Pensées (page 7)
290 198
Preuves de la religion : Morale — Doctrine — Miracles — Prophéties — Figures.
↑ Cf. B., 405 ; C., 380 ; P. R., XX, 1 ; Bos., II, xv, 1 ; Faug., II, 113 ; Hav., XXII, 2 ; Mol., I, 137 ; Mich., 447.
↑ Développement correspondant au fragment 62 : « Préface de la 1re partie. — Parler de ceux qui ont traité de la connaissance de soi-même… » Les deux fragments figurent sur la même page du manuscrit, ils ont dû être dictés en même temps.
↑ La ponctuation que nous suivons nous semble indiquée par le manuscrit. M. Michaut préfère ponctuer ainsi : parler de Dieu, en adressant leurs discours aux impies. Leur premier chapitre…
↑ Sur les difficultés qu’a soulevées ce début, voir les Pièces justificatives, p. clxxvi, et Nicole : Discours contenant en abrégé les preuves actuelles de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme : « Il y en a d’abstraites et de métaphysiques, comme j’ai dit, et je ne vois pas qu’il soit raisonnable de prendre plaisir à les décrier. » — La preuve de l’existence de Dieu par l’ordre de la nature a été introduite dans la philosophie occidentale par Socrate. Cicéron dans le De Natura deorum, Sénèque dans le De Beneficiis l’ont développée amplement, et elle est reprise par Fénelon du point de vue chrétien, par Bernardin de Saint-Pierre du point de vue déiste. Pascal la trouvait plus particulièrement chez les trois apologistes dont il se proposait de parler ici : Raymond Sebon, Charron et Grotius. — Cf. fr. 556.
↑ Ces mots ne sont pas dans le manuscrit.
↑ Correction ; la phrase écrite d’abord sous la dictée de Pascal était : [Prétend de l’avoir achevée sans preuve.]
↑ Omnia mihi tradita sunt a Patre meo. Et nemo novit Filium, nisi Pater : neque Patrem quis novit, nisi Filius, et cui voluerit Filius revelare. Matth., XI, 27.
↑ Petite et dabitur vobis : quærite, et invenietis : pulsate, et aperietur vobis. Matth., VII, 7.
↑ Cf. fr. 194, 518 et 585.
↑ Cf. C., 470 ; Bos., II, iii, 3 ; Faug., II, 116 ; Hav., X, 6 ; Mol., I, 313 ; Mich., 926.
↑ À le faire croire, mais non à le prouver. Pascal connaît le Psaume XVIII, Cœli enarrant gloriam Dei ; il reproduit à diverses reprises la conception de saint Paul qui fait de la nature l’image de la grâce. Mais il se refuse à y voir des preuves, au sens philosophique du mot ; il oppose avec netteté la croyance d’ordre pratique et la démonstration d’ordre spéculatif, le Glauben et le Wissen, suivant les expressions employées par Kant dans un passage célèbre de la seconde préface de la Critique de la raison pure spéculative.
↑ Grotius, V. R. C, I, vii : « Neque vero singula tantum ad peculiarem suum finem ordinantur, sed et ad communera Universi ; ut apparet in aqua, quæ contra naturam sibi propriam sursum movetur, ne inani interposito hiet Universi compages : ita facta ut continua partium cohæsione semet sustineat. »
↑ Cf. B., 1 ; C., 13 ; Faug., II, 389 ; Hav., XXV, 200 ; Mol., I, 314 ; Mich., 71 (avec le fr. 227, voir la note du fr. 227).
↑ Pascal vise ici les démonstrations traditionnelles dont il retrouvait le développement au début du traité de Grotius (I, vii).
↑ [Au contraire.]
↑ Au xviie siècle l’usage est de construire encore que avec le subjonctif, et Pascal s’y conforme : « Encore qu’ils soient fort opposés à ceux qui commettent des crimes » (VIIIe Prov.). Au xvie siècle on trouve des exemples de l’indicatif. Littré cite ces vers de la Boétie (478) :
Encor qu’Homère est le premier compté,
De s’arrêter les autres n’ont eu garde.
↑ [Que.]
↑ Cf. B., 420 ; C., 394 ; P. R., XXVIII, 59 ; Bos., II, xvii, 59 ; Faug., II, 177 ; Hav., XXIV, 42 ; Mol., II, 58 ; Mich., 33.
↑ Au début de l’Apologie,l’Apologie, Montaigne s’exprime ainsi : « Nous ne nous contentons point de servir Dieu d’esprit et d’ame ; nous luy debvons encores, et rendons, une reverence corporelle ; nous appliquons nos membres mesmes, et nos mouvements, et les choses externes, à l’honorer : il en fault faire de mesme, et accompaigner nostre foy de toute la raison qui est en nous. »
↑ [La révélation.] — Le terme de révélation que Pascal avait employé d’abord s’oppose nettement à la raison et la coutume ; pourtant il a préféré le mot d’inspiration, c’est sans doute qu’il lui a paru caractériser mieux la source intérieure qui vivifie la foi ; la révélation est un fait, elle émane d’une autorité extérieure ; pour avoir son efficacité, pour engendrer le salut, elle demande l’inspiration du cœur.
↑ [Aie.]
↑ [Disposer.]
↑ La machine, en ôtant les obstacles, permet quelquefois cette transformation totale de l’âme qui paraît d’abord impossible.
↑ I Cor. I, 17. Non enim misit me Christus baptizare sed evangelizare : non in sapientia verbi, sed ut non evacuetur crux Christi. Pascal, en même temps qu’à saint Paul, pense au commentaire que saint Augustin a donné dans son livre de La Nature et de la Grâce, écrit contre Pélage : « La croix du Christ est devenue vaine, si l’on dit qu’il est possible de parvenir à la justice et à la vie éternelle en croyant au Dieu qui a fait le ciel et la terre, et de remplir sa volonté en vivant bien, sans être pénétré de la foi en la passion du Christ et en sa résurrection. » Jansénius, Augustinus, tome I, liv. III, ch. xxiv, cite ce passage et en fait le thème principal du jansénisme.
↑ Cf. B., 2 ; C., 15 ; Faug., II, 391 ; Hav., X, 10 ; Mol., II, 62 ; Mich., 62.
↑ Pascal avait déjà employé cette expression d’une façon remarquable dans le passage suivant du Discours sur les Passions de l’AmourDiscours sur les Passions de l’Amour : « L’on a ôté mal à propos le nom de raison à l’amour, et on les a opposés sans un bon fondement, car l’amour et la raison n’est qu’une même chose. C’est une précipitation de pensées qui se porte d’un côté sans bien examiner tout, mais c’est toujours une raison, et l’on ne doit et on ne peut pas souhaiter que ce soit autrement, car nous serions des machines très désagréables. » La machine, c’est la partie de notre être qui est soustraite à l’autorité de la raison et qui agit en vertu des lois qui lui sont propres, c’est notre corps considéré comme semblable aux automates construits par l’industrie. Le mécanisme cartésien avait au xviie siècle répandu et popularisé la conception de l’automatisme corporel, et la doctrine des animaux-machines avait répandu et popularisé l’expression de machine.
