Pensées (page 4)
202 128
[ 129 Par ceux qui sont dans le déplaisir de se voir sans foi, on voit que Dieu ne les éclaire pas ; mais les autres, on voit qu’il y a un Dieu qui les aveugle.]
489]
203 130
Fascinatio nugacitatis 131 . — Afin que la passion ne nuise point, faisons comme s’il n’y avait que huit jours de vie 132 .
*63]
205 135
Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée 136 dans l’éternité précédente et suivante, le petit espace que je 137 remplis et même que je vois, abîmé dans l’infinie immensité des espaces que j’ignore et qui m’ignorent, je m’effraie et m’étonne de me voir ici plutôt que là, car il n’y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors : qui m’y a mis ? par l’ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi ? Memoria hospitis unius diei prætereuntis 138 .
Première Copie 101]
208 142
Pourquoi ma connaissance est-elle bornée ? ma taille ? ma durée à cent ans plutôt qu’à mille ? Quelle raison a eue la nature de me la donner telle, et de choisir ce nombre plutôt qu’un autre, dans l’infinité desquels il n’y a pas plus de raison de choisir l’un que l’autre, rien ne tentant plus que l’autre ?
163]
209 143
Es-tu moins esclave, pour être aimé et flatté de ton maître ? Tu as bien du bien, esclave ; ton maître te flatte, il te battra tantôt 144 .
63]
210 145
Le dernier acte 146 est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour 147 jamais.
63]
211 148
Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables, misérables comme nous 149 , impuissants comme nous : ils ne nous aideront pas ; on mourra seul. Il faut donc faire comme si on était seul 150 ; et alors 151 , bâtirait-on des maisons superbes, etc. 152 ? on chercherait la vérité sans hésiter ; et, si on le refuse, on témoigne estimer plus l’estime des hommes, que la recherche de la vérité.
229]
212 153
Écoulement. — C’est une chose horrible de sentir écouler tout ce qu’on possède 154 .
63]
213 155
Entre nous, et l’enfer ou le ciel, il n’y a que la vie entre deux, qui est la chose du monde la plus fragile.
49]
214 156
Injustice. — Que la présomption soit jointe à 157 la misère, c’est une extrême injustice 158 .
437]
215 159
Craindre la mort hors du péril, et non dans le péril ; car il faut être homme 160 .
2e man. Guerrier]
216 161
Mort soudaine seule à craindre, et c’est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands.
247]
217 162
C’est un héritier qui trouve les titres de sa maison ; dira-t-il : peut-être qu’ils sont faux ? — et négligera-t-il de les examiner ?
27]
218 163
Cachot 164 . — Je trouve bon qu’on n’approfondisse pas l’opinion de Copernic 165 : mais ceci ; il importe à toute la vie de savoir si l’âme est mortelle ou immortelle.
73]
219 166
Il est indubitable que, que l’âme soit mortelle ou immortelle, cela doit mettre une différence entière dans la morale 167 . Et cependant les philosophes ont conduit leur morale indépendamment de cela : ils délibèrent de passer une heure 168 .
Platon, pour disposer au christianisme 169 .
489]
220 170
Fausseté des philosophes qui ne 171 discutaient pas l’immortalité de l’âme ; fausseté de leur dilemme dans Montaigne 172 .
63]
221 173
Les athées doivent dire des choses parfaitement claires 174 : or il n’est point parfaitement clair que l’âme soit matérielle.
416]
222 175
Athées. — Quelle raison ont-ils de dire qu’on ne peut ressusciter ? quel 176 est plus difficile, de naître ou de ressusciter, que ce qui n’a jamais été soit, ou que ce qui a été soit encore ? est-il plus difficile de venir en être que d’y revenir ? La coutume nous rend l’un facile, le manque de coutume rend l’autre impossible 177 : populaire façon de juger !
Pourquoi une vierge ne peut-elle enfanter ? une poule ne fait-elle pas des œufs sans coq ? qui les distingue par dehors d’avec les autres ? et qui nous a dit que la poule n’y peut former ce germe aussi bien que le coq 178 ?
45]
180 Qu’ont-ils à dire contre la résurrection, et contre l’enfantement de la Vierge ? qu’est-il plus difficile, de produire un homme ou un animal, que de le reproduire ? et s’ils n’avaient jamais vu une espèce d’animaux, pourraient-ils deviner s’ils se produisent sans 181 la compagnie les uns des autres 182 ?
402]
224 183
Que je hais ces sottises, de ne pas croire l’Eucharistie 184 , etc. ! si l’Évangile est vrai, si Jésus-Christ est Dieu 185 , quelle difficulté y a-t-il là ?
61]
225 186
Athéisme marque de force d’esprit 187 , mais jusqu’à un certain degré seulement 188 .
