir, ils diront ad hominem qu’ils sont injustes, et ainsi réfuteront leur jugement. Mais cela ne sert à rien. Car comme ils ne peuvent pas conclure que les jansénistes sont bien condamnés par cette seule raison qu’ils sont condamnés, de même ils ne pourront conclure alors qu’ils seront mal condamnés eux-mêmes, parce qu’ils le seront par des juges corruptibles. Car leur condamnation sera juste, non parce qu’elle sera donnée par des juges toujours justes, mais par des juges justes en cela ; ce qui se montrera par les autres preuves.

Seconde Copie 611]

949 469

Comme la paix dans les États n’a pour objet que de conserver les biens des peuples en assurance, de même la paix dans l’Église n’a pour objet que de conserver en assurance la vérité, qui est son bien, et le trésor où est son cœur ; et comme ce serait aller contre la fin de la paix que de laisser entrer les étrangers dans un État pour le piller, sans s’y opposer, de crainte d’en troubler le repos, parce que la paix n’étant juste et utile que pour la sûreté du bien, elle devient injuste et pernicieuse quand elle le laisse perdre, et la guerre qui le peut défendre devient et juste et nécessaire ; de même dans l’Église, quand la vérité est offensée par les ennemis de la foi, quand on veut l’arracher du cœur des fidèles pour y faire régner l’erreur, de demeurer en paix alors serait-ce servir l’Église ou la trahir ? Serait-ce la défendre ou la ruiner ? Et n’est-il pas visible que comme c’est un crime de troubler la paix où la vérité règne, c’est aussi un crime de demeurer en paix, quand on détruit la vérité 470 ? Il y a donc un temps où la paix est juste, et un autre où elle est injuste. Il est écrit qu’il y a temps de paix et temps de guerre 471 ; et c’est l’intérêt de la vérité qui les discerne. Mais il n’y a pas temps de vérité et temps d’erreur ; et il est écrit, au contraire, que la vérité de Dieu demeure éternellement 472 . Et c’est pourquoi Jésus-Christ, qui dit qu’il est venu apporter la paix 473 dit aussi qu’il est venu apporter la guerre 474 . Mais il ne dit pas qu’il est venu apporter et la vérité et le mensonge. La vérité est donc la première règle et la dernière fin des choses 475 .

155]

950 476

Après vous avoir bien tourmentés, on vous renverra chez vous 477 .

C’est une aussi faible consolation que celle des appels comme d’abus, car un grand moyen d’abus est — outre que la plupart n’auront pas le moyen de venir du fond du Périgord et d’Anjou plaider au parlement de Paris — est qu’ils auront à toute heure des arrêts du conseil pour défendre ces appels comme d’abus 478 .

Car encore qu’ils 479 ne puissent obtenir ce qu’ils en demandent, cette demande ne laisse pas de faire paraître leur puissance qui est d’autant plus grande qu’elle les a portés à demander une chose si injuste qu’il est visible qu’ils ne la peuvent obtenir 480 .

Cela ne fait donc que mieux connaître leur intention et la nécessité qu’il y a de ne pas autoriser par un enregistrement la bulle qu’ils veulent faire servir de base à ce nouvel établissement 481 .

Ce n’est pas ici une bulle simple, mais une base.

Au sortir du palais 482 .

951 484

En la bulle Cum ex apostolatus officio par Paul IV, publiée en 1558 485 :

« Nous ordonnons, statuons, décrétons, définissons qu’un et chacun de ceux qui se trouvent être fourvoyés ou être tombés en hérésie ou schisme 486 , et de quelque qualité et condition qu’ils soient, laïques, ecclésiastiques, évêques, archevêques, patriarches, primats, cardinaux, comtes, marquis, ducs, rois et empereurs, outre les sentences et peines susdites, soient, par cela même, sans aucun ministère de droit ou de fait, privés en tout et pour tout perpétuellement de leurs ordres, évêchés, bénéfices, offices, royaume, empire, et incapables d’y rentrer jamais.

« Délaissons iceux à la discrétion de la puissance séculière pour être punis ; n’accordons autre grâce à ceux qui poussés par une véritable pénitence reviendraient de leur erreur, sinon que, par la bénignité et clémence du Saint-Siège, ils soient estimés mériter d’être reclus en un monastère pour y faire perpétuelle pénitence au pain et à l’eau ; mais qu’ils demeurent toujours privés de toute dignité, ordre, prélature, comté, duché, royaume. Et que ceux qui les recèleront et défendront seront, par cela même, jugés excommuniés et infâmes, privés de tout royaume, duché, bien et possession qui appartiendront de droit et de propriété à ceux qui s’en saisiront les premiers.

« Si… exterminabunt justificabuntur. 23 q. 5 d’Urbain II 487 . Non eos homicidas reputamus quod adversus excommunicatos zelo catholicæ matris ardentes aliquem eorum trucidasse contigerit. »

2e Man. Guerrier]

952 488

Comme les deux principaux intérêts de l’Église sont la conservation de la piété des fidèles et la conversion des hérétiques, nous sommes comblés de douleur de voir les factions qui se font aujourd’hui pour introduire les erreurs les plus capables de fermer pour jamais aux hérétiques l’entrée de notre communion et de corrompre mortellement ce qui nous reste de personnes pieuses et catholiques 489 . Cette entreprise qu’on fait aujourd’hui si ouvertement contre les vérités de la religion et les plus importantes pour le salut, ne nous remplit pas seulement de déplaisir, mais aussi de frayeur et de crainte, parce que, outre le sentiment que tout chrétien doit avoir de ces désordres, nous avons de plus l’obligation d’y remédier et d’employer l’autorité que Dieu nous a donnée pour faire que les peuples qu’il nous a commis, etc.

409]

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