↑ Les obstacles, c’est le double libertinage de la vie et de la pensée. Préparer la machine à recevoir la foi, c’est prendre l’attitude et pratiquer les œuvres du chrétien, c’est quitter les plaisirs et chasser les passions. Chercher par raison, c’est se guérir du scepticisme en comprenant la relation que la raison soutient avec la foi.
↑ Cf. B., 1 ; C., 14 ; Faug., II, 390 ; Hav., X, 9 ; Mol., II, 62 ; Mich., 61.
↑ [Où un ami dit.]
↑ Cette objection n’est pas seulement celle des libertins, elle est aussi celle des catholiques non jansénistes contre l’interprétation janséniste du christianisme. La doctrine de la grâce, entendue à la rigueur, ne laisse pas d’espoir à l’homme, puisque c’est à Dieu de prendre l’initiative et d’accomplir en ses élus le miracle de la foi. Les incrédules accordent à Pascal que son dogme est vrai ; s’ils ne peuvent croire pourtant, c’est que Dieu ne les a pas prédestinés au salut. Et c’est en ce sens que les adversaires du jansénisme lui reprochaient de favoriser la mollesse et l’indifférence des libertins. (Cf. une curieuse lettre de Mme de Choisy à la comtesse de Mauves, déc. 1655, citée en note du fr. 781.)
↑ M. Droz a signalé un développement de ces thèses de Pascal dans le traité de Nicole : De la soumission à la volonté de Dieu, en particulier le ch. vii de la Première partie : « Si l’on n’a pas encore les sentiments que l’on doit, il ne faut pas laisser de faire ce que l’on doit. »
↑ Cf. B., 2 ; C., 14 ; Faug., II, 391 ; Hav., X, 11 ; Mol., II, ; Mich., 58.
↑ Saint Paul, Rom., I, 18 et Gal., III, 11.
↑ [Qui fait.]
↑ Ergo fides ex auditu, auditus autem per verbum Christi. Rom., X, 17.
↑ [Credo.]
↑ Dans l’Apologiel’Apologie, Montaigne rapproche un texte de saint Augustin (de Ordine, II, 16) : Melius scitur Deus nesciendo, et un texte de Tacite (de Mor. German., XXXIV) : Sanctius est ac reverentius de actis deorum credere, quam scire.
↑ Cf. B., 179 ; C., 212 ; P. R., XXVIII, 57 ; Bos., II, xvii, 50 ; Faug., II, 349 ; Hav., XXIV, 40 ; Mol., II, 102 ; Mich., 538.
↑ [D’espérer quelque [le salut par les,]
↑ Cf. Faug., II, 350 ; Hav., XI, 3 bis ; Mol., II, 50 ; Mich., 253.
↑ Pascal emploie obtenir dans un sens absolu, comme il emploie obtention au fr. 514. Cf. Duclos : « Pour obtenir du peuple, il vaut mieux exagérer ses prétentions que de les borner » (Œuv., t. II, p. 167).
↑ Créature s’oppose ici à homme, c’est ce qui resterait de l’homme si on en retranchait tout ce qui porte la marque de Dieu. Cf. Bourdaloue : « Qu’est-ce que leur vie [des mondains]… un assujettissement servile à la créature, c’est-à-dire au caprice, à la vérité, à la légèreté, à l’infidélité même ? » (Carême, Sur la paix chrétienne.)
↑ [Idolâtre.]
↑ Cf. B., 110 ; C., 135 ; P. R., II, 3 ; Bos., II, iv, 3 ; Faug., II, 349 ; Hav., XI, 3 ; Mol., I, 290 ; Mich., 792.
↑ Comme les païennes surcharge.
↑ Car… extérieur surcharge.
↑ Intellectuelle doit être entendu, non pas au sens restreint qu’on donne aujourd’hui quand on oppose l’intelligence au sentiment ou à la volonté, mais comme synonyme de spirituel. Il s’oppose à corporel, comme chez Descartes : « Préparer les esprits des lecteurs à considérer les choses intellectuelles et les distinguer des corporelles » (Rép. aux 3es obj., i, trad. du duc de Luynes).
↑ « La chrétienté comme au milieu a bien le tout tempéré, le sensible et l’externe avec l’insensible et l’interne, servant Dieu d’esprit et de corps, et s’accommode aux grands et aux petits. » (Charron, Sagesse, II, v, 16.)
↑ Application du principe pascalien : « Les deux raisons contraires. Il faut commencer par là : sans cela on n’entend rien, et tout est hérétique ; et même, à la fin de chaque vérité, il faut ajouter qu’on se souvient de la vérité opposée. » (Fr. 567.)
↑ Cf. B., 425 et 325 ; C., 399 ; P. R., VII, 3 XXVIII, 68 ; Bos., II, iii, 6 ; II, xvii, 62 ; Faug., II, 174 ; Hav., X, 8 et XXIV, 52 ; Mol., I, 116 ; II, 140 ; Mich., 424.
↑ Exactement synonyme de machines. La Bruyère a décrit l’homme qui est plus automate qu’esprit : « Le sot est automate, il est machine, il est ressort : le poids l’emporte, le fait mouvoir, le fait tourner, et toujours, et dans le même sens, et avec la même égalité, il est fixé et déterminé par sa nature, et j’ose dire par son espèce. » (De l’Homme.)(De l’Homme.)
↑ Depuis nous sommes automates en surcharge.
↑ Seule en surcharge.
↑ Réflexion en surcharge.
↑ La fin de la phrase en surcharge.
↑ Cf. fr. 200.
↑ Cf. fr. 98, 615 — et Charron : Sagesse, II, v, 9 : « L’on est circoncis, baptisé, juif et chrétien, avant que l’on sache que l’on est homme. »
↑ Parenthèse en marge.
↑ [Nous avons.]
↑ [Toutes.]
↑ [Démonstrations.]
↑ Dans une lettrelettre du 5 novembre 1648 écrite en commun par Blaise et Jacqueline Pascal, on trouve la même distinction, mais faite entre l’esprit et la grâce (et non entre l’esprit et la coutume). Ils écrivent à Mme Périer et se plaignent qu’elle ne mette pas assez de différence entre les choses dont elle parle « et celles dont le siècle parle, puisqu’il est sans doute qu’il suffit d’avoir appris une fois celles-ci et de les avoir bien retenues, pour n’avoir plus besoin d’en être instruit, au lieu qu’il ne suffit pas d’avoir une fois compris celles de l’autre sorte, et de les avoir connues de la bonne manière, c’est-à-dire par le mouvement intérieur de Dieu, pour en conserver la connaissance de la même sorte, quoique l’on en conserve bien le souvenir ». — Cf. Descartes : « Comme je crois qu’il est très nécessaire d’avoir bien compris une fois en sa vie les principes de la métaphysique, à cause que ce sont ceux qui nous donnent la connaissance de Dieu et de notre âme, je crois aussi qu’il serait très nuisible d’occuper souvent son entendement à les méditer… mais que le meilleur est de se contenter de retenir en sa mémoire et en sa créance les conclusions qu’on en a une fois tirées… » (Lettre à la princesse Élisabeth, 18 juin 1643.)