25]
226 189
Les impies, qui font profession de suivre la raison, doivent être étrangement forts en raison. Que disent-ils donc 190 ? ne voyons-nous pas, disent-ils, mourir et vivre les bêtes comme les hommes, et les Turcs comme les Chrétiens ? ils ont leurs cérémonies, leurs prophètes, leurs docteurs, leurs saints, leurs religieux, comme nous, etc. — Cela est-il contraire à l’Écriture ? ne dit-elle pas tout cela 191 ?
Si vous ne vous souciez guère de savoir la vérité, en voilà assez pour vous laisser en repos ; mais si vous désirez de tout votre cœur de la connaître, ce n’est pas assez : regardez au détail. C’en serait assez pour une question de philosophie : mais ici où il va de tout 192 . Et cependant, après une réflexion légère de cette sorte, on s’amusera, etc. Qu’on s’informe de cette religion même si elle ne rend pas raison de cette obscurité ; peut-être qu’elle nous l’apprendra.
29]
227 193
Ordre par dialogues. — Que dois-je faire ? Je ne vois partout qu’obscurités. Croirai-je que je ne sais rien ? croirai-je que je suis Dieu ?
Toutes choses changent et se succèdent. — Vous vous trompez, il y a… 194 .
45]
229 196
Voilà ce que je vois et ce qui me trouble. Je regarde de toutes parts, et je ne vois partout qu’obscurité. La nature ne m’offre rien qui ne soit matière de doute et d’inquiétude ; si je n’y voyais rien qui marquât une Divinité, je me déterminerais à la négative 197 ; si je voyais partout les marques d’un Créateur, je reposerais en paix dans la foi ; mais, voyant trop pour nier et trop peu pour m’assurer, je suis en un état à plaindre, et où j’ai souhaité cent fois que, si un Dieu la soutient, elle le marquât sans équivoque ; et que, si les marques qu’elle en donne sont trompeuses 198 , elle les supprimât tout à fait ; qu’elle dît tout ou rien, afin que je visse quel parti je dois suivre 199 ; au lieu qu’en l’état où je suis, ignorant ce que je suis et ce que je dois faire, je ne connais ni ma condition, ni mon devoir. Mon cœur tend tout entier à connaître où est le vrai bien, pour le suivre ; rien ne me serait trop cher pour l’éternité.
Je porte envie à ceux que je vois dans la foi vivre avec tant de négligence, et qui usent si mal d’un don duquel il me semble que je ferais un usage si différent 200 .
17]
230 201
Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu’il ne soit pas ; que l’âme soit avec le corps, que nous n’ayons point d’âme ; que le monde soit créé, qu’il ne le soit pas, etc. ; que le péché originel soit 202 , et qu’il ne soit pas 203 .
8]
231 204
Croyez-vous qu’il soit impossible que Dieu soit infini, sans parties ? — Oui. — Je vous veux donc faire voir une chose infinie et indivisible 205 . C’est un point 206 se mouvant partout d’une vitesse infinie ; car il est un 207 en tous lieux et est tout entier en chaque endroit.
Que cet effet de nature 208 , qui vous semblait impossible auparavant, vous fasse connaître qu’il peut y en avoir d’autres que vous ne connaissez pas encore. Ne tirez pas cette conséquence de votre apprentissage, qu’il ne vous reste rien à savoir ; mais qu’il vous reste infiniment à savoir.
425]
232 209
Le mouvement infini ; le point qui remplit tout, le moment de repos 210 : infini sans quantité, indivisible et infini 211 .
3]
233 212
Infini — rien 213 . — Notre âme est jetée dans le corps, où elle trouve nombre, temps, dimensions ; elle raisonne là-dessus, et appelle cela nature, nécessité 214 , et ne 215 peut croire autre chose.
L’unité jointe à l’infini ne l’augmente de rien, non plus qu’un pied à une mesure infinie 216 ; le fini s’anéantit en présence de l’infini, et devient un pur néant 217 . Ainsi notre esprit devant Dieu ; ainsi notre justice devant la justice divine 218 . Il n’y a pas si grande disproportion entre notre justice et celle de Dieu, qu’entre l’unité et l’infini 219 . Il faut que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde ; or, la justice envers les réprouvés est moins énorme et doit moins choquer que la miséricorde envers les élus 220 .
Nous connaissons qu’il y a un infini, et ignorons sa nature ; comme nous savons qu’il est faux que les nombres soient finis, donc il est vrai qu’il y a un infini en nombre 221 ; mais nous ne savons ce qu’il est : il est faux qu’il soit pair, il est faux qu’il soit impair 222 ; car, en ajoutant l’unité, il ne change point de nature ; cependant c’est un nombre, et tout nombre est pair ou impair (il est vrai que cela s’entend de tout nombre fini). Ainsi on peut bien connaître qu’il y a un Dieu sans savoir ce qu’il est 223 .
N’y a-t-il point une vérité substantielle, voyant tant de choses vraies qui ne sont point la vérité même 224 ?
225 Nous connaissons donc l’existence et la nature du fini 226 , parce que nous sommes finis et étendus comme lui. Nous connaissons l’existence de l’infini 227 et ignorons sa nature, parce 228 qu’il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous. Mais nous ne connaissons ni l’existence ni la nature de Dieu, parce qu’il n’a ni étendue ni bornes 229 .