↑ Inclina cor meum in testimonia tua, et non in avaritiam (Psaumes CXVIII, 36).
↑ [Faire.]
↑ Cf. B., 84 ; C., 110 ; P. R., V, 6 ; Bos., II, vi, 3 ; Faug., II, 348 ; Hav., XIII, 7 ; Mol., II, 59 ; Mich., 416.
↑ La Copie corrige : « Ce sont deux excès également dangereux, d’exclure la raison, de n’admettre que la raison » pour en faire la conclusion du fr. 273.
↑ Cf. B., 84 ; C., 111 ; Faug., II, 349 ; Hav., XIII, 5 bis et XXV, 46 rejeté ; Mol., II, 47 ; Mich., 395.
↑ [C’est.]
↑ Cf. B., 83 ; C., 110 ; Bos., II, vi, 3 ; Faug., II, 349 ; II, 347 ; Hav., XIII, 5 ; XXV, 183 ; Mol., II,59 ; II, 17 et II, 125 ; Mich., 628.
↑ Faugère a relevé dans la Première copie ces compléments : « que d’exiger cette soumission dans les choses qui ne sont pas matière de soumission. »
↑ Commentaire : « sur ce qu’on n’y voit Jésus-Christ ; car on ne le doit point voir, quoiqu’il y soit. »
↑ « De croire que des propositions sont dans un livre, quoiqu’on ne les y voie pas (parce qu’on doit les y voir si elles y sont). » Ces additions (comme on le voit par celles des fr. 253 et 272) étaient faites en vue de la publication ; mais le fragment n’a pas été compris dans l’édition de Port-Royal.
↑ Cf. B., 82 ; C., 109 ; Faug., II, 350 ; Hav., XXV, 47 ; Mol., II, 46 ; Mich., 515.
↑ Cette pensée est loin d’être claire. Tout d’abord, en ne se rapporte pas à vrais chrétiens, mais à l’idée indéterminée d’hommes qui y est contenue. Parmi les hommes, les uns croient mais par excès de docilité (fragment 254), sans rien mettre dans leur foi de leur vie intérieure, de leur cœur ; les autres ne croient pas mais par libertinage, c’est-à-dire par un défaut de docilité qui est lié au dérèglement des mœurs. Quel est ce peu qui est entre les deux ? Ce sont les chrétiens, à la fois dégagés de toute superstition et de tout libertinage, qui ont réfléchi sur la religion, qui soumettent leur esprit, parce que la raison leur a montré qu’il était raisonnable de désavouer la raison.
↑ Cela se rapporte non pas au peu qui est entre les deux, mais aux deux catégories extrêmes, dans lesquelles ne sont compris ni 1o les incrédules qui ne sont pas libertins, qui cherchent Dieu et ne demeurent dans le doute que parce que la grâce leur manque, « ceux du milieu, malheureux et raisonnables », comme il est dit au fragment suivant ; ni 2o les chrétiens qui croient sans raisonnement, mais sans superstition, parce qu’ils ont la « connaissance » du cœur (voir les fragments 282 et 284).
↑ Ceux-[là] croient par.
↑ Cf. B., 78 ; C., 104 ; P. R., XXVIII, 67 ; Bos., II, xvii, 61 ; Faug., II, 182 ; Hav., XXIV, 50 ; Mol., I, 155 ; Mich., 167.
↑ Il n’y a [que deux sortes de personnes raisonnables.] — Pascal a négligé de barrer la négation dont la suppression est devenue indispensable dans la nouvelle rédaction.
↑ [Deux.]
↑ Cf. B., 394 ; C., 365 ; Mich., 397.
↑ Cette ligne latine résumait sans doute pour Pascal le chapitre sur les faux dieux du Livre de la Sagesse. En particulier : Et cum labore vano Deum fingit de eodem luto, ille qui paulo ante de terra factus fuerat…, XV, 8. — Homo enim fecit illos [nationum Deos] : et qui spiritum mutuatus est, is finxit illos. Nemo enim sibi similem homo poterit Deum fingere, XV, 16.
↑ Cf. B., 422 ; C., 397 ; Faug., I, 228 ; Hav., XXV, 20 ; Mol., I, 155 ; Mich., 98.
↑ Cf. B., 313 ; C., 405 ; Faug., I, 291 et II, 351 ; Hav., XXV, 49 ; Mol., II, 104 et II, 142 ; Mich., 560 et 561.
↑ Cf. fr. 931. — Chose curieuse, l’expression est reprise dans la Logique de Port-Royal à l’éloge des personnes sages qui « fuient de se présenter en face et de se faire envisager en particulier, et tâchent plutôt de se cacher dans la presse pour n’être pas remarquées, afin qu’on ne voie dans leurs discours que la vérité qu’elles proposent. » (IIIe partie, ch. 1,ch. 1, immédiatement avant le passage sur Pascal qui évitait le je.)
↑ « Il y a du malheur d’en estre là, que la meilleure touche de la vérité ce soit la multitude des croyants, en une presse où les fols surpassent de tant les sages en nombre. » (Mont., III, xi)III, xi).
↑ L’expression se retrouve dans la LettreLettre de Pascal à M. le Pailleur, faisant allusion aux divergences des partisans du plein : « Ce n’est pas dans cet embarras, dans ce tumulte qu’on doit la chercher [la vérité]. » (Œuvres, éd. Lahure, t. III, p. 61.)
↑ Vous en surcharge.
↑ [Absurdités.]
↑ S’il n’y avait pas de règle pour la croyance, cent choses contradictoires entre elles pourraient être vraies en même temps.
↑ L’expression se trouve dans Charron : « Le plus grand argument de la vérité, c’est le général consentement du monde. » (Sagesse, I, xvi, 3.)
↑ Si le consentement général était la règle, que serait-il arrivé si les hommes étaient péris ? — Pascal vise ici les critères externes de la vérité, autorité et consentement universel, qui étaient acceptés par la scolastique et que Descartes condamne définitivement.
↑ Cf. fr. 931. Cette fausse humilité consiste à ne pas vouloir juger par soi-même, à se retrancher derrière le jugement des autres ; au fond, c’est de l’orgueil ; c’est de peur de douter, de se tromper, d’être convaincu d’erreur, qu’on renonce à faire usage de sa pensée propre, à faire son devoir d’homme. Cf. Montaigne : « Il est certaine façon d’humilité subtile, qui naist de la presumption. » (II, 37.)(II, 37.) — Dans un discours sur la Perfection des Arts, André Chénier, qui ne connaissait pas le fragment, applique précisément à Pascal cette antithèse : « Homme arrogant et orgueilleux sous les formules de l’humilité, indigné qu’aucun mortel se crût permis de secouer son joug qu’il voulait porter lui-même. » (Œuvres inédites, Revue de Paris,
15 oct. 1899, p. 676.)
↑ [Les animaux.]
↑ [Ne jugerons-nous point des hommes ?]
↑ [Cherchent.]
↑ Réflexion en marge.
↑ Cf. B., 82 ; C., 108 ; Faug., II, 351 ; Hav., XXV, 48 ; Mol., I, 323 ; Mich., 557.
↑ [La vérité.] — Cf. fr. 384 et 902.
↑ Cf. B., 471 ; C., 271 ; P. R., XXVIII, 64 ; Bos., II, xvii, 57 ; Faug., I, 230 ; Hav., XXIV, 47 ; Mol., II, 59 ; Mich., 595.
↑ Si la fin de ce fragment est très claire, il n’en est pas de même des lignes du début. À quoi tend le parallèle établi entre la superstition et les scrupules d’une part, la concupiscence et les désirs mauvais, de l’autre ? sans doute à cette conclusion qu’il y a place, à l’intérieur de la religion, pour un excès qui est symétrique de la concupiscence et des désirs mauvais, en ce sens qu’il est aussi une exaltation de la passion humaine. La religion ordonne de craindre un Dieu, tandis que la superstition nous fait craindre en nous séparant de lui, et pour ainsi dire contre lui, comme s’il devait être cause du mal — Charron insiste longuement sur les rapports de la superstition et de la crainte : « Il n’y a rien qui fasse plus belle mine, et prenne plus de peine à ressembler la vraie piété et religion, mais qui lui soit plus contraire et ennemi que la superstition… La religion aime et honore Dieu, met l’homme en paix et en repos, et loge en une âme libre, franche et généreuse ; la superstition trouble et effarouche l’homme, et injurie Dieu, apprenant à le craindre avec horreur et effroi, se cacher et s’enfuir de lui, s’il est possible, c’est maladie d’âme faible, vile et peureuse. » (Sagesse, II, v, 9.) Et Charron ajoute cette citation de saint Augustin (Cité de Dieu, VI, 9) qui paraît avoir inspiré directement Pascal : Varro ait Deum a religioso vereri, a superstitioso timeri. Cf. id. Les Trois Vérités, I, 12, sub fine.
↑ Voir les chapitres de Jansénius sur la crainte (Augustinus, de Grat. Chr. Salv., tit. V, ch. xxi-xxxiv.)
↑ Cf. B., 340 ; C., 293 ; P. R., XXVIII, 49 ; Bos., II, xvii, 44 ; Faug., II, 232 ; Hav., XXIV, 34 ; Mol., I, 321 ; Mich., 288.
↑ [Mais quand.] — Cf. fr. 470.
↑ [On les.]
↑ Dit-on en surcharge.
↑ [Qu’il y ait.]
↑ On sait quelle importance Kant a donnée dans son système de morale à l’universalité du devoir et avec quel soin il a distingué cette universalité rigoureuse, exclusive de toute exception, et la simple généralité qui permet à l’homme, tout en reconnaissant la loi, de l’atténuer en sa faveur et pour une fois.
↑ Cf. Faug., I, 216 ; Hav., XXV, 70 ; Mol., II, 60 ; Mich., 273.
↑ Et dormir en surcharge.
↑ La béatitude huitième est ainsi énoncée dans l’Évangile de saint Mathieu : Beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam : quoniam ipsorum est regnum cœlorum (V, 10). — La béatitude quatrième parle de la faim de la justice : Beati qui esuriunt et sitiunt justitiam : quoniam ipsi saturabuntur (V, 6).
↑ Cf. B., 390 ; C., 357 ; P. R., XXVIII, 26 ; Bos., II, xvii, 10 ; Faug., I, 173 ; Hav., VI, 10 ; Mol., I, 143 ; Mich., 435.
↑ Cf. B., 406 ; C., 381 ; Bos., II, xvii, 46 ; Faug., I, 190 ; Hav., XXIV, 36 et XXV, 3 ; Mol., I, 197 et I, 126 ; Mich., 470.
↑ 1022, c’est le chiffre donné par le catalogue de Ptolémée, qui résume la science astronomique de l’antiquité.
↑ L’expression se retrouve au début du fragment sur les deux infinis, 72.
↑ Cette pensée fait évidemment partie d’un dialogue : nous avons dû, pour en rendre intelligible la lecture, y pratiquer des divisions qui ne figurent pas dans le manuscrit. L’interlocuteur imaginaire de Pascal soutient la thèse du fini : Pascal remarque combien cette thèse, en apparence toute simple et fondée sur la nécessité naturelle de s’arrêter quelque part que la philosophie a tant de fois invoquée depuis Aristote, suppose de présomption métaphysique, puisqu’elle prête à l’homme la faculté d’atteindre les éléments absolus des choses. Il faut parler avec le peuple et dire que ce qu’on ne voit pas n’existe pas ; mais le géomètre a une autre pensée de derrière la tête (Cf. fr. 336).
↑ Cf. B., 84 ; C., 111 ; P. R., V, 1 ; Bos., I, ix, 34 ; Faug., I, 205 ; Hav., XIII, 1 ; Mol., II, 57 ; Mich., 521.
↑ [Elle est faible si elle ne va là. Même dans les choses.]
↑ Cf. B., 81 ; C., 107 ; P. R., V, 2 ; Bos., II, vi, 1 ; Faug., II, 347 ; Hav., XIII, 2 ; Mol., II, 57 ; Mich., 388.
↑ [Miscell.]
↑ Pascal avait d’abord écrit : « Il faut [avoir ces trois qualités pyrrhonien, géomètre, chrétien soumis ; et elles s’accordent et ce tempèrent en doutant où] il faut, [en assurant] où il faut [en] se soumettant. » Pascal a corrigé les mots nécessaires pour rétablir la nouvelle rédaction, sauf soumettant qu’il fallait remplacer par soumettre. La Copie ajoute : « pyrrhonien, géomètre, chrétien ; doute, assurance, soumission. »
↑ Cf. la RéponseRéponse de Pascal au P. Noël : « Nous réservons pour le mystères de la foi, que le Saint-Esprit lui-même a révélés, cette soumission d’esprit qui porte notre croyance à des mystères cachés aux sens et à la raison. » (Œuvres, éd. Lahure, t. III, p. 13.)
↑ En n’est pas dans le manuscrit.
↑ Charron en faisant de l’universelle et pleine liberté de l’esprit, la seconde disposition à la sagesse, en posant que « le vrai office de l’homme, son plus propre et plus naturel exercice, sa plus digne occupation est de juger », réserve « les vérités divines qui nous ont été révélées, lesquelles il faut recevoir humblement avec toute humilité et soumission, sans entrer en division ni discussion ». De la sagesse, II, 2.
↑ Cf. B., 81 ; C., 107 ; Faug., II, 347 ; Hav., XIII, 2 bis, et XXV, 182 ; Mol., II, 57 ; Mich., 520.