Mais par la foi nous connaissons son existence ; par la gloire nous connaîtrons 230 sa nature. Or, j’ai déjà montré qu’on peut bien connaître l’existence d’une chose, sans connaître sa nature 231 .
Parlons maintenant selon les lumières naturelles.
S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n’ayant ni parties ni bornes, il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni 232 ce qu’il est, ni s’il est ; cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? ce n’est pas nous, qui n’avons aucun rapport à lui.
233 Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ? Ils déclarent, en l’exposant au monde, que c’est une sottise, stultitiam 234 ; et puis, vous vous plaignez de ce qu’ils ne la prouvent pas ! S’ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole : c’est en manquant de preuves qu’ils ne manquent pas de sens 235 . — Oui ; mais encore que cela excuse ceux qui l’offrent telle, et que cela les ôte de blâme de la produire sans raison, cela n’excuse pas ceux qui la reçoivent. — Examinons donc ce point, et disons : Dieu est, ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien déterminer : il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu 236 , à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre ; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux.
Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix ; car vous n’en savez rien. — Non ; mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car, encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier 237 .
— Oui ; mais il faut parier ; cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. Lequel prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir 238 , voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses 239 à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature 240 a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, puisqu’il faut nécessairement choisir en choisissant l’un que l’autre. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude 241 ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien 242 . Gagez donc qu’il est, sans hésiter. — Cela est admirable. Oui, il faut gager ; mais je gage peut-être trop. — Voyons 243 . Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager ; mais s’il y en avait trois à gagner, il 244 faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé à jouer, de ne pas 245 hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a un pareil hasard de perte et de gain 246 . Mais il y a une éternité de vie et de bonheur 247 ; et cela étant, quand il y aurait une infinité de hasards dont un seul serait pour vous, vous auriez encore raison de gager un pour avoir deux, et vous 248 agiriez de mauvais sens, étant obligé à jouer, de refuser de jouer une vie contre trois à un jeu où d’une infinité de hasards il y en a un pour vous, s’il y avait une infinité de 249 vie infiniment heureuse à gagner 250 . Mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner 251 , un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte 252 , et ce que vous jouez est fini 253 . Cela ôte tout parti 254 : partout où est l’infini, et où il n’y a point infinité de hasards de perte contre celui de gain, il n’y a point 255 à balancer, il faut tout donner. Et ainsi 256 , quand on est forcé à jouer, il faut 257 renoncer à la raison pour garder 258 la vie, plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à 259 arriver que la perte du néant 260 .
Car il ne sert de rien de dire qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain qu’on hasarde, et que l’infinie distance qui est entre la certitude de ce qu’on 261 s’expose, et l’incertitude de ce qu’on gagnera, égale le bien fini qu’on 262 expose certainement, à l’infini, qui est incertain 263 . Cela n’est pas ainsi : tout 264 joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude ; et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement 265 le fini, sans pécher contre la raison 266 . Il n’y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu’on s’expose et l’incertitude du gain ; cela est faux. Il y a, à la vérité 267 , infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre 268 . Mais l’incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu’on hasarde, selon la proportion des hasards de gain et de perte ; et de là vient que, s’il y a 269 autant de hasards d’un côté que de l’autre, le parti est à jouer égal contre égal ; et 270 alors la certitude de ce qu’on s’expose est égale à l’incertitude du gain : tant s’en faut qu’elle en soit infiniment distante. Et ainsi, notre proposition est dans une force infinie, quand il y a 271 le fini à hasarder 272 à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner. Cela est démonstratif ; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l’est. — 273 Je le confesse, je l’avoue. Mais encore n’y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu ? — Oui, l’Écriture, et le reste, etc.
— Oui ; mais j’ai les mains liées et la bouche 274 muette ; on me force à parier, et je ne suis pas en liberté ; on ne me relâche 275 pas, et 276 je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ?
— Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire, puisque la raison vous y porte, et que néanmoins vous ne le pouvez, [ne vient que du défaut de vos passions] 277 . Travaillez donc, non pas à 278 vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi, et vous n’en savez pas le chemin ; vous voulez vous guérir de l’infidélité, et vous en demandez le remède : apprenez de ceux 279 qui ont été liés comme vous, et qui parient maintenant tout leur bien ; ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre, et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : c’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira 280 . — Mais c’est ce que je crains. — Et pourquoi ? qu’avez-vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminuera les passions, qui sont vos grands obstacles, etc. 281 Fin de ce discours. — Or, quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami 282 , sincère, véritable 283 . À la vérité, vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices ; mais n’en aurez-yous point d’autres ? Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie ; et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude du gain, et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.
4]— « Oh ! ce discours me transporte, me ravit, etc., etc. »
— Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre pour votre propre bien et pour sa gloire ; et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse 284 .
130]