↑ « Je me ploie et je me captive sous les paroles magistrales du Sauveur Jésus : dans celles que j’entends, j’y vois des instructions admirables ; dans celles que je n’entends pas, j’y adore une autorité infaillible. Si je ne mérite pas de les comprendre, elles méritent que je les croie ; et j’ai cet avantage dans son école, qu’une humble soumission me conduit à l’intelligence plutôt qu’une recherche laborieuse. » Bossuet, Sermon sur la Loi de Dieu, 1er point.
↑ Cf. B., 82 ; C., 108 ; P. R., V, 4 ; Bos., II, vi, 2 ; Faug., II, 348 ; Hav., XIII, 4 ; Mol., II, 59 ; Mich., 646.
↑ La référence est donnée par la Logique de Port-Royal, en même temps que le commentaire de ce fragment : « Que si l’on compare ensemble les deux voies générales qui nous font croire qu’une chose est, la raison et la foi, il est certain que la foi suppose toujours quelque raison ; car, comme dit saint Augustin dans sa Lettre cxxii, et en beaucoup d’autres lieux, nous ne pourrions pas nous porter à croire ce qui est au-dessus de notre raison, si la raison même ne nous avait persuadés qu’il y a des choses que nous faisons bien de croire, quoique nous ne soyons pas encore capables de les comprendre : ce qui est principalement vrai à l’égard de la foi divine, parce que la vraie raison nous apprend que Dieu étant la vérité même, il ne peut nous tromper en ce qu’il nous révèle de sa nature ou de ses mystères. » (Quatrième partie, ch. xii.)ch. xii.)
↑ Addition de la 1re Copie : et qu’elle ne se soumette pas quand elle juge qu’elle ne doit pas le faire.
↑ Cf. B., 31 ; C., 47 ; Faug., II, 135 ; Hav., XXV, 86 ; Mol., I, 321 ; Mich., 405.
↑ Matth., XVIII, 33 : Nisi conversi fueritis, et efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in regnum cœlorum. Ce texte est familier à Port-Royal. Saint-Cyran en fait dans ses lettres de fréquents commentaires à l’usage des grands à qui pesaient parfois la rigueur de la confession et « la soumission totale au directeur ». Il est à noter que Bacon l’avait appliqué à la méthode inductive, qui nous apprend à nous faire petits enfants devant la nature et à nous soumettre à elle pour mieux la vaincre.
↑ Cf. B., 84 ; C., 110 ; P. R., V, 6 ; Bos., II, vi, 3 ; Faug., II, 348 ; Hav., XIII, 6 ; Mol., II, 59 ; Mich., 457.
↑ Addition de la Première copie en vue de l’édition de Port-Royal : « Dans les choses de la foi, et rien de si contraire à la raison que ce désaveu de la raison dans ce qui n’est pas de foi », pour relier le fragment au 253 qui a été également, modifié.
↑ Cf. B., 82 ; C., 108 ; P. R., V, 3 ; Bos., II, vi, 2 ; Faug., II, 348 ; Hav., XIII, 3 ; Mol., II, 58 ; Mich., 453.
↑ Écrit d’abord au crayon.
↑ [Notre religion.]
↑ Cf. B., 329 ; C., 280 ; P. R., XXXI, 6 ; Bos., I, x, 4 ; Faug., I, 224 ; Hav., VII, 4 ; Mol., II, 143 ; Mich., 333.
↑ Semblable par son caractère irréfléchi, irrationnel, immédiat ; contraire par ce que le sentiment est une vue naturelle, profonde et vraie, tandis que la fantaisie née du hasard de l’association est artificielle, superficielle et fausse. — Cf. Nicole, Pensées diverses, LIII : Sentiment, fantaisie, raisonnement, raisonnaillerie.
↑ [Ma.]
↑ Mont., Apol.Apol. : « I’appelle tousiours raison cette apparence de discours que chascun forge en soy : cette raison, de la condition de laquelle il y en peult avoir cent contraires, autour d’un mesme subiect, c’est un instrument de plomb et de cire, alongeable, ployable, et accommodable à touts biais et à toutes mesures ; il ne reste que la suffisance de le sçavoir contourner. »
↑ Cf. Bos., II, xvii, 62 ; Faug., I, 229 ; Hav., XXIV, 51 ; Mol., II, 141 ; Mich., 983.
↑ Cf. Faug., I, 177 ; Hav., XXV, 56 ; Mol., II, 143 ; Mich., 964.
↑ On voit par cet exemple comment les pensées naissaient chez Pascal à l’occasion des incidents de sa vie ordinaire. Cette réflexion met en lumière l’influence de nos sentiments cachés sur les raisonnements auxquels nous les rapportons après coup ; c’est une application à un cas particulier de la maxime de La Rochefoucauld : L’esprit est toujours la dupe du cœur. Ajoutons que la science contemporaine a confirmé par de curieuses expériences la vérité de cette remarque ; une personne à qui l’on a suggéré pendant le sommeil hypnotique d’exécuter un acte déterminé à son réveil, l’exécute en effet et trouve, pour justifier cet acte commandé, des raisons parfois subtiles. — On trouve dans les pensées de Domat publiées par Faugère cette réflexion qui est peut-être l’écho d’une conversation avec Pascal : « Nous n’agissons pas par raison, mais par amour, parce que ce n’est pas l’esprit qui agit, mais le cœur qui gouverne ; et toute la déférence qu’a le cœur pour l’esprit est que s’il n’agit pas par raison, il fait au moins accroire qu’il agit par raison (XX). » M. Droz cite dans son excellente Étude sur le scepticisme de Pascal (p. 52) cette phrase de Bayle : « Le cœur ne se voulant point rendre fait que l’esprit, qui est ordinairement sa dupe, cherche des armes pour se maintenir. » (Pensées sur la Comète, § 184.)
↑ Cf. B., 207 ; C., 418 ; P. R., XXVIII, 51 ; Bos., II, xvii, 5 ; Faug., II, 172 ; Hav., XXIV, 5 ; Mol., II, 140 ; Mich., 11.
↑ [Le cœur [on.]
↑ Que la raison ne connaît point en surcharge.
↑ [Naturellement.]
↑ [Quand il s’y adonne.]
↑ Cf. B., 207 ; C., 418 ; P. R., XXVIII, 51 ; Faug., II, 172 ; Hav., XXIV, 5 ; Mol., II, 140 ; Mich., 13.
↑ « Dieu sensible au cœur, voilà votre bienheureux état. Je n’ai jamais vu une telle parole, mais elle est aussi de M. Pascal. » Lettre de Mme de Sévigné à Mme de Guitaut, 29 oct. 1692.
↑ La doctrine exposée par Pascal dans la fin de ces fragments se retrouve chez M. de Barcos, neveu de Saint-Cyran : « Consentir simplement à une vérité et avouer une chose dont on est persuadé, est une action qui appartient à l’entendement, lequel est seulement capable de vérité ou d’erreur, et non de bonté ou de malice. Mais la fin que Dieu demande de nous et par laquelle nous sommes chrétiens, vient principalement du cœur et est toujours accompagnée d’amour et d’affection envers Dieu, et sa vérité qui est lui-même. Ce que saint Paul nous apprend quand il dit : Corde creditur ad justitiam. C’est donc par le cœur que nous croyons comme il faut, et que nous acquérons la vraie justice et la vraie piété, dont la foi est le fondement. Toute autre manière de croire qui n’est pas accompagnée au moins de quelque commencement d’amour, est inutile pour le salut, et dépend plus de la lumière de l’esprit que de la bonté du cœur, et elle n’est point capable d’approcher l’homme de Dieu, ni de le rendre fidèle. » (Explication du symbole publiée en 1701, p. 15.) — M. Droz cite d’autre part ces lignes de Saint-Cyran : « Il n’y a point d’autre moyen de comprendre Dieu en ce monde que par le silence de la langue et le ressentiment du cœur. » (Œuvres chrétiennes et spirituelles, t. II, l. 74, p. 33) et ce passage de M. de Saci : « Je souhaite que Dieu vous fasse comprendre par un sentiment du cœur plus que par la pensée de l’esprit que c’est lui qui est le père. » (Lettres chrétiennes et spirituelles, vol. II, t. III, lettre 50, p. 600. Cf. Étude sur le scepticisme de Pascal, p. 112.)
↑ Cf. B., 345 ; C., 299 ; Faug., II, 178 ; Hav., XXV, 40 ; Mol., II, 56 ; Mich., 359.
↑ Cf. Domat : « Il est impossible d’avoir des démonstrations de la vérité de notre religion, car il arriverait deux choses : l’une que tout le monde l’embrasserait, l’autre qu’il n’y aurait pas de foi qui est la voie par laquelle Dieu a voulu nous unir à lui » (Pensées, XVIII).
↑ [Et cependant.]
↑ On sait avec quelle vivacité, dès 1646, Pascal avait pris parti contre les doctrines du frère Saint-Ange qui prétendait démontrer par le raisonnement les vérités de la foi. Et cependant aux yeux de Port-Royal, il était encore suspect de faire trop grande la part du raisonnement. Il effraie M. Rebours, en lui disant : « que l’on pouvait, suivant les principes mêmes du sens commun, démontrer beaucoup de choses que les adversaires disent lui être contraires, et que le raisonnement bien conduit portait à les croire, quoiqu’il les faille croire sans l’aide du raisonnement. » (Lettre(Lettre du 26 janv. 1648.)
↑ Cf. B., 185 ; C., 217 ; Faug., I, 230 ; Hav., XXV, 21 ; Mol., II, 60 ; Mich., 868.
↑ Cf. B., 89 ; Faug., II, 173 ; Mich., 170.
↑ Mots écrits les uns au-dessous des autres, en marge du fragment 237 à côté d’une ligne brisée W qui était peut-être destinée à les joindre.
↑ Cf. B., 38 ; C., 58 ; P. R., XXVIII, 13 ; Bos., II, i, 1 et II,xvii, 77 ; Faug., II, 108 et II, 352 ; Hav., VIII, 6 ; Mol., I, 156 et I, 158 ; Mich., 420.
↑ [La raison.] La correction est autographe.
↑ [Veut.]
↑ [Défaut de raison que nous ayons.]
↑ [Nos connaissances sont.]
↑ [Un] espace [un] temps.
↑ Le manuscrit donne sont qui n’a pas été corrigé lorsque Pascal a substitué la connaissance à nos connaissances.
↑ [Tirent des suppositions qu’on a faites.]
↑ [Que le carré de l’hypoténuse.]
↑ [Qui soient.]
↑ [Cette impuissance.]
↑ [Les suivre.]
↑ De qui à tout en surcharge.
↑ à n’est pas dans le texte écrit sous la dictée de Pascal.
↑ La foi a été ajouté par Pascal en relisant.
↑ Arnauld dans son Apologie pour Saint-Cyran (IVe part., art. XVI) cite cette parole remarquable qu’il lui a entendu dire : « Les plus grandes vérités de la religion catholique ne font qu’éblouir l’esprit, lorsqu’on les recherche, ainsi que l’on fait souvent, comme l’objet d’une curieuse et stérile spéculation » (Œuvres, éd. de Lausanne, t. XXIX, p. 361).
↑ Cf. B., 157 ; C., 187 ; P. R., XXXI, 26 ; Bos., I, x, 19 ; Faug., II, 265 ; Hav., VII, 19 ; Mol., I, 195 ; Mich., 156.
↑ Le titre était d’abord simplement : l’ordre.
↑ « Le cœur a son langage comme l’esprit a le sien, et cette expression du cœur fait souvent les plus grands effets. » (Méré, Conversation, I, 261.)
↑ Qu’on [aime.]
↑ Amor ordinem nescit, a dit saint Jérôme (Lettre à Chromatius sub fine), que Montaigne cite. (III, 5.)(III, 5.) — « Quelqu’un disait à une dame : « Que faut-il que je fasse pour vous persuader que je vous aime ? — Il me faut aimer, lui dit-elle, et je n’en douterai pas. » (Méré, Discours de l’Esprit, I, 25).
↑ Pour l’ordre de l’esprit voir le frag. 61.
↑ Vauvenargues a précisé cette antithèse dans cette maxime : « Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l’hiver. » Max., 159Max., 159.
↑ M. Droz a retrouvé l’origine de ce fragment dans l’avertissement qu’Arnauld d’Andilly a placé en tête des Œuvres chrétiennes et spirituelles, de Saint-Cyran. Saint-Cyran « à l’imitation de saint Paul et de saint Augustin, a beaucoup plus suivi l’ordre du cœur, qui est celui de la charité, que non pas l’ordre de l’esprit, parce que son dessein n’a pas été tant d’instruire que d’échauffer l’âme. » (Étude sur le scepticisme de Pascal, p. 378.)
↑ Voir l’introduction, p. lvi.
↑ Cf. B., 185 ; C., 217 ; P. R., VI, 2 ; Bos., II, vi, 6 ; Faug., II, 177 ; Hav., XIII, 10 ; Mol., II, 56 ; Mich., 855.
↑ D’une… de foi en surcharge.
↑ Cf. B., 466 ; C., 265 ; P. R., XXVIII, 12 ; Bos., II, xxvii, 17 ; Faug., II, 179 ; Hav., XXIV, 15 bis ; Mol., II, 82 ; Mich., 779.
↑ Cf. B., 185 ; C., 217 ; P. R., VI, 3 ; Bos., II, vi, 7 ; Faug., II, 176 ; Hav., XIII, 11 ; Mol., II, 55 ; Mich., 843.
↑ [Ils n’aiment que Dieu.]
↑ Cf. B., 186 ; C., 217 ; P. R., VI, 4 ; Bos., II, vi, 8 ; Faug., II, 179 ; Hav., XIII, 12 ; Mol., II, 55 ; Mich., 847.
↑ [On dira que cette manière d’en juger n’est pas certaine et que c’est en la suivant que les hérétiques et les infidèles s’égarent.]
↑ [On répondra que [les hérétiques et [les infidèles disent la même chose ; mais je réponds à cela que nous avons des preuves que Dieu imprime [incline véritablement]… de ceux qui l’aiment [qu’il aime à croire la religion chrétienne et que les infidèles n’ont aucune preuve de ce qu’ils disent, et ainsi nos propositions étant semblables dans les termes elles diffèrent en ce que l’une est sans aucune preuve et l’autre est très solidement prouvée.] Ce paragraphe a été rayé par Pascal et remplacé par la courte phrase qui termine le premier paragraphe. Il est à remarquer que sous la dictée de Pascal, et sans doute par erreur, on avait écrit d’abord ceux qui l’aiment, et que Pascal a corrigé ceux qu’il aime. À cette correction se rattachent les mots écrits en marge par Pascal et rayés : [eorum qui amant, Dieu incline le cœur de ceux qu’il aime, Deus inclinat cor eorum, celui qui l’aime, celui qu’il aime.] Dans la distinction entre ces deux tournures de prononciation semblable se trouve contenue toute la doctrine janséniste, Dieu prévenant l’homme dans l’amour, au lieu d’être prévenu par lui, et c’est ce qui avait attiré l’attention de Pascal. Cf. fr. 513.
↑ Qui en dira autant de soi, addition autographe de Pascal.
↑ [Chrétien.]
↑ Cf. B., 193 ; C., 4 ; P. R., XVIII, 16 et ult., xxviii, 26 ; Bos., II, xiii, 8 et II, xvii, 21 ; Faug., II, 179 ; Hav., XXIV, 19 ; Mol., I, 320 ; Mich., 842.
↑ De ce en surcharge.
↑ [Esprit qu’ils.]
↑ Cf. C., 474 ; Bos., II, iv, 12 ; Faug., II, 364 ; Hav., XI, 12 ; Mol., I, 310 ; Mich., 939.
↑ La Copie écrit en marge pour la correction de la phrase : par elle-même établie.
↑ Cf. B., 196 ; C., 7 ; Faug., II, 364 ; Mol., I, 310 ; Mich., 845.
Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1921 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XIII, p. 213-256).
◄ Section IV Section VI ►
291 1
Dans la lettre De l’injustice 2 peut venir la plaisanterie des aînés qui ont tout : Mon ami, vous êtes né de ce côté de la montagne ; il 3 est 4 donc juste que votre aîné ait tout.
Pourquoi me tuez-vous ?
79, 121]
293 6
Pourquoi me tuez-vous 7 ? — Eh quoi ! ne demeurez-vous pas de l’autre côté de l’eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin 8 , et cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais puisque vous demeurez de l’autre côté, je suis un brave, et cela est juste.
69]
294 9
10 Sur quoi la fondera-t-il 11 , l’économie du monde qu’il veut gouverner 12 ? Sera-ce sur le caprice de chaque particulier ? quelle confusion ! Sera-ce sur la justice ? il l’ignore.
Certainement s’il la connaissait, il n’aurait pas établi cette maxime, la plus générale de toutes celles qui sont parmi les hommes 13 : que chacun suive les mœurs de son pays 14 ; l’éclat de la véritable équité aurait 15 assujetti tous les peuples, et les législateurs n’auraient pas pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et les caprices des 16 Perses et Allemands. On la verrait plantée par tous les États du monde et dans tous les temps, au lieu 17 qu’on ne voit rien de juste ou d’injuste qui ne change de qualité, en changeant de climat. Trois degrés d’élévation du pôle renversent toute la jurisprudence 18 , un méridien décide de la vérité 19 ; en peu d’années de possession, les lois fondamentales changent ; le droit a ses époques 20 , l’entrée de Saturne au Lion nous marque l’origine d’un tel 21 crime. Plaisante justice 22 qu’une rivière borne ! Vérité au deçà des 23 Pyrénées, erreur au delà 24 .
Ils confessent que la justice n’est pas dans ces coutumes, mais qu’elle réside dans les lois naturelles, connues en tout pays 25 . Certainement ils le soutiendraient opiniâtrement, si la 26 témérité du hasard qui a semé les lois humaines 27 en avait rencontré au moins une qui fût universelle ; mais la plaisanterie est telle que le caprice des hommes 28 s’est si bien diversifié qu’il n’y en a point 29 .
Le larcin, l’inceste, le meurtre des 30 enfants et des pères, tout a eu sa place entre les actions vertueuses 31 . Se peut-il rien de plus plaisant, qu’un homme ait droit de me tuer parce qu’il demeure 32 au delà de l’eau, et que son prince a querelle contre le mien, quoique je n’en aie aucune avec lui ?
Il y a sans doute des lois naturelles ; mais cette belle raison 33 corrompue a tout corrompu 34 ; Nihil amplius nostrum est ; quod nostrum dicimus, artis est 35 . Ex senatus consultis et plebiscitis criminel exercentur 36 . Ut olim vitiis, sic nunc legibus laboramus 37 .
38 De cette confusion arrive que l’un dit 39 que l’essence de la justice est l’autorité du législateur, l’autre la commodité du souverain 40 , l’autre la coutume présente 41 ; et c’est le plus sûr : 42 rien, suivant la seule raison, n’est juste de soi ; tout branle avec le temps 43 . La coutume fait toute l’équité, par cette seule raison 44 qu’elle est reçue ; c’est le fondement mystique de son autorité 45 . Qui la ramène à son principe, l’anéantit. Rien n’est si fautif que ces lois qui redressent les fautes ; qui leur obéit parce qu’elles sont justes 46 , obéit à la justice qu’il imagine, mais non pas à l’essence de la loi : elle est toute ramassée 47 en soi ; elle est loi, et rien davantage. Qui voudra en examiner le motif le trouvera si faible et si léger, que, s’il n’est accoutumé à contempler les prodiges de l’imagination humaine, il admirera qu’un siècle lui ait tant acquis de pompe et de révérence. L’art de fronder 48 , bouleverser les États 49 , est 50 d’ébranler les coutumes établies 51 , en sondant jusque dans leur source 52 , pour marquer leur défaut d’autorité et de justice 53 . Il faut, dit-on, recourir aux lois fondamentales et primitives de l’État 54 , qu’une coutume injuste a abolies 55 . C’est un jeu sûr pour tout perdre ; rien ne sera juste à cette balance 56 . Cependant le peuple prête aisément 57 l’oreille à ces discours 58 . Ils secouent le joug 59 dès qu’ils le reconnaissent 60 ; et les 61 grands en profitent à sa ruine, et à celle de ces curieux examinateurs 62 des coutumes reçues 63 . C’est pourquoi le plus sage des 64 législateurs disait que, pour le bien des 65 hommes, il faut souvent les piper 66 ; et un autre bon politique : Cum veritatem qua liberetur ignoret, expedit quod fallatur 67 . Il ne faut pas qu’il sente la vérité de l’usurpation 68 , elle a été introduite autrefois sans raison, elle est devenue raisonnable ; il faut la faire regarder comme 69 authentique, éternelle, et 70 en cacher le commencement si on ne veut qu’elle ne prenne bientôt fin.
73]
295 71
Mien, tien 72 . Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants 73 ; c’est là ma place au soleil. — Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre 74 .
67]
296 75
Quand il est question de juger si on doit faire la guerre et tuer tant d’hommes 76 , condamner tant d’Espagnols à la mort, c’est un homme seul qui en juge, et encore intéressé : ce devrait être un tiers indifférent 77 .
406]
297 78
Veri juris 79 . Nous n’en avons plus : si nous en avions, nous ne prendrions pas pour règle de justice de 80 suivre les mœurs de son pays. C’est là que ne pouvant 81 trouver le juste, on a trouvé le fort, etc.
169]
298 82
Justice, force. — Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi 83 . La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite 84 , parce qu’il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste 85 .
La justice est sujette à dispute ; la force est très reconnaissante et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste. Et ainsi ne pouvant faire 86 que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.
165]
299 87
Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires, et la pluralité aux autres. D’où vient cela ? de la force qui y est. Et de là vient que les rois, qui ont la force d’ailleurs, ne suivent pas la pluralité de leurs ministres.
Sans doute, l’égalité des biens est juste ; mais 88 , ne pouvant faire qu’il soit force d’obéir à 89 la justice, on a fait qu’il soit juste d’obéir à la force ; ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force, afin que le juste et le fort fussent ensemble, et que la paix fût, qui est le souverain bien.
453]
300 90
« Quand le fort armé possède son bien 91 , ce qu’il possède est en paix 92 . »
429]
301 93
94 Pourquoi suit-on la pluralité ? est-ce à cause qu’ils ont plus de 95 raison ? non, mais plus de force.
Pourquoi suit-on les anciennes lois et anciennes opinions ? est-ce qu’elles sont les plus saines ? non, mais elles sont 96 uniques, et nous ôtent la racine de la diversité 97 .
**441]
302 98
… C’est l’effet de la force, non de la coutume ; car ceux qui sont capables d’inventer sont rares ; les plus forts en nombre ne veulent que suivre, et refusent la gloire à ces inventeurs qui la cherchent par leurs inventions ; et s’ils s’obstinent à la vouloir obtenir, et à mépriser ceux qui n’inventent pas, les autres 99 leur donneront des noms ridicules, leur donneraient des coups de bâton. Qu’on ne 100 se pique donc pas de cette subtilité, ou qu’on se contente en soi-même.
142]
303 101
La force est la reine du monde, et non pas l’opinion 102 . — Mais l’opinion est celle qui use de la force 103 . — C’est la force qui fait l’opinion : la mollesse est belle, selon notre opinion ; pourquoi ? parce que qui voudra danser sur la corde sera seul 104 ; et je ferai une cabale 105 plus forte, de gens qui diront que cela n’est pas beau 106 .
269]
304 107
Les cordes qui [attachent] 108 le respect des uns envers les autres, en général, sont cordes de nécessité ; car il faut qu’il y ait différents degrés 109 , tous les hommes voulant dominer, et tous ne le pouvant pas, mais quelques-uns le pouvant.
Figurons-nous donc que nous les voyons commencer à se former. Il est sans doute qu’ils se battront jusqu’à ce que la plus forte partie opprime la plus faible, et qu’enfin il y ait un parti dominant. Mais quand cela est une fois déterminé, alors les maîtres, qui ne veulent pas que la guerre continue, ordonnent que la force qui est entre leurs mains succédera 110 comme il leur plaît ; les uns la remettent à l’élection des peuples, les autres à la succession de naissance, etc.
Et c’est là où l’imagination commence à jouer son rôle. Jusque-là le pouvoir force le fait : ici c’est la force qui se tient par l’imagination en un certain parti, en France des gentilshommes, en Suisse des roturiers, etc.
Ces 111 cordes qui attachent donc le respect à tel et à tel en particulier, sont des cordes d’imagination 112 .
21]
305 113
Les Suisses s’offensent d’être dits gentilshommes 114 , et prouvent leur roture de race pour être jugés dignes des grands emplois.
167]
306 115
Comme les duchés et royautés et magistratures 116 sont réelles 117 et nécessaires (à cause de ce que la force règle tout), il y en a partout et toujours ; mais parce que ce n’est que fantaisie qui fait qu’un tel ou tel le soit, cela n’est pas constant, cela est sujet à varier, etc.
283]
307 118
Le chancelier est grave et revêtu d’ornements, car son poste est faux ; et non le roi : il a la force, il n’a que faire de l’imagination. Les juges, médecins, etc., n’ont que l’imagination 119 .
*81]
308 120
La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d’officiers, et de toutes les choses qui ploient la machine vers le respect et la terreur, [fait] 121 que leur visage, quand il est quelquefois seul et sans ces accompagnements, imprime 122 dans leurs sujets le respect et la terreur, parce qu’on ne sépare point dans la pensée leurs personnes d’avec leurs suites, qu’on y voit d’ordinaire jointes. Et le monde, qui ne sait pas que cet effet vient de cette coutume, croit qu’il vient d’une force naturelle ; et de là viennent ces mots : Le caractère de la Divinité 123 est empreint sur son visage, etc. 124 .
*73]
310 127
Roi et tyran.
J’aurai aussi mes pensées de derrière la tête.
Je prendrai garde à chaque voyage.
Grandeur d’établissement, respect d’établissement 128 .
Le plaisir des grands est de pouvoir faire des heureux.
Le propre de la richesse est d’être donnée libéralement 129 .
Le propre de chaque chose doit être cherché. Le propre de la puissance est de protéger.
Quand la 130 force attaque la grimace, quand un simple 131 soldat 132 prend le bonnet carré d’un premier président, et le fait voler par la fenêtre 133 .
*164]
311 135
L’empire fondé sur 136 l’opinion et l’imagination règne quelque temps, et cet empire est doux et volontaire ; celui de la force règne toujours. Ainsi l’opinion est comme la reine du monde, mais la force en est le tyran 137 .
Première copie 366]
312 138
La justice est ce qui est établi ; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées, puisqu’elles sont établies 139 .
244]
313 140
Opinions du peuple saines. — Le plus grand des maux est les guerres civiles 141 ; elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites, car tous diront qu’ils méritent ; le mal à craindre d’un sot, qui succède par droit de naissance, n’est ni si grand, ni si sûr 142 .
161]
314 143
Dieu a créé tout pour soi, a donné puissance de peine et de bien pour soi.
Vous pouvez l’appliquer à Dieu ou à vous. Si à Dieu, l’Évangile est la règle. Si à vous, vous tiendrez la place de Dieu. Comme Dieu est environné de gens pleins de charité, qui lui demandent les biens de la charité qui sont en sa puissance, ainsi…
Connaissez-vous donc et sachez que vous n’êtes qu’un roi de concupiscence, et prenez les voies de la concupiscence 144 .
231]